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0, rue Ange MBA

B.P 2138
Libreville - Gabon

Mémoire de fin d’étude pour


l’obtention du Master 2 Finance
Assurance

Sous la direction de Mr
NGARI Anicet

Tiphanie Ferraud
Stage du 1er juillet au 29 Septembre
2013
Aix Marseille School of Economics
60
« Au sein des sociétés primitives et antiques, l’Homme a
« Le souci du lendemain et le dessein de l’avenir
vite compris les vertus de l'entraide. Dans un milieu
sont le propre de l’Homme. Ces deux concepts
hostile font
où surviennent la fatalité et des évènements
naître en chacun de nous un fortuits
besoin naturel de
contre lesquels la volonté de l'Homme ne peut
sécurité. Celui-ci conduit l’Homme à améliorer
rien, son groupe dépendait alors de la solidarité
la survie d’un
quotidien en inventant sans cesse des
qui naît de moyens
la vie en communauté. Ce système d’entraide
originaux de protection sociale et économique
a mené aux assurances à primes, dont les premiers
basés en grande partie sur le principe
vestiges ont de
été la
notés au milieu du quatorzième siècle.
solidarité et de la mutualité. » Ainsi, le principe de solidarité qui prédominait dans le
passé, a cédé place à une forme d'assistance basée sur
l'intérêt de chacune des parties du contrat. »

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


« Q
83UEL
LES EN
ABSTRACT

T
he insurance global market achieves USD 4 597 billions in 2011 (source
SIGMA). Africa accounts for 2,2% of this market (life and no-life
insurance), Europe represents the largest share with 35,9%, in front of
America which has 32,2% and Asia 28,2%.

This thesis aim to give an answer at the question: “What are the stakes of the
insurance in Gabon and more generally in Africa”.

The interest of this subject is to show my ability to use my experience abroad within
the framework of my studies. This problematic has naturally emerged in the sense
where Africa is a continent where everything is possible since it is in development,
but also because we don’t really know what to expect.

Therefore, we will see through this thesis, the history of the company in which I did
my internship, the duties that have been assigned to me and allow me to define the
structure of the insurance in Gabon, then we will do an inventory opportunities in
Africa in terms of development.

Keywords

Brokerage firm, CIMA, Comprehensive home, Insurance, Insurance contract, Micro-


insurance, Prime, Risk, Service insurer.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
RÉSUMÉ

L
e marché mondial de l’assurance a atteint 4 597 milliards de dollars US en
2011 (Source Sigma). L’Afrique représente 2,2% de ce marché (en
assurance vie et non vie), l’Europe représente la plus grande part avec
35,9%, devant l’Amérique qui en a 32,2% et l’Asie 28,2%.

Ce mémoire aura pour but de répondre à la question : « Quels sont les enjeux de
l’assurance au Gabon et de manière générale en Afrique ».

L’intérêt de ce sujet était de pouvoir utiliser mon expérience à l’étranger dans le


cadre de mes études. Cette problématique s’est imposée tout naturellement dans le
sens où l’Afrique est un continent où tout est possible puisqu’il est en plein
développement, mais surtout parce qu’on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre.

Ainsi, nous verrons à travers ce mémoire l’histoire de l’entreprise au sein de laquelle


j’ai effectué mon stage, les taches qui m’ont été confiées et qui me permettront de
définir le cadre de l’assurance au Gabon, puis nous ferons un état des lieux des
opportunités de développement en Afrique.

Mots-clés

Assurance, CIMA, Contrat d’assurance, micro-assurance, MRH, Prestation de


l’assureur, Prime, Société de courtage, Risque.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


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REMERCIEMENTS

A
vant tout développement sur cette expérience professionnelle, il
apparaît opportun de commencer ce mémoire par des
remerciements, à ceux qui m’ont beaucoup appris au cours de ce
stage, et même à ceux qui ont eu la gentillesse de faire de ce stage
un moment très profitable.

Je tiens tout d’abord à remercier Mr Michel Valette, directeur général d’Ascoma,


pour m’avoir acceptée dans son entreprise. De même qu’à toutes les personnes qui
ont permis cette rencontre.

Aussi, je remercie Mr Anicet Ngari, mon maître de stage qui m’a formée et
accompagnée tout au long de cette expérience professionnelle avec beaucoup de
patience, de disponibilité et d’humour. A Mr Frédéric Gauthier, pour le soutien
apporté dans son service.

Je remercie également l’ensemble des employés d’Ascoma Gabon pour les conseils et
l’aide qu’ils ont pu me prodiguer au cours de ces trois mois. Ainsi, que pour m’avoir
accueillie comme ils l’ont fait. Et particulièrement à Hans-Michaël Okouaghe, pour
m’avoir aidée et accompagnée lors de mes recherches et d’avoir eu la patience de
répondre à toutes mes questions.

Un grand merci à tout le corps enseignant pour ces cinq années de pédagogie et
particulièrement à mon tuteur, Mr Renaud Bourlès pour m’avoir assistée durant la
rédaction de ce mémoire.

Enfin, je voudrais dédier ce mémoire à ma famille et à mes amis, qui m’ont soutenue
et permis d’arriver là où j’en suis aujourd’hui. Et tout spécialement à ma famille
d’accueil au Gabon, pour m’avoir acceptée comme ils l’ont fait, ainsi que pour
m’avoir fait découvrir leur pays avec autant de générosité.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


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SOMMAIRE
Table des matières

Abstract 2
Résumé 3
Remerciements 4

Sommaire 5

Introduction 7

1ère Partie : L’assurance au Gabon 9


CHAPITRE 1 : Présentation de la Structure d’Ascoma................................................9
1) Histoire du groupe Ascoma
2) La structure d’Ascoma Gabon
3) Qu’est-ce qu’une société de courtage
CHAPITRE 2 : Les caractéristiques du marché de l’assurance au Gabon 13

1) Les chiffres du marché de l’assurance au Gabon


2) Le marché de l’automobile et de l’habitation
3) Le code CIMA

2ème Partie : Les différents contrats d’assurance 25


CHAPITRE 1 : L’assurance voiture.............................................................................25
1) Les différentes garanties du contrat automobile
2) La tarification
3) Un exemple

CHAPITRE 2 : L’assurance habitation 44


1) Les différentes garanties du contrat habitation
2) La tarification
3) Un exemple

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
3ème Partie : L’assurance en Afrique, un enjeu de taille 62

CHAPITRE 1 : Les caractéristiques du marché africain 62


CHAPITRE 2 : Les problèmes et perspectives de l’assurance en Afrique..................71

Conclusion 79
Bibliographie et sources 81
Annexe 82
Lexique 82

Fiche d’évaluation 87

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
INTRODUCTION

L
es premières méthodes de transfert de risque ont vu le jour chez les
babyloniens deux millénaires avant JC. La mutualisation fait suite à ce
système 1000 ans plus tard puis au cours de l’antiquité l’assurance vie
et santé prennent forme. Les grandes explorations maritimes vont la
complexifier sous forme de mécanismes d’entraide. Enfin, elle rentre
dans l’air moderne lors du grand incendie de Londres de 1666, qui a détruit 13 200
bâtiments.

Son concept a donc, petit à petit, évolué pour devenir ce que nous connaissons
aujourd’hui, à savoir une technique de couverture des risques de pertes financières
survenant lors de la réalisation d’un événement aléatoire pouvant altérer les biens
d’une personne physique ou morale, ou l’affecter directement par la maladie,
l’accident du travail, l’invalidité ou le décès, et modifier ainsi sa capacité à générer les
revenus et le pouvoir d’achat nécessaires pour vivre et faire vivre ceux à sa charge.
Autrement dit, il s’agit de l’engagement d’une partie (l’assureur) d’indemniser une
autre partie (l’assuré) lors de la réalisation d’un sinistre définit contre le versement
d’une cotisation (prime). L'assurance a pour but de réparer, en répartissant
équitablement entre un grand nombre de personnes, le dommage causé par un
événement aléatoire, futur et possible à l'une d'elles.

L’activité d’assurance est un service qui rapporte d’importants profits financiers à


l’économie. Aujourd’hui, elle est plus qu’une simple réponse à la diversité des
risques, elle se constitue également de produits qui tentent de répondre aux
préoccupations des clients. Par extension, l’assurance est le secteur économique qui
regroupe les activités de conception, de production et de commercialisation de ce
type de service. Mais elle reste une activité risquée car on ne peut pas prévoir le
montant de l’indemnité. Ainsi, il a été nécessaire de développer des techniques de
gestion des risques, afin de maintenir une certaine rentabilité, qui visent à évaluer et
anticiper les risques, en mettant en place des règles et procédures pour les prévenir
et les réduire.

Au Gabon, c’est au cours de la période post indépendance que l’activité d’assurance


se développe, au moment où l’activité économique a connu son essor avec
l’exploitation minière, pétrolière et forestière. Elle s’est ensuite tournée vers le risque
automobile qui est aujourd’hui devenu un phénomène social. La particularité de ce
risque se justifie par le manque des infrastructures routières, l’augmentation du parc

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


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automobile et la fréquence sans cesse croissante des accidents de la circulation. En
parallèle, l’assurance habitation a vu le jour, même si elle est moins répandue du fait
de son caractère non obligatoire et aussi parce que les habitations ne sont pas
construites de manière assurable.

En outre, une autre question se pose aujourd’hui. A travers les politiques du nouveau
président Ali Bongo Ondimba, le Gabon tente de se faire une place dans le monde. En
effet, l’émergence est sur toutes les lèvres dans le pays et les résultats sont scrutés.
C’est par cette perspective que de nombreux projets ont vu le jour. Notamment avec
la société OLAM qui a signé plusieurs accords avec la République du Gabon, en ligne
avec le programme du Gabon émergent. Ce programme prévoit l’évolution du pays
par des projets tels que la construction de route, le développement de l’agriculture
par les nombreux domaines d’exploitation présents sur les terres, en outre cela
permettra la création d’emplois. Cependant, malgré tous ces efforts pour devenir un
pays émergent, au niveau de l’assurance il n’y a pas d’efforts faits dans ce sens. Les
contrats d’assurance sont souvent copiés depuis la France, il n’y a pas d’innovations
notoires, le mode opératoire est resté figé aux débuts de l’assurance dans le pays, ce
qui peut constituer un frein par moment à son évolution. Un autre paradoxe du
Gabon : les actions faites dans le but de développer le pays sont réalisées par des
investisseurs étrangers et ces grands travaux sont assurés à l’extérieur du territoire
entravant ainsi les perspectives d’évolution du marché de l’assurance gabonais.

C’est dans ce contexte que l’on se posera la question « Quels sont les enjeux de
l’assurance au Gabon et plus généralement en Afrique ».

On verra dans une première partie le marché de l’assurance au Gabon, puis dans une
deuxième partie nous détaillerons les contrats d’assurance automobile et habitation,
enfin nous parlerons des enjeux de l’assurance en Afrique.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
1ÈRE PARTIE : LE MARCHÉ DE
L’ASSURANCE AU GABON

Chapitre 1 : Présentation de la structure d’Ascoma

1) Histoire du groupe Ascoma

Ascoma voit ses origines remonter en 1896 lors de la création du cabinet Poujade &
Cie par Raphaël Poujade, le grand-père de l’actuelle présidente. En 1937, Raymond
JUTHEAU transforme le cabinet en FAUGERE et JUTHEAU, et devient le premier
courtier français. C’est en 1950 que la filiale s’installe à Monaco. Entre 1952 et 1969
le groupe va s’implanter à Madagascar et en Afrique occidentale et équatoriale
française, pour devenir le premier réseau indépendant en Afrique francophone. Le
groupe prend sa dénomination actuelle : JUTHEAU et HUSSON en 1985, lorsqu’ils
s’associent au couple Husson. En Janvier 1992, la société FAUGERE et JUTHEAU a été
rachetée par le Groupe Nord-Américain MARCH et MC LENNAN. Mais, même si ce
groupe se situe au 1er rang mondial du courtage d’assurances et de réassurances, ils
détiennent une participation minoritaire dans les sociétés africaines. Celles-ci bien
qu’exerçant leurs activités sous l’enseigne FAUGERE ET JUTHEAU, n’étaient pas filiale
de cette dernière, mais simplement « société sœur », ayant en commun une partie
importante de leur actionnariat (Famille R. JUTHEAU & MARCH MC LENNAN). Or, il
s’avère que ce groupe puissant poursuit depuis quelques années, une politique
d’intégration globale et intensive au niveau mondial, confirmée par les rachats de
CECAR (deuxième courtier français) et surtout de JOHNSON HIGGINS (troisième
courtier mondial). Malgré la cession de Faugère et Jutheau, la famille Jutheau Husson
a conservé son cabinet à Monaco ainsi que son réseau africain, et poursuit sa
politique de développement en créant en 2000 à Monaco la maison mère du groupe,
« Ascoma Assureurs Conseils », puis en 2003 avec la création d’Ascoma Maritime à
Monaco. En 2005, il ouvre une filiale à Nice, en 2008 s’implante au Luxembourg, puis
continue de s’étendre à 15 nouveaux pays africains.

En chiffre, le groupe compte plus de 560 collaborateurs (dont plus de 450 en Afrique),
soit 31 établissements dans 25 pays. Il est 13 ème au rang des courtiers millionnaires
généralistes avec 200 millions d’euros de primes et 33,3 millions d’euros de
commissions et honoraires.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


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2) La structure Ascoma Gabon

Ascoma Gabon est une société de courtage en Assurance et en Réassurance,


enregistrée au registre du commerce sous le numéro 1465/B, en tant qu’Assureurs
Conseils Gabonais (A.C.G). La filiale du groupe français FAUGERE et JUTHEAU a été
constituée en SARL à Port-Gentil, le 20 Février 1963 sur l’initiative de Monsieur
JUTHEAU, avec un capital de 10 millions de Frs CFA, et devient une Société Anonyme
le 24 Avril 1980, avec un capital de 300 millions Frs CFA. A cet effet, pour la continuité
de ses activités sur le plan local, elle installe son siège dans la capitale gabonaise,
Libreville en 1968 sous le nom des Assureurs Conseils Gabonais(A.C.G), aujourd’hui
ASCOMA GABON. De par leur évolution, les sociétés africaines du groupe FAUGERE &
JUTHEAU ont décidé de créer un nouveau groupe africain du nom « ASCOMA » qui
résulte d’une double contraction : LES ASSUREURS CONSEILS MONEGASQUES,
MALGACHES, AFRICAINS ET AZUREENS.

Sur le plan national, ASCOMA GABON est leader de courtage, avec un peu plus de
45% des parts de marché et ses principaux concurrents en matière de courtage sont :
GRAS SAVOYE, LA RUCHE, SACAR, SOLICAR, GECAR qui se partagent le reste du
marché.

Régi par le Code des Assurances des Pays de la CIMA (Conférence Interafricaine des
Marchés des Assurances), résolument tourné vers l’avenir et désireux d’accompagner
sa clientèle en lui offrant un service de proximité toujours plus large et performant,
ASCOMA GABON intervient dans tous les secteurs de l’activité économique
notamment l’agro-alimentaire, les exploitations minières et forestières, les sociétés
de production d’eau et d’électricité, l’industrie chimique, les secteurs pétroliers, les
installations portuaires, l’informatique et les télécommunications, les établissements
bancaires, les transports terrestres, aériens, maritimes, les grands projets industriels
et immobiliers.

Dans le domaine des Assurances de particuliers, ASCOMA GABON a renforcé ses


compétences, la capacité de ses structures d’accueils et ses méthodes de gestion,
notamment en matière de souscription et de gestion des sinistres avec la création
d’un service réservé aux particuliers. En outre, pour accueillir les taxis dont elle a
acquis le marché cette année, il est prévu d’ouvrir une filiale spécifique à leur gestion.

Sur le plan des ressources humaines, son effectif est de l’ordre de 114 personnes à ce
jour dans les deux agences (celle de Libreville et de Port-Gentil). Les problèmes
rencontrés par ASCOMA GABON sont d’ordres concurrentiels et techniques.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


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C’est ainsi que le Directeur Général a adopté une stratégie, qui tourne autour de la
réorganisation de la société, et notamment au niveau commercial, avec de nouveaux
recrutements visant à recréer positivement le contact avec la clientèle, en vue de
l’obtention des nouveaux contrats ; avec l’inauguration d’une nouvelle agence au rez-
de-chaussée de cet établissement, visant à promouvoir la réception de la clientèle ; et
en projetant d’ouvrir une agence pour s’occuper spécifiquement des taxis.

Ainsi, grâce à un personnel qualifié composé des cadres, agents de maîtrises et


employés, ASCOMA GABON propose ses produits aux particuliers comme aux
sociétés de tous secteurs confondus. Il est un conseiller pour leurs clients et un
partenaire pour les compagnies auprès desquelles il place les risques en accord avec
leurs clients.

Cadre juridique

Selon l’article 3 des statuts :

« La société a pour objet en République Gabonaise et dans les Etats faisant parties du
traité OHADA :

- Le courtage d’assurances et de réassurances dans tous pays ;


- La représentation de toutes Compagnies d’Assurances et de Réassurances ;
- La prise de participation directe ou indirecte dans toutes affaires ou opérations
pouvant se rattacher aux objets ci-dessus ou susceptibles de favoriser le
développement des affaires sociales, et ce, sous quelque forme que ce soit,
création de sociétés nouvelles, apports, souscriptions, achats de titres ou
droits sociaux, etc. ;
- Et généralement toutes opérations commerciales, industrielles, financières,
mobilières et immobilières se rapportant directement à la réalisation et au
développement des affaires de la société. »

ASCOMA GABON se situe dans la zone OHADA (Organisation pour l’Harmonisation


des Droits des Affaires) qui regroupe aujourd’hui 16 pays dont 14 de la zone Franc
CFA.

