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La performance énergétique des bâtiments

Étude juridique comparative / Maroc- Union


européenne- France

La construction et l'exploitation de bâtiments représentent 36% de la


consommation d'énergie finale1 mondiale et presque 40% des émissions de dioxyde
de carbone (CO2). En conséquence, elle représente la plus grande part de la
consommation énergétique et des émissions 2. Ce secteur de construction et
d'exploitation de bâtiments constitue donc, un levier important à étudier, afin de
réduire les préoccupations énergétiques et les impacts environnementaux y
afférents.
A cet effet, tous les pays ont mis en place des mesures dans ce secteur, dans le
but de construire de nouvelles générations de bâtiments plus durables et plus
économiques d’énergie, en cohérence avec les défis actuels du changement
climatique et des émissions de gaz à effet de serre. À cet égard, la notion de
l’efficacité énergétique dans le bâtiment constitue une manette essentielle dans ce
changement profond.

L’efficacité énergétique consiste à consommer moins d’énergie et à émettre moins


de gaz à effet de serre pour un service rendu équivalent. Au niveau de bâtiment,
l’efficacité énergétique est considérée comme étant la capacité du bâtiment à
maitriser sa consommation énergétique pour le même niveau de confort. Ceci est
techniquement réalisable par la conception architecturale, l’optimisation de
l’enveloppe du bâtiment, le choix approprié des matériaux et mise œuvre de
technologies peu énergivores3.

À ce stade, le secteur du bâtiment au Maroc à l’instar de celui en France,


désormais parmi les secteurs les plus énergivores, dans la mesure où le taux
de consommation est estimé à 33% de la de l’énergie au Maroc et à 44% en
France. Ainsi, ce secteur est fortement responsable des émissions
importantes de gaz à effet de serre dans les deux pays.
1
L'énergie finale est l'énergie utilisée par le consommateur après la transformation et le transport des
ressources naturelles en énergie.
2
L'alliance mondiale pour le bâtiment et la construction (GlobalABC), Bilan Mondial 2018, Vers un secteur des
bâtiments et de la construction à émission zéro, efficace et résilient, p. 12, disponible sur le lien :
file:///C:/Users/BIG%20CHOIX/Downloads/telecharger_le_global_status_report_2018%20(1).pdf (21/09/2020).
3
  Ministère de l’Habitat et de la Politique de la ville, Guide des bonnes pratiques pour la maitrise de l’énergie à
l’échelle de la ville et de l’habitat énergétique(AMEE), p . 7.

1
En effet, le Maroc a adopté la politique d’efficacité énergétique dans le
bâtiment, couronnée par l’élaboration de règlement général de construction
thermique en 2014 (section 1). Par ailleurs, en France, et depuis 1974, les
exigences d’efficacité énergétique des bâtiment sont intégrées par voie
réglementaire, modifiée plusieurs fois, jusqu’à l’arrivé au règlement
thermique de 2012(RT 2012) qui est en vigueur actuellement, à l’horizon
d’adoption de la nouvelle réglementation, qui va entrer en vigueur l’été de
2021(Réglementation Environnementale 2020 ) (section 3), conformément
des ambitions européennes en matière de performance énergétique des
bâtiments (section 2).

2
Section 1 : La performance énergétique des bâtiments au Maroc

Le Maroc connaît, depuis plus d’une décennie, une situation énergétique marquée
par une croissance soutenue de la demande énergétique évoluant à un TCMA 4 de
6,5%. Cette situation a été couplée à une forte dépendance énergétique qui dépasse
90%, et une facture énergétique qui pèse lourdement sur les équilibres économiques
et financiers de l’État. En effet, la facture énergétique s’est établie en 2018 à 82.239
MDH, représentant 17,1% du total des importations5.

Pour faire face à ces défis, la stratégie nationale d’efficacité énergétique à horizon
20306, comprend des mesures à caractère horizontal et d’autres sectoriel, touchant
les secteurs les plus consommateurs d’énergie, notamment le transport (41%),
l’industrie (21%), le bâtiment (33%), l’agriculture et éclairage public (5%) 7.
Dans ce cadre, le secteur de bâtiment est le deuxième consommateur
d’énergie, avec une proportion de 33% de la consommation énergétique totale du
pays. Cette consommation énergétique sera augmentée rapidement dans les années
prochaines pour les raisons suivantes8 :
 l’augmentation sensible du taux d’équipement des ménages en appareils
électroménagers du fait de l’amélioration du niveau de vie et de la baisse des
prix de ces équipements (chauffage, climatisation, chauffage de l’eau,
réfrigération, etc.).
 l’évolution importante du parc de bâtiments en raison des grands
programmes: Plan Azur de l’hôtellerie, programme d’urgence de l’éducation
nationale, programme des 150000 logements par an, programme de
réhabilitation des hôpitaux, etc.
D’abord, selon l’article 1 de la loi 47-099 relative à l’efficacité énergétique cette
dernière signifie : « toute action agissant positivement sur la consommation de
l’énergie, quelle que soit l’activité du secteur considéré, tendant à :

 la gestion optimale des ressources énergétiques ;


 la maîtrise de la demande d’énergie ;
 l’augmentation de la compétitivité de l’activité économique ;

4
TCMA est en réalité un acronyme, qui signifie taux de croissance moyen annuels.
5
La Cour des comptes, Mise en œuvre du dispositif d’efficacité énergétique, Rapport annuel de 2018, p. 149.
6
Pour plus d’information sur la Stratégie Nationale d'Efficacité Energétique(SNEE) à horizon 2030, V. ce lien :
file:///C:/Users/BIG%20CHOIX/Downloads/Pr%C3%A9sentation%20EP%20ADEREE%20(1).pdf (15/06/2020).
7
La Cour des comptes, Mise en œuvre du dispositif d’efficacité énergétique, Op. cit. p. 149.
8
Règlement Thermique de Construction au Maroc, ADEREE, version simplifié, p. 13, Disponible sur le site :
file:///C:/Lecteur%20USB/EFFICACITE%20ENERGITIQUE/AMEE/EE%20dans%20le%20batiment%20au
%20Maroc/Reglement_thermique_de_construction_au_Maroc_-_Version_simplifiee.pdf (10/10/2020).
9
La loi 47-09 relative à l’efficacité énergétique, B. O n° 5996 de 17 novembre 2011, p. 2404.

3
 la maîtrise des choix technologiques d’avenir économiquement viable ;
 l’utilisation rationnelle de l’énergie ;
Et ce, en maintenant à un niveau équivalent les résultats, le service, le produit ou
la qualité d’énergie obtenue.

En conséquence, le secteur du bâtiment doit opérer une mutation importante.


Dans ce sens, afin d’initier la construction de bâtiments à faible consommation, une
réglementation énergétique s’impose pour réduire la consommation énergétique
des bâtiments tout en améliorant le confort des occupants. Ce règlement
Thermique de Construction au Maroc (RTCM) vise essentiellement à améliorer les
performances thermiques10 :

 Réduire les besoins de chauffage et de climatisation des bâtiments ;


 Améliorer le confort des bâtiments non climatisés ;
 Réduire la puissance des équipements de chauffage et de climatisation à
installer;
 Inciter les architectes, ingénieurs et maîtres d’œuvre à l’utilisation des
approches de conception thermique performante de l’enveloppe du bâtiment;
 Mettre à la disposition des maîtres d’ouvrage, décideurs publics et bailleurs de
fonds, un outil permettant d’améliorer la productivité de leurs
investissements;
 Aider à la réalisation de diagnostics énergétiques des bâtiments existants.

