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Islamcoranique.

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L’un des thèmes les plus répétés dans le Coran, tout simplement car il représente
l’essence de l’islam, est de croire en Dieu et de pratiquer le bien. Par exemple :

‫ﻭﺍﻟﺬﻳﻦ ءﺍﻣﻨﻮﺍ ﻭﻋﻤﻠﻮﺍ ﺍﻟﺼﻠﺤﺖ ﺍﻭﻟﺌﻚ ﺍﺻﺤﺐ ﺍﻟﺠﻨﺔ ﻫﻢ ﻓﻴﻬﺎ ﺧﻠﺪﻭﻥ‬

(2:82) Et ceux qui croient et pratiquent le bien sont ceux qui seront les
compagnons du paradis. Ils y résideront pour l’éternité.

Dieu enjoint les hommes de « croire et de pratiquer le bien » plusieurs dizaines


de fois dans le coran, afin que nous ne perdions pas de vue ce message le plus
essentiel, de même que c’est la raison pour laquelle Dieu a institutionnalisé la
prière rituelle (« croire ») et la zakât (« pratiquer le bien sous forme de
charité »). C’est également la raison pour laquelle juste après la sourate Al
Fatihah que le Coran décrit comme « les sept versets que l’on répète en séries de
deux » [dans la prière rituelle] (15:87, voir article « salât coranique »), la sourate
2 commence de la façon suivante :

(2:1) Alif, Lam, Mim. (2:2) Voici le livre qui n’est sujet à aucun doute ; un guide
pour ceux empreints de crainte [envers Dieu]. (2:3) Ceux qui croient dans le
monde invisible et pratiquent la prière rituelle (salât), et de ce Nous leur
procurons, ils donnent [une partie] en charité (c'est-à-dire la zakât et la charité
en général].

Les autres piliers de l’islam, bien que très importants, ne sont pas au même
niveau d’importance comme nous le verrons plus loin.

De même que tous les autres rituels de l’islam (la prière rituelle, le jeûne de
ramadan, la ‘oumrah et le hajj), cette étude démontre une nouvelle fois que la
charité obligatoire (zakât) telle qu’elle est décrite dans le coran a été déformée
par l’islam sunnite. Nous verrons également que l’islam shiite a conservé une
certaine idée du rituel coranique correct lié au paiement de la zakât avec le
« khoums », mais a malheureusement dévié en détournant la zakât de ceux qui
doivent réellement en bénéficier. Les musulmans de tradition sunnite, sous
l’influence des hadiths autres que Dieu et Ses révélations (45:6), paient une
zakât de 2,5%. Sûrs de leur fait, et bien que le coran lui-même proclame qu’il est
pleinement détaillé (7:52, 10:37, 6:114), ils n’hésitent pas à défier Dieu et les
musulmans qui suivent le coran exclusivement en demandant à ces derniers : «
Si le coran est pleinement détaillé comme vous le prétendez, où se trouve donc le
montant ou pourcentage de zakât, de même que tous les détails liés à son
paiement ? ». Le but de cette étude est donc de rétablir, s’il plaît à Dieu, la vérité
au sujet de la zakât, et de montrer que le pourcentage coranique est tout
simplement l’unique montant de charité mentionné directement dans le Coran
(20%), ce dernier expliquant exactement quand il faut payer, et quelle partie de
nos revenus est imposable. Nous étudierons également le fait que le système
coranique de charité obligatoire est totalement juste, ne pénalisant ni les riches
ni les pauvres, tout en forçant les croyants à vivre selon leurs moyens afin
d’établir une société équilibrée et un monde meilleur.

1. Zakât : Définition

Le mot zakât est dérivé de la racine zakâ (‫)ﺯﻛﻰ‬, qui signifie « grandir »,
« purifier », « être pure et propre », « être véridique », « prospérer »,
« réussir », « améliorer ». Le mot « zakât » (‫ )ﺯﻛﻮﺓ‬signifie « pureté »,
« aumône », « aumône légale », « excellence ». Dans le contexte coranique que
nous allons étudier en détail, la zakât correspond à une aumône obligatoire sous
forme de pourcentage de 20% (8:41) prélevée sur les revenus disponibles restant
d'une personne quand vient « le jour de la récolte » (2:219, 6:141). Toute
personne ou foyer a donc le devoir d’être responsable financièrement en ne
vivant pas au dessus de ses moyens pour être en mesure de donner une partie de
ce qu’elle a économisé à la fin d’un cycle de revenus à des personnes dans le
besoin, un ordre préférentiel de priorité étant spécifié dans le coran (8:41).

