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Planification des réseaux Electriques

MER 84
Chapitre 02 :
Planification des réseaux de distribution électrique

II.1 Introduction
Le problème de la planification des réseaux de distribution électrique consiste à développer le réseau à
moindre coût afin d’assurer l’alimentation des consommateurs tout en respectant des exigences de la fiabilité
et de la qualité de l’électricité fournie. En effet, les réseaux de distribution doivent être développés pour faire
face à différents problèmes :
- A court terme, par exemple :
-L’arrivée de nouveaux utilisateurs demandant un raccordement au réseau,
-Les réclamations d’utilisateurs insatisfaits de la qualité de fourniture d’électricité,
-La défaillance d’ouvrages existants ;
- A moyen et long termes, par exemple :
-L’accroissement de la consommation des utilisateurs existants,
-L’accroissement du nombre de consommateurs BT sujets à des tensions basses (appelés Clients Mal
Alimentés, CMA),
-Le vieillissement des ouvrages du réseau,
-Le respect du cadre réglementaire ou normatif,
- Les engagements des GRD auprès de l’Etat.
Pour traiter ces différents problèmes, le GRD mène des études décisionnelles et élabore des plans de
planification sur plusieurs horizons temporels.
II.2 Structure et caractéristiques du réseau de distribution
Les réseaux de distribution électrique permettent d’acheminer l’électricité localement. Ces réseaux sont
souvent définis par leurs frontières amont et aval : ils sont limités en amont par le réseau de transport, dédié
à l’acheminement de l’électricité sur de longues distances (échelle interrégionale, nationale voire
internationale), et en aval par les installations privées des utilisateurs du réseau. Un réseau de distribution
peut être décomposé en deux parties (Figure 2.1) :
- Le réseau moyenne tension dit HTA,
- Le réseau basse tension dit BT.
En Algérie, ces deux réseaux sont distribués en triphasé, les liaisons électriques étant constituées de trois
phases en HTA et de trois phases et un neutre en BT. Les interfaces entre les différents niveaux de tension
sont assurées par des postes de transformation.
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Figure 2.1 Illustration de la structure du réseau public de distribution.


II.2.1 Réseau de distribution HTA
Le réseau de distribution HTA achemine l’énergie entre le réseau de transport, les utilisateurs raccordés en
HTA triphasé et les postes de distribution publique desservant les utilisateurs raccordés en BT, par
l’intermédiaire des liaisons électriques (aérien ou câble souterraine). La tension nominale en HTA est 30 kV
entre phases pour les lignes aériennes et 10 kV entre phases pour les câbles souterraines. En Algérie, le
réseau HTA est arborescent, en général bouclable mais exploité en boucle ouverte. En cas d’incident sur le
réseau HTA, les utilisateurs peuvent être réalimentés par une demi-rame HTA adjacente ou un autre poste
source grâce une manœuvre télécommandée à distance. Ce réseau est équipé de détecteurs permettant un
contrôle à distance de l’état du réseau et une intervention rapide en cas de défaut.
II.2.2 Réseau de distribution BT
Le réseau BT achemine l’énergie entre le réseau HTA et les utilisateurs raccordés en BT en 400 V triphasé
ou en 230 V monophasé. Le réseau BT est composé des départs issus des postes de transformation HTA/BT.
La longueur des départs BT est limitée par l’intensité admissible dans les câbles et par les chutes de tension.
On peut distinguer schématiquement trois types de structures de réseau à basse tension :
- La structure arborescente : C’est de loin la plus répandue. Elle est, dans la plupart des cas, considérée
comme suffisante. En effet, bien que les détails de localisation de défaut et de réparation soient non
négligeables, surtout en souterrain, le nombre des clients affectés par l’indisponibilité d’un tronçon est
beaucoup plus faible qu’en HTA ;

- La structure bouclée : Elle consiste à insérer des points de bouclage (par les boîtes de coupure, ou dans les
postes) ouverts en fonctionnement normal, entre deux (2) départs du même poste HTA/BT ou des deux (2)
postes voisins ;

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- La structure maillée : Cette structure est très coûteuse et elle est réalisée dans des cas où l’on souhaite un
niveau de qualité de service très élevé.

En Algérie, le réseau BT est arborescent et non bouclé, avec des départs généralement construits pour être
les plus courts possible. En cas d’incident sur le réseau BT, la réalimentation des utilisateurs doit se faire
manuellement en déroulant un câble provisoire depuis un autre départ BT ou en installant un groupe
électrogène.

II.3 Principe de planification d’un réseau de distribution


Généralement, il existe trois types des études de planification d’un réseau de distribution :
-Les études de raccordement des utilisateurs HTA et BT
- Les études d’adaptation des réseaux HTA et BT
- Les études de planification à moyen et à long terme.

Figure 2.2 Etudes décisionnelles et plans de planification d’un réseau de distribution.

II.3.1 Etudes de raccordement des utilisateurs HTA et BT

Les études de raccordement ont pour objet de déterminer la meilleure façon de raccorder un nouvel
utilisateur au réseau de distribution de sorte à minimiser les investissements sous respect de différents
critères de sécurité et de qualité pour l’ensemble des utilisateurs du réseau.

Deux types de configuration de raccordement sont envisagés :

- le raccordement en départ mixte : c’est-à-dire le raccordement à un départ existant auquel des


consommateurs et éventuellement des producteurs sont déjà raccordés (Figure 2.3.a) ;

- le raccordement en départ direct : le raccordement au poste source le plus proche via un départ
nouvellement créé pour le nouvel utilisateur (Figure 2.3.b).

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Figure 2.3 Illustration des configurations de raccordement : (a) en départ mixte, (b) en départ direct.

Lors d’une étude de raccordement en HTA, le Gestionnaire du réseau de distribution vérifie un certain
nombre de critères en fonction de la puissance et du type de matériel du nouvel utilisateur. Tout d’abord, il
s’assure systématiquement que le raccordement du nouvel utilisateur respecte à tout instant :

- Les capacités de transit des ouvrages du réseau HTA ;


- Les plages de tension admissibles sur les réseaux HTA et BT ;
- Le fonctionnement du plan de protection contre les défauts entre phases du réseau HTA et du point
de raccordement.

Lorsque le nouvel utilisateur est un producteur, le Gestionnaire du réseau de distribution vérifie


également :

- La tenue de la tension ;
- Le sens de transit et la puissance maximale au poste source ;
- Les courants de court-circuit supplémentaires apportés par le producteur ;
- La contribution aux variations rapides de la tension ;
- La contribution aux courants harmoniques injectés ;
- L’impact sur la transmission du signal tarifaire [ERD14-2].

Lors d’une étude de raccordement en BT, le gestionnaire du réseau de distribution doit s’assure que le
raccordement du nouvel utilisateur respecte à tout instant :

- Les capacités de transit des ouvrages du réseau BT ;


- Les plages de tension admissibles sur le réseau BT.

Lorsque le nouvel utilisateur est un producteur, le gestionnaire du réseau doit vérifier aussi :

- La tenue de la tension,
- Le sens de transit et la puissance maximale au poste de distribution.

