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02OXZQR Lingua francese II livello

2015-2016
Secondo periodo

Liasse d’articles, de documents authentiques…

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Les TIC
(Technologies de l'Information et de la Communication)

Particuliers ou entrepreneurs, nous vivons tous aujourd'hui dans une société de la


communication électronique, plurielle et immédiate. Voici quelques points de repères pour s'y
retrouver.

Les TIC (technologies d'information et de communication) ou NTIC (nouvelles technologies


d'information et de communication) regroupent l'ensemble des outils mis en place pour
manipuler, produire, faire circuler et permettre une meilleure diffusion de l'information. Le
secteur des TIC englobe l'ensemble des entreprises qui exercent leurs activités dans les domaines
de l'électronique, des télécommunications ou d'Internet.
Le développement d'Internet à haut débit, la démocratisation de l'ordinateur et des nouvelles
technologies découlent d'une baisse des tarifs proposés par les fournisseurs d'accès et d'une
demande de plus en plus présente de la clientèle. Le boum des blogs et des messageries
électroniques donne aux TIC une place de plus en plus vaste dans notre société.

Depuis environ 30 ans les TIC sont petit à petit apparues dans le monde de l'entreprise et ce au fur
et à mesure de l'apparition de nouvelles technologies. Pour l'entreprise, le but est de s'adapter à
ces évolutions, de mettre en place un management adapté, pour une meilleure communication
autant interne (circulation de l'information via intranet, vidéo conférence etc.) qu'externe en
diffusant l'information au public par le biais de nouveaux moyens de communication.

Les TIC sont présentes dans 3 grandes catégories:


- les télécommunications incluant les centres d'appels, la téléphonie mobile, le système GPS...
- l'électronique, les composants, l'équipement grand public les télévisions lecteurs dvd etc....
- Internet, serveurs, réseaux, conseil, dépannage...

Répondant à une demande de la clientèle, trois quarts des entreprises françaises ont ce que l'on
appelle un «site vitrine» mais peu d'entre elles ont mis en place un service de vente en ligne. Le e-
commerce est l'outil indispensable pour la communication d'une entreprise, il permet de mettre
en avant ses atouts et ses savoir-faire. Les principales branches du e-commerce sont le commerce

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interentreprises (B to B, Business to Business) et le commerce aux particuliers (B to C, Business to
Consumer). La fidélisation clients est optimisée grâce à l'envoi de courriels à un fichier clientèle,
cette méthode permet de présenter les nouveaux produits, les promotions et de maintenir un
contact permanent avec les clients en ciblant les offres par rapport aux besoins de chaque
personne. Outre le ciblage très précis que permet ce système, il est aussi bien plus économique
qu'un envoi de courrier classique. Les limites de ce système sont les problèmes de traçabilité des
transactions et de sécurisation des paiements.
Plus qu'une ouverture vers le grand public les TIC révolutionnent l'organisation interne de
l'entreprise, les logiciels de gestion appelés les ERP (Entreprise Ressource Planning) gèrent
différentes tâches comme les stocks ou la trésorerie, le travail collaboratif est simplifié grâce à
l'utilisation de l'intranet et de la messagerie, le système «wireless» ou «sans fil» maintient un lien
permanent avec des collaborateurs en déplacement tout comme la vidéo conférence, tout cela
génère un meilleur partage ainsi qu'une meilleure circulation de l'information interne.

Au cours de ces dernières années, l'industrie des TIC a grandement contribué à la croissance de
l'économie et reste un secteur important dans les échanges commerciaux au niveau mondial ainsi
que pour le développement du commerce intra entreprises.

Aller plus loin….

1)A l’heure actuelle, quelle est l’importance des TICS dans notre société ?

2)Quelles sont les principales catégories ?

3)A votre avis, qu’est-ce qu’un « site vitrine » ?

4)Pourquoi le ciblage est-il si important dans la promotion des produits ?

5)En vous basant sur une analyse SWOT*, faites un commentaire de cet article

(*)Définition de la matrice SWOT


La matrice SWOT, acronyme anglophone de Strengths, Weaknesses, Opportunites et Threats,
permet d’obtenir une vision synthétique d’une situation en présentant les Forces et les Faiblesses
de l’entreprise ainsi que lesOpportunités et les Menaces potentielles (en français, on parle
d’analyse FFOM). L’intérêt de la matrice SWOT est qu’il permet de rassembler et de croiser les
analyses interne et externe avec les environnements micro et macro de l’entreprise.

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Les forces :
ce sont les points positifs internes à l’entreprise qui lui procurent un avantage durable.
Exemple : Création de produits à forte valeur ajoutée.
Les faiblesses :
par opposition aux forces, ce sont les points négatifs internes à l’entreprise avec une marge
d’amélioration substantielle.
Exemple : Absence de notoriété hors de France.
Les opportunités :
ce sont les facteurs extérieurs ou les situations dont l’entreprise peut tirer parti.
Exemple : Ouverture d’un nouveau marché à l’étranger.
Les menaces :
elles regroupent les problèmes, obstacles ou freins extérieurs qui peuvent nuire au
développement du projet.
Exemple : Augmentation du cours de l’€ par rapport au $.

http://www.creer-mon-business-plan.fr/actualites/les-outils-danalyse-strategique-de-lentreprise-
matrice-swot.html

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Les nouvelles technologies de l'information et de la
communication : un instrument potentiel au service de
l'économie sociale ? 
par Sandoss Benabid
IREDU-CNRS Université de Bourgogne
et Gilles Grolleau
UMR INRA – ENESAD Agricultural Economics and Sociology Department

A la différence des générations précédentes où l'information constituait une denrée rare, les
individus du XXIème siècle, notamment dans les pays développés, vivent de plus en plus dans des
environnements extrêmement riches en informations, et cette tendance va croissant.

Cette surabondance informationnelle est notamment liée aux nouvelles technologies de


l'information et de communication (NTIC) qui transforment l'information en un bien disponible,
quasi-instantanément, indépendamment de la localisation géographique du producteur et du
consommateur et à un coût relativement faible. Bien que cette situation semble favoriser les
conditions d'une concurrence pure et parfaite, il faut néanmoins tenir compte des capacités
cognitives et attentionnelles limitées des individus.

En outre, les hypothèses sous-jacentes à l'efficacité du modèle du marché sont remises en


question par l'irruption des NTIC. Conformément à la maxime "trop d'informations tue
l'information", plusieurs auteurs suggèrent le passage d'une économie de l'information vers une
économie de l'attention, où la capacité à capter et à retenir l'attention devient le bien rare, objet
de l'échange. L'économie de l'information considère l'information comme un bien rare et
inégalement réparti. Néanmoins les NTIC et l'Internet en particulier génèrent une nouvelle
configuration de l'espace- temps et un espace d'expression capable d'accroître la
déterritorialisation et la simultanéité, tout en permettant une certaine dépersonnalisation des
actions.

De nombreux exemples dans le cyberespace semblent soutenir cette hypothèse, notamment


celles relatives aux échanges marchands des capacités d'attention des consommateurs. Les
acteurs de l'économie sociale n'échappent pas à cette nouvelle donne et sont également
confrontés à la nécessité de "capter" ces capacités d'attention des individus, afin de promouvoir
leurs propres valeurs. Nous explorons de manière critique ce nouveau paradigme en soulignant les
avantages potentiels des nouvelles technologies susceptibles d'être exploités par les acteurs de
l'économie sociale.
En effet, malgré l'opposition apparente entre cette nouvelle économie et l'économie sociale, les
NTIC constituent à la fois un vecteur et un espace d'expression potentiel, exploitable et adaptable
par les acteurs de l'économie sociale. Quelques potentialités fortes et originales des NTIC sont
décrites et analysées en tant qu'instruments potentiels au service de l'économie sociale. De même
que ces acteurs – essentiellement des coopératives, des mutualités et des associations – ont su
utiliser et adapter "le marché" pour atteindre leurs objectifs responsables et éthiques, ils sont
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confrontés à un défi relatif à leurs capacités à utiliser et à adapter ces nouveaux outils au
développement de leurs valeurs propres, telles que la fourniture de services notamment
informationnels, où l'intérêt collectif prime sur la recherche du profit, la gouvernance participative
et démocratique et l'autonomie de gestion en aplanissant les facteurs d'isolement (distance, coûts
de participation), la primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition des
revenus, en permettant, par exemple, aux individus d'exprimer leurs choix éthiques au-delà des
frontières géographiques, sociales et économiques habituelles. Quelques faits stylisés du
cyberespace permettent d'illustrer comment certains acteurs de l'économie sociale utilisent d'ores
et déjà les NTIC comme espace d'expression et de développement de leurs stratégies éthiques et
responsables. Nous concluons ce travail exploratoire en soulignant les enjeux sous-jacents à la
réalisation des potentialités précédentes et les limites de notre contribution, tout en suggérant
quelques pistes de recherche.

LES NTIC : UNE REMISE EN QUESTION DU MODELE MARCHAND


CLASSIQUE ?
Cette section s'appuie notamment sur les travaux de DeLong et Froomkin (2000) et s'attache à la
remise en question de quelques points précis du modèle du marché. Le modèle du marché
s'appuie sur le double rôle attribué aux mécanismes des prix. Les prix dictés par le marché
permettent de rationner la demande en attribuant les biens aux individus capables de les payer et
d'organiser l'offre en permettant aux entreprises les plus efficaces de les produire à un coût
inférieur ou égal aux prix du marché. La métaphore de la main invisible d'Adam Smith cristallise le
processus garantissant l'efficacité et la réussite de la coordination marchande. Le modèle du
marché, assimilable à un échange de droits de propriété, repose notamment sur trois principes –
‘’l'excludabilité’’ (ou exclusivité), la rivalité, la transparence – sérieusement remis en question par
le développement des NTIC.

