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Chapitre1 : Généralité sur la notion de Coopérative

1. Définition de la coopérative

La coopérative est l’application particulière d’une notion très ancienne : la coopération. La


coopération peut être définie comme un processus social dans lequel des individus œuvrent
ensemble à la réalisation d’un objectif ou d’un but commun (extrait de la loi 12.112/2016 sur les
coopératives au Maroc).

Les coopératives sont des entreprises dont l’objectif premier n’est pas la recherche du profit,
mais la satisfaction des besoins et aspirations des membres. Les membres des coopératives
détiennent leur entreprise au travers des actions de la coopérative, ils la contrôlent par
l’intermédiaire de mécanismes démocratiques et, enfin, ils sont les principaux usagers des services
fournis par la coopérative. Les coopératives peuvent facilement se retrouver tiraillées entre les
intérêts de leurs membres, les possibilités commerciales et les considérations sociales (extrait de la
loi 12.112/2016 sur les coopératives au Maroc).

Cette définition met en évidence les points suivants :

❖ La coopérative est une organisation économique collective dont la propriété est celle
de ses membres. Ils ont plein droit de décision au niveau de l’organisation, des activités
et de la répartition des intérêts de la coopérative en conformité avec les
réglementations de la Loi sur les coopératives et d’autres textes concernés.

❖ La coopérative peut être créée lorsqu’elle regroupe au moins 5 membres, fonctionne


dans tous les secteurs et professions qui ne sont pas interdits par la Loi des
coopératives.

❖ La coopérative bénéficie d’une personnalité morale et fonctionne comme une


entreprise. Autonome, elle est responsable financièrement dans la limite de son capital
statutaire, de son capital cumulé et d’autres sources de financement en conformité
avec les réglementations légales.

❖ La coopérative est une organisation à caractère social qui est ouverte à la participation
volontaire. Elle fonctionne et se développe sur le principe de coopération et de
volontariat des membres dans l’esprit de créer une synergie en vue de résoudre les
questions qui sont difficiles ou impossibles à régler individuellement par chaque
membre.

❖ Le fonctionnement et le développement de la coopérative se basent sur les principes


de démocratie, d’égalité, de transparence et de coopération où chaque membre
dispose d’une voix.  La coopérative a pour objectif d’apporter des bénéfices matériels
et moraux aux coopérateurs et à l’ensemble de la coopérative ainsi qu’à la
communauté.

❖ Les coopérateurs ont la responsabilité et l’obligation d’observer les statuts avec une
spirit de collaboration en vue de contribuer au développement de la coopérative
(extrait de la loi 12.112/2016 sur les coopératives au Maroc).

2. L’historique des Coopératives au Maroc


Les Coopératives ont été implantées parmi les producteurs marocains à partir de 1937 par les
autorités du protectorat pour des raisons politiques. Plusieurs coopératives ont été fonctionnelles à
l’Etat dont la majorité est des coopératives agricoles et artisanales, des coopératives céréalières et
oléicoles dont certaines existent encore de nos jours. Après l’Indépendance (1956-1983), un certain
nombre de mesures ont été prises par l’Etat pour encourager le développement des coopératives
dont :

➢ La promulgation de plusieurs textes juridiques, tels que le texte autorisant la constitution de


coopératives minières, de coopératives d’habitations, de coopératives agricoles de réformes
agraires etc.…

➢ La création de l’Office de Développement des Coopératives en 1962 pour appuyer les


coopératives en terme de formation ; d’information ; de coordination…

➢ L’octroi de subventions aux coopératives.

➢ La mise à la disposition des coopératives des agents d’encadrement technique, par


conséquence, les départements ministériels concernés.

Le nombre de coopératives a connu un accroissement rapide passant de 62 coopératives en


1957 à environ 2000 en 1983. Les subventions octroyées par l’Etat ont contribué à l’apparition de
coopératives dépendantes présentant ainsi l’image de structures paraétatiques avec des
coopérateurs incapables de développer un véritable projet coopératif. La mauvaise utilisation de la
subvention a tué l’esprit d’entreprise et de créativité chez les coopérateurs.

L’orientation de l’Etat à partir de 1983 vers le désengagement de certains secteurs s’est


répercutée sur les coopératives : suppressions de certains avantages préférentiels octroyés aux
coopératives, politique de désengagement des coopératives. Cette politique constitue une ébauche
vers la création de coopératives autonomes qui comptent sur elles-mêmes mais qui nécessitent des
efforts colossaux au niveau de la valorisation de l’élément humain par la formation et la
sensibilisation. Pour renforcer cette orientation, un cadre juridique unique pour les coopératives
abrogeant les textes antérieurs a été adopté en 1983, mais n’est entré en application dans sa totalité
qu’en 1993. Ce cadre juridique, la Loi n° 24.83, portant statut général des coopératives et missions de
l’Office de Développement des Coopératives prône en faveur de l’autonomie des coopératives, de la
formation de l’élément humain des coopératives, de la création des unions de coopératives. Cette
loi, mise à l’épreuve, s’est avérée en décalage avec son environnement avec les lacunes et des
défauts, d’où la nécessité d’une réforme qui a poussé les ministres de tutelle de l’Office de
Développement des Coopératives à proposer des amendements dont le dernier a été approuvée par
le Conseil du Gouvernement du 7 Septembre 2011.

