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OFPPT

ROYAUME DU MAROC

Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail


DIRECTION RECHERCHE ET INGÉNIERIE DE
FORMATION

SECTEUR : TOURISME

FILIERE : MANAGEMENT TOURISTIQUE

NIVEAU : TECHNICIEN SPECIALISE

MODULE:

Se situer au regard du tourisme durable


1.1- INTRODUCTION

Le tourisme international est l’un des secteurs du commerce international des services qui connaît la
croissance la plus rapide, il est le plus dynamique et le plus rémunérant en terme de recettes. Il
constitue une importante source de développement incontestable au niveau de la création d’emplois et
la contribution au PIB.

En prenant en compte l’évolution des approches et des stratégies économiques- avec toutes les
mutations qui ne cessent de s’opérer dans le paysage international- vu l’impact des interactions
conjoncturelles si péremptoires, le tourisme est indéniablement une valeur, mais une valeur d’une
fragilité et d’une vulnérabilité parfois démesurées aggravée par cette ascension brutale sans mesures de
suivi, un décollage du tourisme engendré par une massification des flux touristiques peu respectueux
des territoires des territoires d’accueil.
Cette ascension des flux touristiques au niveau mondial, essentiellement émis par les pays du nord, a
provoqué dans les pays en voie de développement dont l’activité reste précairement organisée, un
dérapage touristique sans précédent, ravageant ainsi les structures sociales et environnementales
traditionnelles, principales devises du tourisme.
Plus que jamais le secteur appelle à la vigilance eu égard au contexte qu’il engendre et l’accompagne.
Il est alors important que toutes les régions, dont les sites présentent des atouts multiples et des
variétés culturelles et naturelles, soient prises en considération dans le schéma directeur
d’aménagement du tourisme pour aussi contribuer à la création d’un tourisme économique durable.
En plein essor, le tourisme au Maroc a été toujours un maillon de développement non maîtrisé laissé à
la merci du comportement des touristes, parfois inconscients de l’impact de leurs attitudes et habitudes
de voyage et de consommation sur la pérennité et l’équilibre social et environnemental local.

Souvent présenté comme un frein, la concurrence mondiale de plus en plus virulente entre les pays
constitue au contraire une occasion d’adapter l’offre touristique marocaine à l’évolution de la
demande, notamment en favorisant une gestion responsable et équilibrée des ressources qui associe la
population et les acteurs locaux.

L’activité touristique exige de plus en plus d’adaptation et d’adaptabilité aux interactions aux secteurs
mitoyens qui lui servent de plates formes culturelles et de canevas socioéconomiques, elle fustige la
considération des visées et des perspectives liées à l’environnement, à la culture et la durabilité.

C’est pour cette raison que le Maroc s’est engagé récemment à faire du tourisme un secteur
de développement à haute valeur ajoutée, non seulement au niveau économique mais également en
matière de promotion sociale, culturelle et environnementale quoique cette prise de conscience reste
encore dans un état d’avancement embryonnaire.
Pour mieux étayer le thème, nous allons nous consacrer dans une première partie à la définition du
concept du tourisme durable, ses préceptes et ses visées pour ensuite analyser un exemple de projet qui
s’inscrit dans cette logique de durabilité.

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LE DEVELOPPEMENT DURABLE :
Définition :
Un développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre
la capacité des générations futures à satisfaire les leurs.
On voit que le développement durable est moins une définition qu'une déclaration d'intention. Derrière ce
concept qui peut paraître abstrait se trouvent trois notions fondamentales :
 La notion de développement au sens économique du terme ;
 la notion de besoin, ce qui sous-entend la satisfaction des besoins des plus démunis, à qui il faudra donc
porter une attention particulière ;
 la notion de finitude des ressources, qui impose la prise en compte de l’environnement pour que la
planète puisse répondre aux besoins du présent et du futur.
Le développement durable est donc une conception de l'intérêt public appliquée à trois critères fondamentaux :
 la croissance économique ;
 l’environnement global (c’est-à-dire considéré à l’échelle planétaire) ;
 les enjeux sociaux (sociétaux) d’une planète globalisée.
Enjeux et objectifs :

Puisque le développement durable implique un traitement conjoint des effets économiques, sociaux et
environnementaux de toute action humaine, il est indispensable de mettre en place des démarches :
 multi-partenariales et interdisciplinaires ;
 impliquant la coopération d'acteurs de différentes disciplines (économie, sociologie, écologie, sciences
pour l'ingénieur, ...) ;
 de différents secteurs (transports, énergie, eau, déchets, milieux naturels, développement social, ...) ;
 de différents milieux (entreprises, associations, administrations, syndicats, ...) ;
 agissant à différents échelons territoriaux (international, national, régional, et local).
Le développement durable repose donc sur une nouvelle forme de gouvernance, où tous les acteurs (parties
prenantes) doivent se mobiliser.

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En d'autres termes, il s'agit de traiter le même problème à tous les niveaux, dans tous les secteurs, et par tous
les acteurs.

LES TROIS DIMENSIONS DU DEVELOPPEMENT DURABLE

Le développement durable repose sur une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable de
trois dimensions: la dimension sociale, la dimension économique et la dimension environnementale.

Pour que l’on puisse vraiment parler de développement durable, ces trois pôles du social, de l’économie et de
l’environnement doivent être indissociables.

La dimension Sociale

La dimension sociale vise le développement de la société tout en satisfaisant les besoins des êtres humains, peu
importe leurs origines.

La dimension économique

La dimension économique consiste en la création de richesse afin d’améliorer les conditions de vie matérielle.

La dimension environnementale

Enfin, la dimension environnementale s’appuie sur la volonté d’adapter nos modes de vie aux capacités de notre
planète.

Pour que l’on puisse vraiment parler de développement durable, ces trois pôles du social, de l’économie et de
l’environnement doivent être indissociables.