En d’autres termes, la zakât (‫ )ﺍﻟﺰﻛﻮﺓ‬est une charité obligatoire dont le but est de
purifier tout revenu que Dieu nous octroie par Sa grâce et miséricorde infinie,
contribuant ainsi à éradiquer la pauvreté en nous imposant d’aider notre
prochain.

2. Différence entre zakât et sadaqat

La racine Sadaqa (‫ )ﺻﺪﻕ‬signifie « être véridique », « établir ou confirmer la


vérité », mais également « vérifier », « respecter fidèlement une promesse ». Le
verbe à la forme V (tasaddaqa = ‫ )ﺗﺼﺪﻕ‬signifie « abandonner quelque chose qui
est dû sous forme de charité » (2:280, 4:92, 5:45), « dépenser en charité » (9:75,
63:10), « être charitable » (12:88).

Le mot « Sadaqat » signifie « charité » dans un sens large, la zakât


correspondant donc à la forme obligatoire du concept de « sadaqat » (charité),
étant bien entendu que le coran encourage la charité bien au delà du paiement
de la zakât qui est un minimum.

‫ﺍﻧﻤﺎ ﺍﻟﺼﺪﻗﺖ ﻟﻠﻔﻘﺮﺍء ﻭﺍﻟﻤﺴﻜﻴﻦ ﻭﺍﻟﻌﻤﻠﻴﻦ ﻋﻠﻴﻬﺎ ﻭﺍﻟﻤﻮﻟﻔﺔ ﻗﻠﻮﺑﻬﻢ ﻭﻓﻰ ﺍﻟﺮﻗﺎﺏ ﻭﺍﻟﻐﺮﻣﻴﻦ ﻭﻓﻰ ﺳﺒﻴﻞ ﷲ ﻭﺍﺑﻦ ﺍﻟﺴﺒﻴﻞ‬
‫ﻓﺮﻳﻀﺔ ﻣﻦ ﷲ ﻭﷲ ﻋﻠﻴﻢ ﺣﻜﻴﻢ‬

(9:60) Les dons caritatifs (al sadaqât = pluriel de sadaqat) sont exclusivement
destinés aux pauvres et aux nécessiteux, à ceux qui les collectent, à ceux qui
rapprochent les cœurs, dans le but de [libérer ceux dont] les cous [sont assujettis
à l’esclavage], à ceux qui sont endettés, dans le chemin de Dieu, et au voyageur
dans le besoin. Ceci est une obligation imposée par Dieu, et Dieu est Savant et
Sage.

3. Il est préférable en Islam de donner en charité de façon anonyme

(2:271) Si vous divulguez [vos] charités, elles sont valables, mais si vous
conservez l’anonymat et les donnez aux pauvres, c’est préférable pour vous, et Il
vous absoudra de vos péchés. Dieu est pleinement conscient de ce que vous
faites.

4. La zakât est obligatoire pour toute personne se réclamant de la foi musulmane

Le salut d’un musulman dans l’au delà dépend de sa foi en Dieu, de son
comportement, du fait de s’acquitter de la zakât, et de croire aux versets de Dieu:

‫ﻭﺍﻛﺘﺐ ﻟﻨﺎ ﻓﻰ ﻫﺬﻩ ﺍﻟﺪﻧﻴﺎ ﺣﺴﻨﺔ ﻭﻓﻰ ﺍﻝءﺍﺧﺮﺓ ﺍﻧﺎ ﻫﺪﻧﺎ ﺍﻟﻴﻚ ﻗﺎﻝ ﻋﺬﺍﺑﻰ ﺍﺻﻴﺐ ﺑﻪ ﻣﻦ ﺍﺷﺎء ﻭﺭﺣﻤﺘﻰ ﻭﺳﻌﺖ ﻛﻞ ﺷﻰء‬
‫ﻓﺴﺎﻛﺘﺒﻬﺎ ﻟﻠﺬﻳﻦ ﻳﺘﻘﻮﻥ ﻭﻳﻮﺗﻮﻥ ﺍﻟﺰﻛﻮﺓ ﻭﺍﻟﺬﻳﻦ ﻫﻢ ﺑﺎﻳﺘﻨﺎ ﻳﻮﻣﻨﻮﻥ‬

