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Table des matières

2 Fonctions continues sur un espace vectoriel normé 39

2.1 Limite d’une fonction en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40

2.2 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

2.2.1 Etude de quelques exemples sur les espaces fonctionnels. . . . . . . . . . 47

2.3 Théorème généraux sur la continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

2.3.1 Opérations sur les fonctions continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

2.3.2 Fonctions uniformément continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

2.3.3 Théorème de Heine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

2.3.4 Continuité des applications linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51

2.3.5 Continuité dans des evn de dimension finie . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

38
Chapitre 2

Fonctions continues sur un espace


vectoriel normé

Introduction

Sauf mention du contraire, les e.v.n. considérés sont des R espaces vectoriels.
Soient E et F deux e.v.n. une fonction f : E −→ F est une correspondance qui à un vecteur
x de E associe un et un seul vecteur y = f (x) de F appelé image de x par f . On note Df le
domaine de définition de f .
Le cas où E et F sont de dimension finie n et m respectivement, quant on se fixe une base
{e1 , e2 , ..., en } dans l’espace de départ, l’étude de telles fonction se ramène à celle des fonctions
de plusieurs variables réelles, (le nombre de variables est égal à la dimension de l’espace de
départ n) à valeurs vectorielles.

∀x ∈ Df , x = (x1 , x2 , ..., xn ), f (x) = f (x1 , x2 , ..., xn ) ∈ F

Si on se fixe une base {ε1 , ε2 , ..., εm } de F donc f (x) va s’écrire sous la forme :
m
X
f (x) = f (x1 , x2 , ..., xn ) = fj (x)εi = (f1 (x), f2 (x), ..., fm (x))
j=1

ceci nous permet de considérer f comme une fonction de Rn à valeurs dans Rm :

f: Rn −→ Rm
(x1 , x2 , ..., xn ) 7→ (f1 (x1 , x2 , ..., xn ), ..., fm (x1 , x2 , ..., xn )).
Les fonctions f1 , f2 , ..., fm sont appelées les fonctions composantes (ou coordonnées) de f ce
sont des fonctions de Rn à valeurs dans R.

Exemples 2.1.

39
40 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

1)
f: R2 −→ R2
(x, y) 7→ f (x, y) = ln(x + y)
Df = {(x, y) ∈ R2 / x + y > 0} c’est le demi-plan supérieur limité par la droite y = −x.
2)
g: R2 −→ R
(x, y) 7→ g(x, y) = (exp(−(x2 + y 2 )), ln(1 − x2 − y 2 ))
Dg = {(x, y) ∈ R2 / x2 + y 2 < 1} = R2 ∩ B(O, 1) = B(O, 1).
3)
h: R2 −→ R3
xy 1 p
(x, y) 7→ h(x, y) = ( , , 1 − x2 − y 2 )
x2 2
+ y xy
Dh = {(x, y) ∈ R2 / x 6= 0, y 6= 0 et x2 + y 2 ≤ 1}
= B 0 (O, 1) \ {(x, 0), (0, y), avec − 1 ≤ x ≤ 1 et − 1 ≤ y ≤ 1}.

2.1 Limite d’une fonction en un point

Définition 2.1. Soient (E, k.kE ) et (F, k.kF ) deux espaces vectoriels normés. Soit f une appli-
cation définie sur une partie non vide D de E à valeurs dans F . Soient x0 un point adhérent
à D et l ∈ F .
f (x) tend vers l quand x tend vers x0 ou encore f a pour limite l quand x tend vers x0 si et
seulement si

∀ε > 0, ∃α > 0 / (∀x ∈ D), (kx − x0 kE ≤ α ⇒ kf (x) − lkF ≤ ε).

Ceci équivaut à dire que : lim (kf (x) − lkF ) = 0.


x→x0

Remarque 2.1. La définition précédente équivaut à : pour tout W voisinage de l dans F , il


existe V un voisinage de x0 dans E tel que f (V ∩ D) ⊂ W .

En effet. • Supposons que lim f (x) = l, et soit W ∈ V(l), et soit ε > 0 tel que B(l, ε) ⊂ W ,
x→x0
alors ∃r > 0 tel que f (B(x0 , r) ∩ D) ⊂ B(l, ε) ⊂ W.
Donc il existe V = B(x0 , r) ∈ V(x0 ) tel que f (V ∩ D) ⊂ W .
• Inversement, Pour tout ε > 0, la boule ouverte de centre l et de rayon ε est un voisinage W
de l, donc il existe V un voisinage de x0 dans E tel que f (V ∩ D) ⊂ W , mais comme V est un
voisinage de x0 , alors il existe un r > 0 tel que B(x0 , r) ⊂ V ,
donc ∀ε > 0, ∃r > 0 / (∀x ∈ B(x0 , r) ∩ D) ⊂ V ∩ D, on a f (x) ∈ W.

Analyse 5 Youssef AKDIM Filière SMA S3


41 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

Proposition 2.1. Si f a une limite l en x0 , alors celle-ci est unique. On écrit alors

lim f (x) = l ou lim f (x) = l ou f (x) −→ l.


x→x0 x0 x→x0

Preuve. Supposons que f tende vers l et l0 quand x tend vers x0 .


