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Franck RIESTER

Député-maire de Coulommiers,
Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias

Emmanuel HAMELIN
Conseiller régional,
Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias

Frédéric LEFEBVRE
Président d’honneur du Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias

Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute

Mardi 1er juin 2010


Emmanuel HAMELIN, Conseiller régional,
Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir de
l’audiovisuel et des médias
Bonsoir à tous. Je vous remercie de votre présence
pour ce nouveau dîner-débat du Club parlementaire sur
l’avenir de l’audiovisuel et des médias. Avant toute chose, je
souhaiterais excuser l’absence de Frédéric LEFEBVRE, qui
aurait fortement apprécié de débattre avec nous sur le thème
de notre soirée. Je souhaite également remercier Emmanuel
GABLA et tous les intervenants qui ont accepté d’apporter leurs témoignages pour nous éclairer sur le
dossier émergent des téléviseurs connectés.
Nous évoquerons la question de l’incidence de ces derniers sur les utilisateurs. Ceux d’entre
vous qui ont assisté préalablement aux démonstrations ont pu réaliser que ces téléviseurs représentent
une avancée majeure en termes de services rendus au consommateur. Je vous propose d’entamer notre
discussion par la dimension technologique, suite à quoi nous évoquerons la question des contenus. Ces
derniers sont considérablement modifiés vis-à-vis des contenus que l’on retrouve sur les téléviseurs
classiques. Enfin, nous débattrons sur la question du modèle économique, de la publicité et de la
répartition des différentes ressources entre les acteurs concernés par ce nouveau système, c’est-à-dire
des FAI aux constructeurs.
L’objectif du Club est de créer la discussion pour apporter des éclairages aux parlementaires
présents d’une part, et d’autres part aux parlementaires qui souhaitent recevoir les comptes rendus de
nos débats. A présent, je cède la parole à Franck RIESTER pour un propos liminaire. Je vous remercie
une nouvelle fois de votre présence.

Franck RIESTER, Député-maire de Coulommiers, Coprésident du Club


parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Bonsoir à tous. Je vous remercie également de votre présence si
nombreuse. Il est important que les membres du Club puissent se retrouver
régulièrement. Après une courte pause durant le printemps, nous comptons
désormais augmenter la fréquence des dîners-débats. Je souhaite aussi remercier le
SIMAVELEC, qui a mis à notre disposition un certain nombre de téléviseurs
connectés pour nous permettre de conserver à l’esprit l’objet concret de notre
débat. De la même façon, nous avons participé il y a quelques mois à la
démonstration de la télévision 3D.
Je remercie également nos collègues députés présents ce soir, dont Marcel ROGEMONT,
Jean-François MANCEL et Lionel TARDY, ainsi que les autres députés qui n’ont pas pu rester avec
nous comme Laure de LA RAUDIERE, Christian KERT ou Michel UNO. Tous les parlementaires
concernés par les questions de l’audiovisuel et du numérique, comme Patrice MARTIN-LALANDE et
Hervé MARITON, recevront les comptes rendus de nos débats. D’autre part, les nombreux sénateurs
qui font partie de notre Club et qui en font sa force, sont certes moins nombreux ce soir pour diverses
raisons, même restent toujours les bienvenus.
Dans un premier temps, Emmanuel GABLA nous apportera le point du CSA sur la question de
la télévision connectée. Ensuite, plusieurs intervenants prendront la parole avant d’entamer le débat
avec la salle. Philippe PESTANES, d’INEUM Consulting, nous brossera ensuite le tableau actuel de la
télévision connectée et le mettra en perspective au vu des différentes évolutions technologiques.
Philippe CITROEN, Directeur général de SONY France et Président du SIMAVELEC, nous
apportera son propre regard. Enfin, Paul-François FOURNIER, Directeur exécutif audience d’Orange,
évoquera le point de vue de sa société et des fournisseurs d’accès à internet.

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute
1er juin 2010
Emmanuel GABLA, conseiller du CSA
Je vous remercie d’avoir invité le CSA pour évoquer cette question relativement nouvelle sur
le plan économique, technologique et réglementaire. Il est toujours utile pour le Club de se poser des
questions de prospective, avant que les lois ne soient discutées et mises en place, et de dégager des
solutions communes.
La convergence des supports et la délinéarisation des contenus audiovisuels constituent des
ruptures naissantes, qui matérialisent la révolution numérique pour le secteur audiovisuel. L’apparition
des téléviseurs connectés se situe dans cette ligne de rupture. Le récepteur traditionnel se trouve au
cœur de l’accès aux nouveaux services alors qu’on aurait pu penser que la consommation des services
audiovisuels à la demande se concrétiserait principalement en ligne et sur les smartphones.
La possibilité d’accéder à ces services à la demande, comme la télévision de rattrapage (catch-
up en anglais) et la vidéo à la demande (VOD en anglais), renaît sur le téléviseur, qui est redevenu la
principale préoccupation des opérateurs en 2010. Plus de 90 % des transactions payantes de vidéos à la
demande sont effectuées via des services de télévision sur ADSL. Si d’autres équipements sont en
mesure de fournir les mêmes services (flux de télévision linéaire, service audiovisuel à la demande,
services interactifs ou d’information, Web 2.0…), le téléviseur représente l’équipement le plus
répandu et le plus pratique.
L’équipement des foyers pourrait être rapide : plus de deux millions de téléviseurs connectés
seront vendus en France cette année, selon le SIMAVELEC. En 2012, le téléviseur devrait devenir le
deuxième terminal fixe connecté le plus répandu après les consoles de jeux.
Deux modèles de développement sont envisageables pour les téléviseurs connectés. Le
premier, relativement ouvert, permet d’accéder à un grand nombre de services internet grâce à un
navigateur intégré. Dans le second modèle, davantage fermé, l’accès à internet nécessite une
application spécifique (widget) consacrée aux services et s’effectue par le biais d’un portail. Cette
différence induit un certain partage de valeurs et pose une première question juridique en termes de
neutralité des réseaux.
Les fabricants de téléviseurs peuvent choisir d’intégrer des plateformes logiciels et pourront
aiguiller les téléspectateurs vers un nombre plus ou moins important de services. On perçoit ici le
danger que représenteraient ces filières fermées où les accords d’exclusivité restreindraient le choix de
l’usager.
Le second axe de discussion porte sur la maîtrise de la relation directe avec le téléspectateur,
qui se situe au cœur des enjeux du développement des nouveaux services. Les terminaux connectés
viennent modifier les frontières entre les mondes de l’audiovisuel, de l’internet et des communications
électroniques Au sein de la chaîne de valeur, on observe que certains opérateurs de réseaux sont
devenus éditeurs de chaînes de télévision. Les fabricants de téléviseurs tentent à leur tour de fournir
des services.
Prenons l’exemple du Japon, un des principaux marchés du téléviseur connecté. Matsushita,
Sony, Toshiba, Sharp, Hitachi se sont unis dès 2008 pour fournir un service de vidéo à la demande. On
perçoit donc que ces constructeurs visent à remonter la chaîne de valeur et à accroître leurs revenus.
Notre objectif est donc de définir un système gagnant-gagnant où les acteurs audiovisuels puissent
tirer leur épingle du jeu.

