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Cours de Géodésie et Techniques spatiales1

Niveau : Licence 3 Géomètre Topographe

Aristide William
Plan
CHAPITRE I : GENERALITES SUR LA GEODESIE

CHAPITRE 2 : NOTIONS D’ASTRO-GEODESIE

CHAPITRE 3 : GEOMETRIE DE L’ELLIPSOIDE

CHAPITRE 4 : SYSTEMES DE REFERENCE

CHAPITRE 5 :INTRODUCTION SUR LES


PROJECTIONS CARTOGRAPHIQUES

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CHAPITRE I : GENERALITES SUR LA GEODESIE

I. Historique

Dès l’antiquité, les anciens ont cru que la terre était plane. Cependant
les savants à l’instar de Pythagore et Thales ont vite reconnu que la
terre était ronde ou plutôt sphérique. progressivement, plusieurs
arguments ont été avancés dans ce sens.

En 240 avant Jésus Christ, Eratosthène a déterminé le premier


modèle sphérique de la terre en effectuant la mesure de l’angle entre
les verticales d’Assouan et d’Alexandrie et la distance qui les sépare.

Cette méthode des arcs va être utilisée jusqu’au 17e siècle

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Il mesure un angle de 7°12’.

La distance L entre Syène et Alexandrie avait été


mesurée à 5000 stades (=785 km).

Le rayon terrestre R est alors :


L
R = ———————— ≈ 40.000 stades
Aristide William ( π / 180 ) . 7° 12’ (6280 km)
Rappel : la valeur actuelle retenue : 6378 kms a l’équateur et 6356 au pôle
circonférence= 2* π*R =40.234 kms

Au 17e, on voit apparaitre une géodésie dite moderne car basée sur
des nouvelles techniques (la triangulation) et de nouveaux instruments
(lunettes à réticules).

Grace à ces progrès, les travaux menés par les physiciens Newton et
Huygens démontrèrent théoriquement l’aplatissement des pôles du a
la rotation terrestre.

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Au 18e, on assiste à une querelle entre les tenants de la théorie de Newton
qui stipulait que «la terre est aplatie aux pôles» et ceux de la théorie de
Cassini qui stipulait plutôt que «la terre est aplatie a l’équateur».

Les expéditions de Laponie et du Pérou mandatées par l’Académie Royale


donneront raison à Newton : La Terre est aplatie aux pôles !

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En 1799, l’Académie des Sciences choisit d’instaurer le mètre comme
unité de longueur de référence sur la base de :

1m = 1/10.000.000e partie du quart du méridien terrestre.

C’est la naissance du système métrique résultant de la mesure, entre 1792


et 1798, de la longueur de l’arc de méridien entre Dunkerque et
Perpignan par Delambre et Méchain,

Ils en déduisirent par la suite la longueur totale de ce méridien (40.000


km).
Au 19e siècle, on assiste au développement des nombreux réseaux
géodésiques et à la création d’ellipsoïdes. Mais cependant, la Geodesie
reste toujours un concept local ; les réseaux géodésiques nationaux ne
concordent pas entre eux.

En 1886, il est créé l’association internationale de géodésie dans le but


d’établir une meilleure collaboration entre les différents pays .

C’est également à cette époque du 19e siècle que l’on se rend compte
officiellement que la terre n’est pas exactement un ellipsoïde

Au 20e siècle, les progrès des mesures électromagnétiques et la


puissance de l’informatique ont permis l’essor de la gravimétrie , de
l’astrogéodésie et des méthodes spatiales.
.
Ces techniques ont permis d’affiner notre connaissance de la forme de
la terre, le géoïde.

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Parallèlement, la géodésie spatiale a établi des réseaux qui
ceinturent la terre et donnent un positionnement absolu et relatif
en coordonnées géocentriques.

La géodésie est devenue une des bases scientifiques du physique


du globe pour l’étude des mouvements des déformations de la
croute terrestre

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II : Définition , Objectifs et
techniques spécifiques de la géodésie

1. Définitions de la géodésie

La géodésie est l’étude mathématique de la forme


géométrique et des dimensions de la Terre et de son champ
de pesanteur.

Etymologiquement, « géodésie » vient du grec


« geôdaisia » qui signifie littéralement « diviser la Terre ».

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Par extension, elle regroupe l’ensemble des techniques ayant
pour but de déterminer les positions planimétriques et
altimétriques d’un certain nombre de points géodésiques et
repères de nivellement.
Elle apporte les bases géométriques nécessaires à la
représentation de notre planète.

2. Objectifs de la géodésie

L’étude pratique de la forme et des dimensions de la Terre se


traduit souvent par l’établissement de réseaux géodésiques.
Un réseau géodésique est un ensemble de points à la surface
du globe matérialisés et munis de coordonnées.

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La géodésie a pour objectifs :

• D’établir de systèmes de référence dans lesquels on


positionne des points matérialisés de la surface en attribuant
des coordonnées et éventuellement les vitesses

• De permettre aux utilisateurs d’avoir accès aux référentiels et


de rattacher leurs travaux aux points géodésiques

• Un autre objectif de la géodésie est de fournir des techniques


ou systèmes de positionnement
comme par exemple la mise en place de satellites de telle
sorte qu'un utilisateur puisse se
positionner à tout instant et quel que soit le lieu.

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Fig.1. exemple d’une fiche signalétique d’un
point géodésique
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3. Techniques spécifiques de la géodésie

Les techniques spatiales de positionnement : les mesures se font


entre des points de la Terre et des objets extra-terrestres.