‘’L'excludabilité’’ désigne la capacité d'exclure les autres, en général ceux qui ne payent pas, de la
consommation d'un bien. L'information digitale est bon marché et facile à copier. En outre, les
méthodes de protection des offreurs d'information (mots de passe, identification) sont
généralement coûteuses et d'une efficacité toute relative, comme le montre l'activité des hackers
ou l'impossibilité d'exclure certains utilisateurs (autres utilisateurs susceptibles d'utiliser
l'identification et les mots de passe d'un proche). En l'absence d'excludabilité, la relation entre le
producteur et le consommateur ressemble plus à une forme d'échanges de cadeaux (gift
exchange) qu'à une relation d'achat vente. Etant donné la faible excludabilité du réseau télévisé
américain dans ses premières années, les producteurs ne pouvaient faire payer les
téléspectateurs. Une solution alternative s'est imposée, évitant ainsi un échec du marché en
faisant payer des firmes soucieuses de capter l'attention des téléspectateurs, notamment par la
publicité.

Dans la micro-économie classique, la rivalité suppose que la consommation du bien par un


individu A le rende indisponible pour un individu B. En faisant payer au consommateur qui a un
consentement à payer suffisant, le marché assure une rémunération du producteur à un niveau
acceptable. Néanmoins, lorsque le bien est non rival, deux individus peuvent le consommer pour
le même prix qu'un seul. Ainsi, faire payer un prix unique aux consommateurs restreint
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inutilement la distribution de ce bien. Pour maximiser le bien-être social, il faudrait un système
permettant de faire payer tous les individus ayant un consentement à payer suffisant, c'est-à-dire
supérieur ou égal au coût marginal de production d'un nouvel exemplaire. Or, le coût de
reproduction des biens digitaux est souvent proche de zéro, ce qui signifie que chacun pourrait
l'obtenir quasiment gratuitement, ce qui risque de provoquer la disparition du producteur. L'une
des solutions à cette situation consiste à concevoir plusieurs versions du même bien en pratiquant
la différenciation parfaite des prix (Varian et Shapiro, 1997). Cette stratégie du versioning** est
manifeste lorsque des versions relativement proches du même logiciel sont proposées à des coûts
très différents, selon les consentements à payer des différents segments de la population des
consommateurs.

La main invisible suppose également une transparence des transactions où l'acheteur sait ce qu'il
veut et achète, ce qui rend la comparaison entre les vendeurs particulièrement efficace. Dans le
cas des biens informationnels, de nombreuses caractéristiques d'expérience (et éventuellement
de croyance) rendent la connaissance de ces biens et des services associés particulièrement
difficile. En effet, ce type de bien nécessite généralement d'être expérimenté pour en vérifier la
qualité  Nelson (1970), puis Darby & Karni (1973) ont distingué... (qualité des mises à jour,
efficacité de la hot line, etc.) (Nelson, 1970). En outre, les producteurs sont tentés de verrouiller
(lock-in) le consommateur, de manière à rendre le changement vers des systèmes concurrents
particulièrement coûteux, du fait de coûts de conversion prohibitifs. Ce verrouillage peut être de
diverses origines : historique, technologique ou d'apprentissage, etc.

En outre, les NTIC sont généralement caractérisées par des effets de réseau directs, c'est-à-dire
que l'utilité d'un usager augmente avec le nombre d'usagers connectés et utilisant le même type
de produits (téléphones, e-mail, fax, etc.), des effets de réseau indirects où les usagers bénéficient
des externalités liées à l'existence d'une large base d'individus possédant un bien durable similaire
permettant la production d'une large variété de produits complémentaires à des prix attractifs
(ordinateurs + scanners et imprimantes ; magnétoscopes + cassettes compatibles). Ces effets de
réseau peuvent perturber la logique du modèle marchand, le maintien de technologies sous
optimales, des effets de lock-in, etc. (Katz et Shapiro, 1985,1986, David, 1987). Plusieurs auteurs
ont souligné les dérives susceptibles de perturber la logique marchande et les difficultés relatives à
leur régulation (conflits relatifs à la "brevetabilité" des logiciels, à la diffusion de musiques en
ligne, etc.). Néanmoins, ces problèmes posés au "modèle du marché" sont plus ou moins bien
atténués par des innovations juridiques, réglementaires et techniques, qui rendent peu probables
un "échec naturel" du marché.

Un autre principe fondateur de la micro-économie classique concerne la valeur des biens


assimilables dans une première approche, à leur rareté, ce qui nous permet d'aborder le passage
d'une économie de l'information à une économie de l'attention.

DE LA SURABONDANCE DE L'INFORMATION A LA RARETE DE


L'ATTENTION
Du point de vue de la théorie économique classique (Stigler, 1961), l'information est un bien rare
et coûteux à obtenir que les individus désirent acquérir en vue de satisfaire au mieux leurs
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besoins. Les individus sont prêts à acquérir de l'information tant que le bénéfice qui en est espéré
est supérieur à son coût d'acquisition. Ainsi, la rareté et la répartition inégale de l'information
entre les agents constituent des fondements de sa valeur. L'information étant un bien
d'expérience, la vérification de sa qualité nécessite de l'expérimenter, ce qui peut générer des
comportements opportunistes cristallisés par la sélection adverse et le risque moral.

A titre de comparaison, une édition dominicale du New York Times contient plus d'informations
que l'ensemble des informations disponibles à un lecteur du quinzième siècle. Dans le même ordre
d'idée, en 1472, la meilleure bibliothèque universitaire du monde occidental ne contenait
qu'environ 200 livres (Davenport et Beck, 2000). Les capacités cognitives des individus étant sous-
utilisées, la difficulté consistait à trouver de l'information à la différence de notre époque où les
individus ressentent la limite de leurs capacités cognitives face à la surabondance des informations
disponibles et par rapport au bénéfice qu'ils pourraient retirer de leur traitement (Stigler, 1961).
Dans un tel contexte, traiter l'information comme un bien rare et objet de transactions
économiques semblait parfaitement justifié. Cette rareté était notamment liée aux coûts élevés de
création, de reproduction et de dissémination de l'information. Le développement des NTIC
transforme de manière révolutionnaire l'économie de l'information. En effet, une fois
l'information créée, le coût marginal de reproduction et dissémination de l'information sous forme
numérique est quasiment nul. Ainsi, l'Internet permet un accès quasi-immédiat à des volumes
sans cesse croissants d'informations diverses. Hormis les individus victimes de l'exclusion
technologique ou autre (exclusion politique, économique), la majorité des individus des pays
développés s'orientent vers une surabondance d'informations jusque-là réservées à des "initiés".

Or, les capacités cognitives des individus sont limitées et ne leur permettent pas d'exploiter
efficacement l'ensemble des informations auxquelles ils ont accès. A titre d'exemple, des études
ont montré que certains employés reçoivent jusqu'à 200 emails par jour et que le volume de pages
disponibles sur le réseau Internet double tous les cent jours. Cette surabondance d'informations
facilement accessible a dépassé les capacités des individus à les traiter, d'où le passage d'une
rareté de l'information à une rareté de l'attention (Davenport et Beck, 2000). Dès lors, la
ressource rare et cruciale pour les entreprises n'est plus l'information mais l'attention de l'agent,
de sorte que se développe une véritable économie de l'attention (Goldhaber, 1997). Herbert
Simon, le père de la rationalité limitée reconnaît : "Ce que consomme l'information est évident :
elle consomme l'attention de ses destinataires. Ainsi, une profusion d'informations génère une
pauvreté de l'attention et un besoin d'allouer cette attention efficacement parmi la surabondance
des sources d'information qui pourrait la consommer  ". Selon Feldman et March (1991), "une
pléthore d'informations peut être interprétée comme une pénurie pouvant perturber les capacités
de traitement". En effet, les consommateurs et les autres agents disposent d'un temps réduit et
de capacités limitées pour traiter des flux d'informations sans cesse croissants. Les individus étant
détenteurs d'une quantité d'attention limitée, ils peuvent l'allouer à différents usages en fonction
de l'utilité qu'ils en retirent.

Dans une société caractérisée par l'abondance d'informations, trouver, trier, hiérarchiser les
informations compte pour les individus en leur permettant des économies d'attention d'où le
développement des sites portails, des moteurs de recherche, de classement, etc. D'un statut de
fournisseur d'information, on assiste à des formes de redéfinition des marchés où le service
comprend à la fois, le captage et la direction de l'attention vers telle ou telle information. Le
succès des sites portails sur Internet, la valorisation exagérée de certaines entreprises, évaluées
jusqu'à 20 fois leur chiffre d'affaires, s'expliquent en grande partie par la capacité qu'ils ont
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d'attirer l'attention des internautes, futurs consommateurs de la net-économie. Derrière cette
capacité, on retrouve le schéma de l'avantage pionnier (le premier entré sur le marché possède un
avantage que les suivants auront du mal à rattraper quels que soient leurs efforts de promotion).
AOL par exemple, fort de ces 200 000 premiers abonnés obtenus dès le début des années 1990 a
su, par sa capacité à attirer l'attention, transformer son avantage pionnier en avantage
concurrentiel majeur au point de devenir aujourd'hui l'une des plus importantes entreprises
mondiales.

Etant donné les mutations induites par les NTIC, nous analysons dans la section suivante les
potentialités offertes aux acteurs de l'économie sociale pour le développement de leurs stratégies
responsables.

LES NTIC : DES POTENTIALITES AU SERVICE DE L'ECONOMIE SOCIALE ?

