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Franck RIESTER

Député-maire de Coulommiers,
Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias

Emmanuel HAMELIN
Conseiller municipal de Lyon,
Fondateur et Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias

« Le développement des services de vidéo à la demande


et leur impact sur la création »

Mardi 8 mars 2011


Emmanuel HAMELIN, Conseiller
municipal de Lyon, Fondateur et Coprésident du
Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et
des médias
Bonjour à tous et merci pour votre
présence. Beaucoup d’entre vous ont été
auditionnés dans le cadre du rapport de Sylvie
HUBAC sur l’impact du développement des
services de vidéo à la demande (VÀD). Nous
aurons l’occasion d’entendre vos différents points de vue.
Avant de céder la parole à Franck RIESTER, je souhaiterais faire le point sur les prochains
rendez-vous du Club, qui auront lieu le 22 mars et le 12 avril. Le rendez-vous du 22 mars aura lieu
pour la première fois au Sénat. Louis de BROISSIA sera notre invité.
Nous sommes passés aujourd’hui à la télévision tout numérique. Il y a quelques mois, tout a
commencé à Coulommiers, commune dont Franck RIESTER est le maire. Ce dernier a ouvert le
chemin. Le passage à la TNT s’est très bien passé à Coulommiers. A priori, il en va de même à Paris et
en Ile-de-France. Je cède la parole à Franck RIESTER, en vous remerciant à nouveau d’être présents
en si grand nombre aujourd’hui.

Franck RIESTER, Député-maire de


Coulommiers, Coprésident du Club parlementaire sur
l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Bonjour à tous. Je remercie Eric GARANDEAU
pour sa présence au Club. Hier soir, nous étions avec bon
nombre de parlementaires ici présents à la Tour Eiffel, pour
le basculement de l’Ile-de-France à la TNT. Il s’agit d’un
moment historique.
Le basculement des autres régions a été un succès.
Le basculement a commencé à Coulommiers. Hier soir, il était donc très agréable de partager le
basculement de la région Ile-de-France avec les personnes qui avaient contribué au premier
basculement à Coulommiers. A minuit, les signaux numériques et analogiques ont été coupés pendant
six heures. Tout a dû se rallumer normalement ce matin, puisque je n’ai pas reçu de message indiquant
un problème !
Rappelons que le 12 avril, le Club recevra Michel BARNIER, Commissaire européen en
charge de la propriété intellectuelle. Le Président de la République a annoncé que la question de la
propriété intellectuelle serait l’un des sujets en marge du G8 et du G20. Il est donc fondamental
d’entendre Michel BARNIER sur cette question.
Aujourd’hui, nous parlerons de VÀD, de Services de Médias Audiovisuels à la Demande
(SMAD) et du financement de la création. Madame HUBAC est excusée. Je salue la présence des
parlementaires : Catherine MORIN-DESAILLY, Sénatrice de Seine-Maritime, ainsi que Jean
PROLIOL, Lionel TARDY et Muriel MARLAND-MILITELLO.
Patrice MARTIN-LALANDE est excusé. Dans le cadre d’un groupe d’étude de l’Assemblée
nationale, il reçoit aujourd’hui Jean-Michel HUBERT pour parler de la propriété intellectuelle, du G8
et du G20. Je salue Emmanuel GABLA, du CSA, ainsi que François HURARD, du Ministère de la
Culture. Hier soir, Frédéric MITTERAND et Eric BESSON étaient parmi nous pour le passage à la
TNT en Ile-de-France. Sans plus tarder, je cède la parole à Eric GARANDEAU afin qu’il nous
présente le rapport HUBAC.

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
Eric GARANDEAU, Président du Centre national de la cinématographie
(CNC)
Bonjour à tous. Je suis très heureux d’être parmi vous pour présenter un
rapport commandé par mon prédécesseur, Véronique CAYLA, en juin 2010. Ce
rapport s’inscrit à la suite des lois HADOPI et dans le contexte de la mise en
application de l’accord sur la chronologie des médias de juillet 2009.
De plus, le rapport intervient dans le contexte d’une nouvelle
réglementation applicable aux services de médias audiovisuels à la demande (SMAD). Cette
réglementation a pour objectif de faire de ces acteurs de plus en plus importants des financeurs de la
création qu’ils utilisent et diffusent.
Les conclusions de la mission ont été remises en décembre 2010. Elles ont été rendues
publiques en janvier 2011. Actuellement, nous travaillons sur les propositions et sur la façon de les
mettre en œuvre. Dans un premier temps, je rappellerai l’éventail des propositions qui ont été faites.
Elles abordent des thèmes aussi divers que la régulation professionnelle ou le soutien public, pour
lequel le CNC doit jouer son rôle. J’indiquerai ensuite quelles sont les grandes orientations que nous
avons retenues de ce rapport.
Guillaume BLANCHOT, Directeur du multimédia et des industries techniques, a suivi de très
près cette mission. Il va vous rappeler quelles en sont les principales préconisations.

Guillaume BLANCHOT, Centre national de la cinématographie (CNC)


Bonjour à tous. Dans le rapport HUBAC, les préconisations ont été rangées
en quatre catégories.
La première catégorie regroupe les propositions visant à rendre l’offre plus
attractive. Elle vise notamment une évolution de la chronologie des médias, compte
tenu du nouveau contexte créé par la publication du décret relatif aux obligations
des SMAD.
La seconde catégorie de propositions porte sur l’évolution des systèmes de soutien financier
du CNC au secteur. Mme Hubac préconise une amélioration du soutien sélectif qui existe depuis trois
ans. Elle conseille également la mise en place d’un soutien automatique qui viendrait compléter le
soutien sélectif existant.
La troisième catégorie vise à faciliter l’accessibilité et la lisibilité de l’offre, notamment par
l’inscription dans la loi d’un principe d’accès non discriminatoire des services de VàD aux réseaux des
fournisseurs d’accès internet, dans des conditions précises. Les différends seraient soumis à l’arbitrage
du CSA.
Enfin, la dernière catégorie regroupe les questions de rémunération et de partage de la valeur.
La proposition centrale porte sur la renégociation de l’accord de 1999 relatif à la rémunération des
auteurs pour l’exploitation de leurs œuvres cinématographiques et audiovisuelles en VÀD. Par
ailleurs, deux autres propositions visent à mieux répartir la valeur entre les différents acteurs de la
chaîne concernés par la diffusion des œuvres en VÀD.
Les propositions sont concrètes et concernent plusieurs domaines. Elles s’inscrivent dans la
lignée de l’ensemble des initiatives qui ont été prises depuis deux ou trois ans : le rapport « création et
internet », l’évolution de la chronologie des médias ou encore le décret sur les obligations des SMAD.

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
Eric GARANDEAU, Président du
Centre national de la cinématographie (CNC)
Notre approche est forcément
différenciée selon la nature des sujets évoqués.
Certaines propositions portent sur les aides et
sont donc au cœur des missions du CNC.
Le CNC tente d’être en permanence à la
pointe de l’innovation. Indépendamment de ce
rapport, nous encourageons ainsi l’innovation dans l’écriture et à la production de nouveaux types
d’œuvres pour les nouveaux médias ou « transmedia ». Cette aide vient d’être validée par la
Commission européenne, ce qui va nous permettre de sortir du régime dit de minimis. La Commission
a reconnu que certaines œuvres destinées à un support autre que les supports traditionnels tels que la
salle de cinéma ou du diffuseur télévisuel ont un caractère d’œuvres culturelles. Plus de 6 millions
d’euros ont d’ores et déjà été investis dans plus de 180 projets. Désormais, nous allons pouvoir passer
à des aides plus substantielles.
Nous avons également travaillé à la rédaction d’un décret qui est en voie de signature et de
publication. Ce « Webcosip » permettra aux producteurs audiovisuels d’utiliser leur compte de soutien
automatique pour mettre en développement et en production des œuvres destinées non seulement aux
supports audiovisuels traditionnels mais aussi aux supports internet.
Nous continuerons dans cette approche. Concernant les SMAD, nous utilisons une méthode
d’intervention classique. Nous développons une aide sélective, sur des critères culturels, et travaillons,
dans la lignée du rapport Hubac, à la conception d’une aide automatique.
Actuellement, nous commençons à discuter avec la Commission européenne pour obtenir une
autorisation au titre de ces deux mécanismes complémentaires. Ces discussions seront probablement
difficiles. Nous vous tiendrons informés de leur avancement de ces discussions.
Les autres points sont davantage des sujets de régulation.
Les sujets relatifs à la chronologie des médias sont complexes. L’objectif est double.
D’une part, il faut encourager l’attractivité de l’offre pour les consommateurs. L’offre doit être
la plus abondante possible. Nous pourrons rentrer plus en avant dans le détail de ce que nous comptons
proposer en termes de numérisation des œuvres. L’offre doit aussi être mise à disposition rapidement.
et sur tous les supports.
D’autre part et surtout, il est essentiel de conserver une chronologie suffisamment efficace
pour permettre le financement et le pré-financement des œuvres. La rapidité de mise à disposition
d’une œuvre doit être conditionnée à l’effort d’investissement de celui qui participe à son financement.
Désormais, nous avons suffisamment de recul pour constater que l’accord signé durant l’été
2009 est satisfaisant. Il a permis de juguler la chute du marché du DVD. Il a favorisé l’essor du
marché de la VÀD, notamment de la VÀD à l’acte. L’accord n’a pas nui à la fréquentation des salles
de cinéma. Bien entendu, la fréquentation élevée des salles de cinéma est due à la qualité de l’offre, à
l’équipement des salles et à l’arrivée du numérique et de la 3D.
Les préconisations du rapport HUBAC sont précises et visent à poursuivre le travail
d’aménagement de la chronologie. Le CNC va continuer à jouer son rôle de médiateur, afin que les
différents points de vue se rapprochent et que nous parvenions ensemble au meilleur équilibre
possible.
L’accord existant arrive à échéance à l’été 2011. Il peut y avoir un accord tacite pour sa
reconduction. Il peut aussi être amendé en tenant compte des préconisations du rapport HUBAC et
d’autres propositions qui pourraient être faites. Je suis au CNC depuis peu de temps et vos points de
vue sur les préconisations du rapport m’intéressent.

