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Analyse des Procédés par la Méthode du 10/06/2019

Pincement
Dr. A. Ziouchi

Direction IAP / Département ENR

Analyse des Procédés par la


Méthode du Pincement
(Pinch Analysis
Analysis))
Réalisé par : Dr. A. Ziouchi

Objectifs du cours

- Maitriser les principes fondamentaux de la méthode du pincement (Pinch


technology)
- Déterminer la cible de consommation minimale d’énergie
- Identifier le coût minimum en capitaux pour atteindre la cible de consommation
en minimisant l’utilisation des utilités les plus coûteuses par l’optimisation du
transfert de chaleur entre les courants du procédé.
- Prévoir une conception optimale de réseau d’échangeurs de chaleur

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Analyse des Procédés par la Méthode du 10/06/2019
Pincement
Dr. A. Ziouchi

Sommaire

1. Introduction
2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch
Notion de Récupération de Chaleur
Principes de Base
Optimisation des Besoins en Énergie
Courbes Composites
Point de Pincement
Courbe ‘‘Grand Composite’’ (CGC)
Extraction des Données
Choix de Tmin
3. Exemple de Procédé à Quatre Courants
Résolution Algébrique par la Méthode dite «Problem Table»
4. Détermination Simultanée des Valeurs Cibles Énergétiques
& Économiques : Supertargeting
5. Conception du Réseau d’Échangeurs de Chaleur
Représentation du MER HEN
6. Exemple d’Application
7. Références Bibliographiques
8. Glossaire

1. Introduction

- En Suisse, le secteur industriel absorbe environ un cinquième de la


consommation d'énergie.

- Environ 55 % de cette part reviennent à la catégorie chaleur industrielle.


Dans de nombreuses industries (pétrolière, chimique, alimentaire, …), où la
proportion de chaleur industrielle est relativement élevée, réduire les besoins
énergétiques et les émissions de CO2 est d'un intérêt capital.

- Le défi imposé à ces industries consiste donc non seulement à présenter une
rentabilité maximale, mais également à consommer le moins possible
d’énergies et de ressources, et générer très peu d'émissions.

- On recours habituellement, aux méthodes classiques d'optimisation


énergétique. Mais, ces dernières présentent l’inconvénient de se concentrer
uniquement sur l'amélioration de l'efficacité des équipements individuels.

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1. Introduction …

- Actuellement, on opte de plus en plus vers des méthodes intégrales et


systémiques qui sont en fait une combinaison optimale des flux thermiques du
système global et qui apportent généralement un gain en efficacité
énergétique appréciable.

-De telles méthodes sont connues sous la terminologie intégration des


procédés et L’Analyse Pinch en constitue un outil précieux.

- L’intérêt particulier dont bénéficie cette méthode est certainement justifié par
le fait qu’elle permet non seulement d’économiser les ressources
disponibles mais surtout de minimiser les rejets dans l’environnement
(rejets thermiques, gaz à effet de serre, effluents…).

- En fait, l’Analyse Pinch ou l’analyse de Pincement consiste en une


méthodologie englobant un ensemble d’approches thermodynamiques
développées par des chercheurs Anglais Linnhoff et Vredeveld pour garantir
l’économie d’énergie et d’eau au niveau de nouvelles conceptions de
réseaux d’eau et d’échangeurs de chaleur dans les procédés industriels.

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch

Bien que les concepts de base de la méthode Pinch peuvent s’appliquer à un


large éventail de cas pratiques, on insistera dans cette partie, beaucoup plus sur
l’aspect réseaux d’échangeurs de chaleur.

Notions de Courants et d’Utilités


Courant (flux) chaud : courant susceptible d’être refroidi (Tin > T fin).
T fin Tin

70°C 100°C

Courant (flux) froid : courant susceptible d’être chauffé (T fin > Tin)

T fin Tin

120°C 30°C
Utilité : fluide extérieur utilisé pour chauffer ou refroidir un courant de procédé
Utilité chaude : vapeur, eau chaude, gaz de combustion, …
Utilité froide : eau de refroidissement, réfrigérant, air, …
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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch

Notion de Récupération de Chaleur


Souvent, les énergies liées au chauffage et au refroidissement
représentent une part importante des besoins énergétiques d’une
installation donnée.

A ce titre, la récupération de chaleur constitue une alternative essentielle si


on veut améliorer l’efficacité énergétique.

La récupération de chaleur réduit les couts d’exploitation (vapeur, eau


chaude, …) et est en même temps liée aux coûts d’investissement
(échangeurs de chaleur).

En effet, Une récupération de chaleur trop limitée entraîne des coûts


d’exploitation excessifs, alors qu’à l’inverse, une récupération de chaleur
trop élevée entraine des coûts d’investissement disproportionnés.

L’objectif sera donc de minimiser les coûts totaux annuels des


prestations énergétiques.
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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch

Exemple 1
Dans un procédé donné, on désire réchauffer (emploi de la vapeur d’eau) un
courant froid de 40 °C à 130 °C, et refroidir (eau de refroidissement) un
courant chaud de 200 °C à 50 °C. Les données du problème et les charges
thermiques correspondantes (H) figurent dans le tableau ci-dessous.

Type de Temp. init Temp. fin


courant (°C) (°C)
C (MW/K) H (MW)
chaud 200 50 1.0 -150

froid 40 130 2.0 180

Détails de calcul :
Hc = ṁc Cpc (Tfin – Tin)c Hf = ṁf Cpf (Tfin – Tin)f
= Cc (Tfin – Tin)c = Cf (Tfin – Tin)f
= -1.0 x (200 – 50) = 2.0 x (130 – 40)

 Hc = - 150 MW Hf = 180 MW


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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch

Type de Temp. init Temp. fin


C (MW/K) H (MW)
courant (°C) (°C)

chaud 200 50 1.0 - 150

froid 40 130 2.0 180

50 °C 150 MW 200 °C
50 °C 200 °C

de chaleur
Échange
40 °C 180 MW 130 °C
30 MW
40 °C 130 °C

Échange de chaleur entre les 150 MW


deux courants avant intégration
Échange de chaleur entre les
deux courants après intégration
Bilan de l’opération :
- eau de refroidissement (utilité froide)!  gain de 100 %
- vapeur d’eau (utilité chaude) !  gain de 83 %
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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Exemple 2
Considérons un réacteur chimique alimenté par un liquide dont la température avoisine
celle de l’ambiance (20°C) et qui doit être chauffé jusqu’à 200°C (température de service
du réacteur).
180 kW
A la sortie du réacteur, un fluide de
20 °C 200 °C
process doit être refroidi de 150°C réchauffeur
à 50°C. alimentation
(courant froid)
Pour les besoins de chauffage et de
refroidissement du procédé ;
réacteur
chimique
- un réchauffeur (à vapeur) intercalé - 180 kW
50 °C 150 °C
sur le courant froid fournit 180 kW, refroidisseur
produit
- et un refroidisseur (à eau) intercalé (courant chaud)
sur le courant chaud absorbe 180
kW également. fig.1 Diagramme du procédé [1]

Tableau 1. données du procédé [1] 10

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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Si on disposait d’un échangeur de chaleur supplémentaire, on pourrait


récupérer une certaine quantité de chaleur du courant chaud et la réutiliser
pour réchauffer le courant froid.

Nous aurions ainsi réduit la consommation d’énergie car les besoins en


vapeur et en eau de refroidissement pour assurer un service convenable
seraient moindres (cf. fig.2).

vapeur
20 °C 200 °C
réchauffeur
alimentation
(courant froid) échangeur
réacteur
chimique
50 °C 150 °C
refroidisseur
produit
(courant chaud)
eau

fig.2 Diagramme du procédé précédent avec en plus un échangeur de chaleur

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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch

150 ° 150 ° 150 °


Exemple 3

200 ° 100 300 °


Surface
d’échange 13.3 m2 200 ° 300 °
100

200 ° 100 300 °


eau de
150 ° 150 ° 150 ° refroidissement
50 ° 50 ° 50 °
100 100 100 vapeur

200 ° 100 300 °

Surface
200 ° 100 300 ° d’échange 20.4 m2

200 ° 100 300 °

N.B. : on admet que C = 1.0 KW/K


50 ° 50 ° 50 °
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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

A ce stade, on peut se demander quelle part d’énergie peut on récupérer ? ou


encore quelles seraient les tailles des échangeurs de chaleur, les températures
de service, le coût des investissements, …?

L’analyse Pinch est bien placée pour répondre à toutes ces interrogations.

En effet, elle offre la possibilité de récupérer un maximum d’énergie par le


biais de l’intégration des procédés, tout en permettant une approche
systémique et ciblée.

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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Principes de Base
- La technologie pinch est une méthodologie systématique basée sur les
principes thermodynamiques, permettant de réduire la consommation de
l’énergie dans les procédés industriels ou dans le site industriel en général
(Linnhoff March, 1998).

-Le premier principe de la thermo donne les bases de calculs du bilan de


chaleur et matières

- et le second principe fixe les conditions de transfert de chaleurs entre les


courants chauds et froids au sein du procédé.

- Le terme «Analyse Pinch» est souvent utilisé pour designer l’application des
outils et des algorithmes de la technologie du pincement pour l’étude d’un
procédé industriel.

