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Chapitre I : LES ANNUITES

I. GENERALITES

Les annuités sont des flux monétaires perçus ou réglés à intervalles de temps
égaux. Le terme « annuité » est habituellement réservé à des périodicités annuelles.
L’intervalle de temps qui sépare deux annuités consécutives s’appelle la période ;
lorsque la période est différente de l’année, il est préférable de remplacer le terme
«annuité » par « semestrialité », « trimestrialité » ou « mensualité ».
L’étude des annuités consiste à déterminer la valeur actuelle ou la valeur acquise, à
une date donnée, d’une suite de flux. Une suite d’annuités est caractérisé par :
 la date du premier flux ou du premier versement ;
 la périodicité des flux ou période ;
 le nombre des flux ;
 le montant de chaque flux.
Une suite d’annuités peut avoir pour objet : la constitution d’un capital à la fin d’une
période donnée ; le remboursement d’un emprunt ou son amortissement….
Lorsque les annuités sont égales, on parle d’annuités constantes, alors que lorsque
leur montant varie d’une période à une autre, on parle d’annuités variables.

II. LES MODALITES DE VERSEMENT

La valeur acquise ou la valeur actuelle d’une suite d’annuités constantes dépend


de la date de versement c’est à dire début de période ou fin de période. Il existe donc
deux principales modalités de versement :
∗ Les annuités peuvent être perçues ou versées en fin de période ;
∗ Les annuités peuvent être perçues ou versées en début de période.

III. LES DIFFERENTS TYPES D’ANNUITES

On peut avoir :
 Des annuités certaines ou temporaires : nombre limité dans le temps
(Redevances de crédit bail pour l’acquisition d’un matériel, location vente, loyer d’un
local commercial)
 Des annuités perpétuelles : nombre illimité (Pensions d’anciens
combattants payés à leurs femmes ou enfants)
 Des annuités aléatoires ou viagères (retraites, pensions versées jusqu’à la
mort).
ANNUITES CONSTANTES
IV. LES ANNUITES CONSTANTES DE FIN DE PERIODE

1) Valeur acquise par une suite d’annuités constantes de fin de période


(Immédiatement après le dernier versement)

période, la somme des annuités   exprimée immédiatement après le versement


On appelle valeur acquise par une suite d’annuités constantes de fin de

    
de la dernière annuité.

0 1 2 3 −1
Si on note par :
 : La valeur acquise par la suite des annuités ;
 : Montant de l’annuité constante de fin de période ;
: Nombre d’annuités (ou de périodes) ;
: Le taux d’intérêt par période de capitalisation.

 =      é !  !é "é

#é$ %&' 1 :  1 + *+ ; #é$ %&' 2 :  1 + *- ; #é$ %&' 3 :  1 + *.


#é$ %&'  − 1 =  1 + **+ =  1 +  ; #é$ %&' :  1 + * = 
/ 0 %ù ∶  =  +  1 +  + ⋯ ⋯ ⋯ +  1 + *- +  1 + *+
 = 4 1 + 1 +  + ⋯ ⋯ ⋯ + 1 + *- + 1 + *+ 5
Il s’agit d’une suite géométrique de premier terme 1, de raison géométrique
6 = 1 +  et comprenant termes. La formule devient donc :
1 +   − 1 : + ; − :
 = . ⟹  = 9.
1 +  − 1 ;

Exemple d’application 1
Une personne verse pendant 12 ans une somme annuelle constante de 100 000.

= 5,5% ; sachant que les versements s’effectuent à la fin de chaque année.


Calculez le montant du capital constitué au moment du dernier versement si

1 +   − 1 1 + 0,055+- − 1
Solution

 = . = 100 000 × ; +- = 1 638 559


0,055

2
Un capital de 3 000 000 C a été constitué par le versement de 14 annuités
Exemple d’application 2

constantes de fin de période. Sachant que le taux annuel est de 8 %. Calculer le


montant de l’annuité.

1 +  − 1  ×
Solution

 = . ⟹ =
1 +  − 1
3 000 000 × 0,08
= ⟹  = 123 891 C
1,08+D − 1
Exemple à préparer
Déterminer le nombre d’annuités de fin de période qu’il faut verser pour obtenir un
capital égal à 157 836 C ; sachant que = 7% et  = 10 000

2) Valeur actuelle d’une suite d’annuités constantes de fin de période

la somme des annuités actualisées F  exprimée à la date origine.


On appelle valeur actuelle d’une suite d’annuités constantes de fin de période,

Si on note par :
 : La valeur actuelle de la suite des annuités ;
 : Montant de l’annuité constante de fin de période ;
: Nombre d’annuités (ou de périodes) ;
: Le taux d’intérêt par période de capitalisation.

G =  " !  é !  !é

F = 1 + *+ + 1 + *- + ⋯ ⋯ ⋯ + 1 + *H+ + 1 + *


F = 41 + *+ + 1 + *- + ⋯ ⋯ ⋯ + 1 + *H+ + 1 + * 5
F = 1 + *+ 41 + 1 + *+ + ⋯ ⋯ ⋯ + 1 + *H- + 1 + *H+ 5

On a donc une suite géométrique de premier terme 1, de raison géométrique


6 = 1 + *+ et comprenant termes. La formule devient :
1 − 1 + * 1 − 1 + *
F =  . 1 + *+ × = .
1 − 1 + *+ 1+ −1

: − : + ;*
G = 9 .
;

3
Une société de crédit bail a acquis pour 450 0000 C un matériel destiné à être
Exemple d’application 1

loué immédiatement pour 5 ans. Le loyer est payé en 10 semestrialités ; le premier


étant exigible 6 mois après la mise en service du matériel.

bail puisse s’assurer un taux de 4% par semestre.


Quel doit être le montant de chacune des semestrialités pour que la société de crédit

Un industriel a acquis pour 2 562 000 C un matériel qui pendant 5 ans doit lui
Exemple d’application 2

fournir 600 000 C de profit net chaque année. La valeur résiduelle est supposé nulle
ou bout de 5 ans.
Calculer le taux d’intérêt retenu (à quel taux l’investissement doit être réalisé ?)

