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Note d’orientation sur l’eau et l’assainissement

dans les établissements scolaires


Version draft - 25 août 2010

Introduction
Cette note d’orientation fait suite à une demande adressée par le Ministère de l’Education Nationale
(MEN) auprès de l’UNICEF pour que 200 écoles localisées dans la zone métropolitaine de Port-au-
Prince puissent avoir accès à l’eau et à l’assainissement.
A la suite d’une rencontre avec UNICEF, la DINEPA apporte des éléments de réflexion et d’orientation
relatifs à l’eau et l’assainissement en milieu scolaire. Ils sont destinés à être partagés et discutés avec
les différents partenaires intervenants dans le secteur et en premier lieu le Ministère de l’Education
Nationale.
Si le besoin et la pertinence de proposer des directives en matière d’eau et d’assainissement dans les
écoles en Haïti sont avérés par les différents partenaires, cette notre d’orientation pourra alors être
retravaillée, finalisée et publiée. Mais à ce stade, elle reste une ébauche dont l’objectif est avant tout
de susciter débats et réactions.

Orientations
1. C’est le MEN qui a autorité dans le domaine de l’Education. La DINEPA, à la demande du
MEN, apporte ses recommandations liées à l’eau et l’assainissement dans les écoles. Ces
recommandations sont liées aussi bien aux aspects techniques (type d’infrastructures) qu’à la
gestion des infrastructures1. Le MEN valide les recommandations et les diffuse.

2. Chaque école (privée ou publique) doit pouvoir offrir aux élèves et aux enseignants un accès
à l’eau et à l’assainissement respectant :
- La dignité/ l’intimité
- La sécurité
- La santé
- L’environnement
- Les normes minimales définies
Il est de la responsabilité de la Direction de chaque école de garantir un tel accès à l’eau et
l’assainissement. Les écoles ne satisfaisant pas à ces critères devront s’expliquer devant le
MEN.

3. Les normes minimales requises sont2 :


- 1 à 1.5 litre/élève/jour pour la boisson

1
Conformément à la loi-cadre organisant le secteur de l’Eau Potable de l’Assainissement du 25 mars 2009
2
Conformément aux standards Sphère (voir Approvisionnement en Eau & Hygiène, Annexe 2 et 3)

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- 1.5 à 2 litres/élève/jour pour le lavage des mains
- 2 à 8 litres/cabine/jour pour le nettoyage des toilettes (qu’elles soient à chasse ou
sèches)
- 3 à 5 litres/utilisateur/jour pour les toilettes à siphon d’eau
- 1 latrine/WC pour 30 filles
- 1 latrine/WC pour 60 garçons
- 1 latrine/WC pour 20 employés (personnel de l’école)
- Minimum 3 latrines en cas de faibles effectifs (1 pour les filles, 1 pour les garçons et
une pour les enseignants)
De plus,
- Dans la mesure du possible des urinoirs sont prévus pour les garçons (1 urinoirs pour
60 garçons ?)
- Les toilettes doivent être nettoyées chaque jour avec des produits désinfectants
- Du savon doit toujours être disponible au point de lavage des mains
- Du papier de toilette doit toujours être mis à disposition (dans la classe ou dans les
cabines)
- Une poubelle doit toujours être disponible dans chaque cabine. Les poubelles
doivent être vidées chaque jour
- La qualité de l’eau de boisson doit être conforme aux « lignes directrices pour le suivi
et le contrôle de la qualité de l’eau potable3 »
- Le point de lavage des mains doit être situé le plus prêt possible de la sortie des
toilettes
- Etc.

4. La fourniture d’un service lié à l’eau et à l’assainissement ainsi que le fonctionnement et


l’entretien des infrastructures ont un coût qui doit être évalué par chaque Direction d’Ecole.
Ce coût inclus :
- des achats directs et régulier (eau traitée, savon, papier de toilette, etc.),
- l’acquisition et le remplacement d’outil d’entretien courant (balai, sceau, serpillère,
etc.)
- des prestations prévues destinées à assurer le bon fonctionnement et le bon
entretien des infrastructures (vidanges des latrines, entretien du point d’eau, etc.)
- des prestations imprévues (panne, casse, perte, etc.)
- l’acquittement d’abonnement (facture d’eau auprès d’un opérateur ou électricité),
- la main d’œuvre nécessaire au fonctionnement et à l’entretien courant des
infrastructures (nettoyage quotidien des toilettes, gestion de déchets solides, etc.)
- Etc.
Le coût de l’accès à l’eau et l’assainissement dans les écoles doit faire partie du budget global
de l’établissement scolaire.

3
DINEPA, WASH Cluster et OMS, août 2010

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5. Les intervenants (Organisations Non Gouvernementales ou Organisations Internationales)
qui sont impliqués dans la construction ou la réhabilitation d’infrastructures en eau et
assainissement dans les écoles doivent :
- Intervenir avant tout dans les établissements où la Direction montre un intérêt réel
pour l’amélioration des conditions en termes d’EPA et d’hygiène et qui montre une
certaine capacité à assurer la bonne gestion des infrastructures EPA nouvelles ou
réhabilitées.
- Respecter les designs validés (par le MEN et la DINEPA)
- Respecter les standards et les directives validés (par le MEN et la DINEPA)
- Respecter un principe de proportionnalité entre les investissements consentis et les
coûts d’entretien et de maintenance. Par exemple mieux vaut construire une latrine
plus petite qui devra être vidangée chaque année (et dont le coût de la vidange
devra être inscrit dans le budget annuel de l’école) qu’une latrine plus grande dont le
coût de vidange risque de ne pas être budgéter et donc qui ne pourra être vidangée
une fois pleine…
- Etablir avec chaque Direction d’Ecole un plan de gestion et d’exploitation de l’eau et
de l’assainissement au niveau de chaque établissement scolaire. Ce plan doit
contenir un budget de fonctionnement annuel (et mensuel) relatif à l’eau et à
l’assainissement. Le plan doit établir que l’école est en mesure d’assurer le
financement complet des frais induit par l’accès à l’eau et l’assainissement.
- Etablir avec la Direction de l’Ecole et avant la réalisation de travaux, un protocole
d’entente vis-à-vis de l’accès à l’eau et l’assainissement. Ce protocole doit être signé
entre l’ONG ou OI, la Direction de l’Ecole concernée et le MEN et doit engager la
Direction de l’Ecole par rapport au respect du plan de gestion et d’exploitation et à
l’acquittement des frais s’y référant. Une clause devrait aussi limiter l’augmentation
des frais de scolarité.
- Assurer une assistance et une formation auprès du personnel scolaire en matière de
gestion et d’exploitation de l’eau et de l’assainissement.
- Assurer la promotion des bonnes pratiques liées à l’eau, l’assainissement et l’hygiène
auprès des élèves. Promouvoir aussi le respect de l’environnement.
- Assurer un suivi pluriannuel sur la mise en œuvre et le respect du plan de gestion et
d’exploitation de l’eau et de l’assainissement dans l’école concernée.

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