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CHAPITRE 2 : ABSORPTION - Dimensionnement d’une colonne à garnissage

1- Phénomène d’engorgement

Le phénomène d’engorgement se produit quand le mouvement ascendant du gaz bloque


l’écoulement gravitaire du liquide. Sherwood et Coll ont proposé une courbe pour tenter de
relier le point d’engorgement à la nature du garnissage et aux paramètres caractéristiques des
fluides. Lobo et Coll ont amélioré cette courbe et ils ont relié les paramètres suivants, comme
il est présenté dans la figure 1.

𝐹ψ 𝜌
𝑌= ( 𝐺) 𝜇𝐿 0.2 𝑈𝑒𝑛𝑔 2 (1)
𝑔 𝜌𝐿

𝐿 𝜌𝐺
𝑋= √
𝐺 𝜌𝐿
(2)

Avec :

𝑈𝑒𝑛𝑔 : Vitesse du gaz à l’engorgement [m/s]

𝐿 et 𝐺: Débits massiques de la phase liquide et la phase gazeuse


……………..respectivement [Kg/s].

g : Accélération de la gravité [m/s²].

𝜌𝐿 : Masse volumique moyenne du mélange liquide [Kg/m3].

𝜌𝐺 : Masse volumique moyenne du mélange gazeux [Kg/m3].

𝜇𝐿 :Viscosité dynamique moyenne du liquide [cP]

ψ = ρ H2O/ρL

ψ: Terme correctif pour les liquides visqueux de densité différente de celle de l’eau

F : facteur de garnissage en m-1, il est calculé par : F = 𝑎𝑃 /𝜀3

𝑎𝑃 : Aire interfaciale de ganissage [m2/m3]

𝜀 : Porosité

Pour estimer la vitesse du gaz à l’engorgement, on utilise le diagramme de Lobo, on calcule le


X qui est donné par l’égalité suivante :
𝐿 𝜌
𝑋 = 𝐺 √ 𝜌𝐺
𝐿

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CHAPITRE 2 : ABSORPTION - Dimensionnement d’une colonne à garnissage

On extrapole sur la courbe d’engorgement, et on note la valeur de Yeng, sur l’axe des ordonnées
de lobo (le même diagramme), qui correspond au :
𝐹ψ 𝜌
Yeng = 𝑔
( 𝜌𝐺) 𝜇𝐿 0.2 𝑈𝑒𝑛𝑔 2 (3)
𝐿

2- Calcul de la vitesse d’engorgement


Yeng 𝑔 𝜌𝐿
𝑈𝑒𝑛𝑔 = √ (4)
𝜌𝐺 𝐹 ψ 𝜇𝐿 0.2

La vitesse d’écoulement de la phase gazeuse est en général comprise entre 0,7 et 2 m · s–1

3- La vitesse réelle du gaz


Comme les conditions de fonctionnement normales d’une colonne d’absorption se situent entre
le point de charge et le point d’engorgement ou l’efficacité de contact entre les deux phases est
à maximum. Et pour une colonne travaillant à pression atmosphérique la vitesse admise varie
entre 50% et 75% de l’engorgement avec un garnissage en vrac (60% en moyenne) :
𝑈 = 0.6 𝑈𝑒𝑛𝑔 (5)

Figure 1 : Diagramme de lobo

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Il existe d’autre corrélations pour l’estimation de X et Y tels que :


Y= exp (-4 X0.25) si : 0.02 ≤ X ≤ 4 (6)
Y= 0.684 exp (-3.61 X0.286) si : 4 ≤ X ≤ 10 (7)
D’autres équations de linéarisation existent dans la littérature.
4- Diamètre de la colonne
Il est donné par la relation suivante :

