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M2.5 Au travail avec AquaCrop : définition du continuum eau-sol-plante pour un cas 


concret 
Bienvenue à cette première d’une série de séquences dans laquelle je vous aiderai à découvrir le 
modèle AquaCrop. Climat, sol et culture seront définis dans AquaCrop. Vous mettrez en œuvre un 
exemple concret afin d’évaluer si vous avez bien compris les concepts posés dans ce module sur les trois 
sphères en interaction. Imaginez que vous êtes agriculteur dans les environs de la ville de Patancheru, 
Est de Mumbai en Inde, où vous cultivez des tomates.  

Démarrez AquaCrop.  
Le « Menu principal » nous accueille, constitué de 2 fenêtres : 

 
● Dans la fenêtre « Environnement et Culture » en haut, on va sélectionner ou créer les fichiers de 
Climat, de Culture, d’Irrigation, spécifier la gestion agricole de la Parcelle, le Profil de Sol et 
éventuellement aussi des informations concernant la présence d’Eaux Souterraines peu 
profondes. 
● Dans la deuxième fenêtre « Simulations » en bas, on spécifiera, entre autres, la période de 
simulation et la teneur en eau initiale. C’est aussi de là qu’on peut lancer les simulations. 

Étudions dans ce module les sections les plus importantes de la fenêtre «Environnement et Culture». 

Cliquez sur le bouton « Climat ». Les propriétés météorologiques de notre ferme à Patancheru vont être 
définies ici. Cliquez sur « Sélectionner/Créer un Fichier de Climat ». Dans la liste des stations 
climatologiques disponibles, sélectionnez la station de Patancheru.CLI. Pour visualiser ces données 
cliquez sur « Afficher/Mettre à jour données Climatiques ». L’onglet « Description » donne une synthèse 
des données climatologiques disponibles pour la station de Patancheru pour la période allant du 1 
janvier au 31 décembre du 1996. Les données de pluviométrie, d’évapotranspiration et de 
température viennent de la station de Patancheru.  

Cliquez sur l’onglet « Pluviométrie ».  


 

La pluviométrie journalière pour l’année 1996 y est affichée. Pour avoir une meilleure idée des 
périodes sèches et humides, cliquez ensuite sur le bouton « Moyennes mensuelles ». La pluviométrie 
mensuelle y est affichée. Ceci permet d’identifier les mois lors desquels une irrigation est nécessaire. On 
peut clairement observer une période sèche après laquelle la saison de pluie débute. Pour nos 
simulations en irrigation, nous allons donc nous concentrer sur la période janvier-février-mars. Si vous 
souhaitez visualiser les données d’évapotranspiration de référence, cliquez sur l’onglet « ETo ». La 
distinction entre transpiration et évaporation sera faite par AquaCrop lors des simulations. C’est la 
transpiration qui poussera la croissance de la plante. Cliquez sur le bouton « Fermer » pour revenir à la 
fenêtre précédente. 

Cliquez ensuite sur l’onglet « Température ». Les températures minimales et maximales journalières y 
sont affichées. La croissance d’une plante peut diminuer, voire s’arrêter, en deçà ou au-delà de 
certaines températures, et c’est la raison pour laquelle ces données sont nécessaires à la modélisation. 
Comme AquaCrop calcule les flux d’eau avec un pas de temps journalier, il est toujours plus intéressant 
d’avoir des données climatiques journalières. Par contre, ce genre de données n’est pas toujours 
disponible. AquaCrop fonctionnera également avec des données hebdomadaires ou mensuelles, mais 
les bilans d’eau calculés seront moins précis. 

Cliquons sur « Menu Principal » pour y revenir. On constate que le fichier sélectionné, ainsi que sa 
description, sont maintenant affichés derrière le bouton « Climat ». 

Vous avez donc défini les conditions climatiques pour vos champs.  

Concentrons-nous maintenant sur notre culture : la tomate. Dans AquaCrop, il y a plusieurs données de 
culture présentes et nécessaires. Cliquez sur le bouton « Culture », choisissez « Sélectionner/Créer 
Fichier de Culture » et sélectionner dans la liste « Tomato.CRO ». Vous constatez que toute une série de 
cultures sont déjà disponibles dans la base de données d’AquaCrop, mais pas toutes. L’utilisateur a la 


 
possibilité d’ajouter sa propre culture en se basant sur des articles, des recherches de terrain etc. Et de 
la calibrer et la valider, mais ceci va au-delà des objectifs de cette initiation. 

