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Guérir nos blessures raciales : ré-humaniser la diversité à l'ère du COVID-19

Série de consultations régionales d'experts sur le racisme et les discriminations de


l'UNESCO
Le racisme continue à proliférer dans de nombreuses sociétés malgré les progrès réalisés dans les
domaines scientifiques qui en dissipent les fondements. La « race », en tant que construction
sociale, a été détournée et instrumentalisée et a légitimé des actes et des comportements qui
conduisent aux discriminations, aux inégalités et à l’injustice. La lutte continue contre le racisme a
été une composante permanente de l’histoire de nos Gouvernements et institutions, mais la bataille
n’est pas près d’être gagnée.
La pandémie de COVID-19 a mis en évidence l'impact que les discriminations et le racisme ont
dans nos sociétés ; ainsi les groupes les plus défavorisés sont touchés de manière
disproportionnée par la pandémie et par son impact économique. Mais ce défi n'est pas un
nouveau. Les héritages de longue date du racisme et des préjugés légués par l'esclavage
continuent de prévaloir et d’entacher la fibre morale de nos sociétés. Au lieu de prospérer dans les
sociétés multiculturelles qui caractérisent le XXIème siècle, l'humanité a gaspillé la richesse de sa
diversité et a normalisé le racisme et les discriminations sur de nombreux fronts.
Bien que l'ampleur des répercussions socio-économiques de la COVID-19 dans les communautés
minoritaires ne puisse toujours pas être déterminée à l'échelle mondiale, la pandémie a touché ces
populations de manière disproportionnée dans le monde entier.
Dans certaines villes des États-Unis, les chiffres sont relativement bien documentés. Par exemple,
à Chicago, au début du mois d'avril 2020, 72 % des personnes qui sont mortes du coronavirus
étaient noires, alors que cette communauté ne représente qu’un tiers de la population de la ville.
Sur la base des conclusions des Centres de contrôle des maladies, le projet Marshall a révélé les
effets de la COVID-19 sur les décès aux États-Unis en 2020 : ils ont augmenté de 35 % chez les
personnes Asiatiques-Américaines et de 31 % chez les personnes Afro-Américaines. En outre, le
Centre de recherche de Pew a rapporté en juillet 2020 qu'environ quatre adultes sur dix aux États-
Unis déclarent qu'il est devenu plus courant pour les gens d'exprimer des opinions racistes depuis
le début de la pandémie.
Dans la région de l'Amérique latine et des Caraïbes (LAC), bien que le nombre réel d'infections par
la COVID-19 au sein des populations d'origines africaines ne soit pas connu parce que les registres
épidémiologiques ne comportent pas de données ventilées par ethnicité, « race » et sexe, les
descendants africains sont plus touchés par la pandémie que les autres communautés. Par
exemple, des statistiques au Brésil montrent que les personnes Afro-brésiliennes sont plus
susceptibles d'avoir des symptômes respiratoires graves et mortels (plus de 20 %).
Au Royaume-Uni, de nouvelles données apparaissent concernant l'impact disproportionné de la
COVID-19 sur les communautés noires, asiatiques et ethniques minoritaires (BAME). En effet,
« jusqu'au 30 avril, parmi les 6574 patients atteints de COVID-19 en soins intensifs, un tiers
appartenait à des groupes ethniques non-blancs, même si les minorités ethniques ne représentent
que 13% de la population dans son ensemble ; de meme sur les 106 décès dus à la COVID-19
chez les travailleurs de la santé, environ deux tiers (63%) concernaient des personnes BAME
(jusqu'au 22 avril 2020) ».
La pandémie constitue également une grave menace pour l’emploi et les moyens de subsistance
des femmes, car elle aggrave les inégalités préexistantes et expose les failles des systèmes
sociaux, politiques et économiques. De l'accès aux services de santé, à la protection sociale et aux
technologies numériques, au travail de soins non rémunéré – les impacts de la COVID-19 sont
exacerbés pour de nombreuses personnes dans le monde entier. Les femmes avec des

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responsabilités familiales, les travailleurs informels, les familles à faible revenu et les jeunes sont
parmi les plus durement touchés.