-Dans les procédés industriels, il y a échange permanent de chaleur entre les


courants du procédé d’une part et d’autre part entre les courants du procédé et
les utilités.
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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

fig.3 Etapes de l’analyse Pinch 15

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Considérons un échangeur de chaleur à contre courant dans lequel circulent deux fluides
échangeant de la chaleur entre eux.
L'enthalpie échangée est égale à la quantité de chaleur échangée et est donnée par la
relation :
H = Q = (m Cp )c (T1 - T2) = (m Cp)f (T4 – T3)
Avec m le débit masse (kg/s), Cp la chaleur massique à pression constante (J/kg/K)
et T la température (K)
Sur la figure 4, l’écart minimal de température Tmin entre le fluide chaud et le fluide froid
(T2 – T3) représente le pincement (P).
T T1
Comme on peut le voir, le pincement ne peut
être nul, car cela supposerait que l'échangeur
de chaleur possède une surface infinie
(longueur infinie).
T4
Par ailleurs, d’après le second principe de la T2
thermodynamique, l'échange n'est possible que si P
cet écart est plus grand que zéro.
T3 H
fig.4 diagramme enthalpie température dans
surface
un échangeur contre courant
(longueur)

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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Dans le cas d'un système complexe où l'on effectue des échanges entre
plusieurs fluides chauds et plusieurs fluides froids, l'intégration thermique permet
non seulement de déterminer la quantité minimale d'énergie fournie par les
utilités mais aussi de trouver un réseau d'échangeurs adapté pour que l'usine
fonctionne.
Le principe fondamental de la démarche consiste à satisfaire les besoins de
chaque équipement par une source appropriée (produite en un autre point du
système ou par une source externe).

Optimisation des Besoins en Énergie

Courbes Composites
Pour obtenir le besoin minimal en énergie, on utilise un outil appelé «courbes
composites».
Il consiste à tracer sur un diagramme enthalpie température (T, H) le profil des
sources d’énergie disponible (courbes composites chaudes) et le profil des
besoins en énergie (courbes composites froides) en fonction des
températures.
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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

En effet, le courant chaud est celui qui doit être refroidi car son enthalpie
d'admission est supérieure à celle de sortie. Il correspond donc à une
disponibilité d’énergie. En revanche, le courant froid doit être chauffé, car son
enthalpie d'admission est inférieure à celle de sortie. Il correspond à un besoin
énergétique.
Dans un cas comme dans un autre, cela se traduit par la relation :

H = Q = m Cp  T
La construction de ces courbes est simple. Elles sont construites en cumulant, par
intervalle de température, l’enthalpie disponible dans les fluides chauds
(respectivement froids).
Considérons le cas de trois courants chauds représentés séparément, chacun
avec son intervalle de température correspondant.
Soit par exemple, le premier courant pris entre T1 et T2, la quantité de chaleur
disponible est égale à CB (T1 -T2) avec CB = mB CpB débit de capacité calorifique
(en kW/K) du courant chaud mis en jeu. Mais, il en sera autrement pour le reste
des courants. A cet effet, la figure 5 montre la démarche à suivre pour élucider
l’obtention des quantités de chaleur disponibles dans ce cas.
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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …


T(°c)
T1
H1= (T1 - T2) CB
T2
H2= (T2 - T3) (CA+CB+CD)
(a) T3
H3= (T3 - T4) (CA+CD)
T4
H4= (T4 - T5) CA
T5
H (kW)
T(°c)
T1
1  H1
T2
On obtient finalement, après intégration
2  H2 sur les écarts de température, une
(b) T
3 courbe appelée courbe composite
3  H3 chaude (cf. fig.5(b)).
T4 On procède de la même façon avec les
4  H4 courants froids pour obtenir la courbe
T5
H (kW) composite froide.

fig.5 courbe composite chaude 19

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

T(°c)
T6
H5= (T6 - T7) CG
T7
H6= (T7 – T8) (CE+CF+CG)
(a) T8

H7= (T8 – T9) CE


T9

T(°c) H (kW)

T6
1  H5
T7
2  H6
(b) T8

3  H7
T9

H (kW)

fig.6 courbe composite froide 20

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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Point de Pincement
La courbe composite chaude étant calée à l’origine des abscisses, on cale la courbe
composite froide par translation suivant l’axe horizontal de manière à respecter la
valeur choisie pour le pincement.

Ainsi, l’écart minimum entre les deux courbes au point le plus proche selon l’axe
des ordonnées correspond bien à la valeur du pincement retenu.

L’aire hachurée, représente la quantité


T(°c)
maximale d’énergie thermique qu’on
peut récupérer de ce procédé. T1 cible de consommation Qc
minimale d’énergie

Quant à Qc et Qf, ils représentent T2


P
respectivement les besoins de
T3
chauffage et de refroidissement Tmin
complémentaires.
T4

T5
Qf H (kW)

fig.7 determination de la cible de consommation minimale d’energie 21

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Signification Physique du Point de Pincement


Le point de pincement possède la propriété de séparer le système étudié en deux
zones distinctes (cf. fig.8).
La région au-dessus du point de pincement présente un déficit de chaleur (puits
de chaleur) et requiert donc un apport de chaleur à un niveau de température élevé
(nécessité de satisfaire les besoins du procédé).
au-dessous au- dessus
La région au-dessous du point de T(°c)
Qcmin
pincement présente, quant à elle, un
pincement

surplus de chaleur (source de chaleur)


et nécessite ainsi du refroidissement à Source
un bas niveau de température. de chaleur

Puits de chaleur

Qfmin Q (kW)

fig.8 conséquences du point de pincement 22

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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Le puits de chaleur demande des utilités chaudes (par ex. de la vapeur de


condensation) avec une température adéquate pour satisfaire la demande de
chaleur du procédé.
La source de chaleur exige des utilités froides (par ex. eau de
refroidissement) pour refroidir les courants chauds.
En fait, il existe un équilibre thermique dans le procédé de la figure 8.

au-dessous au- dessus


T(°c)
Qcmin

Source pincement
de chaleur

Puits de chaleur

Qfmin Q (kW)

fig.8 conséquences du point de pincement 23

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Si maintenant une quantité d’énergie α (par ex. des gaz de fumée) est "soustraite"
à la zone au-dessus du pincement pour être utilisée pour réchauffer des flux froids
au-dessous du pincement, cette quantité α va manquer alors et doit être compensée
par davantage d’utilité chaude (cf. fig.9).

Comme le système au-dessous du pincement présente déjà un excédent de chaleur


avant même que ce transfert de chaleur n’ait lieu, la quantité d’énergie
supplémentaire amenée a pour conséquence alors un besoin supplémentaire en
utilité froide pour refroidir cet excédent !
T(°c)
Qcmin + 
déficit de


chaleur

fig.9 transfert d’énergie à travers le pincement


 augmentation des utilités chaude et froide
surplus de
chaleur

pincement

Qfmin +  Q (kW)

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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

De cette manière on aurait créé inutilement une «cascade» d’énergie, d’une


quantité α, qui traverserait complètement le procédé depuis les utilités utilisées
pour chauffer le procédé jusqu’à celles servant à son refroidissement.

En résumé, toute charge thermique supplémentaire du côté des utilités


chaudes conduit à la même charge thermique supplémentaire du coté des
utilités froides (principe connu sous l’appellation «the more in - the more out»).

T(°c)

défict de chaleur
Qcmin + 

surplus de chaleur

pincement

Qfmin +  Q (kW)
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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

On retiendra enfin, 3 règles d’or pour mener à bien une analyse Pinch (cf. fig. 10) :
1. L’apport de chaleur doit se faire uniquement au-dessus du pincement (car cette
zone présente un déficit de chaleur)
2. Extraire de la chaleur uniquement en dessous du pincement (car ici on dispose
d’un surplus de chaleur)
3. Ne pas transférer de chaleur du flux chaud à travers le pincement pour des
besoins de chaleur sous le pincement ! (un transfert de chaleur à travers le
pincement augmente les utilités chaude et froide).
pincement

utilité froide

utilité chaude

au-dessous au-dessus

fig.10 règles d’or à respecter 26

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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Courbe Grand Composite (CGC(1))


- La plupart des procédés sont chauffés et refroidis à l’aide de plusieurs
utilités fournissant différents niveaux de température (vapeur à différents
niveaux de pression, circuits d’huile chaude, gaz chauds de combustion, eau
de refroidissement, systèmes de réfrigération, …)

- Pour réduire les coûts d’énergie, le concepteur doit utiliser le plus


possible les utilités les moins coûteuses et devra diminuer la
consommation de celles plus onéreuses.

- Les courbes composites permettent d’établir des cibles globales de


consommation minimale d’énergie. Elles n’indiquent cependant pas
clairement quelle quantité d’énergie a besoin d’être fournie par chaque
utilité de façon à maximiser l’utilisation des utilités moins coûteuses.

- On recourt alors à un outil utilisé pour identifier les cibles de consommation


minimale de chaque utilité appelé courbe “grand composite”. Il s’agit d’une
courbe générée à partir des courbes composites chaude et froide.

1 : CGC pour Courbe ‘‘Grand Composite‘‘ ou encore GCC (Grand Composite Curve) 27

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Dans un premier temps, introduisons la notion de température corrigée


(déplacée). Pour localiser avec précision le point de pincement, on décale la
courbe composite froide de la valeur "+Δtmin/2" et la courbe composite chaude de
"-ΔTmin/2", le point de pincement est indiqué alors par l'intersection de la courbe
composite froide avec la courbe composite chaude.
On obtient de cette manière, les courbes composites déplacées (cf. fig.11). Bien
entendu, le résultat se traduit par un flux thermique nul au point de pincement.
T(°c)
180
165
160

140 145
140
120

100
85
80

60
55
40
25
20
Q (kW)
0
0 1 00 2 00 3 00 4 00 5 00 6 00

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fig.11 construction de la courbe «grand composite»

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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

En fait, on peut trouver l’énergie minimale d’échauffement ou de


refroidissement qui doit être fournie à une température donnée et qui illustre,
en fonction de la température, les besoins d’énergie (au-dessus du point de
pincement) et les surplus d’énergie à évacuer (au-dessous du point de
pincement).
Dans un deuxième temps, on construit la courbe grand composite en
représentant la différence de charge thermique entre les courbes
composites chaude et froide en fonction de la température.
180
Qcmin = 20 kW
Température corrigée (°c)

160

140

120
100
Pincement à Tcor = 85 °C
80

60

40
Qfmin = 60 kW
20
0
0 15 30 45 60 75 90

flux net (kW)


fig.11 construction de la courbe «grand composite» (suite) 29

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

En principe, les courbes composites que nous avons construites suffisent pour
déterminer ce qu’on désigne par la cible de consommation minimale
d’énergie du procédé étudié (cf. fig.7), pour un pincement donné ( T min).