4Ω
𝐷=√ (8)
𝜋

Ω : section de la colonne
𝐺𝑒
Ω= (9)
𝑈 𝜌𝐺𝑚

5- Taux de mouillage
 Test du taux de mouillage
Le débit de liquide doit être assez important pour assurer un film ruisselant sur la plus grande
surface du garnissage, tout en n’étant pas trop fort et risquer de noyer cette surface offerte au
ruissellement. Le calcul du taux de mouillage théorique fait intervenir l’air d’échange
spécifique du garnissage sec, le débit massique de liquide par unité de surface de colonne et la
masse volumique du liquide à la température opératoire. Le taux de mouillage doit se situer
dans la gamme suivante :
𝐿
2.510−5 𝑚²/𝑠 ≤ 𝑎∗𝑀𝜌 ≤ 2 10−4 𝑚2 /𝑠 (10)
𝐿

Avec :
𝐿𝑀 : Débit massique de la phase liquide par unité de surface de colonne [Kg/m2s]
a* : l’air spécifique du garnissage sec
𝜌𝐿 : Masse volumique du liquide

 Surface mouillée a0
Pour un garnissage en vrac, cette surface est calculée en utilisant la corrélation de Onda comme
il est présenté dans le tableau suivant :

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Garnissage en vrac
Corrélation de Onda :
𝒂𝟎 𝜹 𝟎.𝟕𝟓
= 𝟏 − 𝐞𝐱𝐩 (−𝟏. 𝟒𝟓 (𝜹𝑪 ) (𝒂∗ 𝒅)−𝟎.𝟑𝟓 𝑮𝒂𝑳 𝟎.𝟎𝟓 𝑾𝒆𝑳 𝟎.𝟐 ) (11)
𝒂∗ 𝑳

Définition
𝜹𝑳 𝒆𝒕 𝜹𝑪 Sont les tensions superficielles du liquide et du matériau du garnissage (N.m-1).
𝒈𝒅𝟑 𝝆𝑳 ²
𝑮𝒂𝑳 = (Nombre de Galilée)
𝝁𝑳 ²

𝒅𝑳𝑴 ²
𝑾𝒆𝑳 = (Nombre de Weber)
𝝆𝑳 𝜹𝑳

a* : l’air spécifique du garnissage sec


d : diamètre d’un élément de garnissage

Tableau 1 : Corrélation d’Onda


La valeur de a0/a* doit étre comprise entre 0.3 et 0.7 pour le système air – eau.
6- Rétention
Cette grandeur représente la quantité de liquide présente dans la colonne, retenue sur le
garnissage. Cette rétention est liée aux forces capillaires d’une part et au volume du liquide
d’autre part, ce qui définit deux types de rétention dont la somme est égale à la rétention
totale :
 La rétention capillaire, ou statique, βc
 La rétention dynamique, βd
Une estimation de la rétention capillaire pour les garnissages de type vrac peut être faite grâce
au graphe de Eötvö.

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Figure 2 : Diagramme de Eötvö 5

Les abscisses du diagramme,EÖ, sont calculées par :

EÖ = ρL gd2 /δLm (12)

La rétention dynamique, 𝛽𝑑 est calculée en utilisant la corrélation de Otake et Okada :


𝛽𝑑 = 1.295(𝑎∗ 𝑑𝑒𝑞 )𝑅𝑒 0.676 𝐺𝑎𝐿 −0.44 (13)
Avec :
𝑑𝑒𝑞 : Diamètre équivalent du garnissage [m].
𝑑𝑝 𝐿𝑀
𝑅𝑒 : Nombre de Reynolds et il est calculé par : 𝑅𝑒 = 𝜇𝐿

𝐺𝑎𝐿 : Nombre de de Galillé et il est calculé par : 𝐺𝑎𝐿 = (gd3ρL 2) / 𝜇𝐿 2


 Diamètre équivalent du garnissage
Le diamètre équivalent du garnissage est calculé par la relation suivante :
4𝜀
𝑑é𝑞 =
𝑎∗

La rétention totale est définie comme la somme des deux rétentions : la rétention capillaire, 𝛽𝑐 ,
et la rétention dynamique, 𝛽𝑑 :
𝛽𝑇 = 𝛽𝑑 + βc

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CHAPITRE 2 : ABSORPTION - Dimensionnement d’une colonne à garnissage

7- La perte de charge
 Elle est estimé à partir de digramme du Lobo, on calcul la nouvelle valeur de Y pour la
vitesse réel, le X est estimer comme précédemment, l’intersection donne la valeur de
perte de charge en mm Hg par mètre de garnissage.
La perte de charge recommandée pour la conception des colonnes à garnissage de type
vrac doit se situer entre 150 et 500 Pa par mètre de garnissage.