En plus, la stratégie énergétique nationale adoptée en 2009 a précisé que, dans les
15% d’économie d’énergie fixés comme objectifs pour 2030,  le secteur de bâtiment
contribuerait à hauteur de 19% pour le résidentiel et 10% pour le tertiaire 11.
À ce stade, le règlement thermique de construction comprend des obligations de
résultat. Elles sont axées, sur l’orientation du bâtiment favorisant l’accès à l’éclairage,
la réduction du chauffage tout en garantissant un meilleur confort d’été à travers le
renforcement de l’enveloppe du bâtiment à édifier, que sur l’installation des
équipements et appareils performants12.

De même, l’intégration des exigences de performances thermiques de


l’enveloppe constitue l’une des principales mesures structurelles d’efficacité
10
Agence marocaine pour l’efficacité, Règlement thermique de Construction au Maroc(RTCM), p. 14, Disponible
sur le site : file:///C:/%20%‫ة‬ ‫الوطني‬20%‫ة‬ ‫الوكال‬/‫ة‬ ‫الطاقي‬20%‫ة‬ ‫الناجع‬
‫للنجاعة‬20/Règlement_thermique_de_construction_au_Maroc%20(1).pdf (15/9 /2020).
11
Touria Barradi, Un aperçu de la situation de l’efficacité énergétique des ménagé au Maroc, Rapport, Mai
2019, p. 30, Disponible sur le site : https://ma.boell.org/sites/default/files/lefficacite_energetique.
(20 /09/2019).
12
Khadija Bouroubat, « La construction durable : étude juridique comparative /Maroc-France », thèse de
doctorat en droit, Université Paris-Saclay, 2016. Français. NNT : 2016SACLV136, p. 246.

4
énergétique dans le secteur du bâtiment, compte tenu de la durée de son impact
dans le temps. À cet égard, l’isolation thermique des bâtiments permet de réduire les
déperditions thermiques à travers les parois: Une isolation thermique performante
peut réduire de 60% la consommation énergétique en chauffage et climatisation 13.

D’une manière générale, le règlement thermique de construction au Maroc est


basé sur des principes spécifiques(I), s’appliquant sur deux approches(II). Il est
également soumis à un service de contrôle pour le respect des exigences en
place(III).

I - Les principes de règlement thermique de construction au Maroc


Le règlement thermique de construction au Maroc, focalisé sur les bâtiments
neuf(A), ciblé la plupart des types de bâtiment(B) et leurs dispositions changent selon
les zones climatiques(C).

A- Se focaliser sur le neuf


Le secteur des bâtiments existant représente le principal gisement d’économie
d’énergie et la plupart des bâtiments existants au Maroc sont mal isolés.

À contrario de la plupart des pays qui adoptent des règlements thermiques


s’appliquant aux bâtiments neufs et existants, le règlement thermique au Maroc
s’applique dans un premier temps seulement aux bâtiments neufs. En effet,
l’application du règlement au segment des bâtiments existants posera un certain
nombre de contraintes (importance des surcoûts, qualification de la main-d’œuvre,
etc.) ce qui risque de retarder le lancement du règlement.

Toutefois, dans la stratégie de l’efficacité énergétique, telle qu’adoptée par les


pouvoirs publics marocains, les bâtiments existants pourront être traités à travers des
audits énergétiques et notamment à travers la mise en œuvre des mesures
d’efficacité énergétique qui en découlent. À cet égard, le programme 2011-2014 vise
en particulier des audits énergétiques dans 130 établissements tertiaires qui
devraient permettre des économies d’énergie à l’horizon 2020 d’environ 320 ktep/an
et une réduction de gaz à effet de serre de près de 1,7 MteqCO2 /an 14.

13
Agence marocaine pour l’efficacité(AMEE), Les bonnes pratiques de l’efficacité énergétique dans le bâtiment,
p. 2, Disponible sur le site : file:///C:/Lecteur%20USB/EFFICACITE%20ENERGITIQUE/AMEE/EE%20dans%20le
%20batiment%20au%20Maroc/Bonnes_pratiques_de_lefficacite_energitique_dans_le_batiment.pdf (04/09/
2020).
14
Agence marocaine pour l’efficacité(AMEE), Règlement thermique de construction au Maroc(RTCM), p. 16,
Disponible sur le site : file:///C:/Lecteur%20USB/EFFICACITE%20ENERGITIQUE/AMEE/EE%20dans%20le
%20batiment%20au%20Maroc/Reglement_thermique_de_construction_au_Maroc_-_Version_simplifiee.pdf
(2/10/ 2020).

5
B- Couvrir la plupart des types de bâtiments
Le règlement thermique de construction au Maroc est applicable aux bâtiments
résidentiels et tertiaires. À ce niveau, les bâtiments résidentiels concernent tous
bâtiments dont les espaces réservés à l’habitation constituent plus de 80 % de sa
surface planchers15. Ainsi, dans l’habitat, le règlement couvre toutes les catégories
socio-économiques de bâtiment : économique standing.

S’agissant des bâtiments tertiaires, ils sont tous les équipements publics et les
bâtiments relevant des secteurs du tourisme, de la santé, de l’éducation et de
l’enseignement, du commerce et des services. Dans ce sens, quatre segments sont
particulièrement couverts : les hôtels ; les bâtiments administratifs (bureaux); les
bâtiments d’éducation et d’enseignement supérieur; et les hôpitaux.

En revanche, les dispositions du règlement thermique de construction au Maroc ne


s’appliquent pas aux:16

 bâtiments existants avant l’entrée en vigueur de ce décret;


 bâtiments à usage agricole, artisanal ou industriel, autres que les locaux
servant à l’habitation dans ces mêmes locaux;
 bâtiments utilisés pour des opérations manufacturières, industrielles et de
stockage;
 bâtiments ou parties des bâtiments qui requièrent des conditions intérieures
particulières, tels que les serres, les entrepôts…

A- Zonage climatique
Afin d’appliquer le règlement thermique général de construction fixant les règles
de performance énergétique des constructions, le territoire national est divisé selon
les zonages climatiques17. La réalisation de zonage climatique a été effectuée en

15
L’article 3 de décret n° 213874 du 20 hija 1435 (15 octobre 2014) approuvant le règlement général de
construction fixant les règles de performance énergétique des constructions et instituant le comité national de
l’efficacité énergétique dans le bâtiment, (B.O n°6306 du 12 moharrem 1436- 6 novembre 2014).
16
L’article 4 de décret n° 213874 du 20 hija 1435 (15 octobre 2014) approuvant le règlement général de
construction fixant les règles de performance énergétique des constructions et instituant le comité national de
l’efficacité énergétique dans le bâtiment, (B.O n°6306 du 12 moharrem 1436- 6 novembre 2014).
17
L’article 2 de décret n° 2-13-874 du 20 hija 1435 (15 octobre 2014) approuvant le règlement général de
construction fixant les règles de performance énergétique des constructions et instituant le comité national de
l’efficacité énergétique dans le bâtiment, (B.O n°6306 du 12 moharrem 1436- 6 novembre 2014).

6
étroite coordination et concertation avec beaucoup des intervient, surtout entre la
Direction de la Météorologie Nationale (DMN) et l’Agence de développement des
Énergies Renouvelables et l’Efficacité Énergétique (ADEREE), avec l’appui d’une
expertise internationale.

Les travaux de zonage climatique en se basant sur l’analyse des données


climatiques annuelles horaires enregistrées par 37 stations météorologiques sur la
période de 1999-2008 (10 ans), sur la base des résultats de simulations des besoins
thermiques annuels de chauffage et de climatisation des bâtiments dans onze villes
marocaines représentatives18.

En plus, l’élaboration du zonage climatique a été effectuée selon le critère du


nombre de degrés jours d’hiver et le nombre de degrés jours d’été. Enfin, le territoire
marocain a été subdivisé en six zones climatiques homogènes : Zone 1, Zone 2, Zone
3, Zone 4, Zone 5 et zone 619. Ces zones, circonscrites en respectant les limites
administratives, sont représentées climatiquement par les villes suivantes : Agadir,
Tanger, Fès, Ifrane, Marrakech, Errachidia.