Cependant, pour faire translater une courbe composite par rapport à une
autre, il est nécessaire de tracer ces courbes et de disposer éventuellement
d’une paire de ciseaux pour aboutir finalement à un résultat fastidieux et peu
précis.

On remédie à cet inconvénient, par l’usage d’un algorithme de détermination


algébrique de la cible de consommation connu sous le nom d’algorithme du
"Problem Table " (Linnhoff et Flower 1978). Cet algorithme sera mis en
pratique plus loin à travers un exemple de procédé à quatre courants.

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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Exemple d’Utilisation Pratique de CGC


La courbe CGC peut représenter un outil utile dans la sélection des utilités les
moins coûteuses pour satisfaire les besoins du procédé, et pour évaluer la charge
thermique minimale requise pour chacune de ces utilités.
A ce titre, la figure 12 présente un cas d’utilisation de courbe “grand composite” où
seule de la vapeur haute pression (HP) est utilisée pour le chauffage, et où le
procédé est refroidi au moyen d’un système classique de réfrigération.

Dans le but de réduire les coûts inhérents aux


utilités, il est possible d’utiliser des utilités moins
coûteuses comme de la vapeur moyenne
pression (MP), de la vapeur basse pression
(BP) et de l’eau de refroidissement (ER).

fig.12 utilités coûteuses 31

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Exemple d’Utilisation Pratique de CGC …


Un exemple d’utilisation de ces utilités relativement peu coûteuse est donné sur
la figure 13 où la façon de procéder permet de réduire la consommation de
vapeur HP au profit de la vapeur MP et BP, entraînant ainsi une réduction
appréciable des coûts reliés au chauffage du procédé.
On procède de la même manière en dessous du
point de pincement pour privilégier l’utilisation
d’eau de refroidissement plutôt que d’avoir
recours au système de réfrigération dont
l’utilisation est plus coûteuse.

fig.13 utilités peu coûteuses


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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Extraction des Données

Devant la multitude d’informations disponibles (données fournies directement


par l’usine, systèmes d’acquisition de données, ... ), il importe de faire un tri afin
d’extraire uniquement l’information qui permettra de caractériser les sources
et les puits de chaleur ainsi que leurs interactions dans le procédé.

Par exemple, pour une étude Pinch appliquée à l’énergie, les parties du procédé
qui nécessitent du chauffage et du refroidissement sont les plus importantes.

L’étape d’extraction des données consiste donc à identifier les courants de


matières devant être réchauffés, refroidis ou pour lesquels il y a un
changement de phase (évaporation ou condensation), et à en extraire, parmi
toutes les informations disponibles, seulement les caractéristiques
essentielles à l’analyse.

Avec les étapes d’acquisition de données et de simulation de procédés, l’étape


d’extraction des données est peut être la partie qui demande le plus de temps
dans une analyse Pinch.
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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

L’extraction de données doit être réalisée avec soin car la qualité des
résultats de l’analyse Pinch dépend essentiellement de la qualité des
données utilisées.

Lors de l’extraction des données, il est essentiel de savoir quelles parties de


l’usine peuvent être modifiées (installation de nouvel échangeur de chaleur, …).

Enfin, les données nécessaires pour chaque courant de matière


comprennent :

• Le débit massique (kg/s) ;


• La chaleur massique (kJ/(kg.°C) ;
• la température à laquelle le courant est disponible ainsi que la température à
laquelle il doit être amené dans le procédé (°C) ;
• la chaleur latente pour les courants concernés par un changement de phase
(kJ/kg).

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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

De plus, il est nécessaire de recueillir les données suivantes sur les


équipements et utilités disponibles :

• Les surfaces d’échange des échangeurs de chaleur existants (m2),


• Les coefficients de transfert de chaleur dans les échangeurs de chaleur
aussi bien du côté chaud que du côté froid (kW / m2. °C),
• Les utilités existantes dans le procédé (température de l’eau et de l’air
de refroidissement, niveaux de pression de vapeur, ....),
• Le coût marginal pour chacune des utilités.

Au début de l’analyse, il est recommandé que tous les courants de matière


qui ont besoin de chauffage ou de refroidissement soient inclus à l’étape
d’extraction des données.

En se basant sur l’expérience acquise dans le domaine de l’analyse Pinch,


certaines règles génériques sont établies afin de permettre une extraction aisée
des données nécessaire à l’analyse.

35

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Les données nécessaire et importantes à l’analyse sont :

- Les courants de températures différentes qui sont mélangés dans un


procédé donné devraient être considérés indépendamment lors de l’étape
d’extraction des données.

- Le mélange direct non-isotherme peut être considéré comme un transfert de


chaleur et un tel mélangeur peut avoir comme conséquence de transférer de la
chaleur à travers le point de pincement.

Par exemple, si le point de pincement se situe à 70 °C, en mélangeant un


courant de matière à 90 °C avec un courant à 50 °C, on crée un transfert de
chaleur à travers le point de pincement ce qui augmentera les besoins en
énergie du procédé.

- Ces courants devraient donc être traités séparément, c’est à dire un courant
allant de 90°C à la température souhaitée (température du point de mélange)
et un autre allant de 50°C à la température souhaitée (température du point de
mélange).
36

18
Analyse des Procédés par la Méthode du 10/06/2019
Pincement
Dr. A. Ziouchi

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

- Ne pas inclure les courants provenant des utilités dans les données
extraites (vapeur, gaz de combustion, eau de refroidissement, réfrigérant, air
de refroidissement, etc.) à moins que ces courants ne soient absolument
requis par le procédé et qu’ils ne puissent être remplacés par d’autres.

- L’un des objectifs, lorsqu’on a recours à l’analyse Pinch, est de réduire les
besoins énergétiques de l’ensemble du procédé. Si les courants provenant
des utilités sont traités de la même façon que les courants de procédé, ils
seront considérés comme indispensables et il ne sera plus possible d’en
réduire l’utilisation via des projets de récupération d’énergie.

- Certains courants d’utilités peuvent toutefois être inclus dans l’extraction


de données parce qu’il n’est pas pratique ou possible d’en réduire l’utilisation
suite à une meilleure récupération de chaleur.

- Par exemple, c’est souvent le cas avec les séchoirs à vapeur, les éjecteurs
ou les turbines à vapeur couplées directement à un entraînement.

37

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

- Ne pas tenir compte de la configuration actuelle de l’usine. Pour


identifier les cibles de consommation minimale d’énergie indépendamment de
la configuration de l’usine, il ne faut pas tenir compte des échangeurs de
chaleur existants lorsque l’on détermine les caractéristiques des sources et
des puits de chaleur.

- Il est alors possible de comparer la consommation actuelle de l’usine avec


ces valeurs cibles.

- La configuration existante (les échangeurs de chaleur existants, la


tuyauterie, les distances en jeu, la capacité de pompage, etc.) est prise en
considération dans un deuxième temps pour pouvoir identifier les projets
rentables et réalisables en pratique.

38

19
Analyse des Procédés par la Méthode du 10/06/2019
Pincement
Dr. A. Ziouchi

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

-Faire la distinction entre les températures qui doivent être absolument


respectées pour satisfaire les besoins du procédé et celles pour lesquelles il y a
une certaine flexibilité.

-Par exemple, la température d’alimentation d’un réacteur est généralement une


valeur qu’il est nécessaire de respecter. En revanche, la température de stockage
d’un produit qui sort d’un réacteur est souvent une donnée sur laquelle on a plus
de flexibilité.

- Il est alors parfois possible de changer le potentiel de récupération d’énergie d’un


procédé en modifiant certaines températures lors de l’étape d’extraction des
données.

- Encore une fois, rappelons que l’extraction de données est une étape complexe
qui fait largement appel à l’expérience du spécialiste en analyse Pinch.

- De la qualité du travail accompli à cette étape dépendra la qualité du modèle de


type Pinch qui sera utilisé pour optimiser l’usine lors de l’analyse Pinch.

39

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Choix de Tmin
- En règle générale, de grandes valeurs de Tmin conduisent à des besoins
importants en chauffage et en refroidissement.
- En effet, l’examen des courbes composites montre que si l’écart T min
augmentait entre les courbes composites chaude et froide, la zone de
recouvrement diminuerait et les possibilités de récupérer de l’énergie
diminueraient également, conduisant à une hausse des besoins de chauffage
et de refroidissement (cf. fig.14). Qhmin1
T(°c)
- On est donc tenté de choisir des 180
valeurs de T min aussi faibles que 160
possible pour en tirer un maximum 140
Tmin1
d’énergie récupérable. 120
100
- Cependant, l’augmentation de T min 80
Qcmin1
Qhmin2
se traduisant par une augmentation Tmin2
60
des écarts de température entre les 40
courants chauds et les courants froids, 20
Qcmin2 Q (kW)
offre la possibilité de diminuer les 0
1 00 2 00 3 00 4 00 5 00 6 00
surfaces d’échange des échangeurs
de chaleur et par suite d’en réduire le fig.14 Impact de l’augmentation de Tmin
coût. 40

20
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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

- On retiendra donc que des coûts plus élevés consacrés à l’énergie (coûts
d’exploitation) sont pondérés ici par un coût d’investissement plus faible des
échangeurs de chaleur.
- A cet effet, la figure 15 illustre la relation générale existant entre les coûts
d’investissement et les coûts liés à la consommation d’énergie en fonction de Tmin.
- En conclusion, cette figure met en relief l’existence d’une valeur optimale de Tmin,opt
conduisant à des coûts totaux minimaux pour une installation donnée.