En outre, en période de quarantaine et d'isolement social, les femmes et les jeunes filles sont
davantage exposées aux abus domestiques et aux violences sexistes, y compris aux agressions
sexuelles et au viol, car elles se retrouvent confinées avec leurs agresseurs. Les Nations unies
estiment que les violences domestiques ont augmenté de 30% en raison des mesures de
confinement nécessaires qui ont été adoptées pour lutter contre la propagation de la maladie.
Au début de la pandémie, des incidents de stigmatisation et de discrimination abjectes, y compris
des discours de haine, ont refait surface contre des populations qui sont ou qui sont perçues comme
étant d'origine asiatique. Le mouvement #IAmNotAVirus a dû émerger pour y faire face. La crise
de la COVID-19 a également ouvert la voie à la recherche de boucs émissaires et a mis en évidence
la résurgence des mouvements d'extrême droite qui propagent la haine et la violence. Aujourd'hui,
l'indignation mondiale qui a entendu les voix des citoyens défiler sous la bannière de
#BlackLivesMatter dans différentes villes du monde, a démasqué le racisme systémique dont
souffre notre monde contemporain et a mis en évidence les inégalités et les discriminations
disproportionnées que les populations concernées ont enduré au fil du temps.
Selon E. Tendayi Achiume, Rapporteure spéciale des Nations unies sur les formes contemporaines
de racisme, « nombre des groupes qui ont fait l'objet d'attaques racistes et xénophobes parce qu'ils
étaient associés à la propagation de la maladie, étaient déjà victimes d'une intolérance et d'une
xénophobie latentes. Comme il n'est pas rare que dans des situations d'urgence – telles que la
pandémie actuelle –, des problèmes sous-jacents qui existent déjà soient exacerbés, ces épisodes
peuvent se reproduire en toute période de crise. Il est donc de la plus haute importance de
s'attaquer aux causes profondes de l'intolérance et du racisme en tenant compte des spécificités
de chaque contexte. »
En tant que gardien du travail de l'UNESCO pour promouvoir l'inclusion sociale et lutter contre le
racisme et les discriminations, le Secteur des sciences sociales et humaines de l'UNESCO renforce
son travail en cours sur le racisme et les discriminations et développe de nouvelles initiatives axées
sur l'action et les résultats à la lumière des grands mouvements mondiaux antiracistes récents.
S'articulant autour de quatre piliers (cadre normatif, base de connaissances, renforcement des
capacités, et plaidoyer et renforcement des partenariats), les réseaux et ressources de pointe de
l'UNESCO en matière de lutte contre le racisme et les discriminations seront mis à profit afin de
constituer une base de données factuelles et de cultiver une réflexion quant aux moyens innovants
qui peuvent être développés pour lutter contre le racisme et les discriminations dans le contexte
actuel.
Tirer parti du mandat et des réseaux de l'UNESCO :
L'UNESCO lutte contre le racisme depuis plus de 70 ans, depuis le lancement du programme
mondial contre le racisme avec des intellectuels de renommée mondiale tels que Claude Lévi-
Strauss en 1949. La Déclaration sur la race qui en a résulté a été publiée pour la première fois par
l'UNESCO en 1950. Elle a conduit à une série de déclarations similaires sur le racisme, y compris
l’historique Déclaration sur la race et les préjugés raciaux (1978), qui a plaidé pour la mise en
œuvre d'un certain nombre de politiques afin de lutter contre le racisme et les inégalités, et a
continué d'être une référence mondiale sur la « race » au sein des communautés académiques et
scientifiques. L'essence de l'article 1 de la Déclaration, qui stipule que « toute théorie qui implique
l'affirmation selon laquelle les groupes raciaux ou ethniques sont intrinsèquement supérieurs ou
inférieurs » « n'a aucun fondement scientifique » résonne encore aujourd'hui.
À la suite de la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et
l'intolérance qui y est associée, qui s’est tenue à Durban en 2001, l'UNESCO a adopté la Stratégie
intégrée de lutte contre le racisme, la discrimination, la xénophobie et l'intolérance qui y est

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associée en 2003. Au fil des ans, cette stratégie a guidé l'UNESCO dans sa lutte contre le racisme.