"Ainsi, les changements comme le téléphone ou le télégraphe, réduisent le coût d'organisation


spatiale (…)." (Coase, 1937)
Dans une approche certes restrictive, nous appréhendons l'économie sociale comme une
économie plurielle et hybride relevant à la fois de l'économie marchande, de l'économie non
marchande (services publics notamment) et de l'économie non monétaire où s'expriment des
valeurs telles que la solidarité, l'entraide, le volontariat, etc. Plutôt que d'opposer radicalement
ces modèles, l'économie sociale tente de combiner leurs complémentarités de manière synergique
afin de faire émerger des stratégies win-win-win***, permettant à la fois la compétitivité dans
l'espace marchand tout en accordant une place primordiale à l'homme et à la démocratie
économique en action. Les outputs de cette économie plurielle ne se réduisent pas aux biens et
services classiques, mais comprennent également des valeurs éthiques centrées sur l'homme et
sur le bien-être collectif, telles que la solidarité, la gouvernance participative, l'humanisme, etc.

Le développement rapide des NTIC dans l'économie génère des mutations systémiques
susceptibles d'affecter tous les acteurs de l'économie. Bien que les contours de ces mutations
soient difficiles à définir, notamment du fait de l'évolution rapide et constante de ces nouvelles
technologies, une certitude semble s'imposer : ces NTIC ont des potentialités énormes et des
effets difficilement isolables et mesurables sur l'économie. Leurs effets potentiels sont parfois
comparés aux révolutions industrielles provoquées par l'apparition de l'électricité et de
l'automobile et qui se sont traduites par des modifications profondes du comportement des
individus.

Loin de prétendre à une analyse exhaustive des effets potentiels des NTIC, nous avons préféré
nous focaliser sur certaines mutations induites par ces nouvelles technologies et envisager les
potentialités de leur mise en œuvre par des acteurs de l'économie sociale. En effet, les risques
d'une tentative d'exhaustivité étaient d'une part la quasi-impossibilité d'identifier l'ensemble des
NTIC et de recenser l'ensemble des effets induits par ces nouvelles technologies et d'autre part le
risque d'un "effet catalogue", donnant souvent l'impression d'un survol sans profondeur, parfois
doublé de redondances inutiles. Dans cette partie, nous nous focalisons donc sur six aspects des
NTIC (moyen d'accès à l'information, outil de diffusion de l'information et vecteur d'attention,
visibilité des agents, travail en réseau, démocratisation de la gouvernance, volontariat virtuel)
susceptibles de constituer des instruments potentiels au service des acteurs de l'économie en

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général et de l'économie sociale, en particulier. Ces effets positifs ne constituent pas des éléments
disjoints, mais plutôt un ensemble d'effets dont les potentialités conjuguées peuvent être
synergiques. Bien que nous focalisions notre contribution sur les potentialités positives susceptibles
d'être générées par les NTIC, nous évoquons brièvement certaines limites, conditions de réalisation
de ces potentialités et éventuels effets pervers susceptibles d'être induits par les NTIC. Nous
utilisons, à cette fin, les résultats de quelques études empiriques effectuées sur l'utilisation des
NTIC que nous décrivons dans le tableau suivant.
Ce survol de la littérature, bien qu'incomplet vise plusieurs objectifs :
(a) proposer un aperçu de la littérature internationale consacrée aux rapports entre NTIC et
acteurs de l'économie sociale,
(b) fournir des références récentes susceptibles de guider les chercheurs dans l'élaboration de
méthodologies spécifiques à un contexte géographique spécifique,
(c) permettre, dans une certaine mesure, des comparaisons entre pays, notamment quant au
degré d'utilisation des NTIC dans l'économie sociale, aux effets attendus et réalisés, aux effets des
politiques publiques sur l'utilisation des NTIC par les acteurs de l'économie sociale, etc.

Du fait de notre parcours professionnel, nous avons essentiellement focalisé nos illustrations
empiriques et nos applications au monde associatif, tout en reconnaissant que les acteurs de
l'économie sociale ne sauraient être réduits à ce seul groupe d'acteurs.

Aller plus loin….

1)Quels sont les problèmes posés dans cette partie d’article ?

2)Expliquez cette proposition : capacités cognitives et attentionnelles limitées des individus

3)Croyez-vous que "trop d'informations tue l'information" ; développez vos idées à ce sujet

4)Pourquoi l’attention joue-t-elle un rôle important et essentiel dans l’économie ?

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Tableau 1 - Survol de quelques études consacrées à l'utilisation des NTIC par l'économie sociale
Thèmes principaux développés Porté Références dans l'étude géographique

Les NTIC : un moyen d'accès à l'information

L'information est une variable clé de l'efficacité de l'organisation du système économique, où les
agents peuvent être considérés comme des "processeurs d'information" plus ou moins efficaces.
L'évolution des technologies de l'information et de la communication permet d'avoir accès, à un
coût relativement faible, à des quantités considérables d'informations, qui, autrefois, étaient
l'apanage de groupes restreints.
Ces NTIC ont supprimé ou atténué nombre de barrières qui restreignaient l'accès à ces
informations, telles que la distance géographique, les contraintes temporelles, la non-
appartenance à un groupe spécifique, les coûts d'acquisition, etc. En outre, ces nouvelles
technologies encouragent la codification de l'information, d'où un accès facilité.
Cet accès facilité concerne à la fois les organisations de l'économie sociale (coopératives,
mutuelles, associations) que les individus considérés séparément.

Nombre de services accomplis par les acteurs de l'économie sociale supposent l'utilisation
d'informations complexes, parfois difficilement accessibles. Par exemple, la production de services
informationnels est facilitée par l'exploitation d'informations externes à moindre coût, facilement
disponibles et ré-investissables. Ces nouvelles technologies définissent un nouvel espace- temps,
où les acteurs de l'économie doivent se situer. Cette utilisation des potentialités des NTIC est
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d'autant plus essentielle, qu'elle pourrait devenir un élément déterminant de la compétitivité que
les acteurs de l'économie sociale ne peuvent ignorer, au risque d'engager leur propre pérennité.

« Un bémol à cet accès facilité à l'information est l'importance croissante des sources
d'informations et des informations elles-mêmes qui transforme l'attention en ressource rare.
En effet, les individus, du fait de capacités de traitement de l'information limitées et du bénéfice
attendu de l'information considérée, recherchent des sources d'informations crédibles. Certains
acteurs de l'économie sociale bénéficient d'un avantage comparatif lié à leur crédibilité.
Récemment, une étude rapportée dans le quotidien Le Monde (4-5/02/2001) montrait qu'en
France, les Organismes Non Gouvernementaux sont considérés comme "trois fois plus crédibles
que le gouvernement, cinq fois plus crédibles que les entreprises du secteur privé et neuf fois plus
que la presse". L'intérêt de cette crédibilité (littérature relative aux watchdogs),
particulièrement cruciale dans le cas des attributs de croyance souvent médiatisés à travers des
acteurs de l'économie sociale, en termes de services rendus au citoyen consommateur a été
argumenté dans une étude théorique émaillée d'exemples empiriques relatifs au monde
associatif (Feddersen et Gilligan, 2000, Grolleau et BenAbid, 2001). »

Les mutations systémiques provoquées par l'introduction des NTIC ont rendu l'information
surabondante, sans veiller à sa qualité et sans nécessairement s'adapter aux publics visés. Or les
acteurs de l'économie sociale promeuvent une économie responsable où la production et la
diffusion d'informations adéquates peuvent jouer un rôle essentiel dans la promotion de leurs
valeurs. Par exemple, l'efficacité économique et sociale du commerce équitable repose
notamment sur la production et la diffusion d'informations crédibles, tant sur le plan qualitatif,
quantitatif et temporel, où les NTIC peuvent devenir un vecteur pour capter et diffuser des
informations susceptibles de soutenir les stratégies des acteurs de l'économie sociale.

Pour aller plus loin…

1)Que pensez-vous de l’avant-dernier paragraphe, est-il encore d’actualité ? Pourquoi ?

stratégie du versioning* : l’introduction de la coexistence de multiples versions d’un même service permet d’avoir des
cycles de vie indépendants entre fournisseurs et consommateurs de services, ce qui minimise les impacts globaux sur
l’implémentation SOA
stratégies win-win-win**: une recherche favorable à tous les participants (gagnant-gagnant)
accord gagnant-gagnant*** (win-win en anglais) est un accord par lequel chaque partenaire se préoccupe aussi de
l'intérêt de l'autre, d'une façon également favorable à son propre intérêt. Il ne s'agit pas de rechercher le meilleur
compromis de partage des gains, mais de trouver un accord qui augmente les gains de chacun.

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ANGLICISMES

Digital ou numérique ? Numérique ou digital ?


Econocom 20 fév 2015

Doit-on dire digital ou numérique ? Sur les réseaux sociaux, le débat fait rage et les apprentis linguistes
s’enflamment. Partisans du digital ou chevaliers du numérique, qui a raison et qui a tort ?

Parler de digital = mettre le doigt là où ça fait mal ?

Si l’on en croit les recommandations de l’Académie Française, il faudrait préférer numérique à digital. Mais doit-
on vraiment s’en tenir à ce que nous disent ceux qui voudraient nous faire envoyer des courriels et des mèls ?

Parmi les principaux arguments des pourfendeurs du digital, le plus fréquent est celui qui veut que le terme
vienne du latin digitum (doigt) et qu’il ait pour première acception relatif au doigt.

L’utilisation de digital dans le sens de numérique est un anglicisme. Chez nos voisins, l’application du mot à un
ordinateur est attestée depuis 1945.