Si aucune contrainte n’a été détectée lors de l’étude de raccordement, l’utilisateur peut être raccordé au
réseau sans délai. Dans le cas contraire, le gestionnaire du réseau de distribution doit renforcer les ouvrages
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du réseau en contrainte et/ou créer de nouveaux ouvrages avant d’effectuer le raccordement de l’utilisateur.
Lorsque le nouvel utilisateur est un producteur, le gestionnaire du réseau de distribution peut également
résoudre certaines surtensions en abaissant la tangente phi des producteurs HTA, la consigne de tension du
transformateur HTB/HTA et/ou la prise de référence du transformateur HTA/BT.

II.3.2 Etudes d’adaptation des réseaux HTA et BT

Les études d’adaptation de réseaux ont pour objet d’établir les investissements nécessaires sur le réseau pour
résoudre des contraintes locales causées par des consommateurs existants et/ou pour anticiper
l’accroissement de consommation des utilisateurs existants sur les futures prochaines années. Les études
d’adaptation de réseaux ne tiennent pas compte de l’impact de la production décentralisée sur le
dimensionnement des ouvrages.

Les études d’adaptation du réseau menées par les gestionnaires de réseaux de distribution ont pour objectifs
de déterminer les ouvrages à établir ou modifier pour assurer une desserte dans des conditions techniques et
économiques optimales. En effet, l’adaptation réalisée et projetée doit permettre d’assurer le maintien du
réseau existant et futur dans un domaine de fonctionnement acceptable.

Ces études permettent de lever les différentes contraintes qui peuvent affecter le réseau de distribution :

- Contraintes d’intensité : Chaque ouvrage électrique possède des limitations en termes d’intensité
pouvant y transiter (une charge maximale).
- Contraintes de tension : Il y a contrainte de tension lorsque la tension franchit le niveau autorisé des
seuils de tension nominal définit dans les textes réglementaires. Les écarts de tension dépendent
notamment :
- Des transits d’énergie active et réactive dans chaque élément du réseau,
- Des caractéristiques physiques des réseaux (longueur, section, matériaux)
- Des moyens de réglage de la tension qui permettent de compenser partiellement certains écarts de
tension (régleurs en charge dans les postes HTA/BT).

Certaines études complémentaires peuvent venir s’ajouter afin de prendre en compte l’ensemble des impacts
potentiels sur le réseau de distribution :

- Variation rapide de puissance ;

- Harmonique de courant ;

- Perturbation du signal tarifaire ;

- Contribution aux courants de courts circuits.

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Plusieurs solutions peuvent être envisagées en fonction de la localisation des contraintes (Tableau 2-1).

Tableau 2.1 Exemples de solutions à considérer en cas de contraintes sur le réseau de distribution

Localisation de la contrainte Solutions possibles

Transformateurs - Mutation (remplacement) du transformateur en contrainte

- Création d’un nouveau poste électrique

- Si transformateur HTB/HTA :

-Rééquilibrage des charges dans le poste source.

-Ajout d’un transformateur supplémentaire dans le poste source existant

Départ HTA ou BT - Renforcement du départ en contrainte


- Dédoublement de départ
- Création de nouveaux ouvrages
- Si le départ HTA : reconfiguration d’exploitation du réseau HTA

Pour s’assurer que les contraintes de courant et de tension sont vérifiées à tout instant, le gestionnaire du
réseau de distribution étudie des cas pessimistes de production et de consommation :

- Une consommation maximale (mesurée le jour le plus chargé de l’année) et une production minimale
(selon les conditions d’exploitation dégradée), avec perte d’un ouvrage du réseau pour détecter des risques
de contrainte de tension basse et de courant.

- Une consommation minimale (égale par défaut à 20% de la consommation maximale mesurée le jour le
plus chargé de l’année) et une production maximale (selon les conditions d’exploitation normale) pour
détecter des risques de contrainte de tension haute et de courant.

II.3.2 Etudes de planification à moyen/long terme des réseaux de distribution

Pour les gestionnaires des réseaux de distribution, les études de planification à long terme sont réalisées afin
d’établir la meilleure stratégie d’électrification. La planification répond à différentes questions telles que :

- La recherche du schéma cible d’électrification ;


- Le choix des matériels à utiliser ;
- La répartition dans l’espace (problème de structure) ;
- La répartition dans le temps (problème de stratégie) de ces matériels.

La planification à moyen/long terme est différente en HTA et en BT :

- Sur le domaine HTA, l’affluence de la consommation et l’évolution modérée du réseau rendent possible
une anticipation des contraintes sur le long terme. Le gestionnaire du réseau de distribution est

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donc capable d’élaborer des schémas directeurs à 30 ans et d’établir une liste prévisionnelle des travaux de
développement du réseau HTA sur 10 ans.

- Sur le domaine BT, l’anticipation des contraintes à long terme est plus difficile du fait des aléas
individuels importants et de l’évolution rapide du réseau. Le gestionnaire du réseau de distribution planifie
le développement du réseau souvent suite au constat de contraintes. Les zones à traiter sont classées en
fonction du nombre de clients mal alimentés (CMA) et ils sont traités en fonction de l’enveloppe budgétaire
allouée à la qualité de fourniture. C’est pourquoi seule la planification HTA est possible au-delà de 10 ans.

II.4 Méthodologie d’étude de planification d’un réseau de distribution BT

La planification d’un réseau de distribution BT consiste à analyser de manière technico-économique le


développement de ce réseau. L’objectif principal est l’électrification des nouvelles zones pour satisfaire les
besoins futures des consommateurs. Dans ce qui suit, nous allons procéder à la définition de quelques
paramètres techniques liées à la planification d’un réseau basse tension.

Puissance installée : La puissance installée est la somme des puissances de tous les récepteurs. Cette
puissance est beaucoup plus élevée que la puissance réellement consommée.

Puissance souscrite : C'est une caractéristique du contrat de fourniture d'électricité entre l’abonné et le
distributeur. Il s'agit d'une indication de puissance maximale qui ne doit pas être franchie ou dont les
dépassements seront facturés avec des pénalités.

Puissance consommée : C’est la puissance de pointe réellement consommée, elle dépend du


fonctionnement de chaque récepteur pris individuellement et de tous les récepteurs pris ensemble, d’où la
notion du coefficient d’utilisation maximale et du coefficient de simultanéité.

Facteur d'utilisation : Le régime de fonctionnement normal d'un récepteur peut être tel que sa puissance
utilisée soit inférieure à sa puissance nominale installée, d'où la notion de facteur d'utilisation. Le facteur
d'utilisation s'applique individuellement à chaque récepteur.

Coefficient de simultanéité : La variation du régime de fonctionnement d’un récepteur dans le temps


entraine la non superposition des pointes de consommation maximale d’un groupe de récepteurs, d’où la
notion de coefficient de simultanéité, en d’autres termes il exprime avec quelle probabilité un certain
nombre de récepteurs fonctionneraient en même temps. Le Tableau 2.2 donne les valeurs du coefficient de
simultanéité en fonction du nombre d'abonnés. Le Tableau 2.3 donne les valeurs du coefficient de
simultanéité en fonction de l'utilisation.