Soit ε > 0, il existe α1 > 0 (resp. α2 > 0) tel que pour tout x de D, si kx − x0 kE ≤ α1 (resp.
ε ε
α2 ), on a k(f (x) − lkF ≤ (resp. kf (x) − l0 kF ≤ .
2 2
Soit x ∈ D tel que kx − x0 kE ≤ min{α1 , α2 }, on a

kl − l0 kF ≤ kl − f (x)kF + kf (x) − l0 kF ≤ ε.

Ainsi, ∀ε > 0, kl − l0 kF ≤ ε. On en déduit que kl − l0 kF = 0 puis que l = l0 .

Plus généralement, on peut définir la notion de limite suivant un sous-ensemble :

Définition 2.2. Soient (E, k.kE ) et (F, k.kF ) deux espaces vectoriels normés. Soit f une ap-
plication définie sur une partie non vide D de E à valeurs dans F . Soient ∆ une partie de D
puis x0 un point adhérent à ∆ et l ∈ F . Alors, x0 est adhérent à D et f (x) tend vers l quand
x tend vers x0 en restant dans ∆ si et seulement si

∀ε > 0, ∃α > 0 / (∀x ∈ ∆), (kx − x0 kE ≤ α ⇒ kf (x) − lkF ≤ ε).

Proposition 2.2. Si f a une limite en x0 , alors f a une limite suivant tout ensemble ∆ de D
en x0 , c-à-d lim f (x) = l ⇒ lim f (x) = l.
x→x0 x→x0
x∈∆

Preuve. Si pour tout x dans D, on a (kx − x0 kE ≤ α ⇒ kf (x) − lkF ≤ ε), alors en


particulier, pour tout x dans ∆, on a (kx − x0 kE ≤ α ⇒ kf (x) − lkF ≤ ε).

Exemples 2.2. 1) La fonction caractéristique de Q n’a pas de limite quand x tend vers 1
ou encore lim χQ (x) n’existe pas mais la limite de χQ quand x tend vers 1 en restant dans
x→1
Q existe et lim χQ (x) = 1.
x→1
x∈Q
xy
2) lim n’existe pas car, si on calcule cette limite suivant la droite y = x on
(x,y)→(0,0) x2
+ y2
1 1
trouve alors que suivant la droite y = −x c’est − .
2 2
Définition 2.3. Soient (E, k.kE ) et (F, k.kF ) deux espaces vectoriels normés. Soit f une ap-
plication définie sur une partie non vide D de E a valeurs dans F . f est bornée sur D si et
seulement si il existe un réel M tel que pour tout x de D, kf (x)kF ≤ M .

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42 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

Proposition 2.3. Si f a une limite en x0 , alors f est bornée sur un voisinage de x0 .

Preuve. Pour ε = 1, il existe r > 0 tel que pour tout x de D, si kx − x0 kE ≤ r alors


kf (x) − lkF ≤ 1.
Soit V = B(x0 , r). Pour tout x de V ∩ D,

kf (x)kF = kf (x) − l + lkF ≤ kf (x) − lkF + klkF ≤ 1 + klkF .

Ceci montre que f est bornée sur V ∩ D.

Proposition 2.4. Si f a une limite l en x0 et g a une limite l0 en x0 , alors pour tout (λ, µ) ∈
K2 , λf + µg a une limite en x0 à savoir λl + µl0 .

Preuve. Soit ε > 0. Il existe α1 > 0 (resp. α2 > 0) tel que pour tout x de D,
ε ε
si kx − x0 kE ≤ α1 (resp. α2 ), alors kf (x) − lkF ≤ (resp. kg(x) − l0 kF ≤ ).
2(|λ| + 1) 2(|µ| + 1)
Soit α = min{α1 , α2 } > 0. Pour x ∈ D tel que kx − x0 kE ≤ α,

k(λf (x) + µg(x)) − λl + µl0 )kF = kλ(f (x) − l) + µ(g(x) − l0 )kF


|λ|ε |µ|ε
≤ |λ|kf (x) − lkF + |µ|kg(x) − l0 kF ≤ +
2(|λ| + 1) 2(|µ| + 1)
ε ε
≤ + = ε.
2 2
Ceci montre que la fonction λf + µg a une limite en x0 et que lim (λf (x) + µg(x)) = λl + µl0 .
x→x0

Proposition 2.5. (Théorème de composition des limites)


Soient (E, k.kE ), (F, k.kF ) et (G, k.kG ) trois espaces vectoriels normés. Soient f une application
définie sur un domaine D de E à valeurs dans F et g une application définie sur un domaine
D0 de F à valeurs dans G telles que f (D) ⊂ D0 .
Soit x0 adhérent à D.
On suppose que f a une limite l ∈ F quand x tend vers x0 . Alors l est adhérent à D0 .
On suppose de plus que g a une limite l0 ∈ G quand y tend vers l.
Alors, gof a une limite quand x tend x0 et lim gof (x) = l0 .
x→x0

Preuve. Tout d’abord, tout voisinage de l dans F rencontre f (D) et donc D0 . On en déduit
que l est adhérent à D0 .
Soit ε > 0. Il existe β > 0 tel que, pour tout y de D0 , si ky − lkF ≤ β, alors kg(y) − l0 kG ≤ ε
puis il existe α > 0 tel que, pour tout x de D, si kx − x0 kE ≤ α, alors kf (x) − lkF ≤ β.

