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Université de Sherbrooke - Juillet 2009

Cours « Amélioration des sols »


Professeur Mounir BOUASSIDA. École Nationale d’Ingénieurs de Tunis

Introduction. Le besoin d’améliorer un sol

Techniques. Le choix adéquat est fonction du type et ou de la granulométrie d un sol.

Avantages escomptés d’une technique à l’autre.

Conception et dimensionnement. Méthodes et Outils

Plots d’essais. Suivi après exécution et validation de modèles.

Chapitre 1. Pré chargement et drains verticaux

1) Pré chargement

2) Pré chargement associé aux drains verticaux (DV)

Drains de sable
Drains verticaux préfabriqués (DVP)
Exemples de dimensionnement

Chapitre 2. Le renforcement par colonnes

Contexte .Éviter les fondations profondes, surtout en cas de surcharge quasi uniforme,
pour raison de coût élevé. Avantages multiples.

Colonnes ballastées, Colonnes en sol traité aux liants, colonnes a module contrôlé

Méthodes de dimensionnement : capacité portante, tassement, accélération de


consolidation, liquéfaction. Usage de logiciels.

Bibliographie
M. Bouassida. Cours « Techniques d’amélioration des sols ». Polycopié ENIT, 2008.
Bouassida M., Hazzar L. & de Buhan P. (2009). A software for the design of reinforced soils by
columns. Proc. 2nd Int. Workshop on Geotechnics of Soft Soils- Focus on Ground Improvement-
Karstunen & Leoni (Editors), September 03rd-05th 2008, Glasgow, pp 327-332.

Bergado D.T., Anderson L.R., Miura N., Balasubramaniuam A .S. (1996). Soft Ground
Improvement in lowland and other Environments. ASCE Press. New York.
Cours « Techniques d’Amélioration des Sols » Le projet d’amélioration d’un sol

Chapitre 0. Le projet d’amélioration d’un sol

1. Introduction
2. Domaines d’application des techniques d’amélioration du sol
3. Objectifs du cours

1. Introduction
Lorsque la construction d’un ouvrage est décidée sur un terrain fixé dont la stratigraphie peut
être constituée d’un sol dit « à problèmes » deux problèmes se posent le plus souvent. En
premier lieu, il faut recourir à une opération dite d’amélioration du sol pour rendre faisable la
construction de l’ouvrage en question dans un délai raisonnable. En second lieu, il faut tenir
compte du coût de l’opération d’amélioration en évitant qu’elle soit disproportionnée par
rapport au coût d’une autre solution de fondation envisageable.
L’opération d’amélioration s’accompagne, donc, de certaines performances qui conduiront à
de nouvelles propriétés et caractéristiques du sol initialement à problèmes. C’est dans cette
vue qu’une technique d’amélioration d’un sol est décidée.
Lorsqu’on opte pour une technique d’amélioration donnée on est amené le plus souvent à
compléter les résultats issus de la première campagne de reconnaissance géotechnique du sol.
En effet, on aura à déterminer de paramètres supplémentaires soient relatifs au sol initial
soient relatifs à la technique d’amélioration décidée aussi bien pour les modalités d’exécution
que pour les besoins du calcul et du dimensionnement.
Par ailleurs, la technique d’amélioration nécessite au préalable une vérification de la
faisabilité de son exécution dans les conditions géotechniques du projet visé, et, d’autre part,
la quantification des performances pré dictées pour le sol amélioré. Cela implique la
réalisation de plots d’essais sur une plateforme très proches de l’emplacement de l’ouvrage.
Ce qui permettra de comparer entre les propriétés du sol de fondation avant et après
l’opération d’amélioration. Les résultats de ces essais servent également à la validation de
méthodes de calcul spécifiques à la technique d’amélioration exécutée.
Néanmoins, une dernière étape devrait s’ajouter dans un projet d’amélioration des sols, en
particulier, qui est celle du suivi dans le temps du comportement de l’ouvrage construit sur le
sol amélioré. Cela nécessite également l’enregistrement de mesures qu’il faudra traiter et
analyser ultérieurement en vue d’une meilleure justification de la technique d’amélioration
retenue.

2. Domaines d’application des techniques d’amélioration des sols


Le sol initial, ou à l’état non amélioré, est identifié essentiellement par sa courbe
granulométrique qui demeure un facteur essentiel en vue de lui faire subir une technique
d’amélioration donnée. En effet, compte tenu des deux grandes classes de sols bien connus, à
savoir pulvérulents ou fins, on comprend naturellement qu’il existe une différence entre les
techniques d’amélioration appropriées à chacune de ces classes. Par ailleurs, en plus, sachant
qu’il existe une bonne majorité de sols appartenant à la catégorie de sols intermédiaires,
d’autres dérivées de techniques peuvent être envisagées. En effet, la figure 0.1 illustre la
différence nette entre les techniques exécutables dans les sols fins, d’une part, et dans les sols
grenus, d’autre part. Alors que pour les sols intermédiaires les possibilités d’amélioration ne
sont diversifiées.

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Figure 0.1 Applicabilité des techniques d’amélioration des sols en place en fonction de la
granulométrie du sol initial. Gambin (1999-2000)

Dans la pratique, en fonction du projet en vue d’être exécuté, on peut faire recours à
l’exécution de deux techniques différentes d’amélioration des sols. La photo 1 illustre le cas
d’un ouvrage d’art en Belgique pour lequel les culées jouent le rôle de soutènement d’un
massif en terre armée qui repose sur une couche d’alluvions compressibles renforcée par des
colonnes ballastées.

Voir Transparents

Photo 1. Usage simultané de deux techniques d’amélioration des sols (référence).

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Il faut également souligner, sur le plan économique, l’importance des techniques


d’amélioration des sols comme étant une solution alternative à d’autres modes de fondation
plus coûteux. A titre d’exemples, le renforcement par colonnes et le renforcement par micro
pieux représentent deux techniques dont l’usage est devenu bien pratiqué à l’échelle
internationale. En raison, d’une part, de leurs exécutions relativement rapides, et, d’autre part,
des circonstances actuelles concernant le coût de plus en plus cher, en particulier, de l’acier le
renforcement par colonnes et le clouage représentent deux opportunités à saisir pour
remplacer le mode de fondation sur pieux. Une telle opération est bien entendu possible en
particulier dans le cas d’ouvrages transmettant un chargement quasi uniforme sollicitant le sol
sur une profondeur ne dépassant les vingt mètres.

3. Objectifs du cours

Il s’agit de donner, dans une première partie, une présentation des techniques d’amélioration
qui sont les plus pratiquées à travers le monde. Ainsi, pour chacune de ces techniques on
abordera les buts à atteindre, le(s) mode(s) d’exécution, les concepts pratiques de
dimensionnement et l’illustration à travers des projets réels de leur faisabilité. Ainsi, en
fonction des avantages attendus, on suivra progressivement la technique de pré chargement
sans et avec drains verticaux, la densification, le compactage dynamique et le vibro
compactage. Ensuite, le renforcement par colonnes notamment avec les procédés de colonnes
ballastées et des colonnes en sol mou traités au(x) liant(s). Enfin, le renforcement par clouage
est exposé. Ces techniques concernent uniquement l’amélioration des sols en place et fait
exclure le renforcement des massifs en sol rapporté à l’image de la terre armée et les
géotextiles.

Dans la deuxième partie du cours on affronte la modélisation mécanique des sols renforcés.
De part l’intérêt accordé aux besoins de l’amélioration des sols qui a commencé par
s’intensifier depuis les années soixante dix, les recherches menées sur les sols renforcés ont
connu un gain de cause de plus en plus marqué à partir des années quatre vingt. Malgré
l’apport perçu des informations collectées à partir des investigations expérimentales, il se
trouve que les recherches théoriques ont permis, à différents niveaux, de fournir aux praticiens
des connaissances supplémentaires pour comprendre, en particulier, les mécanismes de
fonctionnement des sols renforcés et, par suite, une autre source de validations des résultats
expérimentaux. La deuxième partie expose, donc, trois types d’approches des sols renforcés.
Ces approches diffèrent par la modélisation adoptée pour les éléments de renforcement, dits
inclusions, en fonction de leur fraction volumique incorporée dans le sol initial qui est
considéré comme un milieu tridimensionnel. En premier lieu, avec l’approche directe on traite
le renforcement d’un par des colonnes considérées comme un milieu tridimensionnel. En
second lieu, avec l’approche mixte on étudie les sols renforcés par des clous qui sont
modélisés comme des éléments poutres. En troisième lieu, on met en œuvre l’approche par
homogénéisation qui est appliquée pour les sols renforcés par colonnes et les massifs en sol
rapporté (terre armée, géotextiles).