600 000 600 000 600 000 600 000 600 000
Solution

0 1 2 3 4 5
Soit J La valeur définitive acquise par la suite d’annuités constantes de fin de
période. On veut déterminer le taux tel que la valeur actuelle de la suite d’annuités

1 − 1 + * 1 − 1 + *J
constantes de fin de période égalise le coût d’acquisition.

F =  . ⟹ 2 562 000 = 600 000 ×



1 − 1 + *J 2 562 000
⟹ = = 4,27
600 000
En lisant sur la table 4 de la table financière on a :
5 6
4,212364 4,27 4,329477
−5 4,27 − 4,212364
#$ K'$L%MK % M é $' %  ∶ = ; ; = N, N %
6 − 5 4,329477 − 4,212364

V. LES ANNUITES CONSTANTES DE DEBUT DE PERIODE

1) Valeur acquise par une suite d’annuités constantes de début de période

Le 1er versement sera effectué à la signature du contrat (époque 0).Comme on


effectue versements, le dernier versement sera effectué à l’époque  − 1.
Si on considère que les flux sont versés en début de période, on obtient le graphique
suivant:

4
    
0 1 2 3 −1
La capitalisation ayant lieu à l’époque
#é$ %&' 0 :  1 +  ; #é$ %&' 1 :  1 + *+ ; #é$ %&' 2 :  1 + *-
#é$ %&'  − 2 :  1 + - ; #é$ %&' − 2 :  1 + +
 = 1 +  + 1 + - + ⋯ ⋯ ⋯ + 1 + *+ + 1 + 
 = 1 + 4 1 + 1 + + + ⋯ ⋯ ⋯ + 1 + *- + 1 + *+ 5
On a donc une suite géométrique de premier terme 1, de raison géométrique
6 = 1 +  et comprenant termes. La formule devient donc:

1 +   − 1 : + ; − :
 = 1 +  × ; / %ù
0
 = 9: + ; ×
1 +  − 1 ;

Remarque : La valeur acquise d’une suite d’annuités constantes de début de


période est égale à la valeur acquise d’une suite d’annuités constantes de fin de
période, capitalisé au même taux pendant une périodicité supplémentaire.

2) Valeur actuelle d’une suite d’annuités constantes de début de période

On peut calculer la valeur actuelle de 2 manières :

d’annuités par 1 + *H+ .


 Déterminer en multipliant la valeur acquise de fin de période de la suite

posant : F =  + 1 + *+ + 1 + *- + ⋯ ⋯ + 1 + *H- + 1 + *H+


 En additionnant les différentes valeurs actuelles des différentes périodes. En

F =  4 1 + 1 + *+ + 1 + *- + ⋯ ⋯ + 1 + *H- + 1 + *H+ 5


On a donc une suite géométrique de premier terme 1 , de raison géométrique
6 = 1 + *+ et comprenant termes. La formule devient :

1 − 1 + * 1 +  1 − 1 + *
F =  × ; ' 'OO'PKQ K F =  × ×
1 − 1 + *+ 1 +  1 − 1 + *+

: − : + ;*
R %SK ' K O M'T' K ∶ G = 9 × : + ; ×
;

5
Exercice à préparer

200 000 C . La 1ère un an après l’emprunt, obtient l’autorisation de s’acquitter par un


Un débiteur qui devrait rembourser une dette par annuités constantes de

versement unique à la fin de la 7ème année. Quel sera le montant de ce versement


unique si le taux est de 6%.

Exemple d’application
Un commerçant achète un fonds de commerce. Le vendeur lui offre le choix entre 2
modes de versement :
∗ Verser à la fin de chaque année pendant 12 ans une somme de 250 000 F.
Le 1er versement étant fait 1 an après l’acquisition du fonds.
∗ Verser une somme unique à la fin de la 4ème année de l’acquisition du fonds
Sachant que le taux d’intérêt est de 4%, calculez cette somme unique pour que les
deux paiements soient acceptables.
Solution
250 000 250 000 250 000 250 000 250 000
0 1 2 3 11 12
Il s’agit de déterminer la valeur de la suite de 12 annuités, constantes de 250 000 F à

U1 = 4 + 0 −8
l’époque 4.

1 +  D − 1 1 + 0,04D − 1
1er Mode de paiement

D =  × = 250 000 × = 1 061 616 C


0,04
1 − 1 + *V 1 − 1 + 0,04*V
F *V =  × = 250 000 × = 1 683 186,22 C
0,04
U1 = 4 + 0 −8 ; &% P U1 = 1 061 616 + 1 683 186,22 = 2 744 802 , 22 C

2ème Mode de paiement U- = 0 −12 × 1 + 4

1 − 1 + −12 1 − 1 + −12
F *+- =  × ; & %ù

U2 =  × × 1 +  D

1 − 1 + 0,04*+-
U- = 250 000 × × 1 + 0,044 = 2 744 802 , 22 C
0,04

1 + +- − 1
On aurait pu également calculer S en faisant :

U = +- × 1 + *V =  × × 1 + *V



1,04+- − 1
U =  × × 1,04*V = 2 744 802 , 22 C
0,04

6
Exercice à préparer
Un industriel doit verser pendant 5 ans 200 000 C par semestre pour la
location d’un matériel. La première semestrialité venant à échéance 18 mois après la
mise en place du matériel.
Quelle est la valeur des 10 semestrialités au moment de la livraison du matériel le
taux d’intérêt semestriel étant de 4%.

ANNUITES VARIABLES

VI. LES ANNUITES QUELCONQUES DE FIN DE PERIODE

1) Valeur acquise par une suite d’annuités quelconques de fin de période

 = La valeur acquise par la suite des annuités.