Pour tout x de D tel que kx − x0 kE ≤ α, on a kg(f (x)) − l0 kG ≤ ε ce qui démontre la


proposition.

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43 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

Proposition 2.6. (Caractérisation séquentielle de la limite d’une fonction)


Soient (E, k.kE ) et (F, k.kF ) deux espaces vectoriels normés. Soient f une application définie
sur un domaine D de E à valeurs dans F . Soit a adhérent à D.
La fonction f a une limite l ∈ F quand x tend vers a si et seulement si, pour toute suite (xn )n
d’éléments de D, convergente, de limite a, la suite (f (xn ))n converge.
Dans le cas ou f (x) tend vers l quand x tend vers a, pour tout suite (xn )n d’éléments de D
telle que lim xn = a, on a lim f (xn ) = l.
n→+∞ n→+∞

Preuve. • Supposons que lim f (x) = l


x→a
Soit ε > 0. Soit α > 0 tel que pour tout x de D, si kx − akE ≤ α, alors kf (x) − lkF ≤ ε.
Puisque a est adhérent à D, il existe au moins une suite d’éléments de D convergeant vers a.
Soit (xn )n une suite d’éléments de D convergeant vers a. Il existe n0 ∈ N tel que, pour n >
n0 , kxn − akE ≤ α. Mais alors, pour n > n0 , kf (xn ) − lkF ≤ ε.
On a montre que ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N / ∀n > n0 , kf (xn ) − lkF ≤ ε et donc la suite (f (xn ))n
converge vers l.
• Supposons que pour toute suite (xn )n d’éléments de D, convergente, de limite a, la suite
(f (xn ))n converge.
Soient (xn )n et (yn )n deux suites fixées d’éléments de D, convergentes, de limite a, puis (zn )n , la
suite définie par : ∀n ∈ N, z2n = xn et z2n+1 = yn . La suite (zn )n d’éléments de D, convergente,
de limite a et donc la suite (f (zn ))n converge vers un certain l ∈ F . Les suites (f (xn ))n et
(f (yn ))n sont des suites extraites de la suite convergente (f (zn ))n et ont donc même limite l Ceci
montre que pour tout suite (un )n d’éléments de D, convergente, de limite a, la suite (f (un ))n
converge vers l.
Supposons par l’absurde que f (x) ne tende pas vers l quand x tend vers a. Alors,

∃ε0 > 0 / ∀α > 0, ∃x ∈ D / (kx − akE ≤ α et kf (x) − lkF > ε0 ).

1
ε0 est ainsi dorénavant fixé. Pour chaque n ∈ N, il existe un ∈ D tel que kun − akE ≤ et
n+1
kf (un ) − lkF > ε0 .
1
Puisque tend vers 0 quand n tend vers +∞, la suite (un )n est une suite d’éléments de D,
n+1
convergente, de limite a. D’après ce qui précède, on doit avoir lim f (un ) = l ce qui contredit
n→+∞
le fait que ∀n ∈ N, kf (un ) − lkF > ε0 . Donc, f (x) tend vers l quand x tend vers a.

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44 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

2.2 Continuité

Définition 2.4. Soient (E, k.kE ) et (F, k.kF ) deux espaces vectoriels normés. Soit f une ap-
plication définie sur une partie non vide D de E à valeurs dans F . Soit x0 ∈ D. f est continue
en x0 si et seulement si

∀ε > 0, ∃η > 0 / (∀x ∈ D), (kx − x0 kE ≤ η ⇒ kf (x) − f (x0 )kF ≤ ε).

Autrement dit, f est continue en x0 si f est définie au voisinage de x0 et si lim f = f (x0 ).


x0
Si f est continue en tout point de D, on dit qu’elle est continue sur D. L’ensemble des fonctions
continues sur D à valeurs dans F se note C(D, F ) ou C 0 (D, F ).

Exemple 2.3. Soient f : E → F une application linéaire d’un e.v.n. de dimension finie d,
(E, k.k1 ) dans un e.v.n. (F, k.kF ), alors f est une application continue sur E.

En effet. Il suffit de montrer la continuité de f au point 0. Pour cela, on choisit une base
(ei )1≤i≤d de E. On a

Xd d
X
kf (x)kF = kf ( xi ei )kF ≤ |xi |kf (ei )kF .
i=1 i=1

Donc si on pose K = max(kf (e1 )kF , ..., kf (ed )kF ) on obtient kf (x)kF ≤ Kkxk1 qui est inférieur
ε
à ε > 0 dès que kxk1 est inférieur à η = .
K
Remarque 2.2. lim f (x) = a si et seulement si x0 est adhérent à D, et la fonction :
x→x0

fe : D ∪ {x0 } −→ F

 f (x) si x∈D
x 7→ f (x) =
e
 a si x = x0

est continue au point x0 . La fonction fe est dite obtenue à partir de f parprolongement par
continuité au point x0 .