(7:156) « Et décrète pour nous le bien en ce monde, de même que dans l’au delà.
En vérité, nous nous sommes voués à Toi ! ». Il a déclaré [en retour] : « J’afflige
de Ma punition qui Je veux, mais Ma miséricorde embrasse toute chose ; ainsi,
Je la décrèterai pour ceux qui sont véridiques et s’acquittent de la zakât, et ceux
qui croient en Nos versets ».
De même que la prière rituelle, la zakât est donc absolument obligatoire. Ces
deux rituels sont placés plus haut que le jeûne de ramadan, la ‘oumrah et le hajj,
qui peuvent dans certains cas particuliers être respectivement remplacés par des
aumônes ou un sacrifice à distance (voir les articles sur le jeune de ramadan et le
hajj pour plus de détails).

Participer activement à éradiquer la pauvreté et promouvoir le bien-être de son


prochain est l’essence de l’islam. C’est tellement primordial qu’une personne n’a
pas le droit de fréquenter une mosquée si elle ne fait pas la prière rituelle et ne
paye pas la zakât, ce qui signifie que refuser de les pratiquer équivaut à ne pas
être musulman aux yeux de Dieu :

‫ﺍﻧﻤﺎ ﻳﻌﻤﺮ ﻣﺴﺠﺪ ﷲ ﻣﻦ ءﺍﻣﻦ ﺑﺎ� ﻭﺍﻟﻴﻮﻡ ﺍﻝءﺍﺧﺮ ﻭﺍﻗﺎﻡ ﺍﻟﺼﻠﻮﺓ ﻭءﺍﺗﻰ ﺍﻟﺰﻛﻮﺓ ﻭﻟﻢ ﻳﺨﺶ ﺍﻻ ﷲ ﻓﻌﺴﻰ ﺍﻭﻟﺌﻚ ﺍﻥ ﻳﻜﻮﻧﻮﺍ‬
‫ﻣﻦ ﺍﻟﻤﻬﺘﺪﻳﻦ‬

(9:18) Seul celui qui croit en Dieu et la vie future, fait la prière rituelle (salât),
s’acquitte de la zakât, et ne craint (autre) que Dieu, se voit accorder (l’accès et
l’entretien) des mosquées de Dieu.

Pour la même raison, une personne qui embrasse l’islam ou qui se prétend
musulmane ne fait réellement partie de la communauté musulmane qu’une fois
qu’elle fait la prière rituelle (salât) et s’acquitte de la zakât.

Les versets ci-dessous sont un autre exemple du fait que la pratique de la prière
et de la zakât nous permettent de juger si une personne est musulmane ou non :

‫ﻓﺎﺫﺍ ﺍﻧﺴﻠﺦ ﺍﻻﺷﻬﺮ ﺍﻟﺤﺮﻡ ﻓﺎﻗﺘﻠﻮﺍ ﺍﻟﻤﺸﺮﻛﻴﻦ ﺣﻴﺚ ﻭﺟﺪﺗﻤﻮﻫﻢ ﻭﺧﺬﻭﻫﻢ ﻭﺍﺣﺼﺮﻭﻫﻢ ﻭﺍﻗﻌﺪﻭﺍ ﻟﻬﻢ ﻛﻞ ﻣﺮﺻﺪ ﻓﺎﻥ ﺗﺎﺑﻮﺍ‬
‫ﻭﺍﻗﺎﻣﻮﺍ ﺍﻟﺼﻠﻮﺓ ﻭءﺍﺗﻮﺍ ﺍﻟﺰﻛﻮﺓ ﻓﺨﻠﻮﺍ ﺳﺒﻴﻠﻬﻢ ﺍﻥ ﷲ ﻏﻔﻮﺭ ﺭﺣﻴﻢ‬

(9:5) Et une fois que les mois sacrés sont passés, alors tuez les polythéistes où
que vous les trouviez, saisissez-les, assiégez-les, tenez vous [à l’affût] à chaque
[endroit où vous pouvez leur faire une] embuscade. Mais s’ils se repentent, font
la prière rituelle et s’acquittent de la zakât, alors laissez leur la voie (libre). En
vérité, Dieu est celui qui pardonne, Il est Miséricordieux.

