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Avis CNC 172/1 - Intégration des comptes

d'une succursale établie à l'étranger 


I. Introduction
II. Intégration dans la comptabilité du siège des opérations de la succursale
III. Conversion en euros des comptes de la succursale lors de leur intégration dans la comptabilité du
siège
IV. Eliminations internes
A. Elimination de créances et dettes réciproques 
B. Elimination des résultats sur opérations internes 
V. Exemples pratiques
A. Exemple 1 : couverture des comptes monétaires
1. A la fin de la première période (x), la £ vaut 1,1 €
1. Bilan de la succursale en £ (période x)
2. Compte de résultats de la succursale en £ (période x)
3. Bilan du siège avant intégration en € (période x)
4. Bilan du siège après intégration en € (période x)
5. Compte de résultats intégré en € (période x)
2. La monnaie locale se déprécie par rapport à celle du siège ; à  la fin de la période x+1,
le cours de la £ est de 1 €
1. Incidence de la dépréciation de la £ sur les comptes intégrés en € pour la
période x
2. Les flux de la succursale en £ pour la période x+1
3. Bilan du siège après intégration en € (période x+1) 
4. Compte de résultats intégré en € (période x+1)
3. La monnaie locale s’apprécie par rapport à celle du siège ;  à la fin de la période x+1,
le cours de la £ est de 1,2 €
1. Incidence de la dépréciation de la £ sur les comptes intégrés en € pour la
période x
2. Les flux de la succursale en £ pour la période x+1
3. Bilan du siège après intégration en € (période x+1)
4. Compte de résultats intégré en € (période x+1)
B. Exemple 2 : Absence de couverture 
1. A la fin de première période , la £ vaut 1,1 €
1. Bilan de la succursale en £ (période x)
2. Compte de résultats de la succursale en £ (période x)
3. Bilan du siège avant intégration en € (période x)
4. Bilan du siège après intégration en € (période x)
5. Compte de résultats intégré en € (période x)
2. La monnaie locale se déprécie par rapport à celle du siège ;  à la fin de la période x+1,
le cours de la £ est de 1 €
1. Incidence de la dépréciation de la £ sur les comptes intégrés en € pour la
période x
2. Les flux de la succursale en £ pour la période x+1
3. Bilan du siège après intégration en € (période x+1)
4. Compte de résultats intégré en € (période x+1)
3. La monnaie locale s'apprécie par rapport à celle du siège ; à  la fin de la période x+1,
le cours de la £ est de 1,2 €
1. Incidence de la dépréciation de la £ sur les comptes intégrés en € pour la
période x
2. Les flux de la succursale en £ pour la période (x+1)
3.  Bilan du siège après intégration en € (période x+1)
4. Compte de résultats intégré en € (période x+1)
C. Exemple 3 : couverture intégrale
1. A la fin de la première période, la £ vaut 1,1 €
1. Bilan succursale en £ (période x)
2. Compte de résultats de la succursale en £ (période x)    
3. Bilan du siège avant intégration en € (période x)
4. Bilan du siège après intégration en € (période x)
5. Compte de résultats intégré en € (période x)
2. La monnaie locale se déprécie par rapport à celle du siège ;  à la fin de la période x+1,
le cours de la £ est de 1 €
1. Incidence de la dépréciation de la £ sur les comptes intégrés en € pour la
période x     
2. Les flux de la succursale en £ pour la période x+1 
3. Bilan du siège après intégration en € (période x+1)
4. Compte de résultats intégré en € (période x+1)
3. La monnaie locale s'apprécie par rapport à celle du siège ;  à la fin de la période x+1,
le cours de la £ est de 1,2 €
1. Incidence de la dépréciation de la £ sur les comptes intégrés en € pour la
période x 
2. Les flux de la succursale en £ pour la période x+1
3. Bilan du siège après intégration en € (période x+1)
4. Compte de résultats intégré en € (période x+1)       
VI. Conclusion

Introduction
Sous l'angle du droit civil et du droit commercial, la succursale d'une entreprise fait partie intégrante de celle-
ci. Les opérations, avoirs, dettes, engagements, produits et charges de la succursale sont des opérations, avoirs,
dettes, engagements, produits et charges de l'entreprise elle-même. 

Il s'ensuit qu'il n'y a pas de véritables créances et dettes réciproques ni de produits ou de charges afférents aux
opérations internes réciproques intervenues entre le siège et les succursales - ou entre succursales - d'une même
entreprise. 

Il est toutefois de pratique courante et, fréquemment d'ailleurs, de bonne gestion, de doter les succursales d'une
personnalité comptable distincte visant à identifier dans la comptabilité interne de l'entreprise, ce qui se
rattache à une succursale déterminée. On vise par là à mieux identifier les résultats et les responsabilités de
gestion au niveau de la succursale. 

Il est fréquent dans de tels cas d'ouvrir dans les comptes de la succursale comme dans ceux du siège un «
compte de relation ». Dans les comptes de la succursale, le compte de relation fonctionne généralement comme
un compte courant et traduit les ressources mises par le siège à disposition de la succursale, soit au titre de
financement durable de son infrastructure, soit pour ses besoins courants de trésorerie. Il n'est pas exclu
toutefois que dans les comptes de la succursale, le compte de relation présente un solde débiteur. Dans la
comptabilité du siège, le compte de relation est destiné à enregistrer les mouvements comptables qui seront
définitivement affectés lors de la prochaine intégration des opérations de la succursale. Il fonctionne comme un
compte transitoire.
Le compte de relation n'est pas à confondre avec le compte de liaison qui, depuis l'arrêté royal du 18 décembre
2015 transposant la directive 2013/34/UE1, remplace l'intitulé de la rubrique « Capital souscrit » au niveau des
comptes annuels internes des succursales belges de sociétés de droit étranger et comporte « les moyens propres
affectés durablement par la [société de droit étranger] à l'activité de ses succursales (...) en Belgique »2.  

Aucun problème de principe3 ne se pose en matière de comptabilité et de comptes annuels lorsque le siège et
la succursale d'une même entreprise se situent à l'intérieur d'un même Etat. 

