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V.

SMIRNOV

COURS
de
,.
MATHEMATIQUES
SUPÉRIEURES

tome IV
deuxième partie

~DITIONS MIR • MOSCOU


Traduit du rùsse
par
Djtlali Embarek

"
, "

© lfSAaTeXbCTBO «HaYKal) fxaBHaH peAaK~IUI «Ï>I13I1KO-MaTeMaTiPIeCKOH


JI1ITepaTypLI, 1981, C I13MeHeHIIHMII
© Traduction française Editions Mir 1984
TABLE DES MATIERES

Préface ... .. . . . . . . . . . ... .. ... . . . . . . 9

CHAPITRE PREMIER. TH~ORIE G~NÉRALE DES ÉQUATIONS AUX


D~RIVÉES PARTIELLES • . • . . . • fO
1-1. Equations du premier ordre • • • • • • • • . • • • • •• fO
1-1-1. Equations linéaires à deux variables indépendantes (10).
1-1-2. Problème de Cauchy et caractéristiques (13). 1-1-3. Cas
d'un nombre quelconque de variables (18). 1-1-4. Exemples
(23). 1-1-5. Théorème auxiliaire (24). 1-1-6. Equations non
linéaires du premier ordre (28). 1-1-7. Variétés caractéristi-
ques (32). 1-1-8. Méthode de Cauchy (32). 1-1-9. Problème de
Cauchy (35). 1-1-10. Unicité de la solution (37). 1-1-11. Cas
singulier (40). 1-1-12. Cas d'un nombre quelconque de va-
riables indépendantes (42). 1-1-13. Intégrales complète, géné-
rale et singulière (45). 1-1-14. Intégrale complète et problème
de Cauchy (47). 1-1-15. Exemples (49). 1-1-16. Cas d'un
nombre quelconque de variables (53). 1-1-17. Théorème de J aco-
bi (55). 1-1-18. Systèmes de deux équations du premier ordre
(57). 1-1-19. Méthode de Lagrange-Charpie (59). 1-1-20. Sys-
tèmes d'équations linéaires (61). 1-1-21. Systèmes complets et
jacobiens (63). 1-1-22. Intégration des systèmes complets (65).
1-1-23. Crochet de Poisson (66). 1-1-24. Méthode de Jacobi
(69). 1-1-25. Systèmes canoniques (71). 1-1-26. Exemples
(72). 1-1-27. Méthode des séries majorantes (73). 1-1-28.
Théorème de Kovalevskaïa (76). 1-1-29. Equations d'ordre
supérieur (82).
1-2. Equations d'ordre supérieur . . . . . . . . . . . .. 84
1-2-1. Types d'équations du second ordre (84). 1-2-2. Equations à
coefficients constants (86). 1-2-3. Formes normales dans le cas de
deux variables indépt'ndantes (88). 1-2-4. Problème de Cauchy
(91). 1-2-5. Bandes caractéristiques (94). 1-2-6. Dérivées
d'ordre supérieur (96). 1-2-7. Caractéristiques réelles et
imaginaires (99). 1-2-8. Théorèmes fondamentaux (100).
1-2-9. Intégrales intermédiaires (102). 1-2-10. Equations de
Monge-Ampère (103). 1-2-11. Caractéristiques dans le cas de n
variables (104). 1-2-12. Bicaractéristiques (107). 1-2-13. Lien avec
un problème variationnel (111). 1-2-14. Propagation de la
surface de discontinuité (113). 1-2-15. Discontinuités fortes (116).
1-2-16. Méthode de Riemann (119). 1-2-17. Conditions initiales
6 T ABLE DES MATŒRES

caractéristiques (124). 1-2-18. Théorèmes d'existence (125).


1-2-19. Formule d'intégration par parties et formule de
Green (130). 1-2-20. Méthode de Volterra (132). 1-2-21. Formule
de Sobolev (136). 1-2-22. Formule de Sobolev (suite) (140).
1-2-23. Construction de la fonction cr (142). 1-2-24. Conditions
initiales générales (14'i). 1-2-25. Equation des ondes généralisée
(149). 1-2-26. Cas d'un nombre quelconque de variables indé-
pendantes (151). 1-2-27. Inégalité énergétique (154). 1-2-28.
Théorèmes d'unicité et de dépendance continue des solutions
(160). 1-2-29. Cas de l'équation des ondes (163). 1-2-30. Théorè-
me d'immersion dans l'espace des fonctions continues et cer-
taines de ses conséquences (166). 1-2-31. Solutions distribu-
tionnelles des équations du second ordre (171). 1-2-32. Sur
l'existence et l'unicité des solutions distributionnelles du
problème de Cauchy pour l'équation des ondes (177). 1-2-33.
Equations de type elliptique (178).
1-3. Systèmes d'équations 184
1-3-1. Caractéristiques de systèmes d'é~uations (184). 1-3-2.
Conditions cinématiques de compatibilite (188). 1-3-3. Condi-
. tions dyn~m,iq:ue~ <;le cQmpa.tibilité (191). 1-3-4. Equations de
l'hydrodynamique (192). 1-3-5. Equations de la théorie de
l'élasticité (196). 1-3-6. Corps élastique anisotrope (198).
1-3-7. Ondes électromagnétiques (200). 1-3-8. Discontinuités
fortes en théorie de' l'élasticité (204): 1-3-9. Caractéristiques
et hautes fréquences (208). 1-3-10. Cas de deux variables indé-
pendantes (210). 1-3-11. Exemples (212).

CHAPITRE II. PROBL~MES AUX LIMITES . . . . . . . . . . .• 215

11-1. Problèmes aux limites pour une équation différentielle ordi-


naire . . . . . . . . . . • . . .• 2t5
II-1-1. Fenction de Green relative à une équation linéaire du
second ordre (215). 11-1-2. Réduction à une équation intégrale
(219). 11-1-3. Symétrie de la fonction de Green (221). 11-1-4.
Valeurs et fonctions propres du problème aux limites (223).
11-1-5. Signe des valeurs propres (225). 11-1-6. Exemples (227).
11-1-7. Distribution de Green (229). 11-1-8. Polynômes de Le-
gendre (234). 11-1-9. Fonctions d'Hermite et de Laguerre (238).
11-1-10. Equations du quatrième ordre (240). 11-1-11. Théorè-
mes de décomposition de Stéklov précisés (241). 11-1-12. Justi-
fication de la méthode de Fourier pour l'équation de la cha-
leur (246). 11-1-13. Justification de la méthode de Fourier
pour l'équation des vibrations (249). 11-1-14. Théorèmes d'uni-
cité (252). 11-1-15. Propriétés extrémales des valeurs et fonc-
tions propres (254). 11-1-16. Théorème de Courant (258).
11-1-17. Expression asymptotique des valeurs propres (260).
II-1-18. Expression asymptotique des fonctions propres (264).
11-1-19. Méthode de Ritz (267). 11-1-20. Exemple de Ritz (268).
11-2. Equations de type elliptique • . • . . . . . . . . . . •. 270
11-2-1. Potentiel newtonien (270). 11-2-2. Potentiel de double
couche (274). 11-2-3. Propriétés du potentiel de simple couche
(281). II-2-4. Dérivée normale du potentiel de simple couche
(283). 11-2-5. Dérivée normale du potentiel de simple couche
(suite) (285). 11-2-6. Valeur directe de la dérivée normale (287).
.TABLE DES MATI:Il:RES 7

11-2-7: Dérivée du potentiel de simple couche suivant une direc-


tion quelconque (290). 11-2-8. Potentiel logarithmique (294).
11-2-9. Formules intégrales et surfaces parallèles (296). 11-2-10.
Suites de fonctions harmoniques (301). 11-2-11. Position des
problèmes aux limites intérieurs pour l'équation de Laplace
(304). 11-2-12. Problèmes extérieurs pour le plan (306). 11-2-13.
Transformation de Kelvin (310). 11-2-14. Unicité de la solu-
tion du problème de Neumann (313). 11-2-15. Résolution des
problèmes aux limites dans l'espace (316) •. 11-2-16. Etude des
équations intégrales (318). 11-2-17. Sommaire des résultats re-
latifs aux solutions des problèmes aux limites (323). 11-2-18.
Problèmes aux limites dans le plan (325). 11-2-19. Equation
-intégrale pour fonctions sphériques (327). 11-2-20. Equilibre
thermique d'un corps. rayonnant (329). 11-2-21. Méthode de
Schwarz (330). 11-2-22. Démonstration du lemme (332). 11-2-23.
Méthode de Schwarz (suite) (334). I1-2-24. Fonctions sub- et
:superharmoniques (338). II-2-25. Propositions auxiliaires (340).
11-2-26. Méthodes des fonctions inférieures et supérieures (342).
11-2-27: Etude des valeurs frontières (345). II-2-28. Eqùation
de Laplace dans un espace à n dimensions (350). 11-2-29.
Fonction de Green de l'opérateur de Laplace (351). II-2-30.
Propriétés de la fonction de Green (354). 11-2-31. Fonction de
Green dans le plan (357). II-2-32. Exemples (361). II-2-33.
Fonction de Green et équation avec second membre (363).
II-2-34. Valeurs et fonctions propres (366). II-2-35. Dérivée
normale d'une fonction propre ·(371). 11-2-36. Propriétés extré-
males des valeurs et fonctions propres (372). II-2-37. Equation
de Helmholtz et principe de radiation (374). II-2-38. Théorème
d'unicité (376). II-2-39. Principe de l'amplitude limite et prin-
dpe de l'absorption limite (378). 11-2-40. Problèmes aux limi-
tes pour l'équation de Helmholtz (380). 11-2-41. Diffraction
de l'onde électromagnétique (386). 11-2-42. Vecteur intensité
magnétique (387). 11-2-43. Unicité de la solution du problème
de Dirichlet pour équations elliptiques (389). II-2-44. L'équa-
tion IJ.v - 'Av = 0 (393). 11-2-45. Expression asymptotique des
valeurs propres (398). II-2-46. Démonstration du théorème
auxiliaire (404). 11-2-47. Equations linéaires de forme plus
générale (412). 11-2-48. Tenseur de Green (414). 11-2-49.
Problème statique plan de la théorie de l'élasticité (416).
I1-2-50. Sur les résultats de Schauder (418). 11-2-51. Solutions
distributionnelles de la classe ~ (D) (421). I1-2-52. Première
inégalité fondamentale (ou énergétique) (427). II-2-53. L'espace
W~'Q (D) et la deuxième inégalité fondamentale (430). II-2-54.
Quelques considérations sur les espaces hilbertiens et les opéra-
teurs opérant dans ces derniers (439). 11-2-55. Sur la résolubilité
du problème de Dirichlet dans l'espace ~ (D) (443). I1-2-56.
Sur la résolubilité au sens de Fredholm du problème de Dirich-
let (447). 11-2-57. Sur le spectre d'un opérateur symétrique
(454).

11-3. Equations de types parabolique et hyperbolique . . . . . . 460


I1-3-1. Dépendance des solutions de l'équation de la chaleur
par rapport aux conditions initiales, aux conditions aux limi-
tes et au second membre (460). 11-3-2. Potentiels pour l'équa-
tion de la chaleur en dimension un (462). 11-3-3. Sources de
chaleur en dimension n (465). I1-3-4. Fonction de Green pour
l'équation de la chaleur (467). 11-3-5. Usage de la transforma-
8 TABLE DES MATmRES

tion de Laplace (468). II-3-6. Application des différences fi-


nies (472). II-3-7. Méthode de Fourier pour l'équation de la
chaleur (475). II-3-8. Equation avec second membre (478).
II-3-9. Propriétés des solutions de l'équation de la chaleur (481).
II-3-iO. Potentiels de simple et· de double couche généralisés
en dimension un (484). II-3-H. Fonctions sub- et superparaboli-
ques (490). II-3-12. Equations paraboliques générales. Inégali-
té énergétique (491). 11-3-13. Méthode de Fourier pour les
équations paraboliques (495). II-3-14. Deuxième inégalité fon-
damentale et existence de la solution du problème de Dirichlet-
Cauchy (502). 11-3-15. Equations hyperboliques de forme ~né­
raIe. Inégalité énergétique pour le problème de Dirichlet-eau-
chy (506). II-3-16. Méthode de Fourier pour les équations hy-
perboliques (509). 11-3-17. Problème aux limites pour la sphère
(515). 11-3-18. Vibrations de l'intérieur de la sphère (519).
II-3-19. Discussion de la solution (523). 11-3-20. Problème aux
limites pour l'équation des télégraphistes (526).
Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .529
PREFACE

Dans l'avant-propos à la deuxième édition du tome V (1959)


Vladimir 8mirnov écrivait qu'il « envisageait la publication d'uIh
sixième tome consacré à quelques problèmes de la théorie moderne-
des opérateurs différentiels à une et plusieurs variables indépendan--
tes ». Il me proposa d'être co-auteur de ce nouveau tome. Mais di-
verses circonstances compromirent cette entreprise et la décision,
fut prise d'élargir simplement le tome IV. La théorie de l'intégrale-
de Lebesgue et de l'espace L 2 fut incluse dans le tome II, quant au
tome IV, il fut divisé en deux parties (livres). La première traite-
de la théorie des équations intégrales dans l'espace des fonctions.
continues et dans l'espace L 2 , du calcul des variations, de la théorie
des dérivées distributionnelles, des propriétés fondamentales des-
espaces W~ et w:et du minimum d'une fonctionnelle quadratique·
en termes de distributions. Cette partie a été publiée en 1974 *).
La deuxième partie fut revue et complétée au moment où Vladi-
mir 8mirnov était miné par une grave maladie. Néanmoins il trouva
le courage de relire attentivement et de rédiger les ajouts et chan-
gements que j'avais écrits et avança quelques suggestions quant à la
forme définitive de cet ouvrage. 8mirnov avait l'intention de sup-
primer une partie de la précédente édition, qui lui semblait dépas-
sée. Mais nous décid~mes d'un commun accord de la conserver et d'y
apporter seulement quelques correctifs pour faire la jonction entre-
l'ancien et le nouveau texte.
Les références sont données entre crochets. Celles qui ne com-
portent pas le numéro du tome concernent le tome IV 2'

Avril 1979 o. Ladyjenskaïtr.

*) La traduction française de cette partie a été publiée en 1975 par les Edi-
tions Mir (Note de la rédaction).
Chapitre premier

THEORIE GENERALE
DES EQUATIONS AUX DERIVEES PARTIELLES

1-1. Equations du premier ordre


.. 1-1-1. Equations linéaires à deux variables indépendantes. Nous
:a:vons à maintes reprises eu affaire à des équations différentielles da
nature diverse contenant des dérivées partielles de la fonction in-
~onnue. Ces équations étai.ent toujours d'une forme spéciale et pro-
venaient de problèmes concrets de physique mathématique. Ce cha-
,pitre se fixe pour objectif d'exposer les bases de la théorie générale
..des équations aux dérivées partielles. Commençons par les ,équa-
tions du premier ordre.
Une équation du premier ordre à une fonction inconnue u des
·variables indépendantes Xl' ... , Xn est de la forme
F (Xl' ••. , Xn, U, pp •.. , Pn)= 0,
~Ù Pk = U Xk sont les dérivées partielles de u par rapport aux varia-
bles indépendantes Xk' On étudiera d'abord des équations linéaires
-.en Pk' c'est-à-dire des équations de la forme
.a1.(Xu ••• , Xn, U) Pl + ... + a. n (XIt ••• , Xn' U) Pn =
= c (Xl' • • ., Xn , u), (1 )
les coefficients ak et le second membre c étant des fonctions données
-de Xk et de u. Comme la fonction U peut figurer d'une façon arbi-
traire dans les coefficients et dans le second membre, ces équations
:~mnt parfois appelées équations quasi linéaires.
Dans ce paragraphe nous allons étudier l'équation (1) dans le
ccas de deux variables indépendantes. Les variables indépendantes
.seront désignées généralement par x et y, et les dérivées partielles
par P = U x ' q = uIJ' On étudiera donc des équations de la forme
a (x, y, u) P + b (x, y, u) q = c (x, y, u). (2)
:Signalons que nous avons déjà envisagé des équations linéaires à dé-
rivées partielles (tome II, [1-2-8]) et avons vu que l'intégration d'une
·-équation de la forme (2) équivalait à celle d'un système d'équations
-différentielles ordinaires. Nous allons compléter les résultats obte-
1-1-1. ~QUATIONS LIN~AIRES A DEUX VARIABLES IND:ePENDANTES 11

nus précédemment par de nouveaux faits qui nous seront utiles dans
l'ex.amen de problèmes plus compliqués.
Les fonctions données a (x, y, u), b (x, y, u) et c (x, y, u) défi-
nissent un champ de directions dans l'espace (x, y, u), plus exacte-
ment, en chaque point de cet espace il existe une direction dont les
cosinus directeurs sont proportionnels à a, b et c. Ce champ de direc-
tions définit une famille de lignes telles que la tangente à chacune
d'elles est confondue avec la direction du champ au point de con-
tact. Cette famille de lignes s'obtient par intégration du système
d'équations différentielles ordinaires
dx _ dy _ du
a (x, y, u)
- b(x, y, u)
- c(x, y, u)
, (3)

ou, si l'on désigne par ds la valeur commune de ces rapports,


du système
~: = a (x, y, u); ~~ = b (x, y, u); ~~ == c (x, y, u). ( 4)

Les quantités p, q et (-1) sont proportionnelles aux cosinus direc-


teurs de la normale à la surface cherchée u = u (x: y) et l'équation
(2) exprime la condition d'orthogonalité, soit ap bq + +
c(-1) =
= 0, de la normale à la surface cherchée et de la direction du champ,
autrement dit, l'équation (2) traduit le fait qu'en chaque point de
la surface cherchée u = u (x, y) la direction définie par le champ
indiqué ci-dessus se trouve dans le plan tangent à la surfacc. Les
lignes définies par le système (4) sont appelées lignes caractéristiques
ou tout simplement caractéristiques de l'équation (2). Si une surface S
d'équation u = u (x, y) est le lieu géométrique des caractéristiques
d'une équation (2), c'est-à-dire si elle est constituée par les lignes
l' qui vérifient le système (4), alors en chaque point MES la tan-
gente à une ligne l' de S passant par M est contenue dans le plan
tangent à S en M et, par suite, u (x, y) vérifie l'équation (2), c'est-à-
dire S est une surface intégrale de cette équation. Donc, si une sur-
face u = u (x, y) est formée par les caractéristiques de l'équation (2)
alors c'est une surface intégrale de l'équation (2).
On admet que la surface u = u (x, y) possède en chacun de ses
points un plan tangent et que la direction de la normale à cette
surface varie de façon continue quand on se déplace sur cette sur-
face. Ceci implique l'existence et la continuité des dérivées pre-
mières de u (x, y).
Dans la suite, en parlant d'une surface intégrale, on admettra
qu'elle est douée des propriétés indiquées. Pour simplifier, nous
dirons que de telles surfaces sont différentiables, ou régulières.
Nous avons montré plus haut qu'une surface régulière d'équa-
tion u = u (x, y) formée par les caractéristiques était une surface
intégrale. On peut prouver qu'inversement si une fonction dérivable
12 CH. 1. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

u = u (X, y) vérifie l'équation (2), c'est-à-dire u = u (x, y) est une


surface intégrale, alors on peut la recouvrir de caractéristiques.
En effet, si u (x, y) vérifie l'équation (2), alors en chaque point M
de la surface S d'équation u = u (x, y) la direction (a, b, c) est
eontenue dans le plan tangent à S en M et nous avons ainsi un champ
de directions sur S. En intégrant l'équation différentielle ordinaire
du premier ordre correspondant à ce champ, on trouve les lignes l'
de S qui vérifient le système (4). Cette équation du premier ordre
est par exemple de la forme
dx dy
a (x, y, u) b (x, y, u) ,
où u = u (x, y) est l'équation de la surface S. Convenons que l'équa-
tion obtenue est justiciable du théorème d'existence et d'unicité et
de plus que les lignes intégrales l recouvrent sans se couper un do-
maine D sur lequel est définie la fonction u = u (x, y). Les lignes
l' sont les lignes de S dont les projetées sur le plan (x, y) sont les
lignes l.
En étudiant les équations différentielles ordinaires du premier
ordre (tome II, [11-3-1 J, [11-3-21) on a vu que les fonctions incon-
nues étaient entièrement définies par la donnée de leurs valeurs
initiales. Ces valeurs initiales nous ont permis ensuite de déterminer
les constantes arbitraires figurant dans l'intégrale générale. On
peut toutefois trouver la solution qui vérifie les conditions initiales
données sans connaître l'intégrale générale, par exemple, en se ser-
vant de la méthode des approximations successives qui a été utilisée
pour démontrer le théorème d'existence et d'unicité (tome II,
111-3-2J). La solution générale de l'équation (2) ne contient pas de
constantes arbitraires mais des fonctions (tome II, [1-2-91), et trouver
la solution qui vérifie une condition initiale donnée revient à déter-
miner la surface intégrale de l'équation (2) qui passe par une courbe
donnée l de l'espace (x, y, u).
Si l'on désigne par  la projetée de la ligne l sur le plan (x, y),
le problème formulé se ramène à la recherche d'une solution de l'équa-
tion (2) qui prend des valeurs données sur la ligne Â. Esquissons la
résolution du problème posé (tome II, [1-2-91). Soit Mo un point de
la ligne l. Prenons ses coordonnées pour valeurs initiales des fonc-
tions définies par le système (4). En vertu du théorème d'existence
et d'unicité, on obtient une caractéristique bien définie issue de
Mo. En effectuant cette opération pour chaque point de la ligne l,
on obtiendra une famille de caractéristiques; supposons que ces
caracteristiques engendrent une surface S d'équation u = u (x, y).
Cette surface passe par la ligne l et d'après ce qui a été dit plus haut
est une surface intégrale de l'équation (2).
La démonstra tion rigoureuse de l'existence et de l' unicité de la
solution implique des conditions sur les seconds membres des équa-
1-1-2. PROBL~ME DE CAUCHY ET CARACT~RISTIQUES 13

tions (4) et quelques restrictions importantes sur la ligne l. Si, par


exemple, la ligne donnée l est une caractéristique, la méthode de
construction des caractéristiques à partir des points de la ligne l
nous donnera non pas une surface mais la ligne l en question. Dans
ce cas, le problème posé peut admettre une infinité de solutions
(tome II, [1-2-10)). En effet, menons par un point de la ligne lune
ligne II qui n'est pas une caractéristique. En traçant les caractéristi-
ques issues des points de II (la ligne l en fera également partie) on
obtient sous certaines conditions une surface intégrale passant par l.
Comme II est arbitraire, ce problème possède une infinité de solu-
tions si l est une caractéristique. Le problème posé peut n'avoir aucu-.
ne solution. Ceci correspond au cas où les caractéristiques issues des
points de la ligne l ne forment pas au voisinage de cette ligne une
surface d'équation explicite u = u (x, y), où u (x, y) est une fonc-
tion continue avec ses dérivées partielles premières. Ce sera le cas
si les caractéristiques mentionnées forment une surface cylindrique
dont les génératrices sont parallèles à l'axe des u. Dans le para-
graphe suivant on détermine les conditions sous lesquelles le pro-
hlème posé admet une solution bien définie.
1-1-2. Problème de Cauchy et caractéristiques. Par problème de
Cauchy on comprend la recherche d'une surface intégrale de l'équa-
tion (2) passant par une ligne donnée l. Pour étudier rigoureusement
la question de l'existence et de l'unicité de la solution nous aurons
besoin du théorème suivant emprunté à la théorie des équations
différentielles ordinaires.
Thé 0 r ème. Si les seconds membres des équations différentiel-
les du système
dYk
dx = f h (x, YI· . . , Yn) (k = 1, 2, . . ., n) (5)

sont des fonctions continues en leurs arguments dans un domaine défini


par
1x - a 1::::;; A; 1Yh - bh 1::::;; B (k = 1, 2, ... , n), (6)

et si de plus les dérivées partielles f)f)/h existent et sont continues dans


Ys '
ce domaine, alors la solution du système (5) vérifiant, en vertu du théo-
rème d'existence et d'unicité des conditions initiales quelconques (x o'
~, ... , Y~) contenues dans le domaine (6), c'est-à-dire
Yh = CPh (x, x o' Y~, ••. , y~) (k = 1, 2, ... , n),

est continue en ses arguments et admet des dérivées partielles f)<p:


f)ys
par rapport aux données initiales qui sont des fonctions continues en
leurs arguments (x, x o, y~, ... , y~) dans un voisinage des conditions
initiales.
14 CH. 1. TH:E':ORIE DES :E':QUATIONS AUX D:E':RIV:E':ES PARTIELLES

Pour ne pas interrompre l'exposé nous ajournons la démonstra-


tion de ce théorème à un prochain paragraphe.
Revenons à la résolution du problème de Cauchy. Supposons
que l'équation de la ligne l est donnée sous la forme paramétrique:
Xo = Xo (t) ; Yo = Yo (t); Uo = Uo (t) (t o ~ t ~ tl)' (7)
et que les seconds membres des équations (4) remplissent les condi-
tions du théorème formulé ci-dessus dans un domaine de l'espace
(x, y, u) contenant la ligne l. En prenant les coordonnées des points
de l pour données initiales lorsque s = 0, on obtient la solution du
système (4):
x = x (s, Xo, Yo' u o); y = y (s, X o' Yo, u o); u = u (s, xo, Yo' u o)
pour les s assez proches de 0, ou, en vertu de (7),
x = x (s, t); Y = Y (s, t); u = u (s, t). (8)
: Si l'on admet que les seconds membres des équations (7) sont
continûment dérivables par rapport à t on peut, en vertu du théo-
rème ci-dessus, affirmer que les fonctions (8) possèdent des dérivées
partielles continues non seulement par rapport à s mais aussi à t.
Pour toute valeur de t E 1t o, t 1 [ les fonctions (8) sont définies pour
tous les s assez proches de O. Composons le jacobien des deux pre-
mières fonctions par rapport à s et à t:
~ = XsYt - XtYso (9)
Ce qui importe dans la suite c'est de savoir si le jacobien est
nul ou non. On distinguera deux cas, celui où ~ =1= sur l et celui
°
où A = sur l. Commençons par le premier:
°
~ =1= °sur l, (10)

° °
c'est-à-dire que ~ =1= pour s = 0, donc, en vertu de la continuité
des dérivées, ~ =1= dans un voisinage de la valeur initiale s = 0
et de la valeur de t correspondant à un point M de la ligne l. Ceci
étant, les deux premières équations (8) peuvent être résolues par
rapport à s et à t pour tous les x et y situés au voisinage des coordon-
nées (xo' Yo) du point M de l. Cette solution est unique et les fonc-
tions s (x, y) et t (x, y) obtenues possèdent des dérivées partielles
premières continues (tome 111 1 , (1-2-12]). En portant les fonctions
s (x, y) et t (x, y) dans la troisième des équations (8), on obtiendra
au voisinage indiqué une fonction u (x, y) dont les dérivées par-
tielles premières sont continues et la surface d'équation u = u (x, y)
contiendra une portion de la ligne l au voisinage de M. Des consi-
dérations géométriques du paragraphe précédent il résulte immé-
diatement que u (x, y) satisfait l'équation (2). Ceci sera vérifié
analytiquement plus bas.
1-1.;2. PROBL1l:ME DE CAUCHY ET CARACTSRISTIQUES

. A noter que nous avons construit la solution U (x, y) au VOISI-


nage seulement d'un point M de la ligne l, ou, comme on dit encore~
on a obtenu une solution locale du problème. Sous certaines condi--
tions imposées à a, b, c et à l, on s'assure qu'il est possible de cons-
truire une surface intégrale dans un voisinage de la ligne l tout
entière, c'est-à-dire pour tous les x et y assez proches de la ligne-
x = X o (t), y = Yo (t) du plan (x, y). On admet que les dérivées
x~ (t) et y~ (t) ne s'annulent pas simultanément. Des résultats ana~
logues seront soigneusement formulés dans le paragraphe suivant.
. Le problème de l'existence d'une solution dans un domaine fixé:
à l'avance du plan (x, y) soulève de grosses difficultés. On peut.
éonstruire un domaine B du plan (x, y) et une fonction b (x, y) pos-
sédant des dérivées de tout ordre de telle sorte que la seule solu-
tion de l'équation
Ux + b (x, y) u y = 0
à exister dans B et à possèder des dérivées premières continues soit.
u= const.
Assurons-nous maintenant que la fonction u (x, y) est bien
solution de l'équation (2). En se servant de la règle de dérivation
des fonctions composées et des équations (4), on peut écrire:
du
ds = uxa + uyb.
Cette équation est valable pour tous les s et t se trouvant dans un
voisinage de s = 0 et de la valeur de t correspondant à un point
M (x o' Yo, zo) de la ligne l. Or ~~ = c, donc u (x, y) est solu-
tion de l'équation (2) pour tous les (x, y) contenus dans un voisi-
nage de (x o' Yo).
Pour prouver l'unicité, il suffit de s'assurer que toute surface
intégrale régulière u = u (x, y) passant par l peut être engendrée-
par des caractéristiques. Formons le système d'équations diffé-
rentielles :
dx dy
liS = a [x, y, u (x, y) J; dS = b [x, y, u (x, y) J• (11)"
Par hypothèse, les seconds membres sont tels que le théorème d'exis-
tence et d'unicité est valable pour tous les (x, y) au voisinage de·
(x o' Yo). Du fait que la surface intégrale est définie explicitement
par l'équation u = u (x, y) et passe par une portion de la ligne l
au voisinage du point M (x o' Yo' zo), il s'ensuit que les coordon-
nées (x, y) des points de la ligne l sont différentes au voisinage de M
(on admet que la ligne ne présente pas de points doubles). En pre-
nant ces coordonnées pour conditions initiales du système (11) et
en portant les solutions obtenues dans la fonction u = u (x, y)
on obtiendra une famille de lignes sur la surface intégrale. En vertu
16 CH. J. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX DSRIVSES PARTIELLES