On peut aussi traduire la continuité en x0 en terme de voisinage :

Proposition 2.7. Soient (E, k.kE ) et (F, k.kF ) deux espaces vectoriels normés. Soient f une
application définie sur un domaine D de E à valeurs dans F . Soit x0 un point de D. f est
continue en x0 si et seulement si ∀V ∈ V(f (x0 )), ∃U ∈ V(x0 ) / f (U ∩ D) ⊂ V.

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45 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

Preuve. • Supposons f continue en x0 . Donc,

∀ε > 0, ∃η > 0 / ∀x ∈ D, (kx − x0 kE ≤ η ⇒ kf (x) − f (x0 )kF ≤ ε).

r
Soit V un voisinage de f (x0 ) dans F . Il existe r > 0 tel que B(f (x0 ), r) ⊂ V . Soit ε = . Soit
2
η > 0 tel que pour x ∈ D, si kx − x0 kE ≤ η, alors kf (x) − f (x0 )kF ≤ ε.
Soit U = B(x0 , η).

x∈U ∩D ⇒ kx − x0 kE < η ⇒ kx − x0 kE ≤ η
r
⇒ kf (x) − f (x0 )kF ≤ ⇒ kf (x) − f (x0 )kF < r ⇒ f (x) ∈ B(f (x0 ), r)
2
⇒ f (x) ∈ V.

Ainsi, U est un voisinage de x0 tel que f (U ∩ D) ⊂ V .


• Supposons que ∀V ∈ V(f (x0 )), ∃U ∈ V(x0 ) / f (U ∩ D) ⊂ V . Soit ε > 0. V = B(f (x0 ), ε)
est un voisinage de f (x0 ) dans F . Il existe un voisinage U de x0 dans E tel que f (U ∩ D) ⊂ V .
r
Soit r > 0 tel que B(x0 , r) ⊂ U . Soit η = > 0.
2
Pour x ∈ D,
kx − x0 kE ≤ η ⇒ kx − x0 kE < r ⇒ x ∈ U ∩ D
⇒ f (x) ∈ V
⇒ kf (x) − f (x0 )kF ≤ ε.
On a montre que ∀ε > 0, ∃η > 0 / (∀x ∈ D), (kx − x0 kE ≤ η ⇒ kf (x) − f (x0 )kF ≤ ε) et
donc que f est continue en x0 .

Remarque 2.3. Si f est continue en x0 , et si D est une partie de E telle que x0 ∈ D, alors,
f (x0 ) ∈ f (D).

En effet. Soit θ un ouvert de F contenant f (x0 ), le problème est de montrer que θ ∩f (D) 6=
∅.
Soit alors U l’ouvert de E contenant x0 tel que f (U ) ⊂ θ, nous avons U ∩ D 6= ∅, donc
θ ∩ f (D) ⊃ f (U ) ∩ f (D) ⊃ f (U ∩ D) 6= ∅. Donc f (x0 ) ∈ f (D).

Théorème 2.1. Soit f : (E, k.kE ) −→ (F, k.kF ) une fonction. Les assertions suivantes sont
équivalentes :
i) f est continue
ii) Pour toute partie D de E, f (D) ⊂ f (D).
iii) L’image réciproque par f d’un fermé de F est un fermé de E.
iv) L’image réciproque par f d’un ouvert de F est un ouvert de E.

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46 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

Démonstration. i) ⇒ ii) : C’est la remarque 2.3.


ii) ⇒ iii) : Soit Φ un fermé de F , et A = f −1 (Φ), f (A) ⊂ f (A) ⊂ f (f −1 (Φ)) ⊆ Φ = Φ.
Donc A ⊂ f −1 (Φ) = A c-à-d A est un fermé de E.  c
−1 c −1
iii) ⇒ iv) : Soit θ un ouvert de F . On a f (θ ) = f (θ) .
iv) ⇒ i) : Soit x0 ∈ E. Soit ε > 0. Soit V = B(f (x0 ), ε). V est un ouvert de l’espace vectoriel
normé (F, k.kF ). Donc, U = f −1 (V ) est un ouvert de E. Puisque U est un ouvert, il existe r > 0
tel que B(x0 , r) ⊂ U .
r
Soit η = . Pour x ∈ E,
2

kx − x0 kE ≤ η ⇒ kx − x0 kE < r ⇒ x ∈ B(x0 , r) ⇒ x ∈ U
⇒ f (x) ∈ V
⇒ kf (x) − f (x0 )kF ≤ ε.

Ainsi, f est continue en chaque x0 de E et donc f est continue.

Exemple 2.4. A = {(x, y) ∈ R2 / xy > 1} est un ouvert de R2 .

En effet. La fonction
f: R2 −→ R
(x, y) 7→ xy − 1
est continue. L’ensemble ]0, +∞[ est un ouvert de R, donc A = f −1 (]0, +∞[).

Remarques 2.4. • L’image directe d’un ouvert par une application continue n’est pas néces-
sairement un ouvert. Pour s’en convaincre, il suffit de penser à l’application constante sur R.
• De même, l’image directe d’un fermé par une application continue n’est pas nécessairement
π
un fermé. Par exemple arctan([0, +∞[) = [0, [.
2
Proposition 2.8. Soit (an )n une suite de points de D ⊂ (E, k.kE ) qui converge vers a, alors :
f : D −→ (F, k.kF ) est continue en a si et seulement si la suite (f (an )) converge vers f (a)
dans F .