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
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Pour améliorer l’attractivité de l’offre et son appropriation par le consommateur, le rapport
HUBAC préconise « d’imposer aux fournisseurs d’accès un accès non discriminatoire, dans des
conditions objectives et transparentes, à tous les éditeurs de services présentant un nombre minimal
d’œuvres et souhaitant être diffusés via l’IPTV qui présentent l’une des caractéristiques suivantes : un
choix éditorial fort, une mise en valeur particulière des œuvres françaises et européennes, une offre
très riche ou au moins partiellement originale ».
Chaque terme de la proposition compte. Il ne s’agit pas d’un must carry obligatoire et absolu.
Si tel était le cas, je pense qu’il y aurait aussitôt des remarques négatives de la part des fournisseurs
d’accès. Pour autant, il ne s’agit pas de maintenir le laisser-faire actuel. Chaque fournisseur d’accès a
une offre de VÀD. Cependant, si nous la comparons avec ce qui existe sur l’univers internet, il semble
évident que nous pouvons mieux faire.
Les analyses techniques dont nous avons connaissance
montrent qu’il n’y a pas de restrictions techniques à ce qu’il y
ait plus de sites et de plates-formes accessibles via l’IPTV, qui
représente plus de 90% du chiffre d’affaires et des
consommations. Dans le même temps, le rapport rappelle que
les revenus de la VÀD restent très faibles par rapport à
l’ensemble du marché audiovisuel. Une marge de progression
est donc possible.
Cette proposition nous semble raisonnable et nous souhaitons qu’elle puisse prospérer. Il faut
faire en sorte que des offres présentant une richesse de contenu et une éditorialisation plus forte
puissent être privilégiées. Une éditorialisation plus forte se traduit notamment par le développement
des outils de recherche et de prescription.
Enfin, il faut aborder la question sensible de la rémunération des ayants droit. La proposition
du rapport Hubac préconisant une gestion collective de cette rémunération sous certaines conditions
nous semble équilibrée
A défaut d’accord entre professionnels, il faut craindre qu’une directive communautaire ne
vienne simplifier cette gestion. Or, la France a un niveau de protection des droits d’auteur très élevé.
La simplification se ferait donc probablement par le bas. Sur ces nouveaux réseaux, nous avons donc
intérêt à avoir un mode de gestion des droits qui soit le plus simple et efficace possible. C’est pourquoi
la gestion collective préconisée par le rapport HUBAC nous semble être la meilleure solution.
Par ailleurs, introduire une rémunération minimale garantie des ayants droit pourrait être
pertinent. Nous n’avons pas de bradage de prix sur la VÀD. Cependant, nous ne sommes pas à l’abri
de ce genre de pratiques. Elles ont déjà eu cours dans d’autres modes de distribution ou avec d’autres
produits. C’est notamment le cas de la musique.

Franck RIESTER, Député-maire de


Coulommiers, Coprésident du Club parlementaire sur
l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Merci à Guillaume BLANCHOT et Eric
GARANDEAU pour leurs interventions. Je vais céder
la parole à Emmanuel GABLA afin qu’il nous fasse part du point de vue du CSA. En effet, la première
proposition du rapport consiste à confier au CSA une mission de surveillance de la VÀD pour prévenir
l’apparition d’une double exclusivité. La double exclusivité serait un risque majeur pour l’attractivité
de l’offre.

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Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
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Emmanuel GABLA, Conseil supérieur de l’audiovisuel
(CSA)
Tout d’abord, il s’agit d’un excellent rapport, puisque la
première préconisation vise à étendre les pouvoirs du CSA ! Nous
ne pouvons que nous féliciter d’une telle ouverture. Elle est en
phase avec d’autres rapports, comme celui de madame
HAGELSTEEN. En outre, ce rapport reconnaît l’importance que
peut avoir la VÀD dans l’évolution des services audiovisuels.
Nous sommes entièrement d’accord avec la première préconisation, ainsi qu’avec d’autres
préconisations du rapport HUBAC. Celui-ci arrive au bon moment. Les nouveaux marchés se
développent peu à peu. Nous avons conscience que la VÀD va « grignoter » certains revenus des
services audiovisuels traditionnels. Il est nécessaire de faire en sorte qu’une offre attractive se
développe rapidement.
C’est pourquoi nous sommes en phase avec les propositions visant à favoriser l’accès à ces
offres. Nous rejoignons les propositions qui visent à ce que les exclusivités ne se développent pas trop
sur ce type de catalogue.
Eric GARANDEAU a mis en exergue la proposition visant a assurer l’accès aux plates-formes
des fournisseurs d’accès internet (FAI) et aux catalogues de VÀD. Nous savons tous qu’un accès à
tous les catalogues n’aurait pas de sens. Il faut trouver un bon curseur.
Un pouvoir de règlement de différents serait confié au CSA. Ce pouvoir doit pouvoir marcher
dans les deux sens. Il y a un droit ouvert aux éditeurs de VÀD pour pouvoir être pris sur des plates-
formes. Il faudrait également réfléchir à la possibilité d’une réciprocité dans le cas où un FAI
souhaiterait distribuer un catalogue particulièrement attractif.
Je ne parlerai pas aujourd’hui de l’évolution de la chronologie des médias. Je ne suis pas en
charge de la production au sein du Conseil. C’est Francine MARIANI-DUCRAY qui suit ces
questions.

Marc TEISSIER, NETGEM


Je prends la parole car plusieurs membres du syndicat
d’éditeurs de VÀD sont présents aujourd’hui et me
surveillent ! Je suis tenu de saluer le rapport de Sylvie
HUBAC car il s’agit de la première analyse exhaustive de
notre secteur. Sur plusieurs sujets, il y a des discussions au
sein du syndicat et il y en aura avec les partenaires extérieurs.
Comme le souligne le rapport, la situation est plus
critique qu’on ne le croit. Les raisons ne tiennent pas à l’intervention de l’Etat mais à la façon dont
s’organise le marché de la VÀD payante.
Tout d’abord, les marges sont faibles. Les taux de rémunération des ayants droit sont plus
élevés que dans d’autres modes d’exploitation des œuvres. Par exemple, pour les films récents, nous
atteignons des taux de 70%. Il reste une marge de 30%. A l’heure où se multiplient les supports sur
lesquels nos offres peuvent être reprises, les investissements technologiques sont de plus en plus
importants. Par conséquent, la plupart d’entre nous sont en situation d’équilibre ou en perte. Telle est
la situation depuis de nombreuses années.
Nous devons insister sur ce point au moment où l’on nous annonce l’arrivée d’opérateurs de
dimension internationale souhaitant entrer sur le marché européen. Ils n’y entreront peut-être pas par
la France. Il est probable qu’ils contournent d’abord « le village gaulois », comme cela a été fait pour
d’autres marchés du cinéma.

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Après APPLE, NETFLIX se profile dans le domaine de la SVÀD (Subscription Video On
Demand). Le fait que les opérateurs français soient relativement faibles doit être une source de
préoccupations pour nous tous.
Toutes les propositions sur le soutien du CNC et les modalités d’accès sont les bienvenues.
Elles correspondent à une demande que nous avions formulée. De ce point de vue, le rapport de Sylvie
HUBAC est une véritable contribution positive.
Nous ne devons pas oublier le problème de la TVA. Il est peu cité dans le rapport car les
pouvoirs publics n’aiment pas beaucoup l’aborder. Le taux de TVA fait baisser le prix de référence de
la VÀD sur le marché. Sachant que la marge est déjà faible, si un concurrent baisse ses prix, les
conditions de la concurrence sont catastrophiques.
Nous ne pouvons pas faire l’impasse sur ce problème. Nous pourrons peut-être attendre 2015.
Cependant, je pense que les opérateurs français ne pourront pas résister si cette question n’est pas
réglée.
Il est très difficile pour les éditeurs d’avoir une politique marketing et commerciale forte. Cela
est dû au morcellement du marché, au fait que nous n’ayons pas accès à une partie de ce marché, ainsi
qu’aux développements qu’impose la technologie. Lorsque nous le faisons, nous nous adressons à une
partie des clients potentiels qui ne peuvent pas nous recevoir. La déperdition est considérable.
Contrairement à ce qui est souvent dit, je crois que le marché de la VÀD prend du retard en
France. Il semble se développer très vite à partir de bases faibles. Il reste encore très faible en valeur
absolue.
Le problème de l’accès au réseau est très important. Nous sommes prêts à le traiter avec
souplesse en tenant compte des caractéristiques et des intérêts de toutes les parties. Néanmoins, nous
ne croyons pas que les éditeurs français résistent si nous ne traitons pas le problème de la TVA, celui
de l’accès au marché et celui des marges de rémunérations consenties, qui vont aujourd’hui à
l’encontre d’un développement du secteur. Ce dernier point doit être discuté entre professionnels du
secteur.