-de (11), les deux premières équations (4) sont satisfaites sur ces li-
;gnes. Il est aisé de vérifier qu'il en est de même de la troisième équa-
tion. En effet, en se servant de (11), on obtient
du
---;rs = uxa + uyb.
'Or u = u (x, y) est une surface intégrale, c'est-à-dire que uxa +
+ ullb = c, d'où :~ = c. Donc, les lignes qui recouvrent la sur- .
-{ace u = u (x, y) sont bi~n des caractéristiques. En conclusion, t
le problème de Cauchy possède une solution unique sous la condition.,
{iO). Nous reviendrons encore sur l'unicité en étudiant les équa-~
tions différentielles non linéaires du premier ordre. ~
Supposons maintenant que )
8 = 0 sur l. (12)
Montrons que si dans ce cas il passe par l une surface intégrale ~
;u = u (x, y) telle que u (x, y) possède des dérivées premières, con-
tinues, alors la ligne l est une caractéristique. Quand on dit qu'une
:surface u = u (x, y) passe par une ligne on sous-entend qu'elle
y passe localement, c'est-à-dire par une portion .de l.
Admettons que a ~t b sont non nuls sur l. Les deux premières
-équations (4) nous perm,ettent d'écrire la condition (12) sous la
forme
; =: y; =k (s=Q), (13)

.où k désigne la valeur commune de ces rapports. Soit u = u (x, y)


une surface intégrale passant par l. En portant dans u( x y) les e~­
pressions x = Xo (t) et y = Yo (t), en dérivant par rapport à t et en
se servant de (13), on obtient :~ = uxka uykb. La fonction +
lJ, = u (x, y) étant solution de l'équation (2), on a
qui nous conduit au système
:::= kc, ce

:t = y; = ~t (s=O),

d'où il résulte que la ligne l est une caractéristique. Donc, si 8 = 0, j

une condition nécessaire d'existence d'une surface intégrale passant j


par une ligne l est que cette ligne soit une caractéristique. Nous avons 1
vu dans le paragraphe précédent que par l il·passe une infinité deh
surfaces intégrales. Ce qui était important dans la démonstration '.
ci-dessus, c'est que la fonction u = u (x, y) définissant la surface
intégrale passant par l possède des dérivées continues sur l; il est.
possible, et nous le verrons sur un exemple, que la ligne l ne soit
pas une caractéristique, que 8 = 0 sur l, mais que par l il passe j

1
l
1+·2. PROBL!:ME DE CAUCHY ET CARACT:mR1ST1QUES 17

une surface intégrale telle que les dérivées partielles de u (x, y)


ne soient pas continues sur l, autrement dit, la ligne l est une ligne
singulière de la surface intégrale. Si l n'est pas ligne caractéristique,
mais que ,1. = ° sur l, c'est que·
.=!.. = .J!.L =I=.!!:L sur l.
abc
Signalons une particularité du système (4). Le paramètre auxi-
liaire s ne figure pas dans les seconds membres des équations et
l'une des constantes arbitraires figure par sa somme avec s. Cette
.constante ne joue pas de rôle essentiel mais elle a pour effet de rendre
.arbitraire le choix de la valeur initiale de s. Donc, en intégrant
ce système on a affaire à deux constantes arbitraires essentielles.
Ce fait devient évident si l'on met le système (4) sous la forme (3).
On rappelle que l'équation quasi linéaire (2) peut être ramenée
à une équation linéaire sans second membre si l'on cherche la solu-
tion sous la forme implicite (tome II, [1-2-71):
cp (x, y, u) = C, (14)
où C est une constante arbitraire. La règle de dérivation des fonc-
tions implicites nous donne
x= - ~
U
<Pu
; U y = - <Py ,
<Pu
èt l'équation (2) engendre une équation différentielle linéaire sans
second membre pour la fonction cp:
a (x, y, u) CPx +b (x, y, u) CPu +
c (x, y, u) <Pu = O. (15)'
Le système d'équations différentielles ordinaires correspondant
est le système (3). Si
<Pl (x, y, u) = Cl; <P2 (x, y, u) = Cf.
sont deux intégrales indépendantes de ce système, alors cp=F (CPI' CP2),
où Fest llne fonction quelconque, sera solution de l'équation (15).
Or on sait expliciter la fonction cp si sont données les conditions
du problème de Cauchy (tome II, (1-2-101).
Ces raisonnements appellent la question suivante. Nous avons:
cherché la solution de l'équation (2) dans une classe de fonctions
définies implicitement par l'équation (14) qui contient une cons";
tante arbitraire. Il est immédiat de vérifier que nous n'avons perdu
aucune solution. Pour cela il faut tenir compte du fait qu'en raison
du choix arbitraire des conditions initiales, on peut considérer que
toute solution de l'équation (2) appartient à une famille de la forme
F (x, y, u, C) = 0, où C est une constante arbitraire., En résol--
vant l'équation de cette,famille par rapport'à C, on s'assure' èffec;.
tiv.ement que toute, solution' peut être obtenuelparti't' 'd'une for-
2-01017
t8 CH. J. TH:mORJE DES ~QUATIONS AUX n-eRIV:mES PARTIELLES

mule de la forme (14). On n'aurait pu perdre que les solutions


(singulières) non obtenues avec le procédé indiqué. Ces solutions
n'existent pas si les fonctions a, b et c remplissent certaines condi-
tions générales. Nous ne nous appesantirons pas sur les détails de la
démonstration.
1-1-3. Cas d'un nombre quelconque de variables. Considérons une
équation quasi linéaire à un nombre quelconque de variables indé-
pendantes:
Cl (Xl' • •• , X n , u) Pl + ... + an (Xlt • •• , Zn, u) Pn =
= C (XIt ••• , X n , u). {16}
Dans la suite, on admettra toujours que les coefficients al' a 2,
... , an ne sont pas simultanément nuls, c'est-à-dire que a~ +
+ + ... +
a; a; > O. Par analogie avec l'espace à trois dimen-
sions on se servira de termes géométriques pour étudier l'équation
(16). Les énoncés et les démonstrations ne seront pas donnés dans
le détail. Nous avons affaire à un espace à (n +
1) dimensions de
point générique (Xl' . . . , X n , u). Appelons variété à m dimensions
de cet espace, l'ensemble des points dont les coordonnées s'expri-
ment en fonction de m paramètres arbitraires:1
Xli = Xli (tH ••• , t m ); u = u (tu ••• , t m ) (k = 1, 2, •.. , n).
On admet que m de ces équations sont résolubles par rapport à
t l , • . • , t m . Pour m = n on a une variété à n dimensions que l'on
appellera surface. Si l'on prend Xl' . . ., X n pour paramètres, on
obtiendra l'équation explicite de la surface: u = u (Xl' .•. , x n ).
C'est cette forme que doit avoir l'équation de la surface intégrale
de l'équation (16). Pour m = 1, la variété à une dimension cor-
respondante s'appelle ligne de l'espace à (n +
1) dimensions.
Définissons les caractéristiques de l'équation (16) à l'aide du
système suivant:
dXk ) du
~=ak (Xlt ... , Xn , u; ----a;s=C (Xl' ... , Xn , U), (17)

où s est un paramètre auxiliaire. Toute solution de ce système défi-


nit une ligne de l'espace à (n +
1) dimensions, car il n'existe pas
de solution dont tous les Xk et u soient constantes, puisque par hy-
pothèse a~ + + ... +
a; a; > O. Les coordonnées des points de
cette ligne s'exprimeront en fonction du paramètre s. Pour cons-
truire une surface avec ces lignes, il nous faut prendre une famille
de telles lignes dépendant de (n - 1) paramètres arbitraires. On
obtient un ensemble de points dépendant de n paramètres. Si une
surface régulière u = u (Xl' . . . , X n) est formée par une famille de
caractéristiques dépendant de (n - 1) paramètres, alors c'est une
surface intégrale de l'équation (16). En effet, en dérivant u {Xl' ••.
1-1-3. CAS D'UN NOMBRE QUELCONQUE DE VARIABLES 19

..., xn) par rapport à s et en se servant des équations (17), on ob-


tient
ft
du ~
dS = LJ ux,.,a,.,.
k=l
Comme du = c en vertu de la dernière équation (17), il vient l'équa-
da
tion (16). Réciproquement, toute surface intégrale régulière u =
= U (Xl' .•. , xn) peut être engendrée par une famille de caractéristi-
ques, qui dépend de (n - 1) paramètres. En effet, si l'on connaît la
surface intégrale u = u (XH' •• , xn), on peut déterminer les X,..
. à partir du système d'équations
d~1&==a",[xlt •.• ,Xn , u(xl , ••• ,xn )] (k=1, .o.,n), (18}
ce qui nous donne (n - 1) constantes arbitraires. La constante qui
figure par sa somme avec s n'est pas essentielle. En portant la solu-
tion du système (18) dans le second membre de u = u (Xl' .•. , xn),.
en dérivant par rapport à s et en se servant des équations (16) et
(18), on s'assure que u vérifie la dernière des équations (17).
On admet comme dans [1-1-2] que u (Xi' ... , xn) et les seconds
membres des équations (17) possèdent des dérivées premières con-
tinues.
Le problème de Cauchy pour l'équation (16) revient à déterminer
une surface intégrale contenant une variété à (n - 1) dimensions
donnée:
Xk = Xk (t l , • • ., t n -1) ; U = U (t l , • 0 ., t n -1)
(k = 1, ..., n), (19)
les seconds membres de ces équations étant continus et possédant
des dérivées partielles premières continues à l'intérieur d'un do,..
maine D de l'espace à (n - 1) dimensions (t l , . . . , t n - l ).
On admet que le rang de la matrice formée avec les dérivées
ôô:X k est égal à (n - 1) et qu'à des systèmes différents de valeurs
tl
(t l , ••• , t n - l ) correspondent des points (Xl' • . • , xn) différents..
Par ailleurs, comme indiqué plus haut, on admet que les coeffi-
cients ak (Xl' •.• , Xn' u) et c (Xl' •• 0' Xn, u) possèdent des déri-
vées premières continues dans un domaine de l'espace, contenant.
la variété (19) en son intérieur.
En particulier, cette condition du problème de Cauchy peut se-
traduire par la donnée de la fonction cherchée u comme fonction h
à Xl fixe, des autres variables:
u IX1=xiO) = cp (x 2 , ••• , Xn)' (20)
Ce problème se résout comme dans le cas de deux variables indé-
pendantes. On prend les expressions (19) pour conditions initiale~
2*
20 CH. 1. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

dans l'intégration du système (17). On obtient ainsi la solution


sous la forme
Xl = Xlt (s,

Le déterminant

7iï ,
ÔZI
as
Dx'j
, · .. ,
ÔXn
ÔS

â=
ÔXI
ôt l
, ôX2
atl '
·.. ,
ÔXn
at , (22)
. . . . . . • . . . . . . l. .
ÔXI
ôt n- l
, 8x'j
at n - l
, · .. ,
lJz n
ôt n - l

jouera un rôle essentiel dans la suite. Compte tenu de l'équation


(17), on peut le mettre sous la forme

al' a 2, ... , an
ÔZI
at l '
ÔZ"
ôtl '
... , ~
ÔZn

â= (23)
• • • .• • • • • • . • .

-
8t
,
8Zi
n- 1
8z"
atn-l'
... , ÔXn
~
n-l

Si ce déterminant est non nul sur la variété (19), c'est-à-dire pour


$ = 0, alors les n premières équations (21) sont soluble~' par rap-
port à s, tu ... , t n -1. En portant cette solution dans la dernière
des équations (21), on obtient une surface intégrale de l'équation
(16). Le problème de Cauchy n'admet pas d'autres solutions dans
ce cas. Ceci se démontre exactement de la même façon que pour·deux
variables indépendantes. Considérons le cas où la condition initiale
est de la forIlle (20); le rôle des paramètres t l , . • • , t n -1 est assumé
par X2' .' •• , Xn. Considérons l'équation linéaire et. supposons que
le déterIllinant (23) est différent de zéro sur la variété (19). Comme
~=p= 0 pour P =1= q et :;p
= 1, on obtient d , al '=1:- o. Un~
diiision par le coefficient al ~ous conduit à l'équation
Pl + a2 (Xl' ••• , Xn ) P2 + · · · + an (Xl' • •• , X n) ,
Pn ..:-: ,
= b (Xit ••• , Xn)U+ C (XI~' '. :., Xn). (24)
Supposons que alt, b et c sont continus et ,possècie~t. des ,dérivées
partielles premières par rapport à Xi' •• • '~n continùes poùr a~
~. Xl ~ Ji ~t X 2 , • • • , X n quelconques. Suppbsons en outre que sous
'ces ..conditions les fonctions 'indiquées sont bornées:' 1ali··1 ~ M;
·lbl~'M;''I'c'I~M. - "'.' l, h ' . : ,
1-1-3. CAS D'UN NOMBRE QUELCONQUE DE VARIABLES 2t

Prenons xi pour variable indépendante et mettons le système (17)


sous la forme
dxll
d.%1
= ait (xu ... ,xn ) (k = 2, ... , n), (25)

::i = b (Xl' ••• , X n ) U + C (Xi! ••• , x n )· (26),


Soit x\O) E[a,~] la valeur initiale de Xl. Intégrons le système (25)
avec des conditions initiales quelconques:
x" 1X1=Cl(1) =x~O) (k=2, ... , n).
De l'ak 1~M il s'ensuit que les solutions Xk du système (25)
possèdent des dérivées bornées 1 ::: 1~M, donc Xk restent bornées
en valeur absolue: 'Xk-X~O) 1~M (~-a).
En appliquant la méthode des approximations successives (to-
me II, [11-3-2]) on s'assure immédiatement que les solutions indi-
quées
(k = 2, ... , n)
existent sur l'intervalle a ~ Xl ~ ~ tout entier pour des condition~
initiales arbitraires x1&O) (k = 2, ... , n). On peut dire que la courbe
intégrale qui passe par le point A o (x~O), X~O), ••• t x~» arrive au
point A (Xl' X 2 ' • • • , x n ) dont les coordonnées sont définies par
les formules (27). Le théorème d'unicité nous permet d'affirmer que;
si l'on prend le point A pour point initial, alors la courbe intégrale
correspondante passera par le point A o• D'où il s'ensuit que les
équations (27) sont solubles pour Xk quelconque par rapport à X~O), •••
• . •, x~) et la solution est de la forme
Xk(0) -- <Pll «
XlI l ' Xl' X , • • • , X )
2 n
(k =2, ... , n ) .
Soit à résoudre le problème de Cauchy avec la condition initiale
(20). En vertu de ce qui précède, nous devons intégrer les équations
(25) et (26) avec les conditions initiales

X ..
If, 1Xl=Xl<Ol = X(O)
k (k = 2 , )
... ,n,·
U 1Xl=Xl<Ol = m (x(O)
't' 2 ' · · .,
x(O»
n ,

ou" 1es quan t·t'1 es ar b·t·


1 raIres X 2(Ol , • • • , X n
10l Jouent
• 1e roAl e d e t l , • • •
. . ., tn - l • Portons (27) dans l'équation (26) et intégrons la dernière
équation:

l
Xl

u=e
6l
[ <p(x~O), ••• , x~O»+ C(XI ,<P2' ••• , <Pn).e"':6ldXll~ (28)
(Ol
'fI
22 CH. I. TImORIE DES :BQUATIONS AUX D1tRIVSES PARTmLLES


Xl

CO = ) b (Xl' CP2' ••• , Q>n) dX1


X(O)
1
~t dans b et c figurent CPk (Xl' X~O), X~O), ••• , x~». En portant l'ex-
;pression (27 1) dans le second membre de (28), on obtient la solution
'voulue U (Xl' ••• , x n ) du problème de Cauchy. Cette solution existe
:sur l'intervalle a ~ Xl ~ ~ tout entier et quels que soient X 2 ' •••
.• • • , X n . Cela est dû au fait que l'équation est linéaire et aux con-
ditions imposées à ah, b et c.
On peut indiquer pour l'équation quasi linéaire (16) un domaine d'existence
de la solution sous certaines conditions portant sur ah et c.
En effet, sUJ>posons que al = 1 et que ah et c sont continus, bornés et
possèdent des derivées continues sous réserve que
1 ,xl - x(t) 1 ~ a, (29)
bh ~. xh ~ ch (k = 2, •.. , n) (30)
~t quels que soient u réels, ces dérivées étant bornées en valeur absolue par une
constante A. Supposons que <p (x2' .•• , xn) est continue et bornée sous les
, conditions (30) et possède des dérivées premières continues bornées en valeur
absolue par une constante B. Sous ces conditions l'équation (16) (al 55 i) possède
une solution vérifiant (20) dans le domaine défini par

IXl-xIO)I<a; Ix-x~O)I< n~ In[1+ (n-1~(B+1)J


et par (30) (E. K a m k e, Ditferentialgleichungen reeler Funktionen, Leipzig,
1952].
" Traitons maintenant le cas où !1 = 0 sur la variété (t9). On admettra que
l'un des mineurs du déterminant !1 correspondant aux élements de la première
ligne est non nul. L'égalité !1 = 0 exprime que les éléments de la première
ligne sont une combinaison linéaire des éléments correspondants des autres
lignes, c'est-à-dire que
n-l
" ÔXh
ak= Li Îvj 7ft, (31)
. 1
3=
J

où Îvj sont des fonctions bien définies des paramètres (t l ,


tion c se représente aussi par la formule
•• 0' tn-v. Si la fonc-
n=l
" ôu (32)
c= Li ÎvjF
. 1 )
3=
'Sur la variété (19), alors la variété (19) s'appelle variété caracUristique de l'équa-
tion (16). On peut montrer que toute variété caractéristique (t9) de l'équation
·(16) peut être formée par les caractéristiques de cette équation et que si !1 = 0
sur la variété (t9) et si une surface intégrale u = u (Xl' XI' • • • , xn) passe par
~ette variété, alors cette dernière est caractéristique. "
Par une variété caractéristique il peut passer une infinité de surfaces inté-
grales.
1-1-4. EXEMPLES 23

Exactement 'comme dans le cas de deux variables, on peut ramener l'équa-


tion quasi linéaire (16) à-une équation linéaire sans second membre en cherchant
la solution de (16) sous la forme implicite: '
q> (Xl' •• " Xn ' u) = C,
où C est une constante arbitraire. On obtient pour la fonction q> l'équation
al<PX 1 + ..• +anlllx n +c<pu=O.
Le système correspondant d'équations différentielles ordinaires est
dXl dXn du
- al = =an
-=-
C
. (33)
Si
q>l (Xl' ••• , Xn , u) = Cl; ••• ; <Pn (Xl' ••• , Xn , U) = Cn (34)
sont des intégrales indépendantes de ce système, alors l'équation

F (<Pl' •• " <Pn) = 0


nous donne la solution de l'équation (16) sous forme implicite. Au second mem-
bre on a écrit 0 et non pas une constante arbitraire, car F est une fonction quel-
conque. Pour construire une surface intégrale passant par la variété (19), on
porte les expressions (19) dans les premiers membres des intégrales (34). En éli-
minant les paramètres t l , • • • , t n - l entre les n équations ainsi obtenues, on
trouvera une relation entre les constantes arbitraires:

F (Cl' •••, Cn ) = O.
Le premier membre de cette relation définit la forme de la fonction F. En rem-
plaçant dans le premier membre de la dernière équation les Ch par les fonctions
CJ'h (Xl' ••• , x n ' u), on obtient l'équation de la surface intégrale cherchée.
1-1-4. Exemples. 1. Considérons l'équation
3 (u - y)2 P - q = O. (35)
Le système (4) s'écrit
dx dy du
-=3(U-y)2. - = -1' -=0 (36)
ds 'ds' ds '
et sa solution exprimée en fonction des valeurs initiales des variables (x, y, u)
sera
x = (u o - Yo + s)3 + Xo - (uo - YO)3; y = -8 + Yo; u = UO' (37)
Supposons que les équations (7) de la ligne l par laquelle doit passer la surface
intégrale cherchée sont de la forme .

x = 0; y = t; u = t. (38)
En faisant Xe = 0; Ye = Ue = t dans (37), on obtient

le déterminant
x = il; y = -8 + t; u = t;
A = XsYt - XtYs = 382
s'annule pour s = 0, c'est-à-dire le long de l. La ligne (38) n'est pas une ca-
ractéristique de l'équation (35), car, en vertu de la dernière équation (36), u doit
être constant le long d'une caractéristique. Il existe néanmoins une surface
24 CH. 1. TH~ORIE DES ~QUATIONS' AUX D~RIV~ES PARTIELLES

intégrale de l'équation (35) qui passe par la ligne (38), plus exactement
-=}l''Z+II.
1 -~ .
Ici p = U x ="3 z 3 et cette dérivée partielle devient infinie sur la ligne (38).
2. Considérons l'équation
Pl + P2 + Ps = u,
u étant une fonction de trois variables.
En composant le système (17) et en l'intégrant, on obtient la solution sui-
vante en fonction des valeurs initiales z~' et Uo des variables:
Xk = S +
zî; u = uoe' (k = 1, 2, 3). (39)
Supposons qu'on demande de tr~uver une surface intégrale contenant la variété
Xl = tl + t2; X2 = tl - t2; Xs = 1; u = t l t 2•
En substituant ces expressions aux valeurs initiales dans l'équation (39), on
trouve
Xl . S + +
fI t 2 ; x2 = s +
t l - t 2 ; Xs = s 1; u = tltlle'. (40) +
Les trois premières équations admettent une solution par rapport à s, t l
et t 2 (cas !1 =1= 0) :

en portant ces expressions dans la dernière équation (40), on obtient la surface


intég.rale cherchée:' .
. 1 -1
u = T (Xl +X 2 - 2x s+2) (ZI-x 2 ) r' .

3. Cherchons la solution de l'équation


Ux - Uy = 1 (x + y)
qui est continue avec ses dérivées partielles premières et qui vérifie la condition
u = 0 pour X = O. Le changement de variables
X = Xl; X +y= YI
nous donne aussitôt la réponse:
u (x, y) = xl (x + y).
Cette formule nous donne effectivement la solution si- la fonction 1 <!) possède
une dérivée continue. Si f' (t) n'est pas continue, le problème ne possede pas de
solutions régulières. On sait qu'il existe des fonctions 1 (t) continues qui ne sont
nulle part dérivables. L'exemple cité montre que l'hypothèse de l'existence et
de la continuité de la dérivée de c est essentielle dans l'équation (2). [O. P e r ..
r 0 n. Math. Z., 1928, 27, nO 4.]
1-1-5. Théorème auxiliaire. Dans ce paragraphe, nous allons prouver le
théorème énoncé dans [1-1-2]. Démontrons tout d'abord une proposition auxi-
liaire. Supposons que les seconds membres des équations du système
d:: =Ih (x, YI' •.. , Yn, Â) (k=l, 2, •.• , n) (41)
1-1-5. TImO~E AUXILIAIRB 25-

dépendent d'un 'paramètre Â. Supp.osons d'autre part que ces seconds membres-
sont des fonctions continues possédant des dérivées continues par rapport.à
tous les Yk dans le domaine
1 z - a 1 ~ A ; 1 Yk - bk 1 ~ B (k = f, 2, • n), (42}
0 0'

où a et bk sont des nombres donnés, et  E [a, ~]o


Soit
M = max{1 !k (z, y, ••• , Yn' Â) I} (k = f, 0 0 0' n)
pour les valeurs indiquées des variables. Sous ces conditions, le système (41)
possède une solution unique vérifiant les conditions initiales:
Yk Ix=a = bA (k = f, •• 0' n}. (43}
Cette solution existe dans l'intervalle 1 z - a 1 ~ h, où h = min {A, B/Ml
et on peut la trouver dans cet intervalle par la méthode des approximations
successives (tome II, [11-3-2]). Les approximations successives calculées avec
les formules indiquées au (tome II, [11-3-2]) seront des fonctions continues de z
et  et en vertu de la convergence uniforme des approximations successives en z
et  (tome II, (II-3-2]), on peut affirmer que les fonctions qui nous donnent la,
solution du système (41) vérifiant les conditions initiales (43) seront des fonc-
tions continues de z et Â. On aurait pu admettre de toute évidence que les seconds·
membres des équations (41) renferment plusieurs paramètres au lieu d'un.
On a donc démontré le
Lem m e. Si les seconds membres des équations (41) dépendent des paramètreS'
"'l' ..., Âs et remplissent les conditions indiquées ci-dessus, alors la solution du
système vérifiant les conditions initiales (43), où a et bk sont des nombres donnés,.
est formée de fonctions continues dépendant de z et de Âi : Yk = "Pk (z, Â1 , ••• , Â s ).
Rem a r que. Soient Zo et yg des valeurs comprises dans le domaine (42).
Les solutions vérifiant les conditions initiales Yk (zo) = yg seront fonctions de-
ces conditions initiales:
Yk = "Pk (z, zo, y~, ••• , yf&), (44r
de plus elles sont définies dans un voisinage de z = 3:0. Si l'on introduit la va-
riable indépendante S = z - Zo et les fonctions fJk = Yk - Yi, le système·
devient
~~k =fk (ç+zo, rh+Y~, fJ2+yg, ... , fJn+y~L Â),

c'est-à-dire que les conditions initiales figureront comme paramètres dans les-
seconds membres et seuls des nombres bien définis figureront dans les conditions-
initiales fJk (0) = O. Le lemme ci-dessus nous permet d'affirmer que les fonc-
tions (44) sont des fonctions continues en chacun de leurs arguments. .
Passons maintenant à la démonstration du théorème énoncé dans [I-f-2] ..
Pour simplifier, on commencera par traiter le cas d'une seule équation
dy
dx = f (x, y). (45)

Supposons que le second membre est continu et possède une dérivée continue pal'"
rapport à Y dans le domaine
1z - a 1 ~ A; 1Y - b 1 ~ B. (46),
Considérons la solution de l'équation (45) qui vérifie la condition initiale-
= YQ' où Xo et Yo. sont situés à l'intérieur du domaine (46). Cette solution
Y (xo)
dépendra de Zo et Yo:
Y = cp (x, zo, Yo}, (47})
26 CH. I. TImORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

et sera définie pour les x assez proches de xo. Modifions un peu la condition ini-
tiale et considérons la nouvelle solution:
y+ = q> (x, Xo, Yo + ~Yo)' (48)
Si ~Yo est assez pètit en valeur absolue, alors les solutions (47) et (48) existent
.dans un certain voisinage de x = Xo'
De l'équation (45), il s'ensuit que

d(~:-Y)=f(X, y+)-f(x, y),

.et cette équation peut être mise sous la forme

(49)

-où
a (x ~y)= f (x, y+)- f (x, y) (50)
\, 0 y+- Y •

()n admet que cette relation est une fonction connue de x et ~Yo' puisque les
solutions (47) et (48) le sont aussi. Il est immédiat de voir que la fonction
a(x, ~Yo) est une fonction continue en ses arguments. Ceci est évident pour les
valeurs de x et de ~Yo pour lesquelles y+ - Y =1= O. Si les fonctions y+ et y ten-
dent vers la même limite y' lorsque x --+ x' et ~Yo --+ a', alors de la condition
d'existence de la dérivée continue il résulte que

f(x, y+2- / (x, y) =fy[x, y+8(Y+-Y)]-+l y (x, y'),


y -y
.autrement dit, la fonction (50) est continue dans ce cas. En divisant les deux
membres de (49) par ~Yo, on obtient une équation différentielle pour le rapport
(y+ - y)/ ~Yo :
d (Y+-Y) y+-y
dx ~Yo = a (x, ~yo)· ~Yo • (51)

Pour x = .1:0' on a y+ Ix=x



= Yo + ~Yo et y Ix=x = Yo, c'est-à-dire que

y+-y 1
=1. (52)
~Yo x=x o
Donc, (y+ - y)/ ~Yoest la solution de l'équation différentielle
du
dx =a (x, ~Yo) u, (53)

-qui vérifie la condition initiale


u 1X=Xo = 1. (54)
Comme le second membre de l'équation (53) est une fonction continue du
paramètre ~Yo pour tous les ~Yo assez proches de 0, la solution u vérifiant la
-condition (54) est aussi une fonction continue de ~Yo et en particulier existe la
limite du rapport mentionné lorsque ~Yo --+ 0, ce qui exprime que la fonction
(47) possède une dérivée partielle q>yO (x, xo, Yo) par rapport à Yo' Cette dérivée
partielle doit être solution de l'équation (53) pour ~Yo = O. Or, en vertu de (50),
-on a a (x, 0) = 111 [x, q> (x, xo, Yo)]' donc, on peut affirmer que la dérivee
1-1-5. THt:.OR~l\IE AUXILIAIRE 27

partielle <PYe (x. xo, Yo) est la solution de l'équation


du
dx = I y [x, <P (z, xo, Yu)] u. (55)

qui vérifie la condition (54). Le second membre de l'équation (55) étant une
fonction continue en ses arguments Xo et Yo. on peut grâce au lemme affirmer que
la dérivée partielle <Py (x. xo. Yo) est une fonction continue en ses arguments,
Ce qui démontre le théorème,
. Rem a r que 1. On démontrerait mutatis mutandis que la fonction (47)
possède une dérivée partielle continue <Px (x. xo. Yo) qui est la solution de l'é-
quation (55) qui vérifie la condition iniiiaie .
u 1X=Xo = - 1 (xo. Yo)'
On obtient immédiatement cette condition initiale en mettant l'équation
(45) avec la condition initiale y (xo) = Yo sous forme de l'équation intégrale
(tome II. [11-3-2]):
x

Y=Yo+ ) f (x. y) dx.


