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Cours d’aménagement 1

CHAPITRE I.- LES GENERALITES

I.1. DEFINITION :

Le mot aménagement vient du latin << Mentio >>qui signifie demeurer ; il se rapporte
au soin, à la surveillance, puis s’est généralisé de la maison du champ. Le mot ménage a
donné naissance à ménagement qui est devenu par la suite aménagement et signifiera l’art de
conduire, de diriger et mieux gérer ses biens.
C’est ainsi que l’aménagement du territoire se définit comme étant la recherche et la
politique qui ont pour objet d’organiser et de répartir dans le cadre géographique, les diverses
activités humaines en fonction d’une normalisation des besoins de l’individu et de la
collectivité; compte tenu des ressources naturelles et des exigences de la vie économique.
L’aménagement du territoire trouve son fondement dans une série de constatations qui
rendent nécessaire, la conception d’une politique destinée à réaliser la rectification des
structures de peuplement et des moyens de production agricole et industrielle, en vue d’aboutir
à une configuration nouvelle qui serve mieux l’intérêt commun.
La normalisation est apparue indispensable en raison du développement indiscipliné
de l’implantation démographique et économique dont les manifestations essentielles peuvent
être ainsi énumérées : l’expansion démographique, les disparités régionales originelles,
l’inégalité de développement, l’aggravation continue de l’ancien déséquilibre, le phénomène
d’accroissement urbain, la prise de conscience de la solidarité internationale et l’amélioration
des méthodes d’analyse économique.
Autrement dit : aménagement signifie bonification, amélioration.
Les aménagements permettent :
-de changer les conditions naturelles des territoires donnés,
-d’augmenter la surface des meilleures terres d’un pays conformément à son
développement socio-économique, et à l’état des rapports de production. L’aménagement
des terres s’obtient soit par :
-la modification du fonctionnement hydrologique du milieu,
-le labour profond (l’embêchage),
-le terrassement (remblayage ou nivellement) des terres,
-la plantation des essences forestières des zones,
-l’amélioration radicale des propriétés du sol et une augmentation optimale de sa
fertilité,
-etc.

Dans le concept du génie rural tel qu’il est admis au Mali, l’appellation aménagement
hydro agricole s’applique à toute action permettant d’adapter le potentiel hydraulique existant ou
disponible aux objectifs agricoles globaux.
L’aménagement hydro agricole est essentiellement un outil de maîtrise de l’eau.
Ainsi, si l’opération d’irrigation se définit comme un ensemble d’objectifs et les
moyens cohérents, liés à un mode particulier de développement rural, alors l’aménagement
hydro agricole (périmètre irrigué) est un des moyens mis en œuvre par l’opération.
C’est un moyen au même titre que les règles juridiques relatives au statut foncier et au mode
d’attribution des parcelles, que l’organisme de gestion chargé du fonctionnement de
l’ensemble, que le système de prix appliqué aux inputs et outputs, etc.

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1.2. Historique :

L’homme a toujours eu besoin de l’eau: pour son alimentation ; puis pour celle de son
bétail; pour son agriculture; puis pour ses déplacements; il l’a également utilisée pour se
défendre contre ses ennemis, mais aussi pour les attaquer.
Il est donc intéressant de regarder les réalisations qu’il a pu, à des époques fort reculées,
accomplir dans le domaine de l’aménagement hydro agricole. C’est en outre l’occasion de
comprendre comment il en a réglementé l’usage.
Depuis des temps forts anciens, les peuples habitants des pays insuffisamment arrosés
par les pluies ont eu besoin d’irriguer leur culture pour en améliorer le rendement :
- A Jéricho, par exemple, de nombreux travaux ont été effectués dans ce but dès 8000
ans ; et vers 6000 ans avant J C. fut construit un canal d’irrigation long d’une quinzaine
de Km. - En Egypte, des travaux d’irrigation ne sont pas antérieurs au milieu du 6 ème
millénaire, mais depuis 3000 ans environ, on a commencé à construire de grands
bassins de rétention dont la surface étaient de l’ordre d’une trentaine (30) de Km²,
utilisés pour mettre en réserve l’eau des crues du Nil, employée ensuite pour
l’irrigation.
- En Mésopotamie, l’art de creuser les canaux d’irrigation était déjà très développé en
3000. Le code d’Hammourabi et l’Almanach du fermier, du XVIII ème siècle, donne
des lois et des conseils pour l’exécution et l’entretien de ces ouvrages.
- En Chine, dès avant notre ère, d’immenses travaux d’irrigation ont été réalisés, comme
par Exemple les canaux de Cheng Kuo et de Kuanhsien.
- En ce qui concerne le drainage des terres, c’est-à-dire l’élimination de l’eau en excès, il
était pratiqué dès 2750 dans la vallée de l’Indus, en 1300 à Nippur, et au milieu du
premier millénaire en Etrurie.
- Pour alimenter les irrigations, des barrages ont dû être utilisés depuis des temps
extrêmement anciens : des petits ont étés construits en Iran, en Inde, dès le 5 ème ou 4ème
millénaire, mais ils n’ont pas laissé de trace. Le plus ancien barrage connu semble être
celui de Jawa, en Jordanie, vers la fin du 4ème millénaire.
- La pratique de l’aménagement au Mali remonte à la nuit des temps ; dans la vallée du
fleuve Niger et ses affluents les paysans pratiquent depuis fort longtemps des techniqes
traditionnelles d’irrigation, bien adaptées aux conditions de leur environnement. Ainsi
on a pu enregistrer des techniques de la submersion contrôlée, de la culture de décrue et
de la riziculture des bas-fonds depuis plus d’un millénaire avant J.C.
Quant à la législation, on peut citer :
- Le célèbre code d’Hammourabi qui est le premier code écrit. Il comporte 7 articles qui
visent l’irrigation et les machines hydrauliques. Rédigé en Mésopotamie au XVIII ème
siècle, il a rassemblé de nombreuses lois plus anciennes.
- Le même souci se rencontre dans un recueil de lois assyriennes daté de 1400 à 1200
environ.
- Il existe également des traces de lois très anciennes relatives à l’eau en Grèce et dans la
Crète minoenne (milieu du 2ème millénaire), puis plus tard, dans les Œuvres d’Homère.
- La loi romaine, toujours présente dans le système législatif Français, n’a pas négligé
non plus les problèmes de l’eau, traitant en particulier de ceux relatifs à sa propriété et
sa distribution.
- A Rome existait un curator aquarum (administrateur) des eaux, dont les fonctions ont
été précisées par un décret de l’an II avant notre ère.

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1.3. OBJECTIFS :

1.3 .1 Objectifs globaux :

Plus encore que toute autre opération de développement rural, les finalités sont à
chercher dans le plan qui en général définit clairement les objectifs de la politique
d’intensification de la production végétale par l’aménagement. Dans les pays sahéliens ils
sont au nombre de trois types :
- Augmenter la production vivrière et la garantir contre le risque climatique ; il s’agit
généralement de petites opérations à intérêt local.
- Augmenter sensiblement les productions vivrières ou de cultures industrielles
- (coton, sucre, tabac, etc) nationales ; cela conduit à des opérations de grande envergure.
- Garantir une partie importante de la production vivrière nationale contre le risque
climatique ; grandes opérations.

Le choix qui est fait, entre ces objectifs selon les Etats, dépend de l’analyse qu’ils font de leur
vulnérabilité par rapport au risque climatique.

Ainsi, l’objectif général peut être résumer, comme << la création d’un ensemble technico-
économique, permettant une utilisation optimale d’eau disponible (fleuve, lac naturel ou
artificiel, etc.) à des fins d’intensification de la production agricole avec une contrainte de
rentabilité financière et économique de l’aménagement, assurant, entre autres, sa
reproduction>>

1.3.2 Objectifs spécifiques :

Au Mali les objectifs sont : -


irrigation ;
- abreuvement du bétail ;
- alimentation de la nappe phréatique ; - régénération du couvert végétal.

Les aménagement portent sur :


- les bas-fonds ;
- les plaines ;
- les lacs de retenue ;
- le surcreusement des mares.

NB : Les buts de l’opération caractérisent des modes d’action relatifs à la transformation et à


la maîtrise d’un certain nombre de ressources ou de facteurs de production spécifiques de
l’aménagement hydro agricole :
L’espace, le sol, l’eau, les instruments et techniques de production, la force de travail, les
spéculations, les produits agricoles et financiers.
Tous ces facteurs apparaissent en tant que ressources disponibles, appropriables et
transformables dans le cadre de l’aménagement.
Cependant, bien que valable pour toutes les techniques d’irrigation, l’aménagement hydro
agricole ne devienne un travail indispensable au préalable absolu, que dans le cas de
l’irrigation de surface.
L’irrigation de surface s’effectue en inondant le sol ou en faisant couler l’eau à la surface
du sol. Dans les deux cas, il faut retenir l’eau de façon qu’elle pénètre jusqu’à une certaine

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profondeur pour répondre aux besoins des cultures et qu’elle se repartit sur l’ensemble du
terrain.
Un bon réseau d’irrigation doit aussi permettre d’éviter les pertes excessives d’eau que
provoque l’infiltration en profondeur et la colature aux extrémités du champ. Le principe de la
technique d’irrigation de surface est le suivant :<< l’eau étant au point le plus haut des terres,
on la fait couler jusqu’au point le plus bas, son débit diminuant au fur et à mesure qu’elle
s’écoule le long de la pente par suite de son infiltration dans le sol >>.
Dans le cadre du présent cours, nous parlerons seulement de l’aménagement hydro agricole
relatif à l’irrigation de surface.

1.4. EVOLUTION DES POLITIQUES DES POUVOIRS PUBLICS :

- Dès la période coloniale, la France, à l’origine de la création de vastes zones


irrigables en Afrique francophone au sud du Sahara et à Madagascar, a soutenu avec
détermination leur mise en valeur. Ces aménagements ont en effet été réalisés en
grande partie durant la période coloniale (21 000 hectares au lac Alaotra entre 1923 et
1960, 40 000 à l’Office du Niger entre 1934 et 1960) ou furent commencés dès cette
époque (6 000 ha réalisés en 1953 dans le delta du fleuve Sénégal, 2 000 le long du
Logone au Cameroun en 1960).
Toutes ces sociétés avaient, jusqu’à ces dernières années, des rôles similaires : conception et
contrôle des travaux d’aménagement, de réhabilitation et d’entretien Ŕ qu’elles assuraient
aussi souvent avec leurs propres moyens en personnel et en matériel Ŕ, encadrement des
paysans, gestion de l’approvisionnement et du crédit, achat du paddy, transformation du paddy
en riz, vente du riz.
- La période 1960-1968 se caractérise par le prolongement des aménagements de
grandes envergures hérités du colonialisme : devenu propriétaire de l’Office du Niger
en 1961, le Mali a décidé de mettre fin à la production du coton pour tout axer sur le
riz, dont le pays commence à être déficitaire. Les aménagements hydro agricoles de
Baguinéda, les périmètres Coréens de Farabana vont connaître le même sort.
Le programme d’aménagements hydro agricoles sera mis en place progressivement
au cours d’un plan à long terme divisé en plans quinquennaux jusqu’à l’horizon 2000. -
La période 1968-1985 se caractérise par une politique centralisée et volontariste de
sécurisation et d’intensification de la riziculture.
Dans le cadre du plan quinquennal 1974-1978 par exemple, une douzaine
d’opérations de développement ont été mises en place dont l’OHVN (Opération Haute
Vallée du Niger) ; OACV (Opération Arachide Culture Vivrière) ; ORS (Opération
Riz Ségou) et ORM (Opération Riz Mopti) ; OMM (Opération Mil Mopti) ; OZL
(Opération Zone Lacustre) Goundam ; l’OM (Opération Mali) sud (ancienne opération
coton) ; OTS (Opération Thé Sikasso) sont actuellement en fonction. Le programme
d’aménagements hydro agricoles est intégré aux différents programmes de production
(céréaliers, maraîchers ou intégrés) , ses grands objectifs sont à moyen terme et
prioritairement la satisfaction des besoins en paddy à partir de 1978-1979 et en sucre à
partir de 1983-1984 ; ainsi que « la sécurisation la plus élevée possible de ces
approvisionnements » et à long terme « la maximisation et la sécurisation des revenus
ainsi que l’élargissement de leur distribution parmi les populations rurales. »
Cette période verra la finalisation de l’exécution de Sélingue, les études
d’exécution de Manantali assez avancées, quelque 20 projets d’aménagement hydro
agricoles seront envisagés.
Elle s’est traduite aussi par la mise en place d’aménagements sommaires de type

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« Inondation contrôlée » de superficies variant de 100 à 1000ha dans de nombreuses


plaines de moyen cours d’eau. Les aménagements de type Klela, San et Doumanaba
datent de cette période.
- La période 1985-1995 voit la montée en puissance d’une politique d’aménagement
de petits bas-fonds dans le cadre d’actions décentralisées et participatives
d’aménagement et de gestion des terroirs villageois.
- Aujourd’hui, en matière d’aménagement des bas-fonds ; la relève est de mieux en
mieux assurée par les opérateurs locaux et les ONG ; les grands aménagements étant
toujours réservés à l’état.

CONCLUSION :
Après les indépendances, les nouveaux Etats, avec l’appui, entre autres, de la coopération
française, prirent en charge ces aménagements existants et cherchèrent à les agrandir. A cet
effet, ils eurent tous recours, sur un modèle développé en France même, à la formule de la
société d’aménagement : l’Office du Niger (ON), créé en 1932 ; la Société malgache
d’aménagement du lac Alaotra (Somalac), créée en 1963 ; la Société nationale d’aménag
ement et d’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal
et de la Falémé (SAED), créée en 1965 ; la Société d’expansion et de modernisation de la
riziculture de Yagoua (SEMRY), relancée en 1971.

Un premier bilan des grands aménagements hydro agricoles et une réflexion sur leurs
perspectives furent engagés au cours des années 1990-1991 à partir de 4 cas : les périmètres
irrigués réhabilités dans la région du lac Alaotra à Madagascar, un secteur aménagé de l’Office
du Niger au Mali, les grands aménagements du Nord Cameroun et les périmètres du delta du
fleuve Sénégal.

Dans ces 4 grands ensembles, il y avait au total, en 1989, 108 000 ha aménagés dont 40 000
avaient dû être réhabilités. Mais, en fait, seuls 97 000 ha étaient mis en culture, le reliquat se
trouvant dans un état trop dégradé pour être exploité effectivement.

La production de paddy y dépassait les 300 000 tonnes, soit un rendement moyen de 3 tonnes par
an, plus élevé au Cameroun, mais plus faible à Madagascar.

Ces résultats avaient été obtenus à la suite d’une vision et d'une action volontaristes de
l’aménagement, fruits de plusieurs préoccupations convergentes : les ingénieurs avaient
cherché à améliorer les conditions d’irrigation et de drainage pour permettre l’intensification
de la culture du riz; les coûts élevés des aménagements et des réhabilitations avaient conduit
les économistes à prôner cette politique d’intensification ; enfin, pour parvenir à
l’autosuffisance alimentaire en riz, les autorités nationales, quant à elles, avaient recherché
l’augmentation de la production.
Cependant, cette première approche volontariste des grands aménagements s’est heurtée, à
partir des années 1980, à de multiples difficultés : techniques (rigidité de certains schémas
techniques d’intensification à la SEMRY et à la SAED) ; financières (liées au coût pour l’Etat
des sociétés d’aménagement et de la filière riz) ; économiques (le franc CFA surévalué
favorisait les importations de riz au détriment de la production locale) ; et surtout
institutionnelles.
1.5. RAPPEL DES ETUDES PRELIMINAIRES A L’ELABORATION D’UN
PROJET D’AMENAGEMENT HYDRO AGRICOLE (AHA) :

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Comme tout projet d’amélioration foncière, un projet d’AHA demande avant sa rédaction,
l’exécution d’études préliminaires longues et détaillées qui ont pour but de rassembler les
éléments qui permettront à l’ingénieur de choisir en toute connaissance les bases techniques
du projet, et d’en étudier l’économie.
A titre d’exemple, nous prendrons le cas d’un projet d’irrigation s’adressant à un secteur de
quelques milliers d’hectares dans un pays doté d’une structure foncière morcelée.