‫ﻓﺎﻥ ﺗﺎﺑﻮﺍ ﻭﺍﻗﺎﻣﻮﺍ ﺍﻟﺼﻠﻮﺓ ﻭءﺍﺗﻮﺍ ﺍﻟﺰﻛﻮﺓ ﻓﺎﺧﻮﻧﻜﻢ ﻓﻰ ﺍﻟﺪﻳﻦ ﻭﻧﻔﺼﻞ ﺍﻝءﺍﻳﺖ ﻟﻘﻮﻡ ﻳﻌﻠﻤﻮﻥ‬

(9:11) Mais s’ils se repentent et font la prière rituelle, et s’acquittent de la zakât,


alors ils sont vos frères en religion. Et nous expliquons en détail les versets aux
gens qui possèdent la connaissance.

Juste en passant, le verset 9:5 ci-dessus est très souvent cité hors contexte par
les adversaires de l’Islam de même que par certains terroristes qui se réclament
à tort de la foi musulmane et qui veulent forcer les gens à se convertir à l’islam,
alors que le contexte de la sourate est simplement celui d’une guerre totale
contre les polythéistes qui voulaient à tout prix commettre un génocide contre
les musulmans et anéantir le pur monothéisme prêché par notre saint prophète.
Le Coran décrète clairement un message de paix et de respect des autres
religions :

‫ﻻ ﺍﻛﺮﺍﻩ ﻓﻰ ﺍﻟﺪﻳﻦ ﻗﺪ ﺗﺒﻴﻦ ﺍﻟﺮﺷﺪ ﻣﻦ ﺍﻟﻐﻰ ﻓﻤﻦ ﻳﻜﻔﺮ ﺑﺎﻟﻄﻐﻮﺕ ﻭﻳﻮﻣﻦ ﺑﺎ� ﻓﻘﺪ ﺍﺳﺘﻤﺴﻚ ﺑﺎﻟﻌﺮﻭﺓ ﺍﻟﻮﺛﻘﻰ ﻻ ﺍﻧﻔﺼﺎﻡ ﻟﻬﺎ‬
‫ﻭﷲ ﺳﻤﻴﻊ ﻋﻠﻴﻢ‬

(2:256) Point de contrainte en religion : La voie droite s’est distinguée de


l’égarement. Ainsi, quiconque rejette les vaines idoles et croit en Dieu aura en
toute certitude saisi le lien le plus ferme qui soit, celui qui ne rompt jamais. Dieu
est celui qui entend tout, l’Omniscient.
‫ﺍﺩﻉ ﺍﻟﻰ ﺳﺒﻴﻞ ﺭﺑﻚ ﺑﺎﻟﺤﻜﻤﺔ ﻭﺍﻟﻤﻮﻋﻈﺔ ﺍﻟﺤﺴﻨﺔ ﻭﺟﺪﻟﻬﻢ ﺑﺎﻟﺘﻰ ﻫﻰ ﺍﺣﺴﻦ ﺍﻥ ﺭﺑﻚ ﻫﻮ ﺍﻋﻠﻢ ﺑﻤﻦ ﺿﻞ ﻋﻦ ﺳﺒﻴﻠﻪ ﻭﻫﻮ‬
‫ﺍﻋﻠﻢ ﺑﺎﻟﻤﻬﺘﺪﻳﻦ‬

(16:125) Invite [Ô prophète] vers la voie de Ton Seigneur avec sagesse et


conformément à l’enseignement du bien, et débat avec eux de la façon la plus
convenable. En vérité, Ton Seigneur est celui qui sait qui s’est égaré de Sa voie,
et Il est celui qui connait ceux qui sont bien guidés.