LES EFFETS NEGATIFS DU TOURISME


Les pays en développement disposent eux aussi, maintenant, d’infrastructures de qualité (transport,
accueil, communication), tandis que les services offerts aux touristes se diversifient et s’améliorent.
L’offre touristique se diversifie également, avec des investissements de plus en plus lourds, en
particulier en matière de divertissements, qui commencent à toucher les grands pays
émergents.

Si certains bienfaits du tourisme ne sont plus à démontrer, comme la création d’emplois, la production de
revenus, l’apport en devises, l’amélioration de la balance commerciale ou l’effet induit
sur le développement des infrastructures, il convient de rappeler les nombreux effets
négatifs du tourisme, notamment au Sud. La concentration des infrastructures dans
les zones touristiques se fait au détriment des zones qui ne le sont pas. La
concurrence pour l’accès aux biens de première nécessité comme l’eau, est drastique.

À Marrakech par exemple, on peut voir les pelouses des hôtels irriguées jour et nuit alors que la
population des quartiers périphériques de la ville n’a pas accès à l’eau potable. L’impact sur le foncier
peut également être considérable : la concurrence
pour l’usage du sol entre l’agriculture, l’urbanisation et les infrastructures touristiques
provoque une augmentation des prix qui rend la terre inaccessible aux producteurs
locaux.
Si le tourisme est fortement créateur d’emplois, il s’agit souvent d’emplois peu qualifiés.
La main-d’oeuvre locale est sous-payée. Les emplois ne sont souvent pas
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déclarés et ils sont particulièrement précaires. Le recours au travail des enfants, parfois très jeunes,
est généralisé. Selon le BIT, près de 20 millions d’enfants de moins de 18 ans travaillent dans le secteur
touristique. Cela concerne de très près le Maroc. La prostitution, l’exploitation
sexuelle des enfants, vont souvent d pair avec le développement du tourisme.

Enfin, le développement touristique conduit parfois à l’abandon de certaines activités


traditionnelles, comme l’agriculture vivrière, au profit de la vente de souvenirs ou de la
mendicité.

DE NOUVEAUX COMPORTEMENTS SOCIOCULTURELS : UNE NOUVELLE DEMANDE

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La demande touristique évolue en fonction des changements socioculturels profonds que connaissent les sociétés
post-industrielles. Les modèles de consommation sont modifiés. Cela se traduit, d’une part, par de nouveaux
comportements des touristes et, d’autre part, par une demande différente en matière de produits touristiques.
L’information des clients se fait maintenant en
continu. Le futur voyageur recherche lui-même sur Internet les offres les plus
intéressantes, parfois longtemps à l’avance, parfois le dernier jour. Le bouche à oreille
fonctionne beaucoup.
Les voyageurs actuels partent plus fréquemment, pour des périodes plus courtes (trois jours, une
semaine) ce qui entraîne une modification des comportements mais aussi des attentes. Les vacances
restent un moment très important pour les familles comme pour les groupes d’amis. C’est
un moment privilégié de détente pour des familles peu disponibles et souvent dispersées
pendant le reste de l’année.

Les études récentes sur le sujet, montrent bien quelles sont les tendances socioculturelles profondes de
la société européenne post-industrielle qui ont une incidence sur le modèle de consommation des loisirs
:

 Les voyageurs ne veulent pas de soucis pendant leurs vacances. Cela démarre dès le stade de la
recherche d’information qui doit être facile d’accès. L’offre doit être simple, sans incertitude. Il
y a toujours, quelque part, la crainte de l’arnaque, du supplément imprévu.

 Ils souhaitent de plus en plus disposer de rapports non marchands pendant les vacances. En
même temps, ils ne souhaitent pas réduire les contacts à une simple relation commerciale.

 Le ludique représente une demande croissante car les vacances sont une période de rencontres,
de convivialité.

 Les voyageurs attendent de leurs vacances de l’harmonie, mais aussi du vivifiant, du stimulant.
Ce besoin, que les spécialistes qualifient de « be-soin de vitalité douce » est profond, physique,
il est aussi spirituel.

 Les vacances doivent aussi permettre d’entretenir sa santé. Elles doivent servir à se reposer, à
se sentir bien dans sa peau.

 Les clients ont une grande sensibilité pour tout ce qui touche au beau, à l’agréable, à
l’émotionnel. Ils attendent de la qualité et de l’harmonie.

 Les voyageurs, le plus souvent urbains, éprouvent un grand besoin de nature, mais la nature à
l’état brut, qu’ils connaissent peu, suscite parfois de la crainte. Comme ils rêvent d’accéder à
cette nature, c’est une nouvelle relation qui s’établit, maintenant, entre l’homme et une « nature
apprivoisée ».

1.2.1. La prise de conscience de quelques tour-opérateurs

Dès 1996, un groupe de petits tour-opérateurs, autour de l’agence Atalante, lance l’idée
d’une charte éthique du voyageur en partant du principe qu’il « n’y a pas de mauvais
touristes, mais des voyageurs mal informés ». Cette charte, qui a pour objet d’informer
le client, fait référence, entre autres, au respect de la nature et des populations.

Mais Atalante va au-delà en proposant le partage des revenus du tourisme, l’aide au


développement la protection des milieux naturels. En 2000, les grands tour-opérateurs
lancent à
Berlin la « Tour Operators’Initiative for SustainableTourism Development ». Cogérée par les tour-
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opérateurs et les organisations internationales, cette initiative a pour objet d’instaurer une « conscience
de l’environnement » chez les tour-opérateurs, comme chez les clients et dans les communautés
d’accueil. L’existence même de cette initiative indique que les tour-opérateurs admettent que le
tourisme est source de dommages importants, et parfois irréversibles,
pour l’environnement et pour les populations locales. Si la démarche démontre une prise de conscience
des dégâts engendrés par le tourisme, elle montre aussi l’intérêt des tour-opérateurs à empêcher la
dégradation du patrimoine: « Pour maintenir l’attractivité de ces destinations et en valoriser de
nouvelles, nous voulons nous assurer de la protection des sites visités par les touristes ».