Ces objets sont souvent proches de la Terre (satellites) mais


peuvent aussi être très loin (radio sources extragalactiques). Les
mesures se font sur des ondes électromagnétiques qui sont émises
soit par l'objet soit par une balise au sol et qui sont reçues par un
récepteur soit au sol soit embarqué dans un satellite. En
simplifiant on peut dire que le
principe consiste en des mesures de distances et à un
positionnement dans l'espace

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Le nivellement et la gravimétrie : Ces deux techniques servent à la
détermination de l'altitude. Le nivellement est une technique de
mesure d'une différence géométrique de hauteur et la gravimétrie
permet de mesurer l'intensité de l'accélération de la pesanteur (g)

L'astrogéodésie : comme son nom l'indique fait intervenir des


mesures sur des astres à partir de points sur la Terre pour
déterminer des positions et des directions sur Terre.

La géodésie terrestre et la topométrie: ce sont les techniques de


mesures qui se font d'un point à un autre point sur la Terre. Ces
techniques utilisent des mesures d'angles horizontaux et verticaux, et
de distance. On peut dire qu'entre la géodésie et la topométrie la
différence se situe sur la distance entre les points mesurés.

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III. LES SURFACES DE RÉFÉRENCES

Avant d’aborder les systèmes de références, il semble nécessaire de définir


un certain nombre d’éléments qu’il faut avoir à l’esprit pour bien dissocier
et analyser les systèmes de coordonnées .

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1. Surface topographique

 Surface qui sépare la partie solide de la Terre de la partie liquide


(hydrosphère) ou gazeuse (atmosphère).

 Surface apparente qui se situe entre les fonds marins et les


montagnes dominant le paysage.

 C’est une réalité physique sur laquelle on peut mesurer des angles et
des distances. Mais cette surface topographique est trop irrégulière
pour être modélisable. (ne permet pas d’avoir de carte significative).

 En effet, les éléments topographiques de la Terre ont au plus une


hauteur de 9 km au-dessus du niveau moyen des mers (comme le
Mont Everest) et environ 12 km au-dessous (fosse des Mariannes).
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2. Géoïde
 Suite aux travaux des géographes anglais et français du XVIIIème siècle, le
niveau moyen des mers fut assimilé à un ellipsoïde, et les grands travaux
cartographiques furent calculés sur cette base.

 Mais les cartographes constatèrent à certains endroits des anomalies. Près des
grandes chaînes de montagnes, les triangulations fermaient mal, comme si le fil à
plomb présentait des déviations anormales.

 le géomètre Méchain, chargé par la Convention de mesurer un arc de Méridien


entre Dunkerque et Barcelone afin de définir le mètre, constata une erreur de
triangulation au niveau des Pyrénées. Il s’acharna à refaire ses mesures et ses
calculs, et mourut en Espagne sans avoir pu déterminer la cause de l’erreur.

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• En effet, les masses montagneuses, par simple gravité, font dévier le
fil à plomb ou la nivelle, créant ainsi le phénomène de «déviation de
la verticale ». On découvrit ensuite que le manque d’homogénéité du
manteau terrestre, créant des concentrations localisées de masse,
provoque un phénomène similaire.

• C’est ainsi que les géomètres et les cartographes découvrirent avec


horreur que la terre n’affectait pas les contours élégants d’un
ellipsoïde, mais avait une forme irrégulière, chaotique, et surtout
non modélisable mathématiquement.
Cette forme fut appelée le Géoïde.

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a. Description

 Le géoïde est une surface équipotentielle du champ de pesanteur terrestre


proche du niveau moyen des mers.

 Le géoïde est la surface irrégulière définie par le niveau moyen des mers
supposé se prolonger sous les continents. Elle n’admet pas de représentation
mathématique simple

 C’est la surface de niveau 0, origine des altitudes.

 Le géoïde est la véritable forme de la terre. Il peut être défini


ponctuellement par la distance qui le sépare d’un ellipsoïde de référence.
Cette distance, symbolisée par N, est appelée ondulation, séparation, ou
hauteur du géoïde.

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L'écart entre la surface topographique et le géoïde s'appelle le relief. On peut dire
de manière simple que le géoïde représente la Terre débarrassée de son relief.
Relief = surface topographique - géoïde

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A retenir :
La réalisation numérique d’un géoïde est caractérisée par le pas de
la grille et la précision des données
Exemple :
Le géoïde mondial EGM96 est modélisé avec un pas de 15’ par 15’
(environ 25km par 25km) sa précision est de quelques mètres
La grille RAF98 modélisant le géoïde local français QGF98 est
modélisé avec un pas de 10km, sa précision est de quelques
centimètres
Le pas de la grille et la précision doivent être adaptés à l’emploi
envisagé
Un géoïde est décrit sous forme d’une grille dont les nœuds ont
des coordonnées exprimées dans un système géodésique bien défini

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b. Méthodes de détermination d’un modelé de géoïde

Un modèle de géoïde peut être déterminé à l’aide de quatre


méthodes complémentaires :
b.1. La méthode Astrogéodésique
Cette méthode utilise principalement des mesures astronomiques
(détermination des points astrogéodésique) et topographiques
(triangulation terrestre).
Procédure : on calcul les directions de g (gravité) en chaque point
du réseau. Le géoïde est la surface orthogonale à g en tout point du
réseau.
Le géoïde obtenu est qualifié de géoïde local et n’est valable que
dans les limites de la zone des mesures. On parle alors de géoïde
astrogéodésique

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b.2. La méthode gravimétrique
Cette méthode utilise des mesures de l’anomalie de la pesanteur
en différents points du globe terrestre. Elle utilise également les
mesures astronomiques et topographiques. Le géoïde ainsi obtenu
(géoïde gravimétrique) est valable globalement

b.3. La méthode altimétrique

Cette méthode est basée sur des mesures altimétriques faites au-
dessus des zones océanes par des satellites dont on connait très
précisément les orbites. Elle détermine le vrai géoïde en intégrant
dans ses mesures les mouvements des masses d’eau (houles,
marrées). Par soustraction des différents signaux connus (marrées),
on obtient une approximation du géoïde. Cette méthode est
applicable aux zones maritimes

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b.4. La méthode terrestre
Cette méthode s’appuie exclusivement sur les mesures de
nivellement (hauteur au-dessus du géoïde (H)) et des mesures faites
au récepteur GPS (hauteur au-dessus de l’ellipsoïde (h)).