Coût total
Coûts annuels

Coût d’investissement

 Tmin
Tmin,opt
fig.15 relation entre coûts et Tmin 41

2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

En pratique, pour un procédé donné, le spécialiste en analyse Pinch choisira


souvent la valeur de  T min en se basant sur deux critères :
• la forme des courbes composites : typiquement, une valeur plus élevée de
T min sera choisie pour des procédés ayant des courbes composites presque
parallèles par rapport à ceux ayant des courbes composites qui divergent. Les
coûts en capital seraient alors très élevés si un faible  T min était choisi,
• et l’expérience : pour les procédés où les échangeurs de chaleur sont sujets à
l’encrassement ou lorsque les coefficients de transfert de chaleur sont
faibles, des valeurs de T min comprises entre 30 et 40°C sont généralement
utilisées.
Dans les procédés chimiques ou lorsque des utilités (vapeur, eau de
refroidissement, air) sont utilisées dans un échangeur de chaleur, les valeurs de
Tmin sont plutôt de l’ordre de 10 à 20°C.
Enfin, dans les procédés à basse température ayant besoin de réfrigération, de
faibles valeurs de  T min (3 à 5°C) sont généralement sélectionnées pour réduire
la consommation d’électricité des systèmes de réfrigération.

42

21
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2. Principes Fondamentaux de la Méthode Pinch …

Cependant, pour réaliser la conception du réseau d’échangeurs de chaleur nous


avons besoin d’une valeur de T min qui doit être utilisée comme base de calcul.
Ce qui conditionne la notion de rentabilité, qui est le critère d’évaluation
décisif pour des procédés industriels.
On retiendra néanmoins, les valeurs de ΔT min issues des expériences de
Linnhoff March établies pour des échangeurs à calandre et tubes.

Tableau des valeurs pratiques de ΔTmin


En conclusion, on doit effectuer la détermination simultanée de valeurs cibles
énergétiques et économiques (appelée également supertargeting) et ce, avant
la conception détaillée du réseau d’échangeurs de chaleur (appelé aussi Heat
Exchanger Network, ou HEN).
43

3. Exemple de Procédé à Quatre Courants

Les figures 12, 13, 14 et 15 montrent les représentations de courbes relatives aux
courants chaud et froid ainsi que leurs courbes composites correspondantes issues
de quatre courants.

Quant aux données des quatre courants, elles sont portées sur le tableau 2.

Capacité Charge
Type et N° Temp. Temp.
calorifique thermique
de courant initiale (°C) finale (°C)
C (kW/°C) (kW)
Froid (1) 2 20 135 230
Chaud (2) 3 170 60 -330
Froid (3) 4 80 140 240
Chaud(4) 1.5 150 30 -180

tableau 2. données du procédé à quatre courants

44

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3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …

On dispose de deux courants chauds :


Le courant (4) avec C = 1.5 kW/K et qu’on refroidit de 150 à 30 °C (soit H = 180 kW)
Le courant (2) avec C = 3 kW/K et qu’on refroidit de 170 à 60 °C (soit H = 330 kW)
La quantité de chaleur totale extraite de ces courants est de 510 kW
T(°c)
180

160 H1 = 3 x (170 - 150) = 60 kW


140

120
(4)
(2)
100 H2 = (3+1.5) x (150 - 60) = 405 kW

80

60

40
H3 = 1.5 x (60 - 30) = 45 kW
 HTotal = 510 kW
20
H (kW)
0
0 1 00 2 00 3 00 4 00 5 00 6 00

fig.12 courants chauds 45

3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …


Intervalle de C H (kW) H (kW)
température (kWK) (intervalle) (cumulé)
Par souci de méthodologie, mettons les (°C)
résultats obtenus sous forme de tableau, 170-150=20 3 60 60
permettant ainsi une construction aisée de la
150-60=90 4.5 405 465
courbe composite chaude.
60-30=30 1.5 45 510
T(°c)
180

160

140

120

100
fig.13 courbe composite
80
chaude

60

40

20
H (kW)
0
0 1 00 2 00 3 00 4 00 5 00 6 00 46

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3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …

Pour les courants froids, on reprend la même démarche adoptée pour les courants chauds :
Le courant (1) avec C = 2 kW/K et qu’on réchauffe de 20 à 135 °C (soit H = 230 kW)
Le courant (3) avec C = 4kW/K et qu’on réchauffe de 80 à 140 °C (soit H = 240 kW)
La quantité de chaleur totale reçue par ces courants est de 470 kW
T(°c)
180

160

140 H1 = 4 x (140 - 135) = 20 kW


120
(3)
H2 = (2+4) x (135 - 80) = 330 kW
100 (1)

80

60

40
H3 = 2 x (80 - 20) = 120 kW
 HTotal = 470 kW
20
H (kW)
0
0 1 00 2 00 3 00 4 00 5 00 6 00

fig.14 courants froids 47

3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …


Intervalle de C H (kW) H (kW)
Construisons maintenant, la courbe composite froide. température (intervalle) (cumulé)
(°C) (kW/K)
140-135=5 4 20 20

135-80=55 6 330 350

T(°c) 80-20=60 2 120 470

180

160

140

120

100

80 fig.15 courbe composite


froide
60

40

20
H (kW)
0
0 1 00 2 00 3 00 4 00 5 00 6 00 48

24
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3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …

Pour  Tmin = 10 °C :
La zone de recouvrement correspond à la quantité d’énergie récupérée : 450 kW
Les besoins en chauffage s’élèvent à : 20 kW (fournis par les utilités chaudes)
Les besoins en refroidissement s’élèvent à : 60 kW (pris par les utilités froides)
T(°c)
180
450 kW
160
60 kW
20 kW
140

120

100

80

Tmin = 10 °C
60

40

20
H (kW)
0
0 1 00 2 00 3 00 4 00 5 00 6 00
fig.16 cible de consommation minimale d’énergie 49

3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …

Résolution Algébrique par la Méthode dite «Problem


«Problem Table»
Précisons avant de démarrer cette démarche, que le bilan enthalpique dépend de
la variation de température, ce qui nous autorise à procéder à une modification par
rapport aux courbes de la figure 16 où l’on doit faire intervenir la notion de
températures corrigées (déplacées).
Il suffit pour cela, de déplacer les températures du courant chaud vers le bas d’une
valeur égale à ½ Tmin (5°C dans notre cas) et les températures du courant froid
vers le haut de la même valeur.
Le tableau 3 résume les données correspondant à notre problème (en fait, c’est le
tableau 2 avec en plus les températures corrigées).

Capacité Températures actuelles Températures corrigées Charge


Type et N°
calorifique thermique
de courant Tempér. Tempér. Tempér. Tempér.
C (kW/K) (kW)
initiale (°C) finale (°C) initiale (°C) finale (°C)
Froid (1) 2 20 135 25 140 230
Chaud (2) 3 170 60 165 55 -330
Froid (3) 4 80 140 85 145 240
Chaud (4) 1.5 150 30 145 25 -180

tableau 3. données du procédés à quatre courants avec températures corrigées 50

25
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3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …

On retrace ensuite, les courbes composites dans le diagramme température


corrigée-charge. On obtient ainsi, les courbes composites corrigées (cf. fig.17).
T(°c)
180
165
160

140 145
140
120

100

85
80

60
55

40
25
20
Q (kW)
0
0 1 00 2 00 3 00 4 00 5 00 6 00
fig.17 courbes composites corrigées (déplacées)
51

3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …

On divise maintenant, les courbes obtenues en intervalles de températures


déplacées (correspondants aux températures initiales et finales des différents
courants).
On procède ensuite au calcul du bilan enthalpique impliquant tous les courants
(chauds et froids), sachant que dans chaque intervalle i de frontière Si et Si+1, le
bilan enthalpique peut s’exprimer sous la forme :

Hi = (Si – Si+1) (Cc – Cf)i


Après calcul pour l’ensemble des intervalles, on regroupe les résultat obtenus dans
le tableau 4. Signalons, que les valeurs négatives de l’enthalpie indiquent que
dans certains intervalles de température ,le courant concerné étant en manque
nécessite un apport de chaleur. Par ailleurs, on sait que l’échange de chaleur
disponible dans un intervalle i donné peut se faire vers un intervalle i+1.
A ce propos, la figure 18 illustre les multiples possibilités d’échange de chaleur
provenant des utilités chaudes et s’écoulant vers les utilités froides (échange en
«cascade».

52

26
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3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …

chaud(2) chaud(4) froid(1) froid(3) T


Intervalle de N° Cc – Cf)i Hi Excès
170-60°C 150-30°C 20-135°C 80-140°C Si – Si+1
température intervalle (kW/°C) (kW) (déficit)
3 kw/°C 1.5 kw/°C 2 kw/°C 4 kw/°C (°C)

S1 = 165°C 2
1 20 +3.0 +60 excès
S2 = 145°C 4
2 5 +0.5 +2.5 excès
S3 =140°C

3 55 -1.5 -82.5 déficit


S4 = 85°C
4 3 30 +2.5 +75 excès
S5 = 55°C

5 30 -0.5 -15 déficit


S6 = 25°C
1

tableau 4 bilan enthalpique du problème à quatre courants


53

3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …

En particulier, sur la figure 18(a) la cascade d’échange Utilités chaudes


se fait en supposant que l’intervalle de température 1
165°C 0 kW
ne reçoit aucune quantité de chaleur (0kW) de la
part de l’utilité chaude.
1 H = + 60 kW
Alors, l’excès de chaleur de l’intervalle 1 (60kW) est 145°C
60 kW
cascadé vers l’intervalle 2 (qui dispose déjà de
2.5kw), provoquant ainsi une cascade de chaleur de 2 H = + 2.5 kW
62.5kw vers l’intervalle 3 (qui est déficient de 140°C
62.5kW
82.5kw).
3 H = - 82.5 kW
L’intervalle 3 après avoir comblé une partie de son
85°C
manque en chaleur (il prend 62.5kw), il cascade un - 20 kW
déficit de 20 kw vers l’intervalle 4. H = +75 kW
4
55°C
Comme résultat de l’opération, l’intervalle 4 transmet 55 kW
un excès de 55 kw (au lieu de 75kw) à l’intervalle 5.
5 H = - 15 kW
Ce dernier en déficit d’énergie (-15kw), va enfin
25°C
cascader une énergie de 40kw à l’utilité froide.
40 kW
En fait, ces 40kw constituent l’enthalpie nette qui va
équilibrer les besoins de notre problème à quatre courants Utilités froides
(i.e. l’utilité froide reste toujours en excès de 40kW par (a) non faisable
rapport à l’utilité chaude).
fig.18 (a) échange de chaleur en «cascade»
54

