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Cours de béton armé .

4ème année. Dpt d’hydraulique- COMPRESSION SIMPLE

COMPRESSION SIMPLE

I.DEFINITION

Un élément est soumis à la compression


simple si l’ensemble des forces qui le sollicitent
se réduit à un effort normal de compression.

La compression simple implique (comme la traction simple) une contrainte (de compression)
constante.

En pratique, les éléments de construction qui sont sollicités en compression simple sont :
 Les poteaux et voiles de bâtiments
 Les voûtes et coques
 Les piles ou culées de ponts

En réalité, la compression simple n’existe pas. La compression est toujours accompagnée d’une flexion
provoquée par :
o Des défauts de réalisation ou des imperfections d’exécution d’où création d’une
excentricité : ce sont des défauts de verticalité (a) ou de rectitude (b)
o La présence de moments de flexion au niveau des nœuds, à la jonction poutres-poteaux
par exemple (c)
o Des différences importantes de part et d’autre d’un poteau par exemple (d) et (e)

On considère qu’un élément est soumis à la compression simple :


• Si les efforts de flexion parasites sont faibles ou négligeables
• Si les efforts de flexion dus aux charges latérales sont négligeables devant les efforts de
compression
• eG = MG /N < h /12
• élancement λ ≤ 70
• imperfection de rectitude < max (1cm ; l/500)

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II. NOTION DE FLAMBEMENT


Le flambement est le phénomène qui est la cause du déplacement d’une partie du poteau dans une
direction perpendiculaire à l'axe du poteau. Le poteau fléchit autour de son axe de plus faible inertie.
La rupture par flambement peut provenir :
- des défauts géométriques initiaux du poteau,
- de son hétérogénéité,
- et d’un moment parasite très faible.

Le phénomène de flambement est une instabilité observée sur les éléments soumis à la compression
simple.

Il apparaît à partir :
- d’une certaine longueur, tenant compte des conditions d’appuis, c’est à dire des liaisons d’extrémités.
- d’une certaine valeur de la charge.

Il entraîne :
-l’augmentation des contraintes dans les pièces
-l’instabilité transversale puis la ruine.

III. LONGUEUR DE FLAMBEMENT

La longueur de flambement lf est définie et évaluée en fonction de la longueur libre l0 de l’élément et des
liaisons d’extrémités.
On distingue :
1. les éléments isolés tels que les poteaux isolés, les appuis de ponts…
2. les poteaux faisant partie d’un ensemble tels que les poteaux de bâtiments.
 Longueurs de flambement des poteaux isolés :

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 Longueurs de flambement des poteaux de bâtiments :

I1

I3
Etage courant :
poteau
k=0.7 si la raideur du poteau est inférieure ou égale à celle des poutres
I1 l02 k=1 sinon

I2

Poteau sur fondation :


poteau I 1 l01 k=0.7 si le poteau est encastré à la fondation
k=1 sinon

fondation

lf = 0.7l0 si le poteau est encastré dans un massif de fondation ou assemblé à des poutres de
même raideur que lui.
lf = l0 pour les autres cas (exemple : poteau d’angle)

IV. ELANCEMENT MECANIQUE

L’élancement mécanique est défini par la relation λ = lf / i avec :


lf = longueur de flambement de l’élément
i = √ I / B = rayon de giration
I = moment d’inertie minimal de la section (le plus défavorable dans le plan de flambement)
B = aire de la section

Valeur de l’élancement mécanique λ pour quelques sections courantes :


rectangle (b.h) : cercle (diamètre D) : carré (h.h) : octogone(coté h) :
i = b/ 2√ 3 i=D/4 i = h / 2 √6
λ = 2 √ 3 .lf / b λ = 4 lf / D λ = 2√ 6 .lf / h λ = 3.89 lf / h

Section I
b

axe de plus
a faible inertie

Pas d’axe de plus


D faible inertie

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Remarque : l’élancement mécanique λm défini précédemment ne doit pas être confondu avec
l’élancement géométrique λG .

λm ≠ λG λm = lf / i et λG = lG / a où a est la plus petite dimension de la section


λG permet le classement des éléments en :
 éléments courts : λG < 3
 éléments longs : λG ≥ 3

V. EFFORT NORMAL CAPABLE

Théoriquement, un élément en béton armé dont la section de béton est B et qui comporte des
armatures de section As devrait pouvoir supporter un effort de compression

N résistant théorique = Nultime = B.fbu + As .fsu

où fbu est la résistance limite du béton en compression simple, correspondant à εs = 2‰.