La situation est différente lorsque la succursale est située dans un autre Etat que celui du siège. Très
fréquemment, en ce cas, la succursale sera tenue, en vertu de la législation de l'Etat où elle est établie, non
seulement de tenir une comptabilité distincte pour les activités qui lui sont rattachées, mais aussi de tenir cette
comptabilité selon les règles applicables dans cet Etat et dans la monnaie de cet Etat. L'intégration des comptes
de cette succursale établie à l'étranger dans la comptabilité et dans les états financiers de synthèse de
l'entreprise en cause peut dès lors poser des problèmes de retraitement et de conversion. 

La nécessité d'un retraitement résultera principalement de l'application par la succursale de règles d'imputation
comptable, d'intitulés de comptes et d'évaluation en vigueur dans l'Etat d'établissement, qui sont différentes des
règles et principes applicables dans l'Etat du siège. S'agissant de problèmes spécifiques, il n'en sera pas traité
dans le présent avis. 

Un retraitement pourra aussi s'imposer en vue d'éliminer les relations comptables réciproques entre le siège et
la succursale ainsi que les résultats afférents aux opérations réciproques internes intervenues entre le siège et la
succursale (ou entre les succursales d'une même entreprise). Cet aspect sera examiné ci-après, sous le point
IV. 

Intégration dans la comptabilité du siège des opérations de


la succursale
L'arrêté royal du 12 septembre 1983 portant exécution de la loi du 17 juillet 1975 relative à la comptabilité des
entreprises prévoit, en son article 4, ce qui suit en ce qui concerne l'intégration dans la comptabilité du siège,
des opérations des succursales établies à l'étranger : 

« Les opérations d'une succursale (...) établi[e] à l'étranger d'une entreprise de droit belge, qui font l'objet dans
ce pays d'une inscription dans un système distinct de journaux et de comptes peuvent ne pas être comprises
dans l'écriture récapitulative prévue à l'article [III.84 du Code de droit économique], lorsque la comptabilité de
cette succursale (...) est tenue conformément aux règles ou usages en vigueur dans ce pays étranger, adaptée le
cas échéant en vue de l'application de l'alinéa 2. 

Les soldes des comptes de cette succursale (...) sont intégrés au moins semestriellement dans la comptabilité
centrale de l'entreprise ». 

Par ce texte, le droit comptable belge reconnaît la spécificité des succursales établies à l'étranger et leur
accorde une certaine autonomie comptable sous l'angle des règles matérielles qui gouvernent la tenue de la
comptabilité. 

Il prévoit leur intégration dans la comptabilité centrale chaque semestre au moins, en lien avec l'état semestriel
qui, dans les sociétés de capitaux, doit être remis aux commissaires. Il s'agit toutefois d'une règle minimale. Il
est évident qu'un meilleur suivi des opérations et une couverture plus fine des aspects de financement
requerront souvent l'intégration des comptes de la succursale selon une fréquence plus élevée. 
Le texte susvisé de l'arrêté parle de l'intégration des soldes des comptes de la succursale. Cette expression ne
paraît pas la plus adéquate étant donné que la comptabilité est appelée à enregistrer des opérations et des
mutations et non seulement des soldes. Il est dès lors proposé d'interpréter ce texte comme visant les flux des
opérations et des mutations de la période afférents à la succursale. 

Conversion en euros des comptes de la succursale lors de


leur intégration dans la comptabilité du siège
Comme mentionné ci-dessus, la comptabilité de la succursale établie à l'étranger sera normalement tenue dans
la monnaie de ce pays. Les actifs et passifs non monétaires y seront exprimés dans cette devise. Il en sera de
même des actifs et passifs monétaires (y compris les comptes de relation et de liaison), même si ces actifs et
passifs sont libellés en une autre devise. Les produits et les charges seront, dans la comptabilité de la
succursale, également actés en monnaie locale. 

Au moment de leur intégration dans la comptabilité du siège central de l'entreprise de droit belge, ces comptes
devront être transposés dans la monnaie de celle-ci, à savoir l'euro.

Pas plus qu'il ne règle la conversion dans les comptes annuels, des opérations, des avoirs et des engagements
en devises, l'AR C.Soc. ne règle la conversion, dans les comptes annuels, des comptes des succursales établies
à l'étranger. 

La Commission a dès lors décidé, dans le prolongement de l'avis CNC 152/1 relatif à la conversion des
opérations, avoirs et engagements en devises4, de publier un avis au sujet de la conversion des comptes de
succursales établies à l'étranger, dans les comptes statutaires des entreprises de droit belge. 

Les approches les plus généralement admises par la doctrine internationale pour l'intégration des états
financiers étrangers sont, d'une part, la méthode monétaire/non monétaire et, d'autre part, la méthode du cours
de clôture/investissement net.

L'arrêté royal du 6 mars 1990 relatif aux comptes consolidés des entreprises a, en son article 42 5, admis l'usage
de l'une comme de l'autre de ces deux méthodes pour les besoins de la consolidation. Le rapport au Roi qui
précède cet arrêté a souligné que la première de ces méthodes était davantage justifiée dans  le cas des filiales
dont l'activité était fortement intégrée dans celle de la société mère, tandis que la seconde était davantage
indiquée pour des filiales « indépendantes ». 

En ce qui concerne l'incorporation dans les comptes statutaires des opérations des succursales établies à
l'étranger, il résulte d'une étude effectuée par le Forum consultatif de la comptabilité, institué auprès de la
Commission européenne6, que la pratique de quelques Etats membres de l'Union européenne est basée sur la
même distinction entre succursales intégrées et succursales non intégrées, avec les mêmes conséquences sous
l'angle du traitement comptable. Toutefois, dans un nombre important d'Etats membres de l'Union, la méthode
monétaire/non monétaire est la seule qui soit admise ou appliquée dans les comptes statutaires. 

Ces deux méthodes sont décrites quant à leur principe et à leurs conséquences sous l'angle du traitement
comptable, respectivement aux paragraphes 1er et 2 de l'article 132 de l'AR C.Soc.