Apres avoir effectué ces différentes mesures, on calcul ensuite N


(hauteur du géoïde) à partir de la formule H+N = h. le géoïde ainsi
obtenu est limité à la zone du réseau de nivellement. Elle est la plus
simple à mettre en œuvre

NB : les méthodes terrestres et astrogéodésiques ne sont


applicables que sur terre, localement ou globalement alors que la
méthode altimétrique est valide sur les océans

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A retenir

• lorsque l’on met en station un appareil topographique avec une bulle ou un fil à
plomb, le plan de l’appareil est parallèle au géoïde. Ainsi, toutes les mesures
d’altitude faites au théodolite ou au niveau donnent les altitudes au-dessus du
géoïde. Il s’agit de l’altitude réelle, celle figurant sur les cartes. Elle est appelée
Altitude Ortho métrique, et se note Ho.

• Un GPS détermine sa position à l’aide de mesures satellites et par rapport à un


ellipsoïde. L’altitude calculée par le GPS est donc la Hauteur sur l’ellipsoïde, notée
he.

• Pour déterminer l’altitude Ho, il faut connaître N à l’endroit où s’effectue la mesure

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3. Ellipsoïde

a. Description

• Un ellipsoïde de révolution, c'est à dire une sphère aplatie aux pôles est
la surface de référence la plus simple mathématiquement qui représente
le mieux possible les formes de la Terre .

Les paramètres de l’ellipse sont :

a : demi grand axe


b : demi petit axe

• Le demi-grand axe de l'ellipsoïde à une valeur d'environ 6 370 km et le


demi-petit axe une valeur d'environ 6 350 km. Soit, pour un ballon de
football, un aplatissement de 0,3 mm C'est pourquoi il est souvent
négligeable de considérer cette déformation
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• L’aplatissement f est compris entre 0 et 1. Plus f est
fort, plus l’ellipse est aplatie.

Exemple : f = 0 : ellipse non aplatie


(cercle, b = a)

• f = 1/2 : ellipse à moitié aplatie (b =a/2)

• f = 1 : ellipse complètement aplatie (b = 0)

• L’excentricité e est comprise entre 0 et 1. Plus e est


fort, plus l’ellipse est aplatie ou excentrique

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Exemple :
• e = 0 : ellipse non aplatie (cercle, b = a)
• e = 0.866 : ellipse à moitié aplatie (b = a/2)
• e = 1 : ellipse complètement aplatie (b = 0)

Attention : sur l’ellipsoïde, la latitude ϕ en un point M n’est


pas l’angle entre la ligne OM et l’équateur, mais l’angle
entre la normale à l’ellipsoïde passant par M et l’Equateur

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Les ellipsoïdes peuvent être définis localement ou globalement :

Fig. Ellipsoïde global Fig. Ellipsoïde local


L’écart entre l’ellipsoïde et le géoïde est appelé Ondulation (N). Sa
valeur maximale est autour de 10m en général

L’ellipsoïde est la surface de référence pour les mesures en planimétrie


• Les calculs sur l’ellipsoïde sont beaucoup plus complexes que sur la
sphère. Toutefois, l’ellipsoïde constitue le volume mathématique le plus
proche de la forme réelle de la terre.

• C’est pourquoi c’est ce modèle qui est utilisé pour les travaux
cartographiques.
Exemples de quelques ellipsoïdes avec leurs paramètres :

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Remarques :
Les différences observées entre les ellipsoïdes proviennent
notamment :
• De leur méthode de détermination
• De la précision des mesures
• Du fait que certains ellipsoïdes ont été établis localement
• De la valeur donnée aux paramètres libres utilisés lors de
l’approximation
• De la conversion des pieds en mètres

b. Méthodes de détermination des ellipsoïdes

Il existe deux méthodes de détermination des ellipsoïdes :

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b.1. La méthode astrogéodésique
Elle utilise principalement des mesures astronomiques et
topographiques. Elle définit un ellipsoïde géométrique par son demi-
grand axe et son aplatissement. Ce type d’ellipsoïde est utilisé dans
les systèmes de référence locaux.

b.2. La méthode gravimétrique


Elle utilise les mesures de l’anomalie de la pesanteur et également
les mesures astronomiques et topographiques. Cette méthode définit
un ellipsoïde dynamique par des paramètres de forme, d’inertie et de
gravimétrie. Ce type d’ellipsoïde est utilisé dans les systèmes de
référence globaux ( par exemple WGS 84)

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IV. LA GEODESIE MODERNE ET SES ENJEUX

1. Les missions de la géodésie

La géodésie est à la fois l’étude théorique et pratique de la forme de la


terre. Sa mission principale est de trouver des solutions pour une
représentation précise de la forme de la terre surtout pour les besoins de:

• Positionnement
• Navigation
• Cartographie rigoureuse
• Le passage rigoureux, réciproque entre les différents référentiels de
positionnement aussi bien terrestres que célestes
• Études scientifiques diverses

La géodésie est une discipline scientifique au croisement de plusieurs


sciences et techniques.

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2. Les problèmes de la géodésie

Loi de la gravitation universelle

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La pesanteur g est la résultante de la gravitation, de la force centrifuge et
de la force des marées due à l’action de la lune et du soleil (négligeable).
L’intensité de la pesanteur g dépend de la masse volumique de la terre: de
la géologie.

