Vous êtes sur la page 1sur 6

Introduction

Le nombre de personnes atteintes du Covid-19 est en forte hausse en Côte d’Ivoire, qui
est désormais l’un des pays africains les plus touchés avec 444 cas confirmés à ce jour,
dont 52 guéris et 3 décès. Le pays a enregistré son premier cas de coronavirus mi-mars
et le Président Ouattara a déclaré quelques jours plus tard l’état d’urgence sanitaire,
l’instauration d’un couvre-feu et un plan de riposte contre la maladie. La situation est
particulièrement préoccupante à Abidjan, qui concentre 90 % des cas recensés dans le
pays. Comment la situation sanitaire peut-elle évoluer ? Quelles mesures ont été mises
en place ? Quelles conséquences économiques et politiques, alors qu’une élection
présidentielle doit se tenir en octobre ? Baudelaire Mieu, journaliste ivoirien travaillant
pour plusieurs médias occidentaux, dont Jeune Afrique et Bloomberg News, répond à
nos questions.
La pandémie de Covid-19 est une crise sanitaire majeure provoquée par une maladie
infectieuse émergente apparue fin 2019 en Chine continentale, la maladie à
coronavirus 2019, dont l'agent pathogène est le SARS-CoV-2. Ce virus est à l'origine
d'une pandémie, déclarée le 11 mars 2020 par l'Organisation mondiale de la santé.
La pandémie de Covid-19 en Côte d'Ivoire démarre officiellement le 11 mars 2020. À
la date du 11 octobre 2021, le bilan est de 666 morts.
1- Mars 2020
Le 11 mars, la Côte d'Ivoire a enregistré son premier cas de Covid-193. Il s'agissait
d'un ressortissant ivoirien revenu récemment d'Italie4. Le cas est traité à l'hôpital
universitaire de Treichville à Abidjan. Plusieurs personnes en contact avec la personne
infectée ont été identifiées et font l'objet d'un «suivi», selon le ministre de la Santé. Le
public a été assuré de «garder son calme» et de «respecter les mesures préventives
appliquées». Un numéro d'urgence gratuit a été mis en place en Côte d'Ivoire (143 ou
101) pour alerter en présence de cas suspects. Plusieurs contrôles aux frontières ont
également été mis en place pour tenter de limiter la propagation5.
Le 12 mars, l'épouse de la personne testée positive la veille a également été testée
positive, ce qui porte le nombre total de cas à deux6.
Le 14 mars, de nouveaux cas ont été confirmés, portant le nombre total de cas à quatre.
Le 16 mars, le gouvernement a annoncé que le nombre total de cas confirmés était
passé à six et que le patient identifié le 11 mars s'était rétabli8. La Côte d'Ivoire a
également suspendu les vols vers les pays qui ont plus de 100 cas déclarés pendant
15 jours, n'autorisant que les citoyens et les résidents9.
Le 18 mars, trois autres cas ont été confirmés, ce qui porte le nombre total à neuf10.
Le 20 mars, le gouvernement a annoncé cinq autres cas confirmés, portant le nombre
total à 1411. Le même jour, le gouvernement a décidé de fermer toutes les frontières à
partir de minuit le 22 mars jusqu'à nouvel ordre12.
Le 21 mars, trois autres cas ont été confirmés. Le 22 mars, huit nouveaux cas
supplémentaires ont été confirmés, ce qui porte le total à 2513.
Le 23 mars, la Côte d'Ivoire a déclaré l'état d'urgence14.
Le 24 mars, 48 nouveaux cas ont été confirmés, ce qui porte le total à 73 cas15.
Le 25 mars, sept nouveaux cas ont été confirmés, ce qui porte le total à 80 cas16.
Le 26 mars, 16 nouveaux cas ont été confirmés, ce qui porte le total à 96 cas17.
Le 27 mars, cinq nouveaux cas ont été confirmés, portant le total au-dessus des 100,
avec un total de 101 cas et deux patients en convalescence, portant ainsi le total des cas
récupérés à trois18. Une patiente diabétique de 58 ans, dans le coma depuis le 25 mars,
est devenue la première victime.
Le 28 mars, 39 nouveaux cas ont été confirmés, ce qui porte le total à 14019.
Le 29 mars, 25 nouveaux cas ont été confirmés, portant le total à 165. Il y a eu le
premier décès et une autre récupération, portant ainsi le total récupéré à quatre21.
Du 29 mars au minuit au 15 avril, aucun transport n'est autorisé entre la grande région
d'Abidjan (district autonome d'Abidjan, Dabou, Azaguié, Bingerville, Grand-
Bassam, Bonoua, Assinie-Mafia) et le reste du pays22. Des exceptions sont prévues
pour les denrées alimentaires, les médicaments, les évacuations médicales, le
carburant, les services publics et les véhicules avec une autorisation spéciale.
Le 30 mars, trois nouveaux cas ont été confirmés, ce qui porte le total à 168. Il y a
également eu deux autres guérisons, ce qui porte le total à six23.
Le 31 mars, le nombre de cas confirmés augmente de 11 à 179, dont sept se sont
rétablis.
2- Avril 2020

