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COURS DE METHODOLOGIE DE LA

RECHERCHE EN DROIT
Par

Noel A. GBAGUIDI
Agrégé des Facultés de Droit
Professeur Titulaire
Université d’Abomey-Calavi (BENIN)
ahonag@yahoo.fr
Juin 2017
I. OBJECTIFS DU COURS
Objectifs spécifiques
A la fin de la formation chacun des Auditeurs
devrait être capable de :
• Choisir un sujet de recherche répondant aux
exigences scientifiques ;
• Rédiger le document de problématique
contenant les points essentiels de la
problématique ;
▪ Appliquer les techniques de la recherche
documentaire ;
▪ Concevoir un plan cohérent ;
▪ Rédiger un travail scientifique de l’introduction
générale à la note bibliographique selon la
démarche-type.
II. CONTENU INDICATIF :

▪ Les différentes étapes de la méthodologie de la


recherche scientifique en droit seront présentées
après une brève introduction. Une conclusion
générale fermera le document.
PRESENTATION DES ETAPES DE LA
RECHERCHE SCIENTIFIQUE

▪ ETAPE 1 : LE SUJET
▪ ETAPE 2 : LE DIRECTEUR
▪ ETAPE 3 : LE CALENDRIER
▪ ETAPE 4 : LA PROBLEMATIQUE
▪ ETAPE 5 : LA RECHERCHE DOCUMENTAIRE
▪ ETAPE 6 : LE PLAN DE REDACTION
▪ ETAPE 7 : LA REDACTION
▪ ETAPE 8 : LA SOUTENANCE
III. METHODES ET TECHNIQUES
D’APPRENTISSAGE

▪ Ateliers de démarrage
▪ Brain storming
▪ Exposés-discussion
▪ Etude de cas
▪ Exercices d’application
▪ Synthèse
IV. BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

1. AUF, Outils pour la recherche juridique (nouvelle


édition) : méthodologie de la thèse de doctorat et du
mémoire de master en droit. (2010), par Édith
JAILLARDON et Dominique ROUSSILLON,
Méthodologie de la thèse de doctorat et du mémoire
de master en droit, éd. Archives contemporaines,
2010.
2. BEAUD (Michel), L’art de la thèse, -comment
préparer et rédiger un mémoire de master, une thèse
de doctorat ou tout autre travail universitaire à l’ère du
net -, Paris, La Découverte, 2006 ;
3. BERE (Zacharie), Techniques et stratégies d’un
travail scientifique (Etude, Mémoire, thèse et autres
recherches, ABIDJAN, ÉDIT. UACAO, 2011 ;

4. BOUTILLIER (Sophie) et autres, Méthodologie de


la thèse et du mémoire, Levallois-Perret, Studyrama,
2007 ;
5. DREYFUS (Simone) et NICOLAS-VULLIERME
(Laurence), La thèse de doctorat et le mémoire –
Etude méthodologique, Paris, Cujas, 3e éd., 2000 ;
Levallois-Perret, Studyrama, 2007 ;

6. KOUAKOU (Jean Pierre), Guide d’écriture


bibliographique, Editons Balafon, Abidjan 2011 ;
7. LOUBET DEL BAYLE (JEAN-LOUIS), Initiation
pratique a la recherche documentaire, Paris,
L’Harmattan, 2000.

8. N’DA (Paul), Méthodologie de la recherche, de la


problématique à la discussion des résultats –
comment réaliser un mémoire, une thèse d’un bout à
l’autre – Editions Universitaires de Côte d’Ivoire,
2006 ;
9. N’DA (Pierre, Méthodologie et guide pratique du
mémoire de recherche et de la thèse de doctorat en
lettres, arts sciences humaines et sociales, Paris,
L’Harmattan, 2007 ;

10. ROMI (Raphaël), Méthodologie de la recherche,


Paris, Litec, 2006.
V. PRESENTATION DU COURS
INTRODUCTION

Définition de la méthodologie.
Que signifie « méthodologie » ?
Etude de la méthode ou des méthodes scientifiques
propres à quelque chose. Dans cette définition, on
retrouve le terme « méthode ».
Mais, qu’est-ce que la méthode ?

La méthode est une démarche de l’esprit


conçue pour une fin déterminée. Dans la recherche
scientifique, la méthode un ensemble d’opérations
intellectuelles développées par une discipline pour
atteindre ses objectifs.
Cette méthode est considérée comme une
procédure « légale ».
Jean-Louis BERGEL, propose la définition
suivante :
« La méthodologie est une étude des méthodes
scientifiques et techniques, des procédés
utilisés dans une discipline déterminée »,
Qu’est-ce-que la recherche scientifique ?

BERGEL (J-L), « Méthodologie juridique », Paris,


Thémis Droit privé, PUF, 2001, p. 17.
Qu’est-ce-que la recherche scientifique ?

La recherche scientifique est un processus


systématique et rigoureux
(système = ensemble structuré d’éléments
constituant un ensemble logique, cohérent), visant
à résoudre des problèmes, à obtenir des réponses
précises à certaines questions à partir
d’investigations. Elle doit contribuer à l’acquisition
de connaissances nouvelles.
Elle ne peut donc être le fruit du hasard.
Qu’est-ce que le droit ?

Pas de Définition unique du Droit:


Plusieurs définitions sont possibles. Mais, nous
utiliserons ici celle donnée par Jean Louis Bergel :
«Le droit est une discipline sociale constituée par
l’ensemble des règles de conduite qui, dans une
société plus ou moins organisée, régissent les
rapports sociaux et dont le respect est assuré, au
besoin, par la contrainte publique »
(J-L Bergel, op. cit., p.17).
Le droit est donc une discipline sociale (ubi
societatis, ibi jus).
En ce sens, le droit est le droit objectif qu’il faut le
distinguer des prérogatives aux individus ou
groupes d’individus, appelées droits objectifs. Le
produit de la vie sociale, mais elle est aussi créée
par la volonté humaine sans laquelle, elle ne serait
que virtuelle et sans effet.
Définitions du mémoire et de la thèse
• Thèse • Mémoire
• Proposition que l’on • En méthodologie de la
énonce et que l’on recherche, c’est un
soutient; Ouvrage scientifique de
• Un ouvrage scientifique dimension réduite
consistant en une analyse exposant le fruit d’une
juridique d’un problème recherche.
conduisant à proposer • Se rédige en principe de
une solution personnelle. fin de formation en
• Ces deux définitions sont Master.
complémentaires et
indissociables
Cette année, nous exposerons la
démarche type de la recherche
scientifique en huit étapes, du sujet à la
soutenance.
ETAPES
• Etape 1: Le sujet
• Etape 2: Le Directeur
• Etape 3: Le calendrier
• Etape 4: La problématique
• Etape 5: La documentation approfondie
• Etape 6: Le plan de rédaction
• Etape 7: La rédaction
• Etape 8: La soutenance
ETAPE 1: LE SUJET

Le choix du sujet obéit en général à 3 catégories de


critères :
Critères pédagogiques
Critères scientifiques
Critères personnels
Certains parlent de critères objectifs regroupant les
deux premiers et de critères subjectifs pour les
critères personnels.
Nous exposerons ces critères avant la formulation
du sujet.
1. Les critères pédagogiques
Le lien avec les objectifs de la formation
Le lien avec la formation de base de l’auteur
2. Les critères scientifiques

Une étape essentielle de la recherche scientifique est


l’identification d’un sujet, la démonstration de sa
pertinence et sa formulation.

a. L’identification d’un problème


Elle se fera en deux phases :
Première phase : la détermination du centre
d’intérêt

Dans toute démarche de recherche, la première


opération consiste à procéder au moins à une
première délimitation du champ intellectuel dans le
quel elle va se dérouler.
Il s’agira de définir l’objet de la recherche. Mais
avant de définir l’objet de la recherche au sens
propre du terme,
il faut déterminer son propre centre d’intérêt.
Ex : matière préférée ?
Droit international public ; Droit civil ?
Quel aspect de cette discipline ? (les traités-
l’interprétation des traités) ? (Les contrats – la période
précontractuelle) ?
etc.
Deuxième phase : la sélection d’un problème
précis