À la suite de cette stratégie, l'UNESCO a lancé en 2004 la Coalition internationale des villes contre
le racisme (ICCAR) pour mobiliser les villes contre le racisme, ce qui a ouvert la voie à la création
de 7 coalitions régionales et nationales en Europe (2004), au Canada (2005), en Afrique (2006),
en Asie-Pacifique (2006), en Amérique latine et dans les Caraïbes (2007), dans les États arabes
(2008) et aux États-Unis (2013). La Coalition internationale a été revitalisée en 2014 et rebaptisée
Coalition internationale des villes inclusives et durables - ICCAR afin de s'aligner sur les Objectifs
de développement durable et le Nouveau programme pour les villes d'Habitat III. Elle est devenue
un front international actif contre le racisme et les discriminations avec plus de 500 membres à
travers le monde. La principale réalisation de l'ICCAR est d’être devenue une référence mondiale
en tant que plate-forme unique dans le système des Nations Unies qui entreprend un large éventail
d'initiatives - allant de l'élaboration de politiques, du renforcement des capacités aux activités de
sensibilisation - et en tant que laboratoire de bonnes pratiques en faveur de l’élaboration de
politiques inclusives.
En 2012, l'UNESCO a publié « Combattre le racisme et la discrimination : identifier et partager les
bonnes pratiques au sein de la Coalition internationale des villes », qui a donné un aperçu de la
manière dont les villes aux capacités et ressources limitées ont trouvé des moyens de lutter contre
le racisme et les discriminations. En mettant en évidence les bonnes pratiques menées par les
villes membres, l’UNESCO continue de suivre les études de cas de réponses politiques efficaces
et de programmes qui renforcent l'inclusion et la diversité dans l'espace urbain, en utilisant le Plan
d'action en dix points des coalitions.
En novembre 2019, l'UNESCO a lancé la série de Master Classes contre le racisme et les
discriminations qui vise à donner aux élèves les moyens de devenir des jeunes champions contre
le racisme dans leurs propres écoles et communautés et les sensibiliser aux manières de
déconstruire le racisme et les discriminations. Dans le but de créer un impact sur le terrain,
l'UNESCO a conçu un système de suivi qui implique des plans d'évaluation de suivi avec les
établissements scolaires qui y ont participé jusqu'à présent. Le succès des premières éditions a
conduit à l'extension de cette série dans différentes régions.
En 2020, l'UNESCO a créé la série de webinaires « L'inclusion aux temps de la COVID-19 : lutter
contre le racisme, la discrimination et l'exclusion » à laquelle des décideurs politiques, experts
universitaires et praticiens en première ligne de la crise ont été invités. La série a révélé l'importance
de faire le lien entre la perspective universitaire/experte du racisme et des discriminations et les
réponses politiques des gouvernements nationaux/locaux, ainsi qu’avec des mécanismes
d'évaluation des besoins fondamentaux des populations les plus touchées. Les discussions ont mis
en évidence que la pandémie est un accélérateur et un indicateur des imaginaires et des formes
de discrimination préexistantes, notamment de l'épidémie de discrimination raciale, de discours de
haine, de désinformation et de théories du complot – une épidémie qui, elle aussi, se répand
rapidement. Les réponses politiques, guidées par les valeurs sociales, sont donc appelées à relever
les défis sociétaux et à inclure la protection des populations vulnérables et la collaboration avec un
large éventail de parties prenantes. Une attention particulière doit également être accordée aux
femmes et aux jeunes filles, aux demandeurs d'asile, aux groupes minoritaires et aux personnes
en situation de handicap. Les webinaires ont également souligné l'importance d'encourager une
action mondiale pour lutter contre la pandémie, par un dialogue efficace à plusieurs niveaux et des
mécanismes de coordination entre une grande diversité de parties prenantes.
Le projet de l’UNESCO « La Route de l'esclave : Résistance, Liberté, Patrimoine » a sensibilisé
aux transformations et interactions culturelles qui ont résulté de l'histoire de l'esclavage, et a
contribué à une culture de la paix par la promotion d’une réflexion sur l'inclusion, le pluralisme
culturel, le dialogue interculturel et la construction de nouvelles identités et citoyennetés. Le
programme d'éducation à la citoyenneté mondiale de l'UNESCO génère des connaissances, des
compétences et des comportements qui aident les apprenants à devenir des penseurs critiques,

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des citoyens du monde responsables et actifs qui valorisent la dignité humaine et le respect de
tous, rejettent l'antisémitisme, le racisme et autres formes de préjugés.