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Tableau 2.2 Coefficient de simultanéité en fonction du nombre d’abonnés

Nombres d’abonnés Coefficient de simultanéité

2à4 1

5à9 0,78

10 à 14 0,63

15 à 19 0,53

20 à 24 0,49

25 à 29 0.46

30 à 34 0,44

35 à 39 0,42

40 à 49 0,41

50 et au-dessus 0,40

Tableau 2.3 Coefficient de simultanéité en fonction de l'utilisation

Utilisation Coefficient de simultanéité

Eclairage 1

Chauffage et conditionnement d’air 1

Prises de courant 0,1 à 0,2(0,1+0,9/N)

Moteur le plus puissant 1

Moteur de moyenne puissance 0,75

Les autres moteurs 0,60

Coefficient d’évolution de la charge : Le coefficient d’évolution de la charge est une valeur qui permet
d’évaluer avec plus ou moins d’exactitude, la valeur de la charge d’une région, au bout d’un certain temps.
Le but de la détermination de ce coefficient est de pouvoir prendre des précautions pour pallier aux

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éventuelles carences de tension dues à l’augmentation de la charge. Dans le domaine pratique on distingue
deux coefficients d’évolution de la charge :

- Coefficient d’évolution de la charge en profondeur : Ce coefficient permet d’estimer la manière avec


laquelle évoluent les charges existantes (domestiques ou industrielles) dans le réseau.
- Coefficient d’évolution de la charge en surface : Ce coefficient permet d’estimer la manière avec
laquelle évoluent le réseau par rapport au réseau existant.

II.4.1 Etapes de planification d’un réseau de distribution BT

L’étude de planification d’un réseau basse tension se fait méthodiquement en respectant les étapes illustrées
dans l’organigramme ci-dessous.

Figure 2.4 Etapes de planification d’un réseau de distribution BT

II.4.2 Evaluation des contraintes techniques de planification d’un réseau BT

Lorsque toutes les étapes citées précédemment ont été effectuées (bilan de puissance, schéma de principe,
puissance de la source, choix régime de neutre), la solution développée ne peut cependant pas être adaptée
comme solution finale car les contraintes techniques n’ont pas été prises en compte lors de l’optimisation. Il
s’agit des limites de courant dans les conducteurs et la chute de tension maximale en chaque nœud.
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- Seuils de contrainte d’intensité :

Les contraintes d’intensité sont examinées par type d’installation : réseau BT (lignes aériennes et câbles) et
branchement BT. Selon les données fournies par les normes en vigueur, les seuils de contrainte d’intensité
dépend de la charge totale de chaque ligne. L’intensité transitant dans un conducteur de réseaux ou
branchement BT doit être inférieur au courant admissible pour réduire l’échauffement dans les conducteurs.
Les risques pour les conducteurs isolés torsadés sont les mêmes que pour les câbles. Aucune surcharge n’est
en principe admissible.

- Seuils de contrainte de la tension :

La limite de chute de tension dépend également de la charge et de sa répartition le long de la ligne, mais
aussi de la longueur de la ligne. Ce dernier paramètre est déjà minimisé lors de la phase précédente. Le
respect des chutes de tension maximales est vérifié a posteriori car dans la mesure où les réseaux étudiés
sont en milieu urbain et courts, il est rare que cette contrainte soit décisive.

En effet, la tension délivrée par un réseau BT doit être varié entre :

- 230 ±10% pour les zones industrielles ;


- 230±5% pour les zones urbaines.

Les seuils de tension BT imposés par la réglementation aux bornes d’entrée de l’installation du client sont :

- 207 V en monophasé et 358 V en triphasé (-10% de la tension nominale).


- 244 V en monophasé et 423 V en triphasé (+ 6% de la tension nominale),

II.5 Méthodologie d’étude de planification d’un réseau de distribution HTA

Le réseau de distribution comporte un grand nombre d’éléments qui interagissent et il est, de ce fait, très
complexe. La planification du réseau de distribution poursuit un certain nombre d'objectifs :

- La minimisation des pertes ;


- La minimisation des investissements ;
- La minimisation des coûts d'entretien et d'exploitation ;
- L’amélioration de la qualité d’alimentation, etc.

Toute étude de planification d’un réseau distribution doit être :

- Faire ressortir les interactions entre le réseau étudié et les réseaux à tension supérieure (nouvelle
source) ;
- Faire apparaître les futurs injecteurs HTB/HTA et leurs localisations qui permettront d’orienter les
renforcements en réseau MT vers ces nouveaux points d’alimentation ;

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- Permettre la comparaison économique des solutions dont les capacités de transport soient
suffisamment voisines en fin d’étude.

En effet, toute étude de planification du réseau de distribution HTA s’articule autour de quatre phases
suivantes :

- le diagnostic de l’existant : il s’agit de faire l’état des lieux des éléments du réseau actuel comme les postes
de transformation (HTB/HTA et HTA/BT), les clients (consommateurs et producteurs), les lignes, les
appareils de protection et les organes de manœuvre.

- Identifier les différentes solutions techniques en considérant les politiques énergétique, la dérégulation du
marché, le grand choix des technologiques de composants, les contraints électriques du réseau, les grands
choix technologiques des gestionnaires (i.e. les niveaux de tension, la mise à la terre, les schémas de reprise,
la prise en compte des pertes, entre autres) et le niveau d’automatisation des composants ;

- Vérifier l’aptitude des différentes solutions à résoudre le problème constaté sous respect des des différentes
contraintes (techniques, fiabilité et qualité de l’alimentation) ;

-Faire des calculs technico-économiques pour établir le Coût Net Actualisé (CNA) des différentes solutions
techniquement faisables. La solution optimale est la solution techniquement faisable qui obtient le CNA
minimal.

II.6 Evaluation des contraintes de planification d’un réseau HTA

Pour vérifier l’aptitude des différentes solutions de planification à résoudre les problèmes de développement
du réseau, le planificateur du réseau de distribution doit utiliser les critères suivants : critères techniques,
critères de fiabilité de l’alimentation, critères de qualité de l’énergie électrique et critères économiques.

II.6.1 Critères techniques


L’opération de l’évaluation des solutions de planification d’un réseau de distribution HTA est conditionnée
par les critères techniques ci-dessous :

- Critères de tension

Le distributeur adapte le réseau HTA afin d’alimenter les ouvrages avec une tension HTA suffisamment
élevée tout en restant dans la plage définie. Cette tension sera plus élevée à la sortie des postes sources
qu’aux extrémités des réseaux. Les transformateurs HTA/BT installés sur le réseau permettent d’adapter la
tension secondaire sur une plage de +/- 2,5% et ainsi compenser les chutes de tension amont.

Lors des études décisionnelles en HTA, le gestionnaire du réseau de distribution vérifie que la tension en
tout point du réseau HTA reste dans une plage :

- de ±5 % autour de la tension nominale Un dans des conditions normales d’exploitation,


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- de [–5 % ; +8 %] autour de la tension nominale Un dans des conditions dégradées d’exploitation.


- Critères de courant et de puissance apparente

Les contraintes de courant/puissance apparente dans les ouvrages du réseau de distribution HTA sont
définies pour respecter les limites constructives des matériels et assurer une hauteur de sécurité pour les
liaisons aériennes. Les définitions suivantes sont retenues lors des études décisionnelles :

- Un transformateur est en contrainte de puissance apparente lorsque la puissance apparente le traversant est
supérieure à sa puissance apparente maximale.

- Un conducteur est en contrainte de courant lorsque le courant le traversant est supérieur à son courant
maximal admissible pendant plus de 10 minutes. Il est à noter qu’en exploitation, des surcharges temporaires
de transformateurs et de câbles souterrains HTA sont tolérées sur des périodes inférieures à 1 ou 3 heures.