27
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3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …

Utilités chaudes
Examinons maintenant de près la figure 18 (a).
L’échange de chaleur de valeur - 20kW entre les 165°C 0 kW
intervalles 3 et 4 ne peut se réaliser
thermodynamiquement. 1 H = + 60 kW
145°C
60 kW
Pour remédier (zéro échange entre 3 et 4) à cet aléa H = + 2.5 kW
2
physique, il est nécessaire d’injecter une chaleur 140°C
égale à 20kw dans l’utilité chaude et de la 62.5kW
cascader à travers le processus (cf. fg.18 (b)) . 3 H = - 82.5 kW
85°C
- 20 kW
Bien entendu, l’équilibre enthalpique doit être
maintenu (i.e. tous les flux de chaleur du système 4 H = +75 kW
55°C
doivent être augmentés de 20kw). 55 kW

5 H = - 15 kW
25°C
40 kW

Utilités froides
(a) non faisable

fig.18 (a) échange de chaleur en «cascade»


55

3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …

Utilités chaudes
Finalement, la cible de consommation minimale
est atteinte (i.e. 20kw de chaleur pour les utilités 165°C 20 kW
chaudes et 60kW pour les utilités froides).
1 H = + 60 kW
145°C 80 kW
Par ailleurs, la position du point de pincement est
aisément localisée car elle se trouve limitée par la 2 H = + 2.5 kW
température déplacée de 85°C qui correspond à un 140°C 82.5kW
flux de chaleur nul (le courant chaud à 90°C et le
courant froid à 80°C). 3 H = -82.5 kW
85°C 0 kW

4 H = +75 kW
55°C 75 kW

5 H = -15 kW
25°C
60 kW
Utilités froides

(b) faisable

fig.18 (b) échange de chaleur en «cascade» (faisable)


56

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Pincement
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3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …

T(°c) 180
180 Qcmin = 20 kW
450 kW 160
160
60 kW 20 kW
140
140

Température déplacée (°c)


120
120
100
100
Pincement à Tdépl = 85 °C
80
80

60
Tmin = 10 60
°C
40 40
Qfmin = 60 kW
20 20
H (kW)
0 0
0 0 15 30 45 60 75 90
1 00 2 00 3 00 4 00 5 00 6 00

flux net (kW)

fig.19 Courbe grand composite

57

3. Exemple de Procédé à Quatre Courants …

Utilités chaudes

165°C 20 kW
180
Qcmin = 20 kW
1 H = + 60 kW 160
145°C 80 kW 140
Température déplacée (°c)

2 H = + 2.5 kW 120
140°C 82.5kW 100

Pincement à Tdépl = 85 °C
3 H = -82.5 kW 80

85°C 0 kW 60

4 H = +75 kW 40
Qfmin = 60 kW
55°C 75 kW 20

5 H = -15 kW 0
0 15 30 45 60 75 90
25°C
60 kW flux net (kW)
fig.19bis Courbe grand composite
Utilités froides

(b) faisable
58

29
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4. Détermination Simultanée des Valeurs Cibles Énergétiques


& Économiques : Supertargeting

- L’idée de base de l’Analyse Pinch qui consiste à déterminer les valeurs cibles avant
conception (Target before Design) constitue un avantage important par rapport à
d’autres méthodes d’optimisation énergétique.
- Mais, l’économie d'énergie n'est pas la seule cible de l'intégration d'énergie, elle doit
aussi être faite à un coût minimum.
- La détermination des besoins minimums d’énergie est liée au choix de la valeur de
ΔTmin qui doit être judicieusement choisie.
- A ce propos, il devient intéressant d’estimer simultanément les valeurs cibles
énergétiques et économiques (supertargeting).

Supertargeting
Le supertargeting nécessite quelques méthodes de base de calcul de rentabilité. Mais, pour
des raisons de simplification, on n’utilise ici que les calculs des facteurs de coûts les plus
importants pour l’Analyse Pinch :
- les coûts d’investissements liés au HEN (réseau d’échangeurs de chaleur ou Heat
Exchangers Network)
- et les coûts d’exploitation annuels liés aux utilités chaude et froide consommées.

59

4. Détermination Simultanée des Valeurs Cibles Énergétiques


& Économiques : Supertargeting …

Coûts Totaux Annuels Ctot


Les coûts totaux annuels d’une installation donnée se composent des coûts
d’investissements annuels CI et des coûts d’exploitation annuels CU, reliés par la relation :

Ctot =  . CI + CU
avec :
Ctot : coûts totaux annuels
 : taux d’amortissement de l’investissement (facteur d’annuité)
CI : coûts d’investissement du réseau d’échangeurs (HEN)
CU : coûts d’exploitation (des utilités) annuels (Operating Costs)

Coûts d’Investissement du Réseau d’ Échangeurs de Chaleur (HEN)


Estimer le coût d’investissement revient à déterminer la surface totale d’échange de
chaleur et le nombre minimal d’échangeurs de chaleur. Mais, au moment du
Supertargeting, ces échangeurs de chaleur individuels ne sont pas encore connus!
Néanmoins, il existe une relation qui permet de prédire avec une précision suffisante les
coûts d’investissement d’un HEN, en supposant au préalable une répartition égale de la
surface de transfert du réseau HEN entre tous les échangeurs de chaleur
individuels.
60

30
Analyse des Procédés par la Méthode du 10/06/2019
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Dr. A. Ziouchi

4. Détermination Simultanée des Valeurs Cibles Énergétiques


& Économiques : Supertargeting …

Cependant, dans le cadre de ce cours, on utilisera des relations utilisées couramment pour
déterminer la surface minimale d’échange de chaleur nécessaire pour réaliser le
minimum d’énergie requis MER (ou encore maximum d’énergie récupérée).
Commençons par calculer la surface minimale d’échange.

Surface Minimale d’ Échange de Chaleur


Au moyen de l’analyse Pinch, on détermine la surface minimale d’échange de chaleur
nécessaire pour satisfaire la cible de consommation minimale.
La surface minimale d’échange de chaleur est donnée par la relation :

n n  H j 
1
Amin   Ai 
 
i 1 
.j U 
 TLM
i 1 j

avec i : intervalle donné
j : courant donné
TLM : différence de température logarithmique moyenne
Hj : variation d’enthalpie du courant j
Uj : coefficient d’échange global
61

4. Détermination Simultanée des Valeurs Cibles Énergétiques


& Économiques : Supertargeting …

La figure 20 nous permet d’estimer cette surface d’échange par le biais des courbes
composites chaude et froide du procédé.

T(°c)

6
5

i=4

2
1 Hi = Ui Ai TLM H (kW)

fig.20 Détermination de la surface minimale d’échange de chaleur

62

31
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Pincement
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4. Détermination Simultanée des Valeurs Cibles Énergétiques


& Économiques : Supertargeting …

Nombre Minimum d’ Échangeurs de Chaleurs

La théorie graphique d'Euler permet de calculer le nombre minimum


d’échangeurs de chaleur pour réaliser le MER.
Comme le point de pincement sépare le procédé en deux systèmes distincts, le
nombre minimum d’échangeurs Nmin s’applique donc au-dessus et au-dessous
du point de pincement :

Nmin = [Nc + Nf + Nu – 1]sup + [Nc + Nf + Nu – 1]inf


où Nc représente le nombre des courants chauds, Nf le nombre des courants froids
et Nu le nombre d’utilités.
Quant aux indices sup et inf, ils désignent respectivement les zones au - dessus et
au - dessous du point de pincement.

63

4. Détermination Simultanée des Valeurs Cibles Énergétiques


& Économiques : Supertargeting …

Estimation du Coût du Réseau d’ Échangeurs de Chaleur (HEN)

La relation qui est proposée permet de déterminer approximativement le coût des


échangeurs de chaleur à installer une fois connus la surface totale d’échange et
le nombre minimum des échangeurs de chaleur :

CI = Nmina + b(Amin / Nmin)c]sup+ Nmina + b(Amin / Nmin)c]inf

Les coefficients a, b et c dépendent du type d’échangeur de chaleur (à faisceaux de


tubes et calandre, à plaques, …)

Coût d’exploitation (des utilités)


Le coût unitaire de l’utilité est donné en fonction de l’unité de la charge thermique
supportée. Le coût total est calculé par la relation suivante :
n

Cu = 
i=1
Qi x Ci
avec Qi : la charge thermique de l’utilité i (en kW), Ci coût de l’utilité en ($/kW ) et
n le nombre des utilités utilisées.
64

32
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4. Détermination Simultanée des Valeurs Cibles Énergétiques


& Économiques : Supertargeting …

Estimation de la Valeur Optimale de ΔTmin


Après avoir évalué les coûts d’investissement et les coûts énergétiques, il
serait intéressant de calculer l'évolution du coût total annuel (somme des
coûts d’énergie et d’investissement) en fonction de la valeur de ΔT min. Le
résultat de l’opération est illustré par la figure 21, où trois faits marquants
peuvent être évoqués :
1- La diminution de la valeur de  T min entraîne une réduction du coût
d’exploitation (utilités) et une augmentation
du coût d’investissement.
2- En revanche, l’augmentation de  T min

Coûts annuels
entraîne une augmentation du coût
d’exploitation et une diminution du coût
d’investissement.
3- l’existence d’une valeur optimum de
T min caractérisée par un coût total Coût d’investissement
minimum (également un investissement
Tmin, opt Tmin
minimisé)
fig.21 Variation du coût total avec Tmin
65

4. Détermination Simultanée des Valeurs Cibles Énergétiques


& Économiques : Supertargeting …

Remarque :
- Pour deux valeurs de ΔT min distinctes, le point de pincement change. Il est
ainsi possible que les échanges thermiques impossibles deviennent
possibles et vice-versa.