Elles sont, en résumé, rappelées ci-après : 

1. selon la méthode monétaire/non monétaire, les opérations réalisées par la succursale et les risques
monétaires qui y sont liés sont traités comme s'il s'agissait d'opérations conclues directement par le
siège. Les postes non monétaires (ainsi que les amortissements et les réductions de valeurs qui y sont
afférents) sont comptabilisés à leur valeur d'acquisition, convertie au cours de conversion applicable à
la date d'acquisition. Les postes monétaires sont convertis au cours de clôture, sauf s'ils ont fait l'objet
d'une opération de couverture spécifique ; en ce dernier cas, ils sont convertis au cours de l'opération
de couverture. Les résultats sont convertis soit au cours de conversion applicable à la date où ils ont
été constatés, soit à un cours moyen de période ou à un cours moyen de l'exercice. Quant au traitement
comptable des écarts de conversion, l'article 132, § 2, de l'AR C.Soc. prévoit que, dans les comptes
consolidés, les écarts de conversion sont, en principe, portés au compte de résultats, mais qu'ils
peuvent toutefois être traités selon les méthodes adoptées par l'entreprise consolidante pour le
traitement des écarts de conversion dans ses comptes annuels. On rappellera à cet égard que, dans
son avis CNC 152/1, la Commission, sans exclure la prise en résultats de tous les écarts de conversion,
tant positifs que négatifs, a retenu comme traitement préférentiel dans les comptes annuels, que les
écarts de conversion constatés séparément par devise soient, en vertu du principe de prudence, portés
en résultats s'ils représentent une perte potentielle, et soient reportés s'ils représentent un bénéfice
potentiel. On relèvera toutefois que, dans le même avis, la Commission a considéré qu'il pouvait être
de gestion prudente de couvrir par des emprunts appropriés en monnaie étrangère des actifs non
monétaires (immobilisations, participations ou stocks), lorsque ceux-ci - de par l'environnement dans
lequel ils se situent - généreront normalement un cash flow en cette monnaie étrangère, et non en
euros. L'entreprise est dès lors couverte, en termes économiques, contre les fluctuations
monétaires. Dans cette approche, ces actifs sont considérés et traités comme des actifs monétaires et
les fluctuations monétaires de ces actifs sont compensées par les fluctuations monétaires des
ressources qui y sont liées. Le remboursement total ou partiel de l'emprunt fige le cours de conversion
sur la portion de l'actif non monétaire qui n'est plus couverte. Cet avis relatif aux opérations de
l'entreprise comme telle est également applicable aux opérations des succursales. 
2. Selon la méthode du cours de clôture/investissement net, tous les éléments d'actif et de passif, tant
monétaires que non monétaires, sont convertis au cours de clôture. Aucun écart de conversion n'est
dès lors dégagé sur les éléments d'actif et de passif, sauf en ce qui concerne les capitaux propres de
l'établissement étranger. Les écarts de conversion qui résultent de la conversion de la situation nette en
début de période de l'établissement étranger, à un taux différent de celui qui avait été utilisé
auparavant, sont considérés comme une modification de l'investissement net et sont imputés au titre
d'écart de conversion, aux capitaux propres de l'entreprise consolidante. Sont pareillement portés aux
capitaux propres de l'entreprise consolidante, les écarts de conversion qui résultent de l'usage du
cours de clôture au bilan consolidé et d'un taux différent pour la conversion des résultats de
l'établissement étranger. 

De l'avis de la Commission, la méthode monétaire/non monétaire, doit de préférence être adoptée pour
l'intégration, dans les comptes statutaires des entreprises de droit belge, des comptes des succursales qu'elles
ont établies à l'étranger. Il apparaît des renseignements que la Commission a pu obtenir à ce sujet mais sans
qu'elle prétende avoir pu procéder à une enquête exhaustive à cet effet - que c'est cette méthode qui, dans la
pratique, est la seule utilisée dans ce contexte par les entreprises de droit belge, et notamment par celles qui
détiennent à l'étranger des succursales très importantes, disposant d'une autonomie de gestion fort large. Par
ailleurs, cette méthode est la plus cohérente avec le traitement dans les comptes statutaires de l'entreprise de
droit belge de ses opérations et de ses avoirs, dettes et engagements en devises, tel qu'il est préconisé dans
l'avis CNC 152/1. 

Enfin, dans la mesure où la logique de la méthode du cours de clôture/investissement net implique l'imputation
directe de certains écarts de conversion aux capitaux propres, la question se pose de sa compatibilité avec les
dispositions relatives aux comptes statutaires de l'AR C.Soc. et de la directive 2013/34/UE7. Aucune de ces
dispositions ne prévoit, en effet, une rubrique sous les capitaux propres destinée à recueillir ces écarts de
conversion. Le poste « écarts de conversion » ne constitue pas une réserve et ne correspond pas à leur modalité
de constitution. Il importe, dans ce contexte, de souligner que, dans les comptes intégrés du siège, la
détermination des avoirs et engagements en devises et des écarts de conversion ainsi que leur traduction
comptable doivent tenir compte de la situation globale, intégrée, de l'entreprise en cause. Ainsi, par exemple,
une position à la hausse sur une devise au niveau de la succursale devra être compensée avec une position à la
baisse sur la même devise au niveau du siège, ou être neutralisée dans la mesure où il y a une opération de
couverture conclue au niveau du siège. 

Eliminations internes
Afin de dégager une image fidèle de l'activité de l'entité économique formée par le siège et ses succursales, il
convient de ne retenir, dans l'intégration des flux générés par ces dernières, que les éléments actifs et passifs,
sur et envers les tiers, ainsi que les résultats d'opérations réalisées avec les tiers. 

Elimination de créances et dettes réciproques 


Les créances et les dettes réciproques entre le siège (compte de relation relatif aux opérations à imputer) et ses
succursales et entre les succursales elles-mêmes doivent être éliminées. 

Elimination des résultats sur opérations internes 


Sont éliminés du compte de résultats : 

1. les produits et les charges réciproques afférents aux opérations internes effectuées entre le siège et ses
succursales ou entre les succursales d'une même entreprise ;
2. les bénéfices et les pertes inclus dans la valeur d'un actif figurant au bilan du siège ou de  la succursale,
acquis d'une autre succursale de l'entreprise. 

