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Spécialité : SCM & Distribution 2ème Année Master 3ème Semestre

Cours n°2 : De la logistique à la SCM


Références bibliographiques du cours
Collin J, La logistique : Histoire et Perspectives, Logistique Management, Vol 4, n°2, 1996
Médan P, Gratacap A, Logistique et supply chain management, Dunod, Paris, 2008.
Primor Y, Fender M, Logistique : Production-Distribution-Soutien, 5ème Edition, Dunod, 2008
Samii A-K, Stratégie logistique. Supply Chain management, Dunod, 2ème édition, Paris, 2004.
1. Définition du concept de logistique
La logistique recouvre toujours des fonctions de transport, stockage et manutention et, dans les
entreprises de production, tend à étendre son domaine en amont vers l’achat et
l’approvisionnement, en aval vers la gestion commerciale et la distribution. On cite souvent la
définition d’origine militaire : « La logistique consiste à apporter ce qu’il faut, là où il faut et
quand il faut.»
Certains auteurs ont décrit la logistique par les cinq qualités suivantes : «assurer la disponibilité
d’un produit ou d’un service, dans de bonnes conditions, au bon moment, au bon endroit, au bon
client, au coût le plus juste».
En fait le système logistique comprend l’ensemble des ressources physiques, des infrastructures
informatiques, des personnes et des procédures qui rendent possibles les flux des biens et la
transmission d’informations du point d’origine – approvisionnement des matières premières-
jusqu’au point de consommation – la réception des produits finis aux mains des clients.
Le concept clé est la notion de flux 1. De ce fait la logistique est la gestion des flux et son
accélération comme dans un pipeline.

Informations

Fournisseurs Clients

Approvisionnement Opérations Distribution

Matière

Figure n°2 : Pipeline Logistique


En 1986, M. Porter introduit la notion de chaîne de valeur, un concept destiné à expliquer le
développement d’un avantage concurrentiel au niveau d’un marché. Les activités principales de la
chaîne de valeur comprennent la logistique interne, les opérations, la logistique externe, le
marketing, les ventes et le service-après-vente. Il s’en est suivi une prise de conscience du rôle
prépondérant de la logistique en matière de création et de développement d’un avantage
concurrentiel.

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Cf. cours n°4.
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Figure n°3: Schéma d’une chaîne de valeur


Dans la logistique des biens matériels, on évoquera surtout la chaîne de valeur physique. Ce
modèle n’est pas seulement utilisé pour la gestion industrielle ; il joue un rôle très important dans
le secteur de la grande distribution, dans l’industrie des services financiers et des services2.
En définitive la logistique est «le processus permettant de planifier, de mettre en œuvre et
contrôler un flux et un stockage efficaces et efficients de matières premières, d’en-cours, de
produits finis et s’informations, du point d’origine au point de consommation dans le but de se
conformer aux exigences du client 3». De cette définition découlent trois concepts : le processus
de gestion, les flux et le service au client.
Yves Primor, distingue plusieurs logistiques différentes par leur objet et leurs méthodes :
- une logistique d’approvisionnement qui permet d’amener dans les usines les produits de
base, composants et sous-ensembles nécessaires à la production ;
- une logistique d’approvisionnement général qui permet d’apporter à des entreprises de
service ou des administrations les produits divers dont elles ont besoin pour leur activité
(fournitures de bureau par exemple) ;
- une logistique de production qui consiste à apporter au pied des lignes de production les
matériaux et composants nécessaires à la production et à planifier la production ; cette
logistique tend à absorber la gestion de production tout entière ;
- une logistique de distribution, celle des distributeurs, qui consiste à apporter au
consommateur final, soit dans les grandes surfaces commerciales, soit chez lui en vente
par correspondance par exemple, les produits dont il a besoin ;
- une logistique de soutien, née chez les militaires mais étendue à d’autres secteurs,
aéronautique, énergie, industrie, etc., qui consiste à organiser tout ce qui est nécessaire
pour maintenir en opération un système complexe, y compris à travers des activités de
maintenance ;
- une activité dite de service après-vente assez proche de la logistique de soutien avec
cette différence qu’elle est exercée dans un cadre marchand par celui qui a vendu un
bien; on utilise assez souvent l’expression «management de services» pour désigner le
pilotage de cette activité ; on notera cependant que cette forme de logistique de soutien

