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RÉDACTION NOTE DE SYNTHÈSE - LA PROBLÉMATIQUE DES DECHETS MÉNAGERS EN AFRIQUE

La question de la préservation de l'environnement est au coeur des objectifs du millénaire pour le


développement. C'est dans cette veine que s'inscrit le présent dossier tiré d'AFRIMAG n°137 - Decembre
2019 qui traite de la gestion des déchets ménagers dans les villes africaines. Comment appréhender les
défis de l'insalubrité au niveau des villes africaines ? Trois points relatifs à cette problématique peuvent
être mis en évidence, à savoir les causes, les conséquences et les solutions.

La mauvaise gestion des déchets ménagers des villes africaines est due à des causes
socioéconomiques et politiques.

D'abord au niveau socioéconomique, l'obsolescence du matériel technique et l'insuffisance de la


collecte et d'évacuation des déchets coexistent avec le manque de professionnalisme et de savoir-faire
des acteurs du secteur de la gestion des ordures.

A cela s'ajoutent l'absence d'implication des populations et leur incivisme, dans la production des
déchets, laquelle est également dûe à l'explosion démographique, à l'urbanisation galopante et les
changements dans leurs modes de consommation.

En sus, la médiocrité du service de ramassage, couplée à l'insuffisance du personnel dans le secteur


fait corps avec une population qui n'est pas sensibilisée au tri des ordures.

Dans ce contexte, un travail efficace ne peut se faire avec des ressources financières incertaines ou
l'irrégularité de la contrepartie financière dans les contrats avec des décharges surchargées sans
traitement des déchets. D'autre part, des raisons résident pour une bonne part dans la mauvaise
coordination de l'action politique.

L'aspect politique dans la lenteur des procédures administratives semble ne pas prioriser la gestion
des ordures. Cela se perçoit dans le manque de cohésion des actions des institutions.

Au nombre des causes politiques, l'opacité dans les contrats qui consacre l'échec du partenariat public-
privé est assez expressif de la mauvaise gestion du secteur. Il arrive que l'une des parties ne respecte pas
les clauses contractuelles relatives à la gestion des déchets.

En outre, le manque de transfert de compétences ou la non poursuite des programmes de gestion initiés
par l'extérieur est une autre boutarde du secteur. Il faut aussi relever l'inadaptation des plans
opérationnels des sociétés étrangères aux conditions locales.

Aussi, la non mise en pratique des textes réglementaires se greffe à l'absence d'une autorité de
régulation dans la gestion déléguée. Cela donne lieu au recours à des solutions éphémères aux
conséquences plus graves.
Il convient de noter que les réalités socioéconomiques les variantes politiques sont des causes non
négligeables de la problématique des ordures ménagères partout en Afrique. C'est à juste titre que des
conséquences dommageables en découlent.

Les conséquences de la mauvaise gestion des déchets ménagers sont d'ordre environnementales et
socioéconomiques.

De prime abord, la pollution de l'environnement est tout de suite perceptible, elle s'accompagne de la
pollution des eaux souterraines dues à l'enfouissement des déchets. Parallèlement, les rues jonchées
d'immondices car transformées en dépôts sauvages exposent les populations aux odeurs putrides et à
des pathologies. Immanquablement, la plupart des villes africaines sont de plus en plus insalubres.

Ensuite, au plan socioéconomique, les populations sont les premières victimes de ces décharges
sauvages qui occasionnent de nombreuses pertes en vies humaines. En plus de vivre dans un
environnement inadéquat, il est à noter la dégradation de la qualité de vie ce qui justifie leur
mécontentement. La faiblesse dans la collecte et le ramassage des ordures à des effets néfastes sur le
tourisme, l'exploitation des ressources foncières et halieutiques, toute chose qui induit une
augmentation des fonds alloués à la santé et à l'environnement.

Eu égard à aux conséquences environnementales et socioéconomiques précitées qui sont


dommageables pour le secteur des ordures ménagères, il convient cependant d'être optimistes au
regard des solutions expérimentées et des tentatives de solutions pour résorber le problème de
l'insalubrité des villes africaines.

Des solutions ont été mises en œuvre qui sont politiques et socioéconomiques.

La première étape est politique. C'est ainsi que l'armée a été mise à contribution dans le ramassage des
ordures ménagères. Cela dénote de la volonté affichée de certains gouvernants de pays africains
d'apporter une réponse efficace au problème de gestion des déchets dans les villes.

Ensuite pour réussir le challenge de "passer de la gestion des déchets à l'économie des déchets" des
mesures sont prises pour la promotion du secteur et la mise en place d'une autorité de régulation du
secteur et d'entreprises professionnelles de traitement des déchets. Il importe d'adopter un cadre
"stratégique et méthodique" et planifier les objectifs à court, moyen et long terme.

Au demeurant, au niveau politique, la coopération Sud-Sud doit être de rigueur et encourager une mise
en commun des politiques diverses dans la gestion des déchets.

Sur le plan socioéconomique, l'économie des déchets ménagers ramène à tirer le maximum de profits
des déchets à travers le recyclage en vue de la création d'emplois. C'est pourquoi, un financement
conjoint public-privé du traitement des ordures et un savoir-faire s'avèrent impérieux.
En outre, en plus de l'incinération des déchets, il importe de transformer les déchets en source d'énergie
comme c'est le cas en Ethiopie. Enfin, la formation du personnel du secteur avec la mise en place de
plusieurs sites de traitement sont des mesures appropriées à la question des ordures ménagères en
Afrique.

Comme indiqué précédemment, les mesures politiques et socioéconomiques sont favorables et


nécessaires pour endiguer le fléau des déchets ménagers dans les villes africaines.

Au terme de l'analyse du dossier, il ressort que le problème de l'insalubrité des agglomérations


africaines soulève des réalités aux multiples facettes : techniques, politiques, environnementales et
socioéconomiques. Les actions menées par les différents pays dans le sens de la gestion bien que
constrastées sont salutaires pour les populations. Encore faut-il y travailler. Il serait souhaitable
d'accentuer la sensibilisation et une meilleure implication des populations qui suscitera un changement
de mentalité pour des villes propres car la salubrité est l'affaire de tous.

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