Le lien entre les deux parties du présent cours, la première à vocation appliquée et la
deuxième à vocation de recherche, est illustré à travers la validation de modèles qu’ils soient
réduits ou en laboratoire avec les prédictions du modèle mécanique approprié pour le sol
renforcé. Ce point représente la valeur ajoutée de ce document où de nombreux résultats de
recherches récentes sont inclus.

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Cours « Techniques d’Amélioration des Sols » Pré chargement & Drains Verticaux
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Chapitre 1. Préchargement - Drains verticaux


1. Le pré-chargement
2. Les drains verticaux
2.1 Les drains de sable
2.2 Les drains préfabriqués
3. Méthode de calcul pratique des réseaux de drains verticaux
4. Etude d’un projet de drains verticaux en Tunisie
5. Contrôle et suivi des projets de drains verticaux
6. Annexe
Introduction : Le pré-chargement et les drains verticaux sont deux méthodes d’amélioration
des sols compressibles d’usage très courant en pratique. Nous en faisons une présentation
succincte en mettant l’accent sur les aspects d’ordre pratique, de la conception jusqu’au
contrôle et suivi des projets.
1. Le pré-chargement
Lorsqu’il s’agit de construire sur un sol saturé de faible portance et (ou) relativement
compressible le préchargement (généralement fait par un remblai) est la technique la plus
simple qui permet d’assurer une amélioration de la résistance au cisaillement à court terme.
En fonction du planning d’exécution du projet étudié le pré-chargement, sous une contrainte
σ 0 +σ préch (P1 sur la figure 1.1), dure quelques mois pendant lesquels le processus de
consolidation primaire (le sol étant saturé) s’amorce mais sans atteindre un degré de
consolidation, noté U , relativement élevé (supérieur à 50%). Deux conséquences en
résultent :
a) l’augmentation de la cohésion non drainée Cu pour un état de consolidation donné.
Cette augmentation est estimée à partir de la connaissance du paramètre
d’augmentation de la cohésion drainée, noté tgλcu , qu’on déduit à partir des résultats
d’un essai de cisaillement consolidé non drainé. Néanmoins, le prélèvement
d’échantillons du sol avant et après préchargement sur lesquels on réalise un essai de
cisaillement non consolidé non drainée conduit à l’amélioration réelle de
l’augmentation de la cohésion non drainée. Cette estimation est faite comme suit :

Figure 1.1 : Principe du pré chargement

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C u1 = C u0 + U (C uf − C u0 )

où : C uf désigne la cohésion non drainée en fin de consolidation qu’on détermine à partir d’un
essai consolidé non drainé (CU) sous la contrainte σ c = σ 0 + σ préch .
b) La réduction du tassement du sol sous l’action du pré-chargement, ce qui permet
d’atteindre plus facilement la valeur requise du tassement admissible de l’ouvrage ou,
autrement, d’avoir un tassement résiduel plus faible lors de la mise en service de
l’ouvrage.
Toutefois l’inconvénient majeur du pré-chargement, sans tenir compte du coût d’exécution,
demeure la durée qu’il nécessite pour atteindre l’amélioration escomptée. Outre la durée du
pré-chargement, le temps d’exécution du remblai de pré-chargement et la durée que nécessite
sa suppression (à la fin de la durée fixée) ne permet d’envisager le début des travaux qu’après
un temps de consolidation non négligeable (six mois au minimum) qui est parfois même
comparable à celui de l’exécution de l’ouvrage. Pour cette raison l’idée d’accélérer la
consolidation du sol compressible s’est avérée primordiale en vue de débuter la construction
de l’ouvrage dans un délai relativement court, chose qui a contribué à l’usage des drains
verticaux.
Le pré-chargement par étapes : lorsqu’il s’agit d’édifier des remblais de grande hauteur (>
6m) sur une argile molle très compressible le chargement doit être fait par étapes pour éviter
de provoquer la rupture par poinçonnement du sol.
En vue d’accélérer la consolidation du sol on fait recours, en présence d’un chargement,
davantage aux drains verticaux dont la présence, au sein des sols compressibles, permet de
créer l’écoulement horizontal qui se fait sur une distance petite (par rapport à l’épaisseur de la
couche à améliorer) où la perméabilité horizontale du sol est généralement supérieure à sa
perméabilité verticale. La contribution simultanée de ces deux facteurs contribue, en
particulier, à l’accélération de la consolidation du sol.

2. Les drains verticaux


L’ouvrage « Théorie et pratique des drains verticaux » (Magnan, 1983) constitue une bonne
référence pour les ingénieurs géotechniciens soucieux d’étudier l’amélioration d’un sol
relative à l’exécution d’un réseau de drains verticaux. En effet, les méthodes d’exécution des
drains aussi bien de sable que préfabriqués y sont clairement détaillées. Dans le présent
document on se limitera à quelques rappels sommaires sur ce point. Néanmoins, la
comparaison entre les deux familles de drains verticaux des points de vue technique et
économique nécessite de faire davantage de commentaires notamment quant à leur validité au
cas étudié. Les deux familles de drains présentent des avantages complémentaires (ou parfois
atteints à des degrés différents) à savoir :
- Les drains préfabriqués sont d’exécution rapide et permettent d’accélérer fortement la
consolidation ;
- Les drains de sable contribuent à une réduction du tassement et offrent souvent une
marge de profondeur variable, qu’il n’est pas possible de réaliser avec des drains
préfabriqués.

2.1 Les drains de sable


On se limitera dans ce paragraphe au développement de deux points essentiels : le choix du
matériau constitutif du drain et son mode d’exécution qui conditionnent fortement l’efficacité
du drain pour les rôles auxquels il a été choisi.

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2.1.1 Choix du matériau drainant :


Pour que le drain puisse jouer son rôle d’évacuateur d’eau la granulométrie de son matériau
constitutif doit répondre à des spécifications relatives à la « condition de filtre » qui est
directement liée à la granulométrie du sol à consolider.
Dans la suite les indices filtre et sol sont relatifs respectivement au matériau constitutif du
drain et au sol à améliorer (ou initial).
A propos des barrages en terre, l’avis de K. Terzaghi était que :
- un matériau cohérent comprenant au moins 15 % d’argile ne peut colmater un filtre de
D15 0,1 mm ;
(D15)filtre
- pour un milieu pulvérulent, il faut respecter la condition : =9
(D85)sol
J. Kerisel propose de retenir en la complétant par une condition sur la forme de la courbe
granulométrique : si D100 est la dimension des plus gros grains du filtre, les grains de
diamètre D sont en pourcentage 3 D .
D100
Bertram (1940) a étudié en laboratoire, sous la conduite de Terzaghi et Casagrande, la
validité des conditions de filtre qui avaient été suggérées par Terzaghi; il a établi les
critères suivants:
D15(filtre) D15(filtre)
<4à5<
D85(sol) D15(sol)

Pour les filtres à granulométrie uniforme, les conditions à respecter sont encore différentes
des précédentes (« Hydraulique des sols », Bulletin de liaison de LCPC, avril 1970) :
- l’U. S. « Bureau of Reclamation » recommande pour le cas des drains sous les
barrages en terre l’utilisation du critère :
(D50)filtre
5< < 10
(D50)sol

- Lackner (1966) conseille, pour la protection des murs de quai, le critère :

(D50)filtre
= 3 à 4.
(D50)sol

On remarque que les conditions de filtre dépendent également du type de projet.


Pour conclure : Un drain de sable a une durée de vie limitée. C’est essentiellement le
colmatage par le sol environnant qui risque de réduire notablement cette durée de vie, voire la
condamner. Par conséquent, un drain sera qualifié de « bien mis en place » lorsqu’il
fonctionne durant toute la phase de consolidation primaire du sol à améliorer.

2. Procédés d’exécution :
Il existe plusieurs procédés d’exécution des drains de sable. On se limitera à l’illustration de
quatre méthodes d’exécution qui ont été suffisamment pratiqués dans divers projets, il s’agit
des méthodes:
- du tube fermé à pointe perdu (Fig. 1.2);
- du tube fermé à pointe récupérable (Fig. 1.3);
- du tube fermé battu avec un mandrin intérieur (Fig. 1.4);
- de la tarière continue à âme pleine (Fig. 1.5).
Les détails d’exécution relatifs à ces méthodes sont présentés dans Magnan (1983).

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Figure 1.2 : Exécution par la méthode du tube fermé à pointe perdu, Magnan (1983).

Figure 1.3 : Exécution par la méthode du tube fermé à pointe récupérable, Magnan (1983).

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Figure 1.4 : Exécution par la méthode du tube fermé battu avec un mandrin intérieur, Magnan (1983).

Figure 1.5 : Exécution à l’aide d’une tarière continue à âme pleine, Magnan (1983).

L’exécution d’un drain de sable nécessite dans plusieurs cas le refoulement (ou l’excavation)
du sol en place souvent de perméabilité très faible. Ensuite, on procède au remplissage et au
forage par le sable sélectionné.