- Seul l'examen de ces échangeurs nous permettra de déduire si la nouvelle


valeur peut être admise ou pas.

- La valeur optimale ne doit pas être déterminée avec précision. Toute valeur
entre deux changements du point de pincement pourra être adoptée.

66

33
Analyse des Procédés par la Méthode du 10/06/2019
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5. Conception du Réseau d’Échangeurs de Chaleur

Une fois traitée la partie targeting, Il faut passer à la conception de l’installation qui
va se concrétiser sous la forme d’un réseau d’échangeurs de chaleur HEN (Heat
Exchanger Network) qui doit permettre d’atteindre les valeurs cibles énergétiques et
satisfaire de manière approximative aux conditions cadres des coûts annuels
minimaux.

Représentation du MER(1) HEN

Un réseau d’échangeurs qui atteint toutes les valeurs cibles énergétiques est appelé
MER HEN.
Mais, pour une installation donnée, on peut trouver un grand nombre de MER HEN!
Aussi, Pour concevoir un MER HEN qui minimise les coûts totaux annuels, il est
essentiel d’atteindre les valeurs cibles suivantes :
- un nombre minimal d’échangeurs dans le MER HEN
- et une valeur cible de surface du réseau HEN
Enfin, notons qu’il existe différents outils disponibles sur le marché avec lesquels il
est possible d’élaborer le MER HEN : PinCH 2.0 [2], Optim, ...

1 : Maximum Energy Recovery 67

5. Conception du Réseau d’Échangeurs de Chaleur …

- Après avoir déterminé le nombre d’échangeurs de chaleur nécessaires, on


passe à l’étape suivante qui consiste à apparier et à diviser les courants selon
les exigences en chauffage ou en refroidissement du procédé.

- Les échangeurs de chaleur sont alors mis en réseaux.

- Vient ensuite le tour des utilités qui seront introduites et mises en contact
indirect avec les courants à travers les échangeurs de chaleur afin de pourvoir
aux besoins (chauffage / refroidissement) complémentaires du procédé.

- L’ensemble obtenu se présente sous forme d’un schéma synoptique appelé


«diagramme de grille».

68

34
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5. Conception du Réseau d’Échangeurs de Chaleur …

- Les courants chauds sont placés au-dessus et représentés par des lignes horizontales
allant de gauche à droite. Les courants froids sont dirigés de droite à gauche.
- La ligne centrale représente le point de pincement (défini par les températures au point
de pincement sur les courbes composites chaude et froide). Cette ligne représente la ligne
de démarcation entre la zone située au-dessus (côté chaud) du point de pincement
(représentée ici à gauche) et la zone située au-dessous (côté froid) du point de pincement
(représentée ici à droite).
-Les échangeurs de chaleur sont représentés par des cercles reliés par un trait continu
reliant deux lignes horizontales (courants).

C
200 ° 80 °
1 20

150 ° 50 °
2 40

pincement
120 ° 80 °
3 60

130 ° 30 °
4 35

côté chaud (au-dessus) côté froid (au-dessous)


fig.22 Réseau d’échangeurs («diagramme de grille»)
69

5. Conception du Réseau d’Échangeurs de Chaleur …

Règles de Conception d’un MER HEN


On ne doit ni refroidir les courants situés au-dessus du point de pincement
(à gauche du diagramme) ni réchauffer les courants qui sont situés au-
dessous du point de pincement (à droite).
- Les courants les plus importants du réseau sont ceux situés au point de
pincement. Ils s'appelleront «courants du point de pincement» .
a. Règle du N : Nout ≥ Nin (au pincement) (Fig.22 )
- Pour le sous-système au-dessus du pincement, le refroidissement de
tous les courants chauds entrants (IN) jusqu’à la température de
pincement doit provenir uniquement des courants froids sortants (OUT)
(i.e.: le nombre de courants froids au-dessus doit être supérieur ou égal à
celui des courants chauds ).
- Pour le sous-système en dessous du pincement, le réchauffage de tous
les courants froids entrants (IN) jusqu’à la température de pincement doit
provenir uniquement des courants chauds sortants (OUT) (i.e.: au-
dessous du point de pincement, le nombre de flux chauds doit être supérieur
ou égale au nombre de flux froids).
70

35
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5. Conception du Réseau d’Échangeurs de Chaleur …

La figure 23 (a) donne un exemple de réseau où la règle du N au pincement


(Nout ≥ Nin) n’est pas respectée (en effet, ici Nout = 2 et Nin = 3).
Il y’a donc nécessité de dédoublement (split) du courant froid (C = 8 kW/K.).
La solution est donnée sur la figure 23 (b).

fig.23 Critère de dédoublement de courant basé sur la règle du N

71

5. Conception du Réseau d’Échangeurs de Chaleur …

b. Règle du C : Cout ≥ Cin (au pincement)


-Elle signifie que la valeur du ΔTmin doit être respectée dans chacun des échangeurs du
MER HEN.
-Le respect de la règle Cout ≥ Cin garantit que les profils de température des flux chauds et
froids soient parallèles ou "divergents" dans le diagramme (T, H).
− Au-dessus du point de pincement, un courant chaud et un courant froid ne sont
associables que lorsque le C du courant chaud est inférieur à celui du courant froid.
− Au-dessous du point de pincement, si le C du courant froid est inférieur à celui du
courant chaud, l’appariement chaud froid devient possible.

fig.24 Règle des C au point de pincement 72

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5. Conception du Réseau d’Échangeurs de Chaleur …

- On commence par placer les échangeurs situés directement au pincement car


la différence des température entre leurs flux chauds et froids est la plus faible
à cet endroit.

- Pour chacun des deux sous-systèmes, il faut commencer avec le flux entrant
dans le pincement (flux IN) ayant le plus grand C, car il présente la pente la plus
faible dans le diagramme (T, H).

- Appliquer la règle du «Tick Off Rule» qui se traduit par le fait qu’on doit
maximiser la puissance de chaque échangeur installé.

- En l’appliquant rigoureusement, on s’approche au mieux de la conception d’un


réseau d’échangeurs ayant un nombre minimal d’échangeurs.

En fait, cette règle préconise que le besoin d’un des courants impliqué dans le
transfert soit couvert intégralement par l’échangeur mis en place.

Ce qui nous autorise à ignorer l’existence de ce courant lors du placement des


autres échangeurs.

73

6. Exemples d’Application

Nous donnons dans le tableau T6.1 l’essentiel des données relatives à l’exemple
qu’on essaye de traiter. Quant aux type de courants mis en jeu de le procédé, ils
sont présentés sur la figure 6.1.
temp. temp. débit capacit. charge
type de
initiale finale calorif. thermique
courant
(°F) (°F) (104Btu/h.°F) (104Btu/h)

Froid C1 120 235 2.0 230


Froid C2 180 240 4.0 240
Chaud H1 260 160 3.0 300
Chaud H2 250 130 1.5 180
tableau T6.1 données du procédé
260 ° 160 °
H1

250 ° 130 °
H2

235 ° 120 °
C1

240 ° 180 °
C2
fig.6.1 courants du procédé

1 Btu = 1055.056 J ; 1 Btu/h = 293,0711 x 10-3 W 74

37
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6. Exemples d’Application

Dans le cadre de l’intégration des procédés, on dispose d’un réseau d’échangeurs


(HEN) se composant de 6 échangeurs de chaleur (cf. figure 6.2.).
- 3 échangeurs de procédé :
- l’échangeur 1 de puissance 210 x 104 Btu/h
- l’échangeur 2 de puissance 90 x 104 Btu/h
- l’échangeur 3 de puissance 112.5 x 104 Btu/h
H1
260 °
- et 3 échangeurs pour les utilités :
232.5 °
- 2 réchauffeurs H de puissance C2 180 ° 1 H 240 °
210 30
respectivement 30 et 27.5 x104 Btu/h
vapeur
eau
130 °
- 1 refroidisseur C de puissance 190 ° H2
C 250 °
67.5 x104 Btu/h 67.5
175 ° 235 °
120 ° 165 ° 221.5 °
C1 2 3 H
90 112.5 27.5
vapeur
160 °
175 °
1 Btu = 1055.056 J ; 1 Btu/h = 293,0711 x 10-3 W 75
fig.6.2 réseau d’échangeurs (HEN) disponible

6. Exemples d’Application

Remarquons que d’après le premier principe de la thermodynamique, on peut


écrire la relation de la charge thermique :

 Qc - Qf = [(300+180) - (230+240)]  104 = 105 Btu/h


105 Btu/h : représente en fait le besoin restant pour refroidir les courants chauds.
La charge thermique de la vapeur d’eau est :
Qvap = (27.5 + 30 ) 104 = 57.5 104 Btu/h
Quant à la charge thermique de l’eau de refroidissement, elle égale à :
H1
Qref = 67.5 104 Btu/h 260 °
A titre de remarque, la différence entre les C2 180 °
232.5 °
1 H 240 °
charge thermiques de la vapeur et de l’eau 210 30
de refroidissement vaut 105 Btu/h (le premier vapeur
eau
130 °
principe n’est pas transgressé!) 190 ° H2
C 250 °
temp. débit capacit. charge 67.5
type de temp.
initiale calorif. thermique
courant finale (°F) 175 ° 235 °
(°F) (104Btu/h.°F) (104Btu/h) 120 ° 2 165 ° 221.5 °
C1 3 H
Froid C1 120 235 2.0 230 90 112.5 27.5
Froid C2 180 240 4.0 240
vapeur
Chaud H1 260 160 3.0 300
Chaud H2 250 130 1.5 180 160 ° 76
175 °

38
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6. Exemples d’Application

Problème ? :
Est-ce que le HEN proposé (cf. fig. 6.2) constitue un HEN MER ?