Si on note par:

X = L’annuité à la date L.
= Le nombre de périodes (d’annuités)
= Le taux d’intérêt par période de capitalisation

 =  +  −1 1 +  + ⋯ ⋯ ⋯ + 2 1 +  −2 + 1 1 +  −1
Alors :

 =  9Y . : + ;*Y
YZ:

2) Valeur actuelle d’une suite d’annuités quelconques de fin de période


F = + 1 + *+ + - 1 + *- + ⋯ ⋯ ⋯ + *+ 1 + *H+ +  1 + *


G =  9Y . : + ;*Y
YZ:

VII. LES ANNUITES QUELCONQUES DE DEBUT DE PERIODE


1) Valeur acquise par une suite d’annuités quelconques de début de période

 =  1 +  + *+ 1 + - + *- 1 + . + ⋯ + - 1 + *+ + + 1 + 




 =  9Y . : + ;*YH:
YZ:

F = + + - 1 + *+ + . 1 + *- + ⋯ ⋯ + *+ 1 + *H- +  1 + *H+


2) Valeur actuelle d’une suite d’annuités quelconques de début de période

G =  9Y . : + ;*YH:
YZ:

7
VIII. LES ANNUITES EN PROGRESSION ARITHMETIQUE
1) Les annuités de fin de période en progression arithmétique

Soit une progression arithmétique d’annuités de raison $, représentée par le


a) Valeur acquise

 +$  + 2$  + 3$  +  − 2$  +  − 1$


graphique suivant:

0 1 2 3 4 −1
 =  +  − 1$ +  +  − 2$1 +  + ⋯ +  + $1 +  *-
+  1 + 

1 +  − 1 $ 1 +  − 1 $ \ : + ; − : \
 = . + . − ⟹  = [9 + ] . −
; ; ;
Exemple d’application
Un épargnant place à la fin de chaque année une somme qui croit de 1 200 $
à chaque échéance. Sachant que le 1er placement est de 4 000 $ et que le taux
annuel d’intérêt est de 8,5%.Calculer la valeur acquise au bout de 12 ans.
Solution

$ 1 +  − 1 $
 = [ + ] . –

1 200 1,085+- − 1 12 × 1 200
⟹ +- = `4 000 + a. −
0,085 0,085 0,085
+- = 18 117 , 65 × 19 , 549250 – 169 411 , 76 ⟺ +- = 184 774 , 71 $
b) Valeur actuelle

 = F × 1 +  ; donc F =  × 1 + *
$ 1 +  − 1 $
On sait que

F = 1 +
  − × c[ + ] . − d

$ 1 − 1 + * $
F = [  + ] e f − . 1 + *

$ 1 − 1 + * $
F = [  + + $] e f −

$ 1 − 1 + *
La valeur actuelle de la série de placements de l’exemple précédent est :
$
F = [  + + $] e f −

1 200 1 − 1 + 0,085*+- 12 × 1 200
F = g 4 000 + + 12 × 1 200h e f −
0,085 0,085 0,085
F = 32 517, 65 × 7,344686 − 169 411 , 76 ⟹ 0 = 69 420 , 17 $

8
2) Les annuités de début de période en progression arithmétique

 =  +  − 1$1 +  +  +  − 2$1 + - + ⋯
a) Valeur acquise

⋯ +  + $1 + *+ + 1 + 


\ : + ; − : \
 = [9 + ] × : + ; × − : + ;
; ; ;

b) Valeur actuelle

On sait que : F =  . 1 + *


\ : − : + ;* \
R %SK ' K &% P ∶ G = [9 + ] × : + ; × c d− : + ;*H:
; ; ;

IX. LES ANNUITES EN PROGRESSION GEOMETRIQUE

1) Les annuités de fin de période en progression géométrique


a) Valeur acquise

Soit une progression géométrique d’annuités de fin de période de raison 6

0 1 2 3 4 −2 −1
représentée par le graphique suivant:

 6 6- 6. 6 *. 6*- 6*+


 = 6*+ + 6*- 1 +  + ⋯ ⋯ + 6- 1 + *. + 6 1 + *- + 1 + *+
 = 41 + *+ + 6 1 + *- + 6- 1 + *. + ⋯ ⋯ + 6*- 1 +  + 6*+ 5
Nous avons donc une suite géométrique de 1er terme 1 + *+ , de raison
6
6 × 1 + *+ = et comprenant termes.
1+
6  6  − 1 + 
[ ] −1 1 +  
 =  s1 + *+ × 1 +6
t ⟺  =  u1 + *+ × v
[ ]−1 6 − 1 + 
1+ 1+

w − : + ;
R  O M'T' K ∶  = 9 c d
w − : + ;

On sait que : F =  . 1 + * ; alors :


b) Valeur actuelle

9 w − : + ;
G = ×c d
: + ; w − : + ;

9
2) Les annuités de début de période en progression géométrique

a) Valeur acquise

w − : + ;
 = 9 × : + ; × c d
w − : + ;

b) Valeur actuelle

 6  − 1 + 
F = ×  1 +  × c d
1 +   6 − 1 + 

9 w − : + ;
G = ×c d
: + ;*: w − : + ;

Exemple d’application

Un épargnant place à la fin de chaque année une somme qui croit de 4% . La


valeur acquise par cette suite de douze (12) annuités en progressions géométriques,
de raison 1,04 ; capitalisée au taux de 8,5 %. Calculer la valeur acquise sachant

que  = 4 000 $. En déduire la valeur actuelle.

6  − 1 +   1,04+- − 1,085+-
Solution

 =  c d ⟹ +- = 4 000 × c d
6 − 1 +  1,04 − 1,085

1,04+- − 1,085+-
+- = 4 000 × c d ⟹ +- = 94 280 $
1,04 − 1,085

On sait que F =  . 1 + * ; alors :


La valeur actuelle correspondante sera :

F = +- × 1 + *+- ⟹ F = 94 280 × 1,085*+- . / 0 %ù F = 35 421,18 $

10
Chapitre II : LES EMPRUNTS INDIVIS

I. GENERALITES
On contracte un emprunt quand on a besoin de liquidité. On se met d’accord
avec l’organisme financier qui nous l’accorde en fixant les modalités de
remboursement. Il existe plusieurs types d’emprunts. Parmi les plus importantes
citons les suivants : les emprunts indivis et les emprunts obligataires.

1) Définition
Un emprunt indivis est un emprunt ordinaire faisant l’objet d’un contrat entre
un prêteur et un emprunteur. Il n’y a qu’un seul prêteur, il est donc indivisible, d’où le
qualificatif indivis.
Le remboursement de cet emprunt s’effectue généralement, par annuités de fin de
période. Chaque annuité est composée de deux éléments:
∗ Un remboursement d’une partie du capital emprunté, appelé l’amortissement.
∗ Une partie intérêt calculée sur la base du taux d’intérêt convenu entre les deux
parties et du capital restant dû dépendant.

