Vous êtes sur la page 1sur 16

Chapitre

4
LES REDRESSEURS ET LES ONDULEURS
NON AUTONOMES

BB 15000 construite de 1971 à 1978


Moteurs à CC à excitation série
Alimentée en alternatif 25 kV, 50 Hz
Freinage avec récupération
La première à utiliser des thyristors

Cours d'élec 1 – Polytech'Sophia


P. IACCONI
LPES-CRESA
Université de Nice-Sophia Antipolis
06 108 – Nice cedex 2

c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 1/16


1. Généralités
1.1. Définition des montages redresseurs
Ce sont des dispositifs qui convertissent Ve VS
une tension alternative ve, de valeur fe
efficace Ve et de fréquence fe, en une fS = 0
tension de sortie Vs continue. P

On distingue: vS
• les montages redresseurs à diodes VS
(fig.1) pour lesquels le rapport Vs/Ve
est constant et qui sont irréversibles; (la
puissance active P est dirigée de l'entrée
fig16a.dsf
0 IS
vers la sortie).
• les montages redresseurs à thyristors Fig. 4-1. Redresseurs à diodes
(fig.2) pour lesquels on peut faire varier le rapport Vs/Ve (amplitude de sortie).
Grâce à la commande analogique C, on C
peut faire varier Vs de façon continue. Le
redresseur est contrôlable. Ve V
s
Le montage peut fonctionner de façon
f f =0
réversible, c'est-à-dire que la puissance e s
peut aller de la sortie vers l'entrée. On dit P
alors que le système fonctionne en onduleur
non autonome. Dans ce cas, le redresseur est V
s
relié à une charge qui fournit la puissance - VSlim
VsIs (continu). A cause des éléments
redresseurs, Is ne peut pas changer de sens,
fig16b.dsf
c'est donc Vs qui doit être négatif. Par la 0 Is
commande C, on peut passer continûment -VSlim
de
+ Vslim à - Vslim. Fig. 4-2. Redresseurs à thyristors

• Les montages mixtes (diodes + thyristors) ne peuvent travailler qu'en


redresseurs. La tension de sortie, positive, est cependant réglable.
1.2. Utilisation
Les redresseurs sont utilisés pour:
• l'alimentation des moteurs à courant continu par redressement de tension
alternative sinusoïdale
o sur des installations fixes

c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 2/16


o en traction électrique (les redresseurs sont sur les locomotives, le
transport du courant se fait alors en alternatif HT (25 kV,…), d'où
moins de pertes)
• le redressement du courant alternatif pour l'alimentation de lignes continues:
o traction électrique (sous-stations, TGV : 1500 V, métro, tram : 750 V),
o transport de l'énergie électrique par câbles sous-marins (pas d'énergie
réactive),
• l'industrie électrochimique: bains électrolytiques, galvaniques,
• la charge des accumulateurs.
Les puissances nominales peuvent varier de 10 à 108 W,
les courants nominaux de 1 à 300 000 A,
les tensions nominales de 1 à 1500 V.
1.3. Grandeurs caractéristiques
Groupe de commutation ou v
e
commutateur : ensemble des
éléments qui commutent
cycliquement.
0 T t
Indice de commutation q :
nombre de commutation du
courant de charge qui se produit
dans un commutateur pendant vS
une période de la tension Vmax
d'alimentation. Vmoy
Indice de pulsation p : Vmin
souvent la tension produite par 0 commut1dsf
t
un montage redresseur se Fig. 4-3. Redressement monophasé 2 alternances : p = 2
compose d'un nombre de
secteurs de sinusoïdes différents de celui de la tension d'entrée. La tension de sortie
travaille donc à une fréquence différente (cf. exemple fig.3).
L'indice de pulsation est le rapport de la pulsation fondamentale de la tension
d'ondulation à la pulsation de la tension d'alimentation.
Taux d'ondulation tx ou facteur d'ondulation : moitié du rapport entre
l'ondulation absolue (ici Vmax - Vmin) et la moyenne de la tension redressée Vmoy :
1 Vmax - Vmin 4-1
tx =
2 Vmoy