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute
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A noter que plusieurs groupes audiovisuels français ont d’ores et déjà conclu des partenariats
avec les fabricants pour proposer des services. Il s’agit notamment des accords entre TF1 et Samsung,
Orange et LG, Sony et M6, Canal+ et Technicolor (ex Thomson) et LG, ou encore NRJ12 et Philips.
Ces accords sous-tendent qu’il serait ainsi possible de contourner les opérateurs de télécommunication
et les fournisseurs d’accès à internet.
Devant ces changements les régulateurs doivent tenir compte du téléspectateur et du
consommateur pour éviter la constitution de filières verticales intégrées ou d’autres formes de silos.
Comme les éditeurs l’ont fait remarquer, il faut également rechercher une harmonisation la plus large
possible et qui permette l’interopérabilité entre les normes. C’est la raison pour laquelle nous sommes
particulièrement satisfaits de voir apparaître en France des initiatives comme la HBBTV, norme
commune développée sous l’instigation des éditeurs et le soutien des constructeurs en matière de
services interactifs de télévision.
Pour conclure, le CSA restera très attentif aux évolutions du marché, car il représente un
certain nombre d’opportunités pour les acteurs et les consommateurs et pose certaines questions en
termes de régulation. Le cadre réglementaire pour des services audiovisuels à la demande se met
actuellement en place. Les téléviseurs connectés, quant à eux, présentent leurs problématiques
spécifiques. En effet, ils permettent d’accéder sur un même écran à des services soumis à des
réglementations différentes : d’une part la réglementation audiovisuelle, d’autre part la réglementation
de communication au public en ligne, voir la réglementation de l’internet.
Nous faisons face à de nouveaux défis réglementaires. A présent, écoutons les propos de
chacun des acteurs économiques, suite à quoi je vous apporterai le point de vue du régulateur.

Philippe PESTANES, INEUM Consulting


Bonsoir à tous. Les démonstrations proposées ce soir auront
probablement été plus efficaces qu’un long discours pour présenter l’étendue
du champ des possibles offerte par les téléviseurs connectés. On peut
distinguer deux types de services émergeants. Un premier type indépendant
des programmes, qui, pour leur part, tendront à dupliquer l’environnement
d’internet. A cet égard, on peut s’interroger sur l’utilité de retrouver sur un
nième support des services déjà accessibles sur un PC ou un mobile. Une
sélection naturelle devrait s’opérer sur ces services offerts sur le téléviseur,
support avant tout familial.
Le second type de services émergeants, qui pourraient s’avérer
surprenants par la suite, correspond aux services en interaction avec les programmes. Leur mise en
place requiert une standardisation des normes et des technologies qui est aujourd’hui en cours de
création. Ces services ouvrent un champ de créativité considérable pour les chaînes et les éditeurs. Par
exemple, les programmes ludiques devraient être profondément bouleversés. Tout téléspectateur
pourra devenir acteur du jeu.
De la même façon, le téléshopping devrait subir de grandes transformations. Internet permettra
au téléspectateur de se placer en situation de consommation du produit. En illustration, il sera possible
d’acheter le téléphone portable apparaissant dans le dernier James Bond avec une promotion de -10 %
s’il est commandé à la fin du film.
Tout le secteur du e-commerce, du téléshopping, voire des formats publicitaires, devra être
repensé pour la télévision connectée. Cela représente une opportunité d’ores et déjà identifiée par les
éditeurs, les fournisseurs de contenus et les régies publicitaires. Encore faudra-t-il que la
réglementation le permette et laisse libre cours à la créativité, dans le respect de la protection du
consommateur, bien entendu.
D’autre part, il faut resituer la télévision connectée dans le contexte de l’IPTV, c’est-à-dire la
capacité de fournir des services télévisuels sur la base d’un protocole internet. L’IPTV a été introduite
en France à travers la vulgarisation des offres dites triple-play. A ce titre, les offres quadruple-play
intègrent le mobile en supplément. L’IPTV et la télévision sur ADSL ont connu une croissance
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Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute
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remarquable en France. Aujourd’hui, on estime à neuf millions le nombre d’abonnés à la télévision
ADSL dans notre pays, contre 2,5 millions en 2006 et vingt millions d’abonnés au haut débit.
Du point de vue technique, la télévision sur ADSL est en mesure de proposer les services de la
télévision connectée de demain, bien qu’ils restent encore très peu utilisés à ce jour. Dès lors, on peut
s’interroger sur les raisons qui nous incitent à continuer à consommer la télévision de manière
traditionnelle. Il s’agit donc de déterminer les pièces manquantes permettant de transformer
l’expérience audiovisuelle passive en une expérience interactive apte à faire croître le marché et
développer de nouveaux comportements d’usage à travers de réels nouveaux services.
Apportons à présent quelques chiffres concernant la télévision connectée. En France, on
estime que six millions de foyers seront équipés de ce type de téléviseur à l’horizon 2012. Certaines
personnes possèdent déjà ces appareils, mais ne les ont pas encore connectés. Nous devrons fournir un
effort pour expliciter la valeur proposée que représente la connexion de la télévision.
A la même époque, on devrait compter environ un million de téléviseurs 3D. Or, aujourd’hui,
on note que les revendeurs mettent davantage en avant cette offre, car elle semble plus intuitive et
donc plus simple à vendre. Toutefois, selon les prévisions, le parc de télévision connectée devrait
rapidement dépasser celui de la télévision 3D. La réelle rupture industrielle et de consommation se
situe donc davantage sur la TV connectée.
Au niveau mondial, on estime à plus de 220 millions le nombre de téléviseurs connectés à
l’horizon 2012. Selon les différentes prévisions, ils devraient dépasser le nombre de consoles
connectables. Ces dernières ont créé l’écosystème qui permettra l’émergence de la télévision
connectée. Ces indications montrent la rapidité de croissance potentielle de ce marché.
Ce dernier offrira de nombreuses opportunités aux acteurs de la chaîne de valeur. Les
représentants des constructeurs et des équipementiers pourront en témoigner ce soir. Ils ont fortement
intérêt à maintenir la volonté du consommateur de renouveler en permanence son téléviseur.
Néanmoins, cette profusion éventuelle de téléviseurs connectés peut représenter une menace
pour les opérateurs de télécommunication, qui se sont déjà considérablement investis pour tenter de
fournir des services interactifs. Ces opérateurs pourront difficilement se contenter de fournir l’accès au
réseau et de maintenir la qualité du débit.
Pour ce qui concerne les chaînes de télévision, ce nouveau type de téléviseur ouvre un large
champ de créativité s’apparentant à un véritable terrain de jeu pour enfants. Les émissions de demain
ne ressembleront plus à celles que nous connaissons aujourd’hui. Les échanges et les votes des
téléspectateurs permettront de stimuler la créativité des chaînes.
Il s’agit également pour ces dernières d’une opportunité de recréer un lien avec les
téléspectateurs, qui pourront accéder aux plateformes de télévision de rattrapage ou de vidéo à la
demande sans passer par le référencement d’un FAI.
Enfin, les acteurs d’internet, dont les plateformes de partage de contenu vidéo comme
Youtube ou Dailymotion, vont pouvoir atteindre une audience décuplée dans un environnement qui
leur est naturel par définition. Cela représente donc une opportunité non négligeable d’accélération de
croissance des revenus publicitaires.
Poursuivons par les opportunités et les freins que ce marché naissant pourra rencontrer.
Premièrement, il s’agit de la nécessité d’expliquer, d’évangéliser ou de convaincre le consommateur.
Ce rôle revient aux constructeurs et aux équipementiers. Nous constatons que ces derniers accélèrent
actuellement leurs efforts en matière de communication et de marketing. Aujourd’hui, le commun des
mortels connaît la télévision 3D, mais entrevoit relativement peu ce que peut lui apporter la télévision
connectée. Ses avantages doivent donc être clairement explicités.
Le second accélérateur important pour le marché réside dans la richesse et l’originalité des
services. De ce point de vue, l’émergence du marché de la TV connectée s’apparente à l’émergence de
l’accès à internet sur les téléphones mobiles que nous avons connue il y a quelques années. Cela peut
nous éviter de répéter les erreurs du passé. Répliquer les services existants déjà sur internet et dans la
téléphonie mobile constituerait une erreur certaine. Les services apportés par la télévision connectée
doivent intervenir en complément des autres outils d’accès à internet pour présenter un réel avantage.
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Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute
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D’autre part, de nombreux efforts sont effectués en matière d’interface (EPG). A ce titre,
davantage d’efforts doivent porter sur la télécommande. Celle-ci doit permettre une réelle interactivité
avec l’écran et de surfer. Dans les mois à venir, les équipementiers devraient proposer quelques
innovations intéressantes en la matière.
Enfin, le marché de la télévision connectée constitue sans doute une raison valable pour
accélérer le déploiement en masse de la fibre optique. Ce type de téléviseur nécessite un très haut débit
de qualité.
Deux aspects restent fondamentaux en matière de rupture technologique : la standardisation et
la réglementation. Aujourd’hui, cinq standards différents sont disponibles. Un fournisseur de contenus
désireux d’entrer sur ce marché est contraint de réaliser cinq développements spécifiques, ce qui reste
trop coûteux pour les start-up qui, pour leur part, sont les acteurs qui ont fait montre de la plus grande
créativité sur la toile. A cet égard, la HHBTV constitue une initiative intéressante.
D’autre part, la crainte des ayants droits et des éditeurs est de voir leurs contenus parasités par
des widgets ou des liens sponsorisés. Ce point devra faire l’objet d’une réglementation. De plus, il
faudra repenser la réglementation en matière de publicité, car deux écosystèmes publicitaires
différents se confronteront : celui de la télévision, fortement réglementé, et celui d’internet. Une
différence de traitement juridique des acteurs opérants sur le même marché serait injuste.
Précisément, il faudra sans doute assouplir certaines règles concernant la sphère publicitaire de
la télévision, notamment en ce qui concerne la publicité géolocalisée pour permettre la créativité et
l’apparition de nouveaux business models. Sans ces derniers, la télévision connectée reste une simple
technologie sans consommateurs ni emplois en aval. J’invite donc les parlementaires à y réfléchir.