Eric GARANDEAU, Président du Centre national de la cinématographie


(CNC)
La TVA est une préoccupation constante et ancienne du CNC et des
pouvoirs publics. Le Président de la République s’est d’ailleurs exprimé sur ce
sujet à plusieurs reprises depuis le début de son mandat.
Certaines anomalies sont montrées du doigt. Ainsi, le Parlement s’est
emparé du sujet de la différence de TVA entre le livre physique et le livre
numérique. Le Parlement, avec le soutien du gouvernement, entend faire voter une
proposition de loi pour baisser la TVA sur le livre numérique. Certains commissaires européens
avaient publiquement reconnu l’absurdité de la situation lors de déplacements en France.
Concernant la vidéo, la difficulté est différente mais tout aussi vive. La France plaide
inlassablement pour que les directives communautaires puissent autoriser les pays qui le souhaitent à
adopter un taux réduit de TVA sur l’ensemble des biens culturels, dont la vidéo. Le cinéma et les
services de télévision sont déjà à taux réduit. Ce principe a été maintenu malgré les ajustements
effectués.
Nous réalisons que la question de la TVA est fortement liée au pays. Si nous attendons 2015,
il sera trop tard. Les services risquent d’être relocalisés au Luxembourg. Le terme de 2015 est
extrêmement éloigné.
Nous pensons qu’il serait utile de rapprocher le terme de 2015. Pour cela, il faudrait une
décision unanime de tous les Etats membres. Il serait alors plus simple, pour les pays qui le souhaitent,

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d’avoir un taux de TVA réduit sur les biens culturels, sans qu’il y ait de problèmes de distorsion de
concurrence.
Etant donné qu’il s’agit là d’un sujet urgent, le gouvernement ne s’est pas contenté de
commander un rapport. Il a missionné Jacques TOUBON pour aller plaider cette cause de la baisse de
la TVA auprès des ministres de la Culture et des Finances, des parlementaires européens et des
commissaires. Nous sommes conscients qu’il s’agit d’un enjeu culturel et économique. Nous espérons
que ce qui est une évidence pour nous sera partagé par le Parlement européen, la Commission
européenne et le Conseil.
Nous sommes également très conscients de la difficulté des plates-formes françaises à rivaliser
avec les plates-formes internationales. Le temps joue contre nous. Nous avons plus de cinquante
plates-formes de VÀD en France. C’est une richesse incroyable. Cependant, il serait formidable
d’avoir des acteurs français qui puissent rivaliser avec des outils aussi puissants que APPLE TV ou
GOOGLE TV.
Notre marche de manœuvre est limitée. L’union fait la force : il serait bon que quelques
plates-formes de référence émergent. Celles-ci devraient être puissantes et ambitieuses culturellement.
Elles auraient des moteurs de référencement et des outils de prescription qui puissent naviguer dans
toute la profondeur de l’offre et des catalogues. L’union est plus qu’utile, elle est indispensable.
Je n’irai pas jusqu’à dire que la répartition des rémunérations est un obstacle à la constitution
de telles plates-formes. Cette répartition équivaut aux règles existant dans la distribution et ne me
semble pas choquante. Il y a certainement d’autres moyens pour que ces plates-formes puissent
regrouper leurs forces.
Le CNC a un levier d’action sur la constitution de catalogues de films suffisamment riches et
abondants. Nous avons beaucoup contribué à la numérisation de catalogues et celle d’environ trois
mille longs métrages. Désormais, plus de sept mille longs métrages sont disponibles. Cependant, de
larges pans de la culture française et européenne ne sont pas numérisés. Parmi les films français, il
reste tout un patrimoine à numériser.
Frédéric MITERRAND est très mobilisé sur cet enjeu. Il y a quelques jours, nous étions au
FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou). Nous y évoquions
tous les films sur le monde et sur l’Afrique que nous possédions dans nos collections.
Nous mobilisons les ressources du Grand Emprunt. Ses règles sont contraignantes.
Néanmoins, nous discutons avec les équipes du Grand Emprunt et les détenteurs de droits. Ces
derniers ont accepté de se regrouper, y compris STUDIO CANAL, pour aller présenter un dossier
conjoint au Grand Emprunt. Le CNC prendra en charge tout ce qui n’a pas de perspectives de
rentabilité. C’est le cas des films muets et du noir et blanc.
Nous procédons actuellement à un inventaire national des droits et de la situation matérielle de
ces films. Si nos ressources sont suffisantes, nous jouerons pleinement notre rôle en matière de
numérisation des films pour qu’ils soient mis à disposition des plates-formes. De cette façon, si des
technologies nous permettent de naviguer de façon efficace, nous pourrons peut-être compenser une
puissance économique et marketing que nous n’avons pas, contrairement aux opérateurs
internationaux cités par Marc TEISSIER.
Franck RIESTER, Député-maire de Coulommiers,
Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir de
l’audiovisuel et des médias
Merci Eric GARANDEAU. Nous parlions tout à
l’heure de plateforme. A ce propos, les représentants de
MYSKREEN présents parmi nous pourront s’exprimer, s’ils le
souhaitent ; pour nous présenter leur vision. Pour l’heure, la
parole est à Frédéric GOLDSMITH.

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Frédéric GOLDSMITH, Association des producteurs de cinéma (APC)
Merci de nous inviter pour parler de ce rapport qui nous a énormément
intéressés. Nous partageons tout à fait la réflexion de Marc TEISSIER. Il est vrai
que c’est la première fois qu’un rapport donne une vision assez globale et essaie de
regarder plus précisément, et de façon approfondie, les modalités et moyens de
faire en sorte que ce marché de la vidéo à la demande se développe.
Aussi, nous sommes très satisfaits que ce rapport établisse une série
d’analyses très solides, aussi bien économiques que juridiques. Je pense qu’il faut le saluer. C’est un
vrai travail de fond effectué par Sylvie HUBAC de façon extrêmement rigoureuse. Il faut considérer
ce rapport comme un socle à partir duquel plusieurs propositions méritent d’être débattues. Il faut
essayer de s’appuyer réellement sur ce travail, car Sylvie HUBAC a eu l’intelligence de bien
distinguer les propositions.
A ce sujet, nous sommes très heureux, comme Emmanuel HAMELIN, que le CSA puisse
accroître son rôle et sa présence dans le domaine de la régulation et des contenus sur internet. En
l’occurrence, il y a un besoin d’intervention, même si ce n’est pas toujours réglementaire, de
médiation et de facilitation de plusieurs relations. En effet, les relations entre les fournisseurs d’accès
et les éditeurs de plateformes VÀD ont également un impact financier en amont, en termes de partage
des recettes, ainsi qu’un impact en termes d’accès d’exposition des œuvres.
Nous sommes également désireux que les nuances figurant dans le rapport de Sylvie HUBAC
sur les conditions dans lesquelles cet accès non discriminatoire n’intervient qu’à un haut niveau de
qualité, une complémentarité avec une offre des FAI et donc une absence de déstabilisation des
investissements par les distributeurs vis-à-vis des clients, soient également présentes.
Il faut une réflexion des deux côtés, à la fois sur l’exposition des œuvres et l’accès aux
plateformes et à la fois faire en sorte que nous continuions à inciter à l’investissement dans la
distribution des œuvres sur les réseaux. Cela va être un élément très important avec l’arrivée de
plateformes étrangères que d’avoir des opérateurs économiques fortement impliqués dans la VÀD et
très concernés par le marché français.
Sur la TVA, il me semble que 2015 est très loin et trop loin. Nous partageons tout à fait ce
point de vue. Essayer de faire s’avancer les échéances communautaires est une mission extrêmement
difficile pour obtenir l’unanimité de tous les Etats membres. Nous avons vu à quel point nous n’y
arrivons pas. Il suffit pour que tout bloque que les pays nordiques qui ont de la TVA sociale, si je ne
m’abuse, refusent tout simplement de la baisser, car cela mettrait en danger leur système de sécurité
sociale et de retraites.
Aussi, nous serions fortement partisans d’examiner en quoi la doctrine appliquée par le
Luxembourg, qui n’a jamais été condamnée par la Commission européenne, ne pourrait pas être d’ores
et déjà mise en œuvre par la France.
Aujourd’hui, le Luxembourg pratique un taux de TVA intermédiaire tellement bas qu’il est
pratiquement de l’ordre de 8%. Il considère que deux tiers d’une opération de téléchargement portent
sur du droit d’auteur avec une TVA à taux réduit et un tiers sur de la présentation de services avec un
taux de 19,6%. La combinaison des deux aboutit à un taux très bas. Cette doctrine n’a jamais été
condamnée par quiconque et personne ne s’en est plaint.
A un moment donné, si nous restons face à la pratique du Luxembourg mise en œuvre
unilatéralement sans aucune condamnation, alors que la France a la possibilité de répondre en
appliquant la même doctrine, pourquoi ne le faisons-nous pas d’ores et déjà ?
Encore une fois, si nous attendons 2015, il sera très tard parce que les opérations situées au
Luxembourg prendront de l’importance. Je ne leur en veux pas, mais il existe quand même une
distorsion.

