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Tribunal des conflits, 22/10/2007

RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Vu, enregistrée à son secrétariat le 11 janvier 2007, l'expédition de l'arrêt du 19 décembre 2006 par lequel la cour
administrative d'appel de Bordeaux, saisie de l'appel formé par M. A à l'encontre du jugement du tribunal administratif
de Toulouse qui avait rejeté sa requête tendant à la condamnation de la société Financière Midi Pyrénées (SFMP) à lui
payer diverses sommes en réparation de son préjudice financier et de son préjudice moral à la suite de la rupture
anticipée de leurs relations contractuelles, a renvoyé au Tribunal, par application de l'article 34 du décret du 26 octobre
1849 modifié, le soin de décider sur la question de la compétence ;

Vu le jugement du 6 décembre 1999 par lequel le tribunal de commerce de Toulouse s'est déclaré incompétent pour
connaître de ce litige ;

Vu les autres pièces du dossier ;


Vu la loi des 16-24 août 1790 et le décret du 16 fructidor an III ;
Vu la loi du 24 mai 1872 ;
Vu le décret du 26 octobre 1849 modifié ;

Considérant que M. A, qui avait d'abord conclu, le 1er juillet 1995, avec la société Financière Midi Pyrénées (SFMP),
concessionnaire de la ville de Toulouse pour la construction et l'exploitation d'un parc de stationnement pour voitures
automobiles, une « convention d'occupation à titre précaire d'emplacements de parking », d'une durée d'un an
renouvelable, lui conférant, moyennant un loyer mensuel, le droit d'utiliser quatre places pour y exercer exclusivement
l'activité de nettoyage manuel de véhicules automobiles, puis avait également conclu une trentaine de contrats
d'abonnement mensuels portant sur autant d'emplacements situés dans le même parc de stationnement afin d'exercer
l'activité de voiturier et de gardiennage de véhicules, s'est vu empêché d'utiliser les trente emplacements
supplémentaires à compter du 23 décembre 1995, tandis que la convention initiale n'a pas été renouvelée à son
échéance; qu'il a assigné la SFMP en réparation des préjudices découlant de la rupture unilatérale des contrats
d'abonnement mensuels ;

Considérant que le litige, relatif aux conditions dans lesquelles il a été mis fin aux contrats d'abonnement mensuels
conclus par M. A pour l'utilisation de trente emplacements de stationnement dans le parc de stationnement public
exploité par la société SFMP, personne morale de droit privé, oppose l'usager d'un service public industriel et
commercial à la société concessionnaire, liés par des rapports de droit privé ; que, dès lors, il relève de la compétence de
la juridiction judiciaire, nonobstant la clause attributive de compétence au profit de la juridiction administrative, stipulée
dans la convention initiale ;

DECIDE:
--------------
Article 1er : La juridiction de l'ordre judiciaire est compétente pour connaître du litige opposant M. A à la société
Financière Midi Pyrénées ;
Article 2 : Le jugement du tribunal de commerce de Toulouse en date du 6 décembre 1999 est déclaré nul et non avenu.
La cause et les parties sont renvoyées devant ce tribunal.
Article 3 : Les procédures suivies successivement devant les juridictions administratives sont déclarées nulles et non
avenues, à l'exception de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux, rendu le 19 décembre 2006 ;
Article 4 : La présente décision sera notifiée au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, qui est chargé d'en assurer
l'exécution.
Tribunal des conflits, 2 mars 2009

RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

Vu l'expédition du jugement du 21 mai 2007 par lequel le tribunal de grande instance de Bressuire, saisi de la demande
de la société Aubrun-Tartarin tendant à l'annulation de deux titres de perception émis par l'Office national des grandes
cultures (ONIGC), a renvoyé au Tribunal, par application de l'article 34 du décret du 26 octobre 1849 modifié, le soin
de décider sur la question de compétence ;

Vu l'arrêt du 5 avril 2005 par lequel la cour administrative d'appel de Bordeaux a décliné la compétence administrative
pour connaître du litige ;

Vu le mémoire présenté par l'ONIGC tendant à ce que la juridiction de l'ordre administratif soit désignée pour connaître
du litige l'opposant à la société Aubrun-Tartarin, par les motifs que le contrat qui servait de fondement aux titres de
perception était de nature administrative ;

Vu le mémoire présenté par la société Aubrun-Tartarin tendant à ce que la juridiction de l'ordre judiciaire soit désignée
pour connaître du litige, par les motifs que le contrat qui la liait à l'ONIGC ne lui confiait pas l'exécution de la mission
de service public, ne comportait aucune clause exorbitante du droit commun et n'était donc pas administratif par nature ;

Vu les autres pièces du dossier ;


Vu la loi des 16-24 août 1790 et le décret du 16 fructidor an III ;
Vu la loi du 24 mai 1872 ;
Vu le décret du 26 octobre 1849 modifié ;

