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Note écrite de son siège éjectable « ad nutum » par

Maître LAWSON-LANCELOT Latévi Calvin Georges


Député ANC
Président de la Commission des Relations
Extérieures et de la Coopération
Avocat
Ancien Procureur Général
Près la Cour d’Appel
Et la Cour Suprême du Togo
NOTE

La Cour Constitutionnelle de la République Togolaise a rendu le 22 Novembre 2010,


une décision juridiquement curieuse à plus d’un titre.

Il est établi que le 30 Août 2007, à la cérémonie d’investiture de leur parti, les
candidats de l’Union des Forces de Changement (UFC), inscrits sur les listes électorales, ont
signé trois documents :

- Un premier dénommé
« Contrat de confiance de l’UFC »
Pacte d’Adhésion aux valeurs de l’UFC »

Ce document précise les conditions générales de candidature.

- Un second document dénommé


« Contrat de confiance
Pacte d’Adhésion aux valeurs de l’UFC
Engagement du Candidat ».

- Le troisième document est un modèle de lettre de démission dactylographiée sans


indication de nom, ni de date, rédigée à l’adresse du Président de l’Assemblée Nationale et
portant la mention :« Député à l’Assemblée Nationale ».

Ces documents signés ont été ramassés par le Président National Monsieur Gilchrist
OLYMPIO, puis le Bureau National a procédé à l’investiture officielle des candidats.

Vingt sept (27) de ces candidats ont été élus au mois d’octobre 2007 à l’Assemblée
Nationale de la République Togolaise.

Au mois d’octobre 2010, une crise politique interne à l’Union des Forces de
Changement (UFC) a entrainé une scission.

Les responsables et des militants ont présenté leur démission à l’Union des Forces de
Changement (UFC) et créé leur propre parti, l’ALLIANCE NATIONALE POUR LE
CHANGEMENT (ANC) auquel vingt (20) des vingt sept (27) députés ont adhéré.

Le nouveau Bureau de l’Union des Forces de Changement (UFC) a transmis des lettres
de démission au Président de l’Assemblée Nationale qui, malgré les protestations et
contestations des vingt (20) députés désormais ANC qui se sentaient visés, a saisi la Cour
Constitutionnelle de ces démissions.

La Cour Constitutionnelle par Décision N°E-018/10 du 22 Novembre 2010, constate la


vacance des sièges des députés dont elle a reçu les lettres de démission et autorise
l’occupation des sièges déclarés vacants par les suppléants dont elle donne la liste.

La décision ci-avant rappelée, est critiquable à tous les points de vue.

I- Procédure suivie à l’Assemblée Nationale

Les dispositions de l’article 6 du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale,


consacrées à la démission du député, stipule :

« Tout député régulièrement élu peut se démettre de ses fonctions.


Les démissions sont adressées au Président de l’Assemblée qui en donne
connaissance à l’Assemblée Nationale dans la plus prochaine séance et les notifie à la Cour
Constitutionnelle »

La démission est, en droit constitutionnel, un acte par lequel une personne renonce à
une fonction.

Elle est un acte unilatéral qui, pour devenir effective et engager son auteur, doit porter
l’indication du nom de celui-ci, la date de prise d’effet de la démission et la signature de
l’auteur.

Il est constant que les démissions dont il s’agit, n’ont pas été adressées au Président
de l’Assemblée Nationale par les députés signataires des lettres de démission. Cette
constatation renforce l’obligation faite au Président de l’Assemblée Nationale de porter les
démissions à la connaissance de l’Assemblée Nationale qui doit connaître l’existence de ces
démissions.

Il est également constant que, pour être valablement porté à la connaissance de


l’Assemblée Nationale, le Président devra donner à l’Assemblée Nationale réunie en plénière
les noms des députés démissionnaires, le contenu des lettres de démission et enfin la date de
prise d’effet des démissions.

A la plénière du 18 Novembre 2010, le Président a annoncé neuf (9) démissions, refusé


de donner les noms, mais a précisé que les lettres de démission signées ne portaient pas de
date.
Il est constant enfin que l’article 6 du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale fait
obligation au Président de l’Assemblée Nationale de notifier le corps des lettres de démission
à la Cour Constitutionnelle.

En effet la notification prévue à l’article 6 du Règlement Intérieur de l’Assemblée


Nationale est la formalité par laquelle les démissions sont portées à la connaissance de la
Cour Constitutionnelle.

Elle permet, en droit constitutionnel, à la Cour, de prendre connaissance des noms des
députés qui démissionnent, de l’expression écrite de leur décision, de la date de prise d’effet
de la démission et enfin de relever qu’il s’agit d’un acte signé.

Il ressort de tout ce qui précède que l’obligation d’informer l’Assemblée Nationale,


prévue à l’article 6 du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale n’a pas été respectée par
le Président de l’Assemblée Nationale et c’est en vain qu’il évoque tant dans le Procès-
verbalde la plénière du 18 Novembre 2010 adressé à la Cour Constitutionnelle que dans le
communiqué du Bureau de l’Assemblée Nationale du 19 Novembre, l’incident survenu à la
plénière de la veille pour s’exonérer de cette obligation.