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Ainsi, pour rétablir la concurrence d’ici 2015, nous aurons intérêt à appliquer dès maintenant
cette doctrine. Il faut vraiment que Bercy et la rue de Valois se penchent très sérieusement sur ce
problème pour avoir des solutions assez rapides.
Enfin, sur les différentes propositions d’avancement de chronologie des médias, sur le gel des
droits, etc., une négociation propre à la réforme de cet accord est intervenue à l’été 2009. Cet accord a
fait l’objet de négociations extrêmement complexes avec des dizaines d’acteurs présents autour de la
table. Si nous voulons en modifier les termes, il faudra alors démarrer des négociations avec les
chaînes de télévision, les éditeurs VÀD et les ayants droit pour essayer de trouver de nouveaux
curseurs.
Nous avons été très partisans de l’avancée du délai de la vidéo à la demande à quatre mois.
Nous avons été actifs sur ce sujet. Nous sommes très désireux de son développement. Il importe
également que l’avancée de la VÀD sur abonnement se fasse dans le respect du modèle français de
préfinancement du cinéma. Si nous avons simplement la mise en œuvre de NETFLIX avec dix dollars
et téléchargement illimité des œuvres, en même temps que des contributeurs amènent des centaines de
millions d’euros au cinéma, je pense que nous aurons un problème.
Tout cela doit se passer de manière respectueuse du modèle français de préfinancement du
cinéma d’accès avec un certain niveau de rémunération pour le public. Nous démarrons par une salle
avec un certain niveau et ensuite nous décroissons dans le prix d’accès au public, cela nous paraît
essentiel. Par conséquent, nous sommes prêts à entrer en négociation, mais il faut que cette dernière
intervienne dans le cadre de l’accord et d’une réforme de son avenant avec l’ensemble des parties
autour de la table.
Il nous paraît tout à fait essentiel que la
rémunération soit minimale parce que cela peut venir
très vite. Aujourd’hui, nous avons encore la
possibilité de le faire. Demain, une fois que les prix
seront bradés, cela sera trop tard. Nous ne revenons
jamais en arrière une fois que les prix sont cassés et
cela reste extrêmement compliqué. Aussi, nous
pouvons encore le faire aujourd’hui, de façon
raisonnable et encore une fois dans le cadre de
discussions interprofessionnelles utiles avec l’appui des pouvoirs publics. Il faut le faire dès à présent.
Je pense qu’il n’est pas trop tard.
Enfin, je voudrais terminer sur la rémunération des ayants droit et dire à Eric GARANDEAU
qu’un principe existe en France sous la forme de la gestion individuelle. Aujourd’hui, c’est cela qui est
en vigueur sur la vidéo à la demande et cela fonctionne. Le marché de la vidéo à la demande se traduit
par des centaines et des milliers de contrats conclus entre des producteurs, des distributeurs et des
plateformes, avec un partage de recettes qui nous amène à des marges raisonnables par rapport à
d’autres secteurs.
Cependant, nous ne sommes pas fermés à la suggestion de Sylvie HUBAC qui consiste à
réfléchir sur des modalités d’accord concernant la rémunération des auteurs. Je rappelle que c’est une
proposition de rémunération minimale pour ces derniers. Par ailleurs, la gestion des droits se fait sous
forme de gestion individuelle et la vidéo à la demande reste le secteur le mieux adapté à cette gestion.
C’est le secteur où l’interactivité et la transparence devraient être maximales.
Néanmoins, il y a un problème de transparence (et cela est dit dans le rapport de Sylvie
HUBAC) dans les relations entre les producteurs et les sociétés d’auteurs. Il n’existe pas de
transparence dans la mesure où les sociétés d’auteurs interviennent directement auprès de plateformes
qui commercialisent ou mettent à disposition la VÀD sans que les producteurs ne soient au courant
alors qu’ils sont cessionnaires des droits.
Aussi, nous sommes prêts à entrer dans un accord s’il y a une transparence. Dans le cadre des
accords conclus récemment en décembre, cela nous a été demandé et la réciproque serait un minimum

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
avec une intervention directe auprès des plateformes via un accord avec les producteurs. C’était le cas
en 1999 et cela devrait l’être pour l’ensemble des modalités d’exploitation de vidéo à la demande.
Le système français consiste en la chronologie des médias, la régulation du visuel et la
titularité des droits à capacité du producteur à mobiliser les droits d’auteurs pour obtenir du
préfinancement. Sinon, il n’y a plus d’œuvre.

Emmanuel HAMELIN, Conseiller municipal


de Lyon, Fondateur et Coprésident du Club
parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des
médias
Cette intervention est importante et ouvre
plusieurs débats et perspectives. Avant de laisser la
parole à nouveau à Eric GARANDEAU, je vais peut-
être donner la parole à quelques invités qui l’ont
demandée. Sylvie FORBIN va pouvoir intervenir. Ensuite, je laisserai la parole à Didier HUCK de
TECHNICOLOR ici présent.

Sylvie FORBIN, VIVENDI


Nous voyons bien dans les débats, prises de position et interventions qui se
sont succédé, l’interaction entre le cadre réglementaire français et la concurrence
européenne et mondiale qui est omniprésente dans ce dossier au niveau de la TVA,
des conditions de concurrence, etc.
Depuis jeudi dernier, je suis devenue un peu votre ambassadeur, très
modestement, dans un travail lancé par Neelie KROES indirectement sur ce sujet,
mais de façon importante. Ainsi, comme vous l’avez peut-être lu dans la presse, Neelie KROES a
lancé une opération d’envergure en invitant au départ trente présidents dont les grandes plateformes
mondiales. Autour de la table, vingt présidents des entreprises de l’internet étaient réunis.
Nous avons un travail à accomplir d’ici au 13 juillet sous la forme de propositions d’actions et
d’engagements. Ces derniers se font bien sûr au niveau de l’entreprise, car c’est une initiative qui leur
est confiée pour faire preuve d’imagination. La démarche est soutenue par Neelie KROES, Vice-
présidente de la Commission et Commissaire à l’Agenda numérique.
Bien entendu, il y aura un engagement des pouvoirs publics européens notamment sur les
questions de TVA. Neelie KROES a déjà fait remarquer que ces questions étaient cruciales et qu’elle
les prenait très au sérieux. Elle a l’occasion de passer un cran au-dessus de ces prises de parole.
Ensuite, il y a d’autres sujets. VIVENDI fait partie d’un petit peloton de trois entreprises, avec
ALCATEL-LUCENT et DEUTSCHE TELEKOM, afin de mener ces travaux de réflexion et
d’imagination, avec un pendant d’engagement comme mission aux pouvoirs publics européens mais
également aux pouvoirs publics nationaux et collectivités locales.
Le sujet posé par Neelie KROES est le suivant : « Comment réussir à développer et déployer
le haut débit sur l’ensemble du continent et du marché européen ? » et « comment inciter tous les
éléments de la chaîne de valeur à participer à cette reprise et couverture maximale de l’ensemble du
continent avec des services à haute valeur ajoutée, etc. ? ».
Nous, les services de contenus, sommes évidemment très importants dans le maillon aux côtés
de tous les autres éléments. VIVENDI a ce rôle à l’intérieur de la task force et cette dernière doit
évidemment travailler avec d’autres entreprises dont certaines sont ici représentées et étaient à la
réunion du 3 mars.

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
Cependant, je souhaite faire ce travail avec vous tous et porter, au niveau européen et à un
niveau opérationnel, des propositions d’actions sur tous les champs évoqués ce matin.

Franck RIESTER, Député-maire de


Coulommiers, Coprésident du Club parlementaire sur
l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Sylvie FORBIN a raison de pointer les
contraintes liées à notre environnement européen et à
tous les puissants acteurs mondiaux, évoqués
précédemment par Eric GARANDEAU, qui vont
impacter notre environnement français.
Il faut toujours avoir en tête le téléchargement illégal. Si vous allez sur internet pour voir un
film, ce sont tout d’abord des sites illégaux qui vous sont montrés.
Je suis ravi que Frédéric GOLDSMITH ait dit précédemment que la volonté des producteurs
est toujours d’essayer de moderniser la chronologie des médias et que c’est une chance fabuleuse.
Aujourd’hui, cela nous a permis d’avoir une industrie cinématographique dynamique et de faire vivre
toute une filière.
Néanmoins, il faut garder à l’esprit que cette chronologie doit être adaptée au monde
d’aujourd’hui. Il faudra donc réfléchir à cette rupture de fenêtre sur la VÀD à la location aux titres.
Selon moi, il n’est pas possible de continuer à avoir accès à la VÀD à la location sur une période et
que cela s’arrête d’un seul coup.
Nous connaissons le rôle de CANAL dans le financement du cinéma dans notre pays, mais
cette rupture dans la chronologie n’est pas comprise des consommateurs. Comment l’adapter et faire
en sorte que les intérêts des uns et des autres soient préservés ? Cela est fondamental, mais reste
incompréhensible vis-à-vis du consommateur.

Didier HUCK, TECHNICOLOR


Je voulais revenir sur le problème de la fragmentation et de l’offre technique. Effectivement, si
nous voulons avoir un poids au niveau français, européen et mondial, il faut pouvoir assembler
l’ensemble des offres légales et la solution technique existe. Ainsi, nous avons déployé et annoncé des
solutions techniques pour faire de l’agrégation pour le consommateur sur la télévision et pas sur le PC
afin d’avoir une facilité de navigation et de choix.
Ces éléments de facilitation pour le consommateur seront aussi essentiels pour le succès d’une
agrégation. En début d’année, nous avons annoncé ces solutions avec MediaNavi. En même temps,
nous avons développé une offre de gestion de plateforme technique pour les ayants droit de manière à
ce que l’ensemble soit relativement fluide au niveau des opérations et en liaison ou superposition avec
les opérateurs.
Ce sont des éléments clés puisque nous avons déjà commencé à avoir des premiers contacts en
Grande-Bretagne, à la fois pour la gestion et l’accès du patrimoine, mais aussi pour le déploiement
auprès des consommateurs de cette nouvelle offre de navigation qui s’intègre dans les décodeurs ou
téléviseurs.

Emmanuel HAMELIN, Conseiller municipal de Lyon, Fondateur et Coprésident du Club


parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Précédemment, nous avions sollicité la société MYSKREEN représentée par Caroline
PAURD-SALLY. Nous lui laissons maintenant la parole.