Xo

Une dérivation des deux membres par rapport à Xo nous donne la condition
initiale ci-dessus pour u = <Pxo (x. xo. Yo)'
Rem a r que 2. La démonstration précédente est valable pour le système
d'équations (5), Soit la solution de ce système:
Yk = <Pk (x, xo. yY. ' ..• Y7&) (k = 1, 2•. , " n). (56)
En donnant à lIî un accroissement L\Yt on obtient la nouvelle solution
Y"k = <Pk (x, xo• yy, •.. , Y~-1' y~+L\y? Y~+1' •. :, ylh)·
Ecrivons le système (5) pour Yh et Yt, retranchons terme à terme et mettons les
seconds membres obtenus sous la forme
Ih (x. Yt. ' , " y~) - th (x. YI' • , .• Yn) =
= (th (x. Yt. yr, y1iJ - h (x. YI' Yt. yi•.. '. Yit)) +
Yà, ' , .,
+ [h (x. YI' y;t. y~, •• " Y1i) - Ih (x, YI' Y2. Yâ • • , " y~)) + ' ,,
,,,+ [fk (x. YI' Y2. ' , " Yn-l' y~) - Ih (x, YI' Y2' • , '. !Jn-l' Yn)].
On obtient pour les rapports Uk = (Yt. - Yk)/ L\y~ le système d'équations
linéaires suivant:


hdx, Yn ••. , Yi-17 yi. "0' y1i)-/k(X. YI' ... , Yi-l. lib Yj+l' ...• y;t)
Gltj= ---------'---~-__:;:-----------.:.....:....:----
Yi-Yi
avec les conditions initiales
uklx=x o =0 (k =f=. i); utlx=x. .=1. (57)
. . •
28 CH. I. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

La suite de la démonstration est la même que pour une seule équation. et


l'on s'assure que les fonctions (56) possèdent des dérivées partielles continues.
par rapport à yf. Au lieu de l'équati0I.l (55), on obtient pour ces dérivées partiel-
les le système d'équations
n
dUh . ' ~l afh (X,'Yl' ... , Yn) u. (58)
dx.LJ aYi 1
1=1
dans les coefficients duquel il faut remplacer Yh par les fonctions (56). Les condi-
tions initiales seront encore définies par les formules (57). A noter qu'on aurait
pu obtenir directement le système (58) en portant les fonctions (56) dans les
équations (5) et en dérivant les deux membres par rapport à yf. Mais on ne peut
sans démonstration préalable affirmer l'existence de la dérivée partielle par
rapport à y<~) de même qu'on ne peut en toute rigueur changer l'ordre de dériva-
tion par rapport à x et à y<~) dans le second membre. A noter encore que dans le
cas d'une seme équation, l'équation linéaire sans second membre (55) s'intègre
en termes finis. . '
Rem a r que 3. Si les seconds membres th des équations (5) possè den
sous les conditions (6) des dérivées partielles par rapport à Ys jusqu'à un ordre m
continues, alors il en est de même des fonctions CJ'h (x, Xo, y<ï>, ••• , y<l» par
rapport à y<g>. Si th possèdent une dérivée partielle par rapport à x continue,
alors de l'équation (5) il s'ensuit que «Ph admettront des dérivées premières et
secondes par rapport à x continues.
1-1-6. Equations non linéaires du premier ordre. Nous passons
à l'étude des équations aux dérivées partielles du premier ordre
dans le cas général. Comme pour les équations linéaires envisagées
précédemment, nous commencerons par le cas de deux variables
indépendantes. Une équation aux dérivées partielles du premier
ordre pour une fonction de deux variables indépendantes est de la
forme
F (x, y, u, p, q) = O. (59)
Voyons quelle est la signification géométrique de cette équation.
En tout point (x, y, u), l'équation (59) est une relation entre p et q,
c'est-à-dire une relation entre les cosinus directeurs de la normale
à une surface u = u (x, y). Les normales vérifiant cette relation
forment une,surface conique de sommet (x, y, u). Les plans passant
par le point (x, y, u) perpendiculairement aux génératrices de ce
cône figurent toutes les positions possibles du plan tangent en
(x, y, u) aux surfaces intégrales cherchées. Tout comme la famille
des normales génératrices du cône, cette famille de plans dépendra
d'un seul paramètre. L'enveloppe de cette famille de plans est un
cône que l'on appellera cône T. L'équation (59) équivaut donc à la
donnée d'un cône T en chaque point de l'espace, quant à la surface
intégrale de l'équation (59), elle doit être telle que le plan tangent
en-l'un quelconque de ses points soit tangent au cône T correspon-
dant à ce point.
Composons les équations des génératrices du cône T en un point
donné (x, y, u). Soient p et q des fonctions d'un paramètre a véri-
'1-1':6: ":mQUATIONS NON LIN:eAIRES DU PREMIER ORDRE 29

fiant l'équatio-n (59) au point (x, y, u). Le cône est l'enveloppe de


la famille de plans:
p (a) (X - x) + q (a) (Y - y) - (U - u) = O. (60)
En dérivant par rapport à a, on obtient l'équation auxiliaire

~~ (X - x) + :: (Y - y) = O. (61)
En dérivant l'équation (59) par rapport à a, on trouve
p dp +Q~=O (62)
da da '

P = Fp ; Q = F q. (63)
Dans la suite, on admettra que F p et F q ne sont pas simultanément
nulles dans le domaine de variation des variables, c'est-à-dire que
~ + F~ > O. Une exception toutefois, le cas des solutions singu-
lières de l'équation (59). Si l'on admet que ~~ et ~ ne sont
pas simultanément nulles, alors des équations (61) et (62) on déduit
que
X-x Y-y
p - Q .
Enfin, l'équation (60) nous donne l'équation des génératrices
du cône:
X-x Y-y U-u
P Q - pP+qQ· (64)

Pour obtenir les génératrices du cône T, il faut porter dans les dé-
nominateurs les diverses valeurs de p et q vérifiant (59) en (Xi y, u).
Dans le cas de l'équation linéaire (2), nous avions une direc-
tion bien définie en chaque point et le plan tangent aux surfaces
intégrales devait contenir cette direction. Ici, nous avons en cha-
que point non pas une direction, mais un côneT et le plan tangent
aux surfaces intégrales cherchées doit être tangent à ce cône. Nous
ne pouvons donc pas construire directement les courbes caracté-
ristiques pour l'équation non linéaire (59) comme nous l'avons
fait pour l'équation linéaire (2) à l'aide du champ de directions.
Le champ de directions est remplacé ici par un champ de cônes T.
Cependant, nous allons montrer que si l'on connaît une surface
intégrale S: u = u (x, y) de l'équation (59), on peut la recouvrir
de lignes analogues, aux lignes caractéristiques de l'équation linéaire
(2). En effet, tout· plan tangent à la surface intégrale S doit être
tangent au cône T correspondant ,au point de contact et par consé-
quent doit contenir ulie génératl"ice du ,-cône, plus exactement celle
30 CH. 1. TImORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

le long de laquelle il est tangent au cône. Ces génératrices des cônes T


forment un champ de directions sur la surface intégrale S. En inté-
grant l'équation différentielle du premier ordre correspondant à
ce champ, on recouvre S par une famille de lignes l' dépendant d'un
paramètre. Les cosinus directeurs du champ de directions mentionné
doivent être proportionnels aux dénominateurs de l'équation (64),
où p et q se déterminent directement à partir de l'équation de la
surface intégrale S. Donc, le long des lignes l' recouvrant la surface
intégrale S, on doit avoir
dx dy du
P-O= pP+qQ' (65)
ou
dx =p. dy Q du
ds 'ds = ; a:; = pP+qQ. (66)
Pour trouver les lignes l' il suffit d'intégrer l'équation du pre-
mier ordre
dx dy
p=7[; (67)
les dénominateurs P et Q ne dépendent que des variables x et y,
car la fonction u et ses dérivées partielles p et q sont des fonctions
connues de x et y sur S. En intégrant l'équation (67) et en se servant
de l'équation de la surface u = u (x, y), on obtient les lignes l'
cherchées. Les seconds membres des équations (66) n'ont un sens
que si la surface intégrale u = u (x, y) est dûment choisie. La con-
naissance de la surface intégrale nous donne p et q en fonction de
x et y. Nous allons adjoindre au système d'équations (66) deux équa-
tions contenant tes différentielles dp et dq de façon à obtenir un
système d'équations différentielles ne dépendant pas du choix de
la surface intégrale de l'équation (59). Désignons par r, cr et t les dé-
rivées secondes de la fonction u:
r = U xx ; cr = U Xll ; t = u YlI '
et par X, Yet U, les dérivées du premier membre de l'équation (59)
par rapport à x, y et u:
X=F x ; Y=F y ; U=F u '
En dérivant le premier membre de l'équation (55) par rapport à
x et à y, on obtient
X + Up + Pr + Qcr = 0; y + Uq + Pcr + Qt = O.
D'autre part, on a de toute évidence
dp dx dy Q
ds = r ds + cr ds = Pr cr, +
dq =
ds
cr dx
ds
+t dy
ds
= Pcr+Qt.
1-1-6. :eQUATIONS NON L1N:eA1RES DU PREMIER ORDRE 31

De ces équations il s'ensuit immédiatement que


~~ = -(X +Up); ~; = -(y +Uq),
donc, on peut ajouter les deux dernières équations aux équations
(66) et obtenir ainsi un système de cinq équations différentielles à
cinq fonctions du paramètre auxiliaire s:
dx _ p . dy _ Q . du _ p + Q'
(lS- ,a;s- '(I;"-P q,
(68)
:=-(X+Up); ~;=-(Y+Uq).
On peut donc affirmer que les équations (68) sont réalisées sur toute
surface intégrale le long de toute ligne l'. Le système d'équations
différentielles (68) peut être considéré en soi, indépendamment des
surfaces intégrales de l'équation (59). On l'appelle système caracté-
ristique de l'équation (59).
Signalons que pour déduire les équations (68) on s'est servi des
dérivées secondes de la fonction u. De plus il est essentiel que lors
de l'intégration de (68) les seconds membres possèdent des dérivées
premières continues. Formulons le résultat obtenu en tenant compte
de tout ce qui vient d'être dit. Soit u (x, y) une solution de l'équa-
tion (59) possédant des dérivées premières et secondes continues
dans un voisinage d'un point (x o' Yo)' Posons U o = u (xo, Yo),.
Po = U x (x o' Yo), qo = u y (x o' Yo)· Nous admettons que la fonction
F (x, y, u, P, q) est continue et possède des dérivées premières et
secondes continues dans un voisinage de (x o, Yo, u o, Po, qo). Sous
ces cOJlditions le système (68) possède une solution
Xo (s), Yo (s), U o (s), Po (s), qo (s)
vérifiant les conditions initiales (xo' Yo, u o, Po, qo) pour s = O~
Des raisonnements précédents, il s'ensuit que la surface intégrale
U = u (x, y) contient la solution du système (68) pour tous les s
assez proches de 0, autrement dit
U o (s) = U [x o (s), Yo (s)]; Po (s) = U x [xo (s), Yo (s)] ;
qo (s) = u y [x o (s), Yo (s)J~
Comme déjà indiqué plus haut, le système (68) peut être considéré
en soi, indépendamment de l'équation (59), comme un système du
premier ordre pour des fonctions de (x, y, u, p, q). Il est immédiat
de vérifier qu'il admet pour solution
F (x, y, Ut Pt q) = C. (69)
En eff et, en dérivant le premier membre de (69) par rapport à s et
de par les équations (68), on obtient
dF
~==XP+ YQ+U (pP+qQ)-P (X +Up)-Q (Y +Uq) ==0.
~2 CH. 1. THEORIE DES EQUATIONS AUX DERIVEES PARTIELLES

1-1-7. Variétés caractéristiques. Toute solution du système (68)


est constituée de cinq fonctions du paramètre auxiliaire s:
x (S), y (S), U (S), P (S), q (s). (70)

Nous allons distinguer uniquement les solutions du système qui,
portées dans l'intégrale (69), annulent la constante C. Appelons ces
solutions bandes caractéristiques de l'équation (59), autrement dit,
on appelle bande caractéristique de l'équation (59) un système de fonc-
tions (70) vérifiant le système (68) et la relation
F (x, y, u, p, q) = O. (71)
Les trois premières fonctions (70) définissent une courbe gauche,
Jes deux dernières, un plan tangent à cette courbe. Toute courbe
gauche appartenant à une bande caractéristique s'appelle courbe
.caractéristique de l'équation (59). Dans le paragraphe précédent,
on a montré que toute surface intégrale peut être recouverte par des
handes caractéristiques, donc par des courbes caractéristiques. Si
l'on prend un point (x o' Yo, ua) sur une surface intégrale, alors en
vertu du théorème d'existence et d' unicité, le système (68) définit
une seule bande caractéristique vérifiant la condition initiale. x =
= x o, y = Yo, u = ua' P = Po, q = qo (Po et qo sont les valeurs de p
~t de q au point (x o, Yo, ua»~ et cette bande doit entièrement appar-
tenir à la surface intégrale considérée. En d'autres termes, si une
bande caractéristique possède un élément en commun avec une surface
intégrale, alors elle est entièrement contenue dans cette surface. De
cette assertion il résulte aussitôt que si deux surfaces intégrales sont
tangentes en un point, c'est-à-dire ont les éléments p et q en commun
en ce point, alors la bande caractéristique correspondant à ces va-
leurs initiales appartient à ces deux surfaces intégrales. Autrement
dit, si deux surfaces intégrales sont tangentes en un point (x o' Yo, uo),
alors elles seront tangentes le long de la bande caractéristique qui vérifie
les conditions initiales x = xo, y = Yo, u = ua' P = Po, q = qo. On
admet bien sûr que les surfaces intégrales et la fonction F satisfont
les conditions mentionnées dans le paragraphe précédent et que
tous ces raisonnements sont valables au voisinage d'un point (xo' Yo).
Signalons encore que pour qu'une solution du système (68)
vérifie la relation (71), c'est-à-dire soit bande caractéristique, il
suffit, en vertu de (69), de s'assurer que cette relation est vérifiée
par les valeurs initiales de cette solution, Le.
F (x o, Yo, ua' Po, qo) = O. (72)
1-1-8. Méthode de Cauchy. Nous avons étudié le lien existant entre
le système (68) et l'équation (59). Nous avons vu en particulier que
toute surface intégrale est une famille de bandes caractéristiques dé-
pendant d'un paramètre. ,Supposons maintenant que nous avons
réussi à intégrer le 'système (68),' donc que 'nous connaissons toutes
1-1-8. M~THODE DE CAUCHY 33

les bandes caractéristiques. Montrons comment il est possible de


construire les surfaces intégrales de l'équation (59) à partir de ces
caractéristiques. Nous admettons que la solution du système (68)
est exprimée en fonction du paramètre s et des valeurs initial~s des
fonctions du système:
x=x(s, x o, Yo, u o, Po, qo),
y = y (s, x o, Yo, u o, Po, qo),
u = u ( . . . . . . . • • . . .), (73)
P = P ( . . • • • • • • • • • .),
q=q( • . . • • • • • • • • •).
Pour obtenir la famille des bandes caractéristiques, on admettra que
les valeurs initiales (x o' Yo, uo, Po, qo) sont fonctions d'un para-
mètre t:
Xo (t), Yo (t), u o (t), Po (t), qo (t), (74)
et vérifient la relation (72). On admet de plus qu'elles possèdent
des dérivées continues pour t E ]to, t I [ et que les seconds membres
des équations (68) ont des dérivées continues par rapport à (x, y,
u, p, q) dans un domaine contenant la variété (74) en son intérieur.
On a vu au numéro précédent que la relation (71) sera satisfaite
pour toute valeur de s.
En portant les fonctions (74) dans les seconds membres des for-
mules (73), on obtient
x = x (s, t), y = y (s, t), u = u (s, t) (75)
P = P (s, t), q = q (s, t). (76)
Les équations (75) sont les équations paramétriques d'une surface.
Si le déterminant
~ = XsYt - XtY~ (77)
est différent de 0, ce que nous admettrons dans la suite, alors- de
même que pour l'équation linéaire on peut déterminer l'équation
explicite u = u (x, y) de cette surface. L'équation (71), ainsi qu'on
l'a vu plus haut, sera vérifiée mais l'on ne sait pas si les fonctions
p et q définies par les formules (75) seront ou non les dérivées par-
tielles de la fonction u (x, y) par rapport à x et à y. Si ceci a lieu,
une dérivation de la fonction u (x, y) par rapport à s et t nous donne
au ôx ay au ax lJy
âs - Pas - q-as = 0, fit- P fit - q fit=O. (78)
Comme le déterminant d'ordre deux formé avec les coefficients en
p et q est par hypothèse différent de 0, on peut affirmer qu'inverse-
ment, si p et q définies par les formules (76) vérifient les relations
(78), alors elles sont les dérivées partielles de u (x, y) par rapport à
3-01017
34 CH. 1. THeORIE DES 1:QUATIONS AUX D1:RIV1:ES PARTIELLES

x et à y. La première relation (78) découle immédiatement des trois


premières équations du système (68). Il reste seulement à définir
sous quelles conditions sera réalisée la deuxième relation (78). On.
admet que F (x, y, u, p, q) possède des dérivées premières et secon-
des au voisinage de (x o' Yo, u o, Po, qo)' Cela étant, les seconds membres.
des équations (68) possèdent des dérivées premières continues et
ces équations nous disent d'autre part que x s , Ys et Us ont des dérivées.
continues par rapport à t, c'est-à-dire que les dérivées Xst, Yst et Ust:
existent et sont continues. Il ,eo est de même des dérivées Xts, Y ts et
Uts et de plus Xst = Xts, Yst = Yts, Ust = Uts' En effet, ceci résulte'
du fait que si une fonction f (x, y) possède dans un domaine une·
dérivée f xy continue, alors la dérivée f yx existe aussi et f yx = f xy'
Ce théorème peut être prouvé en modifiant légèrement les raisonne-
ments du (tome l, lV-1-5l) (cf. par exemple G. F i k h t e n g olt z~
Cours de calcul différentiel et intégral, t. 1. Naouka, 1970 (en russe)).
En désignant par L le premier membre de la deuxième équation.
(78) et en dérivant par rapport à s, on obtient

aL a2 u (j'l.y
- ôp (Jx ôq ôy
f)2 x
ôs = ôt ôs - P ôt as - q ôt ôs --
ôs ôt - ôs
-- dt • ,

Par ailleurs, en dérivant par rapport à t la première relation.


(78), qui, on l'a vu, est réalisée, on obtient

0= ô2 u _ P â2 x a2 y _ â p âx _.!..!L ây
âs ât âs at - q as at at as at as'

En retranchant terme à terme les daux dernières équations,.


aL
on peut mettre 7ii'" sous la forme
aL _ ap ax + aq ay op ax aq ay
a;- - 7 f t 7h 7ft as - as at - as 7ft '
ou, compte tenu du système (68),
aL_ ap Q aq ax ay
--a;-- p 7 f t - at +(X +Up) 7ft +(Y +Uq) at .

Une dérivation par rapport à t de la relation (71) qui est vérifiée-


par les fonctions (75) et (76) nous donne
0= X ax
at
+y ay
at
+U au
at
+p ap
at
+ Q aqat .

En retranchant les deux dernières égalités, on obtient pour aL


as
fJ L
--a;-= U ( ax
p 7ft
+ q 7ft
oy au )
-7Ft ou
aL
as
= _ UL '
1-1-9. PROBLÈME DE CAUCHY 35

d'où
~

- S Uds
L=Loe 0

où L o est la valeur du premier membre de ]a deuxième relation


(78) pour s = 0 :
L QUo QXo QYo
0= (j"t"- Po at"- qo fit·
On voit que la relation L = 0 sera réalisée pour tout s si elle l'est
pour s = 0, c"est-à-dire qu'une condition nécessaire et suffisante
pour que la deuxième relation (78) soit réalisée est que les fonctions
(74) vérifient la relation
duo
dt" = Po lIt
dxo + qo dt·
dyo
(79)

On peut donc affirmer que si le déterminant .1 est non nul pour


s = 0 et t = t ' (t ' E ]to' tIl), et si les fonctions (74) vérifient les
relations
F (x , Yo, ua, Po, qo ) = 0 , (duo
o
dx'J
[ t = Po Cit
+ dyo
qo -;It, (80)

alors les équations (75) définissent pour les s et t proches de s = 0 et


de t = t ' une surface intégrale u = u (x, y) de l'équation (59).
Les deux premières équations (75) nous donnent des fonctions con-
tinûment dérivables s (x, y) et t (x, y). En les portant dans u (s, t),
P (s, t). et q (s, t), on obtient des fonctions continûment dérivables
de x et y que nous désignerons par u (x, y), p (x, y) et q (x, y) pour
ne pas introduire de nouvelles notations. Or, p (x, y) = U x (x, y),
q (x, y) = u y (x, y), donc u (x, y) possède des dérivées secondes
continues. Pour la solution obtenue u o (t) = u [x o (t), Yo (t)l pour
s = 0 et t proche de t ' , c'est-à-dire que la surface u = u (x, y) con-
tient une portion de la ligne x = X o (t), y = Yo (t), u = U o (t).
1-1-9. Problème de Cauchy. Le problème de Cauchy pour l'équa-
tion (59) se formule dans les mêmes termes que pour l'équation li-
néaire: on demande de trouver une surface passant par une courbe
donnée l. Traitons d'abord le cas particulier où la courbe donnée
est située dans un plan x = X o parallèle au plan (y, u) et est définie
dans ce plan par l'équation explicite u = '" (y), autrement dit, on
demande de trouver la surface intégrale qui vérifie la condition
suivante:
u Ix= xo = '" (y). (81)
En étudiant le problème de Cauchy on démontrera toujours non
seulement l'existence et l'unicité de la solution, mais aussi la dr-
pendance continue de cette solution par rapport aux conditions ini-
3*
36 CH. I. TH:eORIE DES:eQUATIONS AUX DBRIVBES PARTIELLES

tiales. Soit Ul une solution pour laquelle on remplace 'i' (y) par
'\jJ (y) +
ô (y) dans la condition (Si). La dépendance continue par
rapport aux conditions initiales revient ici à rendre dans un domaine
fini de variation de (x, y) la quantité 1 U - Ul 1 aussi petite que l'on
veut si 1 ô (y) 1 est assez petit. Cette dépendance continue s'appelle
généralement validité du problème de Cauchy. On admettra que l'équa-
tion (59) est écrite sous la forme résolue par rapport à p :
p = f (x, y, u, q). (S2)
De la condition de Cauchy (Si), il résulte immédiatement que pour
paramètre on peut prendre la variable y. L'équation paramétrique
de la courbe l sera alors: x = x o ; y = y; u = 'i' (y). Il nous reste
encore à définir sur cette courbe les fonctions p et q comme des fonc-
tions du paramètre y de telle sorte que soient réalisées les deux
.conditions (SO). Ces conditions s'écrivent ici
(83)

,d 'où l'on voit que Po et qo sont définies de façon unique sur l. On


obtient la solution du problème en appliquant la méthode d~velop­
pée dans)e paragraphe précédent.
Pour que les conditions mentionnées dans le numéro précédent
soient remplies, il faut que la fonction 'i' (y) possède une dérivée
seconde continue. Les conditions imposées à f résultent de celles
imposées à F dans [I-1-S}.
Considérons maintenant une condition initiale plus générale,
plus exactement, exigeons que la surface intégrale passe par la
courbe
x :...- <p (y) ; u = 'i' (y). (84)

Ce problème peut être ramené au précédent par un changement des


variables indépendantes. Posons
x = x' <p (y') ; +
y = y',
et exprimons les dérivées par rapport aux nouvelles variables en
fonction des dérivées par rapport aux anciennes:
ux, = p; u y' = p<p' (y') + q,
. d , ou"
p = U x ' ; q = u y ' - ux,<p' (y'),
et l'équation (59) devient dans les nouvelles variables:
F [x' + <p (y'), y', u, U x', u y' - ux'<p' (y')] = O. (S5)
La ligne (S4) s'écrit dans les nouvelles variables:
x' = 0; u = 'i' (y'),
1-1-10. UNICITg DE LA SOLUTION 31

c'est-à-dire qu'on est conduit à un problème de Cauchy du type


précédent. Sa résolubilité se ramène à celle de l'équation (85) par
rapport à U x '.
Si la courbe l est définie paramétriquement par
x = X o (t) ; Y = Yo (t) ; u = Uo (t),
on doit déterminer les fonctions Po (t) et qo (t) à partir des équations:
F [x o (tl' Yo (t), Uo (~), Po (t), qo ,(t)] = 0,
{ (86)
U o (t) - Po (t) X o (t) - qo (t) Yo (t) = O.

Le jacobien des premiers membres de' ces équations par rapport à


Po et qo, soit
~o = Y~ (t) F po - x~ (t) F qo' (87)
est confondu précisément avec le déterminant (77) pour s = 0, ce
qui résulte immédiatement des deux premières équations du système
(68). On admet que le déterminant (77) est non nul sur l et que le
système (86) nous donne sur l des valeurs bien définies pour Po et qo.
Sous ces conditions, on peut se servir de la méthode développée
dans le numéro précédent pour construire la solution en se souve-

s = °
nant que le jacobien (87) est différent de zéro non seulement pour
mais aussi pour les s proches de O. Pour que les fonctions
Po (t), qo (t) possèdent des dérivées premières continues, il faut
exiger que les fonctions X o (t), Yo (t) et U o (t) en possèdent des secon-
des continues. Ceci ressort de la deuxième équation (86).
1-1-10. Unicité de la solution. En résolvant le problème de Cauchy
on a construit une surface intégrale à l'aide des bandes caractéristi-
ques. L'unicité de la solution découle, de prime abord, directement
du fait que toute surface intégrale peut être recouverte par des bandes
caractéristiques. Mais pour le prouver on a dû admettre que la fonc-
tion u (x, y) possédait des dérivées secondes continues. Sous les
hypothèses faites plus, haut, on a obtenu dans (1-1-9] une solution
dont u (x, y) possédait des dérivées secondes continues. Cependant,
cette démonstration simple de l'unicité ne passe pas si l'on suppose
que u (x, y) admet seulement des dérivées premières continues.
On démontre toutefois sans peine le théorème d'unicité en ad-
mettant seulement l'existence de dérivées premières continues. Nous
le ferons pour l'équation (82) avec la condition de Cauchy (81).
La démonstration repose sur le lemme suivant.
Lem m e. Supposons qu'une fonction u (x, y) continue dans un
triangle ~ fermé limité par les droites
1 1
x=x o ; x - X o= A (y - YI); x- X o= - A (y - Y2) (88)

(YI < Y2)'


38 CH. 1. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV:eES PARTIELLES

est définie et possède des dérivées premières continues pour x > Xo dans
un triangle plus grand limité par les droites
1 1
x=x o ; x-x o=T(Y-Y3); x-xo=-T(Y-Y') (89)
(Y3 < YI < Y2 < y,,).
Supposons d'autre part que
1 U x 1~ A 1 u y 1 +B 1 u l, (90)
sur le triangle D. tout entier privé de la base x = xo, et que
1u (x o, y) I~ M (91)
sur la base x = X o' Sous ces conditions
1u (x, y) 1 ~ MeB(x-xo) , (92)
sur le triangle ~ tout entier.
Commençons par prouver ce lemme pour A = B = 1. Supposons
par absurde qu'il existe dans ~ des points en lesquels 1 u (x, y) 1 >
> Me x - xo • La fonction u (x, y) e Xo - X n'atteint pas alors son maxi-
mum sur la base.
Comme la fonction u (x, y) et ses dérivées ne figurent dans tou-
tes ces conditions que par leurs valeurs absolues, on peut, quitte à
changer le signe de u (x, y), admettre que le produit u (x, y) eXo - X

°
atteint son maximum en dehors de la base de Do. De plus, on peut
fixer un nombre  > aussi petit que l'on veut tel que la fonction
v (x, y) = u (x, y) e-(1+)..)(x- x o> (93)
atteigne son maximum en dehors de la base de ~. Montrons que
cela est impossible. Si ceci a lieu en un point intérieur de Do, alors
V x = Vu = Oencepoint, d'oùu x - (1 + Â) u = 0, u y = O(u>O),
ce qui contredit (90) pour A = B = 1. Si ceci a lieu sur le côté
x - X o = y - YI (mais pas en un sommet de ~), alors Vu ~ Oet en
dérivant le long de ce côté on obtient V x + v y = O. D'où
Uu ~ 0; U x = -ur (1 + +
Â) U (u > 0), (94)
ce qui contredit encore (90) pour A = B = 1. Si ceci a lieu sur le
côté x - Xo = -(y - Y2)' on trouve par analogie Vu ~ 0, V x - v y =
= 0, d'où
u ll ~ 0; U x = u y + (1 + Â) u (u > 0), (95)
ce qui contredit encore (90) pour A = B = 1. Supposons enfin que
la fonction (93) atteint son maximum en un sommet du triangle D.
On a en ce sommet vx~ 0, Le. ux~ (1 + Â) u. Si de plus u y = 0,
on obtient de nouveau une contradiction avec (90). Si u y < 0, en
dérivant le long du côté x - X o = Y - YI' on trouve V x vy ~ 0, +
d'où U y < 0, ux~ -uu + (1 + Â) u, ce qui contredit (90) pour
1-{-1O. UNICIT:€ DE LA SOLUTION 39