Exemples pratiques
Pour illustrer l'intégration des opérations de la succursale dans les comptes du siège par application de la
méthode monétaire/non monétaire, divers exemples sont traités ci-après selon le mode et la monnaie de
financement de la succursale et selon que la monnaie locale se déprécie ou se valorise par rapport à la monnaie
du siège. 

Les trois exemples développés ci-après concernent une société ayant son siège en Belgique qui a établi à
Londres une succursale dont la monnaie fonctionnelle est la livre sterling (£).

L'exemple 1 est caractérisé par une couverture des comptes monétaires, l'exemple 2 par une absence de
couverture et l'exemple 3 par une couverture intégrale.

Dans chaque exemple, trois cas de figure sont envisagés : (i) le cours de la monnaie locale ne varie pas par
rapport à celle du siège, (ii) la monnaie locale se déprécie par rapport à celle du siège et (iii) la monnaie locale
s'apprécie par rapport à celle du siège.

Remarques préalables

Afin de simplifier les exemples, nous avons considéré que :

 le siège n’a pas d’activité propre ;


 la succursale ne réalise pas de résultat ;
 le siège vend « at cost » les marchandises à la succursale (il n’y a donc pas lieu d’opérer des
retraitements sur les stocks de la succursale lors de son intégration dans les comptes du siège) ;
 aucune charge financière n’a été enregistrée.

Exemple 1 : couverture des comptes monétaires


Les actifs non monétaires de la succursale sont financés dans la monnaie du siège. Ce financement est
réalisé en l'espèce par affectation à due concurrence par la société de droit belge à sa succursale, via le compte
de liaison, d'une fraction de ses capitaux propres. Les actifs monétaires de la succursale sont financés dans la
monnaie fonctionnelle de la succursale (£) ou sont couverts en cette monnaie. La société de droit belge n’est
dès lors pas en « position de change ».

A la fin de la première période (x), la £ vaut 1,1 €

Les flux comptables à intégrer sont les suivants :

Bilan de la succursale en £ (période x)

Actif Passif

Immobilisé  6.000.000 Compte de liaison  6.950.000

Amortissements  (50.000) Dettes financières8 2.000.000

Stocks 1.000.000 Dettes commerciales 1.000.000

Créances commerciales  3.550.000 Autres dettes  550.000

  10.500.000   10.500.000

Compte de résultats de la succursale en £ (période x)

Chiffre d’affaires 10.000.000

Achats de marchandises (7.500.000)


Variations des stocks   1.000.000

Services et biens divers (1.500.000)

Rémunérations & charges sociales (1.950.000)

Amortissements  (50.000)

  0

Bilan du siège avant intégration en € (période x)

Actif Passif

Compte de liaison9 7.645.000 Capital  7.720.000

Banque  75.000    

   7.720.000     7.720.000

Bilan du siège après intégration en € (période x)

Actif Passif

Immobilisé10 6.600.000 Capital  7.720.000

Amortissements11    (55.000)  Résultat reporté -


Stocks12  1.100.000 Dettes financières13 2.200.000

Créances 3.905.000 Dettes 1.100.000


commerciales14 commerciales15

Banque 75.000 Autres dettes16   605.000

   11.625.000     11.625.000 

Compte de résultats intégré en € (période x)

  £     €

Chiffre d’affaires 10.000.000 11.000.000

Achat de marchandises  (7.500.000) (8.250.000)

Variations des stocks 1.000.000 1.100.000

Services & biens divers (1.500.000)  (1.650.000)

Rémunérations & charges sociales    (1.950.000)   (2.145.000)

Amortissements    (50.000) (55.000)

  0 0
La monnaie locale se déprécie par rapport à celle du siège ; à la fin de la période x+1, le cours de la £ est de 1 €

Incidence de la dépréciation de la £ sur les comptes intégrés en € pour la période x

  Débit Crédit

Ecarts de conversion/créances commerciales17 355.000  

Dettes commerciales   100.000  

Dettes financières 200.000  

Autres dettes  55.000   

Ecarts de conversion/dettes commerciales18   100.000

Ecarts de conversion/dettes financières19   200.000

Ecarts de conversion/autres dettes20      55.000

Créances commerciales    355.000

  710.000  710.000

Remarque
La dépréciation de la £ ne dégage aucun écart de conversion dans la mesure où les dettes financières en £
couvrent parfaitement les actifs monétaires dans la même devise. Les écarts de conversion négatifs et
positifs se compensent.

Les flux de la succursale en £ pour la période x+1

  Débit Crédit
Dettes commerciales  500.000  

Créances commerciales 150.000  

Compte de liaison   550.000  

Stocks    500.000

Amortissements     50.000

Autres dettes   150.000

Dettes financières   500.000

Chiffre d’affaires   10.000.000

Variations des stocks   500.000  

Achats de marchandises   6.000.000  

Services & biens divers  1.500.000  

Rémunérations & charges sociales 1.950.000  

Dotations aux amortissements 50.000  

  11.200.000 11.200.000

Bilan du siège après intégration en € (période x+1) 


Actif Passif

Immobilisé21  6.600.000 Capital  7.720.000

Résultat reporté (55.000)


Amortissements22 (110.000)

Stocks23  550.000 Dettes financières24 2.750.000


Créances commerciales25 4.070.000 Dettes 550.000
commerciales26
Banque 625.000 Autres dettes27   770.000
  11.735.000   11.735.000

Remarque

Le résultat du siège est toutefois influencé par l’application du cours historique sur les amortissements et sur
les prélèvements sur stocks.

