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Politiques et management public

L'audit interne : une profession au service des organisations


Louis Vaurs

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Vaurs Louis. L'audit interne : une profession au service des organisations. In: Politiques et management public, vol. 20, n° 3,
2002. Actes de la journée d'étude. Cour des comptes-chambres régionales des comptes « L'évaluation du contrôle interne » -
7 décembre 2001. pp. 143-146;

doi : https://doi.org/10.3406/pomap.2002.2747

https://www.persee.fr/doc/pomap_0758-1726_2002_num_20_3_2747

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L'AUDIT INTERNE : UNE PROFESSION AU SERVICE DES ORGANISATIONS

Louis VAURS*

L'audit interne est une véritable profession, une profession qui s'est modelée
au fil des ans, en s'efforçant de toujours répondre aux besoins changeants des
organisations. L'audit interne, centré à ses origines sur les problèmes
comptables, est devenu, aujourd'hui, un outil puissant de détection des
principaux risques des organisations. Proche, il y a quelques années de la
fonction comptable et financière il est, à présent, rattaché aux dirigeants et
entretient dans le secteur privé une relation forte et continue avec le comité
d'audit. L'un et l'autre sont d'ailleurs parfaitement complémentaires : le comité
d'audit, en effet, garantit et consacre l'indépendance de l'audit interne ; de son
côté, l'audit interne apporte au comité d'audit un regard impartial et
professionnel sur les risques de l'organisation, et contribue à améliorer son
information et celle du Conseil sur le niveau de sécurité de l'organisation. Tous
deux participent, à leur façon, à la bonne gouvernance des organisations.

L'audit interne est une profession bien organisée, à l'influence croissante.


Portée par plus de quatre-vingts instituts nationaux, fédérés à Nnstitute of
Internai Auditors (MA) dont le siège est à Orlando aux Etats-Unis, la profession
regroupe plus de soixante dix sept mille membres répartis dans plus de cent
vingt pays. L'IFACI (Institut Français de l'Audit et du Contrôle Internes) est l'un
des instituts nationaux les plus importants et les plus dynamiques. Fort de ses
quelque deux mille adhérents appartenant tant au secteur privé qu'au secteur
public, il poursuit cinq objectifs :

- être un lieu de réflexion sur la profession et son évolution (activité


recherche) ;
- contribuer à la professionnalisation des acteurs de l'audit interne (activité
formation) ;
- être un lieu d'échanges professionnels (réunions mensuelles, colloques) ;
- être un vecteur de promotion de l'audit interne (revue audit et ouvrages) ;
- être, enfin, le porte-parole de la profession auprès des organismes
institutionnels et réglementaires (les prises de position).

* Délégué général de l'Institut Français de l'Audit et du Contrôle Internes.

Revue POLITIQUES ET MANAGEMENT PUBLIC, Volume 20, n° 3, septembre 2002.


© Institut de Management Public - 2002.
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L'audit interne est une profession qui s'appuie sur un cadre de références à
vocation mondiale même si du fait de la variété d'environnements dans lequel
il se pratique, il doit s'adapter pour tenir compte des particularités législatives
et réglementaires de chaque pays, des règles spécifiques qui régissent
certains secteurs d'activité (bancaire, haute administration, collectivités
territoriales par exemple) ou tout simplement de la taille et de la culture des
organisations.

Ce cadre de référence sert de base à la préparation d'un diplôme


professionnel de portée mondiale, délivré sur examen par la profession, le CIA
(Certified Internai Auditor) qui constitue pour la pratique de l'audit interne, le
pendant du diplôme d'expertise comptable pour l'exercice de la révision des
comptes.