A = B = 1. Si enfin u y > 0 au sommet considéré, en dérivant le


long de x - X o = -(y - Y2)' on obtient comme plus haut une
<contradiction. On a donc prouvé le lemme pour A = B = 1. Gé-
néralisons ce lemme. Considérons le triangle de côtés (88) avec les
'Conditions (90) et (91). Le changement de variables x' = Bx, y' =
= ~ y transforme le triangle 6. en un triangle 6. ' de côtés
x' = Bxo ; x' - Bx o = y' - y~; x' - Bxo= - (y' - y~)

(Yh= ~ Yk) ,
la condition (90), en la condition
1 U x' 1~ 1 u y' 1 +1 U l,
.et la condition (91), en la condition similaire 1 U (Bx o, y') 1~ M.
D'après ce qui a été prouvé plus haut, on obtient 1 U (x', y') 1~
~ Me(x' -Bxo) dans 6. ' et en revenant aux anciennes variables, l'iné-
galité (92) dans 6>.
Prouvons maintenant l' unicité de la solution de l' équation (82)
vérifiant la condition (81) et les conditions du lemme. Supposons
-qu'il existe deux solutions UI (x, y) et U 2 (x, y) daus la bande xo~
~ x~ Xl telles que 1 Uk (x, y) 1 et 1 Uky (x, y) l, k = 1, 2, soient
inférieures à un nombre Ml' S'agissant de f (x, y, U, q), on admettra
~eulement que quels que soient (x, y) de cette bande et Uk, qk, k =
= 1, 2, inférieures en module à Ml' on a
J f (x, y, U2' q2) - f (x, y, U I , ql) I~
~ B 1 U 2 - UI 1 A 1 q2 - . ql l, +
tOù A et B sont des constantes. En retranchant l' équ~tion (82) pour
.u1 (x, y) de l'équation (82) pour U 2 (x, y) et en utilisant l'inégalité
précédente, on obtient
1 (u 2 - UI)X A 1 (u 2 - UI}Y 1 + B 1 U2 - . UI 1·
1~
En appliquant le lemme à la différence U 2 - u l et en tenant compte
du fait que cette différence s'annule pour x = X o (Le. M = 0), on
voit sur (92) que U 2 (x, y) - u i (x, y) = 0 dans tout triangle 6,
~e qui prouve l'unicité de la solution. Le cas général de l'équation
(59) avec des conditions initiales supportées par une courbe quel-
-conque se ramène au cas étudié plus haut par un changement de va-
riables et par la résolution de l'équation différentielle par rapport
-il l'une des dérivées (cf. [1-1-9]).
Considérons maintenant dans le triangle b. deux solutions
.ul (x, y) et U 2 (x, y) de l'équation (82) vérifiant des conditions
initiales distinctes:
ull X=2:o = "i'1 (y); u 2 1:x.=2:o = "i'2 (y).
40 CH. I. TlmORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

En appliquant le lemme à la différence U2 - u 1 , on obtient l'inéga-


lité suivante dans le triangle t::.. :
lu 2 (x, y)-u1(x, y)l~ max 1'I'2(Y)-'I'1(Y)le B(X-xo).
Yl~Y~YJ

Cette inégalité prouve la dépendance continue de la solution par


rapport aux conditions initiales '1' (y) figurant dans la formule (81).
Le problème de Cauchy appelle encore une remarque. Si la fonc-
tion'l' (y) ne possède pas de dérivée seconde continue, l'application
de la méthode de Cauchy peut conduire à une surface u = u (x, y)
telle que u (x, y) n'ait pas de dérivée. On démontre que dans ce
cas le problème ne possède pas de solution dont la dérivée soit con-
tinue (A. H a a r, Acta Szeged, 1928, 4, nO 2). Une démonstration
du lemme dans un cas plus gén~ral et ses applications à la démons-
tration des théorèmes d'unicité pour les équations aux dérivées par-
tielles sont acc~ssibles dans l'article: A. M y c h k i s, Unicité de
la solution du problème de Cauchy. UMN, 1948, 3, nO 2.
1-1-11. Cas singulier. Soit donnée une bande vérifiant les deux
relations (80) et telle que le jacobien (87) y soit nul: .
â o =xsYt -XtYsls=o = y~ (t) Fpo-x~ (t) Fqo =0. (96)
Supposons qu'il existe une surface intégrale u = u (x, y) passant.
par cette bande et telle que u (x, y) possède des dérivées premières
et secondes continues. Si F Po et F q,) ne sont pas simultanément nul-
les, alors de (96) et de la deuxième relation (80), on déduit que la
bande vérifie les équations (66) dans lesquelles il faut remplacer s
par t. Les calculs effectués dans (1-1-6] montrent alors que la bande
vérifie toutes les équations (68), c'est-à-dire est une bande caracté-
ristique. Donc, si sous les conditions (96) il existe une surface intégrale
contenant la bande donnée, alors celle-ci est une bande caractéristique
(on admet que F Po et F qo ne sont pas simultanément nulles). En outre,.
comme dans le cas d'une équation linéaire, par cette bande il peut
passer une infinité de surfaces intégrales. Il faut mener une bande
fi} qui possède en commun avec la bande (74) un point (x o' Yo, u o)

et les valeurs de Po et qo en (x o' Yo, uo) et de plus qui soit telle que
le déterminant (87) ne s'y annule pas. Sous certaines conditions
il passe par cette bande une surface intégrale qui contiendra la bande
(74), car elle contient son élément initial. La bande fi} étant arbi-
traire, le problème admet une infinité de solutions.
Si .1 0 = 0 sur la bande donnée, mais que cette bande ne soit
pas caractéristique, alors le problème n'admet pas de solution dans
la classe des fonctions u (x, y) dont les dérivées premières et secondes
sont continues. Il est possible que la courbe l soit singulière pour
la surface intégrale. A noter que lorsqu'on a appliqué la méthode
de Cauchy, on s'est servi des dérivées secondes de la fonction u (x, y).
1-1-11. CAS SINGULIER

Si l'égalité (96) est réalisée et si la bande n'est pas caractéristique,._


alors seules les trois premières équations du système (68) sont satis-
faites sur cette bande. Nous glisserons sur la démonstration des;
propositions formulées ci-dessus.
Les raisonnements précédents admettent une signification géo-
métrique simple. Si une courbe l nous est donnée, alors la première,
des conditions (80) nous dit que le plan défini par Po (t) et qo (t)
doit être tangent au cône T le long de l et la deuxième condition,
que le vecteur tangent à l doit être situé dans ce plan. Si l'on
considère l'équation (64) des génératrices du cône, on cons-
tate que la condition .1 0 =F 0 traduit le fait que les tangentes à r
ne sont pas confondues avec les génératrices du cône T. Résoudre'
le système d'équations (86) par rapport à Po (t) et qo (t) revient à.
mener un plan tangent au cône et contenant une tangente à l. Sup-
posons que l'on peut mener par les tangentes à l des plans qui sont-
tangents à T et qui varient continûment le long de l (Po (t) et qo (t)
doivent posséder des dérivées continues).
On prolonge ainsi la courbe l à une bande. En prenant cette··
bande pour conditions initiales dans (73), on obtient une surface-
intégrale. Si les tangentes à l sont des génératrices des cônes T,.-
alors en menant un plan tangent au cône le long de la génératrice-
correspondante, on obtiendra les valeurs de Po et qo le long de T.
La bande ainsi obtenue peut être une bande caractéristique. Dans-
ce cas le problème possède une infinité de solutions. Il suffit de
couper la courbe l par une autre courbe II telle que la tangente à II
au point d'intersection M de l et de II soit coplanaire mais non con-
fondue avec la tangente à l en M et telle qu'aucune tangente à II
ne soit confondue avec une génératrice de T. La surface intégrale·
passant par II contiendra aussi l. Il est possible enfin que les tan--
gentes à la courbe l soient des génératrices des cônes T sans que-
cette courbe soit une caractéristique, autrement dit, le prolonge-
ment de cette courbe à une bande par la méthode indiquée n'est pas-
une bande caractéristique. Dans ce cas on peut à partir de chaque-
point de l mener une bande caractéristique si l'on connaît les valeurs-
initiales (x o' Yo, uo, Po, qo)' Si ces bandes caractéristiques for-
ment une surface intégrale d'équation u = u (x, y), alors la courbe'
l est une courbe singulière de cette surface. Ces raisonnements n'ont
qu'une valeur illustrative.
Signalons un type important de surfaces intégrales de l'équa--
tion (59). Fixons un point (x o' Yo, uo). La deuxième relation (SO}
sera alors vérifiée pour toutes valeurs de Po et qo, puisque toutes.
les dérivées figurant dans cette relation sont identiquement nulles.
On obtient une première relation (80) qui nous donnera en général
une infinité de valeurs pour Po et qo' Ce seront justement les valeurs
de Po et qo qui définissent toutes les positions possibles du plan.
tangent au point fixe (x o' Yo, u o). On peut comme plus haut admet~-
·42 CH. I. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX Dl!':RIVl!':ES PARTIELLES

tre que Po (t) et qo (t) sont fonctions d'un paramètre t. En portant


les valeurs fixes (x o' Yo, u o) et les expressions de Po (t) et qo (t) dans
la formule (73), on obtient une surface intégrale de l'équation (59)
·qui a la forme d'une surface conique de sommet (x o, Yo, u o). Cette
.surface sera engendrée par des génératrices curvilignes qui seront
tangentes en (x o' Yo, u o) aux génératrices du cône T. Cette surface
.s'appelle conoïde intégral de l'équation (59) de sommet (x o, Yo, u o).
On démontre que le problème de Cauchy se ramène à la construction
.suivante. On trace les conoïdes intégraux dont les sommets sont
les points de la courbe l et on prend leur enveloppe. Tout ce qui
vient d'être dit doit bien sûr être rigoureusement prouvé, mais nous
ne nous attarderons pas sur ces démonstrations.
1-1-12. Cas d'un nombre quelconque de variables indépendantes.
Etudions l'équation du premier ordre
(97)
pour un nombre quelconque n de variables indépendantes.
La méthode de Cauchy d'intégration d'une telle équation est
.-calquée sur le cas de deux variables indépendantes. On se limitera
-donc à l'indication des résultats. Le système caractéristique corres-
pondant à l'équation (97) est de la forme
dXl dXn du dPI
-p;- = ... - -p;;- - PIPI + ... + PnPn -- -('\1 +
UPI) - •••

••• - -(X~~Upn) =ds (Xk=F xk ; Pk=F pk ; U=F u ). (98)


Indiquons comment on obtient formellement le système (98). Soit
.lJ, = u (Xl' ••• , Xn ) une solution de l'équation (97) possédant des
..dérivées premières et secondes continues. Il est évident que X'u
Pk et U sont des fonctions de (Xl' •.. , x n ).
Ecrivons le système d'équations du premier ordre
dXk - P k
dS- 1
(k =, ... , n ) ,
-.où s est une variable auxiliaire. En portant les solutions de ce système
dans l'équation u = u (Xl' ••. , x n ) et en dérivant par rapport à s,
.-.on trouve

.De façon analogue


n
d%sk = ~ UXkXiPi'
i=1
1-1-12. CAS D'UN NOMBRE QUELCONQUE DE VARIABLES 43

Une dérivation de (97) par rapport à Xk nous donne


n n
Xk+UPk+ ~ Pi ::~ =Xk+UPk+ ~ UXkXiPi=O• .
i=l i=l

Ces égalités en traînent

On a donc obtenu toutes les équations du système (98). Etudions ce


système plus en détail par rapport aux fonctions Xk, U et Pik de la
variable auxiliaire s.
Il admet l'intégrale évidente
F (Xl' .•. , Xn , U, Pl' ... , Pn) = C.
Supposons qu'on a réussi à intégrer le système indiqué:
Xk = X k(s, lO )
xk , plO»)
u(O) , k ,

- U (s , k
U - x IO ,
) u(O) , plO»)
k, (99)
{
Pk-- P k (s , XIO)
k , u(O) , plO»)
k,

OÙ XkO l , u(O), PkO l sont les valeurs des fonctions pour s = O. On ad-
mettra que ces valeurs initiales dépendent de (n - 1) paramètres:

En portant (100) dans (99), on obtiendra pour Xk et u des expres-


sions qui dépendront de n paramètres. Le déterminant fonctionnel
t1= D(Xl' xn) "'1

D (s, tl' ... , t n - l )


peut, en vertu des premières équations du système, être mis sous
la forme
.. " P n
8xn
.. " at;"
(101)

, ... ,
Si ce déterminant est différent de zéro au voisinage de s = 0, alors
les équations (100) définissent une surface U = U (Xl' ... , x n ).
Pour que cette surface soit une surface intégrale de l'équation (97),
il est nécessaire et suffisant que les fonctions (100) vérifient les n
44 CH. I. THÉORIE DES ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES

relations suivantes:
F (x l ' · · · ' xrO) u<O) 0
, Pl , ... , Pn = ,
(0) (0))
(O)
n, (102)
n
{) U (0) {)x IO )
~ (0) s
{)t. = LJ Ps {)t· (j=1, 2, ... , n-1). (103)
} s=1 }

Le problème de Cauchy consiste à chercher une surface intégrale


de l'équation (97) contenant une variété à (n - 1) dimensions don-
née:

On admet que cette variété est prolongée en une variété (100) de telle-
sorte que soient vérifiées les relations (102) et (103). Si dans ces~
conditions le déterminant (101) est différent de zéro sur une telle-
variété, alors la méthode exposée précédemment nous donne la
solution du problème de Cauchy et cette solution est unique.
Comme dans le cas de deux variables indépendantes, on peut
construire un conoïde intégral de l' équation (97) en fixant un point
(x~O), x~O), u(O») et en choisissant p~O), ... , p~) comme des fonc-
tions de (n - 1) paramètres de telle sorte que la relation (102)
soit satisfaite.
Si l' équation est résolue en Pl:
(104)

et si la condition initiale est de la forme :


uIXI=x(0)
l
= 1J' (x 2 , ••• , Xn) (105)
alors le problème de Cauchy possède une solution unique.
Nous n'exhibons pas ici toutes les conditions de continuité et d'existence
des dérivées de 1 et de 'P. Il faut procéder comme pour n = 2. Pour l'équation
(104) avec la condition initiale (105), on peut, en assujettissant 1 et '\jJ à des con-
ditions bien définies, déterminer le domaine dans lequel existe la surface inté-
grale. Supposons que la fonction 1 est continue avec ses dérivées I Xk ' f pk et.
lu (k = 2, .. " n) pour 1 Xl - x(~) 1 ~ a et xk' Pk et u arbitraires. Supposons
par ailleurs que ces dérivées possèdent à leur tour des dérivées par rapport à X1l"
Xk' u et Pk continues et que les dérivées lx!, IXk,lu,lpk' I xkXI ' f XkU ' f XkPI ' f uu ,.
luP ' f pkPI sont bornées en valeur absolue par un nombre A pour les valeurs
k
indiquées des arguments. Supposons enfin que 'P (X2' ••• , x n ) admet des déri-
vées premières et secondes continues et que
n
11Pxkl+LJ l'i'xkxil~B (k=2, ... , n).
i=2
Sous ces conditions l'équation (104) possède une solution bicontinûment dériva-
ble vérifiant la condition (105) dans le domaine 1 Xl - xCî) 1 ~ a. quels que soient
1-1-13. INTEGRALES COMPLÈTE, GENERALE ET SINGULIÈRE 45

:Eh (k - 2, ... ; n), où ex. ~ a et


1 [ ln 3 ]
ex. < A ln 1 + 2 (n-1) (B+1)
tcf. E. K a ID k e. Math. Z., 1943, 49, nO 3].
1-1-13. Intégrales complète, générale et singulière. Dans ce para-
graphe et dans les suivants on indique une autre méthode d'intégra-
tion de l'équation
F (x, y, u, p, q) = 0 (106)
et notamment de résolution du problème de Cauchy. Cette méthode
-donne plus facilement la solution dans certains exemples. En expo-
.sant la méthode de Cauchy nous avons établi ses conditions d'appli-
~abilité ainsi que les conditions d'existence et d' unicité de la solu-
tion du problème de Cauchy. Nous allons nous attacher maintenant
.essentiellement à l'aspect formel du problème en utilisant largement
la théorie des enveloppes d'une famille de surfaces dépendant d'un
{lU de deux paramètres.
La méthode de Cauchy d'intégration de l'équation (106) implique
l'intégration complète du système d'équations ordinaires corres-
pondant:
dx dy du dp dq
P - Q - pP+qQ -(X+Up) -(Y+Uq)' (107)
Nous allons montrer que l'intégration de l'équation (106) n'exige
que la connaissance d'une solution de cette équation dépendant
de deux constantes arbitraires. Supposons que cette solution est:
u = cp (x, y, a, b), (108)
où a et b sont des constantes arbitraires. Les dérivées partielles p
et q sont données par les formules:
p = CPx (x, y, a, b); q = CPll (x, y, a, b) (109)
.et l'on obtient ainsi la relation
F lx, y, cp (x, y, a, b), CPx (x, y, a, b), <Pli (x, y, a, b)] = 0 (110)
qui doit être réalisée par rapport à (x, y) et par rapport à (a, b).
Admettons que les constantes a et b peuvent être éliminées entre
les relations (108) et (109) et que cette élimination nous conduit à
l'équation (106). Dans ce cas, la solution (108) de l'équation (106)
s'appellera intégrale complète de cette équation. Il est immédiat
d'obtenir les autres solutions de cette équation à partir de l'inté-
grale complète. Supposons que dans la formule (108) la constante b
est fonction de a, Le. b = w (a). On obtient ainsi une famille de
surfaces intégrales dépendant d'un seul paramètre:
u = <P lx, y, a, w (a)J. (111)
46 CH. 1. THnORIE DES nQUATIONS AUX DnRIVnES PARTIELLES

L'enveloppe de cette famille qui s'obtient par élimination de a


entre l'équation (111) et l'équation
cra lx, y, a, w (a)l+ CPb lx, y, a, w (a)l w' (a) = 0, (112}
aura le long de la ligne de tangence à la surface enveloppée les mêmes:
p et q que cette surface, donc cette enveloppe sera aussi surface·
intégrale de l'équation (106). L'ensemble de ces surfaces intégrales
forme l'intégrale générale de l'équation (106) quelle que soit la fonc-
tion arbitraire w (a). Cette intégrale, on le voit, contient la fonc-
tion arbitraire w (a). On peut ensuite construire l'enveloppe de la
famille de surfaces intégrales (108), dépendant des deux paramètres
a et b. Ceci nous amène à éliminer a et b entre l'équation (108) et les
équations
CPa (x, y, a, b) = 0; CPb (x, y, a, b) = O. (113)
La surface intégrale obtenue ne contient aucun élément arbitraire
et s'appelle généralement intégrale singulière de l'équation (106).
On admet bien sûr que toutes les éliminations mentionnées sont
possibles et nous conduisent à des fonctions possédant des dérivées
continues.
On peut obtenir aussi les intégrales générale et singulière par la
méthode de variation des constantes arbitraires. On cherchera la
solution de l'équation (106) sous la forme (108), en admettant que
a et b sont des fonctions inconnues de (x, y). Au lieu des formules
(109) on se servira des formules suivantes pour calculer les dérivét's
partielles de la fonction u:
p = CPx + cpaa x + cp bb x ; q = CPy + cpaa u + cp bby.
Si nous imposons aux fonctions a et b de vérifier les relations:
+
cpaa x cp bb x = 0; cpaa u+ cp bb y = 0, (114)
alors les expressions des dérivées partielles ne changeront pas et la
fonction (108) définira comme précédemment une surface intégrale.
Tout se ramène à l'étude des équations (114). Ces équations possè-
dent les solutions évidentes: a = const et b = const. On obtient
ainsi une intégrale complète. Si a et b satisfont les relations
CPa = 0; cp b = 0,
on obtient une autre solution évidente qui est une intégrale singu-
lière. Si l'une au moins de ces égalités n'est pas vérifiée, le détermi-
nant du système (114) qui est homogène par rapport à CPa et CPb doit
s'annuler:
a x , bx
b :=0.
ay, y
On admet que a et b ne sont pas simultanément constantes. Le-
fait que ce déterminant soit nul nous donne une relation entre a et b
1-1-14. INT~GRALE COMPL~TE ET PROBL~ME DE CAUCHY 47

(tome III l , (I-2-11 J). On suppose que cette relation est de la forme-
b = û) (a). Les équations (114) se ramènent à une seule équation
de la forme
(fla + (flbÛ)' (a) = 0,

et l'on obtient l'intégrale générale. On démontre que moyennant


certaines conditions, l'équation (106) n'admet pas de solutions autres,
que celles indiquées plus haut. En fait, cela revient à dire que la
connaissance d'une intégrale complète nous permet de résoudre·
le problème de Cauchy.
1-1-14. Intégrale complète et problème de Cauchy. Montrons main-
tenant comment le problème de Cauchy se résout à l'aide d'une inté-
grale complète. Soit à trouver la surface intégrale qui passe par la
courbe
x = x (t); Y = Y (t); U = u (t). (115)-
Le problème consiste à trouver dans l'intégrale générale défini&·
par (111) et (112) une fonction b = û) (a) telle que la surface inté-
grale obtenue passe par la courbe (115). Voyons préalablement une-
propriété de l'enveloppe. Soit donnée une famille de surfaces à un,
paramètre:
'P (x, y, u, a) = O. (116)·
Supposons que par tout point M de la courbe (115) il passe une sur-
face de la famille (116) et que le plan tangent à cette surface en M
contient la tangente à la courbe (115) en M. Montrons que dans ce-
cas l'enveloppe de la famille (116) contient la courbe (115). En
effet, par hypothèse
1f' [x (t), y (t), u (t), al = o. (117)·
A noter qu'à des points distincts de la courbe (115) correspondent.
des valeurs distinctes de a, donc des surfaces distinctes de la famille
(116). Une dérivation de la dernière relation par rapport à t nous
donne ,
'PxXt +'Pl/Yt +
'PuUt +
'Paat = O.
Par ailleurs, le fait que le plan tangent à une surface (116) contient.
la tangente à la courbe (115) s'exprime par la relation
'PxXt + 'PyYt + 'PuUt =
O. (118)
Des deux dernières relations on déduit que 'Paat = 0, d'où'Pa = 0,.
puisque at =1= O. Ainsi les fonctions (115) vérifient identiquement.
en t les équations 'P = °
et 'Pa = 0, autrement dit, l'enveloppe de la
famille (116) contient bien la courbe (115).
Supposons maintenant que nous connaissons une intégrale com-
plète de l'équation (106) et mettons cette intégrale sous la forme-
tîi8 CH. I. THÉORIE DES ÉQUATIONS AUX D~RIV:E:ES PARTIELLES

:implicite:
'P (x, y, u, a, b) = O. (119)
Il nous faut définir la fonction b = w (a) de telle sorte que soient
:réalisées les relations (117) et (118). Le premier membre de (118)
-est la dérivée par rapport à t de celui de (117). Désignons par
''Y (t, a, b) la fonction obtenue en portant les fonctions (115) dans
,,(119). On a
'Y (t, a, b) = 0; li' t (t, a, b) = O. (120)
L'élimination de t entre ces égalités nous donnera une relation entre
.a et b, c'est-à-dire la fonction cherchée b = w (a). Ainsi, pour résou-
.dre le problème de Cauchy à l'aide d'une intégrale complète il faut
y porter les fonctions (115), dériver l'équation obtenue par rapport à t
.et éliminer t entre les deux équations obtenues. La relation établie
<entre a et b définit la surface intégrale qui contient la courbe (115).
On peut procéder autrement. Exprimons a et b en fonction de t
à partir (120) et portons-les dans (119). Nous obtenons une famille de
~.surfaces à un paramètre t. L'enveloppe de cette surface nous donnera
la surface intégrale qui passe par la courbe (115).
Signalons encore un lien entre l'intégrale générale et les bandes
.,caractéristiques qui s'obtiennent par intégration du système (107).
L'enveloppe de la famille (111) est tangente à une surface envelop-
pée le long d'une courbe la. En menant le long de la le plan tangent
.-commun à l'enveloppe et à l'enveloppée, on obtient une bande.
Cette bande appartient à deux surfaces intégrales: à l'enveloppe et
à l'enveloppée, donc c'est une bande caractéristique. On peut par
conséquent affirmer que les formules
u=cp(x, y, a, b); CPa(x, y, a, b)+CVb(X, y, a, b)w'(a)=O,
{ . (121)
P=CPx(x, y, a, b); q=cpy(x, y, a, b)
>-définissent, quelles que soient a fixe et b = w (a), la solution du
.système (107) qui vérifie la condition (106).
On peut admettre que les formules (121) définissent quatre des
variables x, y, U, p, q en fonction de la cinquième et des trois cons-
tantes arbitraires a, b et c = w' (a). L'intégrale générale du système
>(107) contient quatre constantes arbitraires. Mais la relation (106)
nous dit que la famille .des bandes caractéristiques ne doit dépendre
que de trois constantes arbitraires. C'est ce qu'expriment les formu-
les (121). Dans un prochain paragraphe consacré au cas d'un nombre
quelconque de variables indépendantes, on s'assurera par des calculs
,directs que les équations (121) donnent bien la solution du système
{107).
Voyons maintenant s'il est possible de définir une intégrale sin-
gulière directement à partir de l'équation différentielle sans le se-
.cours d'une intégrale complète. Une dérivation de (110) par rap-
l-l-t5. EXEMPLES . 49

port à a et à b nous donne


FuCPa + Fp<J>xa + F qCPu a =
0; F uCPb + FpCPXb + F qCPub = O.
La définition de l'intégrale singulière (113) nous permet d'affirmer
que sur la surface intégrale singulière on a :
FpCPxa + F qCPu a = 0; FpfPxb + F q<J>ub = O.
On admettra que le déterminant de ce système homogène par rap-
port à F p et F q ne s'annule pas sur la surface intégrale singulière, ce
qui revient en fait à admettre que les équations (109) sont solubles
par rapport à a et b. Ce système nous donne
F p = F q = O. (122)
Donc, l'intégrale singulière peut être obtenue par élimination de
p et q entre les trois équations suivantes:
F (x, y, U, P, q) = P, q) = 0;
0; F p (x, Y. Ut

F q (x, y. u. Pt q) = O. (123)
Les équations (122) indiquent qu'lI est impossible d'appliquer le
théorème des fonctions implicites à l'équation (106) relativement à la
variable P ou q. Ceci exprime qu'il est impossible d'obtenir l'inté-
grale singulière en résolvant le problème de Cauchy ainsi que nous
l'avons fait dans [1-1-9], en admettant que l'équation était résolue
en p (ou q). On aurait pu arriver à ce résultat par une autre voie.
Quelle que soit la courbe considérée sur la surface intégrale singu-
lière, le déterminant (96) sera nul le long de cette courbe en vertu
des conditions (122). Ceci montre que le problème de Cauchy n'admet
pas de solution pour toute courbe de la surface intégrale singulière.
1·1·15. Exemples. 1. L'équation
U = xp + yq + f (P, q) (124)
est analogue à l'équation de Clairault étudiée au (tome II, [l-t-tin. En rempla-
çant p et q par a et b on obtient immédiatement l'intégrale complète:
u = ax + by + f (a, b).
L'équation
u = xp + yq+ pq
admet pour intégrale complète:
u= ax + by + ab
En appliquant la méthode indiquée ci-dessus, on obtient l'intégrale singulière:
'U == -xY.
Si l'on considère une courbe quelconque
XD = cp (t) ; Ye = 1{> (t) ; Uo = -cp (t) 1{> (t) (125)
'-01017
50 CH. 1. TH1!:ORIE DES 1!:QUATIONS AUX D1!:RIV1!:ES PARTIELLES

de cette surface, alors les équations (86)


'l' (t) qo + Poqo + cp (t).'1' (t) = 0,
cp (t) Po +
cp' (t) '1' (t) + 'l" (t) cp (t) + cp' (t) Po + '1" (t) qo = °
admettent les solutions Po = -'l' (t), qo = -cp (t) et -le long de la courbe (125)
on aura
Fpo=q+cp(t) =:0; Fq.=p+'P(t)=:O.
L'équation
1
u=xp+yq-T (p2+ q2)

admet pour intégrale singulière


1
u= <) (x 2
~
+ y2). (126)

Si l'on résout l'équation (1241) par rapport à p, on obtient


F=p-x+ V x 2+2qy-2u- q2=O,
et la dérivée partielle du premier membre de l'équation par rapport à u est infi·
nie sur la surface (126).
2. Soit donnée une équation en p et q seulement:
f (p, q) = O.
Cette équation admet la solution évidente:
u = ax + cy + b,
les constantes a et c vérifiant la relation f (a, c) = o. En résolvant cette dernière
par rapport à c, soit c = ft (a), on obtient l'intégrale complète:
u = ax + ft (a) y + b.
Cette équation définit une famille de plans. L'intégrale générale sera l'enveloppe
de cette famille de plans à un paramètre, c'est-à-dire une surface développable
(tome II, (V-2-13]).
Etudions à titre d'exemple l'équation
p! p2 q2 = k 2• + (127)
Le cosinus directeur de l'angle de la normale n à la surface cherchée et de
l'axe des u s'exprimant par la formule
cos(n u)=+ 1 + 1
, - li 1 + p2 + q2 - Vi + k 2 '

l'équation (127) dit que les normales n font un angle constant avec l'axe des u.
Une intégrale complète est
u=ax+ Vk 2-a2y+b;
on reconnaît une famille de plans. Le système (68) s'écrit
dx 2
da = p;
dy 2
da = q;
du
ds -
2(2+2)
P q;
dp
da = ;
° dq=O,
da

et sa solution exprimée en fonction des conditions initiales est


~ = 2p(;s + xo; y = 2qos + Yo; u = 2 (pl + q:) s + uo; p = Po; q = qo. (128)
l-f-15. EXEMPLES

On obtient les bandes caractéristiques en imposant à Po et qo de vérifier la rela-


tion pX + qX = kt. Ce sont des droites le long desquelles p et q gardent des
valeurs constantes. .
Supposons qu'on demande la surface intégrale qui passe par le cercle
Xo = cos t; Yo = 0; Uo = sin t.
Les équationa(86) s'éerivent ici
p~ + q3 = k 2 ; cos t = -Po sin t,
d'où
Po= -cotg t; qo=Vk2-cotg2 t.
En portant ces valeurs dans les trois premières équations (128), on obtient
l'équation paramétrique de la surface intégrale cherchée en fonction des para-
mètres , et t:
x= -2, cotg t+cos t; y=2s.yk2 -cotg2 t; u=2k 2,+sin t.
3. Considérons maintenant un type plus général d'équations du premier
ordre: .
li (x, p) = f 2 (y, q).
Pour déterminer une intégrale complète on admettra que les deux membres de
l'équation sont égaux à une même constante a: ft (x, p) = a et f2 Cy, q) = a.
La résolution de ces équations par rapport à p et q nous donne p = q>l (x, a)
et q = q>2 (y, a) et l'on obtient l'intégrale complète

u= Jq>d x , a) dx+ J (j>2 (y, a) dy+b,

.où b est la deuxième constante arbitraire. Appliquée à l'équation


pq-xy=O ou .E...=.J!..
x q'
(129)
cette méthode nous donne
1 1
u="2 ax2 + 2a y2+b. (130)

Soit à déte rminer la surface intégrale quîpasse par la courbe ~


1
x = t; Y= - ;
t
u = 1.

