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THEATRE DES CELESTINS

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PROPOS
SUR
MON THÉATRE

- Les vieilles pierres respirent. Que respire aussi notre mémoire oublieu-
sc ! J e passais l'autre soir, au sortir d'une représentation du théâtre des
Célestins, sous les arcades de la rue des Templiers. derniers vestiges du
monastère qui abrita pendant quatre siècles les processions des moines en
robe de bure. La foule s'écoulait lentement, encore éblouie par les feux de
la rampe.
- Quel pompeux lyrisme! Et pourquoi évoq uer ces fantômes? Je ne vois
qu'un quartier besogneux et bruyant, avec des pierres ordinaires, noircies,
comme il se doit de nos jours, par les vapeurs d'essence de nos innombra-
bles automobiles.
- Je ne vous parlerai pas des ombres trop pâles parce que plus ancie~~s
des. sénateurs romains et des templiers qui hanten t aussi ces lieux. MalS Je
mamtiens le monastère; il est notre passé, l'ancêtre direct de notre théâtre.
- F.aut-i1 vraiment vous enorgueillir de cette filiation? Les saints pères
Ont laIssé des souvenirs qui ne sont pas exempts de piquant!
-:- Ombre et lumière marquèrent leur histoire comme celle de toute en~e·
pnse humaine. Il est vrai cependan t que celle-ci ne manque pas de détails
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La musique originale es t éditée par JEAN-BAPTISTE PIAZZANO