1.5.1 Recherche des éléments de base :

5.1.1 Le sol :
Après une étude géologique générale qui permettra de délimiter les grandes zones naturelles
du périmètre et de rejeter celles qui ne sont pas justiciables des améliorations, on entreprendra
une étude pédologique détaillée. Dans les vastes périmètres cette étude peut se faire à
l’échelle du 1/100 000e, mais au niveau de l’avant projet ou du projet, on utilisera l’échelle du
1/20 000e.
L’étude pédologique permettra de classer les terres dominées en fonction de leur profondeur,
teneur en matières organiques, etc. et plus spécialement, en fonction de leur comportement à
l’eau (voir cours d’hydraulique).
Le secteur sera divisé en zones aptes, peu aptes ou aptes à l’irrigation. Le pédologue attirera
également l’attention sur les terres manquant de profondeur, sur leur excès de perméabilité ou
d’imperméabilité, sur la nécessité de drainer certaines zones, sur les dangers de remontée du
sel, sur les carences possibles, etc.
L’étude permettra en outre de prévoir l’évolution probable des sols sous l’irrigation, et par
conséquent de définir leurs vocations agricoles, c’est-à-dire le type ou la nature des cultures
qu’ils peuvent porter avec le plus de profit, et celles qui sont à proscrire.
Les résultats de ces études seront consignés dans un rapport et dans une carte pédologique sur
laquelle seront reportées les zones naturelles et indiquées notamment les caractéristiques
hydrodynamiques de leurs sols.

5.1.2 Le climat :
Pour lui permettre de déterminer aussi exactement que possible les besoins en eau des
cultures, l’ingénieur sera amené à recueillir tous les éléments disponibles sur le climat, soit
dans les archives de l’O.N.M., soit en effectuant des mesures directes.
Parmi les renseignements nécessaires, nous citerons la pluviosité totale, la pluviosité
mensuelle, le caractère des pluies (intensité, duré), l’évaporation, la luminosité ainsi que sur le
régime des vents.
De même il se renseignera sur le calendrier des cultures possibles.

5.1.3. La topographie et la trame des obstacles superficiels :


Parallèlement la topographie de la zone sera levée. On utilise de plus en plus pour le
levé de grandes surfaces, le levé par photographie aérienne à l’échelle 1/5 000 e.
Toutefois, une reconnaissance approfondie du terrain est nécessaire pour éviter des
erreurs dans la rédaction du projet. En particulier, les obstacles superficiels, les points
de passages obligés, les difficultés inhérentes à tel ou tel franchissement, devront être
examinés avant tout commencement du projet.

1.5.2. Détermination de la structure d’accueil :


Elle se fera par des enquêtes approfondies qui demanderont généralement un personnel et des
délais importants pour les exécuter, il est indispensable de posséder un plan parcellaire de la

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zone à arroser ainsi que la liste des propriétaires et des exploitants. Ces enquêtes porteront
sur les points suivants :

5.2.1 Le parcellaire foncier :


Le parcellaire foncier est de deux ordres :
- le parcellaire des propriétés ; -
le parcellaire des exploitants.
La connaissance du parcellaire d’exploitation a une grosse importance, car ce sont les
exploitants qui irriguent et non les propriétaires : c’est donc principalement en fonction de
limites des exploitations que devront être tracés les ouvrages de distribution. Si le projet
couvre une vaste zone, l’enquête pourra être effectuée par sondage.
L’ensemble des renseignements ainsi recueillis permettra donc en premier lieu d’orienter
le choix du mode d’irrigation, de fixer l’importance du module de distribution, et
ultérieurement de préciser l’emplacement des prises.
De cette enquête, on pourra conclure qu’un remembrement préalable à l’irrigation est
indispensable pour permettre aux exploitants de tirer le meilleur profit de l’irrigation.

5.2.2. L’état cultural actuel :


Peu de temps avant la rédaction du projet, on relèvera sur chaque parcelle la culture
pratiquée de l’année A-1 et celle qui est prévue à l’année A+1. On notera si son
propriétaire souhaite l’arrosage.
On étudiera en fonction des réponses des agriculteurs, le pourcentage de demandes
d’irrigation en fonction de l’étendue des parcelles, de la nature de leur sol, du mode de
faire savoir, ou des cultures actuellement pratiquées. Cette dernière information permet
de prévoir celles qui disparaîtront ou celles qui seront arrosées. L’enquête doit obliger
les agriculteurs à réfléchir sur l’évolution qu’ils donneront eux-mêmes à leurs cultures
une fois que l’eau sera à leur disposition et les préparer ainsi aux évolutions
inéluctables qui en résulteront.
L’enquête portera également sur l’importance du cheptel vif, sa répartition entre les
différentes classes d’exploitation. On notera également l’importance du cheptel mort et
de la mécanisation des exploitations.

5.2.3. Le milieu humain : L’enquête permettra de connaître le nombre des exploitants


du périmètre. Leur répartition sur le plan, ainsi que leur classement par taille.
On recensera le nombre de personnes vivant dans chaque exploitation, la main
d’œuvre (permanente ou saisonnière).
Ces renseignements permettront de déterminer si le périmètre comporte assez
de main d’œuvre pour subvenir à l’accroissement qu’exige l’irrigation ou s’il
convient de prévoir une introduction de main d’œuvre supplémentaire.

5.2.4. L’économie actuelle : Les renseignements précédents permettront d’évaluer le


revenu global brut du périmètre. On examinera soigneusement quel est le
revenu de chaque classe d’exploitation afin d’en déduire celle qui est la plus
rentable. On cherchera ensuite à apprécier la capacité d’épargne par classe
d’exploitation et pour l’ensemble de la zone. C’est cette capacité d’épargne (et
d’emprunt) qui
doit permettre à l’agriculteur de faire face aux importantes dépenses que lui
occasionnera la mise à l’irrigation d’une partie de ses terres. Cette donnée
permettra de connaître l’importance du crédit qu’il faut tenir à la disposition des
agriculteurs si l’on veut que se développe rapidement l’arrosage.

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5.2.5 L’évolution culturale probable- L’évolution démographique et sociale


- Les bases de rentabilité du projet
La confrontation des renseignements fournis par l’enquête avec les essais culturaux
qui pourront être pratiqués par les stations d’agronomie voisines chargées de l’étude des
cultures à introduire, permettra de déterminer l’évolution culturale probable du périmètre. On
déterminera :
1- les cultures à préconiser, leur rendement probable, leurs besoins en
eau, le calendrier de la récolte;
2- les assolements futurs les plus adaptés au climat et au sol et les plus
recommandables sur le plan économique ;
3- quelle sera l’évolution des demandes d’arrosage, c’est-à-dire
comment croître dans le temps l’extension des surfaces arrosables à
l’intérieur du périmètre ;
4- l’accroissement du revenu global brut et du revenu par classe
d’exploitation en vue de tenter de déterminer la ou les tailles
optimales des exploitations et les types d’organisation à conseiller. On
en déduira l’évolution démographique du périmètre, et comparera
enfin les besoins en main d’œuvre à longue échéance avec le
développement démographique prévisible, afin de faire le bilan des
apports de la main d’œuvre à brève et longue échéance.
Ainsi cette étude préliminaire donnera à l’ingénieur une connaissance exacte du milieu
intéressé par l’aménagement qu’il projette. Elle lui permettra de déterminer de façon
rationnelle les dimensions et caractéristiques techniques des ouvrages pour satisfaire non
seulement les besoins présents, mais aussi et surtout les besoins du périmètre une fois soumis
à l’irrigation.
Dépassant le stade purement technique, une telle enquête apportera aux autorités responsables
les éléments de jugement sur la place que le projet doit occuper dans le développement général
de la région.

5.3. Détermination des besoins en eau :


La prédétermination des besoins en eau de chacune des cultures pratiquées ou qui seront
pratiquées dans le périmètre, se fait à l’échelle de l’avant projet par des méthodes théoriques :
Méthode de Blaney et Criddle, Formule de Türck, etc.
On évaluera ces besoins par culture en tenant compte des réserves de l’eau dans le sol au
début de la saison d’arrosage et de la durée réelle de la végétation sous le climat considéré. Il
conviendra à titre de précaution de retenir finalement les assolements qui présentent
l’exigence la plus grande pour le mois le plus chargé.
Naturellement l’étude des besoins se fera par zone naturelle, si le périmètre en comporte.
Les besoins totaux seront récapitulés, quinzaine par quinzaine (dizaine par dizaine), ou mois
par mois, de façon à faire apparaître les besoins instantanés que les ouvrages seront dans
l’obligation de satisfaire. Le total des besoins donnera le volume annuel dont le périmètre
devra disposer pour satisfaire à ces cultures.

5.4 Détermination des ressources en eaux disponibles : Les


besoins du périmètre sont égaux à la somme :
- des besoins à l’entrée de la parcelle, compte tenu des assolements envisagés ;
- des pertes dans le réseau de distribution ;
- des pertes dans le réseau d’adduction;
- des pertes de comptage et de régulation ;
- des pertes dans le réservoir d’accumulation ;

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- enfin, des besoins en eau domestique ou industrielle si le réseau doit satisfaire également
ceux-ci.
On trace la courbe de ces besoins et on la compare avec la courbe des débits simultanément
disponibles en rivière.

NB : Il arrive souvent que la rivière soit à même de fournir annuellement le débit nécessaire à
l’irrigation du périmètre, mais qu’elle ne dispose pas en période de pointe des irrigations, du
débit suffisant pour satisfaire les besoins. Dans ce cas, la constitution d’une réserve en eau
destinée à améliorer le débit de la saison sèche de la rivière s’imposera dès que le projet revêt
un peu d’importance. Elle est de règle dans tous les pays (à climat sub-aride ou aride)
sahéliens, où l’étendue des aménagements hydro agricoles est souvent directement
conditionnée par l’importance du volume des réserves susceptibles d’être constituées
économiquement, donc à l’existence de sites favorables de barrages à l’aval de cuvettes
imperméables

5.4 Etude d’Impact sur l’Environnement (EIE)


La mise en œuvre d’aménagements comportant des ouvrages importants comme les barrages,
ne se fait pas sans interactions avec les milieux naturel et humain. Leur construction modifie
localement l’environnement et change bon nombre des habitudes de vie parfois séculaires des
riverains.
Les maîtres d’ouvrage auront tout intérêt à confier l’EIE à des bureaux d’étude compétents en
la matière et capables de mobiliser les équipes pluridisciplinaires qu’elle nécessitera en
fonction de son contenu. Dans tous les cas, l’étude d’impact sera composée de :
Justification et champ d’application : Pourquoi une étude d’impact ? Quel est le champ
d’application de cette étude ? Eléments de méthodologie :
a) L’état du milieu avant aménagement : Pour juger de ces états
d’équilibre, on doit établir un diagnostic de la végétation, de la faune, du
système hydrographique, etc. Les questions économiques doivent aussi être examinés
avec attention. Mais l’homme, c’est également une problématique de santé : Comment
faire face à la recrudescence des maladies d’origine hydrique ? Comment éviter que
l’afflux de la population autour de l’aménagement n’accroissent les risques liés aux
épidémies et aux pandémies ?
b) Analyse des effets de l’aménagement : recenser et analyser les conséquences
prévisibles de l’aménagement (modifications du régime hydrique, interruption totale
ou partielle de l’ancien cours d’eau, etc.).
Intégration au projet de mesures appropriées pour la sauvegarde et la protection de
l’environnement - coût financier de ces mesures.

EXERCICES D’APPLICATION

Exercice I:

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Trouver la masse de sol sec si, à l’état humide, la masse du sol est de 250 g et son humidité de 25
%.

Exercice II:
Quel est le point de flétrissement des plantes si l’hygroscopicité maximale du sol est de 5 % ?

Exercice III:
Calculer la masse d’une couche arable de 20 cm d’épaisseur sur 1 ha si la densité du sol est de
1,2 g/cm3.

Exercice IV : Calculer la réserve d’eau totale et utile dans la couche arable en mm et en


m3/ha si l’humidité du sol est de 22 % ; l’hygroscopicité maximale, de 6 % ; la densité, de 1,3
g/cm3 ; l’épaisseur de la couche arable, de 20 cm.

Exercice V
Soit pour une culture de période végétative 4 mois (de juin en septembre), les besoins
mensuels en eau suivant ;

N/N juin Juillet Août Septembre


Nombre de jours 30 31 31 30
Besoin, m3/ha 810 1150 1550 900

Calculer :
1- Le débit fictif continu mensuel en l/s/ha
2- Le débit fictif continu moyenne en l/s/ha
3- Le débit caractéristique.
4- Le débit d’équipement pour un temps de service égale à 9 heures.

Exercice VI:
On donne ETP = 6mm par jour.
La capacité du sol, en volume 10%, la profondeur de dessèchement au point de flétrissement
des cultures 0,60m. Les plantes supportent un abaissement de 70% de la capacité utile sans
action notable sur les rendements.
Déterminer :
1-La dose par arrosage.
2- La cadence (ou période) des arrosages.

Exercice V II :
Soit un champ où il est recommandé de cultiver le coton. On donne da = 1,20T/m3 ; H coton
= 0,80m (phase de croissance) βcr = 20% ; βft = 0,70 βcr ; Le module m = 20 l/s et
L’infiltration K= 5,10-5 m/s. Calculer
:
1- la dose d’arrosage (DA) :
2- L’unité parcellaire d’arrosage Sm.
3- La durée pour l’unité parcellaire.

Exercice VIII :
Une exploitation de 80 ha. Doit être irriguée par ruissellement. Les données de base sont les
suivantes : DA = 600m3/ha = 60mm = 0.06m

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Le besoin mensuel de la culture donnée Q = 1800m 3/ha ; le module m = 0,020 m3/s. k


= 0.00001m/s.

Déterminer :
1- La fréquence des arrosages, N.
2- Le débit fictif continue (qfc) pour la période donnée.
3- La surface arrosée par le module, Sm.
4- Le nombre de modules pour assurer l’arrosage de la totalité de l’exploitation,Nm.

Exercice IX :
Soit à irriguer la plaine de Siékorolé (chef lieu de sous préfecture) dans le cercle de Yan-
fofila, Région de Sikasso. La variété de riz choisie est IR-15-29. La culture se fait en
période de contre saison. On donne le tableau suivant :

Désignation Janvier Février Mars Avril


ETP (mm) 55 58 62 65 69 72 78 81 83 83,50 83,50
Pluie efficace (mm) - - - - - - - - - - -
Kc (coefficient cultural) 0 0 0,50 1 1 1,20 1,20 1,20 1,20 1,20 1,20
ETP. Kc (mm) 75 75 - - - - - - - - -
W1 (mm) - - 50 - 50 - - - - - -
W2 (mm) - - 50 -50 - - - - - - -
W3 (mm) 40 40 44 40 40 36 40 40 44 40 40

Déterminer :
1- La dose d’irrigation de ce riz, DI. 2-
Le débit de pointe décadaire.

Exercices X :
Considérons un sol perméable apte à l’arrosage, et dont le coefficient de filtration Kf
= 5,10-4 m/s ; la main d’eau m = 10 l/s ; le débit fictif continu qfc = 1 l/s/ha.

Calculer :
1- L’unité parcellaire,
2- La surface irriguée en ha avec la main d’eau,
3- Le nombre d’unités parcellaires.

Exercices XI :
Sur une carte topographique d’échelle 1 :10 000, la mesure d’une distance donne D=3,46
cm. Déterminer la valeur réelle (S) de cette distance sur le terrain.

Exercices XII :
La projection horizontale d’une distance sur le terrain donne S=514 m. Déterminer sa
valeur sur une carte à échelle M= 1 :5 000.