L’utilisation des coopératives comme instrument de création de l’emploi, Intégration de la


femme dans la vie active, organisation du secteur informel a été commencé à partir de l’an 2000 est
caractérisée par l’intérêt, de plus en plus important, porté aux coopératives par plusieurs bailleurs de
fonds et des programmes tels que l’Initiative National pour le Développement Humain, Maroc Vert.
Grâce aux appuis financiers et formations dispensées au profit des coopératives dans des
programmes de plusieurs instances concernées par le développement des motifs organisées dans
des coopératives, en plus des efforts déployés par l’Office de Développement des Coopératives dans
la vulgarisation de la formule coopérative, le nombre de coopératives a atteint 15.735 coopératives
en fin 2015. Chaque mois, 120 coopératives en moyennes depuis 2010 sont constituées contribuant
à la valorisation des produits de terroir et à la création d’emplois.
3. Les objets et les buts de la Coopérative

Les coopératives exercent leurs actions dans toutes les branches de l'activité humaine en
cherchant essentiellement à:

1. améliorer la situation socio-économique de leurs membres.

2. promouvoir l'esprit coopératif parmi les membres

3. réduire, au bénéfice de leurs membres et par l'effort commun de ceux-ci, le prix de revient et, le
cas échéant, le prix de vente de certains produits ou de certains services.

4. améliorer la qualité marchande des produits fournis à leurs membres ou de ceux produits par ces
derniers et livrés aux consommateurs.

5. développer et valoriser, au maximum, la production de leurs membres.

4. Différents intérêts liées à la création d’une coopérative

4.1 Les avantages du travail collectif

La caractéristique principale d’une coopérative est que les membres cherchent collectivement,
et non individuellement, à résoudre un problème commun ou à tirer profit d’une opportunité. Les
motifs pour démarrer une coopérative agricole sont variés :

❖ Mobiliser plus de ressources qu’il n’est possible individuellement.

❖ Créer des alternatives intéressantes pour acheter des biens et des services.

❖ Mener une activité plus efficacement qu’il n’est possible de le faire seul.

❖ Les agriculteurs sont conscients que les bénéfices de l’adhésion sont plus importants que les
contraintes.

❖ Les agriculteurs comprennent qu’en tant que membres de la coopérative, ils ne sont pas
uniquement clients mais également propriétaires.

4.2 Avantages économiques

Pour être intéressante, la coopérative doit offrir des avantages supplémentaires par rapport
aux autres alternatives dont dispose l’agriculteur. Les avantages économiques qu’une société
coopérative peut offrir aux producteurs sont très variés.

Les membres peuvent obtenir des moyens de production et des fournitures à un prix plus bas
car ceux-ci sont achetés en gros, ce qui permet à la coopérative de négocier des prix plus faibles que
les agriculteurs ne paieraient individuellement.

Par le biais de la coopérative, les membres vendent leur production à des prix fort intéressants,
ce qui leur permet d’augmenter leurs revenus.

Les membres disposent plus facilement de moyens de production de bonne qualité et en


quantité suffisante car la coopérative négocie la garantie de l’approvisionnement et la qualité des
intrants.

Les membres peuvent entreprendre collectivement de nouvelles activités en ajoutant de la


valeur à leurs produits à une étape ou une autre de la chaîne de. Ce faisant, ils accroissent leur
productivité et génèrent des revenus qui seraient allés à d’autres entreprises.
Les membres peuvent profiter de nouveaux services qui ne sont pas encore disponibles
localement ou qui donnent accès à des moyens et services extérieurs.

Les membres peuvent éviter l’interdépendance des marchés, par exemple lorsque la fourniture
de prêts est associée à l’achat d’intrants ou la commercialisation de produits.

5. Différents types des coopératives

Une coopérative peut opérer dans pratiquement n’importe quel domaine où il existe un groupe
présentant des besoins relativement homogènes et communs. Ainsi :

• Quand les membres sont des agriculteurs, ils bénéficient de la possibilité d’avoir recours à des
intrants agricoles à prix équitables qui leur permettent d’améliorer la qualité de leurs produits. Ce
faisant, ils font des économies d’échelles tout en augmentant la valeur ajoutée de leurs produits.

• Quand les membres sont des consommateurs, ils bénéficient de biens de qualités aux meilleures
conditions possibles.

• Quand les membres sont des détaillants indépendants, ils bénéficient des ristournes dues à une
économie d’échelle lors de l’achat des produits auprès des fournisseurs grossistes, ainsi que d’un
accroissement de leur pouvoir d’achat commun.

• Quand les membres sont des travailleurs, ils participent à la gestion de l’entreprise et bénéficient
d’un emploi et d’une rémunération juste et équitable de leur travail.

• Quand les membres sont des producteurs directs, ils bénéficient d’un plus grand accès aux marchés
pour leurs produits et d’une meilleure maîtrise de la valeur ajoutée.

• Quand les membres sont des épargnants ou des emprunteurs, ils bénéficient d’une rémunération
juste (équitable) de l’épargne et d’accès au crédit à un taux d’intérêt le plus bas possible (Source :
Commission des Communautés Européenne (Bruxelles, 2001)).

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