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En 2003, de nombreux pays sont parvenus à démontrer que le tourisme doit, comme les autres secteurs
de l’activité humaine, « participer à la satisfaction des besoins du présent, sans compromettre la
capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins » (Déclaration de Rio de Janeiro).

L’OMT a organisé, dès 1995, une Conférence mondiale du tourisme durable, à Lanzarote (Espagne).
Celle-ci a abouti au lancement de la Charte du tourisme
durable26, selon laquelle le tourisme doit :

 « favoriser le développement économique et social et, en particulier contribuer à l’amélioration


des conditions de vie des populations locales ; drainer les retombées du développement
touristique en direction des populations locales, et permettre une maîtrise locale du processus
touristique par les collectivités concernées ;

 faciliter la gestion des ressources du patrimoine naturel ou culturel, ce qui signifie préserver et,
si possible améliorer, le patrimoine à laisser aux générations futures ».

C’est avec l’intention de protéger le patrimoine naturel et culturel mondial que l’OMT a fait adopter,
trois ans plus tard, le Code mondial d’éthique du tourisme (Santiago du Chili, 1999). Approuvé par une
centaine de pays, ce code marque le désir de « promouvoir un tourisme international équitable,
responsable et durable, au bénéfice partagé de tous les partenaires : États, opérateurs touristiques,
touristes, populations locales, collectivités, société civile ». Depuis lors, l’OMT n’a pas cessé, comme
à Johannesburg en 2002, lors du Sommet mondial du développement durable, de promouvoir un
tourisme vecteur de développement durable pour les populations des pays en développement.

1.2.2. Vers un tourisme solidaire et responsable

Le concept de tourisme solidaire et responsable, porté par les ONG, s’inscrit dans la
démarche de durabilité, mais donne davantage de relief au rôle des personnes
impliquées dans la relation touristique : le voyageur-consommateur d’un côté et
l’hôte-vendeur de l’autre.

Ce concept pourrait être précisé de la façon suivante:

 ce tourisme est réalisé au profit des populations locales et avec leur entière participation ;

 il conforte ces sociétés locales, les aide à s’organiser et leur fournit des moyens humains et
financiers. Il met l’accent sur le capital social ;

 il facilite les synergies entre acteurs locaux du développement : les organisations de base, les
gouvernements locaux, les ONG, les services déconcentrés de l’État, le secteur privé

 il minimise l’impact écologique, culturel sur le milieu environnant ;

 il joue un rôle d’éducation au développement pour les populations du Nord ;

 il s’inscrit dans une démarche de développement local durable. La démarche du « tourisme


équitable et solidaire » s’appuie sur deux éléments stratégiques :

 les populations du Sud concernées constituent le maillon faible de la filière touristique face aux
autres acteurs qui cherchent à maximiser leur profit, alors que la concurrence écrase les
bénéfices. Le processus doit donc prioritairement chercher à les conforter, grâce à des
dynamiques économiques autonomes, pour qu’elles se constituent
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réellement en forces de contestation et de résistance au modèle touristique dominant et en forces
de proposition d’alternatives à ce modèle

 une part croissante des voyageurs du Nord, mais aussi des ONG, comme certaines entreprises «
citoyennes », est prête à étayer ces processus de renforcement des sociétés locales et à
maximiser les

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retombées économiques au bénéfice direct de ces populations, tout en favorisant la « découverte de l’autre »,
dans le respect de son identité et de ses valeurs.

II – QU’EST-CE QUE LE TOURISME DURABLE ?

2.1. Définition :

Un tourisme qui respecte et préserve, à long terme, les ressources naturelles, culturelles et sociales, et
contribue de manière positive et équitable au développement économique et à l’épanouissement des
hommes qui vivent, travaillent ou séjournent dans les territoires.

Concept applicable à toutes formes de tourisme et ses destinations

La notion de tourisme durable reprend le triptyque devenu maintenant familier du développement


durable : " il doit être supportable à long terme sur le plan écologique, viable sur le plan
économique, et équitable sur le

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plan éthique et social pour les populations locales " (article 1 de la Charte du tourisme durable de
l’OMT [adoptée en 1995) . Les autres articles de cette charte détaillent les principaux éléments de ce
tourisme voulu " harmonieux et maîtrisé " :
Le " milieu écologique " à protéger et à mettre en valeur est entendu au sens de maison commune :
il englobe à la fois la nature et la faune, le patrimoine paysager, historique et architectural (y compris
le bâti non protégé), ainsi que le " patrimoine de vie ", (ethnologique et culturel). L’environnement
(au sens large) est la matière première d’un tourisme durable ;
Les notions de développement et de progrès doivent être redéfinis en relativisant les indicateurs
quantitatifs traditionnels de l’économie du tourisme (nombres de visiteurs, multiplicateur de
dépenses, emplois créés, recettes en devises...), et en prenant en compte l’ensemble des coûts
(environnementaux, culturels et sociaux) de l’activité sur le long terme, la répartition des richesses
induites, et la qualité de vie des populations concernées ;
la recherche d’un tourisme durable passant par une planification stratégique globale induit
nécessairement une réflexion, une consultation, une information constante, une participation au
processus décisionnel et un partenariat de tous les acteurs : institutions publiques internationales,
nationales et locales, ONG, associations, entreprises (du secteur touristique mais aussi agricoles et
industrielles), population locale, travailleurs permanents et saisonniers, tour-opérateurs et touristes
eux-mêmes. Il s’agit donc d’adopter une autre méthode de gouvernance avec l’idée que la réussite
d’un projet repose nécessairement sur une cohésion sociale.
Plus largement le tourisme durable s’intègre dans une conception éthique du tourisme, facteur
d’épanouissement individuel, et pouvant " favoriser le rapprochement et la paix entre les peuples,
créant une conscience respectueuse de la diversité des cultures et des modes de vie "