A ce qui précède il faut ajouter les lettres de protestation adressées après la plénière
du 18 Novembre 2010, le jour même, par les députés qui se sentaient abusivement visés par
l’annonce en plénière de l’existence de neuf (9) démissions, parmi lesquels les députés dont
les noms se retrouvent dans la décision N°E-018/10 rendue le 22 Novembre 2010 par la Cour
Constitutionnelle.

D’ailleurs l’examen chronologique des dates des correspondances visées par la


décision N°E-018/10 du 22 Novembre 2010 est assez édifiant.

En effet, il y a d’abord la lettre du 11 Novembre 2010 du Président de l’Assemblée


Nationale transmettant des démissions à la Cour Constitutionnelle en violation des
dispositions de l’article 6 du Règlement Intérieur qui imposait au Président, avant toute
transmission des démissions à la Cour Constitutionnelle, d’en informer l’Assemblée Nationale.

Il y a ensuite la lettre N°163/2010/CC/P du 17 Novembre 2010, adressée par le


Président de la Cour Constitutionnelle au Président de l’Assemblée Nationale.

Il y a la plénière du 18 novembre 2010 au cours de laquelle l’information des députés


réunis en plénière avait une forte allure d’une régularisation du reste manquée ainsi qu’en
témoigne le Procès-verbal de la plénière du 18 Novembre adressé par le Président de
l’Assemblée Nationale à la Cour Constitutionnelle.

Les manquements juridiques relevés dans la procédure mise en œuvre par le Président
de l’Assemblée Nationale, violent les dispositions de l’Article 6 du Règlement Intérieur de
l’Assemblée Nationale. Ils sont constants dans les actes transmis par le Président de
l’Assemblée Nationale. Une simple lecture des actes de démission et du Procès-verbal de la
plénière du 18 Novembre 2010 permettait à la Cour Constitutionnelle de relever les vices qui
entachent gravement la procédure de démission conduite par le Président de l’Assemblée
Nationale.

II- Procédure devant la Cour Constitutionnelle

1)- La procédure devant la Cour constitutionnelle est fixée par les articles 31, 32 et 33
du Règlement Intérieur de la Cour.

L’article 33 dispose notamment que :« Dès la réception d’une requête, le Président


désigne par ordonnance un rapporteur parmi les juges de la Cour

Le rapporteur instruit l’affaire et soumet un rapport écrit à la Cour dans le délai fixé par
ladite ordonnance.

Le rapport et le projet de décision sont établis au moins en dix (10) exemplaires et


présentés au Président de la Cour. Après le dépôt du rapport, la Cour se réunit en assemblée
et délibère à huis-clos.

Nul ne peut demander à être entendu lors des débats de la Cour ».

L’article 33 du Règlement Intérieur de la Cour constitutionnelle n’opère aucune


distinction entre les requêtes. Cette disposition claire soumet toutes les requêtes à la même
règle. Toute requête, quelle qu’elle soit, doit donner lieu à la désignation d’un juge rapporteur.
Le premier acte du Président de la Cour, dès la réception de la requête, est la désignation par
ordonnance d’un juge rapporteur.

La Décision de la Cour, lorsqu’un juge rapporteur a été désigné, fait état dans les visas
durapport présenté à la Cour après analyse des éléments du dossier.(cf : Décision N°E-
004/05 du 2 Mai 2005, Décision N°C-003/09 du 9 Juillet 2009.)

La simple lecture des visas de la Décision N°E-018/10 du 22 Novembre 2010, permet


de constater qu’aucun rapporteur n’a été désigné par ordonnance du Président et aucun
rapport n’a été présenté à la Cour après analyse du dossier.

Il s’ensuit que la Cour n’a pas respecté les prescriptions de l’article 33 de son
Règlement Intérieur.

Le constat ci-avant, présente une importance juridique incontestable pour quatre


raisons :
En effet, les députés, qui pouvaient se sentir visés par l’annonce en plénière de
l’existence de démission sans indication de noms, ont écrit chacun une lettre de protestation
au Président de l’Assemblée Nationale. Copies de ces lettres ont été transmises pour
information et à toutes fins de droit à la Cour Constitutionnelle.

Le procès verbal de la plénière du 18 Novembre 2010, adressé à la Cour par le


Président de l’Assemblée Nationale après la séance, fait lui aussi état d’un incident causé par
l’indication du nom d’un député qui a protesté véhémentement clamant n’avoir jamais transmis
de lettre de démission ni fait transmettre ladite lettre au Président de l’Assemblée Nationale.

Il y a ensuite le contenu même de ce procès verbal qui reconnaît expressément la non


observation des prescriptions de l’article 6 du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale,
puisqu’il y est précisé que la séance a été levée suite à l’incident.

Il y a enfin l’absence de date sur les lettres de démission.

Un juge rapporteur régulièrement désigné, en application de l’article 33 du Règlement


Intérieur de la Cour, aurait certainement relevé ces vices et manquements et son rapport
aurait éclairé la religion de la Cour.