La connaissance de la géologie est donc un enjeu majeur pour la compréhension


de la forme de la terre

La détermination du géoïde

La connaissance du géoïde est même l’un des enjeux de la géodésie moderne


Le géoïde est une surface irrégulière dont la détermination exige des mesures
très fines des intensités de la pesanteur.
Détermination par gravimétrie, techniques spatiales,…

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3. Nouvelle définition et évolutions de la géodésie

Aujourd’hui, la géodésie en tant qu’étude se divise en deux principales


branches:

• La géodésie géométrique

Avant la prise en compte de certains phénomènes physiques façonnant la


forme de la terre, la géodésie a bien longtemps été vue sous son aspect
mathématique. Elle était (est) même considérée comme une branche des
mathématiques (appliquées). Cela explique bien l’engouement de bon nombre
de mathématiciens au fil des siècles pour le développement de cette discipline.

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• La géodésie physique
La définition de la forme de la terre exige la prise en compte d’un certain
nombre de phénomènes physiques: notamment la détermination du géoïde.
Les intérêts de la géodésie rejoignent intimement ceux de la géologie.

La Géodésie entretient des relations avec nombreuses disciplines

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4. Les Utilisateurs des produits de la géodésie
- Les Etats (frontières, cartographie, gestions des ressources,
géopolitique,…)

- Les cartographes

- Les géomètres-topographes

- Les aménageurs et urbanistes

- Les géographes

- L’industrie commerciale (géomarketing,…)

- Les hydrographes

- climatologues

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5. Les enjeux de la géodésie moderne

Les enjeux actuels de la géodésie sont beaucoup plus portés sur ses aspects
géophysiques.
Les principaux enjeux sont :

• Positionnement précis et cartographie précise pour diverses applications à


coûts faibles (topographie, GPS précis, navigation, SIG, …)

• Étude du champ de pesanteur terrestre

• Détermination des paramètres de rotation de la terre

• Détermination précise du géoïde

• Mesures précises de paramètres météos pour diverses applications

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CHAPITRE 2 : NOTIONS D’ASTRO-GEODESIE

I. Définition et Objectifs

a. Définitions

L’astrogéodésie encore appelée astronomie géodésie ou de position a


pour but de déterminer des positions ou des directions a la surface de la
surface de la terre à partir d’observations d’objets célestes (étoiles,
planètes, etc…).

L’astro géodésie, comme technique a longtemps été utilisée pour se


positionner de manière absolue sur la terre comme par exemple pour
la navigation en plein océan, ou dans les déserts.

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Elle a été la technique fondamentale pour la construction des premiers
réseaux géodésiques fournissant les coordonnées de départ des réseaux
(point fondamental) ainsi que l’orientation et la réorientation des
triangulations.

Fig.2. exemple d’un réseau géodésique

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Nous notons que les techniques spatiales offre plus de précision
que le positionnement astronomique, qui de nos jours est révolu.

En géodésie comme en topographie, on peut utiliser des méthodes de


détermination d’azimut(le plus souvent sur le soleil ou sur l’étoile
polaire) pour orienter une polygonale ou implanter des repères
auxiliaires dans des milieux difficiles comme des forets quand aucun
point géodésique n’est visible.

Fig.3.
Aristide Orientation
William d’une polygonale
b. Objectifs de l’Astrogéodésie

L’astrogéodésie a pour objectifs :

• D’orienter la verticale d’observation dans l’espace.

NB: la verticale est la tangente à la ligne de force du champ de


pesanteur au lieu de mesure

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• Contribuer à la connaissance du champ de pesanteur .

• Contribuer à la détermination du géoïde qui est un


équipotentielle du champ de pesanteur

II. LES REPERES ET COORDONNEES EN


ASTRONOMIE

1. Le repère céleste équatorial : les coordonnées célestes


équatoriales

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a. Définition
Le repère céleste équatorial est le repéré dans lequel on
exprime les coordonnées des astres. Il est défini par :

• L’axe de rotation de la terre


• L’équateur
• Le point vernal ɣ

Fig.4. repère céleste


Fig.5. coordonnées équatoriales
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Le point vernal est défini comme un des deux
points de croisement de l’écliptique et de
l’équateur céleste, il change de position avec
les mouvements de précession et de nutation de
l’axe de rotation de la terre

La nutation est un mouvement périodique de


l'axe de rotation d'un objet autour de sa position
moyenne,

La précession est un changement graduel


d'orientation de l’axe de rotation d'un objet

L’équateur céleste : est le grand cercle


intersection du plan perpendiculaire à l’axe du
monde passant par la sphère céleste

L’écliptique : est le grand cercle intersection


du plan de la trajectoire de la terre autour du
soleil avec la sphère céleste
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Un astre A dans un repère céleste est
représenté par ses coordonnées équatoriales :

L’ascension droite ᾳ : angle dièdre entre le


cercle horaire du point ɣ et le cercle horaire de
l’étoile, compté de 0 à 24 heures dans le sens
direct

La déclinaison δ : est l’angle entre la direction


de l’étoile et l’équateur, compté de -90° (au
pôle sud) à + 90° au pôle nord. Sur l’équateur
δ=0°.
Les coordonnées cartésiennes d’un astre dans un repéré équatorial sont
exprimées à travers la relation ci-dessous

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b. Remarques

Les coordonnées équatoriales des étoiles varient lentement avec


le temps du fait :

- De leur mouvement propre (composition du mouvement de


l’étoile et du mouvement du système solaire dans la galaxie)

- Du mouvement de l’équateur (nutation luni-solaire)

- Du déplacement du point vernal ɣ sur l’équateur (nutation et


précession luni-solaire)

Les coordonnées équatoriales du soleil varient beaucoup plus


que les coordonnées des étoiles car le soleil décrit sur la sphère
céleste un tour en un jour dans le sens rétrograde (comme les
étoiles) mais il fait aussi un tour en un an dans le sens direct
(mouvement annuel)
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2. Le repère terrestre général : les coordonnées
géographiques astronomiques

. Définition

Un repère terrestre général : est un repère dans lequel on


exprime la position des points sur la terre.