L’identification d’un sujet de recherche a un point de


départ : le problème. Le but de la recherche
scientifique est de résoudre ou de clarifier un
problème.
Mais, qu’est-ce qu’un problème ?
C’est l’écart entre ce qui est et ce qui devrait être :
P= CQDE- CQE. C’est une difficulté théorique ou
pratique, une préoccupation, une situation
d’insatisfaction qui génère chez le chercheur un
malaise, un ébranlement intellectuel, un
étonnement. Il en est ainsi, lorsque les convictions,
les certitudes du chercheur sont ébranlées.
Un problème de recherche naît pour le chercheur de
la nécessité de combler cet écart, d’enrayer cette
difficulté, cette situation d’insatisfaction.
Le problème de recherche naît chez le chercheur,
lorsqu’il se décide à aller résoudre ce problème en y
apportant une solution.
Le problème est une difficulté théorique ou pratique
dont la solution n’est pas encore trouvée :

▪ la solution n’existe pas ;


▪ existe, mais incomplète ;
▪ incertaine ;
▪ certaine, mais contestable.
Les situations, sources de problèmes sont variées :

▪ lacune ;
▪ contradiction ;
▪ absence totale ou partielle de connaissances ;
▪ phénomène curieux ou étonnant
▪ une institution nouvelle, curieuse
▪ une pratique curieuse
▪ etc.
A partir des lectures exploratoires dans le centre
d’intérêt, il faut sélectionner un problème précis dont
sera tiré un sujet. Le sujet de recherche ne doit donc
poser qu’un seul problème précis.
Le problème identifié et sélectionné, il faut formuler un
sujet qui le pose.
b. La formulation du sujet

Après l’identification d’un problème, il faut identifier


un sujet et le formuler. On pense ainsi au titre. Nous
indiquerons brièvement son importance suivie de
quelques recommandations.
L’Importance du titre

Le titre est important car il est le point focal de


l'article, du mémoire ou de la thèse. C’est le point le
plus lu, soit directement dans les revues, soit
indirectement dans une banque bibliographique.
Le titre est un label et non une phrase (la
construction sujet-verbe complément n’est pas
recommandée en droit).
Quelques recommandations pour un bon titre

Par définition un bon titre doit donner le meilleur


aperçu possible du travail en un minimum de mots.
Les mots doivent être sans équivoque. La signification
et l'ordre des mots sont importants. Cela a aussi son
importance pour la documentation par mots clés dont
parlera plus loin.
Le titre doit être spécifique et si possible captivant.
L’énoncé doit être affirmatif (préférence
recommandée par le formateur), concis et
simple (éviter les titres à niveaux multiples) ;
L’énoncé ne doit pas être une phrase avec verbe
conjugué.
En outre, le champ du sujet doit être
précisé :
▪ champ social /géographique ;
▪ champ temporel ;
▪ champ théorique couvert.
▪ L’idéal est de prendre un sujet exprimant un point
précis du problème.
▪ Il faut donc éviter :
▪ les sujets trop larges ;
▪ les sujets à « titres entonnoirs » (partent du thème
pour finir à aboutir au sujet),
Exemple.
• les sujets «poupées russes »
• Les sujets à étages.
Enfin , la pertinence du sujet doit être démontrée.
c. La démonstration de la pertinence du sujet

Le sujet doit présenter objectivement un intérêt. On


parle aussi de pertinence. Elle est
scientifique/théorique et sociale/pratique.

Pertinence scientifique/théorique
Pertinence scientifique/théorique

L’auteur doit se convaincre de la pertinence du


sujet, c’est-à-dire :
▪ Démontrer que le sujet s’inscrit dans les
préoccupations scientifiques de la pensée
scientifique dans le domaine en question.
▪ Démontrer que la solution contribuera à l’acquisition
de connaissances nouvelles dans le domaine.
Cela signifie en définitive que le sujet n’est ni
épuisé, ni dépassé
Pertinence sociale/pratique
Il ne suffit pas de prouver l’intérêt scientifique du
sujet, il faut aussi prouver son intérêt pratique.
Démontrer que la solution ou la réponse au
problème est utile aux : législateur, juge, décideurs,
citoyens, professionnels, bien être individuel et
collectif, progrès social/économique, etc.
2. Les critères personnels

Pertinence affective et pertinence professionnelle.


a. Pertinence affective
Le sujet doit motiver le chercheur. Le sujet doit
emballer le chercheur. C’est une question
personnelle. Elle varie d’un chercheur à l’autre.
Il doit se trouver au centre de ses propres
préoccupations.
Un sujet peut découler d’un problème objectivement
réel, être pertinent, emballer l’un et non l’autre.

Il doit donc y avoir un lien affectif entre le chercheur


et le sujet. Cela est important en cas de difficultés.
Pour le mémoire ou la thèse, le sujet doit se trouver
dans le centre d’intérêts du Directeur de mémoire
ou de thèse.
Mais, l’existence de la pertinence affective est une
question personnelle. Elle ne se trouve pas dans la
justification du sujet (voir justification au niveau de
la construction de la problématique).
b. Pertinence professionnelle
Le choix du sujet doit aussi tenir compte des projets
professionnels du chercheur.
Pour l’université ? Expertise juridique pour
l’entreprise? pour les droits de l’homme ? la
CEDEAO? l’ONU ? La CPI ? etc.?

N.B. : En principe, ces critères ne sont pas exposés


ETAPE 2 : LE DIRECTEUR

Atelier :
Le choix du directeur
20 mn en individuel
25 mn en plénière
Les raisons du choix de mon directeur
Donnez des points de 1 (le plus faible) à 10 (le plus
élevé)
1. C’est un proche ami (e), parent etc.)
2. C’est un très bon professeur en général
3. C’est un spécialiste de la matière du sujet
4. Il est disponible
5. Je le considère comme coauteur du mémoire
6. Il a un bon caractère
7. C’est un bon facilitateur (il écoute, il lit les
travaux qui lui sont soumis, il conseille…)
8. Il ne limite pas le nombre d’étudiants à
encadrer
9. Il n’est pas très exigeant envers les étudiants
10. Il est le seul habilité à accepter de diriger
Correction

1 = 2 ; 2. = 5 ; 3. = 6 ;

4. = 6 ; 5. = 2 ; 6. = 5 ;

7. = 7 ; 8. = 3 ; 9. = 3 ; 10. = 4
Synthèse
Le directeur est un personnage central. Il donne des
conseils et indique l’orientation nécessaire à certaines
importantes étapes de la recherche :
- il approuve le choix du sujet ;
- il approuve la problématique ;
- il valide le plan de rédaction ;
- il suit les niveaux d’analyse et conseille au besoin ;
- il approuve le travail achevé ;
- il participe à la composition du jury.
Combien de fois le rencontrer ?
Tout dépendra des circonstances, de sa disponibilité,
de sa méthode de travail. Mais, à trois étapes
décisives, il doit donner son approbation : le choix du
sujet, le plan de rédaction et le travail achevé.
Pour le reste, il faut le solliciter chaque fois que le
chercheur rencontre une difficulté sérieuse.
- La rencontre avec le Directeur
Les caractéristiques
Il doit être :
- habilité à diriger vos recherches
- disponible
- en activité, sauf dérogation
- intéressé par le sujet
En outre, le sujet doit être dans le domaine de sa
spécialité et/ou dans le centre d’intérêt du Directeur
Enfin, le Directeur doit :
▪ savoir écouter
▪ accepter que l’étudiant puisse avoir une opinion
différente
▪ être sympathique
▪ objectif
▪ rigoureux
▪ expérimenté (souhaitable)
▪ facilitateur
Que faire lorsque plusieurs enseignants répondent
aux critères ?. il faut faire une pondération avec un
regard sur le but final.
ETAPE 3 : LE CALENDRIER

C’est l’expression des étapes de la recherche


estimées en année(s), mois, semaines et jours (au
besoin). C’est un instrument important pour le
chercheur et son encadreur.
C’est la boussole du chercheur, c’est un outil
d’autodiscipline et d’autoévaluation.
Importance pour l’encadreur :

c’est un outil de suivi de l’évolution de la recherche et de


gestion de l’agenda personnel.