La violation des dispositions de l’article 33 du Règlement Intérieur de la Cour a nui à la


qualité juridique de la Décision N°E-018/10 du 22 Novembre 2010

2)- La saisine en droit est la formalité par laquelle un justiciable soumet à une
juridiction, le règlement d’un conflit ou la constatation d’une situation génératrice d’effets
juridiques. Il s’agit d’une façon générale d’une demande, peu importe la forme de celle-ci.

La Cour Constitutionnelle,qui reconnaît avoir reçu les lettres des 11 et 18


Novembre 2010, à elle adressées par le Président de l’Assemblée Nationale,fixe dans la
Décision N°E-018/10 du 22 Novembre 2010 la date de sa saisine au 18 Novembre 2010.

Un simple rapprochement de ces lettres des 11 et 18 Novembre 2010, établit que la


première demande est celle contenue dans la lettre du 11 Novembre 2010.

En effet, le Président de l’Assemblée Nationale, qui déclarait dans cette première lettre
transmettre les démissions reçues, formulait de la façon suivante sa demande qui,
juridiquement, saisit la Cour :

« A cet effet je vous transmets les documents afférents pour compétence afin de
statuer sur le cas »

La saisine de la Cour Constitutionnelle n’est pas juridiquement discutable.


La même demande, répétée dans la lettre du 18 Novembre 2010 dans les mêmes
termes d’ailleurs, ne pouvait plus valablement saisir à nouveau, la Cour:

« je vous transmets les documents pour compétence afin de statuer sur les
cas ».

Pourquoi la Cour a-t-elle préféré viser, en violation de l’article 31 de son Règlement


Intérieur, la demande répétée dans la lettre du 18 Novembre 2010, alors que sans conteste
celle-ci est superfétatoire, donc irrecevable.

Simplement parce que la demande contenue dans la lettre du 11 Novembre, viole la


règle de l’article 6 du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale qui prévoit avant toute
saisine de la Cour Constitutionnelle, l’information préalable de l’Assemblée Nationale.

Il a manqué à tous ces juristes de circonstance qui ont assisté le Président de


l’Assemblée Nationale, l’intelligence de conseiller à celui-ci le retrait de sa première demande
avant tout débat au fond et de présenter une nouvelle demande contenant le respect, du reste
approximatif en tout cas incomplet et juridiquement contestable, de la régularisation contenue
dans la lettre du 18 Novembre 2010, qui, de ce fait, deviendrait la seule et unique demande.

Les juristes de circonstance ne savent peut-être pas que la saisine d’une juridiction
n’est ni irrémédiable ni définitive.

Ainsi va le droit judiciaire. La faute est définitivement commise par cette Cour qui vise
sans frémir, dans sa Décision N°E-018/10 du 22 novembre 2010, deux demandes
régulièrement reçues et enregistrées : la première saisine recevable mais mal fondée sur
laquelle elle se tait, la seconde irrecevable parce que, une juridiction ne peut être saisie deux
fois par le même requérant de la même demande dont le bien fondé est du reste
contestable,et sur laquelle elle se prononce.

Je me garde de porter un jugement de valeur. La faute juridique commise par la


Décision de la Cour est suffisamment éloquente.

3)- S’agissant de l’acte de démission :il faut rappeler qu’une démission juridiquement
valable, lorsque la Loi exige qu’elle soit écrite, doit indiquer les nom et prénoms de la
personne qui démissionne, l’expression claire de la décision de démissionner avec indication
de la fonction dont on démissionne. Elle doit être signée par la personne qui démissionne et
indiquer la date de prise d’effet de la démission. La date doit, en application d’un vieux
principe de droit, être déterminée ou alors déterminable.

C’est ainsi qu’on peut valablement démissionner par exemple « à compter de la date de
réception de la lettre de démission » alors que l’acte lui-même ne porte aucune date.
Le droit constitutionnel, celui là même qui doit fonder les décisions de la Cour
Constitutionnelle, affirme qu’une démission écrite sans indication de date constitue une
démission en blanc. Elle se présente sous la forme d’une lettre signée mais non datée
remise en guise de garantie d’un engagement. Le droit constitutionnel déclare cette pratique
contraire au principe de l’interdiction de mandat impératif contenu justement dans l’article 52
de la Constitution togolaise.

C’est en vain que la Cour évoquera la procédure de notification de l’article 6 du


Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale.

Le problème juridique qui se pose est très simple.

La Cour Constitutionnelle peut-elle valablement recevoir notification d’un acte que le


droit constitutionnel déclare irrémédiablement contraire au principe de l’interdiction du mandat
impératif contenu dans l’article 52 de la Constitution ?

L’article 104 de la Constitution de la République Togolaise, consacré à la compétence


de la Cour Constitutionnelle, affirme que :

« La Cour Constitutionnelle est la juridiction chargée de veiller au respect des


dispositions de la constitution ».

Il s’agit là d’une « charge » de tous les jours et de chaque instant.

La Cour Constitutionnelle, haute juridiction à laquelle la Constitution donne une


compétence exclusive claire, ne peut recevoir un acte déclaré contraire à une disposition de la
Constitution. Elle peut encore moins reconnaître, par une décision juridictionnelle, des effets
juridiques attachés à un tel acte.

