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Général LUDENDORFF

Ancien chef d'état major général


des armées allemandes

La guerre totale

FLAMMARION
3 Général LUDENDORFF

La guerre totale

CHAPITRE PREMIER
Caractère de la guerre totale

Loin de moi l'idée d'écrire une théorie de la guerre. Je suis, comme je l'ai dit si souvent, hostile à
toute théorie. La guerre est réalité – réalité des plus grave dans la vie d'un peuple. C'est elle que je veux
montrer ici, sans pour cela "porter des hiboux à Athènes", c'est à dire, sans vouloir insister sur des généralités
communément acquises; par contre, je m'adresserai au peuple, à un chacun dans le peuple, et traiterai donc
en détail différentes matières qui lui échappent nécessairement. Le peuple doit apprendre à connaître
l'essence même de sa lutte pour la vie. Ce ne seront pas d'indigestes ouvrages scientifiques sur la guerre qui
l'éclaireront, mais des exposés aussi accessibles que brefs. Ce que j'apporte ici, c'est l'expérience personnelle
la plus authentique de la guerre, et non pas un commentaire officiel, comme on pourrait le supposer à
l'étranger.
Le maître de l'art de la guerre, von Clausewitz, dans son ouvrage Vom Kriege, qu'il composa il y a
cent ans, en se basant sur les expériences alors acquises dans les campagnes de Frédéric le Grand et de l'ère
napoléonienne, établit avec raison que la guerre est l'acte de violence par lequel un État veut en réduire un
autre à sa merci. Dans ses considérations sur les moyens d'atteindre ce but, Clausewitz ne songe qu'à
l'anéantissement des seules forces militaires de l'ennemi. Ceci est devenu le principe indiscutable de toute
stratégie et l'observation de celui-ci le premier devoir de la stratégie de la guerre totale. Ce que Clausewitz
dit de l'idée d'anéantissement sur le champ de bataille, gardera toujours sa signification profonde. Le général
comte von Schlittage a remarquablement formulé cela dans sa préface à une édition de l'œuvre de
Clausewitz, de 1905. Je ne puis que le souligner. Pour le reste, l'œuvre Clausewitzienne représente le résultat
d'une évolution historique aujourd'hui anachroniques et en tout point dépassé; l'étude même de cette œuvre
risquerait de créer la confusion.
Le temps n'est plus aujourd'hui, où l'on pouvait encore constater différents modes de la guerre,
comme le faisait Clausewitz. Il les commentait ainsi :
"Plus les motifs de la guerre seront puissants et grandioses, plus ils embrasseront l'existence toute
entière des peuples, plus la tension qui précède la guerre sera violente, et plus la guerre se rapprochera de sa
forme abstraite et ne tendra davantage qu'à l'écrasement de l'ennemi; les buts militaires et politiques
coïncideront; la guerre paraîtra enfin purement guerrière et de moins en moins politique. Mais plus les
tensions et les motifs seront faibles et plus la tendance naturelle de l'élément guerre, c'est à dire la violence,
s'écartera des directives politiques, plus la guerre sera par conséquent détournée de sa tendance naturelle;
l'utilité politique sera différente du but d'une guerre idéale; la guerre paraîtra devenir exclusivement
politique."
Clausewitz, dans le passage suivant de ses considérations, parvient à entrevoir de plus près les causes
du nouveau mode de guerre :
"Il est vrai, la guerre elle-même, dans son essence et ses modes, a subi d'importantes transformations
qui l'ont rapprochée de sa forme absolue : mais ces transformations ne se sont pas produites du fait que le
gouvernement français se serait, pour ainsi dire, émancipé de la tutelle de la politique traditionnelle; elles se
sont produites à la faveur de la politique, elle même transformée, procédant de la Révolution française, tant
pour la France que pour toute l'Europe. Cette politique a mis en mouvement d'autres moyens, d'autres forces
et, par là, a rendu possible une énergie stratégique inconcevable en d'autres circonstances."
Déjà à l'époque de Clausewitz, le temps des guerres de cabinet était révolu, c'est à dire des guerres
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que les gouvernements faisaient au moyen de leurs armées de métier et auxquelles, généralement, les
populations ne prenaient part que dans la mesure où elles se voyaient frappées d'impôts ou bien se trouvaient
immédiatement lésées par les marches des troupes, les quartiers d'hiver et les combats. La Révolution
française venait d'engager des forces populaires tout autres, mais la guerre n'avait pas encore réalisé, pour
parler avec Clausewitz, sa forme abstraite ou absolue. Les campagnes de 1866 et de 1870-71 n'avaient pas
apporté d'éclaircissements nouveaux sur la nature de la guerre bien qu'en France, sous le gouvernement
Gambetta, la guerre eût pris des formes qui révélèrent une énergie de commandement stratégique et une mise
à contribution de la nation inaccoutumées jusqu'à ce jour. Il me faut l'avouer, la stratégie allemande de 1870-
71 se trouva singulièrement désemparée en face de ce phénomène nouveau. En Allemagne, tout compte fait,
la guerre était demeurée la tâche exclusive de l'armée. Notre état-major en était encore aux conceptions
clausewitziennes. D'un caractère sans précédent fut la guerre mondiale qui rompit avec toutes les formes
d'hostilités connues depuis cent cinquante ans.
Non seulement les forces armées des États belligérants, poursuivant leur destruction réciproque,
menaient les opérations, mais les peuples eux-mêmes se voyaient prendre par à l'action, la guerre maintenant
les atteignait directement et les entraînait dans les pires souffrances. Et dans mes Mémoires de guerre, je
caractérisais ainsi ce conflit :
« Les armées et les flottes combattaient les unes contre les autres, de la même manière qu'elles
l'avaient fait autrefois, tout en déployant des forces plus puissantes que jamais. Mais, à l'encontre du passé,
les peuples se massaient avec toute leur énergie derrière leurs armées...
Dans cette guerre, il était difficile de distinguer où commençait la force armée proprement dite, où
s'arrêtait celle du peuple. Peuple et armée ne faisaient plus qu'un. Le monde assistait, au sens propre du mot,
à la guerre des peuples. De toutes leurs forces, les puissants États de la terre s'affrontaient. Aux combats sur
des fronts immenses et sur les mers lointaines, se joignait la lutte contre les forces psychiques et vitales des
peuples, qu'il s'agissait de dissocier et de paralyser. »
La guerre totale qui n'est pas seulement l'affaire des forces armées, mais qui touche aussi la vie
immédiate et l'âme de chaque membre des peuples belligérants, n'était pas née uniquement des conditions
politiques nouvelles où s'affirmait toujours plus nettement la concurrence entre le peuple juif et l'Église
romaine, aspirant fiévreusement tous deux à dominer les peuples, à les affaiblir, à saigner à blanc les
récalcitrants; mais aussi du service militaire obligatoire, vu la densité croissante de la population, et enfin des
moyens de combat dont les effets se montrèrent toujours plus destructifs. Le temps des différents genres de
guerres était révolu. Depuis, la guerre totale a gagné en profondeur, tant au perfectionnement et à
l'augmentation de l'aviation qui lance non seulement des bombes, mais aussi des tracts et des brochures de
propagande sur les populations, qu'au perfectionnement et à l'augmentation des stations radiophoniques qui
diffusent la propagande du côté de l'ennemi. Si dans la guerre mondiale, les armées ennemies combattaient
déjà sur des zones immenses qui, comme la guerre elle-même, lésaient durement la population du pays
envahi, aujourd'hui, le champ de bataille au sens propre du mot, s'étendra sur la totalité des territoires des
peuples belligérants. La population civile, comme les armées subira l'action directe de la guerre, quoique
échelonnée dans chacune de ses parties, elle aura à souffrir de ses moyens indirects, matériels et moraux, du
blocus de la faim, de la propagande ennemie, tout comme naguère, les habitants des places fortes assiégées,
que la misère et l'épuisement obligeaient de capituler. La guerre totale ne vise donc pas seulement l'armée,
mais aussi les peuples. C'est là une vérité inexorable et indubitable, et tous les moyens de combat devront s'y
conformer toujours. « Œil pour œil, dent pour dent », telle sera la véritable devise de la guerre totale. Cela
créera de formidables tensions chez tous les peuples belligérants1.
De par son essence même, la guerre totale ne peut être faite que si l'existence du peuple entier est
menacée et s'il est décidé à en assumer la charge. Oui, le temps des guerres cabinets est révolu, de ces
guerres aux buts politiques limités, bien plutôt actes de brigandage que luttes animées d'un profond sentiment
du droit, comme l'est une guerre pour la conservation de la vie d'un peuple. Aussi, les « guerres coloniales »
où l'on voit une peuplade, une tribu, ne lutter que pour leur existence et où l'adversaire peut les écraser
purement et simplement, ont-elles pour cette peuples, cette tribu, le caractère de la guerre totale et elles la