Emmanuel HAMELIN, Conseiller régional, Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir


de l’audiovisuel et des médias
L’émergence de la télévision connectée incite les acteurs à créer de nouveaux accords et à
identifier de nouvelles façons de faire de la télévision. A présent, écoutons le point de vue du
constructeur.

Philippe CITROEN, Directeur général de Sony France et


président du SIMAVELEC
Bonsoir à tous. Commençons par quelques chiffres. L’année
dernière, plus de 7 millions de téléviseurs ont été vendus dans notre
pays, c’est-à-dire un record historique intervenu au plus profond de la
crise. Cette année, nous prévoyons des ventes à huit ou 8,5 millions
de téléviseurs selon le parcours de l’équipe de France en coupe du
monde, soit un foyer sur trois.
Les facteurs qui expliquent cette croissance au cours des
dernières années sont avant tout la mise sur le marché des écrans
plats, puis l’arrivée de la télévision numérique. Chaque région
opérant la bascule vers le numérique connaît une croissance de vente
spectaculaire.
Un autre facteur réside dans la multiplicité des sources au
sein du foyer. De nombreux foyers disposent des 18 chaînes
gratuites, sont abonnés à des programmes par câble et satellite ou par des fournisseurs d’accès internet
et possèdent des consoles de jeu. Traditionnellement, le foyer français est équipé d’un téléviseur ou
deux. Demain, il existera un téléviseur par pièce pour permettre à chaque membre de la famille de
choisir son programme.
Au cours de la dernière décennie, les évolutions technologiques ont été nombreuses. Nous
sommes passés au numérique. La haute définition a connu un essor considérable. Tout le monde peut
trouver sur l’ensemble des chaînes des programmes en HD. La révolution actuelle porte sur la
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télévision 3D. Des démonstrations ont actuellement lieu au tournoi de Rolland Garros. Cinq matchs de
coupe du monde de football seront également diffusés en 3D par une chaîne de télévision gratuite.
Selon les constructeurs, la dernière innovation, c’est-à-dire la télévision connectée, répond à
une attente importante du consommateur qui désire pouvoir choisir l’heure et le lieu de diffusion.
Comme vous l’avez probablement remarqué, les adolescents d’aujourd’hui consacrent davantage de
temps à regarder la télévision sur un écran d’ordinateur à l’heure qu’ils souhaitent.
La télévision connectée propose d’abord la télévision de rattrapage. Un certain nombre
d’accords ont d’ores et déjà été signés entre des industriels et des chaînes de télévision. Selon nous,
ces accords n’ont pas vocation à demeurer exclusifs car nous devons élargir l’offre.
La deuxième application permise par les téléviseurs connectés est la vidéo à la demande. Les
widgets et les différentes applications constituent également des services offerts par cette nouvelle
technologie. D’autre part, il sera possible d’interagir avec les programmes, voire parier en ligne. De ce
point de vue, des accords vont probablement naître entre les chaînes et les constructeurs pour
permettre de parier en ligne via la télécommande et le téléviseur. Enfin, certains modèles offriront la
possibilité de surfer sur internet via un navigateur intégré. Philips présente d’ores et déjà ce type de
modèle et sera suivi par d’autres marques.
Si cette technologie offre aux constructeurs des opportunités non négligeables, elle leur posera
également un certain nombre de difficultés. Le principal problème repose sur le débit actuellement
disponible via internet tant que le très haut débit ne sera pas généralisé. Le premier effort à fournir
porte sur la communication à adresser au consommateur qui achète aujourd’hui un abonnement avec
l’idée de posséder un débit illimité sur plusieurs appareils, ce qui n’est pas le cas pour l’heure.
D’autre part, les constructeurs de téléviseur se retrouveront en concurrence avec les
fournisseurs d’accès et par les offres de câble et de satellite. Se posera alors la question de la
disponibilité des débits. Pour cela, les constructeurs militent activement pour la transparence en
matière d’utilisation des réseaux et pour la neutralité d’internet permettant à chaque appareil du foyer
de recevoir l’ensemble des programmes de façon équivalente.
Pour l’heure, les produits proposés permettent de recevoir uniquement des applications et la
télévision de rattrapage des chaînes gratuites. Il est envisageable que des modèles de monétisation se
développent rapidement pour ce qui concerne la vidéo à la demande, les bouquets payants de
télévision de rattrapage et les produits en ligne.
Enfin, les constructeurs restent attentifs aux évolutions à l’échelle mondiale. Les autres pays
industrialisés qui développement la télévision connectée se heurtent aux mêmes problèmes que la
France en matière de neutralité du net. Pour conclure, le marché de la télévision connectée peut
connaître une expansion intéressante car la télévision reste un outil essentiel du consommateur

Emmanuel HAMELIN, Conseiller régional,


Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir de
l’audiovisuel et des médias
Chaque marque de téléviseur possède son propre
accord avec un opérateur sur des thématiques variables. Cet
aspect ne sera-t-il pris en compte par le consommateur dans
son acte d’achat ?

Philippe CITROEN, Directeur général de Sony France et président du SIMAVELEC


Les constructeurs appartenant au SIMAVELEC sont des concurrents. Ils recherchent tous la
meilleure offre de contenus possible pour augmenter leur pouvoir de séduction. La concurrence porte
avant tout sur le rapport qualité-prix des produits. La télévision connectée induit en outre une
différenciation de l’offre de programmes. A noter que cette offre est évolutive. A chaque nouvel
accord conclu entre un constructeur et un fournisseur de programmes, l’offre qui en découle s’ajoutera
à celle dont le possesseur d’un téléviseur disposait d’ores et déjà à l’acquisition de l’appareil.
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Emmanuel HAMELIN, Conseiller régional, Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir
de l’audiovisuel et des médias
Les principes d’exclusivité sont-ils amenés à perdurer ou portent-ils sur une période de
démarrage ?

Philippe CITROEN, Directeur général de Sony France et président du


SIMAVELEC
Selon moi, il est important d’assurer la promotion des nouveaux services
durant la période de démarrage. Chacun des constructeurs a choisi un partenaire
pour pouvoir se concentrer sur un système de promotion. A terme, chaque
constructeur élargira son nombre d’accords. A ce titre, les fournisseurs de
programmes n’ont aucun intérêt à se limiter à un seul constructeur.

Emmanuel HAMELIN, Conseiller régional, Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir


de l’audiovisuel et des médias
Ces offres de service sont-elles payées définitivement à l’achat du matériel ou nécessitent-elles
de nouveaux abonnements ?

Philippe CITROEN, Directeur général de Sony France et président du SIMAVELEC


L’offre est comprise dans le prix de l’appareil. Pou l’heure, ces services sont gratuits.
Néanmoins, on peut envisager à terme que le constructeur puisse proposer des services payants.