Dès que la culture est sélectionnée, cliquez sur le bouton « Afficher/Mettre à jour les caractéristiques de 
Culture ». Pour la date de semis, mettez le 1​er​ janvier 1996, qui est la première journée de la période 
qu’on a choisie pour l’irrigation en fonction des données climatiques. Une fois la date validée, toute une 
série d’onglets s’affichent et on peut vérifier quelles informations sont disponibles sur la tomate dans le 
catalogue d’AquaCrop. Comme vous le voyez, il y a beaucoup de paramètres modifiables. AquaCrop, 
avec tous ses boutons et paramètres, ressemble presque à un jeu d’ordinateur, mais n’oublions pas qu’il 
y a toute une série de lois physiologiques cachées derrière cette interface. AquaCrop est un modèle 
complexe et robuste, mais les données doivent être connues avec une précision suffisante, faute de quoi 
les résultats n’auront pas de sens physique.  

Dans le premier onglet « Description », on peut choisir d’afficher un set limité de paramètres ou 
l’entièreté des paramètres de culture.  

 
Les plus curieux d’entre vous peuvent cliquer sur le bouton radio « Set entier » et remarquer que 
plusieurs onglets « réponses au stress » s’affichent. Un manque d’eau dans le sol peut causer des 
retards dans le développement de la canopée, la fermeture des stomates et même provoquer une 
sénescence précoce, le tout influençant le rendement final. Comme la disponibilité en eau est le moteur 
de croissance d’AquaCrop, le logiciel tient compte de ces différents stress possibles et la façon dont 
chaque culture y répond. 

Dans un premier temps, nous allons nous contenter du set limité de paramètres. Activez alors ce bouton 
radio. 

Dans l’onglet suivant, « Mode », on peut choisir de faire tourner nos simulations en jours juliens ou 
degrés jours de croissance. Prenons jours juliens dans notre cas. 


 
Dans l’onglet « Développement », les paramètres décrivant le développement de la canopée, la 
floraison et la formation du rendement, et l’enfoncement des racines sont présentés.  

 
Partout, les cellules blanches peuvent être modifiées par l’opérateur. Les cellules grises sont des 
paramètres par défaut d’AquaCrop. Comme on ne fait pas d’expérience de calibration ici, on va se 
contenter des paramètres de base. 

Dans le premier sous-onglet « Couverture initiale de la canopée », un graphique du développement de 


la canopée occupe la place centrale. 


 
Dans AquaCrop, l’état de la canopée est exprimé en “couverture de la canopée” ou CC. Une 
couverture de canopée de 75 % veut dire qu’en regardant le champ du ciel : 75 % de celui-ci sont 
couvert par la culture et 25 % est nu. On peut spécifier dans cet onglet si la plante a été semée ou 
transplantée, la densité de semis et la superficie de la canopée de la jeune plante. Toutes ces infos 
nous livreront la couverture initiale de la canopée. En modifiant la densité de semis par exemple de 
35.000 à 20.000, la couverture initiale de la canopée se met automatiquement à jour. Si on possède 
des observations de terrain, on peut également tout de suite remplacer la couverture initiale, CCo, de 
0.67 à toute autre valeur observée sur le terrain. 

Continuons vers le deuxième sous-onglet « Développement de la canopée ». De nouveau basé sur des 
observations de terrain, on peut changer la durée des stades végétatifs en bas de l’onglet. Sont 
spécifiés : 

● Le nombre de jours après replantation nécessaire pour que le jeune plant reprenne ; 
● Le nombre de jours afin d’atteindre la couverture maximale de la canopée. Cette couverture 
maximale est également à spécifier en haut du graphique ; 
● Le nombre de jours avant le début de la senescence ; 
● Le nombre de jours jusqu’à la maturité ou récolte. 

Si on change ces valeurs, on constate que le graphique avec le développement de la couverture de la 
canopée se met à jour. Gardons les valeurs par défaut : 4, 63, 91 et 110. 

Dans l’onglet « Floraison et production », on spécifie le démarrage et la durée de la floraison.  

 
Et la période d’accroissement de l’index de récolte. L’index de récolte est responsable de la distinction 
entre la biomasse totale de la plante et le produit commercialisable, dans notre cas la tomate. Durant 
cette période d’accroissement de l’index de récolte, de plus en plus d’énergie sera consacrée au 
développement des grains, fruits ou légumes. 


 
Dans l’onglet « Développement racinaire » on spécifie après combien de jours la profondeur maximale 
effective d’enracinement est atteinte.  