1 Toutes les conférences de désarmement manquent aux lois sacrées de la conservation raciale et doivent
nécessairement rester sans résultat. Seuls l'élimination de l'impérialisme judéo-romain et le réveil racial des peuples
contribueront à la paix.
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mèneront pour des raisons morales. Pour le reste, ces expéditions, actes des plus immoraux, ne méritent à
aucun titre la désignation noble et grave de guerre. Elles sont provoquées par l'amour du gain, non par la
volonté de sauver l'existence de la communauté2.
Des conséquences saisissantes découlent nécessairement du caractère de la guerre totale.
De même que depuis Clausewitz, donc depuis près d'un siècle, le caractère de la guerre s'est modifié, de
même se sont modifiés les rapports entre la politique et la guerre. La politique elle-même, par conséquent,
aurait dû changer. En citant des passages du livre De la Guerre, j'ai déjà pu montrer comment von
Clausewitz, à son époque, imaginait les rapports de la politique et de l'État-Major. Il n'envisageait que la
politique extérieure qui règle les rapports entre les États, déclare la guerre et conclut la paix. Clausewitz ne
songeait pas un instant qu'il pût y avoir une autre « politique ». Selon lui, la politique extérieure était bien
plus importante que la guerre, et encore qu'il accordât quelque intérêt à l'État-Major, c'est à dire au général en
chef, la guerre et la stratégie militaire, à ses yeux, dépendaient étroitement de la politique extérieure, ainsi
que le confirme le passage suivant :
« Nous voyons donc que la guerre n'est pas seulement un acte politique, mais qu'elle est aussi un
élément, une continuation des relations politique, une poursuite de celle-ci par d'autres moyens. Ce qui alors
demeure particulier à la guerre ne tient qu'à la particularité de ses moyens. Empêcher que les tendances et les
intentions de la vie politique ne se mettent pas en contradiction avec ces moyens, c'est ce que l'art de la
guerre peut exiger d'un général et ce que le chef peut exiger dans chaque cas isolé. A vrai dire, cette exigence
n'est pas peu de chose, mais si fort qu'elle puisse réagir dans ces cas isolés sur les intentions politiques, il
faudra cependant la considérer toujours comme une modification de celles-ci. Car l'intention politique est le
but, la guerre est le moyen, et jamais le moyen ne peut être conçu sans le but. »
Plus loin, Clausewitz ajoute :
« Donc : la guerre est un instrument de la politique. Elle doit nécessairement en avoir le caractère;
elle doit mesure avec ses mesures. La conduite de la guerre, dans ses grandes lignes, n'est que la politique
elle-même qui change la plume contre l'épée, mais n'en cesse pas moins de raisonner selon ses propres
lois . »
Il se peut que Clausewitz lui-même ai finalement eu des doutes à l'égard de ce rôle privilégié de la
politique extérieure. Dans un autre passage, il écrit, mais sans toucher le point essentiel, qu'il s'agit, somme
toute, non tant de la politique extérieure que de la politique générale d'un État :
« Le fait que la politique attend de certains moyens et de certaines mesures de guerre, un effet
contraire à leur nature même, s'est présenté fort souvent et montre qu'un certain discernement dans l'art de la
guerre ne devrait pas manquer à la direction des affaires politiques. »
Pour diriger la politique extérieure comme l'exige la nature de la guerre, la « direction des relations
politiques » requiert un certaine discernement, non seulement de la nature même de la guerre, mais surtout
du caractère que la guerre a pris, et de la façon dont se créent les problèmes que doivent résoudre les
dirigeants du peuple, pour maintenir la vie dans tous les domaines. Ce qui importe n'est pas une « certaine
pénétration » des hommes d'État, mais le bien du peuple tout entier pieusement entretenu et conservé durant
toute une suite de générations.
Troublés par les doctrines de von Clausewitz, le gouvernement, la bureaucratie, le peuple, et j'y
insiste, nombre d'officiers ne saisissaient pas, avant et pendant la guerre, cette vérité indispensable. Le
gouvernement et les fonctionnaires ne comprenaient pas que la politique avait une tâche toute nouvelle, et le
peuple ne concevait pas ce que la guerre exigerait de lui. Dans la guerre mondiale, la politique eût dû enfin
déployer toute la force vitale du peuple et se consacrer à la création de ses formes de vie. Le peuple devait
comprendre qu'il lui faudrait en toute cohésion, sacrifier jusqu'à la dernière chose, pour l'armée et pour lui-
même. Dans mes souvenirs de guerre, je donne la base d'une telle politique créatrice des formes de vie du
peuple. J'insiste particulièrement sur les forces animiques du peuple dont Clausewitz ne souffle mot dans son
traité de la guerre, et que la guerre cependant met si fortement à contribution, ainsi que je l'ai pu éprouver
moi-même, dès les premiers jours d'hostilité à Liège :
« Ce conflit mondial, cette guerre des peuples nous demandaient à nous, allemands, sur qui elle
pesait de tout son poids, d'immenses sacrifices. Si nous voulions la gagner, chacun de nous devait donner