En portant ces expressions dans (130) et en dérivant par rapport à t, on trouve


1 1 t
+
1=2' at2 2atl +b; at- at 3 =0.
L'élimination de t entre ces équations nous donne b = 0 et nous obtenons une
famille de surfaces intégrales à un paramètre.
1 1
u=2" ax 2 + 2a yI.

L'env.eloppe de cette famille est la surface intégrale cherchée, soit:.


u = xy.
Si pour condition initiale on avait pris la courbe
x = t; Y = t; u = t~, . (t3t)
S2 CH. J. THSORJE DES :SQUATIONS AUX :DSRIVSES PARTIEI.J·ES

la méthod~ ;précédente nous aurait conduits aux équations '"

( ~ a+ ~ -1) ,1I+b=O; 2( ~, a+ ~ -1) , ' 0,

d'où il s'ensuit que a =1,b = 0 et nous n'aurions pas pu trouver une surface
intégrale passant par la courbe (131). Il est immédiat de voir qu'on peut pro-
longer la courbe (131) en une bande caractérist ique en posant p = , etq -:.' t.
En effet, les fonctions,
x = t; Y = t; u = t~; P = t; q = 1
vérifient l'équation (129) et le système (1.07).
4. Si l'équation ne contient pas les variah' indépendantes, t'est-à-di11!
et de la forme
F (u, P, q) = 0
on peut déterminer une intégrale complète en cherchant la solution d, l'équa-
'tionsous la forme '
u = q> (x + ay), (t32)
où CI est une constante arbitraire.
Voyons à titre d'exemple l'équation
pq - u = O. (t33)
En effectuant la substitution (132) et en posant ~ = x + G1/, on trouve
CI [q>' (,)]' - q> (,) = O.
L'intévation de cette équation différentielle ordinaire nous dOLDe l'intégrale
œmplète de l'équation (t33):
(x+ay+b)1
u= 4a
,~ système (68) s'écrit dans le cas de l'équation (133):
~ ~ ~ ~ ~
IIi"' ~ q; d,::;= P; fiS = 2pq; d, = P; fiï=- q,

et son intégration nous donne


... ..-
'('
x = qoe''
'.
+
(xo - qo) ; y = poe'
.
+ (Yo - Po) ; u = Poqo~' + (Ue- PolJe) ;
i P = poe'; q = qoe'.
Supposons qu'on cherche la, sUrface intégr~le qui p:asse par la droite
ft;;; , ,'Xo = t; 1I~ , t; Uo = t•
.on détermine Po et qo à partir des équations
t; Po = 1, , Prio =
a"où Po = J et qo=t., En, portant Po et qo, dans les trois premièreséquati()DS
(f3St) et en posant e'':'''- ;v~"on obtient les équations paramétriqueS deJ8'SUiface
d1erchée en fonction des paramètres ,v ,et t:
, , x 7""", Iv; 11 = v; u 7"""tv~,

:w,,' sous la forme explicite, .U, ~ xy. .'


I.;I-te~ CAS D'UN NOMBRE QUELCONQUE DE :vARIAB:J,.ES 53:

'1..1·16. CaS d'un nombre quelconque de variables. On 'appellfJ,


intégrale complète de l'équation
F (Xit •• 0' Xn, U, Pl' •• 0' Pn) = 0 (134)
une solution
(135)
de cette équation contenant n constantes arbitr aires as et telle que
l'élimination des as entre les équations
P. = q>%J& (xi t 0.0' Xn , al' 000, an), (k = 1, 2, 00.' n) (135t )
et l'équation (135) donne l'équation (134).On admettra que ait sont
des fonctions de n - 1 paramètres:
ait = ait (tt, 0 • 0' t n -l ) (k = 1, 2, ... , n). (136)
En portant ces expressions dans (135) et en éliminant les n - 1
paramètres entre les n équations
u = Cf> (Xl' Xn , al' ••• , an),
0 •• ,

Cf>Cj(xh , Xn , al' ••• , an)=O (j=1, ... , n-1), (137)

on obtient l'intégrale générale de l'équation (134). Cette intégrale


dépend du choix des n fonctions (136). Passons maintenant au pro-
blème de Cauchy. On demande de trouver une surface intégrale
de l'équation (134) contenant une variété de n - 1 dimensions
donnée:
u = u (tt, • - 0' t n -l ); Xit = Xit (t lt 0 0 ., tn-t)
(k = 1, 2, .. 0' n). (138)

Ce problème se résout exactement comme pour le cas de deux varia-


bles indépendantes. En portant les expressions (138) dans (135) OD
obtient une égalité de la forme
'" (t it •• 0' t n -It al' •
(139) 0 ., an) = O.
En adjoignant à cette égalité les n - 1 relations obtenues par déri-
vation de (139) par rapport à tlt t n -1' soit 0 0 .,

"'Cl = 0 ; """2 = 0; (140)


o •• ; """n-l = 0,
on obtiendra n équations à partir desquelles on peut déterminer
ait (k = 1, 2, ... t n) en fonction des paramètres tt, ., 0' t n -ll
c'est-à-dire les fonctions (136). En portant ces fonctions dans (137)
et en éliminant t lt t n -1 entre les n équations (137), on obtien-
0 •• ,

dra la surface intégrale qui contient la variété (t38). A noter que


dans la formule (139) le nombre de paramètres peut être inférieur
S4 CH. I. THeORIE DES ::eQUATIONS AUX DeRIv:eES PARTIELLES

à n _. 1. Dans ce cas il faut dériver (139) par rapport à ces para-


mètres.
Si l'on fixe les paramè~res tjt les n équations (137) à n 1 varia- +
bles (u, Xl' ••• , x n ) définissent une courbe dans l'espace à n 1 +
dimensions de point générique (U, Xl' . . • , x n ). En adjoignant
l'équation (135 1) à ces équations, on prolonge cette courbe en une
.bande du premier ordre. Cette bande appartient à deux surfaces
intégrales: à l'enveloppe qui s'obtient par élimination des paramètres
i j entre les équations (137), et à une surface enveloppée. Donc, cette
bande est caractéristique, c'est-à-dire vérifie le système de Cauchy
(98). Ceci nous permet, si l'on connaît une intégrale complète (135),
de trouver la solution du système (98) en fonction de 2n -1 cons-
tantes arbitraires. On admettra pour simplifier que an est une fonc-
tion de (al' .. ~, an -1)' ces derniers jouant le rôle des paramètres
t l , • • . , t n -1' Les formules (137) et (135 1) deviennent:
U=(J)(Xl , " ' , X n , ail "', an),
(J)a j + cp an bi -:- 0 (j = 1, 2, ..., n - 1), (141)
Ph=(J)Xh(X1, ... , X n , al' ... , an) (k=1, 2, ... , n),

où par bi on a désigné la dérivée de an par rapport à ai' Les formu-


les (141) définissent la bande du premier ordre mentionnée. Dans
ces formules al' ... , an et bl , • • • , bn -1 sont arbitraires, puisque
le choix de la fonction an (al' ... , an -1) l'est. Prouvons formelle-
ment que la bande définie par les formules (141) vérifie le système
(98).
En portant les expressions (141) de U et Ph dans l'équation (134),
on obtient une identité en Xh et ah (k = 1, ... , n) dont la dériva-
tion par rapport à as nous donne
n
U(J)aj+' LJ
k=1
Ph(J)Xkaj-O (j = 1, 2, ... , n!~l),
n

U(J)an +Li k=1


PkCf'xkan =0.

En multipliant la dernière égalité par bit en l"aJoutant à laprécé-


dente et en se servant de (141), on obtient les n ....... 1 égalités sui-
vantes:
l 'li
n , ,
.LJ
k= 1
Ph (<:eajXk
1 .. .
+ Cf'~nxkbj) =0. '
, "
' "" , . ; :." ,,(142)
.t"
: • • " ,"\ 1

En prenant par ailleurs la différêntielle totale du :premier membre


de la 'deuxième équation (141), on obtient les: n ,-,.1 ,égalités sui-
· 1-1-17. TImOR~ME DE JACOBI 55

vantes:
n

k=1
~ (<PajXk + <PanXkbj) dXk =0 (j = 1, 2, ... , n - 1). (143)

Si l'on admet que l'un au moins des déterminants d'ordre n - 1


du système (142) ou (143) est différent de zéro, alors on peut affirmer
que dXk sont proportionnelles à Pk' c'est-à-dire que
dX dXn
p;-I = ... =-p;;-.
n
D'autre part, de (141) il s'ensuit que du = ~ Pk dXk et
k=1
dXI dxri, du
--p;- = ... = --p;;- = PIPI + ... + pnPn •
(144)

Revenons à l'identité obtenue en portant les expressions (141)


de u et Pk dans (134) et en dérivant par rapport à Xk:
n
X k +UCVXk + ~ PiCVxoXk =0.
i=1 1

En multipliant par dXk et en remplaçant, en vertu de (144), Pidxk


par Pkdxh on obtient
n
(X k + Up",) dXk + Pk 1=1
~ CVX.Xk dXi =
1
O.
Or
n
LJ
i=l
<PX·XlI dx,
1
= dPk,
donc
(X k + Upk) dXk -+ Pk dPk = 0, Le. ~:k
et l'on obtient en définitive le système
tdXI dXn du
---p;- = ... = P;;- - PIPI + ... + PnPn -
dPI
(145)

1-1-17. Théorème de Jacobi. Considérons maintenant le cas par-


ticulier où l'équation (134) ne renferme pas la fonction inconnue u
et est résolue par rapport à une dérivée. Pour la symétrie de la no-
tation, on désignera les variables indépendantes par t, Xl' . • . , x n
et on admettra que l'équation est résolue par rapport à Po = Uh
56 CH. J. TMORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

c'est-à-dire est de la forme:


Po +H (t, Xl' 0 0 0' Xn , Pl' ••• , Pn) = 00 (146)
Le système (145) correspondant à cette équation s'écrit
dt dXI dXn dPI dpn _
T= Hp! = ••. = H pn = -H
XI
... - -H
xn
-

(147)
= Po+PIH pl +du... +PnHp n •
Toutes les relations à l'exception de la dernière ne contiennent
pas Po et u. On obtient ainsi le système canonique:
~tk =Hpk ; d:'k = - H Xk (k== 1, 2, ••• , n),

où Xk et Pk sont des fonctions de t. Si l'on réussit à intégrer ce systè-


me, on déduit Po à partir de (146) et u par une quadrature de l'équa-
tion du = (Po +
PIHpl +
PnHpn) dt.0 • 0 +
Comme l'équation (146) ne contient pas u, on peut ajouter une
constante arbitraire à sa solution. Supposons que nous connaissons
une intégrale complète de l'équation (146). Cette intégrale dépend
de n + 1 constantes arbitraires dont une additive:
u = "P (t, Xl' X n, ait 0 an) - aoo
0 0' 0 •• ,

Appliquons les relations (141) à ce cas en faisant jouer à ao le rôle


de an' Comme <Pao = -1, l'intégrale générale du système canonique
s'écrit:
"Pak = bk ; Pk = "PXk (k = 1, ••. t n).

Ceci fait l'objet du théorème classique de Jacobi mentionné déjà


dans le (tome IVI , [11-221).
Signalons que si l'équation (134) ne renferme pas la fonction
inconnue u et n'est résolue par rapport à aucun Pk, c'est-à-dire est
de la forme
F (Xl' 0 0 0' Xn, Pl' 0 0 0' Pn) = 0,
alors le système (145) correspondant à cette équation s'écrit:
dxl dXn dpI _ dpn
Fp! = 00. = Fp n = -Fx } - • • • - -F xn
du
--::----:----:----:=--- = ds?
- P1F P1 + .0. +
PnFPn

et l'on obtient encore le système canonique:


dxk dPk
(i8=Fpk dS = - F Xk
0

, (k= 1, 00.' n),


1-1-18. SYST.BMES DE DEUX :eQUATIONS DU PREMIER ORDRE 57

dans lequel le paramètre s joue le rôle d'une variable indépendante.


Si l'on réussit à intégrer ce système, on détermine u à l'aide d'une
quadrature.
Le théorème de Jacobi nous indique comment intégrer le système
canonique correspondant à l'équation (146) si l'on connaît une inté-
grale complète de cette dernière. La méthode de Cauchy développée
dans (1-1-2] nous montre, à l'inverse, comment on peut, si l'on sait
intégrer le système (147), trouver les solutions de l'équation (146)
vérifiant des conditions initiales quelconques et, en se servant de
ces dernières, montrer, en particulier, comment on peut trouver
une intégrale complète de l'équation (146).
1-1-18. Systèmes de deux équations du premier ordre. Nous avons
exhibé de nombreux exemples dans lesquels nous avons déterminé
une intégrale complète par des procédés élémentaires. Il se pose la
question de savoir s'il est possible d'élaborer une méthode générale
de recherche d'une intégrale complète de toute équation du premier
ordre. Pour exposer cette méthode il nous faut étudier préalablement
la résolution d'un système de deux équations du premier ordre en u:
F (x, y, u, p, q) = 0; <1> (x, y, u, p, q) = O.
On admet que ces équations sont résolues par rapport à p et q, soit
p = / (x, y, u); q = g (x, y, u). (148)
On dira que ce système est complètement intégrable s'il admet une
solution dépendant d'une constante arbitraire. On se propose d'éta-
blir une condition nécessaire et suffisante d'existence d'une telle solu-
tion et de donner une méthode de détermination de cette dernière si
cette condition est remplie. En dérivant la première équation (148)
par rapport à y et la seconde par rapport à x, on obtient de toute
évidence

ou en vertu de (148)
/1/ + /ug =g% + guI· (149)
Si cette relation entre les variables x, y, u n'est pas réalisée identi-
quement, alors elle définit u comme une fonction de x et y et seule
cette fonction qui ne contient pas de constante arbitraire est sus-
ceptible d'être solution du système (148). Donc, la réalisation de la
relation (149) est une condition nécessaire pour que le système (148)
soit complètement intégrable. Montrons qu'elle est suffisante et
indiquons en même temps une méthode de résolution du système
(148). On peut traiter la première équation (148) comme une équa-
tion à une variable indépendante x, puisque y est un paramètre dans
cette équation. En intégrant cette équation· du premier ordre, on
obtient u en fonction de la variable indépendante x, du paramètre y
~8 CH. L THBORIE DES BQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

~t d'une constante arbitraire C (y) que l'on supposera dépendre de y:


u = cp [x, y, C (y)]. (150)
'Cette fonction doit satisfaire aussi la deuxième équation (148),
-c'est-à-dire qu'on doit avoir

de g (x, y, u)-cpy
(151)
-;ry- CPc '
,équation dans laquelle il faut remplacer u par son expression (150).
Montrons maintenant que si la relation (149) a lieu, le second membre
;(}e (151) ne contient pas x. En effet, en annulant la dérivée du second
membre de l'équation (151) par rapport à x, on obtient
(gx + guCPx - CPux) <Pc - <Pcx (g - <Pu) = O. (152)
Comme la fonction (150) vérifie la première des équations (148),
,on a les relations évidentes:
<Px = f; <Pl/X = f ll + fu<Pl/; <PCX = fu<Pc·
Ces relations nous permettent de mettre la condition (152) sous la
forme:
(gx +gui - fl/ - fu<Pl/) <Pc - fu<Pc (g - <Pli) = 0,
-et cette condition est manifestement réalisée, puisque l'on admet que
la. relation (149) l'est identiquement. Donc, sous ces conditions,
l'équation (151) est une équation du premier 'ordre en C (y) dont
l'intégration nous donne C en fonction de y et d'une constante arbi-
traire b. En portant l'expression de C dans (150), on obtiendra la
:solution du système (148) en fonction d'une seule constante arbitraire.
Donc, pour que le système (148) admette une intégrale complète il est
nécessaire et suffisant que la relation (149) soit identiquement réalisée.
Si cette condition est remplie, l'intégration du système (148) se
ramène à celle de deux équations différentielles ordinaires du pre-
mier ordre et la solution générale du système (148) contient une seule
.constante arbitraire.
Le problème résolu est étroitement lié à l'intégration de l'équa-
tion aux différentielles totales:
p 4x + Q dy + R du =·0, (153)
<>ù P, Q et R sont des fonctions données de (x, y, u). Cette équation
se ,ramène directement au système (148) si l'on pose
" P Q
f = =7ï; g== -7f'
1-1-19. M:eTHODE DE LAGRANGE-cHARPIE 59

et la condition d'intégrabilité (149) devient


P (Ru - Qu) +
Q (Pu - R x ) +
R (Qx - Pu) = o.
Nous avons déjà signalé que cette relation était une condition néces-
saire et suffisante d'intégrabilité complète de l'équation (153)
(tome II, [111-2-11]).
1-1-19. Méthode de Lagrange-Charpie. Cette méthode est une
méthode générale de construction d'une intégrale complète d'une
équation aux dérivées partielles du premier ordre:
F (x, y, u, p, q) = o. (154)
Cherchons une deuxième équation de la forme
<P (x, y, u, P, q) = a, (155)
où a est une constante arbitraire, et telle que les équations (154)
et (155) soient solubles par rapport à P et q et que le système de la
forme (148) ainsi obtenu soit complètement intégrable. L'intégra-
tion de ce système introduit une constante arbitraire b et l'on obtient
ainsi une intégrale complète de l'équation (154). La condition d'in-
tégrabilité complète (149) peut être mise sous la forme
Pu + Puq = qx + qup· (156)
Calculons les dérivées partielles figurant dans cette identité en uti-
lisant les règles de dérivation des fonctions implicites p et q de
(x, y, u) définies par les équations (154) et (155). En dérivant les
relations (154) et (155) par rapport à u, on trouve
Fu + FpPu + Fqqu = 0; '<Pu + <PpPu <Pqqu = 0, +
d'où
Fu, Fql ' 1 Fp, Fui
_ I <Du, <D q • _ <D p , <Du
PU--IFp, Fql' qU--I.F p, Fql·
<D p , <D q <1>p, <Pq
De façon analogue, en dérivant par rapport à x, et y, on aura
Fp, Fxl 1 Fy , Fql
1 <D p , <D x <Dy,.W q ,
qX=-\.F p, Fq\; PY=-I,F p,' Fql'
<D p, <D q , <Dp, <Dq
et la condition d'intégrabilité (156) s'écrit,
, . . . t ' "[

Fy , Fq , Fu, Fq 1~ + F P' Fx + j F p.' , Fu p , 0"


<Pu, <Pq <!lu, <Pq <Pp, <Px ,<Pp, <Pu:
ou

(157)
60 CH. 1. TImORIE DES :eQUATIONSAUX D:eRI~ES PARTIELLES

En développant ces déterminants et en utilisant les notations de


(1-1-6] on obtient l'équation suivante pour la détermination de la
fonction <D:
P<D x + Q<D lI + (pP + qQ) <Du - (X+ Up) <D p -

- (Y + Uq) <D q = O. (158)


Strictement parlant cette équation doit être satisfaite si l'on rem-
place p et q par leurs expressions tirées de (154) et (155). Mais on
exigera plus, plus exactement, qu'elle soit identiquement vérifiée.
Le système d'équations différentielles ordinaires correspondant à
l'équation linéaire sans second membre (158) est justement le système
de Cauchy (107):
dx dy du dp _ _ ----".d..:.q...".-._
P=-o= pP+qQ
(159)
-(X+Up) -(Y+Uq)·

Il nous suffit de trouver une intégrale de ce système telle que les


équations (154) et (155) soient solubles par rapport à p et q.
On sait que le système (159) possède une intégrale évidente F = C.
La connaissance de cette intégrale facilite la recherche d'une autre
intégrale du système. On peut aussi se servir de la relation évidente
F = O.
Si l'équation (154) ne contient pas la fonction inconnue u, c'est-à-
dire est de la forme F (x, y, p, q) = 0, alors on cherchera l'inté-
grale sous la forme:
<D (x, y, p, q) = a.
La condition (157) s'écrit alors:
F p , Fx Fq , Fy
<D p , <Dx <Dq , <D1I +
=0, (160)

ou sous la forme détaillée


(Fp<D x - F x<Dp) + (F q<DlI - F lI<Dq) = 0,
ce qui revient à intégrer le système
q
~= dJ = !..px = d y• (161)

Le premier membre de (160) s'appelle crochet de Poisson des fonc-


tions F et <D et se désigne par le symbole (F, <1». Le premier membre
de (157) s'appelle crochet de Mayer des fonctions F et <D et se note
[F, <D]. Si pour toute fonction ffi des variables (x, y, u, p, q) on
convient de poser
dro dro
dx == ffi x + CJ)uP; dy = 001/ + OOuq,
1';1-20. SYSTttMESD'2QUATIONS LINBAIRES - 61

alors le crochet de Mayer s'écrit:


dF dF
F P' dx Fq , dy
[F, a>] = d<I> + d<I> • (162)
<Pp, dx <I>q, dy

On dit que deux fJnctions F et <I> sont en involution si leur crochet de


Poisson ou de Mayer est nul. Dans le premier cas, ces fonctions doi-
vent dépendre des variables (x, y, p, q), dans le second, il faut ajou-
ter u à ces variables. La méthode de Lagrange-Charpie consiste donc
à trouver une intégrale du système (159) ou (161) qui soit en involu-
tion avec F.
Signalons un fait qui saute immédiatement aux yeux lorsqu'on
compare les méthodes de Cauchy et de Lagrange. Avec la méthode de
Cauchy on doit trouver toutes les intégrales du système (159), avec
la méthode de Lagrange-Charpie, une seule. Si l'on connaît une inté-
grale complète de l'équation (154), on peut complètement intégrer
le système (159).
1-1-20. Systèmes d'équations linéaires. Pour généraliser la méthode de
Lagrange-Charpie au cas d'un nombre quelconque de variables indépendantes,
il nous faut préalablement étudier l'intégration d'un système d'équations
linéaires homogènes en une seule fonction inconnue. Considérons un tel système
de m équations:
Xl (u)=aUPI +a 12 P2+ .•• +alnPn=O,
X 2 (u)=a 21 PI +a 22 P2+··· +a2nPn =0, (163)
{ ......... ...........
X m (u)=amIPI am2P2+ + ...
+amnPn=O,
où Ph = U Xk ' les coefficients .ih sont des fonctions continues et continûment
dérivables des variables indépendantes X s et X h (u) désigne le premier membre
de la k-ième équation. On demande une fonction u vérifiant simultanément
toutes les équations du système (163). Les solutions u = const sont automati-
«Juement écartées, vu le peu d'intérêt 9u'elles présentent. On admet que les
equations (163) sont linéairement independantes, c'est-à-dire qu'il n'existe
pas de Âh non tous nuls susceptibles de dépendre de X s et tels que l'on ait
m
~ ;"hXh (u)=O,
1&-1
identiquement par rapport à X s dans un domaine de variation de X s et de PS.
Si de tels Âk existaient et si l'un d'eux était non nul, alors le premier membre
d'une équation de (163) serait linéairement dépendant de ceux 'des autres équa-
tions. Cette équation serait donc une conséquence de toutes les autres et on pour-
rait la supprimer. ' .
Supposons que m ~ n et considérons les n premières équations du système.
Ces équations étant linéairement indépendantes, le déterminant formé avec leurs
coefficien'ts doit être différent de zéro; Donc, le système san~ second membre en
Pa n'admet que la solution triviale Pl = ... = Pn = 0, d'où il résulte que u =
= const, autrement dit, pour m ~ n le système n'admet pas de solutions (autres
que la solution 'évidente u = const);- On supposera-donc dàns la suite que m <
<no
62 CH. 1. TH:mORIE DES ~QUATIONS AUX .D:mRIV:mES PARTIELLES

On peut former de nouvelles équations linéaires sans second membre à partir


des équations (163) et ces équations peuvent être linéairement indépendantes de
(163). Etablissons tout d'abord quelques identités élémentaires. Si ul et Us
sont deux fonctions quelconques des variables indépendantes Xl' • • • , X n , on
a les identités évidentes:
X k (Ui + us) = + X k (us);
X k (ut)
(164)
X k (ut U2) = ~Xk (U2) + u2X k (UI).
Dans Xi (u) remplaçons la fonction u par le premier membre de lak-ième équa-
tion, c'est-à-dire par l'expression de X k (u). En tenant compte de (164), on
trouve
n n
Xi(Xk(U»= 2J Xi(aks)u xs + 2J aksXi(U X,).
8=1 8=1
De façon analogue,
n n
Xk (Xi (U» = LJ Xk (ais) UXs + 2J ai,Xk (u x ,).
8=1 8=1
En se servant des dérivées secondes de la fonction u, on peut de toute évi-
dence éc rire:
n n n n
LJ aksXi (u x ,)=8=1
8=1
LJ aks t=1
LJ aituxsXt= 8, 2J
t=1
aitaksUxsXt·

La dernière expression ne change pas lorsqu'on permute les indices i et k:


n n
2J aisXk (u xs )= 2J aksXi (u x ,),
8=1 8=1

et l'on obtient la formule suivante:


n
Xi (Xk (U»-Xk (Xi (U»= 2J [Xi lahs)-Xk (ais)) u xs ' (165)
8=1
où le second membre est une fonction linéaire homogène de Ps = u xs dont les
coefficients dépendent de Xk' Généralisons la notion de crochet de Poisson à un
nombre quelconque de variables indépendantes. Le crochet de Poisson de fonc-
tions q> et"l' des variables Xl' • • • , X n et Pl' . . . , Pn se définit de façon analogue
par l'égalité:
n
(cp, '\')= ~ (CPPj'i'Xj-CPXj'\'Pj)· (166)
.1=1

Supposons que CP=Xi (u) et ,\,=Xk (u). On a

En portant ces expressions dans le second membre de (166), on ohtient:


1-1-21. SYST:I!:MES COMPLETS ET JACOBIENS

ou ce qui revient au même:


n
(Xi (u), ~1& (u»= Li [Xi (aks)-X. (ais)] Ps·
1=1
Une comparaison avec le second membre de (165) nous donne l'importante iden-
tité:
Xi (X k (u» - X k (Xi (u» = (Xi (u), X k (u». (167)-
Si u est solution du système (163), c'est-à-dire
Xl (u) == 0 (l = 1, ... , m),
alor.;; elle sera aussi solution de l'équation linéaire sans second membre
(Xi (u), X k (u» = 0 (168}
quels que soient les indices i et k. En faisant prendre toutes les valeurs possi-
bles aux indices, on forme m (m - 1) nouvelles équations linéaires sans second
2
membre qui résultent, au sens indiqué, du système (163). Certaines de ces équa-
tions peuvent se transformer en identités, c'est-à-dire que leurs coefficients en Pk
sont nuls. J oignons les autres équations (celles qui ne se transforment pas en:
identités) à celles du système (163) en nous assurant à chaque fois que l'équation,
adjointe n'est pas une combinaison linéaire des précédentes (si une équation est.
une combinaison linéaire des précédentes, il faut immédiatement .l'écarter). En
faisant cette opération avec toutes les équations nous obtenons un nouveau systè--
me qui peut être composé de plus de m équations. Formons les crochets de Pois-·
son des premiers membres du nouveau système en prenant soin d'écarter ceux.
qui ont déjà été dans le système initial. Joignons les équations obtenues aU'
nouveau système comme nous l'avons déjà fait plus haut. Poursuivons cette pro-
cédure. Deux cas peuvent se présenter. Ou bien nous obtenons un système de n
équations qui n'admettra donc 'que la solution triviale u = const et il en sera
de même du système initial. Ou bien nous obtenons un système de moins de n,
équations tel que toutes les nouvelles équations déduites par le crochet de Pois-
son sont des combinaisons linéaires des équations de (163). Un tel système est
dit complet. Des raisonnements précédents il s'ensuit donc que le système initial'
ou bien n'admet que la solution triviale ou bien est équivalent à un système complet.
On admettra que le système (163) est complet, c'est-à-dire ou bien les crochets.
de Poisson (Xi (u), X h (u» sont des combinaisons linéaires des premiers mem-
bres des équations initiales:
m
(Xi (u), Xk (u»= 2J ~li, k)X z (u), (169),
1=1

les coefficients ~~i,h) étant des fonctions de Xh' ou bien ils sont identiquement
nuls.
1-1-21. Systèmes complets et jacobiens. Etablissons quelques propriétés:
fondamentales des systèmes complets. Introduisons les nouvelles variables.
indépendantes
Yh = <Ph (Xl' ••• , x n ) (k = 1, 2, •.. , n)
(on admet que ce système est soluble en xh). Le système (163) s'écrit dans les
nouve lIes variables:
au ·au
Yj(u)=bil~+... +bin-a-=O (j=1, 2, ... , m),
VYI Yn
64 CH. 1. TImORIE DES ~QUATIONS AUX D:&RIVOS PARTIELLES

où, en vertu de la règle de dérivation de fonctions composées,


n
'" ajs-a
bjl= LJ a'Pl =Xj(YI).
Xs
(170)
.=1

Pour toute fonction u on a YJ (u) = Xj (u), le premier membre ne contenant


que les variables indépendantes Ylp le second, que les variables indépendantes :th'
Donc, quels que soient les indices i et k,
Xi (X h (u» = Yi (Yh (u»
et
Xi (X k (u» - X h (Xi (u» = Yi (Y h (u» - Y k (Yi (u»).
Compte tenu de (167) et (169), il vient
m
YdYk (u»-Y,dYd u »= .~ l'li, h)Ydu)
1=1

où les coefficients 'V~i ,h) se déduisent à partir des coefficients ~~i,h) par un
simple passage aux nouvelles variables. On voit donc que si le système initial est
complet, il en est de même de tout système obtenu par un changement des variables
indépendantes: .
Voyons maintenant une delxièmc propriété des systèmes complets. For-
mons m combinaisons linéairef, des premiers membres des équations (163):
Zi (u) = djlX I (u) + ... + djmX m (u) (j = 1, •••• m),
les coefficients dU étant supposés dépendre de Xll et le déterminant Il dU Il.
différent de zéro. Sous ces conditions le système d'équations
Zj (u) =0 (j = 1. 2••• 0' m) (171)
sera manifestement équivalent au système (163). Montrons que si le système ini-
tial est complet, il en est de même de tout système équivalent. En effet, le crochet
de Poisson (Zi (u), Zk (u» sera la somme d'expressions de la forme
dipX p (dkqX q (u» - dkqX q (dipX p (u»,
ou, en vertu de (164), la somme d'expressions de la forme
d iP [X p (dkq ) X q (u) + dkqX p (X q (u»] - d kq [X q (d iP ) X p (u) +
+ dipX q (X p (u»] = dipX p (dkq ) X q (u) - dkqX q (d iP ) Xp (u) +
+ dipdkq [X p (X q (u» - X q (X p (u»].
Les expressions X p (X q (u» - X q (X p (u» étant toutes linéairement dépendan-
tes de X j (u), le crochet de Poisson (Zi (u), Zk (u» dépend linéairement de
X j (u), donc de Zj (u), ce qui exprime que le système (171) est complet. Intro-
duisons maintenant une notion qui est un cas particulier de la notion de complé-
tude, plus exactement, on dira qu'un système (163) est jacobien si tous les cro-
.chets de Poisson (Xi (u), Xk (u» sont identiquement nuls, c'est-à-dire si tous
les coefficients en Ps· sont identiquement nuls. Il est immédiat de transformer
un système complet en jacobien par des opérations algébriques élémentaires.
En effet, soit donné un système (163) complet. Ce système étant composé d'équa-
tions linéairement indépendantes, sa matrice est de rang m et on peut le résoudre
par rapport à m variables PS. Sans restreindre la généralité on peut admettre
qu'il est soluble par rapport à Pl' ••• , Pm, c'est-à-dire qu'au lieu du système
1-1-22. INTaGRATION DES SYST:Il:MES COMPLETS 65

(163) on obtient. le système équivalent


+ Cl. m+IPm+1 + + Cl. nPn = 0,
Pl
P2 + C2. m+IPm+1 + + 2• nPn = 0,
. . .. .. . .. . .. ......
C (172)

1Pm + Cm. m+lPm+1 +... + cm. nPn = O.