Compte de résultats intégré en € (période x+1)

   £ €

Chiffre d’affaires 10.000.000  10.000.000

Achats de marchandises (6.000.000) (6.000.000)

Variations des stocks  (500.000) (550.000)

Services & biens divers (1.500.000) (1.500.000)

Rémunérations & charges sociales   (1.950.000) (1.950.000)

Dotations aux amortissements (50.000) (55.000)


  0 (55.000)

Remarques

La perte de la période dégagée au niveau du siège, alors que le résultat de la succursale est nul, se décompose
comme suit :

* Amortissements, sur base du cours historique, de l’actif  (5.000)


immobilisé28 

* Prélèvements sur des stocks valorisés en fonction de la (50.000) 


méthode LIFO et évalués sur base du cours historique29  

  (55.000)

L’application de la méthode FIFO pour la valorisation des stocks aurait amené une perte supplémentaire de
50.000 €. L’ensemble du stock aurait été évalué à 1 €/£. En système LIFO, le stock de £ 500.000 reste évalué
au cours historique (1,1 €/£) dans la mesure où ce prix en euros n’excède pas sa valeur de marché.

Les effets de la dépréciation de la £ sur les comptes du siège sont pris en compte de résultats :

 immédiatement en ce qui concerne les comptes monétaires (prise en charge des pertes potentielles) ;
 sur base de la période d’amortissement de l’immobilisé et ce, au travers du compte de dotation aux
amortissements ;
 en fonction de la méthode de valorisation des sorties de stocks (LIFO, FIFO, prix moyen pondéré) au
travers des comptes de variations des stocks.

La monnaie locale s’apprécie par rapport à celle du siège ; à la fin de la période x+1, le cours de la £ est de 1,2

Incidence de la dépréciation de la £ sur les comptes intégrés en € pour la période x

  Débit Crédit

Ecarts de conversion/créances commerciales30   355.000

Dettes commerciales     100.000


Dettes financières     200.000

Autres dettes   55.000

Ecarts de conversions/dettes commerciales31 100.000  

Ecarts de conversions/dettes financières32 200.000  

Ecarts de conversions/autres dettes33  55.000  

Créances commerciales 355.000  

  710.000 710.000

 Remarque

L’appréciation de la £ ne dégage aucun écart de conversion dans la mesure où les dettes financières en £
couvrent parfaitement les actifs monétaires dans la même devise. Les écarts de conversion négatifs et positifs
se compensent.

Les flux de la succursale en £ pour la période x+1

  Débit Crédit

Dettes commerciales 500.000  

Créances commerciales 150.000  

Compte de liaison 550.000  

Stocks   500.000
Amortissements   50.000

Autres dettes    150.000

Dettes financières   500.000

Chiffre d’affaires   10.000.000

Variations des stocks  500.000  

Achats de marchandises   6.000.000  

Service & biens divers 1.500.000  

Rémunérations & charges sociales 1.950.000  

Dotations aux amortissements 50.000  

  11.200.000 11.200.000

Bilan du siège après intégration en € (période x+1)

Actif Passif

Immobilisé34  6.600.000  Capital  7.720.000

Amortissements35 (110.000)  Résultat reporté   55.000

Stocks36 550.000 Dettes financières37  3.000.000


Créances 4.440.000 Dettes 600.000
commerciales38 commerciales39

Banque  4.731.000 Autres dettes40  840.000

  12.215.000   12.215.000 

Remarque

Le résultat du siège est toutefois influencé par l’application du cours historique sur les amortissements et les
prélèvements sur stocks.

Compte de résultats intégré en € (période x+1)

   £ €

Chiffre d’affaires  10.000.000  12.000.000

Achats de marchandises (6.000.000) (7.200.000)

Variations de stocks (500.000) (550.000)

Services & biens divers (1.500.000)  (1.800.000)

Rémunérations & charges sociales (1.950.000) (2.340.000)

Dotation aux amortissements   (50.000)  (55.000)

  0 55.000
Remarques

Le gain de la période dégagé au niveau du siège, alors que le résultat de la succursale est nul, se décompose
comme suit :

* Amortissements, sur base du cours historique,de l’actif 5.000


immobilisé41

* Prélèvements sur les stocks valorisés en fonction de la méthode 50.000


LIFO et évalués sur base du cours historiques42

  55.000

L’application de la méthode FIFO pour la valorisation des stocks aurait amené un gain supplémentaire de
50.000 €. L’ensemble du stock aurait été évalué à 1,2 €/£. En système LIFO, le stock reste évalué au cours
historique (1,1 €/£).

Les effets de l’appréciation de la  £ sur les comptes du siège sont pris en compte de résultats : 

 lors de la réalisation des dettes et des créances monétaires, les écarts de conversion étant comptabilisés
en compte transitoire ;
 sur base de la période d’amortissement de l’immobilisé et ce, au travers du compte de dotations aux
amortissements ;
 en fonction de la méthode de valorisation des stocks (LIFO, FIFO, prix moyen pondéré) au travers des
comptes de Variation des stocks.

Exemple 2 : Absence de couverture 


Les actifs non monétaires de la succursale et une partie de ses actifs monétaires sont financés dans la monnaie
du siège (€). Ce financement est réalisé en l'espèce par affectation à due concurrence par la société de droit
belge à sa succursale, via le compte de liaison, d'une fraction de ses capitaux propres ou d’emprunts contractés
par la société en euros. Les actifs monétaires sont, pour partie seulement, financés par des dettes libellées dans
la monnaie fonctionnelle de la succursale (£). La société de droit belge est, dès lors, en « position à la hausse »
sur la monnaie fonctionnelle de la succursale.