5. La zakât est basée sur un pourcentage de nos revenus

‫ﻭﺍﻟﺬﻳﻦ ﻓﻰ ﺍﻣﻮﻟﻬﻢ ﺣﻖ ﻣﻌﻠﻮﻡ‬

(70:24) Et ceux dont les biens sont assujettis à un pourcentage (haq = ‫ )ﺣﻖ‬défini/
bien connu.

‫ﻭﻓﻰ ﺍﻣﻮﻟﻬﻢ ﺣﻖ ﻟﻠﺴﺎﺋﻞ ﻭﺍﻟﻤﺤﺮﻭﻡ‬

(51:19) Et de leurs biens, un pourcentage/une part (haq = ‫ )ﺣﻖ‬est destiné aux


mendiants et aux nécessiteux.

6. Quel est le pourcentage de zakât indiqué par le Coran ?

Dieu proclame que Son livre est pleinement détaillé (7:52, 10:37, 6:114), il est
donc strictement impossible que le pourcentage de zakât soit celui mentionné
par les hadiths (2.5%), lequel ne figure pas dans le coran. Nous devons donc tout
simplement nous référer au seul pourcentage (haq = ‫ )ﺣﻖ‬de charité indiqué par
le saint Coran et qui indique le taux de zakât auquel sont soumis les butins:

�‫ﻭﺍﻋﻠﻤﻮﺍ ﺍﻧﻤﺎ ﻏﻨﻤﺘﻢ ﻣﻦ ﺷﻰء ﻓﺎﻥ � ﺧﻤﺴﻪ ﻭﻟﻠﺮﺳﻮﻝ ﻭﻟﺬﻯ ﺍﻟﻘﺮﺑﻰ ﻭﺍﻟﻴﺘﻤﻰ ﻭﺍﻟﻤﺴﻜﻴﻦ ﻭﺍﺑﻦ ﺍﻟﺴﺒﻴﻞ ﺍﻥ ﻛﻨﺘﻢ ءﺍﻣﻨﺘﻢ ﺑﺎ‬
‫ﻭﻣﺎ ﺍﻧﺰﻟﻨﺎ ﻋﻠﻰ ﻋﺒﺪﻧﺎ ﻳﻮﻡ ﺍﻟﻔﺮﻗﺎﻥ ﻳﻮﻡ ﺍﻟﺘﻘﻰ ﺍﻟﺠﻤﻌﺎﻥ ﻭﷲ ﻋﻠﻰ ﻛﻞ ﺷﻰء ﻗﺪﻳﺮ‬

(8:41) Et sachez que quoi que ce soit que vous obteniez en matière de butin, un
cinquième (20%) en revient à Dieu, ainsi qu’à Son messager, la famille proche,
les orphelins, les nécessiteux, et les voyageurs en état de vulnérabilité financière,
si seulement vous croyez en Dieu et ce que nous avons révélé à notre serviteur le
jour du dénouement : Jour de l’affrontement entre les deux parties adverses. Et
Dieu est Tout Puissant sur toute chose.

Comme indiqué dans le verset, les revenus perçus sur les butins sont tout
naturellement soumis au « taux bien connu » (70:24), c'est-à-dire le taux de
zakât, et dont nous constatons qu’il s’agit de 20%. Il n’y a aucune raison que le
taux de zakât (charité obligatoire) en matière de butin soit différent de celui sur
les autres types de revenus, tout simplement parce que Dieu l’aurait autrement
spécifié directement dans le Coran pleinement détaillé. Ce pourcentage de 20% a
d’ailleurs été préservé dans l’islam shiite, où le « khoums » (littéralement
« cinquième ») est calculé sur les profits en matière de revenus - plus
précisément le surplus - et est payable au début de l’année financière. Le
problème est qu’au lieu d’être distribué « à la famille proche, les orphelins, les
nécessiteux, et les voyageurs en état de vulnérabilité financière » comme
l’indique le coran, il s’agit simplement d’un impôt, et il s’agit donc d’une
distortion du rituel coranique.