II- Les approche d’application le règlement thermique de construction


Les spécifications techniques minimales des performances thermiques sont
exprimées pour chaque zone climatique et chaque type de bâtiment (bâtiment
résidentiel ou bâtiment tertiaire), de deux manières : une approche globale dite
performancielle (A) et une approche simplifiée dite prescriptive(B). Dans ce sens, le
maitre d’ouvrage est tenu de choisir l’une des deux approches déterminées par le
législateur dans une fiche technique précisant les performances énergétiques
minimales de bâtiment.

A- L’approche performancielle
L’approche performancielle consiste à fixer les spécifications techniques
minimales en termes de performances thermiques du bâtiment. Celles-ci sont
évaluées à travers les besoins énergétiques annuels du bâtiment liés au confort
thermique. Ces besoins correspondent aux besoins calorifiques et/ou frigorifiques du

18
Ministère de l’aménagement du territoire national, de l’urbanisme de l’habitat et de la politique de la ville, le
règlement général de construction fixant les règles de performance énergétique des constructions et instituant
le comité national de l’efficacité énergétique dans le bâtiment, p. 9, Disponible sur le site  : file:///C:/Lecteur
%20USB/EFFICACITE%20ENERGITIQUE/AMEE/EE%20dans%20le%20batiment%20au%20Maroc/REGELEMENT
%20GENERAL%20DE%20CONSTRUCTION%20VISANT%20LA%20PERFORMANCE
%20ENERGITIQUE.pdf( 13/07/2020).
19
Agence marocaine pour l’efficacité, Règlement thermique de construction au Maroc (RTCM), Op.cit., P. 16.

7
bâtiment indépendamment du type d’installations de chauffage et/ou de
refroidissement utilisées. Ils correspondent à la somme annuelle des sollicitations
thermiques qu’impose le bâtiment à ses installations pour satisfaire les besoins de
confort thermique de ses occupants20.

Les besoins annuels de chauffage et/ou de refroidissement du bâtiment sont


calculés par des logiciels de simulation énergétique de bâtiments ou par des outils
informatiques simplifiés, en adoptant des températures de référence pour le
chauffage et la climatisation: 20°C en hiver et 26°C en été21.

B- L’approche prescriptive
L’approche prescriptive consiste à fixer les spécifications techniques limite
acceptables en terme de caractéristiques thermiques des parois de l’enveloppe du
bâtiment et ce, en fonction du type de bâtiment, de la zone climatique et du taux
global des baies vitrées TGBV des espaces chauffés et/ou refroidis. Ces spécifications
techniques peuvent être calculées par des logiciels de simulation énergétique de
bâtiments ou par des outils informatiques simplifiés22.

Les caractéristiques thermiques des parois de l’enveloppe d’un bâtiment


correspondent aux coefficients de transmission thermique (U) des toitures, des murs
extérieurs, des planchers sur pilotis et des baie vitrées ainsi qu’au facteur solaire
équivalent (FS*) des baies vitrées et à la résistance thermique (R) des planchers sur
sol plein23.

III-Le contrôle du respect du règlement thermique


La première étape de projet de construction est de créer un dossier de demande
de construire. Cette demande doit être déposée auprès du bureau d’ordre du
commun afin d’obtenir le permis de construire. Celui-ci, c’est un acte juridique
manifestant la volonté de l’administration et de l’intéressé 24.

Le permis de construire est délivré par l’administration lorsque la construction


projetée est reconnue satisfaire aux dispositions législatives et réglementaires en
vigueur25, concernant les règles de sécurité, de la stabilité de la construction, de la

20
Décret n° 2-13-874 du 20 hija 1435 (15 octobre 2014) approuvant le règlement général de construction fixant
les règles de performance énergétique des constructions et instituant le comité national de l’efficacité
énergétique dans le bâtiment, (B.O n°6306 du 12 moharrem 1436- 6novembre 2014).
21
Ibid.
22
Salma Slaoui, Architecture durable et efficacité énergétique au Maroc, Édition universitaires européennes,
2017, p. 60.
23
Ibid.
24
Abdelilah Lamkinsy, Le droit marocain de l’urbanisme, Thèse. Rennes I, 1979. p. 349.
25
L’article 43 de la loi n° 12-90 du 17 juin 1992 relative à l’urbanisme.

8
superficie, du volume ou des dimensions de l’habitat, de la hauteur, des normes
d’hygiène, d’esthétique, les prescriptions relevant du règlement de voirie et de la
conformité avec le plan d’aménagement26et aussi, les exigences de performance
énergétique dans les bâtiments.

Le maître d’œuvre concepteur du projet doit identifier l’approche choisie dans une
fiche technique précisant les performances énergétiques minimales du bâtiment.
Cette fiche fait partie des pièces constitutives du dossier de la demande
d’autorisation de construire.

Par ailleurs, le constructeur est sommé de demander le permis d’habiter et le


certificat de conformité à l’achèvement des travaux de construction. À ce stade, il
doit constituer un dossier portant déclaration d’achèvement des travaux et une
attestation de conformité des travaux en matière de télécommunications 27. Les
services compétents délivrent ces documents après un récolement des travaux. Cette
dernière consiste à vérifier la conformité des travaux avec les plans architecturaux et
techniques et les indications de l’autorisation de construire 28. Ainsi, Il faut s’assurer
du respect des exigences de la règlementation thermique avant la délivrance de ces
autorisations.

En plus, les outils ordinaires de contrôle du respect des exigences de


performance énergétique dans les bâtiments à travers le permis de construire, le
permis d’habiter et le certificat de conformité, le législateur marocain a été institué
un contrôle technique pour objet de constater et d’attester le respect de la
performance énergétique dans les bâtiments29.

Les personnes chargées de contrôle technique de performance énergétique, ce


sont des agents de l’administration ou les organismes et/ ou un laboratoire publics ou
privés compétents, agréés à cet effet par l’administration 30.

26
Khadija Bouroubat, «La construction durable : étude juridique comparative /Maroc-France », thèse de
doctorat en droit, Université Paris-Saclay, 2016. Français. NNT : 2016SACLV136, p. 244.
27
L’article 41 du décret n° 2-13-424 du 13 rejeb 1434 (24 mai 2013) approuvant le règlement général de
construction fixant la forme et les conditions de délivrance des autorisations et des pièces exigibles en
application de la législation relative à l’urbanisme et aux lotissements, groupes d’habitations et morcellements
ainsi que des textes pris pour leur application.
28
L’article 42 du décret. n° 2-13-424 du 13 rejeb 1434 (24 mai 2013) approuvant le règlement général de
construction fixant la forme et les conditions de délivrance des autorisations et des pièces exigibles en
application de la législation relative à l’urbanisme et aux lotissements, groupes d’habitations et morcellements
ainsi que des textes pris pour leur application.
29
L’article 17 de la loi n° 47-09 du 29 septembre 2011 relative à l’efficacité énergétique, B. O n° 5996 de 17
novembre 2011, p. 2404.
30
L’agrément est délivré lorsque l’organisme ou le laboratoire remplit les conditions suivantes :
- être constitué sous forme de société de droit marocain ;
- ne pas être en état de redressement ou de liquidation judiciaire ;

9
D’autre part, un logiciel dénommé « BINAYATE31 » est mis à la disposition des
contrôleurs, afin de simplifier et de vulgariser l’application du RTCM sur le terrain,
ainsi que de renforcer la capacité des organes de contrôle à l’application de la
réglementation Thermique, dans ses deux volets actif et passif 32. Ce logiciel, peut
être utilisé pour les bâtiments résidentiels ou tertiaires (enseignement, santé,
tourisme et autres) tel qu’indiqué par le cadre d’application du règlement
thermique de construction au Maroc33.