CHAPITRE II – LE SCHEMA DIRECTEUR D’UN RESEAU

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D’AMENAGEMENT

Trois composantes peuvent être distinguées dans le cas le plus complexe, qui ont chacune
un rôle spécifique à jouer et font l’objet d’une forme propre d’exploitation :
- Les ouvrages de maîtrise et de transfert de la ressource en eau Ŕ ils sont caractérisés
soit par l’importance des structures et des équipements, soit par leur niveau élevé de
technicité, soit par les deux à la fois : barrage réservoir, ouvrage de prise d’eau, grand
canal de transfert, grosse station de pompage, réseau de forage, …

- Les réseaux de distribution et les ouvrages annexes collectifs constituant l’ossature


principale du périmètre irrigué dont l’origine est une prise d’eau ou un canal de
transfert dans le cas le plus courant. Le système de distribution plus ou moins ramifié
aboutit aux prises (borne, modules ou simples vannes) qui marquent l’entrée des
unités d’exploitation gérées dans tous les cas par les paysans à titre individuel ou
collectif.

- L’équipement des unités d’exploitation (parcelles ou quartiers), les plus en aval,


constitue l’outil d’irrigation directement utilisé par les usagers. Le point de passage du
réseau de distribution à l’équipement unitaire aval peut varier selon les
aménagements, en tête d’un niveau quaternaire ou en tête d’un niveau tertiaire pour un
système gravitaire par exemple. Le partage répond à la séparation de la fonction
d’exploitation entre l’usager et l’organisme responsable de la distribution.

Schéma

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Légende :

1. Le fleuve (la source d’irrigation), elle peut être un réservoir, un lac naturel, une mer, une
eau souterraine.
2. Le barrage
3. Le réservoir
4. L’ouvrage de prise d’eau : pour l’irrigation gravitaire cet ouvrage est de type ouvert appelé
- écluse régulateur, et pour l’irrigation par machine élévatoire - une station de pompage,
les deux pour l’irrigation mixte.
5. Le canal principal pour l’irrigation par machine élévatoire (CPME).
6. Le canal ou la canalisation principale d’adduction portant le nom de « tête morte » pour
L’irrigation gravitaire (TM). TM conduit l’eau sur la côte de commande.
7. Le canal principal (CP) ou sa ramification pour l’irrigation gravitaire.
8. Les canaux inter - fermes (Canal Secondaire Ŕ CS),
9. Les canaux internes des fermes (Canal Tertiaire Ŕ CT).
10. Les cités ouvrières ou les centres économiques (hameaux de culture).
11. Le canal d’évacuation des eaux en excès ou le collecteur du réseau d’assainissement (la
colature).
12. Les ouvrages sur le réseau d’irrigation ; ils assurent la sécurité, la répartition et la
distribution de l’eau (les chutes, les rapides, les siphons inversés, les partiteurs etc..).
13. Les pistes
14. La ligne de liaison électrique.
15. La ligne de communication téléphonique.
16. La bande de forêt de défense du périmètre.
17. La digue de ceinture.
Le principal but d’un réseau d’aménagement hydro agricole est d’assurer une garantie au
ravitaillement de l’humidité optimale des sols dans les limites du territoire à irriguer.

Fonctions
- Ouvrages de tête : Assurer la mobilisation de la ressource en eau et en garantir le
transfert en tête de périmètre d’irrigation, avec comme conditions de maîtrise de la
ressource : le moindre coût, la disponibilité, la meilleure répartition des quantités
disponibles et le minimum de pertes, c’est-à-dire meilleure efficience.

- Réseaux de distribution : Mettre à la disposition de l’usager (agriculteur ou


groupement paysan) l’eau nécessaire à la conduite de l’irrigation, où et quand elle est
nécessaire. A cette fonction majeure s’ajoutent les fonctions annexes de drainage, de
circulation et de protection.

- Unités d’exploitation : Par essence, c’est le domaine de l’agriculteur ou du


groupement paysannal. Deux cas de figures se présentent ici :
1. le tour d’eau, son application ou l’utilisation du matériel d’irrigation nécessite un
appui technique de qualité de la part de l’organisme qui a la responsabilité du projet.
2. l’irrigation à la demande.

NB : La norme d’aménagement doit faire l’objet d’une description détaillée soit


dans le schéma directeur d’aménagement, soit dans l’étude de faisabilité.

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CHAPITRE III – LES OUVRAGES DE PRISE D’EAU.

3.1. GENRALITES :

Les ouvrages de prise d’eau sont destinés à prélever dans un cours d’eau ou dans un
réservoir le débit nécessaire à chaque instant à l’alimentation de l’ouvrage d’amenée, en
éliminant, dans la mesure du possible, les matières solides transportées par le cours d’eau.
Les matières solides sont :
 Les matériaux transportés par suspension : limon (diamètre de 1/100 à
5/100 mm), sables fins (diamètre de 5/100 à 15/100 mm) ;
 Les matériaux transportés par charriage : sables grossiers (diamètre
de15/100 à 1,5 mm) ; graviers et galets (diamètre supérieur à 1,5 mm) ;
 Les corps flottants (arbres, feuilles, etc.)

L’opération consistant à éliminer les matériaux solides porte un nom différent suivant le mode
de transport du matériau et le diamètre moyen des grains : le dé gravement, le dessablage, le
dé limonage.
Le dé gravement est effectué principalement dans le lit du cours d’eau avant l’entrée de la
prise.
Le dessablage est effectué dans les organes spéciaux placés à l’entrée des ouvrages d’amenée :
chambre de décantation ou dessablement.
Le dé limonage ne peut être effectué que dans les réservoirs de grandes dimensions.
L’élimination des corps flottants est effectuée à l’aide des organes suivants :
- La drome : elle est constituée essentiellement par un diaphragme flottant et souple
tendu en travers de la rivière, en amont de la prise et incliné dans la direction du
courant. Les corps flottants, le bois en particulier, sont évacués par de l’eau déversant
sur un pertuis de surface qui borde l’extrémité aval de la drome.
- Les grilles : une première à gros barreaux est disposée à l’entrée du canal de dérivation
(au droit du seuil S1) et une deuxième relativement fine à l’entrée du canal d’amenée.
L’écartement des barreaux est en général, imposé par le cahier des charges pour la
protection des poissons ou par les sections de passage des machines (turbines Pelton en
particulier).
NB : Le nettoyage des grilles est effectué au moyen de dé grilleurs mécaniques qui peuvent
être automatisés lorsque les corps charriés sont de faible dimension (feuilles, mousses,
algues). Dans certains sites où les corps flottants sont particulièrement nombreux, on emploie
des pelles hydrauliques, du type travaux publics, munies de grappins très efficaces sur les
corps de surface.
Les produits de dégrillage sont, soit incinérés sur place dans des installations construites à
proximité, soit transportés dans des stations de traitement voisines.

3.2. CLASSIFICATION :

Les ouvrages de prise sont classés en fonction de :


- La source d’eau utilisée : en ouvrage fluvial, lacustre, maritime et de captage.
- Leur position par rapport au lit mineur : en ouvrage de lit et en ouvrage de plaine.
- La présence d’un barrage dans le dispositif : en prise directe sans barrage (prise d’eau en
rivière) et en prise avec barrage (prise d’eau en réservoir).
- Des conditions d’entrée de l’eau dans l’ouvrage : en prise latérale et en prise frontale.
- L’objectif : en prise à but agricole, en prise pour l’adduction d’eau et en prise à but
pastoral.

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decantation

C- Prise frontale Prise frontale

Prise d'eau dans un alignement droit

Prise en rivière.

a) prise au fil de l’eau : permettant de capter une partie du débit d’un cours d’eau sans
perturber son écoulement, il se compose de deux parties :
- le bassin d’alimentation en forme de convergent. - La prise proprement dite.

L’ouvrage de prise doit, autant que possible, être construit dans une courbe concave du cours
d’eau, jamais dans une rive convexe, ou se déposant les graviers et le sable. Avantage :
Infrastructure de tête peu importante donc économique.
Inconvénient : Système de captage compliqué pour pallier les variations du plan d’eau
amont.

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b) Prise avec barrage de dérivation : pour avoir une alimentation correcte de la prise
pendant toute l’année, on construit un seuil fixe (barrage de dérivation), dans le lit du cours
d’eau perpendiculairement à son écoulement.
Pour éviter le colmatage de la prise par l’accumulation, derrière le seuil, de boue de sable et
de galets, deux solutions :
- Le canal de dégravement : il est situé devant les vannes de prise, et restitue à l’aval du
barrage les dépôts en suspension dans l’eau.
- La vanne de chasse : pour qu’elle soit efficace l’ouverture à travers le massif du seuil
doit être placée le plus près possible du seuil de prise, la chasse des matériaux
s’effectue dans le bassin de dissipation d’énergie.
Avantage : le plan d’eau peut être relevé, ce qui permet de dominer un périmètre irrigable plus
élevé. Le plan d’eau, quasi constant, permet une bonne régulation des débits avec un modèle
de prise simple.
Inconvénient : Investissement élevé pour la construction d’un seuil sérieux.
Prise avec barrage ou prise d’eau en réservoir. ( voir prise à but agricole).

3.3. CHOIX DU SITE DE LA PRISE :

Pour assurer autant que possible sa bonne alimentation, la prise doit être placée sur la rive
extérieure d’une courbe de la rivière et placée sur une masse rocheuse pour garantir sa
stabilité. Cette disposition est préférable pour la raison suivante : la force centrifuge produit
dans un coude un courant secondaire transversal qui donne aux filets liquides une forme
hélicoïdale ; de ce fait, les filets liquides dirigés vers le canal d’amenée (débit d’exploitation
Qe) proviennent des filets de surface qui sont orientés vers l’extérieur de la courbe, au
contraire, les filets liquides du fond de la rivière suivent la courbe de celle-ci et ce sont ces
filets qui transportent les matériaux par charriage vers l’aval( débit Qav).
Si la configuration du terrain est telle que le débouché du canal d’entrée doit être placé sur
un alignement droit, il convient de disposer des épis dans la rivière pour créer une courbe
artificielle dans la concavité de la quelle on aménage l’entrée de la dérivation.
En effet, du fait du prélèvement du débit Qe, le débit Qav = Q Ŕ Qe dans la rivière à l’aval
de la prise peut être insuffisant pour entraîner les matériaux de fond et ceux- ci s’accumulent
dans la rivière en aval du barrage. Pour remédier à cet inconvénient, il est quelque fois
nécessaire de réaliser un calibrage du lit mineur (pente et section) pour accroître la puissance
transport hydraulique.
Il est même nécessaire, dans certains cas, de réduire volontairement le débit dérivé (par des
mesures d’exploitation), de façon à maintenir dans la rivière un débit Qav suffisant pour
entraîner les matériaux.

3.4. OUVRAGE DE PRISE A BUT AGRICOLE :

Cette prise qui comprend essentiellement un dispositif de prise à l’amont, une conduite
enterrée ou posée sur la digue et un ouvrage de raccordement au réseau d’irrigation à l’aval,
doit être implantée en raison de la cote des terres irrigables et dimensionnée en fonction des
caractéristiques de l’aménagement à l’aval. Elle doit donc être calée de manière à ce que l’on
dispose d’une charge suffisante, qui permette de conduire l’eau jusqu’à l’extrémité du
périmètre en fonctionnement normal.

Les deux types principaux d’ouvrage de prise sont :


- Le siphon ;
- La conduite enterrée.
4.1. Le siphon :

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Il est composé d’une conduite, qui suit le profil supérieur du barrage, d’un clapet et d’un jeu
de vannes qui commande son fonctionnement
L’installation d’un siphon ne présente guère de difficulté et il n’induit pas, contrairement à la
conduite enterrée, de risque d’infiltrations privilégiées. En outre, si le périmètre irrigué vient à
être étendu, on peut suivre la progression des besoins en eau correspondante par simple ajout
de siphons supplémentaires.
Les prises par siphon sont obligatoirement réservées à de petits barrages.

Vanne de remplissage

Clapet
Vanne aval
( commande de débit )
Crépine

Principe d'une prise d'eau par siphon

4.2. La conduite enterrée (prise sur barrage):

C’est l’ouvrage de prise le plus utilisé actuellement en milieu rural. Fonctionnant dans la
majorité des cas en charge, elle est alimentée à partir de la retenue par une tour de prise ou un
puisard selon que la vanne de commande est placée à l’amont ou à l’aval. Elle débouche à
l’aval du barrage dans un bassin de tranquillisation, souvent de type impact, relié à la tête
morte du canal primaire du réseau d’irrigation (exemple ouvrage de prise à commande amont
de Sélingue au mali).
Le diamètre de la conduite doit être calculé en fonction du débit demandé par le périmètre.
Dans ce calcul, on devra tenir compte des pertes de charge linéaires et singulières le long de la
conduite.
Ici on peut distinguer deux cas :

- Prise en tour : l’ouvrage est composé de trois parties :


a) La tour de prise, construite à l’intérieur de la réserve et directement accolée au barrage, elle
présente les dispositions conformes au schéma.
Un batardeau est généralement prévu dans la face ouverte de la tour, ce qui permet d’isoler la
vanne du plan d’eau en cas de besoin. On accède à la commande de la vanne par une passerelle
qui relie le sommet de la tour à la crête du barrage.

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b) La conduite : elle relie, sous le corps du barrage, la tour de prise au canal d’irrigation.
c) L’ouvrage de départ : Situé en tête du périmètre cet ouvrage comporte les dispositifs de
distribution des débits admissibles dans le canal principal.
L’ensemble de l’ouvrage et principalement la conduite constitue le point faible du
barrage. Le béton des écrans et de la protection de la conduite devra être coulé à pleine
fouille, sa teneur en eau pourra être légèrement augmentée dans les parties inférieures, il
devra être avec soin et par petites couches.
- Prise de fond : La tour de prise est remplacée par un ouvrage de captage construit au
pied du barrage et complètement immergé dans la réserve.
Une grille, scellée en tête de l’ouvrage protège la conduite des risques d’obstruction.
Une vanne est scellée à la sortie de la conduite côté périmètre.
Ce type de prise malgré ses avantages : suppression de la tour de prise, accès et manœuvre
plus facile de la vanne, est tout de même à déconseiller pour deux raisons majeurs :
1. La conduite est constamment en charge,
2. Pour réparer la vanne ou la conduite, il faut que le barrage soit vide.

3.5. OUVRAGE DE PRISE POUR L’ADDUCTION D’EAU :

Pour le barrage destiné à l’alimentation en eau des populations, l’ouvrage de prise doit
permettre la distribution d’une eau de bonne qualité. Il faut éviter qu’elles n’aient recours au
puisage direct dans la retenue, le problème se posant en particulier dans les zones rurales et
périurbaines.
La prise d’eau potable doit être aussi proche que possible de la surface pour obtenir une eau
décantée et oxygénée.
On peut concevoir de véritables petits réseaux d’adduction avec pompage solaire, réservoir
métallique surélevé et bornes fontaines munies de boutons-poussoirs pour desservir les
hameaux principaux.
Pour alimenter les centres urbains, on se tournera vers des installations de pompage classiques
comprenant les groupes motopompes, l’unité de traitement et les stations de refoulement.
Elles seront souvent enchâssées dans le corps du barrage et l’on devra alors prendre toute
précaution nécessaire à la bonne tenue de l’ensemble.

3.6. OUVRAGE DE PRISE A BUT PASTORAL :

Prévoir un ouvrage de prise destiné à cet usage permet d’éviter que la retenue ne soit
souillée par le bétail et surtout que celui-ci ne détériore les protections du talus amont et le
barrage dans son ensemble.

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Cet ouvrage devra aboutir à des abreuvoirs aménagés, de type abreuvoir à niveau constant. Le
débit sera déterminé avec soin sinon, une fois passé l’attrait de la nouveauté et des avantages
réels qu’il y trouve, le pasteur conduira immanquablement son bétail dans la retenue.