2
La logistique des services s’intéresse au processus de coordination des activités nécessaires pour complèter
d’une manière efficiente et efficace toutes les conditions requises pour le service client.
3
Définition du CSCMP (Council of Supply Chain management Professionals)
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tend de plus en plus souvent à être exercée par des spécialistes du soutien différents du
fabricant et de l’utilisateur et dits Third Party Maintenance ;
- des reverse logistics, parfois traduites en français par «logistique à l’envers», «rétro-
logistique» ou encore «logistique des retours», qui consiste à reprendre des produits
dont le client ne veut pas ou qu’il veut faire réparer, ou encore à traiter des déchets
industriels, emballages, produits inutilisables depuis les épaves de voiture jusqu’aux
toners d’imprimantes.
Une distinction commode est celle que l’on fait souvent entre les logistiques de flux, production
et distribution d’une part, et les logistiques de soutien d’autre part. Ces deux catégories de
logistique ont en effet des caractéristiques assez différentes, les premières étant plus liées aux
techniques de gestion de la production et aux techniques de marketing et de ventes, les
deuxièmes étant plus liées à des méthodes de maintenance et de gestion de rechanges,
particulièrement développées dans le domaine militaire ou dans celui de la maintenance des
équipements techniques. Il y avait donc bien des logistiques différentes jusqu’à ce que le concept
de supply chain ne vienne apporter une certaine unité en ce domaine.
2. Evolution historique de la gestion logistique
Par le passé le concept de logistique regroupait un certain nombre d’activités autour de la
distribution physique (logistique externe) et de l’approvisionnement et stockage de matières
(logistique interne) qui sont aujourd’hui intégrées dans un même et unique système.

Fragmentation des années Intégration des logistiques Intégration totale année


1960 interne et externe des années 2000
1980

Approvisionnements
3.
Planification de la production
Stock de production
Logistique interne (gestion
des matières)
Entreposage Intégration des chaînes
Manutention de matériel logistiques
Emballage industriel Logistique externe
(distribution physique)
Stock de produits finis
Planning de distribution
Traitement de commandes
Transports
Figure n°4 : Evolution de la gestion logistique
La logistique d'entreprise est apparue longtemps après la fin de la seconde guerre mondiale.
Cette phase préparatoire à l'émergence d'une logistique d'entreprise, fut marquée par le
développement de la recherche opérationnelle et des premières techniques d'optimisation
appliquées à la résolution de problèmes de transport et d'entreposage.
En phase de démarrage, la logistique fut avant tout une recherche d'optimisations
opérationnelles partielles et disjointes (gestion de parc, gestion de stocks, tournées de livraison,
etc...). La quête de la fluidité, c'est à dire de la réduction des capacités nécessaires à la
circulation des flux, est la caractéristique majeure de la logistique de cette époque.

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En phase de croissance (années 80' et 90') la logistique change de nature et se préoccupe