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
Caroline PAURD-SALLY, MYSKREEN
Monsieur GARANDEAU a parlé de l’union qui fait la force. Aujourd’hui,
c’est notre conviction puisque nous proposons d’être un véhicule d’anticipation de
la mutation numérique. La GOOGLE TV a été retardée d’un an en France,
profitons-en pour nous préparer à son arrivée sur le marché.
MYSKREEN est avant tout un portail référençant l’intégralité de l’offre
audiovisuelle et cinématographique légale disponible en ligne. C’est un confort
d’utilisation et de recherche pour l’utilisateur qui est certain de pouvoir trouver tout ce qui est
disponible en ligne et également ce qui ne l’est pas. Le service MYSKREEN est compatible avec tous
les écrans et s’adapte aux différents plug-ins ainsi qu’aux problématiques techniques qui rendent la
consommation assez difficile.
Par ailleurs, MYSKREEN déploie l’offre légale sur un réseau de sites éditoriaux. Nous
considérons que regrouper toute l’offre est un premier pas pour encourager la consommation et que le
second pas est d’aller chercher les spectateurs et internautes là où ils se trouvent. Ainsi, ils vont lire un
article sur le cinéma et trouver des films ou documentaires directement liés à leurs goûts, leurs intérêts
et leur curiosité sur un site tel que TELERAMA.
D’autre part, nous avons parlé du partage de la valeur. MYSKREEN se positionne comme un
distributeur neutre qui référence tous les éditeurs de contenus audiovisuels sans discrimination ni
influence sur le prix. De plus, il réaffecte les coordonnées clients et l’audience aux éditeurs.
Notre vocation est d’être un accélérateur d’audience en rendant l’offre plus lisible et en
encourageant cette consommation.

Marc TEISSIER, NETGEM


Plusieurs propositions existent. Il faut tout même savoir que l’offre de MYSKREEN a suscité
de très fortes réserves de la part des éditeurs.

David LACOMBLED, FRANCE


TELECOM
Je suis Directeur délégué à la stratégie des
contenus du Groupe ORANGE. Bien évidemment,
nous ne pouvons que nous réjouir de ce qui
contribuera à développer l’offre légale et
notamment la limitation de la suspension des droits
qui reste incompréhensible pour nos abonnés,
comme l’a indiquée Franck RIESTER précédemment. Nous sommes également très favorables au
mode d’exploitation non exclusif.
En revanche, sur l’accès aux box, nous avons un petit point de désaccord, car nous pensons
que le postulat de départ est biaisé partant du principe que nos box seraient fermées, alors que ce n’est
pas le cas. Vous pouvez être abonné ORANGE et avoir accès à la Xbox ou au Cube de CANAL
PLUS. Cela démontre que l’accès n’est pas fermé. Contrairement à d’autres, faites le test et allez voir
de la VÀD sur votre iPhone ou iPad : vous n’aurez pas d’autre choix que d’utiliser le service de VÀD
d’APPLE. Aussi, il subsiste bien un point de différence.
Je ne vais pas revenir sur la diversité de nos offres de télé de rattrapage et autres. Néanmoins,
le point auquel nous tenons est de composer nos offres. Notre investissement est fait en ce sens et nous
permet de nous distinguer de nos concurrents. Cela reste donc un point très fort.
Enfin, et nous l’avons largement souligné, des acteurs nationaux sont taxés aujourd’hui alors
que vous ne l’êtes pas au Luxembourg, notamment sur le Must Deliver. C’est une distorsion de
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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
concurrence très forte contre laquelle nous devrons lutter, sans quoi cela deviendra vite « une pomme
de discorde » si je puis employer cette analogie.

Guillaume PRIEUR, Société des auteurs et compositeurs dramatiques


(SACD)
Pour ma part, je voulais réagir à la fois aux propositions du rapport et au
discours de ce matin, en particulier sur la question de la rémunération des auteurs.
Pour résumer la situation actuelle, ce protocole d’accord datait
effectivement de 1999 avec une validité de dix ans et arrivait à échéance. Il a été
reconduit par trois organisations de producteurs et en particulier l’USPA, le SPFA
et l’API. IL n’a pas été reconduit par trois autres syndicats de producteurs : l’APC,
l’UPF et le SPI.
Aujourd’hui, nous sommes dans une situation de blocage. Les auteurs français ne sont plus
rémunérés pour l’exploitation de leurs œuvres lorsqu’elles sont diffusées et exploitées en VÀD. Nous
sommes donc face à une situation très difficile à comprendre et à vivre pour les auteurs.
Quant aux propositions de Sylvie HUBAC pour y remédier, nous nous inscrivons bien
évidemment dans son souhait de reconduction avec plusieurs modifications et améliorations le
protocole de 1999.
Toutefois, je ne partage pas avec Frédéric GOLDSMITH sa conviction que l’analyse juridique
fondée par Sylvie HUBAC soit nécessairement la bonne. Il me semble que sur des questions
extrêmement compliquées de propriété intellectuelle, nous avons droit à des développements un peu
lapidaires dont certains points que nous n’estimons pas exacts. Je n’entrerai pas dans les détails, car
nous n’allons pas nous lancer dans des conversations juridiques. Dans tous les cas, l’analyse juridique
consensuelle n’existe pas.
En revanche, je ne peux pas accepter la question de la transparence. Sur cette question, il faut
savoir que lorsque la SACD signe un accord, elle le respecte. Aussi, dans l’accord signé en 1999,
aucune mention n’indiquait que la SACD devait communiquer les comptes et rémunérations versées
aux auteurs et producteurs.
Par ailleurs, en dix ans d’application, aucun producteur n’est venu voir la SACD pour
demander les sommes versées. Il était tout à fait possible pour les producteurs qui le souhaitaient et qui
recevaient des rémunérations des plateformes de reconstituer les sommes versées aux auteurs puisque
l’assiette et le taux étaient connus. Il n’y avait donc pas de surprise.
Enfin, pour terminer sur une proposition de chronologie des
médias, je rappelle que c’est aussi une promesse de la loi HADOPI où
il y avait une démarche de pédagogie active pour rappeler aux
internautes qu’ils doivent aller sur les sites légaux plutôt que sur la
piraterie. D’un autre côté, la nécessité de développer une offre légale
était présente. Je n’oublie pas que c’est au Parlement que
l’avancement des vidéos et VÀD a été obtenu.
D’autre part, une négociation professionnelle a abouti à un
accord que nous n’avons pas signé parce qu’il nous semblait que, sur la question concernant la vidéo à
la demande par abonnement et la vidéo à la demande gratuite, nous avions poussé le délai
extrêmement loin. En l’occurrence, l’objectif de préserver l’économie du préfinancement du cinéma a
été totalement respecté. Je pense que c’est un point consensuel et nous avons intérêt à ce que cela
continue à fonctionner.
En revanche, les incitations et la nécessité de lever les obstacles sur la VÀD par abonnement
et la VÀD gratuite n’ont pas été nécessairement poussées très loin. Aussi, nous souhaitions mettre sur
la table l’idée également présente dans le rapport « création et internet » de ne pas réviser forcément à
la baisse de manière générale les délais fixés, mais de prévoir plusieurs exceptions aux règles.

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
En l’occurrence, nous pouvons tout à fait considérer qu’un film sur deux ne bénéficie pas d’un
préfinancement d’une chaîne de télévision.
Aussi, ne pourrait-on pas envisager que ces films non visibles sur une chaîne de télévision
puissent trouver sur des sites de VÀD par abonnement la manière de gagner un public ?
Enfin, nous sommes face à une réglementation un peu schizophrène car nous avons d’un côté
un accord interprofessionnel sur la VÀD qui a été étendu par un arrêté d’extension. Nous pouvons
donc considérer que c’est aussi un acte réglementaire. Puis, nous avons d’un autre côté un décret qui a
prévu plusieurs obligations notamment pour les services de VÀD par abonnement avec des délais
différents.
D’un côté, l’accord de chronologie des médias prévoit que la VÀD par abonnement ne peut
pas exploiter de film avant 36 mois et d’un autre côté le décret SMAD prévoit de mettre en place des
obligations et leur offre la possibilité d’exploiter des films dans un délai de 22 mois après la sortie en
salle.
Dans ce contexte, nous estimons que la réflexion sur une adaptation de la chronologie et non
sur une révolution complète, car il faut préserver les grands équilibres et la force de ce système
français, pourrait tout à fait s’accommoder de plusieurs évolutions et en particulier sur la VÀD par
abonnement.

Franck RIESTER, Député-maire de Coulommiers, Coprésident du Club parlementaire sur


l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Merci, Guillaume PRIEUR. Vous avez eu raison de le rappeler. A l’avenir, nous,
parlementaires, serons toujours mobilisés pour accompagner les négociations afin qu’elles aboutissent.
La loi HADOPI a contribué à faire en sorte d’accélérer les négociations et d’inscrire les quatre mois
plutôt que les six mois pour la mise à disposition des films en VÀD et en DVD.

Alain ROCCA, UNIVERS CINE


J’interviens juste pour vous donner une expérience
concrète avant qu’Eric GARANDEAU ne prenne la
parole.
Nous existons depuis dix ans et nous sommes
opérationnels depuis trois ans. Nous sommes donc
distributeurs de films de cinéma sur le Net. Notre premier
label historique qui s’appelle « UNIVERS CINE » est un
label de cinéma d’auteur. Sur ce dernier, dans un contexte difficile, avec les pirateries, les refus
manifestes des fournisseurs d’accès de jouer le jeu, nous arrivons à faire cette année 500.000 ventes.
L’année dernière, nous avons fait 130.000 ventes et celle d’avant 22.000.
Vous voyez la croissance et donc la véritable demande des téléspectateurs. N’oubliez pas que
90% des visionnages de films de cinéma se font aujourd’hui sur les box qui sont encore à la préhistoire
de la navigation. Des outils de navigation extrêmement performants vont arriver. C’est une manière
agréable et confortable de voir le film de cinéma à la maison, et cela va très lourdement déplacer le
visionnage domestique. Cela fonctionne très bien dans un contexte difficile.
Néanmoins, je souhaite signaler que nous détenons sur ce label 1.300 titres. Je n’ai absolument
aucun problème d’acquisition de nouveaux titres et je refuse systématiquement, car j’en ai 3.000, ce
label de cinéma d’auteur. En outre, nous opérons un autre label « Metropolitan Filmexport» que vous
connaissez peut-être et qui pèse à peu près huit cents titres beaucoup plus commerciaux.
Actuellement, nous constituons un troisième label de films de patrimoine sur lequel nous
détenons déjà près de mille mandats. Nous souhaitons vous donner une idée de l’offre que nous
représentons en tant que distributeur.