Emmanuel HAMELIN, Conseiller régional, Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir


de l’audiovisuel et des médias
Que représente le surcoût d’achat d’une télévision connectée ?

Philippe CITROEN, Directeur général de Sony France et président du SIMAVELEC


Ce surcoût est négligeable et reste de l’ordre de 10 %.

Emmanuel HAMELIN, Conseiller régional, Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir


de l’audiovisuel et des médias
Lors des démonstrations, nous avons entrevu la lutte qui s’opérera prochainement entre les
constructeurs en matière de qualité d’image et d’exclusivité des services. Cela pose la question de
l’harmonisation nécessaire du point de vue du consommateur.

Philippe CITROEN, Directeur général de Sony France et président du SIMAVELEC


Les accords se multiplieront. Pour autant, certains accords exclusifs pourront perdurer.

Emmanuel HAMELIN, Conseiller régional, Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir


de l’audiovisuel et des médias
Poursuivons par le point de vue du fournisseur d’accès. La télévision connectée induit-t-elle
une concurrence accrue ?

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Paul-François FOURNIER, Directeur exécutif audience
d’Orange
Il s’agit davantage d’une nouvelle opportunité de
développement pour les réseaux de télécommunication. Notre métier de
base demeure la mise en relation. Nous constatons la multiplication
actuelle du nombre d’écrans et de besoins de connexion.
La télévision connectée induira la nécessité de développer les
usages et les niveaux de débit, ce qui est une bonne nouvelle pour les
opérateurs. Se pose ensuite la question de la gestion de ces différents
types de téléviseur et de la HBBTV. Le parc installé en HBBTV
représente à ce jour plus de dix millions de clients. L’arrivée de la HD
et de la 3D nécessite une qualité de réseau différente de celle induite
par l’émergence de la TV connectée.
Dès lors, nous considérons la télévision connectée comme un moyen de développer les usages
avec le téléviseur en y apportant davantage d’interactivité. Nous expérimentons actuellement un
système de publicité interactive avec TF1 qui permet aux clients d’Orange de pénétrer dans un show
case interactif avant de regarder leur émission favorite. Nous avons également conclu un partenariat
avec LG pour développer cette nouvelle manière de consommer la télévision qui nécessite de
développer les réseaux de télécommunication.
Cependant, certaines questions abordées notamment à travers notre débat restent sans réponse
à ce jour. Il s’agit d’abord de la fragmentation des audiences engendrée par le modèle proposé par
internet. A ce titre, certains acteurs de l’internet présentent des modèles disruptifs vis-à-vis du modèle
traditionnel du web. A noter que l’IPTV tente de préserver la valeur du réseau à travers les offres de
télévision premium.
L’émergence d’internet dans la télévision est certes inéluctable, mais pose la question de sa
gestion. Les acteurs d’internet déstructureront ou modifieront les modalités de consommation et les
modèles économiques. Un acteur comme orange doit donc essayer de préserver un écosystème qui
puisse créer de la valeur via ses portails en tant qu’acteur européen mis en concurrence avec des
acteurs d’internet majoritairement américains.
Comment les acteurs traditionnels du monde des médias et des télécommunications pourront-
ils maintenir l’équilibre de la chaîne de valeur à l’endroit où internet a déjà fortement déstructuré la
chaîne de création ?

Emmanuel HAMELIN, Conseiller régional, Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir


de l’audiovisuel et des médias
Redonnons la parole à Emmanuel GABLA pour évoquer la question du cadre réglementaire et
du modèle économique selon le point de vue du CSA. Comme la publicité sera-t-elle répartie entre les
diffuseurs et les FAI ?

Emmanuel GABLA, conseiller du CSA


Nous observons que de nombreuses questions sont
partagées par des acteurs différents de la chaîne de valeur.
Les réponses diffèrent parfois, mais restent cruciales pour le
CSA. Deux questions en matière de régulation se posent : les
modalités de régulation des contenus et la régulation
économique des nouveaux services.
La régulation du contenu correspond au cœur de

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métier du CSA. Nous devons garantir la protection du consommateur et veiller à la qualité des
contenus. Par ailleurs, nous visons à concilier ces objectifs avec le développement d’usages innovants.
Sous la houlette de Laurence FRANCESCHINI, Directrice des médias et des industries
culturelles au Ministère de la Culture, le gouvernement adoptera prochainement un décret portant sur
la télévision de rattrapage et la vidéo à la demande. Ce décret a pour objectif de définir les obligations
réglementaires et les contributions financières à la création des deux services cités précédemment.
D’autre part, le CSA a adopté aujourd’hui même un projet de délibération qui vise à adapter
les règles classiques de régulation (protection de l’enfance, déontologie, honnêteté de l’information et
accessibilité des personnes déficientes visuelles ou auditives) aux services à la demande. Il s’agit par
exemple de transposer la signalétique jeunesse et d’imposer certaines restrictions horaires vis-à-vis des
contenus de catégorie 5 (pornographiques ou d’extrême violence).
Le principe est d’apporter davantage de souplesse par rapport à la télévision linéaire tout en
atteignant un équilibre réglementaire pour éviter la fuite de ces services vers d’autres pays moins
restrictifs. Ce principe prévaut également en matière de financement de la création.
Ce projet de délibération sera prochainement soumis à consultation publique. Nous devons le
transmettre à la Commission européenne pour nous assurer qu’elle n’entrave pas les marchés
intérieurs. Les éditeurs et les fournisseurs d’accès internet devront donc remplir un certain nombre
d’obligations visant à protéger les publics fragiles.
Par ailleurs, les téléviseurs connectés permettent d’accéder sur un même écran à des services
soumis à des réglementations très différentes. On trouve d’une part les services audiovisuels, et d’autre
part la communication au public. Prenons l’exemple d’un produit placé dans un programme. En
cliquant sur ce produit, on peut accéder directement au site de commerce électronique correspondant.
Le CSA doit-il intervenir ? Ces services ne rompent-ils pas la frontière entre publicité et programme
prévue par la réglementation européenne ?
Dès lors, on perçoit la nécessité de créer un cadre réglementaire pour gérer l’interactivité et
éviter qu’elle n’altère la qualité du contenu. Les enjeux réglementaires proviennent avant tout des
distorsions réglementaires existantes entre le droit de la communication audiovisuelle (loi de 1986) et
celui de la communication au public en ligne (loi de 2004).
D’autre part, les enjeux résident dans les différences de régimes entre les différents pays. Il
faut tenir de notre propre régime national, de ceux des membres de l’Union européenne et le régime
extracommunautaire. La majorité des sites actuels sont situés au-delà des frontières de l’Union
européenne.
Par exemple, un widget permettra d’accéder à un grand fournisseur américain de musique en
ligne et de vidéo à la demande. La complexité du problème de protection du public dépendra du pays
d’hébergement du serveur. Les téléviseurs connectés devront-ils faciliter les contournements
réglementaires ou devrons-nous encadrer davantage cet écosystème ?
Récemment, un constructeur m’indiquait que le choix du serveur s’effectuait lors du choix de
langue par défaut au premier allumage du téléviseur connecté. On voit bien ici la possibilité de
contournement. Par conséquent, se pose la question des outils nécessaires au régulateur ? Cette
question ne doit-elle pas se poser davantage au niveau communautaire ?
Toutefois, le CSA doit tenir compte de la spécificité d’internet et appeler à davantage
d’autorégulation ou de corégulation, qui existe d’ailleurs déjà entre différents types d’acteurs. A ce
titre, la HBBTV illustre une bonne coopération entre éditeurs, constructeurs et opérateurs. Ce système
commence aujourd’hui à attirer des acteurs étrangers. Le régulateur soutiendra ce type d’initiative. Les
chartes signées entre les chaînes constituent aussi des initiatives positives d’acteurs économiques.
D’autre part, nous devons aboutir à un certain niveau de responsabilisation du téléspectateur.
Cela peut s’effectuer par le biais de l’éducation aux médias. Cependant, il faut également aider les
parents à éduquer leurs enfants en matière d’utilisation des téléviseurs et des nouvelles applications.
Notre délibération impose à cet égard plusieurs dispositifs de verrouillage. Reste à la charge des
parents de veiller à ce qu’ils soient réellement mis en place.