Les règlements de béton armé (C.B.A.93 ou B.A.E.L.91) recommandent, pour tenir compte des
différents facteurs défavorables résumés ci dessous, de calculer l’effort normal capable par la relation :

Nu =α[ Br .fc28/0.9.γb +As.fsu ]

Ou encore : Nu = α[ Br .fc28/1.35 +As.fsu ] avec γb = 1.5


(Nu = effort normal capable d’être supporté par l’élément = effort normal ultime)

avec α = 0.85/ [1+ 0.2 (λ /35)2] pour 0 < λ ≤50


et α = 0.6/ (50/ λ)2 pour 50 < λ ≤ 70

 α est fonction de λ. C’est un coefficient de sécurité qui permet de tenir compte du flambement.
 Br est la section réduite de béton. Elle est calculée en enlevant une bande de 1cm de largeur sur le
pourtour de la section réelle car on considère que le phénomène de laitance entraîne un béton de
mauvaise qualité en périphérie.
 As = section des armatures longitudinales
 fsu = fe / γs = résistance ultime de l’acier
 Le coefficient 0.9 tient compte de l’augmentation de la résistance du béton entre 28 et 90 jours.
Cette augmentation est de (10 à 20) % selon la classe de ciment utilisé, la température ambiante,
l’étuvage éventuel

La valeur de Nu calculée par la relation α [Br .fc28/1.35 +As.fsu ] correspond aux cas les plus courants où
la moitié des charges est appliquée à plus de 90 jours.

Dans le cas contraire, c’est à dire si on commence à utiliser l’ouvrage très rapidement après
décoffrage :
- on divise α par 1.1 si la moitié des charges est appliquée à j < 90 jours
- on divise α par 1.2 si la majeure partie des charges est appliquée à j < 28 jours

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- et on remplace fc28 par fcj.

VI. DETERMINATION DES ACIERS LONGITUDINAUX

A partir de la relation exprimant Nu on peut dégager les expressions qui permettent le calcul des sections
d’armatures longitudinales nécessaires :

As ≥ [Nu / α – Br.fc28 /1.35] / fsu


Cette quantité d’aciers As doit également vérifier :

Amin ≤ As ≤ Amax
• Amin = section minimale d’armatures
Amin = max (20.B ; 4.U)
où B = section totale de béton (en m2 )
et U = périmètre de la section (en m)
Où encore Amin = max [2‰ de la section de béton en cm2, 4cm2 d’acier par mètre linéaire de
parement mesuré perpendiculairement à la direction des armatures].

• Amax = section maximale d’aciers


Amax = 5.B /100 où B = section totale de béton en cm2

Si les calculs aboutissent à :


As < A min => on prend As = Amin
As > Amax => on augmente la section de béton

VII. ARMATURES TRANSVERSALES

• Diamètre : Φl ≥ Φlmax /3
(Φlmax = diamètre max. des armatures longitudinales)

• Espacement st :

 En dehors des zones de


recouvrement :

st ≤ min [15 Φl ; 40cm ; a+10]

(a est la plus petite dimension de la section


de béton, exprimée en cm

 Dans les zones de minimum 3 cours d’armatures


recouvrement : on dispose au transversales.

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VIII. VERIFICATION A L’E.L.S. :

La contrainte de compression dans le béton à l’ E.L.S. s’exprime par :


σb = Nser. / Br + n.As

où Nser. = effort normal de compression calculé par les combinaisons habituelles à l’E.L.S. (Nser. = NG +
NQ)
Br = section réduite de béton
n = coefficient d’équivalence acier- béton = 15

On doit vérifier que σb ≤ α.σb avec σb = 0.6 fc28 et α = f(λ) défini au §V.

VIII. DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES

 Φ≥12mm.

 Choix de Φt en fonction de Φl :

Φl 20 25 32 40
Φt 6 8 10 12

 Le centre de gravité des aciers doit coïncider avec le centre de gravité du béton.

 Les aciers doivent être disposés en périphérie : dans les angles et éventuellement le long des
faces latérales.
Exemples :
 Section polygonale : une armature dans chaque angle
 Section circulaire : au minimum 6 barres réparties sur le contour
 Section rectangulaire (a.b) avec b = 2a => obligation de disposer des aciers au milieu du
grand coté pour éviter le flambement des At
 Section rectangulaire (a.b) ; e ≤ (a+10 ; 40) cm
 Section en L : 2 cadres croisés obligatoires.

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 Quand λ > 35, on doit tenir compte uniquement des armatures qui permettent à la section de
résister efficacement à la flexion de 2d ordre

 Ce sont les aciers


disposés dans les angles pour les
sections rectangulaires (axb) telles
que
0.9 < a/b < 1.1

 Ce sont les aciers


disposés le long des grands cotés
pour les sections rectangulaires
telles que a/b >1.1

 Ce sont les aciers contenus dans les 2 zones de hauteur 0.15h pour les autres
formes de sections

 L’enrobage des aciers doit être égal :

- au diamètre de la barre si elle est isolée


- à la longueur du paquet dont elle fait partie dans le cas contraire.

 Les Al doivent être tenues par des At au


moins dans 2 directions
perpendiculaires.

Incorrect Correct

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