Certains ont indiqué dans une sorte de divagation juridique que la Décision N°E-018/10
du 22 novembre 2010 pourrait trouver son fondement dans la règle
« NemoAuditurPropriamTurpitudinamAllegans » Nul ne peut alléguer sa propre faute en
matière de contrats immoraux ».

Il suffira d’indiquer que le problème des démissions se pose en droit constitutionnel


devant la Cour Constitutionnelle et non devant les juridictions civiles devant lesquelles
d’ailleurs, dans le cas d’espèce, cette règle ne peut recevoir application.

4)- La dernière violation relevée dans la Décision N°E-018/10 du 22 novembre 2010


concerne la règle qui organise les délibérations des juridictions.

Cette règle prescrit de façon stricte que la composition qui délibère doit être la même
que celle qui rend la décision.
Cette règle a été reprise par l’article 25 du Règlement Intérieur de la Cour
Constitutiionnelle qui exige la mention des noms de tous les juges ayant participé à la
délibération et la signature de ceux-ci.

Article 25 : Les décisions de la Cour comportent les visas, les motifs et le dispositif.

Elles contiennent les noms des juges qui ont siégé et leur signature

Il ne fait aucun doute, et ceci est de notoriété publique, que les neuf (9) juges de la
Cour Constitutionnelle ont délibéré ensemble. Même les journaux ont fait état de cette réalité.

La décision rendue publique par la Cour Constitutionnelle fait étatde huit (8) juges
seulement qui auraient délibéré.

Quelle valeur juridique faut-il donner à la décision publiée par la Cour


Constitutionnelle ?

III- Problématique de la déviance des CoursConstitutionnelles

Finalement, la Décision N°E-018/10 du 22 Novembre 2010 qui semble recevoir


application malgré tous les manquements et vices relevés, pose en réalité un problème
fondamental.

Nous savons que : lorsque le prêtre officiant déclare, quelles que soientt la qualité et la
valeur du pain et du vin : que « ceci est mon corps et ceci est mon sang », le mystère de
l’eucharistie s’accomplit immédiatement et irrémédiablement pour le chrétien ; mais alors là,
nous sommes dans le domaine de la Foi, dans les relations du chrétien à Dieu.

La vérité juridique exprimée par la Décision de la Cour Constitutionnelle ne saurait


bénéficier du même pouvoir, car alors, nous sommes dans le domaine de la Raison, cette
faculté qui permet au citoyen de connaître et d’apprécier un fait, un acte et un raisonnement
juridiques, de les juger conformes aux principes et règles de droit.

Les Décisions de la Cour Constitutionnelle ne peuvent s’imposer « ergaomnes » que si


elles respectent les dispositions de la Loi fondamentale, les principes généraux du droit, les
règles juridiques en vigueur et bien entendu les conventions et protocoles internationaux
ratifiés par la République Togolaise ; l’ordonnancement juridique qui constitue dans notre
pays, la « Raison Ecrite ».

Voilà donc, Juridiquement et totalement désarticulée, la Décision N°E-018/10 du 22


novembre 2010 de la Cour Constitutionnelle qui se propose d’exclure, de l’Assemblée
Nationale, neuf, pas moins, élus de la Nation.
Contre de telles décisions, Mirabeau déclarait :« La Justice est un besoin de tous et de
chaque instant, comme elle doit imposer le respect, elle doit inspirer la confiance ».

Il est impressionnant de constater la place et le rôle fondamental que les constitutions


réservent généralement à la Cour Constitutionnelle.

La Constitution de la République Togolaise attribue une compétence véritablement


immense à la Cour Constitutionnelle :

Elle vérifie la constitutionnalité des lois qui règlementent la vie des citoyens, elle
protège les membres de la société nationale en garantissant le respect des droits
fondamentaux de la personne humaine. Elle veille au respect des libertés publiques. Elle
intervient pour un fonctionnement harmonieux des institutions de la République et pour
l’exercice régulier de l’activité des pouvoirs publics. Elle statue enfin sur la régularité des
consultations électorales essentielles en protégeant le droit des citoyens électeurs à se choisir
librement leurs dirigeants.

Il s’en suit que la Cour Constitutionnelle est la plus haute et la plus importante
juridiction de l’Etat.

Elle devrait avec un tel pouvoir de contrôle et d’intervention, constituer le socle d’une
vie nationale apaisée, le ciment de la démocratie, l’ultime rempart contre tous les abus des
pouvoirs publics.

En effet, le rôle premier et fondamental de la Cour Constitutionnelle est d’assurer


l’effectivité et le libre exercice de tous les droits garantis et protégés par la Constitution. La
Cour Constitutionnelle a en réalité et finalement pour mission de promouvoir l’Etat de droit.

L’absence de respect des procédures, l’impertinence des raisonnements juridiques qui


conduisent à ses décisions, l’interprétation très souvent erronée des principes généraux du
droit, des dispositions constitutionnelles et législatifs ainsi que la volonté des juges
constitutionnels d’occulter des éléments constants des dossiers soumis à leur examen
aboutissent finalement et en réalité à un déni de justice totalement contraire à sa mission,
celle fondamentale de promouvoir l’Etat de droit.