Preuve. Pour tout ε > 0 il existe η > 0 tel que, si x ∈ D et kx − akE < η alors kf (x) −
f (a)kF < ε, mais pour chaque η donné, on peut trouver un rang n0 tel que n ≥ n0 ⇒
kan − akE < η. Ainsi pour n ≥ n0 si an ∈ D, et kan − akE < η, on a kf (an ) − f (a)kF < ε.
Réciproquement, Montrons que f est continue.
Sinon, supposons que f n’est pas continue en a, alors

∃ε > 0, / ∀η > 0, ∃xη tq xη ∈ D et kxη − akE < η et tel que kf (xη ) − f (a)kF ≥ ε.

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47 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

1 1
Choisissons alors successivement η = 1, η = , ..., , η = , .... on obtient alors une suite (xn )
2 n
1
de points de D telle que kxn − akE < et kf (xn ) − f (a)kF ≥ ε.
n
Alors il existe une suite (xn ) de points de D , qui converge vers a et telle que lim f (xn ) 6= f (a),
n
ce qui est on contradiction avec les donné.

2.2.1 Etude de quelques exemples sur les espaces fonctionnels.

Exemple 2.5. Soit E = C([a, b]). Considérons l’application

f : E −→ R
Z b
ϕ 7→ ϕ(t)dt.
a
Pour tout couple (ϕ, ψ) d’éléments de E, on a
Z b Z b
|f (ϕ) − f (ψ)| = | (ϕ(t) − ψ(t))dt| ≤ |ϕ(t) − ψ(t)|dt = kϕ − ψk1 .
a a

Donc f est continue en chaque ψ0 de E si l’on munit de k.k1 . En effet : une condition suffisante
pour que |f (ϕ) − f (ψ0 )| soit inférieur à ε, est que kϕ − ψ0 k1 soit inférieur à ε.
Notons que f reste toujours continue si l’on munit E de la norme k.k2 ou k.k∞ du fait que

kϕ − ψk1 ≤ b − akϕ − ψk2 et kϕ − ψk1 ≤ (b − a)kϕ − ψk∞ .

Exemple 2.6. Toujours dans le même espace E on considère pour tout θ ∈ [a, b], l’application

µθ : E −→ R
ϕ 7→ ϕ(θ).
On a |µθ (ϕ) − µθ (ψ)| ≤ kϕ − ψk∞ . Il en résulte que µθ est continue dans (E, k.k∞ ).
Soit maintenant, E muni de la norme k.k1 .
π
On prend a = 0, b = , et on considère la suite dans E définie par fn (t) = cosn (t). On a
2
Z π Z α Z π
2
n n
2 π
kfn k1 = | cos (t)|dt = | cos (t)|dt + | cosn (t)|dt, où α ∈ [0, ],
0 0 α 2
Z α Z π
2 π
donc kfn k1 ≤ 1dt + | cosn (t)|dt ≤ α + cosn (α)
0 α 2
π ε
La suite (kfn k1 )n converge vers 0. En effet : Soit ε > 0, choisissons α ∈]0, [ tel que α ≤ ,
ε πε 2 2
alors pour tout n, on a kfn k1 ≤ + = ε.
2 2π
Notons que la suite µ0 (fn ) = 1, donc ne converge pas vers µ0 (0) = 0. Ansi, l’application µ0
n’est pas continue lorsque E est muni de la norme k.k1

Remarque 2.5. On constate sur ce dernier exemple que la notion de continuité dépend des
normes qu’on met sur E et F .

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48 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

2.3 Théorème généraux sur la continuité

2.3.1 Opérations sur les fonctions continues

Les différents propositions sur les limites fournissent immédiatement les propositions sui-
vants :

Proposition 2.9. Si f est continue en x0 , alors, f est bornée sur un voisinage (relatif ) de x0 .

Preuve. Découle immédiatement de la proposition 2.3

Proposition 2.10. Si f et g sont continues en x0 , alors pour tout (λ, µ) ∈ K, on a λf + µg


est continue en x0 .

Preuve. Découle immédiatement de la proposition 2.4

Proposition 2.11. Soient (E, k.kE ), (F, k.kF ) et (G, k.kG ) trois espaces vectoriels normés.
Soient f une application définie sur un domaine D de E à valeurs dans F et g une application
définie sur un domaine D0 de F à valeurs dans G telles que f (D) ⊂ D0 . Soit x0 ∈ D.
Si f est continue en x0 et g est continue en f (x0 ), alors gof est continue en x0 .

Preuve. Conséquence immédiate de la proposition 2.5.

Proposition 2.12. Soient (E, k.kE ) et (F, k.kF ) deux espaces vectoriels normés et D ⊂ E. Si
f : D −→ F et g : D −→ R sont continues en x0 ∈ D, alors f × g : D −→ F est continue
en x0 .

Preuve. Soit (xn )n une suite dans D convergente vers a. La suite (g(xn ))n converge vers
g(a), et la suite (f (xn ))n converge vers f (a), donc d’après le théorème 1.10 la suite (g(xn )f (xn ))n
converge vers g(a)f (a). Ceci est vrai pour toute suite (xn ) convergente vers a, donc la fonction
gf est continue au point a.