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
Si vous êtes un abonné à ORANGE, vous ne pourrez voir que 200 films. En revanche, si vous
êtes un abonné à NEUF, nous sommes actuellement dans de grosses négociations très difficiles pour
arriver à embarquer nos offres. Enfin, si vous travaillez avec FREE, vous aurez davantage de chance
de réussir à embarquer votre offre éditoriale.
Nous réfléchissons sur des grands principes et oublions que les films sont là, disponibles et
relativement faciles à signer en distribution. En effet, les détenteurs des droits souhaitent que leurs
films soient exploités. Mais l’accès aux marchés nous est très difficile.
J’étais totalement opposé à une obligation de type Mustcarry, car je pensais que cela
empêchait de constituer une alliance, avec les fournisseurs d’accès, de l’ordre de ce qui a existé entre
les distributeurs de films et les circuits d’exploitation français il y a vingt ans.
Aussi, n’oublions pas que grâce à cette alliance, la France est aujourd’hui le seul pays où la
part de marchés de son cinéma national est autour de 35%. Nous avons bien sûr peur d’APPLE, de
GOOGLE TV et des télévisions connectées. Aujourd’hui, l’IP TV représente 90% du marché et 80%
dans cinq ans.
Si nous laissons partir ces 80% alors que tout existe pour construire une alliance intelligente
entre ceux qui détiennent les contenus et ceux qui les exploitent, nous faisons une erreur stratégique
majeure. Dans cet arbitrage, le rôle du CNC est décisif parce que nous n’avons pas l’impression
d’avoir en face de nous une telle envie de partenariat qui puisse fonctionner toute seule.
Par conséquent, des arbitrages sont à régler, car il ne s’agit pas de déshabiller Pierre pour
reconstituer Paul. Nous avons un enjeu formidable. Je parlais de nos chiffres mais nous pouvons
débattre des chiffres en général qui sont cette année de 45 millions d’actes de visionnage payant.
L’année prochaine, nous arriverons probablement à 90 millions et il n’est pas du tout impensable que
nous ayons dans quelques années un nombre de visionnages payants de films de cinéma à la maison
équivalent au nombre d’entrées en salle de cinéma.
Aussi, si nous laissons ce marché et que nous ne sommes pas saisis intelligemment par les
opérateurs nationaux, nous allons nous retrouver comme le cinéma en salle dans les autres pays. Dans
ce contexte, les petits-déjeuners à l’Assemblée parlementaire n’existeront plus. Merci de nous
accueillir.

Franck RIESTER, Député-maire de


Coulommiers, Coprésident du Club parlementaire sur
l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Merci Alain ROCCA. Nous devons absolument
les préserver.
Je vais laisser le mot de la fin à Eric
GARANDEAU en sachant qu’ORANGE n’est pas le seul
à être présent. Nous avons également ici SFR en la
personne de Vincent TALVAS.

Emmanuel HAMELIN, Conseiller municipal de Lyon, Fondateur et


Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Pour ma part, cette matinée était intéressante et le débat très utile. Nous
allons évidemment laisser Eric GARANDEAU conclure et répondre aux
quelques interrogations posées même s’il reste quelques difficultés. Maintenant,
elles sont claires sur la base du rapport et de notre discussion de ce matin.
Malgré tout, j’ai entendu que le marché évoluait assez sensiblement.

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Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
Je pense très sincèrement que la loi HADOPI a été un des éléments de l’évolution et du
développement du marché de la VÀD. Au moment de cette loi, nous avions dit que la VÀD était l’un
des éléments à utiliser pour lutter contre le téléchargement illégal. Franck RIESTER l’évoquait
précédemment.
Manifestement, nous observons des évolutions, mais encore une fois faut-il peut-être les
recadrer et les organiser.
Aussi, je voulais juste apporter cette précision et laisser la parole à Eric GARANDEAU pour
la conclusion.

Eric GARANDEAU, Président du Centre national de la cinématographie (CNC)


Le dernier mot appartient toujours au Parlement et aussi largement, vu les sujets abordés, aux
acteurs économiques que vous êtes ainsi qu’au CNC.
Aussi, il est compliqué de conclure puisque le débat est ouvert et s’ouvre encore. La densité, la
variété et l’intérêt des questions et remarques faites montrent la pertinence des sujets examinés dans ce
rapport ainsi que la nécessité d’agir rapidement. Nous avons tous le sentiment que le temps joue plutôt
contre nous même si nous sommes parfois précurseurs en Europe.
Vous avez tous remarqué que beaucoup de sujets se traitent au niveau communautaire
notamment pour la réglementation et la régulation. A ce titre, je voudrais faire une incise sur le
PROGRAMME MEDIA puisqu’il en était question ces dernières semaines. Comme vous le savez,
c’est un programme communautaire très important pour nos secteurs et d’une ampleur financière
modeste. En effet, il représente 750 millions d’euros sur cinq ans.
Aussi, il est vital pour nous que ce programme soit préservé et amplifié. Il a permis un effet de
levier positif sur le développement de nos entreprises et la circulation ainsi que les coproductions
d’œuvres en Europe. C’est également un instrument très utile pour que l’Europe de la culture soit une
vraie réalité.
Enfin, c’est un souci majeur que notre modèle de
régulation, dont le compte de soutien du Centre, assis sur
l’économie du secteur - les salles, la télévision, la vidéo,
aujourd’hui Internet – est un pilier, puisse être préservé.
Aussi, il est important que nous puissions tous
veiller à consolider ce régime au moment où il est parfois
mis en question pour des règles de concurrence. Comme
vous le savez tous, pour avoir un marché il faut qu’il y ait
des œuvres. De fait, si nous ne pouvons pas financer les
œuvres, il n’y en aura pas. Même si nous abattons tous les obstacles aux échanges, s’il n’y en a pas,
nous ne ferons pas grand-chose.
Certains appellent les œuvres américaines ou anglaises des béquilles et cela nous permet
d’avancer. Aussi, si nous les supprimons, nous enlevons également vos industries et notre économie.
Les questions abordées ont aussi fait ressortir la difficulté à concilier différents objectifs. J’ai
bien noté la question sur la suspension des droits évoquée dans le rapport ainsi que celle sur la vidéo à
la demande par abonnement. Comme l’a fait le Parlement lors du vote de la loi HADOPI, nous
essayons d’encourager la poursuite de l’ajustement de la chronologie des médias.
Je souhaitais dire un mot sur la TVA. La France n’est pas restée inerte vis-à-vis du
Luxembourg puisque, par le biais du ministre des Finances, les autorités françaises ont demandé des
explications à Bruxelles tout en prônant une modification plus rapide des règles sans attendre 2015.
Nous sommes tous d’accord à ce sujet.

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Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
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Franck RIESTER, Député-maire de Coulommiers, Coprésident du Club parlementaire sur
l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Merci Eric GARANDEAU. Merci à toutes et tous. Notre prochaine rencontre est prévue le 22
mars au Sénat. Nous vous confirmerons bientôt le déjeuner avec Michel BARNIER qui se tiendra le
12 avril.

Contribution de Mme Sylvie HUBAC

Sylvie HUBAC, Conseiller d’Etat, auteur du rapport sur l’impact du développement des
services de vidéo à la demande remis au CNC en janvier 2011

J’ai pris connaissance avec un grand intérêt les échanges qui ont eu lieu lors de ce débat, et
aussi, je dois dire, avec beaucoup de satisfaction. J’ai pu constater en effet que la conscience, déjà
manifestée par les acteurs du secteur lors des auditions, de l’urgence à agir et de la nécessité de
travailler ensemble pour répondre aux défis numériques reste forte. Car je l’ai écrit et je le redis : si la
filière cinématographique et audiovisuelle française ne se mobilise pas pour permettre le
développement d’une VÀD française, de qualité, rémunératrice pour tous les acteurs de la chaîne, les
lendemains risquent fort de déchanter. Et demain ce n’est pas dans dix ans, mais dans deux ou trois
ans au plus tard. Or, comme l’a très bien exprimé Alain Rocca, tout existe en France pour construire
une alliance victorieuse entre ceux qui disposent des contenus et ceux qui les mettent à la disposition
du public à la demande de celui-ci.
Sans être d’un pessimisme excessif, on peut craindre une captation progressive du marché par
des acteurs globaux comme Apple, Google ou Netflix, qui sont certes rémunérateurs aujourd’hui, mais
qui laisseront – on peut le penser - une part de moins en moins grande aux œuvres françaises et
européennes et vers lesquels se dirigeront une part croissante des recettes alors qu’ils n’assurent aucun
« retour » sur la création française et européenne.
Or, et c’est une autre conviction forte du rapport : l’absence d’éditorialisation ou ce qui revient
au même la médiocrité de l’éditorialisation, c’est la fin de la diversité. Et l’éditorialisation c’est un
métier à part, qui n’est ni celui de réalisation, ni celui de production, ni (non plus) celui de distribution.
Un métier de libraire numérique en quelque sorte. Faire de la place pour un acteur supplémentaire
dans une chaîne de valeur déjà comprimée par une acceptabilité plus faible des consommateurs à
payer cher des films à voir à domicile, voilà un défi considérable. Le rapport aurait pu conclure à
l’utilité relative du métier d’éditeur de VÀD, remettant Internet au rang de simple medium et confiant
aux acteurs historiques la responsabilité de s’en emparer.
Mais les nombreuses auditions réalisées à l’occasion du rapport m’ont conduite à la
conclusion contraire : ce métier doit être développé et valorisé, pour que la France reste pionnière dans
ces secteurs et pour que les œuvres qu’elle produit continuent à rayonner et soient suffisamment
rémunératrices pour contribuer à la création de demain. Mais attention, je ne dis pas qu’il faut
favoriser le développement de centaines de petites plateformes de VÀD, je dis qu’il faut permettre le
développement de plateformes de référence compétitives commercialement et exigeantes
culturellement, qui pourraient fidéliser durablement un très large public. Pour cela, le rapport fait des
propositions, comme l’accès aux plateformes des FAI, mais certaines clés sont entre les mains des