LES PROCESSIONS DES MOINES EN ROBE DE BURE

piuoresques; ne dit-on pas que dans certaines villes de France les moines
célestins s'exemptaient d'impôts au moyen de gambades faites par un de
leurs frères devant la porte du gouverneur; ce qui leur valut de se perpétuer
dans la mémoire populaire: « voilà un plaisant célestin" dit-on d'un joyeux
luron. Bien que J'existence de ce dicton soit contestée par de savantes auto-
rités, pourquoi ne pas voir en ceS! « plaisants célestins lt des ancêtres assez
originaux pour nos comédiens? Cette amusante anecdote ne doit pourtant
pas nous fa ire oublier qu'ils formaient une communauté puissan te qui fut
c hère aux Lyonnais. Faisant partie de l'ordre de saint Benoît, leur vocation
était de s'occuper d'œuvres pieuses et litté raires; ils ont compté dans leurs
rangs nombre d'érudits et, parmi eux, le chancelier Gerson que certains
tiennent pour le véritable auteur de l'Imitation de Jésus-Christ. Leur exis·
tence était consacrée à de pieuses méditations ce qui ne les empêcha pas de
faire preuve de beaucoup de courage au moment des guerres de religion en
refusant de livrer les protestants réfugiés sous leur toit. Les préoccupations
de ce monde ne leur étaient pourtant pas étrangères; ne dit-on pas encore
que leur grand titre de gloire était la confection de « l'omelette à la céles·
tine » et autres mets délicats. C'était se conformer à la tradition d'une ville ,
qui sut retenir Rabelais et qui se pique de fine gastronom ie. Ils furent d'ai.'·
leurs victimes de ce penchant pour les plaisirs de la tabl e. Un frère qui avait
trop arrosé de beaujola is la fameuse omelette mit le feu au couvent. Il est
vrai que ceci se passait au XVIII~ siècle et que les mœurs s'étaient rel âchées
d'une manière incompatible avec la sainteté de l'état religieux. L'archevêque
de Lyon, prélat vertueux, s'en émut et prononça la dissolution de la com~u'
nauté en 1778. Cette date est importante, elle marque le début de la vocatIOn
théâ trale du quartier des Célestins.
- Vous êtes un « plaisant célestin " avec la vertu de votre archevêqu~
qui fut bien mal récompensée. Les terres de l'église ne passèrent-elles pas a
cette occasion dans des mains très profanes?
- Les terrains sur lesquels était bâti le couvent avaient été cédés à l'ar·
chevêché par l'ancêtre du roi de Sardaigne, Victor-Amédée, dans une inten'
tion pieuse. La suppression de la communauté religieuse incita ce dernier à
demander la restitution de ce qu'il considérait à nouveau com me son bien;
il y eut un procès que l'archevêque perdit. De toute façon, avec la Révolution
française, l'Histoire est en marche. La devise des nouvelles classes privilé-
giées va devenir : « enrichissez-vous lt. Il faut croire que le roi de Sardaigne
était une sorte de précurseur en la matière. Il revendit le monastère et touS
les terrains adj acents qu'il avait arrachés de haute lutte à l'Eglise à un sieur
Devouges q ui en fit des lotisse ments. C'était paraît·il un fort honnête homme
et un habile commerçant. C'est lui qui fit construire la plupart des bâti·
ments qu i en tourent a ujourd'hui la place des Célestins. Pour valoriser son
entreprise il songea d'abord à un e do uane. Puis il estima qu'un théâtre serai t
d'un meilleur ra pport. H eureuse époque où l'art dramatique pouvait faire
figure d'avan tageux placement po ur les hommes de finance ! La constructi on
dura quatre ans. L'ina ugura tion du théâtre des Vari étés, première appella·
tion qui fut t rès vile a bandonnée, eut lieu le 7 avril 1792. Les débuts furen l
heureux et le succès se poursuivit penda nt tout le XI X· siècle. Le public le
plus divers se p ressa it en fOlùe aux représenta tions. Les différences socia les
très accentuées à cette époque posaient aux directeurs des problèmes de
répertoire déli cats qu'il s résolurent d'une ma nière fort a droite : ils combi·
na ient leu rs spectacles de telle so rte qu 'ils a va ien t a lternativement à de cer·
tains jours la visite de la société privilégiée et celle de la classe laborieuse.
Invoquons ici le té moignage du Bulletin de Lyon qui écrivait : « Les dram es
et mélod rames se succèdent avec un e prodigieuse activité sur le théâtre des
Céles tins. C'est déjà un spectacl e suivi et rem a rquable que les immenses
affiches dont les rues sont ta pissées pour a nno nce r les représen ta tion s. Le
soir on se po r te en foule au théâ tre po ur épuise r l'inté rêt qu'a fait naître la
lecture de ces progra mmes déta illés de fêtes à grand o rches tre. » Il est vra i
que le même Bulletïn de Lyon éc rivait aussi a vec beaucoup d'impertinence
à propos d'une fe rme ture pour cause de répara ti ons : e: Il serait bien à
désirer que les ent repreneurs de théâtre profitassent de l'occasion pour res-
taurer a ussi le répertoire et la composition de la tro upe. '/) Ainsi va le goût
de la critique qui, comme les femm es, va rie. La termin ologie d'entrepreneurs
de théâtre pour dés igner les directeurs es t plaisante. Elle indique que ces
derni ers ne che rcha ient nullemen t à l'époque à d issimule r sous quelque
terme pompeux le côté maté ri a liste de leur profess ion. Ce petit théâtre fil
longtem ps leu r fo rtune a u point mê me de pouvoir subve nir en gra nde partie
aux dépenses d u Grand Théâtre qui é ta it à J'époque la scène de prestige Ol!

LA VI SlTE
DE LA SOC l trÉ
PR IVIl.ÉG I ÉE
JEU:

Des variations sur un thème : es thé tique des rythmes (mimique, voix,

FANDO ET LIS expression corporell e).


FANDO ET LIS : les sa ltimbanques de l'amour - Jeu dépouillé de
l'enfance .
FANDO : seule réfé rence class ique de la pièce : Commedia dell'Arte.
LES 3 HOMMES AU PARAPLUIE : Théâ tre dit de J'Absurde, Le monde
des adu lt es vu par les enfants. Composi tion de marionnettes bavardes -
Précision géométrique des ges tes.