Le calendrier permet à l’encadreur d’intégrer le


déroulement et le suivi de la recherche dans son propre
agenda. Il ne faut pas le remettre à l’encadreur si on
n’est pas sûr de le respecter.
Exercice d’application
Construisez votre calendrier pour un mémoire de
Master en 9 mois
ETAPE 4 : LA PROBLEMATIQUE

Nous aborderons ici la question principale et les


éléments de la problématique.

En méthodologie de la recherche, la problématique est


«L’ensemble construit, autour d’une question principale,
des hypothèses de recherche et des lignes d’analyse qui
permettront de traiter le sujet choisi » (Beaud, p. 55).
La problématique est à partir de la question principale
l’approche ou la perspective théorique choisie pour
traiter le problème identifié et qui nécessite solution.
Il faut construire sa problématique en répondant à trois
questions essentielles :
quel est ce phénomène?
Pourquoi ce phénomène me préoccupe-t-t-il ?
Comment vais- je aborder ce phénomène?
Dans cette définition est mentionnée une notion clef : La
Question principale. Nous allons d’abord la clarifier avant
de traiter les différentes phases de conception de la
problématique.
I. La Question principale

Le problème de recherche est posé par une question de


départ. Cette question de départ est aussi appelée «
Question principale ». Dans la définition de Beaud, on
note que la problématique est «l’ensemble construit
autour d’une question principale » des hypothèses de
recherches et des lignes d’analyse …. ».
Qu’est-ce donc la question principale ?

La question principale est la question centrale/


cruciale/essentielle qui se dégage du sujet dont la
réponse est la solution au problème identifié et exprimé
par le sujet.

Cette question principale ou cruciale ou essentielle sera


décomposée en petites questions couvrant tous les
aspects et les différents angles du problème.
Elle doit être bien posée.
Lorsqu’elle est mal posée, désaxée, décalée par
rapport au sujet, les résultats seront biaisés, manquant
de pertinence, ils sont inutilisables.
Nous aborderons ici les différentes phases puis les
différents points.
II. Les différents éléments de la problématique

Phase 1 : L’approche théorique de départ


Commencer par adopter une approche qui est le cadre
théorique qui convient bien à la résolution du problème
et qu’on est en mesure de maîtriser suffisamment.
Affiner cette approche

Ce cadre théorique sera l’angle sous lequel on compte


mener son « combat », développer ses idées. Il
comprendra tous les éléments qui permettent de
comprendre le problème, de le contextualiser et de le
traiter correctement.
Phase 2 : Les points importants de la
problématique

1. Tous les éléments à prendre en compte pour


comprendre comment se pose la question :
▪ le malaise (quoi ? expliquer ce qui ébranle vos
convictions, sa genèse, ses manifestations)
▪ l’intérêt qu’il y a à résoudre (pourquoi ?);
2. L’objectif de la recherche
3. Les directions dans lesquelles les réponses ou les
solutions peuvent se trouver : les hypothèses de
recherches.
4. La documentation à rechercher ainsi que
l’exploitation à en faire
Elle peut comporter une bibliographie indicative -si
possible.
De façon schématique, on abordera dans une
problématique les points suivants :
En pratique
1. Présentation du sujet (De quoi s’agit-il ?)
Partir du problème, expliquer le phénomène, ses
sources, ses manifestations, pour préciser tous les
contours du sujet. Faire les clarifications
terminologiques nécessaires et expliquer le sujet.
2. Justification du sujet (pertinence)
Pourquoi résoudre ce problème ?; Pourquoi ce
problème vous préoccupe-t-il ?
Est-ce :
- l’absence de connaissances, de réponses sur le
problème ?
- l’absence totale de réponses ?
- des réponses inadaptées ?
- des réponses insuffisantes ?
- des réponses incertaines ?
Quels sont les inconvénients s’il est n’est pas résolu ?
- Au plan théorique ?
- Au plan pratique ?
3. présentation de l’objectif de la recherche

Quel est le but de votre « entreprise » ? A partir de ce


constat qui vous désole, que comptez-vous faire ?
Quels résultats envisagez-vous d’atteindre ?

4. présentation des Hypothèses de la recherche


Ce sont des réponses anticipées. Les hypothèses et les
objectifs peuvent être présentés simultanément.
Exemple : sujet : Laïcité de l’Etat et reconnaissance du
mariage religieux en X.
Hypothèse : On peut très bien concevoir un mariage
religieux dans un Etat laïc
Objectifs :
Ex : je veux vous démontrer que Laïcité et mariage
religieux ne sont pas inconciliables.
5. indication des grands axes d’investigation
6. indication des niveaux d’analyse envisagés
7. Les grands axes d’analyse ;
EXERCICE D’APPLICATION

30 mn de travail individuel
30 mn de correction et en plénière

Travail à faire :
Indiquez les qualités et défauts de ce document de
problématique.
Document à distribuer ou à projeter.
ETAPE 5 : LA DOCUMENTATION APPROFONDIE

L’esprit juridique est plus une aptitude qualitative qu’une


connaissance quantitative. Tout juriste, législateur,
praticien ou universitaire, doit pour résoudre les
problèmes qui lui sont posés recourir à la
documentation nécessaire et l’adapter aux exigences
propres du problème à résoudre.
Pour ce faire, il existe des techniques de recherches et
des sources d’informations.
I. Techniques de la recherche documentaire
Elle comporte trois phases.
1. La première phase
La première phase passe par la détermination du mot
clef principal.
Qu’est-ce que le mot clef principal ?
C’est le mot qui exprime mieux le problème posé par le
sujet. Ce mot est celui qui fournit les informations utiles
au traitement du sujet.
Exemple :

Sujet : Egalité des Etats et droit de veto au conseil de


sécurité des Nations Unies
Le mot clef principal est « veto ».
Le mot-clef principal doit être bien choisi. Il l’est
facilement lorsque la question principale est bien
précise.
2. La 2e phase
Exploration des techniques proprement dites
Les différentes Techniques
- L’Exploration auprès des spécialistes
Elle peut être utile. Il s’agit de recueillir auprès du
directeur ou d’un chercheur ayant travaillé sur un thème
proche des informations sur le sujet etc.
- La Technique de la recherche systématique
Utiliser les fichiers des bibliothèques. Chercher à partir
des mots-clés (voir schema).
- La technique des filières bibliographiques
A partir du mot-clef principal, rechercher les travaux les
plus récents (ouvrages, articles, études etc.). Etudier
leur bibliographie, leurs sources et noter les références
des sources pertinentes à partir des débats intéressant
le sujet choisi.
3. 3e Phase : Etablissement des fiches de
documentation
Etablir une fiche de référence par titre ;
Etablir des fiches d’idées pour chaque titre.
Classer les fiches par ordre alphabétique.
(voir schéma chez Beaud)
Toutes ces techniques sont complémentaires.
II. Principales sources d’information juridique
Les manuels, les précis et les traités, les revues, les
répertoires et les banques informatisées de données
juridiques.
1. Les Manuels, les Précis et les Traités
a. Les manuels
Les manuels sont des ouvrages à finalité pédagogique.
Ils exposent les notions essentielles conformément aux
programmes d’études. Ils se présentent sous un format
maniable.
b. Les précis sont des formes de manuels mais un
peu plus approfondis.
Exemples :
Les ouvrages publiés en Afrique francophone
Précis Dalloz (couverture rouge)
Précis Domat
Les ouvrages de la collection U
Les ouvrages publiés par Litec
Etc.
c. Les Traités

Ils exposent de manière plus approfondie avec des


développements assortis de nombreuses références.