Par ailleurs, en cas de ne pas respecter les seuils des performances énergétiques
minimales des constructions et bâtiments, des équipements et des appareils utilisant
l’énergie, le législateur impose une amende de montant de 20.000 à 200.000
dirhams34 .

Section 2 : La performance énergétique des bâtiments en Europe


L’Union européenne confrontée dans le domaine de l’énergie nombreux obstacles
sont: augmentation de la dépendance vis-à-vis des importations, limitation de la
diversification, hausse et volatilité des prix de l’énergie, croissance de la demande
mondiale d’énergie, risques liés à la sécurité concernant les pays producteurs et de
transit, augmentation des menaces dues au changement climatique, lenteur des
progrès dans le domaine de l’efficacité énergétique, défis liés à la part croissante des
énergies renouvelables ou encore nécessités d’une transparence accrue et de la
poursuite de l’intégration et de l’interconnexion des marchés de l’énergie 35.

- disposer de moyens humains et matériels nécessaire à la réalisation du contrôle technique homologué par
l’administration ;
- offrir toutes les garanties d’impartialité et d’indépendance ;
- répondre aux exigences fixées par l’autorité gouvernementale compétente, en matière de compétence
technique dans le domaine de l’efficacité énergétique.
31
Le logiciel BINAYATE a été conçu par l'AMEE dans le cadre du projet de "Code d'efficacité énergétique dans
les bâtiments" en collaboration avec le GEF et le PNUD.
32
Votre bâtiment est-il conforme au RTCM ? Le logiciel BINAYATE vous dira !, Disponible sur le site :
http://supertaqa.ma/fr/astuce/professionnels-du-batiment/votre-batiment-est-il-conforme-au-rtcm-le-logiciel-
binayate-vous-dira/ (14 /10/2020).
33
BINAYATE prescriptive, manuel d’utilisation, p. 5. Disponible sur le site :
http://energetique.uae.ma/formations/cours_informations/cours/cours_ajzoul/ressources_rtcm/BINAYATE
%20Prescriptive%20-%20Manuel%20d%27utilisation.pdf(16/10/2020).
34
L’article 24 de la loi n° 47-09 du 29 septembre 2011 relative à l’efficacité énergétique.
35
Le Parlement européen, La politique de l’énergie: principes généraux, Fiche thématique, disponible sur le
lien : file:///C:/Users/BIG%20CHOIX/Downloads/FTU_2.4.7%20(1).pdf (12/12 / 2020).
- Pour plus d’informations sur la politique énergétique en Europe V.,  Dominique Ristori, Enjeux et défis de la
politique énergétique en Europe, 2015, disponible sur le lien :
file:///C:/Users/BIG%20CHOIX/Downloads/GEOEC_073_0045.pdf (10/12/2020).

10
Afin de faire face à ces défis, la politique énergétique 36 de l’Union européenne
basée sur les objectifs suivants : garantir le bon fonctionnement du marché intérieur
de l’énergie et l’interconnexion des réseaux énergétiques, assurer la sécurité de
l’approvisionnement énergétique dans l’Union, promouvoir l’efficacité énergétique
et les économies d’énergie, décarboniser l’économie et se diriger vers une économie
à faible intensité de carbone, promouvoir le développement des énergies nouvelles
et renouvelables afin de mieux s’aligner sur les objectifs climatiques et de les intégrer
dans la nouvelle organisation du marché, promouvoir la recherche, l’innovation et la
compétitivité37.
Dans ce contexte, l’efficacité énergétique 38 est donc parmi les prioritaire dans la
politique énergétique de l’Union européenne, qui vise à réduire la consommation
d’énergie d’au moins 32,5 % à l’horizon 2030  à travers des mesures sectorielles et
transversale39. Dans ce sens, le secteur du bâtiment est le premier consommateur
d’énergie en Europe, responsable de 40 % de la consommation d’énergie finale.
Aussi, environ de 75 % des bâtiments sont inefficaces sur le plan énergétique; or,
selon les États membres, 0,4 à 1,2 % seulement du parc immobilier est renouvelé
chaque année40. La promotion de l’efficacité énergétique dans le bâtiment a donc un
rôle important dans la réalisation des objectifs de l’Union européen en matière de
politique énergétique.

À cet égard, l’union européenne a révisé en 2018 la directive 2010/31/UE sur la


performance énergétique des bâtiments et la directive 2012/27/UE relative à
l’efficacité énergétique par la directive (UE) 2018/2002 du 11 décembre 2018, dans

36
La politique énergétique actuelle s’inscrit dans le cadre de la stratégie en matière de climat et d’énergie
adoptée par le Conseil européen le 24 octobre 2014 et révisée en décembre 2018, qui vise les objectifs suivants
d’ici 2030:
 La réduction d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990;
 L’augmentation à 32 % de la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique;
 L’amélioration de 32,5 % de l’efficacité énergétique;
 L’interconnexion d’au moins 15 % des réseaux d’électricité de l’Union.
37
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social
européen, au Comité des régions et à la Banque européenne d’investissement, Cadre stratégique pour une
Union de l’énergie résiliente, dotée d’une politique clairvoyante en matière de changement climatique, Paquet
« Union de l’énergie », COM (2015) 80 fin., le 25.2.2015.
38
D’après l’article 2 de la directive 2012/27/UE du parlement européen et du conseil du 25 octobre 2012, relatif
à l’efficacité énergétique, modifiant les directives 2009/125/CE et 2010/UE et abrogeant les directives
2004/8/CE et 2006/32/CE, l’efficacité énergétique est le rapport entre les résultats, service, la marchandise ou
l'énergie que l'on obtient et l'énergie consacrée à cet effet.
39
En plus les mesures sectorielles, les mesures transversales pour le but de déclencher des économies
d’énergie dans plusieurs secteurs. Parmi les mesures transversales en trouve l’éco taxes, les fonds d’efficacité
énergétique et les obligations d’économies d’énergie.
40
Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant la directive 2010/31/UE sur la
performance énergétique des bâtiments, COM(2016) 765 final, le 30.11.2016.

11
le cadre du paquet «Une énergie propre pour tous les Européens 41». Parmi les
obligations figurant dans cette directive, on peut citer42:

• Obligation d’information des occupants d’immeubles collectifs à usage d’habitation


ou à usage mixte professionnel et d’habitation, équipés de dispositifs
d’individualisation de frais de chauffage, sur leur consommation de chaleur, de froid
et d’eau chaude sanitaire ainsi que sur les charges associées ;

• Modalités d’accès aux données de consommation et de facturation pour les


abonnés d’un réseau de chaleur et leur information sur leur consommation de
chaleur, de froid et d’eau chaude sanitaire ainsi que sur la facturation associée pour
les immeubles à usage d’habitation.

Section 3 : La performance énergétique des bâtiments en France


En France, le secteur du bâtiment représente 44% de la consommation
énergétique et de 20% des émissions de gaz à effet de serre. En effet, ce secteur
constitue un gisement important d’économie d’énergie et de réduction des
émissions de gaz à effet de serre.