Cadre de la Pratique Professionnelle

Code de Déontologie

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Le cadre de référence comprend :

- la définition de l'audit interne que je me permets de vous donner : « l'audit


interne est une activité indépendante et objective qui donne à une
organisation une assurance sur le degré de maîtrise de ses opérations, lui
apporte ses conseils pour les améliorer, et contribue à créer de la valeur
ajoutée. Il aide cette organisation à atteindre ses objectifs en évaluant, par
une approche systématique et méthodique, ses processus de management
des risques, de contrôle, et de gouvernement d'entreprise, et en faisant des
propositions pour renforcer leur efficacité » ;

- le code de déontologie qui fournit aux auditeurs internes les principes et les
valeurs leur permettant de guider leur pratique professionnelle dans le
contexte particulier qui est le leur ;
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- les normes professionnelles pour la pratique de l'audit interne qui guident


les auditeurs internes dans la réalisation de leur mission et la gestion de leur
activité ;

- les modalités pratiques d'application (MPA) qui commentent et expliquent


les normes, et mettent en avant les meilleures pratiques.

La connaissance et l'application de ce cadre de référence donnent aux


organisations et aux organismes de régulation une assurance sur le degré de
professionnalisme des auditeurs.

Les principes et règles édictés par le code de déontologie et les normes ont un
caractère obligatoire. Ne pas les respecter, c'est non seulement se mettre en
dehors de la profession, mais c'est aussi et surtout se priver d'un moyen d'être
plus efficace et partant plus crédible. L'amateurisme en audit interne n'a plus
cours, seule une approche systématique et méthodique est source de valeur
ajoutée pour les organisations.

Les modalités pratiques d'application n'ont pas la même force exécutoire. Elles
font cependant autorité, et il est fortement recommandé de les mettre en
oeuvre tout en admettant que certaines adaptations aux lois et règlements
nationaux peuvent être justifiées.

Il convient à présent de bien distinguer audit interne et contrôle interne. Pour


faire simple, disons que l'audit interne est une fonction ou, si l'on préfère, une
activité alors que le contrôle interne est un état, voire un processus. Parmi les
nombreuses définitions du contrôle interne, je citerai volontiers celle publiée
aux Etats-Unis, il y a quelques années sous le titre « Internai Control
Integrated Framework » plus connu aujourd'hui sous l'appellation « Coso
Report ».

« Le Contrôle Interne est un processus mis en œuvre par le Conseil


d'Administration, les dirigeants et le personnel d'une organisation, destiné à
fournir une assurance raisonnable quant à la rédaction des objectifs suivants :

- la réalisation et l'optimisation des opérations ;


- la fiabilité des opérations financières ;
- la conformité aux lois et aux réglementations en vigueur.

On voit bien que le contrôle interne est l'affaire de tous mais que l'impulsion
doit venir du sommet de l'organisation. On se rend bien compte également que
les systèmes de contrôle interne ont non seulement pour but de veiller à la
sécurité des organisations mais aussi de leur permettre d'être plus
performantes.

Le contrôle interne est composé de cinq éléments interdépendants qui sont


intégrés aux processus de gestion.

- Le premier élément est ce que l'on appelle l'environnement de contrôle qui


constitue le fondement, le socle sur lequel reposent les autres éléments du
contrôle interne. Parmi les facteurs ayant un impact sur l'environnement de
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contrôle, on peut citer le sens de l'éthique des dirigeants et du personnel,


leur compétence ainsi qu'une organisation adaptée aux objectifs poursuivis.

Le deuxième élément est l'évaluation des risques qui consiste en


l'identification et l'analyse des facteurs susceptibles d'affecter la réalisation
des objectifs ; il s'agit d'un processus qui permet de déterminer comment
ces risques devraient être gérés.

Le troisième élément comprend les activités de contrôle qui permettent de


s'assurer, à tous niveaux, que les mesures nécessaires sont prises en vue
de maîtriser les risques susceptibles d'affecter la réalisation des objectifs de
l'organisation.

Le quatrième élément est constitué de l'information et de la communication.


L'information pertinente doit être identifiée, recueillie et diffusée sous une
forme et dans les délais qui permettent à chacun d'assumer ses
responsabilités. Par ailleurs, il est important d'avoir une communication
efficace et claire avec les tiers tels que clients, fournisseurs, autorités de
tutelle ou actionnaires.

Le cinquième élément enfin est le pilotage, pilotage permanent des


systèmes de contrôle interne combiné à des évaluations périodiques plus
poussées de la responsabilité des auditeurs internes.

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