Le capital d’ASCOMA Gabon est de 300 000 000 F.CFA soit l’équivalent de 2 000


actions de 150 000 F CFA. Le pourcentage de détention d’ASCOMA Gabon par le
groupe ASCOMA est de 99,95% le reste étant détenu par des associés ou
actionnaires.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


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3) Qu’est-ce qu’une société de courtage ?

Selon la Chambre du Commerce et de l’Industrie : « Le courtier est un intermédiaire


qui met en relation des personnes désireuses de traiter entre elles, sans conclure lui-
même le contrat. Le courtier est un commerçant dont l'activité est de mettre en
rapport des personnes. Il exerce de façon habituelle une activité d'entremise. Sa
mission est de faciliter et de faire aboutir la signature de toutes transactions,
conventions ou opérations. En qualité d'intermédiaire, le courtier doit s'efforcer de
rapprocher les parties, de les mettre d'accord sur les modalités de l'opération
envisagée. Il ne participe en aucun cas à la signature du contrat."

Intermédiaire indépendant, le courtage d’assurance est l’activité professionnelle des


personnes qui mettent en rapport des preneurs avec les compagnies d’assurances, en
vue de la couverture des risques à assurer ou à réassurer, sans être tenues dans le
choix de celles-ci, qui proposent les produits les mieux adaptés aux besoins des
assurés sur des critères variés comme le type de contrat (assurance de biens ou
assurance de personnes, contrats spécifiques…), le rapport garantie-prix, et d’autres
critères divers. Indépendant des sociétés d’assurance, il possède son propre
portefeuille et agit comme mandataire de son client, l’assuré. A ce titre, il engage sa
responsabilité envers ses clients pour les fautes commises dans l’exercice de son
mandat. En outre, le courtier prépare les contrats d’assurance et aide éventuellement
à leur gestion et à leur exécution, notamment en cas de sinistre.

Le courtier touche des commissions. C’est le pourcentage de la prime perçue par un


intermédiaire en rémunération de l’apport du contrat à l’assureur ou de la gestion
effectuée pour son compte.

Par ailleurs, il ne faut pas confondre courtier en assurances et agent général


d’assurance. Si le premier est un intermédiaire en assurances, le second n’a pas la
qualité de commerçant indépendant. Appartenant à un réseau interne spécifique à
une ou plusieurs compagnies, l’agent est limité dans le choix des produits ou de sa
politique commerciale, il est ainsi mandataire d’une société d’assurance, qui, dans
une circonscription déterminée, la représente et lui réserve l’exclusivité de sa
production. Le courtier quant à lui, est théoriquement indépendant de la pression des
objectifs commerciaux des compagnies, et doit pouvoir dispenser un conseil
parfaitement objectif.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Chapitre 2 : Les caractéristiques de l’assurance au Gabon

1) Les chiffres du marché de l’assurance au Gabon

Le marché global

Au Gabon, les compagnies d’assurance sont regroupées au sein de la Fédération


Gabonaise des Sociétés d’Assurance (FEGASA). Nous étudierons cette partie avec les
données qu’ils recensent auprès des assureurs.

2008 2009 2010 2011 2012


Chiffres
d'Affaires 68 322 610 74 896 544 81 794 703 89 995 748 94 596 133
Consolidés

En 2012, le chiffres d’affaire consolidé réalisé par les compagnies d’assurance


s’élevait à 94 596 133 F CFA, soit une hausse de 38,5% depuis 2008. Une belle
croissance qui montre de belles perspectives pour l’assurance gabonaise.

Plus précisément, nous pouvons observer que chaque année le chiffre d’affaire a cru
de plus ou moins 10%, sauf entre 2011 et 2012 où il a connu une hausse de 5%.

D’après les tendances, l’économie réelle du Gabon a plutôt bien traversé la crise
financière et ses implications. En effet, la croissance est restée au-dessus de la
moyenne des pays de la zone. Après une récession de près de 1,5% en 2009,
l’économie a retrouvé son niveau de croissance les années suivantes. En 2012, le taux
de croissance réel du PIB a été estimé à 5,7%, il est donc en baisse par rapport à
2011, mais au-dessus des prévisions. La demande interne a été stimulée par
l’augmentation de l’investissement public et le rebond du secteur minier. En outre, le
PIB de 2012 met en évidence trois choses : la faible contribution du secteur primaire
(5 %), la prépondérance du secteur secondaire (64 %), dont la contribution fluctue
amplement avec les cours mondiaux du pétrole, et l’importance du secteur tertiaire,
qui représente 32 % de l’activité intérieure.

De plus, la baisse notée en 2012 des chiffres d’affaire des assureurs peut être due à la
fin des grands travaux de construction des stades pour la Coupe d’Afrique des nations
2012 et la réduction des travaux de réhabilitation des infrastructures routières.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Les différents assureurs

Le nombre de sociétés opérant sur le marché de l’assurance demeure le même


depuis quelques années. Le marché gabonais de l’assurance compte huit compagnies
dont cinq dans l’assurance dommage et les trois autres dans l’assurance vie.

- 5 compagnies opèrent sur le marché en "Transport incendie accident risque


divers" (TIARD) :
 OGAR
 AXA
 COLINA 79 116 328 FCFA d’émissions nettes en 2012
 ASSINCO
 NSIA GABON

- Et 3 compagnies en Vie :
 OGAR VIE
 UAG VIE 15 479 805 FCFA de cotisations nettes en 2012
 NSIA VIE

En 2012, le secteur a réalisé un chiffre d’affaire de 94 milliards de francs CFA soit une
hausse de 38% depuis 2008.

2008 2009 2010 2011 2012


Chiffres Chiffres Chiffres Chiffres Chiffres
d'affaires Parts d'affaires Parts d'affaires Parts d'affaires Parts d'affaires Parts
en F CFA en F CFA en F CFA en F CFA en F CFA
29 743 31 101 31 210 35 017 36 587
Ogar 43,53% 41,53% 38,16% 38,91% 38,68%
753 284 657 486 991
AXA
10 017 11 448
Assurances 9 054 186 13,25% 9 050 932 12,08% 9 366 040 11,45% 11,13% 12,10%
530 120
Gabon
10 881 10 132 12 551
Assinco 8 082 272 11,83% 9 879 504 13,19% 13,30% 11,26% 13,27%
828 457 512
Groupe
13 006 14 425 16 231 17 840 14 794
NSIA 19,04% 19,26% 19,84% 19,82% 15,64%
774 888 000 000 431
Gabon
11 762 13 625
Colina 4 723 159 6,91% 6 468 854 8,64% 9 998 501 12,22% 13,07% 14,40%
183 643
UAG Vie 3 712 466 5,43% 3 970 082 5,30% 4 106 677 5,02% 5 226 092 5,81% 5 588 438 5,91%
68 322 74 896 81 794 89 995 94 596
TOTAL 100% 100% 100% 100% 100%
610 544 703 748 135

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
La compagnie Ogar (100% de droit gabonais) possède la plus grosse part du marché
grâce à une offre globale de produits lui permettant de confirmer et conforter sa
position sur le marché gabonais des assurances. En outre, sa part de marché a
diminué depuis 2008, du fait de la concurrence accrue des petites compagnies
d’assurance, telles que Colina essentiellement et Assinco qui s’imposent petit à petit
sur le marché, alors que le groupe NSIA perd lui aussi des parts de marché.

Répartition des Chiffres d'Affaires entre les compa-


gnies d'assurance en 2012

OGAR
5.91% 2.16% AXA Assurance Gabon
8.30% ASSINCO
30.38%
NSIA Gabon
14.40% Colina
OGAR VIE
UAG VIE SUNU
13.48% 12.10% NSIA VIE

13.27%

En outre, NSIA connaît une perte globale de part de marché de 24% entre 2008 et
2012. Vient ensuite Ogar avec 12% de diminution, puis Ogar Vie avec une baisse de
9%, enfin Axa perd 9% de ses parts par rapport à 2008.

Evolution des Chiffres d'affaires des compagnies d'as-


surance entre 2008 et 2012
40,000,000
OGAR
AXA Assurance
30,000,000 Gabon
ASSINCO
20,000,000 NSIA Gabon
Colina
10,000,000
OGAR VIE
UAG VIE SUNU

2008 2009 2010 2011 2012 NSIA VIE

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
En terme de chiffre d’affaire, Ogar finit l’exercice en tête avec près de 29 millions de
chiffre d’affaire, soit une hausse de 23% depuis 2008.

Vient ensuite Colina avec un chiffre d’affaire de 13,6 millions soit la plus forte hausse
(plus de trois fois son exercice de 2008) et passe ainsi devant NSIA qui tenait la
seconde place jusqu’en 2011, stagnant à 5% de croissance soit 12,7 millions de
résultat en 2012.

Assinco réalise 12,5 millions de chiffres en 2012, soit une progression de 55% par
rapport à 2008, proche d’Axa, qui la même année connaît un résultat de 11,5
millions, soit une hausse totale de 25%.

Pour les assureurs en vie, Ogar Vie vient en tête avec 7,9 millions de chiffre d’affaire
soit une croissance de 25%, puis suit UAG Vie qui clôture 2012 avec 5,6 millions de
résultat ce qui correspond à une augmentation de 50% en 5 ans, et enfin NSIA Vie qui
réalise 2 millions de chiffre d’affaire, soit une hausse fulgurante de 155% sur la
période.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
2) Le marché de l’assurance automobile et habitation

Les chiffres clés de l’assurance automobile

La branche automobile représente 23 484 013 F CFA de chiffre d’affaire pour les


assureurs en 2012.

Répartition du chiffre d'affaire en


automobile en 2012

16% 23% Ogar


Axa Assurances Gabon
Assinco
17% NSIA Gabon
Colina Gabon

21%
23%

Les différentes compagnies d’assurance se partagent plus ou moins la même part de


marché en ce qui concerne la branche automobile en 2012.

NSIA a subi une perte de 35% de ses parts de marché depuis 2008, essentiellement la
dernière année, et Ogar a connu une diminution de 9%. Les autres sociétés quant à
elles connaissent une hausse, Axa : +17%, Assinco : +19%, et Colina : +36%.

Ainsi la hausse de la part totale pour l’assureur Colina est en grande partie réalisée
par son augmentation de chiffre d’affaire en automobile.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Evolution des chiffres d'affaires pour la branche au-
tomobile entre 2008 et 2012
8,000,000

Ogar
6,000,000
Axa Assurances
Gabon
4,000,000
Assinco
NSIA Gabon
2,000,000
Colina Gabon

2008 2009 2010 2011 2012

En terme de chiffre d’affaire, NSIA connaît une ascension jusqu’en 2011, où


visiblement elle a perdu un gros contrat, ce qui la fait passer de 6,5 millions FCFA à 4
millions, ainsi cela représente sur la période une diminution totale de 19%.

Ogar qui commence avec des pertes en début de période, suit une forte progression
par la suite. Elle finit la période avec 5,3 millions de chiffre d’affaire soit une hausse
de 13% depuis 2008.

Axa pour sa part observe une croissance continue depuis 2008, et clôture 2012 avec 5
millions de chiffre d’affaire, soit une augmentation de 46% en 5ans.

Assinco réalise le plus fort chiffre d’affaire en 2012 avec 5,4 millions, soit un
accroissement de 50% depuis 2008.

Enfin Colina connaît la plus forte progression avec 70% d’augmentation depuis 2008
soit un chiffre d’affaire s’élevant à 3,8 millions.

Au sein des TIARD, la plus grosse branche se trouve être celle de la police d'assurance
automobile, en 2012 elle représente 25% du chiffre d’affaire de cette assurance. La
prédominance de l'assurance automobile dans le secteur des TIARD se justifie par sa
garantie de responsabilité civile rendue obligatoire par les pouvoirs publics. Sans cela,
l'ensemble du secteur serait tributaire du manque de culture de l'assurance des
Gabonais.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Les chiffres de l’assurance habitation

Les statistiques de la Fegasa, ne recensent pas de chiffres concernant la MRH. Ainsi,


nous utiliserons les données concernant l’incendie, considérant que cette garantie est
inhérente au contrat habitation. L’incendie regroupe les contrats d’assurance des
risques divers de type multirisque habitation, globale dommage ou encore en
multirisque professionnel.

Répartition des parts de marché du


Chiffre d'affaire en incendie en 2012
11.56%
Ogar
Axa Assurances Gabon
20.11% 43.65% Assinco
NSIA Gabon
Colina Gabon

14.77% 9.91%

Dans cette branche, Ogar domine largement le marché en souscrivant près de la


moitié des contrats en 2012, elle connaît par ailleurs une progression de 16% depuis
2008. NSIA occupe la 2nde place en possédant 20% des parts de marché, ce qui
représente une hausse de 12% depuis 2008. Vient ensuite Assinco avec 15% des
parts, elle connaît la plus forte hausse depuis 2008 soit +50%. Enfin, Colina et Axa ont
respectivement 11,5% et 10% des parts de marché, elles ont perdu des parts depuis
2008 soit respectivement : -10% et -55%.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Répartition des Chiffres d'affaires en incendie entre 2008
et 2012

6,000,000

Ogar

4,000,000 Axa Assurances


Gabon

Assinco
2,000,000
NSIA Gabon

Colina Gabon

2008 2009 2010 2011 2012

En terme de chiffre d’affaire, Ogar arrive largement en tête avec près de 5 millions en
2012, soit une hausse continue de 46% en 5ans.

Nsia clôture l’année 2012 à 2,3 millions, elle se détache des autres après 2010, son
chiffre d’affaire connaît une hausse de 41%.

Vient ensuite Assinco, avec 1,7 millions de chiffre d’affaire, soit la plus forte
progression : +87% par rapport à 2008.

Colina réalise un chiffre d’affaire de 1,3 millions en 2012, et connaît une faible
croissance depuis 2008 : +14%.

Enfin Axa est la seule à connaître une perte de chiffre d’affaire : -55% soit 1,1 millions
de primes en incendie en 2012.

Ainsi au sein des TIARD, la branche incendie occupe la 4 ème place avec 14,5%. Ainsi on
voit bien que même s’il ne s’agit pas que des habitations à proprement parlé, ce type
de contrat n’est pas très développé au Gabon.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
3) Le code CIMA

De la CICA à la CIMA

En 1962 à Paris, la Conférence Internationale des Contrôles d’Assurances (CICA) a été


créée. Son but était de préserver le bon fonctionnement des sociétés et agences
d’assurances implantées dans les anciennes colonies françaises d’Afrique
Occidentale, Centrale et à Madagascar.

Ainsi, le 27 juillet 1962, une Convention est signée entre 13 Etats africains : Bénin,
Burkina, Cameroun, Centrafrique, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali, Niger, Sénégal,
Tchad, Togo, Madagascar et la France.

Ses principaux objectifs étaient d’une part d’harmoniser les législations et


réglementations nationales, d’autre part de coordonner l’exercice du contrôle des
entreprises ainsi que la formation des cadres africains d’assurance.

En 1990, un diagnostic a fait le constat de la dégradation persistante des marchés


d’assurance :

- Mauvaise gestion de la plupart des sociétés nationales ;


- Inefficacité des services de contrôle au niveau national ;
- Impuissance de la CICA comme organe de contrôle et d’harmonisation au
niveau régional ;
- Tarifs inadaptés ;
- Nombre pléthorique des intermédiaires ;
- Absence de marché financier ;
- Absence de barème d’indemnisation adapté au tarif en assurance automobile,
d’où des condamnations disparates et exagérées au niveau des tribunaux ;
- Faiblesse de l’assurance-vie ;
- Marchés nationaux trop exigus pour permettre un développement satisfaisant
de l’industrie des assurances.

Ainsi, en 30 ans d’indépendance les constitutions n’ont pas eu l’effet escompté. Mais
en dépit de ce triste constat, on peut tout de même noter que quelques
accomplissements appréciables ont vu le jour grâce à la CICA, à savoir la création :

- Des sociétés nationales ;


- Des services nationaux de contrôle d’assurance ;
- De l’Institut International des Assurances (IIA) ;

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
- De la Compagnie Commune de Réassurance des Etats membres de la CICA
(CICA-RE).

Le 15 février 1995, le Traité de la CIMA est entré en vigueur. Tout autre Etat Africain
peut y adhérer s’il le désire. Le nombre des Etats membres de la CIMA est passé de
13 à 14 avec l’adhésion de la Guinée Bissau le 15 avril 2002.

En signant le 10 juillet 1992 à Yaoundé (République du Cameroun) le Traité instituant


une Organisation Intégrée de l’Industrie des Assurances dans les Etats africains
membres de la Zone Franc et portant création de la Conférence Interafricaine des
Marchés d’Assurances (CIMA), les Ministres en charge des assurances avaient
certainement à cœur de doter la nouvelle Organisation des pouvoirs de décisions les
plus étendus dont ils ne pouvaient pas user sous l’effet des pressions nationales et
dont ne disposait pas la CICA.

Ainsi, ses nouveaux objectifs sont :

- Renforcer la coopération, dans le domaine des assurances, dans les Etats


membres en instituant un marché élargi et intégré de l’industrie des
assurances réunissant les conditions d’un équilibre satisfaisant au point de vue
technique, économique et financier.
- Faciliter les conditions d’un développement et d’un assainissement des
entreprises d’assurance et accroître les rétentions des primes d’assurance au
plan national et sous régional.
- Favoriser l’investissement local des provisions techniques et mathématiques
générées par les opérations d’assurance, dans les conditions les meilleures au
profit de l’économie des pays ou de la sous-région.
- Poursuivre la politique d’harmonisation et d’unification des dispositions
législatives et réglementaires relatives aux opérations techniques d’assurance
et de réassurance ainsi qu’au contrôle des entreprises d’assurance.
- Poursuivre la formation des cadres et techniciens d’assurances pour le besoin
des entreprises et des administrations dans les Etats membres.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Le code des assurances

Nous allons à présent faire une brève présentation de la législation en vigueur dans le
secteur des assurances des pays membres de la CIMA. Les opérations d’assurances
sont régies par un Code des assurances unique, le Code CIMA qui se constitue de 6
livres.