3.7. EQUIPEMENT DES PRISES :

Suivant l’importance du canal alimenté et son mode de régulation, l’équipement de la prise


sera très différent.
- Pour les petits canaux à commande par l’amont, on se contentera généralement d’équiper
la prise avec des vannes plates, à commande manuelle ou électrique, et à admission
pardessous. Ce sont les vannes les plus simples et les plus sûres. Elles ne coincent pas,
mais elles laissent entrer facilement les graviers et les sables.
D’autre part, dès qu’elles sont grandes, l’effort de frottement devient considérable : on les
équipe alors de galets de roulement pour que leur manœuvre reste aisée.
- Pour les canaux importants, les vannes plates deviennent immanoeuvrables, lorsque leur
dimension est trop grande. On a alors recours aux vannes secteurs dont la poussée est
entièrement reportée sur les axes ou aux vannes rouleaux, qui en s’élevant roulent sur
un chemin de roulement.
On peut également équiper la prise par des vannes à admission par-dessus ou
vannes effaçables dont le mécanisme permet leur abaissement si le niveau de l’eau
s’abaisse en rivière.
Toutes ces vannes doivent pouvoir être réparées rapidement. C’est pourquoi on ménage dans
les piles, à 0,80 m ou 1,20 m de l’amont et à l’aval de la vanne, des rainures pour y descendre
des madriers qui forment des batardeaux entre lesquels on pourra descendre travailler.
- Lorsque le canal est commandé par l’aval, on trouvera à l’aval une vanne de sécurité en
principe toujours ouverte et automatique.

CHAPITRE IV-LES CANALISATIONS

Des canalisations conduisent l’eau du point d’origine ou de la tête de la propriété


jusqu’aux éléments d’arrosage.
Elles forment en quelque sorte, l’ossature du réseau d’irrigation. Leur emplacement est en
relation avec le dessin général du projet. Il faut déterminer leur débit, d’où l’on déduit leur
section en fonction de la pente, et leur mode de construction. Pour ne pas surcharger le plan,
chaque canal est désigné par un indicatif.
Exemple : CP Ŕ Canal Principal, CS Ŕ Canal Secondaire, C T Ŕ Canal Tertiaire.
Le canal est dit en remblai quand son fond est au même niveau ou plus élevé que la
terre environnante. Il est le plus souvent constitué simplement par deux bourrelets de terre qui
guident le parcours de l’eau sur le sol.
Le canal est en déblai quand son fond est au dessous du niveau naturel du sol. IL est
utilisé pour l’amenée des eaux à la propriété, tandis que le canal en remblai convient mieux
pour la distribution, en tête d’élément. La hauteur ici est légèrement supérieure à la largeur du
plafond, alors que hcr =1/3b.
Les canaux intermédiaires entre les deux systèmes sont appelés canaux en déblai
remblai compensés.

4 -1 Le canal en tête morte :

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Le tracé : L’étude du tracé du canal d’amenée demande la connaissance du débit maximal à


dériver et la cote d’entrée dans le périmètre. L’étude se fait sur un plan en tenant compte de la
nature des sols traversés et de la pente transversale du terrain naturel.

Le profil en long : Il convient d’examiner la pente du canal de manière à respecter les


contraintes suivantes :
Vitesse minimale admissible : 0.60 m/s

Vitesse maximale admissible pour des canaux transportant


Nature du lit du canal des eaux chargées de matière
des eaux claires
colloïdale
Sables fins non colloïdaux 0.45 0.75
Limons sédimentaires 0.60 0.95
Argile compacte 0.75 1.10
Mélange de limons, sable et
gravier sans éléments 1.15 1.50
colloïdaux
Dépôts fluviaux colloïdaux 1.15 1.50
Gravier 1.20 1.50
Béton -Roche dures 2.4 4 et >

Calcul hydraulique:

Le calcul hydraulique des canaux principalement se résume à la résolution d’un certain


nombre de problème, à savoir la détermination des dimensions de la section mouillée (S), la
pente longitudinale (I), les vitesses moyennes (Vm) et admissibles (Vad), les profondeurs de
remplissage (hi) correspondantes aux différents débits.
Pour la résolution de ses problèmes, on utilise l’équation de l’écoulement uniforme. Q S.C RI I =
Constante ; S = Constante ; Q = Constante ; I = i et les lignes de courant sont parallèles au plafond
du canal.
Cas des canaux de profil trapézoïdal : b CD
L’un des paramètres les plus importants est la largeur relative β
h h
Le choix de β se justifie hydrauliquement, technologiquement et économiquement.
Les canaux de section hydrauliquement la plus avantageuse possèdent la plus grande capacité
d’évacuation d’eau.
Pour ceux-ci βAH β0 2( 1 m2 m)

Pour cela le canal possède Qmax et un profil.


Toute variation de Q entraîne d’importante oscillation du plan d’eau.
Quand Q < Qn, Le canal est en remblai, cela n’est pas économique.
Pour les petits canaux (canaux tertiaires), Q = 1---2,5 m3 /s. Le
profil en travers :
- La hauteur h de l’eau ou le tirant d’eau

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On distingue trois sortes de hauteur caractéristique de remplissage : hmin, hnor, hmax. Ces

- La largeur au plafond désignée par a, est choisie en fonction du fait qu’elle est traversée par la
route ou non. S’il n’y a pas de route, alors elle est choisie en fonction du débit dans les
tableaux de norme de conception.
Exemple :

Débit du canal (m3/s) <0.5 0.5 ÷ 1 1÷5 5 ÷ 10 10 ÷ 30 30÷50 50 ÷ 100


Largeur a (m) 0.5 ÷ 0.8 0.8 ÷ 1 1 ÷ 1.25 1.25 ÷ 1.5 1.5 ÷ 2.0 2.0 ÷ 2.5 2.5 ÷ 3

Si la route passe sur la digue amin = 4m.

- Le coefficient de rugosité n est fonction du débit Q.


Pour les lits revêtus en béton et en béton armé n = 0.012 ÷ 0.016 ; dans les autres cas il est choisi
dans le tableau ci-dessous :

n 0.02 0.0225 0.027


Q (m3/s) >25 25 ÷ 1.0 < 1.0

- La revanche Δ : Δ = ↓D- ↓PM. Pour les canaux non revêtus Δ = 0.3 m et pour les canaux
revêtus Δ = 0.4 m.
- La hauteur de commande hcom, elle sera la même chose pour tous les points de prise
d’eau d’un canal de rang donné. hcom (CP) = (0.9 ÷ 1.1) m ; .hcom (CS) = (0.7 ÷ 0.9)
m; généralement on prend ici 0.8 m.

- La largeur au fond b, elle dépend du mécanisme d’exécution et du débit ; Généralement : b c =


0.6m ; 0.8m ; 1.0m ; 1.2m ; 1.5m (dalle en béton armé)

N.B: La formule la plus utilisée pour le calcul de la vitesse de l’eau est la formule monôme de
Manning Strickler :
V = 1/n R2/3I1/2 avec V - vitesse de l’eau en m/s ; R - rayon hydraulique en m et I - la pente
longitudinale.

Ex : Calculer le débit d’un canal de section trapézoïdale à parois en terre (n = 0.030) ayant les
dimensions suivantes : b =1.00m ; m = 1 ; h = 1.00m ; I = 0.002.

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- Les débits (Calcul) Tous les canaux de l’action permanente sont calculés au
passage des débits normaux, maximaux et minimaux.

1. Qnor : le débit normal, que le canal permet de laisser passer le temps durable.
qmax.Sηs.c i .K UT .......... .
Qnor

Où qmax- est donnée, l’ordonnée maximum de l’hydrographe. Si-


la surface que dessert le canal donné.
KUT- le coefficient (rendement) d’utilisation du terrain.
KUT = 0.92 ÷ 0.98 ηsc- L’efficience du système de canaux.
ηsc = 0.95 ÷ 0.98. Qnetto- est le débit sans perte.

2. Qmax- Le débit maximal ; c’est le débit augmenté que le canal passe le temps court. Qmax =
Qnor.Kf
Où Kf est le coefficient de forçage, qui est fonction du débit.

Kf 1.2 1.15 1.1 1.05 1.0


Q (m3/s) < 1 ÷ 10 10 ÷ 50 50 ÷ 100 > 100
1

3. Qmin- Le débit minimal, qui constitue environ 40% du débit normal ; il est indispensable pour
déterminer l’emplacement des ouvrages transversaux qui barrent le lit.

qmin.S.K η UT .......... .
Qmin

Si le canal est revêtu, pas de perte d’eau, alors Qmax = QHKf Si


le canal est non revêtu : Qnor brut = Qnetto + Qpertes.
Le débit d’eau à l’extrémité du canal est nommé débit net.
Le débit d’eau à l’origine du canal, est appelé le débit brut.
Le débit net du système (réseau) d’irrigation, c’est le débit qui arrive au champ à irriguer. Le débit
brut du réseau d’irrigation, c’est le débit dans la tête du canal principal.
Le débit principal du canal est le débit brut. Selon le Qn, on établit les éléments hydrauliques
du canal et on fait la vérification du canal au sujet du ravinement et d’envasement.

N.B : Pour le choix préalable des dimensions du canal sont nécessaires les dépendances
suivantes :
- La profondeur de remplissage : h A.3 Qbr

Où : A- le coefficient égal 0.7 ÷ 1.0 ; en moyenne = 0.85. Qbr-


débit brut du canal.

- la largeur relative β β b 33 Q m h
Pratiquement on prend : b = (1 à 2) h pour Q<1 m3 /s

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Cours d’aménagement 23

b = (1 à 3) h pour Q= 1 à 3 m3/s
b = (2 à 6) h pour Q=3 à 5 m3/s La largeur du canal au
fond est prise :
Pour Q<1m3/s ; b = 0.2 ; 0.3 ; 0.4 ; 0.5 m etc.…
Pour Q≥1m3/s ; b = 1 ; 1.2 ; 1.4 ; 1.6 m etc.…

Exemple :
Soit un canal dont les caractéristiques sont les suivantes :
Le débit net Qnet = 0.219 m3/s
- Le sol argilo -sableux m =1.3
- La pente du canal i = 0.005
- La rugosité n = 0.03
- Le rendement du système d’irrigation (l’efficience) ηsyst = 0.7

Solution :
1- Le débit brut du canal

Qbr Qnet 0.219 0.313m3/s


ηsyst 0.7

2- La profondeur de l’eau dans le canal h A3 Qbr 0.853 0.313 0.58 m

3- La largeur relative

β 33 Q m 33 0.313 0.71 1
4- Le plafond du canal
b b
h 1 0.58 1 b 0.58 m

5- La section mouillée (section du flot)


S = (b+m.h).h = (0.58+1.3.0.58).0.58 = 0.77m2
6- Le périmètre mouillé α = 2.48m
7- Le rayon hydraulique R = 0.31m
8- La vitesse moyenne de l’eau dans le canal

V c Ri 24.7 0.31 0.005


0.99 m/s c fut calculé avec la formule
c=1/n.Ry 9- Le débit du canal
Q = S.V = 0,77. 0,99 = 0.73m3/S

4.2. Les pertes d’eau et l’efficience de l’irrigation :


Dans les calculs du réseau de canaux non revêtus, d’habitude, on tient compte
seulement des pertes par infiltration ; L’évaporation à la surface libre et les pertes
d’exploitation étant faibles sont négligeables. La percolation tout le long du périmètre
mouillé, est le phénomène le plus important et le plus dangereux. La valeur des pertes par
percolation dépend de la perméabilité du terrain, des dimensions de la section mouillée et de
la longueur du canal, de sa durée de travail, aussi bien que de la cote des eaux souterraines.
Dans le cas où la distance qui sépare la cote du plan d’eau dans le canal et celle des eaux

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Cours d’aménagement 24

souterraines est importante, les pertes se calculent par la formule de l’infiltration libre : Qf =
0.0116 kf.l (B + 2h)
Où Qf Ŕ le débit d’infiltration en m3/s ; kf- coefficient de filtration en m/j ; l- la longueur du
tronçon considéré du canal, Km; h, B-la profondeur de remplissage et la largeur du plan d’eau
dans le canal en m.
Dans le calcul des pertes d’eau, pour les canaux revêtus, on utilise la notion d’efficacité du
revêtement comme une mesure (disposition) de contre- infiltration (N%)
QfR = Qf (1- N/100)
La valeur de N se détermine par les observations de la nature, en moyenne on prend : N =
90-100% pour les revêtements en asphalte, N = 85-95% pour les revêtements en béton et
béton- armé ; N = 60-80% pour les revêtements argileux et béton argileux ; N = 30-80%
pour la terre compactée, etc.…
Pour apprécier la valeur relative des pertes d’eau et l’efficacité du travail du réseau
d’irrigation, on introduit la notion d’efficience (rendement) de chaque distribution ηd et celle de
tout le réseau ηr
Qnetd QTd
ηd
Qbrd ; ηr Q brd

On n’admet pas que ηcp soit inférieure à 0.8 - 0.9 ; c’est pourquoi η des distributions ne doit
pas être en dessous de 0.90-0.95. Si η du réseau ou d’un distributeur isolé se trouve inférieur à
[ηr] (réglementation), il suit de prendre des dispositions de contre- infiltration avec efficacité
pas inférieure à
η ηf
η 1 ηf
N 100%

Pour les distributeurs portés et conduites, d’habitude on prend η = 0.97-0.99.


Dans ce cas, la mise au point de revêtements efficaces s’appuyant sur le profil du canal en
terre est nécessaire.
« Un revêtement est une couche relativement mince d’un matériau cohérent, posée sur des
terrains de cohésion très variable, couche destinée à améliorer les caractéristiques de surface
du terrain ». Les revêtements on pour but :
a- de réduire les pertes par infiltration, b- de réduire la
section en augmentant la vitesse, c- d’empêcher le
développement des plantes aquatiques,
d- de diminuer l’érosion des talus, e-
de diminuer le prix d’entretien.
D’une façon générale, lorsque les pertes d’eau dans les canaux en terre atteignent 30% du débit
dérivé, on a tout intérêt à revêtir les canaux principaux, surtout si l’alimentation s’effectue par
pompage.
Dans l’ordre d’ancienneté de leur emploi, on peut distinguer les revêtements :
- en perrés (maçonnés ou non), en briques, en parpaings,
- en béton (armé ou non),
- en bitume avec enrobés (armé ou non), - en matériaux synthétiques plastiques.

Si η ≥ [η] il est indispensable de faire un contrôle de la stabilité du canal à l’affouillement. La


vitesse de non affouillement, d’après les normes est choisie en fonction des dimensions
moyennes des particules du terrain dans le quel passe le canal.

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Cours d’aménagement 25

Pour les calculs approximatifs, on peut utiliser la formule (Tchiorkatièv) suivante :


Vaff = Vo.R1/3
Où Vo, m/s est la vitesse maximale admissible pour R = 1m
R ≈ 2/3 .h Ŕle rayon hydraulique ; m
Vo est choisie en fonction de la nature du sol.
Vo = 0.7-0.9 pour l’argile et le limon- argileux
Vo = 0.4-0.6 pour le limon- sableux
Vo = 0.8-1.0 pour le sable grossier, le gravier
Vo = 0.6-0.8 pour sable fin.
Les limites supérieures correspondent aux sols de très grande densité

Quand la contenance de l’eau en particules argileuses est supérieure à 0.1kg/m3 , la


vitesse admissible doit être augmentée de 15 à 30% ; il est également recommandé
d’augmenter de 10 à 15% les vitesses admissibles dans les canaux dont le fond et les berges
sont revêtus d’herbes. Dans le cas des revêtements en béton on prend Vo = 8 m/s.