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2.2 Drains verticaux préfabriqués (DVP)


La commercialisation des géo-composites a permis notamment de mettre au point des
produits, d’une part, dont le pouvoir drainant est élevé et, d’autre part, qui assurent le rôle de
filtre en empêchant le transport des fines du sol à améliorer. Ce sont les deux performances à
garantir lors de l’exécution d’un chantier de drains verticaux préfabriqués. Il s’agit bien sur
des drains verticaux préfabriqués (DVP). Sur la figure 1.6 on présente les phases d’exécution
d’un drain de carton. A la profondeur fixée le drain est foncé à l’aide d’un sabot qui peut avoir
différentes formes (Fig. 1.7).

Figure 1.6 : Phases de mise en place des drains de carton, Magnan (1983).

Figure 1.7 : Formes de sabots utilisés pour le fonçage des drains préfabriqués, Magnan (1983).

Pour assurer l’efficacité des drains préfabriqués en terme de drainage au sein du maillage
retenu (triangulaire, carré), pour l’exécution des drains, d’après l’expérience tunisienne la
distance entre les DVP ne doit pas excéder les deux mètres (Bouassida et Hazzar, 2008).

3. Méthode de calcul pratique des réseaux de drains verticaux


Longueur des drains : La discussion de son choix n’est pas souvent évoquée dans la
littérature. D’ores et déjà on peut avancer qu’elle dépend de l’épaisseur de la couche molle et

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du niveau de contrainte à transmettre par l’ouvrage. Mais on doit toujours garder à l’esprit que
le choix d’un type de drains reste dicté par le matériel qu’on peut acquérir pour l’exécution.
Cependant, dans le cas d’une couche très épaisse, on optimisera la longueur des drains en
fonction des tassements estimés pour les différentes couches (ou sous-couches) du sol. En
quelque sorte la longueur est fixée de façon à ce que le tassement des couches sous-jacentes
(non améliorées) demeure acceptable après l’accélération de la consolidation dans les couches
traversées par les drains.
Efficacité des drains verticaux : Elle dépend de la méthode d’exécution retenue et du type de
sol où le drain sera mis en place. Dans tous les cas de traitement, les spécialistes sont
unanimes sur le fait que le sol environnant subit une perturbation suite à l’exécution du drain.
Selon le cas, cette perturbation peut avoir une influence sur le coefficient de consolidation et
par suite l’efficacité du rôle du drain peut être mise en cause.
Deux facteurs permettent de qualifier l’efficacité d’un système drainant :
- l’efficacité est d’autant plus grande que le rapport de la charge atteinte par addition de
la surcharge à la pression de pré consolidation est plus élevé.
- L’efficacité est d’autant meilleure que le rapport du tassement de consolidation
primaire au tassement total est proche de 1.
3.1 Méthodes de calcul
La consolidation verticale est négligée par la théorie de Barron (1947).
En (1948) Barron a présenté la solution du problème de la consolidation radiale seule dans
une cellule élémentaire de forme cylindrique sous un chargement instantané. Tous les
paramètres physiques du sol sont supposés constants et la consolidation verticale du sol est
négligée. En pratique, le dimensionnement des réseaux de drains verticaux est généralement
effectué à l’aide des abaques de Barron (Fig. A1.1).
Des théories plus récentes Chaput et col (1975), Hansbo (1979), permettent de prendre en
compte: un chargement linéaire en fonction du temps Chaput et Thomann (1975), l’effet du
remaniement périphérique autour de drain, etc .
Toutes ces méthodes de dimensionnement utilisent le coefficient de consolidation radiale,
noté Cr, qui régit l’écoulement radial dans le volume d’efficacité du drain. La mesure de Cr,
soit en laboratoire soit in situ est très importante, car elle conditionne très largement les
résultats de calculs.

3.1.1 Calcul du degré de consolidation :


Pour les DVP, Hansbo (1979a & b) a proposé pour le calcul du degré de consolidation radiale
l’expression suivante :

−8Tr
U r = 1 − exp (1)
F

Tr désigne le facteur temps :


Tr = Crt2 (2)
De
Avec :
De
n= (3)
dw
De et d w sont les diamètres équivalents respectivement de la cellule élémentaire et du drain.
Dans l’équation (1) le facteur F comporte, en général, trois termes définis comme suit ;

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F = F (n) + Fs + Fr (4)
Avec :
F (n) est le facteur correspondant à la théorie de Barron, il s’exprime;

n2 3n 2 − 1
F (n) = ln( n ) − (5)
n2 − 1 4n 2
Fs est un facteur qui tient compte du remaniement du sol initial lors de la mise en place du
drain qui a pour conséquence la réduction de la perméabilité horizontale;
Fr est le facteur qui tient compte de la réduction de la capacité de décharge du drain en
profondeur ; ce facteur s’exprime (Bergado et al, 1996):

kh
Fr = π z ( L − z ) (6)
qw

La distance L est considérée de la façon suivante :


- drainage à une seule extrémité du drain : L est le double de la longueur du drain
- drainage aux deux extrémités du drain : L est égale à la longueur du drain.
z désigne la distance à partir de l’extrémité de fin de drainage.
qw est la capacité de décharge du drain qui correspond à un gradient hydraulique unitaire.

Carillo (1942) a montré que le degré de consolidation tridimensionnelle (Fig. A1.3) noté U,
s’obtient facilement à partir des solutions de Terzaghi (1935) et celle de Barron (1947) ou
Hansbo (1979), comme suit:

1 − U = [1 − U r ][1 − U z ] (7)

4. Etude d’un projet de drains verticaux en Tunisie : Echangeur de La Charguia


L’ouvrage est situé sur la voie express « Tunis-Bizerte », il assure la liaison entre la cité
olympique et celle de la charguia. Une vue en plan de l’échangeur est présentée sur la figure
1.8. Les remblais d’accès ont une épaisseur H r variable entre 3,5 et 7,5 m. Ils sont à édifier
sur une succession de couches de sable fin à moyen (faiblement à moyennement
compressibles) alternées avec des couches de vase et d’argile très compressibles. L’exécution
de ce projet s’est déroulée entre 1996 et 1999.
Le problème posé : Les tassements estimés par les méthodes pressiométrique et oedométrique
pour les deux culées sont inadmissibles. Les temps nécessaires pour atteindre 50% et 90% de
consolidation des couches compressibles sont respectivement de 200 ans et 750 ans environ,
Hamdi et Hedhli (2002). Le profil géotechnique pour les calculs montre six couches
d’épaisseurs variables et un niveau de nappe situé à 2 m de la surface du terrain naturel.
La solution « drains verticaux de sable » a été retenue pour accélérer la consolidation des
couches compressibles. Le sable constitutif des drains est en provenance de la carrière de Borj
Hfaiedh dont la courbe granulométrique s’insère bien dans le fuseau des matériaux filtrants
(Fig. 1.9). Les paramètres du sable en question sont les suivants : D15 = 0,22mm ;
D40 = 0,4mm ; D60 = 0,48mm ; D85 = 0,06mm .
Equivalent de sable : 50% ; Angle de frottement interne : 38° à partir de l’essai à la boite de
cisaillement et 36° à partir de l’essai triaxial.

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Figure 1.8 : Vue en plan de l’échangeur de La Charguia

Figure 1.9 Fuseau granulométrique des matériaux filtrants où s’insère la courbe du sable de la carrière
Borj Hhaiedh

Le module de Young (estimé à partir des courbes « effort-déformation » des essais triaxiaux
est de 30000 kPa. Les paramètres du sable retenu vérifient les conditions d’adaptation au
terrain à améliorer, des points de vue perméabilité et granulométrie.
Les drains ont un diamètre de 30 cm, ils sont répartis selon un maillage triangulaire et un
espacement de 3m. La longueur des drains est de 32 m qui correspond à la profondeur suivant
laquelle se produirait environ 70% du tassement total, la plateforme supérieure du remblai a
une largeur de 24 m. Une couche de 50 cm d’épaisseur constituée par le sable des drains a été
exécutée pour jouer le rôle de tapis drainant. Ces données ont permis de vérifier que le taux de

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substitution surfacique est environ de 2,6% ce qui indique que la priorité des drains de sable
est l’accélération de drainage. Alors que pour le sol initial un coefficient de consolidation
verticale équivalent cve = 2,810 −6 m 2 / s a été retenu, et le coefficient de consolidation
horizontale a été estimé à : ch = 5cve = 1, 410−7 m 2 / s .
La méthode d’exécution des drains est du type « forage rotatif par circulation directe d’eau
pour évacuation des débris ». Les phases d’exécution sont représentées sur la figure 1.10.

Figure 1.10 Phases d’exécution des drains de sable lors du projet de l’échangeur La Charguia
(Tunisie).