7. La zakât est calculée sur les profits

La seule différence entre la zakât sur les butins et sur un revenu classique est que
la zakât sur le revenu classique est basée sur les profits :

‫ﺉ ﻳﺴﻠﻮﻧﻚ ﻋﻦ ﺍﻟﺨﻤﺮ ﻭﺍﻟﻤﻴﺴﺮ ﻗﻞ ﻓﻴﻬﻤﺎ ﺍﺛﻢ ﻛﺒﻴﺮ ﻭﻣﻨﻔﻊ ﻟﻠﻨﺎﺱ ﻭﺍﺛﻤﻬﻤﺎ ﺍﻛﺒﺮ ﻣﻦ ﻧﻔﻌﻬﻤﺎ ﻭﻳﺴﻠﻮﻧﻚ ﻣﺎﺫﺍ ﻳﻨﻔﻘﻮﻥ ﻗﻞ ﺍﻟﻌﻔﻮ‬
‫ﻛﺬﻟﻚ ﻳﺒﻴﻦ ﷲ ﻟﻜﻢ ﺍﻝءﺍﻳﺖ ﻟﻌﻠﻜﻢ ﺗﺘﻔﻜﺮﻭﻥ‬

(2:219) Ils t’interrogent au sujet de ce qui altère les facultés de l’esprit et les jeux
de hasard : Ils comportent tous deux un grand péché et des bénéfices pour les
gens, mais le péché qu’ils comportent excède leurs bénéfices. Et ils te demandent
ce qu’ils doivent dépenser en charité : Le surplus. Dieu clarifie ainsi les versets
afin que vous puissiez méditer.

Le verbe « anfaqa » (forme IV : ‫ = ﻳﻨﻔﻘﻮﻥ‬ce qu’ils doivent dépenser [en charité])


réfère ici clairement aux dépenses caritatives, de même que par exemple le
verset 2:3 cité plus haut où l’on trouve le même verbe. « Dépenser en charité »
désigne aussi bien la zakât que la charité en général (sadaqat), et indique selon le
contexte général du Coran que la zakât est basée sur le surplus dégagé après
consommation chaque fois qu’il y a « moisson » (6:141), c’est à dire revenus.

Le même terme « ‘afwa » (‫ = ﻋﻔﻮ‬surplus) apparaît une seule autre fois dans le
Coran :

‫ﺧﺬ ﺍﻟﻌﻔﻮ ﻭﺍﻣﺮ ﺑﺎﻟﻌﺮﻑ ﻭﺍﻋﺮﺽ ﻋﻦ ﺍﻟﺠﻬﻠﻴﻦ‬

(7:199) Mettez de coté le surplus et ordonnez le bien, et détournez-vous des


ignorants.

Le mot « ‘afwa » en 7:199 est souvent traduit par « pardon » dans certaines
traductions, mais doit à mon sens se conformer au sens du verset 2:219. Nous
voyons donc ici l’importance cruciale de « mettre de coté » un surplus (dégagé
après les dépenses courantes), qui permet à la fois d’économiser pour bâtir
l’avenir, ainsi que de payer la zakât en en soustrayant le taux bien connu de 20%.

Un tel système est juste car un foyer avec sept enfants et une personne
célibataire paieront 20% de leur surplus et non de leurs revenus bruts. Payer
2.5% de ses revenus comme c’est pratiqué dans l’islam sunnite (que cela soit
avant ou après impôts importe peu) est injuste car cela pénalise les personnes
dans le besoin qui ont du mal à simplement finir la fin du mois, c'est-à-dire
« joindre les deux bouts ». Payer 20% de ses économies le jour d’une
« moisson » ou période de revenus est au contraire parfaitement équitable car si
une personne n’a quasiment aucune économie, cela représentera un montant
très faible, tout en forçant cette personne dans le besoin à tout de même mettre
de coté quelque chose car la zakât est obligatoire, ainsi qu’à être responsable
financièrement. En contrepartie, les personnes aisées qui sont à même
d'économiser énormément d’argent sont forcées de donner un montant
substantiel (20%) de leurs économies.