c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 3/16


Vmoy est la valeur moyenne idéale à vide, (sans chute de tension), on l'écrit souvent
Vdio (directe, idéale, sans chute de tension, pour un retard nul à l'amorçage α = 0).
Il existe diverses façons de caractériser le taux d’ondulation ; la définition choisie
représente l’écart moyen de part et d’autre de la valeur moyenne de la tension
redressée.
1.4. Principe du redressement. Modes de commutation
Pour obtenir une tension continue, on redresse un ensemble de tensions
alternatives sinusoïdales formant un système polyphasé équilibré. Ces tensions sont
fournies par le réseau par l'intermédiaire d'un transformateur (multiplicateur de
phases ou non).
Les éléments redresseurs groupés en un ou deux commutateurs commutent, c'est-
à-dire modifient les connexions entre les bornes où apparaissent les tensions
alternatives et celles où on recueille la tension redressée. La façon dont sont
groupés les commutateurs aux bornes du secondaire des transformateurs constitue
le mode de commutation ou mode de couplage des commutateurs.
On distingue :
• les montages à commutation parallèle P,
• les montages à commutation parallèle double PD ou en pont,
• les montages à commutation série S, v1
D1
Commutateurs parallèles (P) : le courant de
l'enroulement secondaire est identique au courant qui
passe dans l’élément redresseur. C'est un montage étoile v2
D2
à un seul commutateur. Le nombre de commutation q
est égal au nombre de phases secondaires (fig.4).
commut2.dsf

Fig. 4-4. Commutation P

D1 D2 Commutateurs parallèles-doubles (PD) : le


secondaire est relié à deux groupes d’éléments
redresseurs (ici des diodes) :
• un commutateur à cathodes communes
(D1, D2,..)
D'1 D'2
commut3.dsf • un commutateur à anodes communes
Fig. 4-5. Commutation PD (D'1, D'2,..)

C'est un montage étoile, en pont, à deux commutateurs. Dans un commutateur, q
est égal au nombre de phases secondaires.

c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 4/16


Règles simples:
* Dans un commutateur à cathodes communes, c'est la diode dont l'anode est la
plus positive qui conduit,
* dans un commutateur à anodes communes, c'est la diode dont la cathode est la
négative qui conduit.
Commutateurs séries : les enroulements
secondaires sont connectés en triangle. D1 D2 D3
L'étude est beaucoup plus difficile. Ci-
contre (fig.6) le redresseur S3 (série, q = 3
commutations).
Remarque : l'indication du mode de
couplage des commutateurs suivi de l'indice commut4.dsf D'1 D'2 D'3
de commutation suffit à caractériser le
montage redresseur. Fig. 4-6. Commutation S
1.5. Plan d'étude des redresseurs
(facultatif)
On idéalisera le fonctionnement :
• en supposant que l'inductance de charge L est infinie, donc que le courant de
charge est parfaitement lissé c'est-à-dire constant dans le temps,
• en négligeant les inductances de commutation l, c'est-à-dire en supposant que les
courants peuvent varier instantanément dans les circuits de commutation. Cette
dernière hypothèse revient à négliger les phénomènes de commutation naturelle
(empiètement,..)
L'étude se fait alors par étapes successives:
a) en négligeant d'abord les causes de chutes de tension en charge, on calcule:
- la tension redressée Vdio à partir des tensions alternatives;
- le courant débité du côté continu (à partir de Vdio);
- les courants dans les redresseurs,
- dans les enroulements secondaires, puis primaires du transformateur et, enfin,
- dans la ligne d'alimentation alternative.
b) Les courants étant évalués, on peut déterminer les chutes de tension dans:
- les résistances,
- les réactances,
- les éléments semi-conducteurs.

c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 5/16


c) Il ne reste plus qu'à tenir compte du fait que les commutations ne sont pas
instantanées (l ≠ 0) et prendre en compte les phénomènes d'empiètement.