En France, son utilisation relèverait d’une extension de digital display, l’affichage à 7 segments que l’on trouve
encore sur de vieux modèles de radios-réveils ou d’autoradios. Le succès de ce type d’écrans à digits (chiffres, en
anglais) a fait que l’on a continué à parler d’affichage digital même lorsque nous sommes passés à des matrices
de points (dot matrix display).

Le dépôt des noms de certaines techniques, comme la compression audio Dolby Digital des laboratoires Dolby
ou le système de codage audio Digital Theater System (DTS), a également beaucoup contribué au passage du
mot digital dans le langage courant.

Numérique, le favori des défenseurs du « bon français »

A l’origine, numérique, du latin numerus, signifie représentation par nombres. Ainsi, on oppose le calcul
numérique au calcul algébrique reposant sur des variables. En informatique, on a d’abord utilisé ce terme pour
qualifier le fonctionnement binaire (des 1 et des 0) des premiers ordinateurs.

Comme digital, numérique a évolué au gré de ses usages. Son utilisation en informatique a perduré quand les
ordinateurs ont cessé d’être des machines à calculer numériquement et quand les algorithmes et les symboles
ont remplacé les nombres.

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Il faut dire que, simultanément, les télécoms ont commencé à convertir des signaux électriques en données
numériques (c’est-à-dire sous forme de nombres). D’où l’électronique numérique et plus spécifiquement la
photographie numérique, le son numérique, la vidéo numérique… Dans ce domaine, l’emploi du terme
numérique a l’avantage de permettre la distinction avec les procédés analogiques utilisés précédemment.

Par ailleurs, on parle souvent d’ère numérique, de révolution numérique ou de culture numérique. Il s’agit d’un
glissement sémantique. En effet, ces expressions ne peuvent pas être réduites à des aspects purement
techniques de circulation de données encodées : elles sont souvent utilisées pour évoquer des transformations
sociétales n’ayant qu’un rapport assez éloigné avec la nature numérique des données.

La culture numérique, pas plus légitime que la culture digitale ?

Numérique restera sans doute longtemps le terme préféré de ceux qui font de la mercatique et non du
marketing, participent à des réunions de remue-méninges et pas de brainstorming ou cochent les cases de leur
pense-bête plutôt que celles de leur check-list.

Mais, dans les faits, digital est tellement utilisé, notamment dans le secteur de la communication, grand
pourvoyeur d’anglicismes, qu’il fait aujourd’hui partie du langage courant et recouvre plus ou moins les
mêmes champs que numérique, les deux termes ayant finalement des définitions assez larges.

N’en déplaise aux puristes du « bien parler », le sens des mots fluctue avec le temps et le français a toujours
emprunté aux langues étrangères. La linguistique actuelle est plus descriptive que prescriptive : au-delà de la
stricte étymologie, c’est l’usage qui fait foi. Alors, du moment où il n’y a pas de soucis de compréhension, le
choix d’un terme ou d’un autre est davantage une question de goût que de règles à respecter.

« Le chiffre versus la main. »

Sur le blog du modérateur, Anthony Mathé, docteur en sciences du langage et en sciences de la communication,
propose néanmoins une nuance à cette cacophonie polysémique : le numérique renvoie plutôt à la technologie,
celle qui est manipulée par les ingénieurs, tandis que le digital touche aux pratiques des utilisateurs. Prenons
par exemple les mots numérisation et digitalisation. Le premier implique un changement de support des
données tandis que le second évoque plutôt la communication via des supports dématérialisés… C’est d’ailleurs
pour cela que dans l’univers du marketing, on parle surtout d’expérience digitale et pas d’expérience numérique.

« Avec digital, on passe de l’autre côté de l’écran. »

Quand nous parlons de Digital for all now, c’est parce nous souhaitons mettre l’expérience utilisateur (UX) au
cœur des projets et des innovations, que cet utilisateur soit un salarié, un client ou un prospect. Car, au final,
c’est la satisfaction de ses besoins qui va permettre aux entreprises d’obtenir de meilleurs résultats et de
décupler leurs performances.

16
Savoir écrire : est-ce encore nécessaire?

« Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ». Cette citation
célèbre de Boileau a engendré la plus grande perplexité chez nombre de ses lecteurs.
En effet, à première lecture, ces deux vers semblent laisser entendre qu'une pensée bien organisée va se
traduire par une production écrite à son image, à savoir structurée logiquement et de façon imparable et

dans un vocabulaire net et concis .

Une production en bref, rapide et aisée. Il semble malheureusement que le laps de temps qui s'écoule
entre la pensée et sa mise sur papier puisse faire perdre le fil de la réflexion et donc en altère la clarté. Si on
s'en réfère à ce « premier jet » de l'écrivain quel qu'il soit, on s'aperçoit souvent que la production écrite
initiale reste très approximative, voire même presque inintelligible à ultérieure relecture, pour son propre
auteur.

Les obstacles à l'écriture: obstacles « techniques » et


technologiques
Ce que je veux dire et ce que j'écris sont deux entités parfois contradictoires. Cela peut venir de plusieurs
facteurs.

Le premier est lié à la maîtrise ou non de sa propre langue dans toutes ses finesses linguistiques et
sémantiques, en corrélation avec d'éventuelles faiblesses orthographiques.

Le second facteur vient du décalage déjà évoqué entre rapidité de pensée et lenteur d'écriture, qu'elle
soit générée par la main directement ou par le clavier du PC. C'est un problème qui se révèle d'après des
études, chez les enfants surdoués, pour qui cette distorsion temporelle génère de l'angoisse.

17
Le troisième facteur vient du fait que la conceptualisation écrite n'apparait plus vraiment comme une
nécessité dans la mesure où les outils internet sont des éléments substitutifs essentiels et où la
communication écrite passe souvent par une retranscription phonétique accessible aux seuls initiés,
accentuant encore ce décalage marqué entre la « génération Y » et celle de ses prédécesseurs.

Un autre problème peut se poser : l'écriture n'étant pas une simple transcription de la pensée, vient
facilement cette angoisse de ne plus savoir quoi dire et de se retrouver, malgré une « tête bien pleine »,
devant l'incapacité à remplir une page.

Écrire reste une composante majeure dans la communication technologique

Or notre société, contrairement aux prophéties alarmistes sur une éventuelle disparition de l'écrit,
fonctionne de façon massive sur ce dernier mode : pour témoin Internet, vecteur privilégié et tout puissant
de la communication actuelle instantanée. Le net est le domaine du scripturaire : chats, mails, sites, liens,
mots-clés, tout se lit sur internet sous forme rédigée. Cette rédaction dans sa forme s'éloigne certes des
« canons » plus anciens et ne fait que refléter des évolutions sociétales auxquelles elle s'adapte ou qui la
transforment.

Conclusion
L'art d'écrire a connu des évolutions qui ne sont pas forcément dommageables : le langage SMS par
exemple, a ses fonctionnalités propres et existe en parallèle d'écrits plus « formels » destinés à retranscrire
au plus juste une pensée révélatrice, par le choix des mots le style de la personnalité de ses auteurs. Si
écrire fige le discours et altère en conséquence la pensée transformée, il reste néanmoins la meilleure
façon de la faire perdurer..., voire de la clarifier quand elle s'inscrit dans le respect ou l'application d'une
technique. Mettre sur papier/ sur interface informatique permet aussi de s'y retrouver dans ses idées : qui
n'a pas testé les listings avantages / inconvénients en cas de décision cruciale ou communiqué par écrit ses
souhaites, ses regrets....ses premiers sentiments
Ce qui se conçoit mal peut s'écrire aisément....

Aller plus loin…


1)Que pensez-vous de la citation de Boileau ?
2)Développez les trois facteurs indiqués dans cet article.

18
À quoi ressemble un monde sans écriture manuelle?

Depuis la révolution numérique, les rayons papeterie ont diminué un peu partout. Moins de stylos et de
papiers à acheter. Aux États-Unis, l'année 2014 aura rendu l'apprentissage de l'écriture manuscrite
optionnelle dans 45 États (sur 50). En Europe, bien que les enfants soient familiarisés très tôt avec les
ordinateurs et les iPad, c'est toujours l'excitation à chaque rentrée scolaire: des stylos à choisir, plume,
crayons, Bic, des cahiers à grands et petits carreaux, avec ou sans spirale. Quelque part entre l'Europe et les
États-Unis, le Québec hésite. La nouvelle méthode d'apprentissage de l'écriture enseigne aux enfants
d'abord à former les lettres d'ordinateur, où un l n'est qu'un trait vertical.

Les psychologues avancent les bienfaits de l'écriture manuscrite dans le développement du cerveau, tandis
que les évolutionnistes pointent le nécessaire abandon d'anciennes technologies. Le débat est complexe.
On le sait, les grandes périodes de l'histoire de l'humanité sont marquées par l'invention d'une nouvelle
technologie : le feu, le papier, l'imprimerie, la locomotion motorisée. Parce qu'une technologie change
notre rapport au monde, il faut en être conscient. Pour mesurer le poids de l'abandon de l'écriture
manuscrite, il faut comprendre quel rapport au monde s'installe dans ce geste.

Le même geste pour tous : un individualisme dépersonnalisé

Dans le monde du capitalisme libéral, la consommation est principalement dirigée vers l'individu. À chaque
sortie du nouveau gadget à la mode, les communicants nous font croire que nous gagnerons en liberté
individuelle. Le tableau qui suit est pourtant toujours le même : tout le monde dans la même position
devant sa petite machine. Nous sommes réduits à faire les mêmes gestes. Deux pouces pour faire des
lettres

Chaque écriture est unique. Chacun trouve sa manière de tracer, son rythme, la position de sa main. Le
monde de la communication par texto est celui d'une communication silencieuse et homogène. Bien sûr,
on choisit son fond d'écran et la couleur de surlignage de nos échanges. Par le même geste des pouces, on
choisit un film, on écoute de la musique, on envoie un message professionnel, on flirte, on se dispute. Ces
mots qui nous permettent de construire notre relation aux autres, ceux par quoi on se construit, sont en
train de quitter notre corps. Bien sûr, la question n'est pas de choisir un mode de communication ou
l'autre, mais de choisir lequel appliquer dans quel contexte. Quand avons-nous besoin d'instantané et de
vitesse? Et quand avons-nous besoin de prendre le temps de choisir les mots? L'homme a une étrange
capacité à transformer une possibilité libératrice en contrainte. Il ne fait plus de choix : il faut aller vite,
partout, tout le temps.