Ce système oblige non seulement les musulmans à pratiquer le bien,


d’économiser, et de vivre selon leurs moyens, mais doit normalement éviter aux
gens de contracter des dettes irresponsables, procurant ainsi un garde fou afin
d’établir une société financièrement saine et responsable, et qui peut grandir
d’une façon saine. Le but du système de la zakât est, s’il est bien compris, à la
fois d’éradiquer et d’endiguer la pauvreté. Cela doit à mon sens passer par le fait
d’éduquer la population pour que les gens soient responsables financièrement,
ce qui devrait être enseigné à l’école depuis le plus jeune âge, et ce qui manque
complètement à la plupart des sociétés modernes à ma connaissance. En deux
mots, si j’en avais la responsabilité, je proposerais une classe « d’éducation et
responsabilité financière » chaque année durant toute la scolarité à tous les
étudiants depuis leur plus jeune âge, afin de produire une société musulmane
riche, responsable et généreuse envers son prochain. Chaque personne doit
apprendre à gérer, économiser, établir des buts financiers réalistes, investir,
créer une entreprise, etc… tout en payant sa part de 20% de zakât sur les revenus
économisés après impôts et dépenses courantes.

Le système de la zakât doit également attirer notre attention sur le fait que
l'argent que nous gagnons ne nous appartient pas, mais que nous sommes
simplement gestionnaires des biens que Dieu nous octroie.

8. Dieu indique un ordre de préférence pour la zakât:

De même que la zakât en matière de butin, tout revenu et zakât qui en découle
doit suivre le même ordre de priorité que celui énoncé dans le verset suivant :

‫ﻳﺴﻠﻮﻧﻚ ﻣﺎﺫﺍ ﻳﻨﻔﻘﻮﻥ ﻗﻞ ﻣﺎ ﺍﻧﻔﻘﺘﻢ ﻣﻦ ﺧﻴﺮ ﻓﻠﻠﻮﻟﺪﻳﻦ ﻭﺍﻻﻗﺮﺑﻴﻦ ﻭﺍﻟﻴﺘﻤﻰ ﻭﺍﻟﻤﺴﻜﻴﻦ ﻭﺍﺑﻦ ﺍﻟﺴﺒﻴﻞ ﻭﻣﺎ ﺗﻔﻌﻠﻮﺍ ﻣﻦ ﺧﻴﺮ ﻓﺎﻥ‬
‫ﷲ ﺑﻪ ﻋﻠﻴﻢ‬

(2:215) Ils te demandent ce qu’ils doivent donner en charité : Dis [Ô


Mohammed] : Toute donation caritative revient à vos parents, votre famille, les
orphelins, les nécessiteux et les voyageurs en état de vulnérabilité financière.
Tout bien que vous fassiez, Dieu en est certes pleinement conscient.

L'ordre ci-dessus est le même que celui mentionné en 8:41, qui comme nous
l’avons vu mentionne le paiement d’une zakât de 20% :

1. Les parents,

2. la famille proche,

2. les orphelins,

3. les nécessiteux,

4. les voyageurs en état de vulnérabilité financière.

Cet ordre de priorité s’applique à toutes les charités (sadaqât), que ce soit la
zakât, obligatoire par définition, ou charités optionnelles supplémentaires.

9, Quand doit-on s’acquitter de la zakât ?

Le même mot « Haq » (‫ = ﺣﻖ‬pourcentage) est également employé en 6:141, qui


définit quand le croyant doit s’acquitter de la zakât :

‫ﻭﻫﻮ ﺍﻟﺬﻯ ﺍﻧﺸﺎ ﺟﻨﺖ ﻣﻌﺮﻭﺷﺖ ﻭﻏﻴﺮ ﻣﻌﺮﻭﺷﺖ ﻭﺍﻟﻨﺨﻞ ﻭﺍﻟﺰﺭﻉ ﻣﺨﺘﻠﻔﺎ ﺍﻛﻠﻪ ﻭﺍﻟﺰﻳﺘﻮﻥ ﻭﺍﻟﺮﻣﺎﻥ ﻣﺘﺸﺒﻬﺎ ﻭﻏﻴﺮ ﻣﺘﺸﺒﻪ‬
‫ﻛﻠﻮﺍ ﻣﻦ ﺛﻤﺮﻩ ﺍﺫﺍ ﺍﺛﻤﺮ ﻭءﺍﺗﻮﺍ ﺣﻘﻪ ﻳﻮﻡ ﺣﺼﺎﺩﻩ ﻭﻻ ﺗﺴﺮﻓﻮﺍ ﺍﻧﻪ ﻻ ﻳﺤﺐ ﺍﻟﻤﺴﺮﻓﻴﻦ‬