La vitesse de l’eau dans le canal Vc ≤ Vaff. Si Vc > Vaff, il y’a deux variantes :
a- changer la pente du canal: ic = iad pour laquelle il n’y aura pas d’affouillement.
2

Q Q Et l’on obtient :
S 2/3. β /.h
V aff Q V 0 R 1/3
2.33 4.72.Q Apres on calcul Vc Vc
h h( β ) B S
V 0β
B b 2 2mh
V c
Puis i ad 2
β β 2m c R
h h

b- Si la profondeur de déblai Hdeb>4.5m, alors on construit à travers le tracé du canal des


chutes (rapides) complémentaires ; si Hdeb n’est pas grande on fait seulement une
ligne.
D’autre part, pour les canaux en terre non revêtus, la vitesse ne doit pas trop s’abaisser en
dessous d’un minimum pour éviter le dépôt des matières en suspension. C’est pourquoi la
relation suivante doit être vérifiée :
Vmin ≤ Vc ≤ Vaff.
Les critères de non dépôt des matières en suspension dans le canal et sa capacité de les
transportés sont les suivants :

La force tractrice critique des dépôts φ :

3/2
V
700 c Ri
W

Quand (2mm/s < W < 8mm/s)

RiV c
3 50 V c
W

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Quand (0.4mm/s < W < 2mm/s)

Où : Vc - la vitesse moyenne du courant, m/s R-


le rayon hydraulique, m i- la pente de la surface
de l’eau.
W-la grosseur hydraulique des dépôts, mm/s et dépend du diamètre des particules.
A W (mm/s)
0.33 < 1.5
0.44 1.5 - 3.5
0.55 > 3.5
Dans ces équations, δ et W sont obtenus par les recherches géologiques et hydrologiques et dans
la résolution on obtient Vmin. Vmin = AQr0.2 m/s où A est un coefficient qui dépend de W.
Dans ce cas Vaff = Bv.Qbr0.1 où Bv est un coefficient qui dépend de la nature du terrain.

Terrains Bv Terrains Bv Terrains Bv


Limon- argileux
Sable fin 0.45 - 0.5 Limon sableux 0.53 0.68
lourd
Sable moyen 0.5 - 0.6 Limon argileux fin 0.57 Argile 0.75
Limon argileux
Sable gros 0.6 - 0.75 0.62 argile lourde 0.85
moyen

La vitesse’ minimale peut être calculée par la formule suivante : V min = 0.3.R1/4, m/s.
Si Vc < Vmin, il faut donner au canal une grande pente i, ensuite placé un bassin de décantation
en tête du canal.
Dans les calculs, le Qmin permet de déterminer la position des ouvrages de prise.
- Si KPE ≤ 0.2-0.25 la prise est directe (sans barrage).
- Si KPE > 0.25 la prise est avec un ouvrage de retenue (barrage). Cependant
il faut une vérification.

Schéma de calcul :
Q d1
Q d1

Q d1 obligatoir ement un ouvrage de retenu


Q d1
(puisque il n' y a une courbe de remous)

Remarques :

1. Pratiquement, on admet couramment dans les canaux en terre des vitesses comprises entre
0.50 et1.0m/s. Pour des canaux de petites dimensions on se contente de vitesses inférieures

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2. Dans les canaux revêtus, les vitesses courantes varient de 0.75 à 1.50m/s.

Exercice:

Un canal d’irrigation de forme trapézoïdale de section passe de l’argile de densité


élevée avec une pente de fond = 0.0008, b = 2m, h = 1.2m, m = 1.0 ; n = 0.030.
Déterminer le débit de l’eau dans ce canal, sa vitesse moyenne et vérifier ce canal en
affouillement et au ravinement.

Response:
S = 3.84m2; P = 5.40; R = 0.71; C = 30.50;
Q = 382m3/s;
V = 0.73m/s ;
Vmax = 1.00 m/s;
Vmin = 0.42m/s

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CHAPITRE V : ORGANES DE SECURITE - DE REGULATION ET DE


REPARTITION DE L’EAU SUR LES CANAUX DECOUVERTS.

5.1. L’équipement de sécurité :

Un canal est fait pour véhiculer un débit maximal déterminé. Il ne peut supporter une
surcharge que dans la limite de sa « revanche ».Au delà le débordement peut causer sa ruine
rapide si les berges sont en terre.
En outre le ruissellement et l’érosion provoqués par l’eau de débordement peuvent causer de
dommages considérables aux cultures avoisinantes.
Il est donc indispensable d’éviter toute introduction intempestive d’eau excédentaire, soit à la
prise, soit en cours de route, et d’une manière générale toute élévation du plan d’eau. Les
causes de la surcharge du canal sont multiples :
- une fausse manœuvre des vannes de tête ou absence de manœuvre au moment voulu
lorsque la rivière entre en crue.
- Des écoulements superficiels que le canal peut recueillir dans certaines sections en
temps d’orage, et plus spécialement dans les sections à flanc de coteau.
- Une brusque diminution des prises ou des débits des prises ou des débits des branches
secondaires.
- Un obstacle brutalement opposé à l’écoulement de l’eau : un écoulement d’un talus, la
chute d’un arbre dans le canal, d’un véhicule, etc..
Le canal peut aussi se rompre ; il est alors indispensable de le décharger rapidement dans
toute sa totalité de son débit pour éviter l’aggravation des dégradations et permette sa remise
en eau dans les délais les plus brefs.
C’est ainsi que l’équipement du canal comprend :
1.1 Les ouvrages de protection, limitant la remontée du plan d’eau.
1.2 Les ouvrages de décharge et de vidange.
1.3 Les ouvrages de sectionnement

5.1.1. Les ouvrages de protections :

1.1.1. Les déversoirs de superficie :


Ce sont les déversoirs latéraux généralement, calés à la cote maximale du plan d’eau
que l’on désir de maintenir.
Les déversoirs sont des « ouvrages » simples, peu coûteux, sûrs, mais d’une efficacité
médiocre. Ce sont généralement des déversoirs à crête épaisse.

1.1.2. Les siphons de sécurité :


Lorsque l’on ne peut admettre une élévation importante du plan d’eau ou que le débit à
évacuer est grand, on remplacera avantageusement les déversoirs de superficie par des
siphons à amorçage automatique qui peuvent fonctionner sous très faible hauteur d’eau. Les
siphons sont ordinairement en tôle lorsque les débits à évacuer sont de quelque centaine de
litres par siphon. Au-delà ils sont construits sur place en béton armé.
Les siphons demandent à être entretenus et surtout à être bien protégés contre l’embâcle des
branchages.

5.1.2. Les ouvrages de décharge et de vidange


La décharge des canaux se fait le plus souvent par des vannes latérales. Ces ouvrages seront
situés en principe :
- à l’amont d’une section de canal en remblai ou en terrain dangereux ;

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- à l’entrée des grands ouvrages tels que les siphons, les grands aqueducs ; - avant le
point de départ des branches secondaires importantes ;
- à l’aval des sections qui peuvent recevoir des eaux de ruissellement abondantes
- En fin, le plus souvent, ces ouvrages seront jumelés avec les déversoir ou les siphons
puisque comme eux, et d’une manière plus importante encore, ils exigent des
possibilités d’évacuer les eaux. On trouvera donc le plus souvent au passage des cours
d’eau ou thalwegs importants.

5.1.3. Les ouvrages de sectionnement :


Généralement on adjoint à l’ouvrage de décharge ou de vidange une vanne de
sectionnement, ou, sur les grands canaux, un ouvrage au pertuis multiples, transversal au
canal, portant les vannes de sectionnement. Il est ainsi possible de vidanger une section amont
sans vidanger la section aval, ou d’interrompre l’alimentation de l’aval, sans perturber la
section amont. Ces ouvrages de sectionnement forment également le rôle de régulateur de
débit, sous la protection des déversoirs de superficie.

5.2. Régulation des canaux :

Suivant la l’aval dénomination maintenant couramment admise, nous distinguerons les


canaux à régulation par l’amont et des canaux à régulation par.

5.2.1. Régulation des canaux par l’amont :


Dans ce type de canal, le régime d’une section de l’ouvrage est réglé par les
manœuvres situés à l’amont de la section.
C’est le cas général des canaux anciens ; leur débit est réglé essentiellement par la vanne de
prise en rivière. Dans ce type d’ouvrage le réglage du plan d’eau peut être fait soit par des
organe fixes, soit par des manœuvres manuelles de vannes, soit par des vannes automatiques.
On résout le problème de façon bien plus surs et précise par l’installation de vannes
automatiques à niveau constant (exemple : vanne à niveau amont constant = type Amil
Neyrpic). Ce type de vanne règle à la fois le débit et le plan d’eau.

5.2.2. Commande des canaux par l’aval :


Lorsque les ressources en eau sont très restreintes (barrages réservoirs) ; il y a le plus
grand intérêt a ce que le débit du canal soit à tout moment limité au besoins estimés par les
prises des agriculteurs.
On a donc été conduit à rechercher un mécanisme automatique permettant de réduire le débit des
branches dès que les prises d’arrosages se ferment, c’est à dire à commander le débit des
branches, puis du canal principal, par la demande de l’aval.

5.2.3. Régulation automatique par l’aval :


Imaginons un réseau fonctionnant à plein débit. Sur une de ses branches, un certain nombre
de prise se ferment. Le plan d’eau qui se situait auparavant à la hauteur normale, va s’élever
dans la section ou les vannes se sont fermées; un remous d’exhaussement se créera à l’amont.
Si la branche possède les déversoirs de superficie, ceux -ci vont fonctionner. Supposons que
nous obstruons ses déversoirs et que nous installions en un point où le remous d’exhaussement
se fait encore bien sentir, une vanne ainsi construite qu’elle se ferme dès que le niveau aval
dépasse le niveau normal, et s’ouvre dès qu’il est inférieur.

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Cours d’aménagement 30

Exemple : Vanne à niveau aval constant = type Avio Neyrpic.


Cette vanne va avoir une double action :
- d’une part en se fermant un peu, elle va diminuer le débit introduit dans la section
aval, et tendre à remonter le plan d’eau à sa côte initiale.
- d’autre part elle crée un remous dans la section amont

NB : Le fonctionnement de ces vannes est analogue a celui des vannes à niveau amont
constant. Les conditions de réglage sont identiques. Par ce dispositif, on peut obtenir le
réglage intégral du réseau par la demande d’aval sans appel à l’énergie extérieure, ou sans
autre intervention.

5.3. Organes de répartition, de distributif et de mesures :

On peut vouloir simplement repartir le débit d’un canal entre différentes branches, ou
différents utilisateurs; dans un rapport donné quelque soit ce débit. Ce cas se présente
fréquemment dans les réseaux régularisés par l’amont. On utilise alors les partiteurs. On
peut au contraire désirer distribuer un débit déterminé à chaque branche ou à chaque
utilisateur. On utilise alors les modules

5.3.1- Les partiteurs :


Un partage proportionnel d’un débit entre deux branches peut toujours être effectué si
ces branches sont équipées de vannes d’entée, mais il faut disposer d’appareils de mesure de
débit pour chacune d’elles pour observer si le rapport cherché entre les débits secondaires est
bien obtenu.
Pour éviter que le partage ne soit perturbé par les variations de hauteurs d’eau dans les
canaux d’aval, on provoquera un écoulement torrentiel dans la section de partage. Cet
écoulement torrentiel est obtenu par un déversoir dénoyé, ou un seuil. On peut aussi utiliser

5.3.2. Les modules :


On appelle ainsi les appareils qui délivrent débit donné quelle que soit la hauteur d’eau
dans le canal principal.
Lorsque l’on peut perdre beaucoup de charge entre le canal supérieur et la dérivation il est
aisé de concevoir des appareils à débit à peu près constant quelle que soit la hauteur d’eau dans
le premier canal.

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Cours d’aménagement 31

La difficulté est beaucoup plus grande si on veut perdre le minimum de charge. Une solution
élégante à été mie au point par Neyrpic pour de faibles variations du niveau amont : le module
à masque
Les modules à masque sont construits en série, et accolés entre eux .Ils peuvent ainsi donner
tous les débits désirés.

5.3.3. Prise sur canaux :


- Dérivation des canaux secondaires :
À l’origine des canaux secondaires et tertiaires on place généralement un ou plusieurs
vannes précédées de rainures qui permettent de descendre un batardeau d’isolement.
Lorsque la régulation en commande par l’aval est pratiquée, les vannes plates ordinaires
sont remplacées par des vannes automatiques.
Si la différence de niveau est faible entre le canal principal et la branche à alimenter, la vanne
automatique sera d’un type analogue à celui des vannes situées sur le canal lui-même (type
AVIS Neyrpic). Si la dénivellation risque d’être plus grande, la vanne ferme un orifice (type
AVIO Neyrpic) ; les pertes d’eau sont ainsi diminuées.
- Les prises de petits débits :
Sur les canaux secondaires et les canaux tertiaires, les prises les plus simples sont formées
par un sillon ou un conduit maçonné pratiqué dans la berge du canal et muni de deux vannes.
La vanne d’amont manoeuvrable seulement par la garde canal, est ouverte par celui-ci à la
hauteur correspondante au débit à délivrer. Le réglage est facilité si l’on munit la tige de
manœuvre de la vanne d’une crémaillère, ou de trous permettant de repérer exactement la
hauteur de levage. Une seconde vanne est généralement posée avant l’orifice de sortie de la
prise et permet au cultivateur de couper l’eau quand il veut éviter de la recevoir sur sa parcelle.

NB : Comme ouvrages de distribution à la parcelle on a :

 Ouvrage type « tout ou rien » (TOR). Il est implanté sur le canal de dernier ordre et dérive
la totalité du débit vert une unité d’arrosage.

 Siphon mobile : les parcelles arrosées par infiltration (raies billons) ou par ruissellement
(calants, bassins de submersion), peuvent être alimentées par siphons mobiles en matière
plastique, à condition que le canal adducteur domine directement les parcelles.

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CHAPITRE VI – PRISE D’EAU POUR IRRIGATION


PAR MACHINE ELEVATOIRE
(LES POMPES DANS LES OUVRAGES DE GENIE RURAL)

6.1. Généralités :

L’aménagement et la maîtrise des eaux en agriculture impliquent, toujours d’avantage,


la mise en œuvre de stations de pompage.
Dans les pays industrialisés d’abord, ailleurs aussi on s’approche de plus en plus des terres à
assainissement difficile, où le pompage des eaux à l’émissaire est inévitable. Il en est de
même en matière d’irrigation, où selon la topographie des périmètres, l’irrigation par
écoulement gravitaire implique un relèvement préalable de l’eau. L’irrigation par aspersion,
en évidente extension par rapport à l’irrigation par gravité, nécessite le plus souvent, la mise
en charge artificielle des eaux.

6.2. Définitions :
Une pompe est une machine qui fournit de l’énergie au liquide contenu dans un tuyau,
permettant son déplacement d’un point à un autre, généralement situé à une côte supérieure.
Tous les types de pompes existant peuvent être rattachés aux grandes classes
suivantes :
- Les turbopompes, dans les quelles l’énergie est fournie au liquide par une roue munie d’aubes
ou d’ailettes, animée d’un mouvement de rotation ;
- Les pompes volumétriques, dans les quelles l’énergie est fournie au liquide par des variations
successives de volume à l’intérieur de l’organe moteur ;
Dans ces deux catégories de machines, le liquide reçoit de l’énergie de pression ; celle-ci est
plus grande à la sortie de la pompe qu’à l’entrée.
- Les machines élévatrices, machines qui ne fond qu’élever le liquide sans accroître son
énergie de pression.
L’agrégat de pompe : l’ensemble de la pompe et le moteur.
Une installation de pompe : l’agrégat de pompes avec le complexe de tuyaux
d’aspiration et de refoulement, les appareils de régulation et de mesure.
Une station de pompage : plusieurs installations (au moins deux) de pompe réunies
dans un bâtiment.

6.3. Principaux paramètres et caractéristiques des pompes centrifuges :


Une turbopompe est entièrement déterminée quant à son type, sa forme et ses dimensions, par
les valeurs correspondantes à un régime de fonctionnement déterminé.
6.3.1. Le débit dune pompe (Q) :
C’est le volume du liquide pompé par unité de temps. Le débit s’exprime dans l’une des
unités suivantes : l/s ; m3/s ; m3/h

6.3.2 La charge H (hauteur totale d’élévation) :


La charge ou l’énergie H : C’est la différence d’énergie obtenue par chaque kg de liquide lors
de son mouvement de l’entrée jusqu’à la sortie de la pompe.
2 2
Pr Pas Vr V as
Z
Hγ2g

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Où Pr. et Pas- pression du liquide dans les tuyaux de refoulement et d’aspiration (kg/m2) γ-poids
volumique, supposé constant du liquide (kg/ m3)
Vr, Vas- vitesses moyennes du liquide (m/s)
Connaissant Q et les diamètres (refoulement, aspiration) on détermine aisément ces vitesses.