A cet égard, la France a connu le premier règlement thermique en 1974 43 suit au


première choc pétrolier, afin de faire face à la hausse brutale du prix des
hydrocarbures et de réduire la facture énergétique. Elle avait pour objectif principal
la réduction de 25 % de la consommation énergétique de bâtiments. Et elle
s’appliquait uniquement aux bâtiments neufs. Par ailleurs, elle a été mise à jour six
fois44 depuis sa création et impose des règles plus en plus strictes sur la
41
Communication de la commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social
européen, au Comité des régions et à la Banque européenne d'investissement, » Une énergie propre pour tous
les Européens », COM(2016) 860 final, le 30.11.2016.
42
La ministère de transition énergétique, Les consultations publiques du ministère de la Transition écologique
et solidaire, Projets d’ordonnance et de décrets relatifs à l’énergie et au climat en transposition du paquet
européen "une énergie propre pour tous les européens", disponible sur le site : http://www.consultations-
publiques.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=2150 (16/12/2020).
43
L’arrêté du 10 avril 1974 relatif à l’isolation thermique et au réglage automatique des installations de
chauffage dans les bâtiments d’habitation, JORF, 18 avril 1974, p. 4191. L’objectif de ce règlement thermique
était de faire une diminution de la consommation énergétique de 25%  par rapport à une estimation de la
consommation énergétique construite suivant les normes en vigueur entre les années 1950 et 1973.
44
Les caractéristiques techniques de ces normes réglementaires ont été définits par voie d’arrêtés : RT 1982 :
Arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements, JORF 27 mars 1982, p.942. Son objectif était de
réduire de 20 % la consommation de l’énergie par rapport à la réglementation de 1974 à travers le
renforcement de l’exigence d’isolation de l’enveloppe et a défini une exigence de besoin de chauffage. ; RT
1988 : Arrêté du 5 avril 1988 relatif aux équipements et aux caractéristiques thermiques des bâtiments
d’habitation, JORF, 8 avril 1988, p.4644. Elle s’appliquait aux bâtiments résidentiels ou non résidentiels neufs.
Elle a visé la réduction de la consommation du chauffage, d’eau chaude sanitaire, et la réduction de 25% de la
consommation par rapport à 1974 ; RT 2000 : Arrêté du 29 novembre 2000 relatif aux caractéristiques
thermiques des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments, JORF n°277, 30 novembre 2000,
p.19049, texte n° 42. Elle a cerné le problème de chauffage, de l’eau chaude sanitaire, l’éclairage et le confort

12
performance énergétique des bâtiments 45. Cette grille d’arsenal juridique de
consécration des exigences de l’efficacité énergétique concernant les bâtiments est
couronnée par l’adoption de règlement thermique de 2012 46.

La réglementation thermique dite « RT 2012 » a été fixer par la loi n° 2009-967 du
3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenellle de
l’environnement et entré en vigueur le 1er janvier 2013. Elle s’inscrit dans la deuxième
directive sur la performance énergétique des bâtiments (DPEB2) 47. L’objectif de RT
2012 est de diminuer la consommation d’énergie primaire des bâtiments neufs à une
moyenne de 50 kWh/m2/an. Elle va même plus loin que les réglementations
thermiques précédentes. En effet, elle a pour objectif de limiter la consommation
d’énergie primaire des bâtiments neufs à un maximum de 50 kWhEP/(m².an) en
moyenne, tout en suscitant48:

 une évolution technologique et industrielle significative pour toutes les filières


du bâti et des équipements ;
 un très bon niveau de qualité énergétique du bâti, indépendamment du choix
de système énergétique ;
 un équilibre technique et économique entre les énergies utilisées pour le
chauffage et la production d’eau chaude sanitaire.

I : Les exigences de règlement thermique 2012


En réelle, les exigences de la RT 2012 déjà imposées par le label Bâtiment Basse
Consommation(BBC), et par la RT 2012 sont devenues obligatoires. En plus, la
réglementation met en place une nouvelle méthode de calcul Th-BCE 2012, parmi
ses fonctions est de vérifier que le bâtiment respecte les trois exigences de
résultat(I), et certaines exigences de moyen (II).

d’été. Elle avait pour objectif la diminution de 20 % de la consommation dans le résidentiel et 40 % dans le
tertiaire. ; RT 2005 : Arrêté du 24 mai 2006 relatif aux caractéristiques thermiques des bâtiments nouveaux et
des parties nouvelles de bâtiments, JORF n°121 du 25 mai 2006, p.7747, texte n° 14. Elle a fixé pour objectif le
développement de 15 % de la performance énergétique par rapport à la précédente réglementation et elle
s’est appliquée aux bâtiments neufs et aux parties nouvelles.
45
Quelle Énergie, Tout savoir sur les réglementations thermiques et leurs évolutions, Disponible sur le site  :
https://www.quelleenergie.fr/rt-reglementation-thermique, (05/06/ 2020).
46
RT 2012 : Arrêté du 26 octobre 2010 relatif aux caractéristiques thermiques et aux exigences de performance
énergétique des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments.
47
Konstantin ILCHEV, l’efficacité énergétique et le droit, Éditions universitaires européennes, 2018, p. 193.
- Directive 2010/31/UE du Parlement européen et du Conseil du 19 mai 2010 sur la performance énergétique
des bâtiments, JO L n°153 du 18.6.2010, p. 13- 35., (DPEB2).
48
Le Ministère de transition écologique, Exigences réglementaires pour la construction des bâtiments, 27 mai
2020, disponible sur le site : https://www.ecologie.gouv.fr/exigences-reglementaires-construction-des-
batiments (04/12/2020).

13
A- les exigences de résultats
Les bâtiments soumis au règlement thermique de 2012 doivent être construits
et aménagés de façon à respecter les trois exigences de résultats : optimisation de la
conception du bâti indépendamment des systèmes énergétiques mis en œuvre(1),
limitation de la consommation d’énergie primaire(2) et confort d’été avec une
limitation des surchauffes dans le bâtiment en période estivale(3).

1 : l’indice «Bbio»


Le Bbio, ou le besoin bioclimatique est le premier des exigences de la
réglementation thermique. Il est un indicateur qui détermine les besoins
énergétiques du bâtiment. Cet indice « Bbio » d’un bâtiment ne doit pas dépasser
une valeur maximale appelée Bbiomax qui soumit de l’architecture de bâtiment, la
zone géographique et l’altitude49.

2 : l’indice « cep »


Le Cep ou consommation d’énergie est la deuxième exigence de la réglementation
thermique, elle est calculée en 50 kWh/m2/a. Ce coefficient prend en compte 5
usages : le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, la climatisation,
l’éclairage et auxiliaire (ventilateurs, pompes).

Conformément à l’article 4 de la loi Grenelle 1, le Cep d’un bâtiment ne doit pas


dépasser la valeur maximale de 50 kWh/m2, modulé selon la localisation
géographique, l’altitude, le type d’usage du bâtiment, la surface moyenne des
logements et les émissions de gaz à effet de serre pour le bois énergie et les réseaux
de chaleur les moins émetteurs de CO250.

3 : l’indice « Tic »
La Tic ou température intérieure conventionnelle afin d’assurer un bon niveau
confort ont été dans les bâtiments sans besoin d’une climatisation. Ce coefficient
aussi modulé sur les caractères suivants : type d’occupation, localisation

49
L’article 7 de l’arrêté du 26 octobre 2010 relatifs aux caractéristiques thermiques et aux exigences de
performance énergétique des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiment.
50
Le Ministère de transition écologique, Exigences réglementaires pour la construction des bâtiments, Op.cit.

14
géographique, la catégorie CE1/CE2 51, surface moyenne des logements du bâtiment
ou partie de bâtiment52.

La RT 2012 impose que la température la plus chaude atteinte dans ces locaux, au
cours d’une séquence de 5 jours très chauds d’été, n’excède pas un seuil de « Tic
référence ».53

B- Les exigences de moyen


En plus les trois grandes exigences de résultat, la RT 2012 prévoient aussi des
exigences de moyens :

1- l’obligation de recourir aux énergies renouvelables


En vertu de l’article 16 de l’arrêté du 26 octobre 2010 relatif aux caractéristiques
thermiques et aux exigences de performance énergétique des bâtiments nouveaux et
des parties nouvelles de bâtiment, l’obligation de recourir aux énergies renouvelables
s’applique aux maisons individuelles ou accolées. Dans ce cas, le maitre d’ouvrage a
le choix entre plusieurs énergies renouvelables54.