Mais, de nombreux manuels comportent aujourd’hui des


développements approfondis de sorte que la distinction
n’est plus aisée. Ex : Les traités publiés par LGDJ.
Un étudiant peut bien se former en travaillant
régulièrement avec quelques uns de ses ouvrages
2. Les Revues
Les revues rendent compte de l’actualité juridique sur
des points précis. Elles sont très utiles.
Au Bénin : RBSJA, LA VIJJA etc.
Afrique : RID, RMD, RSD, RND, la Revue Juridique
Tchadienne, la Revue Togolaise des Sciences
Juridiques
France : Une panoplie de Revues couvrant la plupart
des disciplines juridiques : revues générales, revues
spécialisées.
Générales : Recueil Dalloz (D. comme mode de
citation), Semaine Juridique (JCP comme mode de
citation), Gazette du Palais (Gaz Pal comme mode de
citation).
Spécifiques :
RTDCiv, RTDCom (et de droit économique), AJDA,
RFDA, RFFP, RSC, Revue des sociétés

3. Les répertoires
Donnent des informations complètes et détaillées. Ce
sont de bonnes sources documentaires
A citer ici par exemple, sont les Jurisclasseurs et
l’Encyclopédie Dalloz.
Les jurisclasseurs publiés en plusieurs tomes par
disciplines juridiques (ex : droit civil : 30 volumes) sont
composés de fascicules mobiles, facilitant la mise à
jour, traitant des matières données.

L’encyclopédie Dalloz couvre des domaines variés


publiés par disciplines en tomes (ex : DIP : 3 volumes
de 1500 p. chacun) composés de fascicules avec
classement alphabétique des matières traitées.
4. Les banques informatisées de données juridiques

Adresses de sites (inspiré des ‘outils de recherche


juridique de Roussillon et Jaillardon, voir bibliographie
indicative)
L’adresse URL du site donne une première
évaluation sur la fiabilité du site. Sont a priori
fiables les sites officiels (Exemple : ohada.com;
www.legifrance.gouv.fr ou www.urfist.cict.fr) ou
éditoriaux confirmés (Exemple : Dalloz,
www.dalloz.fr).
Quelques adresses de sites utiles

*. www.lextenso.fr
Il permet d’accéder au texte intégral des 9 revues
suivantes :
▪ Le Bulletin Joly Sociétés, depuis le 1er janvier 1986 ;
▪ Le Répertoire du Notariat Defrénois, depuis le 1er
janvier 1990 ;
▪ Le Bulletin Joly Bourse, depuis le 1er janvier 1993 ;
▪ Les Petites Affiches, depuis le 1er janvier 1995 ;
▪ La Revue générale du droit des Assurances :
depuis le 1er janvier 1995 ;
▪ La Gazette du Palais, depuis le 1er janvier 2000 ;
▪ La Revue des contrats, depuis 2003 ;
▪ Les Cahiers Sociaux du Barreau de Paris, depuis
le 1er janvier 2004 ;
▪ La Revue du droit public, depuis le 1er janvier 2005.
La page d’accueil permet d’accéder aux derniers
articles publiés et à la une des revues du groupe ainsi
qu’à la recherche avancée ; vous pouvez
personnaliser votre page d’accueil avec « votre
Lextenso ».
*. Lamyreflex
Adresse : www.lamyrefl ex.fr
La banque contient d’une part les sources officielles
du droit français et communautaire en texte intégral
(textes, jurisprudence, traités), mais surtout les
revues et les ouvrages des éditions Lamy en texte
intégral.
La page d’accueil permet de consulter l’actualité, de faire
une recherche ou de lire une revue ou un ouvrage.
Elle offre aussi de s’abonner gratuitement à la lettre «
2LR » qui suit l’actualité juridique, domaine par domaine.
*. LexisNexis : les éditions du JurisClasseur
Adresse : www.lexisnexis.fr
La banque contient principalement en texte intégral :
▪ Les encyclopédies du JurisClasseur, avec des
alertes hebdomadaires ;
▪ La jurisprudence : JurisData (le fonds des cours
d’appel) ;
▪ Les codes et la législation non codifiée (mis à jour
quotidiennement), et le Journal officiel du jour;
▪ Les 27 revues du jurisClasseur, dont les 4 éditions
de « La Semaine juridique ».
▪ En résumé : la doctrine des revues.
Page d’accueil :
LexisNexis :
La spécificité de la banque est très certainement la
jurisprudence.
La banque JurisData se singularise par son fonds
documentaire exceptionnel concernant les juridictions
de fond, et spécialement les Cours d’appel.
*. JurisData
JurisData est constitué d’abstracts, technique
rigoureuse de résumé très structuré qui sécurise
considérablement la recherche, en éliminant à la fois
le silence et le bruit. Le document est également
disponible ensuite en texte intégral.
*. Juricaf
Juricaf est la base de données de jurisprudence des
cours suprêmes des pays francophones.
Pays Juridiction
Nombre d’arrêts validés
Belgique Conseil d’État 17 245
Cour constitutionnelle 68
Cour d’arbitrage 2 288
Cour de cassation 390
Bénin Cour suprême 2 674
Bulgarie Cour suprême de cassation 22
Burkina Faso Cour de cassation 13
Burundi Cour suprême 17
Cameroun Cour suprême 16
Canada Cour suprême 1 392
CEMAC Cour de justice 20
Congo Cour suprême 18
Congo démocratique Cour suprême de justice 127
Côte d’Ivoire Cour suprême 7
France
Conseil constitutionnel 3 240
Conseil d’État 1
Cour de cassation 87 040
Cour de discipline budgétaire et financière 27
Gabon Cour de cassation 13
Guinée Cour suprême 78
Haïti Cour de cassation 62
Hongrie Cour suprême 3
Liban Cour de cassation 16
Luxembourg Cour supérieure de justice 512
Madagascar Cour suprême 3 025
Mali Cour suprême 535
Maroc Cour suprême 1 607
Mauritanie Cour suprême 5
Monaco Cour de révision 6
Niger Cour suprême 424
OHADA Cour commune de justice et d’arbitrage 76
Pologne Cour suprême 8
République tchèque Cour suprême 39
Roumanie Haute Cour de cassation et de justice 201
Rwanda Cour suprême 5
Sao Tomé et Principe Cour suprême 5
Sénégal Cour de cassation 1 192
Suisse Tribunal fédéral 17 612
Tchad Cour suprême 420
Togo Cour suprême 7
Tunisie Cour de cassation 6 ;

*. afrilex
Enquêtes
ETAPE 6 : LE PLAN DE REDACTION
(Voir article de Mr Michel VIVANT, Le plan en deux
parties, ou l’arpentage considéré comme un art, in :
Mélanges Catala, Le droit privé à la fin du 20e siècle,
Paris, Litec, 2001, p. 969 et s).
La rédaction se fait suivant un plan : le plan de
rédaction. Nous verrons la notion de plan, les différentes
étapes de conception du plan et les caractéristiques
d’un bon plan.
A. La Notion de plan de rédaction
Définition
Distinction plan de rédaction et plan de recherches
utilité
1. Définition du plan de rédaction:
Dictionnaire :
Le plan est l’ «organisation des parties considérées
après coup ou élaborées avant la composition ».
Synonymes : cadre, canevas, charpente, squelette…
Le Plan de rédaction est la structuration des différentes
étapes de la réponse. Le plan de rédaction est la
meilleure façon de faire comprendre la solution et de
démontrer que cette façon est la meilleure avec une
fixation sur le lecteur. Le plan exprime le cheminement
du raisonnement dans la démonstration. C’est l’ossature
sur laquelle est construit l’ouvrage. C’est aussi
l’architecture.
Le plan est muri, conçu et confectionné avant tous les
autres aspects du sujet, y compris l’Introduction
générale.
Un travail scientifique se construit, s’écrit avec un bon
plan.
Etant donné que le travail scientifique s’inscrit dans un
processus itératif, le plan peut être progressivement
réaménagé.
Pour les juristes, le plan est conçu avant la composition.
2. Distinction plan de rédaction-plan de recherches