2.2. Comment rendre le tourisme durable ?

Même si comme nous l’avons souligné, l’entente et la coordination des différentes parties
intéressées est essentielle, il est néanmoins commode de distinguer parmi les instruments du
tourisme durable, ceux relevant de l’auto-adhésion de ceux relevant de la contrainte publique.
Concernant les initiatives volontaires, quatre types de politiques (non exclusives) sont envisageables :
Un système de management environnemental interne à une entreprise, respect de la norme ISO
14001 qui impose à ses différents établissements et fournisseurs des normes d’économies d’eau et
d’énergie, de recyclage des déchets, une meilleure intégration paysagère...
Une labellisation des produits proposés au consommateur (éco labels de type Gîtes Panda ou
Hôtel au naturel, drapeaux bleus, Green Globe). Dans le même esprit, l’attribution de récompenses
annuelles permet de valoriser certains projets innovants ;
Les codes et chartes de conduites élaborées par des institutions internationales (OMT), des ONG
(WWF), des associations (Parcs naturels) qui reposent sur une adhésion volontaire des
professionnels (émetteurs et réceptifs), des touristes ou plus rarement des populations réceptrices;
Le tourisme solidaire, où le " client " contribue financièrement et/ou matériellement à l’entretien
du territoire, à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs du tourisme ou à des projets de
développement local.
Il faut cependant noter que les deux premières politiques se sont plutôt jusqu’à présent cantonnées à
l’environnemental et que la troisième repose sur des règles autodéterminées, sans valeur juridique et
souvent sans sanctions de non-respect explicites et appliquées. De plus, l’inflation de labels et de
certifications les rend moins " audibles " auprès des touristes, et ne relève parfois que d’un simple
argument de marketing.
Il semble donc que les instruments " classiques " aux mains des pouvoirs publics soient encore utiles
dans une optique d’incitation et de régulation comme par exemple :
Des mécanismes réglementaires : maîtrise foncière (POS), gestion des droits à construire, droit du
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travail, salaires minimums, amendes ;
Des investissements dans des études de faisabilité et d’impacts, des équipements publics
structurants, dans la restauration du patrimoine ;

Des subventions et des taxes : soutien à la prise de risque de porteurs de projets, instauration de
quotas d’embauche locale, écotaxes, taxe de séjour, vignettes touristiques (Egypte), paiements des
aires de stationnement, encouragement à l’ouverture des équipements touristiques à la population
locale ;
L’organisation de la promotion et le soutien à la commercialisation d’activités diffuses ;
Des campagnes de sensibilisation et d’éducation visant à une " mise en désir culturelle " d’un
tourisme durable dans l’inconscient du consommateur.

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LES FORMES DU TOURISME « alternatif »

Il est indispensable de mettre en place d'autres formes de tourisme qui perturbent le moins
possible le système social et économique du pays d'accueil et s'inscrivent dans une perspective de
développement durable. Les premières tentatives dans ce domaine datent des années 50.
Ce tourisme dit " alternatif " met au centre du voyage la rencontre, l'échange, la découverte d'autres
cultures, privilégie l'implication des populations locales dans les différentes phases du projet
touristique et une répartition plus équitable des ressources générées.

Parmi les nombreuses propositions pour un autre tourisme, on peut distinguer divers types de
formules de voyage, inscrites dans une perspective citoyenne. Notamment :

4.A.1. Le tourisme responsable :

Axé sur la connaissance des réalités locales, de la culture, des modes de vie et aussi de la situation
politique et sociale de tel ou tel groupe. Il alterne en général activités culturelles et rencontres avec
des acteurs locaux (association, projets sociaux.).

4.A.2. Le tourisme équitable :

S'inspirant des principes du commerce équitable. Il insiste plus particulièrement sur la participation
des communautés d'accueil, sur les prises de décisions démocratiques, sur des modes de production
respectueux de l'environnement et sur une juste rémunération des prestations locales.

4.A.3. Le tourisme solidaire :

S'inscrivant à la fois dans une perspective " responsable" et "équitable" mais plus directement associé
à des projets de solidarité : soit que le voyagiste soutienne des actions de développement, soit qu'une
partie du prix du voyage serve au financement d'un projet de réhabilitation ou d'un projet social.

Il insiste particulièrement sur :

- La sensibilisation des voyageurs et la préparation au voyage,


-Les possibilités de contact avec la population locale : rencontres, activités culturelles, logement chez
l'habitant.
- Les problématiques environnementales : sensibilisation et responsabilisation des voyageurs, gestion des

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déchets, gestion des ressources.
- L'implication dans un ou plusieurs projets de développement local déterminés par la population d'accueil
- Les retombées économiques locales

4.A.4. Écovolontariat

L’écovolontariat est ainsi une sorte de voyage écologique, responsable et solidaire où les volontaires
participent à des chantiers ou programmes pour l’environnement, encadrés par des professionnels, en
même temps qu’ils profitent de la nature environnante (ex : paysage sauvage, observations
d’animaux...). Généralement, l’écovolontariat se caractérise par une aide à une organisation locale de
promotion de l’écotourisme qui ne demande donc pas mieux que de recevoir quelques effectifs
supplémentaires pour développer de petits projets communautaires. Durant leur séjour, les
écovolontaires soutiennent les membres des communautés, les chercheurs et les conservateurs de la
nature dans leur travail de préservation de la biodiversité et de la culture.

4.A.5. Ecotourisme

Consiste en un tourisme écologique dont l'objectif principal est de profiter de la nature, des paysages ou
d'espèces particulières tout en respectant les écosystèmes. L'activité doit comporter une part d'éducation et
d'interprétation, et aider à faire prendre conscience de la nécessité de préserver le capital naturel et le capital
culturel. L'écotourisme doit avoir de faibles conséquences environnementales et doit contribuer au bien-être des
populations locales.

4.A.6. Agritourisme

L’agritourisme comprend les prestations touristiques proposées par les agriculteurs.

L'agritourisme ou agrotourisme peut être intégré dans des termes plus généraux,
tels que le tourisme rural, puisqu'il est la plupart du temps exercé dans des zones
rurales, et le tourisme vert puisqu'il est étroitement lié à la nature.