prioritairement de coordonner les différentes fonctions de l'entreprise qui concourent à la mise
en circulation des flux (service après-vente, distribution, production, achat, conception), en
procédant à leur décloisonnement. Les préoccupations du pilotage des flux l'emportent sur celles
de production des opérations de circulation des marchandises, souvent externalisées : la
recherche de l'efficacité des processus logistiques passe par la maîtrise des coûts induits de
toute défaillance logistique sur les fonctions qu'elle soutient. La réduction des niveaux de stocks,
le développement des flux tendus dans l'approvisionnement des sites industriels puis des sites de
distribution, les exigences croissantes de marchés qui se saturent et deviennent de plus en plus
volatils, désignent la logistique comme la démarche qui stabilise et garantit la continuité des flux.
Dans les années 90 et 2000, la logistique privilégie désormais sa dimension "transversalité", qui
lui permet de mobiliser toutes les ressources internes (celles de l’entreprise), mais surtout
externes (celles de ses partenaires), nécessaires à la mise en œuvre d'une chaîne logistique
complexe, faite de multiples acteurs étroitement imbriqués et interdépendants les uns des
autres. Les systèmes d'information et de communication logistiques prennent alors une ampleur
considérable: en s'assurant de la maîtrise des interfaces entre acteurs, ils autorisent de
multiples transactions qui conduisent à leur intégration au sein d'un même processus.
3. Les objectifs de la gestion logistique
L’objectif traditionnel d’un système logistique est d’atteindre un niveau de service donné pour un
coût minimum. Ceci dit, il ne doit pas masquer les autres objectifs opérationnels de la logistique.
Ces derniers (ensemble, ils déterminent la performance commerciale) sont :
- L’ECR (Efficient Consumer Response) qui est un ensemble de pratiques et de techniques,
tant en marketing qu’en logistique, qui vise à optimiser les assortiments, les promotions et
le niveau de service, par une meilleure coopération entre l’industrie et le commerce ;
- La variabilité minimale : Les retards des livraisons, les problèmes lors de la fabrication,
erreurs de gestion des livraisons…peuvent conduire à une forte variabilité dans les
processus logistiques, à l’origine de coûts élevés et de clients insatisfaits.
- Le stock minimum : il est nécessaire au niveau d’une entreprise de maîtriser les coûts
logistiques à travers notamment une optimisation de la gestion des stocks.
- La consolidation des transports : ce poste représente un des coûts le plus fort. La
massification des flux est recherchée.
- La qualité : il faut appliquer à la logistique les principes du Total Quality Management
(TQM). Les différentes techniques ou les méthodes statistiques peuvent permettre
d’étudier et d’améliorer certains processus logistiques peu efficaces.
- Analyses en termes de cycle de vie du produit : Ces analyses supposent d’évaluer le coût
de cycle de vie, appelé life cycle cost, qui englobe la totalité des coûts d’un produit ou
d’un équipement de sa conception à son retrait en passant par sa fabrication et sa
distribution.
4. La performance logistique
La performance logistique ne peut être atteinte que si l’entreprise réussie à coordonner le
conception du réseau logistique, la stratégie de stockage, l’entreposage, la manutention et
l’emballage.

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- La conception du réseau logistique (network design) : concevoir le réseau signifie qu’il


faut déterminer le nombre, l’emplacement et les tâches respectives de chaque élément
du réseau. Ce dernier est composé des usines, des entrepôts, des plates-formes et des
centres de distribution ;
- L’information : La maîtrise, l’échange et la rapidité d’obtention de l’information
constituent des éléments clés de la performance logistique. Les TIC facilitent aujourd’hui
la mise en place de processus logistiques.
- Le transport : c’est certainement l’élément le plus ancien et qui a le plus intéressé les
logisticiens. Son coût, malgré une baisse significative, le place toujours en tête des
préoccupations. C’est aussi la fonction que les entreprises préfèrent externaliser.
- Le stockage : Les décisions concernant le stockage dépendent fondamentalement de la
structure du réseau logistique et du niveau de service client retenu. Cependant,
l’optimisation de la gestion des stocks reste un objectif pour toute entreprise.
- L’entreposage, la manutention et l’emballage : Très souvent les choix effectués dans ces
domaines conditionnent la rapidité des livraisons et la réalisation d’une véritable
traçabilité.

Travail à faire :
1. Expliquer les concepts soulignés dans le texte.
2. Expliquer la représentation graphique suivante

3. Dresser sous forme de tableau un comparatif entre la logistique des biens matériels
et la logistique des services ?

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