Il est à distinguer du plan de recherches. Le Plan de


recherches est la structuration des différentes étapes
d’investigations. Aller chercher les informations dans une
démarche ordonnée (plan de recherches). Exposer les
résultats dans une démarche ordonnée.
En général, ces deux plans sont distincts.
3. Utilité du plan
Le plan est une nécessité. Pour l’auteur
Le plan permet à l’auteur de suivre la logique de sa
pensée, s’en tenir à l’essentiel. Il permet d’éviter la
dispersion. Il donne une unité à la pensée. C’est alors un
élément de rigueur dans la construction.
Pour le lecteur
Il lui est livré une pensée bien construite. Il comprend
plus facilement le document et les idées développées.
B. Les étapes
Le plan est construit à partir de la conclusion et de l’idée
directrice. Mais, Il ne se bâtit pas en une seule fois.
Plusieurs étapes :
1. Ensemble de points de repères qui vont guider
l’analyse et la composition
2. Evolue et se modifie au fur et à mesure de la
documentation, de l’affinement de la compréhension du
sujet et de l’adoption d’une ligne d’attaque ;
3. Validation par le directeur avant la rédaction
Mais, il reste malléable. En cas de changement notoire, il
faut en discuter avec le directeur.
C. Les caractéristiques d’un bon plan
En réalité, le plan-type n’existe pas. Il est plus juste de
parler de bon plan. Un bon plan est celui adapté à ce
que vous voulez dire, à qui vous le dites et à ce que vous
êtes.
1. Plan en deux parties ou non
(Voir article de Mr Michel VIVANT, Le plan en deux
parties, ou l’arpentage considéré comme un art, in :
Mélanges Catala, Le droit privé à la fin du 20e siècle,
Paris, Litec, 2001, p. 969 et s).
Le plan doit-il être en deux parties ?
Aucune règle ne l’exige, mais cette pratique s’est
imposée dans le système juridique de tradition française
et pour avoir l’onction, il faut s’y résoudre. Mais, si le
sujet l’exige, on peut faire un plan en trois parties.
Pour un mémoire ou une thèse, le plan normal est de
type démonstratif et dialectique.
Les Subdivisions
Classique en Afrique francophone
Introduction
Partie (avec intitulé)
Titre (avec intitulé)
Chapitre (avec intitulé)
Section (avec intitulé)
Paragraphe (avec intitulé)
I (avec intitulé)
A (avec intitulé)
1 (avec intitulé)
a (avec intitulé)
Les intitulés doivent être courts, clairs et harmonisés.
Les intitulés doivent correspondre exactement au
contenu du texte. Les intitulés doivent être autant que
possibles expressifs et en symphonie.
Ex :
La mort/ la résurrection ; la destruction/la
reconstruction ; l’impasse / Le palliatif/ ; Le corps
sacré/le corps laborieux ; L’inconfort/Le réconfort
L’Exigence d’uniformité des subdivisions
Il faut s’en tenir aux subdivisions choisies, surtout au
niveau des grandes jusqu’aux sections
2. un bon plan est :
- Un plan rendant compte de tout le sujet
- Un plan reposant sur les idées directrices du sujet
- Un plan rendant compte des analyses et conclusions
personnelles
- Un plan cohérent
- Un plan simple
- Un plan clair
- Un plan unitaire
- Un plan articulé
- Un plan équilibré
- Un plan imaginatif
- Un plan esthétique
- En synthèse,
Le plan doit rendre compte de tout le sujet. Il y a
absolument une adéquation entre le sujet choisi (traité)
et le plan. Les formulations du plan et du sujet ne doivent
pas être en déphasage. En clair, le sujet traité doit
trouver entièrement place dans le plan non seulement
dans les 2 ou 3 grandes Parties (pas plus), mais aussi
dans les sous paragraphes qui doivent eux aussi être
équilibrés. Le plan doit présenter une vision complète,
cohérente et équilibrée du sujet.
ETAPE 7 : LA REDACTION

Il s’agit ici d’exposer les éléments de la rédaction


proprement dite :
L’introduction générale, les développements, le style,
la note de bas de page, la conclusion générale et la
note bibliographique.
A. L’introduction générale
Elle doit nécessairement contenir un mouvement
répondant à trois questions :
▪ de quoi je parle ? C’est la présentation et
l’explicitation du sujet – précision de ses contours, de
son contexte (spatial, temporel etc.)
▪ Pourquoi j’en parle ? C’est la justification du sujet.
Retour aux éléments de la problématique pour y
puiser la pertinence scientifique et sociale du sujet.
▪ Comment j’en parle? Il s’agit d’exposer ici l’angle
d’attaque et le plan d’attaque du sujet.
La définition de certaines notions ainsi que la précision
de l’intérêt du sujet sont donc à régler dans l’Introduction
générale, sauf lorsque, en fonction du sujet, il y a un réel
intérêt à consacrer une Partie à la notion.
L’introduction couvre environ 20 à 25 pages pour la
thèse.
B. Les développements
On abordera ici l’argumentation, l’équilibre du travail, le
style et la note de bas de page.
1. l’analyse et l’argumentation
L’analyse, c’est l’action de décomposer un tout en ses
divers éléments afin de le comprendre, de l’expliquer et
de formuler une réponse. Il faut donc décomposer la
question principale en autant d’autres sous questions
principales et chaque sous-question principale en sous
sous-questions principales ainsi de suite jusqu’à
s’assurer qu’on a couvert toutes les questions soulevées
par le sujet et apporter des réponses.
Il faut engager ces actions dans une démarche
cartésienne, c’est-à-dire :
a) ne rien admettre comme vrai qui ne soit évident;
b) diviser chacune des difficultés en autant de parcelles
qu’il se pourrait et qu’il serait requis pour les mieux
résoudre ;
c) toujours aller du simple au composé ;
d) faire des dénombrements si entiers et des revues si
générales qu’on soit assuré de ne rien omettre.
Ici se percevra la beauté du droit dans toute sa
splendeur : la beauté du droit n’est pas le style, mais
l’argumentation. (voir mélanges Ghestin) dont la force
est fondée sur la logique. La logique est un
enchaînement cohérent d'idées qui permet à l'homme
de connaître, de juger et d'agir conformément à des
principes. Un principe est une Règle d'action
s'appuyant sur un jugement de valeur et constituant un
modèle, une règle ou un but. Nous pensons ici au
raisonnement juridique dont le plus pur, le plus strict
revêt la forme d’un syllogisme.
Le raisonnement juridique nécessite aussi bon sens,
exactitude, objectivité, justesse et finesse dans la pesée
et l’exploitation des éléments de fait, de droit et des
moyens de preuve et l’utilisation des procédés
techniques intellectuels usuels : La présomption, la
fiction, la définition, l’énumération, l’exemple etc. et
divers autres moyens.
On doit donc nécessairement voir dans les
développements : explication, description, qualification,
conclusions personnelles et justification des conclusions
personnelles: c’est aussi cela la thèse. Ce sont les
propositions défendues.
Il faut :
▪ analyser chacun des documents et construire sa
pensée suivant l’ordre prévu par le plan de rédaction;
▪ rechercher la ou les significations des phénomènes,
des notions, des concepts, des institutions etc.
▪ s’interroger sur leurs différents aspects et les
différentes manières de les comprendre.
▪ Dans cette démarche, il faut se servir de types
d’analyses pour consolider son argumentation et
convaincre.
Voici quelques types d’analyse :
- Analyse substantielle – analyse formelle
L’analyse formelle veut s’en tenir aux formes. Elle
s’en tient à l’affirmé par les textes.
L’analyse substantielle veut à « aller au-devant des
faits », dépasser les formes et donner une
qualification juridique différente peut-être de celle
donnée par les textes.
On peut en donner une définition «savante » : «
L’analyse substantielle consiste à analyser, à qualifier ou
à critiquer des institutions, des concepts juridiques ou
des faits à partir d’hypothèses produites par le droit, ces
hypothèses étant livrées par examen critique du système
juridique. Cet examen critique permet de dégager ce
que nous appelons droit substantiel ou droit ‘matériel’’.
Cette analyse s’oppose à une analyse ou à une
qualification qui serait purement formelle. »
Mais, il faut manier l’analyse substantielle avec
beaucoup de prudence. La majorité des juristes
orthodoxes s’en méfient. Mais, l’analyse substantielle est
très utile, elle permet d’aller au-delà des réalités
formelles, de l’affirmé pour affiner l’analyse et
éventuellement envisager une requalification, une
assimilation etc.
- Analyse fonctionnaliste
Ce type d’analyse est recommandé, lorsqu’il s’agit
d’analyser une institution-organisme.
L’analyse fonctionnaliste consiste à étudier une
institution, une réalité, par rapport à la fonction qui lui a
été assignée.
Pour quelle finalité ?
Ce qu’elle fait maintenant y est-elle conforme ?
Est-elle utile?
Est-elle efficace ?
Ces questions sur le phénomène sont posées et traitées
tant dans sa conception (au départ et après) que dans
ses résultats à situer aussi bien dans le système
juridique que dans le système social.
- Analyse systémique
C’est l’analyse du système juridique par rapport aux
relations entre ses composantes. Il s’agit de jeter un
regard sur le fonctionnement interne du système
juridique ou d’une institution considérée comme un
système.
- Analyse structuraliste
L’analyse structuraliste est une démarche de l’esprit qui
consiste à observer un ensemble structuré et à analyser
la position/la place que chaque élément occupe dans cet
ensemble par rapport à la philosophie qui sous-tend la
construction ou l’existence de cet élément structuré.
- Classification
La classification est l’effort de catégorisation, de
regroupement, de mise en ordre permanent des
phénomènes. Les phénomènes, faits, concepts, notions,
observés, étudiés ont besoin d’être organisés, structurés,
regroupés sous des rubriques, sous des catégories pour
être mieux compris et pour élaborer ou déterminer leur
régime juridique
- Explication /Compréhension
Expliquer ici, c’est répondre aux questions quoi et
pourquoi ? :
c’est faire voir comment un phénomène est né et
comment il est, ce qu’il est. L’explication consiste à
clarifier des relations entre les phénomènes et à
déterminer pourquoi ou dans quelles conditions tel
phénomène ou tel événement se produit.