La caractéristique principale de l'agritourisme est qu'il est l'affaire d'agriculteurs exploitants agricoles
qui, à côté de l'activité agricole classiqueS, ont choisi de développer une activité de services telle que
la vente directe de produits fermiers, l'accueil à la ferme... Ce versant de l'activité des agriculteurs est
donc à vocation touristique et commerciale.

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LES PILIERS DU TOURISME DURABLE

Le tourisme durable s’articule autour de 4 dimensions indissociables :

Éthique : Commune à toutes les dimensions, porte les principales valeurs du développement durable,
partagé au sein d’un territoire et regroupe les règles collectives indispensables à tout travail de groupe,
comme la démocratie participative, la transparence, la solidarité, la tolérance. Garante des valeurs de
responsabilités liées à la prise en compte du temps, à la mise en œuvre du principe de précaution en cas
de doute, de sauvegarde face une menace majeur, et s’intéresse à la réversibilité potentielle des choix
réalisés.

Environnement : cherche à favoriser une gestion patrimoniale des ressources non renouvelables en
prenant en compte l’impact des projets proposés sur la préservation du patrimoine (paysages, cultures,
bâti ou biodiversité) et des ressources (eau, air, énergie, déchets, bruits, espaces) indispensables pour
l’avenir des générations futures.

Social : apprécie les effets, les projets touristiques sur le bien-être des populations, la réduction des
inégalités, l’évolution et l’épanouissement humain.

Économie : est comprise et utilisée comme un moyen au service du développement humain et à


optimiser dans une logique de création, d’imagination et de redistribution des richesses.

CONCEPT DU TOURISME DURABLE A RETENIR

OBJECTIFS:

 Proposer des séjours de qualité


 Concilier le développement touristique avec la protection des patrimoines naturels et culturels
 Limiter les effets négatifs du tourisme pour sauvegarder sa propre base d’activité
 Prendre en compte les besoins de la population locale
 Utiliser le potentiel du développement touristique dans les espaces ruraux
 Favoriser un tourisme de qualité répondant aux
attentes des touristes et aux besoins du territoire

Trouver l’équilibre entre les aspects environnementaux, économiques et socioculturels pour


préserver les ressources pour les générations futures.

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A ce schéma doit s’ajouter une 4ième composante vitale qui est la dimension éthique, un critère
indispensable permettant de mieux évaluer et à, efficacement, cerner les contours de la durabilité
des projets touristiques.

CHARTE DU TOURISME RURAL SOLIDAIRE AU MAROC

La charte du tourisme rural solidaire au Maroc a pour objet de réguler les relations entre les hôtes
marocains, réunis au sein d’une association villageoise, l’organisation Migrations & Développement
en tant que promoteur de pratiques différentes de tourisme et les voyageurs qui décident de partir au
Maroc dans le cadre des voyages de tourisme rural solidaire.

Migrations & Développement : soutenir les projets des associations villageoises pour une
amélioration de la qualité de l’accueil réservé au voyageur et pour assurer une formation adéquate aux
associations villageoises en matière de gestion touristique et de valorisation du patrimoine local.

La charte :

 Assure la promotion des circuits incluant les associations villageoises ayant adhéré à la
charte pour fournir la clientèle touristique.

 Recherche des partenariats pour garantir la meilleure qualité du séjour dans le respect de
l’éthique du tourisme solidaire.

 Accompagne les voyageurs tout au long du séjour et joue un rôle de médiation en cas de
problème entre les partenaires.

 Organise le séjour d’un bout à l’autre en tenant compte des aspirations légitimes des
différents intervenants et en résolvant les difficultés qui pourraient surgir.

 Entretien des relations et une gestion transparentes et fournit une information aussi
exhaustive que possible à tous les partenaires.

 Rémunère les prestations offertes par l’association villageoise au plus juste prix en s’assurant
que les montants versés sont répartis équitablement entre les villageois, conformément aux
accords préalables.

 Appuie la création de structures de deuxième niveau pour assurer certains services comme le
transport des voyageurs.

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 L’association villageoise

 S’assure de l’adhésion de l’ensemble de la communauté villageoise au projet d’accueil


touristique dans un esprit d’ouverture et de tolérance.

 Assure l’accueil des voyageurs dans le respect de l’hospitalité berbère.

 Garantit la qualité de l’environnement du village (propreté, entretien, sanitaires) et veille à


le rendre attractif et attrayant.

 Assure l’accueil et l’encadrement des voyageurs pendant toute la durée de leur séjour.

 Désigne les familles d’accueil en s’assurant d’une répartition équitable des revenus tirés de
l’accueil, dans un souci de renforcement de la solidarité au sein du village.

 Contrôle la qualité des prestations offertes aux voyageurs.

 Veille à la bonne application des règles et des normes.

 Respecte la vie privée des voyageurs et contrôle les comportements individualistes de


villageois sollicitant des dons personnels.

 Assure des conditions d’accueil et un encadrement garantissant la sécurité et la santé des


voyageurs.

 Contribue à promouvoir les activités artisanales et culturelles (tapis, huile d’argan, huile
d’olive, safran, danse, etc.) et la richesse architecturale (Zaouia, maâsra traditionnelle, etc.)
spécifique à chaque site.

 Entretien des relations et une gestion transparentes vis-à-vis de ses membres et une
information aussi exhaustive que possible à tous les partenaires.

 Le voyageur

 Respecte la culture berbère sous toutes ses formes.

 Évite tout comportement susceptible de choquer ses hôtes (tenue vestimentaire, propos,
considération religieuse ou politique, photographie des personnes sans autorisation préalable,
etc.).

 Aborde son voyage dans un état d’esprit d’ouverture et d’acceptation de la différence culturelle.

 Veille à ne pas déstructurer la solidarité villageoise par des dons individuels ou l’entretien de
relations privilégiées avec une seule personne.

 Évite de gaspiller les ressources naturelles, en particulier l’eau.