D'après ce qui a été prouvé plus haut, ce système doit être complet. Montrons
qu'il est aussi jacobien. Désignons comme toujours par Xi (u) les premiers mem-
bres des équations du système. Nous devons prouver que les coefficients p}i.k)
de la formule (169) sont tous identiquement nuls. De la forme du système (172)
et de la définition du crochet de Poisson il s'ensuit immédiatement que le pre-
mier membre de (169) ne contient pas Ps pour s ~ m, et que le coefficient en Pa
(s ~ m) du second membre est visiblement égal à p~i.k). D'où il résulte aussitôt
que les coefficients p~i,k) doivent être tous nuls, autrement dit le système (172)
est bien un système jacobien. A noter qu'un système jacobien n'est pas forcé-
ment de la forme (172), mais, d'après ce qui vient d'être prouvé, si un système
complet se ramène à la forme (172), alors il est jacobien.
1-1-22. Intégration des systèmes complets. On peut remplacer l'intégration
d'un système complet (163) par celle d'un système jacobien (172) équivalent.
Considérons la première équation du système (172) et le système d'équations
différentielles ordinaires correspondant à cette dernière:
dX I dX II dX m dX m +1 dXn
-1-=-0-='" =-0-= Cl. m+l = ... = Cl, n •

Ce système possède n - 1 intégrales indépendantes


CPII (Xl' ••• , x n ) = C2 ; • • • ; CPn (Xl' ••• , Xn ) = Cn ,
les premiers membres de ces relations étant solutions de la première équation
(172). Signalons qu'on aurait pu immédiatement trouver m - 1 intégrales,
savoir:
X2 = const; ••• ; Xm = const.

Introduisons les n - 1 nouvelles variables


Ys = CPs (Xl' ••• , X n ) (s = 2, ••. , n). (173)
Les intégrales étant indépendantes, le système (173) est soluble par rapport
à n - 1 variables Xk et l'on peut choisir la fonction CPI(XI, ••• , x n ) telle que
le système
Ys = CPs (Xl' ••• , X n ) (s = 1, 2, ... , n)
soit soluble par rapport à toutes les variables Xk' Si, par exemple, le système
(173) est soluble par rapport à Xl' ••• , xn-Îl' il nous suffit de prendre CPI = x n •
Ecrivons le système (172) dans les nouve es variables indépendantes. En se

mière équation (172), on s'assure que cette équation se ramène à la


.
. au
':
..".'
"=
servant de la formule (170) et du fait que «PI' ••• , CPn sont solutions de la pre-
fo~e
YI
'. O. On supprime ensuite tous les termes contenant aYi dans les m ~ 1 équa-
tions restantes et comme ces; équations sont linéairement. indépendantes, on
peut résoudre le système qu'elles forment par rapport à m-1 dérivées :u .
Sans restreindre 'la généralité, on peut admettre qu'il s'agit des dériiées
5-01017
66 CH. 1. TH~OR,IE DES· ~QUATIONS AUXn:eRIV:eES PARTIELLES

-au au
- , . . ., ~. L e systeme
' transf ' est d onc d e 1a forme:
orme
aY2 uYm
( au
YI (u)=-=O,
aYI
1 au au au
{ Y2 (u) = - -
aY2
+h 2• m+l aYm+1 + ... +h2n -.<:1-
uYn
=0,
(174)

l ~~(~). 'a~: ~~~.~+~ ~Y~~' ~· ·.~:~n·a::· .~. ..

Le système initial est jacobien, donc complet et par suite il en est de même
du système transformé. Ce dernier étant soluble par rapport aux dérivées, il est
jacobien. Signalons que des raisonnements du [1-1-21] il s'ensuit immédiate-
ment qu'un système jacobien se transforme en un système jacobien dans les
nouvelles variables.
La première équation (174) indique que la fonction u ne doit pas dépendre
de YI' Montrons que les coefficients des autres équations du système (174) ne
contiennent pas YI' En effet, toute expression

doit s'annuler identiquement, puisque le système (174) est jacobien, ce qui prou-
ve notre assertion. On peut donc dans le système (174) écarter la première équa-
tion et intégrer les autres en admettant que u ne dépend pas de YI' On obtient
ainsi un système fermé de m - 1 équations à n - 1 variables indépendantes.
En appliquant l'opération précédente à ce système, on obtient un système fermé
de m - 2 équations à n - 2 variables. Cette procédure nous conduit finalement
à une seule équation pour une fonction u de n - m +
1 variables. En désignant
ces variables par YI' ••• , Yn-m+l, on obtient l'équation
au -1- g2 -.<:1-
-.<:1-
VYl
1
au
UY2
+ 1
•• • -,- gn-m+l .<:1
au
UYn-m+1
= °,
où les variables indépendantes Yi dépendent des variables indépendantes initia-
les Xl' • • ., X n . Le système d'équations différentielles ordinaires correspondant
à cette équation admet n - m intégrales indépendantes:
'l'l (YI' •. " Yn-m+l) = Cl; ••. ; 'l'n-m (YI' .•. , Yn-m+l) = Cn - m ,
et la solution générale de cette équation est
=
'1' ('l'l' ••. , 'l'n-m),
u
où 'l'est une fonction arbitraire. Cette formule nous donne aussi la solution
générale du système initial (163).
1-1-23. Crochet de Poisson. On se propose d'utiliser les résultats précé-
dentes pour élaborer une méthode de détermination de l'intégrale complète d'une
équation non linéaire du premier ordre dans le cas d'un nombre quelconque de
variables indépendantes. A cet effet, comme dans le cas de deux variables indé-
pendantes, il nous faut étudier un problème auxiliaire. Soit à déterminer une
fonction u (Xl' • 0x n ) sachant que ses dérivées partielles sont des fonctions
0'

données des variables indépendantes Xk:


Pk = Pk (Xl' ••• , X n ) (k = 1, 2, .. 0' n). (175)
1-1':23. CROCHET DE POISSON 67

La dérivation étant indépendante de l'ordre dans lequel elle est effectuée,


on voit que les fonctions (175) doivent vérifier les 1/ in 2- 1) relations suivantes:

o Pi (Xli .. , , xn) OPk (xl. . .. , Xn)


(176)
OXh, OXi

Ces relations sont nécessaires et suffisantes à la détermination de la fonc-


tion u. Ce fait a été prouvé pour n = 2 et n = 3 (tome Il, [111-2-8]). En géné-
ralisant la formule de Stokes à un espace à n dimensions on s'aperçoit, comme
pour n = 3, que si la condition (176) est remplie, l'intégrale curviligne
(Xl • • • . • Xn) n
U (Xl' .•. , Xn)= ) ~ Ps (Xl' ... , Xn) dxs
s=1

ne dépend pas du chemin et donne une fonction u ayant (175) pour dérivées
partielles.
On démontre la suffisance des conditions (176) dans le cas général par
récurrence. Supposons que la suffisance des conditions (176) a été prouvée pour
n - 1 variables et prouvons qu'elle est valable pour n variables. Nous supposons
donc que les fonctions (175) satisfont les conditions (176). Notre assertion étant
vraie pour n - 1 variables, on peut, en se servant des n - 1 premières fonctions
(175), former une fonction u des variables (Xl' .. " Xn-l) telle que U Xk =
= Pk (Xl' .•• , Xn) (k = 1, 2, ... , n - 1). Dans cette fonction Xn figurera
comme paramètre, car Pk en dépend. On peut par ailleurs ajouter à la fonction U
une constante arbitraire que l'on supposera dépendre de Xn-
On obtient ainsi la fonction
U (Xl' •.. , Xn-l' Xn) + e (x n ),
qui vérifie les n - 1 conditions:
U
Xk = Pk (Xl' . . . , Xn) (k = 1, 2, ... , n - 1).
Reste à choisir e (x n ) tel que l'on ait uxn = Pn (Xl' •.. , Xn), ce qui nous
conduit à l'équation
de (xnJ
d =Pn (Xl' "', Xn)-U~ •
Xn n
Il reste à montrer maintenant que le second membre de cette équation ne dé-
pend que de Xn. En dérivant par rapport à Xk pour k < n et en tenant compte de
(176) et de l'égalité U Xk = Pk' on obtient
0Pn 02 U _ oPn 0 (OU) _ 0Pn OPk - 0
OXk oXn oXk - oXk - oX n OXk - OXk - oX n = ,
c.q.f.d.
Admettons maintenant que les dérivées partielles Pk sont définies implicite-
ment par les n équations:
F s (Xl' .• " Xn ' Pl' ••• , Pn) = as (8 = 1, ... , n), (177)
que nous supposons solubles en Pk' Montrons que pour que les Pk définies par les
équations (177) satisfassent aux conditions (176), il est nécessaire et suffisant
que tous les crochets de Poisson des premiers membres de (177) soient identique-
ment nuls, c'est-à-dire qu'on doit avoir les n (n 2- 1) identités suivantes en
68 CH. r. THEORIE DES EQUATIONS AUX DERIVEES PARTIELLES

Xi et Pi:

(178)

Ceci étant, on admet que les seconds membres des équations (177) sont des cons-
tantes arbitraires.
Prenons deux équations (177) et dérivons-les par rapport à X s :
n
-aF
i + LJ----=O·
"" aFi api
ax s . api aXa '
1=1
n
aFk
axs
+~
"" àFk api =0.
api axs
1=1

En mu It lp "" equat'Ion par -a-


· l'lant 1a premlere aFk e t 1a secon d e par -
aFi
- , en re-
Ps aps
tranchant la première de la seconde et en sommant sur s, on obtient:
n n n n
( F.l' F k)+.LJ
"" "" aFk aFi api _ "" ""
LJ api aps àx s .LJ LJ
aFi aFk. api
api aps ax s
= O.
1=18=1 1=1 8=1
En changeant les indices des variables de sommation dans la deuxième somme,
on peut mettre la formule précédente sous la forme:

(179)

Si Pk vérifie les relations (176), alors de la dernière formule il s'ensuit immé-


diatement que les identités (178) sont valables quels que soient les indices.
Prouvons la réciproque, c'est-à-dire que si les identités (178) ont lieu, alors
les Pk définies par les formules (177) verifient les relations (176). Si les identités
(178) sont valables, la formule (179) s'écrit:
n n
'" '" aFk aFi (à Pi _ aps ) =0
:LJ LJ api aps axs aXi
1=1 s=1
'

les indices i et k pouvant prendre des valeurs quelconques. En attribuant les


valeurs 1, 2, •.• , n à l'indice k, on obtient n égalités que l'on peut traiter
comme n équations sans second membre en les n quantités suivantes:
n
'" aFi
LI aps
(!.!!.L
axs
_ axi
aps ) (j = 1, 2, ...• n). (180)
s=1

Le déterminant de ce système est le jacobien des fonctions F s par rapport à PS.


Ce jacobien, est différent de zéro, puisqu'on a admis que le système (177) est
soluble en PS. On peut donc affirmer que les quantités (180) sont nulles. En fi-
xant j et en attribuant les-valeurs 1, 2, ... , n à i, on obtient encore un système
1-1-24. M:BTHODE DE JACOBI 69

d'équations sans second membre en les quantités


ôp J _ ôPs ( 1 2 , ... ,:1:.
S=, ) (181)
Ô:l:s {}Xj
Le déterminant de ce système étant différent de zéro, car c'est le jacobien des
fonctions Fs par rapport à PS' il s'ensuit immédiatement que les quantités (181)
sont nulles, ce qu'on voulait. Donc, pour que le système (177) définisse les dérivées
partielles Pk d'une fonction u, il est nécessaire et suffisant que les fonctions Fi soient
deux à deux en involution. On a admis que les seconds membres des équations
(177) sont des constantes arbitraires et de ce fait on a exigé que les relations
(178) soient identiquement vérifiées. Si l'on fixe certaines de ces constantes, il
suffit alors d'exiger que les relations (178) soient satisfaites en vertu des équa-
tions ainsi obtenues. .
Signalons encore quelques propriétés élémentllires du crochet de Poisson.
Si cp et 'l' sont des fonctions de Xk et Pk' et a et b des nombres, alors de la défi-
nition du crochet de Poisson, il s'ensuit immédiatement que:
(cp, cp) = 0; ("1', cp) = - (cp, "1'); (0, cp) = 0;
(acp, b'1') = ab (cp, '1').

Soit ro une fonction de Xk et Pk. On a l'identité:


«cp, '1'), ro) + «'1', ro), cp) + «ro, cp), '1') = 0, (182)
appelé communément identité de Poisson. Cette identité contient les crochets
doubles de Poisson. Chaque terme de cette identité est le crochet de Poisson
d'une fonction et du crochet de Poisson des deux autres fonctions. Pour vérifier
l'identité (182) on remarquera préalablement que chaque terme contient des
dérivées du premier ordre. Cette identité étant symétrique par rapport aux
fonctions cp, 'P et ro et aux variables Xk et Pk' pour la vérifier il suffit de s'assu-
rer que tous les termes contenant :cp se simplifient dans le premier membre. En
utilisant la définition du crochet !/Poisson, on s'assure que le coefficient en
ôcp du premier membre de l'identité est:
{}
Pk
n
'" [ {} ({}'i')
LI {}Ps {}Xk
{}ro
{}x s -
{}
{}x s
({}'l')
{}Xk
{}ro ]
{}Ps -
s=1

{} ({}ro) {}'l' ]
ôX s {}Xk {}Ps •

En dérivant on constate que ce coefficient est bien nul.


1-1-24. Méthode de Jacobi. On se propose maintenant de généraliser la
méthode de Lagrange-Charpie, plus exactement, de chercher une intégrale comp-
lète d'une équation du premier ordre pour un nombre quelconque de variables
indépendantes en admettant que cette équation est de la forme
FI (Xl' ••• , Xn' Pl' • 0 0' Pn) = 0, (183)
c'est-à-dire ne contient pas la fonction inconnue u. Si l'on réussit à choisir en-
core n - 1 fonctions F k de telle sorte que les n fonctions obtenues soient deux
à deux en involution et soient solubles en Pk' alors en considérant le système
70 CH. 1. THeORIE DES :eQUATIONS AUX' D:eRIV:eES PARTIELLES

(177) dans lequel on posera al = 0, on trouvera les Pk vérifiant les conditions


(176) et par suite on aura u. Le système (177) nous donne n - 1 constantes
arbitraires; on obtient encore une constante arbitraire en remontant des dérivées
partielles Pk de u à la fonction u. Les fonctions Fk se déterminent de proche en
proche. Supposons que l'on connaisse les m premières fonctions FI' F 2 , ••• , Fm
(on rappelle que ces fonctions sont deux à deux en involution et solubles par
rapport à m variables Pk)' Pour trouver la fonction Fm+l' on forme les m équa-
tions :
(FI' u) = 0; (F 2 , u) = 0; ... ; (Fm, u) = O. (184)
Ces équations sont des équations linéaires sans second membre pour la fonction
F m+l de 2n variables indépendantes Xk et Pk'
La forme détaillée de ce système est:
n

~ (:~:
k=1
::k - ::~ :;:) =0 (j = 1, ... , m). (185)

Les fonctions FJ étant solubles par rapport à m variables Pk' un jacobien d'ordre
m des fonctions FJ par rapport aux variables Pk est différent de zéro, et par suite
la matrice du système (185) est de rang m, c'est-à-dire que les équations (185)
sont bien linéairement indépendantes. Montrons que ce système est complet.
Formons à cet effet les différences (165) pour le système (184):
(Fp , (F q' u)} - (F q' (Fp , u».
Il nous faut montrer que ces différences sont identiquement nulles. L'identité
(182) nous permet de mettre cette différence sous la forme:
-«F q' u), F p ) - «u, F p ), F q) = «Fp , F q), u}.
Les fonctions Fp et F q étant en involution, cette différence est nulle. Donc,
d'après ce qui a été dit au [1-1-22], le système (185) possède 2n - m solutions
indépendantes. Outre les solutions évidentes
u = FI; u = F 2; .•• ; u = Fm, (186)
ce système doit encore en posséder 2n - 2m et toutes ces solutions sont solubles
par rapport à 2n - m variables Xk et Pk. Donc, le système (185) possède néces-
sairement une solution u = F m+l telle que les équations FI = 0, F 2 = a2; ...
• • • ; Fm+l = am+l soient solubles par rapport à m + 1 variables Pk' Pour
trouver la fonction suivante F m+2' on forme le système
(FI' u) = 0; ... ; (Fm+l , u) = 0,
qui est justiciable des mêmes raisonnements que le système (184). On construit
ainsi n fonctions deux à deux en involution et le système (177) sera soluble en
tous les Pk (pour al = 0). Ceci nous conduit, comme nous l'avons vu plus haut,
à une intégrale complète de l'équation (183).
On a admis que l'équation ne contient pas la fonction inconnue. Si elle la
contient, c'est-à-dire si elle est de la forme
F (Xl! ••• , X n , u, Pl' •.• , Pn) = 0,
on peut, en augmentant le nombre des variables indépendantes d'une unité,
arriver à une équation ne contenant pas la fonction inconnue. Il suffit pour cela
de chercher la solution sous la forme implicite:
v (Xl' ••. , Xn , u) = C,
où C est une constante arbitraire. En appliquant la règle de dérivation des
fonctions implicites, on obtient comme toujours une équation pour v qui ne
renferme pas v.
1-1-25. SYST:Il:MES CANONIQUES 71

1-1-25. Systèmes canoniques. Etablissons un lien e~tre les raisonnements


précédents et le système de Cauchy. On étudiera le cas où l'équation ne contient
pas la fonction inconnue et est résolue par rapport à une dérivée. Pour des rai-
sons de symétrie, introduisons n + 1 variable"s indépendantes et désignons
l'une d'elles par t et la dérivée par rapport à t par Po = Ut. L'équation devient
alors:
Po + H (t, Xl' ••• , X n ' Pl' ••• , Pn) = 0, (187)
et le système de Cauchy correspondant sera un système canonique (1-1-17]
dXh =H dpk = -H . (188)
dt Pk' dt xk
Supposons que
cp (t, Xl' • • • , X n ' Pl' •.. , Pn) = C
est une intégrale du système, c'est-à-dire que
n

CPt + LJ
'" (dXh
CPXk ~+CPPh ( f t
dph )
=0
h=1
en vertu du système (188). La dernière équation s'écrit encore:
CPt + (H, cp) = O. ('189)
Donc, pour que la fonction cp soit intégrale du système, il est nécessaire et suffi-
sant qu'elle soit solution de l'équation (189). Soient cP et'iJ deux intégrales du
système. Montrons que leur crochet de Poisson (cp, 'iJ) est aussi une intégrale du
système (ou une constante). De la définition du crochet de Poisson on déduit
immédiatement que

En substituant la fonction Cl) = (cp, '1') à cP dans la relation (189), on trouve:


(CPt, '1') +
(cp, '1't) +
(H, (cp, 'iJ)} = O.
Vu que cP et '1' sont des intégrales, on peut dans la dernière égalité effectuer la
substitution:
CPt = -(H, cp); 'iJt = -(H, 'iJ),
et obtenir en définitive la relation
-((H, cp), 'iJ) - (cp, (H, '1')} + (H, (cp, '1')) = 0,
qui est identiquement réalisée en vertu de (182). Donc, le crochet de Poisson de
deux intégrales du système canonique est aussi une intégrale de ce système ou une
constante.
Supposons maintenant que nous connaissons n intégrales du système (188):
CPs (t, Xu ••• , Xn, Pl' ••• , Pn) = as (s = 1, 2, ••• , n), (190)
ces intégrales étant delL"<: à deux en involution et solubles par rapport à Ph.
J oignons l'équation différentielle (187) aux équations (190) et montrons que les
11+ 1 fonctions obtenues sont deux à deux en involution en tant que fonctions
des variables t, Xl' • • • , x n et de Po, Pl' ••• , Pn • Les fonctions (190) seront
de toute évidence en involution même après adjonction de la variable indépen-
dante t, puisqu'elles ne dépendent pas de Po. Il suffit donc de vérifier que chaque
fonction (190) et le premier membre de (187) sont en involution. En égalant le
72 CH. 1. TH:mORIE DES ~QUATIONS AUX D:mRIV:eES PARTIELLES

crochet de Poisson correspondant à zéro, on obtient la relation

qui est nécessairement réalisée, puisque les fonctions (190) sont des intégrales du
système (188). Compte tenu des résultats de [1-1-24] on peut affirmer que si l'on
résout les équations (190) par rapport à Ph (k = 1, ... , n), et l'équation (187)
par rapport à Po, et que l'on porte les expressions de Ph ainsi obtenues dans la
fonction H, alors la somme

Pl dXl + P2 dx 2 + ... + Pn dxn - H dt


sera la différentielle totale d'une fonction v (t, Xl' ••• , Xn, al' ••• , an) qui
sera visiblement une intégrale complète de l'équation (187). Le théorème de
Jacobi nous permet d'affirmer que les n autres intégrales du système canonique
(190) s'obtiennent par une simple dérivation, plus exactement, elles sont defi-
nies par les égalités vak = bk (k = 1, ... , n).
1-1-26. Exemples. 1. Considérons le système d'équations linéaires sans
second membre
+
Xl = Pl (X2+ X4-3x 1 ) Ps+ (XS+XI X2+ XI X4) P4 =0,
(191)
{ X = P2+(XSX - x ) PS+ (X XSx +X -XI X2) P4=0.
2 4 2 1 4 2
Le crochet de Poisson des premiers membres nous donne encore une équa-
tion: X s = Ps + X1P4 = O.
Les crochets de Poisson (Xl' X 2) et (X 2' X S) ne diffèrent du premier mem-
bre de la dernière équation que par un facteur multiplicatif. On a donc un systè-
me complet de trois équations. Sa résolution par rapport à Pl' P2 et Ps nous don-
ne le système jacobien:
Pl + (xa + 3xl) P4 = 0; P2 + X2P4 = 0; Pa + X1P4 = O.
Les solutions de la dernière équation sont Xl' X2 et X4 - X1XS' Introduisons les
variables indépendantes Xl' X2' Xa et t = X4 - XIXa' Le système devient:

~+3xt ôu =0; ~+X2~=0; ~=O.