2) Principe de remboursement

Les partenaires doivent s’entendre sur :


 le montant de l’emprunt ;
 durée de remboursement ;
 le taux d’intérêt ;
 les conditions de remboursement ;
 Autres conditions propres à certains organismes financiers.

3) Les types de remboursement

Le remboursement d’un emprunt dépend du mode d’amortissement utilisé.


Cet emprunt pourra l’être :
- par amortissements constants (système balkanique) ;
- par annuités constantes (système français) ;
- in fine (système américain).
D’une façon générale le tableau d’amortissement se présente comme suit :

11
Capital restant dû Intérêt de Annuité de fin Capital restant
Période Amortissement
début de période la période de période dû fin de période
1 x+ = F y+ = x+ . T+ + = y+ + T+ x+ − T+

2 x- = x+ − T+ y- = x- . T- - = y- + T- x- − T-

… … … … … …

L xX = xX*+ − TX*+ yX = xX . TX X = yX + TX xX − TX

… … … … … …

−1 x*+ = x*- − T*- y*+ = x*+ . T*+ *+ = y*+ + T*+ x*+ − T*+

x = x*+ − T*+ y = x . T  = y + T x − T

x+ = F : Capital restant dû au début de la première année soit le montant de


Avec:

yX : Intérêt de la L{è}~
l’emprunt ;
période ;

TX : Amortissement de la L{è}~ période ;


X : Annuité de la L{è}~ période ;
xX*+ : Capital restant dû au début de la L{è}~ période.
Les amortissements servent à rembourser la dette donc leur somme est égale au
capital emprunté:


 TX = F
XZ+

Après le paiement du {è}~ amortissement T , le capital restant dû est égal à


zéro donc la dette non remboursée avant le paiement de T est égale à T c’est
à dire : x = T .
REMARQUE : Relation entre deux annuités successives

X = TX + yX = TX + xX ×
 €
XH+ = TXH+ + yXH+ = TXH+ + xXH+ ×

XH+ − X = TXH+ − TX + xXH+ × − xX × ; P%TT' xXH+ = xX − TX

9YH: − 9Y = YH: − Y . : + ;

12
3.1. Remboursement par amortissements constants

Ce mode de remboursement est aussi dit système balkanique.

x+ = F : Le montant de l’emprunt ;
Soit:

: Le nombre d’annuités ;
T : Amortissement constant.
F
T
€ = ‚ ; Donc, les annuités ne sont pas constantes.
yX = xX*+ ×

Capital restant dû Intérêt de Annuité de fin Capital restant


Période Amortissement
début de période la période de période dû fin de période
1 x+ = F y+ = x+ . T + = y+ + T x+ − T

2 x- = x+ − T y- = x- . T - = y- + T x- − T

… … … … … …

L xX = xX*+ − T yX = xX . T X = yX + T xX − T

… … … … … …

−1 x*+ = x*- − T y*+ = x*+ . T *+ = y*+ + T x*+ − T

x = x*+ − T y = x . T  = y + T x − T

F‡
Loi de succession des annuités

On a : XH+ − X = TXH+ − TX . 1 +  ; or TXH+ = TX =


ˆG
/% P 9YH: = 9Y − × ; ; R $'T$6Q' 6Q' M'‰  Q Ké‰ ‰% K ' L$%Š$'‰‰ %


xF
$ KℎTéK 6Q' &' $ ‰% `− × a.

Exemple d’application :

Soit un capital de 800 000$ remboursable en 8 ans. Les annuités sont versées en fin
d’année. Le taux d’intérêt est de 10%.
Construit le tableau d’amortissement relatif à ce emprunt (système balkanique) .

13
Les annuités sont en progression arithmétique de raison $ :
Solution

F 800 000 800 000


$=− × ; $=− × 0,1 = −10 000 ⟹ T = = 100 000
8 8
F = Capital emprunté ; K = taux d’intérêt et = nombres d’années

Capital restant dû Intérêt de Annuité de fin Capital restant


Période Amortissement
début de période la période de période dû fin de période
1 800 000 80 000 100 000 180 000 700 000
2 700 000 70 000 100 000 170 000 600 000
3 600 000 60 000 100 000 160 000 500 000
4 500 000 50 000 100 000 150 000 400 000
5 400 000 40 000 100 000 140 000 300 000
6 300 000 30 000 100 000 130 000 200 000
7 200 000 20 000 100 000 120 000 100 000
8 100 000 10 000 100 000 110 000 0
U%TT' 360 000 800 000 1 160 000

3.2. Remboursement par annuités constantes

Ce mode de remboursement est aussi dit système français.

Capital restant dû Intérêt de Annuité de fin Capital restant


Période Amortissement
début de période la période de période dû fin de période
1 x+ = F y+ = x+ . T+  = y+ + T+ x+ − T+

2 x- = x+ − T+ y- = x- . T-  = y- + T- x- − T-

… … … … … …

L xX = xX*+ − TX*+ yX = xX . TX  = yX + TX xX − TX

… … … … … …

−1 x*+ = x*- − T*- y*+ = x*+ . T*+  = y −1 + T −1 x*+ − T*+

x = x*+ − T*+ y = x . T  = y + T x − T

On a + = - = ⋯ = X = ⋯ =  =  'K  = T + y ;  = T + x ×
Comme x = T ;  = T + x × ⟹
alors 9 =  : + ;
Loi de succession des amortissements
On sait que XH+ − X = TXH+ − TX . 1 +  'K XH+ = X  Q Ké‰ P%‰K K'‰

Alors TXH+ − TX . 1 +  = 0 ; d’où YH: = Y . : + ;

14
T- = T+ 1 +  ; T. = T- 1 +  = T+ 1 + - ; & 0 %ù TX = T+ 1 + X*+
D’après la précédente relation :

On a T = T1 1 +  −1 ; or  = T 1 +  = T+ 1 + *+ . 1 + 
D’où 9 = : . : + ;

Relation entre G et le premier amortissement : 


F = T+ + T- + ⋯ ⋯ + T
= T+ + T+ 1 +  + ⋯ ⋯ + T+ 1 + *+ = T+ 41 + 1 +  + ⋯ ⋯ + 1 + *+ 5
: + ; − : ;
⟹ G = : . c d Œ : = G . Ž 
; : + ; − :
Relation entre G et l’annuité constante 9
: − : + ;* ;
G = 9. c d Œ 9 = G . Ž 
; : − : + ;*

Exemple d’application

Soit à rembourser F = 500 000 $ en 5 ans au taux = 8 % l’année.