Enfin, il ne faut pas oublier que :


- la connaissance est un processus itératif ente le «réel»
(que l’on étudie) et la représentation de ce « réel » ;
- la qualité d’une théorie ne peut se juger à sa seule
cohérence interne, mais par apport à sa capacité à rende
compte du réel (intérêt pratique) ;
- de même, le travail sur le réel implique toujours une
position théorique, scientifique de départ ;
- dans un travail de connaissance scientifique, il n’y a de
place, ni pour le « travail théorique pur » (coupé de toute
référence à un objet ou à une réalité dont il s’agit de
rendre compte), ni pour l’ « empirisme descriptif pur »
(faisant l’impasse sur l’indispensable effort d’élaboration
théorique et de conceptualisation).
2. L’équilibre du travail, les chapeaux et transitions
Il faut veiller à ce le travail soit équilibré aussi bien au
niveau des deux parties qu’au niveau des sous-parties et
de toutes les autres subdivisions.
Si un léger déséquilibre peut être toléré, il le sera au
profit de la première partie, ou du premier titre ou du
premier chapitre et ainsi de suite.
Ne pas oublier les transitions et les chapeaux. Les
chapeaux sont des lignes de texte qui introduisent les
développements suivants. Ils sont nécessaires entre les
différentes rubriques.
Les transitions, manière de passer d’une idée à une
autre, sont nécessaires pour articuler les divers éléments
des développements.
Les idées sont exposées selon le plan.
On doit nécessaire voir dans vos développements :
explication, description et conclusions personnelles :
c’est aussi cela la thèse. Ce sont des propositions que
vous défendez.
3. Le style
Le style, c’est l’homme dit-on. On ne peut en matière de
style aller au-delà de quelques conseils très généraux.
L’écriture est un mode de communication de la pensée.
Le premier objectif est donc de se faire comprendre.
Se poser la question : est-ce clair ? avec fixation sur le
lecteur et non sur soi-même. C’est pourquoi, le style doit
être correct, clair et précis, servi par une orthographe et
une grammaire irréprochables.
Il est recommandé d’utiliser « nous » et non « je » ou «
on ».
Le droit étant aussi une science de la terminologie, il faut
observer rigoureusement le langage juridique. et bien
entendu le raisonnement juridique.
4. La note (en général de bas de page)
(voir article de Mr Pierre- Yves Gauthier, La note de bas
de page chez les juristes, in : Liber amicorum Malaurie,
Paris, Defrenois, 2005, p. 283 et s.)
Une note vient du latin « nota » qui signifie : la marque,
l’indice. La note est une indication faite pour comprendre,
réfléchir, s’instruire, en corrélation avec une idée
avancée.
C’est un « éclaircissement que dans un livre, on met en
bas de pages, ou en marge, ou à a la fin, ou en
caractère très différent de celui du reste de l’ouvrage »
(Littré).
La note sert à illustrer un propos, afin de le rendre plus
intelligible.
On y rencontre les définitions, les sources
jurisprudentielles, législatives doctrinales etc. on y
rencontre les définitions sans lien étroit avec le sujet etc.
Pourquoi ?
Le devoir d’information fiable, obligation morale et
scientifique l’impose. Illustrer un propos, afin de le rendre
plus complet et intelligible.
Exemple : définitions, proposition, solutions dans le
texte. Références aux auteurs et à la jurisprudence en
note de bas de page.
Les doivent être suffisantes. Un article pauvre en notes
de bas de pages est, aujourd’hui, le signe que l’auteur
n’a pas suffisamment lu. Du moins, c’est le sentiment
dominant.
Elles doivent être, de préférence, en numérotation
continue.
Elles exploitent des abréviations
Adde (addenda): ajouter
Cf (confer) : confrontez – suggère des rapprochements
entre certains éléments du texte.
Comp. : comparez (suggère la comparaison entre deux
opinions par exemple)
Contra : solution contraire – indique une solution ou une
opinion contraire
et al. : et autres
ibid. (ibidem) : ici même ; pour éviter la répétition,
lorsque la ou les notes précédentes renvoient à la
même référence
infra : plus bas
loc. cit. (loco citato) : à l’endroit précité (pour éviter une
répétition)
op. cit. (opere citato) : dans l’ouvrage précité
passim : ça et là (renvoie à l’ensemble d’un texte qui a
traité la question sans références précises à une page)
pp. : pages s’emploie toujours suivi et non précédé d’un
chiffre
rapp. : rapprochez (suggère un rapprochement entre
deux passages)
supra : plus haut
V. : voir
V° : voir mot
Vis : voir mots
verbatim : mots pour mots
Quelques exemples de notes :
(1)DOSSOU (Jean), La propriété foncière au Bénin,
Laville, PUAO, 2000, p. 188; nouvelle éd. 2007, p. 200.
C. La conclusion générale
La conclusion générale se rédige à la fin de l’étude. Elle
est une synthèse qui doit comporter un certain nombre
d’éléments :
- Rappel du problème posé par le sujet ;
- Rappel de l’intérêt qu’il y avait le résoudre ;
- Rappel des objectifs et hypothèses ;
- Rappel des grandes idées développées ;
- Rappel des résultats obtenus
- Rappel de l’intérêt de ses résultats pour la science et
la communauté (contribution à l’avancée des
connaissances, à la satisfaction des individus dans le
domaine et la communauté en question).

- Les perspectives de recherches sur le problème.