2 La guerre que les États-Unis menaient contre le peuple allemand, sur le continent européen, avait un caractère de
guerre coloniale. Il s'agissait de sauver l'argent des capitalistes internationaux.
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jusqu'à son dernier souffle, au sens propre du mot, jusqu'à la dernière goutte de notre sueur et de notre sang.
De plus, il nous fallait rester valeureux et confiants dans la victoire; malgré les misères que l'adversaire nous
prodiguait, malgré la propagande ennemie, extérieurement imperceptible, mais d'une force inouïe.
L'armée et la marine ont des racines dans la patrie comme le chêne en a dans la terre allemande.
Elles vivent de la patrie et puisent en elle dans leur force. Elles peuvent conserver, mais non engendrer ce
dont elles ont besoin. Elles ne peuvent se battre ou lutter qu'avec ce que la patrie leur donne en forces
animiques, matérielles et physiques. Celles-ci leur permettent de vaincre, leur inculquent le sens du
dévouement parfait, l'aspiration au sacrifice, dans la lutte journalière et au milieu des calamités de la guerre.
Elles seules pouvaient assurer le succès final de l'Allemagne. Avec elles, la patrie menait contre le monde
cette lutte de Titans, encore que les alliés aidassent et que les territoires occupés fussent exploités dans la
mesure qui convient aux lois de la guerre terrestre.
La patrie devait ainsi donner à la marine et à l'armée de nouvelles forces de tension morale, des
hommes et du matériel de guerre et ce faisant, la rajeunir.
Il fallait fortifier l'état d'âme et la volonté guerrière au foyer; gare à nous s'ils subissaient des
dépressions ! Plus la guerre durait, plus les dangers devenaient grands et plus il y avait d'obstacles à
surmonter, plus il fallait à l'armée et à a marine un réconfortant animique et moral.
Dans la conduite de la guerre, il convenait de déployer et de maintenir à l'extrême les forces
intrinsèques et matérielles de la patrie (et aujourd'hui, j'ajoute tout spécialement, les forces animiques).
C'étaient là les tâches incommensurables de la patrie, qui n'était pas seulement le fondement sur
lequel reposait la fierté de notre force armée qui ne devait pas subir d'échec, elle était aussi la source
dispensatrice d'énergies qui devait rester puissante et pure, afin de retremper les nerfs des soldats et des
marins et de toujours renouveler leurs forces. On ne pouvait pas séparer les forces du peuple et de l'armée si
intimement mêlées. La capacité guerrière des armées face à l'ennemi, dépendait directement de la capacité
guerrière du peuple chez lui. Une façon de travailler et de vivre pour la guerre se créait dans le pays même,
comme on ne l'avait encore jamais vu. Et cette façon de vivre, de travailler, le gouvernement, le chancelier
du Reich responsable devaient la faire naître et la maintenir en pleine forme... On n'a rien exigé de plus grand
que de mettre à la disposition de l'empereur, pour vaincre sur les champs de bataille, la force unie du peuple
allemand... Le travail et l'action du gouvernement gagnaient ainsi une signification décisive pour la guerre...
Il n'en pouvait être autrement... C'est dans le pays que la puissance d'action résidait et c'est sur le front
ennemi que cette force se manifestait. »
La politique, le gouvernement et le peuple eussent donc eu des tâches considérables à remplir déjà à
l'époque du conflit mondial. Ces tâches seront encore plus difficiles à remplir, si le peuple doit souffrir de
l'action directe de la guerre, et non plus seulement du blocus, de la faim et de la propagande ennemie. La
prochaine guerre exigera encore tout autre chose du peuple. Ce sera la disponibilité absolue de ses forces
animiques, physiques et matérielles. Dans l'avenir, la dépendance de l'armée par rapport au peuple et,
particulièrement par rapport à sa cohésion animique, s'affirmera dans une plus large mesure encore qu'en
1914-18. Les puissances ennemies, avec une très grande logique, s'efforçaient déjà de détruire cette cohésion
du peuple allemand. Dans l'avenir, ce sera normalement le but même de leur propagande, à côté de la
destruction des armées, Dès la fin du conflit mondial, j'écrivais dans mes souvenirs de guerre :
« L'Allemagne ne devrait-elle pas employer ce puissant moyen de guerre (la lutte contre l'ennemi à
l'intérieur du pays), dont elle a souffert journellement ? Ne devrait-elle pas ébranler de la même façon le
moral des peuples ennemis, comme l'adversaire le faisait chez nous, malheureusement avec tant de succès ?
De son côté, la patrie devrait mener cette lutte en passant par les pays neutre d'abord, puis de front à front. A
vraie dire, l'Allemagne ne pouvait pas user de cette puissante arme : faire subir aux habitants des pays
ennemis le blocus de la faim.
Le caractère de la guerre totale exige toute la force d'un peuple dès qu'elle se dresse contre lui.
Suivant cette évolution et sous l'influence de faits immuables, le cercle des devoirs de la politique
aurait dû s'élargir et transformer la politique même. Celle-ci doit, comme la guerre, avoir un caractère total.
Pour obtenir le maximum de puissance d'un peuple dans une guerre totale, la politique doit s'identifier au
principe conservateur de la vie du peuple, fait à sa mesure. Elle doit observer très exactement les besoins du
peuple dans tous les domaines et non point en dernier lieu dans le domaine psychique. Comme la guerre
exige la plus haute tension, la politique totale doit déjà en temps de paix se préparer à soutenir cette lutte
vitale du temps de guerre. Elle doit affermir la base de cette lutte et la rendre si puissante qu'elle ne puisse
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être ni déplacée, ni ébranlée, ni entièrement détruite par les efforts de l'ennemi.


Le caractère de la guerre et celui de la politique étant changés, les rapports entre la politique et la
stratégie militaire doivent se modifier. Toutes les théories de von Clausewitz sont à remplacer. La guerre et la
politique servent la conservation du peuple, mais la guerre reste la suprême expression de volonté de vie
raciale. C'est pourquoi la politique doit servir la guerre.
Plus les peuples reprennent conscience de leur race, plus l'âme du peuple se manifeste, plus les
conditions raciales de leur vie sont clairement comprises, et mieux on discernera les menées destructives des
puissances occultes internationales, du peuple juif et de l'Église romaine qui, dans leur désir de dominer le
monde et dans leurs procédés politiques, piétinent les peuples, plus se constituera d'elle-même une politique
qui cherchera une conservation vitale du peuple et qui aura conscience des exigence de la guerre totale. Elle
sera purement et simplement la politique raciale et se mettra docilement au service de la guerre, car tous les
deux n'ont qu'un seul but : la conservation du peuple.
CHAPITRE II
La cohésion animique du peuple, base de la guerre totale