 Production d’eau chaude sanitaire avec les panneaux solaires d’une surface au
moins égale à 2m².
 Raccordement dans la mesure au possible, à un réseau de chaleur alimenté à
plus de 50 % par une énergie renouvelable.
 Production individuelle d’eau chaude sanitaire thermodynamique (Pompe à
chaleur).
 Production de chauffage et/ou d’eau chaude sanitaire assurée par une
chaudière à micro-cogénération.
51
Un local de catégorie CE2 si elle nécessite d’un système de refroidissement et situé parmi les zones
suivantes : une zone de bâtiment à usage universitaire d'enseignement et de recherche, une zone de bâtiment
à usage de commerce, une zone de bâtiment à usage d'établissement de santé, une zone de bâtiment à usage
d'hôtel, une zone de bâtiment à usage d'aérogare, une zone de bâtiment à usage de restaurant, une zone de
bâtiment à usage de tribunal, de palais de justice, de gymnase, de salle de sport ou d'hôtel, une zone de
bâtiment à usage d'établissements d'hébergement pour personnes âgées ou personnes âgées dépendantes.
Les autres sont de catégorie CE1. Par ailleurs, un local est dit de classe CE1 ou CE2 si toutes les parties de ce
local sont respectivement de classe CE1 ou CE2.
- Pour plus de détail V. L’annexe III (catégorie CE1 et CE2) de l’arrêté du 26 octobre 2010 relatifs aux
caractéristiques thermiques et aux exigences de performance énergétique des bâtiments nouveaux et
des parties nouvelles de bâtiment.
52
L’article 13 de l’arrêté du 26 octobre 2010 relatifs aux caractéristiques thermiques et aux exigences de
performance énergétique des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiment.
53
Frédrique Denisart, Maxime Dutilleul, Les réglementations thermiques, champ d’application, obligation et
responsabilités, cahier de la profession N° 46, 1er trimestre 2013, p : 12. Disponible sur le site :
file:///C:/Users/BIG%20CHOIX/Documents/RT%202012/CDP-N46-RT2012.pdf, (03/09/2020).
54
Quelles sont les exigences de moyens de RT 2012?, Disponible sur le site : http://www.e
rt2012.fr/explications/generalites/exigences-de-la-rt-2012/exigences-moyens/, (14/08/2020).

15
 Contribution de l’énergie renouvelable supérieure ou égale à 5kWhep/m².an.
2- Etanchéité à l’air de l’enveloppe
La bonne étanchéité à l’air de l’enveloppe est un point indispensable pour les
maisons soumises à lier règlement thermique de 2012, car une mauvaise étanchéité,
générant des infiltrations d’air extérieur, va conduite55:

 Une augmentation de consommation de chauffage liée à la hausse des


déperditions thermiques ;
 Un inconfort lié aux courants d’air froid ;
 L’apparition de moisissures sur les murs (condensation sur les zones froides) ;
 Une dégradation de la qualité de l’air.

Afin de limiter les déperditions, le bâtiment devra être le plus hermétique. En fin
de travaux , un test d’étanchéité est obligatoire et devra respecter les exigences de
perméabilité à l’air suivant56:

 Maison individuelle : 0,6/ (h. m².) ;


 Logement collectif : 1 m/ (h. m²).

3- Isolation thermique
D’après l’article 18 de l’arrêté du 26 octobre 2010 relatifs aux caractéristiques
thermiques et aux exigences de performance énergétique des bâtiments nouveaux et
des parties nouvelles de bâtiment, les parois donnant des locaux à occupation
discontinue doivent être bien isolées. C’est-à-dire, les parois séparant des parties de
bâtiment à occupation continue doivent présenter un coefficient de transmission
thermique U. Ce coefficient de ces parois devra être à 0,36 W/ (m².k).

En sus, l’article 19 du même arrêté ci-dessus, impose que la ration de transmission


thermique moyenne des ponts thermiques ne dépasse pas 0,28/m². Aussi, le
coefficient de transmission thermique linéique moyen des liaisons entre les
planchers intermédiaires et les murs donnant sur l’extérieur ou un local non
chauffé, u9, n’excéde pas 0,6 W/ (ml.k).

4- Accès à l’éclairage naturel

En ce qui concerne l’accès à l’éclairage naturel, le législateur impose que la


surface total des bais, mesurée en tableau, doivent être supérieure ou égal à 1 /6 de
55
Ibid.
56
L’article 26 de l’arrêté du 26 octobre 2010 relatifs aux caractéristiques thermiques et aux exigences de
performance énergétique des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiment.

16
la surface habitable pour les maisons individuelles ou accolées et les bâtiments
collectifs d’habitations57.

5- Confort d’été
Afin d’assurer le confort et limiter les surchauffes en été, les bais de tout local
destiné de sommeil et de catégorie CE1 doivent être obligatoirement équipées de
protections solaires mobiles58. Les caractéristiques de ces protections dépendent de
la zone géographique de l’altitude et de l’exposition au bruit.

En plus, les bais de local (à usage autre que passagère et de catégorie CE1), devant
s’ouvrir sur ou moins 30% de leur surface total, sauf interdiction pour cause
d’hygiène ou de sécurité. Limite ramenée à 10% pour les locaux ou la différence
d’altitude entre le point bas de son ouverture la plus basse et le point haute
ouverture la plus haut est égale ou supérieure à 4m59.

II : Le contrôle de respect de la RT 2012


Afin de respecter les exigences de la performance énergétique, le législateur
français a introduit les attestations de prise en compte de la réglementation
thermique pour la première fois à l’article 1 er de loi n°2010-788 du 12 juillet 2010
portant engagement national pour l’environnement (loi Grenelle 1) 60.

L’objectif de ces attestations est de contrôler le respect des exigences du


règlement thermique et de contribuer à l’amélioration de la performance
énergétique des bâtiments.

La forme de ces attestations prévue par l’arrêté du 11 octobre 2011 relatif aux
attestations de pris en compte de la réglementation thermique et de réalisation
d’une étude de faisabilité relative aux approvisionnements en énergie pour les
bâtiments neufs ou partie nouvelles de bâtiments. Selon cet arrêté, les attestations
sont divisées en deux types, le premier à joindre à la demande de permis de
construire(I), et le second à la déclaration d’achèvement et de conformité des
travaux(II).

57
L’article 20 de l’arrêté du 26 octobre 2010 relatifs aux caractéristiques thermiques et aux exigences de
performance énergétique des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiment.
58
Quelles sont les exigences de moyens de la RT 2012?, Op.cit.
59
L’article 22 de l’arrêté du 26 octobre 2010 relatifs aux caractéristiques thermiques et aux exigences de
performance énergétique des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiment.
60
L’agence de la transition écologique, Attestation de prise en compte de la réglementation thermique. Publié le
1er janvier 2013 (modifié le 9 avril 2020) Disponible sur le site : http://www.rt-batiment.fr/attestations-de-
prise-en-compte-de-la-a21.html , (5/10/2020).

17
A - Attestation à joindre au dossier de demande de permis de
construire
Au moment de demande de permis de construire, le maitre d’ouvrage doit établir
une attestation de prise en compte du règlement thermique. Cette attestation
appuyant sur le récapitulatif standardisé s’étude thermique 61. Ce dernier vérifié
beaucoup des exigences, parmi elle, on trouve la conformité du « Bbio » du projet et
de mode de production d’énergie renouvelable prévue.

