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TERUPE

EIRAMA
LP3 ERME

Projet Tutoré : Biomasse (Méthanisation)

Définition de la méthanisation :

La méthanisation est un processus de décomposition de matières pourrissables


(putrescibles) par des bactéries de type méthanogène qui agissent en l’absence d’air. On
nomme ce processus de décomposition « fermentation anaérobie ». Ce procédé permet de
générer une énergie renouvelable, du biogaz qui comporte entre autres du méthane (CH4,
dans des proportions de 50% à 70%, et du dioxyde de carbone (CO2) ainsi que du compost
(un « digestat » utilisé comme fertilisant). Le biogaz peut être transformé en chaleur, en
électricité et en carburant pour véhicules. Le phénomène de méthanisation se produit
naturellement dans les gaz des marais, lieu de décomposition de matières végétales et
animales où l’on peut observer la formation des bulles à la surface de l’eau. 
Déchets qui sont susceptible d’être méthaniser :

 les effluents liquides :


 les eaux résiduaires, urbaines ou industrielles
 les effluents d'élevage (lisiers)
 les boues d'épuration qui sont souvent des boues mixtes composées des boues
primaires et des boues biologiques. Les boues primaires sont les dépôts récupérés
par une simple décantation des eaux usées et les boues biologiques sont
principalement constituées de corps bactériens et de leurs sécrétions
 les effluents agro-alimentaires. 
 les déchets solides organiques :

 les déchets industriels : déchets de transformation des industries végétales et


animales
 les déchets agricoles : substrats végétaux solides, déjections d'animaux
 les déchets municipaux : journaux, déchets alimentaires textiles, déchets verts,
emballages, sous-produits de l'assainissement urbain.
 Matière organique fermentant naturellement (papiers et cartons, déchets de cuisine
et restes de repas, déchets agricoles, fumiers et lisiers d'animaux domestiques,
boues de stations d'épuration des eaux).

Fonctionnement technique :

La méthanisation est un procédé complexe. Le principe est le suivant : les déchets


organiques sont stockés dans une cuve cylindrique et hermétique que l’on appelle
« digesteur » ou « méthaniseur » dans laquelle ils sont soumis à l’action de micro-
organismes (bactéries) en l’absence d’oxygène. Les réactions biologiques mises en jeu par la
méthanisation sont complexes mais globalement on repère trois grandes étapes :
 l’hydrolyse et l’acidogénèse : les chaînes organiques complexes (protéines, lipides,
polysaccharides) sont transformées en composés plus simples (acides gras, peptides,
acides aminés) ;
 l’acétogénèse : les produits de l’acidogénèse sont convertis en acide acétique ;
 la méthanogénèse : l’acide acétique est transformé en méthane et en gaz
carbonique.
Une fois méthanisée, la matière résiduelle (digestat) est stockée.

Il existe également un procédé physique, la méthanisions, qui, par gazéification de


biomasse sèche, généralement du bois, sous l’effet de la température, conduit à la
production de méthane, de gaz de synthèse et de CO2. Ce procédé, dont une version
primitive était à la base des gazogènes utilisés pour la traction automobile pendant
la Seconde Guerre mondiale, est en cours de développement pour la production de
méthane « vert ».

 Biogaz procédé : Du biogaz, mélange gazeux saturé en eau à la sortie du digesteur et


composé d’environ 50 % à 70 % de méthane (CH4), de 20 % à 50 % de gaz
carbonique (CO2) et de quelques gaz traces (NH3, N2, H2S). Le biogaz a un pouvoir
calorifique inférieur (PCI) de 5 à 7 kWh/Nm3. Cette énergie renouvelable peut être
utilisée sous forme combustive pour la production d’électricité et de chaleur, de
production d’un carburant, ou d’injection dans le réseau de gaz naturel après
épuration.
Enjeux économiques de la méthanisation :
Le biogaz produit par méthanisation est une énergie dont les sources sont assez
uniformément réparties dans le monde. Le biogaz peut se substituer au gaz naturel dans
tous ses usages actuels : production de chaleur, production d’électricité et carburant pour
véhicules. 
Par ailleurs, la matière digérée restante après le processus de méthanisation appellée
« digestat » est majoritairement recyclable, notamment sous forme d’engrais. Elle peut
donc permettre aux agriculteurs de réaliser des économies substantielles. Le biogaz peut
également leur apporter un complément de revenus par la vente de l’électricité issue de sa
combustion à des tarifs de rachat préférentiels.
Enjeux environnementaux :
Si le biogaz est une énergie renouvelable, sa production et son utilisation engendrent
toutefois des rejets polluants dans l’atmosphère. Ceux-ci restent moins importants que ceux
des énergies fossiles. 
Une fois retraité, le digestat est un produit fertilisant à haute valeur agronomique. Il est très
facilement assimilable par les plantes car il est majoritairement constitué d’ammoniac,
produit de la transformation de l’azote qui y était contenu avant la gazéification.
La méthanisation permet également, à l’échelle locale, de supprimer le problème du
stockage des matières pourrissables (odeurs et concentration d’insectes).