L'horreur de l'attente

La valeur temps est l'une des plus puissantes pour contrôler les individus: être le plus performant, c'est
faire le mieux possible en peu de temps. On va jusqu'à nous vendre la télévision avec Internet, pour ne plus
avoir à se lever du divan pour aller chercher son iPad. L'oreillette pour ne plus avoir à sortir son téléphone
de son sac ou de sa poche. Et par ce magnifique outil qui nous permet de gagner du temps, on nous offre
un accès rapide à des divertissements qui nous le font perdre.

Avec la numérisation des échanges, on ne connaît plus l'attente d'une lettre ou d'une carte postale.
L'attente, on ne la supporte plus. Rendez-vous avec un ami: un SMS pour prévenir qu'on arrive dans cinq
19
minutes, un autre dès qu'on est arrivé, un autre si on est en retard. Bienvenue dans un monde sans attente,
où tous les vides doivent être comblés. Petits jeux de cases et de couleurs ou de courses de voiture pour les
moments creux dans le métro.

Plus rien n'a le temps d'attendre. Ni la personne avec qui on a rendez-vous ni la lettre qu'on veut lui écrire.
Le légume n'a plus de saison, le poulet atteint la taille adulte en un rien de temps. Qui connaît encore le
plaisir de retrouver le goût de la tomate après plusieurs mois ? La nature comme la parole ont perdu leur
rythme, leur relief. Le climat aussi. Tout est devenu lisse.

Lifting généralisé

Glissent, glissent les pouces sur les écrans plats. L'écriture se lisse. Plus de pâté, plus d'encre, plus de
rature. Plus de bruit du stylo qui glisse, de la feuille qui se tourne. Silencieuse et lisse. La conversation est
silencieuse. Plus besoin de se rappeler ce qui a été dit, la machine le fait pour nous. Il suffit d'une glissade
de pouce pour consulter l'historique. La mémoire elle aussi est lissée. Elle qui avait des trous, qui parfois
soulignait, grossissait, insistait. L'opération de lifting généralisé est lancée. On se lisse la peau de nos rides
et de nos bourrelets. La cuisson des aliments est mise à plat sur les plaques électriques. Presque plus de
flamme. La photo n'a plus de relief. Elle glisse. Tout se déconnecte de la matière et du corps.

Il y a dans le geste de l'écriture quelque chose qui engage notre rapport aux autres, à ce qui est censé
fonder notre humanité : le langage, notre rapport au temps, et, quelque part, notre projet de société.
Avant l'écriture, nous vivions dans un monde oral. La parole était vivante. Aujourd'hui combien d'heures
par jour passons-nous à communiquer sans voix et sans geste? Il nous appartient de déplier nos gestes
pour être conscients du monde qu'ils tracent à nos enfants.

L'information est passée relativement inaperçue mais mérite d'être soulignée. La semaine dernière, le
quotidien finlandais Savon Sanomat a révélé que l'écriture cursive (en attaché) ne ferait plus partie des
enseignements obligatoires dans les écoles primaires du pays nordique. Au lieu de se plier à des exercices
de calligraphie, les élèves apprendront à taper sur un clavier, explique un article de la BBC qui reprend cette
information.

Ce changement devrait s'opérer dès l'automne 2016, a précisé Minna Harmanen, membre du conseil
national de l'éducation. Minna Harmanen estime, en effet, que de bonnes compétences en dactylographie
sont devenues indispensables. Elle reconnaît qu'il s'agit d'une évolution culturelle majeure, mais assure
qu'une bonne maîtrise de la saisie sur clavier est devenue plus importante au quotidien que l'écriture liée.

L'information aurait été plutôt bien accueillie par les enseignants. Certaines associations rappellent
toutefois à quel point les exercices d'écriture cursive sont importants pour le développement de la
motricité de l'enfant et suggèrent ainsi la mise en place de cours de dessin et de créations manuelles.

Aux Etats-Unis, 45 Etats ont également exclu l'écriture cursive du tronc commun des connaissances
requises dans l'enseignement scolaire.

Les buvards et la plume ont disparu depuis belle lurette. Mais qui pouvait imaginer que l’écriture à la main
ne serait plus enseignée à l’école primaire ? C’est bien la décision qu’a prise la Finlande.

20
En lieu et place des cahiers à double interligne, des claviers. Dès la rentrée 2016, les élèves de CP finlandais
lâcheront leurs crayons pour apprendre l’alphabet sur des touches en plastique. Jamais ils ne connaîtront la
difficulté du tracé d’un "h" majuscule. Ni même la précision nécessaire à celle d’un "z" minuscule. Le site
britannique BBC News révèle que le gouvernement finlandais a décidé de supprimer les cours d’écriture
manuscrite et de les remplacer par des leçons de dactylographie. De l’écriture sur clavier uniquement.

Minna Harmanen, membre du Conseil National de l’Education finlandais, affirme qu'"avoir de bonnes
compétences dactylographiques est devenu d’importance nationale". Elle précise que "savoir écrire avec
un clavier est plus pertinent pour la vie quotidienne".

Et la mémoire dans tout ça ?

Certes, les claviers font légion à l’heure du numérique. Mais de là à en délaisser le stylo... Pourtant, la
nouvelle ne semble pas alarmer les enseignants scandinaves. Susanne Huhta, vice-présidente de
l’association des professeurs de la langue maternelle, estime que "pour la plupart des enseignants,
(l’utilisation du clavier est) suffisant(e) pour que les majuscules et les minuscules puissent être distinguées".

Mais qu’en est-il des autres capacités que l’écriture permet de développer ? Le linguiste Alain Bentolila
semble sceptique. Interrogé par Le Figaro, il rappelle que "la mémoire se construit grâce à l’écriture
manuelle et non avec un écran". Idem pour la précision, et la motricité, que le pianotage sur un clavier
semble loin de pouvoir combler.
La Finlande n’est pas un précurseur en la matière. Depuis la rentrée 2014, 45 des 50 Etats américains ont
mis un terme à l’apprentissage de l’écriture manuscrite.
Fin de l'écriture cursive à l'école en Finlande ? Des effets négatifs sur le cerveau

Par Christel Helloin


Orthophoniste

En 2016, tous les enfants finlandais délaisseront-ils leurs stylos pour des claviers ? Le pays nordique a
décidé de ne plus apprendre l'écriture cursive (attachée) à ses élèves pour privilégier les cours de
dactylographie. Et si l'écriture manuscrite disparaissait un jour de l'enseignement, quelles seraient les
conséquences ? L'orthophoniste Christel Helloin, que nous avons sollicitée, nous répond.

Édité et parrainé par Rozenn Le Carboulec

À propos de l'abandon par la Finlande de l’enseignement de l’écriture cursive à l'école au profit de


l'apprentissage du clavier, il m'est difficile, en tant qu'orthophoniste, thérapeute des troubles du langage et
de la communication, de prendre position sur des aspects essentiellement pédagogiques. Mais une telle
évolution dans les enseignements interpelle dès lors que l'on interagit avec des enfants en situation
d'apprentissage de la langue écrite et/ou avec des adultes en difficultés avec l'écrit.

Ce sujet a déjà fait débat fin 2013 aux États-Unis, lorsque 45 États ont rendu l'enseignement de l'écriture
cursive facultatif, pour privilégier l'utilisation d'outils numériques ou limiter la pratique de l'écriture à
l'écriture scripte, non liée. Certains États ont déjà fait marche arrière, après constatation d’effets négatifs.

21
Un problème pour l'apprentissage de la langue écrite
Développer en parallèle les deux types d’apprentissage (manuscrite/clavier) de l’écriture devient une
nécessité. La maîtrise des outils numériques en général s'intègre progressivement aux savoirs de base, qui
font défaut dans les situations d’illettrisme. Mais en se limitant à l’apprentissage de l’écrit via un clavier, on
risque de limiter les outils à la disposition de l'enfant et du futur adulte.

En supprimant la pratique de l'écriture, on perd tout un champ de la motricité fine, ce qui pourrait amener
à une réorganisation cérébrale. Le geste graphique participe en effet au développement de la motricité fine
et au développement cérébral de l’enfant.

De plus, l’écriture manuscrite permet d’engrammer la forme des lettres : l'apprenti-scripteur enregistre le
mouvement et les courbes lorsqu'il écrit à la main, ce qui l'aide à différencier, mémoriser les lettres et leurs
enchaînements. Même si d’autres tâches, comme le dessin, permettent de faire travailler la motricité fine,
le geste n’aura pas la même finalité ni le même impact sur l'apprentissage de la langue écrite.

Un possible impact sur l'organisation cérébrale

Par ailleurs, l’écriture manuscrite s’effectue avec une seule main, la main dominante, ce qui sollicite
principalement l'hémisphère dominant (controlatéral), centre du langage chez la plupart des personnes. En
apprenant l'écriture dactylographiée, les enfants utiliseront systématiquement les deux mains en parallèle,
avec un mouvement identique pour toutes les touches du clavier (appuyer sur une touche) en sollicitant
des échanges entre les deux hémisphères cérébraux pendant l'écriture.