Le caractère volontairement partisan des décisions des Cours Constitutionnelles,


dénoncées ça et là, la perte de confiance des populations qui jugent souvent contraires au
droit les décisions que les hautes juridictions tentent de faire appliquer, les vices juridiques
énormes et les interprétations manifestement erronées des Lois obligent en Afrique à réfléchir
au bien fondé de l’absence de recours que les constitutions attachent aux décisions des
hautes juridictions en matière constitutionnelle.
Une première piste pourrait conduire à reconnaître la nécessité d’un mécanisme
juridique de correction.

Une véritable procédure de révision pourrait permettre à la Cour d’examiner les griefs
juridiques fort justifiés en droit, élevés très souvent contre ses Décisions.

L’existence d’une telle procédure évitera sans doute la grande légèreté avec laquelle
les décisions des Cours Constitutionnelles sont conduites et motivées.

J’ai encore la certitude, peut-être parce que j’ai été un des leur, que nulle mission n’est
plus saine ni plus difficile que celle du Juge. Mêlé aux passions de toutes sortes, sollicité par
les faiblesses humaines, le juge doit s’y montrer supérieur. Voué à des travaux obscurs et
difficiles le juge doit trouver la récompense de ses efforts non pas dans les bruits de la
renommée mais dans les calmes satisfactions de la conscience.

Il doit garder à l’esprit qu’il constitue le déshonneur et le fléau de nos sociétés si,
oubliant la hauteur de sa mission, il lui arrive d’abuser de l’immense autorité que nos sociétés
lui confient.

SEGUIER Antoine Mathieu, Magistrat, instruisant le dossier du Maréchal Ney,


poursuivi pour trahison, disait : « la Cour rend des arrêts et non pas des services ».

Quelle belle, haute et juste idée de la mission du juge, Messieurs les membres de la
Cour Constitutionnelle !

Note écrite de son siège éjectable « ad nutum » par


Maître LAWSON-LANCELOT Latévi Calvin Georges
Député ANC
Président de la Commission des Relations
Extérieures et de la Coopération
Avocat
Ancien Procureur Général
Près la Cour d’Appel
Et la Cour Suprême du Togo
A Memorandum written from his ejection seat “ad nutum” by
Barrister LAWSON-LANCELOT Latevi Calvin George
ANC Member of National Assembly
Chairman of the External Relations and Cooperation Committee
Lawyer
Former Attorney General
At the Court of Appeal
And the Supreme Court of Togo

1
NOTE

The Constitutional Court of the Republic of Togo rendered on 22nd


November 2010 a decision which is legally strange in many respects.

It has been established that on 30th August 2007 during the swearing
in ceremony of their party, the candidates of the Union des Forces de
Changement (UFC) registered on the electoral list signed three
documents:

- A first document entitled:


“Contract of Trust of UFC”
Membership Pact to UFC Values”

This document provides the general conditions of candidature.

- A second document entitled:


“Contract of Trust
Membership Pact with UFC Values
Commitment of the Candidate”.

- The third document is a model of Resignation Letter typed without


any name or date, addressed to the Speaker of the National
Assembly and bearing the reference of Member of the National
Assembly.

2
These signed documents were collected by the National Chairman
Mr. Gilchrist OLYMPIO and then, the candidates officially took an
oath in the presence of the National Bureau.

Twenty-seven (27) of these candidates were elected in October


2007 to the National Assembly of the Republic of Togo.

In October 2010, an internal political crisis within the Union des


Forces de Changement (UFC) led to a split.

The Leaders and militants resigned from the Union des Forces de
Changement (UFC) and created their own party, the ALLIANCE
NATIONALE POUR LE CHANGEMENT (ANC) which twenty (20) out of
the twenty-seven (27) Members of the National Assembly joined.

The new Bureau of the Union des Forces de Changement (UFC)


forwarded the letters of resignation to the Speaker of the National
Assembly who, despite the protests and objections of the twenty (20)
Members of the National Assembly who are now members of the ANC
and who felt they were concerned, informed the Constitutional Court of
these resignations.

The Constitutional Court by Decision N°E-018/10 da ted 22nd


November 2010, noted the vacancy of the seats of the Members of the
National Assembly whose resignation letters it has received and
authorizes the occupation of the said seats declared vacant by the
substitutes, the list of whom it has provided.
3
The above mentioned decision is questionable from every point of
view.

I – Procedure applied at the National Assembly


The provisions of article 6 of the Bye-Laws of the National
Assembly related to the resignation of a Member of the National
Assembly stipulate:
“That any Member of the National Assembly regularly elected may
resign from his functions.
The resignations shall be addressed to the Speaker of the
Assembly who shall inform the National Assembly during the next
nearest session and shall also inform the Constitutional Court”

The resignation is, in constitutional law, a decision by which a


person relinquishes his mandate.
It is a unilateral decision which, to become effective and commit its
author, must bear his name, the date the resignation takes effect and
the signature of the author.

It is obvious that the resignations that we are talking about were


not addressed to the Speaker of the National Assembly by the Members
of the National Assembly who signed these resignation letters. This is
the more reason why the Speaker of the National Assembly is obliged to
inform all the Members of the National Assembly of the resignations.