Pour combler le manque de données lié au racisme et aux discriminations, l'UNESCO a noué un
partenariat avec le Département de sociologie de l'Université de Harvard pour mener le projet « La
COVID-19 et les communautés insulaires du Pacifique asiatique et américain » (AAPI), un projet à
méthodes multiples qui examine comment la COVID-19 façonne la vie des communautés AAPI aux
États-Unis, en se concentrant sur l'intensification du racisme et de la xénophobie que ce groupe
démographique a enduré dans le sillage de la pandémie. En partageant les données collectées,
les résultats et les messages avec les villes membres de l'ICCAR et d'autres partenaires, le projet
AAPI contribuera à l'élaboration de politiques plus inclusives visant à soutenir les communautés
AAPI, et apportera du contenu à la série de Master Classes contre le racisme et les discriminations.
Afin de combler le manque de données relatives au racisme et aux discriminations, l'UNESCO a
noué un partenariat avec le Département de sociologie de l’Université de Harvard pour mener le
projet « La COVID-19 et les personnes Américano-asiatiques et insulaires des îles du
Pacifique (AAPI) », un projet à méthodes multiples qui étudie la façon dont la COVID-19 façonne
la vie des communautés AAPI aux États-Unis, en se concentrant sur l'intensification du racisme et
de la xénophobie que ce groupe a subi. En partageant les données collectées, les résultats et les
messages avec les villes membres de l'ICCAR et d'autres partenaires, le projet AAPI contribuera à
l'élaboration de politiques plus inclusives visant à soutenir les communautés AAPI, et fournira des
contenus à la Master Class contre le racisme et les discriminations.
Compte-tenu du manque de données relatives à la COVID-19 en Afrique, l’UNESCO travaille en
partenariat avec l'Association d’études canadiennes et Metropolis en collaboration avec les villes
africaines de l'ICCAR pour mener le projet intitulé « Impacts sociaux et économiques de la COVID-
19 en Afrique subsaharienne ». Le projet vise à identifier les problèmes clés, des indicateurs et des
données sociodémographiques afin de générer des réponses fondées sur les faits qui abordent les
dimensions sociales et économiques de la crise de la COVID-19 en Afrique subsaharienne, y
compris les discriminations et les inégalités.
Série de consultations régionales d'experts de l'UNESCO : qu'est-ce que c'est?
Le Secteur des sciences sociales et humaines de l’UNESCO, avec la collaboration des bureaux
hors Siège et des autres secteurs programmatiques de l’Organisation, propose d’organiser une
série de six consultations régionales pour déconstruire le racisme et analyser les défis sociétaux
posés par la pandémie de COVID-19 liés au racisme et aux discriminations. La conjoncture
mondiale d’aujourd’hui appelle à une réflexion approfondie quant à la direction dans laquelle la
communauté internationale souhaite s’engager face à ces nouvelles transformations sociales. Ces
consultations en ligne visent également à contribuer à une réflexion mondiale qui mènera au 20ème
anniversaire en 2021 de la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la
xénophobie et l'intolérance qui y est associée, ainsi qu'à la Décennie internationale des personnes
d'ascendance africaine (2015-2024). En outre, l'UNESCO développera un outil d'identification des
structures institutionnelles, y compris des cadres juridiques et culturels, qui contribuent à la lutte
contre le racisme et les discriminations.
Ces discussions porteront également sur l'intersectionalité des discriminations, un angle d’analyse
transversal et crucial pour comprendre les phénomènes sociaux, qui approfondira la question de la
discrimination fondée sur le genre, ainsi que d'autres formes contemporaines de discrimination.
Les consultations permettront également d'identifier les bonnes pratiques pour réduire la
discrimination et le racisme, par le biais de lois, de législations, de campagnes de sensibilisation et
d'initiatives éducatives, et de discuter également des recherches spécifiques sur ces sujets qui
doivent être poursuivies.