LA MUSIQUE :
dùtyz'buûon impose le climat et les rythmes. Elle do it être auss i nécessaire que les
comédiens.
(pa r o rdre d'e ntrée e n scène )
LA Plt CE :

Lis FRA NC ELl NE SPIELMAN insolite, moderne, concise comm e une tragéd ie grecque. Doit être réal isée
avec la ri gueur d'un œ il dés humani sé : la camé ra, par ex:empl e.
Fa ndo ROGER CORNILLAC
N a mur J EAN AST E R LE D~COR :

Tosa . ,. , .. ,. _ .. _.. _., _. MAURtCE DESCHAMPS se veut symbolique comme la pièce elle-même.
La route de Tar n'est pas un paysage précis. On peut résumer ains i le
Mita ro .. . ... . ....... . ROIl ERT BORDE NAVE symbo li sme des élément s du décor:
Le chien à la fl eu r LOUKA
Ceux qui s ont fixes :
LE TRIANGLE avec le fi l à plomb, e n même temps qu 'il es t signe de
l'ordre géomé trique , symbo li se l'infini de la rec he rche et s'é largit peut·
être aux: dimens ions d'une représe ntatio n occulte.
LA FLEUR FANNEE SOUS GLOBE n'est-elle pas l'image d'un bonheur
, d'amour qu'on relègue déjà parmi les souvenirs.

notes de mISe en scene •


LE PARAVENT RO UGE est l'exp ress ion des alibis et des dérobades de la
société humaine matérialisée par les 3 ho mmes au parapluie .
LE GRAND MOTI F CENTRAL pourrait symboliser le voyage ver s TAR
SUJET : toujours recommencé.
Fando CL Lis reche rchent le bo nheur : il s vo nt à TAR.
Elém ents amovibles :
Namur - Mi taro et Toso , les tro is ho mm es au paraplu ie, re ncontrent
Fand o e t Lis : ils vont également à TAR. LE MUR définit un espace de plus en plus rédu it comme la vi e même.
Pourquo i LOurnent-il s en rond ? LE MOB ILE s igni fie à la fois le mo uve ment de la vie et une quê te
Peut -o n att eindre TAR ? continue qui tourne en rond .

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LES FLEURS ET LE S PLANTE S SUR SCENE ET DANS L'ATRI UM SONT 2 LA DISPOSITION DU THEATRE PA R PERRAUD & FILS
FLORALI STE - CLASSE INTERNATIO~222 PLACE DES TERREAUX - LYON -l