4
It is equally obvious that, in order to officially inform the Members
of the National Assembly, the Speaker must give to the National
Assembly during a plenary session, the names of the resigning
Members of the National Assembly, the content of the letters of
resignation and finally the date on which the resignations take effect.

During the plenary session of 18th November 2010, the Speaker


announced nine (9) resignations; he refused to give the names but
mentioned that the signed letters of resignation did not carry any date.

It is finally obvious that article 6 of the Bye-Laws compels the


Speaker of the National Assembly to inform the Constitutional Court of
the body of the letters of resignation.

Indeed, the notification provided for in article 6 of the Bye-Laws of


the National Assembly is the formality through which the Constitutional
Court is informed of the resignations.

It allows the Court, in conformity with the Constitutional Law, to be


informed of the names of the Members of the National Assembly who
are resigning, to take cognisance of the written content of their decision,
to know the date their decision is taking effect and finally to note that it is
a signed decision.

The conclusion of what has been said so far is that the obligation
to inform the National Assembly provided for in Article 6 of the Bye-Laws
was not complied with by the Speaker of the National Assembly and it is
5
in vain that he mentions both in the Minutes of the plenary session of
18th November 2010 addressed to the Constitutional Court and in the
communiqué of the Bureau of the National Assembly of 19th November
the incident that occurred during the previous plenary session to exempt
himself from the obligation to inform the National Assembly provided for
in article 6 mentioned above.

In addition to what has been said, one must add the protest letters
addressed after the plenary session of 18th November 2010 the very
day, by the Members of the National Assembly who felt abusively
concerned by the announcement in plenary of the existence of nine (9)
resignations, among whom the Members of the National Assembly
whose names are included in the decision N° E-018/1 0 made on 22nd
November 2010 by the Constitutional court.

Besides, a chronological analysis of the dates of the letters


specified by the decision N°E-018/10 of 22 nd November 2010 is quite
edifying.

Indeed, first of all, there is the letter dated 11th November 2010,
from the Speaker of the National Assembly forwarding resignations to
the Constitutional Court in violation of the provisions of article 6 of Bye-
Laws which compels the Speaker to inform the National Assembly
before any resignation letter is forwarded to the Constitutional Court.

6
Then the letter dated 17th November 2010, addressed by the
President of the Constitutional Court to the Speaker of the National
Assembly.

There is the plenary session of 18th November 2010 during which,


the information about the Members of the National Assembly gathered in
plenary just looked like a rather disappointing regularisation, testified by
the Minutes of the plenary session of 18th November sent by the
Speaker of the National Assembly to the Constitutional Court.

The legal irregularities identified in the procedure used by the


Speaker of the National Assembly are in violation of the provisions of
article 6 of the Bye-Laws. They are obvious in the decisions forwarded
by the Speaker of the National Assembly. A simple reading of the
resignation decisions and of the Minutes of the plenary session of 18th
November 2010 would have helped the Constitutional Court to identify
these irregularities which seriously affect the resignation procedure
applied by the Speaker of the National Assembly.

II – Procedure before the Constitutional Court


1) – The procedure before the Constitutional Court is set by
articles 31, 32 and 33 of the Bye-Laws of the Court.

Article 33 provides notably that: “Right after receiving a request,


the President of the Court shall appoint by order a rapporteur among the
Judges of the Court.

7
The rapporteur shall proceed to deal with the case and shall
submit a written report to the Court within the deadline established by
the said order.

The report and the draft decision shall be prepared at least in ten
(10) copies and presented to the President of the Court. After submitting
the report, the Court shall meet in assembly and shall deliberate behind
closed doors.

No one shall request to be heard during the debates of the Court.

Article 33 of the Bye-Laws of the Constitutional Court does not


make any difference in the requests. This clear provision subjects all
requests to the same rule. Any request no matter the purpose shall call
for the appointment of a Judge Rapporteur. The first decision of the
President of the Court, right after the reception of the request is the
appointment by order of a Judge Rapporteur.

The Decision of the Court, when a Judge Rapporteur is appointed,


shall make reference to the report presented at the Court after analysis
of the various elements of the case. (cf: Decision NoE-004 of 2nd May
2005, Decision NoC-003/09 of 9th July 2009.)

The simple reading of the references of the Decision N°E-018/10


nd
of 22 November 2010, indicated that that no Rapporteur has been
appointed by order of the President of the Court and no report was
presented to the Court after analysis of the case.

This is the sign that the Court did not comply with the provisions of
article 33 of its Bye-Laws.

The above observation presents an unquestionable legal


importance for four reasons:

Indeed, the Members of the National Assembly who felt concerned


by the announcement in plenary session of the existence of resignation
without mentioning of the names have each written a protest letter to the
Speaker of the National Assembly. Copies of these letters were
forwarded for information and for all intents and purposes to the
Constitutional Court.
8
The minutes of the plenary of 18th November 2010, addressed to
the Court by the President of the National Assembly after the session,
also mentioned an incident created by the mentioning of the name of a
Member of National Assembly who vehemently objected having ever
forwarded a letter of resignation or asked for the forwarding of the said
letter to the Speaker of the National Assembly.