1 − 1 + * 0,08
Le tableau d’amortissement (remboursement par annuités constantes) est le suivant :

F = . c d ;  = F . Ž  ⟹  = 500 000 ×
1 − 1 +  * 1 − 1,08*J
⟹  = 125 228
Le rapport des amortissements est donné par la formule : TXH+ = TX . 1 + 

Capital restant dû Intérêt de Annuité de fin Capital restant


Période Amortissement
début de période la période de période dû fin de période
1 500 000 40 000 85 228 125 228 414 772
2 414 772 33 182 92 046 125 228 322 726
3 322 726 25 818 99 410 125 228 223 316
4 223 316 17 865 107 363 125 228 115 953
5 115 953 9 275 115 953 125 228 0
Expression de la dette amortie et non amortie après le versement de la
Y;职 annuité.
Après le paiement de la L{è}~ annuité, la partie de l’emprunt qui a été remboursée
s’élève à la somme des L premiers amortissements: X

X = T+ + T- + ⋯ + TX = T+ 41 + 1 +  + 1 + - + ⋯ + 1 + X*+ 5

15
1 + X − 1
= T+ c d. R$ T+ = F . Ž 
1 +  − 1
1 +  X − 1 : + ;Y − :
‘M%$‰ X = F . .c d ; &% P ’Y = G ×
1 +  − 1 : + ; − :
La dette non amortie est égale à : F − X .

3.3 Remboursement in fine

contrat. Le montant de l’intérêt y versé à chaque échéance, prévue par le contrat,
Le remboursement du capital d’un emprunt s’effectue en une seule fois, à la fin du

est égal au montant emprunté multiplié par le taux d’intérêt. Le schéma sera donc :

0 0 0 0 0 0 + 0

0 1 2 3 −1

Capital restant dû Intérêt de Annuité de fin Capital restant


Période Amortissement
début de période la période de période dû fin de période
1 F y+ = y = 0 . + = y+ = y F
2 F y- = y = 0 . - = y- = y F
… … … … … …
L F yX = y = 0 . X = yX = y F
… … … … … …
−1 F y*+ = 0 . *+ = y*+ =y F
F y = y = 0 . F  = y + F 0

Exercice à préparer

Un emprunt indivis contracté au taux annuel est remboursable par 5 annuités:


+ ; - ; . ; D ; J . Les amortissements successifs T+ ; T- ; T. ; TD 'K TJ
forment une progression géométrique de raison 1 + “, “ étant différent de .

- Les intérêts de la 2{è}~ année y- = 102 102 $


1) Sachant que:

- Les intérêts de la 4{è}~ année yD = 55 902 $.


le 2{è}~ amortissement T- = 440 000 $.
Calculer
-

2) Déterminer le montant de l’emprunt et dresser le tableau d’amortissement.

16
Chapitre III : LES EMPRUNTS OBLIGATAIRES

I- GENERALITE

Un emprunt obligataire est un contrat par lequel des nombreux prêteurs confient
une somme d’argent à un emprunteur unique. En effet, lorsque le montant de
l’emprunt est très élevé, l’emprunteur est obligé de s’adresser à plusieurs prêteurs
appelés « obligataires » ou « souscripteurs ». Le montant de l’emprunt est divisé en
parts égales négociables appelées obligations.
En dehors de certains cas particuliers, l’obligation donne à son détenteur le droit de
percevoir un intérêt généralement annuel (coupon) et d’être remboursé de son titre à
l’échéance.
1) Définition

Une obligation peut donc être définie comme un titre de créance négociable
représentant une fraction d’un emprunt à long terme, émis par une collectivité (Etat,
grandes entreprises publiques ou privée) et donnant à son propriétaire le droit de
percevoir un intérêt généralement annuel et d’être remboursé de son titre à
l’échéance.
2) Principe du remboursement

Les principes mathématiques sont identiques à ceux des emprunts indivis sauf

capital de nominal F , l’emprunteur émet ” obligations égales d’un montant  .


que le capital emprunté est remboursé à différents prêteurs. Donc, pour constituer un

On aura: F =  × ”.

Conditions d’émissions d’un emprunt obligataire


Les souscripteurs d’obligations émises par des sociétés sont informés par une note
visée par la COB (Commission des Opérations de Bourse) et publiée au bulletin des
annonces légales obligataires. Elle précise :
 l’identité de l’émetteur ; le nombre d’obligations émises ;
 la valeur nominale de l’obligation ; le prix d’émission ;
 le prix de souscription ; la durée de l’emprunt ;
 la date de jouissance ; la date de règlement des souscriptions ;
 le prix de remboursement de l’obligation ; le système d’amortissement ;
 le taux nominal d’intérêt.

17
3) Les principales caractéristiques d’une obligation

 La valeur nominale  : C’est la valeur faciale de l’obligation. Elle est


Les obligations sont caractérisées par les éléments suivants:

unique pour toutes les obligations d’un même emprunt. Elle constitue le montant à

Il existe des obligations de valeurs nominales de 5 000C, 10 000C, 50 000 C, etc


partir duquel est établi le tableau d’amortissement et la base de calcul des intérêts.

 La valeur d’émission •  : C’est la somme effectivement payée par


l’obligataire pour l’achat d’une obligation. Ce prix peut être différent du nominal.
Lorsqu’il est égal au nominal, on dit que l’obligation est émise « au pair », s’il en est
inférieur, on dit que l’obligation est « au dessous du pair » alors que s’il en est
supérieur, on dit que l’émission est « au dessus du pair ». La différence entre la

 La valeur de remboursement ’  : C’est la somme versée par l’emprunteur


valeur d’émission et la valeur nominale est appelée prime d’émission.

au moment du remboursement de l’obligation. Cette somme peut être égale à la


valeur nominale, on parle dans ce cas d’un remboursement « au pair », ou
supérieure à la valeur nominale et on parle alors d’un remboursement « au dessus
du pair ». La différence entre la valeur de remboursement et la valeur d’émission est

 Le taux nominal ; : C’est la rémunération de l’obligation. On l’appelle aussi


appelée prime de remboursement.

