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INTRODUCTION

PROBLEMATIQUE

Le dernier quart du XX siècle qui s’est achevé a été

marqué par des différents fléaux qui ont conduit le monde à la perversion. Et à la porte du
présent siècle, l’on enregistre les mêmes causes produisant les mêmes effets. Parmi ces fléaux, il
y a entre autres des conflits armés étatiques et interétatiques, la faim, les catastrophes naturelles,
les coups d’Etat répétés dans le monde en général et surtout dans les Pays en Voie de
Développement en particulier, le sida, la criminalité et la liste n’est pas exhaustive. De tous ces
fléaux, la criminalité est celui qui a retenu notre attention.

En effet, à travers le monde en général, et en RDC en

particulier, il ne se passe pas une minute sans que l’on y voit une infraction se commettre ; et ses
auteurs sont des personnes physiques, comme l’affirme le Professeur NYABIRUNGU, «
l’infraction est avant tout et toujours un acte humain ». Les développements relatifs à la loi
pénale et à l’infraction, ajoute l’auteur, ont fait entrevoir qu’il est impossible d’étudier ces
différentes notions sans se référer à l’homme, au délinquant

Cependant, cette criminalité s’intègre dans presque toutes

les couches de la population, c’est-à-dire, des enfants aux adultes.

En effet, les infractions que commettent les enfants ne sont

pas différentes de celles que commettent les adultes. Elles exigent les mêmes conditions tant à
leur existence qu’à leur poursuite. Cependant, pourquoi doit-on distinguer l’enfant de l’adulte?

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Si l’ancien droit pénal se fondait sur les seuls buts de

punition, expiation et dissuasion , et qui ne permettait pas de distinguer la justice pénale pour
adultes de celle pour mineurs car la seule formule de la culpabilité et l’imputabilité suffisait pour
répondre de ses actes ; l’évolution des connaissances en sciences humaines et sociales,
notamment les travaux de brillants savants GAROFALO, FERRI et LOMBROSO ont démontré
les influences néfastes de l’industrialisation et de l’urbanisation sur l’individu ; et partant, ont
permis de modifier les objectifs assignés au droit pénal qui visera désormais non plus seulement
à sanctionner (l’expiation, la punition et la dissuasion), mais aussi à reformer le délinquant.

Et dans cette optique, l’intérêt de distinguer la justice pénale

pour adultes d’avec celle pour mineurs s’est avéré opportun.

Ainsi, l’enfant plus particulièrement est apparu comme une

victime privilégiée de transformations sociales à cause de son caractère malléable, de sa moindre


capacité à formuler un jugement moral et à contrôler ses impulsions. Puisque l’enfant, souligne
les psychologues, est moins conscient de ses actes et, est moins responsable. Cette moindre
responsabilité suppose qu’il mérite une punition moins sévère qu’un adulte compte tenu de son
manque de maturité, de son manque de discernement, et aussi de sa dépendance vis-à-vis du
milieu dans lequel il s’intègre.

Ces raisons ont poussé la plupart des systèmes pénaux à

distinguer la justice pénale pour adultes de celle pour mineurs.

C’est à ce point de vue que l’Assemblée Générale des Nations-Unies a adopté le 20 novembre 1989 la
convention internationale relative aux droits de l’enfant. Elle a, en outre, fait une déclaration mondiale
en faveur de la survie, de la protection et du développement de l’enfant au sommet lui consacré tenu à
New York en 1990. En effet, conformément au contenu de la convention précitée, les Etats sont tenus
d’assumer de bonne foi les obligations mises à leur charge par ladite convention ; Ils sont donc obligés,
aux termes de l’art. 4 de ladite convention, de prendre toutes les mesures législatives, administratives et
autres qui sont nécessaires pour mettre en œuvre les droits reconnus dans la convention à l’enfant.

A ce titre, la RDC, partie à ladite convention, et dont la population accorde une place centrale à l’enfant
en tant que renouvellement de l’être et de la vie , s’est engagée dans la voie de faire de la protection de
l’enfant son cheval de bataille et s’est fait sentir le besoin pressant d’élaborer la loi n°09/001 du 10
janvier 2009 portant protection de l’enfant.

L’objectif de cette loi est certes, avant tout, d’assurer la

protection de l’enfant, celle-ci entendue dans sa globalité : protection sociale, protection pénale et
protection judiciaire qui nous intéresse le plus. L’intervention est sensée faite pour lui et non contre lui.

Cependant, en dépit des efforts déployés, de nombreux


enfants continus toujours d’être maltraités, discriminés et d’autres continus toujours à vivre en marge
de la société, alors que la loi précitée était qualifiée de loi novatrice en ce qu’elle venait innover le sort
de l’enfant en RDC.

Une chose est la consécration, et une autre en est

l’effectivité.

Quel bilan pouvons nous dresser à l’heure actuelle sur

l’effectivité de la présente loi, de son influence sur la situation de l’enfant considéré comme être faible,
vu son manque de maturité, sa dépendance vis-à-vis de son milieu, son manque d’expérience etc.