Dans le tableau 1.1 on présente, pour les deux rampes d’accès de l’échangeur La Charguia, les
données relatives au projet d’amélioration du sol par drains verticaux de sable. Les objectifs
atteints étaient une réduction faible du tassement, mais qui n’a pas été ciblée au départ, et une
accélération significative du temps de consolidation : on a enregistré 80% de consolidation
primaire au bout de huit mois. Les tassements de consolidation primaire (sol non amélioré) ont été
estimés dans l’axe d’un remblai de 5,5 m de hauteur.

Rampe d’accès Superficie Nombre de Tassement du Tassement du


traitée (m2) drains verticaux sol non amélioré sol amélioré
(cm) (cm)
Coté cité 1779572 82 42,6 22
olympique
Coté charguia 1490804 91 49 25,6

Tableau 1.1 Données du projet « échangeur de la Charguia (Tunis) ».

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L’instrumentation de l’ouvrage par l’emplacement des tassomètres sous les deux culées, sur
une année environ, a permis de vérifier que les tassements résiduels en cours d’exploitation
étaient admissibles pour cet ouvrage.
Sur la vue d’ensemble de la rampe d’accès située du coté de la cité olympique (Fig. 1.11) on
note l’exécution d’un maillage triangulaire pour les drains de sable.

Figure 1.11 : Disposition des drains sous la rampe d’accès de l’Echangeur de la cité olympique

En Tunisie, depuis l’année 2000, le recours aux géodrains est devenu de plus en plus courant
notamment lors de divers projets réalisés autour des lacs nord et sud de la ville de Tunis. A
titre d’illustration détaillée on peut avoir une de plus amples informations dans Bouassida et
Hazzar (2008).

5. Contrôle et suivi des projets de drains verticaux


Le projet d’amélioration d’un sol nécessite, généralement, la mise en place d’appareils de
mesure (piézomètres, plaques de tassement, et des inclinomètres) dont la mise en place doit
être bien étudiée au préalable.
En cours de réalisation du réseau drainant, il faut s’assurer que le maillage est bien respecté et
de noter la longueur de chaque drain. Dans le cas de drains foncés, en terrains hétérogènes, il
arrive que le refus de fonçage se produise avant le niveau d’arrêt théorique.
Pour les drains de sable, le diamètre de quelques forages peut être vérifié à l’aide d’une
« tropille » calibrée, ainsi que la profondeur, pour s’assurer qu’il ne s’est pas produit de
rupture. La vérification doit également porter sur le volume du matériau drainant incorporé.
Pour juger l’amélioration apportée par le traitement, il est toujours nécessaire de prévoir un
programme de mesures en place des paramètres suivants :
- les tassements de surfaces et des couches les plus compressibles,
- les pressions interstitielles,

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- la résistance au cisaillement non drainée, en vue d’un calcul de stabilité


complémentaire.
Ces constatations peuvent amener à compléter le système de drainage par adjonction de drains
verticaux intercalés dans le maillage initial.
Illustration des avantages de l’amélioration par drains verticaux
L’illustration ci-après est relative à un projet exécuté aux USA. Sur la figure 1.12 on présente
l’évolution de la construction d’un remblai en fonction du temps, les courbes donnant les
évolutions du tassement, de la surpression interstitielle et le déplacement latéral (valeurs
estimées et observées).
L’amélioration avec drains verticaux de sable précédée d’un chargement, outre l’accélération
de la consolidation du sol traité, conduit à l’augmentation de sa résistance à la compression
simple ( qu ) et de sa résistance à la pénétration dynamique (SPT, N ), [5]. La résistance au
cisaillement augmente de deux à cinq fois ce qui permet de construire le remblai de pré
chargement en une seule étape. Cependant on a noté, en plus, une diminution de la teneur en
eau (Fig. 1.13).

Figure 1.12 : Comparaison entre les prédictions et les mesures in situ dans la zone pré chargée

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Figure 1.13 : Les paramètres du sol avant et après son amélioration par drains de sable.

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6. Annexes. Abaques de dimensionnement pour les drains verticaux.

A1.1 : Abaque de consolidation radiale, Barron (1947).

A1.2 : Abaque de consolidation verticale, Terzaghi (1935).

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Figure A1.3 : Degré de consolidation tridimensionnelle, Carillo (1942).

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Figure A1.4 : Abaque de dimensionnement des drains verticaux, Barron (1947).

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Cours « Techniques d’Amélioration des Sols » Compactage - Densification

Chapitre 2. Compactage – Densification


1. Introduction
2. Le compactage des sols
3. Le compactage dynamique
3.1 Exécution
3.2 Spécifications pour le contrôle des travaux
3.3 Illustrations de l’amélioration du sol
4. Le vibro-compactage

1. Introduction
L’amélioration des sols peut être assurée à l’aide d’un traitement mécanique en place. Tel que
illustré sur le diagramme représenté sur le figure 0.1 plusieurs techniques d’amélioration sont
envisageables en fonction de la granulométrie du sol, Gambin (1999-2000).
On constate que la technique de pré-chargement avec (ou sans) drains verticaux, présentée
dans le chapitre 1, est beaucoup plus adaptée pour les limons et argiles. Pourtant cette
catégorie de sols peut faire l’objet d’autres techniques qui seront développées dans les
chapitres suivants (colonnes ballastées, traitement aux liants, etc..). Cependant, à partir de la
figure 2.1 on remarque que d’autres techniques sont réservées aux sols pulvérulents à l’instar
du compactage (ou consolidation) dynamique et du vibro-compactage. Ces deux techniques
feront successivement l’objet du développement du présent chapitre que nous abordons par un
rappel succinct sur le compactage des sols en général.

2. Le compactage des sols


Il peut être assuré par trois voies : (Bergado et col, 1996)
- une pression exercée par un rouleau compacteur ;
- une masse qui chute sur une hauteur donnée ;
- une vibration transmise par un moteur à pulsation hydraulique monté sur un
compacteur (ou grue).
Les facteurs qui caractérisent le compactage sont en général : le poids volumique du sol sec
γ d et sa teneur en eau ω à partir desquels on détermine le poids volumique total (ou humide)
du sol γ par la relation :

γ = γ d (1 + ω ) (1)

Le compactage est une opération qui s’accompagne d’une réduction du volume des vides dans
un sol. La compacité maximale d’un sol est atteinte lorsque son indice des vides est au
minimum, cet état est atteint pour une teneur en eau du sol est dite optimale dont la
détermination est faite en laboratoire (Fig. 2.1) lors d’un essai Proctor (Bouassida &
Boussetta, 2007). On remarque que la densité sèche maximale peut augmenter en fonction de
l’énergie de compactage (figure 2.1). Par ailleurs, une même densité sèche peut correspondre
à deux teneurs en eau différentes : la faible teneur en eau (côté sec) correspond à une structure
plutôt dispersée des particules, alors que pour la teneur en eau élevée (côté mouillé) la
structure des particules est orientée.
Le compactage est généralement fait par ajout d’une quantité d’eau. A l’état de compacité
maximale correspond une teneur en eau optimale dont la valeur est présupposée en fonction
de la catégorie du sol dans une marge indiquée dans le tableau 2.1.

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Figure 2.1 Effets du compactage, en fonction de l’énergie de compactage, sur la structure du sol
(Bergado et al, 1996).

Type de sol Valeur probable de ω opt (%) : essai Proctor modifié


Sables 6 à 10
Mélange « sable-limon » 8 à 12
Limons 11 à 15
Argiles 13 à 20
Tableau 2.1 Marges approximatives de la teneur en eau optimale en fonction du type de sol

La teneur en eau optimale d’un sol varie dans une marge qui dépend du type de sol (tableau
2.1). La teneur en eau optimale est d’autant plus élevée lorsque la granulométrie du sol
devient davantage fine (Bergado et al, 1996).

2.1 Le compactage des sols pulvérulents


Le paramètre physique indiquant l’état dans lequel se trouve un sol pulvérulent vis-à-vis de la
proportion des vides y existant est l’indice de densité relative, noté I D (ou D R ), qui est défini
par :
e −e
I D = max x100% (2)
emax − emin

Où e , emax et emin désignent respectivement l’indice des vides du sol à l’état naturel, à l’état le
plus relâche et à l’état de compacité maximale. Les valeurs de emax et emin des sols
pulvérulents sont présentées dans le tableau 2.2. En fonction de l’état du sol l’indice de
densité relative se situe dans les marges indiquées dans le tableau 2.3.