Pour les contraintes en courant, deux scénarios de régime de défaut, illustrés dans la figure 2.5, sont étudiés.
Ils correspondent à l’apparition d’un défaut en tête d’un des deux départs d’une ligne. Dans cette situation,
l’ensemble des charges de la ligne est alimenté via un seul poste source. Pour chaque branche, le courant
maximal correspondant est la valeur maximale entre les deux scénarios étudiés.

Figure 2.5 Calcul du courant maximal dans une branche du réseau HTA

II.6.2 Critères de qualité de l’énergie électrique

Le planificateur du réseau de distribution HTA doit respecter plusieurs objectifs de qualité sur l’onde de
tension, définie par :

- Les variations lentes de la tension autour de la valeur contractuelle : elles proviennent de l’évolution
de la charge sur le réseau et ne doivent pas être trop importantes pour ne pas entraîner le
dysfonctionnement de certains appareils.
- Les variations rapides ou « flicker » qui sont répétitives et aléatoires : Leur origine sont les
équipements industriels tels que les fours à arcs électriques.
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- Les creux de tension : ce sont des chutes brutales de la tension dont la valeur peut aller jusqu’à 90 %
de la valeur contractuelle et dont la durée va de 10 ms à une minute. Les défauts polyphasés ou les
défauts monophasés sévères générant un creux de tension sur la phase en défaut sont à leur origine.
Les creux de tension peuvent entraîner l’arrêt pur et simple de certains matériels.
- Les harmoniques ou la déformation de l’onde de tension : leur origine est l’électronique de puissance
présente dans les différents éléments du réseau et les impacts sur le vieillissement des appareils,
l’augmentation du niveau de bruit dans les transformateurs et les machines tournantes.
- Le déséquilibre entre phases qui a pour impact une tension trop importante ou à l’inverse trop faible,
et un couple de freinage sur les machines tournantes.

II.6.3 Critères de Fiabilité

L’énergie électrique doit être fournie aux clients en respectant des normes de qualité mais également des
objectifs de fiabilité. Les clients doivent rester alimentés en cas de défaut sur le réseau ou à minimum être
déconnectés à une fréquence et une durée réduites. Dans le cadre des études de planification, seul l’impact
des défauts permanents est évalué. La détection et l’élimination des défauts fugitifs et semi-permanents
relèvent du déploiement des appareils de protection sur le réseau.

Les critères les plus couramment utilisés et les plus appropriés pour les réseaux de distribution électriques
HTA sont :

- Le nombre et la durée des coupures ;

- L’énergie et la puissance totales coupées au moment des interruptions.

Ils sont évalués à l’aide de trois critères internationaux suivants [16] :

- Le SAIFI (System Average Interruption Frequency Index);

- Le SAIDI ( System Average Interruption Duration Index);

- L’END (Energy Not Distributed ).

Ces trois indices de fiabilité donnent une image de la qualité du réseau. Plus ces indices sont petits et plus le
réseau sera de bonne qualité. Pour chaque tronçon i délimité par deux organes de coupure, si un défaut se
produit sur le tronçon i, on définit :

- SAIFI (System Average Interruption Frequency Index),

Le SAIFI (en anglais : System Average Interruption Frequency Index) traduit la fréquence moyenne de
coupure par an et par client dans le réseau de distribution. Il peut être calculé par l’équation suivante :
𝑁𝑐𝑙 (𝑖)×𝑁𝑐𝑜𝑢 (𝑖)
𝑆𝐴𝐼𝐹𝐼(𝑖 ) = (2.1)
𝑁𝑡𝑜𝑡 (𝑖)
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Avec : Ncl(i) : nombre de clients coupés ; Ncou(i) : nombre de coupures ; Ntot(i) : nombre total de clients.

Dans ce cas, si certains consommateurs ont été coupés plus d’une fois, chaque coupure est considérée
comme indépendante. Ainsi donc, SAIFI indique combien de fois par an il y a eu des coupures dans
l’alimentation d’un consommateur moyenne tension.

- SAIDI (System Average Interruption Duration Index),

L’indice SAIDI (en anglais : System Average Interruption Duration Index) donne la durée moyenne
d’interruption de l’approvisionnement d’un consommateur final dans un tronçon d’approvisionnement de
coupure par an et par client. Il se calcule par la formule suivante :
𝑇𝑐𝑜𝑢 (𝑖)×𝑁𝑐𝑙 (𝑖)×𝑁𝑐𝑜𝑢 (𝑖)
𝑆𝐴𝐼𝐷𝐼(𝑖 ) = (2.2)
𝑁𝑡𝑜𝑡 (𝑖)

Avec : Ncl(i) : nombre de clients coupés ; Ncou(i) : nombre de coupures ; Ntot(i) : nombre total de clients ;

Pcou(i) : puissance coupée.

- END (Energy Not Distributed).

L’Energie Non Distribuée (END) est l’énergie n’ayant pas pu être distribuée aux clients à cause de défauts
apparus sur le réseau. L’indice END représente l’Energie Non Distribuée pendant la durée des coupures par
an pour l’ensemble des clients du tronçon 𝑖. Cet indice est exprimé en kW h/an et il se calcule par la formule
suivante :

𝑃𝑐𝑜𝑢 (𝑖)×𝑇𝑐𝑜𝑢 (𝑖)×𝑁𝑐𝑜𝑢 (𝑖)


𝐸𝑁𝐷(𝑖 ) = (2.3)
𝑁𝑡𝑜𝑡 (𝑖)

Avec : Ncl(i) : nombre de clients coupés ; Ncou(i) : nombre de coupures ; Ntot(i) : nombre total de clients ;

Pcou(i) : puissance coupée.

Ces indices sont évalués pour chaque section de ligne définie comme étant la zone entre deux organes de
manœuvre, et correspondent à l’impact de cette section sur le départ associé. Le départ est la portion de ligne
allant du poste source à l’organe de manœuvre normalement ouvert

Afin de calculer l’indice de fiabilité totale d’un réseau pour l’un de ces trois indices mentionnés ci-dessus il
faut prendre la somme pour tous les tronçons 𝑖.

Les indices correspondant aux départs sont obtenus en sommant les indices de tous les tronçons de chaque
départ.
𝑁𝑑é𝑝𝑎𝑟𝑡
𝑆𝐴𝐼𝐷𝐼 = ∑𝑖=1 𝑆𝐴𝐼𝐷𝐼(𝑖) (2.4)

𝑁𝑑é𝑝𝑎𝑟𝑡
𝑆𝐴𝐼𝐹𝐼 = ∑𝑖=1 𝑆𝐴𝐼𝐹𝐼(𝑖) (2.5)

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𝑁𝑑é𝑝𝑎𝑟𝑡
𝐸𝑁𝐷 = ∑𝑖=1 𝐸𝑁𝐷(𝑖) (2.6)

Il est évident que plus les valeurs de SAIFI, SAIDI et END sont faibles, plus le niveau de sécurité
d’approvisionnement des clients est élevé. Ces critères d’évaluation de la fiabilité du réseau peuvent varier
en fonction de l’utilisation de composants du réseau comme les organes de coupure, de leur emplacement,
de la topologie, de la longueur des lignes et du mode d’exploitation du réseau.