LE LIVRE I s’intitule Le Contrat. Il définit les rapports juridiques entre l'assureur et


l'assuré. Ce livre est suffisamment protecteur pour l'assuré.

LE LIVRE II est consacré aux assurances obligatoires. Pour l'essentiel, il porte sur
l'assurance de responsabilité civile automobile. Son innovation la plus importante
porte sur la fixation d'un tarif minimum et sur la définition des conditions
d'indemnisation des victimes. A ce dernier titre, il institue la notion d'offre
automatique d'indemnité par l'assureur à la victime et à ses ayants droits et en fixe
les délais et les pénalités. De ce fait, il facilite le règlement des dommages corporels
et en raccourcit les délais. En contre partie il énumère de manière exhaustive les
préjudices indemnisables, la qualité des bénéficiaires et fixe les plafonds des
indemnités liées à ces préjudices.

LE LIVRE III traite des entreprises d'assurance. Il fixe l'étendue des compétences de la
Commission, détermine le régime administratif des sociétés, notamment les
conditions d'agrément, les règles de constitution et de fonctionnement des
entreprises d'assurance. Il est important de relever que ces conditions sont les
mêmes pour toutes les compagnies à forme juridique identique.

En ce qui concerne les règles de fonctionnement, ce Livre établit les normes de


solvabilités requises, à savoir la couverture intégrale des engagements réglementés
par des actifs admis en représentation, et la marge de solvabilité minimale.

LE LIVRE IV est consacré aux règles comptables applicables aux organismes


d'assurances. Mais en plus de ces règles, ce Livre traite des règles de conservation
des documents comptables, de la tenue de la comptabilité, des règles de
comptabilisation des valeurs, titres, immeubles et prêts, énumère les états annuels à
produire dont il prescrit la forme, donne le contenu du dossier annuel à produire, à
adresser au Ministère en charge des assurances et à la Commission. De plus, ce Livre
établit le plan comptable particulier à l'assurance dont il fixe le cadre comptable et
dresse la liste des comptes appuyés d'une terminologie explicative et des modalités
de fonctionnement.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
LE LIVRE V est réservé aux agents généraux, courtiers et autres intermédiaires
d'assurances et de capitalisation. Après avoir classifié les différents types
d'intermédiaires, il indique les conditions professionnelles et d'honorabilité d'accès à
ces professions. L'innovation majeure de ce Livre est qu'il assujettit les intermédiaires
à l'apport d'une garantie financière et celle d'une police d'assurance les couvrant
contre leur responsabilité civile professionnelle.

LE LIVRE VI traite des organismes particuliers d’assurances et plus spécialement du


Fonds de Garantie Automobile (FGA).

La législation CIMA est en pleine mutation. Elle constitue une loi unique qui se
substitue aux lois nationales anciennes, éparses et inadaptées, résultant pour
l’essentiel de la transposition des lois françaises d’avant 1960. Près d’une centaine
d’articles ont subi des modifications depuis le 15 février 1995. Elaborée initialement
dans des conditions particulières du marché, elle s'adapte progressivement aux
réalités locales.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
2ÈME PARTIE : LES PRINCIPAUX CONTRATS
D’ASSURANCE
Chapitre 1 : L’assurance voiture

Le produit automobile qui est une


garantie obligatoire, représente une
bonne part du marché gabonais de
l’assurance.

1) Les différentes garanties du contrat automobile

On appelle garantie, l'ensemble des événements dont la survenance donne droit à la


prestation de l'assureur qui est la prise en charge des dommages subis par les tiers
et/ou par l'assuré. En assurance automobile, les garanties accordées sont de deux
sortes :

- Les garanties obligatoires


- Les garanties facultatives

Les assurances IARD comprennent une partie responsabilité couvrant les dommages
causés à autrui (souvent obligatoire), et une partie couvrant les dommages causés
aux biens de l’assuré (toujours facultative). En outre, cette catégorie d’assurance
fonctionne car les ménages sont risquophobes.

La garantie Tiers simple

Même si l’assurance automobile est obligatoire, seules certaines garanties sont


inhérentes au contrat. Il s’agit du tiers simple : la Responsabilité Civile (RC), la
Défense Recours (DR), et l’Individuelle Personne Transportée (IPT).

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
 La Responsabilité Civile

Il est important de signaler que les automobilistes présentent un danger d’ordre


public pour l’ensemble des usagers. C’est dans ce contexte que l’assurance
automobile a été rendue obligatoire, notamment la garantie responsabilité civile du
propriétaire ou du conducteur vis-à-vis des tiers.

Cette réglementation s’exerce par le biais du document législatif : LE LIVRE II DU CODE


CIMA.

Selon l’article 200, toute personne physique ou toute personne morale autre que
l'Etat, dont la responsabilité civile peut être engagée en raison des dommages subis
par des tiers résultant d'atteintes aux personnes ou aux biens et causés par un
véhicule terrestre à moteur, ainsi que ses remorques ou semi-remorques, doit, pour
faire circuler lesdits véhicules, être couverte par une assurance garantissant cette
responsabilité.

Comme nous pouvons le remarquer, l'assurance de responsabilité civile ne couvre


pas les dommages subis par le conducteur assuré. Cette non garantie qui n'est pas
bien comprise par l'opinion publique se justifie dans la mesure où, en matière de
responsabilité civile, on ne peut obtenir réparation des dommages que l'on s'est soi-
même causé : le conducteur, à la fois auteur et victime de son propre dommage, n'a
pas d'action contre lui-même et doit souscrire un contrat appelé personne
transportée.

Certains professionnels de l'automobile sont systématiquement exclus du champ de


la garantie de responsabilité civile automobile, notamment :

- Les garagistes ;

- Les personnes pratiquant habituellement le courtage, la vente, la réparation,


le dépannage ou le contrôle du bon fonctionnement des véhicules ainsi que
leurs préposés parce qu'ils détiennent le véhicule en raison de leurs fonctions.

Cette mesure s'explique par le fait que ces professionnels doivent souscrire un
contrat spécifique garantissant leur responsabilité civile du fait des véhicules et
autres biens qui leurs sont confiés.

Ainsi, est exclue de la garantie, la responsabilité civile qui incombe à l’assuré, en


raison :

1°) Des dommages causés aux personnes suivantes :

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
- La personne conduisant le véhicule ;
-  Pendant leur service, par les salariés ou préposés de l'assuré responsable des
dommages ;
2°) Des dommages ou de l'aggravation des dommages causés par des armes ou
engins destinés à exploser par modification de structure du noyau de l'atome
ou par tout combustible nucléaire, produit ou déchet radioactif ou par toute
autre source de rayonnements ionisants et qui engagent la responsabilité
exclusive d'un exploitant d'installation nucléaire ;

3°) Des dommages atteignant les immeubles, choses ou animaux loués ou


confiés au conducteur à n'importe quel titre ;

4°) Des dommages causés aux marchandises et objets transportés, sauf en ce


qui concerne la détérioration des vêtements des personnes transportées,
lorsque celle-ci est l'accessoire d'un accident corporel.

 La Défense Recours

La Défense :

L’assureur s’engage à pourvoir, à ses frais, à la défense de l’assuré devant les


juridictions compétentes si ce dernier est poursuivi à la suite d’un sinistre couvert au
titre de la garantie Responsabilité Civile.

Dans le cadre d'une telle procédure, la compagnie d'assurance prend notamment en


charge les frais de justice et les honoraires d'avocat.

S'agissant des amendes, elles restent toujours à la charge de l'assuré, compte tenu du
fait qu'elles sont légalement inassurables.

Le Recours :

L’assureur s’engage à réclamer à l’amiable la réparation des préjudices corporels et


matériels subis par l’assuré à l’occasion d’un accident dans lequel le véhicule assuré
est impliqué et incombant :

- A un tiers identifié responsable ;


- Au conducteur (fautif, non titulaire du permis de conduire ou ayant utilisé le
véhicule à l’insu du propriétaire).

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
L'assureur prend notamment en charge au titre de cette garantie les frais de justice,
les honoraires d'enquêtes, d'expertises, d'avocat, et les frais de l'expertise médicale
outre les amendes.

La garantie défense et recours ne couvre pas les accidents survenant lorsque le


conducteur n'est pas titulaire d'un permis de conduire ou lorsqu’il se trouve sous
l'emprise de l'alcool ou de la drogue au moment de l'accident.

 L’Individuelle Personne Transportée

Nous avons vu que la responsabilité civile ne protégeait pas le conducteur ainsi que
les préposés d'une entreprise dans l'exercice de leurs fonctions.

L'intérêt de cette garantie est donc très grand. Elle protège le conducteur du véhicule
qui est le plus souvent exposé au moment des accidents, et toute personne
transportée bénéficie de la garantie de façon systématique.

L’assurance automobile obligatoire garantit les dommages subis par les passagers
transportés par le véhicule assuré, y compris les membres de la famille. Une exclusion
est toutefois prévue lorsqu’ils sont transportés dans des conditions insuffisantes de
sécurité mais elle leur est inopposable.

Les principaux événements assurés sont:

- La conduite du véhicule assuré ;


- Les opérations de dépannage ou de réparation effectuées bénévolement par
les personnes transportées en cours de route.

La garantie personne transportée couvre notamment :

- En cas de décès consécutif à un l'accident ou survenant après un certain délai


(généralement de 1 à 2 ans). Le paiement de l'indemnité se fera aux ayant
droits du capital prévu par le contrat.
- En cas d'infirmité permanente, le reversement à la victime du capital prévu
dans le contrat se fera proportionnellement à son incapacité permanente
évaluée par les médecins au moment de la consolidation.
- En cas de blessures, les frais médicaux, chirurgicaux et pharmaceutiques dans
la limite du montant garanti par le contrat d'assurance seront remboursés.

La garantie de l'assureur est accordée dans la limite du nombre de places déclarées


sur la carte grise, le paiement d'une indemnité selon la formule souscrite par l'assuré.
En cas de surcharge constatée au moment de l'accident, l'indemnité à payer par

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
l'assureur sera réduite proportionnellement entre les victimes et/ou les ayants droits
des décédés.

Individuelle Conducteur :

Il s’agit de la même chose que l’individuelle personne transportée, appliquée dans le


cadre du commerce au conducteur.

En conclusion, l'assurance Responsabilité Civile permet valablement à l'assuré d'être


financièrement sécurisé quant à la réparation des dommages corporels et/ou
matériels causés aux tiers et d'être en règle sur le plan administratif vis-à-vis des
autorités de contrôle. La Défense Recours, permet à l’assuré d’avoir la garantie d’être
défendu en cas de litige. Et l’Individuelle Personne Transportée assure toutes
personnes transportées dans le véhicule.

Les garanties facultatives

Les garanties facultatives répondent aux besoins spécifiques de chaque assuré. Elles
ne sont pas rendues obligatoires par le législateur car elles concernent les dommages
causés aux biens, seul l’assuré peut décider de la manière dont il doit assurer ses
biens en fonction de la valeur qu’il leurs accorde. Ainsi les assurés ont la possibilité
d’assurer leur véhicule contre le dommage, le vol, l’incendie et le bris de glace.

 Garantie Dommage du véhicule

Cette garantie couvre l’assuré contre les dommages subis par le véhicule assuré avec
les accessoires et pièces de rechange dont le catalogue du constructeur prévoit la
livraison en même temps que le véhicule, lorsque ces dommages résultent :

- D'une collision avec un autre véhicule ;


- D'un choc contre un corps fixe ou mobile (un animal, un poteau électrique
etc.) ;
- D'un renversement sans collision préalable ;
- Soit de chute dans les ravins ou cours d’eau.

La garantie de Tierce Collision :

Cette garantie consiste en l'indemnisation des dommages subis par le véhicule assuré
quand ils résultent d'une collision avec un véhicule appartenant à un tiers identifié,
un piéton ou un animal domestique dont le propriétaire est identifié. Sont également
garantis les accessoires prévus par le catalogue du constructeur. La tierce collision

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
s'applique uniquement aux dommages survenus hors garage, et résultant d'une
collision. La garantie tierce collision suppose donc entre autres, qu’il y ait un choc
dont il résulte les traces visibles. Que ce choc ait lieu avec un piéton, un véhicule ou
une chose identifiée.

 Garantie Vol du véhicule

Cette assurance garantit :

- Les dommages résultant de la disparition ou de la détérioration du véhicule


assuré, à la suite d’un vol ou d’une tentative de vol de celui-ci.

Par « tentative de vol », on entend : tout commencement d’exécution d’un vol du


véhicule assuré interrompu pour une cause indépendante de son auteur, déclarée
aux autorités de police ou de gendarmerie et attestée par le récépissé de dépôt de
plainte délivré par ces dernières. La tentative de vol est caractérisée dès lors que sont
réunis des indices sérieux caractérisant l’intention des voleurs. Ces indices sont
constitués par des traces matérielles relevées sur le véhicule : forcement de la
direction ou du contact électrique, batterie, fils électriques.

- Les dommages résultant de la disparition d’accessoires et pièces de rechange


dérobés séparément lorsque le vol a été perpétré avec effraction ou escalade
dans les remises et garages ou avec violences corporelles.
- Des frais engagés légitimement par l’assuré, avec l’accord de l’assureur pour la
récupération du véhicule assuré qui a été volé.

Ne sont pas couverts par la garantie vol :

- Les vols commis par les préposés pendant les heures de service ou par les
membres de la famille de l'assuré ou par toute personne habitant sous son
toit, ou avec leur complicité.
- Les vols des pneumatiques, accessoires et pièces de rechange dont le
catalogue du constructeur prévoit la livraison en même temps que le véhicule
sauf s'ils sont commis dans un garage ou avec effraction, escalade ou usage de
fausse clé à moins que le contrat ne fait l’objet d’une extension aux vols
partiels.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
 Garantie Incendie du véhicule

Cette garantie couvre l’assuré contre les dommages subis par le véhicule assuré avec
les accessoires et pièces de rechange dont le catalogue du constructeur prévoit la
livraison en même temps que le véhicule. La garantie ne joue que lorsque ces
dommages résultent :

- Soit d’une collision avec un autre véhicule ;


- Soit d’incendie ;
- Soit de chute de la foudre ;
- Soit d’explosion ou de combustion instantanée.

Les éléments n'entrant pas dans cette définition ne peuvent être garantis que
moyennant surprime et stipulation aux Conditions Particulières.

Ne rentrent pas dans cette garantie :     

- Les dommages subis par le véhicule assuré, pendant le transport d'explosifs,


cette garantie étant généralement accordée dans le cadre d'une extension du
contrat d'assurance de la responsabilité civile de chef d'entreprise au transport
d'explosifs.
- Les dommages causés aux appareils électriques du seul fait de leur
fonctionnement (les lampes, fusibles, le bris de machine …)

 Garantie Bris de Glace

Elle couvre exclusivement les dommages consécutifs ou non à un accident, subis par
le pare-brise, les glaces latérales, la lunette arrière du véhicule assuré.

Elle ne couvre cependant pas : 

- Les phares, les miroirs, les rétroviseurs et les feux de position.


- Les bris de glace consécutifs à un incendie dans la mesure où ils sont couverts
par la garantie incendie ou ceux consécutifs au vol qui rentre dans le champ de
la garantie vol.

La garantie s'exerce à concurrence de la valeur de remplacement des glaces brisées, y


compris les fournitures nécessaires à leur remplacement et les frais de pose au jour
du sinistre.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
2) La tarification

La tarification de l'assurance automobile est une opération extrêmement importante


dans la mesure où elle aboutit à la détermination de la prime à payer qui est la
contrepartie du service d'assurance, et c'est cette contrepartie qui est destinée à
alimenter le fond de compensation pour indemniser un assuré en cas de sinistre.

 La Responsabilité Civile

Du fait du caractère social de la branche automobile, le tarif en responsabilité civile


est fixé par le législateur. Le code CIMA stipule ainsi en son article 212 que « Les
entreprises d'assurance déterminent librement leurs tarifs en responsabilité civile
automobile. Ceux-ci doivent être au moins égaux au tarif minimal approuvé par la
commission de contrôle pour chaque état membre ». Cette libéralisation partielle
avait été rendue nécessaire par le déficit de la branche automobile dans les marchés
des assurances des pays membres de la CICA, car du fait de la concurrence, les
compagnies appliquaient des sous-tarifications.

Le tarif en vigueur s'applique à


l'assurance des véhicules terrestre à
moteur, à leurs remorques et semi-
remorques. De plus, il s'applique aux
véhicules en circulation au Gabon, mais
aussi sur l'ensemble des territoires des
états membre de la CIMA (Bénin,
Cameroun, Cote d'ivoire, Guinée-
Bissau, Mali, République Centrafricaine,
Tchad, Burkina Faso, Congo, Gabon,
Guinée Equatoriale, Niger, Sénégal,
Togo).

« Ce tarif minimal repose notamment sur les critères suivants :

- Les caractéristiques et usages du véhicule assuré ;


- La zone géographique de circulation ;
- Le statut socioprofessionnel et caractéristique du conducteur habituel ».

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Les caractéristiques et usages du véhicule assuré 

En ce qui concerne l'usage du véhicule, les critères suivants influent directement sur
le tarif :

- La puissance du véhicule exprimée généralement en nombre de chevaux


vapeur ;
- La source d'énergie : selon que le véhicule assuré utilise l’essence ou le diesel;
- Le nombre de places payantes en ce qui concerne les véhicules destinés au
transport public de voyageurs (TPV).