Autrement dit est ce qu’on peut affirmer que les charges thermiques Qvap (utilité
chaude) et Qref (utilité froide) représentées respectivement par Qhmin et Qcmin
permettent d’atteindre les cibles de consommation minimale d’énergie ?

Pour répondre à cette question, nous avons le choix entre deux méthodes
d’intégration de procédés :

1- Méthode graphique (courbes composites chaude et froide)


2- méthode algébrique (problem table algorithm)

Appliquons pour notre part, la méthode algébrique.

77

6. Exemples d’Application

Soient les températures corrigées(1) qui sont données dans le tableau T.6.2.
temp. temp. débit
temp. charge
type de Initiale temp. finale capacit.
initiale thermique
courant corrigée finale (°F) corrigée calorif.
(°F) (104Btu/h)
(°F) (°F) (104Btu/h.°F)

Froid C1 120 120 235 235 2.0 230


Froid C2 180 180 240 240 4.0 240
Chaud H1 260 250 160 150 3.0 300
Chaud H2 250 240 130 120 1.5 180
tableau T6.2 données du procédé avec les temp. corrigées
Soient les intervalles de températures ci-dessous:
T0 = 250°
Intervalle 1 : T0 –T1 = 250 - 240
T1 = 240°
T1 = 240°
Intervalle 2 : T1 –T2 = 240 - 235
T2 = 235°
T2 = 235°
Intervalle 3 : T2 –T3 = 235 - 180
T3 = 180°
T3 = 180°
Intervalle 4 : T3 –T4 = 180 - 150
T4 = 150°
T4 = 150°
Intervalle 5 : T4 –T5 = 150 - 120
T5 = 120°
1 : ici on décale uniquement la courbe composite chaude de la valeur Tmin (qui vaut ici 10°F) 78

39
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6. Exemples d’Application

H1 H2 C1 C2 T Cc – Cf)i Hi


Intervalle de N° 260-160° 250-130° 120-235° 180-240° S – S Excès
température intervalle 3 Btu/h.°F 1.5 Btu/h.°F 2 Btu/h.°F 4 Btu/h.°F i i+1 (Btu/h.°F) (Btu/h) (déficit)
10-4 10-4 10-4 10-4 (°F) 10 -4 10 -4

S1 = 250° H1

1 H2 10 +3.0 +30 excès


S2 = 240°

2 5 +0.5 +2.5 excès


S3 = 235°

3 55 -1.5 -82.5 déficit


S4 = 180°

4 C2 30 +2.5 +75 excès


S5 = 150°

5 30 -0.5 -15 déficit


S6 = 120°
C1

tableau T6.3 bilan enthalpique du problème traité 79

6. Exemples d’Application

Utilités chaudes
(Qvap)

250° 0 Btu/h
H1 H2
C1 C2
260-160° 250-130° T Cc – Cf)i Hi
Intervalle N° 120-235° 180-240° Excès
3 1.5 S – Si+1 (Btu/h.°F) (Btu/h)
1 H = 30 Btu/h de tempér interval
Btu/h.°F Btu/h.°F
2 Btu/h.°F 4 Btu/h.°F i
(°F) 10-4 10-4
(déficit)
10 -4 10 -4
240° 10-4 10-4
R1= 30 Btu/h

2 H = 2.5
235° R2= 32.5 Btu/h H1
S1 = 250°

3 H = - 82.5 S2 = 240°
1 H2 10 +3.0 +30 excès

180° R3= - 50 Btu/h


2 5 +0.5 +2.5 excès
S3 = 235°
4 H = +75
150° 3 55 -1.5 -82.5 Déficit
R4= 25 Btu/h S4 = 180°
C2 30 +2.5 +75 Excès
5 H = - 15 S5 = 150°
4
120°
5 30 -0.5 -15 déficit
Qref =10 Btu/h S6 = 120°
C1
Utilités froides
(Qref)

(a) non faisable

fig.6.3 échange de chaleur en «cascade» (faisable et non faisable) 80

40
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6. Exemples d’Application

Utilités chaudes
(Qvap = Qhmin)
50 Btu/h
H1 H2
C1 C2
260-160° 250-130° T Cc – Cf)i Hi
Intervalle N° 120-235° 180-240° Excès
1 3 1.5 S – Si+1 (Btu/h.°F) (Btu/h)
H = 30 Btu/h de tempér interval
Btu/h.°F Btu/h.°F
2 Btu/h.°F 4 Btu/h.°F i
(°F) 10-4 10-4
(déficit)
10 -4 10 -4
10-4 10-4
80 kW

2 H = 2.5

82.5kW S1 = 250° H1

3 H = - 82.5 S2 = 240°
1 H2 10 +3.0 +30 excès

180° R3 = 0 (pincement)
2 5 +0.5 +2.5 excès
S3 = 235°
4 H = +75
3 Déficit
R4= 75 Btu/h
55 -1.5 -82.5
S4 = 180°
C2
5 H = - 15 S5 = 150°
4 30 +2.5 +75 Excès

5 30 -0.5 -15 déficit


Qref = 60 Btu/h S6 = 120°
C1
Utilités froides
(Qref = Qhmin)

(b) faisable

fig.6.3 échange de chaleur en «cascade» (faisable et non faisable) 81

6. Exemples d’Application

On a donc pu localiser le point de pincement (T pinc = 180°F) et déterminer la cible


de consommation minimale d’énergie à laquelle correspondent les besoins en :
- chauffage qui s’élèvent à : 50 104 Btu/h (utilités chaudes i.e. Qhmin )
- refroidissement qui s’élèvent à : 60 104 Btu/h (utilités froides i.e. Qcmin )
- Comparons ces résultats avec ceux fournis par les utilités du HEN proposé en
début de l’exemple:
Qvap = 50 104 Btu/h (57.5 104 Btu/h )
et
Qref = 60 104 Btu/h (67.5 104 Btu/h)

Ce qui représente un gain de 15% sur la vapeur d’eau et 12.5% sur l’eau de
refroidissement.
Bien entendu, le HEN proposé (cf. fig. 6.2) ne constitue pas un HEN MER.
Aussi, nous passons maintenant à la conception du HEN qui satisfait les
cibles de consommation minimale d’énergie (MER).
Deux réseaux séparés d’échangeurs seront conçus : un réseau pour chaque
sous-système tel que défini par le point de pincement (cf. fig. 6.4).
82

41
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6. Exemples d’Application type de


temp. temp.
débit
capacit.
charge
initiale finale thermique
courant calorif.
(°F) (°F) (104Btu/h)
(104Btu/h.°F)

Froid C1 120 235 2.0 230


Froid C2 180 240 4.0 240
Chaud H1 260 160 3.0 300
Chaud H2 250 130 1.5 180
Côté chaud Côté froid
(au-dessus) (au-dessous) C
(10-4 Btu/h.°F)
260 ° 190 ° 190 ° 160 °
H1 3.0

250 ° 190 ° 190 ° 130 °


H2 1.5
pincement

235 ° 180 ° 180 ° 120 °


C1 2.0

240 ° 180 °
C2 4.0

fig.6.4 début de structure de réseau d’échangeurs


83

6. Exemples d’Application

Nous allons suivre la méthode des courants adaptés au pincement due à Linnhoff and
Hindmarsh [6]. Auparavant, nous aurons besoin d’appliquer les principes du bilan
énergétique entre courants chauds et froids dans un échangeur de chaleur.
Ce bilan s'obtient, en supposant que le flux de chaleur perdu par le fluide chaud est
intégralement récupéré par le fluide froid pendant leur passage dans l'échangeur (i.e.
échangeur sans pertes). Ce qui s’écrit par :
Tce Tcs
Cc
Q = Hc = Hf = Cc (Tce – Tcs) = Cf (Tfs – Tfe) T1 Q T2
Cf
Tfs Tfe
Q
Q = Cc (Tce – Tcs) (Tce – Tcs) = (1)
Cc fig.6.5 schéma simplifié d’un HEX

Q
et : Q = Cf (Tfs – Tfe) (Tfs – Tfe) = (2)
Cf

(1) - (2) donne : T1 T2


1 1 1 1
(Tce – Tcs) - (Tfs – Tfe) = Q = (Tce – Tfs) - (Tcs – Tfe) = Q (3)
Cc Cf Cc Cf

Cf Cc
(3) T1 = T2+ Q (4)
Cc Cf

84

42
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6. Exemples d’Application

Intéréssons nous maintenant à l’échange de chaleur du côté chaud du pincement.


Ici ΔT2= Δtmin , et d’après la relation (4) pour s’assurer que ΔT1  Δtmin il faut que :
Cf – Cc  0 soit enfin Cf  Cc (cf. fig.24)

Cf  Cc
côté chaud
(au-dessus) C
(10-4 Btu/h.°F)
260 ° 190 ° 190 ° 160 ° 3.0
H1

250 ° 190 ° 190 ° 130 °


H2 1.5
pincement

ΔT2= Δtmin
Cf Cc
235 ° 180 ° 180 ° 120 ° T1 = T2+ Q (4)
C1 2.0
Cc Cf

Tce Tcs
240 ° 180 °
C2 4.0 Cc
T1 Q T2
Cf
fig.6.6 Règle du C côté chaud Tfs Tfe

85

6. Exemples d’Application

Design du HEN Côté Chaud du Point de Pincement


Mise en place du HEN côté chaud à partir du pincement (Cf  Cc) et en se déplaçant vers
l’extérieur. Puisque CH1=3, la seule possibilté d’appariement d’un courant froid est C2 (CC2 = 4) .