L'armée a ses racines dans le peuple, dont elle est une partie intégrante; dans la guerre totale l'armée
sera à la mesure des forces physiques, économiques et animiques du peuple. La force animique est ce qui
donne à l'armée et au peuple la cohésion indispensable à la lutte pour la vie et la conservation de la race dans
une guerre qui, au lieu de se terminer demain si elle éclate aujourd'hui, se prolongera indéfiniment. La
cohésion animique est ce qui en dernier lieu, décide de l'issue de cette lutte pour la vie. Sans doute aucun
État ne néglige-t-il aujourd'hui l'armement, l'équipement et l'instruction de son armée. Seule cependant la
cohésion animique rend un peuple capable de nourrir l'armée en train de lutter péniblement au front, d'une
force animique toujours nouvelle, de travailler pour elle et de soutenir les calamités de la guerre et les lésions
infligées par l'ennemi en faisant preuve d'une volonté joyeuse de résister et de vaincre. Sans doute qu'en
temps de paix, par rapport à la cohésion animique du peuple, l'armée occupe-t-elle une sorte de position
particulière : mais avec la mobilisation, où des millions de frères de race quittant leur état de réserviste
viennent renforcer l'armée, cette position particulière disparaît jusqu'à ce que peu à peu la constitution
animique du peuple, et cela d'autant plus que la guerre sera longue, devienne la constitution animique de
l'armée elle-même et puisse dominer entièrement en elle dans le cas où les événements du front ne
transmettraient pas immédiatement au peuple et à l'armée de nouvelles forces animiques...
Au cours de la guerre de 1870-71, en France, sous le coup des victoires allemandes, entre Spichern et
Woerth le 6 août, et de Sedan, le 1er et le 2 septembre 1870, donc au bout de quelques semaines de lutte,
toute cohésion entre le gouvernement et l'armée avait disparu. Rien n'existait encore qui pu y suppléer.
L'empereur Napoléon III abdiqua. C'est alors que le juif Gambetta put développer les forces du peuple
français et rétablir l'unité morale entre le peuple et l'armée, jusqu'à ce que vînt le menace d'une révolution
communiste qui ne se réalisa pas.
Durant la guerre mondiale, l'empereur, l'armée et le peuple allemands restèrent d'abord unis, en dépit
de la social-démocratie qui, dès les premiers jours, voulut saboter la guerre, c'est à dire, la mobilisation.
Lentement, la propagande socialiste révolutionnaire gagnait du terrain dans le peuple. Peu à peu, elle
atteignait les réservistes et les permissionnaires, et, toujours plus profondément, pénétrait l'armée. Quand, le
26 octobre 1918, je fus mis en disponibilité et quand, abandonné par son armée, l'empereur sur les conseils
même de l'État-Major, quitta L'Allemagne le 10 novembre suivant, la propagande révolutionnaire devint la
révolution. Elle priva de leur force de résistance le peuple et l'armée : la défaite militaire fut son œuvre. La
guerre était perdue. La vieille armée ayant cessé d'exister, le peuple allemand, désarmé, se trouva dépourvu
de sa cohésion animique.
En Russie, au mois de mars 1917, deux ans et demi après le début des hostilités, les groupes
radicaux, avec l'aide des officiers, renversaient le Tsar. La révolution contamina l'armée qui se désagrégeait
au fur et à mesure que le bolchévisme se répandait dans le peuple. L'armée tsariste disparut. Sans être
inquiétés par l'intervention ennemie, les bolchévistes réussirent à créer une nouvelle force armée qui n'avait
rien de commun avec les grandes masses du peuple.
Selon les jugements superficiels d'alors, les causes apparentes des symptômes révolutionnaires en
France, en Allemagne, en Russie, résidaient dans leur « politique intérieure » respective. Dans les trois pays,
il s'agissait, semblait-il, d'un bouleversement de la société et du mode de gouvernement, suscité par les
classes populaires qui, mécontentes, rendaient en partie responsable de la guerre et de ses malheurs les
gouvernements. Les causes de ces événements sont encore ailleurs.
En France, sous le second Empire, la franc-maçonnerie et les juifs abattaient bientôt la domination
des Jésuites avec le concours de nombreux « mécontents » qui, sous l'influence judéo-maçonnique, ne
cessèrent de livrer une opposition de plus en plus rigoureuse à l'empereur Napoléon. L'insatisfaction générale
des masses populaires, l'écho des appels véhéments de l'âme raciale dans le peuple français, acculé par
l'armée allemande, permirent aux juifs et aux Francs-Maçons, grâce à leurs efforts conjugués pour la
réalisation de leurs visées, de développer la résistance nationale, dans le seul but d'hériter de la domination
des Jésuites sur le peuple français.
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En Allemagne, les Juifs et l'Église romaine, secondés de leurs complices, profitèrent des désordres
économiques et sociaux pour détruire la cohésion du peuple. Ces puissances assoiffées de domination
universelle, déjà maîtresses de la finance mondiale, avaient , au moyen d'un ordre économique purement
capitaliste d'une part – et de doctrines collectivistes et socialo-communistes d'autre part, elles-même semé
ces désordres parmi les peuples et, par conséquent, parmi le peuple allemand. Ces peuples naïfs accueillaient
pleins d'espoir leur promesses de bonheur et, accentuant leurs dissensions intestines et forgeant leur propre
esclavage, faisaient du même coup le jeu de ces puissances occultes. Ayant semé le germe du mal, Judas et
Rome, sous prétexte de la guérir, intervenaient une fois de plus pour achever leur désunion sociale et, par un
total anéantissement des forces physiques, économiques et animiques des peuples progressivement
désemparés et livrés au collectivisme, pour les laisser disparaître soit dans l'État théocratique romain, soit
dans la république universelle des juifs3. Séparer de son armée l'empereur pour le faire tomber, détruire la
vieille armée, - tels étaient les moyens d'atteindre le but. Intellectuels de toute sorte, égoïstes en partie abêtis
par les forces occultes, franc-maçonnisés, masses ouvrières justement mécontentes, Allemands catéchisés par
Rome pour accomplir en quelque sorte la volonté divine, se laissant ainsi dresser contre l'État et l'Armée –
tout ce monde constituait les instruments de Rome et de Judas. Avant la guerre mondiale, la politique du
gouvernement allemand consistait à assister passivement aux agissements de ces éléments, abandonnant ainsi
sans résistance le peuple aux visées ambitieuses de Judas et de Rome, à leurs complices maçonniques et
romains constitués en sociétés secrètes alors à l'œuvre jusque dans les cadres de l'armée. Aussi le
déchirement de l'âme allemande qui en résultait, était-il déjà sensible à la veille de la guerre. L'armée, en
raison de ses fonctions, restait à l'écart de ce drame, encore que dans l'état d'abandon systématique où elle se
trouvait par suite d'une telle politique et de ses symptômes, elle eût eu toutes les raisons de se préoccuper
activement de ces faits alarmants et de leurs conséquences désastreuses en cas de guerre. Mais « faire de la
politique » ou seulement démontrer les véritables causes et les suites terribles e ce déchirement intérieur eût
été un crime si l'on avait pu en connaître la vraie nature. Un certain enseignement de caractère monarchique,
en fin de compte absolument insuffisant, avait mission de fortifier l'esprit de l'armée et des classes appelées.
Mais l'armée elle-même restait étrangère à la vie politique allemande comme du reste la majeure partie du
peuple allemand. On ignorait encore les bases d'une vie raciale populiste, fait capital qui peut excuser les
dirigeants d'alors, mais qui ne dégage pas la responsabilité des hommes d'Etat, spectateurs négligents ou
désemparés des menées des destructeurs du peuple. Ceux-ci avaient la partie belle. A vrai dire, cette partie
fut compromise non par le gouvernement, non par l'action de l'armée, mais uniquement par le réveil de l'âme
raciale qui, devant la « menace du danger de guerre » et devant la mobilisation, mit les classes ouvrières
induites en erreur, au service du Peuple et de l'État-Major, et les retint de se lancer dans l'acte désespéré : ne
pas répondre à l'appel de la classe et entraver la mobilisation à l'entrée en campagne.
Les accents de cette âme du Peuple en danger de mort, les gestes conscients d'une grande partie de la
population en faveur de la guerre et l'action de l'armée retardèrent, pour un certain temps encore, le progrès
des corrupteurs du peuple. En attendant, ils exploitèrent la force du peuple allemand et de l'armée pour
abattre la vieille Russie qu'ils abhorraient. Quand cela fut fait en 1917, ils purent commencer ouvertement
leur œuvre de destruction : anéantir la cohésion animique du peuple, abaisser de plus en plus sa capacité de
production pour l'armée, porter l'esprit révolutionnaire dans les rangs de cette dernière, et briser sa force de
résistance. Moi-même je cherchais, il est vrai, à surmonter la désagrégation morale de l'armée, dès qu'en
apparurent les premiers signes, par un enseignement patriotique établi sur une base beaucoup plus large que
celle du temps de paix. Mais cela même demeurait un moyen insuffisant, d'ailleurs étranger au corps des
officiers qui avaient mission d'élaborer cet enseignement. Ce corps même était politiquement et racialement
faible. Les effets de la destruction morale s'avéraient de plus en plus évidents. Je les avais imputés d'abord au
blocus de la faim et à la propagande ennemie qui existait réellement. Mais autrement néfastes étaient les
menées des agents du peuple juif et de Rome, cachés dans le peuple allemand, celles des agents de partis et
d'organisations politiques, économiques et « matérialistes ». Ils finirent par travailler avec le service de
propagande ennemie et en furent le porte-parole le plus efficace. Si déjà en 1826, lord Canning avait pu dire :
« L'Angleterre dispose d'Eole, dieu des Vents », et ajouter que si elle prenait part à une guerre « nous verrons