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De septembre à octobre 2020, une consultation régionale d'experts sera organisée chaque
semaine, avec des intellectuels et des experts de haut niveau qui présenteront leurs points de vue
et leurs recommandations sur la voie à suivre. Les consultations seront organisées autour de six
tables rondes réunissant trois ou quatre intervenants, ainsi qu'un modérateur, afin de contextualiser
les débats et de tirer parti des expertises régionales. En outre, un certain nombre de discussions
de haut niveau avec des dirigeants de premier plan seront menées selon un format de consultation
individuelle. Ces consultations d'experts seront ouvertes au public et s'adresseront spécifiquement
aux décideurs nationaux et locaux, notamment aux États membres de l’UNESCO et aux réseaux
de villes, aux communautés académiques et scientifiques telles que les Chaires UNESCO, aux
communautés d’ONG, à la société civile, aux médias et au secteur privé.
Une réunion mondiale sera organisée en décembre 2020 afin de faire le point sur les résultats de
ces consultations régionales d'experts et de tracer une feuille de route pour les futures actions de
l'UNESCO, y compris la célébration majeure du 20ème anniversaire de la Conférence de Durban.
Une stratégie de communication, visant à accroître la visibilité du processus, sera établie pour
soutenir ces activités susmentionnées.
Résultats :
Les consultations régionales d’experts aboutiront à un ensemble de recommandations qui
guideront les travaux futurs de l’UNESCO dans la lutte contre le racisme et les discriminations.
Les efforts renouvelés de l’UNESCO visent à encourager le développement de nouvelles actions
efficaces. Les consultations régionales seront la réponse de l’UNESCO face à l’inquiétant
accroissement des inégalités (qui transcendent la discrimination raciale) ; et à l'impact
disproportionné de la COVID-19 sur certains groupes. Il examine également le mouvement mondial
contre le racisme, dans un contexte où le populisme et le nationalisme sont à la hausse. Il est
urgent de s'attaquer à ce problème
Chaque consultation visera à aborder un ensemble de questions qui permettront d'examiner la
situation régionale actuelle, d'évaluer les catalyseurs de l'action collective et d'établir des
recommandations concrètes.
Les questions qui pourraient être soulevées lors des consultations sont les suivantes :
• Comment le racisme a-t-il évolué jusqu'au contexte actuel de la COVID-19 ?
• Quelles discriminations intersectionnelles ont émergé ou réapparu pendant la crise ? Dans
quelle mesure les discriminations raciale et sexiste ont-elles convergé ?
• Quelles structures institutionnelles, y compris les cadres juridiques et culturels, peuvent
contribuer à la lutte contre le racisme et les discriminations ? Et quelles politiques efficaces ?
• Quels sont les nouveaux modèles de gouvernance éthique et fondée sur des valeurs qui
permettent de faire face à la dynamique raciale actuelle fomentée par la crise ?
• Quelles options politiques sont disponibles pour garantir des approches inclusives et
communautaires qui préviennent le racisme et la discrimination ?
• Quelles synergies nationales et locales peuvent être créées pour combler le décalage
apparent entre ces deux niveaux de gouvernance ?
• Quels rôles jouent les universités, la société civile, les femmes et les jeunes leaders, les
communautés artistiques et les organisations internationales pour contribuer à la mise en
place de réponses politiques adéquates pour contrecarrer le racisme ?
• Comment le rôle des femmes et des jeunes peut-il être optimisé dans la lutte contre le racisme
et les discriminations ?
• Quels outils et méthodologies pourraient être mis à profit pour lutter contre les différents types
de discrimination ?

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• Quel est le rôle de l'UNESCO dans la conjoncture actuelle ? Quelle voie l’Organisation doit-
elle prendre ?
Créer des environnements propices pour défendre les droits fondamentaux de toutes les
populations, en particulier les hommes et les femmes stigmatisés en raison de la couleur de leur
peau, et leur permettre de s'épanouir en tant que citoyens, nécessite un recalibrage des approches
de gouvernance et des structures sociétales. Les épisodes actuels de haine et de violence mettent
en lumière la remise en cause légitime d'une injustice profonde et des inégalités qui corrodent les
sociétés. En rassemblant les populations multiculturelles, diverses mais interconnectées et leurs
perspectives dans un processus de dialogue, le contexte de la COVID-19 nous donne l'opportunité
de raviver l'esprit humaniste qui repousse la peur et l'ignorance de « l'autre », et remet l'humanité
au centre des systèmes politiques, économiques, sociaux et culturels.

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