Considérant que, par contrat du 22 décembre 1998, l'Office national interprofessionnel des céréales (ONIC), devenu
l'Office national interprofessionnel des grandes cultures (ONIGC), a confié à la société Aubrun-Tartarin le stockage de
céréales acquises au titre de ses missions ; que le 18 décembre 2002, l'ONIGC ayant constaté une perte de qualité d'un
lot d'orge stocké dans les magasins de la société Aubrun-Tartarin, s'est prévalu des clauses contractuelles et a notifié
deux titres de perception à cette dernière qui a contesté en être redevable ;

Considérant que l'ONIGC a pour missions, dans le cadre de la politique agricole commune déterminée par les instances
communautaires, d'organiser la profession et de renforcer l'efficacité économique des filières dont il a la charge,
notamment par des opérations d'achat et de revente ; qu'à l'occasion de ces missions de service public, il conclut avec
des opérateurs privés des contrats de stockage des céréales ;

Considérant que le contrat conclu entre l'ONIGC et la société Aubrun-Tartarin qui avait pour seul objet une prestation
de stockage de céréales d'intervention, n'avait pas pour effet d'associer cette dernière à l'exécution du service public dont
l'ONIGC a la charge ;

Considérant que les clauses de ce contrat qui réservaient à l'ONIGC, selon différentes modalités, un pouvoir de contrôle
des opérations de stockage et d'accès aux locaux et mettaient à la charge de la société Aubrun-Tartarin certaines
obligations, ne sont pas étrangères aux prévisions des articles 1915 et suivants du code civil relatifs au contrat de dépôt ;
que les stipulations relatives à la modification et à la réalisation du contrat n'ont pas un caractère exorbitant du droit
commun ;

Considérant qu'il résulte de ce qui précède que, nonobstant la clause contractuelle attributive de compétence à la
juridiction administrative, le litige relève de la compétence de la juridiction judiciaire ;

DECIDE:
Article 1er : La juridiction de l'ordre judiciaire est déclarée compétente pour connaître du litige opposant la société
Aubrun-Tartarin à l'Office national interprofessionnel des grandes cultures (ONIGC).
Article 2 : Le jugement, en date du 21 mai 2007 du tribunal de grande instance de Bressuire par lequel cette juridiction a
décliné sa compétence est déclaré nul et non avenu.
Article 3 : La cause et les parties sont renvoyées devant ce tribunal.
Article 4 : La présente décision sera notifiée au garde des sceaux, ministre de la justice, qui est chargé d'en assurer
l'exécution.
Tribunal des Conflits,10/12/2018

RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

- Vu, enregistrée à son secrétariat le 10 juillet 2018, l'expédition de l'arrêt du 5 juillet 2018 par lequel la cour d'appel
d'Aix-en-Provence, saisi de demandes du syndicat mixte pour l'aménagement et l'exploitation de la station d'Isola 2000
et de la société d'aménagement d'Isola 2000 (SAI) tendant à l'annulation du jugement du 22 juin 2017 par lequel le juge
de l'expropriation des Alpes-Maritimes, saisi par la SAI, s'est déclaré incompétent pour procéder à l'évaluation de la
plus-value apportée à des terrains que la SAI devait restituer à la commune d'Isola en application de l'article 20 de la
convention du 2 juillet 1992 par laquelle le syndicat mixte lui a confié l'aménagement et l'exploitation de la station
d'Isola 2000, a renvoyé au Tribunal, par application de l'article 32 du décret n° 2015-233 du 27 février 2015, le soin de
décider sur la question de compétence ;
- Vu l'arrêt du 7 juillet 2014 par lequel la cour administrative d'appel de Marseille a jugé qu'il appartenait à la partie la
plus diligente de saisir le juge de l'expropriation afin qu'il fixe le montant de la plus-value en litige ;
- Vu, enregistré le 10 septembre 2018, le mémoire présenté pour le syndicat mixte pour l'aménagement et l'exploitation
de la station d'Isola 2000, tendant à ce que la juridiction judiciaire soit déclarée compétente et à ce qu'une somme de
3000 euros soit mise à la charge de la SAI 2000 sur le fondement des dispositions de l'article 75-I de la loi n° 91-647 du
10 juillet 1991, par le motif que le litige porte sur un transfert de propriété privée ;
- Vu, enregistré le 19 septembre 2018, le mémoire présenté par la SCP Fabiani, Luc-Thaler, Pinatel pour la société
d'aménagement d'Isola 2000 (SAI), tendant à ce que le juge de l'expropriation soit déclaré compétent par le motif que
cette compétence trouve son origine dans les dispositions de l'article L. 300-5 du code de l'urbanisme ;
- Vu, enregistré le 23 octobre 2018, le mémoire présenté pour la commune d'Isola, tendant à ce que le juge de
l'expropriation soit déclaré compétent par le motif que le litige porte sur un transfert de propriété privée et que la
compétence du juge judiciaire trouve son origine dans les dispositions du code de l'urbanisme et dans les stipulations de
l'article 20 de la convention du 2 juillet 1992 ;
- Vu les pièces desquelles il résulte que la saisine du Tribunal des conflits a été notifiée au ministre de la transition
écologique et solidaire et au ministre de l'économie, qui n'ont pas produit de mémoire ;