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Types de sols Indice des vides


emax emin
Sphères de même diamètre 0,92 0,35
Sable propre uniforme 1,00 0,40
Limon non organique uniforme 1,10 0,40
Sable limoneux 0,90 0,30
Sable fin à grossier 0,95 0,20
Sable micacé 1,20 0,40
Sable et gravier limoneux 0,85 0,14
Tableau 2.2. Valeurs extrêmes de l’indice des vides de sols pulvérulents

Indice de densité relative (%) Etat (description)


15-35 Lâche
35-65 Moyennement compact
65-85 Compact
85-100 Très compact (dense)
Tableau 2.3. Valeurs de l’indice de densité relative en fonction de l’état du sol.

Le compactage n’est pas uniquement réservé aux sols pulvérulents. En effet, la construction
des bassins de décharge, prévue pour le dépôt d’ordures, constitue une application fort
intéressante. Les couches d’imperméabilisation de ces systèmes exigent une très faible
perméabilité caractéristique des sols fins (par exemple les argiles). Chose qui ne peut être
exécutée qu’après un compactage (statique) à forte énergie mais à une teneur en eau du coté
mouillé (figure 2.1). Le compactage statique des sols fins est évoqué lors de la construction de
barrages en terre et de digues à noyau constitué d’un matériau quasiment imperméable.
On s’intéressera dans la suite aux améliorations qui découlent d’un compactage dynamique et
d’un vibro compactage, on notera bien qu’elles dépendent, en particulier, du type de sol.

3. Le compactage dynamique
Il est recommandé pour stabiliser et densifier les sols pulvérulents situés aussi bien hors nappe
que sous la nappe phréatique. Les principaux avantages du compactage dynamique sont :
L’augmentation de la capacité portante, la réduction du tassement et du potentiel de
liquéfaction. Cette technique a été pratiquée en premier lieu par Ménard au début des années
70 (Gambin et col, 1981). Le procédé consiste à faire chuter une très grande masse (10-20
tonnes jusqu’à 150 tonnes) sur le sol à compacter. La hauteur de chute varie de 10-20 à 40m,
Bergado et col (1996).
Le compactage dynamique est de même recommandé pour la densification des sols
affaissables à structure macroporeuse tels que les loess en ex-URSS (Liausu et col, ?).
3.1. Exécution :
Le compactage peut être réalisé en deux (voire trois) passes :
1ère passe : Les points de compactage sont répartis en un maillage primaire (4mx4m par
exemple) où l’énergie fournie est de 60tm/coup à raison de 12 coups par point. A la fin de
cette étape on procède à un nivelage de la surface traitée. Un exemple d’illustration, à l’issue
d’une première passe de compactage est fourni sur la figure 2.2.
2ème passe : Les points de compactage sont répartis en un maillage secondaire plus serré que le
précédent (2mx2m par exemple), on fournit la même énergie de compactage mais le nombre

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de points est moindre. Ensuite on procède au nivelage final de la surface améliorée


généralement à l’aide de compacteurs vibrants, de capacité 10 tonnes. On peut prévoir une
surépaisseur de 10 à 20 cm de la surface traitée qui peut être recouverte d’une couche en
gravier concassé.

Figure 2.2 Effet d’une première passe de compactage dynamique, (Bergado et al, 1996).

3.2 Spécifications pour le contrôle des travaux :


Une pénétration minimale est exigée à la fin de chaque étape de traitement. La pénétration
correspond à la profondeur du cratère résultant du nombre de coups réalisé en chaque point de
traitement. La figure 2.3 illustre que lors du dernier coup de compactage la pénétration
devient quasiment nulle. Cet indice montre que le traitement par compactage est achevé : c’est
le même principe que celui des pieux battus où le refus est atteint lorsque l’enfoncement du
pieu par battage n’est plus possible (inférieur à un enfoncement fixé).

Figure 2.3 Pénétration ..

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Cours « Techniques d’Amélioration des Sols » Compactage - Densification

La conséquence évidente de la consolidation dynamique est l’augmentation du module


d’élasticité, et par suite le module de réaction du sol amélioré. Tel que illustré sur la figure 2.4
cette augmentation est environ de quatre fois à cinq fois, on a :

E na = 25MPa , E am = 100MPa ; K na = 70 MPa , E am = 350 MPa .

3.3 Illustrations de l’amélioration du sol par compactage dynamique


Un sol traité par compactage dynamique est le siège d’une amélioration de ses caractéristiques
mécaniques et de nouvelles performances en résultent. Nous illustrons ces faits sur deux
exemples où le contrôle du sol amélioré s’est fait avec deux méthodes différentes.

Figure 2.4 Les résultats de l’essai de plaque.

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3.3.1 Cas d’un projet de raffinerie de pétrole, Bjolgerud et col (1983).


Estimation du module d’élasticité du sol compacté noté Estat (kN/m2): Elle se fait à partir de
l’essai de plaque, de diamètre D, lors de la 1ère phase et 2ème phase de chargement à partir de
l’expression :
3 ∆p
E stat = .D. (3)
4 ∆s

∆p = p 2 − p1 ; p 2 = 0,7 p max ; p1 = 0,3 p max .

∆s = s 2 − s1 est la différence entre les tassements correspondant respectivement à p 2 et p1

Le module de réaction exprimé en kN/m3 du sol est déterminé par:

∆p
K= (4)
∆s
Estimations de la capacité portante et du tassement :
Les dimensions de la fondation sont déterminées avec la vérification (Etat Limite Ultime) en
utilisant les facteurs:
Γ f = 1,2 pour les charges permanentes et
Γ f = 1,6 pour la combinaison des charges de service la plus défavorable.
a) Capacité portante : Il a été retenu la valeur 600kN / m 2 pour les charges statiques, alors que
pour les charges dynamiques on recommande la valeur: 300kN / m 2 .
Les caractéristiques de résistance au cisaillement retenues sont: C = 0 et ϕ = 40° .

b) Tassement :
Il est calculé à l’ELS (états limites de service) avec un coefficient de pondération égal à 1,0 en
utilisant la méthode de Janbu (1969). On y fait intervenir un module de déformation M
(kN/m2) déterminé par l’expression :

M = m p. p a (5)

p est la contrainte verticale en place,


p a est une contrainte de référence égale à 100 kPa,
m est un coefficient empirique qui dépend du type de sol, par exemple pour un limon
consistant on a : m = 250 . Pour un remblai en tout-venant compacté on propose: m = 500 .
Le tassement total des couches d’épaisseur H i est calculé à partir de l’expression:

2 p1 p0
s= Hi − (6)
m pa pa

Le compactage dynamique est compétitif, par rapport à d’autres techniques d’amélioration,


même pour des projets où la surface à traiter est petite.

3.3.2 Terminal pétrolier de Malongo (Cabinda):


Ce projet consiste à construire des réservoirs pétroliers de 91,44 m de diamètre.

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Cours « Techniques d’Amélioration des Sols » Compactage - Densification

Paramètres du compactage : Surface totale 27000m2 ; Grue sur chenilles avec une énergie
unitaire de 200 tonnes.mètre (masse de 12 tonnes sur une hauteur de chute de 18m).
Tassement moyen induit par le pilonnage: 75 cm environ (15% de l’épaisseur traitée).
Essais pressiométriques de contrôle :
L’analyse des courbes du module pressiométrique et de la pression limite avec la profondeur
E M = f ( z ) et pl = f ( z ) avant et après compactage permet de remarquer (figure 2.5):

Figure 2.5 Amélioration des caractéristiques pressiométriques après le traitement par compactage
dynamique (Liausu et col, 199 )

Avant traitement : Les caractéristiques augmentent en continu avec la profondeur, ce qui


marque l’influence croissante de la contrainte verticale effective en profondeur.
Après traitement : Une amélioration limitée des caractéristiques pressiométriques en
profondeur, qui indique une influence limitée du traitement qui se fait depuis la surface.
Remarque : Pour les sols situés sous le niveau de la nappe phréatique et ayant teneur en eau
faible le compactage dynamique, qui peut être qualifié de consolidation dynamique, est
également recommandé.

4. Le vibrocompactage
C’est le procédé qui permet d’exécuter le compactage en profondeur du sol en place, à l’aide
d’une aiguille vibrante, par ajout (ou non) d’un matériau pulvérulent. Sous l’effet simultané
des vibrations et de saturation, les grains des sables lâches sont réarrangés à un état compact
duquel résulte une augmentation de la contrainte latérale. Le procédé de vibro-compactage a
été inventé en 1934 en Allemagne par Steuermann et Degen (Debats, 2003). Le vibro-
compactage est très recommandé pour les sables moyens à gros dont la granulométrie montre
un pourcentage en poids de tamisât (à travers le tamis d’ouverture 0,0074 mm) en limon
inférieur à 12% et un pourcentage en poids d’argile inférieur à 2% (Fig. 2.6)

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Cours « Techniques d’Amélioration des Sols » Compactage - Densification

Figure 2.6. Fuseaux granulométriquex des sols où le vibrocompatage est recommandé, document
Vibro Systems Inc.