There is also the very content of these minutes which clearly


recognise the non compliance with the provisions of article 6 of the Bye-
Laws of the National Assembly since the minutes state that the session
was adjourned after the incident.

There is lastly the absence of the date on the letters of resignation.

A Reporting Judge who is regularly appointed, in compliance with


article 33 of the Bye-Laws of the Court, would certainly identify these
irregularities and his report would have clarified the decision of the
Court.

The violation of the provisions of article 33 affects the legal quality


of the Decision NoE-018/10 of 22nd November 2010.

2) – The submission of a case to the court is the formality whereby


a justifiable refers to a jurisdiction to settle a dispute or to notify
a situation that creates legal effects. Generally speaking, it is a
request, no matter it form.

The Constitutional Court which recognizes having received


the letters dated 11th and 18th November 2010, addressed to it
by the Speaker of the National Assembly sets in the Decision
of No.E-018/10 of 22nd November 2010 the date of its referral
to 18th November 2010.

A simple reconciliation of these letters of 11th and 18th


November 2010 shows that the first request is the one contained
in the letter dated 11th November 2010.

Indeed, the Speaker of the National Assembly who declared


in this first letter that he had forwarded the resignations received,
9
formulated in the following way his request which legally informs
the Court:

“To this effect I forward to you the related documents


for competence in order to rule on the case”

The referral to the Constitutional Court is not legally


questionable.

The same request repeated in the letter of 18th November


2010 in the same terms besides could no longer inform the Court
once again:

“I forward to you the documents for competence in


order to rule on the case”.

Why did the Court prefer to refer, in violation of article 31 of


its Bye-Laws, the repeated request in the letter of 18th November
2010, whereas unquestionably the latter is superfluous, therefore
irregular.

Simply because the request contained in the letter of 11th


November violates the rule of article 6 of the Bye-Laws of the
National Assembly which stipulates that before any referral to the
Constitutional court, the National Assembly must first be informed.

All these legal experts of the moment who assisted the


Speaker of the National Assembly lacked the necessary
intelligence to advice the Speaker to withdraw his first request
before any debate on the substance and to present a new request
which contains at least the approximate and in any case, the
incomplete and legally questionable compliance with the
regularisation contained in the letter dated 10th November 2010,
which shall therefore become the sole request.

Maybe, the legal experts of the moment do not know that the
referral to a jurisdiction is neither irretrievable nor final.

Such is the judicial law. The mistake is definitely committed


by this Court which refers without hesitation in its Decision N°E-
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018/10 of 22nd November 2010 to two requests regularly received
and registered: the first referral receivable but not justifiable on
which the Court is silent, the second which is irregular because, a
jurisdiction cannot be referred to twice by the same claimant of the
same request which genuineness is all the same questionable,
and on which it has taken a decision.

I do not want to make a value judgment. The legal mistake


made by Decision of the Court is sufficiently eloquent.

3) – With regard to the resignation decision: let us recall that a


legally valid resignation, when the law requires that it must be
written must include the full names of the person who is
resigning, the clear expression of the decision to resign with the
mention of the function from which one is resigning. It must be
signed by the person who is resigning and indicate the date the
resignation shall take effect. The date shall in compliance with
an old law principle be determined or determinable.

This is how a person can legitimately resign for example with


effect from the date of the reception of the resignation letter whiles
the decision itself does not bear any date.

The Constitutional Law, the very one which must serve as


the basis for the decisions of the Constitutional Court declares that
a resignation without any indication of the date constitutes a blank
resignation. It is presented in the form of a letter signed which
does not indicate any date and which is handed over as a
guarantee of a commitment. The Constitutional Law declares this
practice contrary to the principle of prohibition of an imperative
mandate rightly stipulated in article 52 of the Constitution of the
Republic of Togo.

It is in vain that the Court will mention the procedure of


notification of article 6 of the Bye-Laws of the National Assembly.

The legal problem which is raised is very simple.

Can the Constitutional Court legitimately receive a


notification of a decision which the Constitutional Law declares
11
irremediably contrary to the principle of prohibition of the
imperative mandate in article 52 of the Constitution?

Article 104 of the Constitution of the Republic of Togo


devoted to the competence of the Constitutional Court declares:

“The Constitutional Court is the jurisdiction responsible for


ensuring compliance with the provisions of the Constitution”.

This is an issue of daily ‘’responsibility’’.

The Constitutional Court, high jurisdiction to which the


Constitution give an exclusive and clear competence shall not
receive a decision declared contrary to a provision of the
Constitution. It may all the same recognise, through a judicial
decision, legal effects attached to such a decision.

Some people declared in legal ramblings that the Decision


N°E-018/10 of 22 nd November 2010 may be justified by the rule
“Nemo Auditeur Propriam Turpitudinam Allegans” No one can
allege his own mistake in terms of immoral contracts”.

It is just a matter of indicating that the problem of


resignations are raised in terms of constitutional law before the
Constitutional Court and not before the Civil Jurisdictions before
which, in this case, this rule cannot by applied.

4) – The last violation identified in the Decision N°E-018/10 of


nd
22 November 2010 concerns the rule which organises the
deliberations of the jurisdictions.