 S’engage, s’il est satisfait de son séjour dans les villages de montagne du sud, à informer ses
proches et ses amis afin qu’ils puissent, à leur tour, réaliser un voyage du même type

Le développement d’un territoire fait appel à d’autres données qu’à des


éléments purement économiques. La dimension culturelle y est
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prépondérante, et son influence éminente. En effet, le développement local est
d’abord social et culturel, il repose sur diverses formes d’animation, de
formation et d’information afin de susciter la participation et l’imagination
des acteurs locaux. L’objectif est de rendre les groupes conscients,
responsables, solidaires et agissants.

C’est la prise de conscience que pour survivre ou mieux vivre, au lieu d’attendre les

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bienfaits de l’Etat providence ou de l’extérieur, les réponses les plus adaptées
sont à rechercher dans les ressources et la culture locale où apparaissent des
potentialités et des savoir-faire inexploités, des traditions tombées dans l’oubli.

La notion d’identité en référence au territoire est importante, les acteurs du


développement local, militants associatifs, acteurs locaux, sont d’abord
enracinés et attachés au terrain local. L’identité représente le premier niveau de
la conscience de soi et des autres.

Ce qui est en jeu, c’est également pour les générations futures autochtones leur
droit à la sauvegarde du patrimoine, à sa découverte ainsi qu’à sa connaissance.
Mais à ce droit correspond un devoir; celui de préserver dès aujourd’hui la
culture de son terroir et la faire connaître son la mettre en péril.

Cette approche doit être transversale et intégrée par rapport à une approche sectorielle et cloisonnée et
proposera des stratégies et mesures de soutien susceptibles de favoriser la réunion des conditions
nécessaires à l’éclosion des initiatives de développement local.

Parmi ces conditions, la qualité de vie, services de proximité, ouverture au


savoir faire et à l’initiative locale, et surtout faire participer les acteurs locaux
(penser globalement et agir localement). Les territoires locaux ne peuvent plus
être attentistes, ils se doivent d’être proactifs.

Ainsi le développement futur des zones à économie fragile reposera très largement sur leur
dynamisme local constitué de facteurs sociaux, économiques et culturels.

EXEMPLE DE PROJET TOURISTIQUE DURABLE : « LES TERRES D’AMANAR »

Dans cette perspective certaines structures touristiques ont vu le jour, ces établissements se sont
engagés dans la préservation du patrimoine et de l’héritage architectural, environnemental, social
et culturel de l’arrière pays marocain, notamment dans la région d’El Haouz dans laquelle Le
projet Amanar est installé

Présentation du projet

A 35 mn de Marrakech sur la route d’Asni, le domaine d’Amanar est un lieu unique bénéficiant
d’un environnement exceptionnel et authentique, loin du stress et de la pollution.
En pleine nature, s’étendant sur 55 hectares, le site est directement adossé aux 100 000 hectares
vierges du domaine forestier du parc naturel du Toubkal.

Dans les premiers contreforts du haut Atlas, le site domine la vallée de Marrakech et offre un panorama
superbe sur les villages berbères environnants et sur les sommets de l’Atlas.

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1 Ce projet Amanar est destiné à présenter un nouveau concept touristique à fort potentiel axé
autour de l’écotourisme et du respect de l’environnement dans toutes ses dimensions
(sociales, culturelles et

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naturelles).

2 Les terres d’Amanar visent à offrir des produits authentiques entièrement conçus par les
gens de la région, des produits qui respectent les traditions séculaires garantissant un
tourisme solidaire et responsable.

Ce concept répond à l’émergence des attentes en termes de :

1er besoin : celui d’un dépaysement


complet dans une nature préservée et
riche.
Lignes de force: Autrement, Horizons, Écotourisme

2ème besoin : celui d'une connaissance /


découverte du pays ou de la région visitée.
Lignes de force: Authenticité, Partage, Apprentissage

3ème besoin : celui d'activités sport/santé


permettant un contact privilégié avec soi et son
environnement. Lignes de force: Équilibre, Harmonie,
Ressourcement

Activité :

La demande touristique évolue extrêmement rapidement vers des produits se situant « au cœur » de
l’environnement, capables de répondre à un triple besoin : dépaysement complet dans une nature
préservée et riche; découverte de la région visitée; activités sport / santé / culture / apprentissage,
favorisant le retour sur soi et le contact avec l’environnement.
Face à ce constat, Terres d’Amanar a choisi de développer un produit autour d’un concept original
fortement lié à l’écotourisme et conçu pour faire l’objet d’enrichissements dans le temps.

Marchés :

1 Clientèle individuelle :

LA CLIENTELE LOCALE: désireuse de passer les week-ends, et vacances


dans un environnement à la fois ludique, sportif et naturel. Cherchant des
produits adaptés à ses ressources et envies.

LA CLIENTELE NATIONALE: dans le cadre d’un développement du tourisme


intérieur (aux forts enjeux économiques). Avec un habitat adapté à sa demande.

LA CLIENTELE INTERNATIONALE : existant déjà et ne demandant qu’à


s’accroître avec des produits adaptés à l’évolution de ses besoins.

2 Clientèle groupes

1 Groupes et incentives, en bivouac ou déjeuners avec activités.

2 Tours opérateurs locaux, à la journée ou en résidentiel.

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Produits :

Phase I : 2005 à 2007

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1 Centre équestre, où seront organisées des randonnées d’une demi-journée à plusieurs jours.
2 Centre de randonnées
- VTT où les visiteurs pourront soit seulement louer un vélo, après une formation sur
notre piste d’initiation, soit participé à une randonnée avec guide.
- pédestres, avec des produits à la journée ou sur plusieurs jours alliant ou non une autre
activité sur le site comme un massage relaxant.
3 Mini-Spa offrant massages et hammam
4 Tyrolienne
5 Parc accro branches dans les arbres
6 Espace bivouac pour les incentives et groupes
7 Restaurant Grand Public où les visiteurs à la journée et les résidents pourront déjeuner tout en
bénéficiant des attraits du site et de ses activités
8 Centre d’Animation Enfants. Très éloigné de la garderie, ce centre éveillera les enfants à un
ensemble d’activités, à la nature et au respect de l’environnement
9 Boutique / Atelier où les coopératives rurales des villages avoisinants pourront vendre leurs
produits, voire faire partager leurs talents aux adultes qui le souhaiteront
10 Le village Nature, composé d’un village de tentes et de bungalows, tous conçus de façon à
répondre aux besoins de la clientèle marocaine et internationale.