2. Redresseurs à diodes à commutation parallèle


Les montages redresseurs utilisant iS1 D1 I
i1 . C
uniquement des diodes sont souvent
qualifiés de redresseurs non commandés. N2 v vC
1
2.1. Montage étoile monophasé 2
N1
A partir du réseau monophasé, avec un N2
v2 D2
transformateur à point milieu, on obtient 2
deux tensions v1 et v2 égales en amplitude, fig31a.dsf

mais déphasées de π, que l'on redresse avec iS2 i2


deux diodes (fig.7). Fig. 4-7. Montage monophasé P (étoile)

En fait, on a rendu le vC
réseau diphasé : Vm
v1 = - v2 = Vm sin ωt

• 0 < t < T/2 0 t


v1 > 0, v2 < 0, ⇒ D1
v2 v1
conduit:
vc = Vm sin ωt, vD1 ~ 0,
vD1
vD2 = v2 - vc = -2 Vm sin ωt -2vm
i1
fig31b.dsf

• T/2 < t < T IC

v1 < 0, v2 > 0, ⇒ D2
conduit: 0 t
i2
vc = - Vm sin ωt, vD2 ~ 0,
IC
vD1 = v1 - vc
= -2 Vm sin ωt 0 T/2 T t
Fig. 4-8. Chronogramme du montage P 2

Un tel montage est caractérisé par:


c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 6/16
• p = 2 : 2 demi-sinusoïdes en sortie pendant une période du signal d'entrée.
• q = 2 : les deux diodes forment un groupe de commutation. Pendant une
période de la tension d'alimentation, le courant commute de D1 à D2.
C'est un redresseur P2.
2.2. Montage étoile triphasé
v1 = Vm sin ωt vD1
v1
iS1
v2 = Vm sin (ωt - 2π/3)
D1
v3 = Vm sin (ωt - 4π/3) v2 IC
Le primaire du transformateur peut M
être couplé en triangle ou en étoile. D2
v3
T 5T vC
• 12 < t < 12 D3
v1 > v2 et v1 > v3 ⇒ D1 conduit: N
fig32.dsf
vc = v1 ; vD1 = 0 ;
Fig. 4-9. Redresseur P3 (étoile triphasé)
vD2 = v2 - v1 = u12
vD3 = v3 - v1 = u13
vC
v1 v2 v3
5T 9T Vm
• 12 < t < 12

v2 > v1 et v2 > v3 ⇒ D2 t
conduit: 4 8 12
0 2 6 10 14 nT
vc = v2 ; vD2 = 0;
12
vD1 = v1 - v2 = u12
vD3 = v3 - v1 = u31
9T 13T
• 12 < t < 12 -2Vm vD1
fig33.dsf u12 u13
v3 > v1 et v3 > v2 ⇒ D3
Fig. 4-10. Chronogramme du montage étoile triphasé P3
conduit:
v c = v3 vD3 = 0 vD1 = v1 - v3 vD2 = v2 - v3
Il est facile de vérifier que ce montage est caractérisé par p = 3; q = 3.
C'est un montage redresseur P3.

c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 7/16


2.3. Montage
Montage étoile hexaphasé
Pour réduire le taux
d'ondulation de vc, on a intérêt à
multiplier l'indice de pulsation
p, c'est-à-dire le nombre d'arcs
de sinusoïde par période de la
tension d'entrée.
M
Pour cela, on utilise des
transformateurs multiplicateurs
de phase tel que le
transformateur tri-hexaphasé ci- v
C
dessus.
Ce montage est un redresseurs
fig34.dsf
P6, avec p = q = 6. N
Fig. 4-11. Montage redresseur P6

2.4. Généralisation concernant les


les montages parallèles (facultatif)
D'une façon générale, les montages à commutation parallèle sont caractérisés par
un nombre de sommet de sinusoïdes par période identique au nombre de phases
redressées:
p=q
La période de vc est donc T/q = T/p
Il est facile de montrer que la valeur moyenne directe à vide idéale de la tension
redressée est:
q π 4-2
Vdio = Vm sin
π q
et que le taux d'ondulation est:
π
1 - cos q
π 4-3
tx = 2q
π
sin q