II.6.4 Critères économiques :

Durant les phases de conception et le développement des réseaux de distribution électrique, outre des
critères de fiabilité et des indicateurs purement électrotechniques, différents critères économiques jouent des
rôles majeurs. En effet, les différentes solutions de planification sont comparées économiquement, afin de
sélectionner celle qui est la plus économique tout en respectant les objectifs.

Le palier technique retenu est celui qui présente le coût minimal sur la durée de vie de l’ouvrage (N). Ce
coût étant égal à la somme des coûts d’investissements ou CAP EX (Capital Expenditures) et les coûts
d’opération ou OP EX (Operational Expenditures).

𝑇𝑂𝑇𝐸𝑋 = 𝐶𝐴𝑃𝐴𝑋 + 𝑂𝑃𝐸𝑋 (2.7)

- Coûts d’investissements ou CAP EX

Le coût d’investissements se réfère au coût de développement du système (fond initial qui est nécessaire
pour la construction de nouvelles installations) pour créer de futurs bénéfices au moyen d’achats
d’équipements, de propriétés et de bâtiments. Pour le gestionnaire du réseau de distribution, le CAP EX se
compose de la somme des coûts d’achat du matériel, de ses accessoires y compris leur mise en œuvre et des
travaux de pose (conducteurs, tranchées et organes de manœuvres télécommandés). Le CAP EX est exprimé
par la formule suivante :

𝐶𝐴𝑃𝐸𝑋 = ∑𝐽∈𝛽 𝑙 (𝑗). 𝐶𝑐𝑑𝑡 (𝑗) + 𝐶𝑡𝑟𝑐 (j)+ 𝑁𝑂𝑀𝑇 . 𝐶 𝑂𝑀𝑇 − 𝑉𝑢 (2.8)

Avec :

Ω B : ensemble des branches du réseau ;

l(j) : longueur de la branche j (en km)

Ccdt(j) : coût en conducteur de la branche j (en k€/km)

Ctrc(j) : coût en tranchée de la branche j (en k€/km)

NOMT : nombre d’organes de manœuvre télécommandés

C OMT : coût d’un organe de manœuvre télécommandé (en k€)

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Vu : valeur d’usage (en k€)

La valeur d’usage est la valeur que l’on peut attribuer à un ouvrage ayant une durée de vie déterminée après
une période d’exploitation. C’est la valeur résiduelle de l’ouvrage à la fin de la période d’étude si celle-ci est
inférieure à la durée de vie de l’ouvrage [30,29]. Dans le cas de la planification, les ouvrages ont une durée
de vie importante et souvent la période d’étude est la même que leur durée de vie. Cependant, la valeur
d’usage n’est plus négligeable pour des études à court et moyen termes, comme un renforcement de
conducteur par exemple ou le remplacement d’un transformateur pour une puissance plus importante.

(1+𝑎)𝑡𝑑𝑢𝑟é𝑒 𝑑𝑒 𝑣𝑖𝑒 −(1+𝑎)𝑇


𝑉𝑢 = 𝑉𝑇 + (𝑉𝑂 − 𝑉𝑇) × ( ) (2.9)
(1+𝑎)𝑡𝑑𝑢𝑟é𝑒 𝑑𝑒 𝑣𝑖𝑒 −1

Avec:

VO: valeur à neuf de l’ouvrage (en k€)

VT : valeur de ferraillage de l’ouvrage (en k€)

A : taux d’actualisation (en %)

Tdurée de vie : durée de vie de l’ouvrage (en années).

T : période d’étude (en années)

- coûts d’opération ou OP EX

Le coût d’opération regroupe les coûts d’exploitation du réseau de distribution HTA. Il et est constitué des
coûts instantanés de l’exploitation, de la maintenance et de la réparation. Donc, le coût d’exploitation annuel
de l’ouvrage (d) prend en compte les coûts de maintenance, les coûts de défaillance, ainsi que le coût des
pertes électriques générées (pertes Joule dans les câbles, pertes Joule et fer dans les transformateurs). Ces
pertes dépendent du dimensionnement de l’ouvrage (palier technique retenu) et du transit dans l’ouvrage.
L’OP EX est exprimé dans l’équation suivante :
1 𝑝𝑒𝑡𝑒𝑠
𝑂𝑃𝐸𝑋 = ∑𝑇𝑡=1 (1+𝑎)𝑡 ⟦∑𝑗∈1𝛽 𝐶 𝑝𝑒𝑡𝑟𝑒𝑠 × 𝑃𝑗,𝑡 + ∑𝑘∈1𝑠 (𝐶 𝐸𝑁𝐷 × 𝐸𝑁𝐷𝑘,𝑡 + 𝐶 𝑃𝐶 × 𝑃𝐶𝑘,𝑡 )⟧ (2.10)

La valeur des pertes techniques, de l’énergie non distribuée et de la puissance coupée doit également tenir
compte de l’évolution des charges pour les puissances maximale et moyenne, ainsi que le montrent les
équations 2.11,2.12 et 2.13.
𝑝𝑒𝑟𝑡𝑒𝑠 𝑝𝑜𝑖𝑛𝑡𝑒
𝑃𝑗,𝑡 = 3 × 𝑟(𝑗) × 𝑙(𝑗)(𝐼0 (𝑗) × (1 + 𝜏 𝑝𝑜𝑖𝑛𝑡𝑒 )𝑡 )2 (2.11)

𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛 𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛
𝐸𝑁𝐷𝑘,𝑡 = 𝜏𝑑𝑒𝑓 × 𝐿𝑠𝑒𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 (𝑘) × (𝑇1 × 𝑃𝑑é𝑝𝑎𝑟𝑡 (0) + 𝑇2 × 𝑃𝑘 (0))(1 + 𝜏 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑜 )𝑡 (2.12)

𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛
𝑃𝐶𝑘,𝑡 = 𝜏𝑑𝑒𝑓 × 𝐿𝑠𝑒𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 (𝑘) × 𝑃𝑑é𝑝𝑎𝑟𝑡 (0) × (1 + 𝜏 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑜 )𝑡 (2.13)

Avec :
16
Cours planification des réseaux électriques Master Réseaux Electriques

P pertes j,t : pertes à la pointe dans la branche j à l’année t (en kW)

END k,t : énergie non distribuée de la section j à l’année t (en kWh)

P C k,t : puissance coupée de la section j à l’année t (en kW)

r(j) : résistance linéique du conducteur de la section j (en Ω/km)

l(j) : longueur de la branche j (en km)

I0pointe (j) : courant à la pointe dans la section j au début de la période d’étude (en A)

τ pointe : taux annuel d’évolution de la consommation maximale (en %)

τdef : taux de défaillance (en nombre de défaillances / an / km)

Lsection(k) : longueur de la section k (en km)

T1 : temps d’isolation du défaut (en heure)

T2 : temps de réparation du défaut (en heure)

P départ moyen : puissance moyenne du départ (en MW)

Pmoyen(k) : puissance moyenne de la section k (en MW)

τ conso : taux annuel d’évolution de la consommation moyenne (en %).