This rule provides in a strict manner that the composition


of the judges who deliberates must be the same who renders the
decision.

This rule was repeated in article 25 of the Bye-Laws which


requires the mentioning of the names of all the Judges who
participated in the deliberation and signing of the decision.

12
Article 25: The decisions of the Court include the
references, the motives and the setting.

They include the names of the Judges who signed and


their signature.

There is no doubt, and this is known to the public that the


nine (9) Judges of the Constitutional court deliberated together.
Even the media made mention of this fact.

The decision made public by the Constitutional Court


makes mentioned only eight (8) Judges who have deliberated.

What legal value must one give to the decision published


by the Constitutional Court?

III – Problem of deviation of the Constitutional Courts

Finally the Decision N°E-018/10 of 22 nd November 2010


which seems to be enforced despite all the irregularities and
lapsed identified, poses in reality a fundamental problem.

We do know that: when the officiating priest declares, no


matter the quality and value of the bread and wine, that this is my
body and this is my blood, the mystery of the Sacrament is
accomplished immediately and irremediably for the Christian; but
then, we are in the area of faith, in the relationship between the
Christian and God.

The legal truth expressed by the Decision of the


Constitutional Court would only benefit from the same power, for,
we are in the area of Reason, this faculty which enables the citizen
to know and appreciate a fact, a decision and a legal reasoning, to
judge them in accordance with the legal principles and regulations.

The Decisions of the Constitutional Court cannot only be


imposed “erga omnes” if they comply with the provisions of the
fundamental law, the general principles of the law, the legal rules
in force and of course the international conventions and protocols

13
ratified by the Republic of Togo; the legal order which constitutes
in our country the “Written Reason”.

This is therefore how we legally and totally disarticulate


and break down the Decision N°E-018/10 of 22 nd November 2010
of the Constitutional Court which proposes to exclude from the
National Assembly, nine, not less, elected officers of the Nation.

Against such decisions, Mirabeau stated that “Justice is a


need of all and on every occasion, as it has to impose respect, it
must inspire trust”.

It is impressive to note the fundamental place and role that


constitutions generally ask the Constitutional Courts to play in the
society.

The Constitution of the Republic of Togo attributes a


significant responsibility to the Constitutional Court.

It shall check the constitutionality of the laws which


regulate the life of the citizens; it shall protect the members of the
national society by guaranteeing the respect of the fundamental
rights of the human being. It shall see to the respect of public
liberties. It shall intervene for a harmonious functioning of the
institutions of the Republic and for the regular execution of the
activity of public authorities. It shall finally rule on the regularity of
elections by protecting the right of the voters to freely chose their
leaders.

The Constitutional Court is therefore the highest and most


important jurisdiction of the State.

With such a power of control and intervention, it must


constitute the basis of a peaceful national life, the cement of
democracy, the last shield against all the abuses of public
authorities.

Indeed the first and fundamental role of the Constitutional


Court is therefore to ensure the effectiveness and the free
exercise of all the rights guaranteed and protected by the
14
Constitution. It has in reality and finally the mission of promoting
the rule of law.

The non compliance with the procedures, the lack of


relevance of the legal reasoning which led to its decisions, the
interpretation very often erroneous of the general principles of law,
the constitutional and legislative provisions, the will of the
Constitutional Judges to ignore some obvious elements of the
cases submitted to their examination finally and in reality lead to a
denial of justice totally contrary to its mission, that of promoting the
rule of law.

The voluntarily partisan nature of the decisions of the


Constitutional Court denounced here and there, the loss of trust
from the people who often think that the decisions that the high
jurisdictions are trying to apply are contrary to the law, the serious
legal irregularities and the obviously wrong interpretations of the
laws compel people in Africa to think about the genuineness of the
lack of recourse that the constitutions attach to the decisions of the
high jurisdictions in constitutional terms.

A first possibility may be the recognition of the need to set


up a legal mechanism of correction.

A real review procedure could allow the Court to examine


the strongly legally justified grievances often set against its
Decisions.

The existence of such a procedure will undoubtedly avoid


the great fickleness with which the decisions of the Constitutional
Courts are taken and motivated.

I am still sure, maybe because I was one of them; that no


mission is either healthier or more difficult than that of the Judge.
Mixed with all kinds of passion, attracted by the human
weaknesses, the Judge must make sure that he is above all of
them. Devoted to obscure and difficult works, the Judge must find
the reward of his efforts not in the noise of the fame but in the
calm satisfactions of his conscience.

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He must bear in mind that he constitutes the dishonour
and the scourge of our societies if he forgets the nobility of his
mission and manages to abuse the immense authority that our
societies entrust to him.

Lord SEGUIER Antoine Mathieu, Magistrate, dealing


with the case of Marshal Ney, sued for treason, said the
“Court gives judgement and does not render services”.

What a beautiful, high and just idea of the mission of the


Judge, Honourable members of the Constitutional Court:

A Memorandum written from his ejection seat “ad nutum” by


Barrister LAWSON-LANCELOT Latevi Calvin George
ANC Member of National Assembly
Chairman of the External Relations and Cooperation Committee
Lawyer
Former Attorney General
At the Court of Appeal
And the Supreme Court of Togo

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