 Le 1er avril, 11 nouveaux cas ont été confirmés, ce qui porte le total à 190. Il y a eu
deux nouvelles guérisons, ce qui porte le nombre total de personnes guéries à neuf.
 Le 2 avril, il y a eu plus de nouvelles guérisons (six) que de nouveaux cas
confirmés (quatre). Le nombre total de cas confirmés s'élevait à 194, le nombre
total de guérisons à 15.
 Le 3 avril, le nombre total de cas est passé à 218 après que 24 nouveaux cas ont été
confirmés, tandis que quatre guérisons supplémentaires signifiaient que 19 patients
s'étaient rétablis. Les nouveaux cas comprenaient les premiers cas confirmés à
Bouaké et Soubré.
 Le 4 avril, il y avait 27 nouveaux cas, ce qui porte le nombre de cas confirmés à
245. San Pedro et Toulepleu ont eu leurs premiers cas confirmés. Le nombre total
de patients guéris a augmenté de six, à 25.
 Le 5 avril, 16 nouveaux cas ont été confirmés. Deux patients hospitalisés sont
décédés, tandis que 12 patients ont récupéré. Le nombre total s'élevait à
261 cas confirmés, trois décès et 37 patients guéris.
 Le 6 avril, 62 nouveaux cas ont été confirmés et quatre autres patients guéris. Sur
les 62 nouveaux cas, 58 étaient à Abidjan et quatre à Adiaké. Le ministre de la
Défense Hamed Bakayoko a annoncé qu'il était l'un des cas confirmés. Depuis le
début de l'épidémie, 323 cas ont été confirmés, dont 41 se sont rétablis et trois sont
décédés. Le Ministère de la Santé et de l'Hygiène Publique a publié une liste de
sites, à Abidjan et alentours pour les tests : Yopougon, Abobo, Marcory, Koumassi
et Port-Bouët ; traitement : Treichville, Cocody, Grand-Bassam, Yopougon,
Abidjan et Anyama ; mise en quarantaine (Marcory) ; et pour analyse (Institut
Pasteur d'Abidjan). Cette annonce a provoqué de violentes manifestations à
Youpogon et Koumassi.
 Le 7 avril, 26 cas ont été confirmés, ce qui porte le total à 349.
 Le 8 avril, 35 nouveaux cas ont été recensés, ce qui porte le total à 384.
 Le 9 avril, 60 nouveaux cas ont été confirmés, portant le total à 444 cas. dont
quatre nouvelles récupérations, ce qui porte le nombre total à 52. Le Conseil de
sécurité nationale a tenu une réunion extraordinaire et a décidé de rendre
obligatoire le port du masque dans le Grand Abidjan.
I- LES MOYENS ENGAGES

Pour l’instant, les hôpitaux d’Abidjan peuvent accueillir 20 personnes à l’isolement,


les centres de quarantaine 2 000 cas suspects. « On part sur cette base-là et on
augmentera les capacités petit à petit », précise Joseph Bénié, directeur général de
l’Institut national d’hygiène publique. Des chambres seront mises à disposition dans
les hôpitaux de 13 villes pour isoler les malades du coronavirus. La banque mondiale a
accordé à la Côte d’Ivoire un soutien d’urgence de plus de 500 000 €.

II- GRATUITE DE LA PREVENTION


Le diagnostic et la prise en charge des cas suspects et confirmés seront gratuits. Une
annonce importante dans un pays où une grande partie de la population hésite à
consulter faute de moyens. Par ailleurs, les établissements scolaires et universités sont
fermés, les rassemblements de plus de 50 personnes interdits.
« On est tous inquiets, il y a peut-être des cas qui n’ont pas été identifiés », explique
Hassan Darwiche, médecin généraliste à Abidjan. « Lorsque le système de santé est
fragile, il ne faut pas attendre de passer au stade 2. Les mesures gouvernementales
peuvent encore avoir de l’effet. En Côte d’Ivoire, il n’y a des structures que pour gérer
un petit nombre de patients », estime une source diplomatique.