A partir de la figure 2.6 on distingue les fuseaux suivants;


* Fuseau A : Les sols de ce fuseau se prêtent bien au vibrocompactage. La courbe limite
inférieure, déterminée empiriquement, délimite les matériaux où l’aiguille vibrante ne peut
pas atteindre la profondeur de compactage, ce dernier étant empêché.
* Fuseau B : De même que pour les sols fuseau A, au cours du compactage les grains du sol
en place se déplacent vers l’aiguille vibrante de sorte qu’il n’est pas nécessaire de procurer un
matériau d’apport à partir de la surface. Il en résulte un tassement (affaissement) admissible
du massif à traiter. En fonction de l’indice de densité initial et celui exigé après le traitement
le tassement du massif dû au vibro-compactage varie en général de 2% à 10% de l’épaisseur
de la couche à traiter.
* Fuseau C : Les sols en question se prêtent également au vibro-compactage, cependant le
temps d’exécution augmente beaucoup par rapport à celui des sols du fuseau B. Ceci est dû au
surplus d’eau qui ne s’évacue pas rapidement du sol compacté. Le compactage est possible à
condition d’ajouter un matériau d’apport approprié (depuis la surface) car les particules du sol
en question ne dirigent pas vers l’aiguille lors des vibrations.
Fuseau D : Dans ce fuseau les sols sont incompatibles avec le vibro-compactage. Le
renforcement par colonnes (exposé au chapitre suivant) est une alternative possible pour les
améliorer.
L’outil assurant le vibro-compactage est un vibreur (ou aiguille vibrante) dont un exemple : le
V23 est présenté sur la figure 2.7. Il existe différents types de vibreurs dont la conception
répond au procédé d’exécution souhaité, par exemple:
V10 : appareil spécial pour les pieux vibrés;
V23 : appareil à tout usage, vibro-compactage et colonnes ballastées;
V32 : vibro-compactage des sables lâches;
V48 : appareil spécial pour les remblais très lâches.

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Cours « Techniques d’Amélioration des Sols » Compactage - Densification

Figure 2.7. Le vibreur V23

L’outil vibreur V23 assurant le vibrocompactage des sols possède les caractéristiques
technologiques suivantes:
diamètre : 350 mm
longueur : 3,5 m
poids : 21 kN
force du moteur : 130 kw
amplitude de max : 23 mm
Force excentrique : 300 kN
Révolutions par minute (RPM) : 1800 à 60 Hz.

Le vibro-compactage est exécuté sur une profondeur variant de 3m à 56m, selon des mailles
où la distance entre les points de traitement varie de 1m à 5m. La performance du vibro-
compactage est d’atteindre généralement une densité relative du sol amélioré qui varie de
75% à 100% selon le projet. L’exécution du vibro-compactage : elle se fait en trois étapes qui
sont successivement (Fig. 2.8):
1) La pénétration (ou fonçage) de l’aiguille vibrante à la profondeur exigée sous l’effet
des vibrations et un lançage à l’eau ou à l’air.
2) L’aiguille vibrante est remontée de la profondeur maximale par passes de 0,5 m. Le
sol en place (sable ou gravier) s’achemine vers la pointe de l’aiguille vibrante.
3) Le compactage est effectué avec un remblaiement depuis la surface (apport d’un
matériau stocké), soit avec le sol en place dont la surface subit un affaissement. Dans
ce cas un important cratère d’affaissement se forme autour du point de compactage.

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Cours « Techniques d’Amélioration des Sols » Compactage - Densification

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Cours « Techniques d’Amélioration des Sols » Compactage - Densification

Figure 2.8. Phases d’exécution du vibro-compactage

Le temps d’exécution d’un point de traitement par vibro-compactage dépend de l’appareil


utilisé et de la profondeur à atteindre. A titre d’exemple, lors de la réalisation du barrage
Hidden (USA) le record du monde en profondeur avec le V23 a été de 56m, le temps
nécessaire pour l’enfoncement de l’outil était de deux (2) minutes.
Nouvelles orientations : Le vibro-compactage en site marin. Deux projets à grande envergure
ont fait l’objet d’un tel traitement. L’extension du Port de Monaco (France) et celui de Patras
(Grèce).
1. Contrôle de la qualité du vibro-compactage
Les paramètres de contrôle, en fonction de la profondeur, sont :
- l’ampérage en fonction du temps qui donne une idée sur la qualité du compactage.
- Le diamètre de la colonne (si un matériau d’apport a lieu) en fonction de la
profondeur, ce paramètre étant déduit à partir de la quantité du matériau incorporé.
La vibroflotation est un procédé, synonyme d’une entreprise, équivalent au vibrocompactage.
La vibroflotation traduit le fait que le matériau (ou sol) granulaire est sujet à un mouvement à
l’état flottant (pulvérisé) avant d’être mis en place par vibration à l’état densifié.

2. Importance du délai de repos avant les essais de contrôle. Ce point est décrit en détail par
Debats et Gambin (2000) à partir d’un projet réel.

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Cours « Techniques d’Amélioration des Sols » Compactage - Densification

Application à une fondation de barrage: Cas du projet Sidi El Barrak (Tunisie)


Le sol de fondation étant un sable lâche saturé sur 10 à 12 m de profondeur (où sont
intercalées de minces couches d’argile) ne présentait pas un problème particulier aussi bien
pour la capacité portante que pour le tassement, et ce pour tous les ouvrages du barrage.
Cependant, l’emplacement du barrage dans la région nord-ouest de la Tunisie indiquait que le
risque sismique est relativement potentiel. Pour cette raison, et afin de procurer une plus
grande sécurité à l’ouvrage, on a procédé au vibro-compactage du sable lâche dans le but
d’augmenter sa densité relative initiale (estimée à 40% environ) à 70% ou plus. Cet traitement
avait été exécuté avec l’apport du matériau du site même. C’était l’entreprise Keller
« Fondations Spéciales » qui avait exécuté ce lot. Lors de ce projet il y avait à calibrer les
constantes C0, C1 et C2 qui apparaissaient dans la corrélation de Schmertmann (1978) qui
s’écrit:
( )
C1
qc = C0 σ v' exp C 2 r
D
100
(7)

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Cours « Techniques d’Amélioration des Sols » Le renforcement par colonnes

Chapitre 3. Le renforcement par colonnes

1. Introduction
2. Les colonnes ballastées
3. Les colonnes en sol traité aux liants : chaux, ciment et chaux-ciment
4. Dimensionnement d’une fondation sur sol renforcé par colonnes
4.1 Calculs de la capacité portante
4.2 Estimations du tassement
4.3 Accélération de la consolidation
4.4 Vérification du potentiel de liquéfaction
5. Exemple de dimensionnement

1. Introduction
Le renforcement par colonnes (RpC) est l’une des méthodes d’amélioration d’un sol, dit initial,
dont les caractéristiques mécaniques (cohésion et angle de frottement, soit pression limite ou
résistance de pointe) et de déformabilité (module de Young, module pressiométrique) sont
faibles. En d’autre terme, le sol initial ne peut pas constituer l’assise d’une fondation à cause
d’une capacité portante insuffisante et (souvent) en raison d’un tassement excessif
(inadmissible).
A titre d’exemples pratiques les sols faisant souvent l’objet d’un RpC sont intermédiaires à deux
catégories de sols qualifiés de problématiques:
- Les argiles molles caractérisées par une cohésion non drainée modérée à très faible (inférieure à
30 kPa) et un module de Young souvent inférieure à 3 MPa.
- Les sables lâches (en particulier saturés) dont l’angle de frottement est inférieur à 29° et un
module de Young variant de 8 à 15 MPa.
La situation la plus courante d’un RpC, telle que illustrée sur la figure 3.1, est réalisée sous
forme d’inclusions verticales (à section supposée circulaire) par un matériau ayant des
caractéristiques mécaniques beaucoup meilleures que celles du sol initial. Comme matériau
constitutif des colonnes on peut citer:
- Les matériaux grenus (ou pulvérulents) ayant un angle de frottement supérieur à 38° (la
cohésion peut être négligée). Cette situation correspond à la technique des « colonnes
ballastées » qui peut être exécutée avec différents procédés.
- Le sol mou en place est traité avec un liant (chaux ou ciment) dont l’ajout est de l’ordre
de 8 à 12% en poids du sol à améliorer. Ce qui correspond à la technique du « Deep
mixing » ou traitement en profondeur. Dans ce cas la résistance mécanique est régie par
une très forte cohésion (pouvant atteindre cent fois celle du sol initial) et un angle de
frottement plutôt modéré (voie négligeable).