3 Je dois m'en tenir ici à cette affirmation. Dans Kriegshetze un Völkermorden in den letzen 150 Jahren et dans Wie
der Weltkrieg 1914 gemacht wurde, j'ai donné sur ce sujet un aperçu historique et j'ai également montré comment les
peuples ont été menés les uns contre les autres par les puissances internationales.
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se rassembler sous nos drapeaux, tous les inquiets et les révoltés, sincères ou non, dans les pays avec lesquels
nous nous trouverons en conflit », au cours de la guerre mondiale, nos ennemis réalisèrent cette prophétie –
conformément aux instructions des puissances occultes internationales. Ignorant tout de leurs trames, le
peuple allemand se laissa prendre trop facilement à des calomnies et à des promesses. Et comme le
gouvernement, en dépit de mes efforts, continuait à assister impuissant, ou intentionnellement impuissant, à
cet état de choses, sans éclairer le peuple sur la gravité de la situation, ce qui devait arriver, arriva. La
cohésion animique et la force de résistance du peuple allemand, sans qu'on songeât même à les soutenir,
s'épuisèrent totalement. Puis, la cohésion de l'armée s'effrita à son tour, encore que certains régiments eussent
accompli des prouesses héroïques devant l'ennemi. Et ce fut le désarmement de L'Allemagne, proie
désormais facile pour les Juifs, l'Église romaine et les peuples ennemis.
Je ne rappellerai que brièvement le développement de la révolution russe. Les Juifs, les Francs-
Maçons et Rome avaient exploité le mécontentement fondé ou non, d'une grande partie du peuple russe tant
craint par eux et par eux induit en erreur, pour renverser la dynastie des tsars, anéantir son armée et faire
sombrer ses forces dans la révolution bolchévique, par un flot de sang et des violences inouïes, tant et si bien
que ce peuple pouvait dès lors être marchandé, vendu par les Juifs, alors que Rome, au contraire, se voyait
trompé dans ses espérances.
En Autriche-Hongrie, la révolution avait un caractère partiellement différent, parce que des forces
racistes agissaient également chez les Roumains, les Serbes, les Croates, les Slovènes, les Tchèques. Mais de
même que les Français en 1870-71, ils furent également exploités par les Juifs qui cherchaient à concilier
leur domination avec les peuples soi-disant « libérés ».
Les faits que j'expose ici en de brefs aperçus sont des expériences de guerre. Je les reprends pour
montrer quels étaient les « mécontents » qui tendent à l'effondrement de la cohésion animique des peuples et
de leurs armées. Et aussi pour montrer combien il est nécessaire que les armées aient derrière elles l'appui
d'un peuple à l'âme forte et unie. Dans le cas seulement où une armée réussirait, par un premier assaut
frénétique, à vaincre les forces des armées ou des peuples ennemis, la cohésion de la nation n'offrirait peut-
être plus une importance décisive. Mais on ne saurait compter sur un cas aussi exceptionnel, surtout si l'on
doit s'attaquer à des forces supérieures. Il faut donc se méfier de tous les « mécontents » qui dès le début des
hostilités déploient une activité de grande envergure et peuvent anéantir dans le premier assaut l'espoir de la
victoire. Plus on leur laisse cette possibilité, et plus l'adversaire l'exploitera, c'est à dire qu'il cherchera à
ébranler le peuple ennemi lui-même tout au début de la guerre. Et j'en arrive à un autre problème.
Dans chaque pays, le devoir le plus urgent du gouvernement est de démasquer les adversaires les
plus acharnés de l'unité nationale, de procéder aux mesures efficaces et de connaître les vrais moyens
d'obtenir la cohésion du peuple. Le devoir le plus urgent des chefs civils est de réaliser à tout prix cette
cohésion – ceci constituant leur devoir proprement racial de toute politique totale. Aussi est-il nécessaire que
tout en identifiant les adversaires de cette cohésion, on se fasse une conception juste de sa nature et de ses
bases.
Par exemple, l'Italie et la Russie soviétique, vue du dehors, semblent constituer chacun un peuple
uni. Mais tout regard scrutateur y percevra les tensions qui désagrégeront les peuples de ces deux États
aussitôt que le déclenchement d'une guerre leur permettra d'exploser. La cohésion extérieure d'un peuple
réalisée par contrainte, à laquelle, en l'absence de toute communauté consciente de race et d'expérience
raciale de Dieu, l'âme du peuple ne participe pas, n'est point cette cohésion que le peuple et l'armée doivent
constituer en temps de guerre, mais une illusion systématique, dangereuse pour le gouvernement et l'État.
Toute autre est la cohésion du peuple japonais; elle est véritablement animique et repose
essentiellement sur le shintoïsme qui, mettant le Japonais au service du mikado, le maintient ainsi dans la
voie de la vie commune avec les ancêtres. Sa dévotion au mikado et partant son dévouement à l'État, lui sont
prescrits par son expérience de Dieu. Le shintoïsme, émanant du fond racial japonais, correspond aux
aspirations du peuple et aux besoins de l'État. Et nous voyons aujourd'hui, non seulement que le Japonais en
est conscient lui-même, mais que le shintoïsme est fort appuyé et que la divinité du mikado ne saurait être
contestée. Dans l'unité de l'héritage racial et de la croyance dans les formes de vie qui en procèdent réside la
force japonaise. Cependant le shintoïsme, comme toute religion, recèle de graves dangers pour le peuple
japonais, que je n'ai pas à signaler ici.
Les peuples devenus chrétiens ne se trouvent plus comme le peuple japonais dans l'heureuse
situation de posséder une croyance spécifiquement raciale, fondée dans la cohésion du gouvernement et du
11 Général LUDENDORFF

peuple, du peuple et de l'armée, et de toute la vie ethnique. En effet, la doctrine chrétienne provient d'une
croyance étrangère qui se trouve en profonde contradiction avec notre fond racial, qui le mine lentement, en
énervant la cohésion animique de notre peuple qu'elle laisse sans défense. Si les Juifs et l'Église chrétienne
laissaient encore aux peuples leurs valeurs nationales, c'est qu'ils ne peuvent étouffer complètement en eux la
voie du sang. Mais, par la suite, ils exploitent ces valeurs nationales pour dresser les peuples les uns contre
les autres. Ce qui ne change en rien l'effet de la doctrine chrétienne sur l'individu : le résultat en reste
désastreux. Seul le peuple juif, selon la doctrine chrétienne aurait ainsi le droit de vivre afin de maintenir sa
race et ses coutumes.
On ne pourra reconnaître toute l'étendue de cette vérité qu'après avoir mûrement médité sur ce qui
permit aux Juifs et à l'Église romaine de désorganiser le peuple allemand pendant que celui-ci luttait pour sa
vie. On y parvient par de savantes recherches, enrichies par l'expérience de la guerre, aux sources mêmes de
l'histoire et, avant tout, dans la Bible qui expose très ouvertement les buts juifs et le contenu de la doctrine
chrétienne en tant que moyen de propagande pour les réaliser. Il suffit, pour s'en rendre compte, de lire la
Bible avec circonspection, sans se laisser influencer par les suggestions des prêtres.
L'effort pour dégager les bases réelles de la conservation du peuple ne devrait pas reculer devant
l'examen des valeurs de la doctrine chrétienne et de ses effets, ces bases ayant une importance déterminante,
tant pour la conception et la formation de la vie de tout individu et son intégration dans la communauté
populaire, que pour l'élaboration et la consolidation de la cohésion animique d'un peuple qui doit, aux heures
les plus graves, lutter pour sa conservation4. Cet examen ne fera pas moins que démasquer la religion
chrétienne comme le mode de propagande le plus approprié dont les Juifs et Rome se servent pour établir, à
la suite de la collectivisation des peuples aux dépens de leur caractère racial, la République mondiale ou
l'État de Dieu.
Dans l'Ancien Testament, on retrouve les enseignements sans ambages donnés par le Dieu d'Israël,
par le Dieu universel des Chrétiens au peuple juif pour dominer les peuples, et les moyens d'y parvenir. Le
Pape romain s'en réfère à ces enseignements comme au commandement divin qui légitime et lui permet
d'exercer sa souveraineté pontificale. Pour l'imposer plus facilement aux peuples réfractaires, animés de la
volonté de vivre, cette doctrine prive le chrétien de tout sentiment populiste et racial et ne reconnaît de sens à
sa vie terrestre qu'en fonction d'une vie céleste, heureuse et éternelle, - en récompense de l'exécution des
commandements de ce Jehovah, à moins de ne le vouer à la damnation éternelle pour l'inexécution de ces
commandements. Aux yeux des chrétiens, l'existence terrestre n'est donc rien de plus qu'un état transitoire
aboutissant à la béatitude éternelle ou à l'éternité des peines. Cette doctrine du ciel et de l'enfer rend le
chrétien fort égoïste, car lui seul doit « mener », après sa brève existence terrestre, cette vie éternelle dans le
ciel ou dans l'enfer, lui seul doit en supporter les délices ou les horreurs. Par la voix du prêtre, représentant de
Jehovah, cette religion indique à chaque chrétien ce qu'il doit faire pour aller au ciel, ce qu'il doit faire pour
ne pas tomber en enfer. Elle le confine ainsi dans une vie spirituelle particulière, tout à l'écart de la vie
spirituelle de ses frères de race. Aussi est-il aisé de le « sauver », c'est à dire de l'isoler de la communauté
raciale et, la crainte de l'enfer et l'espoir du ciel aidant, il se laissera docilement conduire par la main du
prêtre. Mais cela n'est pas suffisant, il faut encore qu'il soit incapable du moindre mouvement de défense ou
de résistance. C'est pourquoi la religion chrétienne enseigne aux peuples que Dieu décide de leur sort en
toutes circonstances. Ainsi au début de la guerre, il arriva que les peuples belligérants qui se trouvaient face à
face, priassent le même Dieu de leur accorder la victoire, le même Dieu, le même Jehovah qui justement ne
voulait que les soumettre à la domination des Juifs et des prêtres. Or, comme le chrétien doit tout
particulièrement rendre grâce à Jehovah d'un malheur qui lui a été infligé et que plus ce malheur sera grand,
plus il devra y reconnaître l'amour particulier que lui porte Jehovah, il lui faudra donc rendre grâce à de la
terrible misère d'une guerre perdue. Car Jehovah lui envoie de pareils malheurs pour le « purifier » lui et le
peuple, en vue du bonheur éternel. Pour que le chrétien ne réfléchisse pas sur les contradictions inextricables
qui nécessairement naissent en lui entre les effets de la doctrine chrétienne et les exigences de la volonté de
liberté raciale, on s'évertue à le rendre inapte à penser et à juger en matière d'expérience religieuse. Après
quoi, devenu entre les mains des prêtres, et partant, de Judas et de Rome, un instrument docile, sans réflexion