Phase II : 2008 à 2010

1 Des cabanes dans les arbres


2 Le Spa principal
3 Le Centre de Séminaires, destiné aux incentives
4 L’amphithéâtre de plein air
5 Le village Tradition, composé de chambres et de suites, permettant de répondre aux besoins
d’individuels couple ou famille dans un village famille.
6 Le restaurant des villages et lieux de vie.

Objectifs:

De s’inscrire dans une logique de développement durable d’une région à 3 niveaux:


Environnemental, Social et Économique.

De proposer un produit touristique phare et attractif susceptible de devenir une « vitrine »


d’un Maroc authentique et au plus proche de ses traditions.

Nouveau concept touristique à fort potentiel axé autour de l’écotourisme et du


respect de l’environnement dans toutes ses dimensions (sociales, culturelles et
naturelles).

Sur le principe de la redistribution des richesses crées par le projet, celui ci étant un moyen pour les
habitants avoisinants de pouvoir vivre et gagner leur vie dignement.

Tout en n’enferment pas ces populations dans une muséologie, mais en permettant un développement
et une évolution des modes de vies selon les desideratas des populations.

Le domaine d’Amanar étant un élément déclencheur permettant aux concernés de gérer leur
développement. Et ce en effectuant, ou en créant une activité ou un travail en lien direct ou indirect
avec le domaine d’Amanar.

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Les objectifs de ce projet peuvent être résumés comme suit:

 Contribuer à la promotion de la région d’un point de vue touristique en faisant acquérir la


connaissance historique et environnementale de lieux.

 Mise en place d’un point d’information, de présentation et d’observation des écosystèmes et des
sites

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d’intérêt biologique et écologique de la région.

 Sensibiliser le public de région à la problématique de la gestion des ressources naturelles.

 Contribuer au développement local et l’amélioration des conditions de vie des populations


en milieu rural

 Permettre à la population rurale de vendre leurs produits naturels et d’artisanat pour


assurer une meilleure qualité de vie.

 Développement d’une activité d’écotourisme et de tourisme durable et solidaire

Les démarches que le projet Amanar vise à concrétiser sont :

1 En premier lieu des actions de mise à niveau sociale (alphabétisation, pré scolarisation,
organisation
communautaire, …)

2 En deuxième lieu des actions de renforcement de capacités des acteurs associatifs villageois
(gestion administrative et financière, communication interne et externe, la transparence, la
démocratie, …)

3 En troisième lieu des actions de renforcement de capacités des villageois dans le domaine
de travail communautaire participatif autour de projet de développement (identification
participative de projet, montage de projets, suivi, réalisation et évaluation des actions)

4 En quatrième lieu Identification de personnes ou de groupements d’intérêts qui peuvent


porter des projets communautaires de tourisme ou autres (autour d’actions concrètes sur les
terrains tels que des petits aménagements, des actions de propreté du village, …).

5 En cinquième lieu Identification de jeunes villageois pour subir des formations pointues et
indispensables pour la gestion de projets touristiques dans le territoire (formation de guides
locaux).

A.- ANALYSE DE LA DURABILITE

7. A.1. DIMENSION ECONOMIQUE

Le développement économique :

-Imaginer et bâtir des micros structures pour redistribuer directement une partie des richesses
crées.
-Création de + de 100 emplois directs et + de 200 emplois indirects, en principal dans les
3 douars concernés, et Tahanaout.

En sus des embauches proposées, mise en place d’un programme de conseil et soutien en matière de:

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-FORMATION aux métiers et activités liées au tourisme vert.

-Recherche et mise en place de micros crédits pour le développement d’initiatives


complémentaires par les habitants de la vallée.

-En partenariat étroit avec les responsables associatifs locaux

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-Appuis et aide au développement d’initiatives complémentaires au projet, initiés par les
habitants de douars limitrophe.

Les investissements en matériel (5 millions de Dirhams) ont permis non seulement le travail des
artisans des douars avoisinants mais aussi leur mise en conformité avec les règles administratives :
numéro de patente…

Création dans les douars avoisinants d’ateliers artisanaux que les touristes pourront découvrir lors
des treks, randonnées, ballades en VTT
L’idée serait de réhabiliter les maisons en ruine du village afin que les artisans aient des ateliers
nécessaires à leur travail.

1- L’ensemble des constructions sont réalisées par les habitants des trois villages limitrophes, en
s’appuyant au maximum sur les savoirs faire traditionnels. Les matières premières nécessaires à la
construction sont directement trouvées et travaillés sur place.

2- Le projet prévoit en matières d’énergies d’être le plus autonome possible en utilisant


différentes sortes d’énergies renouvelables

3- Les problématiques thermiques sont en grandes parties réglées par le choix des
matériaux de construction et l’épaisseur des murs

Formation du personnel :

Les animateurs ont reçu de multiples formations encadrées par des professionnels : Sauvetage en hauteur,
randonnées pédestres, randonnées VTT, secourisme,…
Par la suite, les animateurs seront amenés à devenir tuteur d’un jeune du village afin de lui
transmettre ses connaissances ainsi que son expérience

Le personnel de la restauration :

Mise en place de programmes de formation encadrés par des professionnels et réalisés en partenariat
avec l’ANAPEC et l’OFPTT qui vont permettre non seulement la formation de notre personnel mais
aussi celle des demandeurs d’emplois de la région.

L’apport pour la région

-Mise en place d’une plate-forme d’investisseurs susceptibles d’être à la hauteur de l’ambition


humaine et économique du projet.

-A partir d’un actionnariat de base franco-marocain garantissant le strict respect de la


logique de développement durable initié par les fondateurs

-Appuis et aide au développement d’initiatives complémentaires au projet, initiés par les habitants
de douars limitrophes.