Vu les autres pièces du dossier ;


Vu la loi des 16-24 août 1790 et le décret du 16 fructidor an III ;
Vu la loi du 24 mai 1872 ;
Vu le décret n° 2015-233 du 27 février 2015 ;
Vu le code de l'urbanisme ;
Vu le code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ;
Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

Considérant que, le 2 juillet 1992, une convention d'aménagement a été conclue pour l'aménagement de la station
d'Isola 2000 entre le syndicat mixte pour l'aménagement et l'exploitation de la station d'Isola 2000 et la société anonyme
pour l'aménagement de la station Isola 2000 (SAPSI), à laquelle a succédé la société d'aménagement d'Isola 2000
(SAI) ; que cette convention comportait un article 20 qui prévoyait qu'en cas de résiliation à la demande du syndicat
mixte, le syndicat pourrait demander à son cocontractant de restituer les terrains que la commune d'Isola avait cédés à la
SAPSI quand elle avait conclu avec elle une première convention d'aménagement et dont la SAI serait encore
propriétaire, en contrepartie d'une indemnité qui, pour les terrains sur lesquels des travaux auraient été réalisés,
prendrait en compte une plus-value dont le montant serait estimé par le service des domaines et, " à défaut d'accord
amiable sur cette base ", serait fixé " comme en matière d'expropriation, la juridiction compétente étant saisie par la
partie la plus diligente " ;

Considérant que la convention d'aménagement a été résiliée par le syndicat mixte le 6 mars 2001 ; qu'un litige étant né
entre le syndicat mixte et la SAI à la suite de cette résiliation et le tribunal administratif de Nice ayant, par un jugement
du 9 mars 2012, enjoint à la société de restituer les terrains que réclamait le syndicat mixte, la cour administrative
d'appel de Marseille, saisie d'un appel contre ce jugement, a notamment enjoint au syndicat mixte, par un arrêt du 7
juillet 2014 devenu définitif sur ce point, de saisir le service des domaines pour l'évaluation de la plus-value à prendre
en compte pour calculer l'indemnisation due à la société au titre de terrains sur lesquels des travaux avaient été réalisés ;
qu'elle a en outre précisé que, à défaut d'accord sur l'évaluation proposée par le service des domaines, " la partie la plus
diligente doit saisir le juge de l'expropriation " ; que le service des domaines, saisi par le syndicat mixte, n'ayant pas
répondu, la SAI a demandé au juge de l'expropriation des Alpes-Maritimes de fixer la plus-value litigieuse ; que, par un
jugement du 22 juin 2017, ce juge s'est déclaré incompétent ; que, par un arrêt du 5 juillet 2018, la cour d'appel d'Aix-
en-Provence, estimant à son tour que le juge de l'expropriation était incompétent, a renvoyé au Tribunal le soin de
décider sur la question de compétence ;

Considérant que la convention qui liait la SAI et le syndicat mixte et qui a été résiliée par ce dernier était un contrat
administratif ; que le litige porte sur les conditions dans lesquelles la SAI doit, en application de l'article 20 du contrat,
être indemnisée ; qu'alors même que les parties auraient entendu, par les stipulations mentionnées ci-dessus, convenir
d'une attribution de compétence au profit du juge judiciaire et dès lors, par ailleurs, que, contrairement à ce que
soutiennent les parties, il ne résulte d'aucune disposition législative que la compétence devrait être attribuée à la
juridiction judiciaire, le juge administratif est seul compétent pour connaître d'un tel litige, y compris pour fixer le
montant de la plus value à prendre en compte au titre des terrains restitués sur lesquels des travaux ont été réalisés ;

Considérant qu'il résulte de ce qui précède qu'il appartient à la juridiction administrative de connaître du litige ;

Considérant qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SAI la somme que
demande le syndicat mixte au titre des dispositions de l'article 75-I de la loi du 10 juillet 1991 ;

DECIDE:
--------------
Article 1er : La juridiction administrative est compétente pour connaître du litige opposant le syndicat mixte pour
l'aménagement et l'exploitation de la station d'Isola 2000 à la société d'aménagement d'Isola 2000.
Article 2 : L'arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille du 7 juillet 2014 est déclaré nul et non avenu en tant
qu'il juge que, en cas de désaccord sur l'évaluation de la plus-value à prendre en compte au titre des terrains restitués par
la SAI sur lesquels des travaux ont été réalisés pour le calcul de l'indemnisation de la société, la partie la plus diligente
doit saisir le juge de l'expropriation. La cause et les parties sont renvoyées devant cette cour.
Article 3 : La procédure suivie devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence est déclarée nulle et non avenue, à l'exception
de l'arrêt rendu le 5 juillet 2018.

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