4 On nous reproche, à ma femme et à moi, de nous élever contre la doctrine chrétienne simplement par haine ou par
un quelconque ressentiment. Cela est faux. Sans doute sommes nous hostiles aux détracteurs de notre peuple et de
ses coutumes. Mais les motifs de notre attitude sont exactement ceux que je viens d'énumérer.
La guerre totale 12

ni réaction, on le mènera partout où l'on voudra aussi bien contre son propre pays que contre d'autres
peuples. C'est alors que la religion chrétienne aura accompli sa mission. L'écroulement des nations
chrétiennes pendant la seconde guerre mondiale ne s'explique que trop de cette façon. La religion chrétienne
et la formation de vie qu'elle a créée sont les causes profondes de l'effondrement des peuples dans les misères
de la guerre totale, d'autant plus que les Juifs et Rome tendent à cet effondrement.
Pendant la guerre mondiale, nous étions encore un peuple chrétien, bien que nombre d'Allemands ne
le fussent plus que de nom et nous avons accompli de grandes choses. Non parce que nous étions chrétiens,
mais parce que l'âme de la race se dégageant des gravats que la religion chrétienne avait amassés sur elle, se
réveillait dans l'Allemand et le stimulait à lutter pour la conservation de son peuple. Or, au cours des
péripéties ultérieures de la guerre, l'âme du peuple bientôt se tut, - grave expérience qui prouve que la
doctrine chrétienne n'est point la religion qui puisse garantir à notre peuple la persévérance nécessaire pour
soutenir l'offensive des mécontents et ne saurait d'ailleurs l'être de par son caractère racial étranger. Le
peuple russe offre également un exemple frappant de cette incompatibilité. Si des peuples chrétiens ont pu
vaincre, c'est uniquement parce qu'ils ne furent pas soumis aux dures épreuves que les peuples russe et
allemand eurent à subir et aussi parce que nous n'avions rien entrepris pour les désagréger. Quand à vouloir
substituer au christianisme occulte quelque autre doctrine occulte délirante, cela revient à faire tomber le
peuple de Charybde en Scylla.
Quatre années de résistance des armées et du peuple favorisées par la victoire de Tannenberg et par
ma façon de conduire la guerre, le danger de mort couru par le peuple ainsi que l'angoisse de la mort de toute
expérience religieuse dans le monde entier, ont amené le réveil de la race allemande. Plus nettement que
jamais nous prenons conscience de notre fond racial et de l'âme de notre peuple, plus que jamais ils exigent
de nous la conservation de la vie de la communauté allemande ainsi que le maintien de l'idée de Dieu dans la
forme que lui donne notre expérience religieuse raciale, couronnement de cet éveil de la race. Ce profond
événement animique a montré à tous les peuples germaniques la voie à suivre, il leur a dessillé les yeux pour
reconnaître les relations animiques d'une communauté populaire, le malheur des mélanges de race, le poison
d'une foi étrangère ; il les a rendus capables de lire dans le livre de l'Histoire et de la Nature, dans le livre de
l'âme humaine et de l'âme collective. Ma femme a étudié ce problème avec maîtrise et nous en a fait l'exposé
dans ses ouvrages avec sa très grande perspicacité philosophique5.
La cohésion animique d'un peuple, qui est et qui demeure la base nécessaire dans la conduite d'une
guerre totale, ne saurait s'obtenir que par accord du fond racial et de la croyance religieuse, par l'observation
consciencieuse des lois biologiques et psychiques et des caractéristiques de ce fond racial. Ce n'est qu'en
satisfaisant la tendance qu'a le fond traditionnel racial à porter son pressentiment de Dieu à la connaissance
de Dieu, que l'on constituera l'intouchable cohésion animique des peuples chrétiens nordiques. Il n'en est pas
autrement chez eux que chez le peuple japonais ou chez les peuples et tribus des autres races. C'est dans
l'origine et l'essence de l'âme individuelle ainsi que dans l'essence et l'action de l'âme raciale qu'on en trouve
la raison profonde. Vérité dont la religion chrétienne nous a privés pendant des siècles, pour nous enlever la
cohésion raciale, pour nous conduire sous le joug de la domination des Juifs et des prêtres et nous rendre
ainsi incapables d'engager notre volonté cohésive de vivre pour la création de formes de vie spécifiquement
allemandes.
Chaque héritage raciale cèle une expérience spécifique de Dieu. Celle du peuple japonais diffère de
notre race nordique. Aussi, la cohésion des peuples de notre sang repose-t-elle sur un tout autre fondement
que celle du peuple japonais. Par exemple, la contrainte qui règne parmi le peuple japonais, est réprouvée par
notre race qui par ailleurs réprouve non moins la liberté libéraliste, conséquence nécessaire du christianisme
éducateur d'égoïsme, et qui tend à soustraire l'individu à la destinée collective. La connaissance allemande de
Dieu, ainsi qu'elle a été exposée dans les ouvrages de ma femme, a témoigné de la haute signification du
fond racial traditionnel et de son expérience spécifique de Dieu quand à la conservation du peuple et sa
faculté défensive procédant d'une cohésion tout intérieure. Cette connaissance de Dieu qui répond à ce fond
racial et à son expérience de Dieu ne se base pas sur un mythe impliquant les promesses d'un au-delà
impossible à contrôler, mais sur les connaissances indubitables des sciences naturelles et sur les
manifestations de l'âme humaine et de l'âme collective. Elle n'affirme rien qui ne puisse être contrôlé sur la

5 J'attire surtout l'attention du lecteur sur les ouvrages suivants de ma femme : l'âme du peuple et ses créateurs de
puissance. Une Philosophie de l'Histoire », et « De la connaissance de Dieu dans mes œuvres ».
13 Général LUDENDORFF