III- RECOMMANDATIONS AUX INSTANCES


DECISIONNAIRES ET A LA POPULATION
IVOIRIENNES
Aux instances décisionnaires, je recommande d’être transparentes dans la mise en place
de chaque étape du plan afin d’éviter les suspicions de la part des populations. Ce n’est
pas le cas pour l’instant, ce qui a provoqué plusieurs incidents ces derniers jours, dont
trois à Abidjan. Les autorités en charge de la lutte contre le virus ont d’ailleurs admis
"un manque de pédagogie". Dans le cadre du déploiement de la dizaine de centres de
dépistage, le gouvernement a été confronté à une hostilité farouche des populations du
quartier des Toits rouges, un sous-quartier de la grande banlieue de Yopougon au nord
d’Abidjan, qui pensaient que le gouvernement venait installer ce site pour propager la
maladie en les faisant vivre aux côtés des personnes contaminées. L'incident a duré 24h
et s’est étendu à d’autres quartiers de la ville les jours suivants. Autre difficulté constatée
ces derniers jours : les populations de la ville de Bangolo, à l’ouest du pays, se sont
opposées à l’acheminement de médicaments dans un hôpital.
Ces incidents montrent la psychose et la frilosité des populations, qui peuvent être
évitées si le gouvernement communique plus ouvertement et plus largement, par le biais
de plusieurs canaux :

 pour toucher la population très rapidement, il doit s’appuyer sur des autorités
locales comme les maires, les conseillers régionaux, les préfets et les sous-
préfets qui peuvent s’appuyer sur les leaders traditionnels et religieux ;
 il doit également avoir recours aux médias de l’audiovisuel public, qui couvrent
plus de 90 % du territoire ivoirien ;
 la presse privée, malgré les sensibilités politiques, se trouve unie dans ce
contexte et véhicule les message sanitaires ;
 enfin, les réseaux sociaux sont également un canal utile car le taux de couverture
téléphonique est très important en Côte d’Ivoire et la population, très jeune, y est
particulièrement connectée.

En ce qui concerne les populations, elles doivent faire preuve de civisme et de discipline
face au virus. Elles doivent respecter les consignes du gouvernement - qui se retrouvent
dans beaucoup d’autres pays, en Afrique et ailleurs - et appliquer les gestes barrière. Et
surtout, faire confiance au gouvernement : une union sacrée doit exister autour de celui-
ci pour relever le défi et vaincre la maladie.

1- Au niveau de la santé et nutrition

La perception des centres de santé comme principal foyer de contamination a créé chez
les femmes, les jeunes et les adolescent-e-s au sein des ménages vulnérables une
réticence prononcée à utiliser les services de santé conventionnels occasionnant selon le
ministère de la santé et de l’hygiène publique une baisse de la fréquentation des centres
de santé. En clair, bon nombre de femmes au sein des ménages vulnérables n’ont pas
respecté les rendez-vous de vaccination de leurs enfants, leurs consultations prénatales
et les séances de démonstrations diététiques sur l’alimentation de compléments des
enfants. Sur cette base, la majorité des membres des ménages vulnérables ont
progressivement commencé à recourir à l’automédication à titre préventif et curatif
surtout pour le paludisme et le rhume comme stratégie primaire de résilience malgré les
graves risques sanitaires liés à cette pratique non recommandée.

2- Au niveau de la protection de l’enfant

Les conséquences enregistrées à ce niveau sont la perte de financement et l’arrêt des


activités de construction d’infrastructures, la perturbation des activités de financement
et des tensions sur les capacités d’accueil des centres de prise en charge des enfants à
cause de l’orientation des enfants de la rue vers ces centres. La principale initiative de
résilience relevée au niveau des services de protection est la prise en charge des enfants
de la rue dans des centres de protection dès les premières heures de cette crise sanitaire
à travers un partenariat entre l’UNICEF et le gouvernement ivoirien. En effet, cette
frange des adolescent-e-s et jeunes en situation de vulnérabilités a été internée dans des
centres socio-éducatifs pour une resocialisation couplée avec des activités civiques en
vue de leur insertion familiale.

Vous aimerez peut-être aussi