Il est défini par :

- L’axe instantané de rotation de la terre

- L’équateur

- Le méridien origine (anciennement appelé méridien de


Greenwich, maintenant méridien international)

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Fig.6. repère terrestre général Fig.7. Coordonnées géographiques
astronomiques

Un lieu sur la terre peut être représenté par ses coordonnées


géographiques astronomiques :

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- La longitude astronomique λa : c’est l’angle dièdre entre le
méridien origine et le méridien du lieu, compté entre 0 et 24 heures
dans le sens direct à partir du méridien origine

- La latitude astronomique φa : c’est l’angle entre la verticale du


lieu et l’équateur, compté de 0 à 90° et de 0 à -90° a partir de
l’équateur respectivement dans les hémisphères nord et sud

Dans le repère terrestre, la composante du vecteur unitaire vertical


d’un lieu sont :

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3. Repère terrestre local astronomique : les
coordonnées horizontales locales

Définition

Le repère terrestre local astronomique : c’est le repère dans


lequel on exprime les observations sur les objets célestes faites à
partir d’un point de la terre

Il est défini par :

- La verticale du lieu
- Le plan horizontal
- Le plan méridien du lieu

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Fig.8. repère terrestre local astronomique Fig.9. coordonnées horizontales locales

Une étoile est représentée dans le repère terrestre local astronomique par ses
coordonnées horizontales locales :

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• L’azimut Az : c’est l’angle dièdre entre le méridien du lieu et la
verticale de l’étoile, comptée de 0 à 400 grades dans le sens
rétrograde à partir du nord

• La distance zénithale Dz : c’est l’angle entre la verticale et la


direction de l’étoile, compté de 0 à 200 grades à partir du zénith.

Dans le repère terrestre local astronomique, les composantes du


vecteur unitaire de la direction d’une étoile sont :

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4. Relations entre les repères et coordonnées

4.1. Relations entre le repère équatorial


céleste et le repère horizontal local

L’angle horaire AH, est l’angle dièdre d’arête PP’ entre le


méridien du lieu et le cercle horaire de l’étoile. Cet angle est
compté de 0 à 24 heures dans le sens rétrograde à partir du
méridien du lieu.
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4.2. Relation entre le repère équatorial
céleste et le repère terrestre général

NB : HSG est encore appelée l’heure sidérale


du méridien origine

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5. Notion de trigonométrie sphérique

5.1 Triangle de position

Définition

Un triangle de position: est un triangle sphérique auquel on peut


appliquer les formules de la trigonométrie sphérique.

Exemple :
Le triangle PZA est un triangle de position

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Un triangle sphérique est un triangle tracé sur une sphère de rayon
égale à 1 dont les côtés sont les arcs de grands cercles

Considérons la sphère de rayon unité et de centre 0.


Soient :
A, B et C les sommets du triangle sphérique
Les côtés a, b, c du triangle sont des arcs égaux aux angles
aux centres qu’ils sous-tendent
L’angle A est l’angle entre les plans AOC et AOB

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Remarque : dans un triangle sphérique, la somme des angles
intérieurs est supérieure à π radians

A+B+C = π+ε (ε est l’excès de sphéricité)

5.2. Formules de trigonométrie sphérique


INTITULES DE LA FORMULE FORMULES
Formule Fondamentale (un angle, 3 cotés)

Formule des sinus (2 angles, 2 côtés


opposés)
Formule des sinus et cosinus (2 angles, 3
cotés)

Formule des cotangentes (2 angles, 2cotés


adjacents)

Formule corrélative ( 3 angles , 1coté)


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Application :

Considérons le triangle sphérique ABC dont les côtés et


les angles sont définis

Les angles : A B et C

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On considérant C au pôle nord, on peut estimer la distance AB par la
relation :

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CHAPITRE3: GEOMETRIE DE L’ELLIPSOIDE
ET CALCULS

I. Coordonnées géographiques

1. Définition des concepts

Longitude λ: angle entre le plan méridien de Met un plan méridien


origine choisi arbitrairement, habituellement compté positivement vers
l'Est.

Latitude géographique ϕ: angle entre le plan équatorial et la normale à


l'ellipsoïde.

Hauteur par rapport à l'ellipsoïde h: abscisse de M sur la normale à


l'ellipsoïde, comptée positivement à l'extérieur de l'ellipsoïde.

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II. Coordonnées cartésiennes

Les coordonnées cartésiennes d’un point peuvent être définies en


fonction de λ et ϕ
Nous allons par exemple exprimer les coordonnées d’un point M
quelconque sur l’ellipse méridienne.

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Les coordonnées d’un point M quelconque sur l’ellipsoïde peuvent être
définies par la relation suivante :

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Les coordonnées d’un point quelconque M de l’espace peuvent être
définies par la relation suivante :

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III. Les rayons de courbures

Considérons le schéma de la sphère ci-dessous

N : rayon de courbure principale dans la direction du parallèle, la grande


normale à l’ellipsoïde

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ρ : rayon de courbure principale dans la direction du méridien
Pour certains usages, on assimile localement l’ellipsoïde à une sphère
tangente à l’ellipsoïde.
On définit ainsi:
La sphère de courbure totale dont le rayon de courbure RT vaut:

La sphère de courbure moyenne dont le rayon de courbure


RM vaut :
En géodésie, dans un rayon de 100 km, on peut remplacer l’ellipsoïde par
une sphère locale .Et dans un rayon de 8 km un plan peut valablement
remplacer l’ellipsoïde ou la sphère

IV. Passage des coordonnées géographiques (λ, ϕ, h) aux coordonnées


cartésiennes (X, Y, Z)

Le passage des coordonnées géographiques aux coordonnées cartésiennes se fait


à travers la relation suivante :

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V. Passage des coordonnées cartésiennes(X, Y, Z) aux coordonnées
géographiques (λ, ϕ, h)

Le passage des coordonnées cartésiennes aux coordonnées


géographiques se fait à travers deux méthodes a savoir :

• La méthode itérative
• La méthode directe

1. La méthode itérative
La méthode itérative est la méthode la plus précise pour effectuer le passage
des coordonnées cartésiennes aux coordonnées géographiques. Bien qu’étant
fastidieuse , elle permet un contrôle lors des opérations de calcul.
Le calcul de la longitude est évidente. Elle se fait a travers la relation ci-
dessous :

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Le calcul de la latitude (ϕ) et de la hauteur ellipsoïdale (h) dépendent
de la grande normale N, leur calcul n’est pas direct.