Terre, et ne touche pas à l'inexprimable. Elle repousse toute intervention et tout tourment, elle est l'affaire la
plus intime de chacun de nous, et non, comme chez le peuple japonais, plutôt l'affaire de la masse. Pour
assurer la conservation du peuple, elle suit d'autres voies. Elle veut l'individu en tant que mortel, solidement
enraciné dans son peuple immortel, elle lui impose d'importants devoirs, comme celui d'engager sa vie pour
la collectivité. Et, par une longue filiation de générations, elle constitue le peuple en une véritable
communauté du destin, capable de se défendre et ayant une volonté de vie propre. Cette communauté s'en
remet à sa propre nature, à ses propres moyens, elle se rend responsable d'elle-même et n'espère pas
l'intervention d'une « volonté originelle » d'une « providence » ou d'un Dieu. La connaissance allemande de
Dieu tient ainsi la conservation du peuple de la communauté populaire à égale distance de la contrainte
japonaise occulte et de la contrainte du matérialisme bolchéviste, comme de la liberté libéraliste du
christianisme. La connaissance allemande de Dieu veut la liberté d'action, mais admet la contrainte morale
pour la conservation du peuple et exige dans ce but toute l'autorité de l'État. Mais elle en repousse toute
contrainte qui dépasserait cette nécessité, comme toute intervention extérieure dans l'expérience de Dieu.
Cette expérience spécifiquement allemande de Dieu, dans la création des formes de vie de notre peuple,
s'exprime par la liberté morale que garantit le droit racial, liberté qui satisfait les aspirations des frères de
race comme elle constitue le fondement de la cohésion du peuple.
Je me contente ici de ces explications. Elles visent à établir le fondement d'une cohésion animique,
en particulier celle du peuple allemand, à montrer comment elle doit être créée, et à en préparer la voie au
chef qui dirigera la guerre totale, ainsi qu'à ceux qui organiseront la politique totale. Seul un peuple
possédant une telle cohésion, profondément ancrée dans sa vie animique, pourra servir d'appui sur tous les
terrains à une armée engagée dans une guerre totale et à en supporter le fardeau.
Nul ne saurait éluder la réalité que représente l'expérience de Dieu dans la formation de la vie d'un
peuple et sa conservation. Cette réalité est essentielle, les Juifs et les prêtres le savent fort bien. La religion
chrétienne s'évertua à le faire oublier aux peuples et aux hommes, mais le réveil de la race le leur rappela.
Or, la connaissance allemande de Dieu qui sauvegarde le caractère de l'expérience germanique de
Dieu et affermit la cohésion animique de notre peuple, agit comme toute expérience spécifique religieuse,
non abstraitement, mais au contraire d'une façon créatrice et bienfaisante pour la conservation de la vie du
peuple et aussi, comme je vais le démontrer, pour la discipline de l'homme, pour l'instruction de l'armée en ce
qui concerne les graves nécessités de la guerre totale.
Ce n'est qu'en respectant les lois psychiques de la race que l'on donnera toute leur importance aux
différentes mesures biologiques dans l'éducation d'une génération d'enfants robustes, mesures telles que la
destruction des alcools, des stupéfiants, de la nicotine qui nuisent aux naissances et affaiblissent la santé. Ce
n'est qu'en respectant les lois psychiques de la race, il est vrai, non sans l'assainissement des conditions
économiques, que l'on éveillera le sentiment de responsabilité chez l'homme et la femme pour l'accroissent
de la population, et que l'on saura faire accepter à la femme l'accomplissement des fonctions de la maternité
comme un devoir sacré envers la race. Ce n'est qu'ainsi que l'on surmontera l'incommensurable danger de la
dénatalité, toujours sensible dans l'armée, et ce n'est que de la sorte que se développera une génération saine
et procréatrice qui donnera à l'armée de nombreuses recrues vigoureuses, capables de mener et de supporter
la guerre totale.
La création des formes de vie déterminées par l'expérience spécifiquement allemand de Dieu
suppose une éducation qui, disciplinant la volonté des jeunes générations, façonnera une communauté
d'hommes ne vivant que pour leur devoir, discernant les ennemis du peuple, et saura préserver leur force
corporelle et leurs jeunes âmes de tout élément nuisible. Sans doute ces mesures préservatrices devront-elles
s'étendre aux frères de race adultes. Les faibles 'esprit, les hystériques des deux sexes que la religion
chrétienne, selon saint Paul (Cor. I, 26-29), considère comme particulièrement élus, ainsi que l s malades qui
croient aux prédictions occultes, aux sentences du destin dictées par les astres, ou à un Dieu forgeant la
destinée, etc., peuvent être d'une sérieux danger pour la conservation du peuple dans les moments de détresse
de la guerre, surtout si de tels hommes, rendus psychiquement malades, doivent y faire face. Cependant,
même en dehors de tout danger de guerre, il incombe à la politique totale comme un devoir vis à vis du
peuple immortel, de ne pas les perdre de vue.
Nous avons besoin d'un peuple psychiquement et corporellement résistant, capable de fournir
pendant des mois et des années un suprême effort d'énergie contre l'ennemi dont il faut briser la volonté. Un
peuple capable d'affronter les dangers de la guerre au front comme à l'arrière, même s'il doit se trouver aux
La guerre totale 14

mains de l'ennemi, capable de discerner tous les dangers qui menacent, et de rester inébranlable devant les
doutes qui ne cessent de grandir quand la guerre se prolonge. La guerre totale est impitoyable. Elle exige le
sacrifice complet de l'homme et de la femme, se dressant non seulement contre lui, mais aussi contre elle qui
voit ses enfants menacés et son époux en danger. C'est elle qui doit mettre les forces animiques en action
dans le peuple pour faire la cohésion de la communauté. Pendant que les hommes mobilisables luttent sur le
front ou accomplissent tout autre service d'ordre militaire, elle doit travailler activement pour le peuple et
l'armée sur le plan de l'économie sociale. Et cette femme, sur qui repose, pendant la guerre totale, une si
lourde responsabilité, qui comme l'homme au combat pour la conservation de la race risque sa vie en mettant
un enfant au monde afin d'accroître les forces du peuple, se voit privée de tout droit d'après la doctrine judéo-
chrétienne et occulte. Elle devient trop souvent, hélas, entre les mains perfides des prêtre, une « sœur de
prière », et un instrument docile dont use également la caste occulte criminelle qui voudrait conduire le
peuple à sa perte. La conception du monde qui se forme selon la conception allemande de Dieu – je n'en
prend pas d'autre en considération – place la femme sur un pied d'égalité avec l'homme, tout en lui
reconnaissant une différence de nature. Elle utilise ses facultés propres non seulement à l'accroissement de la
population, mais aussi dans le but de conserver au peuple toute sa vitalité. Enfin, dans les moments de
détresse de la guerre, notre conception assigne à la femme la mission de conserver la cohésion animique de
la communauté populaire. La forte parole de l'âme du peuple dans la mère des enfants allemands la rend
particulièrement apte à exercer cette mission. La politique totale qui, durant la guerre totale, veut développer
et maintenir au suprême degré l'effort d'énergie du peuple, doit considérer attentivement la question de la
position de la femme dans la communauté. Or, la femme ne pourra remplir sa tâche que si, ne se voyant pas
mise dans une situation inférieure vis à vis d'elle-même, de l'homme et de l'enfant, elle vient occuper dans la
communauté et l'État, côté de l'homme, la position que lui assigne notre tradition raciale.
La politique totale doit faire face aux graves questions raciales, à la solution desquelles les chefs
d'armée devront contribuer dans une non moins large mesure. Tant que l'on n'avait pas reconnu l'essence de
la politique raciale dans ses rapports avec la guerre, l'État pouvait en ignorer ou en retarder l'application.
Mais dès le moment où les caractéristiques de la politique totale et de la guerre totale se trouvent élucidées,
une hésitation ou une abstention ne sont plus tolérables, car elles peuvent se retourner de façon néfaste contre
l'armée et le peuple. Nul ne sait avec quelle rapidité peut venir l'heure qui réclamera du peuple le suprême
effort à fournir.
Il va sans dire que l'État, j'entends par là la politique totale et les chefs de la guerre total, doit prendre
des mesures particulières comme, par exemple ,la censure la plus rigoureuse de la presse, les lois les plus
dures contre la trahison des secrets militaires, la fermeture des frontières limitrophes des États neutres,
l'interdiction des réunions, l'arrestation au moins des chefs des « mécontents », la surveillance du trafic
ferroviaire et de la radio. Les partis d'opposition ou les saboteurs malfaisants, soit d'eux-mêmes, soit sous
l'influence des ennemis de la guerre, ou des représentants des puissances internationales, des Juifs et de
Rome, ou de la propagande indirecte de l'ennemi, ne laissent pas se faire la cohésion du peuple ou la veulent
mettre en danger. Il est de même indispensable de les attaquer activement, avec la plus grande sévérité, car il
s'agit de la conservation de la communauté populaire. Même dans une communauté populaire qui se fonde
sur des connaissances raciales et de l'expérience raciale de Dieu, et non, par conséquent, sur un base
malsaine, c'est à dire sur la doctrine d'une race étrangère, il se trouvera toujours des éléments nuisibles qu'il
conviendra de paralyser à force de mesures préventives et de menaces de châtiments. Encore l'expérience de
Dieu ne saurait-elle constituer que la source saine d'où découleront les formes de vie de la communauté
populaire et de l'individu. Quand à la voie particulière où s'engagera l'individu isolé, seule en décidera la
création propre de sa personnalité, création qu'aucune intervention extérieure, pas même celle de l'État, ne
saurait modifier. Ce dernier ne peut que protéger le peuple contre les agissement de membres corrompus de
la communauté. Que, pour ce motif, un droit irréfragable seul doit régner, cela s'impose avec autant
d'évidence que les mesures préventives et leur exécution. Sinon, elles n'atteindraient point leur but. Pendant
la durée d'une longue guerre, il semble impossible d'arrêter un chuchotement qui passe de bouche en bouche.
Les « mécontents », peu à peu, agissent de plus en plus fort. Nous le savons, par les expériences de la guerre
mondiale où, il est vrai, l'État a manqué à sa tâche. Mais, je sais aussi que, même par une mesure énergique,
l'État n'aurait pu l'empêcher : aux frères de race d'hier, il manquait surtout la base d'une cohésion animique.
La conduite entière de la guerre et de la politique totales ne doit pas seulement prévenir le danger
que court la cohésion du peuple. Sa tâche est de prévenir, par tous les moyens dont elle dispose : la presse ,la
15 Général LUDENDORFF