Figure 3.1 Configuration courante de renforcement par colonnes du type reposant sur substratum rigide

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Cours « Techniques d’Amélioration des Sols » Le renforcement par colonnes

Par conséquent, les deux premiers buts essentiellement visés suite à un renforcement par
colonnes sont l’augmentation de la capacité portante et la réduction du tassement dues aux
caractéristiques du matériau constitutif des colonnes.
Le diamètre des colonnes, qu’on suppose dans les calculs comme étant à section circulaire mais
parfois elle de forme est différente selon le procédé ‘exécution, varie souvent entre 0,8 et 1,2 m.
La longueur des colonnes dépend, en premier lieu, de la présence ou non d’un substratum rigide
qui en pratique s’identifie à une couche très résistante (argile raide, sable dense). La présence
d’un substratum rigide est une situation idéale pour garantir davantage la réduction du tassement.
Lorsque le niveau d’un substratum rigide ne peut pas être atteint la solution « colonnes
flottantes » reste envisageable, quoique demeurant relativement peu pratiquée, en particulier
pour les structures sensibles au tassement (figure 3.2).

Figure 3.2. Configuration de colonnes du type « flottant »

En pratique, le renforcement par colonnes est recommandé pour des ouvrages à grande
surface d’appui (construction sur radiers, réservoirs, remblais, …) transmettant une contrainte
verticale relativement modérée (inférieure ou égale à 120 kPa). Ce qui permet d’avoir un
tassement quasiment uniforme et admissible. Dans ces conditions le renforcement par colonnes
constitue une alternative très compétitive par rapport à celle d’une fondation sur pieux qui est
souvent très coûteuse et nécessitant un temps d’exécution plus long.
Le renforcement des sols par colonnes est une technique qui peut être réalisée avec
plusieurs procédés, vibratoires ou autres, en fonction de la nature du sol à améliorer (notamment
sa courbe granulométrique) et de(s) l’objectif(s) fixé(s) de l’opération : augmentation de la
capacité portante, réduction et (ou) accélération du tassement, élimination du risque de
liquéfaction.
Dans ce chapitre on focalise sur les techniques des colonnes ballastées et les colonnes en
sol traité au(x) liant(s) en raison de leur usage devenu très fréquent à l’échelle internationale.
Ensuite, on expose les étapes relatives au dimensionnement d’une fondation sur sol renforcé par
colonnes. A partir de projets réels quelques illustrations seront faites.
Généralement deux types de sol font souvent l’objet d’un renforcement par colonnes : les
sols fins et les sols grenus.

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Les sols fins mous (argile, limon fin à sableux) ont souvent une résistance au
poinçonnement faible ; ils sont en plus très compressibles et nécessitent un temps de
consolidation très grand en raison de leur perméabilité très faible. Pour de tels sols les colonnes
ballastées ou « pieux de sable » sont les deux variantes de renforcement d’usage très répandu à
l’échelle internationale depuis les années cinquante. Le matériau d’apport constitutif des
colonnes est en général drainant et possède un angle de frottement élevé (supérieur ou égal à
38°). Bien qu’à partir des années soixante dix le procédé de traitement des sols mous à la chaux
(ou la chaux-ciment) est apparu notamment dans les pays scandinaves. Ce nouveau procédé, qui
connaît jusqu’à nos jours un essor important, permet de réaliser des performances comparables
(ou parfois meilleures) à celles acquises par les colonnes ballastées ou pieux de sable.
Les sols grenus (sable) lâches sont caractérisés par un indice de densité (ou densité
relative) inférieure à 50 %, par conséquent, leur résistance au cisaillement est faible. Le procédé
de vibro compactage permet d’augmenter leur densité relative suite à un réarrangement des
grains par diminution des vides. Ce procédé peut être exécuté avec un matériau d’apport, en
général grenu, différent du sol à traiter.
Pour les sols grenus (non cohérents) la densification par le vibrocompactage est appelée :
« Sand Compaction Method » ou également « Sand Compaction Pile ».
Dans la littérature anglo-saxonne la technique des colonnes ballastées est appelée « stone
columns ». L’exécution des colonnes ballastées peut être réalisée par voie sèche et par voie
humide. Les deux procédés d’exécution ainsi que les performances technologiques qu’ils
procurent sont données dans vibroflotation [2]. A titre de rappel, c’est en fonction de la
granulométrie du sol à améliorer que l’on optera ou bien pour les colonnes ballastées ou pour le
vibrocompactage (figure 0.1).

3. Les colonnes en sol traité aux liants : chaux, ciment et chaux-ciment


Les sols mous constituent le champ d’exécution propice à ce type d’amélioration. L’adjonction
d’un liant à savoir la chaux, le ciment (ou la chaux et le ciment), en faible pourcentage en poids,
permet de stabiliser le sol mou grâce à des réactions pouzzolaniques dont les détails sont décrits
par Broms (2000), Bergado et al (1996). L’usage d’un tel procédé remonte, en réalité, à
l’antiquité. Cependant, lors des années soixante dix il a été intensivement exécuté en Suède et au
Japon pour plusieurs catégories d’ouvrages. Les applications du traitement des sols mous aux
liants sont diversifiées. Elles relèvent aussi bien des constructions en génie civil, hydraulique et
maritime et environnemental.
Le choix du liant : il se fait évidemment d’un point de vue économique. Cependant le climat de
la région où s’exécute le procédé de traitement peut être prépondérant pour faire le choix
convenable. C’est le cas du sud est asiatique où l’usage du ciment est préférable à celui de la
chaux pour les raisons suivantes (Broms, 1982) :
- Le ciment revient moins cher que la chaux,
- La difficulté de stocker la chaux éteinte dans un climat chaux et humide,
- Une résistance mécanique nettement supérieure à celle enregistrée avec la chaux.
En outre, le gain de résistance, fixé par le traitement, joue un rôle important dans le choix du
liant. En effet, si l’usage de la chaux ne garantit pas le seuil de résistance mécanique du sol traité,
il est alors nécessaire de recourir au ciment, ou éventuellement à un mélange chaux-ciment. La
figure 3.3 montre le type de liant à pourvoir en fonction du sol à traiter et de sa granulométrie.
Le temps de prise :
La résistance au cisaillement du sol traité augmente progressivement avec le temps grâce à des
réactions pouzzolaniques se produisant entre la chaux et les silicates et aluminates existant dans
l’argile (Broms, 1982). Même dans le cas d’une argile sensible sa résistance au cisaillement
augmente une à deux heures après le traitement à la chaux.

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Figure 3.3 Fuseaux granulométriques selon la praticabilité du traitement au(x liant(s)

Cette augmentation, en terme du rapport de la cohésion du sol traitée à la cohésion non drainée
avant traitement, est illustrée sur la figure 3.4 (p 246, Bergado et al, 1996) pour différentes types
d’argiles en fonction du temps de cure (durée après le traitement à la chaux).

Figure 3.4 Estimation de la cohésion non drainée du sol traité en fonction du sol mou et du temps
de cure.

Le pourcentage optimum du liant :


Hilt & Davidson (1960) avait proposé une corrélation pour déterminer le pourcentage optimum
de la chaux qui dépend du type d’argile et du pourcentage de ses particules (dimension des
particules inférieures à 2 microns), la corrélation a pour expression :

% arg ile
Pourcentage optimum de chaux = + 1,25 (1)
35

Les performances du sol traité. Les caractéristiques mécaniques sont souvent élevées, elles
dépendent du temps de prise.
Concernant la capacité portante, l’efficacité du renforcement dans le d’une colonne isolée a été
vérifiée à partir d’essais de chargement. Une colonne en sol traité à la chaux a une capacité

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portante qui varie généralement entre 50 kN et 500 kN selon le pourcentage de liant incorporé,
Broms (1982).
Accélération de la consolidation : Cet avantage est naturellement assuré lorsque le matériau
constitutif des colonnes est un liant (chaux et ou ciment) et selon le type du sol mou, la
perméabilité est augmentée de cent à mille fois ; ce qui permet de réduire le temps de
consolidation. D’après Broms (1982), une colonne de sol mou traité à la chaux de diamètre 0.5 m
est équivalente à :
- deux à trois géodrains de 10 cm de diamètre ;
- trois drains de sable de 0,5 m de diamètre.
En outre, le risque de colmatage qui peut avoir lieu dans le cas des drains de sable, ne se pose
pas pour les colonnes traitées par un liant [Vibroflotation].
Les procédés d’exécution : Porabaha et ? (1998)
DMM (Deep Mixing Method) : à l’origine ce procédé a été investigué pour le renforcement des
argiles molles jouant le rôle de fondation des constructions portuaires. Mais, ce procédé a été
ensuite étendu pour la construction de remblais et l’exécution d’excavations dans les argiles
molles. Les domaines d’application des colonnes en sol traité au ciment sont détaillés dans
(Bergado et al, 1996).