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute
1er juin 2010
En outre, il faut mettre en œuvre une forte collaboration entre les autorités de régulation,
notamment avec l’ARCEP (Autorité de régulation des Communications électroniques des postes) et
l’ARJEL (Autorité de Régulation des Jeux en Ligne). Pour rappel, les jeux en ligne sont
théoriquement interdits aux mineurs. Il faudra aussi collaborer avec l’Autorité de la Concurrence.
Poursuivons par la question de la régulation économique. Il n’est pas question d’adopter dès
aujourd’hui une régulation trop figée en la matière. Cependant, nous veillerons au développement du
marché pour garantir la qualité et la diversité des programmes audiovisuels.
Les offres de télévision par ADSL (IPTV) incluses dans les offres des FAI sont de bonne
qualité. En sera-t-il de même pour les services mis à disposition via les téléviseurs connectés ? Il
n’existe aucune raison valable pour que les pouvoirs réglementaires valident une approche permettant
aux contenus de régresser en qualité. Une nouvelle fois, cela requiert de travailler étroitement avec
l’ARCEP.
Ce dernier aspect rejoint la question de la neutralité des réseaux. L’acteur étant en mesure de
privilégier le flux de débit dans un sens ou dans un autre pourra-t-il le faire en fonction des accords
qu’il aura signé avec un fournisseur de contenus ? L’ensemble des fournisseurs de contenus pourront-
ils accéder à ce type d’accord ? A priori, il n’est pas dans l’intérêt de l’opérateur de bloquer trop
significativement ses services pour pouvoir satisfaire sa clientèle.
Le second point de questionnement porte sur le risque lié à l’exclusivité et à l’absence
d’interopérabilité. Aujourd’hui, les constructeurs de terminaux signent des accords d’exclusivité avec
des fournisseurs de contenus. Pour sa part, le CSA doit veilleur à ce que le consommateur puisse
accéder à un large choix de contenus. Certes, la Box du FAI permet de détourner cette exclusivité.
Néanmoins, nous ne pourrons accepter à terme la création de silos ou le choix d’un téléviseur
conduirait à n’avoir accès qu’à un certain contenu.
Enfin, le téléviseur connecté impacte les recettes publicitaires. Il faudra limiter la publicité
interactive aux spots publicitaires des chaînes. A priori, nous pouvons envisager un accroissement des
revenus publicitaires globaux. Cependant, les premières menaces pèseront sur les éditeurs de chaînes
de télévision gratuite, car leur audience sera de plus en plus fragmentée. Or, le mécanisme français de
financement de la création est fondé sur le financement apporté par les chaînes. Tout ce qui influe sur
leurs revenus impactera les contenus.
En résumé, de nombreuses questions économiques restent posées. Nous notons également la
nécessité de placer le curseur réglementaire. Le CSA n’a pas pour vocation de favoriser un acteur de la
chaîne de valeur, qui présente un bon équilibre dans notre pays. Il doit veiller aux impacts induits par
l’émergence des nouvelles technologies sur l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur en haut de
laquelle se situent les producteurs et créateurs de contenus.

Emmanuel HAMELIN, Conseiller régional, Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir


de l’audiovisuel et des médias
L’origine du Club parlementaire remonte à la création de la TNT. A cette époque, les chaînes
« historiques » percevaient dans la TNT une concurrence accrue. La télévision connectée permettra
pour sa part de diffuser des services autres que les programmes habituels. Par conséquent, une réelle
concurrence prend place.

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute
1er juin 2010
Je souhaiterais connaître le point de vue de Philippe DELOEUVRE, Directeur marketing de
France Télévisions vis-à-vis de la télévision connectée ainsi que l’avis de Gérald-Brice VIRET,
Directeur du pôle télévision du groupe NRJ. S’agit-il d’une menace pour les parts d’audience et les
modèles économiques ?

Philippe DELOEUVRE, Directeur marketing de France Télévisions


En tant qu’acteur historique, le groupe France Télévisions est conscient que la télévision
connectée constitue la télévision de demain. Malgré la multiplication des acteurs, nous souhaitons
vivement prendre part à cette évolution et jouer un rôle important.
En revanche, nous resterons très attachés à ne pas devoir négocier autant d’accords qu’il existe
de constructeurs. Autrement dit, nous promouvrons activement la norme HBBTV pour pouvoir
développer une application la plus large possible pour France Télévisions.
De plus, nous restons très attachés au respect de l’intégrité du signal. Nous considérons que le
mécanisme de financement de l’écosystème est fortement bouleversé par ce nouvel environnement
concurrentiel. Cet écosystème qui permet la création et le financement de l’exception culturelle reste
fragile. Dès lors, que ce soit vis-à-vis des ayants droits avec qui nous concluons des contrats, du
respect des téléspectateurs ou de la capacité de profiter de notre signal pour afficher de nouvelles
images, nous devons engager la plus grande concertation possible avec les éditeurs. Autrement dit, il
ne faut pas profiter de notre audience pour imposer aux téléspectateurs des images d’une autre nature.

Emmanuel HAMELIN, Conseiller régional, Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir


de l’audiovisuel et des médias
Dans sa dernière édition, le magazine de Satellifax a évoqué la question de la charte dans
laquelle vous jouez un rôle.

Philippe DELOEUVRE, Directeur marketing de France Télévisions


Ce document, qui n’est pas encore signé à ce jour, regroupe un certain
nombre d’acteurs historiques présentant les mêmes types d’intérêts pour dépasser
les intérêts liés aux accords d’exclusivité, certes légitimes à l’émergence du marché,
et respecter les principes que j’ai explicités précédemment.

Gérald-Brice VIRET, Directeur du pôle télévision du groupe NRJ


Le groupe NRJ, qui opère dans le cadre de la TNT, collabore aussi à la
mise en œuvre de cette charte. Nous souhaitons qu’elle soit également signée
par le SIMAVELEC et l’ensemble des constructeurs de téléviseurs.
Il ne faut jamais craindre l’apparition d’une nouvelle technologie.
C’est la raison pour laquelle nous avons conclu un accord avec Philips dans le
cadre de la radio, des offres de contenu, de la musique et de la télévision de
rattrapage. Qu’on le souhaite ou non, la télévision de demain sera linéaire et
non linéaire à la fois.
Les consommateurs se comportent d’ores et déjà de la sorte vis-à-vis
des FAI. Nous devrons donc identifier un nouveau modèle économique. La période actuelle de tests
dégage 5 formats différents. Nous devrons donc mettre en place une certaine uniformisation pour
permettre aux Français d’utiliser un système unique.
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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute
1er juin 2010
Au cœur du problème se trouve la question des contenus télévisuels, de la création et du
respect des téléspectateurs. Nous y serons fortement attentifs aux évolutions en la matière. Pour
traduire le terme « widget », j’emploie l’expression « bulle interactive », voire « intempestive ». Nous
serons opposés au parasitage du flux par ce type d’application. A ce titre, la charte doit permettre aux
éditeurs et aux constructeurs d’assurer le respect du téléspectateur.
D’autre part, il faut privilégier la télévision gratuite, comme le succès de la TNT nous
l’indique. Les chaînes de la TNT ont connu une croissance de plus de 20 % d’audience. Il faut
privilégier la télévision face à internet. De ce point de vue, nous resterons très attentifs aux
propositions du régulateur. Contrairement à internet, la télévision constitue un modèle vertueux en
termes de contenus et de création.
Enfin, une fois la période actuelle d’émulation passée, il faudra déterminer un seul modèle
pour le téléspectateur et que les contrats d’exclusivité cessent avec les constructeurs. Pour les éditeurs,
la télévision connectée constitue un outil crucial pour développer la créativité et l’interactivité avec les
téléspectateurs.

Franck RIESTER, Député-maire de Coulommiers, Coprésident du Club parlementaire sur


l’avenir de l’audiovisuel et des médias
La télévision connectée peut représenter une perte d’audience pour les chaînes. Dans le secteur
cinématographique, les exploitants de salles se posent la question du « hors-film ». La télévision
connectée pose-t-elle de la même façon la question du « hors-programme » ? Ecoutons le propos de
Médiamétrie concernant la mesure de l’audience dans le cadre de la TV connectée.