D'autre part, la tension inverse maximale aux bornes d'une diode sera Vi max (par
exemple (vD1)max :
Vi max = 2 Vm si q est pair,
π 4-4
Vi max = 2 Vm cos 2q si q est impair

c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 8/16


Dans le fonctionnement idéalisé, Ic est constant. Chaque diode assure le passage de
Ic pendant la durée T/q où elle est conductrice.
D'où les valeurs du courant dans chacun des q redresseurs:
I Ic 4-5
imax = Ic ; Imoy = qc ; Ieff =
q
En négligeant les chutes de tension, la puissance débitée dans la charge par le
secondaire est :
P = Vdio . Ic 4-6
Le courant dans les enroulements secondaires (q enroulements) est le même que
dans les diodes, soit, en valeur efficace :
Ic 4-7
IS =
q
Ce courant n'est pas nul en moyenne. Il circule donc, dans les enroulements
secondaires du transformateur, une composante continue qui peut produire un flux
suffisamment intense pour saturer le transformateur.
La puissance apparente du secondaire, dont chacun des q enroulements est le siège
d'une tension efficace V = Vm/ 2 et est parcouru par IS, sera :
S = q V IS 4-8
Le facteur de puissance secondaire FPS est donné par :
q π
Vm Ic sin q
P V IC π
FPS = S = q dio
V IS = V I
q m c
2 2
soit : 2q π 4-9
FPS = sin
π q
Calculons quelques valeurs du facteur de puissance :

q 2 3 4 6 12 18
FPS 0.636 0,675 0,636 0,55 0,400 0,332
Quand q augmente, FPS diminue. Ceci est un inconvénient qui limite l'intérêt des
montages parallèles pour les valeurs élevées de q. En effet le dimensionnement du
secondaire du transformateur dépend de :
S = q V IS = P/FPS 4-10
où q impose le nombre de phase,

c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 9/16


V impose le nombre de spires par phase,
et IS impose la section des conducteurs.
Autrement dit, plus FPS est faible, plus le transformateur est cher.

3. Redresseurs à diodes à commutation parallèle


double (pont de Graëtz).
Ces montages redressent q tensions étoilées à l'aide de 2q diodes; ils sont souvent
appelés ponts de Graëtz.
3.1. Montage monophasé redresseurs PD2
Le point milieu N est purement
fictif. Il sert à faire entrer ce pont Ic A
dans la catégorie des ponts i1 i2
parallèles doubles; c'est-à-dire 2 vD1
D D2
phases, 4 diodes. iS1 1

si v = 2 Vm sin ωt,
N2
v1
⇒ v = v1 - v2 et 2
vP N1 N vc
v1 = - v2 = Vm sin ωt N2
v2
2
• 0 < t < T/2 v1 > v2 fig35.dsf

D1 conduit ⇒ vA - vN = v1 iS2
D' D'
D’2 conduit ⇒ vB - vN = v2 1 2 B

d'où : vA - vB = vc = v1 - v2 = v Fig. 4-12.

vD1 = 0 vD2 = - v vD’2 = 0 vD’1 = - v


• T/2 < t < T v 1 < v2
D2 conduit : vA - vN = v2
D’1 conduit : vB - vN = v1
d'où : vA - vB = vc = - (v1 - v2) = - v
vD2 = 0 vD1 = v vD’1 = 0 vD’2 = v
Compte tenu des hypothèses simplificatrices (L infini), Ic est continu. Le courant iS1
change donc de polarité à T/2; de plus, on remarque que :
iS1 = -iS2 = (N1/N2)iP
Ce montage est caractérisé par p = 2, q = 2.

c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 10/16


2Vm vC

Vm

0 t

v2 v1

vD1
-2Vm
iS1
IC

fig6.dsf

0 T/2 T t
-IC

Fig. 4-13. Chronogramme du montage PD2

3.2. Montage triphasé PD3


C'est l'un des montages les
plus courants : IC
A
i1 i2 i3
• lorsque D1, D2 ou D3 est
v1 vD1
conductrice, vA - vN est
D1 D2 D3
égal à la plus grande des
tensions v1, v2 ou v3. La v2
tension vD1 sera vc
successivement donnée v3
par :
v1 - v1 = 0, v1 - v2 puis v1 - v3 D'1 D'2 D''3