Par ailleurs, cette attestation est un résultat d’une étude thermique, celui-ci doit
donc obligatoirement être réalisé avant toute demande de permis de construire qui
sera généralement réalisée par un bureau d’études thermique ou toute personne
bénéficiant des compétences et de l’assurance nécessaire 62. Ces organes devront
vérifier plusieurs points afin de pouvoir générer l’attestation 63.

B - Attestation à établir à l’achèvement des travaux


L’attestation à établir à l’achèvement des travaux, c’est une deuxième étape de
contrôle par les services compétences. Cette attestation s’appuyant aussi comme
l’attestation qui établit au demande de permis de construire, à un récapitulatif
standardisé de l’étude thermique simplifie.

61
Le récapitulatif standardisé de l’étude thermique est un fichier informatique du format XML, comportant a
minima les éléments suivants :
Chapitre Ier : données administratives du bâtiment ;
Chapitre II : les valeurs des coefficients Bbio et Bbiomax du bâtiment en nombre de points, définis
respectivement aux articles 5 et 13 de l'arrêté du 26 octobre 2010 susvisé ;
Chapitre 3 : caractéristiques thermiques et exigences de moyens des articles 16 et 20 du titre III de l'arrêté du
26 octobre 2010 susvisé et comportant :
― La valeur de la SHONRT du bâtiment utilisée dans les calculs ;
― La valeur de la Shab utilisée dans les calculs ;
― Les systèmes de production d'énergie utilisant des énergies renouvelables ;
― Le statut du projet de bâtiment vis-à-vis des exigences de moyens auquel le projet est soumis :
― Le recours à une source d'énergie renouvelable ;
― La surface totale des baies, mesurée en tableau.
- Annexe II (Récapitulatif standardisé d'étude thermique simplifié) de l’arrêté du 11 octobre 2011 relatif aux
attestations de prise en compte de la réglementation thermique et de réalisation d’une étude de faisabilité
relative aux approvisionnements en énergie pour les bâtiments neufs ou les parties nouvelles de bâtiments.
62
Agence de la transition écologique, Attestation de prise en compte de la réglementation thermique, Op.cit.
63
Jacques Bianchi, Étude thermique règlementaire et mise en place d’un processus de réalisation de l’audit
énergétique, Rapport de stage, Master mécanique énergétiques procédés et produits, Université
Henri Poincarre – Faculté des Sciences – Nancy, septembre 2013, p. 14, Disponible sur le site :
http://docnum.univ-lorraine.fr/public/BUS_M_2013_BIANCHI_JACQUES.pdf (8/ 10/2020).

18
Cette fois-ci, l’attestation doit être établie par l’une des personnes suivantes : un
contrôleur technique, une personne répondant à conditions exigées pour réaliser le
diagnostic, un organisme certificateur, et enfin par un architecte 64.

En plus, cette attestation est plus complète que celui joint au dossier de demande
de permis de construire, puisqu’il reprend les trois exigences de résultat de la RT
2012 (besoin bioclimatique, consommation d’énergie primaire, confort d’été). Aussi,
le document doit vérifier la cohérence entre l’étude thermique qui a été conduite et
le bâtiment construit en vérifiant certains points clés (production d’énergie,
étanchéité à l’air du bâtiment, énergie renouvelable, isolation) par un contrôle visuel
sur site ou de documents65.

III : La réglementation environnementale 2020


La France comme tous les pays du monde entier, a pris un engagement
important dans la lutte contre le changement climatique. Cet engagement a été
consacré par la loi de transition énergétique pour la croissance verte 66. Il vise à agir
pour le climat, en fixant à la France des objectifs chiffrés et des moyens d’action pour
mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le climat du 12 décembre 2015 67. Ces objectifs
réaffirmés dans la loi relative à l’énergie-climat 68 qui prévoit d’atteindre la neutralité
de carbone en 2050. À ce titre, le secteur du bâtiment se place en 2 e position après le
transport, avec plus de 25% des émissions nationales en 2019.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le chantier de construction


poussée l’État français a lancé un projet de réglementation, afin de prendre en
compte les exigences environnementales avec des nouvelles exigences thermiques

64
L’article R. 111-20-4 du code de la construction et de l'habitation.
65
Le Ministère de transition écologique, Exigences réglementaires pour la construction des bâtiments, Op.cit.
66
La loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte. Il vise des
objectifs suivants : Réduire les émissions de gaz à effet de serre pour contribuer à l’objectif européen de baisse
de 40% de ses émissions en 2030(par rapport à la référence 1990), diminuer de 30% de la consommation
énergétique finale d’énergie en 2030 et à 40%  de la production d’électricité, diviser par deux la consommation
finale d’énergie d’ici à 2050( par rapport à 2012) et diminuer de 50%  le volume de déchets mis en décharge à
l’horizon 2050.
67
La COP 21 c'est une occasion de la 21ème session de la Conférence des parties à la convention-cadre des
Nations unies sur les changements climatiques (COP21) et de la 11ème Réunion des parties au protocole de
Kyôto a eu lieu du 30 novembre au 12 décembre 2015, à Paris. L’objectif de l’accord est de maintenir
l’augmentation de la température mondiale bien en dessous de 2 degrés Celsius et de mener des efforts encore
plus poussés pour limiter l’augmentation de la température à 1,5 degré Celsius au-dessus des niveaux
préindustriels.
68
La loi n° 2019-1147 du 8 novembre 2019 relative à l’énergie et au climat. Cette loi pour objet de réduire la
dépendance aux énergies fossiles et accélérer le développement des énergies renouvelables, lutter contre les
passoires thermiques, créer des outils de pilotage, de gouvernance et d’évaluation de notre politique climat,
mieux maîtriser le prix de l’énergie, réduire notre dépendance au nucléaire et renforcer les contrôles pour
lutter contre les fraudes aux CEE( les certificat d’économie des énergies).

19
dans les bâtiments, ce projet dénommé Réglementation environnementale 2020 ou
bien RE 202069.

La réglementation environnementale 2020 placée dans la continuité de la


réglementation thermique de 2012(RT 2012). Les objectifs principaux cette
réglementation sont de donner la priorité à la sobriété énergétique, la
décarbonatations de l’énergie, diminuer l’impact carbone de la construction des
bâtiments, et en garantir la fraicheur en cas de forte chaleur. Ces objectifs sont en
cohérence avec les dispositions de la Directive Européenne(UE) 2018/844, qui vise
une consommation d’énergie quasi-nulle pour tous les bâtiments, et en cohérence
aussi, avec l’article 14 de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance
verte70.

À cet égard, dans le domaine du logement, de la construction et pour les


territoires, la loi de transition énergétique pour la croissance verte porte l’ambition
de71 :

 Réduire les émissions de gaz à effet de serre et la consommation énergétique


du bâtiment ;
 Accélérer la rénovation énergétique des logements ;
 Lutter contre la précarité énergétique des ménages ;