Remarque 2.6. Notons que si l’espace F est muni d’un produit h1 h2 tel que

kh1 h2 kF ≤ kh1 kF kh2 kF

et si f et g sont deux fonctions continues en a, alors gf est continue au point a.

Proposition 2.13. Soient (E, k.kE ) un evn, D ⊂ E et f : D −→ R une application continue


en x0 ∈ D. Si f (x0 ) 6= 0, alors il existe un voisinage V de x0 dans E tel que f ne s’annule pas
1
sur V ∩ D, de plus l’application : V ∩ D −→ R est continue en x0 .
f

Analyse 5 Youssef AKDIM Filière SMA S3


49 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

|f (x0 )|
Preuve. Supposons que f (x0 ) 6= 0. En traduisant la continuité de f avec ε = > 0,
2
|f (x0 )|
il existe un voisinage U de x0 tel que pour tout x de U ∩ D, |f (x)| ≥ > 0. Ceci montre
2
1
déjà que la fonction est définie sur U ∩ D. De plus, pour x ∈ U ∩ D,
f

1 1 |f (x) − f (x0 )| 2|f (x) − f (x0 )|
f (x) f (x0 ) = |f (x)||f (x0 )| ≤


|f (x0 )|2
1 1
Cette dernière expression tend vers 0 quand x tend vers x0 et il en est de même de | − |.
f (x) f (x0 )
1
Ceci montre la continuité de en x0 .
f

2.3.2 Fonctions uniformément continues

Définition 2.5. Soient (E, k.kE ) et (F, k.kF ) deux espaces vectoriels normés. Soit f une appli-
cation définie sur une partie non vide D de E à valeurs dans F . f est uniformément continue
sur D si et seulement si

∀ε > 0, ∃η > 0 / (∀(x, y) ∈ D2 ), (kx − ykE ≤ η ⇒ kf (x) − f (y)kF ≤ ε).

Remarques 2.7. 1) Notons que dans le cas de la convergence uniforme la fonction η ne


dépend pas de x et y, elle dépend seulement de ε.
2) Si f est uniformément continue sur D alors f est continue sur D.

Exemples 2.7. 1) Les application linéaires f : Rn −→ F sont uniformément continues.


Xn
En effet : kf (x) − f (y)kF = k (xi − yi )f (ei )kF ≤ M kx − yk1 ≤ ε dès que kx − yk1 ≤
i=1
ε
η= , où M = max(kf (ei )kF ).
M i
2) Une fonction lipschitzienne sur D est uniformément continue sur D.
3) Toute fonction de R dans R continue sur [a, b] y est uniformément continue (Analyse
S1). En fait ce résultat est un cas particulier de théorème de Heine.

2.3.3 Théorème de Heine

Théorème 2.2. (Théorème de Heine)


Soient (E, k.kE ) et (F, k.kF ) deux K-espaces vectoriels normés. Soient K un compact de l’espace
vectoriel normé (E, k.kE ) puis f une application de K vers F .
Si f est continue sur K alors f est uniformément continue sur K.

Analyse 5 Youssef AKDIM Filière SMA S3


50 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

Démonstration. Soit f une application continue sur le compact K. Supposons par l’ab-
surde que f n’est pas uniformément continue sur K. Donc,

∃ε0 > 0 / ∀η > 0, ∃(x, y) ∈ D2 / (kx − ykE ≤ η et kf (x) − f (y)kF > ε0 ).

ε0 est ainsi dorénavant fixe.


1
Pour chaque n ∈ N, il existe (xn , yn ) ∈ D2 tel que kxn −yn kE ≤ et kf (xn )−f (yn )kF > ε0 .
n+1
1
Puisque pour chaque n ∈ N, kxn − yn kE ≤ , la suite (xn − yn )n∈N converge vers 0. La
n+1
suite (xn )n∈N est une suite d’éléments du compact K. Donc, on peut en extraire une sous-suite
(xϕ(n) )n∈N convergeant vers un certain élément a de K. La suite (xϕ(n) − yϕ(n) )n∈N converge
vers 0 en tant que suite extraite d’une suite de limite nulle.
Puisque pour tout n ∈ N, yϕ(n) = xϕ(n) − (xϕ(n) − yϕ(n) ), alors la suite (yϕ(n) )n∈N converge
également vers a.
Par continuité de f sur K et donc en a, on déduit que, f (xϕ(n) )−f (yϕ(n) ) tend vers f (a)−f (a) =
0 quand n tend vers +∞. Ceci contredit le fait que ∀n ∈ N, kf (xϕ(n) ) − f (yϕ(n) )k > ε0 . Donc,
f est uniformément continue sur K.

Proposition 2.14. Soient (E, k.kE ) et (F, k.kF ) deux K-espaces vectoriels normés. Soient K
un compact de l’espace vectoriel normé (E, k.kE ) puis f une application de K vers F , continue
sur K. Alors f (K) est un compact de l’espace vectoriel normé (F, k.kF ).