Les coûts d’exploitation doivent être actualisés tout au long de la période d’étude. La valeur de l’argent
évoluant au fil du temps, les coûts d’opération des futures années sont ramenés à des valeurs comparables
aux coûts actuels.Le coût actualisé d’une fonction de coûts F(x) pour une valeur de coût x peut être défini
par l’équation suivante :

𝐹(𝑥)
𝐹𝑎𝑐𝑡 = ∑𝑁
𝑛=0 (2.14)
(1+𝜏)𝑛

Où :

Fact: est une valeur du taux d’actualisation fixé qui traduit le fait que la valeur F(x) aujourd’hui va avoir la
valeur donnée par (2.11) dans N années.

La fonction économique de coût de construction du réseau actualisée sur N années prend la forme suivante :
𝐶∗𝑃(𝑛)
𝐶𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙_𝑎𝑐𝑡 = 𝐼 (𝐿, 𝑂𝑀) + ∑𝑁
𝑛=0 (2.15)
(1+𝜏)𝑛

𝐶𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙: Coûts actualisés en kDA ;

L : Longueur totale des lignes dans le réseau ;

17
Cours planification des réseaux électriques Master Réseaux Electriques

OM : Organe de manœuvre ;

I : Investissement à l'année 0 en KDA ;

C : Coût d'un kW de pertes à la pointe en KDA ;

P(𝑛) ∶Pertes à la pointe à l'année n en kW

 : Taux d'actualisation en %.

Pour la charge totale𝑠(0) à la pointe à l’année 0, l’expression des pertes à la pointe dans le réseau ayant la
charge totale (𝑛) = 𝑠(0) ∗ (1 + 𝑡) 𝑛 Actualisée à l’année n est donnée par la formule suivante :

𝑃(𝑛) = ∑𝑒∈𝐸 𝑟𝑒 𝐼𝑒2 (𝑛) (2.16)

Où :

: est l’ensemble de lignes du réseau et 𝐼𝑒 (𝑛) : est le courant circulant dans la ligne 𝑒.

Pour comparer les solutions possibles pour résoudre un problème donné, le gestionnaire du réseau de
distribution établit le Coût Net Actualisé (CNA) de chaque solution sur une même période de T années.

La solution optimale est la solution techniquement faisable qui obtient le CNA minimal. Le CNA d’une
solution sur T années est défini comme suit :

𝐼 𝐶 𝑉
𝐶𝑁𝐴 = 𝐼𝑎𝑐𝑡 + 𝐶𝑎𝑐𝑡 − 𝑉𝑎𝑐𝑡 = ∑𝑇𝑡=1((1+𝑗)𝑡 𝑡−1 + (1+𝑗)𝑡 𝑡−1 − (1+𝑗)
𝑡
𝑇
) (2.17)

avec :
- Iact, Cact et Vact : les montants respectifs d’investissement, de coûts opérationnels et de valeurs d’usage
actualisés à l’année 1 ;
- T : le nombre d’années de l’étude technico-économique ;
- j : le taux d’actualisation des coûts réels ;
- It : le montant des investissements à réaliser à l’année t ;

- Ct : le montant des coûts opérationnels prévisionnels à l’année t ;

- Vt : la valeur d’usage, ou valeur résiduelle, de l’investissement It à la fin de l’année T.

II.7 Stylisation du réseau de distribution HTA:

La stylisation d’un réseau de distribution HTA consiste à trouver une représentation la plus simple possible,
écartant en particulier toutes les informations qui ne sont pas susceptibles d’influer sur le résultat, compte
tenu du problème posé. À chaque élément de réseau sont associées les caractéristiques descriptives
nécessaires (par exemple, pour un départ MT, sa tension, sa longueur, sa section...). Par ailleurs, le réseau

18
Cours planification des réseaux électriques Master Réseaux Electriques

étant, dans la réalité, rarement isolé dans le contexte étudié, il convient de définir un modèle auquel ont été
fixées des limites géographiques (séparabilité d’espace).

Pour limiter la complexité de l’étude et ne pas alourdir les calculs, on procède en général à une
certaine stylisation du réseau en groupant des cabines très proches ou en ramenant les antennes de faible
importance (en longueurs et en charges) à leurs points d’origines. Ces simplifications doivent se faire
soigneusement afin d’éviter de masquer certains problèmes qui peuvent exister en exploitation si la
stylisation est très poussée.

La description des ouvrages est faite à partir de points singuliers du réseau (étoilement, postes MT/BT)
appelés nœuds, les câbles et les lignes étant décrits comme des segments ou arcs compris entre deux
nœuds. La détermination de l’emplacement d’un nœud sur un départ dépend de la nature de celui-ci.

A- Départ uniformément chargé [2]

Partant de l’hypothèse que ce départ ne comporte pas de charge concentrée supérieure ou égale à la moitié
de sa charge totale. Soit « L » la longueur totale du départ d’impédance linéique (r + j x) (Ω /km) et de
charge uniformément repartie P (W / km) et Q (Var/km)

Les puissances active et réactive transitées par la ligne en un point « A » situé à une distance « l » de
l’origine (jeu de barres) ont pour expression :
Pl   pL  l  (2.18)

Ql   qL  l  (2.19)

Figure 2.6 Schéma d’un départ uniformément chargé.

La chute de tension entre le jeu de barre et le point « A » est donnée par la relation suivante.

rP  xQ
V l   
l
dl (2.20)
0 3Vn

Vn : tension nominale entre phase et terre du réseau MT.

En remplaçant P et Q par leurs valeurs et en intégrant l’équation (III-3) on obtient


19
Cours planification des réseaux électriques Master Réseaux Electriques

 rp  xq  
V l      l  L  
l
(2.21)
 3Vn   2

La tension moyenne du départ est donnée par:

L
Vm   V l  dl
1
(2.22)
L0

Telle que :

V l   V0  V l  (2.23)
(2.24) Avec : V(l) : tension au point (A) et V0 : tension au niveau du jeu de barre.

On trouve :

 rp  xq  L2 
Vm  V0      (2.24)
 3Vn  3 

L’impossibilité de prendre en compte l’ensemble des tensions aux différents points de raccordements des
charges, impose de choisir un point appelé point caractéristique du départ dont la tension représente
au mieux l’ensemble des tensions valant précisément Vm d’où :

Vm  V0  V l  (2.25)

r p  x q  l  r p  x q  L2
V0    * l  L    V0   * (2.26)
 3Vn   2  3Vn  3

Donc :

 l
L
L2
0  2 
l L  dl 
3
(2.27)

On trouve : l  0.42* L  42% L

Pour simplifier le calcul on prendra souvent: l = 50% L

B- départ comportant une charge concentrée supérieure à 50% de la charge totale.

Dans ce cas, la position du nœud se situe à l’emplacement même de la charge concentrée.

C- cas d’un départ fortement ramifié.

20
Cours planification des réseaux électriques Master Réseaux Electriques

Dans le cas d’un départ fortement ramifié pour lequel on ne pourrait pas appliquer la règle de
l’approximation (l =50% L), on devra se rappeler que la tension du point caractéristique doit représenter
au mieux la tension moyenne du départ considéré[4]. Une dérivation importante (en longueur et en
charge) doit être représentée par un nœud.

- Règles de bonne pratique pour la stylisation du réseau.

Les règles mentionnées ci-dessous donnent un aperçu général des différentes phases, pour simplifier la
représentation du réseau sans influencer pour autant les résultats de l’étude de planification. Des exceptions
à ces règles peuvent se présenter à tout moment, il est donc conseillé de les appliquer avec prudence et bon
sens.