• de même, lorsque D’1, D’2


fig37.dsf
ou D’3 est conductrice, B
Fig. 4-14. Montage triphasé PD3
vB - vN est égal à la plus
c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 11/16
négative des tensions v1, v2 ou v3. La tension vD’1 sera successivement donnée par:
v1 - v1 = 0, v2 - v1 puis v3 - v1
La tension redressée vA - vB = (vA - vN) - (vB - vN) = vc est donc formée de 6 arcs de
sinusoïdes. Le montage est caractérisé par q = 3, p = 6
vC

V3 Vm Vdi0

v1 v2 v3
Vm
vA

t
4 8 12
0 2 6 10 14 nT
12
vB

-2Vm
u12 u13 fig33b.dsf

D1 .D2 D3
Intervalles de
conduction
D'2 D'3 D'1 D'2

iS1
IC

- IC

Fig. 4-15. Chronogramme du montage PD3

3.3. Généralisation des résultats.


La valeur moyenne Vdio de la tension redressée à vide (sans chute de tension) est :
Vdio = (vA - vN)moy - (vB - vN)moy 4-11
c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 12/16
Il est aisé de remarquer que (vA - vN)moy correspond précisément à la valeur de la
tension redressée par le montage à commutation parallèle. La tension redressée est
donc le double de celle des montages P :
q π 4-12
Vdio = 2 Vm sin
π q
Rappel : Vm est la tension simple (par rapport au neutre ou au point milieu)
• Si q est pair p = q,
• si q est impair, p = 2q.
Le taux d'ondulation est :
π
1 - cos p
π 4-13
tx = 2p
π
sin p

La tension inverse maximale supportée par les diodes est :


Vi max = 2 Vm si q = pair, 4-14
Vi max = 2 Vm cos(π/2q) si q est impair
c'est le même que pour les montages parallèles.
Durant la période T, chacune des diodes débite le courant Ic pendant le temps T/q
et rien le reste du temps.
Il s'ensuit que le courant dans chacun des semiconducteurs a pour valeur :
I Ic 4-15
imax = Ic ; Imoy = qc ; Ieff =
q
Chaque enroulement du transformateur est réuni à deux diodes, il est donc
parcouru par un courant ±Ic pendant deux intervalles T/q. Par exemple, pour PD3:
D1 conduit iS1 = + Ic
D’1 conduit iS1 = - Ic
En moyenne, le courant dans les enroulements est nul. On ne retrouve donc pas les
inconvénients des montages parallèles.
La valeur efficace des courants est donc :

2 1 T2 1 2 2T/q 1 2 T
I =T⌡⌠iS dt =
S T [IC . t] 0 = T IC 2 q
0
2 4-16
IS = Ic q

c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 13/16


Le facteur de puissance secondaire est donné par:
q π
2
Vm Ic sin q
P V IC π
FPS = S = q dio
V IS =
V 2
q m IC q
2
2 π 4-17
FPS = q sin q
π

Le facteur de puissance est 2 fois plus élevé qu'en commutation P, mais comme
pour le montage P, FPS se dégrade pour les valeurs élevées de q..

4. Redresseurs réels
4.1. Phénomène d'empiètement
Jusqu'ici nous avons supposé que tous les éléments du redresseur étaient parfaits.
En réalité, les enroulements du transformateur présentent des inductances,
l'intensité ne peut donc varier de façon instantanée dans ces éléments. La
commutation ne peut pas être instantanée; l'inductance de commutation l n'est pas
nulle.
Il s'ensuit une chute de tension δVc uniquement due à la commutation et qui
dépend:
• de l'inductance de commutation,
• de l'indice de commutation,
• du courant de charge Ic
4.2. Chute de tension ohmique
Si:
r1, r2 et r’1 sont respectivement les résistances par phase du primaire, du secondaire
et du réseau amont,
q et q1 le nombre de phases du secondaire et du primaire,
IS, IP et IP' les intensités efficaces par phase secondaire, primaire et du réseau amont,
les pertes Joule seront :
pJ = q r2 IS2 + q1 r1 IP2 + q1 r’1 IP'2 4-18
Toutes les intensités peuvent s'exprimer en fonction de Ic. Les pertes se mettront
donc sous la forme :
pJ = Rc Ic2 4-19