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Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
professionnels qui doivent trouver un équilibre entre les marges de rémunération consenties à chaque
acteur, et en particulier au nouvel arrivant.
Si j’insiste sur ce point, c’est parce qu’en réalité, partant de ce constat, toutes les propositions
faites dans mon rapport sont liées. En lisant les interventions des uns et des autres, j’ai parfois eu
l’impression que chacun défendait ou critiquait telle ou telle proposition en tant que telle, en
négligeant l’ « écosystème » dans lequel elle s’inscrivait. Or l’objectif du rapport a été de chercher un
équilibre d’ensemble au sein duquel chaque acteur soit susceptible de trouver la satisfaction de son
intérêt. Si les fournisseurs d’accès à Internet peuvent ainsi voir d’un œil mitigé la proposition d’accès
non discriminatoire des services de VÀD à leurs propres plateformes, ils devraient se réjouir des
propositions relatives à l’attractivité de l’offre et au soutien. Si les producteurs peuvent être déçus de
ne pas voir retenue l’idée d’une rémunération minimale garantie, toutes les propositions relatives à une
meilleure mise en valeur de leurs œuvres et à la création d’un soutien automatique devraient recueillir
leur faveur. Je ne vais pas rentrer dans les détails des équilibres mais – et ce message est surtout
destiné à la fois aux pouvoirs publics et aux professionnels- je voulais insister sur l’importance
d’avancer en même temps sur toutes les propositions afin qu’aucun acteur de la filière ne soit perdant
dans les mutations en cours. Si tout le monde travaille ensemble, il pourrait bien n’y avoir que des
gagnants.
Un dernier point enfin, sur un des sujets du rapport qui a suscité des tensions : le mécanisme
de rémunération des auteurs. Sur ce point, les discussions ont permis de rapprocher les points de vue,
et je me réjouis de lire que les syndicats de producteurs ne sont plus opposés à l’idée de signer un
nouvel accord sur le versement aux auteurs, via la SACD, d’une rémunération minimale, sur le modèle
de l’accord de 1999 qui a été dénoncé il y a près de deux ans. Pour répondre aux préoccupations des
producteurs, il est proposé d’assortir le nouvel accord de stipulations relatives à la circulation de
l’information entre plateformes, producteurs et société d’auteurs. Il convient en effet de trouver un
nouvel équilibre satisfaisant pour tous, dans le cadre d’un nouveau « contrat de confiance » pour le
développement de la VÀD et de revenir à une gestion collective de la rémunération des auteurs, qui est
souhaitable tant pour ces derniers que pour les éditeurs de services VÀD dont il faut faciliter le
développement et la gestion de leur métier dans des conditions claires et sécurisées.

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Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
Liste des présents au petit-déjeuner

Nom Prénom Société


AZIBERT Michel TDF
BAGUET Pierre-Christophe Député des Hauts-de-Seine
BALLARIN Patrick Digitime
BERMANN Georges APFP (ass des prod de films pub)
BIOSSE-DUPLAN Marie-Paule UPF Union des Producteurs de films
BOMBRUN Christian M6
BOMMELAER Rémy SFP
BRUNET Arnaud Simavelec
BUSIDAN Eric ARP
CASTEL Silvy Ministère de la Culture et de la Communication
CATALA François Ministère de la Culture et de la Communication
CEUZIN - GRIVOIS Marie UNEVI
CHUNG Jérôme Under The Milky Way
DAGHIG Rambod Alcatel Lucent
DE GUERRE Guillaume TV Numeric
de LOUVENCOURT Alban Lysios Public Affairs
DECKER Arnaud Lagardere Active
DEJONCKHEERE Frédéric SFR
DELEU Isabelle Ministère de l'Economie, des Finances et de l'emploi
DEMARIGNY Julie Warner Bros
DIAO Safiatou Staut & associés
DUBOIS Anne-Mareille Staut & associés
FORBIN Sylvie Vivendi
GABLA Emmanuel CSA
GARANDEAU Eric CNC (centre national de cinématographie)
GAUTHIER Emmanuel France Telecom
GOLDSMITH Frédéric APC Association des producteurs de cinéma
GONCALVEZ Sophie GROUP M
GRAU-CHEVALLEREAU Marie M6
GRONIER Guillaume ACCeS (association chaînes du cable et du satellite)
HAMELIN Emmanuel CPAA
HEGER Bernard Simavelec
HERBILLON Michel Député du Val de Marne
HUCK Didier Technicolor
HURARD François Ministère de la Culture et de la Communication
HUSSON Roland DGMIC
LABELLE Pierre-Alexandre Under The Milky Way
LACOMBLED David France Telecom
LACOTTE Jean-Pierre Technicolor
LANGLOIS-GLANDIER Janine Forum TV Mobile
LEBLANC Guillaume Assemblée Nationale
LOPINTO Marco Kurt Salmon
LUNA-PALMA Rosa Alcatel Lucent
MARLAND-MILITELLO Muriel Député des Alpes-Maritimes
MERYEM Amri GROUP M
MIRSKI Jean-Yves SEVN Syndicat de l'Edition Video Numérique
MONIOT Eric LCP-AN
OLIVIER Marc TV Numeric
ORSINI Nicolas DGMIC
PANZANI Jean-Pierre Mediametrie
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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
PERROT Bérangère SFR
PESTANES Philippe Kurt Salmon
PETILLAULT Pierre France Telecom
POCHOLLE Alexandra Eutelsat
PRIEUR Guillaume SACD
PRISSARD Juliette SPI (syndicat des producteurs independantes)
PRORIOL Jean Député de la Haute-Loire
QUIGNON Catherine La Correspondance de la Presse
RIESTER Franck Député de Seine et Marne
ROCCA Alain Univers Ciné
RONY Hervé SCAM (sté civile des auteurs multimédia)
SCHERER Eric France Televisions
STAUT André Staut & associés
TALVAS Vincent SFR
TESSIER Marc Netgem
THORAL Christophe Lagardère
TILLIER Hubert SACD
TOUSSAINT Anne-Dominique APC Association des producteurs de cinéma
TRABBIA Michaël ORANGE
VANNIMENUS Laurent SFR

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
Club parlementaire
sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
LE CLUB

Après avoir organisé, le 15 avril 2004, un important colloque sur le lancement de la Télévision
numérique terrestre, qui a permis de confronter les positions contribuant à faciliter le processus,
Emmanuel HAMELIN, alors député de Lyon et président du Groupe d’études sur la TNT à
l’Assemblée nationale, a souhaité en prolongement et dans le même esprit créer un lieu d’échanges qui
permette de faire un état des lieux permanent avec l’ensemble des acteurs concernés, en constituant un
Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias.
En cette période de pleine mutation dans les médias et en particulier la télévision et l’audiovisuel à
l’heure du numérique, le Club a depuis réuni régulièrement les acteurs majeurs du secteur autour des
sujets d’actualité, pour des échanges libres et riches en informations pour les parlementaires,
l’Administration et les professionnels.
En 2007 Frédéric LEFEBVRE, député des Hauts-de-Seine, est venu rejoindre le Club comme
coprésident et en septembre 2009 ayant quitté l’Assemblée il devient président d’honneur du Club,
avec l’arrivée de Franck RIESTER, député-maire de Coulommiers, spécialiste de ces questions à
l’Assemblée, renforçant ainsi la dynamique de cette plate-forme reconnue pour favoriser les échanges
mais aussi participer à l’aide à la décision.
Le cabinet staut&associés, cofondateur du Club avec Emmanuel Hamelin, a depuis l’origine reçu
délégation pour assurer l’organisation et la gestion du CPAA.

LES RENCONTRES DU CLUB

 Les rencontres du Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias.

 18 octobre 2004 : Dîner-débat du Club avec Dominique BAUDIS, président du Conseil supérieur
de l’audiovisuel, sur le thème « Télévision numérique terrestre, haute définition, et télévision sur
mobile. État des lieux et perspectives »

 24 novembre 2004 : Dîner-débat du Club avec Renaud DONNEDIEU de VABRES, ministre de la


Culture et de la Communication, sur le thème « Le rôle de la télévision publique dans le paysage
audiovisuel français »

 1er février 2005 : Débat du Club avec Michel BARNIER, ministre des Affaires étrangères,
Dominique BAUDIS, président du CSA, Patrick LE LAY, président de TFI, Marc TESSIER,
président de France Télévisions et Alain SEBAN, directeur des Médias, sur le thème « L’évolution de
notre audiovisuel extérieur : la chaîne d’information internationale et les chaînes
extracommunautaires »

 22 mars 2005 : Dîner-débat du Club avec Marie-Laure DENIS et Philippe LEVRIER, membres du
Conseil supérieur de l’audiovisuel, ainsi que Patrick RAUDE, directeur de la DDM et les principaux
acteurs de la radio, sur le thème « Comment optimiser l’offre radio »

 3 mai 2005 : Dîner-débat du Club avec Patrick DEVEDJIAN, ministre délégué à l’Industrie, sur le
thème « Télévision et mobilité »

 29 juin 2005 : « Quel avenir pour les Télévisions locales ? »

 20 octobre 2005 : Colloque sous l’égide du Groupe d’études TNT présidé par Emmanuel
HAMELIN - « TV mobile : quelle offre, quels usages, quel marché ? »

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
 6 décembre 2005 : « Couverture TNT à 100 % : quand et comment ? » avec Christian ESTROSI

 7 février 2006 : « Production audiovisuelle et distribution : comment favoriser la circulation des


œuvres » avec Renaud DONNEDIEU de VABRES, ministre de la Culture et de la Communication

 28 mars 2006 : « Redevance publicité abonnement : quels nouveaux équilibres pour le financement
de la télévision numérique ? » avec Jean-François COPÉ, ministre délégué au Budget et à la Réforme
de l’État, porte-parole du Gouvernement

 17 mai 2006 : « Quelle mesure d’audience au tournant de l’ère numérique ? »

 20 juin 2006 : « Les attentes pour une chaîne française d’information internationale » en présence
d’Alain de POUZILHAC, président du directoire de la CFII et Ulysse GOSSET et Jean-Yves
BONSERGENT, directeurs généraux

 10 octobre 2006 : « La fusion CanalSat/TPS » en présence de Bertrand MEHEUT

 5 décembre 2006 : « Cinéma et télévision » en présence de Patrick RAUDE, directeur de la DDM.