7.A.2. DIMENSION SOCIALE :

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Encourager la rencontre des deux cultures pour un enrichissement et un développement mutuel et
équitable.

Guides et muletiers pour les treks et randonnées. Achat des matériels et animaux nécessaires pour cette
activité par le domaine et mise en place d’un système de location par les exploitants locaux.

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Aides aux exploitants en fournissant les éléments nécessaires au démarrage de ces activités, mise en
place des moyens techniques et pompes à eau pour l’irrigation des terrains de culture par le domaine.

Aide au développement de gîtes étapes chez l’habitant sur les parcours de tecks et randonnées.

Développement d’activités rémunératrices au bénéfice de tous par l’intermédiaire des associations


locales, et ce par le biais des ateliers du centre artisanal du domaine animés par ces associations.

Plate-forme de mise en avant des coopératives artisanales rurales du pays dans le cadre des articles
proposés dans la boutique du domaine et sous le label « domaine d’Amanar ». La communication
montrant d’où viennent, par qui sont faits, dans quel contexte et avec quels matériaux sont réalisés ces
produits. Cela dans une logique et une approche de commerce équitable, commercialisation de ces
produits hors site.

Appui et aide au développement d’initiatives complémentaires aux projets initiés par les habitants des
douars limitrophes.

Proposition aux autorités locales d’une chartre de l’écotourisme délimitant les possibilités d’activités
dans la vallée. Il est important de préserver le site et les populations d’un développement anarchique et
faire de cette vallée un exemple.

7.A.3. DIMENSION ENVIRONNEMENTALE

la construction du site et des locaux privilégie les matériaux traditionnels pour maintenir l’harmonie
architecturale locale pour bien évidemment sensibiliser, revaloriser et exhorter les populations de la
région à faire perdurer le bâti naturel.

La rédaction d’un règlement interne, un code d’éthique environnementale pour sensibiliser les touristes
quant à l’importance de la préservation de l’environnement et prémunir contre toute atteinte ou
manquement vis-à-vis de l’écosystème.

Organisation des campagnes de propreté et d’implantation d’arbres dans la région pour éduquer la
population jeune au respect et l’amélioration de leur patrimoine naturel.

Investissement en matière d’énergies renouvelables, l’énergie solaire en l’occurrence pour pouvoir


alimenter totalement, à terme, le site.

7.A.4. PROMOTION DU TOURISME CULTUREL

L’activité des Terres d’Amanar a pour mission principale la promotion de la culture locale

dans l’optique d’un tourisme intellectuel visant à améliorer la compréhension des touristes et

leur sensibilisation quant à la nécessité du respect des traditions séculaires des autochtones,

leur mode de vie et leur patrimoine naturel, architectural, religieux et social.

Les recettes de ce projet, seront à la source du financement des initiatives locales telles

la construction d’écoles, de réseaux d’électricité et d’infrastructures routières, ceci de


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concert avec les autorités de la région.

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CONCLUSION

Le tourisme au Maroc, un secteur en continuel mouvement, présente des opportunités


certaines et connaît des progrès de taille, ce décollage énorme ne doit en aucun prétexte
hypothéquer l’avenir des milieux naturels, architecturaux, sociaux et culturels du pays.

Aujourd’hui, il y a un décalage important entre une demande forte émanant tant de touristes
étrangers que de populations urbaines nationales et une offre extrêmement séduisante, mais
presque totalement inorganisée.

Il s’agit donc de valoriser et de structurer cette offre pour qu’elle réponde aux attentes, ce qui
nécessite d’associer à la volonté nationale, déjà affirmée dans le contrat programme 2010,
toutes les initiatives locales qui sont certes nombreuses, mais qui ne sont pas bien mises en
valeur.

Ceci dit, le tourisme durable au Maroc est dans son état larvaire malgré les efforts déployés par
toutes les instances, le ministère de tutelle, les tour-opérateurs, les agences de voyages locales et
le tissu associatif dont le travail peine à être reconnu ou accompagné par l’état.

Nonobstant également l'enthousiasme exprimé ici et là, à l’occasion de colloques ou de


rencontres, initiées généralement par des universités en l’absence des promoteurs et des
professionnels du secteur, les recommandations produites à l’occasion de ces dernières sont vite
oubliées et restent sans effet aucun.

Autre frein sérieux pour le développement du tourisme durable et solidaire, l’absence de


signalétique touristique dans nos campagnes où elle est totalement absente ailleurs.

Ainsi, il ne faut pas se leurrer, le bien-être, le progrès, le bonheur ne peuvent être apportés de
l'extérieur selon un plan préétabli et des schémas uniformes. Et ce, ni par le touriste ni par une
quelconque expérience étrangère totalement inapplicable dans notre pays car aucun projet de
développement véritable ne peut ignorer les caractéristiques essentielles du milieu naturel et
culturel, les besoins, les aspirations et les valeurs mobilisatrices des populations concernées.

Il faut rester cependant optimiste qu’à la lumière des enseignements tirés de cette modeste
expérience, nous pourrons, ensemble citoyens, institutionnels, professionnels et tous autres
intervenants dans le développement local et dans le tourisme, relever le défi du développement
durable du tourisme et en faire un véritable acteur de développement économique et social des
populations locales.

Il est vrai que le flux touristique engendré actuellement par cette activité reste toujours modeste,
mais il a été prouvé de l’avis de tous que cette activité peut participer significativement au
développement économique des populations concernées.

Mais avant de se pencher sur l’augmentation du nombre de visiteur, c’est sur les moyens à
mettre en œuvre pour développer l’offre tout en sauvegardant le riche patrimoine naturel et
humain des espaces de déroulements de cette activité pour en faire un développement durable.

D’autant plus que le développement du tourisme durable dans toutes ses composantes ne
nécessite ni des aménagements coûteux ni même de gros investissements, il suffit de s’appuyer
sur des méthodologies d’approches scientifiques et sur le savoir-faire des professionnels et des
populations locales qu’il faut impliquer à tous les niveaux.

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