Preuve. Si K est vide, alors f (K) est vide et en particulier, f (K) est un compact de l’es-
pace vectoriel normé (F, k.kF ).
On suppose dorénavant K non vide de sorte que f (K) est non vide.
Soit (yn )n∈N une suite d’éléments de f (K). Il existe une suite (xn )n∈N d’éléments de K telle
que, pour tout n ∈ N, f (xn ) = yn . Puisque (xn )n∈N est une suite du compact K, on peut en
extraire une sous-suite (xϕ(n) )n∈N , convergente, de limite un certain élément x de K. Puisque
pour tout n ∈ N, yϕ(n) = f (xϕ(n) ) et puisque f est continue sur K et donc en x, la suite
(yϕ(n) )n∈N est convergente, de limite f (x) ∈ f (K).
On a montré que de toute suite d’éléments de f (K), on peut en extraire une sous-suite conver-
geant dans f (K) et donc f (K) est un compact de l’espace vectoriel normé (F, k.kF ).

Remarque 2.8. Attention : Le resultat "l’image réciproque d’un compact par une application
2x
continue est un compact" est faux. Par exemple, si f est l’application x −→ 2 , continue
x +1
sur R, on a f −1 ([−1, 1]) = R avec [−1, 1] compact et R pas compact.

Analyse 5 Youssef AKDIM Filière SMA S3


51 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

Proposition 2.15. Soit un sous-ensemble A fermé borné d’un e.v.n. de dimension finie E.
Soit ϕ : A −→ R une application continue sur A, alors :
i) ϕ est majorée (i.e. il existe une constante réelle M telle que ϕ(x) ≤ M pour tout x ∈ A).
ii) Soit S = sup ϕ(x), alors il existe un point x0 ∈ A tel que S = ϕ(x0 ).
x∈A

Preuve. 1) Supposons ϕ n’est pas majorée, alors ∀k ∈ R il existe un a ∈ A tel que ϕ(a) > k.
Prenons successivement k = 1, 2, ..., n, ... on obtient alors une suite (an ) de points de A telle que
ϕ(an ) > n. La suite (an ) étant bornée, on peut en extraire une sous-suite (aψ(n) ) convergente
vers un certain l. A est fermé, donc l ∈ A, la continuité de ϕ entraine que la suite ϕ(aψ(n) )
converge vres ϕ(l), ce qui est absurde (car ϕ(aψ(n) ) > ψ(n) ≥ n ⇒ lim(ϕ(aψ(n) )) = +∞).
1 1
2) Pour tout ε > 0, il existe un a ∈ A tel que S − ε ≤ ϕ(a) et si on prend ε = 1, , ..., , ... on
2 n
obtient une suite (an ) qui vérifie
1 1
S− ≤ ϕ(an ) ≤ S +
n n
c’est à dire que (ϕ(an )) converge vres S. Puisque (an )n est bornée, on peut en extraire une sous-
suite (aψ(n) )n convergente vres l qui appartient à A car c’est un fermé. Donc la suite (ϕ(aψ(n) ))
converge vres ϕ(l), et par unicité de la limite S = ϕ(l).

Remarque 2.9. Soit (E, k.kE ) un K-espace vectoriel normé. Soient K un compact de l’espace
vectoriel normé (E, k.kE ) puis f une application de K vers R, continue sur K.
Alors f (K) est un compact de R et en particulier, f admet sur K un minimum et un maximum.

2.3.4 Continuité des applications linéaires

Notation. • L(E, F ) : L’ensemble des applications linéaires de E vers F .


• Lc (E, F ) : L’ensemble des applications linéaires de E vers F continues sur l’e.v.n. E.
Nous avons vu que dans le cas où E est un espace de dimension finie toute application linéaire
de E dans F est continue (exemple 2.3). Ce n’est plus le cas si E n’est pas de dimension finie.
Commençons par l’étude de l’exemple suivant :

Exemple 2.8. (Application linéaire non continue)


Soit E = R[X] l’espace vectoriel des fonctions polynômes à coefficients réel muni de la norme

kP k = sup (|P (t)|).


0≤t≤1

La forme linéaire
n ψ : P → P (3) n’est pas continue dans E car la suite de terme général
n
t 3
Pn (t) = tend vers 0, mais ψ(Pn ) = diverge.
2 2

Analyse 5 Youssef AKDIM Filière SMA S3


52 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

Proposition 2.16. Soit f ∈ L(E, F ). Alors les assertions suivantes sont équivalentes :
i) f est continue en 0.
ii) f est continue sur E.
iii) f est uniformément continue sur E.
iv) f est Lipschitzienne.
v) f est bornée sur la boule unité.
vi) f est bornée sur la sphère unité.
vii) Il existe une constante M > 0 telle que kf (x)kF ≤ M kxkE pour tout x ∈ E.

Preuve. i) ⇒ ii)c On suppose que f est continue en 0, alors pour tout ε > 0 il existe η > 0
tel que pour tout x de E on a

kxkE ≤ η ⇒ kf (x)kF ≤ ε.