Charge thermique de H1 :  HH1 = 3 104 (260-190) = 210 104Btu/h


 HC2 = 4.104 (240-180) = 240 104Btu/h
C2 refroidit H1 d’une quantité égale à 210 104Btu/h et il
Cf  Cc
reste 30 104 (besoins de réchauffage!) qui seront pris en Côté chaud C
charge par des utilités chaudes. (au-dessus) (10-4 Btu/h.°F)
260 ° 190 °
H1 1 3.0
La température finale (intermédiare) de C2 ne sera pas
240°F mais 232.5°F (!).
pincement

250 ° 190
Pour H2 (CH2 =1.5) on le raccorde sans contrainte à C1 H2 2 1.5
(CC1 =2).
On a ici :  HH2 = 1.5. 104(250-190) = 90 104Btu/h 235 ° 180
C1 2 2.0
 HC1 = 2.104 (235-180) = 110 104Btu/h
90
C1 refroidit H2 et il lui reste 20 104 qui seront pris en
charge par des utilités chaudes également. C2
240 ° 180
1 4.0
Là encore, La température de C1 ne sera pas 235°F 210
mais 225°F (!). fig.6.7 design du HEN côté chaud

86

43
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Pincement
Dr. A. Ziouchi

6. Exemples d’Application

Mise en Place des Utilités Chaudes


Pour que C1 et C2 atteignent leur cible énergétique, on doit ajouter des utiliés
chaudes (réchauffeurs) de services thermiques valant 20 104 et 30 104 Btu/h.
Notons que la somme des charges thermiques de ces utilités vaut 50 104 Btu/h, ce
qui représente exactement (ce n’est pas le fait du hasard!) la charge thermique de
la vapeur (Qhmin = Qvap =50 104 Btu/h ) Côté chaud C
(au-dessus) (10-4 Btu/h.°F)
Remarque :
260 ° 190 °
H1 1 3.0
20 104 Btu/h = 2. 104 (235-225)
et :

pincement
250 ° 190°
30 104 Btu/h = 4. 104 (240-232.5) H2 2 1.5

235 ° 225° 180°


C1 H 2 2.0
20 90

240 ° 232.5° 180°


C2 H 1 4.0
30 210

fig.6.8 design du HEN côté chaud (suite)

87

6. Exemples d’Application

Design du HEN Côté Froid du Point de Pincement


Considérons l’échange de chaleur du côté froid du pincement.
Cf Cc
Alors ΔT1 = Δtmin Et la relation (4) devient : T2 = Tmin - Q (5)
C c Cf

La condition ΔT2  Δtmin impose la condition Cf – Cc  0 soit enfin Cc  Cf (cf. fig.24).

Cc  Cf
Côté froid
C
(au-dessous) (10-4 Btu/h.°F)
260 ° 190 ° 190 ° 160 ° 3.0
H1

250 ° 190 ° 190 ° 130 °


H2 1.5
pincement

Cf Cc
T1 = T2+ Q (4)
ΔT1= Δtmin Cc Cf
235 ° 180 ° 180 ° 120 °
C1 2.0
Tce Tcs
Cc
T1 Q T2
240 ° 180 ° Cf
C2 4.0 Tfs Tfe

fig.6.9 Règle du C côté froid 88

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Pincement
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6. Exemples d’Application

Design du HEN Côté Froid du Point de Pincement


A partir du pincement (Cc  Cf) et en s’en éloignant, on essaie de raccorder C1.
Puisque CC1 = 2, l’unique possibilté qui s’offre à nous est l’appariement avec le courant
H1(CH1=3).

 HC1 = 2. 104 (180 -120 )= 120 104 Btu/h


Cc  Cf
 HH1 = 3. 104 (190 -160) = 90 104 Btu/h
Côté froid C
Là également, C1 refroidit H1 d’une quantité égale (au-dessous) (10-4 Btu/h.°F)
à 90 104Btu/h et il lui reste 30 104 (utilités(1) !). H1
190
3
160 3.0

La température de C1 (à l’entrée de l’échangeur 3 )


ne sera pas 120°F mais 135°F (!).

pincement
190 130
H2 4 1.5
Le surplus (30 104 Btu/h) peut servir par exemple à
refroidir H2.
180 120
C1 3 4 2.0
Donc la température de H2 sera de 170°F (! ) 30
90
Remarque :
C2 4.0
La règle d’appariement (Cc  Cf) ne s’applique
qu’au pincement (180°F ici). fig.6.10 design du HEN côté froid

(1) : Attention ne pas envisager des utilités chaudes ici (côte froid). Donc pour continuer de réchauffer C1 on utilise H2! 89

6. Exemples d’Application

Mise en Place des Utilités Froides


Un refroidisseur (à eau) de charge thermique égale à 60 104 Btu/h est intercalé
sur le réseau pour permettre à H2 d’atteindre sa température finale (T=130°F).
Notons que Qcmin = Qref = 60 104 Btu/h montre que la cible énergétique MER du
côté refroidissement est bien atteinte!

Côté froid C
(au-dessous) (10-4 Btu/h.°F)
190 160 3.0
H1 3
pincement

190 170 130


H2 4 C 1.5
60

180 135 120


C1 3 4 2.0
90 30

C2 4.0

fig.6.11 design du HEN côté froid


90

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6. Exemples d’Application

Design Final du HEN

Côté chaud Côté froid C


(au-dessus) (au-dessous) (10-4 Btu/h.°F)

260 ° 190 ° 190° 160°


H1 1 3 3.0

pincement
250 ° 190° 190° 170° 130°
H2 2 4 C 1.5
60

235 ° 225° 180° 180° 135° 120°


C1 H 2 3 4 2.0
20 90 90 30

240 ° 232.5° 180°


C2 H 1 4.0
30 210

fig.6.12 design final du HEN MER


91

6. Exemples d’Application

Conclusion
Le réseau d’échangeurs de la figure 6.13 est conçu de manière à atteindre la
cible de consommation minimale :
- Qcmin = Qref = 60 104 Btu/h
- Qhmin = Qvap = 50 104 Btu/h H1
- Le HEN MER comprend 7 échangeurs : 260 °
- 4 échangeurs de réseau 232.5 ° 240 °
C2 180 ° 1 H
- et 3 échangeurs auxiliaires 210 30
130 °
eau vapeur
C 60 190 ° H2
250 °
170 °
135 ° 180 ° 225 ° 235 °
C1 4 3 2 H
120 ° 30 90 90 20

160 °
190 °
fig.6.13 autre représentation du HEN MER 92

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6. Exemples d’Application

A titre de comparaison, le réseau d’échangeurs de la figure 6.14 constitue le HEN


proposé pour assurer le service thermique du procédé.
Il ne comprend que 6 échangeurs (moins que le HEN MER!), mails il ne permet
pas d’atteindre la cible énergétique souhaitée.
En effet, les utilités sont : H1
- Qref = 67.5 104 Btu/h 260 °
- Qvap = 57.5 104 Btu/h 232.5 °
C2 180 ° 1 H 240 °
210 30
Alors que les utilités du HEN MER
vapeur
eau
(qui comprend 7 échangeurs) sont : 130 °
H2
190 °
- Qcmin = Qref = 60 104 Btu/h C 250 °
67.5
- Qhmin = Qvap = 50 104 Btu/h 175 °
120 ° 165 ° 221.5 ° 235 °
Mais, ici la cible de consommation C1 2 3 H
90 112.5 27.5
minimale est atteinte! vapeur
160 °
175 °
93 fig.6.14 réseau d’échangeurs proposé

93

7. Références Bibliographiques

 [1] Ian C. Kemp, ‘‘Pinch Analysis and Process Integration : A User Guide on Process Integration for the
Efficient Use of Energy’’, 2nd Ed., Elsevier, 2007

 [2] ‘‘Introduction à l’intégration énergétique de procédés par l’Analyse Pinch - Manuel pour l'analyse de
procédés continus et de procédés batch’’, 2ème édition, 2017

 [3] L. Benbrim, 2006, ‘‘Application de la Pinch Technology à l’Optimisation du Réseau d’ Echangeurs de


l’Unité de Production de GPL : Evaluation Economique base 1998’’, PFE, ENPA

 [4] M. Djonkamila, 2008, ‘‘Intégration de procédés: Application de la Technologie Pinch à l’optimisation


des réseaux d’eau et des échangeurs de chaleur’’, Caméroun

 [5] ‘‘L’analyse Pinch : pour une Utilisation Efficace de l’Energie, de l’Eau et de l’Hydrogène’’, Natural
Resources, Canada

 [6] ‘‘Chapter 5: part I, The Pinch (Heat Integration)’’, Universiti Teknologi Malaysia (UTM)

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8. Glossaire

C
C : voir débit de capacité calorifique
Cible de consommation minimale d’énergie : marge de consommation minimale d’énergie
Cible financière : maximum investissement pour intégrer les projets d’économie d’eau et
d’énergie identifiés.
Courant : mouvement de matière ou écoulement de fluide dans un procédé.
Courbes composites : courbe enthalpie – température permettant d’identifier la cible minimale
de consommation d’énergie
Courbe Grand composite : courbe composite modifiée permettant de dégager la charge
énergétique de chaque utilité lorsque plusieurs utilités sont mises en jeux
D
débit de capacité calorifique (en W/K) : le produit du débit masse m (en kg/s) et la chaleur
massique à pression constante Cp (en J/kg/K) du courant mis en jeu entre deux températures
T1 et T2.
ΔTmin : écart minimum de température entre la courbe composite chaude et la courbe
composite froide.
E
Echangeur de chaleur : système qui permet de transférer un flux de chaleur d’un fluide chaud
à un flux froid à travers une paroi en contact direct entre les deux fluides.
effluent: qui s’écoule en dehors (fluide) – eaux usées.

8. Glossaire …

F
Flow Sheet : de l’anglais ; désignant le schéma synoptique de l’installation et de
l’enchaînement des opérations du procédé
P
Point de pincement (Pinch point) : point où l’écart entre la courbe composite chaude et la
courbe composite froide est égal à ΔTmin
Procédé : enchaînement des phases successives d'une opération de traitement ou de
fabrication d'un produit industriel.
R
Réacteur chimique : c’est une enceinte (en chimie) ou récipient apte à la réalisation
et l'optimisation de réactions chimiques .
Retrofit : de l’anglais (modifier ou réajuster), désigne une installation existante à l’opposé d’une
nouvelle conception
U
Utilité : fluide extérieur utilisé pour chauffer ou refroidir un courant de procédé

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