Pour obtenir ϕ et h, le calcul se fait par itération car N dépend de ϕ

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2. La méthode directe

Il en existe deux méthodes directes a savoir :

a. La méthode directe 1

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b. La méthode directe 2

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CHAPITRE 4 : LES SYSTEMES DE
REFERENCE

I. Définitions

1. Système de référence spatial

Un système de référence spatial est la définition théorique


(mathématique) d’un repère de positionnement :

• Définition des propriétés de l’espace


• Définition de l’origine O
• Définition des axes de coordonnées

x
En géodésie, on choisit :
- Le point O assez proche du centre des masses de la terre
- Le trièdre est orienté
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2. Système de référence géodésique :

C’est un référentiel spatial auquel est associé un


ellipsoïde orienté

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• Le centre de l’ellipsoïde coïncide avec celui du référentiel
• OZ est assez proche de l’axe de rotation de la terre
• OXY est contenu dans le plan de l’équateur
• OXZ est contenu dans le plan du méridien origine
• Tout point M de l’espace peut être défini par deux jeux de
coordonnées ( X ,Y,Z) et ( λ,φ,h)

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II. POURQUOI EXISTE-T-IL DIFFERENTS SYSTEMES ?

Quasiment chaque pays dispose de son système géodésique propre. En


effet, lorsqu’il était décidé de cartographier une région du monde, on
choisissait d’abord un point fondamental, dont la latitude et la longitude
était mesurée astronomiquement.

Ensuite, on choisissait un ellipsoïde sur lequel les calculs allaient être


faits. Puis, la région était levée par triangulation. Pour les calculs,
l’ellipsoïde était positionné de façon à ce que la verticale du point
fondamental (donc la normale au géoïde) coïncide avec la normale à
l’ellipsoïde.

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Le système géodésique ainsi déterminé pour un pays A ne pouvait
exactement coïncider avec celui déterminé pour un pays B, et ce pour
les raisons suivantes :

- la détermination astronomique du point fondamental est peu précise


(au mieux 500 mètres), d’où des écarts pouvant atteindre un
kilomètre entre les deux systèmes.

- des ellipsoïdes différents ont pu être choisis. En effet, avec


l’évolution des méthodes de mesure et de calcul, la recherche d’un
ellipsoïde collant au mieux au géoïde a donné des résultats différents,
et les recherches n’ont pas toujours été concertées entre les différents
pays.

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- du fait de la déviation de la verticale qui peut être différente en A et
B, les axes des ellipsoïdes utilisés en A et en B ne sont pas forcément
parallèles.

En principe, le système géodésique local est celui qui « colle » le mieux


au géoïde localement, et c’est pourquoi il est préférable d’utiliser ce
système pour les travaux cartographiques classique.

En revanche, lorsque l’on fait des mesures couvrant plusieurs pays ou


pour l’utilisation d’un GPS, il est nécessaire d’avoir un système
géodésique mondial. Le système géodésique mondial le plus utilisé
actuellement est le WGS 84 (World Geodetic System 1984).

L’ellipsoïde du WGS 84 a été positionné de façon à ce que son centre


coïncide avec le centre des masses de la terre, et que l’axe des Z
coïncide avec l’axe de rotation de la terre, passant ainsi par les pôles.

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Les paramètres de cet ellipsoïde (demi grand axe et aplatissement)
ont été calculés de façon à ce que l’écart moyen entre la surface de
l’ellipsoïde et celle du géoïde soit le plus faible possible.

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Les paramètres du WGS84 sont fixes dans le temps. Pour les travaux
géodésiques impliquant des mesures intercontinentales, il est nécessaire
de tenir comptes de paramètres variables dans le temps, comme la
dérive des continents

ou des variations dans le mouvement de rotation de la terre. Le système ITRS


est basé sur les mêmes principes que le système WGS84, mais tient compte de
ces variations.
Lorsque les coordonnées d’un point sont données dans le système ITRF,
l’année de référence doit être indiquée.

L’écart entre WGS84 et ITRF 1994 n’est que de deux centimètres, aussi, pour
des applications topographiques classiques, il n’est pas fait de distinction entre
les deux systèmes.

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En particulier, bien que le GPS travaille dans le système WGS84, il
est possible d’entrer des coordonnées ITRF dans les stations de
référence sans avoir à créer un changement de base.

III. Changement de système géodésique

Un récepteur GPS calcule sa position à partir de satellites, dont les


trajectoires sont déterminées dans le système WGS 84.

Les coordonnées géographiques calculées par le GPS le sont dans le


système WGS 84. Il est en général ensuite nécessaire de convertir ces
coordonnées dans le système géodésique local.

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Cette conversion s’effectue en trois temps :

1. Connaissant les paramètres de l’ellipsoïde WGS 84, les


coordonnées géographiques ϕ, λ et he sont converties en
coordonnées géocentriques X, Y, Z. Cette phase est optionnelle,
car les GPS calculent directement la position du point en
coordonnées géocentriques et certains modèles peuvent les
afficher.