radio, le cinéma, les publications de toutes sortes. Parmi toutes celles qui restent approximativement, la
politique totale ne pourra choisir la mesure exacte que si elle connaît et observe soigneusement les lois de
l'âme humaine. On ne maintient pas mécaniquement, pour ainsi dire, les forces de l'âme d'un peuple, il faut
que cette force elle-même emplisse toutes ses formes de vie. Le Faust de Goethe n'a rien à faire dans le sac
du soldat. Par contre, le désir, la volonté d'héroïsme et l'ardente exaltation de la liberté de Schiller, peuvent
fortifier et mûrir l'homme. Pendant la guerre mondiale, il nous manquait le Tyrtée dont les chants donnèrent
jadis aux Spartiates la volonté de vaincre. Notre chant de liberté, c'était l'hymne juif : « nous nous réunissons
pour prier devant Dieu le juste » ou bien la « Wacht am Rhein » et « Lieb Vaterland magst ruhig sein » - alors
que le peuple eût dû au contraire se trouver dans la plus profonde inquiétude quand à sa patrie et sa propre
existence. Il était loin d'avoir la moins notion de la « mobilisation morale » ou de l'action sur l'âme
individuelle et sur l'âme collective.
Dans ces domaines, la politique totale n'est pas seulement la politique de guerre, mais purement et
simplement la politique raciale qui, pour être efficace, ne doit pas seulement agir en cas de guerre mais doit
créer une base : la formation de la vie communautaire selon la connaissance raciale de Dieu. Elle seule
assure le succès aux mesures de défense opposées aux « mécontents » et à la conservation de la cohésion
animique. Un peuple fort de cette cohésion se dressera contre l'action et contre les murmures des partis
d'opposition.
Un peuple adulte exige de son gouvernement la vérité et non seulement sur sa situation en temps de
paix, mais aussi et surtout sur sa situation en temps de guerre. Autrement ce serait donner le champ libre aux
partis d'opposition et aux défaitistes. Un peuple adulte sait parfaitement qu'on ne peut pas à toute heure lui
faire part de nouvelles exactes où l'ennemi ne trouverait que trop souvent des indications précieuses. La
conduite d'une guerre en serait rendue absolument impossible. Pour cette raison, la presse et les organes de
diffusion doivent être soumis à la censure. La politique totale se rendrait coupable de graves négligences,
mais ses mesures doivent pouvoir se concilier avec une relation exacte et opportune des événements.
L'inexactitude avec laquelle fut transmise la nouvelle du malheureux événement de la Marne, en en
déformant la portée stratégique, devait se retourner cruellement contre nous.
Une source profonde de mécontentement ou de dangers pour la cohésion du peuple, c'est l'aspect que
peut prendre la situation économique avant et pendant la guerre. C'est là une vérité trop bien confirmée par le
déchirement que les doctrines social-démocrates et communistes ont provoqué au sein du peuple. Sans doute
un peuple menant consciemment la lutte d'une guerre totale et fort de sa cohésion animique, supportera-t-il
patiemment les privations et la faim. De larges couches populaires l'ont prouvé durant la guerre mondiale,
mais nous n'avons pas oublié combien la misère fut exploitée et put être exploitée par les « mécontents »
pour saboter la victoire, la guerre, la volonté de résistance du peuple et sa cohésion. Ils auront toujours la
partie belle, d'autant plus que la détresse économique est accompagnée du phénomène social des profiteurs,
parmi lesquels des membres du peuple sans scrupules et fortunés, tirant leur fortune de la misère des plus
pauvres de la communauté. Je me borne ici à cet aspect de la question économique par rapport à la cohésion
animique, et y reviendrai dans les chapitres suivants.
De même, la constatation devra suffira ici, qu'on ne saurait satisfaire à l'exigence de la cohésion
animique du peuple par la formation de conditions économiques en général, que si celles-ci découlent de
conceptions du peuple, lesquelles ont pour base la connaissance raciale de Dieu. Elle réclame ainsi la liberté
morale, des égards particuliers pour les frères de race qui travaillent et le bien général du peuple en pleine
croissance.
Von Clausewitz, dans son traité de la guerre, ne parle pas de cette inéluctable nécessité qu'est la
cohésion du peuple en temps de guerre. Au cours des derniers cent ans, posant de toute sa puissance, le
peuple allemand s'est acquis et a forcé l'estime des autres peuples, mettant à profit le service militaire
obligatoire de Scharnhost et Boyen. Le service obligatoire a confondu le peuple et l'État qui vécurent
longtemps séparés et a fait apparaître la dépendance où l'État se trouve par rapport au peuple, au milieu des
dures nécessités d'une guerre. Le peuple était donc là pour faire encore tout autre chose que de simplement
payer les impôts et « obéir » : et tout d'abord pour défendre l'État et son gouvernement. Pareille conception
régna longtemps. Je portais encore sur l'aigle de mon casque ces mots :

Mit Gott für König und Vaterland


(Avec Dieu pour le Roi et la Patrie)
La guerre totale 16

Cette devise ne contient pas le mot : Peuple, elle est donc incomplète6
Aujourd'hui, le mot « Peuple » a passé au premier plan ; et l'on a reconnu toute la signification de
l'âme populaire pour la conservation de la communauté, dans sa vie quotidienne et encore plus dans les
moments de mortelle détresse. Sans doute la conservation de l'État est-elle en jeu dans la guerre totale et ne
faut-il pas la distinguer de celle d'un peuple libre, mais en fin de compte, ce n'est pas l'État qui combat dans
la guerre totale, c'est la communauté populaire. Chaque individu doit, sur le front ou dans le pays, sacrifier
l'ensemble de ses forces. Il ne pourra le faire que s'il est bien persuadé que loin d'être un vain mot, c'est une
vérité sacrée que la guerre est exclusivement menée pour la conservation de la communauté populaire. Dans
la communauté populaire (Volk) se situe le centre de gravité de la guerre totale. La direction de cette dernière
doit compter avec le peuple. Il appartient à la politique totale de mettre la force du peuple à la disposition de
la direction de la guerre et de veiller à sa conservation. En se conformant aux grandes lois raciales et
animiques, on réussira à fondre en une puissante unité, qui est la base de sa conservation vitale, le peuple, la
politique et la direction de la guerre.

6 Ces mots étaient conçus pour la manière juive de penser. La terre que « Jehovah » a promise aux pères de la
génération juive suivante, dont on parle si souvent dans l'Ecriture, c'est à dire le monde entier, est la patrie du Juif.
Le Juif abandonne la Mère, mais nous la possédons. Pour nous, le mot Vaterland n'a pas de sens, nous avons le joli
mot : Heimat (pays natal), c'est pour ce dernier que nous avons combattu, alors que le Juif se réjouissait sans doute
de nous voir combattre pour son grand Vaterland. Car Jehovah voulut l'écroulement du pays natal et du monarque.
CHAPITRE III
L'économie et la guerre totale