(6:141) Et Il est Celui qui a créé des jardins clôturés ou sans clôtures, les
palmiers dattiers, les divers types de moissons, les olives, les grenades, similaires
ou non similaires. Consommez ses fruits quand il porte ses fruits, et acquittez-
vous de sa part [due] (Haqahou = sa part/pourcentage, c'est-à-dire de zakât) le
jour de sa moisson. Et ne soyez pas excessifs ! Il n’aime pas ceux qui sont
excessifs.

La zakât doit être payée chaque fois qu’une récolte porte ses fruits. Cela peut être
une fois par an (selon le concept d’année solaire, et non lunaire car les récoltes
sont assujetties à l’année solaire) si un fermier n’a qu’un type de moisson, ou
chaque fois qu’il y a une moisson sur ses terres. En d’autres termes, un croyant
doit s’acquitter de la zakât chaque fois qu’il a des revenus, qu’ils soient mensuels,
hebdomadaires, annuels, etc…

Dans les sociétés modernes, et du fait d'impôts souvent élevés et compliqués à


calculer, je proposerais personnellement que la zakât soit payée annuellement
selon le concept d’année solaire (et non lunaire), en faisant en sorte que la date
des impôts sur les revenus des foyers et sociétés corresponde à la date de la
récolte principale d’un pays, état ou région donnée (par exemple du blé, maïs, ou
autre), et permettant ainsi aux croyants d’être sûrs du montant d'impôts à payer,
et de calculer la zakât sur leurs économies restantes après impôts, c'est-à-dire
sur ce qui leur reste de la « moisson annuelle » à la fin d’un cycle solaire, après
s'être occupé de leurs familles et de toutes les dépenses courantes et impôts. De
plus, on peut souvent mieux aider les nécessiteux en payant un montant annuel
substantiel qu'avec des montants fragmentés moins importants si une personne
décide de payer la zakât chaque fois qu’il y a revenu.

La zakât est à mon sens clairement calculée sur ce qui reste de la moisson
précédente et non sur celle en cours d'être récoltée « le jour de la moisson », car
une moisson se récolte souvent sur plusieurs jours et est très rarement vendue et
monnayée le même jour. Le Coran est clair que le pourcentage de zakât doit être
payé un jour bien précis, c'est à dire celui de la « récolte », à savoir quand on sait
exactement ce dont on dispose de l’année précédente.

Conclusion

Ces déductions logiques indiquent à mon sens très clairement qu'il faut
comprendre le verset 6:141 dans le contexte général du coran et de tous les
versets référant à la charité en général, ainsi que la zakât, pour comprendre
qu'elle se paye:

- sur le surplus (2:219),

- qu’un surplus doit être minutieusement mis de coté (afin de s’acquitter de la


zakât) (7:199),

- qu'il s'agit d'une part bien précise, c'est-à-dire un pourcentage (70:24, 51:19,
6:141),

- qu'il s'agit de 20% (8:41),

- et qu'elle se règle un jour bien précis, c’est à dire celui de la moisson (6:141).

- Le croyant doit orienter le paiement de sa zakât en ayant à l'esprit l'ordre


préférentiel indiqué par Dieu en 8:41 et 2:215 :

1. Les parents,

2. la famille proche,

2. les orphelins,

3. les nécessiteux,

4. les voyageurs en état de vulnérabilité financière.

- En cas de guerre de guerre et s’il y a saisie de butin, la zakât de 20% est déduite
du montant total du butin (8:41), ce qui constitue une exception, car toute
charité est autrement prélevée ou donnée à partir du surplus, c'est-à-dire tout
simplement ce que les croyants peuvent se permettre de payer.

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