Les véhicules sont du point de vue de leur usage repartis en 10 catégories: 

- Catégorie N°1 : Véhicules à carrosserie de tourisme appartenant à des


personnes physiques ou morales utilisés tant pour les besoins professionnels
que privés et qui sont aménagés pour le transport de personnes à titre gratuit.
- Catégorie N°2 : Véhicules à carrosserie conçue pour le transport de
marchandises ou de matériels, utilisés pour le transport des produits,
marchandises ou matériels appartenant à l'assuré.
- Catégorie N°3 : Véhicule utilisé pour le transport de marchandises
appartenant à des tiers.
- Catégorie N°4 : Véhicules aménagés pour le transport des personnes ;
Véhicules aménagés pour le transport de personnes à titres onéreux (taxis)
maximum 4 personnes. Véhicules aménagés pour le transport de personnes à
titres onéreux taxis au-delà de 4 places.
- Catégorie N°5 : Véhicules motorisés à deux ou trois roues et véhicules à
quatre roues d'un poids égal ou inférieur à 150 kg, dont le nombre de places
n'excède pas deux.
- Catégorie N°6 : Véhicules appartenant ou confiés aux garagistes et
professionnels de la vente, et de la réparation pour les essais ou la mise au
point.
- Catégorie N°7 : Véhicules destinés à l'enseignement de la conduite automobile
(auto-école) à commande double et simple.
- Catégorie N°8 : Véhicules à carrosserie de tourisme destinés à la location avec
ou sans chauffeur.
- Catégorie N°9 : Engins mobiles de chantier, c'est-à-dire appareils mobiles
utilisés par les entreprises industrielles, agencés spécialement pour l'exécution
de leurs travaux de chantier, se déplaçant sous grues ou chenilles, soit par
leurs propres moyens, soit étant tractés par un autre motorisé. Véhicules

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
utilisés par des entreprises industrielles, agencés spécialement pour
l'exécution des travaux de chantier, se déplaçant sur roues ou chenilles soit
par leurs propres moyens, soit en étant tractés par un autre motorisé.
- Catégories N° 10 : Véhicules de type spéciaux ne rentrant dans aucune des
catégories 1 à 9 notamment les véhicules d'ambulances, les corbillards, les
fourgons funéraires, les véhicules utilisés uniquement pour l'enlèvement des
ordures, les véhicules des collectivités (arroseurs, balayeuses, goudronneuses
véhicules de vidange), les tracteurs agricoles et forestiers, les véhicules
circulant sur les aérodromes.

La zone géographique

Ce critère a pour but de permettre la modulation de la tarification en fonction de


l'intensité du trafic routier et de la fréquence des accidents constatés dans une zone
donnée.

La zone géographique de circulation se détermine en fonction du domicile de l'assuré


et du garage habituel du véhicule. Toutefois, en cas de divergence dans la
détermination de la zone, il sera fait application du tarif de la zone la plus élevée.

Cette condition n’existe pas pour le territoire gabonais car il n’est pas divisé en zone
de circulation, mais s’applique au niveau de certains pays membres de la zone CIMA.

Le statut socioprofessionnel et les caractéristiques du conducteur habituel

Les catégories socioprofessionnelles devant servir de base à la tarification sont


scindées en deux parties :

- Groupe 1 : personnes physiques


- Groupe 2 : personnes morales

Il sera fait application d'une majoration de 5% pour tous les véhicules du groupe 2.

Les conducteurs habituels sont rangés en deux classes selon l'âge du permis de
conduire :

- Classe 1 : moins de deux ans


- Classe 2 : supérieur ou égale à deux ans

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
La prime de référence est majorée de 5% pour la classe 1.

Les autres critères pouvant influer sur le tarif, sont :

 Les assurances de courte durée :


Les primes figurant sur les tarifs automobiles sont généralement valables pour une
période de 12 mois. En d'autres termes, il s'agit de primes annuelles. Des assurances
peuvent cependant être souscrites pour des périodes inférieures à une année à des
conditions spécifiques prévues par le barème de courte période.

Ainsi nous pouvons identifier deux périodes différentes en assurance. Il est possible
de souscrire un contrat automobile en trimestre ou en semestre, majorant une
surprime :

- Les trimestres sont calculés de la manière suivante : 1er trimestre fixé au taux
de 44%, le second et le troisième sont établis au taux de 24% et le dernier au
taux de 13%.
- Les semestres quant à eux sont conclus pour la première période à 67% et la
seconde période à 38%.

Le pourcentage fait référence à la prime annuelle. Nous voyons donc que pour les
trimestres et les semestres le taux annuel de la prime est de 105%. Il est donc plus
avantageux de prendre directement un contrat annuel lorsque l’on va souscrire pour
une année. Sinon il y aura une majoration de 5% de la prime annuelle.

 Le cas de la suspension de garantie :

En cas de suspension de contrat non consécutive à un sinistre garanti et non


inférieure à quatre semaines consécutives, le souscripteur bénéficie de la remise en
vigueur du contrat à son choix :

- Soit d'une ristourne de prime égale aux ¾ du prorata de la prime afférente à


la période de suspension, à valoir sur la prime de la prochaine année
d'assurance.

- Soit d'une prorogation de garantie égale au ¾ de la période de suspension.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
 Les réductions commerciales :

Des conditions tarifaires plus attrayantes sont accordées lorsque le nombre de


véhicules assurés au nom d'une même personne physique ou morale est supérieur ou
égal à deux. Il s’agit de remises commerciales.

Les réductions flottes ainsi accordées sont les suivantes en fonction de l’importance
du parc automobile assuré :

Remise Flotte Nombre de véhicules


Néant Lorsque la flotte comporte moins de 10 véhicules
5% Lorsque la flotte comprend entre 10 et 30 véhicules
10% Lorsque la flotte a plus de 30 véhicules

 Les bonus-malus

Clause type, insérée dans les contrats d’assurance automobile, prévoyant


l’application d’un coefficient de réduction et de majoration des cotisations à chaque
échéance annuelle.

En fonction du mauvais ou du bon comportement de l’assuré, le tarif doit être


réajusté au renouvellement du contrat. Nous avons ainsi les deux cas de figures ci-
après :

- Le boni

Il est entendu que, si les sinistres réglés et ceux évalués mais non réglés au cours
d’une année d’assurance ne dépassent pas 33 % des primes payées pour la même
année, l’assuré pourra, à sa demande, bénéficier d’une bonification de 15 % dont le
calcul et le versement seront néanmoins subordonnés aux conditions suivantes :

- aucune suspension du contrat ne doit être intervenue pendant l’année


d’assurance.
- La bonification calculée sur la prime de l’année écoulée viendra en déduction
de la prime de renouvellement.

V –S
Formule destinée au calcul de la bonification: P x
V

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
P = Somme des primes, surprimes et prorata de primes encaissés dans l’année.

V = Nombre de véhicules garantis.

S = Nombre de sinistres déclarés.

Pour bénéficier de la déclaration (bonus pour non déclaration de sinistre) l'assuré qui
change de compagnie, doit présenter à la compagnie une attestation d'antériorité
délivrée par son précédent assureur.

Après chaque période annuelle sans sinistre, la cotisation de l’année précédente est
réduite de 5% Les taux sont fixés comme suit :

- 10% de réduction au 1er renouvellement sans sinistre ;


- 15% de réduction au 2ème renouvellement sans sinistre ;
- 20% de réduction au 3ème renouvellement sans sinistre.

Il n’y a aucune réduction supérieure possible pour les prochaines échéances. 20% est
la réduction maximale en bonus.

- Le mali

Tout sinistre survenu pendant la période du contrat, lorsqu’il met en jeu la garantie
responsabilité civile ou dommages au véhicule, entraine la perte du boni acquis. Ainsi
il n’y a pas de majoration appliquée juste une remise à zéro des bonus, puisqu’au
bout d’une année sans sinistre les réductions reprennent comme dans le cas d’une
première souscription d’assurance.

 La Défense Recours

La prime défense et recours est fonction de la prime de base RC. Elle est calculée en
prélevant 20% du montant de la prime de base, pour les catégories 1, 5, 6, 7. Pour ce
qui concerne les catégories 2, 3, 4, 8, 9, 10, la prime est obtenue en appliquant 20%
sur la prime majorée auparavant, selon le cas, d’une surprime.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
 L’individuelle Personne Transportée

L'assuré est indemnisé en fonction de la formule souscrite et à concurrence du


montant figurant au tableau ci-dessous.

Frais
Surprim
Tarif Libellé Tarif Option Prime IPT Incapacité Décès Médicau Places
e
x
Promenade et 2 500
1 2,5F 12 000 2 500 000 4 950 250 000 8
affaires 000
Promenade et 3 000
1 3F 14 500 3 000 000 4 950 300 000 8
affaires 000

Promenade et 3 500
1 3,5F 15 500 3 500 000 4 950 350 000 8
affaires 000

Tableau fourni à titre indicatif pour les voitures de type 1 (particuliers).

 La garantie Dommage

La tarification de ce risque est assise sur la base de la valeur neuve du véhicule.

Le calcul de la prime est assez simple, la valeur du véhicule est multipliée par le taux
de la garantie. La catégorie et la marque du véhicule influent sur le montant de la
prime, et sont indispensables.

Si le véhicule assuré a fait l'objet de transformations entraînant une augmentation de


sa valeur, son assurance doit être basée sur sa valeur neuve majorée du coût de
transformation.

Tarif n°3
Dommage Tarif n°1 Tarif n°2 Tarif n°4 Tarif n°7 groupe Tarif n°8
groupe A et Tarif n° 10
par : groupe A et B groupe A et B groupe B A et B groupe B
B
Tourisme :
10,80% de la 18% de la 18% de la 18% de la 5,40% de
Avec D.C : 13,5% 17,3%
Accident valeur valeur valeur valeur la valeur
Sans D.C :16,2% Utilitaires :
catalogue catalogue catalogue catalogue catalogue
28,8%

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
 La Garantie Vol

Le calcul de cette tarification est presque identique à celui de la garantie dommage,


sauf qu’ici on utilise la valeur vénale du véhicule.

En effet la valeur du véhicule est multipliée par le taux de garantie vol. Si le véhicule
subit des transformations dont il découle une augmentation de sa valeur vénale, sa
valeur d'assurance doit être augmentée du coût de ces transformations.

Tarif n°3
Dommage Tarif n°1 Tarif n°2 Tarif n°4 Tarif n°7 groupe Tarif n°8
groupe A et Tarif n° 10
par : groupe A et B groupe A et B groupe B A et B groupe B
B
1,80% de  1,80% de 1,80% de
1,80% de la 1,80% de la 1,80% de la 1,80% de la
VOL la valeur la valeur la valeur
valeur vénale valeur vénale valeur vénale valeur vénale
vénale vénale vénale

Catégories Origine Française


1 1,00% de la valeur vénale
2, 3, 4, 5,
6, 7, 8, 9 1,00% de la valeur vénale
et 10

 La garantie Incendie
Ce risque est tarifié sur la base de la valeur vénale du véhicule.

Par ailleurs, si le véhicule fait l'objet de transformation entraînant une augmentation


de sa valeur vénale, la valeur d'assurance à déclarer doit être augmentée du coût de
ces transformations.

Tarif n°3
Dommage Tarif n°1 Tarif n°2 Tarif n°4 Tarif n°7 groupe
groupe A et Tarif n°8 groupe B Tarif n° 10
par : groupe A et B groupe A et B groupe B A et B
B
1,80% de 1,80% de
1,20% de la 1,80% de la 1,80% de la 1,20% de la Tourisme : 1,20%
Incendie la valeur la valeur
valeur vénale valeur vénale valeur vénale valeur vénale Utilitaires : 1,80%
vénale vénale

Catégories Origine Française


1 0,50% de la valeur vénale
2, 3, 4, 5,
0,60% de la valeur vénale
6, 7, 8, 9

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
et 10
 La garantie Bris de Glace
La tarification de ce risque est fonction de la valeur neuve du véhicule tout comme
certaine garantie facultative, cette prime est acquise en multipliant la valeur neuve
du véhicule par le taux dans le tableau ci-dessous.

Tarif n°3
Dommage Tarif n°1 Tarif n°2 Tarif n°4 Tarif n°7 groupe
groupe A et Tarif n°8 groupe B
par : groupe A et B groupe A et B groupe B A et B
B
1% de la 1% de la 1% de la 1% de la
Bris de 1,80% de la  1% de la valeur
valeur valeur valeur valeur
Glace valeur vénale catalogue
catalogue catalogue catalogue catalogue

Catégories Origine Française


1 0,75% de la valeur neuve
2, 3, 4, 5,
6, 7, 8, 9 0,75% de la valeur neuve
et 10

Comme nous le verrons par l’exemple ci-après, les compagnies sont libres de fixer
leur propre taux sauf pour la RC où il y a un taux minimum. C’est de cette manière
que les primes vont différer d’une compagnie à une autre en fonction de la stratégie
qu’adoptera l’entreprise.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
3) Un exemple

Nous allons voir l’établissement du contrat d’assurance automobile pour une Renault
Clio de 7cv et 5 places, pour la durée d’un an sans bonus, en fonction des différentes
compagnies d’assurance.

Colina

La prime annuelle s’élève à 144 072 F CFA.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
NSIA

La prime annuelle s’élève à 140 832 F CFA.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Assinco

Assinco est la compagnie la moins chère pour l’assurance au tiers-simple de la


Renault Clio.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Chapitre 2 : l’assurance habitation

La multirisque habitation (MRH)


permet de se prémunir des risques que
peut courir la maison d’un particulier,
elle est donc essentielle puisque les
conséquences financières d’un sinistre
sont généralement lourdes.
Légalement elle n’est pas obligatoire
mais lors d’un sinistre elle apparaît
comme providentielle.

1) Les différentes garanties en MRH

L’objet d’une police d’assurance est le risque. Le risque est l’élément fondamental
d’une police d’assurance qui donne lieu à la prestation de l’assureur, contre le
paiement d’une prime, lorsque survient l’événement prévu au contrat. La MRH
couvre :

- Les bâtiments y compris les clôtures, garages, aménagements immobiliers à


usage personnel situés à proximité ou au lieu de l’habitation.
- Le contenu de l’habitation dont tous les meubles et objets se trouvant à
l’intérieur des locaux personnels, appartenant à l’assuré ou aux personnes
dont il est civilement responsable et vivant habituellement dans son foyer.
- Sa responsabilité et celle de son entourage immédiat : gardiens, enfants,
conjoint ou concubin, parents, grands-parents, animaux domestiques…dont il
est responsable civilement qui vivent quotidiennement dans son foyer.

La MRH a pour objet de garantir les conséquences pécuniaires occasionnées par la


détérioration de tout ou partie de ces biens (bâtiments et accessoires) utilisés à titre
privé.

Ce contrat prévoit toutes les garanties relatives à une habitation et aux risques de la
vie privée. Certains événements sont présentés comme des options : garanties de
base et garanties facultatives.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Les garanties de base

Celles-ci correspondent aux garanties automatiquement souscrites lors de la


souscription d’un contrat : l’incendie (comprenant les explosions, la foudre et les
tempêtes), les dégâts des eaux, la responsabilité civile chef de famille, la défense
recours, le bris de glace, le vol, et les dommages électriques. A noter qu’il y a des
différences selon les compagnies, nous regarderons le bouquet que l’on retrouve le
plus souvent.

 L’incendie

L’assurance incendie se classe dans la catégorie des assurances dommages par


opposition aux assurances de personne. Elle poursuit un but exclusivement
indemnitaire et non de spéculation, et se définit comme « une combustion avec
flammes en dehors d’un foyer normal », et a pour but de réparer les dommages
causés par le feu.

L’ensemble des « biens » définis au titre du contrat est assuré contre les dommages
matériels provoqués par :

- L’incendie proprement dit ou consécutif à celui-ci, c’est-à-dire une


conflagration, un embrasement, une simple combustion, ainsi que les
dommages autres que l’incendie ou l’explosion provenant de combustion
lente ou spontanée,
- L’explosion ou l’implosion (ainsi que les coups d’eau des appareils à vapeurs)
définie comme l’action subite et violente de la pression ou de la dépression de
gaz ou de vapeurs,
- Sont également garantis les dommages causés par les explosifs qui seraient
déposés, à l’insu de l’assuré, dans les locaux assurés ou à leurs abords
immédiats.
- La chute de la foudre sur les biens assurés,
- Les incidents d’ordre électrique affectant les canalisations électriques non
enterrées,
- Le choc d’un véhicule terrestre identifié ou non, dont le conducteur ou le
propriétaire n’est ni l’assuré ni une personne dont celui-ci est civilement
responsable,
- Le choc ou la chute d’un appareil aérien ou spatial ou d’objets tombant de
ceux-ci et le franchissement du mur du son,

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
- Les fumées, émanations, vapeurs soudaines et imprévisibles quelle que soit
leur nature et/ou origine.
- Les feux de brousse occasionnés par ou en conséquence des forêts, buissons,
jungles ou cultures brûlant soit accidentellement, soit autrement, ainsi que le
nettoyage des terres par incendie.
- La mise en œuvre des moyens de secours et de sauvetage y compris par les
installations d’extinction automatiques.

Ainsi sont exclus de la garantie les dommages suivants :

- Les dommages provenant d’un défaut de fabrication des biens garantis,


- Les dommages aux bâtiments en cours de démolition,
- Les dommages aux appareils électriques, aux compresseurs lorsqu’ils sont dus
à la chute de la foudre ou un incendie ou à une explosion interne (sauf
garantie prévue par ailleurs),
- Les dommages subis par le véhicule et son contenu en cas de choc.

 Les dégâts des eaux

Ils correspondent à l’ensemble des dommages matériels provoqués de manière


accidentelle par l’action de l’eau.