ÔXl ôt ÔX2 ôt ôXs
Les deux premières équations forment un système jacobien par rapport aux
2
variables Xh X2 et t. Les solutions de la deuxième équation sont Xl et t _ ~2 •
x 22
Introduisons les nouvelles variables indépendantes Xl' X2 et 't' = t- 2 • Les
équations mentionnées deviennent:

.!!!:...+3x2~=0·
ÔXt 1 Ô't' '
~=O.
ôX 2
La première équation a pour solution
x2
u='t'-xi ou U==X4-Xlxa-y-xl,
et toute fonction de u est solution du système (191).
2. Trouver une intégrale complète de l'équation
FI = (Pl +
X2)2 (Xl+ +
P2)2 - XaPs = O. (192)
1-1-27. MSTHODE DES SSRIES MAJORANTES 73

L'équation (FI' u) = 0 s'écrit:


au au au au
2 (Pl+x2) -a-+ 2 (X l +P2) -a--xa - a - - 2 (X 1 +P2) -a--
~ ~ ~ ~
. au au
-2 (Pl +X 2 ) -a-+Pa -a =0. (193)
P2 Ps
Cette équation admet la solution évidente u = Xl P2. Posons +
F2 = Xl + P2 = a2·
Joignons à l'équation (193) l'équation

au
(F 2 , u) = - - - - - = 0 .
au
apI aX 2

Cette équation et l'équation (193) admettent pour solution u = XsPs, c'est-à-dire


que
Fs = XsPs = as. (192 2 )
Résolvons les équations (192), (1921) et (192 2) par rapport à Pl' P2 et Pa:
as
Ps =-x;-.
En remontant des dérivées partielles Pit P2 et Ps de u à u, on trouve l'intégrale
complète de l'équation (192):
u= -XIX 2 +-r as-a~ Xl +a 2 x 2 +a s ln xa+a.
1-1-27. Méthode des séries majorantes. En étudiant le problème
de Cauchy on a admis que les fonctions données et les fonctions incon-
nues sont des fonctions réelles de variables réelles indépendantes,
dérivables jusqu'à un certain ordre. Dans ce numéro et dans les deux
suivants, on se propose de prouver que le problème de Cauchy admet
une solution unique pour les équations et systèmes d'équations
d'ordre quelconque sous réserve que les fonctions soient analytiques.
On admettra que les variables indépendantes Xl' ••• , X n sont tou-
jours réelles et que les fonctions données et les fonctions inconnues
peuvent prendre des valeurs complexes. On aura besoin préalable-
ment de quelques propositions auxiliaires.
Soit donnée une série entière de m variables
00

.•. , zm) = ~
Pl, .", Pm=O
apll•.. Pm Zfl, ... , ZPm
m' (194)

convergente pour
1 Zl 1 ~ RI; ••• ; 1 Zm 1 ~ Rm• (195)
On admettra que les rayons de convergence de la serIe (194) sont
légèrement supérieurs aux nombres Rh' Soit M le maximum du mo-
dule de la fonction (194) sous les conditions (195). On a vu que la
74 CH. I. TImORIE DES :eQUATIONS AUX DaRIVaES PARTIELLES

série entière de la fonction


M
(196)

(tome 111 2 , UV-3l) a tous ses coefficients strictement positifs et


supérieurs en module à ceux de la série (194). On exprime ce fait en
disant que la série (196) est une série majorante de la série (194).
En général, on appelle série majorante de la série
oc

2J
Pl,.··, Pm=O
CPI •.. Pm Zfl , ... , z!:tm (197)

une série de la même forme dont les coefficients sont positifs et supé-
rieurs en module aux coefficients respectifs de la série (197). On sait
que toute série entière converge absolument à l'intérieur de ses dis-
ques de convergence (tome 111 2 , UV-3l). Si une série majorante de la
série (197) converge pour 1 Zk 1 < Pk (k = 1, 2, ... , m), alors on
. peut de toute évidence affirmer que la série (197) converge à l'inté-
rieur des disques 1 Zk 1 < Pk' Supposons que dans (196) tous les Rh.
sont égaux (ceci revient à remplacer les R k par le plus petit d'entre
eux) et considérons les fonctions
M
(198)

et
M
(199)

Les séries entières respectives de ces fonctions sont:


00
Pl Pm
M Zl •• , Zm
et
RPI+'" +Pm
Pl, .. " Pm=O

En développant (Zl + ... +


zm)P on s'assure que les coefficients
du développement en série de la fonction (199) sont supérieurs aux
coefficients respectifs du développement de (198), c'est-à-dire que
la fonction (199) (ou la série entière correspondante) sera aussi majo-
rante de la fonction (197) (resp. de la série entière correspondante).
La méthode des séries entières majorantes est utilisée pour dé-
montrer l'existence de la s~lution des équations différentielles lors-
que les fonctions mises en jeu sont analytiques. Effectuons cette
démonstration d'abord pour une équation différentielle ordinaire du
1-1-27. M:eTHODE DES S:eR1ES MAJORANTES' , 75

premier ordre. Soit donnée une équation différentielle


dy
dx =1 (x, y),

dont le second membre est une série entière en x et y, convergeant au


voisinage de x = y = 0, c'est-à-dire que
00

dy _ ~ p q
dx - LJ apqx y . (200)
p, q=O

On demande une solution qui soit régulière en x = 0 et qui vérifie


la condition initiale
y lx=o = O. (201)
Pour trouver cette solution il suffit de composer sa série de Maclau-
rin, c'est-à-dire de calculer les valeurs des dérivées pour x = O. Le
terme constant de cette série est donné par la condition initiale (201)
et est nul. La valeur de la dérivée première en x = 0 est donnée
par l'équation différentielle, soit y~ = aoo. Dérivons les deux mem-
bres de l'équation par rapport à x pour déterminer la dérivée seconde:
00 00

y" = L papqxP-1yQ + ,~ qa pQ x P yQ-l y ' ,


P. q=O p, q=O

En portant x = 0; y = 0 et y~ = a oo dans le second membre, on


trouve la valeur de la dérivée seconde en x = 0, soit
y~ = alO + a01aOO •

En poursuivant cette procédure, on définit les dérivées de tout ordre


pour x = 0 et on forme la série de Maclaurin:
,
Yo 11yo
x +
"
Yo 2+
2! x +
••• (202)

Des calculs précédents il ressort qu'il n'existe qu'une seule solution


régulière vérifiant la condition initiale donnée. Mais pour affirmer
que cette solution existe bien, il nous faut démontrer que la série
(202) possède un rayon de convergence plus grand que zéro. Signa-
lons que toutes les opérations effectuées sur les séries sont licites en
vertu des propriétés fondamentales des séries entières à l'intérieur
de leurs disques de convergence. Si la série (202) est convergente,
alors sa somme est solution de l'équation (200) en vertu du procédé
qui a servi à former les coefficients.
Les calculs précédents nous montrent que les coefficients de la
série (202) sont des polynômes de a pq à coefficients numériques posi-
tifs. En effet, en dérivant successivement l'équation et en portant
les valeurs initiales des dérivées dans le second membre, les seules
opérations qu'on ait effectuées sur les coefficients sont l'addition et
76 CH. 1. T~ORIEnES SQUATIONS AUX nSRIY:eES PARTIELLES

la multiplication. Par conséquent, si l'on remplace la série du second


membre de l'équation (200) par une série majorante, alors la série
(202) sera remplacée aussi par une série majorante. Si cette série
majorante converge au voisinage de 0, il en sera de même à fortiori
de la série (202). Le fait majeur de la suite de la démonstration est
que la substitution à la série du second membre de l'équation (200)
d'une série majorante nous donne une équation 'intégrable en termes
finis. Supposons que la série du second membre de l'équation (200)
converge absolument pour 1 x 1 ~ R et 1 y 1 ~ R et soit M le maxi-
mum de sa somme sous les conditions indiquées. En passant à la série
majorante, on obtient l'équation différentielle
dy M
(203)
(fX- ( x ) ( y ) ,
t-lf t-]f

qui est à variables séparées:

En l'intégrant et en tenant compte de (201), on obtient


y2
- - M R l n (1
Y - -2R
X--)
- R '
d'où

y= R- R V 1 + 2M ln ( 1- ~ ) . (204)

Le radical doit prendre la valeur 1 pour x = 0 pour que la condition


initiale (201) soit vérifiée. La fonction (204) est régulière en x = 0
et par suite se développe en série entière.
Les coefficients de cette série sont de toute évidence les mêmes
que ceux obtenus par dérivation terme à terme de l'équation (203)
avec le procédé ci-dessus. Donc, la série (202) converge au voisinage
de 0 pour l'équation (203). Donc, elle converge à fortiori, comme nous
l'avons vu plus haut, pour l'équation initiale. Ceci prouve non seule-
ment l'unicité mais aussi l'existence d'une solution régulière véri-
fiant la condition initiale (201).
1-1-28. Théorème de Kovalevskaïa. La méthode des séries et fonc-
tions majorantes est favorable à la démonstration de l'existence et
de l'unicité de la solution du problème de Cauchy pour des équations
aux dérivées partielles. On opérera toujours sur des équations diffé-
rentielles sous forme résolue. Soit donnée une équation différentielle
du premier ordre
Pl =f (xu ••.• x n , U, P2' • • ., Pn), (205)
1-1-28. TH:eOR:E:ME DE KOVALEVSKAYA 77

où t est une fonction régulière au point


X 1- - ' " -- P = p(O)
- 0,. u -- u(O) ' 2
xn - 2 '• • • • ,• Pn -- p(O).
n , (206)
les valeurs initiales des variables indépendantes ont été prises éga-
les à zéro sans nuire à la généralité. On cherche la solution qui
vérifie la condition initiale suivante:
uI X1 =o=<P(X 2, ••• , x n ). (207)
On admet que la fonction <P (x 2 , • • • , x n ) est régulière pour les
valeurs nulles de ses arguments et de plus que
«(fl)o=u(O); (<Px,)o=PkO) (k=2, ••• , n), (208)
l'indice inférieur « 0 » indique que tous les arguments de la fonction
sont remplacés par des zéros. Avant d'aborder la résolution de ce
problème, on se propose d'affaiblir les conditions du problème par
un changement élémentaire de la fonction inconnue, plus exacte-
ment, on posera
u = u' +
(fl (x 2 , • • • , x n ) +
AXl'
où la constante A est la valeur prise par le second membre de l'équa-
tion (205) pour les valeurs initiales (206) des arguments, autrement
dit, A est le terme constant du développement du second membre de
l'équation (205) en série entière
A= t (0, ... ,0, (<p)o' (<PX2)0, ••• , (<Pxn)o)·
La nouvelle fonction u' doit satisfaire l'équation
u;1 = t (Xl' ••• , Xn' U' + <P + Axl , U~ 2 + (flx 2 , ••• ,U~n + <Px n )-
- t (0, ... ,0, (<p)o, «(flx 2)0,"" (<Pxn)o), (209)
et la condition initiale (207) est remplacée par
u' lx 1 =0 = o.
Portons notre attention sur les arguments de la fonction du second
membre de l'équation (209). Si l'on pose X s = 0 et u' = 0, alors
l'argument u'+ <P +
AXI devient égal à (<p)o. De même, si l'on pose
Xs = 0 et U~k = 0, alors chaque argument <Pxk +
U~k devient égal
à ((flxk)O' Donc, pour les valeurs nulles de x s , u' et u~k les arguments
de cette fonction sont confondus précisément avec les valeurs initia-
les (208) pour lesquelles la fonction t est régulière. On peut donc affir-
mer que le second membre de l'équation (209) est une fonction régu-
lière au point
Xl = ... = Xn = U" = XX2 = ... = '0
u Xn = . (210)
D'autre part, en tenant compte du terme soustrait au second
membre de (209), on peut affirmer que ce second membre s'annule
pour les valeurs initiales (210). des arguments.
78 CH. I. THEORIE DES EQUATIONS AUX· n:eRIV:eES PARTIELLES

On a donc réduit la condition initiale et les valeurs initiales des


arguments de la fonction du second membre de (209) à zéro. En con-
servant les notations précédentes, on s'est donc ramené au problème
suivant: étant donnée l'équation différentielle
Pl = f (Xl' ••• , X n , U, P2' . . . , Pn), (211)
où f est une fonction régulière et nulle au point
Xl = ...= Xn = U = P2 = ...= Pn = 0,
on demande la solution de cette équation qui satisfait la condition
U lx 1=0 = O. (212)
On remarquera que le second membre de l'équation (211) doit se
développer en une série de la forme
00

f =
(213)
- 0) ,
(a0···00···0-
convergente au voisinage de O.
Exactement comme dans le cas d'une équation différentielle
ordinaire, en se servant de l'équation (211) et de la condition ini-
tiale (212), on calculera les coefficients de la série de Maclaurin de
la fonction inconnue u, c'est-à-dire les valeurs de toutes les dérivées
partielles en O. En dérivant par rapport à tout argument autre que
Xl' on peut poser préalablement Xl = O.
La condition initiale (212) nous montre donc que
aa2+ ...+anu ) = 0
( uX
~ a2 ••• uX
~ an ' (214)
2 n 0

où ah sont des entiers naturels positifs. Calculons maintenant les


valeurs initiales des dérivées par rapport à Xl' De l'équation (211)
il s'ensuit

( ~)
aXl 0 = 0• (215)
En dérivant un nombre quelconque de fois les deux membres de
l'équation (211) par rapport aux variables X 2 ' • • • , X n et en portant
ensuite les valeurs nulles des arguments, on obtiendra au second
membre les valeurs déjà calculées des dérivées (214) et (215) et l'on
pourra ainsi définir
1":1-28. TH:E:OR~ME DE KOVALEVSKAYA 79

quelles que soJent les valeurs positives a 2 , • • • , an. On considère


ensuite l'équation déduite de (211) par dérivation par rapport à Xl
et on procède comme pour l'équation "principale. On obtient des
valeurs bien définies pour les dérivées

En poursuivant cette procédure on peut calculer n'importe quelle


dérivée partielle de la fonction inconnue pour les valeurs initiales
des arguments et former la série de Maclaurin:

(216)

Comme dans le cas d'une équation différentielle ordinaire, les rai-


sonnements précédents prouvent que le problème de Cauchy admet
une solution régulière unique. Pour prouver l'existence de cette
solution, il faut montrer que lorsqu'on porte les valeurs initiales
des dérivées dans la série (216), celle-ci converge dans des disques
centrés en l'origine. Comme dans le paragraphe précédent, on peut
affirmer que si l'on remplace la série (213) par une série majorante et
si la série (216) formée pour l'équation majorante converge, alors
elle convergera à fortiori pour l'équation initiale. Supposons que la
série (213) converge absolument et uniformément pour
1 Xl 1 ~ p; .•. ; 1 Xn 1 ~ p; 1u 1~ p; 1 P2 1 ~
~ R; • . .; 1Pn 1 ~ R,
et soit M le maximum du module de la somme de cette série. La
fonction
M
-M
(f- ~l ) ••• (f- x; ) (1-+) (1- ~ ) ... (f- P~ )

majore la série (213). A noter qu'on a soustrait le nombre M pour


éliminer le terme constant. La fonction
M -M
(t - Xl + ...: Xn + U ) (1- P2 + .R' + Pn )
majorera à fortiori la série (213). Si l'on divise la variable Xl par un
nombre a E lO, 1[, alors des puissances de a apparaîtront aux déno-
80 CH. 1. THEORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

minateurs des coefficients des termes en Xl et la fonction


M -M
( 1-
~-+X2+
ex
... +xn+u) (1- P2 + .•• + Pn )
p R
majorera à plus forte raison la série (213). On a donc affaire à l'équa-
tion majorante

En calculant les coefficients de la série de Maclaurin de la solution


de cette équation qui vérifie la condition initiale (212), on obtient
une série entière qui s'annule pour X s = 0 et la série majorante de la
série (216) pour l'équation (211). Si cette série converge, il en sera
à plus forte raison de même de la série (216) formée pour l'équation
(211). On se propose maintenant de trouver la solution de l'équation
(217) qui vérifie la condition initiale
(218)
où 11' est une série entière à coefficients positifs. Les coefficients de la
série de Maclaurin de cette solution se calculent comme plus haut
à une différence près: c'est que la condition initiale (218) amènera
non plus des zéros mais des nombres positifs au second membre de
la formule (214) pour toutes les valeurs positives de ah. Les autres
coefficients s'obtiennent par des additions et des multiplications
sur les coefficients positifs et strictement positifs déjà calculés du
développement en série du second membre de l'équation (218). Donc,
si pour l'équation (217) on remplace la condition initiale nulle (212)
par la condition initiale (218), où 11' se développe en une série à coeffi-
cients réels positifs, alors la série (216) formée pour l'équation (217)
avec la condition initiale,(218) sera majorante de la série (216) formée
pour l'équation (217) avec la condition initiale nulle (212) et à for-
tiori majorante de la série (216) composée pour l'équation (211) avec
la condition initiale (212). Tout revient donc à prouver que la série
(216) formée pour l'équation (217) avec une condition initiale de la
forme (218), où 11' possède la propriété mentionnée ci-dessus, converge
dans des disques centrés en l'origine.
Autrement dit, tout revient à trouver une solution de l'équation
(217) vérifiant une condition initiale de la forme (218) et à prouver
que cette solution se développe en série de Maclaurin au voisinage
de O. On cherchera cette solution sous forme d'une fonction d'une
seule variable z = Xl + + ... +
a (x 2 x n ).
1-{-28. TH:eOR~ME DE KOVALEVSKAIA 81

Ceci étant,
du du
U X1 = dz; U Xk = a dz (k = 2, ... , n) ,
et, par suite, l'équation (217) devient
du M
M,

ou
dz - (
1- a;" (1- (n~1)
Z )

" ~: )

(
1_(n-1)Ma) du _ (n-1)a (dU )2= __M M.
R dz R dz z
-+u
1- _a_ _
p
On admettra que le nombre a est pris assez proche de 0 pour que
le coefficient en :~ soit strictement positif. En développant le second
membre de la dernière équation à l'aide de la formule de la somme
d'une progression géométrique, on obtient une série entière sans terme
constant à coefficients strictement positifs. Cette équation s'écrit
alors
du) 2 2 du
h dz T <P (z, U) = 0,
1
( dz -

où h > 0 et <P (z, U) est une série entière sans terme constant à coeffi-
cients strictement positifs. En résolvant ce trinôme du second degré
par rapport à ~:' on obtient l'équation différentielle du premier
ordre
~~ = h - h JI" 1 - ;2 <P (z, u), (219)
le radical étant supposé égal à 1 pour z = u= o. La formule du
binôme de Newton nous donne

- h JI" 1 - h~ <P (z, u) =

"21 (}) 1 (1.)


2" 2"-1 <ç2
1 (1
2 2"-1
) ( 1 )
2 -2 cp3
= - h +1T h - 2! -h 3 + 3f ho + ... ,
et tous les coefficients en les puissances de <P sont strictement positifs.
Un développement en série entière de z et u nous donne au second
membre de (219) une série entière de <Pl (z, u) à coefficients stricte-
~ent positifs et sans terme constant, et l'on obtient l'équation du
premier ordre

6-01017
82 CH. I. TImORIE DES :e.QUATIONS AUX D:e.RIV:e.ES PARTIELLES

D'a près le théorème d'existence établi antérieurement, cette équa-


tion admet une solution régulière vérifiant la condition initiale
u Iz=o = O. Cette solution se représente par une série
.00

u= ~ CkZR
k=l
dont tous les coefficients sont strictement positifs. Si l'on porte
Z = Xl + a (x 2 + ... + x n ) dans cette série, on obtient la solution
de l'équation (217) sous forme d'une série entière à coefficients
strictement positifs. Cette solution vérifiera pour Xl = 0 une con-
dition initiale (218), où'i' (x 2 , • • • , x n ) est une série entière à coeffi-
cients strictement positifs. D'après ce qui a été dit plus haut, la
construction d'une telle solution de l'équation (216) achève la démons-
tration du théorème d'existence de la solution du problème de Cau-
chy. Cette démonstration est due à Goursat. Mais le théorème porte
généralement le nom de Kovalevskaïa, car c'est elle qui la première
en a donné une démonstration complète.
De la démonstration précédente, il s'ensuit que les rayons des
disques de convergence de la série (216) (qui donne la solution du
problème (211), (212» ne dépendent que des rayons de convergence
du second membre de l'équation (213) et du maximum du module M
de ce second membre et pas de la forme de la fonction f. S'agissant
de l'équation (205) avec la condition initiale (207), il faut encore
tenir compte de la dépendance par rapport au rayon de convergence
et au maximum du module de la fonction rp (x 2 , • • • , x n ) figurant
dans la condition (207). Cette remarque concerne également les ré-
sultats du numéro suivant.
1-1-29. Equations d'ordre supérieur. La méthode développée
s'applique sans changements presque aux équations d'ordre supé-
rieur. Voyons à titre d'exemple une équation du deuxième ordre
à deux variables indépendantes, résolue par rapport à la dérivée
seconde par rapport à x:
r = f (x, y, U, p, q, s, t)
(p = u x ' q = u y , r = U xx , S = u xy , t = U yy ). (220)
Les conditions initiales sont:
u Ix=o = rp (y) ; P Ix=o = 'i' (y). (221)
Supposons que rp (y) et 'i' (y) sont des fonctions régulières en y = O.
Posons
rp (0) = uo; 'i' (0) = Po; rp' (0) = qo; 'i" (0) = So; rp" (0) = t o
et admettons que le second membre de l'équation (220) est une fonc-
tion régulière au point
x = y = 0; u = U o ; P = Po; q = qo; s = So; t = t o'
1-1-29. :mQUATIONS D'ORDRE SUP:mRIEUR 83

Ceci étant, l'équation (220) admet une solution régulière uniqu~


vérifiant les conditions de Cauchy (221). Nous sauterons la démon-
stration de cette proposition, qui est analogue à la précédente, et
indiquerons seulement comment calculer les coefficients de Maclaurin
de la solution cherchée. Les conditions initiales (221) nous donnent
immédiatement la valeur des dérivées
1
aa U ) , ( a +o:u) ,
( aya 0 ax aya 0
quels que soient les ex ~ 0, c'est-à-dire que les conditions initiales
nous donnent la valeur initiale de la fonction U et de ses dérivées
partiellf's dans lesquelles la dérivation par rapport à x a été effectuée
une fois au plus. L'équation (220) nous donne ensuite
a2u \
( Ôx 2 Jo·
Une dérivation des deux membres de (220) plusieurs fois par rapport
à y nous permet de déterminer les valeurs de
ô2+au )
( ôx 2 aya o·
En dérivant les deux membres de (220) par rapport à x 'et en effec-
tuant sur l'équation ainsi obtenue exactement les mêmes opérations
que sur l'équation initiale (220), on trouve les valeurs de
ô3+au )
(
Ôx3 Bya o·
En poursuivant cette procédure, on obtient tous les coefficients d~
Maclaurin de la fonction u et ces coefficients sont unique~. '
Formulons maintenant le théorème de Kovalevskaïa dans le cas
général pour des systèmes d' équations d'ordre' quelèoIlque. Soi'"
donné un système de m équations
arhUh _ ( BlUi)
--rh=-=--fh Xh Ui' a h B ln (k= 1, ... , m),
BX I Xl· •• Xn

étant les fonctions inconnues, Xl' • • • , X n7 les variables;


U I , ••• , U m
indépendantes. Les seconds membres de ces équations contiennent
les variables x s , les fonctions inconnues Uh et leurs dérivées jusqu fit
rh
l , or d re rh a.. l' exceptIOn
. d es d Uh par rapport auxqueIl es ce
' · ' -() - r-
erlvees
. Bxlh "
système est résolu. Les conditions initiales sont de la forme:

6*
84 CH. I. TIœORIE DES ~QUATIONS AUX D:eRI~ES PARTIELLES

On admet que les fonctions figurant aux seconds membres des éga-
lités (223) sont régulières en x = (0, ... , 0). Calculons à l'aide de
ces fonctions les valeurs prises au point x = (0, ... , 0) par toutes
les fonctions figurant dans hl. ( ) (k = 1, ... , m). Supposons que
les fonctions tk (...) (k = 1, , m) sont régulières au voisinage
des valeurs calculées de leurs arguments.
Si les conditions énumérées sont remplies, le théorème d'existence
et d'unicité nous dit que le système (222) admet une solution régu-
lière satisfaisant les conditions initiales (223).
Signalons qu'on aurait pu bâtir la théorie des équations diffé-
rentielles à dérivées partielles en ne considérant que des fonctions
analytiques. Cependant cette approche présente des défauts qui seront
mis en évidence lors de l'étude des équations d'ordre supérieur.

1-2. ~quations d'ordre supérieur


1-2-1. Types d'équations du second ordre. On commencera l'exposé
de la théorie générale des équations d'ordre supérieur par l'étude des
équations linéaires du second ordre. Soit donnée une équation liné-
aire du second ordre par rapport à la fonction u (Xl' ••• , x n ):
ft n
~ aik (X) UXiXk ~ bk (x) lh k + C(X) u = O.
+ k=1 (1)
i. k=l

On admet que les coefficients aik sont des fonctions données des varia-
.hIes X s et que aki = aik, puisque le résultat est indépendant de l'or-
dre de dérivation. Les fonctions et les variables indépendantes sont
supposées réelles.
La théorie générale classe les équations en types. Tout varie d'un
type à l'autre, de la position des principaux problèmes et des métho-
des de résolution jusqu'aux solutions qui sont douées de propriétés
analytiques différentes. Dans ce numéro, on se propose de définir
les principaux types d'équations de la forme (1). Considérons à cet
effet la forme quadratique par rapport aux variables auxiliaires
68 :
n
2J aikSt~k' (2)
i, k=l

En attribuant aux variables X s des valeurs x~O), on obtiendra une for-


me quadratique à coefficients numériques. Si cette forme est définie
positive ou négative (tome 111 1 , [11-2-41), on dit que l'équation (1)
est de type elliptique au point X s = x~O). On dira qu'une équation
~st de type elliptique dans un domaine D de l'espace (Xl' ... , x n )
si elle l'est en tout point de D. La forme quadratique (2) se ramène
à une somme de carrés dite forme réduite. Si les co_efficients de la
1-2-1. TYPES D':mQUATIONS DU SECOND ORDRE 85

forme réduite sont non nuls et de même signe, la forme (2) est de type
elliptique.
On dira que l'équation (1) est de type hyperbolique dans un do-
maine D si les coefficients de la forme réduite de (2) sont tous de
même signe à l'exception d'un qui est de signe contraire. L'équation
(1) est de type ultrahyperbolique si aucun coefficient n'est nul et la
forme quadratique réduite n'est ni elliptique, ni hyperbolique. Si
les coefficients aik sont constants, le type de l'équation ne dépend
pas des valeurs prises par les variables indépendantes. L' équation de
Laplace est de type elliptique, l'équation des ondes, de type hyper-
bolique.
Il existe enfin une classe d'équations (1) dites équations paraboli-
ques. Ces équations sont définies par les- coefficients dominants
aik (x) et aussi par les coefficients b i (x) en les dérivées UXi. Les coef-
ficients de la forme quadratique réduite sont tous de même signe
à l'exception d'un qui est nul. On prouvera dans le numéro suivant
que l' équation (1) peut être ramenée, au point fixe x = x(O) , à la
forme
n n
h
i=l
'Ai (x(O» uy.y.
Z Z
+ i=1
LJ bi (x(O» u y.
Z
+ c (XO)u = 0
par un changement de variables linéaire non dégénéré.
La condition de parabolicité de l'équation (1) au point x(O) se
traduit, après réduction à l'équation précédente, par le fait qu'un
'Ai (x(O» (pour fixer les idées 'An (x(O») est nul et les autres tous stricte-
ment positifs ou tous strictement négatifs, le coefficient b~ (x(O»
en uYn étant différent de zéro. Un exemple classique d'équation para-
bolique est l'équation de la chaleur
n-l
2J
i=l
UX.x. -
Z Z
Ux
n
= O.

Les variables Xi' i = 1, 2, ... , n - 1 sont généralement traitées


comme des variables spatiales, la variable x n , comme le temps.
Les classes (types) définies n'englobent pas toutes les équations
(1). Il existe en effet des équations pour lesquelles plusieurs coeffi-
cients 'Ai (x(O» sont nuls. Si les bi (x(O» correspondants ne sont pas
nuls, on dit alors qu'au point x(O) l'équation est ultraparabolique
ou parabolique avec plusieurs temps. Dans le cas contraire, l'équa-
tion ne contient pas de dérivées suivant certaines directions et les Y,
correspondants joueront le rôle de paramètres. Nous n'envisagerons
pas toutes les situations susceptibles de se présenter, nous limiterons
notre étude aux cas où l'équation est de type elliptique, hyperbolique
ou parabolique dans le domaine qui nous intéresse.
Si les coefficients de l'équation (1) contiennent la fonction u
et ses dérivées partielles ux Z., alors on ne peut parler du type de cette
m CH. I. TImORIE DES :mQUATIONS AUX DSRIV1mS PARTIELLES

.équation qu'en fixant une solution u(O) (Xl' ••• , x n ). En portant


Il, = u(O) et U x = u~o: dans les coefficients, on obtient uniquement
z
des fonctions de x" et on pourra alors d'après ce qui a été dit plus
haut définir le type de l'équation pour la solution u(O).
Si l'on a affaire à une équation non linéaire:

alors pour définir le type correspondant à une solution donnée u(O),


(ln considère les coefficients
ôF
a,R, = pour u = u(O)
l ôUXiXk

et on détermine ensuite le type de l'équation linéaire.