taux facial. Appliqué à la valeur nominale, il permet de calculer le montant des


intérêts (coupon).
 La date de souscription : C’est la date de règlement de l’achat de l’obligation
par le souscripteur.
 La date de jouissance : C’est la date à partir de laquelle les intérêts

 Le coupon ˆ : c’est le montant des intérêts servis à chaque échéance, pour
commencent à courir.

chaque obligation. On a : x =  × .
 La valeur de souscription : C’est le montant total versé par l’obligataire à la
souscription. En plus du prix d’émission, le souscripteur peut-être tenu de
rembourser la fraction courue entre la date de jouissance et la date de règlement.
Exemple
Valeur nominale de l’obligation = 5 000 C ; prix de souscription = 105,841% ; soit
5 292,05 C par obligation payable en totalité à la souscription. Ce prix comprend le

18
prix d’émission soit 101,26% de la valeur nominale 5000 × 101,26% = 5063C  et
la fraction du coupon courue depuis la date de jouissance de 4,581 % soit 229,05C .
En effet la date de jouissance étant le 5 mars 2002 et la date de règlement le 11
septembre 2002 ; avec un intérêt annuel de 8,8% soit 440 F par obligation payable
pour la 1ère fois le 05 mars 2003.

440 × 190‡
Justification : du 05 mars au 11septembre, on dénombre 190 jours, soit une fraction

d’intérêt égale à : 365 = 229,05

 Amortissement anticipé : dans le contrat d’émission, l’émetteur peut se


réserver le droit de rembourser par anticipation tout ou partie des obligations encore
vivantes.
 Taux effectif : on appelle taux effectif ou taux actuariel, le taux réel de
l’opération obligataire. Le taux effectif n’est pas le même pour les prêteurs et les
emprunteurs, dès le moment où les frais supportés par l’un ou l’autre ne sont pas les
mêmes. On distingue le taux effectif de rendement appelé aussi taux de rendement
actuariel qui concerne le prêteur et le taux effectif de revient ou taux de revient
actuariel qui concerne l’emprunteur.
 Cotation en bourse : les obligations sont cotées en pourcentage de leur
valeur nominale au pied du coupon c'est-à-dire coupon couru non compris. Le
coupon couru représente le montant des intérêts courus, de la dernière échéance ou
jour de la cotation. Il est également exprimé en pourcentage de la valeur nominale de
l’obligation. Pour déterminer le prix que paie l’acheteur d’une obligation en bourse, il
faut ajouter au cours de l’obligation le montant du coupon couru.

4) Type de remboursement

Le mode de remboursement peut être :


 En bloc ou in fine : tous les titres sont remboursés en une seule fois à
l’échéance.
 Par amortissement constant : un même nombre d’obligations tirées
au sort est remboursé chaque année.
 Par annuités sensiblement constantes : les obligations à amortir
chaque année sont également tirées au sort. Les annuités ne sont pas strictement
constantes parce que l’amortissement doit concerner un nombre entier d’obligations.

19
Soit:
” : Nombre des obligations émises ; – : Prix d’émission de l’obligation.
 : Valeur nominale de l’obligation ; — : Valeur de remboursement de l’obligation.
: Taux du coupon ; P : Coupon
”+ ; ”- ; … ; ” ∶ Nombre d’obligation restant en circulation après le 1~˜ , 2~ , … ~
tirage. ” .

T+ , T- , … T : Nombre de titres amortis au 1~˜ , 2~ , … ~ tirage.


+ , - , … .  : Montant de l’annuité relative au 1~˜ , 2~ , … ~ tirage.

Dette en début Nombre de titre


Période Intérêts Amortissements Annuités

1 xF = ” ×  ”×P T+ × — ”+ = ” − T+
de période en circulation
+ = ” × P + T+ × —

2 x+ = ”+ ×  ”+ × P T- × — - = ”+ × P + T- × — ”- = ”+ − T-

L xX = ”X*+ ×  ”X*+ × P TX × — X = ”X*+ × P + TX × — ”X = ”X*+ − TX

−1 x*+ = ”*- ×  ”*- × P T*+ × — *+ = ”*- × P + T*+ × — ”*+ = ”*- − T*+

x = ”*+ ×  ”*+ × P T × —  = ”*+ × P + T × — ” = ”*+ − T

” = ”*+ − T = 0 ⟹ ”*+ = T
R$  = ”*+ × P + T × — = T × P + T × — = T P + —  ⟹ 9 =  ™ + ’ 
Les nombres des obligations amorties à la fin de chaque année doivent être des
nombres entiers. Et en conséquence les montants des sommes consacrées chaque
année à l’amortissement de l’emprunt doivent être des multiples de la valeur
nominale de l’obligation. Raison pour laquelle il faut rectifier les tableaux
d’amortissement d’emprunt obligataire afin de respecter ces deux particularités.

Relation entre les annuités et les amortissements

XH+ = ”X × P + TXH+ × — ⟺ XH+ = š”X*+ − TX › × P + TXH+ × —


'K X = ”X*+ × P + TX × —
XH+ − X = š”X*+ − TX › × P + TXH+ × — − ”X*+ × P − TX × —
= TL+1 ×  − TL × P − TL ×  = TL+1 ×  − TL P +  

20
P
/ 0 %ù XH+ − X = TXH+ × — − — × TX ` + 1a

Posons, $ : le taux d’intérêt, qui appliqué à la valeur de remboursement, nous donne
P
M' P%QL% : $ = .

R Q$ M%$‰ , 9YH: − 9Y = YH: × ’ − ’ × Y × \ + :

4.1) Remboursement in fine ou en bloc


Selon cette méthode toutes les obligations sont amorties en bloc à la fin de
l’emprunt, seuls sont payés les coupons d’intérêts chaque année pendant toute la
durée de l‘emprunt. Ce procédé réduit les frais de gestion et évite le tirage au sort. Il
est couramment utilisé actuellement.

4.2) Remboursement par annuités constantes


Chaque annuité comprend les coupons versés aux obligations encore
vivantes et le remboursement d’un certain nombre d’obligations. Un tirage au sort est
nécessaire pour déterminer les obligations à amortir chaque année. Cette technique
est peu utilisée depuis quelques années.