2. On effectue un changement de base entre le système WGS 84 et le


système local, en utilisant une transformation de Helmert avec trois
translations dX, dY, dZ, trois rotations, et un facteur d’échelle. Il
convient de noter que les GPS de navigation, dont la précision est de
quelques mètres, n’utilisent que les translations pour afficher les
coordonnées dans un système local

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Transformation d’helmert a 7 paramètres

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3-Connaissant les paramètres de l’ellipsoïde local, les coordonnées
géocentriques X, Y, Z sont converties en coordonnées géographiques ϕ,
λ et he.

1. paramètres de transformation

Les logiciels ou appareils pouvant calculer des coordonnées locales à partir de


coordonnées WGS 84 demandent que soient introduits les paramètres suivants :
- a (demi grand axe de l’ellipsoïde local), ou da = a. local – a.wgs84

- f (aplatissement de l’ellipsoïde local), ou df = f. local – f.wgs84

- dX, dY, dZ : translations du repère local par rapport au WGS 84

- Rx, Ry, Rz : rotations du repère local par rapport au WGS 84

- D : facteur d’échelle entre le repère local et le repère WGS 84

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Attention : Il n’y a pas de règle standard quant au signe des
paramètres de rotations.

C’est pourquoi un calcul de transformation doit être au préalable testé


sur un point connu, et en cas d’erreur, il convient en premier d’inverser
les signes des rotations.

Lorsque des points sont relevés au GPS différentiel sur toute l’étendue
d’un pays, la précision de positionnement relative de ces points sera
décimétrique, voire centimétrique.

En revanche, lorsqu’un système géodésique local a été déterminé par


triangulation et non par GPS, et que l’aire couverte par la triangulation
est vaste, il est possible que l’on n’ait pas une précision décimétrique
d’un bout à l’autre de la chaîne de triangle.

C’est pourquoi il sera en général impossible d’utiliser les mêmes


paramètres de transformation sur toute l’étendue du pays. Des
transformations locales devront être calculées si l’on recherche une
précision centimétrique.
IV. RÉSEAU GÉODÉSIQUE:

1. Définitions
• Un réseau géodésique est un ensemble de points physiquement liés à la
croûte terrestre (bornes, piliers,...) dont on décrit la position définie par
des coordonnées estimées et leurs variations.

• Un réseau géodésique est la réalisation matérielle d’un référentiel


géodésique. Il est constitué d’un ensemble de points géodésiques
connus en positions( planimétriques et Altimétriques).

Exemple des Bornes Géodésiques


2. ETABLISSEMENT DES RÉSEAUX GÉODÉSIQUES

L’établissement d’un réseau se fait par divers techniques à savoir :


a. PAR TECHNIQUES TERRESTRES

• Techniques traditionnelles utilisées pour de petits territoires


• Réseau planimétrique et altimétrique dissociés

Le Réseau planimétrique:

• Définition d’un point fondamental


• Détermination de ses coordonnées astronomiques par des
observations vers des étoiles très éloignées
• On impose que la déviation de la verticale Ѳ et l’ondulation du
géoïde soient nulles au point fondamental

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• Définition d’un azimut fondamental
• Observation (angles, distances) des points géodésiques et
ajustement du réseau

Réseau altimétrique :

• Définition d’un point fondamental proche de la mer (rattaché à un


marégraphe)
• Observation des points du réseau altimétrique par nivellement
(direct,…)

b. PAR TECHNIQUES SPATIALES

• Techniques modernes utilisées pour des territoires plus grands


(région, continent, réseaux internationaux)

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• Les mesures sont faites grâces à des signaux radioélectriques (GPS,
…) entre des corps célestes et la terre

• La notion de point fondamental est remplacée par celle de système


géodésique ou de « datum » (en anglais):

Choix d’un référentiel

Choix d’un ellipsoïde et définition du méridien origine

• Ces réseaux sont dits tridimensionnels car il y a détermination


simultanée des trois composantes de la position

• Cependant, cela exige une bonne détermination du Géoïde pour le


passage de hauteur ellipsoïdale à l’altitude ortho métrique

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APERÇU DE QUELQUES SYSTÈMES DE RÉFÉRENCE
Zone Système Ellipsoïde Type de Datum Techniques
Géodésique d’établissement
Mondial WGS WGS 84 Tridimensionnel Spatiale
(système propre
au GPS)
Mondial ITRS (ITRF) IAG GRS 1980 Tridimensionnel Spatiale
(ITRS)
Amérique du NAD Clarke 1866 Bidimensionnel Terrestre
Nord (USA et a = 6378206.4
CANADA) 1/f =
294.9786982
NAD 83 IAG GRS 1980 Tridimensionnel Spatiale
(ITRS)
France RGF (en IAG GRS 1980 Tridimensionnel Spatiale
(Métropolitaine) vigueur) ITRS89
NTF Clarke 1880 Bidimensionnel : Terrestre
IGN Point
a = 6378249.2m fondamental :
b = 6356515.0m croix du
panthéon de
paris
Méridien
origine :
méridien de
paris
(2°20’14.025’’E
de Greenwich)
Burkina Adindan (point Clarke 1880 Bidimensionnel : Terrestre
58) anglais Point
a = fondamental :
6378249.1453 point 58 du 12
1/f = parallèle, situé
293.466000 au Niger près de
la frontière du
Nigeria
Méridien
origine :
Greenwich
ITRF (en IAG GRS 1980 Tridimensionnel Spatiale
vigueur) (ITRS)
Sénégal Adindan (point Clarke 1880 Bidimensionnel : Terrestre
58) anglais Point
a = fondamental :
6378249.1453 point 58 du 12
1/f = parallèle, situé
293.466000 au Niger près de
la frontière du
Aristide William Nigeria
A retenir

Le réseau de référence du Sénégal RRS04 est caractérisé par :

• Système géodésique : ITRF2000 ( calcul époque 2004.5 )

• Ellipsoïde associé : IAG - GRS80 a = 6378137,000


m 1/f=298,25722210088

• Projection associée : UTM Nord zone 28

le système altimétrique du Sénégal est défini par :

• Nom: Nivellement Général d'Afrique de l'Ouest (NGAO


1953)

• Type d’altitude : Orthometrique (hauteur au dessus du


géoïde)
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• Repère fondamental : DAKAR (Sénégal) Repère "KM -
1" scellé dans le puits du marégraphe à la Direction de
l'Arsenal (1.320 m)

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CHAPITRE 5. INTRODUCTION SUR LES
PROJECTIONS CARTOGRAPHIQUES

I. Définitions

Une projection est une fonction mathématique qui transforme les


coordonnées géographiques λ et ϕ en coordonnées planes X et Y,
destinées à être reportées sur un plan, la carte :

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Ce type de projection, appelé « Carte Plane », a été utilisé dans les toutes
premières cartes marines : les portulans.

