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Petite annonce : j'en suis réduit à vendre mes Droits de

l'Homme

Robert Pioche
(expert en importation et exportation de Droits de
l'Homme)

robertpioche@hotmail.com

HUMAN RIGHTS FOR SALE !


HUMAN RIGHTS FOR FREE !

Moi, Olivier Mathieu, étant un Homme, je vends (au


gramme ou au kilo), ou je loue (tarif dégressif: nous
consulter), ou carrément j'offre (à l'oeil!) mes Droits de
l'Homme à qui en voudra et, en cas de besoin, je les
échange et les troque (à condition que la chose soit
légale et licite) contre une pincée de liberté
d'expression.
Droits de l'Homme garantis universels et non périmés,
et en état de fonctionnement; garantie totale un an!
Vous serez remboursés si pas satisfaits!

Je sais.
Cette petite annonce pourra quelque peu surprendre.
Et pourtant, il arrive que des êtres humains mettent en vente sur Internet (selon les
cas, par désespoir ou par provocation, ou pour attirer l'attention sur eux), par
exemple, un organe.
Je ne mets en vente, quant à moi, aucun organe.
Je ne me moque de personne.
Mon annonce est infiniment sérieuse.
Et mon raisonnement est très simple.
1. Je suis un homme.
Je suis un homme.
Je suis Français.
J'ai donc des Droits de l'Homme.
Si mon raisonnement manque de logique (si je ne suis pas un homme, ou si je n'ai pas
de Droits de l'Homme), il suffira qu'on me le dise : et je retirerai cette petite
annonce, je le promets.
Mais en toute logique, il me semble strictement impossible qu'en France, dans la
France sarkozyenne, il puisse y avoir quelqu'un qui n'ait pas de Droits de l'Homme.
Avouez que si c'était moi qui manquais de Droits de l'Homme, ce serait pas de
chance!
Donc, j'ai des Droits de l'Homme.
Si j'ai des Droits de l'Homme (et que je ne les ai pas volés), je peux les mettre
(supposé-je) en vente.

2. Je suis pauvre.
Je suis pauvre.
Je suis tellement pauvre que, quand - exemple parmi mille autres - il me faut
divorcer, les tribunaux m'accordent aimablement (et je les en remercie) un avocat
gratuitement.
Donc, c'est indéniable aussi : je suis pauvre.
Si mon raisonnement manque de logique (et si je ne suis pas pauvre), il suffira qu'on
me le dise : et je retirerai cette petite annonce, je le promets.
Mais en toute logique, il me semble strictement impossible qu'en France, en France
sarokyenne, on puisse contester la décision d'un tribunal français qui m'accorde un
avocat parce que je suis pauvre.
Je suis pauvre - et d'innombrables sentences de justice, que je tiens à disposition de
qui le veut, font état de cette pauvreté.
Qui nierait ma pauvreté contredirait donc des sentences de Justice définitives.

3 Je suis un homme, et je suis un pauvre inapte de P4.


Etant un homme, et étant pauvre, je mets en vente aujourd'hui, mes Droits de
l'Homme.
Je voudrais vendre autre chose, mais je ne possède rien d'autre. Je n'ai ni travail, ni
domicile. Je n'ai rien. Depuis 1991, on m'a interdit y compris d'avoir un compte en
banque. Je n'ai donc rien d'autre que mes Droits de l'Homme.
Par ailleurs, je suis un inapte. La commission psychiatrique devant laquelle je me suis
présenté, dès 1982, à la suite des "trois jours" de mon service militaire, l'a décrété : je
suis P4.
Je suis un inapte. Je suis un P4.
Si quelqu'un nie que je sois inapte, alors ce quelqu'un se rend coupable du crime de
contestation d'une décision souveraine (forcément souveraine : et je m'incline) prise
en 1982 par une commission psychiatrique du Ministère de la Défense de la
République française.
Je suis tellement inapte au travail que je n'ai jamais travaillé ou cotisé de ma vie. Or,
voici la retraite.
J'en suis donc réduit à vendre mes Droits de l'Homme.

4. Ceci n'est pas une plaisanterie.


Naturellement, si quelqu'un devait se sentir offensé, et me démontrer que je l'offense,
je n'hésiterais alors pas à songer à retirer mon annonce.

On risque de m'objecter au moins deux petites choses.

Première objection.
La première est que je ne suis pas propriétaire des
Droits de l'Homme.
En effet. C'est bien pourquoi je ne mets nullement en vente "les" Droits de l'Homme.
Je ne voudrais pas entrer en concurrence avec M'sieur Obama, grand exportateur de
Droits de l'Homme.
Je mets en vente, très modestement (que Barack Hussein ne m'en veuille donc point)
MES Droits de l'Homme.

Deuxième objection.
Si l'on ne peut pas vendre de Droits de l'Homme,
je propose alors de simplement échanger mes Droits de
l'Homme, de les troquer contre quelque chose de
purement symbolique: par exemple, une pincée de
liberté d'expression.
On ne peut pas non plus vendre son corps. Pourtant, les prostituées vendent leurs
corps. Ou, si on préfère, elles les louent.
Si quelqu'un essaye de me démontrer que je ne peux pas vendre mes Droits de
l'Homme, j'écouterai de tels arguments avec infiniment de curiosité et respect.

Et si quelqu'un me démontre, pour commencer, quatre (4) toutes petites choses :


que moi, Olivier Mathieu, je ne peux (1) ni les vendre, (2) ni les louer, (3) ni les
offrir, (4) ni en déclarer la perte au commissariat le plus proche de mon domicile,
alors je proposerai de les échanger, de les troquer contre quelque chose de
symbolique, par exemple une pincée de liberté d'expression.

robertpioche@hotmail.com