R  + = - = ⋯ =  =  ; %$ XH+ − X = TXH+ × — − — × TX × 1 + $
Loi de succession des amortissements

/ 0 %ù TXH+ × — = TX × — 1 + $ ; &% P YH: = Y : + \.


Les amortissements sont en progression géométrique de raison 1 + $.

\
Relation entre le nombre d’obligations et l’annuité constante

On peut démontrer que 9 = Ÿ × ’ ×


: − : + \*

4.3) Remboursement par amortissements constants


Selon cette méthode le nombre d’obligations à amortir est déterminé
également par un tirage au sort. Il est identique chaque année ; cette technique est
encore de moins en moins utilisée.

xF
Comme pour l’emprunt indivis, les annuités sont en progression arithmétique de

$ ‰% `− × a

21
Exemple d’application

Un emprunt obligataire a les caractéristiques suivantes :


- Nombre d’obligations émises : 50 000 obligations
- Nominale de l’obligation : 5 000 F
- Taux d’intérêt = 8,5%
- L’amortissement s’effectue en 12 annuités sensiblement constantes.
Présenter les 3 premières lignes du tableau d’amortissement de cet emprunt.

Solution

Soit y le montant des intérêts de la première année.


y = 250 000 000 × 8,5%
= 21 250 000 C
Le nombre d’obligations amorties après p échéances est : T+ + T- + ⋯ … . . + TX

La somme des amortissements TX est égale à : ” = T+ + T- + ⋯ … . . + T

1 +  − 1 ”. 50 000 × 0,085
” = T+ ⟹ T+ = ; T+ = = 2 557,6
1 +  − 1
 1,085+- − 1
T+ Doit être un nombre entier d’où : T+ = 2 558. On obtient le tableau suivant

Dette début de Intérêts d’obligations Nombre d’obligations


Période Amortissement Annuité

1 250 000 000 21 250 000 2 558 12 790 000 34 040 000
période fin période fin période

2 237 210 000 20 162 850 2 775 13 875 000 34 037 850
3 223 335 000 18 983 475 3 011 15 055 000 34 038 475
4

12 31 370 000 2 666 450 6 274 31 370 000 34 036 450

22
Chapitre IV : LA RENTABILIE DES INVESTISSEMENTS

I- INTRODUCTION

D’après Pierre Massé : « l’investissement désigne à la fois un acte et le


résultat de cet acte ; à la fois la décision d’investir et le bien investi ».
« L’acte d’investir constitue l’échange d’une satisfaction immédiate et certaine à
laquelle on renonce contre une espérance que l’on acquiert et dont le bien investi est
le support. »
Il existe trois types d’investissement :
- l’investissement de remplacement : renouvelle à l’identique un potentiel de
production (Renouvellement d’une machine amortie, embauche d’un nouveau cadre
à la suite d‘un départ à la retraite….).
- l’investissement de capacité ou d’expansion : augmente la capacité de
production. Il change le montant du chiffre d’affaires (construction d’une nouvelle
usine, diversification de la production, …)
- l’investissement de productivité ou de modernisation : améliore la capacité de
production actuelle. Produire plus avec le même coût (achat d’une nouvelle machine,
formation du personnel de production…).
Il existe une analogie entre le prêt d’un capital à un emprunteur et l’investissement
d’un capital dans une entreprise. Comparons ces deux opérations :

En effet dans le cas d’un prêt Alors que dans le cas d’un investissement :
1. Le prêteur prête un capital 1. L’investisseur investit un capital
2. Le prêteur reçoit des annuités de 2. L’investisseur encaisse des recettes
remboursement comprennent : nettes (Cash flow) comprenant :
- l’amortissement du prêt - l’amortissement des immobilisations
- les intérêts - le bénéfice
3. En fin de prêt, le prêteur reçoit le solde 3. A la fin de l’investissement,
non encore amorti l’investisseur cède les actifs à la valeur
résiduelle

Il est donc normal d’estimer la rentabilité d’un investissement par une méthode
analogue à l’évaluation du rendement d’un emprunt.

II- TERMES IMPORTANTS

Précisons tout d’abord un certain nombre de termes utilisés tout au long de notre
chapitre.

23
1- Le montant de l’investissement

Il comprend toutes les ressources employées à la réalisation de l’opération. Ce


montant comprend :
- le prix d’acquisition et d’installation des immobilisations ainsi que les frais
initiaux (recherche, publicité)
- l’accroissement du fond de roulement

2- Le cash flow (flux de trésorerie) net annuel

Le cash flow est la capacité brute d’autofinancement, il comprend :


 le résultat net après impôt sur le bénéfice et la dotation aux amortissements
D’où la formule :
CASH FLOW D’EXPLOITATION = RESULTAT D’EXPLOITTAION + DOTATIONS AUX AMORTISSEMENTS

3- Le taux de rendement minimal

C’est le taux de rendement au dessous duquel on renoncerait à effectuer


l’investissement. Il existe plusieurs taux de rendement :
- le coût d’opportunité du capital : taux auquel on pourrait placer les capitaux car
on dispose à les investir dans le projet considéré ;
- le taux de revient de l’emprunt nécessaire au financement de l’investissement
de l’endettement ;
- Le taux de rendement moyen des capitaux investis dans les opérations
présentant les mêmes risques (la rémunération des capitaux par les dividendes
ou par les plus values consécutives à l’accroissement de réserves est appelé
cout du capital propre ;
- la moyenne pondérée entre le cout de l’endettement et le cout du capital
propre. cette moyenne est appelé Cout du capital.

III- LES CRITERES DE RENTABILITE DES INVESTISSEMENTS

A) Le critère de la valeur actuelle nette V.A.N


La V.A.N d’un projet à une certaine date, est égale à la différence entre la valeur
actuelle des rentrées nettes de trésorerie et la dépense initiale d’investissement.

¡ − /¡ 
‘” =   ¢ £
1 + ¡ − yF
¡Z+

24
Avec ¡ − /¡ : Rentrée nette de trésorerie de la période K
yF : Investissement net actualisé à la date 0
‘”F : Valeur Actuelle Nette à l’origine
D’après ce critère :
- Tout projet ayant une V.A.N positive est rentable ;
- Plus la V.A.N est importante, plus le projet est rentable.