Chiffre parlant :
La production énergétique d’une unité de méthanisation traitant 15 000 tonnes/an de
déchets permet, en équivalence :
 d’assurer la consommation de carburant de 60 bus urbains (2).
 de garantir le chauffage de 700 maisons ou l’eau chaude sanitaire de 3 500 maisons.
 de garantir par cogénération l’électricité spécifique de 1 300 logements, plus l’eau
chaude pour 2 000 autres.
Objectif selon L’ADEME :

Exemple d’activité de méthanisation en France :


Au niveau régional, la méthanisation est une filière dynamique. Environ 35 projets sont au
stade d’études ou de maturation. De nombreux autres dossiers sont bien avancés. Ainsi,
en 2018, 66 nouveaux dossiers d’aide à l’investissement pour la méthanisation avaient été
déposés. À l’issue du premier semestre 2017, on en dénombrait déjà 55.

Les différents types de méthanisation :


1. Méthanisation agricole : (autonome ou territoriale)
Site de méthanisation agricole autonome :
 porté par un ou plusieurs exploitants agricoles ou par une structure détenue
majoritairement par un ou plusieurs exploitants agricoles,
 méthanise plus de 90% de matières agricoles issues de la ou des exploitation(s)
agricole(s).
Site de méthanisation agricole territoriale :
 porté par un agriculteur, un collectif d’agriculteurs ou par une structure détenue
majoritairement par un ou plusieurs exploitants agricoles,
 méthanise plus de 50% (en masse) de matières issues de la ou des exploitation(s)
agricole(s), intégrant des déchets du territoire (industrie, stations d’épuration (STEP),
autres).
Exemples de sites :
 En Seine-et-Marne, est porté par deux agriculteurs. La méthanisation des intrants de
leur exploitation et d’exploitations voisines (Cultures Intermédiaires à Valorisation
Energétique, effluents d’élevage, résidus de culture), soit 12 500 t/an, a permis un
démarrage à 60 Nm3/h. Aujourd’hui le site est passé à une production de 130
Nm3/h.
 A Liffré, en Ille-et-Vilaine, transforme des déchets issus d’exploitations en
biométhane, gaz vert 100 % renouvelable, injectable dans le réseau de distribution
de gaz par GRDF. Cette station de méthanisation est alimentée par les effluents
bovins et porcins de quatre élevages et par des déchets végétaux et céréaliers.

2.Méthanisation de boues de STEP (Stations d’Epuration)


Les boues de STEP sont le résidu organique solide obtenu lors du traitement des eaux usées.
Les boues de STEP sont souvent incinérées, mises en mises en installation de stockage de
déchets non dangereux (ISDND), épandues ou compostées. Le choix de la valorisation se fait
en fonction des caractéristiques des traitements appliqués mais aussi des caractéristiques
des boues et du digestat en sortie. Afin de diminuer leur impact environnemental, il est
possible de les méthaniser. Il est aussi possible d’épandre le digestat après méthanisation, à
condition d’un suivi agronomique pour contrôler ce qui retourne à la terre (notamment les
matériaux lourds), de même que dans le cas de l’épandage direct de boues de STEP.
Les boues de STEP sont relativement valorisables pour de la méthanisation si la conception
de la station le permet (présence d’un traitement primaire). En effet, la méthanisation est la
meilleure solution de valorisation pour les boues en termes environnementaux, puisqu’elle
permet une valorisation énergétique et de la matière. Lors de la méthanisation, le volume
des boues est diminué. Cela permet donc de diminuer le volume de déchets à traiter.
Exemples de sites :
 Mis en service en 2016, la STEP d’Aquapole à Fontanil-Cornillon (Isère) injecte le
biométhane produit par la méthanisation des boues et des graisses issues du
traitement des eaux usées. Cette STEP produit en moyenne 225 Nm3/h, soit
l’équivalent de la consommation de gaz annuelle d’environ 3 000 logements neufs
ou 80 bus.
 Mise en service en 2018, la STEP de Perpignan (66) est la première d’Occitanie à
produire du gaz renouvelable. Elle produit en moyenne 7 GWh/an, soit l’équivalent
de la consommation de 1 200 logements neufs.
3. Méthanisation des déchets ISDND
Dans les ISDND (installations de stockage des déchets non dangereux), les effluents liquides
et gazeux doivent être récoltés et traités afin de limiter la pollution. En effet, le méthane
(CH4) produit par l’ISDND a un pouvoir de réchauffement global sur 100 ans de 25, c’est-à-
dire qu’une molécule de CH4 produit un effet de réchauffement climatique similaire à 25
molécules de CO2. Ainsi, l’effluent gazeux, peut être épuré et injecté dans le réseau de gaz
afin de ne pas polluer.
Exemple de site :
 Dans l’Yonne, l’ISDND de Saint-Florentin exploitée par la société Coved a été équipée
d’un système d’épuration cryogénique, la Wagabox, qui permet l’épuration du
biogaz produit. Waga Energy rachète le biogaz à l’exploitant du site, l’épure et le
réinjecte dans le réseau. La production attendue est de 250 Nm3/h.
4. Méthanisation industrielle
Les projets de méthanisation industrielle sont portés par un développeur de projet ou par
un ou plusieurs industriels. Ils peuvent intégrer des déchets du territoire (industrie, STEP,
autre), et méthanisent des matières issues ou non d’exploitations agricoles. Certains
déchets d’industries agroalimentaires ou de transformation de matière végétale
(parfumerie, papeterie…) se prêtent très bien à la méthanisation.
Exemple de site :
 A Saint-Gérand (56), l’unité de méthanisation SOBER (Société bretonne d’énergie
renouvelable) valorise les boues issues des pelures et amidon des pommes de terre
ainsi que les pommes de terre non conformes, de la société ALTHO, producteur de
chips Bret’s. Elle produit à ce jour 17,8 GWh/an, soit l’équivalent de 2 979 logements
neufs ou 70 bus roulant au BioGNV.
5. Méthanisation territoriale (de déchets ménagers et biodéchets)
Ce type de projet est porté par une collectivité territoriale, un syndicat de traitement des
déchets ou par un ou plusieurs industriels. Il méthanise la fraction organique des ordures
ménagères, triée en usine ou collectée sélectivement, et traite des biodéchets.
La méthanisation territoriale correspond à un projet regroupant des acteurs locaux désireux
de valoriser leurs déchets. Les collectivités peuvent par exemple méthaniser leurs déchets
ménagers organiques (FFOM : fraction fermentescible des ordures ménagères). Souvent,
dans ce type de méthanisation, d’autres intrants du territoire sont ajoutés pour plus de
stabilité au processus, comme des résidus de cultures, de déchets verts, des graisses ou
autres déchets de l’agro-industrie.
Exemple de site :
 L’usine de valorisation des déchets de Hénin-Beaumont (SYMEVAD) injecte son
biométhane depuis 2015. Le SYMEVAD (syndicat mixte d’élimination et de
valorisation des déchets) rassemble des communautés d’agglomérations du
Douaisis, Hénin-Carvin et une partie des communes de Osartis-Marquion. Il valorise
les déchets ménagers de près de 310 000 habitants, répartis sur 82 communes (100
000 tonnes de déchets valorisés).