 13 février 2007 : « La radio à l’heure des nouveaux défis »

 6 novembre 2007 : Invité : Michel BOYON, président du CSA

 28 novembre 2007 : Dîner-débat du Club. Invitée Mme. Christine ALBANEL, Ministre de la


Culture et de la Communication

 5 février 2008 : «Financement de l’audiovisuel public: peut-on s’inspirer de modèles en vigueur à


l’étranger ?», Catherine SMADJA, BBC et Jean REVEILLON, UER

 16 avril 2008 : « 3 ans de TNT, bilan et prospectives » en présence d’Eric BESSON, secrétaire
d’Etat chargé de la Prospective, de l’Evaluation des politiques publiques et du Développement de
l’économie numérique, auprès du Premier ministre et Michel BOYON, président du CSA

 10 juin 2008 : « Top départ : pour un démarrage rapide de la TMP »

 2 juillet 2008 : « L’avenir de la radio à l’heure de la numérisation »

 9 juillet 2008 : Dîner-débat du Club avec Jean-François COPÉ, Président de la Commission pour la
nouvelle télévision publique

 18 novembre 2008 : Dîner-débat du Club. Invitée Mme. Christine ALBANEL, Ministre de la


Culture et de la Communication

 4 mars 2009 : « Diffuser et protéger la création sur Internet », Christine ALBANEL, Ministre de la
Culture et de la Communication

 7 avril 2009 : «Passage au tout numérique, perspectives et nouveaux usages (TMP, TNT, Radio
Numérique) Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Secrétaire d'État à la prospective et au
développement de l'économie numérique, auprès du Premier Ministre

 28 octobre 2009 « Le numérique au service de la démocratisation de la Culture », Frédéric


MITTERRAND, Ministre de la Culture et de la Communication

 2 février 2010 « Création et Internet », Patrick ZELNIK et Jacques TOUBON

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
 1 juin 2010 «Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute», Emmanuel GABLA, CSA

 6 juillet 2010 "Télévision mobile : opportunités, réalités et perspectives"

 19 octobre 2010 Petit-déjeuner « Le financement des médias dans le projet de loi de finances
2011 »

 15 décembre 2010 Petit-déjeuner « Les perspectives du secteur audiovisuel à l’horizon 2015 »


autour de Dominique RICHARD

 15 février 2011 dîner-débat « Etat des lieux des enjeux du paysage radiophonique »

 8 mars 2011 petit-déjeuner « Le développement des services de vidéo à la demande et leur impact
sur la création » autour d’Eric GARANDEAU, Président du Centre National de la Cinématographie
(CNC)

Comptes-rendus disponibles sur le blog : www.cpaa.unblog.fr


Et à la demande sur cpaa@stautassocies.fr

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
Les membres CPAA 2010-2011

Parlementaires :

Députés
* déjà membres dans la précédente législature

Alfred ALMONT Michel HEINRICH


Député de la Martinique Député des Vosges

Martine AURILLAC* Michel HERBILLON*


Député de Paris Député du Val-de-Marne

Pierre-Christophe BAGUET* Francis HILLMEYER*


Député des Hauts-de-Seine Député du Haut-Rhin

Patrick BALKANY* Michel HUNAULT*


Député des Hauts-de-Seine Député de Loire-Atlantique

Jean-Claude BEAULIEU* Sébastien HUYGHE


Député de Charente-Maritime Député du Nord

Jacques-Alain BENISTI* Denis JACQUAT


Député du Val-de-Marne Député de la Moselle

Marc BERNIER* Christian KERT*


Député de la Mayenne Député des Bouches-du-Rhône

Véronique BESSE Yvon LACHAUD*


Député de la Vendée Député du Gard

Marcel BONNOT Pierre LAMBERT


Député du Doubs Député de la Charente

Jean-Michel BOUCHERON* Pierre LASBORDES*


Député d’Ille-et-Vilaine Député de l’Essonne

Christophe BOUILLON Jean LASSALLE*


Député de Seine-Maritime Député des Pyrénées-Atlantiques

Monique BOULESTIN Marylise LEBRANCHU*


Député de Haute-Vienne Députée du Finistère

Loïc BOUVARD* Jean-Marc LEFRANC


Député du Morbihan Député du Calvados

Valérie BOYER Jean-Marie LE GUEN*


Député des Bouches du Rhône Député de Paris

Françoise BRANGET Michel LEJEUNE


Député du Doubs Député de Seine-Maritime

Bernard BROCHAND François LONCLE*


Député des Alpes-Maritimes Député de l’Eure
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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
François BROTTES* Lionnel LUCA
Député de l’Isère Député des Alpes-Maritimes

Dominique CAILLAUD* Jean-François MANCEL


Député de la Vendée Député de l’Oise

Dino CINIERI* Muriel MARLAND-MILITELLO


Député de la Loire Député des Alpes-Maritimes

Philippe COCHET* Martine MARTINEL


Député du Rhône Député de Haute-Garonne

Jean-Michel COUVE Patrice MARTIN-LALANDE


Député du Var Député du Loir-et-Cher

Olivier DASSAULT* Philippe MORENVILLIER


Député de l’Oise Député de Meurthe et Moselle

Marc-Philippe DAUBRESSE Henri NAYROU*


Député du Nord Député de l’Ariège

Jean-Pierre DECOOL Alain NERI*


Député du Nord Député du Puy-de-Dôme

Laure de LA RAUDIERE Etienne PINTE


Député Eure-et-Loir Député des Yvelines

Richard DELL’AGNOLA* Michel PIRON*


Député du Val-de-Marne Député du Maine-et-Loire

Sophie DELONG Jean PRORIOL*


Député de la Haute Marne Député de Haute-Loire

Jean-Pierre DUPONT* Jean-Frédéric POISSON


Député de Corrèze Député des Yvelines

Cécile DUMOULIN Didier QUENTIN*


Députée des Yvelines Député de Charente-Maritime

Yannick FAVENNEC Jacques REMILLER*


Député de la Mayenne Député de l’Isère

Alain FERRY* Bernard REYNES


Député du Bas-Rhin Député des Bouches du Rhône

Jean-Claude FLORY* Franck RIESTER


Député de l’Ardèche Député de Seine-et-Marne

Michel FRANCAIX* François ROCHEBLOINE*


Député de l’Oise Député de la Loire

Claude GATIGNOL* Marcel ROGEMONT


Député de la Manche Député d’Ille-et-Vilaine
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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
Hervé GAYMARD Valérie ROSSO-DEBORD
Député de la Savoie Députée de Meurthe et Moselle

Catherine GENISSON* Jean-Marc ROUBAUD


Députée du Pas-de-Calais Député du Gard

Jean-Patrick GILLE François SAUVADET


Député de l’Indre-et-Loire Député de Côte-d'Or

Louis GISCARD d’ESTAING Dominique TIAN*


Député du Puy de Dôme Député des Bouches-du-Rhône

François-Michel GONNOT* Marisol TOURAINE


Député de l’Oise Députée de l’Indre et Loire

Philippe GOSSELIN Alfred TRASSY-PAILLOGUES*


Député de la Manche Député de Seine-Maritime

Jean-Pierre GRAND Georges TRON*


Député de l’Hérault Député de l’Essonne

François GROSDIDIER Philippe VITEL*


Député de la Moselle Député du Var

Louis GUEDON* André WOJCIECHOWSKI


Député de la Vendée Député de la Moselle

Sénateurs

Jean-Paul ALDUY Serge LAGAUCHE


Sénateur des Pyrénées-Orientales Sénateur du Val-de-Marne

Jean BOYER Philippe LEROY


Sénateur de Haute-Loire Sénateur de la Moselle

Isabelle DEBRE Hervé MAUREY


Sénatrice des Hauts-de-Seine Sénateur de l’Eure

Christian DEMUYNCK* Colette MELOT


Sénateur de Seine-Saint-Denis Sénatrice de Seine et Marne

Catherine DUMAS Catherine MORIN-DESAILLY


Sénatrice de Paris Sénatrice de la Seine-Maritime

Louis DUVERNOIS Bruno RETAILLEAU


Sénateur des Français établis hors de France Sénateur de la Vendée

Pierre HERISSON
Sénateur de Haute Savoie
* déjà membres dans la précédente législature

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011
Entreprises :

AB groupe Lagardère Active


ACCèS LCP AN
Alcatel-Lucent Mediametrie
APC Microsoft
APFP SFR
Astra Simavelec
Bolloré Skyrock
Eutelsat TDF
Forum TV Mobile Technicolor
France Telecom TV Numeric
France Télévisions Vivendi
Google WarnerBros France
Kurt Salmon Yacast

Contact :
STAUT & ASSOCIES
33, rue de Tocqueville – 75017 Paris
Tél. : 01 43 80 62 26 - Fax : 01 43 80 35 54 - mail : cpaa@stautassocies.fr
http://cpaa.unblog.fr/

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Le développement des services vidéo à la demande et leur impact sur la création
8 mars 2011