M
V d
Z

3
2d
+ Hg 2
Pa

PA

2. Tuyau d’aspiration
3. Tuyau de refoulement
Z- différence entre les indicateurs du manomètre et du vaccuomètre.

6.3.3 La puissance de la pompe (Nh) :


La puissance utile Nh, c’est la différence d’énergie obtenue par tout le liquide dans l’unité de
temps
Nh γQH10 2 ch

Pour que la pompe soit capable de fournir la puissance N au liquide, on doit lui fournir, a son
arbre moteur, une puissance mécanique Nm supérieur : Nm> Nh.

6.3.4. Le rendement (η) :


Le rendement traduit le degré de perfection hydraulique et mécanique d’une pompe. Le
rendement total

Nh
.100% . η se détermine à l’usine.
Nm
Les pompes on un très grand rendement η = 0.8 ÷ 0.9.

6.3.5. Vitesse de rotation (n) T/min :

La vitesse de rotation ( n) se détermine comme caractéristique de l’électromoteur. De n


dépendent Q et H.

6.3.6. La hauteur géométrique d’aspiration de la pompe (Has) :


C’est la distance verticale qui sépare l’axe de la roue de travail de la pompe et la côte
du plan d’eau de la source.
Dans la pratique sa valeur maximale est 6m (dans la théorie elle va jusqu’à 10 m). Au-delà de
cette valeur non seulement le vide peut s’installer, mais aussi, il devient indispensable de tenir
compte de la cavitation.

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Cours d’aménagement 34

La formation de bulles de vapeur au sein du liquide soumis à une pression égale ou inférieure
à la tension de vapeur est le phénomène connu sous le nom de « cavitation ».
Dans les pompes, la cavitation apparaît principalement à l’entrée de la machine où la
pression est inférieure à la pression atmosphérique.
Elle peut provoquer par destruction de matière, de graves dégâts à la roue de la pompe.

6.3.7. Vitesse spécifique :


Les lois de la similitude appliquées aux turbopompes permettent de définir une vitesse
spécifique ou « nombre de tour spécifique ns ».

N Q
n s H 3/4
Le nombre de tour spécifique (ns) serait le nombre de tours réels d’une pompe
géométrique semblable à la pompe considérée, qui élèverait de 1m un débit de 1m 3/s en
fournissant une puissance de un ch.
Selon que la valeur de ns est petite ou grande, la pompe est dite lente ou rapide. Les pompes
centrifuges ont des ns faible, les pompes hélices ont des ns élèves.

6.3.8. Courbes caractéristiques :


On appelle courbe caractéristique d’une pompe la représentation graphique de la
variation d’énergie H en fonction du débit Q à vitesse de rotation constante. On
complète en générale cette caractéristique par la représentation de la variation du
rendement η et de la puissance Ph.

3.8.1. Turbopompes :

Hm (m) (ch) Nabs ? (%)

100
24
1-Puissance 24 3 80
3
2-Rendement 21
3-Hauteur 18 2 60
géométrique -débit 15 2
1
12 40
9
1
6 20
3
Q (m3/s)
10 20 30 40 50
Courbes caracteristiques d'une turbopompe

Hm- hauteur manométrique en m ; Nab [ch.] Puissance absorbée en chevaux vapeur; η [%]-
rendement ; Q [m3/s ] Débit
Lorsque la caractéristique H -Q est connue pour une vitesse de
rotation n, on peut en déduire la caractéristique correspondant à une vitesse n’ par les
relations :
Qn H n2 N n
3

N' n'

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Cours d’aménagement 35

Q' n' H' n'


Cela est vérifié pour D = D’ et η = η’.

H
Caracteristique
réelle
Caracteristique
théorique
n = cste

Q
Courbe caracteristique d'une
3.8.2. Pompes volumétriques
Pour une pompe volumétrique, la caractéristique théorique est une droite parallèle à
l’axe H.

Pour une telle pompe le débit ne dépend que de la vitesse de rotation.

L’énergie H est indépendante du débit Q.

pompevolumetrique

3.8.3 Caractéristique de la conduite :

L’énergie nécessaire pour deplacer le débit Q de A à B comprend, en plus de l’énergie


correspondante à la différence d’altitude entre les points A et B , les pertes de charge H r A-1,
dans la conduite d’aspiration et Hr2-B dans la conduite de refoulement.
Ces pertes entant, en première approximation, proportionnelle à Q², la courbe caractéristique
de la conduite est une parabole.

H
B HrA-1 + Hr2-B
CC.Conduite

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ZB-ZA =Lassine
Zg

2
1 A Q

Réf ZA
Cours d’aménagement 36
Courbe caractéristique de la conduite
H
H-Q

Courbe des pertes


de charge

Hgéo

3.8.4 Point de fonctionnement :


Les seuls points de fonctionnement
possibles pour une pompe, à vitesse de
rotation constante, sont les points de la
caractéristique. Il en va de même pour une
conduite.
Lorsqu’on branche une pompe sur
une conduite, le poids de fonctionnement
de l’ensemble se trouve à l’intersection
des deux caractéristiques.

6.4. Les turbopompes :

6.4.1. Généralités :
Rappelons que, dans les turbopompes, l’énergie est fournie au liquide par une roue munie
d’aubes animée d’un mouvement de rotation continu. Les turbopompes ont des domaines
d’utilisation très variés et très étendus.

6.4.2. Organes essentiels :


Les turbopompes se composent de deux organes principaux : -
le rotor, il comprend :
1. l’arbre de la pompe, accouplé au moteur d’entraînement ;
2. la roue, clavetée sur l’arbre
- le corps de pompe, il comprend l’élément destiné à recueillir le liquide à la
sortie de la roue (par exemple la volute de la pompe centrifuge), les paliers
destinés à supporter l’arbre moteur et les joints
d’étanchéité (presse étoupe)

6.4.3. Classification : Les


turbopompes sont classées en :
- pompes (roue) centrifuge (radiale)
- pompes hélico-centrifuge (diagonale)
- pompes (roue) hélice Roues

Roues

6.4.4. La roue : La roue est l’organe le plus important de la turbopompe ; c’est


elle qui a pour fonction de transférer au
Tubulure de
refoulement
Roues
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Volute

Cours d’aménagement 37

liquide l’énergie mécanique que la roue


reçoit de son moteur d’entraînement. On
peut donc dire que la roue opère une
transformation d’énergie mécanique en
énergie hydraulique.
La forme de la roue Ŕ son profil méridien
Diffuseur et volute d'une pompe centrifuge dépend de la vitesse spécifique ns.

6.4.5. Le diffuseur, la volute.


La turbopompes comporte un organe destiné à recueillir le liquide à la sortie de la roue
a fin de le diriger sur l’orifice de refoulement, et, en même temps, à transformer en énergie de
pression une partie de l’énergie cinétique acquise par le liquide dans la roue.
Dans les pompes radiales, cet organe la volute ou bâche spirale - affecte la
forme d’une conduite enroulée en spirale autour de la roue .la volute peut comporter un
diffuseur à ailettes fixes qui favorise la transformation d’énergie cinétique en énergie de
pression.

6.4.6. Organes auxiliaires :

6.4.6.1. Clapet de pied (amorçage de la pompe) :


Lorsqu’une pompe est noyée, c'est-à-dire lorsqu’elle se trouve en dessous du niveau
aval, elle reste pleine de liquide, même à l’arrêt, et son démarrage ne pose aucun problème.
Si, la pompe est placée au dessus du niveau aval, la conduite d’aspiration va se vider à
chaque arrêt de la pompe. Lors d’une nouvelle mise en marche, la pompe sera incapable de se
remplir elle-même et la roue tournera dans l’air. Pour éviter cet inconvénient, il faut procéder à
l’amorçage de la pompe, opération qui consiste à remplir de liquide la conduite d’aspiration
jusqu’à la roue de la pompe. Cette opération n’est possible que si l’on dispose, à la partie
inférieure de la conduite d’aspiration, un clapet de pied, sorte de soupape qui ne laisse passer le
liquide que dans le sens du pompage. Lorsque celui-ci est interrompu, le clapet de pied se
ferme de lui-même et empêche la vidange de la conduite.

6.4.6.2. La crépine :
La crépine est un filtre placé au pied de la conduite d’aspiration afin d’empêcher
l’accès à la conduite de matériaux solides éventuellement contenus dans le liquide.

6.4.7. Couplage des turbopompes :


On réalise un couplage de turbopompes lorsqu’on fait débiter plusieurs pompes
ensemble dans la même conduite. On doit recourir au couplage lorsqu’on modifie (allongement
de la conduite, extension du réseau) les caractéristiques d’une installation existante, lorsque les
pompes disponibles sur le marché ne donnent pas satisfaction en ce qui concerne leur
caractéristiques, ou encore pour des raisons économiques.

4.7.1. Couplage en parallèle :


Qp Si les deux pompes ont les
mêmes dimensions (identiques)
P
H Q2p<2QH.
Qp
P
H2
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H2
H1
H1
Q

Cours d’aménagement 38

C’est pourquoi lors de la conception il faut faire un contrôle.


H
Théoriquement cela est difficile, c’est pourquoi il est recommandé
de construire le graphique de fonctionnement

Si toutes les pompes ne sont pas identiques, des phénomènes particuliers peuvent se
produire pour certains régimes de fonctionnement (une pompe débite sur les autres par exemple).
Dans ce cas les débits s’additionnent. Ici les pompes ne peuvent pas travailler simultanément.

4.7.2. Couplage en série :

P P P

Les pompes sont dites couplées en série lorsque l’orifice de refoulement de la première
est relié à l’orifice d’aspiration de la deuxième et ainsi de suite. Le même débit traverse toutes
les pompes.
L’énergie fournie par l’ensemble des pompes s’obtient en effectuant, pour chaque débit, la
somme des énergies fournies par chaque pompe.

H
H
H1
H1
H2
Q1 Q

Q > Q1 ; H > H1
6.5. Les pompes volumétriques :

6.5.1. Généralités :
Le fonctionnement des pompes volumétriques est basé sur les variations de volume
d’un espace relie alternativement à la tuyauterie d’aspiration et à la tuyauterie de refoulement
par un moyen mécanique solidaire des variations de volume.
Les pompes volumétriques peuvent se caractériser par le genre de mouvement décrit
par l’organe moteur ; on définit ainsi les pompes alternatives et les pompes rotatives.
Il existe un très grand nombre de variétés constructives de pompes volumétriques. Elle
se rattache cependant plus ou moins toutes aux types principaux suivants :
- Pompes à piston (alternatives)
- Pompes à engrenages (rotatives)
- Pompes à vis (rotatives ; ne doivent pas être confondues avec la vis d’Archimède)
- Pompes à capsulismes (rotatives)

NB : Les pompes centrifuges sont les pompes - types en irrigation.


Elles sont simples, n’ont pas d’organes fragiles, leur installation est facile, leur
encombrement réduit, leur prix d’achat peu élevé. Elles peuvent donner de très gros débits et
rester cependant de dimensions restreintes ; elles s’accommodent des variations de charges,
des eaux limoneuses.
En fin, leur accouplement aux moteurs électriques est aisé, et leur entretien très réduit.

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Cours d’aménagement 39

6.6. Choix d’une pompe :


Lorsqu’il s’agit de déterminer les caractéristiques d’une station de pompage
d’irrigation, il faut commencer par déterminer et définir avec le maximum de précision les
conditions de service. Les principales conditions sont les suivantes :
- Importance des débits pompés, modulation de ces débits dans le temps ;
- Hauteur de refoulement (hauteur géométrique et hauteur manométrique) ;
- temps de fonctionnement par jour ;
- impératifs de sécurité ;
- nature physico-chimique des eaux pompées.
Ainsi, seulement lorsque ces conditions ont été précisées, peut on déterminer le mode
fonctionnement de la station, le type de pompe, leur nombre,les dispositifs de contrôle et de
protection.

Exercice :
Les données de base : surface à irriguer : 20 ha. qfc
= 1.0l/s/ha.
Longueur de la conduite L = 1000m.
Rendement du système d’irrigation ηirr = 0.95
Pression à l’orifice sortie Ps = 30m par aspersion.
Rendement de la pompe ηp = 0.80
Rendement du moteur ηm = 0.90
Vitesse de l’eau permise dans la conduite V = 2m/s
Coefficient de la friction pour les conduites en acier λ = 0.020
Cote la plus haute du périmètre irrigable 25m
Niveau du cours d’eau de la source 10m
On demande de déterminer le diamètre intérieur et la puissance de la station de pompage.

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Cours d’aménagement 40

CHAPITRE VII – L’AMENAGEMENT DU TERRAIN


L’une des premières mesures à envisager, quand on utilise les méthodes d’irrigation de
surface est la préparation du sol en vue de permettre une distribution uniforme de l’eau
d’irrigation et l’évacuation des eaux de colature. Si l’on tente d’irriguer un terrain de surface
inégale, on aboutit en général à un gaspillage d’eau, à des besoins excessifs de main d’œuvre et
à des faibles rendements des cultures. S’il faut remplir les creux pour mouiller les points hauts,
on se heurte à une répartition inégale de l’eau et à une croissance irrégulière des plantes.
En outre, l’eau, qui s’écoule sur une terre à pentes inégales risque d’éroder les pentes
plus fortes pour le déposer sur les parties les plus plates.
Pour préparer le sol, on arase les bosses et on remblaie les dépressions de façon à
aplanir la surface du terrain. C’est ce qu’on appelle le nivellement du terrain ou planage,
encore que le terrain ne soit généralement pas mis parfaitement de niveau.
Certaines méthodes d’irrigation de surface (déversement, microsillons, submersion)
n’exigent qu’une légère préparation du sol. D’autres méthodes (sillons, planches) exigent une
préparation plus poussée pour être aussi efficaces que possible.

Etude du sol
Avant de procéder au nivellement, il convient d’étudier le profil du sol, afin de voir
jusqu’où on peut déblayer la couche superficielle sans réduire le rendement des cultures. Si on
la creuse trop on risque de mettre à l’air des sous sols salins ou trop lourds, des terres peu
fertiles ou des couches de graviers qui se prêtent mal à la culture.
Nivellement
Méthode de calcul des plans
L’on trouvera si après deux méthodes différentes :
 Méthode de MARR et de HALKTAS ; méthode des profils moyens.
 Méthode des « moindres carrés »

- Méthode de MAAR (Université de Californie) simplifié par HALKTS (Italie)
Cette méthode est simple et consiste à déterminer un plan unique passant par le centre de
gravité (g) de la parcelle et correspondant aux pentes économiques telles que le volume de
déblais soit sensiblement égale à celui de remblais (Stratégie zéro).