A CHAQUE REPAS SUR SCENE : ,q


.... LA BONNE MOUTARDE DE DIJON
LA VISITE DE LA CLASSE LABORIEUSE

se produisaient les grands de la profession comme Talma et Rachel et où


avaient lieu toutes les réceptions officielles.
- Ne peignez·vous pas trop en rose ce tableau idyllique? Votre bienveil-
lance ne nou s dissimule·t-elle pas quelque s revers de fortune comme il y en
a tant dans toute entreprise théâtrale?
- ri y eut bien quelques périodes où les affaires furent moins brillantes
ce qui entraîna des changements de propriétaires. La ville finit par racheter
le théâ tre en 1838 pour la somme de 328.000 francs. Cette tractation fut
l'occasion d'un inventaire officiel de décors assez curieux que voici :
Huit coulisses peintes en neige, Deux coulisses de rochers, Un fond de
mur, Un fond d'horizon, Un fond de salon, Un fond d'enfer, Un fond de place
publique, Le Siège de Tolède, Visite à Bedlarn, La fille hussard, Charles le
Téméraire, Le nid de la Belle au Bois Dormant, Châssis pour cacher les •
lumières, Un fond de forêt.
Cette énumé ra tion donne un e modeste idée de ces splendides lit fêtes à
grand orchestre » dont parlait le Bullelin de Lyon. Où passa le reste d~
décors qui ne pouvaient manquer d'exj ster, mystère ! La plus grave crise qUI
frappa notre théâtre faillit entraîner sa disparition. L'histoire vaut d'~tre
contée. Elle jette une lueur curieuse sur les méthodes du temps qui étalent
beaucoup plus expéd itives que les nôtres. Un sieur Lecomte s'était fait nom·
mer par la ville directeur des théâtres à Lyon, poste correspondant à uo.e
sorte de ministère de la culture sur le plan local. Naturellement, il prétendit
bientôt tout régenter et entra en conflit avec les directeurs des Cé lestins aU
sujet du prix de location de leur salle. Il y eut un arbitrage rendu en faveur
de Lecomte que les directeurs refusèrent. On fit mémoire sur mémoire et,
J'affaire traînant en longueur, la municipa li té décida purement et simplement
de fermer les Célestins et autorisa Lecomte à construire son propre théât~
place Confort. L'existence de ce dernier fut éphémère. A la suite de la repre·
sentation d'un ballet féerique intitulé Mirza et Alma/na, le bâtiment. ~t
détruit de fond en comble par un incendie allumé par des pièces d'artif~ce
dont on faisait grand usage à l'époque. On rouvrit alors la salle des CélestIns
e t Leco mte en prit la direction.
_ Parlez-nous un peu du public et du répertoire.
_ Le répertoire était celui des théâtres de ce temps : le drame, le mélo-
drame le vaudeville et la comédie se succédaient sur la scène. La plupart
des a~teurs à la mode, oubliés aujourd'hui ou encore glorieux, s'y firent
jouer. Leur énumération serait fastidieuse. Citons cependant Scribe, l'auteur
le plus prolifique de toute l'histoire du théâtre. Il a la réputation d'avoir
inventé toutes les s!tua tions dramatiques qu'il ,est .humainement possible
d'imaginer. Il eut meme les honneurs de la « Celestmade ", long pamphlet
sur les mœurs théâtrales lyonnaises :
« Ce rimeur si fertile
Qui chaque jour enfante et signe un vaudeville
Et qui, cent fois, usant d'un pouvoir absolu
Vit jouer son ouvrage avant de J'avoir lu. "
Ce type de pamphlet alors très à la mode était apprécié par un public
passionné mais volontiers turbulent. Dans les grandes occasions il n'héo:: itClit
pas à chante r la Marseillaise dans la salle, que ce soit au moment de la
guerre de 1870 ou pour protester contre l'incommodité des sièges et des
balustrades de l'amphithéâtre; il fallut d'ailleurs les changer pour ramener
l'ordre.
_ N'avez-vous' pas quelqu~ chose de noir sur vos tablettes?
_ Il Y eut un crime commis en pleine représentation dans des circons-
tances bien étranges. On jouait, ce soir-là, Adrienne Lecouvreur. Au deu-
xième acte, un cri horrible vint semer l'épouvante dans l'amphithéâtre. Une
jeune mariée, madame Ricard, femme d'un professeur de mathématiques,
\'enait d'être frappée d 'un coup de poignard mortel par un homme placé
derrière elle. Son mari, qui se trouvait à côté, se jette sur l'assassin. Celui-ci,
un jeune commis de vingt ans, lui dit froidement : « Je ne vous connais
pas. Faites de moi ce que vous voulez, je ne veux pas fuir. JI Etait-ce un
précurseur de Lafcadio et de l'acte gratuit tel que le définira Gide quelques
années plus tard? Pas exactement. Le meurtrier déclara par la suite que, las
de la vie, il voulait mourir mais non se suicider. L'assassi nat lui avait semblé
un moyen commode pour parvenir à ce résultat, tout en lui laissa nt le temps
de se repentir pendant son procès. Les débats furent passionnés. L'accusa-
tion ne manqua pas pour demander la tête du coupable de m ettre en avant
la personnalité de la victime et les circonstances particulièrement atroces du
meurtre. La défense se retrancha derri ère la th èse de la folie. Cette cause

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aurait pu être célèbre si l'assassin ne s'était nommé Jobard; avec un nom