A la fin de première période , la £ vaut 1,1 €

Les flux comptables à intégrer sont les suivants :

Bilan de la succursale en £ (période x)

Actif Pas
Immobilisé  6.000.000 Compte de liaision  8.950.0

Amortissements   (50.000) Résultat reporté

Stocks  1.000.000 Dettes 1.000.0


commerciales 

Créances  3.550.000 Autres dettes 550.0


commerciales

  10.500.000   10.500.0

Compte de résultats de la succursale en £ (période x)

Chiffre d’affaires 10.000.000

Achats de marchandises (7.500.000)

Variations des stocks  1.000.000

Services & biens divers  (1.500.000)

Rémunérations & charges sociales (1.950.000)

Amortissements (50.000)

  0
Bilan du siège avant intégration en € (période x)

Actif Passif

Compte de liaison43  9.845.000  Capital   7.720.000

     Dettes financières 2.125.000

  9.845.000   9.845.000

Bilan du siège après intégration en € (période x)

Actif Pas

Immobilisé44   6.600.000 Capital   7.720.0

Amortissements45   (55.000) Dettes financières 2.125.0

Stocks46  1.100.000 Dettes 1.100.0


commerciales47 

Créances   3.905.000 Autres dettes49 605.0


commerciales48  

  11.550.000   11.550.0

Compte de résultats intégré en € (période x)

   £ €

Chiffre d’affaires   10.000.000  11.000.000


Achat de marchandises (7.500.000) (8.250.000)

Variations des stocks 1.000.000 1.100.000

Services & biens divers   (1.500.000)  (1.650.000)

Rémunérations & charges sociales (1.950.000)  (2.145.000)

Amortissements (50.000) (55.000)

  0 0

La monnaie locale se déprécie par rapport à celle du siège ; à la fin de la période x+1, le cours de la £ est de 1 €

Incidence de la dépréciation de la £ sur les comptes intégrés en € pour la période x

  Débit Crédit

Ecarts de conversions/créances commerciales50 355.000  

Dettes commerciales   100.000  

Autres dettes   55.000  

Ecarts de conversions/dettes commerciales51   100.000

Ecarts de conversions/autres dettes52   55.000


Créances commerciales        355.000

  510.000  510.000 

Remarque

Dans la mesure où les comptes monétaires de la succursale ne font l’objet d’aucune couverture, le siège prend
en charge les écarts de conversion résultant de la dépréciation de la £, soit 355.000 € d’écarts de conversion
négatifs sur les créances commerciales et 155.000 € d’écarts de conversion positifs sur les dettes commerciales
et les autres dettes.

Les flux de la succursale en £ pour la période x+1

  Débit Crédit

Dettes commerciales 500.000  

Créances commerciales 150.000  

Compte de liaison  50.000   

Stocks    500.000

Amortissements   50.000

Autres dettes   150.000

Chiffre d’affaires   10.000.000

Variations des stocks   500.000  

Achats de marchandises  6.000.000  


Services & biens divers 1.500.000  

Rémunérations & Charges sociales  1.950.000  

Dotations aux amortissements   50.000  

  10.700.000 10.700.000

Bilan du siège après intégration en € (période x+1)

Actif Pas

Immobilisé53   6.600.000  Capital  7.720.0

Amortissements54 (110.000) Résultat reporté (255.00

Stocks55    550.000 Dettes financières 2.075.0

Créances 3.700.000  Dettes 500.0


commerciales56 commerciales57

    Autres dettes58   700.0

  10.740.000   10.740.0

Remarque

Le résultat du siège est toutefois influencé par l’application du cours historique sur les amortissements et sur
les prélèvements sur stocks.
Compte de résultats intégré en € (période x+1)

   £  €

Chiffre d’affaires  10.000.000  10.000.000

Achats de marchandises (6.000.000) (6.000.000)

Variations des stocks (500.000) (550.000)

Services & biens divers (1.500.000) (1.500.000)

Rémunérations & charges sociales  (1.950.000) (1.950.000)

Dotations aux amortissements (50.000) (55.000)

Ecarts de conversion      (200.000)

  0 (255.000)

Remarques

La perte de la période dégagée au niveau du siège, alors que le résultat de la succursale est nul, se décompose
comme suit :

* Amortissements, sur base du cours historiques,de l’actif (5.000)


immobilisé59

* Prélèvements sur des stocks valorisés en fonction de la (50.000)


méthode LIFO et évalués sur base du cours historique60 

* Ecarts de conversion sur les comptes monétaires  (200.000)


  (255.000)

L’application de la méthode FIFO pour la valorisation des stocks aurait amené une perte supplémentaire de
50.000 €. L’ensemble du stock aurait été évalué à 1 €/£. En système LIFO, le stock de £ 500.000 reste évalué
au cours historique (1,1 €) dans la mesure où ce prix en euros n’excède pas sa valeur de marché.

Les effets de la dépréciation de la £ sur les comptes du siège sont pris en compte de résultats :

 immédiatement en ce qui concerne les comptes monétaires (prise en charge des pertes potentielles) ;
 sur base de la période d’amortissement de l’immobilisé et ce, au travers du compte de dotation aux
amortissements ;
 En fonction de la méthode de valorisation des sorties de stocks (LIFO, FIFO, prix moyen pondéré) au
travers des comptes de Variations des stocks.

La monnaie locale s'apprécie par rapport à celle du siège ; à la fin de la période x+1, le cours de la £ est de
1,2 €

Incidence de la dépréciation de la £ sur les comptes intégrés en € pour la période x

  Débit Crédit

Ecarts de conversions/créances commerciales   155.000


limités61 

Dettes commerciales    100.000

Autres dettes    55.000

Créances commerciales   355.000  

Ecarts de conversions/dettes commerciales62 100.000  

Ecarts de conversions/autres dettes63 55.000  


Compte de régularisation    200.000

  510.000 510.000

Remarque

Dans la mesure où le siège a gardé une position en £ et où les comptes monétaires de la succursale n'ont fait
l'objet d'aucune couverture, la société bénéficie de l'appréciation de la £. La compensation des écarts de
conversion positifs (355.000 €) et négatifs (155.000 €) donne un solde bénéficiaire de 200.000 € comptabilisé
en compte de régularisation.  

Les flux de la succursale en £ pour la période (x+1)

  Débit Crédit

Dettes commerciales   500.000  

Créances commerciales   150.000  

Compte de liaison  50.000  

Stocks     500.000

Amortissements    50.000

Autres dettes    150.000

Chiffre d’affaires    10.000.000

Variations des stocks 500.000   

Achats de marchandises 6.000.000  


Service & biens divers    1.500.000  

Rémunérations & Charges sociales  1.950.000  

Dotations aux amortissements    50.000  

  10.700.000 10.700.000

 Bilan du siège après intégration en € (période x+1)

Actif Passif

Immobilisé64 6.600.000 Capital 7.720.000

Amortissements65 (110.000) Résultat reporté  55.000

Stocks66 550.000 Dettes financières 2.065.000

Créances commerciales67 4.440.000 Dettes commerciales68 600.000

    Autres dettes69 840.000

    Transitoires 200.000

  11.480.000    11.480.000

Remarque
Le résultat du siège est toutefois influencé par l'application du cours historique sur les amortissements et les
prélèvements sur stocks.