Cela pourrait avoir un impact sur l’organisation cérébrale, mais nous ne disposons pas à l’heure actuelle de
suffisamment de recul sur les technologies numériques et leur influence dans les apprentissages pour
savoir ce qu’il en serait précisément.

Des inégalités socio-économiques


Plus globalement, se pose aussi la question de renforcer la fréquentation des écrans par les enfants, sujet
qui fait déjà débat, et de choisir une évolution culturelle vers le tout numérique.
D'un point de vue socio-économique, généraliser de telles modalités d’enseignement supposerait que tous
les enfants aient à leur disposition dans leur quotidien (et pas seulement à l'école) des outils numériques,
ce qui n'est pas le cas en France où ce mode exclusif d’enseignement de l'écriture n’est apparemment pas à
l'ordre du jour.

En orthophonie, le clavier peut être utile

Dans la pratique orthophonique, il nous arrive régulièrement de préconiser l’utilisation du clavier, et plus
généralement d'outils numériques à nos patients comme outils de compensation.

Nous pouvons être amenés à recommander l'utilisation de l’ordinateur ou de la tablette en milieu scolaire,
pour des patients dysgraphiques, pour lesquels l'écriture manuscrite est difficile, et perturbe les
apprentissages généraux.

La dictée vocale, les correcteurs d’orthographe avec prédicteurs de mots, les applications de lecture par
synthèse vocale peuvent être d’une grande aide pour des patients dyslexiques et dysorthographiques, mais
aussi pour des patients adultes cérébro-lésés, à condition d’avoir préalablement bien évalué les besoins
individuels et les adaptations possibles. Ces moyens technologiques sont le plus souvent conseillés comme
des aides augmentatives, mais sans abandon total de l’écriture manuscrite.
22
Aller plus loin….

1)Le pouvoir sera-t-il entre les mains de ceux qui sauront lire et écrire (écriture manuscrite
naturellement) ?

2)En voulant ‘’pousser plus loin’’ l’idée d’une hégémonie de la part de ceux qui sauront écrire et
lire, n’y aura-t-il pas des clivages entre les groupes sociaux (attention ce ne sont pas les réseaux
sociaux) et le retour en force de l’illettrisme ? Développez vos idées en vous appuyant sur l’histoire
(révolution française, unité de l’Italie, etc…)

23
SAVOIR COMMUNIQUER
Voici deux articles traitant du même sujet, il sera intéressant de voir comment ces deux articles
abordent-ils le problème.

Attentats : des victimes et leurs proches


très critiques devant la commission
parlementaire d’enquête
Par LIBERATION, avec AFP — 15 février 2016 à 21:11

Des victimes des attentats de novembre à Paris, entendues


lundi par une commission d’enquête parlementaire, ont raconté
les ratés des dispositifs d’aide et d’information et questionné la
responsabilité de l’Etat.

«Nous avons mille questions et nous attendons des réponses.» Des victimes des attentats de
novembre, entendues lundi par une commission d’enquête parlementaire, ont raconté les ratés
des dispositifs d’aide et d’information et questionné la responsabilité de l’Etat.

Après un jour d’attente, des proches de Georges Salines, président de l’association «13 novembre,
fraternité et vérité», ont appris la mort de sa fille, présente au Bataclan, par des tweets
d’inconnus. Lui n’était pas encore au courant. Les annonces de décès sont allées «au-delà de tout
ce qu’on peut imaginer comme ratage», a sobrement commenté ce médecin. Et de pointer
«l’atroce impréparation» des dispositifs d’information le soir même et les jours
suivants. «Franchement (...) je suis un peu inquiet d’entendre des voix à un niveau très élevé de la
République dire qu’expliquer le djihadisme, c’est déjà un peu l’excuser», a par ailleurs déclaré
Georges Salines, en référence aux propos de Manuel Valls le mois dernier qui avaient suscité une
polémique.

Sophie Dias a elle perdu son père, de nationalité portugaise, devant le Stade de France. Si le
consulat du Portugal lui a appris sa mort le 14 novembre, l’appel des autorités françaises n’est
arrivé qu’un jour et demi plus tard. Un délai «inadmissible», selon cette communicante, qui a
24
également regretté n’avoir toujours pas eu accès au rapport d’autopsie, «important pour faire le
deuil».

Numéros de téléphone saturés, identifications tardives, institut médico-légal (IML) dépassé... A


l’IML, dont elle a dénoncé le comportement «honteux» de certains employés, Sophie Dias, venue
reconnaître son père, a entendu: «ne vous inquiétez pas si on ne vous montre pas la tête, vous
verrez un pied». Des failles dans la communication ont également été rapportées durant
l’intervention policière au Bataclan, dont l’efficacité a par ailleurs été saluée.

Caroline Langlade, vice-présidente de l’association «Life for Paris - 13 novembre 2015», a raconté
les trois heures passées avec quarante personnes dans une loge, dont la porte était barricadée par
un frigo et un canapé. Un djihadiste a tenté de se faire passer pour un gendarme pour qu’on lui
ouvre. Demande rejetée par «vote à main levée». Durant ce temps, impossible de joindre police-
secours. «Il a fallu que j’appelle ma maman à Nancy pour qu’elle appelle la police de Nancy et leur
communique les informations», a expliqué Caroline Langlade. Une policière lui a ensuite raccroché
au nez parce qu’elle «chuchotait».

Marathon administratif

«Ça a été constamment à nous de chercher l’information. C’est le cas depuis le début (...) On ne
devrait plus se battre pour ça», a-t-elle observé, en référence au marathon administratif et
judiciaire des victimes et leurs proches. Les carences des services de renseignement et les
réponses politiques aux attentats ont également été épinglées.

Le patron du bar La Belle Equipe, Grégoire Reibenberg, s’est vivement agacé que le débat se
focalise autour de la déchéance de nationalité pour les personnes condamnées pour terrorisme:
«On a un problème de moteur et on va changer la couleur de la banquette?». «Comment se fait-il
qu’un terroriste interdit de territoire français et européen se retrouve à diriger une attaque de
cette ampleur?», s’est pour sa part interrogé Mohamed Zenak, trésorier de l’association «13
novembre», au sujet d’Abdelhamid Abaaoud, un des organisateurs présumés des attentats.

Et Mohamed Zenak, dont la fille a été blessée lorsqu’un kamikaze s’est fait exploser au restaurant
Comptoir Voltaire, de s’interroger sur «la question des responsabilités» de l’Etat. Il n’y avait «ni
présence policière», ni «fouille» au Bataclan, alors que le risque d’attaque contre une salle de
concert était connu des autorités, a aussi déploré Alexis Lebrun, membre de «Life for Paris». La
commission d’enquête parlementaire sur les «moyens mis en œuvre par l’Etat pour lutter contre le
terrorisme» depuis les attentats de janvier 2015 menait lundi ses premières auditions. Elle rendra
son rapport en juillet, selon son rapporteur, le socialiste Sébastien Pietrasanta.

25
«Nous ne sommes ni des procureurs ni des juges mais des commissaires d’enquête» recherchant
«la transparence», «la vérité» et «des solutions», a assuré son président Georges Fenech (Les
Républicains). Les attentats du 13 novembre ont fait 130 morts et des centaines de blessés. Le
nombre total de victimes, physiques ou psychologiques, est estimé à 4 000, a rappelé la
commission.

Les victimes du 13 novembre face aux ratés et aux


silences de l’administration
Le Monde.fr | 15.02.2016 à 16h45 • Mis à jour le 16.02.2016 à 08h18 |

Grégory Reibenberg « voulait profiter d’être ici pour dire tout cela ». Qu’importe si
ce n’est pas exactement le sujet de la commission d’enquête de l’Assemblée
nationale relative aux « moyens mis en œuvre par l’Etat pour lutter contre le
terrorisme depuis le 7 janvier 2015 » qui l’auditionnait lundi 15 février, avec
d’autres victimes ou proches de victimes du 13 novembre, le dirigeant de La Belle
Equipe avait des choses sur le cœur qu’il voulait sortir.

Comment, par exemple, « quarante-huit heures après », un reportage a-t-il pu être diffusé à la
télévision, où on pouvait le reconnaître à l’intérieur de son établissement, aux côtés de son ex-
femme, mortellement blessée ? « Extrêmement choqué », M. Reibenberg ne craint qu’une chose :
que sa fille, encore très jeune, tombe un jour sur ces images. Pourquoi également, « quand on
tape “Bataclan” dans Google image, ce sont encore les photos de l’intérieur que l’on voit », comme
l’a rappelé Caroline Langlade, qui se trouvait dans la salle de concert ce soir-là ?

Dès le début de ces toutes premières auditions de la commission d’enquête, Georges Salines,
président de l’association 13 novembre : fraternité et vérité, a donné le ton : « Nous avons mille
questions, et nous attendons des réponses, notamment de cette commission. »

Une « administration pesante, procédurière et déshumanisée »


Pourquoi encore, après les attentats, « des familles ont attendu trois jours, d’autres ont veillé le
corps d’un enfant qui n’était pas le leur » ? Pourquoi a-t-il fallu attendre le remaniement du jeudi
11 février pour avoir une secrétaire d’Etat chargée de l’aide aux victimes, et donc peut-être enfin
un guichet unique ?