Cette garantie couvre les dommages provoqués par l’action de l’eau due à la fuite, la
rupture ou le débordement :

- Des conduites enterrées ou non enterrées d’adduction, de distribution,


d’évacuation et de chauffage ou encore des colonnes de vidanges,
- Des chéneaux et gouttières,
- Des appareils à effets d’eau, de chauffage ou de climatisation et de récipient
divers, ainsi que les installations d’extinction automatique à eau,

Ainsi que par :

- Une infiltration au travers des toitures (y compris terrasses et ciels vitrés)


- Tout autre évènement à condition qu’il ne soit imputable ni à l’assuré ni à une
personne dont il est civilement responsable, ou contre laquelle il a renoncé à
recours.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
- Les frais nécessités par la recherche des fuites à l’origine des dommages ainsi
que les frais de surconsommation de l'eau perdue qui en sont la conséquence.

En contrepartie, ne sont pas garantis les dommages :

- Provoqués, même en cas d’orage, par des inondations, débordements


refoulements de sources, cours d’eau, étendues d’eau naturelles artificielles,
canalisations souterraines ou égouts, ainsi que ceux dus à l’humidité et à la
condensation,
- Causés aux appareils eux-mêmes, les dégorgements, les réparations,
déplacements ou replacements des tuyaux, conduites, robinets ou appareils,
- Résultant d’un défaut notoire de réparation ou d’entretien des toitures,
terrasses, balcons, ciels vitrés, portes, fenêtres, soupiraux, lucarnes, gaines
d’aération ou de ventilation, installations d’extinction automatique à eau,
étant toutefois précisé que cette exclusion ne vise que les seuls biens de
l’assuré et non les marchandises confiées,
- Causés par suite d’effondrement, d’affaissement ou de glissement de terrain.

 La responsabilité civile chef de famille

Elle désigne l’obligation légale de réparer les préjudices commis à un tiers par l’assuré
ou un membre vivant sous son toit. Elle couvre les dégâts commis par un tiers quel
que soit l’endroit : à domicile ou en dehors.

Dans les limites fixées aux conditions particulières, l’assureur garantit les
conséquences pécuniaires de la responsabilité civile que l’assuré peut encourir à
l’égard des tiers y compris des locataires au cours de sa vie familiale, du fait des
dommages corporels, matériels et immatériels consécutifs, causés par un accident et
imputables :

- Au bâtiment, à ses dépendances, aux embellissements, à tout matériel affecté


au service de l’immeuble,
- Aux antennes de télévision, de radios ou autres,
- Aux terrains, cours et jardins y compris les installations et jeux d’enfants qui en
dépendent,
- Aux conjoint(e), enfants et parents vivant avec l’assuré,

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
- A des fautes commises par le personnel chargé de la surveillance, de
l’entretien du bâtiment ainsi que les domestiques de l’assuré dans l’exercice
de leurs fonctions,
- Aux animaux : affectés à la garde du bâtiment ou appartenant à l’assuré ou à
sa charge,
- A l’intoxication alimentaire.

Sont exclus :

- Les dommages provenant d’un défaut permanent et volontaire d’entretien et


d’un manque intentionnel de réparations indispensables à la sécurité,
- Les dommages matériels causés par la communication d’un sinistre d’incendie,
d’explosion, d’implosion ou d’eau, ayant pris naissance dans le bâtiment ou le
mobilier assuré,
- Les dommages de toute nature provenant des engins à moteur soumis à une
obligation d’assurance,
- Les résidences secondaires,
- L’exercice d’une activité professionnelle,
- La pollution et autres atteintes à l’environnement non accidentelles,
- Les piscines et terrains de sport en copropriété,
- La chasse, les sports aériens et le pilotage.

 Le bris de glace

Sont garantis tous événements entrainant le bris des objets désignés ci-dessous, qui
équipent le bâtiment lorsque ce bris intervient après leur mise en place (fixation ou
pose).

Ainsi, l’assureur garantit le remplacement :

- Des glaces, verres, vitrages, de toute nature, y compris les accessoires tels que
poignée en produit verrier, les miroirs fixés au mur,
- Des séparations de balcons, garde-corps en produit verrier de toute nature,

Les frais suivants :

- Les frais de pose, de dépose et de transport,

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
- Les frais de gardiennage et de clôture provisoire à la suite d’un bris.

Cette garantie ne prend pas en compte :

- Les dommages corporels et matériels causés par la chute de débris,


- Les vols résultants du bris des biens assurés,
- Les conséquences résultant pour l’assuré de l’interruption, de trouble ou de
retard que le dommage ou sa réparation pourrait porter à ses affaires, le bris
des miroirs suspendus et non fixés au mur selon les règles de l’art,
- Le bris occasionné par la vétusté ou le défaut d’entretien des enchâssements,
encadrements ou soubassements,
- Les bris occasionnés par le vice de construction ou de fabrication y compris
l’encadrement, les bris survenant au cours de tous travaux effectués sur les
biens assurés, leurs encadrements, agencements,
- Les toitures vitrées, vérandas, verrières, les murs-rideaux.

 Le vol

L’assureur répond de la disparition, détérioration, destruction, résultant de vol ou


tentative de vol commis dans les locaux assurés, dans les circonstances suivantes :

- Vol commis par effraction, escalade des locaux renfermant les biens assurés,
par forcement des portes et/ou fenêtres ou usage de fausses clefs,
- Vol précédé, suivi ou accompagné de meurtre, tentative de meurtre ou
violences dument justifiées sur la personne de l’assuré ou des personnes
habitant avec lui,
- Les détériorations mobilières et immobilières ayant pour seul objet le vol ou la
tentative de vol.

Les biens assurés sont :

- Le mobilier et les effets personnels,


- Les bijoux et objets précieux selon les modalités fixées aux conditions
particulières.

Indépendamment des exclusions prévues aux conditions générales, sont exclus :

- Les vols des objets et meubles se trouvant dans un endroit non entièrement
clos et couvert,
- Les vols commis à la faveur d’un incendie,

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
- Les vols commis par les membres de la famille de l’assuré ou avec leur
complicité et celui commis par ses locataires ou sous locataires,
- Les vols des fonds et valeurs,
- Les vols commis par les préposés attachés au service du bâtiment.

 La défense recours

Elle peut se nommer aussi garantie protection juridique.

L’assureur garantit l’assuré contre tout litige ou différend en lui apportant tous les
moyens (frais judiciaires, honoraires, expertises, avocats) qui lui sont nécessaires
pour :

- Assurer sa défense devant les tribunaux s’il est poursuivi en raison d’un
sinistre garanti au titre de la garantie responsabilité civile familiale privée,
- Exercer tout recours selon les modalités que l’assureur juge, avec
l’approbation de l’assuré, les plus favorables à ses intérêts, en réparation des
dommages corporels, matériels et immatériels consécutifs dont l’assuré est
victime dans la mesure où ils engagent la responsabilité d’une personne
n’ayant pas la qualité d’assuré.

Par litige est entendu, toute situation conflictuelle conduisant l’assuré à faire valoir
un droit ou à se défendre devant une juridiction.

Cette garantie exclut :

- Les amendes et les sommes de toutes natures que l’assuré doit en définitive
payer ou rembourser à la partie adverse,
- Les honoraires de résultats, c'est-à-dire le pourcentage de l’indemnité
obtenue,
- Les recours exercés à l’encontre d’une personne ayant la qualité d’assuré au
titre de la présente garantie,
- Le recours pour les dommages immatériels non consécutifs à un dommage
corporel ou matériel,
- Le recours pour les dommages atteignant l’immeuble assuré, lorsque ces
dommages relèvent de la responsabilité des constructeurs ou vendeurs,

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
- Les dommages résultant de l’utilisation par l’assuré d’un véhicule terrestre à
moteur dont il a la propriété, la garde ou la conduite.

 Les dommages électriques

Cette assurance couvre : les événements assurés :

- L’action de l’électricité y compris la chute de la foudre et les effets d’un


dysfonctionnement électrique.
- L’incendie, l’explosion ou l’implosion qui prennent naissance à l’intérieur des
biens assurés.

Les biens assurés sont les appareils électriques (y compris les transformateurs) et


électroniques ainsi que leurs accessoires.

Les responsabilités assurées concernent celles qui engagent les conséquences


pécuniaires vis-à-vis :

- Du propriétaire ou locataire,
- Des voisins et des tiers.

lorsque les dommages résultent d’événements cités ci-dessus. La garantie s’exerce au


lieu d’assurance.

Sont exclus, les dommages dus :

- A l’usure,
- Au bris de machines,
- A un fonctionnement défectueux,
- A un accident mécanique quelconque.

Mais aussi :

- Les dommages causés aux fusibles, résistance chauffantes, lampes de toutes


natures et tubes électroniques,
- Les dommages causés aux matériels informatiques (par matériel informatique
il faut entendre l’unité centrale de traitement de l’ordinateur, la mémoire
centrale et les périphériques),
- Les matériels électroniques des centraux téléphoniques,
- Au contenu des appareils électroménagers,

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
- Les générateurs et les transformateurs.

Les garanties facultatives

Les garanties facultatives sont différentes en fonction des compagnies. Nous allons
dénombrer une partie :

 La protection juridique

Les personnes assurées bénéficient de prestations d’informations juridiques dans les


domaines du droit : en consommation, en habitat, en travaux immobiliers, en emplois
familiaux, en impôts, en voisinage, en copropriété etc. mais aussi pour des
prestations d’aide à la signature : bail habitation, contrat de travaux, contrat de
travail, promesse de vente etc.

 L’assistance à domicile

Elle couvre :

- Les transports à l’hôpital, gardes d’enfants, d’animaux, suite aux accidents


subis par l’assuré à son domicile,
- Les frais d’hébergement, de gardiennage, de déménagement, de ménagère,
suite aux conséquences d’un sinistre frappant le domicile de l’assuré,
- La transmission des messages urgents à la famille ou à l’employeur suite aux
problèmes de la vie quotidienne, comme par exemple, en cas de vol ou perte
de clefs du domicile assuré.

 L’assurance scolaire

Assurance souscrite au début de l’année scolaire par des parents, en vue de couvrir
leurs enfants lors de leur activité scolaire et extrascolaires. L’assurance scolaire n’est
pas obligatoire, sauf pour les activités scolaires qui se déroulent à l’extérieur de
l’école.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
 RC séjour voyages

Sont garanties les conséquences pécuniaires de la responsabilité civile encourue par


les assurés au cours d’un séjour de moins de 3 mois, dans un bâtiment d’habitation
ou dans une chambre d’hôtel.

 RC chasse

L’assurance obligatoire doit couvrir, pour une somme illimitée, le chasseur et ses
chiens, à raison des dommages corporels occasionnés par tous actes de chasse ou de
destruction d’animaux nuisibles. Sont couverts à ce titre les dommages causés par
toute arme de chasse, au cours ou à l’occasion de la chasse, depuis le moment où
l’assuré a quitté sa résidence habituelle pour se rendre sur les lieux de la chasse
jusqu’à son retour ou à l’occasion de son nettoyage par l’assuré à son domicile.

 RC sport
 RC cheval de selle
 Le remplacement des serrures
 Les dommages aux matériels domestiques
 Les bris des appareils électroniques et micro informatiques de la vie privée

Certains biens peuvent être garantis moyennant une surprime et consentie entre les
parties :

- Les objets de valeurs et bijoux,


- Les espèces et les valeurs,
- Le mobilier dans les dépendances,
- Le mobilier en villégiature.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?
83
2) La tarification

La tarification s’effectue à partir de tableaux à lecture directe et, sur la base de la


proposition. Chaque compagnie à un mode de fonctionnement différent et les
éléments de tarification divergent. En effet, Assinco, NSIA et Colina utilisent le
nombre de pièces et le contenu pour établir la prime, alors qu’Axa se base sur la
superficie et Ogar se contente du contenu. Le rôle d’Ascoma est de conseiller son
client afin de l’orienter vers la compagnie qui correspond le mieux à ses attentes et
où son risque est le mieux pris en charge dans les moindres coûts.

Ainsi nous étudierons les méthodes de cotation des différentes compagnies.

Assinco

La table des tarifs d’Assinco, est un tableau à deux entrées qui se sert du nombre de
pièces et du montant du contenu de l’habitation afin d’avoir le tarif de la garantie de
base :

Garantie de base
Nombre de pièces
Capitaux 2 3 4 5 6 7
2.000.000 52999 58129 66986 75759
3.000.000 59749 64879 73736 82509
4.000.000 66249 71629 80486 89259 91732
5.000.000 72749 78379 87236 96009 98482
6.000.000 79299 85129 93986 102750 105232 105588
7.000.000 85849 91879 100736 109500 11982 110667
8.000.000 92399 98629 107486 116250 118732 113586
9.000.000 98949 105379 114486 123000 125482 116401

Ce tableau permet d’obtenir le tarif de la garantie de base à partir duquel on peut


calculer la part pondérée de chaque garantie :

- Incendie 30% de la garantie de base


- Dommages électriques 15%
- Vol 30%
- Dégâts des eaux 15%
- RC chef de famille 9%
- Défense recours 1%

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
A cette garantie de base, peuvent s’ajouter des garanties optionnelles ou
additionnelles qui se calculent de manière forfaitaire :

- La protection juridique : 1 575


- Les accidents ménagers : 8 075
- Les bris des appareils électroniques : 10 075
- Les bris de glace : 8 075

Le montant des primes est jusqu’à présent calculé hors taxe et hors frais. Ainsi après
avoir calculé la prime totale, c'est-à-dire la garantie de base à laquelle on ajoute les
garanties additionnelles, on peut établir le montant des frais d’accessoires :

Frais
Montant des primes
d'accessoires
émises
émis
1 à 100 000 9 000
100 001 à 500 000 20 000
500 001 à 10 000 000 30 000
10 000 001 à 20 000 000 40 000
20 000 001 à plus 65 000

Une fois les frais établis, on peut calculer le montant des taxes :

- 30% pour les assurances contre les incendies : incendie* 30%


- 8% pour toutes les autres assurances : (autres garanties + frais d’accessoires)*
8%
- A noter qu’il existe une taxe à 5% pour les assurances contre les risques de
toute nature de navigation maritime, fluviale et aérienne, qui ne rentre donc
pas en compte pour l’assurance habitation.

Ainsi, la prime émise est la somme de la prime totale hors taxe (garantie de base et
garantie additionnelle), des frais d’accessoires et des deux taxes.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Axa

De la même manière qu’Assinco, Axa utilise un tableau à deux entrées pour établir sa
prime hors taxe, mais se base sur la surface et le montant du contenu. Il existe deux
tables, une incluant le vol, et l’autre sans. Nous verrons celle avec vol compris :

Garantie de base
surface développée (m²)
Capitaux 0 à 25 26 à 50 51 à 75 76 à 100 101 à 152 126 à 150
2.000.000 59000 62500 66000 69500 73500 77500
3.000.000 66000 69500 73000 76500 80500 84500
4.000.000 73000 76500 80000 83500 87500 91500
5.000.000 80000 83500 87000 90500 94500 98500
6.000.000 87000 90500 94000 97500 101500 105500
7.000.000 94000 97500 101000 104500 108500 112500
8.000.000 101000 104500 108000 111500 115500 119500
9.000.000 108000 111500 115000 118500 122500 126500

Les garanties facultatives sont :

- Le vol : 7 000
- L’assistance à domicile : 15 000
- Les dommages électriques : 7 000
- Le remplacement des serrures : 7 000
- La RC séjour voyage : 7 000
- La RC chasse : 7 000
- La RC sport : 7 000
- La RC cheval de selle : 7 000
- L’assurance scolaire : 1 500

Les frais d’accessoires :

Frais
Montant des primes
d'accessoires
émises
émis
1 à 99 999 12 000
100 000 à 499 999 20 000
500 000 à 1 499 999 35 000
1 500 000 à 3 999 999 55 000
4 000 000 à plus 65 000
Enfin, le calcul des taxes :

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
- 30% pour les assurances contre les incendies : incendie* 30%
- 8% pour les autres assurances : (autres garanties + frais d’accessoires)* 8%

Ce qui nous permet d’obtenir la prime TTC.

Ogar

Pour calculer la prime, Ogar utilise le montant du contenu de l’habitation, ce qui


permet d’utiliser une table à lecture directe :

Dommages Dégâts des Bris de RC chef de


Capitaux Vol Incendie Prime nette
électriques eaux glace famille
1.000.000 12000 26000 5200 2000 1500 4000 50700
2.000.000 24000 27000 5400 4000 1500 4000 65900
3.000.000 36000 28000 5600 6000 1500 4000 81100
4.000.000 48000 29000 5800 8000 1500 4000 96300
5.000.000 60000 30000 6000 10000 1500 4000 111500
6.000.000 72000 31000 6200 12000 1500 4000 126700
7.000.000 84000 32000 6400 14000 1500 4000 141900
8.000.000 96000 33000 6600 16000 1500 4000 157100
9.000.000 108000 34000 6800 18000 1500 4000 172300

Les frais d’accessoires sont calculés de la même manière

Frais
Montant des primes
d'accessoires
émises
émis
1 à 99 999 17 000
100 000 à 499 999 20 000
500 000 à 1 499 999 35 000
1 500 000 à 3 999 999 55 000
4 000 000 à plus 65 000
Ogar calcule la taxe un peu différemment :

- 30% pour les assurances contre les incendies : (garanties incendie + dommages
électriques) * 30%
- 8% pour les autres assurances : (autres garanties + frais d’accessoires)* 8%

La somme de ces éléments nous donne la prime TTC.