Benoît CASSAIGNE, Médiamétrie


A l’instar du CSA, nous vous assurons que nous
travaillons sur le sujet. Médiamétrie regarde avec soins toutes
les implications potentielles des TV connectées sur la
consommation des Médias et les conséquences pour la Mesure
d’audience. Nous réalisons les études de référence des
équipements multimédias ce qui nous permettra de suivre dès
maintenant la montée en puissance de l’équipement de la
population française en téléviseurs connectés. Nous en suivrons les usages à travers les études de
l’observatoire des usages internet pour déterminer dans quelle mesure les futures connexions au web
s’effectueront via ce nouvel écran.
En ce qui concerne la mesure de l’audience de la télévision de rattrapage, la technologie de
watermarking que nous avons adoptée pour suivre l’audience télévisuelle pourra être appliquée aux
nouveaux flux. La mesure d’audience de la télévision connectée ne posera aucun souci. En revanche,
pour ce qui concerne la mesure de la consommation des contenus internet, notre panel, essentiellement
constitué d’utilisateurs de PC, n’est pas suffisamment adapté. Nous devons donc travailler sur ce
point.

Joël WIRSZTEL, Satellifax


Nous avons assisté à quelques démonstrations de
téléviseurs connectés. Chaque constructeur possède son
propre accord avec un fournisseur de contenu. Cependant,
j’ai récemment testé une solution alternative que l’on
trouve à l’étranger. Il s’agit d’un boîtier vendu aux Etats-
Unis sous le nom « ROKU » et permettant d’accéder à une
trentaine de chaînes sur internet.

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute
1er juin 2010
Mon propos ne consiste pas à dire qu’il est possible de faire du piratage en France, mais de
souligner l’existence d’autres appareils. Je comprends que les constructeurs souhaitent vendre leurs
propres solutions, qui facilitent globalement l’usage du consommateur. En France, un certain nombre
de fabricants concluent des accords qui portent sur d’autres outils.
Il s’agit par exemple du « Toshiba Live Center », boîtier présentant l’avantage de pouvoir être
branché à tous les téléviseurs, nouveaux ou anciens, via la prise péritel ou HDMI. Dans son dernier
numéro, notre magazine décrit les services offerts par ce type de solution. ROKU est vendu à 80
dollars en version SD et 99 dollars en version HD. Il permet de recevoir des services comme Picasa,
Facebook ou encore de nombreux services de vidéo.
L’accès étant géolocalisé, l’utilisateur français ne devrait pas avoir accès aux services de vidéo
à la demande. Après test, nous avons été en mesure d’accéder aux services Netflix et Amazon VOD
qui permettent de visionner quelques milliers de films en streaming avec une qualité acceptable.
Les téléviseurs connectés présentent une certaine facilité d’usage, mais requièrent de
renouveler son téléviseur. De ce point de vue, il existe des solutions alternatives. Dans quelques mois,
des boîtiers de ce type seront disponibles sur le marché.

Jean-Michel GRAPIN, Yacast France


Tous les acteurs de la chaîne de valeur sont logés à la même
enseigne, que ce soit le constructeur de hardware qui propose des solutions
embarquées dans des widgets ou le constructeur de boîtiers HDMI. Quelles
que soient les solutions offertes, nous sommes tous assujettis au broadband
et à la haute qualité de la réception du signal, c’est-à-dire in fine à la haute
définition et aux réseaux de fibre optique.
La future Google TV ou le boîtier ROKU sont dépendants du haut
débit du « nouveau » terminal que représente le téléviseur connecté.
L’apparition du haut débit lèvera tous les freins existants à ce jour. Le
téléviseur deviendra un écran comme un autre.
Notre pays dispose d’une régulation indispensable. Si le CSA ne parvient à étendre son
pouvoir à la sphère d’internet, tous les propos que nous venons de tenir seront vains. A ce titre, le
rapport diffusé ce matin et intitulé « Ethique du numérique » présente un article passablement
effrayant sur la remise en cause du droit d’auteur.
Un pays sans régulation ni protection des œuvres met en danger sa démocratie. Le média
gratuit n’a de sens que s’il crée un lien social. Internet est uniquement régulé sur les droits d’auteur
spécifiques par le biais de la loi HADOPI. A l’inverse, les médias conventionnés sont soumis à de
nombreuses règles. En l’état, Google TV pourra être retransmis dans tous les salons sans aucune
contrainte, notamment en matière d’horaires et de publicité. A ce titre, les webradios posent les mêmes
problématiques vis-à-vis des quotas de chansons françaises.
Ce soit, nous avons assisté à la rencontre de deux mondes distincts. N’en déplaise aux
constructeurs, le terminal n’est qu’un simple écran. Quels contenus va-t-on y diffuser et par quels
moyens ? La fibre optique à haut débit permettra de placer en input des écrans tous les contenus
possibles et imaginables. La régulation doit donc intervenir pour établir les équilibres économiques et
culturels.

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Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias
Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute
1er juin 2010
Frédéric GOLDSMITH, Association des Producteurs de Cinéma
Jean-Michel GRAPIN évoque ici la question de la convergence à laquelle nous assistons
aujourd’hui : tous les contenus se retrouvent sur plusieurs terminaux. A ce titre, nous pourrions
évoquer le cas des tablettes. Le consommateur souhaite retrouver l’ensemble des contenus en créant
son environnement personnel à travers une pluralité de terminaux.
L’enjeu porte donc sur l’usage de services et de contenus. Le rôle du régulateur sera
d’identifier au niveau territorial les ajustements adéquats à travers la régulation des services. In fine, le
terminal constitue un simple support de ces services.
Selon moi, le CSA et les autres régulateurs joueront un rôle crucial en termes de création de
normes réglementaires et techniques et de forums pour rassembler les acteurs d’un environnement de
plus en plus complexe et les inciter à créer des écosystèmes équilibrés.
Pour cela, les ponts entre les différents régulateurs doivent permettre une dynamique qui incite
véritablement les acteurs économiques qui souhaitent développer les services et les contenus puissent
se rencontrer. Il s’agit d’évoquer notamment la question de l’investissement dans la création et celle de
la réglementation interprofessionnelle en complément de la régulation.
Il s’agit aussi d’aborder la question de la neutralité de l’accès à internet via ces nouveaux
terminaux. Enfin, il faut se poser la question de la transparence des usages. Les ayants droits doivent
pouvoir avoir confiance dans les services et il faut que les informations puissent réellement leur être
remontées.
Les autorités de régulation doivent donc nous inciter à mettre en place des comportements
vertueux et y apporter la notion de territorialité. Dans un contexte mondial de dérégulation débridée, la
confiance dans les normes de marché établies sera réellement utile à tous.

Marcel ROGEMONT, Député d’Ille-et-Vilaine


La question de la valeur des œuvres qui seront conduites à circuler à
travers ces nouvelles technologies est essentielle. A ce jour, je ne sais pas
comment nous pourrons établir la mesure de cette valeur ni rémunérer la
chaîne de création. Nous avons produit un grand nombre de lois. Or, la valeur
des biens circulant à travers le web tend vers zéro.
Dès lors, on peut s’interroger sur la pérennité sur la qualité des
programmes. A ce titre, on peut craindre que l’accumulation de valeur ne se
rende aux Etats-Unis. Le CSA se pose les bonnes questions. Il s’agit à
présent d’identifier les solutions.

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Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute
1er juin 2010
Emmanuel HAMELIN, Conseiller régional, Coprésident du Club parlementaire sur l’avenir
de l’audiovisuel et des médias
Ce dîner-débat a permis d’aborder les nombreuses questions liées à la télévision connectée.
Nous sommes prêts à accueillir ces téléviseurs sur le plan technologique. Se posent à présente les
questions réglementaires. Je vous remercie de votre participation. Des dîners-débats de « rattrapage »
seront programmés dans un avenir proche pour nous permettre de poursuivre nos réflexions. Je vous
souhaite une bonne fin de soirée.