Sa mise en mouvement devrait avoir d’impact dans la vie

quotidienne des jeunes. Car, la réalisation des droits de l’enfant, celle notamment de son droit d’être
protégé, suppose un mouvement d’envergure nationale .

A ce sujet, que peut-on dire de la situation qui prévaut dans

le quotidien de l’enfant ? Où sont les institutions tant publiques que privées agréées de prise en charge
de l’enfant en situation difficile promues par les rédacteurs de la présente loi? Qu’est ce qui justifie que
les enfants soient dans la rue ?

Il ne suffit plus simplement de reconnaitre et de comprendre

les devoirs de la société envers les enfants, mais d’agir pour traduire ces convictions en actes. On peut
coucher sur texte de belles initiatives, des convictions prétentieuses, mais leur effectivité s’avère
important. Car, la justice n’est pas dans les textes mais plutôt, dans l’âme du magistrat disait HENRI –
PASCAL . A cet effet, quel a été le rôle du magistrat entant que cible principal de cette mise en
mouvement de la justice pour mineurs mue par la loi précitée.

Après avoir posé la problématique de notre travail, il importe

maintenant de justifier l’intérêt de son étude.

II. INTERET DU SUJET

Il est important de justifier le choix du sujet pour la société et

de présenter son intérêt scientifique car, la science est faite pour la société et, l’on ne doit pas écrire
pour rien, il faut aussi que le sujet ait un intérêt direct à la solution des interrogatoires et problèmes que
soulève la communauté .

Ainsi, notre travail présente un intérêt considérable à double

point de vue, en ce que, il permet d’une part, à ses lecteurs en général, et aux juristes en particulier,
futurs législateurs, de se rendre compte de l’importante tâche qui les attend dans le domaine de
l’enfance, et, d’autre part, constitue un instrument d’information pour le gouvernement. A ce titre, il
constitue un thermomètre de la température criminogène de la criminalité des jeunes qui lui permettra
de se rendre compte du rôle criminogène de la loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de
l’enfant à fin de mieux cadrer son action entant qu’autorité compétente.

Si l’intérêt du travail est présenté, quel cheminement

emprunte pour rencontrer nos préoccupations ? Voilà pourquoi le choix d’une méthodologie s’avère
impérieux.

III. METHODOLOGIE DE RECHERCHE

D’après le dictionnaire universel, la méthodologie renferme

un ensemble des méthodes et techniques appliquées à un domaine déterminé de la science

La méthode peut être définie comme un ensemble des

démarches que suit l’esprit pour découvrir la vérité dans la science . Elle peut être également définie
comme l’ensemble des opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre la
vérité qu’elle poursuit, la démontre et la vérifie .

En revanche, la technique est un instrument ou un outil mis

au service de la méthode en vue de mieux la saisir ou de mieux l’appréhender pour la rendre plus
intelligible . Elle intervient dans la collecte des informations (chiffrées ou non) qui devront plus tard être
soumises à l’interprétation et à l’explication grâce aux méthodes.

Ainsi, pour mener à bon port cette étude, la méthode exégétique nous a permis d’interpréter et
commenter quelques dispositions légales en la matière, et la méthode sociologique nous a aidés à
confronter la loi à la réalité du terrain afin d’être mieux éclairé.

Quant à la technique utilisée, l’interview qui a consisté à recueillir des informations auprès des instances
officielles, et le sondage qui nous a permis d’avoir le point de vue de l’opinion sur la question.

Seul le choix d’une méthodologie ne suffit pas, il faudra

circonscrire le travail si l’on veut atteindre l’objectif.

IV. DELIMITATION DU SUJET

Une étude scientifique doit être circonscrite sinon le sujet ne

saurait être épuisé. De ce point de vue, notre travail a connu une triple délimitation relative au temps, à
l’espace et à la matière même, car, il n’est pas possible d’étudier, de parcourir tous les éléments influant
jusqu’aux extrêmes limites de la terre et jusqu’au bout du temps

.
En effet, la complexité des faits sociaux ainsi que les

difficultés relatives à la collecte des données nous impose le réalisme si l’on veut produire une œuvre
scientifique.

Du point de vue spatial, il a été question de prendre en

compte la ville de Kinshasa, capitale de la RDC et siège des institutions politiques, où l’on enregistre un
nombre important de migrations et de crimes, et aussi pour des raisons de proximité et de possibilité
pouvant permettre la réalisation du travail.

Du point de vue temporel, il était question de prendre en

compte la période allant de 2009, date de la promulgation et publication de la loi portant protection de
l’enfant en RDC, jusqu’à ces jours.

Et, en ce qui concerne la matière elle-même, c’est-à-dire, la

protection de l’enfant qui comprend la protection sociale, la protection pénale ainsi que la protection
judiciaire, seule cette dernière nous concerne.

Il convient maintenant de présenter l’ossature de son étude.

V. PLAN SOMMAIRE.

Outre la partie introductive et la conclusion, le présent travail

sera divisé en deux chapitres qui aborderont respectivement : d’une part, l’étude descriptive du concept
« enfant » (chapitre I.) et, d’autre part, la protection de l’enfant en conflit avec la

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