Compte de résultats intégré en € (période x+1)

   £ €

Chiffre d’affaires  10.000.000 12.000.000

Achats de marchandises   (6.000.000)  (7.200.000)

Variations des stocks (500.000) (550.000)

Services & biens divers (1.500.000)  (1.800.000)

Rémunérations & charges sociales  (1.950.000) (2.340.000)

Dotation au amortissements  (50.000) (55.000)

  0 55.000

Remarques

Le gain de la période dégagé au niveau du siège, alors que le résultat de la succursale est nul, se décompose
comme suit :

* Amortissements, sur base du cours historique, de l’actif 5.000


immobilisé70  

* Prélèvements sur les stocks valorisés en fonction de la méthode 50.000


LIFO et évalués sur base du cours historique71

   55.000
L’application de la méthode FIFO pour la valorisation des stocks aurait amené un gain supplémentaire de
50.000 €. L’ensemble du stock aurait été évalué à 1,2 €/£. En système LIFO, le stock reste évalué au cours
historique (1,1 €/£).

Les effets de l’appréciation de la £ sur les comptes du siège sont pris en compte de résultats :

 lors de la réalisation des dettes et des créances monétaires, les écarts de conversion étant comptabilisés
en compte transitoire ;
 sur base de la période d’amortissement de l’immobilisé et ce, au travers du compte de dotations aux
amortissements ;
 en fonction de la méthode de valorisation des stocks (LIFO, FIFO, prix moyen pondéré) au travers des
comptes de variation des stocks.

Exemple 3 : couverture intégrale


Comme l’essentiel des flux financiers liés à l’activité de la succursale seront des flux en £, la société de droit
belge estime qu’il y a lieu de financer dans cette monnaie l’ensemble des actifs de la succursale, tant
monétaires que non monétaires.

A la fin de la première période, la £ vaut 1,1 €

 Les flux comptables à intégrer sont les suivants :

Bilan succursale en £ (période x)

Actif Passif

Immobilisé  6.000.000 Compte de liaison  8.950.000

Amortissements  (50.000) Dettes commerciales  1.000.000

Stocks   1.000.000 Autres dettes 550.000

Créances commerciales  3.550.000    

  10.500.000   10.500.000
Compte de résultats de la succursale en £ (période x)    

Chiffre d’affaires 10.000.000

Achats de marchandises  (7.500.000)

Variations des stocks 1.000.000

Services & biens divers (1.500.000)

Rémunérations & charges sociales  (1.950.000)

Amortissements (50.000)

  0

Bilan du siège avant intégration en € (période x)

Actif Passif

9.845.000 Capital 7.720.000


Compte de liaison72 

Banque  7.720.000 Dettes financières73 9.845.000


  17.565.000    17.565.000

Bilan du siège après intégration en € (période x)

Actif Passif
6.600.000   Capital    7.720.000
Immobilisé74

Amortissements75   (55.000) Résultat reporté -


Stocks76  1.100.000 Dettes financières77   9.845.000
Créances commerciales78 3.905.000  Dettes commerciales79 1.100.000
Placements de trésorerie 7.720.000 Autres dettes80 605.000
  19.270.000   19.270.000

Compte de résultats intégré en € (période x)

   £ €

Chiffre d’affaires 10.000.000 11.000.000

Achat de marchandises (7.500.000) (8.250.000)

Variations des stocks  1.000.000 1.100.000

Services & biens divers  (1.500.000) (1.650.000)

Rémunérations & charges sociales (1.950.000)  (2.145.000)

Amortissements   (50.000) (55.000)

  0 0

La monnaie locale se déprécie par rapport à celle du siège ; à la fin de la période x+1, le cours de la £ est de 1 €

Incidence de la dépréciation de la £ sur les comptes intégrés en € pour la période x     


  Débit Crédit

Ecarts de conversion/immobilisé81  600.000  

Ecarts de conversion/stocks82 100.000  

Ecarts de conversion/créances commerciales83 355.000  

Dettes commerciales  100.000  

Dettes financières 895.000  

Autres dettes 55.000  

Amortissements 5.000  

Ecarts de conversion/dettes commerciales84   100.000

Ecarts de conversion/dettes financières85   895.000

Ecarts de conversion/autres dettes86   55.000

Ecarts de conversion/amortissements87    5.000

Immobilisé   600.000

Stocks    100.000

Créances commerciales   355.000


  2.110.000 2.110.000

Remarque

La dépréciation de la £ n’a aucune incidence sur le compte de résultats du siège. La couverture des comptes
monétaires et non monétaires par un emprunt approprié a neutralisé les écarts de conversion dégagés sur les
comptes monétaires et non monétaires du bilan. 

Les flux de la succursale en £ pour la période x+1 

  Débit Crédit

Dettes commerciales  500.000  

Créances commerciales  150.000  

Compte de liaison  50.000  

Stocks   500.000

Amortissements    50.000

Autres dettes     150.000

Chiffre d’affaires      10.000.000

Variations des stocks 500.000  

Achats de marchandises   6.000.000  


Services & biens divers 1.500.000  

Rémunérations & charges sociales   1.950.000  

Dotations aux amortissements   50.000  

  10.700.000 10.700.000

Bilan du siège après intégration en € (période x+1)

Actif Passif

Immobilisé88 6.000.000   Capital  7.720.000

Amortissements89  (100.000) Résultat reporté  -

Stocks90 500.000  Dettes financières91  8.900.000

Créances commerciales92 3.700.000 Dettes commerciales93 500.000

Placements de trésorerie  7.720.000 Autres dettes94  700.000

  17.820.000   17.820.000 

Remarque

Le résultat du siège est toutefois influencé par l’application du cours historique sur les amortissements et sur
les prélèvements sur stocks.