B) Le critère de l’indice de profitabilité : y#


L’indice de profitabilité est le rapport entre la valeur actuelle des rentrées
nettes de trésorerie et la dépense initiale d’investissement.

 
∑¡Z+ ¡ − /¡ ¢
1 + ¡
y#F =
yF
Avec y# Indice de profitabilité à l’instant 0

actualisé reçu pour 1C du capital investi. Ce critère est intéressant pour sélectionner
L’indice de profitabilité est un indice de rentabilité relative car il mesure le surplus

des investissements dans une situation de rationnement du capital.

C’est le taux $ qui annule la valeur actuelle nette


C) Le critère du taux de rentabilité interne (T.R.I)

 
 − /¡  ¡ − /¡ 
‘” = 0 ⟹ ‘” =  ¡ ¢1 ¢1
+ ¡ − yF = 0 ⟹  + ¡ = yF
¡Z+ ¡Z+

Un projet sera jugé rentable lorsque son TRI sera supérieur à un taux de rejet fixé
par le chef d’entreprise. Dans le cas des projets concurrents, on retiendra le projet
ayant le TRI le plus élevé. Le TRI se calcule de deux manières différentes :
• La méthode de Newton
Considérons une fonction monotone (croissance ou décroissante) et
cherchons la valeur de la variable qui annule la fonction avec une approximation

¦
définie à l’avance :

O¥ 

O¥*+ 

¥*+ ¥ ¥

25
Soit la ¥ une valeur quelconque
On peut calculer O ¥  puis en déduire l’abscisse ¥H+ du point d’intersection de
l’axe des abscisses avec la tangente à la courbe au point š¥ , O¥ ›.
¦ = O ′  ¥ . ¥ − ¥  + O¥  ; L%Q$ ¦ = 0 ; ¥ = ¥H+
O¥ 
0 = O ′  ¥ . ¥H+ − ¥  + O ¥  ¥H+ = ¥ +
O ′  ¥ 
Tant que ¥H+ − ¥ > ¨ , on calculera le terme consécutif.
Cette méthode est très rapide en utilisant l’informatique.
• La méthode de l’interpolation
On calcule la valeur actuelle nette pour deux taux d’actualisation. On suppose que la
courbe représentant la valeur actuelle nette est une droite ; on en déduit le taux pour
lequel la valeur actuelle nette serait nulle (règle de proportionnalité)

VAN

Taux d’actualisation

A un taux d’actualisation de 12% correspond une valeur nette de 24 067. On calcule


la valeur actuelle nette pour un autre taux d’actualisation de 20%.

50 000 40 000 40 000


+ + − 100 000
1,2 1,2- 1,2D
= 41 667 + 27 778 + 23 148 + 14 468 − 100 000 = 7 061.
A un taux d’actualisation de 20% correspond une valeur actuelle nette de 7061.
VAN
24 067

7 061

0,12 + 0,08 × 24 067/24 067 − 7 061 = 0,2332


12% 20% Taux d’actualisation

Le taux de rentabilité interne est de l’ordre de 23 %.

26
D) Le délai de récupération du capital investi (méthode de Pay Back)

C’est le temps au bout duquel le montant cumulé des rentrées nettes de


trésorerie actualisé est égale à la dépense d’investissement.
Plus le délai de récupération est court, plus le risque couru est faible et plus la
solvabilité du projet est assurée. Ce critère est souvent utilisée dans les domaines
d’activités instables ou à obsolescence rapide ; ce critère néglige totalement les flux
des trésoreries des périodes suivantes.

IV- CHOIX ENTRE 2 INVESTISSEMENTS

D’après E. CHEKROUN dans son ouvrage « aide à la décision de Gestion »Editions


CLET. Si les deux investissements ont la même durée de vie, il suffit d’évaluer les
caractéristiques de chaque type d’investissement (les caractéristiques financières, la
V.A.N, le TRI, le délai de récupération, l’indice de profitabilité).
Les méthodes comparatives peuvent ensuite nous aider à décider ; mais il faut
utiliser le taux de rentabilité interne avec précaution.
En effet ce n’est pas parce que l’investissement 1 a un TRI plus fort que celui de
l’investissement 2 qu’il sera meilleur (même d’un point de vue financier).
Le calcul du TRI est effectué en considérant que toutes les sorties d’argent sont
reconverties à ce même taux. Or, ce taux est propre à cet investissement et
l’entreprise n’a pas la possibilité de placer son argent d’une façon aussi
rémunératrice. Il est toujours intéressant d’avoir à l’esprit les courbes des VAN des
investissements qui en général sont de cette forme :
VAN
2

KF K+
Taux d’actualisation
A B C

• Si le taux d’actualisation est inférieur à KF (Zone A) l’investissement 2 aura une


meilleur V.A.N que l’investissement 1.
• Si le taux d’actualisation est KF les 2 investissements ont la même VAN.

27
• Si le taux d’actualisation est compris entre KF et K+ l’investissement 1 aura une
V.A.N grande que celle de l’investissement 2 (Zone B)
• Si le taux d’actualisation est supérieur à K+ l’investissement 1 aura une V.A.N
plus que celle de l’investissement 2. Mais un placement est peut-être meilleur
(Zone C).

Exemple d’application

Une entreprise désire investir dans une machine dont le prix d’achat est 200 000.

+ = 140 000 - = 220 000 . = 180 000 D = 140 000


Les recettes et dépenses en dollars des quatre années de vie de la machine seront :

/+ = 40 000 /- = 140 000 /. = 100 000 /D = 80 000

Sachant que le taux d’actualisation est de 12% calculé.


Travail à faire

1) La valeur actuelle nette


2) le taux de rentabilité interne
3) le délai de récupération
4) l’indice de profitabilité

Solution

100 000 80 000 80 000 60 000


1 ‘” = + + + − 200 000 = 48 134 $
1,12 1,12- 1,12. 1,12D
2) Le taux de rentabilité interne est de l’ordre de 23%
3) Le délai de récupération est légèrement inférieur à 3 ans. En faisant une

12 T% ‰ + 46 936
approximation, nous pouvons écrire :

2  ‰ + = 2  ‰ 10 T% ‰
210 004 − 151 062

248 134 rapport entre le total des cash«lows actualisés et la somme


4) Indice de profitabilité

= 1,24 [
200 000
]
versée initialement

28

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