La conclusion générale est une synthèse bien construite
et non une juxtaposition des idées ou des conclusions
partielles.
D. La note bibliographique de fin de mémoire ou de
fin de thèse
Comporte tous les travaux (ouvrages, thèses,
mémoires, (décisions de justice) articles etc.) cités
dans le mémoire et la thèse et tous ceux qui ont inspiré
certaines idées qui y ont été développées.
Elle obéit aux règles de fidélité et de sincérité.
Toutes les références utilisées dans le mémoire ou la
thèse doivent être indiquées.
Les auteurs sont présentés par ordre alphabétique
avec indication dans l’ordre suivant : Nom, Prénom,
titre de l’ouvrage (souligné ?), lieu d’édition, maison
d’édition, année d’édition, nombre de pages.
Les ouvrages sont présentés en principe rubriqués
Ouvrages généraux
Ouvrages spécialisés
Thèses et mémoires (rapports le cas échéant)
Articles de doctrine
Textes normatifs
Jurisprudence
Sites ? (seulement si c’est de notoriété)
ETAPE 7 : LA REDACTION
Il s’agit ici d’exposer les éléments de la rédaction
proprement dite :
L’introduction générale, les développements, le style, la
note de bas de page, la conclusion générale et la note
bibliographique.
A. L’introduction générale
Elle doit nécessairement contenir un mouvement
répondant à trois questions :
- de quoi je parle ? C’est la présentation et
l’explicitation du sujet – précision de ses contours, de
son contexte (spatial, temporel etc.)
- Pourquoi j’en parle ? C’est la justification du sujet.
Retour aux éléments de la problématique pour y puiser
la pertinence scientifique et sociale du sujet.
- Comment j’en parle? Il s’agit d’exposer ici l’angle
d’attaque et le plan d’attaque du sujet.
La définition de certaines notions ainsi que la précision
de l’intérêt du sujet sont donc à régler dans
l’Introduction générale, sauf lorsque, en fonction du
sujet, il y a un réel intérêt à consacrer une Partie à la
notion.
L’introduction couvre environ 20 à 25 pages pour la
thèse.
B. Les développements
On abordera ici l’argumentation, l’équilibre du travail, le
style et la note de bas de page.
1. l’analyse et l’argumentation
L’analyse, c’est l’action de décomposer un tout en ses
divers éléments afin de le comprendre, de l’expliquer et
de formuler une réponse.
Il faut donc décomposer la question principale en autant
d’autres sous questions principales et chaque sous-
question principale en sous sous-questions principales
ainsi de suite jusqu’à s’assurer qu’on a couvert toutes
les questions soulevées par le sujet et apporter des
réponses.
Il faut engager ces actions dans une démarche
cartésienne, c’est-à-dire :
a) ne rien admettre comme vrai qui ne soit évident ;
b) diviser chacune des difficultés en autant de parcelles
qu’il se pourrait et qu’il serait requis pour les mieux
résoudre ;
c) toujours aller du simple au composé ;
d) faire des dénombrements si entiers et des revues si
générales qu’on soit assuré de ne rien omettre.
Ici se percevra la beauté du droit dans toute sa
splendeur : la beauté du droit n’est pas le style, mais
l’argumentation. (voir mélanges Ghestin) dont la force
est fondée sur la logique. La logique est un
enchaînement cohérent d'idées qui permet à l'homme
de connaître, de juger et d'agir conformément à des
principes. Un principe est une Règle d'action s'appuyant
sur un jugement de valeur et constituant un modèle,
une règle ou un but.
Nous pensons ici au raisonnement juridique dont le plus
pur, le plus strict revêt la forme d’un syllogisme. Le
raisonnement juridique nécessite aussi bon sens,
exactitude, objectivité, justesse et finesse dans la pesée
et l’exploitation des éléments de fait, de droit et des
moyens de preuve et l’utilisation des procédés
techniques intellectuels usuels : La présomption, la
fiction, la définition, l’énumération, l’exemple etc. et
divers autres moyens.
On doit donc nécessairement voir dans les
développements : explication, description, qualification,
conclusions personnelles et justification des conclusions
personnelles:
c’est aussi cela la thèse. Ce sont les propositions
défendues.
Il faut :
- analyser chacun des documents et construire sa
pensée suivant l’ordre prévu par le plan de rédaction;
- rechercher la ou les significations des
phénomènes, des notions, des concepts, des
institutions etc.
- s’interroger sur leurs différents aspects et les
différentes manières de les comprendre.
Dans cette démarche, il faut se servir de types
d’analyses pour consolider son argumentation et
convaincre.
Voici quelques types d’analyse :
- Analyse substantielle – analyse formelle
L’analyse formelle veut s’en tenir aux formes. Elle s’en
tient à l’affirmé par les textes.
L’analyse substantielle veut à « aller au- devant des
faits », dépasser les formes et donner une
qualification juridique différente peut-être de celle
donnée par les textes.
On peut en donner une définition «savante » :
« L’analyse substantielle consiste à analyser, à qualifier
ou à critiquer des institutions, des concepts juridiques ou
des faits à partir d’hypothèses produites par le droit, ces
hypothèses étant livrées par examen critique du système
juridique. Cet examen critique permet de dégager ce que
nous appelons droit substantiel ou droit ‘matériel ».
Cette analyse s’oppose à une analyse ou à une
qualification qui serait purement formelle. »
Mais, il faut manier l’analyse substantielle avec beaucoup
de prudence. La majorité des juristes orthodoxes s’en
méfient.
Mais, l’analyse substantielle est très utile, elle permet
d’aller au-delà des réalités formelles, de l’affirmé pour
affiner l’analyse et éventuellement envisager une
requalification, une assimilation etc.

- Analyse fonctionnaliste
Ce type d’analyse est recommandé, lorsqu’il s’agit
d’analyser une institution-organisme. L’analyse
fonctionnaliste consiste à étudier une institution, une
réalité, par rapport à la fonction qui lui a été assignée.
Pour quelle finalité ?
Ce qu’elle fait maintenant y est-elle conforme ?
Est-elle utile?
Est-elle efficace ?
Ces questions sur le phénomène sont posées et
traitées tant dans sa conception (au départ et après)
que dans ses résultats à situer aussi bien dans le
système juridique que dans le système social.

- Analyse systémique
C’est l’analyse du système juridique par rapport aux
relations entre ses composantes. Il s’agit de jeter un
regard sur le fonctionnement interne du système
juridique ou d’une institution considérée comme un
système.
- Analyse structuraliste
L’analyse structuraliste est une démarche de l’esprit
qui consiste à observer un ensemble structuré et à
analyser la position/la place que chaque élément
occupe dans cet ensemble par rapport à la
philosophie qui sous-tend la construction ou
l’existence de cet élément structuré.
- Classification
La classification est l’effort de catégorisation, de
regroupement, de mise en ordre permanent des
phénomènes.
Les phénomènes, faits, concepts, notions, observés,
étudiés ont besoin d’être organisés, structurés,
regroupés sous des rubriques, sous des catégories
pour être mieux compris et pour élaborer ou déterminer
leur régime juridique