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Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute
1er juin 2010
Présents au dîner-débat

Nom Prénom Société


ARGELIER Laurent Journaliste-Animateur
AVDEEVA Olga Staut & associés
BALLARIN Patrick Digitime
BAYRE Frédérique CSA
BERMANN Georges APFP
BOMMELAER Rémy SFP
Secrétariat d'Etat Charge de la prospective et du développement de l'Economie
BORDRY Anne-Sophie Numérique
BORNENS Aude Sénat
BOURQUIN Philippe France Televisions
BOUSQUET André Simavelec/Samsung
BOUVIER Laurent Assemblée Nationale
BRUN Stéphanie CSA
BRUNET Arnaud Simavelec/Sony
CAMMAS Thierry MTV networks France
CASSAIGNE Bénoit Mediametrie
CAZES Olivier LCP-AN
CHAUSSEGROS Bernard SFP
CHEVALLIER Pascal Simavelec
CITROËN Philippe Simavelec/Sony
COUSIN Jean-Yves Député du Calvados
CUGUEN Agathe Bureau de la Radio
DARIDAN Marie Laure Affaires Publiques Consultants
de CARAYON Laure Brand Content Solutions
de GUERRE Guillaume TV Numeric
de LA RAUDIERE Laure Député d'Eure et Loir
de LINIERES Emma Staut & associés
de LOUVENCOURT Alban Lysios
de PALEVILLE Antoine Staut & associés
DECKER Arnaud Lagardère Active
DELBLAT Marie-Pierre Assemblée Nationale
DELEU Isabelle Ministère de l'Economie, des Finances et de l'emploi
DELOEUVRE Philippe France Televisions
DUBOIS Daniel Surf TV
ERRERA Jean-Michel Favorithèque
FONTAINE Bernard France Televisions
FOURNIER Paul-François Orange
GABLA Emmanuel CSA
GAUTHIER Emmanuel France Telecom
GOLDSMITH Frédéric APC Association des producteurs de cinéma
GONDE Jean Lagardère Active
GRAPIN Jean-Michel Yacast France
GRISON Delphine Lagardère Active
GUIDONI Muriel ARTE
GUIGNARD Olivier Havas Production
HAMELIN Emmanuel CPAA
HEGER Bernard Simavelec
HENNI Jamal La Tribune
HUCK Didier Technicolor
HUNAULT Michel Député de Loire Atlantique
HUSSON Roland DGMIC
JACOB Rémi Ecran Total
JUSTER Charles Mediametrie

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KADI Michèle Sénat
KALOGEROPOULOS Léonidas NRJ
KERT Christian Député des Bouches du Rhône
LACOMBLED David France Telecom
LANGLOIS-GLANDIER Janine Forum TV Mobile
LEGOFF Samuel Assemblée Nationale
LOUVET François TF1 Publicité
MADELIN Axelle Photographe
MANCEL Jean-François Député de l'Oise
MARENCO Jean-Robert Simavelec/Philips
MARTIN Benjamin Publicis
MARTIN-LALANDE Nicolas Assemblée Nationale
MENARD Sébastien Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Seine-Saint-Denis
MESLON François-Xavier CSA
MISTLER Blaise Canal +
MONIOT Eric LCP-AN
MOUTON Christophe LCP-AN
OUZZANI Oussama Lagardère Active
PAQUET Christian Huawei
PESTANES Philippe Ineum Consulting
POMMEREAU Maxime ALD automotiv
POMMEREAU Astrid Elle.com
POZZANA Aurélien Affaires Publiques Consultants
REPITON Isabelle La Tribune
RICHARD Dominique CNIL
RIESTER Franck Député de Seine et Marne
ROGEMONT Marcel Député d'Ille-et-Vilaine
SCHMITT Fabienne La Correspondance de la Presse
SCIAMA David Broadcast to Be
STAUT André Staut & associés
Secrétariat d'Etat Charge de la prospective et du développement de l'Economie
STEFANINI Rémi Numérique
STIERLE Céline Euro RSCG
SZIJ Eric Assemblée Nationale
TARDY Lionel Député de Haute-Savoie
THIBAULT Olivia Consultante
TORREGANO Emmanuel Electron libre
VIRET Gérald-Brice NRJ
WIRSZTEL Joel Satellifax

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1er juin 2010
Club parlementaire
sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias

LE CLUB
Après avoir organisé, le 15 avril 2004, un important colloque sur le lancement de la Télévision
numérique terrestre, qui a permis de confronter les positions contribuant à faciliter le processus,
Emmanuel HAMELIN, alors député de Lyon et président du Groupe d’études sur la TNT à
l’Assemblée nationale, a souhaité en prolongement et dans le même esprit créer un lieu d’échanges qui
permette de faire un état des lieux permanent avec l’ensemble des acteurs concernés, en constituant un
Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias.
En cette période de pleine mutation dans les médias et en particulier la télévision et l’audiovisuel à
l’heure du numérique, le Club a depuis réuni régulièrement les acteurs majeurs du secteur autour des
sujets d’actualité, pour des échanges libres et riches en informations pour les parlementaires,
l’Administration et les professionnels.
En 2007 Frédéric LEFEBVRE, député des Hauts-de-Seine, est venu rejoindre le Club comme
coprésident et en septembre 2009 ayant quitté l’Assemblée il devient président d’honneur du Club,
avec l’arrivée de Franck RIESTER, député-maire de Coulommiers, spécialiste de ces questions à
l’Assemblée, renforçant ainsi la dynamique de cette plate-forme reconnue pour favoriser les échanges
mais aussi participer à l’aide à la décision.
Le cabinet staut&associés, cofondateur du Club avec Emmanuel Hamelin, a depuis l’origine reçu
délégation pour assurer l’organisation et la gestion du CPAA.

LES RENCONTRES DU CLUB


 Les rencontres du Club parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel et des médias.

 18 octobre 2004 : Dîner-débat du Club avec Dominique BAUDIS, président du Conseil supérieur
de l’audiovisuel, sur le thème « Télévision numérique terrestre, haute définition, et télévision sur
mobile. État des lieux et perspectives »

 24 novembre 2004 : Dîner-débat du Club avec Renaud DONNEDIEU de VABRES, ministre de la


Culture et de la Communication, sur le thème « Le rôle de la télévision publique dans le paysage
audiovisuel français »

 1er février 2005 : Débat du Club avec Michel BARNIER, ministre des Affaires étrangères,
Dominique BAUDIS, président du CSA, Patrick LE LAY, président de TFI, Marc TESSIER,
président de France Télévisions et Alain SEBAN, directeur des Médias, sur le thème « L’évolution de
notre audiovisuel extérieur : la chaîne d’information internationale et les chaînes
extracommunautaires »

 22 mars 2005 : Dîner-débat du Club avec Marie-Laure DENIS et Philippe LEVRIER, membres du
Conseil supérieur de l’audiovisuel, ainsi que Patrick RAUDE, directeur de la DDM et les principaux
acteurs de la radio, sur le thème « Comment optimiser l’offre radio »

 3 mai 2005 : Dîner-débat du Club avec Patrick DEVEDJIAN, ministre délégué à l’Industrie, sur le
thème « Télévision et mobilité »

 29 juin 2005 : « Quel avenir pour les Télévisions locales ? »

 20 octobre 2005 : Colloque sous l’égide du Groupe d’études TNT présidé par Emmanuel
HAMELIN - « TV mobile : quelle offre, quels usages, quel marché ? »
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Téléviseurs connectés : du téléspectateur au télén@ute
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 6 décembre 2005 : « Couverture TNT à 100 % : quand et comment ? » avec Christian ESTROSI

 7 février 2006 : « Production audiovisuelle et distribution : comment favoriser la circulation des


œuvres » avec Renaud DONNEDIEU de VABRES, ministre de la Culture et de la Communication

 28 mars 2006 : « Redevance publicité abonnement : quels nouveaux équilibres pour le financement
de la télévision numérique ? » avec Jean-François COPÉ, ministre délégué au Budget et à la Réforme
de l’État, porte-parole du Gouvernement

 17 mai 2006 : « Quelle mesure d’audience au tournant de l’ère numérique ? »

 20 juin 2006 : « Les attentes pour une chaîne française d’information internationale » en présence
d’Alain de POUZILHAC, président du directoire de la CFII et Ulysse GOSSET et Jean-Yves
BONSERGENT, directeurs généraux

 10 octobre 2006 : « La fusion CanalSat/TPS » en présence de Bertrand MEHEUT

 5 décembre 2006 : « Cinéma et télévision » en présence de Patrick RAUDE, directeur de la DDM.