Les différents types de projection sont parfois symbolisés par des


projections géométriques, bien que cela ne soit pas toujours
mathématiquement exact.

II. Types de représentation

L'objectif prioritaire lors de la projection d'une sphère sur un plan


c'est de limiter les déformations.

En revanche, certaines projections conservent les superficies, et


d’autres les angles. Il est impossible pour une même projection de
conserver à la fois les superficies et les angles.

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Les projections qui conservent les angles sont dites conformes. Les
projections qui conservent les superficies sont dites équivalentes. Les
projections qui ne conservent ni les angles ni les superficies sont dites
aphylactiques.

NB : Les cartes topographiques et de navigation sont généralement


réalisées avec des projections conformes. Il est ainsi possible de
reporter directement sur la carte les angles mesurés sur le terrain au
théodolite ou à la boussole.

Caractéristiques des projections

Les projections peuvent être classées selon trois


critères :

 le type de canevas :

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 Canevas cylindrique : Les méridiens et les parallèles sont des
droites perpendiculaires

• Canevas conique : Les méridiens sont des droites


convergentes vers l'axe du cône et les parallèles sont des
arcs de cercle concentriques aux pôles

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 Canevas azimuthal : Les méridiens sont des droites
convergentes vers les pôles et les parallèles sont des cercles
concentriques aux pôles.

 L’ Aspect

L’aspect d’une projection peut être :


• Direct
• Transverse
• Oblique
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 Les Propriétés
 projection conforme : conserve localement les angles,
• projection équivalente : conserve localement les surfaces,
• projection aphylactiques : ne conserve aucune propriété
géométrique ( angles et surfaces) .

III. Les différents types de projections

Il existe plusieurs types de projections à savoir :


• Les projections cylindriques
• Les projections coniques
• Les projections azimutales

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1. Les projections cylindriques

Nous pouvons citer deux exemples de projections cylindriques :

• La projection cylindrique équidistante


C'est la plus simple. La projection consiste simplement à considérer les
coordonnées polaires de latitude et longitude comme des coordonnées
cartésiennes.

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Les méridiens, comme les parallèles sont des droites parallèles entre elles
espacées de manière égale, et les parallèles sont aussi projetés sur des
lignes horizontales équidistantes (espacement horizontal constant).

Ce dernier point différencie cette projection de la projection de Mercator.


De plus, contrairement à la projection de Mercator, la projection
cylindrique équidistante n'est pas conforme. Elle n'est pas non plus
équivalente, mais aphylactiques (elle conserve les distances le long des
méridiens, d'où son nom).

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• La projection de Mercator

Il s'agit d'une projection conforme, c’est-à-dire qu'elle conserve les


angles. Toute ligne droite tracée sur une carte de Mercator est une ligne
d'azimut constant, c'est-à-dire une loxodromie.

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La ligne de tangence est un méridien. Les déformations croissent
lorsque l’on s’éloigne du méridien de tangence. Une projection
Mercator Transverse se défini par un point d’origine et un facteur
d’échelle. Les paramètres sont les suivantes :

Coordonnées géographiques du point d’origine : λ0, ϕ0


Coordonnées planes du point d’origine : E0, N0
Facteur d’échelle : k

NB : Le facteur d’échelle k sert à diminuer légèrement les distances


pour homogénéiser les écarts dans les zones étendues en longitude.

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Une projection mondiale, appelée UTM (Universal Transverse Mercator), a
été créé en découpant la terre en fuseaux de 6° de largeur, et en appliquant
une projection Mercator Transverse sur chacun des méridiens au centre des
zones ainsi déterminées.

Deux points situés sur des zones différentes peuvent ainsi avoir les mêmes
coordonnées, c’est pourquoi il est important d’accompagner les coordonnées
du numéro de zone. Le facteur d’échelle de la projection UTM est 0.9996.

2. Les projections coniques

Ce type de projection peut être assimilé géométriquement à la projection


d’une sphère sur un cône qui lui serait tangent sur un parallèle :

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Elles sont utilisées en aéronautique.
Exemple :
La projection Lambert 93(projection officielle pour les cartes de
France métropolitaine depuis le décret du 26 décembre 2000) .Elle
utilise les deux parallèles: 44°N et 49°N

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3. Les projections azimutales

Elles peuvent être classées selon leurs propriétés ou le mode de


projection. Dans chaque cas on a un plan de projection qui est tangent
à la sphère, c'est la méthode de projection qui change. On distingue :

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• La projection gnomonique

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• La projection stéréographique

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• La projection orthographique

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A retenir
 Aucune projection ne peut illustrer fidèlement la surface
terrestre sans l’altérer

 Une projection est toujours associée à une zone de validité à


l’intérieur de laquelle, compte tenu de l’emploi envisagé et de
la précision recherchée, les altérations subies restent
acceptables
Exemple : UTM 28

Les principales altérations affectent les propriétés suivantes :


• Les angles (directions)
• Les distances
• Les surfaces ou les formes des éléments géométriques
Toute projection introduit une altération linéaire qu’on cherchera à
rendre négligeable localement sur la zone de validité de la projection
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