~areil , il ne pouvait pas passer à la postérité. Il n'eut même pas la satisfac·
tian de voir son désir de mourir exaucé : les juges ne le condamnèrent qu'à
la détention perpétuelle.
- Pou r respecter les traditions de nos bons vieux mélos, donnez·nous
• après ce frisson, quelque chose d 'émouvant et de moral.
- L'ancienne place des Célestins avait en ce temps-là un éclat inaccou-
tumé. De nombreux caféS-Chantant, le café d'Apollon, du Messager des Dieux,
le caf~ de Paris, celui de la Comédie, le café Berthaux, étaient ouverts tous
Ie.s so!rs, brillan t de mille feux et offrant au public qui les envahissait des
dLelVertlSSements toujours nouveaux; c'était le centre de la gaîté lyonnaise.
chans(:mnier Pierre Dupont en était un des habitués les plus fervents mais
ce~ bastrmgues pi tto resques virent les débuts d'une histoire bien extraordi-
naIre. En 1831 , de pauvres marchands forains nommés Félix vinrent habiter
~r?n; ils avaient une fille de dix ans, nommée Elisa , qui chantait devant les
. es en questio n pour rapporter à ses parents le maigre salaire de sa
Journée. Un déno mmé Choron, fondateur de l'Ecole Royale de chant et de
décla:r:nation, parcourait la France à la recherche de belles voix. Il fut frappé,
r n so~r où il se trouvait place des Célestins, par le timbre extraordinaire d;e
a VOl.X de ce tte jeune Piaf. Il l'aborda, s'mforma de sa famille, se fIt
t ondUI re près du père qui était malade et alité dans une pauvre mansarde.
Ous deVInez la suite ?
- Notre jeune proctige entre dans la classe de Choron et s'immortalise
dan s qu elque grand rôle de cantatrice à l'Opéra.
- Non, dans le rôle de Camille à la Comédie Française. Sa voix ne pro-
gressa it pas, mais son accent tragique étant remarquable, eUe devint la plus
grande comédienne de son temps. EUe fut célèbre sous le nom de Rache1.
Pour que mon hi stoire soit tout à fait mo ra le, il aurait fallu qu'elle revînt
verser quelques larmes sur la scène des Célestins, à côté des lieux qui
avaient vu ses débuts mi sérables. Mais le Grand Théâ tre offrait des cachets
plus élevés et c'est là que les Lyonnai s purent l'applaudir. Elle mourut jeune,
mais fort riche.
- Et les incendies?
- Il y en eut deux. Dans la nuit du 2 au 3 avril 1871 , après la représen-
tation d'une pièce intitulée La femme d'un Prussien, les fla mmes envahirent
tout à coup le toi t du théâtre. Ce dernier fut détruit de fond en comble.
Sa reconstruction dura sept ans; son inauguration eut lieu en grande pompe
et l'architecte responsable des travaux eut même droit aux félicitations de
la commission chargée des vérifications d'usage. Las! Dans la nuit du 26 au
27 mai 1880, le feu se déclara dans des conditions à peu près identiques et
Je théâtre fut à nouveau entièrement détruit. On murmura même que le feu
avait pris naissance dans le poste des pompiers ! Pour plus de précautions,
on reconstruisit le bâtiment avec une charpen te en fer; les travaux furent
marqués par une bataille farouche entre j'architecte et un sculpteur chargé
de réaliser les statues de la tragédie et de la comédie qui devaient orner la
façade. Ces messieurs n'étaient pas d'accord sur l'esthétique de l'édifice.
Finalement les stat ues furent mises en place telles qu'on peut les voir
aujourd 'hui.
- Et ensuite?
- Ensuite, c'est l'histoire moderne du théâtre; demandez ce qu'ils en
pensent à nos spectateurs actuels.
- Ou aux successeurs du Bulletin de Lyon.
_ Il ne me reste plus qu'à interrompre cette très modeste et très anec-
dotique évocation d'une histoire gravée dans de vieilles pierres. Pour toi ,
lecteur ô combien indulgent de m 'avoir suivi jusqu'ici, le rideau va bientôt
se lever. Le Théâ tre continue.

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