Colina

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Colina utilise aussi des tables à lecture directe, mais étant donné qu’elle se base sur le
montant du contenu et le nombre de pièces, il y donc une table pour chaque nombre
de pièces possible. Nous ferons un tableau résumé à titre indicatif :

Dommages Dégâts des Bris de RC chef de


Vol Incendie Prime nette
électriques eaux glace famille
Capitaux Deux pièces principales
1.000.000 10500 10125 4500 1500 3000 3500 33125
2.000.000 17000 12650 4500 3500 3000 3500 44150
3.000.000 26500 14150 4500 5000 3000 3500 56650
Trois pièces principales
1.000.000 10750 12450 5000 1650 4000 3500 37300
2.000.000 20000 14150 5000 3650 4000 3500 50300
3.000.000 28150 15250 5000 5500 4000 3500 61400
Quatre pièces principales
1.000.000 10950 13000 5500 1750 6000 3500 407000
2.000.000 21000 13975 5500 3900 6000 3500 53875
3.000.000 31000 16000 5500 5785 6000 3500 67785

Les frais d’accessoires de Colina :

Frais
Montant des primes
d'accessoires
émises
émis
1 à 99 999 12 000
100 000 à 499 999 20 000
500 000 à 1 499 999 35 000
1 500 000 à 3 999 999 55 000
4 000 000 à plus 65 000

Les taxes se calculent comme pour Ogar :

- 30% pour les assurances contre les incendies : (garanties incendie + dommages
électriques) * 30%
- 8% pour toutes les autres assurances : (autres garanties + frais d’accessoires)*
8%

La somme de ces éléments nous donne la prime TTC.

3) Un exemple

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Monsieur Rembeau souhaite souscrire à une assurance habitation pour son
appartement. Ce logement possède 3 pièces principales et l’assuré estime avoir
2 000 000 F CFA de valeur mobilière à garantir.

Nous allons ainsi voir les propositions faites par les différents assureurs :

Assinco

M.
RembeauBrice

PROPOSITION
D'ASSURANCE

MULTIRISQUE
HABITATION

ASSINCO

Habitations Prime Prime Prime Prime Prime


Garantie Prime Prime
et capitaux Dégâts Prime Vol Défense Dommages bris de nette
de base Incendie RC
assurés des eaux Recours électriques glace totale
Appartement sis à IMM FLORIA
Contenu 2 000 000 F CFA
3Pièces principales
Garantie Garantie Garantie
Garantie Garantie Garantie
Primes de de de
pondérées
de base* de base* de base* Forfait
base* base* base*
30% 1% 15%
30% 15% 9%
Calcul des
primes
58 129 17 439 8 719 17 439 5 232 581 8 719 8 075 66 204

PRIMES
TOTALES
58 129 17 439 8 719 17 439 5 232 581 8 719 8 075 66 204

Franchises: en cas de réalisation d'un sinistre il sera


fait application des franchises suivantes
Prime
nette 66 204 Tempêtes, ouragans, cyclones: 100 000 F CFA

Accessoires 9 000 Dégâts des eaux: 50 000 F CFA

Taxes 30% 5 232 Dommages électriques: 50 000 F CFA

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Taxes 8% 4 621 Vol: 150 000 F CFA

Bris de glaces: 25 000 F CFA

Prime TTC 85 057 Bris des appareils électroniques : 25 000 F CFA

Responsabilité Civile: 25 000 F CFA

La prime nette annuelle est fixée à 66 204F CFA plus frais et taxes, soit 85 057 F CFA
TTC.

Axa

M. Rembeau
Brice

PROPOSITION
D'ASSURANCE

MULTIRISQUE
HABITATION

AXA
ASSURANCES
GABON

Habitations Prime Prime Prime Prime Prime


Garantie Prime Prime
et capitaux Dégâts Prime RC Défense Dommages bris de nette
de base Incendie Vol
assurés des eaux Recours électriques glace totale
Appartement sis à IMM FLORIA
Contenu 2 000 000 F CFA
3Pièces principales= 90m²
Garantie Garantie
Garantie Garantie Garantie Garantie
Primes de de
de base* de base* de base* Forfait de base*
pondérées base* base*
20% 10% 5% 5%
30% 30%
Calcul des
primes
69 500 20 850 13 900 20 850 6 950 3 475 15 000 3 475 84 500

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
PRIMES
TOTALES
69 500 20 850 13 900 20 850 6 950 3 475 15 000 3 475 84 500

Franchises: en cas de réalisation d'un sinistre il sera fait


application des franchises suivantes.
PRIME
NETTE 84 500

Accessoires 12 000 Tempêtes, ouragans, cyclones: 150 000 F CFA

Taxes 30% 6 255 Dégâts des eaux: 50 000 F CFA

Taxes 8% 6 052 Dommages électriques: 75 000 F CFA

Vol: 100 000 F CFA

Prime TTC 108 807 Bris de glaces: 50 000 F CFA

Responsabilité Civile: 50 000 F CFA

PRIME:

La prime nette annuelle est fixée à 84 500 F CFA plus frais et taxes, soit 108 807 F CFA TTC.

Ogar

M. Rembeau Brice

PROPOSITION
D'ASSURANCE

MULTIRISQUE
HABITATION

OGAR

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Prime Prime Prime Prime
Habitations et Prime Prime
Dommages Dégâts des bris de Prime RC nette
capitaux assurés Vol Incendie
électriques eaux glace totale
Appartement sis à IMM FLORIA
Contenu 2 000 000 F CFA
3Pièces principales= 90m²
Calcul des primes 24 000 27 000 5 400 4 000 1 500 4 000 65 900
PRIMES TOTALES 24 000 27 000 5 400 4 000 1 500 4 000 65 900
Franchises: en cas de réalisation d'un sinistre il sera fait application
P. NETTE 65 900 des franchises suivantes.
Accessoires 17 000
Tempêtes, ouragans, 10% des dommages avec un minimum de
Taxes 30% 9 720 cyclones: 500 000 F CFA
Taxes 8% 4 040 Dégâts des eaux: 100 000 F CFA
Dommages électriques: 100 000 F CFA
Prime TTC 96 660 Vol: 250 000 F CFA
Bris de glaces: 100 000 F CFA

Responsabilité Civile: Néant

PRIME:
La prime nette annuelle est fixée à 65 900 F CFA plus frais et taxes, soit 96 660 F CFA TTC.

Ogar est en lecture directe, il n’y a donc pas de calcul de primes pondérées. La
défense recours n’apparaît pas mais fait partie des garanties.

Colina

M. Rembeau Brice

PROPOSITION
D'ASSURANCE

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
MULTIRISQUE
HABITATION

COLINA

Prime Prime Prime


Habitations et Prime Prime Prime bris
Dégâts des Dommages Prime RC nette
capitaux assurés Vol Incendie de glace
eaux électriques totale
Appartement sis à IMM FLORIA
Contenu 2 000 000 F CFA
3Pièces principales= 90m²
Calcul des primes 20 000 14 150 3 650 5 000 4 000 3 500 50 300
PRIMES TOTALES 20 000 14 150 3 650 5 000 4 000 3 500 50 300
Franchises: en cas de réalisation d'un sinistre il sera fait application
des franchises suivantes.

P. NETTE 50 300
Tempêtes, ouragans, cyclones:
Accessoires 12 000 100 000 F CFA
Dégâts des eaux:
Taxes 30% 7 845 40 000 F CFA
Dommages électriques:
Taxes 8% 2 892 100 000 F CFA
Vol:
100 000 F CFA
Bris de glaces:
Prime TTC 73 037 100 000 F CFA

Responsabilité Civile:
150 000 F CFA

PRIME:

La prime nette annuelle est fixée à 50 300 F CFA plus frais et taxes, soit 73 037 F CFA TTC.

Ces différentes propositions seront proposées au client, la prime la moins élevée


étant celle de Colina, l’assuré souscrira dans cette compagnie.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?
83
3ÈME PARTIE : L’ASSURANCE EN AFRIQUE,
UN ENJEU DE TAILLE
Dans cette dernière partie, nous verrons d’abord quelles sont les caractéristiques du
marché africain puis nous allons étudier les enjeux de l’assurance en Afrique, plus
précisément il s’agira de pointer les problèmes et les perspectives qu’ils engendrent.

Chapitre 1 : Les caractéristiques du marché africain

Nous allons à présent étudier le marché de l’assurance africain grâce à l’étude


réalisée par la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines
(Fanaf). Celle-ci a été réalisée afin de dégager les principales tendances du marché de
l’assurance entre 2007 et 2011. Nous nous concentrerons seulement sur la
comparaison entre l’Afrique et les autres continents afin d’établir l’état des lieux du
positionnement africain. La Fanaf s’est servie des rapports Sigma publiés par la Swiss
Ré.

Les cotisations en évolution

Nous verrons ici les cotisations émises dans les différents continents et leur évolution
de 2007 à 2011.

Cotisations (en 2007 2008 2009 2010 2011


milliards de $ Tota Tota Tota Tota
US) dont % vie dont % vie Total dont % vie dont % vie dont % vie
l l l l
Amérique 1428 45% 1450 46% 1358 43% 1404 44% 1480 44%
Europe 1765 63% 1704 58% 1614 59% 1615 59% 1651 57%
Asie 812 73% 935 74% 1014 74% 1172 74% 1298 73%
Afrique 54 70% 53 69% 57 71% 81 48% 99 47%
Océanie 69 52% 79 56% 66 48% 63 68% 68 68%
Total Monde 4128 59% 4220 58% 4110 58% 4336 59% 4597 57%

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Cotisations totales en pourcen-
tage du marché mondial en 2011

Amérique
Europe
2.15% 1.48% Asie
32.19% Afrique
28.24%
Océanie

35.91%

En 2011, les primes émises au niveau mondial s’élevaient à 4 597 milliards de dollars
US, ce qui représente une hausse de 11,4% depuis 2007.

Quand on regarde de plus près, l’Europe est le continent réalisant le plus gros
montant de cotisations avec 1 651 milliards de dollars pour 2011 (soit 36% des parts
du marché), mais connaît une diminution de 6,5% depuis 2007. Vient ensuite
l’Amérique avec un total de primes émises atteignant les 1 480 milliards de dollars
(soit 32% du marché), et connait une hausse de 3,6% par rapport à 2007. L’Asie arrive
sur la troisième place du podium avec une cotisation de 1 298 milliards de dollars
(soit 28%), réalisant ainsi une augmentation de 60% de ses primes depuis 2007.
L’Afrique quant à elle connaît un accroissement de son marché de 83% par rapport à
2007, ce qui correspond à près du double c'est-à-dire 99 milliards de $ de cotisations.
Enfin l’Océanie qui arrive en dernier avec 68 milliards de $ de chiffres pour 2011,
subit une perte de 1% de ses parts entre 2007 et 2011.

Part vie et non vie dans Part vie et non vie dans
l'assurance en Afrique en l'assurance mondiale en
2011 2011

47% Part vie 43%


53% Part vie
Part non-vie 57%
Part non-vie

De 2007 à 2011, la part de l’assurance vie pour chaque continent a plus ou moins
stagné. En 2011, l’assurance vie représente 57% des cotisations totales au niveau

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
mondial alors qu’en Afrique elle constitue 47%, légèrement en dessous de la
moyenne. En ce qui concerne l’Amérique sa proportion est de 44% et en France de
57%, ainsi l’assurance vie est plus importante en France que sur le territoire
américain contrairement à ce qu’on pourrait penser. En Asie et Océanie cependant il
y a une forte dominance des assurances vie, puisque leur part respective est de 73%
et 68%.

Evolution des cotisations vie et non vie en Afrique de 2007 à


2011 en milliards de dollars US
99.4
100
90 81.5
80
70 Total
53.7 57.5
52.8 52.6
60 Vie
40.6 42 46.8
50 37.6 36.3 39.4
40 Non vie
30 16 16.5 16.9
20
10
0
2007 2008 2009 2010 2011

De 2007 à 2011, le volume des cotisations a augmenté de manière significative,


passant de 53,7 milliards à 99,4 milliards en 2011. Tandis que les cotisations de
l’assurance vie n’ont pas eu une grande croissance (elles sont passées de 37,6
milliards de dollars à 46,8 milliards), les assurances non vie ont connu un réel
développement, une augmentation de 16 milliards à 52,6 milliards, soit plus de 3 fois
son niveau de 2007.

Evolution des cotisations vie et non dans le monde de 2007 à 2011


en milliards de dollars US
5000 4596.7
4220.1 4335.7
4500 4127.6 4109.6
4000
3500
2627.2 Total
3000 2441.8 2439.3 2367.4 2516.4 Vie
2500 1969.5 Non vie
1685.8 1780.8 1742.2 1819.3
2000
1500
1000
500
0
2007 2008 2009 2010 2011

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
La hausse des cotisations au niveau mondial est moins marquée que pour l’Afrique.
On note cependant une croissance de la part relative de l’Afrique dans le monde de
1,30% en 2007 à 2,16% en 2011.

Variation des Moyenne


cotisations 2008 2009 2010 2011 annuelle 2007-
totales 2011
Amérique -2,40% -5,50% 0,30% 1,30% -1,60%
Europe -9,90% 1,80% 1,50% -5,20% -2,90%
Asie 6,40% 4,70% 7,40% 2,20% 5,10%
Afrique 1,90% 2,30% -1,10% 1,80% 1,20%
Océanie 8,80% -11,50% -6,80% 5,20% -1,10%
Total Monde -3,60% -0,30% 2,40% -0,80% -0,58%

Les cotisations dans leur ensemble suivent une évolution irrégulière quel que soit le
continent. On note qu’au niveau mondial les variations des cotisations sont négatives
sauf entre 2009 et 2010, pour avoir une moyenne annuelle de -0,60%. Après une
diminution en 2010 (-1,10%), l’Afrique renoue avec sa croissance en 2011 (1,80%), et
progresse en moyenne annuelle de 1,20%. C’est en Europe que la variation moyenne
annuelle est la plus négative avec -2,90%, car elle a une forte récession en début et
en fin de période, et connait de très faibles hausses entre. L’Amérique retrouve une
légère variation positive à partir de 2010 après deux périodes de fortes pertes. L’Asie
enregistre une croissance positive tout au long de la période, et connait une
moyenne annuelle de 5,10%. Malgré une hausse de 8,80% en 2008, l’Océanie connait
une diminution sur tout le reste de l’intervalle.

Moyenne
Variations des
2008 2009 2010 2011 annuelle 2007-
cotisations Vie
2011
Amérique -3,00% 10,60% 0,20% 2,90% -2,60%
Europe -15,80% 3,40% 1,90% -9,60% -5,00%
Asie 7,90% 4,20% 6,30% 0,50% 4,70%
Afrique 1,00% 1,70% -2,40% 1,30% 0,40%
Océanie 17,40% -23,70% 2,70% 2,20% -1,50%
Total Monde 5,80% -0,80% 2,90% -2,70% -1,70%

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
En moyenne annuelle sur la période, l’évolution des primes en assurance vie est
négative pour tous les continents sauf en Asie et en Afrique. Alors que l’Europe
enregistre une perte de 5% en moyenne, l’Asie elle croît en moyenne à 4,70% par an.
Si l’Afrique connaît qu’une année négative, sa moyenne annuelle s’élève à 0,40%. De
plus, nous pouvons constater qu’en Afrique la croissance positive est due à
l’augmentation des primes de l’assurance vie en Afrique du sud. Ce pays génère à lui
seul 90% des émissions totales de la région.

Variations des
Moyenne annuelle
cotisations Non 2008 2009 2010 2011
2007-2011
Vie
Amérique -2,10% -1,20% 0,30% 0,00% -0,80%
Europe 0,30% -0,40% 0,80% 1,30% 0,50%
Asie 2,30% 6,10% 9,00% 7,00% 6,10%
Afrique 4,60% 3,80% 4,10% 3,30% 3,90%
Océanie -0,40% 4,00% 3,40% 8,10% 3,70%
Total Monde -0,50% 0,30% 1,90% 1,80% 0,90%

Pour tous les continents sauf l’Amérique, il y a une croissance des cotisations non vie
entre 2007 et 2011. L’Asie arrive en tête avec une hausse moyenne annuelle de
6,10%, puis vient l’Afrique avec 3,90%, suivit de près par l’Océanie avec 3,70%. Au
niveau mondial la croissance s’élève à 0,90%.
Le volume des cotisations non vie de la région africaine s’est élevé à 52,6 milliards
USD. L’Afrique du Sud qui a réalisé la moitié de ces primes, a réalisé une hausse de
3,4% en termes réels.

Variation des cotisations en moyenne annuelle de 2007 à


2011 par continent
8.00%
6.10%
6.00%
4.70% 3.90% 3.70%
4.00% 5.10% Total
Vie
2.00% 0.50%
0.40% Non Vie
0.00% 1.20%
Amérique Europe Asie Afrique Océanie
-2.00%
-0.80%
-4.00% -2.60%
-1.50%
-1.10%
-1.60%
-6.00% -5.00%
-2.90%

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Entre 2007 et 2011, l’Asie a connu la croissance la plus spectaculaire des continents.
L’Afrique arrive à la seconde place du podium suivit par l’Océanie. L’Amérique et
l’Europe, sont les deux continents les plus lents en terme de croissance.

Les cotisations en fonction du PIB

On établira ici le volume des cotisations en pourcentage du PIB.

Cotisations
en % du Total Vie Non vie
PIB
Amérique 2,80% 1,20% 1,60%
Europe 7,10% 4,10% 3,00%
Asie 5,90% 4,30% 1,60%
Afrique 4,00% 2,80% 1,20%
Océanie 5,60% 2,50% 3,10%
Total
6,60% 3,80% 2,80%
Monde

Primes en % du PIB par continent en 2011

3.10%
Océanie 2.50%
5.60%
1.20%
Afrique 2.80% Non vie
4.00%
1.60% Vie
Asie 4.30% Total
5.90%
3.00%
Europe 4.10%
7.10%
1.60%
Amérique 1.20%
2.80%

0.00% 1.00% 2.00% 3.00% 4.00% 5.00% 6.00% 7.00% 8.00%

En 2011, le montant des émissions totales représentait 6,60% du PIB mondial, dont
3,80% en assurance vie.