 
En général, la profondeur maximale est atteinte au même moment que la canopée maximale. Le 
principe « root and shoot », comme le montre bien les deux graphiques. 

Allons ensuite vers l’onglet « Production » où l’on va se concentrer sur les paramètres de productivité : 

 
La productivité de l’eau d’une culture est le paramètre qui définit la quantité de biomasse qui peut être 
créée par quantité d’eau disponible. La productivité de l’eau multipliée par la somme de la 
transpiration donne la biomasse : B = WP * Sum(TR). Plus la productivité de l’eau est élevée, plus la 


 
quantité de biomasse créée est élevée. Ce paramètre ne peut pas être modifié et est typique pour 
chaque culture. 

L’index de récolte, l’onglet suivant, sert à distinguer la biomasse et le rendement final. 

 
Le rendement final est la biomasse multipliée par l’index de récolte : Y = HI * B. 

Les stress de fertilité, dans l’onglet suivant, ne sont pas traités dans cette initiation. Mais l’impact de la 
fertilité du sol sur le rendement agricole peut être pris en compte avec AquaCrop. 

Le dernier onglet « Calendrier » donne un résumé des durées et dates des différents stades végétatifs. 
Ici, on peut facilement voir si les paramètres correspondent aux réalités de terrain lorsque des données 
sont disponibles. Si ce n’est pas le cas, les paramètres concernés doivent être modifiés dans les onglets 
que l’on vient de présenter.  

Fermons la fenêtre pour revenir au Menu Principal. 

Tout ce qui concerne la partie « Irrigation » sera traité dans les modules suivants. La gestion du 
«Champ» ainsi que les informations sur les « Eaux souterraines » ne seront pas traitées dans ces 
modules. Mais pour les intéressés, plus d’informations sont disponibles sur le site d’AquaCrop de la FAO. 

Il nous reste maintenant à spécifier le type de sol de nos champs. On sait que notre sol a une texture 
argilo-limoneuse. Cliquez sur le bouton « Profil de sol ».  


 

 
Ensuite choisissez « Sélectionner/Créer fichier de Profil de sol ». Et dans la liste, cherchez et sélectionnez 
le fichier «ClayLoam.SOL ». Dès qu’il est sélectionné, le bouton « Afficher/Mettre à jour les 
Caractéristiques de Sol » devient actif. On clique dessus. Et un nouvel ensemble d’onglets s’affiche. 
L’onglet « Description » donne des infos générales sur le fichier sélectionné. L’onglet «Caractéristiques» 
contient les paramètres hydrauliques du sol. Dans ce cas-ci, le sol est constitué d’un seul horizon, mais on 
pourrait spécifier jusqu’à 5 horizons différents par profil de sol. 

Les données présentes sont : la description du sol, sa profondeur, l’eau totale disponible dans le sol 
(TAW) ou la quantité totale d’eau. Dans le sous-onglet « Eau du sol » sont également spécifiées : la 
teneur en eau au point de flétrissement permanent, la teneur en eau à la capacité au champ et celle à 
saturation, et finalement la conductivité hydraulique à saturation (ou Ksat). Le coefficient de drainage 
Tau est directement dérivé par AquaCrop à partir de la conductivité hydraulique ; c’est pourquoi il est 
affiché dans une cellule grise. Le coefficient 𝛕 (Tau) est utilisé pour la simulation du mouvement de l’eau 
vers le bas dans le profil de sol. Il représente le taux maximum théorique d’eau drainée dans un champ 
sur une période de 24 heures. On laisse de côté les autres onglets pour spécifier le taux de cailloux et 
pierrosité, et des infos sur la pénétrabilité du sol. 

L’onglet « Surface de sol » présente les caractéristiques concernant les écoulements de surface et 
l’évaporation du sol. Les caractéristiques d’une éventuelle remontée capillaire peuvent être modifiées 
ou étudiées dans l’onglet « remontée capillaire». On ne rentrera pas dans ces détails pour notre 
exercice. Plus d’informations sur le site d’AquaCrop de la FAO.  

Cliquez sur « Menu Principal » pour y revenir. Le fichier de sol sélectionné, ainsi que sa description, sont 
affichés derrière le bouton « Profil du sol ». 

L’environnement « eau-sol-plante » est prêt.​ On verra dans les modules suivants comment préparer le 
fichier d’irrigation, et lancer et comparer les simulations pour différentes méthodes d’irrigation.  

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