Centre de gravité du plan :


A- Les coordonnées du centre de gravité sont :
Dans le cas où l’on aurait comme bord du plan les colonnes 1et 6 et les lignes I et VI, l’on
aurait : l
n ; l X g ne
Xg e ou 2
l L
2 Yg me L
2
n -1e Xg 2 e ;
Xg L
e
2
m-1
Yg e ou Yg
2 2

n = nombre de ligne e
= distance (écartement)
m = nombre de ligne (nombre des carreaux verticalement)
P = longueur

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Cours d’aménagement 41

L = largeur
B- Altitude du centre de gravité :
Z.de l'ensemble.despoints
Zg ....ouZ cote d'un point
Nombre depoints

Calcul des pentes économiques


Calcul des pentes économique d’un plan à deux pentes
Remarques : les pentes sont prises à partir des axes x et y c'est-à-dire que si la pente
est :
Négative, elle est donc orientée Ouest ŔEst ; Nord Ŕsud ;
Positive, elle est donc orientée Est- Ouest ; Sud ŔNord
En appelant :
Zn la moyenne arithmétique des cotes des points des colonnes parallèles à l’axe Y ;
Zm la moyenne arithmétique des cotes des points des lignes paralèles à l’axe des X X n
le rang de chacun des points des colonnes
Ym le rang de chacun des points des lignes, on aura :
m m
12 Y mZ m 6 ( m 1) Zm
1 1
Sud
Pente économique Nord e ( m 1) m ( m 1)
n n
12 Y nZ n 6 ( n 1) Zn
1 1
Est
Pente économiqueOuest e ( n 1) n ( n 1)

Report des côtes sur le plan


- Ce report s’effectue à partir du centre de gravité g et de sa cote Zg
A partir de ce point et connaissant la ou les pentes, on voit que si la pente Ouest -Est est
négative, les cotes iront en diminuant du centre de gravité vers le bord Est et que les cotes
iront en augmentant du centre de gravité vers la bordure Ouest ; de même si la pente
Nord ŔSud est négative, les cotes iront en diminuant du centre de gravité vers le Sud et
en augmentant vers le Nord .Et l’inverse si les pentes sont positives Sud ŔNord et
négative Est ŔOuest.
Soit les quatre possibilités suivantes :

Et avec une seule pente

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Cours d’aménagement 42

Il suffit alors de connaître la cote d’un seul point et connaissant les pentes et les
espacements, il devient de proche en proche en facile de connaître les cotes.

Méthode des moindres carrés


Cette méthode statistique est très proche de la précédente ; elle diffère dans la position des
axes de coordonnées X et Y qui se situent à un espacement e de la première ligne et de la
première colonne. Les calculs sont menés comme précédemment en recherchant tout
d’abord le centre de gravité g
X ne Y me
XgYg
n m
n = nombre de colonnes m
= nombre de lignes
Altitude du point g comme précédemment = ∑Z /nombre de points
Calcul des pentes économiques
Dans ces formules l’on remarquera que ( ∑Zom)/m, n au numérateur et les deux
dénominateurs ne dépendent des cotes d’altitude mais uniquement du nombre de colonnes
ou de lignes. Si bien que l’on peut simplifier de la manière suivante les deux formules :
Report des côtes sur le plan

Pente
économiqueNord

Pente économiqueOuest

Zg = Z0 + (P0- E)(Xg) + P N-S (Yg) Equation des altitudes des divers points
Equation générale des altitudes des divers points
Zg = Z0 + (P0-E)(Xg) + PN-S (Yg)
Z0 = Zg - (P0-E)(Xg) + PN-S (Yg) (cote projet) o
Centre de gravité g
Avec Zo = altitude du point o de référence
PO-E = Pente Ouest -Est
PN-S= Pente Nord -Sud
Xg = coordonnée du point g en X
Yg = coordonnée du point g en Y
L’on a alors connaissant Zg

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Cours d’aménagement 43

O = point de référence (angle des axes X et Y) o


Equation d’un point quelconque
Z = Z0 + (PO-E)(X) + PN-S (Y)
Il en serait de même pour chaque point du plan (à noter que cette méthode de report peut
également s’appliquer au système de MARR sous réserve d’observer la même disposition des
axes X et Y).

Evaluation des cubatures


Chaque point côté est supposé représentatif d’une figure élémentaire simple, carré ou
rectangle.
e
e/2e

e 1 e/223
ee

34 e1e
e

1. le point est représentatif d’un carré de surface = e2


2. le point est représentatif d’un carré de surface = e2/4
3. le point est représentatif d’un rectangle de surface = e2/2

Surface de la figure

e e2 e2/2 e2/4
10m 100 m2 50 m2 25m2
15m 225 m2 112.5 m2 56.25 m2
20m 400 m2 200 m2 100 m2
25m 625 m2 312.5 m2 156.25 m2
30m 900 m2 450 m2 225 m2

Si bien que l’on déblaie ou remblaie chacune de ces figures élémentaires de 1cm de cubature
de terre enlevée ou rajoutée sera de1 m3 par m2 de surface. 1cm sur 100m2 = 1m3.
Il suffit donc de faire le décompte des surfaces et des différences d’altitude pour faire le bilan
de terrassement selon le tableau suivant :

Déblais (-) en cm Remblais (+) en cm


Figure de m Figure de m2 Figure de m2
2
Figure de m Figure de m2 Figure de m2
2

xm3 xm3 xm3 xm3 xm3 xm3


Total déblais m3 Total remblais m3

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Cours d’aménagement 44

Sur le plan on reporte :


1. les côtes projet ;
2. les différences de côtes positives et négatives.
La différence de déblais sur le remblai, on tient :
- à ce que la ligne ne couvre que des rectangles de 200m2
- à ce que la ligne présente une bosse continue provoquant des déblais
importants (anomalie topographique). Il faudra donc évacuer près de 100m3 de
déblais.
Il est important de jouer sur les côtes de manière à ce que le bilan de terrassement soit voisin
de zéro.
Nivellement assisté par laser
Ce système permet d’éviter le levé et le plan topographique en donnant directement les
cotes de terrassement aux engins et ce, en continu par un système de guidage automatique. -
Le « Laser plan » et « Laser rotatif »
Le système développé est basé sur l’emploi d’un rayon laser .Le principe du laser consiste à
obtenir un pinceau de lumière cohérente extrêmement fin définissant ainsi une droite parfaite.

Le planage en « Touches de piano »


Il n’est pas indispensable que la pente donnée aux parcelles soit unique : en effet dans
bien des cas l’on peut observer les ruptures de pentes sur la longueur d’une parcelle et dans ce
cas le planage économique devra considérer non pas une pente mais 2 ou 3. On ne tient pas
compte de la pente générale du terrain. Il faut diviser en plusieurs parties et chercher la pente
économique.

1 pente

I II

III

3pentes IV X
VIII
V VII
VI

Toposequence

La rupture de la pente a relativement peu d’importance sur l’écoulement puisque dans les
formules la pente n’intervient qu’à la puissance ½. Cependant l’on retiendra q’une pente forte peut
plus facilement succéder à une pente faible que l’inverse.
Car il y aurait des risques de stagnation au niveau de la rupture des pentes.
Par ailleurs chaque parcelle peut être prise individuellement et formée une entité propre .Ce qui
conduit à concevoir le nivellement et le planage d’un périmètre comme une série de parcelle
automatique et dont le profil général s’apparente à des « Touches de piano ». L’essentielle
pour chaque parcelle est d’être alimentée d’une façon satisfaisante et de pouvoir se vidanger de
même.

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Cours d’aménagement 45

Oui

Oui

Non

Quelques engins de terrassement pour le planage

1. Terrassement en plein fouille, grossier et à faible distance Bulldozer

2. Terrassement en plein fouille, mais avec transport de terre: Scraper et Moto scraper

Exécution : Commencer par scarifier les zones en déblais


- Scraper tiré par un tracteur à chenilles : vitesse : 8 à 10 Km/h, distances
économiques de transports : 30 à 250 m.
- Scraper tiré par un tracteur à pneus « « Tournapull » » : vitesse : jusqu’à 40
Km/h, distances économiques de transports : 300 à 1 800 m. Souplesse et
rendement plus élevé mais nécessite l’emploi d’un pousseur.
Un pousseur peut servir 2 à 3 tournapulls. Il diminue la durée du chargement de 50% et augmente
la capacité de 1/3.
Inconvénient : Nécessite de bonnes pistes et de terrains secs.

Conditions à observer pour son emploi : a)


charger le cube maximum ;
b) charger en un seul parcours ;
c) éviter d’utiliser le scraper dans les terrains montants et travailler en terrain descendant plutôt
que par bandes horizontales ;
d) commencer l’excavation à la partie supérieure et la conduire en descendant ;
e) réaliser des trajets les plus petits possibles, avec un minimum de virages (durée d’un virage
≤ 15 secondes) ;
f) régler très souvent la piste de roulage au grader pour augmenter la vitesse de transport et
diminuer les risques de casse ;
g) effectuer le vidage le plus rapidement possible (≤ 30 secondes) et en couches d’égale
épaisseur ;
h) effectuer le vidage sur des distances les plus courtes possibles.

3. Terrassement sans transport de terre et finition à 3 à 4 cm près


Niveleuse automotrice

4. Finition Surfaceuses Land planers ou le motorgrader

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Cours d’aménagement 46

Utilisation du motorgrader :

a) Opérer toujours avec la plus grande vitesse compatible avec le travail à effectuer et la
nature du terrain.

b) Eviter les virages.

c) Jusqu’à une distance de 300 m, il est préférable de revenir en marche arrière.

Le rendement admis pour une finition de planage est de 2 à 3 ha /jour en terrain sablo argileux.

CHAPITRE VIII– GESTION INTEGREE DES RESSOUCES EN EAU

8.1. Définition
La gestion intégrée des ressources en eau est un processus qui favorise le développement et la
gestion coordonnés de l’eau, des terres et des ressources connexes en vue de maximiser, de
manière équitable, le bien-être économique et social en résultant, sans pour autant
compromettre la pérennité d’écosystèmes vitaux.
(Partenariat mondial de l’eau/Comité Technique Consultatif)

8.2. Qu’est-ce que La GIRE?


Tout part de l’idée que les différentes utilisations des ressources en eau sont interdépendantes.
- Gestion intégrée: veut dire que toutes les différentes utilisations des ressources en eau
sont prises en compte ensemble. Les attributions et les décisions de gestion de l’eau
prennent en compte les effets de chaque utilisation sur les autres. Elles sont en mesure
de tenir compte des considérations économiques, écologiques, sociales, culturelles et
techniques, y compris la réalisation du développement durable.
- La gestion: d'une manière générale, la gestion est la procédure avec laquelle les
différents éléments de l’unité de gestion (ressource en eau) sont mis en œuvre de
manière à assurer son utilisation durable à long terme pour les générations futures. -
Gestion Intégrée des Ressources en Eau: C’est donc un processus systématique pour le
développement durable, l’attribution et le suivi de l’utilisation des ressources en eau
dans le contexte des objectifs socio-économiques, environnementaux, politiques et
juridiques.

8.3. Pourquoi La GIRE?


L’eau est vitale à la survie, à la santé et à la dignité humaine et elle est une ressource
fondamentale au développement humain, mais malheureusement il y a une crise de l’eau.
Les faits vérifiables :
- Seulement 0.4% de l’ensemble des eaux mondiales sont à la disposition des humains. Les
ressources en eau sont sous la pression croissante de la croissance démographique, de
l’activité économique et de la concurrence grandissante pour l’eau entre les différents
utilisateurs.
Les extractions d’eau ont augmenté à un rythme deux fois plus rapide que celui de la
croissance de la population.

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Cours d’aménagement 47

- Plus de 2 milliards de personnes sont affectées par des pénuries d’eau dans plus de 40
pays.
Un tiers de la population du monde vit dans des pays qui éprouvent un stress d’eau allant de
moyen à élevé.
- La pollution augmente d’avantage la pénurie de l’eau en réduisant l’utilité de l’eau en
aval : deux (2) millions de tonnes de déchets humains sont rejetés chaque jour dans les
cours d’eau. La moitié de la population du monde en développement est exposée à des
sources d’eau polluée qui augmentent l’incidence des maladies.
- Des imperfections dans la gestion de l’eau, une concentration sur la mise en valeur de
nouvelles sources plutôt que de mieux gérer celles qui existent, et des approches
sectorielles de gestion de l’eau du sommet à la base aboutissent en une mise en valeur et
une gestion non coordonnés de la ressource.
- Une plus grande mise en valeur signifie de plus grands impacts sur l’environnement.
- Les préoccupations actuelles relatives à la variabilité climatique et au changement
climatique exigent une gestion améliorée des ressources en eau pour faire face à des
inondations et à des sécheresses plus intenses.
90 % des catastrophes naturelles dans les années 90 étaient liées à l’eau.

Gérer en tenant compte des impacts des activités humaines

Activités...
Exemples

Agriculture
Prélèvement
Usage Restitution avec
Consommation
domestique polluants
d’eau
Industrie
Navigation
Directement liée Pêche
à l’eau Support Energie
hydraulique
Indirectement Urbanisme Rejets, Lessivage
liée à l’eau Aménagement Imperméabilisation
de l’espace

IMPACTS POTENTIELS DE LA GIRE

 Accès équitable à l’eau pour tous les


usagers  Gestion durable des ressources en
eau :

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Cours d’aménagement 48

Valorisation de l’eau et création de richesse


Prévention et gestion des conflits liés à l’eau
Pérennisation de la ressource eau pour les générations futures
 Renforcement des capacités locales :
 Amélioration du capital humain
GIRE Levier du
développement durable

Approche coordonnée des politiques

Politique
agricole
Politique de
l’eau Politique de
l’énergie

Politique de
Politique de la santé
Politique
l’éducation industrielle

8.4. Objectif de la Formation

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Cours d’aménagement 49

• L’objectif de la formation en « Gestion intégrée des Ressources en Eau » est de


former des acteurs qui auront la capacité dans le contexte du processus de décision
qui
caractérise la gestion de l’eau de conseiller les décideurs, de mener des médiations au
niveau du système de gestion et des usages, de concevoir des projets de gestion de
l’eau, de faire de la communication et de soutenir l’action citoyenne, en somme
d’administrer et de planifier les ressources en eau.
L’eau étant une ressource transversale et essentielle pour un développement durable, les
principes et valeurs de la GIRE seront enseignés afin de soutenir les projets de société. La
formation devra déboucher sur une vue globale des éléments de stratégie ainsi que les
valeurs en tant qu’élément fondamental de la GIRE. L’accent sera mis sur les mesures et
approches à promouvoir dans la perspective d’une exploitation durable des ressources et de
leur répartition équitable entre les différents usages

• La formation a donc pour objectif spécifique de doter l’étudiant :


Ŕ de techniques d’acquisition et d’évaluation des données sur les ressources en
eau ;
Ŕ de capacités d’analyse par l’initiation et la maîtrise d’outils modernes d’investigation
des ressources en eau ;
Ŕ d’une bonne connaissance sur les principes de planification des ressources en eau
en vigueur au niveau National et international.
• Les maîtres mots de la formation sont : la gestion des ressources en eau, le
développement durable, la planification des ressources en eau, les programmes et
projets de gestion de l’eau, les modèles hydrologiques, hydrogéologiques.

Carrières
Les possibilités offertes sont :
Ŕ Carrière d’ingénieurs ou de consultants hydrologues, Hydrogéologues, Chimistes
des eaux, Eco hydrologues,
Ŕ Gestionnaires quantitative ou qualitative des ressources en eau,
Ŕ Chercheurs en sciences fondamentales ou appliquées

8. 5. Plan d’action GIRE

Nécessité d’un nouveau mode de gestion des ressources en eau (GIRE) inspiré des principes
approuvés lors de la Conférence ministérielle de Dublin (1992) et confirmés par la suite :

- Conférence des Nations Unies sur le milieu environnemental et le développement, Río de


Janeiro, 1992,

- Conférence Ouest Africaine sur la GIRE, Ouagadougou, 3-5 mars 1998

- Second Forum Mondial de l’Eau, La Haye, 2000,

- Sommet Mondial sur le Développement Durable, Johannesbourg, 2002

- Troisième Forum Mondial de l’Eau, Kyoto, 2003,

- Quatrième Forum Mondial de l’Eau, Mexico, 2006,

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Cours d’aménagement 50

8.6. Questions clés dans la gestion de l'eau

Crise de gouvernance de l'eau


Les approches sectorielles à la gestion des ressources en eau ont prévalu par le passé et règnent
encore. Ceci aboutit à une gestion et à une mise en valeur non coordonnées et fragmentées de
la ressource. D'ailleurs, la gestion de l'eau se fait habituellement par les institutions du sommet
à la base, des institutions dont la légitimité et l'efficacité ont été de plus en plus remises en
question. Ainsi, une gouvernance insuffisante aggrave la concurrence accrue pour une
ressource finie. La GIRE apporte une coordination et une collaboration parmi les différents
secteurs, en plus d’une stimulation à la participation des parties prenantes, la transparence et
une gestion locale rentable.