En Europe, malgré une faible croissance, les cotisations totales constituent 7,10% du
PIB, avec une assurance vie plus présente (4,10% du PIB). L’Asie et l’Océanie
enregistrent respectivement 5,90% et 5,60% de leur PIB, mais l’Asie s’assure plus en
assurance vie (4,30%) tandis que l’Océanie c’est en non vie qu’elle investit le plus
(3,10%). La part de l’assurance dans le PIB en Afrique est relativement faible par

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
rapport à l’ensemble puisqu’elle représente 4% dont 2,80% en assurance vie. Mais
c’est en Amérique que la part est la plus faible avec 2,80% du PIB, et s’assure
légèrement plus en non vie (1,60%).

Cotisations en % du PIB en Afrique de 2007 à 2011


4.30%
4.50%
3.80%
4.00% 3.60% 3.60%
3.30%
3.50% 3.10%
2.70% 2.80%
3.00% 2.50% Total
2.50% 2.20%
Vie
2.00% Non Vie
1.50% 1.20% 1.10% 1.10% 1.10% 1.20%

1.00%
0.50%
0.00%
2007 2008 2009 2010 2011

Depuis 2007, en Afrique les cotisations totales par rapport au PIB diminuent passant
de 4,30% à 3,60%. Plus précisément, elles décroissent jusqu’en 2009 où elles
atteignent le seuil de 3,30% puis subissent une légère hausse l’an d’après d’environ
4%.

L’assurance non vie stagne tout au long de la période. Mais l’assurance vie connaît
une décroissance jusqu’en 2009 (de 3,10% à 2,20%) puis renoue avec sa croissance à
partir de 2010 même si elle n’atteint pas le niveau de 2007.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Les cotisations moyennes par habitant

Enfin, nous verrons le montant moyen des cotisations par habitant.

Cotisations
moyennes par Total Vie Non vie
habitant en $ US
Amérique 1574 697 877
Europe 1886 1083 803
Asie 314 229 85
Afrique 65 44 21
Océanie 2759 1299 1460
Monde 661 378 283

C’est en Océanie que les habitants investissent la plus grosse somme d’argent, avec
en moyenne 2 759 dollars US par personne. Vient ensuite l’Europe avec 1 886 USD et
l’Amérique avec 1 574 USD. L’Asie et l’Afrique sont en retrait par rapport aux autres
continents avec respectivement un investissement de 314 USD et 65 USD. La
moyenne dans le monde s’élève à 661 USD. A part en Asie et en Afrique où l’écart est
grand, il n’y a pas une différence significative pour les autres continents entre
assurance vie et non vie.

Cotisations moyennes par habitant en Afrique de 2007 à 2011 en


dollars US

70 65 65

55 56
60
49
46 44
50
40 38 Total
40 32 Vie
Non vie
30
19 21
16 17 17
20

10

0
2007 2008 2009 2010 2011

Les cotisations moyennes par habitant ont globalement augmenté entre 2007 et
2011 en Afrique passant de 55$ à 65$. L’assurance vie connaît des variations

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
irrégulières sur la période, alors que l’assurance non vie suit une croissance lente
mais sure tout le long.

Variations annuelles des primes totales moyennes par habitant par


continent
40.0%
32.6%

30.0% 22.6%

15.8% 20.8% 2007-2008


20.0%
11.2% 11.5% 2008-2009
10.3%
2009-2010
10.0% 3.6%
3.3% 4.2% 1.9% 3.8% 2010-2011
0.5% 0.5%
0.0%
Amérique Europe
-0.6% Asie Afrique Océanie
-5.3%
-1.3%
-10.0%
-8.9%
-12.2%
-20.0%
-18.0%

La variation annuelle la plus importante est en Afrique en 2010 (+32,60%). La même


année tous les continents connaissent une variation positive sauf l’Europe (-0,60%).

L’Amérique observe une croissance modérée d’année en année. Sauf entre 2008 et
2009 où il y a une perte plus importante (-5,30%). Tout comme en Europe (-8,90%).
Cette année, tous les autres continents subissent de fortes pertes (Afrique -12,20% et
Océanie -18%), seule l’Asie a une variation positive : +3,80%.

L’Océanie enregistre les variations les plus fortes sur l’ensemble des périodes : entre
2007 et 2008 : +10% ; entre 2009 et 2010 : +22,60% et entre 2010 et 2011 : 20,80%.

Ainsi, pour l’Afrique même si le montant des cotisations est assez en retrait par
rapport à l’Europe, son évolution des dernières années laisse présager un bel avenir
pour les compagnies d’assurance du continent si elles intensifient leurs efforts dans
ce sens.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Chapitre 2 : Les problèmes et perspectives de l’assurance en
Afrique
Nous aborderons dans cette partie, les problématiques du développement du secteur
de l’assurance en Afrique.

La CIMA

L’industrie des assurances de la zone CIMA avait une particularité, celle de souscrire


ou de renouveler les contrats sans exiger le paiement des primes. Le secteur
procédait ainsi à l’indemnisation alors que la prime n’était pas toujours payée. Si ce
procédé a longtemps fait le bonheur des assurés, les compagnies d’assurances
cumulaient des arriérés, mettant ainsi leur existence en danger et compromettant
leur capacité à honorer leurs engagements, faute de trésorerie suffisante. Dans le
souci de restaurer la crédibilité des acteurs dans le domaine de l’assurance et garantir
une meilleure protection des assurés et bénéficiaires des contrats d’assurances, le
Conseil des ministres de la CIMA a pris une mesure importante. Réuni le 11 avril 2011
au Tchad, il a ainsi décidé d’instaurer le paiement préalable de la prime afin de
pouvoir bénéficier ensuite d’une indemnisation.

Consacré par le nouvel article 13 du Code des assurances, ce principe stipule


notamment que « la prime est payable au domicile de l’assureur ou de
l’intermédiaire dans les conditions prévues à l’article 541. La prise d’effet du contrat
est subordonnée au paiement de la prime par le souscripteur. Il est interdit aux
entreprises d’assurance, sous peine de sanctions prévues à l’article 312, de souscrire
un contrat d’assurance dont la prime n’est pas payée ou de renouveler un contrat
d’assurance dont la prime n’a pas été payée. Par dérogation au principe énoncé aux
alinéas précédents, un délai maximum de paiement de 60 jours à compter de la date
de prise d’effet ou de renouvellement du contrat peut être accordé au souscripteur,
pour les risques dont la prime du contrat excède quatre-vingt fois le Smig annuel du
pays de localisation, à l’exception des contrats des branches automobiles, maladies et
marchandises transportées ». En d’autres termes, « pas de primes, pas de contrat ».
Cette nouvelle disposition, qui tranche avec une pratique antérieure devenue un
couperet pour les compagnies d’assurances, est entrée en vigueur le 1 er octobre 2011
dans les Etats membres de la CIMA.

Pour Patrick Mabicka, président de Fédération gabonaise des sociétés d’assurance


(Fegasa), « l’assurance à crédit a occasionné d’énormes taux d’arriérés au sein des
compagnies d’assurance. Et du coup, le secteur se retrouvait avec un chiffre d’affaire
composé d’arriérés à plus de 50%. Ce qui n’était pas très correct. Aujourd’hui, les

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
chiffres que nous donnons correspondent réellement aux recettes perçues par les
compagnies d’assurance grâce à la nouvelle disposition de la CIMA ».

Ainsi, cette nouvelle mesure permet d’assainir le marché des assurances de la zone
CIMA par la réduction significative des arriérés des primes, d’accélérer le paiement
des sinistres et protéger mieux les assurés et bénéficiaires des contrats d’assurances
en renforçant la solvabilité des compagnies. Une mesure douloureuse pour les
assurés, mais qui contribuera à coup sûr au développement d’un secteur en
constante évolution sur le continent.

La micro-assurance

La micro finance appliquée à l’assurance semble bel et bien être l’un des axes
stratégiques adoptés par les assureurs subsahariens pour parvenir à conquérir le
grand public avec une double logique : des primes inférieures à l’assurance classique
et mensualisées, et un système de distribution décentralisée, s’appuyant par exemple
sur des institutions de micro finance existantes ou des regroupements professionnels.

Encore peu répandue en Afrique, la micro-assurance désigne un mécanisme de


protection des personnes à faibles revenus contre les risques (accident, maladie,
décès dans la famille, catastrophe naturelle, etc.) en échange du paiement d’une
prime d’assurance calculée en fonction de leurs besoins, de leurs revenus et du
niveau du risque concerné. Selon une récente étude du fonds pour l’innovation en
micro-assurance relevant de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), 14,7
millions de personnes seulement sont couvertes par des produits de micro-assurance
dans 32 pays africains répartis sur toutes les sous-régions du continent, soit à peine
2,6% de la population éligible à cette forme d’assurance.

En Afrique, la micro-assurance est accessible depuis de nombreuses années sous


différentes formes. Si les structures coopératives servent un marché couvrant tous les
niveaux de revenus depuis les années 1970, il aura fallu attendre la décennie 1980
pour assister à la naissance des systèmes d’assurance santé communautaire dans le
sillage de l’Initiative Bamako, particulièrement en l’Afrique de l’Ouest. Au milieu des
années 1990, les assureurs commerciaux ont commencé à investir le marché en
offrant des produits de micro-assurance spécialisé. Quant à la micro-assurance
informelle, elle existe depuis des décennies sous diverses formes, depuis les
« tontines » d’Afrique de l’Ouest jusqu’aux sociétés funéraires d’Afrique du Sud, en
passant par les groupes d’entraide « friends in need » ougandais. Au cours des 10

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
dernières années, cette assurance a été reconnue comme un instrument financier
capable d’aider les populations à faibles revenus à gérer leurs risques financiers.

Selon une étude réalisée par la Fédération des sociétés d’assurances de droit
nationales africaines (Fanaf) en collaboration avec l’Organisation des assurances
africaines (OAA), « le marché africain de la micro-assurance est hétérogène. L’Afrique
du Sud regroupe à elle seule 8,2 millions de personnes couvertes, soit près de 56% du
total. L’Afrique de l’Est occupe la deuxième marche du podium des sous-régions les
mieux couvertes par cette forme d’assurance accessible soit par son prix soit par son
mode de distribution aux personnes vivant avec moins de deux dollars par jour ».
L’implication grandissante des grands assureurs tels que Zurich InsuranceCompany et
Allianz Africa dans la niche de la micro-assurance serait à l’origine de cette percée
honorable. Aujourd’hui, 1,2 million de personnes bénéficient des produits de micro-
assurance en Afrique de l’Ouest. Si elle commence à se développer timidement au
Maroc et en Egypte dans le sillage de la multiplication des Institutions de micro-
finance (IMF), la micro-assurance reste quasi inexistante dans les autres pays
d’Afrique du Nord, en raison notamment de la générosité du système de sécurité
sociale.

S’il est vrai que l’Afrique a un niveau faible dans le domaine de la micro-assurance par
rapport à l’Asie et l’Amérique, il n’en demeure pas moins que l’activité enregistre un
taux de croissance annuel moyen de 30% depuis 2005. La majorité des acteurs du
secteur reconnaissent aujourd’hui que le continent offre un potentiel de croissance
impressionnant. Le secteur de la micro-assurance en Afrique pourra fonctionner
comme le marché de l’assurance standard et deviendra tout simplement une autre
branche des opérations des assureurs commerciaux.

L’enjeu de l’assurance vie et santé

Pour Craig Churchill, responsable de l’unité micro-assurance au sein du Bureau


International du travail (BIT), « le montant total des primes de micro-assurance
émises en Afrique, qui s’est élevé à 257 millions de dollars en 2008, reste très bas
pour un segment dont la population cible sur le continent est estimée à 700 millions
de personnes. Bien que la progression de la micro-assurance en Afrique au cours des
3 dernières années soit impressionnante, la majorité du continent africain reste
inexploité. Les produits pour la santé, l’agriculture et la propriété représentent une
fraction minime des polices d’assurance vie et couvrent peu les besoins des
populations à faible revenu. Les régimes d’assurance santé ont des difficultés à
atteindre des volumes importants. Quant aux systèmes de sécurité sociale, ils restent
parcellaires dans la plupart des pays africains. Il est possible d’atteindre des centaines

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
de millions de personnes à faible revenu en Afrique, mais la croissance de l’industrie
repose sur de solides fondations. Les éléments essentiels à la réussite du secteur sont
en priorité une grande diversité de fournisseurs, des clients bien informés qui
comprennent la valeur de la micro-assurance, des canaux de distribution innovants,
une efficacité renouvelée pour atteindre le marché et réduire les coûts administratifs,
et le renforcement des capacités pour développer, vendre et gérer des produits de
meilleure qualité ».

Ainsi, il serait intéressant d’investir dans l’assurance vie et l’assurance santé car elles
constituent une part de marché importante en Afrique et trop peu exploitée. En effet,
elles touchent une grande fraction de la population africaine, notamment l’assurance
santé où tout le monde est forcément concerné au moins une fois dans sa vie. La
micro-assurance semble donc être la réponse à ces assurances, car elle permet par
son accessibilité financière et de proximité, d’atteindre les populations les plus au
cœur de ce problème. Cette branche bénéficie du soutien de la CIMA, qui veut
encourager le développement de la branche Vie, peu développée à ce jour dans de
nombreux pays, et ainsi contribuer à une meilleure allocation de l’épargne.

Au regard du potentiel des produits santé, les assureurs ont souhaité s’engouffrer
dans la brèche. Par exemple, le groupe panafricain d’origine ivoirienne NSIA a mis au
point un produit d’assurance santé, Vitalis, qui prend en charge les soins pour les
retraités. Parallèlement, le groupe a mis en vente son produit de micro-assurance
santé afin de conquérir le grand public.

L’enjeu du secteur agricole

Les nouvelles pistes de réflexion envisagent d’étendre ainsi la couverture santé aux
populations, mais aussi de renforcer l’assurance agricole afin de mieux protéger les
couches défavorisées des aléas climatiques qui handicapent l’agriculture.

Selon Stevie Mounombou « l’agriculture occupe 60% à 70% de la population africaine


et assure 20% à 40% du Produit Intérieur Brut des Etats. Ce secteur génère près de
15% de recettes d’exportation et couvre 70% des besoins alimentaires des pays. Mais
en dépit de son importance, il reste exposé aux aléas, surtout climatiques, rendant
les paysans vulnérables. Garantir la sécurisation de la production agricole et de ses
investissements faciliterait le développement et la modernisation du secteur agricole
africain. C’est dans ce cadre que l’Assemblée générale recommande de mettre en
place un comité technique composé des directeurs des directions des assurances, des
bailleurs de fonds, des réassureurs, des institutions de micro finance et des banques

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
pour élaborer les termes de références de ces états généraux de l’assurance agricole.
Il a également été demandé de prendre les dispositions idoines permettant la mise en
place d’un système d’assurance agricole dans les pays membres de la CIMA en vue de
mieux lancer cette catégorie d’assurance ».

Ainsi, développer ce type d’assurance constitue un enjeu important pour cette partie
du monde, autant pour la population que pour les assureurs. En effet, il peut s’agir
d’une question de vie pour les agriculteurs africains et une question de profitabilité
pour les assureurs. A toute demande doit correspondre une offre. Ce marché
constitue alors un potentiel intéressant, puisqu’il est encore inexistant. Il constitue
donc un vrai enjeu d’émergence pour le continent.

La communication (les TIC)

Les autres nouvelles sphères d’évolution de l’assurance, ce sont également les


Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

En effet, l’un des problèmes que l’on peut noter dans le pays est que la population
est très mal informée. La plupart du temps elle ignore tout de l’assurance, se rendant
chez l’assureur uniquement dans le cadre des assurances obligatoires (automobile,
voyage). Elle signe souvent les contrats sans en connaître les termes exacts, sans
savoir quelles en sont les caractéristiques. Ainsi les TIC apparaissent comme une
solution pour ce problème concerné et un nouveau mode de distribution de
l’assurance.

Selon les assureurs, « ce sont des instruments de promotion et de développement de


l’assurance. Dans la micro-assurance, ces TIC sont utilisés pour rapprocher les
assurables de l’assurance, pour avoir des moyens de diversification et la distribution
des circuits de distribution ». Ce secteur est devenu un instrument qui s’est
démocratisé même dans les campagnes les plus reculées du continent. Il devrait
permettre d’adapter les produits de l’assurance pour les rendre accessibles à de
nouveaux clients sur le continent, estiment les assureurs.

On observe que sur le terrain, très peu de gens connaissent l’offre et le


fonctionnement des assurances. C’est le cas à Libreville, et encore plus dans l’arrière-
pays. Au sein du Groupe Ogar, un vaste plan a été mis en branle pour améliorer la
communication et la proximité avec les populations. Des espaces conseils ont été
créés dans les zones excentrées de Libreville, notamment au PK9 et à Owendo, puis à
Port-Gentil. « La politique de proximité mise en place par le Groupe Ogar a pour

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
objectif la satisfaction du client, avec des produits proposés désormais en réponse à
des besoins spécifiques. Aujourd’hui, le maître mot c’est l’innovation», précise M.
Gwodock.

Les TIC sont en outre, une manière de communiquer et de diffuser le savoir. Ils
permettent par ce biais, d’intéresser les gens à l’assurance. De cette façon ils
pourront ainsi se poser des questions sur l’assurance de leurs biens ou même pour
eux. Une population plus instruite constitue un moyen de développement inopiné.