-Élimination des antennes sans importance : ces antennes sont ramenées à leurs points d’origine. Pourtant les
antennes qui par leurs longueurs excessives pourraient donner des problèmes de chutes de tension et les
antennes qui sont susceptibles d’être rebouclées au cours de l’étude ne seront pas éliminées, la charge de ces
antennes sera concentrée au centre de gravité.

-Elimination des boucles locales sans importance c'est-à-dire les boucles sur lesquelles on ne doit pas
s’attendre à des problèmes au cours de l’étude et qui ne sont pas de nature à jouer un rôle important dans le
développement du réseau. Ces boucles locales sont ramenées à leur point d’origine en supposant que le point
d’ouverture existant soit maintenu.

-Les nœuds qui comportent plus de deux liaisons seront maintenus.

-On procédera à la redistribution de la charge, comme mentionné plus haut, les antennes et les boucles
éliminées seront ramenées à leurs origines, et les nœuds avec plus de deux liaisons n’auront que leurs
charges propres plus la charge supplémentaire due à des antennes ou à des petites boucles éliminées.

Série TD : 02

EXERCICE 02
L’objectif de cet exercice est de faire une étude de planification (sortie de terre) d’un nouveau réseau HTA.
Cette étude concerne la réalisation d’un réseau électrique d’une nouvelle ville. Cette nouvelle ville compte
18000 logements, 1508 locaux commerciaux et 59 équipements. Donc, le but de cette étude est de trouver la

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Cours planification des réseaux électriques Master Réseaux Electriques

solution la plus appropriée pour alimenter la charge de cette ville, en se basant sur le calcul du bilan de
puissance. Le plan d’aménagement de cette ville comporte trois tranches et il est répartir comme suit :

Tranche 1 Tranche 2 Tranche 3


Nature de la charge Nombre Nature de la charge Nombre Nature de la charge Nombre
3480 Logts LPL 3480 7520 Logts LPL 7520 1000 Logts LPL 1000
Ecole primaires 7 Les locaux 1002 Ecole primaires 6
CEM 3 Grand équipement 2 Mosquée 1
Lycée 2 bibliothèque 1 Salle polyvalente 1
Crèche 2 Mosquée 1 Maison de jeune 1
Maison de jeune 1 Centre commercial 2 Complexe sportif 1
Complexe sportif 1 Complexe sportif 1 Jardin public 2
bibliothèque 1 Complexe touristique 1 Centre commercial 2
Sureté urbaine 1 Médiathèque 1 Bloc administratif 1
Mosquée 1 Jardin public 2
Bloc administratif 1 Station multimodale 1
polyclinique 1 Parking à étage 1
Maternité 1 Centre de formation 1
Hôtel 1 Centre culturel 1
Jardin
En effet, publictrois postes4 de transformation
il existe 6000 Logts LPL avoisinant
HTB/HTA 6000la région à étudier (voir le schéma de
Centre commercial 2 Les locaux 506
la structure de la région à étudier) :

Structure de la région à alimenter


-Le poste 1 comprend trois transformateurs 60/30kV, de puissance installée totale (2x30+40) MVA, il
dispose de 14 départs dont deux sont des départs de réserve. La figure suivante représente la responsabilité
de pointe d'été 2016 du poste 1.

22
Cours planification des réseaux électriques Master Réseaux Electriques

Responsabilité de pointe d'été 2016 du poste 1


-Le poste 2 est un poste formé de deux transformateurs 60/30kV de puissance installée totale 2x40 MVA et
il dispose de neuf départs dont trois sont des départs de réserve. La figure suivante représente la
responsabilité de pointe d'été 2016 du poste 2.

Responsabilité de pointe d'été 2016 du poste 2

-Le poste 3 est constitué de deux transformateur 60/30 kV, sa puissance installée est de 2x30 MVA. Ce
poste alimente 14 départs répartis sur deux demi-jeux de barre. La figure suivante représente la
responsabilité de pointe d'été 2016 du poste 3.

Responsabilité de pointe d'été du poste 3


-Hypothèses de travail
Les charges de la nouvelle ville sont de trois types : les logements, les locaux commerciaux et les
équipements. Ces charges vérifient les conditions suivantes :
- La puissance estimée pour chaque logement est 4 kVA.
- Les rez-de chaussés sont considérés comme étant des locaux commerciaux, la charge estimée pour
chaque local est 6 kVA.
- Un poste HTB/HTA ou HTA/BT, pour des conditions de sécurité doit fonctionner entre 50% et 80%
de sa puissance nominale.

23
Cours planification des réseaux électriques Master Réseaux Electriques

- Pour un bon fonctionnement du poste sur une période de 10 ans, le gestionnaire du réseau de
distribution estime une hausse de 5% durant les cinq premières années et de 3% durant les 5
dernières années de la charge totale à consommer.
- Pour les équipements : on utilise des transformateurs de 250 et de 400 kVA selon le type
d’équipement, comme le montre le tableau suivant :
Equipement Transformateur utilisée (kVA)
- Maison de jeune 250
- Bibliothèque 250
- Sureté urbaine 250
- Bloc administratif 250
- Jardin public 250
- Station multimodale 250
- Complexe sportif 250
- Polyclinique 250
- Hotel 250
- Lycée 250
- Salle polyvalente 250
- Centre culturel 250
- Centre touristique 250
- Médiathèque 250
- Mosquée 250
- Maternité 400
- Grand équipement 400
- Centre commercial 400
Remarque : La puissance estimée d’une école primaire est 6 KVA.
Travail demandé :
1- Déterminer la puissance estimée pour chaque type de charge ?
2- Calculer de la puissance nécessaire à l’alimentation de cette nouvelle ville ?
3- Trouver la solution la plus appropriée pour alimenter la charge de cette ville, en se basant sur le calcul du
bilan de puissance ?
4- Si la solution adoptée est celle de créer un nouveau poste HTB/HTA, déterminer la puissance installée de
ce poste ?
5- Calcul du nombre de postes HTA/BT à créer dans le nouveau réseau HTA ?
6- Déterminer le nombre de départs HTA à créer dans le nouveau poste HTB/HTA?
Solution
1- La puissance estimée pour chaque type de charge
La procédure de calcul est la suivante :
a) Formule de calcul de la puissance pour les logements :
𝑃𝑙𝑜𝑔 = 𝑁𝑙𝑜𝑔 × 4 × 𝑐
b) Formule de calcul de la puissance pour les locaux commerciaux :
𝑃𝑙𝑜𝑐 = 𝑁𝑙𝑜𝑐 × 6 × 𝑐

24
Cours planification des réseaux électriques Master Réseaux Electriques

Avec :
c : facteur de simultanéité  c  0,4 ;
Nlog : nombre de logement ;
Nloc : nombre de locaux
2- Calculer de la puissance estimée nécessaire à l’alimentation de cette nouvelle ville
En se basant sur les données ci-dessus, on a calculé la puissance estimée de la nouvelle ville. Les résultats de
calcul sont présentés dans les tableaux suivants :
Tranche 01
Nature de la charge Nombre Puissance estimée(MVA)
1000 Logts LPL 1000 1,6
Ecole primaires 6 0,01
Mosquée 1 0,25
Salle polyvalente 1 0,25
Maison de jeune 1 0,25
Complexe sportif 1 0,25
Jardin public 2 0,5
Centre commercial 2 0,8
Bloc administratif 1 0,25