 13 février 2007 : « La radio à l’heure des nouveaux défis »

 6 novembre 2007 : Invité : Michel BOYON, président du CSA

 28 novembre 2007 : Dîner-débat du Club. Invitée Mme. Christine ALBANEL, Ministre de la


Culture et de la Communication

 5 février 2008 : «Financement de l’audiovisuel public: peut-on s’inspirer de modèles en vigueur à


l’étranger ?», Catherine SMADJA, BBC et Jean REVEILLON, UER

 16 avril 2008 : « 3 ans de TNT, bilan et prospectives » en présence d’Eric BESSON, secrétaire
d’Etat chargé de la Prospective, de l’Evaluation des politiques publiques et du Développement de
l’économie numérique, auprès du Premier ministre et Michel BOYON, président du CSA

 10 juin 2008 : « Top départ : pour un démarrage rapide de la TMP »

 2 juillet 2008 : « L’avenir de la radio à l’heure de la numérisation »

 9 juillet 2008 : Dîner-débat du Club avec Jean-François COPÉ, Président de la Commission pour la
nouvelle télévision publique

 18 novembre 2008 : Dîner-débat du Club. Invitée Mme. Christine ALBANEL, Ministre de la


Culture et de la Communication

 4 mars 2009 : « Diffuser et protéger la création sur Internet », Christine ALBANEL, Ministre de la
Culture et de la Communication

 7 avril 2009 : «Passage au tout numérique, perspectives et nouveaux usages (TMP, TNT, Radio
Numérique) », Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Secrétaire d'État à la prospective et au
développement de l'économie numérique, auprès du Premier Ministre

 28 octobre 2009 « Le numérique au service de la démocratisation de la Culture », Frédéric


MITTERRAND, Ministre de la Culture et de la Communication

 2 février 2010 « Création et Internet », Patrick ZELNIK et Jacques TOUBON


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Les membres CPAA 2009-2010

Parlementaires :
Députés
* déjà membres dans la précédente législature

Alfred ALMONT Michel HEINRICH


Député de la Martinique Député des Vosges

Martine AURILLAC* Michel HERBILLON*


Député de Paris Député du Val-de-Marne

Pierre-Christophe BAGUET* Francis HILLMEYER*


Député des Hauts-de-Seine Député du Haut-Rhin

Patrick BALKANY* Michel HUNAULT*


Député des Hauts-de-Seine Député de Loire-Atlantique

Jean-Claude BEAULIEU* Sébastien HUYGHE


Député de Charente-Maritime Député du Nord

Jacques-Alain BENISTI* Denis JACQUAT


Député du Val-de-Marne Député de la Moselle

Marc BERNIER* Christian KERT*


Député de la Mayenne Député des Bouches-du-Rhône

Véronique BESSE Yvon LACHAUD*


Député de la Vendée Député du Gard

Marcel BONNOT Pierre LAMBERT


Député du Doubs Député de la Charente

Jean-Michel BOUCHERON* Pierre LASBORDES*


Député d’Ille-et-Vilaine Député de l’Essonne

Christophe BOUILLON Jean LASSALLE*


Député de Seine-Maritime Député des Pyrénées-Atlantiques

Monique BOULESTIN Marylise LEBRANCHU*


Député de Haute-Vienne Députée du Finistère

Loïc BOUVARD* Jean-Marc LEFRANC


Député du Morbihan Député du Calvados

Valérie BOYER Jean-Marie LE GUEN*


Député des Bouches du Rhône Député de Paris

Françoise BRANGET Michel LEJEUNE


Député du Doubs Député de Seine-Maritime

Bernard BROCHAND François LONCLE*


Député des Alpes-Maritimes Député de l’Eure

François BROTTES* Lionnel LUCA


Député de l’Isère Député des Alpes-Maritimes

Dominique CAILLAUD* Jean-François MANCEL


Député de la Vendée Député de l’Oise

Dino CINIERI* Muriel MARLAND-MILITELLO


Député de la Loire Député des Alpes-Maritimes

Philippe COCHET* Martine MARTINEL


Député du Rhône Député de Haute-Garonne

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Jean-Michel COUVE Patrice MARTIN-LALANDE
Député du Var Député du Loir-et-Cher

Olivier DASSAULT* Philippe MORENVILLIER


Député de l’Oise Député de Meurthe et Moselle

Marc-Philippe DAUBRESSE Henri NAYROU*


Député du Nord Député de l’Ariège

Jean-Pierre DECOOL Alain NERI*


Député du Nord Député du Puy-de-Dôme

Laure de LA RAUDIERE Etienne PINTE


Député Eure-et-Loir Député des Yvelines

Richard DELL’AGNOLA* Michel PIRON*


Député du Val-de-Marne Député du Maine-et-Loire

Sophie DELONG Jean PRORIOL*


Député de la Haute Marne Député de Haute-Loire

Jean-Pierre DUPONT* Jean-Frédéric POISSON


Député de Corrèze Député des Yvelines

Cécile DUMOULIN Didier QUENTIN*


Députée des Yvelines Député de Charente-Maritime

Yannick FAVENNEC Jacques REMILLER*


Député de la Mayenne Député de l’Isère

Alain FERRY* Bernard REYNES


Député du Bas-Rhin Député des Bouches du Rhône

Jean-Claude FLORY* Franck RIESTER


Député de l’Ardèche Député de Seine-et-Marne

Michel FRANCAIX* François ROCHEBLOINE*


Député de l’Oise Député de la Loire

Claude GATIGNOL* Marcel ROGEMONT


Député de la Manche Député d’Ille-et-Vilaine

Hervé GAYMARD Valérie ROSSO-DEBORD


Député de la Savoie Députée de Meurthe et Moselle

Catherine GENISSON* Jean-Marc ROUBAUD


Députée du Pas-de-Calais Député du Gard

Jean-Patrick GILLE François SAUVADET


Député de l’Indre-et-Loire Député de Côte-d'Or

Louis GISCARD d’ESTAING Dominique TIAN*


Député du Puy de Dôme Député des Bouches-du-Rhône

François-Michel GONNOT* Marisol TOURAINE


Député de l’Oise Députée de l’Indre et Loire

Philippe GOSSELIN Alfred TRASSY-PAILLOGUES*


Député de la Manche Député de Seine-Maritime

Jean-Pierre GRAND Georges TRON*


Député de l’Hérault Député de l’Essonne

François GROSDIDIER Philippe VITEL*


Député de la Moselle Député du Var

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1er juin 2010
Louis GUEDON* André WOJCIECHOWSKI
Député de la Vendée Député de la Moselle

Sénateurs

Jean-Paul ALDUY Serge LAGAUCHE


Sénateur des Pyrénées-Orientales Sénateur du Val-de-Marne
Jean BOYER Philippe LEROY
Sénateur de Haute-Loire Sénateur de la Moselle

Isabelle DEBRE Hervé MAUREY


Sénatrice des Hauts-de-Seine Sénateur de l’Eure

Christian DEMUYNCK* Colette MELOT


Sénateur de Seine-Saint-Denis Sénatrice de Seine et Marne

Catherine DUMAS Catherine MORIN-DESAILLY


Sénatrice de Paris Sénatrice de la Seine-Maritime

Louis DUVERNOIS Bruno RETAILLEAU


Sénateur des Français établis hors de France Sénateur de la Vendée

Pierre HERISSON Michel THIOLLIERE*


Sénateur de Haute Savoie Sénateur de la Loire

* déjà membres dans la précédente législature

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