L’enjeu des habitations

Si l’instabilité politique ruine l’activité des assureurs, l’instabilité juridique la contrarie


vivement. Ainsi, l’assurance prospère là où ses contrats peuvent être facilement
compris et gérés. L’ambition du contrat MRH est d’offrir à l’assuré un service aussi
complet que possible. C’est donc un contrat qui réduit au minimum les exclusions et
les contraintes pesant sur l’assuré. La MRH rencontre pas mal de difficultés quant à
son intégration dans les mœurs des populations. En effet, le gabonais moyen ne sait
même pas ce qu’est l’assurance MRH et la majorité de ceux qui pensent le savoir, a
des idées et informations erronées sur le sujet. Certains pensent que la MRH est un
produit de luxe dont ne s’octroie pas qui veut mais qui peut.

Ainsi, l’assurance habitation n’étant pas obligatoire, elle est souvent négligée par la
population africaine. En effet, dans un premier temps, les gens n’ont pas tous la
possibilité et les moyens de construire des maisons dans les normes, ce qui implique
qu’ils n’auront pas les moyens de l’assurer, mais si malgré tout ils le souhaitent, ils se
retrouveront face aux contraintes législatives qui ne permettent pas d’assurer tout
type d’habitation. Il s’agit là, d’un des cercles vicieux de l’émergence africaine.

De cette façon, l’assurance habitation est un enjeu du développement, dans le sens


où la population africaine constitue un nombre important de famille et donc de foyer
habité. Assurer chaque maison permettra non seulement d’accroître le marché
d’assurance mais aussi il s’agit d’un point crucial de l’émergence, dans le sens où l’on
parle de la sécurité de la population.

Un marché étroit

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
Selon OUEDRAOGO Adolphe, Commissaire Contrôleur en Chef, Chef de Brigade :

« En Afrique et particulièrement dans les pays de la CIMA, le recours aux contrats
d’assurance comme moyen généralisé de protection peine à s’installer.

Cette situation s’explique par l’absence au sein de la zone CIMA d’une gamme très
variée d’opportunités de placements rentables et suffisantes pour assurer le
recyclage dans l’économie de l’ensemble des provisions techniques générées par les
opérations d’assurance. Les compagnies d’assurances de la Zone CIMA ont des
problèmes de placements des provisions techniques qui étaient axés sur les dépôts à
terme et l’immobilier, limitant le niveau de leurs produits financiers. Avec la mise en
place de la BRVM, la gamme des placements potentiels a augmenté. Depuis un
certain temps, on note la mise sur le marché d’emprunts obligataires d’Etats dont le
plus récent est celui de la République Gabonaise, de grandes sociétés comme les
sociétés de téléphonies et d’institutions internationales de développement avec celui
en cours de l’Agence Française de Développement. La CIMA depuis longtemps
accompagne les sociétés d’assurances pour résoudre les problèmes de placement.
C’est ainsi qu’en 1999, elle a atténué l’obligation de représenter les engagements
réglementés par des actifs placés et localisés sur le territoire de l’Etat sur lequel les
risques ont été souscrits en permettant de placer 50% des actifs dans d’autres Etats
membres de la CIMA . En 2007, elle a élargi la liste des actifs admis en couverture des
engagements réglementés aux Fonds Communs de Placement.

Les instances de la CIMA pourraient étendre cette mesure à d’autres actifs du


moment que les autorités de contrôle des marchés financiers de la CEMAC et de
l’UMOA n’émettent pas de réserves sur ces titres. »

L’étroitesse du marché s’explique aussi par la forte concurrence et la présence de


nombreux assureurs qui proposent le même produit. La CIMA par son article 212, a
fixé un tarif minimum pour la responsabilité civile, car du fait de la concurrence les
compagnies ne cessaient de diminuer la prime afin d’attirer plus de clients, mais cela
avait pour effet moins de rentrée d’argent pour garantir les sinistres, et donc des
difficultés de paiement. Ainsi, le renforcement des contrôles et le soutien au
financement du secteur, sont des préalables du développement des compagnies sur
le continent.

Quels sont les enjeux de l’assurance en Afrique ?


83
CONCLUSION

A
lors que le Gabon se développe, le marché de l’assurance reste un
marché à conquérir, offrant de nombreuses possibilités d’évolution.
Forte de son expérience en assurance industrielle, automobile et
habitation, cette activité voit des perspectives autant dans la micro-
assurance, que dans l’assurance sur les personnes ou encore dans
l’agriculture. Encore à ses débuts et largement sous-exploitée, l’assurance en Afrique
peut avoir un bel avenir, si les bons moyens sont mis en place. Les problèmes que
nous avons vus, ne sont certainement pas exhaustifs de même que les solutions
proposées, mais nous donnent une image assez réaliste de ce qu’il se passe. L’Afrique
est un continent en développement où tout est encore possible, où tout reste à
construire.

Comme nous avons pu le voir par la CIMA, l’Afrique est très en retard par rapport à
l’Europe. En effet, alors que ces pays sont devenus indépendants il y a plus de 50 ans,
cela fait seulement une dizaine d’années qu’il y a eu une réforme des
réglementations de l’assurance. Avant, les membres de la zone CIMA fonctionnaient
sous un régime hérité du code des assurances français de 1938. Ainsi, l’effort de la
CIMA pour faire évoluer les choses et de renforcer les contrôles tout en s’adaptant
aux réalités locales, de la culture et des moyens de terrains, a fini par payer, puisque
ses réformes ont permis d’assainir quelque peu le secteur des assurances.

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Pourtant, selon certains, il faudra encore dépasser certaines difficultés liées à la fois
au manque de professionnalisme et à la faiblesse de financements de nombreux
opérateurs, mais aussi à l’étroitesse du marché. Car cela engendre une sous
exploitation des opportunités qui tardent à se concrétiser, malgré qu’elles soient
plutôt importantes suivant les pays. Cet état des lieux, nous a donné l’aperçu d’une
activité à différentes vitesses entre les Etats. Si aujourd’hui l’assurance en Afrique
reste encore une activité marginale, il est fort à parier dans un futur certain qu’elle
prendra une place incontournable dans cette société comme moyen généralisé de
protection, tout comme cela a été le cas en Europe.

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BIBLIOGRAPHIE
Bibliographie

- Les grands principes de l'assurance, François Couilbault, Constant Eliashberg, édition


L’argus de l’assurance 8ème édition ;

- Assurance auto 2005 : faites respecter vos droits de Catherine Doleux;

- Le Courtage d’assurance, édition L’argus, Jean Charles NAIMI ;

- Manuel de l'assurance automobile de James Landel, Lionel Namin;

- Lexique des termes d’assurance, James Landel et Martine Charré-Serveau ;

- Code des assurances 2009, et le communiqué du bulletin officiel de la CIMA 2011 ;

- Journal Economie Gabon +, Février 2012 ;

- Tarif automobile applicable en République Gabonaise édité par la FEGASA.

Sites internet

- www.memoireonline.com/
- http://olamonline.com
- http://etudiant.aujourdhui.fr
- www.ascoma.com
- www.cima-afrique.org
- www.fanaf.org/
- http://www.paulbalep.com
- http://www.africaneconomicoutlook.org

Mémoire utilisés 

- formation-bts-assurance.esaassurance.com
- Mémoire Le courtage d’assurance, Robert Leblanc ;
- Mémoire Manager de l’assurance, la place du courtier, Farah Dbiri ;

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LEXIQUE
Accessoires : Somme perçue en sus de la prime d’assurance et correspondant à des
frais de gestion, tels que les frais d’établissement du contrat, d’un avenant ou d’une
quittance.

Aléa : Evènement, dit aléatoire, dont la réalisation ou la date de survenance est


incertaine. Synonyme de hasard, de risque ou de chance. Le propre de toute
opération d’assurance est de présenter un caractère aléatoire : en souscrivant une
assurance, l’assuré cherche à se prémunir d’un risque pouvant l’atteindre. A l’inverse,
l’assurance n’accepte d’assurer ce risque qu’en contrepartie d’une prime. Il le fait
parce qu’il est en mesure d’en résorber l’aléa au niveau de la mutualité ; la
mutualisation est donc une opération anti-aléatoire.

Assurance : Selon Joseph HEMARD, un écrivain contemporain, l'assurance se définit


comme «une opération par laquelle une partie (l'assuré) se fait promettre moyennant
une rémunération -la prime- pour lui ou pour un tiers en cas de réalisation d'un
risque, une prestation par une autre partie (l'assureur) qui, prenant en charge un
ensemble de risques les compense conformément aux lois de la statistique».

Assuré : Personne sur la tête (en assurance vie) ou sur les intérêts (en assurance de
dommages) de qui pèse le risque assuré. Elle n’est pas forcément le souscripteur du
contrat, l’assurance peut être contractée par un tiers pour son compte.

Assureur : Personne qui s’engage par un contrat, à fournir les prestations prévues en
cas de réalisation du risque.

Automobile : Au terme de l’article L.211-1 du Code des assurances, toute personne


physique ou morale autre que l’Etat, lorsqu’elle met en circulation un véhicule
terrestre à moteur, est tenue de souscrire une assurance destinée à garantir la
responsabilité qu’elle peut encourir à raison des dommages subis par des tiers,
résultant d’atteinte aux personnes (dommages corporels) ou aux biens (dommages
matériels) dans la réalisation desquels est impliqué ce véhicule, ainsi que ses
remorques ou semi-remorques.

Ayant droit : Au sens général (du Code civil), personne qui tient ses droits d’une
autre personne, appelée auteur.

Bâtiments : Construction ou partie de construction, ses dépendances et clôture


situées à l’adresse indiquée aux conditions particulières, y compris les installations
qui ne peuvent être détachées.

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Biens : Désignent l’ensemble des bâtiments, matériels, mobiliers, marchandises,
agencements, embellissements.

Client : Terme désignant la personne qui s’en remet à un professionnel pour la


fourniture d’une marchandise ou d’un service ou pour lui confier ses intérêts dans le
cadre de relations d’affaires habituelles ou occasionnelles.

Code : Le code des assurances CIMA.

Contrat : « Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes
s’obligent, envers une ou plusieurs autres, à donner, à faire ou à ne pas faire quelque
chose » (1101 Code civil)

Dommages corporels : Les conséquences pécuniaires d’une atteinte corporelle subie


par une personne physique.

Dommages immatériels : Tous préjudices pécuniaires provenant directement de la


survenance des dommages matériels garantis.

Dommages matériels : Les conséquences pécuniaires de la détérioration ou


destruction d’une chose ou substance.

Echéance principale : La date indiquée sous ce titre aux conditions particulière et


qui correspond à la date annuelle à laquelle la cotisation est exigible et celle à
laquelle le contrat peut être normalement résilié ou renouvelé.

Explosion-Implosion : L’action subite et violente soit de la pression, soit de la


dépression, de gaz ou de vapeur.

Flotte automobile : Ensemble de véhicules automobiles faisant partie d’un même par
cet assurés par un même contrat ou à des conditions de tarifs et de garanties
semblables.

Franchises : En assurance de dommages, la franchise est la somme d’argent ou la


fraction du dommage laissée à la charge de l’assuré en cas de réalisations du risque.

Garanties : En assurance, couverture du risque par l’assureur en contrepartie d’une


cotisation convenue d’avance. Si le risque prévu par le contrat se réalise, la garantie
de l’assureur permet de prendre en charge tout ou partie de ses conséquences.

Honoraires d’expert : Le remboursement en cas de sinistre, des frais et honoraires


de l’expert que l’assuré aura lui- même choisi et nommé, en cas de sinistre garanti,
lorsqu’il conteste les conclusions de l’expert désigné par l’assureur.

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Incendie : La combustion avec flamme en dehors d’un foyer normal.

Multirisque : En assurance de dommages, contrat, encore appelé multigaranties,


couvrant un seul bien (une voiture, une habitation, un navire de plaisance, un
commerce, etc.) contre plusieurs risques ou évènements, tels que : les dommages
matériels, les dommages corporels, la responsabilité civile, l’assurance protection
juridique et assistance.

Pertes indirectes : Les frais engagés par l’assuré à la suite d’un sinistre garanti et non
pris en charge au titre de dommages directs assurés.

Police : Synonyme de contrat d’assurance.

Portefeuille : Ensemble des contrats d’assurance détenus par une société


d’assurance ou par un intermédiaire, de manière globale (il représente alors son
chiffre d’affaires) ou par catégorie de risque.

Préavis : La résiliation annuelle du contrat doit se faire en respectant le délai de


préavis prévu par le contrat, qui ne peut être supérieur à deux mois. Un délai de deux
mois minimum est imposé en assurance automobile, lorsque la résiliation émane de
l’assureur.

Préjudice : Perte subie par une personne et susceptible d’être indemnisée. Alors que
le dommage implique une atteinte matérielle ou corporelle, le préjudice implique de
surcroît sa réparation possible par un tiers, qui peut être l’auteur du dommage, un
fonds d’indemnisation, un assureur de choses ou de responsabilité. A l’usage, ces
deux termes tendent à être utilisés l’un pour l’autre.

Preneur d’assurance : Personne qui prend, qui souscrit, une assurance. Ce terme est
synonyme de proposant lorsque l’assureur n’a pas donné son accord à l’assurance et
de souscripteur, ou contractant, une fois le contrat conclu.

Prestation de l'assureur : Elle se résume à l'indemnité de ce dernier au profit du


bénéficiaire, en cas de sinistre dans les conditions prévues au contrat.

Prime : Est la contrepartie financière que l'assuré paie à l'assureur qui s'engage à le
prendre en charge en cas de sinistre.

Privation de jouissance : Le préjudice résultant de l’impossibilité pour l’assuré,


d’utiliser temporairement tout ou partie des locaux assurés à la suite de dommages
garantis.

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Production : Activité consistant pour un assureur à réaliser des affaires nouvelles, à
souscrire de nouveaux contrats, par opposition au règlement qui consiste à régler des
sinistres. La production est également le chiffre d’affaires réalisé par une société
d’assurance ou par un intermédiaire.

Proposition : Acte par lequel un candidat à l’assurance soumet à l’assureur un risque


dont il demande garantie.

Provision : Somme qu’il faut mettre en réserve pour la couverture de risques en


cours.

Réassurance : Opération par laquelle un assureur, le cédant, cède à un autre


assureur, le réassureur ou cessionnaire, une partie d’un risque que lui-même a pris en
charge en direct. Cette pratique se justifie par le désir de limiter les risques auquel
l’assureur s’expose et d’éviter qu’un sinistre dont l’ampleur serait catastrophique ne
le conduise à la ruine. L’existence du réassureur n’est pas connue des assurés et
l’assureur reste seul responsable à leur égard.

Recours des locataires ou occupants : Les conséquences pécuniaires de la


responsabilité civile que l’assuré peut encourir en vertu des articles 1719 et 1721 du
code civil, c’est-à-dire pour tous dommages matériels résultant d’un incendie ou
d’une explosion causés aux biens mobilier des locataires de l’immeuble sinistré y
compris la privation de jouissance d’un des préposés de l’assuré.

Recours des voisins et des tiers : Les conséquences pécuniaires de la responsabilité


civile que l’assuré peut encourir en vertu des articles 1382, 1384 et 1386 du code
civil, pour tous dommages matériels résultant d’un incendie ou d’une explosion
survenus dans les biens assurés.

Résiliation : Fin anticipée d’un contrat à exécution successive (qui se prolonge dans
le temps). A la différence de la résolution, qui entraine son annulation rétroactive en
cas de manquement d’une des parties, la résiliation n’a d’effets que pour l’avenir.

Risque : C’est la probabilité que survienne un dommage, un coup du sort,


l'évènement dommageable contre lequel on cherche à se prémunir (incendie, vol,
accident...). Mais il peut avoir d'autres sens, à savoir l'objet de l'assurance
(habitation, marchandises, navire...) ou encore la catégorie d'assurance (automobile,
risque industriel, risque commercial...).

Sinistre : Réalisation de l’évènement couvert par le contrat et susceptible d’entrainer


la garantie de l’assureur. Il suppose l’existence d’un fait dommageable (incendie, vol,

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dégât des eaux, décès, atteinte corporelle, perte d’emploi etc.) susceptible de mettre
en jeu la garantie de l’assureur.

Souscripteur : Personne qui souscrit un contrat d’assurance, qui signe les documents
contractuels et qui se trouve seule engagée envers l’assureur pour le paiement des
primes. Synonyme de contractant.

Surprime : Supplément de prime ou de cotisation réclamée à l’assuré, en plus de la


cotisation de base, pour diverses raisons, telles qu’aggravation de risque, souscription
d’une garantie complémentaire, rachat d’une franchise ou d’une exclusion,
fractionnement de la prime etc.

Tiers : Au sens large, toute personne non liée par un lien juridique ou contractuel
avec une ou plusieurs autres personnes. C'est-à-dire, toute personne autre que :

- L’assuré responsable
- Les préposés et salariés de l’assuré responsable du sinistre dans l’exercice de
leurs fonctions.
- Le conjoint de l’assuré responsable du sinistre.

Valeur à neuf : La modalité d’indemnisation qui permet de compenser les


conséquences de la vétusté, c’est-à-dire dépréciation de valeur causée par l’usage ou
le vieillissement.

Valeur d’usage : La valeur de reconstruction ou de remplacement des biens assurés


au jour du sinistre, déduction faite de la dépréciation de valeur causée par l’usage ou
le vieillissement.

Valeur vénale : valeur marchande ou prix de vente sur le marché de l’occasion d’un
bien meuble ou immeuble présentant les mêmes caractéristiques et dans un état
semblable que le bien détruit lors du sinistre.

Véhicule terrestre à moteur : C’est tout véhicule pourvu d’un moteur à propulsion, à
l’exception des véhicules à coussin d’air, et destiner à circuler sur le sol sans être relié
à une voie ferrée (Art. 2 Convention du conseil de l’Europe du 4 mai 1973).

Victime : Personne subissant un préjudice, dont elle peut demander réparation.

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FICHE D’ÉVALUATION

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