Tranche 02
Nature de la charge Nombre Puissance estimée(MVA)
3480 Logts LPL 3480 5,57
Ecole primaires 7 0,02
CEM 3 0 ,75
Lycée 2 0,50
Crèche 2 0.50
Maison de jeune 1 0,25
Complexe sportif 1 0,25
bibliothèque 1 0,25
Sureté urbaine 1 0,25
Mosquée 1 0,25
Bloc administratif 1 0,25
polyclinique 1 0,25
Maternité 1 0,4
Hôtel 1 0,25
Jardin public 4 1
Centre commercial 2 0,8

Tranche 03
Nature de la charge Nombre Puissance estimée(MVA)
7520 Logts LPL 7520 12.03
Les locaux 1002 2,4
25
Cours planification des réseaux électriques Master Réseaux Electriques

Grand équipement 2 0,8


bibliothèque 1 0,25
Mosquée 1 0,25
Centre commercial 2 0,8
Complexe sportif 1 0,25
Complexe touristique 1 0,25
Médiathèque 1 0,25
Jardin public 2 0,5
Station multimodale 1 0,25
Parking à étage 1 0,25
Centre de formation 1 0,4
Centre culturel 1 0,25
6000 Logts LPL 6000 9,6
Les locaux 506 1.21
total 41.28 45.45

Résultat de calcul : La puissance totale estimée de la charge de cette nouvelle ville est de d’ordre de 45,45
MVA.
3 - Trouver la solution la plus appropriée pour alimenter la charge de cette ville
3-1 Calcule les Coefficients de charge des postes 1, 2 et 3
Pour étudier la possibilité d’alimenter la charge à partir des postes 1, 2 et 3, on va calculer le coefficient de
charge Cf de chaque poste. Pour la sécurité d’alimentation, on va respecter la condition : 50%  Cf  80%
- Poste 1:

Le coefficient de charge en pourcent est calculé à partir de l’équation suivante :


𝑁𝑝𝑜𝑖𝑛𝑡𝑒
𝐶𝑓 % = × 100%
𝑃𝑖𝑛𝑠𝑡𝑎𝑙𝑙é𝑒

Coefficient de charge actuel du poste 1 est :

47,63
𝐶𝑓 = × 100 = 47.63%
100
- Coefficient de charge du poste 1 avec la nouvelle charge.

Si on suppose que la nouvelle charge sera alimentée à partir du poste 1, la puissance totale appelée sera :
47,63 + 45.45 = 93,08 MVA

Le coefficient de charge sera dans ce cas :


93,08
𝐶𝑓 = × 100% = 93,08 %
100
- Poste 2

- Coefficient de charge actuel du poste 2

31,31
𝐶𝑓 = × 100% = 39,14 %
80
26
Cours planification des réseaux électriques Master Réseaux Electriques

- Coefficient de charge du poste 2 avec la nouvelle charge

Supposons que la nouvelle charge sera alimentée à partir de ce poste, la puissance totale appelée sera :

31,31 + 45,45 =76,76 MVA . Le coefficient de charge sera donc :

76,76
𝐶𝑓 = × 100% = 95,95 %
80
- Poste 3

- Le Coefficient de charge actuelle du poste 3

41,02
𝐶𝑓 = × 100% = 68,37 %
60
- Coefficient de charge du poste 3 avec la nouvelle charge

Si on suppose que la nouvelle charge sera alimentée à partir de ce poste, la puissance totale appelée sera :
41,02 + 45.45 = 86,47 MVA. Le coefficient de charge sera dans ce cas :

86,47
𝐶𝑓 = × 100% = 144,12 %
60

3-2 Détermination des possibilités d’alimentation de la charge de cette ville

Il est clair que les coefficients de charge des trois postes dépassent largement la valeur critique 80%. Donc ,
on peut conclure que les trois postes ne peuvent pas accueillir la puissance demandée par la charge de la
nouvelle ville. En effet, il existe deux possibilités pour alimenter cette nouvelle charge :
- La première possibilité est de faire une extension des postes existants ;
- La deuxième est de créer un nouveau poste source HTB/HTA et des liaisons pour le raccorder au
réseau.
Si on suppose que le projet d’aménagement de la nouvelle ville se terminera au-delà de 3 ans, pendant ce
temps les charge des postes sources étudiés vont évoluer ce qui fait augmenter d’avantage le coefficient de
charge de ces postes et diminuer leurs capacités d’accueillir de nouvelles charges. Donc, la solution la plus
appropriée pour alimenter la charge de cette ville est la création d’un nouveau poste source HTB/HTA et le
raccorder au réseau de distribution existant.
4- La puissance installée du poste HTB/HTA à créer

Pour déterminer la puissance installée de ce poste nous allons commencer par le calcul de taux d’évolution
de la charge de la nouvelle ville sur une période de 10 ans. Le principal objectif est de faire un suivi de
l’évolution des charges existantes et prévoir les puissances maximales qui seront appelées au cours de la
durée d’étude par les futurs projets. En effet, Pour un bon fonctionnement du poste sur une période de 10

27
Cours planification des réseaux électriques Master Réseaux Electriques

ans, les gestionnaires du réseau de distribution estiment une hausse de 5% de la charge existante durant les
cinq premières années et de 3% de la charge existante durant les 5 dernières années.
Détermination du taux d’évolution de la puissance sur une période de dix ans ?
Le coefficient d’évolution de la charge permet d’estimer la manière avec laquelle évoluent les charges
dans le réseau, on peut le déterminer en utilisant la formule suivante :
𝑃𝐸𝑛 = 𝑃𝐸0 × (1 + 𝑋)𝑛
Avec :

P En : puissance totale des charges appelée à l’année « n ».

P E0 : puissance initiale appelée à l’année du début d’étude.

Pour les premières 5 année, l’évolution de la charge est égale :

P= Pact(1+X)n = 45.45(1+0.05)5 = 45.45*1.276 = 58 MVA

Pour les autres 5 année, l’évolution de la charge est égale :

P= Pact(1+X)n = 58(1+0.03)5 = 58*1.159 = 67.24 MVA

La puissance installée à long terme du poste HTB/HTA à créer est de l’ordre de 67.24 MVA.

5- Calcul du nombre de postes HTA/BT à créer dans le réseau HTA

Les gestionnaires du réseau de distribution estiment pour chaque soixante-dix (70) logements un poste de
400 KVA, et pour chaque équipement un poste de (250 KVA ou 400 KVA) selon le type d’équipement.
Etant donné que la puissance estimée pour les 18000 logements et 59 équipements est de : 45,45 MVA, le
nombre des postes HTA/BT à créer est présenté dans le tableau suivant :

Tableau : Le nombre des postes HTA/BT à créer

Les logts Nombre du poste Les équipements Nombre de poste Total des postes
18000 257 59 46 303

6- Nombre de départs à long terme à créer


Pour les gestionnaires du réseau de distribution ,la charge d’un départ ne doit pas dépasser 7 MVA pour
réduire les pertes Joule.
D’où 45,45/7 = 7 départs, Donc ce poste aura 7 départs.
Le nombre de postes à long terme pour chaque départ :
303/7 départs = 44 HTA/BT postes pour chaque départ.

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