- Explication /Compréhension
Expliquer ici, c’est répondre aux questions quoi et
pourquoi ? : c’est faire voir comment un phénomène est
né et comment il est, ce qu’il est. L’explication consiste
à clarifier des relations entre les phénomènes et à
déterminer pourquoi ou dans quelles conditions tel
phénomène ou tel événement se produit.
Enfin, il ne faut pas oublier que :
▪ la connaissance est un processus itératif ente le «
réel » (que l’on étudie) et la représentation de ce «
réel » ;
▪ la qualité d’une théorie ne peut se juger à sa seule
cohérence interne, mais par apport à sa capacité à
rende compte du réel (intérêt pratique) ;
▪ de même, le travail sur le réel implique toujours une
position théorique, scientifique de départ ;
▪ dans un travail de connaissance scientifique, il n’y a
de place, ni pour le « travail théorique pur » (coupé
de toute référence à un objet ou à une réalité dont il
s’agit de rendre compte), ni pour l’ « empirisme
descriptif pur » (faisant l’impasse sur l’indispensable
effort d’élaboration théorique et de conceptualisation).
2. L’équilibre du travail, les chapeaux et transitions
Il faut veiller à ce le travail soit équilibré aussi bien au
niveau des deux parties qu’au niveau des sous-parties
et de toutes les autres subdivisions.
Si un léger déséquilibre peut être toléré, il le sera au
profit de la première partie, ou du premier titre ou du
premier chapitre et ainsi de suite.
Ne pas oublier les transitions et les chapeaux. Les
chapeaux sont des lignes de texte qui introduisent les
développements suivants. Ils sont nécessaires entre
les différentes rubriques.
Les transitions, manière de passer d’une idée à une
autre, sont nécessaires pour articuler les divers
éléments des développements.
Les idées sont exposées selon le plan.
On doit nécessaire voir dans vos développements :
explication, description et conclusions personnelles :
c’est aussi cela la thèse. Ce sont des propositions que
vous défendez.
3. Le style
Le style, c’est l’homme dit-on. On ne peut en matière
de style aller au-delà de quelques conseils très
généraux. L’écriture est un mode de communication de
la pensée. Le premier objectif est donc de se faire
comprendre.
Se poser la question : est-ce clair ? avec fixation sur le
lecteur et non sur soi-même. C’est pourquoi, le style
doit être correct, clair et précis, servi par une
orthographe et une grammaire irréprochables.
Il est recommandé d’utiliser « nous » et non « je » ou
« on ».
Le droit étant aussi une science de la terminologie, il
faut observer rigoureusement le langage juridique. et
bien entendu le raisonnement juridique.
4. La note (en général de bas de page)
(voir article de Mr Pierre- Yves Gauthier, La note de bas
de page chez les juristes, in : Liber amicorum Malaurie,
Paris, Defrenois, 2005, p. 283 et s.)
Une note vient du latin « nota » qui signifie : la marque,
l’indice. La note est une indication faite pour
comprendre, réfléchir, s’instruire, en corrélation avec
une idée avancée.
C’est un « éclaircissement que dans un livre, on met en
bas de pages, ou en marge, ou à a la fin, ou en
caractère très différent de celui du reste de l’ouvrage »
(Littré).
La note sert à illustrer un propos, afin de le rendre plus
intelligible.
On y rencontre les définitions, les sources
jurisprudentielles, législatives doctrinales etc. on y
rencontre les définitions sans lien étroit avec le sujet
etc.
Pourquoi ?
Le devoir d’information fiable, obligation morale et
scientifique l’impose. Illustrer un propos, afin de le
rendre plus complet et intelligible.
Exemple : définitions, proposition, solutions dans le
texte. Références aux auteurs et à la jurisprudence en
note de bas de page.
Les doivent être suffisantes. Un article pauvre en notes
de bas de pages est, aujourd’hui, le signe que l’auteur
n’a pas suffisamment lu. Du moins, c’est le sentiment
dominant.
Elles doivent être, de préférence, en numérotation
continue.
Elles exploitent des abréviations
Adde (addenda): ajouter
Cf (confer) : confrontez – suggère des rapprochements
entre certains éléments du texte.
Comp. : comparez (suggère la comparaison entre deux
opinions par exemple)
Contra : solution contraire – indique une solution ou
une opinion contraire
et al. : et autres
ibid. (ibidem) : ici même ; pour éviter la répétition,
lorsque la ou les notes précédentes renvoient à la
même référence
infra : plus bas
loc. cit. (loco citato) : à l’endroit précité (pour éviter une
répétition)
op. cit. (opere citato) : dans l’ouvrage précité
passim : ça et là (renvoie à l’ensemble d’un texte qui a
traité la question sans références précises à une page)
pp. : pages s’emploie toujours suivi et non précédé d’un
chiffre
rapp. : rapprochez (suggère un rapprochement entre
deux passages)
supra : plus haut
V. : voir
V° : voir mot
Vis : voir mots
verbatim : mots pour mots
Quelques exemples de notes :
(1)DOSSOU (Jean), La propriété foncière au Bénin,
Laville, PUAO, 2000, p. 188; nouvelle éd. 2007, p. 200.
C. La conclusion générale
La conclusion générale se rédige à la fin de l’étude.
Elle est une synthèse qui doit comporter un certain
nombre d’éléments :
- Rappel du problème posé par le sujet ;
- Rappel de l’intérêt qu’il y avait le résoudre ;
- Rappel des objectifs et hypothèses ;
- Rappel des grandes idées développées ;
- Rappel des résultats obtenus
- Rappel de l’intérêt de ses résultats pour la science
et la communauté (contribution à l’avancée des
connaissances, à la satisfaction des individus dans le
domaine et la communauté en question).
- Les perspectives de recherches sur le problème.
La conclusion générale est une synthèse bien
construite et non une juxtaposition des idées ou des
conclusions partielles.

D. La note bibliographique de fin de mémoire ou de


fin de thèse
Comporte tous les travaux (ouvrages, thèses,
mémoires, (décisions de justice) articles etc.) cités
dans le mémoire et la thèse et tous ceux qui ont inspiré
certaines idées qui y ont été développées.
Elle obéit aux règles de fidélité et de sincérité.
Toutes les références utilisées dans le mémoire ou la
thèse doivent être indiquées.
Les auteurs sont présentés par ordre alphabétique
avec indication dans l’ordre suivant : Nom, Prénom,
titre de l’ouvrage (souligné ?), lieu d’édition, maison
d’édition, année d’édition, nombre de pages.
Les ouvrages sont présentés en principe rubriqués
Ouvrages généraux
Ouvrages spécialisés
Thèses et mémoires (rapports le cas échéant)
Articles de doctrine
Textes normatifs
Jurisprudence
Sites ? (seulement si c’est de notoriété)
ETAPE 8 : LA SOUTENANCE
(voir Simone Dreyfus et Nicolas-Vullierme, p. 396)
La soutenance est une importante épreuve orale qui
est l’occasion de présenter le travail et de le défendre.
Elle comporte quelques enjeux. C’est une épreuve qui
se prépare et se déroule selon un rituel déterminé.
I. Les enjeux de la soutenance
En principe, la soutenance n’est pas une épreuve
décisive. Elle ne peut sauver une mauvaise thèse ou
un mauvais mémoire, ni « couler » une bonne thèse ou
un bon mémoire.
Elle est quand même une épreuve importante. Elle peut
permettre d’améliorer son image et de glaner quelques
points pour une meilleure mention.
II. La préparation de la soutenance
Relire les passages les plus importants avant la
soutenance
Quelques questions à préparer :
Pourquoi et comment vous avez choisi ce sujet,
Comment vous l’avez traité
Les problèmes particuliers de méthode posés et les
solutions adoptées
Pourquoi vous avez adopté tel angle d’attaque
Les résultats que vous avez obtenus
Les difficultés particulières qui ont marqué vos
recherches et Les enseignements que vous tirez ;
Les lacunes ou les insuffisances dont vous êtes vous-
même conscient (ceci pour en expliquer la raison et
vous efforcer de prévenir d’avance les objections) ;
Les événements survenus depuis l’achèvement de
votre travail, qui concernent ou affectent plus ou moins
directement son contenu et les conclusions que vous
en tirez.
III. Le déroulement de la soutenance
Il se fait en deux phases :
Un exposé et une discussion.
L’exposé :
15 mn (en général – consultez les exigences de
l’université)
Contenu de l’exposé :
Voir points exposé ci-dessus. la présentation orale
avant discussion dure environ 15 mn. Il faut faire un
effort pour rester dans ce temps; elle doit valoriser les
points forts de la thèse ; S’il y a eu des
développements après le dépôt de la thèse les rappeler
brièvement et les situer dans vos propositions ;
La discussion
On ne peut se contenter ici que de quelques conseils
généraux :
- être en forme ;
- ne pas être anxieux, ni trop relaxe ;
- répondre aux questions avec clarté et sobriété,
calme et conviction ;
- argumenter les positions personnelles
- reconnaître les faiblesses et erreurs;
- clarifier les malentendus et compléter les
insuffisances.
Avoir confiance en soi et se montrer rassurant.

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