Compte de résultats intégré en € (période x+1)


   £ €

Chiffre d’affaires 10.000.000 10.000.000

Achats de marchandises (6.000.000) (6.000.000)

Variations des stocks   (500.000) (500.000)

Services & biens divers  (1.500.000)  (1.500.000)

Rémunérations & charges sociales (1.950.000)   (1.950.000)

Dotations aux amortissements   (50.000)   (50.000)

  0 0

Remarque

Le siège n’a pas pris de position en £ et, de ce fait, la dépréciation de la devise de la succursale n’a pas
d’impact sur son compte de résultats. Le siège n’effectuera aucun retraitement sur la valorisation des stocks
quelle que soit la méthode de valorisation utilisée.

La monnaie locale s'apprécie par rapport à celle du siège ; à la fin de la période x+1, le cours de la £ est de
1,2 €

Incidence de la dépréciation de la £ sur les comptes intégrés en € pour la période x 

  Débit Crédit

Ecarts de conversions/immobilisé95    600.000

Ecarts de conversions/stocks96    100.000


Ecarts de conversions/créances commerciales97   355.000

Dettes commerciales    100.000

Dettes financiers   895.000

Autres dettes   55.000

Amortissements   5.000

Ecarts de conversions/dettes commerciales98    100.000  

Ecarts de conversions/dettes financières99 895.000  

Ecarts de conversions/autres dettes100  55.000  

Ecarts de conversions/amortissements101   5.000  

Immobilisé  600.000  

Stocks  100.000  

Créances commerciales 355.000  

  2.110.000 2.110.000

Remarque

L’appréciation de la £ n’a aucune incidence sur le compte de résultats du siège. La couverture des comptes
monétaires et non monétaires par un emprunt approprié a neutralisé les écarts de conversion dégagés sur les
comptes monétaires et non monétaires du bilan.
Les flux de la succursale en £ pour la période x+1

  Débit Crédit

Dettes commerciales  500.000  

Créances commerciales    150.000  

Compte de liaison  50.000  

Stocks    500.000

Amortissements    50.000

Autres dettes      150.000

Chiffre d’affaires       10.000.000

Variations des stocks  500.000   

Achats de marchandises 6.000.000  

Services & biens divers 1.500.000   

Rémunérations & charges sociales 1.950.000  

Dotations aux amortissements  50.000  

  10.700.000 10.700.000
Bilan du siège après intégration en € (période x+1)

Actif Passif

Immobilisé102 7.200.000 Capital 7.720.000

Amortissements103  (120.000) Résultat reporté -

Stocks104   600.000 Dettes financières105  10.680.000

Créances commerciales106  4.440.000 Dettes commerciales107 600.000

Placements de trésorerie 7.720.000 Autres dettes108  840.000

  19.840.000   19.840.000

Compte de résultats intégré en € (période x+1)       

   £ €

Chiffre d’affaires   10.000.000 12.000.000

Achats de marchandises  (6.000.000) (7.200.000)

Variations des stocks  (500.000) (600.000)

Services & biens divers (1.500.000) (1.800.000)

Rémunérations & charges sociales (1.950.000)  (2.340.000)


Dotation aux amortissements (50.000)  (60.000)

  0 0

Remarques

Le siège n’a pas pris de position en £. L’appréciation de la devise de la succursale n’a dès lors pas d’impact sur
le compte de résultats du siège. Le siège n’effectuera aucun retraitement sur la valorisation des stocks quelle
que soit la methode de valorisation utilisée.

Conclusion
L'arrêté royal du 12 septembre 1983 portant exécution de la loi du 17 juillet 1975 relative à la comptabilité des
entreprises prévoit que les soldes des comptes des succursales sont intégrés au moins semestriellement dans la
comptabilité centrale de l'entreprise. La Commission propose d'interpréter ce texte comme visant l'intégration
dans la comptabilité du siège des flux des opérations et des mutations de la période, afférents à la succursale. 

L'intégration semestrielle constitue un minimum. Le meilleur suivi des opérations de la succursale requerra de
façon générale une intégration selon une fréquence plus élevée. Une intégration mensuelle a pour conséquence
que les résultats de la succursale sont convertis au cours moyen de l'exercice. 

La conversion en euros, lors de leur intégration dans les comptes du siège, des comptes de la succursale tenus
dans la monnaie de l'Etat où cette succursale est située, s'opère selon la méthode monétaire/non monétaire.
Celle-ci est, semble-t-il, la plus pratiquée en Belgique. Elle paraît également la plus cohérente avec le droit
comptable belge. C'est également la méthode préconisée par le Forum consultatif de la comptabilité institué
auprès de la Commission européenne. 

Les écarts de conversion résultant des variations du cours de la monnaie fonctionnelle de la succursale par
rapport à l'euro, sont actés en résultats selon les principes suivants :

 selon le cas, en produits ou en charges, sur la durée résiduelle d'amortissement des immobilisations
incorporelles et corporelles ;
 selon le cas, en produits ou en charges, en fonction du système de valorisation des stocks ; 
 selon le cas, en produits ou en charges, lors de la réalisation des actifs et passifs monétaires ; 
 en fin de période, en cas de perte de change potentielle sur les actifs et passifs monétaires. 

Dans son avis CNC 152/1, la Commission a relevé qu'il est fréquent qu'une entreprise décide de financer, dans
la monnaie de la succursale, l'essentiel des actifs tant non monétaires que monétaires qui s'y rattachent et ce,
pour les raisons suivantes : 

 les flux de trésorerie de la succursale seront pour l'essentiel dans la monnaie de celle-ci ; et 
 les actifs non monétaires dégageront dès lors des avantages libellés en cette monnaie (et non dans la
monnaie du siège). 
Dans ce cas, il est logique de convertir les postes non monétaires de la même manière que les
postes monétaires ; ils sont, dans ce cas, évalués sur la base du cours de clôture et les écarts de conversion
afférents à ces comptes non monétaires, provenant des variations du cours de la monnaie de la succursale par
rapport à celle du siège, sont compensés avec les écarts de conversion afférents aux emprunts qui leur sont
liés. 

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