« De nos jours, gérer un fichier Excel avec 130 personnes ne me paraît pas insurmontable », a
estimé Sophie Dias, qui a rencontré le plus grand mal pour avoir des nouvelles de son père, tué à
côté du Stade de France. Devant les députés, elle a souligné que, le soir des attentats, « le numéro
vert n’était pas accessible depuis l’étranger où [elle se] trouvai[t] ». « Quand ma mère, qui était en
France, appelait, on lui disait que si elle n’avait pas de nouvelles c’était plutôt bon signe… Ce n’était
pas le cas. Ce n’est qu’au bout de quarante-huit heures que j’ai eu un appel du Quai d’Orsay pour
savoir si j’avais eu des nouvelles de mon papa », poursuit-elle. Une « administration pesante,

26
procédurière et déshumanisée » dénoncée également par Caroline Langlade, vice-présidente de
l’association Life for Paris.

Quant aux moyens de protection, « comment se fait-il que le plan Vigipirate ne prévoyait pas de
mettre quelques personnes à l’entrée des salles de concert ? », a également questionné Alexis
Lebrun, qui a réussi à échapper au massacre. « Comment était déployé le dispositif ce soir-là ?
Pourquoi certains lieux sont tout le temps protégés, même quand ils sont vides, et d’autres non
alors qu’ils sont pleins ? »

Comment se fait-il, encore, que Caroline Langlade ait eu tant de problèmes de communication
avec les secours quand elle se trouvait à l’intérieur du Bataclan, prise en otage par les terroristes ?
Obligée de chuchoter, elle n’arrivait pas à se faire entendre de son interlocutrice : « Je lui ai dit “Je
ne peux pas parler plus fort, je suis prise en otage” et tous les autres me disaient de faire moins de
bruit. Elle m’a répondu “Ok, mais vous bloquez la ligne pour des vraies urgences” », a-t-elle
rapporté devant les députés, encore sidérée de cet échange.

« Comment un terroriste interdit de territoire français se retrouve à diriger une attaque de cette
ampleur ? », a, à son tour, demandé Mohammed Zenak, dont la fille a survécu à l’attaque du
comptoir Voltaire.

« Il faut comprendre ce mécanisme pour pouvoir lutter contre »


Et, surtout, pourquoi « quand j’allume la télé ou la radio, la seule chose dont j’entends parler, c’est
de la déchéance de nationalité ? C’est donc ça la réponse ? », s’est énervé Grégory Reibenberg,
déplorant que « face à un problème de moteur, on parle de la couleur de la banquette. »

En d’autres termes, tous ou presque s’en sont pris à la réponse politique apportée par le
gouvernement. Après avoir perdu des proches, ou avoir eux-mêmes vu la mort passer de très près,
les personnes auditionnées au Palais-Bourbon ont presque tous exprimé leur besoin de
« comprendre » le comportement des terroristes, quand Manuel Valls estime, lui, qu’« expliquer,
c’est déjà vouloir un peu excuser ».

« Je serais le dernier à vouloir excuser celui qui a tué ma fille, mais il faut comprendre ce
mécanisme pour pouvoir lutter contre. Il est absolument essentiel d’expliquer ce qui conduit des
jeunes Français à prendre les armes contre d’autres jeunes Français », a plaidé Georges Saline,
dont la fille a été tuée au Bataclan. « Ce sont des enfants de la République qui ont tué des enfants de
la République. J’aimerais comprendre à quel moment on, la société française, les a perdus », a
abondé Aurélia Gilbert, elle aussi rescapée de la salle de concert.

S’il a rappelé que cette commission d’enquête devra se concentrer sur les moyens de l’Etat et non
sur le processus de radicalisation, le président Georges Fenech (Les Républicains, Rhône) n’a pu
que reconnaître que, sur le reste, « les questions sont légitimes » et que les députés « vont devoir y
répondre ».

27
Quel est le rôle de cette commission d’enquête ?

Les députés Les Républicains (LR) ont usé du droit dit « de tirage », dont dispose tous les ans
chaque groupe d’opposition ou minoritaire, pour obtenir la constitution de cette commission
d’enquête sur les moyens mis en œuvre par l’Etat pour lutter contre le terrorisme depuis les
attentats de janvier 2015.

Composée de 30 membres, elle est présidée par l’ancien magistrat Georges Fenech (LR), et son
rapporteur, Sébastien Pietrasanta (PS), est spécialiste de la sécurité. Elle devra avoir achevé ses
travaux avant mi-juillet mais ne doit pas empiéter sur les enquêtes judiciaires en cours après les
attentats de janvier et novembre 2015.

Certains députés ne semblaient toutefois pas avoir une connaissance très précise du dossier avant
les premières auditions, comme le souligne l’association de victimes Fraternité et Vérité, sur
Twitter.

Aller plus loin…

1)Résumer les deux articles dans un tableau, ensuite faire un comparatif afin d’indiquer quel est
l’article le plus ‘’communiquant’’ en étayant votre réponse

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2016/02/15/les-victimes-du-13-novembre-face-a-


la-commission-d-enquete-parlementaire_4865714_4809495.html#AZoY46Ktt3IqtBD5.99

28
La domotique, c’est quoi?
Vous êtes propriétaire, locataire, personne âgée ou à mobilité réduite? Entrez dans le monde de la
maison intelligente. Laissez-nous vous faire découvrir les avantages de la domotique. Automatisez
vos appareils et composantes électriques pour une meilleure gestion de l’énergie et améliorez
votre quotidien de façon simple et efficace. Avoir le contrôle sur tous les appareils d’une maison
(éclairage, chauffage, appareils électroniques, serrure de porte, caméra, etc.), tout cela du bout
de vos doigts par l’intermédiaire d’un ordinateur, d’un téléphone intelligent ou d’une interface,
(tablette, système d’alarme).

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Technologie utilisée

Un système simple, intelligent et pratique qui procure confort, sécurité, tranquillité d’esprit et
économie d’énergie.

Avec l’arrivée des nouvelles technologies, la domotique a évoluée et est une méthode de
confiance pour le contrôle de votre demeure, à un prix abordable et accessible. Tout en vous
simplifiant la vie, vous aurez l’avantage d’économiser de l’argent en sauvant temps et énergie.

Z-WAVE, le leader du marché mondial dans le contrôle sans fil et continu.


Une technologie de choix !

 Z-WAVE est une technologie de communication qui sert à gérer, contrôler et piloter tous
les éléments z-wave de la maison par automatisme mais aussi en accédant à distance aux
fonctions et commandes.
 Z-WAVE est un réseau sans fil qui utilise très peu d’énergie. Les dispositifs sont
bidirectionnels et communiquent entre eux, pour couvrir une plus grande surface. Très fiables
et peu coûteux, les produits sont compatibles entre eux peu importe le fabriquant .

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Scènes

Un seul signal et tant de possibilités pour faciliter votre


quotidien.

Automatiser une maison est plus que le simple contrôle des lumières, des prises de courant et du
chauffage. C’est aussi la prise en charge de vos appareils électroniques, la porte de garage, la
piscine et le spa et pourquoi pas un éclairage d’ambiance LED multicolore int/ext au besoin, le
résultat est surprenant !

La domotique est à vos portes et facile à utiliser. DomDom Domotique


s’engage à vous installer un système simple et abordable. Nos solutions
clé en main sauront s’adapter à chacun de vos besoins.
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Le frigo connecté de Samsung vous aide à faire vos
courses
MIS A JOUR : 08-01-2016 17:52

Le géant coréen présente au CES de Las Vegas des nouveautés


dans tous les domaines, de l’électroménager à la TV. Ou les
deux en un, avec le réfrigérateur transformé en meuble télé.
La cuisine ne sera pas épargnée par les écrans : voici le frigo connecté, avec caméras et écran
tactile géant full HD de 21,5’’. Ouvrir la porte du réfrigérateur pour voir ce qui s’y trouve, so 2015 !
Trois caméras intégrées dans les portes filment l’intérieur du garde-manger du Samsung Family
Hub Refrigerator. Des caméras dont les images peuvent s’afficher dans une appli pour
smartphones, pour jeter un œil dans le frigo une fois au supermarché, ou sur l’écran du frigo. De
quoi épater ses amis, regarder un match, écouter de la musique, afficher des images, des recettes,
un calendrier partagé, des messages…

Plus intéressant, il est facile d’y afficher virtuellement des pastilles sur chaque aliment donnant les
dates limites de consommation, pour mieux gérer ses stocks et éviter le gâchis. Il est équipé
également d’une interface vocale. Bref, voici le réfrigérateur intelligent, qui permet de
commander directement des produits manquants avec Master Card – eh oui, l’enjeu est aussi de
pouvoir y adjoindre des services connectés. Ce réfrigérateur haut de gamme à l’américaine, avec
ses doubles portes, distributeur de glaçons et de boissons fraîches, et des compartiments offrant
au choix du froid négatif (congélation) ou positif (frigo classique), sera vendu chez nous avant l’été,
pour un tarif au-delà des 5 000 €.

La TV, centrale de contrôle des objets connectés


Pas d’inquiétude, la télé n’est pas prête d’être remplacée par le réfrigérateur. Numéro un des TV
en France, Samsung lance une nouvelle gamme SUHD avec au programme, l’arrivée du centre de
commande des objets connectés de la maison, avec le hub Smart Things, lancé avant l’été (environ
99 €). Le menu des TV Samsung, basé sur le système d’exploitation maison Tizen, intègre
désormais de la même manière les programmes TV classiques et les services de vidéo à la
demande comme Netflix. Une seule télécommande permet de naviguer dans toute cette offre
variée.