Avantages de la méthanisation :
Une double valorisation de la matière organique et de l’énergie.
C’est l’intérêt spécifique à la méthanisation, par rapport aux autres filières.
 Une diminution de la quantité de déchets organiques à traiter par d’autres filières.
 Une diminution des émissions de gaz à effet de serre par substitution à l’usage
d’énergies fossiles ou d’engrais chimiques.
 Un traitement possible des déchets organiques graisseux ou très humides, non
compostables en l'état.
 Une limitation des émissions d’odeurs du fait de digesteur hermétique et de
bâtiment clos équipé de traitement d’air.
Inconvénient de la méthanisation : Le choix de la méthanisation nécessite de prendre soin
des points suivants lors de la conception du projet :
 s'assurer que les déchets entrants prévus seront disponibles sur la durée ;
 vérifier la valorisation énergétique possible du biogaz : valorisation chaleur sur site
en cas de cogénération, injection possible ou non dans le réseau de gaz naturel ;
 complémentarité avec l’incinération et/ou avec le stockage en centres de stockage
de déchets non dangereux pour les fractions de déchets non organiques ne pouvant
pas être méthanisées ;
 complémentarité avec le compostage pour traiter les déchets ligneux mal adaptés à
la méthanisation ou pour finaliser la maturation du digestat, en particulier dans le
cas d’une mise en marché sous les normes NF U 44-051 ou NF U 44-095 ;
 mise en place d’un traitement des excédents hydriques du process pour les grosses
installations ;
 intégration dans le montage du projet d’une recherche de débouchés conduisant à
une réelle substitution énergétique et à une valorisation agronomique du digestat ;
 selon la valorisation choisie pour le biogaz, la mise en place de traitements adaptés
de celui-ci (déshumidification, etc.) ;
disponibilité suffisante de capitaux pour investir dans l’installation
Conclusion :
Malgré ses atouts, cette technologie nécessite encore des progrès pour être tout à fait
efficiente. Le premier point à améliorer est de favoriser l’intégration des installations de
méthanisation dans leur environnement. En effet, il faut trouver des débouchés à proximité
de ces unités pour écouler la matière organique et l’énergie produites à moindre coût.
Ensuite, il faut chercher à affiner la qualité du digestat et du biogaz issus du mécanisme de
méthanisation. Une des solutions est de se concentrer sur le tri des matières organiques que
l’on peut méthaniser. La qualité du digestat obtenu est tributaire de la nature des déchets
organiques traités, mais aussi de la qualité du tri des déchets effectué au départ.
La méthanisation est dans l'incapacité de remplacer l’incinération car elle ne peut pas traiter
l’ensemble des déchets actuellement incinérés. En effet, certains matériaux inertes ne sont
pas détruits par la méthanisation et peuvent engendrer un dysfonctionnement du procédé.

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