c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 14/16


où Rc est la résistance totale du montage ramené au côté continu (secondaire). La
chute de tension ohmique se mettra donc sous la forme :
VR = Rc Ic = pJ/Ic 4-20
4.3. Chutes de tension dues aux diodes
Ces valeurs se déterminent sur les caractéristiques des diodes fournies par les
fabricants. Soit δVd la chute de tension due aux diodes. La valeur moyenne de la
tension en charge s'écrit :
Vd = Vdio - δVc - δVR - δVd 4-21

et le rendement du montage redresseur :


Vd Ic 4-22
Vd Ic + pfer + pJ + pD
• Vd = tension directe moyenne redressée en charge,
• Ic = courant dans la charge,
• pfer = pertes fer du transformateur,
• pJ = pertes Joule définies ci-dessus,
• pD = δVd Ic = pertes dans les diodes.

5. Les redresseurs tout thyristor (contrôlés


(contrôlés)
contrôlés)
Les montages redresseurs à thyristors utilisent les mêmes schémas que ceux à
diodes ; En remplaçant les diodes par des thyristors, on a la faculté de retarder
l'entrée en conduction des redresseurs : on dit que le montage fonctionne en
commutation retardée.
Le retard est caractérisé par l'angle α : les thyristors sont débloqués avec un retard
α/ω par rapport à l'instant où la diode correspondante entre en conduction.
La tension redressée est variable. D'une façon générale, on montre que la tension
redressée par un montage à thyristors dont l'allumage est retardé d'un angle α est,
(en régime de conduction continue, c'est-à-dire sans interruption de courant) :
Vdiα = Vdio cos α
où Vdio est la tension obtenue avec le montage à diodes c'est-à-dire pour α = 0.
* si α > π/2, Vdiα < 0 : le montage fonctionne en onduleur non autonome
* si α < π/2, il fonctionne en redresseur.
Remarque. la limite α = π ne peut être atteinte que dans un fonctionnement
idéalisé. En réalité, pour des raisons de risques de réamorçage intempestif du
thyristor, on n'atteint que α = 5π/6 (150°).
c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 15/16
On peut, de plus, montrer que, pour un même courant continu débité, les courants
dans les enroulements du transformateur, dans la ligne d'alimentation et les pertes
Joule correspondantes sont indépendantes de α.
Le facteur de puissance secondaire FPS et le rendement sont d'autant plus mauvais
que cos α est faible.

6. Les montages mixtes


Ce sont des montages qui utili-
sent un commutateur à diodes IC
(anodes communes positives) et i1 i2
un commutateur à thyristors vT1 T1 T2
(cathodes communes négatives). iS1
Les figures 16 et 17 donnent des
exemples de montages en pont. N2
v1
Les montages mixtes existent N1 2 vC
vP
également en montage série. N2
v2
Les principales caractéristiques de 2
fig39.dsf
ces montages sont: iS2
* valeur moyenne de la tension D'1 D'2
redressée :
Fig. 4-16. Montage mixte "monophasé"

1 + cos α
Vdiα = Vdio 2
Le montage est donc non réversible, il ne peut fonctionner qu'en redresseur, la
tension continue de sortie (théorique) étant comprise entre 0 (α= π) et Vdio (α = 0).
La tension redressée est IC
d'ordre q (que q soit pair A
i1 i2 i3
ou impair). vT1
v1
Rappelons que l'intérêt de T1 T2 T3
ces montages est d'avoir un
dispositif commandé v2
moins cher qu'un tout vc
thyristors. De plus, ces
v3
montages donnent un
meilleur facteur de
D'1 D'2 D''3
puissance qu'un montage
tout thyristors.
fig40.dsf
B
Fig. 5-17. Montage mixte triphasé en pont

c:/.../EPchapitre2 31/01/2007 PI - 16/16

Vous aimerez peut-être aussi