4. Dimensionnement d’une fondation sur sol renforcé par colonnes


A l’instar de tout type de fondation (superficielle, profonde, ou autre) la méthode de
dimensionnement appropriée devra comporter, en premier lieu, la vérification de la capacité
portante admissible du SR et, en second lieu, la vérification du tassement admissible. Cependant,
lorsque les colonnes jouent le rôle de drains verticaux, s’ajoute une vérification vis-à-vis du
temps de consolidation. Enfin, lorsque la justification du renforcement par colonnes vise
également la réduction du risque de liquéfaction, une vérification s’ajoute aux précédentes.
D’après les figures 3.1 et 3.2, les vérifications de la capacité portante et du tassement font
intervenir notamment un paramètre essentiel qu’est le taux (ou facteur) de substitution, il est
défini comme étant le rapport entre la section totale des colonnes situées sous la fondation et la
surface de la fondation même, soit :

Sc
η= (2)
S

Dans le cas d’un maillage régulier de colonnes sous la fondation le facteur de substitution défini
dans (2) correspond également à la section d’une colonne rapportée à la surface du domaine
géométrique l’incluant ainsi que la surface du sol initial l’entourant, c’est le modèle répétitif
qu’on appelle la cellule élémentaire ou composite.
D’après les normes en vigueur (NFP 11-212) par exemple, les vérifications de la capacité
portante et du tassement, pour les colonnes ballastées, sont détaillées dans l’article RFG, et
Bouassida (2007a).
Cependant des méthodes récentes de dimensionnement, incorporant de nouveaux
développements sur la base des résultats obtenus par la modélisation « groupe de colonnes »,
sont également utilisées, (Bouassida, 2007b) et Bouassida et al (2008). L’exemple de
dimensionnement exposé au paragraphe 5 permettra d’éclairer sur la démarche.

4.1 Calcul de la capacité portante


Pour la capacité portante on considère le modèle de la colonne isolée avec différents mécanismes
de rupture dépendant essentiellement de la longueur de la colonne.

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4.2 Estimations du tassement :


Pour l’estimation du tassement on fait usage du modèle de la cellule composite en considérant
que le sol entourant la colonne ne subit aucune déformation latérale.
A partir du modèle de Priebe (1995) un programme de calcul baptisé DC-Vibro a été mis au
point. Ce logiciel est téléchargeable (sans frais) à partir de l’adresse : www.dc-software.de. La
version proposée a quelques limitations d’usage (profondeur de traitement, etc..). L’entreprise
Vibrofloation Gmbh et DC-software se dégagent de toute responsabilité issue d’un usage qui
peut causer des dommages à l’utilisateur de ce logiciel.
4.3 Accélération de la consolidation
Elle est étudiée en assimilant la colonne, dont le matériau constitutif est supposé avoir une forte
perméabilité comparable à celle d’un sable, à un drain vertical de section circulaire. Ainsi, les
abaques de Barron présentés au chapitre 1 sont utilisés pour estimer l’accélération de la
consolidation du sol renforcé par colonnes.

4.4 Vérification du potentiel de liquéfaction

L’usage des logiciels


Peu développé, mais en cours de progression.
« Columns » prêt pour la commercialisation.

Remarque : Le renforcement par colonnes est, de même, très utile dans l’étude de stabilité des
pentes surtout lorsque le matériau de renforcement est très perméable pour jouer le rôle de drain.
La stabilité de la pente du remblai : les excès de pression interstitielle engendrés par le
remblai dans le sol mou diminuent la résistance du sol. La vitesse du tassement est très faible
vis-à-vis des exigences de l’entreprise.

5. Exemple de dimensionnement

Cet exemple est tiré du rapport de validation du logiciel « Columns », (Bouassida et


Hazzar, 2007). L’ouvrage est un réservoir de stockage de brut au terminal pétrolier de Zarzis
(Tunisie). Il a été réalisé sur un site gagné sur la mer par remblaiement hydraulique. La
reconnaissance géotechnique du site a montré une stratigraphie du sol constitué :
d’une couche de sable silteux lâche, d’épaisseur 7m, de poids volumique γ = 17 kN/m3, un
module d’élasticité Es = 3600 kPa et une cohésion non drainée cu =25 kPa.
une couche de calcarénite, assimilée à un substratum rigide indéformable.
Le bac transmet au sol une contrainte quasi-uniforme estimée à 120 kPa, qui dépasse
nettement la capacité portante admissible du sol initial. Afin d’augmenter la capacité portante et
de réduire le tassement du réservoir à une valeur admissible (qui permet de garantir sa stabilité
en cours de service), un renforcement par colonnes ballastées a été décidé.
Le renforcement a été réalisé avec des colonnes de longueur égale à 7 m de diamètre nominal
égal à 1,2 m disposées en maillage triangulaire (figure 3.5). Le sol a été traité sur une aire
circulaire avec un débord de 4 m autour de la surface du réservoir avec un taux d’incorporation
égal à 32%. Le matériau constitutif des colonnes est un ballast de cohésion négligée, de poids
volumique γc = 18 kN/m3; son angle de frottement à l’état compacté est estimé à 43°. Le module
d’élasticité du ballast Ec a été estimé à Ec = 10Es.

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Figure 3.5- Réservoir reposant sur un sable silteux traité par colonnes ballastées, (Bouassida
et al, 2009).

Vérification de la capacité portante


Comme il s’agit d’un renforcement par colonnes ballastées, la comparaison de la capacité
portante admissible se fera entre l’approche par l’intérieur du calcul à la rupture (borne
inférieure), et les recommandations « NFP 11-212 » qui ne tiennent pas compte de la valeur du
facteur de substitution. Avec un facteur de substitution η = 32%, on trouve les résultats présentés
dans le tableau 3.1. Les nouvelles recommandations « NFP 11- 212 » qui utilisent le modèle de
la colonne isolée surestiment énormément la capacité portante du sol renforcé.

Tableau 3.1- Capacités portantes admissibles du sol renforcé par différentes méthodes.
Méthodes Facteur de sécurité qadm [kPa]
C.R (pesanteur prise 1 153
en compte)
C.R (pesanteur non 1 176
prise en compte)
NFP 11 -212 2 364

Estimations du tassement du réservoir sur sol renforcé par colonnes


Le tassement avant renforcement est de l’ordre de 23 cm au centre de réservoir. Alors que le
tassement admissible est exigé à 6 cm.
Le tassement du sol renforcé est calculé en négligeant le déplacement latéral du sol renforcé,
notamment dans l’axe du réservoir, par rapport au tassement estimé. D’ailleurs la présence de la
zone de débord en sol renforcé autour du réservoir contribue favorablement pour confirmer
l’hypothèse de déplacement latéral nul.
On suppose que le réservoir transmet une contrainte uniforme à la surface du sol renforcé.
Pour ce type de chargement, il en résulte, à la surface du sol, un excès de la contrainte verticale
noté ∆σ qui varie en fonction de la position du point considéré (sous le réservoir) par rapport à
son axe où ∆σcentre = q, alors qu’au bord du réservoir on a : ∆σbord = 0,48q.
Avec le logiciel «Colonnes », les estimations du tassement sont données au centre et au bord de
réservoir (tableau 3.2).

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Tableau 3.2 - Estimations du tassement du réservoir avec différentes méthodes incorporées dans
le logiciel « Columns »
Méthodes d’estimation Tassement au Tassement au
centre [cm] bord [cm]
Mesures (valeur moyenne) - 3
Variationnelle 5,8 2,8
Balaam et Booker (1981) 5,1 2,4
Chow (1996) 4,1 1,9
NFP 11-212 5,5 2,6
Priebe (1995) 6,1 2,1

Commentaires
On remarque bien que le renforcement par colonnes ballastées permet de réduire d’une manière
significative le tassement. Cette diminution est à peu près cinq fois le tassement du sol renforcé
pour la plupart des méthodes à l’exception de la méthode de Priebe (1995).
On note aussi que les calculs de comparaison effectués pour ce projet, montrent une certaine
concordance entre la méthode variationnelle et les recommandations NFP 11-212, malgré les
modèles différents adoptés par ces ceux méthodes. Les tassements déterminés par ces deux
méthodes sont les plus proches des mesures.
La méthode de Chow (1996) sous-estime le tassement en comparaison avec les autres
méthodes, parce qu’elle suppose un déplacement latéral nul en tout point du sol renforcé.

Dimensionnement final
Avec le logiciel « Columns », on trouve pour η = 32%, l’espacement est de 2,6 m et le nombre
des colonnes est 404.
On note que le dimensionnement retenu pour l’exécution de ce projet a été fait avec un facteur de
substitution égal à 35%, la surface totale à traiter est 8015 m2. En optant pour des colonnes de
diamètre 1,2 m, l’espacement entre les colonnes est de l’ordre de 1,9m et le nombre total des
colonnes est égal à 708. Ainsi, on conclut pour ce cas un surdimensionnement non négligeable
du matériau d’apport pour l’exécution des colonnes.

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