 Elle est donnée par la corrélation de Prahl


∆𝑃 12𝑋+6
= (14)
𝑍 0.001224 𝐶
Avec :
∆𝑃 ∶ Perte de charge [Pa]
𝑍: Hauteur du garnissage [m]
X : abscisse du diagramme de LOBO
1
𝐶 : est donné par : 𝐶 = 0.36 𝑌 − 35 𝑋 − 3
𝑒𝑛𝑔

8- La hauteur de la colonne

Figure 2 : Bilan de matière sur une tranche dz d’un contacteur


Le développement de l’équation de bilan matière sur un e tranche dz d’un contacteur à contre-
courant nous a permis d’écrire :
𝐺 𝑦 𝑑𝑦
Z= x ∫𝑦 𝑒 (15)
𝐾𝐺 𝑎0 Ω 𝑠 (𝑦−𝑦 ∗ )

Z = HUTOG x NUTOG
Z = hauteur d’unité de transfert x nombre d’unité de transfert
𝐺
Ou : HUTOG = (16)
𝐾𝐺 𝑎0 Ω

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CHAPITRE 2 : ABSORPTION - Dimensionnement d’une colonne à garnissage

𝑦𝑒 𝑑𝑦
NUTOG=∫𝑦 (17)
𝑠 (𝑦−𝑦 ∗ )

La hauteur de la colonne, Z, s’exprime par :


𝑍 = 𝐻𝑈𝑇𝑂𝐺 x 𝑁𝑈𝑇𝑂𝐺 = 𝐻𝑈𝑇𝑂𝐿 𝑥 𝑁𝑈𝑇𝑂𝐿 = 𝐻𝑈𝑇𝐺 𝑥 𝑁𝑈𝑇𝐺 = 𝐻𝑈𝑇𝐿 𝑥 𝑁𝑈𝑇𝐿 (18)
Avec :
𝐻𝑈𝑇𝑂𝐺 : Hauteur d’unité de transfert global dans la phase gazeux
𝑁𝑈𝑇𝑂𝐺 : Nombre d’unité de transfert global dans la phase gazeux
𝑁𝑈𝑇𝐿 : Hauteur d’unité de transfert local dans la phase gazeux
𝑁𝑈𝑇𝐺 : Nombre d’unité de transfert local dans la phase gazeux
Y* : fraction fective qui est en équilibre avec le gaz

Pour résoudre cette intégrale plusieurs méthodes existant dans la littérature, graphiques
analytiques.
Tableau 2 : corrélations pour le calcul des coefficients de transfert coté film liquide et gazeux

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CHAPITRE 2 : ABSORPTION - Dimensionnement d’une colonne à garnissage

1 1 1
= + (19)
𝐾𝐿 𝑘𝐿 𝐻𝑒 𝑘𝐺
1 1 𝐻𝑒
= + (20)
𝐾𝐺 𝑘𝐺 𝑘𝐿
1 𝐿
Facteur d’absorption : 𝐴 = ( ) (21)
𝑚 𝐺 𝑚𝑜𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒
𝑦𝑒 −𝑦𝑠
L’efficacité d’absorption EG : 𝐸𝐺 = (22)
𝑦𝑒

L’équation (5) s’écrit comme suit :

𝐺 Α Α−𝐸𝐺
𝑍= . ln( ) (23)
𝐾𝐺 𝑎0 Ω Α−1 Α(1−𝐸𝐺 )
𝐺
𝐻𝑈𝑇𝑂𝐺 =
𝐾𝐺 𝑎0 Ω
Α Α−𝐸𝐺
𝑁𝑈𝑇𝑂𝐺 = ln( ) (24)
Α−1 Α(1−𝐸𝐺 )

Tableau 3 : Bases du dimensionnement HUT et NUT

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