Pour tous x et y de E tels que kx − ykE ≤ η on a kf (x) − f (y)kF = kf (x − y)kF ≤ ε,


donc f est continue dans E, et même uniformément continue puisque η ne dépend que de ε.
ii) ⇒ iii)c Si f est continue sur E elle est continue en 0, donc f est uniformément continue sur
E (d’après la démonstration précédente).
iii) ⇒ iv)c On suppose que f est continue donc pour ε = 1 il existe η > 0 tel que kxkE ≤ η ⇒
kf (x)kF ≤ 1.
ηx
Pour tout x non nul de E on a donc kf ( )kF ≤ 1,
kxkE
1
donc kf (x)kF ≤ kxkE cette inégalité est valable aussi pour x = 0.
η
D’où, pour tous x et y de E on a

1
kf (x) − f (y)kF = kf (x − y)kF ≤ kx − ykE
η

et donc f est Lipschitzienne.


iv) ⇒ v)c On suppose que f est Lipschitzienne alors il existe k > 0 tel que pour tous x et y de
E:
kf (x) − f (y)kF ≤ kkx − ykE .

Soit y = 0, alors pour tous x de la boule unité B (B = BE (O, 1) ) on a kf (x)kF ≤ kkxkE ≤ k


donc f est bornée dans B.
v) ⇒ vi)c Evident.
vi) ⇒ vii)c On suppose que f est bornée sur la sphère unité S de E il existe un réel a > 0 tels
x x
que kf (x)kF ≤ a ∀x ∈ S. Pour tous x de E \ {0}, on a ∈ S donc kf ( )kF ≤ a
kxk kxkE

Analyse 5 Youssef AKDIM Filière SMA S3


53 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

donc kf (x)kF ≤ akxkE cette inégalité est valable aussi pour x = 0.


vii) ⇒ i)c Evident.

Proposition 2.17. L’application

f −→ kf kLc (E,F ) = sup |f (x)|.


kxkE =1

définit une norme sur l’espace vectoriel Lc (E, F ).

Preuve. A faire en exercice

Définition 2.6. Soient E et F deux e.v.n., A ⊂ E et B ⊂ F . Une application f : A −→ B est


un homéomorphisme de A sur B si
i) f est une bijection de A sur B.
ii) f et f −1 sont continues.
Dans ce cas on dit que A et B sont homéomorphes.

Exemples 2.9. 1) L’application identique id : Rn → Rn est un homéomorphisme de Rn


sur Rn .
2) f : R → R qui à x associe x3 est un homéomorphisme de R sur R.
3) Soit
f : [0, 1[∪{2} −→ [0, 1]

 x si x ∈ [0, 1[
x 7→
 1 si x=2

f est une bijection continue, mais ce n’est pas un homéomorphisme car f −1 n’est pas
continue en 1.

2.3.5 Continuité dans des evn de dimension finie

Soit E et F deux R-espaces vectoriels de dimension finie n et p respectivement.


p
X
Soit (ε1 , ..., εp ) une base de F , on a vu qu’une application f de E dans F s’écrire : f = f i εi
i=1
et que la ième fonction composante

fi = pri of avec pri : Rp → R la ième projection


(y1 , ...yp ) 7→ yi

Analyse 5 Youssef AKDIM Filière SMA S3


54 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

Proposition 2.18. f est continue en a si et seulement si pour tout i = 1, ..., p les applications
composantes fi sont continues au point a.

Preuve. • Comme fi = pri of, la continuité de f entraine évidement celle des application
fi .
• Réciproquement, supposons que les fi sont toutes continues en a. Remarquons que
p
X
f= ik ofk
k=1


ik : R → Rp
t 7→ (0, ..., 0, t, 0, ..., 0)
on déduit immédiatement la continuité de f à partir de celle des fk .

Remarque 2.10. Soit maintenant f une fonction définie sur un ouvert U d’un espace vectoriel
E de dimension finie n à valeurs dans F .
X
Soit (e1 , ..., en ) une base de E, tout vecteur x ∈ E s’écrit x = xi ei et f (x1 , ..., xn ) est une
1≤i≤n
fonction de n variables réelles.
X
Soit a = ai ei un point de U ⊂ E, on considère les n fonctions
1≤i≤n

λa,k : R → E
t 7→ (a1 , ..., ak−1 , t, ak+1 , ..., an )

et on définit la k ème fonction partielle de f au point a : R → F par

fa,k = f oλa,k

comme les applications λa,k sont continues au point ak , on déduit que si f est continue au point
a, alors pour tout k = 1, ..., n, la fonction partielle λa,k est continue au point ak .

La réciproque du résultat précédent n’est pas vraie. Il existe des fonctions dont toutes les
fonctions partielles sont continues mais f n’est pas continue

Exemple 2.10. (Exemple de Cauchy)


On considère l’exemple suivant dû à Cauchy
 xy
 si (x, y) 6= (0, 0)
ϕ(x, y) = x2 + y 2
0 si (x, y) = (0, 0)

Analyse 5 Youssef AKDIM Filière SMA S3


55 Chapitre 2. Fonctions continues sur un espace vectoriel normé

Les fonctions partielles au point (0, 0), ϕ(0,0),1 et ϕ(0,0),2 sont identiquement nulles, pourtant, ϕ
1 1
n’est pas continue en (0, 0), car la suite ( , ) converge verts (0, 0) mais son image par ϕ est
n n
1
la suite constante qui ne saurait converger vers 0.
2

Analyse 5 Youssef AKDIM Filière SMA S3

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