Garantir l'eau pour les populations


Bien que la plupart des pays accordent la priorité à la satisfaction des besoins humains
fondamentaux en eau, un cinquième de la population du monde n’a pas accès à l'eau potable
saine et la moitié de la population n’a pas accès à un assainissement adéquat. Ces insuffisances
de service affectent principalement les segments les plus pauvres de la population de notre
pays. La réduction de moitié de la proportion de population qui ne dispose pas de services
d'eau et d’assainissement d'ici 2015 est un des Objectifs du Millénaire pour le Développement.
Garantir l'eau pour la production alimentaire
Les projections de population indiquent qu’au cours des 25 années à venir, il faudra de la
nourriture pour encore 2 ou 3 milliards de personnes. L'eau est de plus en plus perçue comme
une contrainte majeure pour la production alimentaire, équivalent sinon plus cruciale que la
pénurie de terre. L'agriculture irriguée est déjà responsable de plus de 70% de toutes les
extractions d'eau (plus de 90% de toute l'utilisation à la consommation de l'eau). Ce qui sous
entend, qu’au cours des 25 années à venir de sérieux conflits sont susceptibles d’arriver entre
l'eau pour l'agriculture irriguée et l'eau pour les autres utilisations des hommes et de
l'écosystème. La GIRE offre la perspective d’une plus grande efficacité de conservation de
l'eau et de gestion de la demande équitablement partagées entre les utilisateurs de l'eau, et une
plus grande réutilisation et un plus grand recyclage des eaux usées pour compléter la mise en
valeur de ressources nouvelles.

Protection des Écosystèmes indispensables


Les écosystèmes terrestres dans les zones en amont d'un bassin sont importants pour
l'infiltration des eaux pluviales, la recharge des eaux souterraines et des régimes de débit des
fleuves. Les écosystèmes aquatiques produisent une gamme d’avantages économiques, y
compris des produits tels que le bois de construction, le bois de chauffe et les plantes
médicinales, et ils fournissent également des habitats à la faune et des lieux de reproduction.
Les écosystèmes dépendent des écoulements de l'eau, du caractère saisonnier et des
fluctuations de la nappe phréatique et ils sont menacés par la mauvaise qualité de l'eau. La
gestion foncière et des ressources en eau doit assurer que les écosystèmes indispensables
seraient maintenus et que les effets nuisibles sur les autres ressources naturelles sont pris en
compte et si possible réduits en prenant les décisions de gestion et de mise en oeuvre. La
GIRE peut aussi aider à protéger une “réserve environnementale” d'eau proportionnée à la
valeur des écosystèmes par rapport au développement humain.

Disparités Genre
La gestion formelle de l'eau est à dominance masculine. Bien que leur nombre commencent à
grandir, la représentation des femmes dans les institutions du secteur de l'eau est toujours très
faible. Ceci est important parce que la manière dont les ressources en eau sont gérées affecte

Dr SOUMANO Lassine
Cours d’aménagement 51

les femmes et les hommes différemment. Comme gardiennes de la santé et de l'hygiène


familiales et comme fournisseuses de l'eau et de l’alimentation domestiques, les femmes sont
les parties prenantes primaires de l’eau et de l’assainissement du ménage. Cependant, les
décisions sur les technologies de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement, les
emplacements des points d’eau, l’exploitation et l’entretien des systèmes sont surtout assurés
par les hommes. L’Alliance du Genre et de l’Eau cite l'exemple d'une ONG bien intentionnée
qui a aidé les villageois à installer des latrines à chasse d’eau pour améliorer l’assainissement
et l’hygiène, sans avoir interrogé au préalable les femmes sur les deux litres supplémentaires
d'eau qu’elles devraient transporter depuis des sources éloignées pour chaque chasse. Un
élément crucial de la philosophie de la GIRE est que les utilisateurs de l'eau, riches et pauvres,
hommes et femmes, peuvent influencer les décisions qui affectent leurs vies quotidiennes.

8.7. Les Principes de la GIRE

L’eau douce est une ressource limitée et vulnérable, indispensable à la vie, au


développement et à l’environnement/constat irréfutable qui interpelle les Etats:
- pour une approche intégrée de la gestion de l’eau, - sur les effets des activités
anthropiques sur l’eau.
Le développement et la gestion de l’eau devraient être fondés sur une approche
participative impliquant usagers, planificateurs et décideurs à tous les niveaux/ Un
principe moral qui appelle :
- à une participation réelle des acteurs (différente d’une consultation) et par conséquent
des prises de décisions échelonnées (principe de subsidiarité) - au consensus.
Les femmes sont au cœur des processus d’approvisionnement, de gestion et de conservation
de l’eau/un principe moral qui invite à :
- une participation des femmes au processus de prise de décision en matière d’usage de
l’eau
Pour ses différents usages, souvent concurrents, l’eau a une dimension économique.
La mobilisation et la protection des ressources en eau ont un coût qui confère à l’eau une
valeur économique. C’est un cadre pour :
- gérer les usages multiples de l’eau en commun, sur la base de l’unité hydrographique,
- la participation effective des divers groupes d’intérêt dans la gestion,
- promouvoir un accès plus équitable aux ressources hydrauliques et aux bénéfices qui
en dérivent comme un moyen de lutter contre la pauvreté,
- s’assurer que l’eau préservée est utilisée avec efficacité pour un plus grand bénéfice
en faveur des populations et pour la durabilité environnementale.

8.8. Mise en oeuvre de la Gire


La mise en oeuvre de la GIRE se fait mieux dans un processus d’étape par étape, avec certains
changements intervenant immédiatement et d'autres prenant plusieurs années de planification
et de renforcement des capacités.
Cadre Politique et juridique
Les attitudes changent pendant que les responsables se rendent compte de la nécessité de gérer
les ressources efficacement. Le processus d’actualisation de la politique de l'eau est une étape
majeure, qui exige une consultation élargie et nécessite un engagement politique. Cadre
institutionnel
Afin de mettre la GIRE en oeuvre, des arrangements institutionnels sont nécessaires pour
permettre :

Dr SOUMANO Lassine
Cours d’aménagement 52

- Le fonctionnement d'un consortium de parties prenantes impliquées dans la prise de


décision, avec la représentation de toutes les sections de la société, et un bon équilibre
Genre;
- La gestion des ressources en eau basée sur les frontières hydrologiques;
- Aux structures organisationnelles aux niveaux de bassin et de sous bassin de
permettre la prise de décision au niveau approprié le plus bas;
- Au gouvernement de coordonner la gestion nationale des ressources en eau à travers
les secteurs d'utilisation de l'eau.

CONCLUSION GENERALE

Dans les grandes zones d’aménagements hydro-agricoles d’Afrique, qui ont été l’objet
d’importantes interventions extérieures et le sont encore, le désengagement de l’Etat et les
impératifs de la compétitivité internationale se traduisent aujourd’hui par des transitions
difficiles à conduire. Si les ajustements économiques, organisationnels et surtout
institutionnels nécessaires ne sont pas effectués dans un avenir proche, les risques de
marginalisation des agricultures familiales, à la suite de la dégradation des conditions de
production, du fonctionnement des services de l’eau et de la commercialisation des produits
agricoles augmenteront.
- Dans le cas de la SEMRY, l’Etat camerounais n’a jamais lancé de débat général entre
tous les acteurs concernés sur l’avenir d'aménagements dont la gestion demande
pourtant une grande discipline. Il s'en est suivi une dégradation progressive,
entraînant des baisses de rendement et des redevances de moins en moins bien
perçues.
- L’Office du Niger a été réformé par les autorités maliennes en 1994, au terme d’un
second plan de restructuration auquel les représentants des producteurs ont été
associés, ce qui a permis de revoir le mandat de gérance des terres, de recentrer l’ON
sur ses fonctions d’aménagement et de gestion de l’eau, et de lui en confier, à titre
temporaire, certaines autres, d’accompagnement, dont l’Etat a pris en charge les coûts
(entretien des réseaux primaires, maîtrise d’ouvrage des travaux de réhabilitation et
extension, conseil rural et recherche-développement).

- L’action de la SAED, pour sa part, a évolué au fil de lettres de mission successives du


gouvernement sénégalais, d’une part, vers une maîtrise d’ouvrage, déléguée par
l’Etat, de réalisation des aménagements, de gestion globale des réseaux primaires et
d’entretien des infrastructures et des aménagements, et, d’autre part, vers un appui
aux communes pour la gestion du foncier. Les producteurs sont organisés en
associations d’usagers de l’eau, qui collaborent avec la société d'aménagement pour
la gestion et l’entretien des infrastructures. Par ailleurs, des associations
professionnelles participent aux différents cadres interprofessionnels mis en place

Dr SOUMANO Lassine
Cours d’aménagement 53

(pour la production de riz, de tomates, d’oignons et le maraîchage). Des centres de


prestation de services appuient les acteurs de l’économie agricole de la vallée du
fleuve Sénégal (rive gauche sénégalaise exclusivement) en matière juridique,
comptable et de gestion.

- Dans le cas du lac Alaotra à Madagascar, après la disparition de la Somalac, la France


a continué à soutenir le développement de l’agriculture de deux périmètres adjacents,
le PC15 (situé au kilomètre 15) et la vallée Marianina, qui couvrent une surface totale
irriguée de 2 300 ha et bénéficient à 2 300 usagers. Ils sont maintenant gérés par une
fédération d’usagers de l’eau qui regroupe 16 associations et qui a bénéficié d’un
transfert de gérance de l’Etat. Le fonctionnement de cette fédération fait figure de
modèle à Madagascar en matière de gestion décentralisée de l’eau. La redevance
perçue en nature, qui atteint maintenant 65 kg de paddy à l’hectare, est la plus élevée
de Madagascar, ce qui permet d’ores et déjà de prendre en charge dans de bonnes
conditions l’entretien courant et la police des eaux. Des appuis financiers dégressifs
de l’AFD sont apportés à cette fédération pleinement responsabilisée mais encore
appuyée par une société d’ingénierie.
- Le cas d’un autre grand périmètre hydro-agricole, celui de Chokwe au Mozambique,
qui rencontre des difficultés similaires à celles abordées ci-dessus. Il s’agit en effet
d’un ensemble de 25 000 ha irrigables avec les eaux du fleuve Limpopo, retenues à
Maccaretane et, en période de débit hydraulique normal, en partie régulées grâce au
barrage de Massingir sur un de ses affluents, le Rio Eléphantes.

Au vu de ces diverses expériences, les évolutions institutionnelles des grands périmètres


hydro-agricoles d'Afrique francophone dépendent en effet, d’une part, de la capacité des Etats
subsahariens, avec l’appui des bailleurs de fonds, à proposer aux acteurs concernés une
politique clairement définie et à faire appliquer les règles qui en découlent et, d’autre part, de
la maturité et du poids des organisations de producteurs.
Les transitions engagées sont donc nécessairement longues car les politiques restent,
aujourd'hui encore, délicates à définir et surtout à appliquer. Les sociétés d’aménagement
demeurent réticentes à voir remises en cause leurs prérogatives antérieures ; les producteurs
mettent également du temps à s’organiser et à maîtriser les dossiers complexes que constituent
la mise en valeur des grands périmètres irrigués et la gestion de l’eau. L'une des nouvelles
orientations à suivre avec attention est l’éventuelle délégation à des intérêts privés, dans le
cadre de concessions, de la gestion Ŕ totale ou partielle Ŕ de l’eau, ce partenariat entre secteur
privé et secteur public devant prendre en compte l’avis de l’ensemble des usagers pour devenir
durable.
Les enjeux dans le cas de l’Office du Niger

Les 66 000 ha irrigués actuellement dans la zone dépendant de l’Office du Niger bénéficient d’une
dynamique importante depuis la libéralisation du choix de cultures et de la commercialisation des
productions, mais aussi avec l’innovation technique majeure qu’a constituée naguère
l’introduction du repiquage.

Dans le cadre du schéma directeur de développement des zones de l’ON, un certain nombre
d’enjeux importants sont en cours de discussion.

Le premier concerne les possibilités d’augmentation des surfaces irriguées, en liaison avec la
disponibilité en eau. Ce choix ne pourra se justifier que dans le cadre d’une meilleure gestion

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Cours d’aménagement 54

de l’eau et d’un bon entretien des canaux, en relation avec la façon dont sera aménagé à terme
l’ensemble du bassin du fleuve Niger.

Un second enjeu se rapporte aux modes de mise en valeur à privilégier et donc aux types
d’agriculture à promouvoir. Aujourd'hui, prime encore une agriculture paysanne, ne parvenant
pas, faute de terres aménagées, à faire face à la demande d’attribution de parcelles pour les
enfants des cultivateurs pratiquant l'irrigation, les femmes et les habitants des villages proches
des périmètres de l'Office. Mais il existe aussi, parallèlement, un grand périmètre sucrier et
une première concession accordée à un opérateur privé ; ce dernier a été obligé de mettre en
fermage ses terres après l’échec d’une mise en valeur reposant sur la motorisation. Enfin, une
activité dite « agro-industrielle », concernant des attributaires cultivant chacun une
cinquantaine d’hectares, est actuellement expérimentée.

Un troisième enjeu a trait à l’attribution et à la sécurisation du foncier. Une proposition est


actuellement à l’étude à ce sujet. Elle repose sur la création d’une société foncière pouvant
assurer une gestion transparente de l’attribution des terres à aménager et de la mise en fermage
des parcelles déjà mises en valeur.

L'un des problèmes les plus importants de l'ON reste le mode de financement des
réhabilitations des anciens périmètres, mais surtout des nouveaux. A l'avenir, les attributaires
Ŕ et même des investisseurs privés qui devraient alors recourir au système bancaire Ŕ
pourraient participer de façon accrue à ce financement.

On peut se demander également si le principal enjeu pour demain ne sera pas la place effective
de l’agriculture paysanne familiale à l’Office du Niger, sachant que les producteurs devront
rapidement renforcer leur compétitivité et leur poids économique et améliorer leur
niveau actuel de structuration s’ils veulent peser dans les choix qui les concernent.

Des réformes à intégrer dans le cadre de politiques de l’eau

La gestion de l’eau par bassin fluvial reste parallèlement un problème politique parmi les plus
délicats. L’eau agricole constitue en effet un des principaux enjeux du développement durable et
de l’aménagement du territoire.

Bibliographie
1. B.B. Choumakov et autres. Aménagement et Economie de l’eau. 6. Irrigation. Mémento.
Ŕ Moscou. : Editions Agro-industrie, 1990. - 415 p.

2. Dementièv. V. G. Irrigation. Ŕ Moscou. : Koloce, 1979. Ŕ 303 p

3. Geert Diemer et Elleir Ch. W. Van der LA AN. L’irrigation au sahel. - Paris : Editions
Kart hala, 1987. Ŕ 232 p

4. Jean Verdier, Jean Louis Milo. Maintenance des périmètres irrigués. Ŕ Paris :

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Cours d’aménagement 55

Collections du Ministère de la coopération et du développement. DOCFRAN, 1992.


Ŕ326 p.

5. J. M. Eunel, G. Laucoin. Politiques d’aménagement hydro agricole. Ŕ Paris : Agence de


coopération culturelle et technique et le conseil international de la langue française,
1980. Ŕ 212 p

6. A. H. Kostiakov. Fondements de l’aménagement hydro agricole. Ŕ Moscou : 6ème


Edition rurale élaborée et complétée, 1960. Ŕ 624 p

7. Krouzine .I. P. et Bosco I. A. Aménagement et l’utilisation des terres irriguées dans les
zones désertiques. Ŕ Moscou : Editions Agro-industrie, 1988. - 240 p

8. Semionov V.P. Cours d’aménagement hydro agricole. Ŕ Institut Polytechnique de


Leningrad. Groupe 514, 1988.- 45 p

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