69
L’État a lancé, en novembre 2016, l’expérimentation nationale «  Énergie positive, réduction carbone », dite
(E+C-), copilotée par l’État et le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE), afin
de permettre la montée en compétences de l’ensemble des acteurs de la construction sur les enjeux
climatiques et de préparer la réglementation environnementale des bâtiments neufs. Cette expérimentation
visait à tester à grande échelle des bâtiments performants à la fois en matière de bilan énergétique et
d’émissions de gaz à effet de serre.
- Pour plus d’informations sur cette expérimentation V. ce le livre de ministère de transition énergétique  « RE
2020, éco-construire pour le confort de tous ». In: file:///C:/Users/BIG%20CHOIX/Desktop/RT%202020/DOC-
20201128-WA0057[1].pdf. (29/08/2020).
V. aussi : Contribution à la future réglementation environnementale, Collectif Effinergie, Juillet 2019, In  :
file:///C:/Users/BIG%20CHOIX/Downloads/RE2020_Effinergie_Contribution_générale%20(2).pdf ((29/08/2020).
70
L’article 14 de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte précise qu’un décret du
conseil d’État doit définir les caractéristiques énergétiques et environnementales et la performance
énergétique et environnementale, notamment au regard du stockage de carbone dans les matériaux, des
émissions de gaz à effet de serre, des économies d’énergie, de la production d’énergie et de matériaux
renouvelables, de la consommation d’eau et de la production de déchets, des bâtiments ou parties de bâtiment
existants qui font l’objet de travaux de rénovation important, en fonction des catégories de bâtiments, de la
nature des travaux envisagés, ainsi que du rapport entre le coût de ces travaux et la valeur du bâtiment au-delà
duquel le présent 1° s’applique.
71
Le Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, LA loi relative à
la transition énergétique pour la croissance verte (TEPCV).
Pour plus d’informations sur cette loi V. ce site :
https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/loi-relative-la-transition-energetique-pour-la-croissance-verte-
tepcv#:~:text=La%20loi%20de%20transition%20énergétique%20pour%20la%20croissance%20verte
%20affirme,de%20gaz%20ou%20d%27électricité.( 15/07/2020).

20
 Favoriser le recours aux énergies renouvelables et aux matériaux durables
pour la construction ;
 Renforcer le rôle des collectivités locales pour mobiliser leurs territoires et
réaffirmer le rôle de chef de file de la région dans le domaine de l’efficacité
énergétique.

En outre, la réglementation environnementale de 2020 est prévue par la loi sur


évolution du logement de l'aménagement et du numérique (Elan) de novembre
201872, qui fixe l’échéance à 2020 pour la future réglementation environnementale.
Dans ce contexte, l’article L. 111-4 du code de la construction et de l’habitation
devrait compléter par une phrase ainsi rédigée : « Ces règles concernent
notamment les performances environnementales du bâtiment tout au long de son
cycle de vie, la qualité sanitaire et le confort d’usage du logement. », selon l’article
177dela présente loi.

Egalement, d’après l’article 181 de loi Elan, les performances énergétiques,


environnementales et sanitaires des bâtiments et parties de bâtiments neufs
doivent s’inscrive dans une exigence de lutte contre le changement climatique, de
sobriété de la consommation des ressources et de préservation de la qualité de l’air
intérieur. Elles répondent à des objectifs d’économies d’énergie, de limitation de
l’empreinte carbone par le stockage du carbone de l’atmosphère durant la vie du
bâtiment, de recours à des matériaux issus de ressources renouvelables,
d’incorporation de matériaux issus du recyclage, de recours aux énergies
renouvelables et d’amélioration de la qualité de l’air intérieur. En ce qui concerne le
carbone, l’article 187 précise qu’un décret du conseil d’État doit définir les modalités
de calcul et de formalisation des informations nécessaires au respect des exigences 73
pour les produits de construction et équipements, en particulier : Les émissions de
gaz à effet de serre tout au long du cycle de vie leur contribution au stockage du
carbone de l’atmosphère pendant la durée de vie des bâtiments, la quantité de
matériaux issus de ressources renouvelables ou du recyclage qui leur sont
incorporées, et pour certaines catégories de produits et équipements, leurs impacts
sur la qualité de l’air intérieur du bâtiment.

72
La loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l’aménagement et du
numérique. Son objectif est construit plus, mieux et moins cher, restructurer et renforcer le secteur du
logement social, répondre aux besoins de chacun, favoriser la mixité sociale et améliorer le cadre de vie et
renforcer la cohésion sociale. Pour plus d’informations sur cette loi V. ce site  : https://www.cohesion-
territoires.gouv.fr/loi-portant-evolution-du-logement-de-lamenagement-et-du-numerique-elan (1/10/2020).
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-Les exigences en matière de qualité de l'air intérieur des bâtiments.
-Les exigences en matière de recours à des matériaux issus des ressources renouvelables ou d'incorporation
de matériaux issus du recyclage ;
- Les exigences en matière de stockage du carbone pendant le cycle de vie du bâtiment.

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Dans ce propos, les ambitions de réglementation environnementale 2020 semble
être en cohérence avec toutes les orientations communautaires et nationales en
matière de diminution de l’impact sur le climat des bâtiments neufs, de la
poursuite, de l’amélioration de la performance énergétique, de la baisse des
consommations des bâtiments neufs et de garantir aux habitants que leur logement
seront adaptés aux conditions climatiques futures 74.

À cause de la crise sanitaire due au Covid19, le calendrier d’élaboration et de


mise en œuvre de la RT2020 est ajusté, car l’organisation des concertations et
consultations sont devenus plus complexes. Par conséquent, la publication des
textes réglementaires (décrets et arrêtés) interviendra vers la fin de 2020 ou au plus
tard le tout début de l’année 2021. Enfin, la nouvelle réglementation entrera en
vigueur à l’été 202175, mais elle sera en mesure de d’appliquer aux bâtiments
publics neuf depuis 2018.

Quant à la différence entre la règlementation thermique 2012 et la


règlementation environnementale 2020, on peut exposer les points suivants :

 La règlementation thermique de 2012 focalisée sur le côté énergétique, afin de


réduire la consommation des bâtiments et leurs équipements, mais, la
réglementation 2020 allés plus loin, une part, imposée des exigences plus
strictes que la RT 2012 en matière de consommation d’énergie, et d’autre part,
ajoutée les exigences environnementales dans le but de diminuer les
émissions de gaz à effet de serre tout au long du cycle vie du bâtiment 76.
 La RT 2020 pour objet de construire une Bâtiment Basse Consommation(BBC),
basée sur des exigences en matière d’isolation du bâtiment, de ventilation,
d’étanchéité de l’air et de son exposition à la lumière du soleil. Par ailleurs
l’objectif de RT 2020 est de construire des Bâtiments à Énergie Positive
(PEPOS), c’est-à-dire un bâtiment source de l’énergie, qui produit ses besoins
74
Le Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, RE2020 : une
nouvelle étape vers une future règlementation environnementale des bâtiments neufs plus ambitieuse contre
le changement climatique. Communiqué de presse. Publié le 14/01/2020, Consultable sur le site  :
https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/re2020-une-nouvelle-etape-vers-une-future-reglementation-
environnementale-des-batiments-neufs-plus, (2/09/2020).
75
Le Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, le gouvernement
réaffirme son ambition pour la future réglementation environnementale des bâtiments neufs (RE2020) et
ajuste le calendrier de la réforme pour tenir compte de la situation sanitaire. Communiqué de presse. Publié le
07/05/2020, Consultable sur le site : https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/le-gouvernement-reaffirme-son-
ambition-pour-la-future-reglementation-environnementale-des-batiments, (10/9/2020).
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Les quatre étapes de cycle de vie de bâtiment sont :
- Phases de production ;
- Phase de construction ;
- Phase d’exploitation ;
- Phase de fin de vie.

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énergétiques grâce les énergies renouvelables. Le surplus d’énergie peut être
renvoyé au réseau électrique public.
 Au niveau des dépenses énergétiques, la RT 2012 limitée le plafond de
consommation d’énergie au bâtiment à 50 kWh/m2/an, alors que la dépense
énergétique dans les Bâtiment Énergie Positive doit être inférieure à 0
kWh/m2/an.
 Bien que, la RT 2012 prend en compte 5 usages : le chauffage, la production
d’eau chaude sanitaire, la climatisation, l’éclairage et auxiliaire (ventilateurs,
pompes), la RE 2020 prend en compte les autres usages comme les appareils
électroménagers et électroniques77.

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Télévision, ordinateur, téléphone, cuisinière, réfrigérateur, machine à laver, grille-pain, ……

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