Côté qualité d’image, chaque constructeur y va de son label pour qualifier sa technologie d’image
la plus fine. Chez Samsung, c’est le Quantum Dot Display, qui permet d’afficher 1 milliard de
couleurs. La marque a obtenu la certification Ultra HD Premium qui concerne les écrans UHD de
qualité certifiée, pour les différencier de modèles plus basiques qui offrent la même définition,

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mais pas forcément une qualité d’image parfaite. De plus en plus fines, sans aucune bordure, avec
des câblages éliminés visuellement car ils passent désormais par le pied, voici des TV design pour
trôner dans le salon. La cuisine n’a qu’à bien se tenir

Dans un futur connecté, comment rester maître


de notre libre arbitre face à l'âme de l'Internet
Thibaut Watrigant
des Objets ?
25 milliards, c’est le nombre d’objets connectés qui encadreront notre quotidien dès 2020 . Désignée comme
1

l’extension de l’internet virtuel au monde physique et dénommée « Internet des Objets », cette révolution digitale
est en passe de bouleverser nos habitudes de vie. Nous guidant de son intelligence, l’Internet des Objets cherchera
certainement à aliéner notre libre arbitre. Apprenons à tirer profit de cette âme technologique sans toutefois perdre
notre liberté décisionnelle.

Le quotidien de l'Homme sera connecté (A2)


09 Avril 2020, 07:10. Charles ouvre ses paupières, son agenda électronique l’ayant réveillé en
initiant l’ouverture des volets de la chambre. Son lit le félicite pour la qualité de son sommeil tout
en surveillant sa santé. Son miroir, connecté à sa station météo personnelle, lui indique les
conditions climatiques extérieures et suggère en conséquence des tenues adaptées au temps et à
l’humeur de Charles.

07:50. En détectant le départ de son propriétaire, la maison éteint les lumières, ferme les volets et
déclenche l’alarme. Relié aux compteurs EDF, le thermostat de la maison réduit le chauffage alors
qu’il détecte un pic de consommation dans le pays de manière à économiser de l’énergie tout en
réduisant la facture d’électricité.

14:25. Alors que Charles grignote des sucreries, sa montre lui signale un taux de glucose trop
élevé. Elle a couplé les mesures instantanées avec les données de sa balance avant de transmettre
l’information au médecin traitant. Une prescription est envoyée à son réfrigérateur pour modifier
le menu du soir en conséquence. Sur les réseaux sociaux, Charles ne verra plus de publicités pour
sucreries sur les deux prochaines semaines.

16:20. La voiture de Charles, connectée et autonome, attend ses enfants à la sortie de l’école.
Dans son coffre, se trouvent des aliments qu’elle vient de récupérer au supermarché à la demande
du réfrigérateur. Arrivée à destination, la voiture lance un signal pour déverrouiller la serrure
connectée de la maison tandis que les leçons de mathématiques du jour s’affichent sur la table
digitale du salon. L’aîné étant le plus doué, la table digitale lui enseigne à son insu des théorèmes
plus poussés.

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21:35. Rentrant chez lui de nuit, Charles voit les lampadaires de la ville ne s’allumer qu’au passage
de sa voiture, par économie d’énergie. S’allongeant dans son lit, la maison concentre le chauffage
dans les chambres et planifie minutieusement la journée du lendemain de ses occupants.

Ce quotidien connecté sera guidé par une « âme technologique »


L’Internet des Objets s’est emparé du quotidien de Charles au travers des services proposés par les
entreprises avec leurs objets connectés. Croisant des données météorologiques et psychologiques,
son miroir lui facilite la prise de décision pour qu’il s’habille en accord avec le temps et son
humeur. Forcé de constater la fiabilité et précision de cette intelligence technologique, Charles
laisse gouverner son quotidien par l’Internet des objets.

Tout comme Charles, notre quotidien se laissera diriger par une intelligence alimentée par les
données issues de multitudes de capteurs. Collectant des données contextuelles sur l’Homme et
son environnement, les objets transmettent un flux continu d’information au réseau de l’Internet
des Objets3. Tels des neurones, le M2M4 – communication « machine à machine » – permet
l’échange massif et le croisement des données collectées. Analysées et traitées dans le Cloud B 5 6 7,
ces données forment l’âme de l’Internet des Objets.

S’appuyant sur cette technologie, les entreprises évoluent de la vente de produits à la


commercialisation des services8 qui portent la voix par laquelle s’exprime l’âme technologique.
Face à la qualité de ces services, nous serons tentés d’écouter cette voix en soumettant nos choix
quotidiens à leur intelligence et leur fiabilité.

Une âme technologique au service ou au détriment de l'Homme ?


Face aux risques d’un quotidien inefficient et afin d’éviter tout problème de santé, Charles a
accepté de soumettre son intelligence à une entité technologique qui le dépasse et dont
l’objectivité peut être remise en question par des intérêts commerciaux sous-jacents. Il a
abandonné son libre arbitre et ses choix du quotidien : son miroir connecté ne reflète plus son
image mais la façonne au travers d’algorithmes qui le dépassent.

Similairement, nous n’embrasserons pas cette révolution digitale sans conséquences. Prônant la
connaissance de soi, elle questionnera la confidentialité de nos données et la perte de vie privée9.
Prônant le contrôle de son environnement, elle pourrait nous soumettre et faire perdre notre
libre-arbitre face à un quotidien prédestiné et à des intérêts commerciaux. Chacun de nous sera
seul devant ces dilemmes. Certains aliéneront leurs âmes tandis que d’autres refuseront de
profiter des bienfaits de la technologie. Seuls les prévenus et les éduqués tireront bénéfice de
cette intelligence technologique tout en gardant pleine maitrise de leur libre arbitre.

Les objets connectés portent la révolution digitale de demain. Grâce à une technologie en
constante innovation, les entreprises offrent des services connectés qui bouleverseront dès la fin
de la décennie nos habitudes de vie. Le quotidien de l’Homme sera perpétuellement accompagné
d’une âme technologique qui lui permettra de minimiser les risques de la vie et d’en améliorer son
confort. En nous laissant guider par cette âme technologique nous pourrons, tout comme Charles,
être tentés de soumettre notre libre-arbitre. Il nous appartiendra de ne pas avoir peur
d’embrasser la révolution des objets connectés et de profiter de ses bienfaits, qui seront multiples,

35
tout en gardant l’indépendance de notre intelligence et de nos actes. Laissons notre miroir
connecté nous faire part de ses suggestions, nous en tirerons bénéfice. Mais sachons avoir le
dernier mot.

Aller plus loin…

1)En reprenan les articles sur les NTICs et la domotique, jusqu’où accepteriez-vous d’être
connecté(e) ? (1000 mots)

2)Faites la synthèse de l’article (350 mots)

36
Notes

[A] La rédaction de la partie « Le quotidien de l’Homme sera connecté » est basée sur une étude approfondie
supportée par des références à des objets connectés commercialisés ou attendus sur le marché :

- Alarme de sécurité : MyFox, pack anti-intrusion Sécurité, https://myfox.me

- Balance : Withings, pèse-personne connecté, http://www.withings.com/eu/smart-body-analyzer.html

- Compteurs EDF smart grid : ERDF, compteur Linky, http://www.erdf.fr/ERDF_Smartgrid

- Lampadaire de ville : exemple du programme « Smart City » de Besançon

- Lit: Withings, capteur de someil Aura, http://www.withings.com/fr/withings-aura.html

- Machine à café : Arist, machine à café, http://www.aristcafe.com

- Magasin : Atos, Connected kitchen, http://atos.net/en-us/home/we-are/news/press-release/2014/pr-


2014_04_23_01.html

- Maison (volets automatiques, chambre connectée) : Legrand, http://www.legrand.fr/particuliers/la-


domotique_866.html

- Miroir : Posh iMirror, mirroir intelligent, http://www.poshimirror.com

- Montre : Motorola, montre connectée Moto 360, https://moto360.motorola.com

- Réfrigérateur : Samsung, réfrigérateur connecté T9000, http://www.samsung.com/fr/consumer/home-


appliances/cold

- Serrure : Okidokeys, smart lock, https://euro.oki

- Station météo personnelle : Netatmo, station météo, https://www.netatmo.com/fr-FR/produit/station-meteo

- Table interactive : Callisto, table basse connectée, http://www.yourcallisto.com/#!/

- Thermostat : Nest, thermostat connecté, https://nest.com

- Voiture : Mercedes & LG, voiture autonome et connectée, https://www.aruco.com/2015/01/mecedes-lg-voiture-


connectee

[B] Le Cloud désigne un lieu de stockage et d’analyse des données sur des serveurs informatiques distants.

Sources

[1] Gartner, Press release, Gartner Says 4.9 Billion Connected "Things" Will Be in Use in 2015, 11/11/2014
www.gartner.com/newsroom/id/2905717

37
[2] Aruco, Thibaut Watrigant, La journée d’un Homme connecté en 2020, 06/11/2014
www.aruco.com/2014/11/homme-connecte

[3] 5GPPP, 5G key technological challenges, http://5g-ppp.eu/about-us Novembre 2014

[4] IDATE Research, M2M, The Machine-To-Machine Market 2013-2017, Décembre 2013, p15-31 p42-65 p62-72

[5] Elsevier, Internet of Things (IoT): A vision, architectural elements, and future directions, 24/02/2013

[6] Journal of the Indian Institute of Science, Software Platforms for Internet of Things and M2M, Septembre 2013

[7] Cisco, Future of Innovation: Building IoT platform, 15/10/2014

[8] Connected Conference 2014, conference de Barbara Berlvisi, co-fondatrice d’Elephants & Ventures, modèles
économiques de l’Internet des Objets, 18/06/2014

[9] Xerfi Research, Le marché des objets connectés, Février 2014

[Image] Montage réalisé par l’auteur de l’article sous Adobe Photoshop à partir des images tirées des sites suivants :

- businessinsider.com/75-billion-devices-will-be-connected-to-the-internet-by-2020-2013-10?IR=T

- connectedtvnews.com/microsoft-expands-its-iot-team

- plenitude-attitude.com de Fabrice Meynier

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