1-2-2. Equations à coefficients constants. Considérons l'équation
(1) avec des coefficients aih constants et la forme quadratique cor-
respondante. On se propose par une transformation linéaire \des varia-
bles indépendantes de réduire l'ensemble des termes contenant les
{iérivées secondes à une forme élémentaire. Soit donc le changement
linéaire de variables
Yh = ChlXl + ... + ChnXh (k = 1, 2, ••. , n).
()n admet évidemment que le déterminant de la matrice aSSOClee
à cette transformation est non nul. On passe des dérivées par rapport
~nx anciennes variables aux dérivées par rapport aux nouvelles
variables à l'aide des formules:
n n
Ux i =~
8=1
C"iUy,
8
ux.x
l k
= 2J
s, t=1
C"iCtkUy 8 Yt'

En portant ces expressions dans l'équation (1), on obtient l'équation


transformée
n
,i, 2Jk=1 aihUYiYh + ... = 0,
où les coefficients ai': s'expriment en fonction des anciens à l'aide
des formules
n
aiR. = LJ Cfschtast· (3)
8. t=1

Si d'autre part on substitue dans la forme quadratique (2) les varia-


bles 'lJs à ~s à l'aide de la transposée de la matrice Il C ih Il et que l'on
exprime les anciennes variables en fonction des nouvelles, soit
~h = Cl k'lJl + ... + cnk'lJn (k = 1, ..., n),
1-2-2. :eQUATIONS A COEFFICIENTS CONSTANTS 87

alors on vérifie immédiatement que les coefficients ailt de la forme


quadratique transformée sont définis par les formules (3), c'est-à-dire
n n
2J
ft h=l
aih~i~h = f, ~
h=1
aik1)i1)h'

Or on sait que l'on peut toujours choisir les coefficients Cih tels que
la forme quadratique (2) se réduise à une somme de carrés, c'est-à-dire
que
n n
~ aik~i~h == LJ Â i ll:,
i, k=1 i=l

autrement dit, aih = 0 pour i =1= k et aii = Â i • Les signes des coeffi-
cients  i définissent le type de l'équation. Dans les anciennes nota-
tions, l'équation transformée s'écrit:
n
2J
i=l
ÂiUX.X~+ ••• =O.
~ •

Si l'équation est linéaire et à coefficients constants par rapport aux


dérivées premières et secondes et à la fonction u, l'équation trans-
formée s'écrit :
n n
2J
i=1
Âiux.x.
l l
+2J
i=1
biux. + cu =
l
/ (Xl' ••• , x n ). (4)

En multipliant les variables X s par un nombre dûment choisi, on


peut toujours rendre les coefficients non nuls  i égaux à +1. Suppo-
sons que tous les  i sont non nuls et montrons que par une transfor-
mation élémentaire de la fonction u nous pouvons faire disparaître
les termes contenant les dérivées premières. Soit
1
n
~
b'.
2 . -2.
--L..J ,.. x.l
U =ve 1=1 l (5)
En portant cette expression dans l'équation (4), on obtient une
équation de la forme
n
2J
i=1
ÂiV X •x i +CiV
l
= /1 (Xl' ••. , X n )·

Les  i sont tous de même signe pour une équation elliptique et l'on
peut admettre qu'ils sont strictement positifs quitte à multiplier les
deux membres de l'équation par -1. La substitution Xi = V~i
fait disparaître les coefficients Âi et en~ gardant les notations précé-
dentes, on peut affirmer que toute éqW\tion linéaire elliptique
88 CH. 1. TImORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

à coefficients constants peut être réduite à la forme


n
LJ
i=1
Ux.x.
Z l
+ ClU = Il (Xl' .. " X n )· (6)

Toute équation hyperbolique à coefficients constants se ramène


à la forme
n-1
~ Ux .x . - Ux x -t- cu = 1 (Xl' ... , X n ),
i=1 Z l n n

toute équation parabolique, à la forme


n-1
LJ
i=1
Ux .x . - Ux
l l n
+ cu = 1 (Xl' ..• X n),
la variable indépendante Xn est assimilée au temps et désignée par t.
1-2-3. Formes normales dans le cas de deux variables indépendantes.
Dans (1-2-2] on a montré que si les coefficients de l'équation (1)
sont constants, on peut ramener l'ensemble des termes contenant des
dérivées secondes à nne forme normale par une transformation liné-
aire. Si les coefficients dépendent de X u on n'a guère d'espoir de
réaliser cette réduction à une forme normale par une transformation
linéaire et l'on doit faire appel à des transformations plus générales
et même dans ce cas on ne peut résoudre ce problème que dans le cas
de deux variables indépendantes. Soit donc une équation du second
ordre à deux variables indépendantes linéaire en les dérivées secon-
des:
a (x, y) Uxx +
2b (x, y) UX1/ C (x, y) u1/1/ = O.+ (7) + ...
Faisons le changement de variables:
~ = <P (x, y); TJ = 'li' (x, y). (8)
On passe des dérivées par rapport aux anciennes variables aux déri-
vées par rapport aux nouvelles à l'aide des formules:
Ux = u,Cf'x + Urt'li'x; u ,I = u~<P,l + UT)'li',1'
Uxx = u,,<pi: + 2U;11<Px'li'x + UJ)lI'li'~ + U,<Pxx + u,,'li'xXt
u ,I1I = u;;<p~ + 2u;Tl<PI1'li',1+ uJ)Tl'li'~ + u'<P,l1/ + u,,'li'1/1/'
UX1/ = u,,<Px<P,l +;lU;Tl (<Px'li'u + <P1/'li'x) + ul1Tl'li'x'li'1/ + u~<PXI/ +
+ uTl'li'Xy·
E TI portant ces expressions dans l'équation (7), on obtient l'équation
transformée
a' (~, TJ) u" +
2b' (~, 11) U;lI c' (~, 11) U = 0,+ TlTl + ...
1-2-3. FORMES NORMALES DANS LE CAS DE DEUX VARIABLES 89


a' (~, 11) = a<p~ + 2b<px<py + c<p~,
c' (S,11) = a'l'i + 2b'l'x"Py + C"P~, (9)
{
b' (S,11) = a<px"Px + b (<Px"Py + <Py"Px) + c<Py'l'y.
L'identité
a'c' - b'2 = (ac - b2) (<Px"Pu - <Pu'l'x)2 (10)
se vérifie par une substitution directe.
Il est immédiat de voir que le signe de la différence ac - bl};
définit le type de l'équation (7). Cette dernière est elliptique, hyper-
bolique ou parabolique selon que ac - b2 est >0, <0 ou nul. En
vertu de (10), le changement de variables conserve le signe de ac - b2't
donc le type de l'équation.
Les équations hyperboliques à coefficients constants se ramènent
dans le cas de deux variables indépendantes à la forme élémentaire
U xx - uuu + ...
= O. (11)
Le changement de variables
t_ x+y. x-y
1::1- 2 '
'11=
'1 2
(12)
nous conduit à la forme élémentaire
U'T1 + ... = O. (13)
On voit donc que si une équation est hyperbolique, elle se réduit
dans le cas de deux variables indépendantes à la forme (11) ou (13).
On passe facilement d'une forme à l'autre.
Revenons à l'équation (7) et supposons qu'elle est hyperbolique
dans un domaine D du plan (x, y). Cela signifie que l'équation du
second degré
a (x, y) 1'2 + 2b (x, y) l' + c (x, y) = 0 (14)
possèd e dans D des racines distinctes réelles. On admet que ou bien
a =1= 0, ou bien e =1= O. Si a = c = 0, l'équation (7) serait de la forme
élémentaire (13). Sans nuire à la généralité, on peut admettre que
a =1= O. Considérons l'équation différentielle à dérivées partielles du
premier ordre
a (x, y) u~ +
2b (x, y) uxuu c (x, y) + = O. u:
(15)
En désignant les racines de l'équation (14) par fI (x, y) et f 2 (x, y)
on voit que l'équation (15) se scinde en deux équations:
Ux = fI (x, y) ul/ (16 1 )
et
90 CH. I. TH~ORIE DES BQUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

Si les coefficients a, b et c, donc les fonctions Il et 12, sont suffisam-


ment réguliers, alors les équations (16 1 ) et (16 2) possèdent des solu-
tions bicontinûment dérivables dans une partie du domaine D (cf.
(I-1-2J). Dans la transformation (8), prenons pour q> (x, y) une solu-
tion de l'équation (16 1) et pour 'tp (x, y), une solution de l'équation
(16 2), On peut choisir ces solutions telles que le déterminant q>~'tp,l -
- q>1I'tp~ ne s'annule pas dans la partie considérée de D. On a
cP~ = Ilq>u; \j)~ = 121Py,
d'où
q>x,!,,I - <J>lI'tpX!= (fI - 12) fPy'tpye (17)
De ces formules il s'ensuit que si le déterminant s'annule en un point,
il en sera de même des deux dérivées partielles premières de fP ou 'l'.
Il faut donc prendre des solutions de (16 1 ) et (16 2 ) dont les deux déri-
vées partielles premières ne sont pas simultanément nulles.
Les fonctions cp et 'tp vérifient l'équation (15) et en vertu de (9)
on a a' = c' = O. De la formule (10) il s'ensuit que b' =1== 0, si bien
que l'équation (7) se réduit à la forme (13).
Nous avons vu dans [I-1-2l que les solutions des équations (16 1)
et (16 2 ) étaient locales, c'est-à-dire qu'elles ne sont distinctes de cons-
tantes que dans un domaine qui, en général, est une partie du domai-
ne dans lequel Ih (x, y) sont continûment dérivables, et l'équation
(7) ne peut être réduite à une forme normale que dans le domaine
indiqué. Cette remarque sur le caractère local de la réduction de l'é-
quation (7) à une forme normale est également valable pour la suite
de l'exposé.

°
Passons maintenant à une équation elliptique. Dans ce cas ac -
- b2 > et les racines de l'équation (14) sont conjuguées complexes.
Considérons l 'u~e des équations (16):
-b+i vac-b2
Ux = a u y•

Si l'on admet que les coefficients a, b et c sont des fonttions analyti-


ques de x et y et que a =1= 0, on peut trouver une solution de cette
équation sous forme d'une fonction analytique [1-1-28]: U =
+
= cp (x, y) i'tp (x, y). De plus
ab CPy - .yac=a b
2
CPx = - 'tpy,
b vac-b2
'l'x = - li 'tpy + a q>y.

Faisons la substitution (8). En se servant du système en fP et '1' et des


formules (9), on trouve
b' = 0; a' = c' = (ac - b2) (cp~ + 'tp~) ; .
1-2-4. PROBLt1ME DE CAUCHY 91

en divisant par a' on met l'équation sous la forme


f)2 u f)2
f)~2 + f)11u + ... = o.
2 (18)

La formule (17) devient


2 -.1-ac-b2
CPx'1'y-CPy'1'x= - a CPy'1'y.
Le problème est donc résolu pour le cas elliptique aussi. La résolu-
tion de ce problème dans le domaine tout entier, sous certaines con-
ditions portant sur les coefficients a, b et c, qui ne sont pas considé-
rés comme des fonctions analytiques, est accessible dans le travail
de 1. V e k ua, Problème de réduction de formes différentielles ellip-
tiques à la forme canonique et système généralisé de Cauchy-Riemann.
DAN SSSR, 1955, 100, nO 2 (en russe); voir également l'ouvrage du
même auteur: Fonctions analytiques généralisées, M., Fizmatguiz,
1959 (en russe).
Il reste à étudier l'équation parabolique. Dans ce cas l'équation
(14) possède une racine double et l'équation (15) nous donne des équa-
tions (16 1 ) et (16 2) identiques. Pour cp (x, y), prenons une solution
de (16 1) et pour '1' (x, y), une fonction quelconque telle que le jacobien
de cp et '1' soit non nul. Le coefficient a' sera nul dans l 'équation trans-
formée en vertu du choix de cp (x, y). De plus, l'équation étant
parabolique, on a ac - b2 = 0 et la formule (10) nous dit que b' = O.
Donc a' = b' = O. La fonction c' ne peut être identiquement nulle,
car le cas échéant on aurait obtenu une équation du premier ordre et
la transformation inverse qui fait passer de (~, 11) à (x, y) ne nous
aurait pas donné une équation (7) du second ordre. Donc, dans le
cas parabolique, on obtient la forme canonique suivante:
U1I11 + ... = 0, (19)
où les termes non écrits ne contiennent pas de dérivées secondes mais
contiennent nécessairement la dérivée première par rapport à ~.
1-2-4. Problème de Cauchy. On a vu au [I-1-2Jl que pour condi-
tions initiales de l'équation du second ordre
F (x, y, U, p, q, r, St t) = 0 (20)
on peut en particulier prendre la valeur de la fonction u et de sa
dérivée U x = P au point x = x o :
u Ix=xo = cp (y); P Ix=xo = '1' (y). (21)
Ces conditions seront appelées conditions initiales spéciales. Ces
conditions initiales reviennent à se donner la valeur de la fonction
inconnue u et de sa dérivée partielle p le long d'une courbe x = x o
du plan (x, y). A noter que les valeurs de l'autre dérivée partielle du
92 CH. I. TImORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

premier ordre, q 1%=%0 = cp' (y), s'obtiennent immédiatement à par-


tir de la première condition (21). Donc, en vertu des conditions ini-
tiales, on connaîtra la fonction u et ses dérivées partielles premières
le long de la courbe x = X o' Les conditions initiales se généralisent
sans peine. Soient données dans le plan (x, y) une courbe  sans point
double et les valeurs de la fonction inconnue u le long de cette courbe.
On connaît ainsi les valeurs prises le long de 'A. par la dérivée de u
suivant une direction tangente à Â. Pour déterminer la dérivée pre-
mière suivant une direction quelconque, on doit disposer encore
d'uIle donnée le long de Â, plus exactement, on doit connaître les
valeurs prises le long de  par la dérivée de u suivant une direction
quelconque distincte d'une direction tangente à Â. La connaissance
des dérivées suivant deux directions du plan (x, y) le long de 'A.
nous permet de définir la dérivée de u suivant une direction quel-
conque du plan (x, y) le long de 'A.. Donc, dans le cas considéré, on
doit connaître les valeurs prises sur  par la fonction U et par sa déri-
vée suivant une direction quelconque non tangente à Â. La donnée
des valeurs de u le long d'une courbe 'A. du plan (x, y) se traduit par
la donnée d'une courbe l dans l'espace (x, y, u). On connaît de plus
les valeurs des dérivées partielles p et q le long de Â. En définitive
donc, les conditions initiales consistent à se donner une courbe l
de l'espace (x, y, u) et la position du plan tangent le long de 1.
Paramétriquement ces conditions se traduisent par la donnée de
cinq fonctions
x (t), Y (t), u (t), P (t), q (t), (22)
liées par la relation
du = p dx + q dy. (23)
La relation (23) revient à exiger que la donnée des deux dérivées
partielles p et q le long de 'A. ne contredise pas la donnée de la fonc-
tion u le long de 'A., c'est-à-dire que la dérivée de u suivant une ;di-
rection tangente à Â calculée d'après p et q prenne les mêmes valeurs
que eelles obtenues à partir de la donnée de u le long de 'A.. Les cinq
fonctions (22) liées par la relation (23) définissent une bande dans
l'espace (x, y, u) et le problème de Cauchy revient à chercher une
surface intégrale de l'équation (20) contenant cette bande.
Le problème de Cauchy se pose dans les mêmes termes dans le cas
plus général où la fonction inconnue dépend d'un nombre quelconque
de variables. Considérons par exemple l'équation différentielle du
second ordre dans le cas de trois variables indépendantes:
F(xl , x 2 , x a, u, U%l' U%I' u x3 , u x1xi ' U X1X2 ' " .)=0. (24)
Les conditions initiales consistent ici à se donner la fonction U et
ses dérivées partielles du premier ordre sur une surface S de l'espace
(Xl' x 2 , xa). La fonction u étant donnée sur la surface S, pour défi-
1-2-~. PROBL~ME DE CAUCHY 93

nir toutes seS dérivées partielles du premier ordre le long de S, il


suffit de se donner le long de S une dérivée suivant une direction
quelconque nOil contenue dans un plan tangent à S. Si la surface S
support des conditions initiales est le plan Xl = xl°), on obtient les
conditions initiales spéciales:
u Ixl=xio> = <p (x 2 , x 3 ); U Xl Ixl=xiO) = 'i' (x 2 , x 3 ). (25)
Paramétriquement, le problème de Cauchy revient à se donner sept
fonctions de deux paramètres
Xl (t 1 , t 2 ), X2 (t 1 , t 2 ), X3 (t l , t 2 ), U (t l , t 2 ),
{ (26)
u xt (t 1 , t 2 ), U X2 (t 1 , t 2 ), U X3 (tl' t 2 ),
liées par la relation
du = U Xl dX 1 + U X2 dX2 + U X3 dx3 • (27)
La donnée des fonctions Xl' X 2 et Xs équivaut à la donnée d'une
surface, les autres données, à la donnée de la fonction U et de ses
dérivées partielles du premier ordre le long de cette surface. Les don-
nées (26) liées par la relation (27) sont généralement appelées bande
ou, plus exactement, bande de premier ordre dans l'espace (Xl' X2 ,
XS, u) et le problème de Cauchy consiste à trouver une surface inté-
grale de l'équation (24) contenant une bande donnée. Si la fonction
u dépend de n variables indépendantes (Xl' . • . , x n ), la bande est
définie par 2n +1 fonctions de n - 1 paramètres
xk (th' •• , t n - l ), U (t l , ••• , t n - l ), UXk (tH • •• , t n - l )
(k = 1, 2, ... , n),
liées par la rela tion
n
du= ~ u Xk dXk.
k==1

Si l'une des variables indépendantes est le temps t et la surface qui


supporte les conditions initiales est le plan t = 0, alors on a affaire
à un problème, classique en physique mathématique, d'intégration
d'une équation avec des conditions initiales données (tome II,
[111-2-8]).
Les conditions initiales définissent la fonction U et toutes ses
dérivées partielles premières sur la courbe ou la surface qui supporte
ces conditions. Si l'on adjoint l'équation différentielle initiale aux
conditions initiales, alors ainsi qu'on l'a vu au [1-1-29], on peut dans
le cas de conditions initiales spéciales, définir de façon unique toutes
les dérivées partielles secondes de la fonction inconnue sur la courbe
ou la surface indiquées. On dira qu'une bande est caractéristique si
avec l'équation différentielle initiale elle ne définit pas de façon
unique les dérivées partielles secondes. Cette question sera étudiée
94 CH. I. TIϞRIE DES ~QUATIONS AUX D~RIVl!lES PARTIELLES

plus en détails dans le numéro suivant pour le cas d'une équation


quasi linéaire à deux variables indépendantes.
1-2-5. Bandes caractéristiques. Considérons l'équation
ar + 2bs + ct + h = 0, (28)
dans laquelle a, b, c et h sont des fonctions données de (x, y, u, p,
q). On demande de trouver une surface intégrale contenant une bande
donnée:
x (t), y (t), u (t), P (t), q (t) (du = p dx + q dy). (29)
On a de toute évidence
dp = r dx + s dy; dq = s dx + t dy,
et en joignant à ces deux équations l'équation initiale (28), on obtien-
dra un système de trois équations du premier ordre pour la détermi-
nation des dérivées secondes de la fonction inconnue sur la courbe
Â: x (t), y (t) qui supporte les conditions initiales:

dx.r-t-dy.s=dp,
dx . s + dy . t = dq, (30)
{
ar + 2bs+ ct = -- h.

Les fonctions r, s, t sont inconnues, les autres, des fonctions de t


connues en vertu de (29). Si le déterminant du système (30) n'est
pas nul, on obtient des valeurs bien définies pour les dérivées secon-
des. Donc, une condition nécessaire et suffisante pour que le système
(30) soit incompatible ou indéterminé est que le déterminant
dx, dy, 0
!J. = 0, dx, dy = 0, (31)
a, 2b, c
ou, sous la forme développée,
a dy 2 - 2b dx dy + C dx 2 = O. (32)
Trouvons la deuxième condition qui exprime que le problème est
indéterminé, c'est-à-dire que le système (30) admet une infinité de
solutions. On admettra que l'un des mineurs du second ordre du dé-
terminant (31) est non nul, pour fixer les idées
0, dy
a, c
= -adY=l=-O.
Le système (3D) aura un seul déterminant èaractéristique (tonie III!
1I~2-2l) et pour qu'il soit indéterminé il est nécessaire et suffisant
1-2-5. BANDES CARACT~iUSTIQUES 95

d'ajouter à la condition (31) 18. condition suivante:


dx, dp, O'
0, dg, dy =0,
a, -h, c
ou sous la forme développée
. a dp dy + h dx dy + c dx dq = 0, (33)
condition qui exprime que le déterminant caractéristique est nul
(tome III l [1-2-21). En se rappelant de la relation (23) on obtient
en définitive les trois équations suivantes qui définissent la bande
caractéristique comme une bande le long de laquelle le système (30)
admet une infinité de solutions:
ady2-2bdxdy+cdx2=0,
a dp dy+ h dx'fly + cdx dq= 0, (34)
{
du= pdx+ qdy.
l'raitons séparément le cas de conditions initiales spéciales:
u Ix=xo = cp (y); P Ix=xo = tp (y). (35)
Dans ce cas la variable y joue le rôle du paramètre t dans les formu-
les (29) et la variable x est constante: x = X O' La condition (32}
nous conduit à l'égalité a = O. A noter que cette relation n'est pas
remplie identiquement mais par substitution des conditions~initia­
les (35) dans la fonction a. Le système (30) devient alors
s dy i= dp; t dy = dg; 2bs + ct = -he
.?our que ce système soit indéterminé il est nécessaire et suffisant
que la troisième équation résulte des deux premières. En multipliant
la troisième équation par dy et en tenant compte des deux premières t
on obtient la condition suivante:
2b dp + c dg '= -h dy,
qui remplace dans ce cas la condition (33). Pour les conditions
initiales spéciales (35), on aura en définitive les relations suivantes
pour la détermination de la bande caractéristique:
a = 0; 2b dp + c dq = -h dy; du = q dy. (36)
La condition a. 0 montre qu'on ne peut trouver U xx à partir de
l'équation (28). La deuxième condition
2b dp
dy
+c dydq +h=O
96 CH. I.'!'!œORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

exprime que les quantités p et d définies sur la droite x = X o sont


q
telles que l'équation (28) est satisfaite, car s = ddP
y
et t = dd sur cette
y
droite. La troisième condition nous donne la formule évidente:
q 1x=xo = cp' (y).
1-2-6. Dérivées d'ordre supérieur. Au numéro précédent on a vu
comment déterminer les dérivées secondes sur une bande donnée.
On se propose maintenant de trouver les dérivées d'ordre supérieur.
On suppose que le déterminant (31) est non nul. Considérons la diffé-
rentielle totale des deux premières équations (30) et dérivons l'équa-
tion donnée (28) par rapport à x et à y. On a ainsi quatre équations du
premier ordre pour déterminer quatre dérivées troisièmes de la fonc-
tion inconnue U sur la bande donnée:
(dX)2 U xxx + 2 dx dy u:X: Xll + (dy)2 U Xllll = ,
(dX)2 u xxy + 2 dx dy U xyy + (dy)2 u YYlI = ,
au xxx + 2bu xxy + CU xyy = ••. ,
au xxy + 2bu xyy + CU yyy = •••
Le déterminant de ce système s'écrit :
(dx) 2 , 2 dx dy, (dy)2, o
0, (dX)2, 2 dxdy, (dy)2
~l=
a, 2b, c, o •
0, a, 2b, C

On démontre que ce déterminant est égal au carré du déterminant


(31), c'est-à-dire qu'il est lui aussi non nul. En effet, désignons par
l'une racine de l'équation
a + 2by;+ cy 2 = 0, (37)
ajoutons à la première colonne de ~1' la deuxième colonne multi-
pliée par y, la troisième colonne multipliée par y2 et la quatrième
colonne multipliée par y3. Les éléments de la première colonne sont:
(dx + y dy)2, y (dx + y!dy)2, 0, 0,
d'où il vient que ~1' qui est un polynôme du quatrième degré homo-
gène en dx et dy, est divisible par (dx + y dy)2. Le coefficient en
{dX)4 dans l'expression de ~1 est égal à c2 • En désignant par YI et Y2
les racines de l'équation (37), on peut écrire:
. ~1 = c (dx + YI dy)2 (dx + Y2 dy)2,
2

ou, compte tenu de la propriété des racines du trinôme du second


degré,
1-2-6. D~RIV~ES D'ORDRE SUP:8RIEUR 97

On a admis que l'équation (37) possédait des racines distinctes.


Donc, si L\l = L\2 sous cette condition, alors cette égalité est égale-
ment vraie dans le cas de racines égales. Pour s'en assurer il suffit
de modifier légèrement les coefficients a, b et c de telle sorte que
l'équation (37) admette des racines distinctes et ensuite de passer
dans l'égalité L\l = L\2 à la limite, en faisant tendre les nouvelles
valeurs des coefficients vers les anciennes, c'est-à-dire vers celles
pour lesquelles l' équation (37) admet une racine double.
On obtiendrait de même cinq équations du premier degré pour
déterminer cinq dérivées du quatrième ordre et le déterminant de ce
système sera aussi non nul, et ainsi de suite. Supposons que ces déri-
vées sont analytiques et régulières. Comme dans le cas de conditions
initiales spéciales et de l'équation résolue par rapport à r [1-1-29],
on peut dans un cadre plus général calculer les dérivées de tout ordre
sur la bande donnée en admettant que le déterminant L\ est non nul.
En formant la série correspondante de Taylor, on aurait pu établir
sa convergence comme dans [I-1-28J.
Passons maintenant au cas où la bande donnée est caractéristique.
On se limitera à l'étude des conditions initiales spéciales (35). Ces
conditions définissent S et t pour x = x o et il reste à trouver r. En
portant les conditions initiales obtenues dans l'équation (28), on
obtient, en vertu de (36), une identité et la dérivée r semble de prime
abord indéfinie pour x = X O• En dérivant les deux membres de l'équa-
tion (28) par rapport à x, on trouve:
ar x + 2bsx + ct x + (a x + aup + apr + aqs) r +
+ (...) s + (...) t + (...) = 0, (38)
où les points de suspension remplacent des expressions analogues
à celle des parenthèses contenant les dérivées de a. Si dans l'équation
(38) l'on porte les conditions initiales (35) et les dérivées secondes
déjà connues:
s 1x=xo = 'P' (y); t Ix=xo = <pIf (y),
alors en désignant r Ix=xo = Cù (y), on obtient une équation de Riccati
pour la fonction Cù (y), c'est-à-dire une équation de la forme
a (y) Cù' (y)+ ~ (y) Cù 2 (y) +
y (y) Cù (y) +
Ô (y) = 0,
où cx., ~, y et {j sont des fonctions connues de y. Si l'on prend une solu-
tion quelconque de cette équation, on connaîtra r pour x = X o et
par suite toutes les dérivées troisièmes sauf U xxx pour x = Xo. Pour
déterminer la valeur initiale de cette dérivée, on doit dériver l'équa-
tion (38) par rapport à x et porter dans l'équation obtenue toutes les
valeurs initiales déjà calculées. On trouve ainsi pour la fonction
inconnue U xxx Ix=xo = Cùl (y) l'équation différentielle linéaire
al (y) Cù~ (y) + ~1 (y) 0)1 (y) + Y1 (y) = O.
7-01017
98 CH. I. TIffiORIE DES :E:QUATIONS AUX D~RIV:E:ES PARTIELLES

Cette procédure ne s'arrête pas ici. L'intégration de l'équation de


Riccati et des équations linéaires ultérieures fait apparaître de nou-
velles constantes arbitraires, et toute la difficulté du problème con-
siste à choisir ces constantes telles que la série de Taylor obtenue soit
convergente. On démontre qu'il existe une infinité de telles constan-
tes pour l'équation hyperbolique, autrement dit par une bande carac-
téristique il passe une infinité de surfaces intégrales. Les conditions
(36) ou, dans un cadre plus général, les conditions (34) sont donc les
conditions nécessaires et suffisantes que doivent remplir les condi-
tions initiales pour qu'existent des surfaces intégrales contenant la
bande caractéristique donnée.
Considérons à titre d'exemple l'équation parabolique du second
ordre:
t - Ux = 0, i.e. Ux = U 1JU •

On a a = b = 0, C = -1 et l'équation (32) donne dx = 0,


c'est-à-dire que x = const. La solution du problème de Cauchy doit
présenter une singularité le long de toute courbe x = X o. Supposons
qu'on a affaire à des conditions initiales spéciales (35). En faisant
x = Xo dans l'équation (39), on trouve", (y) = cp" (y), donc la fonc-
tion '" (y) est complètement définie par la donnée de la fonction
cp (y). On voit que la deuxième condition (35) est réalisée. Donc, dans
le cas considéré, il suffit de se donner uniquement la première con-
dition (35).
En dérivant l'équation (39) par rapport à x et en faisant x = x o,
on définit complètement la valeur initiale: r Ix=xn = cp(IV) (y). En
dérivant ensuite l'équation (39) deux fois par rapport à x et en fai-
sant x = x o, on obtient la valeur initiale de la dérivée troisième par
rapport à x pour x = x o, et ainsi de suite. Les valeurs initiales des
dérivées par rapport à xse définissent de façon unique et les équations
différentielles de type Riccati se transforment en relations pure-
ment algébriques. Après avoir déterminé les valeurs initiales des
dérivées de tout ordre par rapport à x pour x = x o, on peut construire
la série de Taylor correspondante. Il s'avère que cette série converge
au voisinage de x = X o dans le cas seulement où cp (y) est une fonc-
tion entière satisfaisant à une condition subsidiaire. On rappelle que
dans le problème de la diffusion de la chaleur dans une barre illi-
mitée (tome II, [VII-4-2l) on a cherché la solution de l'équation (39)
vérifiant la première condition (35) sous forme d'une intégrale dé-
finie, sans supposer évidemment que cp (y) est une fonction entière.
Pour passer aux notations du (tome II, [VII-4-2l) il faut remplacer x
par t et y par x dans l'équation (39) et poser a2 = 1 dans l'équation
du (tome II, [VII-4-2l).
Si l'on admet que cp (y) = 0, on obtient de toute évidence une
solution de l'équation (39) qui est identiquement nulle. Montrons
que l'équation (39) admet encore une solution élémentaire vérifiant
1-2-7. CARACT~RISTIQUES ReELLES ET IMAGINAIRES 99

la même condition initiale u Ix= xo = 0 sauf au point y = 0, x = x o'


Posons
'11 2
1
u = ---::=r===- e 4(x-xo> pour
"JI X-Xo
u=O pour x~xo'

La fonction (40 1) et toutes ses dérivées tendent vers 0 lorsque x


tend par valeurs décroissantes vers x o, autrement dit, la fonction
définie par les formules (40 1) et (40 2 ) et toutes ses dérivées restent
continues en traversant la droite x = x o, et s'annulent sur cette
droite à l'exception du point x = x o, y = 0 qui est un point singulier
pour la fonction. Une dérivation immédiate de (40 1) nous montre que
la fonction u est solution de (39). La fonction u n'est visiblement
pas une fonction analytique et régulière de x en tout point de la
droite x = x o, car elle est identiquement nulle à gauche de cette
droite et distincte de zéro à droite. Donc, la fonction u ne se déve-
loppe pas en une série entière de (x - xo). La solution (40 1) diffère
d'un facteur multiplicatif constant de la solution qui nous donne une
source élémentaire de chaleur (tome II, [VII-4-2l).
1-2-7. Caractéristiques réelles et imaginaires. Les coefficients de
l'équation (28) ne dépendant que de x et y et pas de u, p et q, on ne
peut déterminer le type de cette équation qu'en fixant un point
dans l'espace (x, y, u, p, q). Cette équation sera de type hyperbo-
lique, elliptique ou parabolique selon que b2 - ac est >, < ou = O.
Soit donnée une bande (29) que nous supposerons réelle. Si l'équation
est de type elliptique le long de la bande (29), l'expression du pre-
mier membre de la condition (32) ne peut s'annuler et par suite
aucune bande réelle ne peut être bande caractéristique. Dans la
suite on n'étudiera que le type hyperbolique. L'équation (32) est
un trinôme du second degré en :~ qui admet dans le cas hyperbolique
deux racines réelles distinctes que nous désignerons par /-11 (x, y, u,
p, q) et /-l2 (x, y, u, p, q). L'équation (28) se décompose en deux:
dy = /-li dx (i = 1, 2) et les équations (34) se transforment en deux
systèmes:
dY-fltdx=O,
a/-li dp -f- h/-l i dx + c dq = 0, (i=1, 2) (41)
{
du= p dx+qdy,
auxquels correspondent deux systèmes de caractéristiques.
La situation se simplifie singulièrement lorsque les coefficients
a, b et c en les dérivées secondes de l'équation (28) dépendent seule-
ment des variables indépendantes (x, y). L'équation (32) se transfor-

100 CH. 1. THEORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

me alors en une équation différentielle ordinaire du premier ordre:


a (x, y) dy 2 - 2b (x, y) dx dy + c (x, y) dx 2 = O.
Dans le cas hyperbolique, cette équation définit dans le plan (x, y)
deux familles de courbes appelées courbes caractéristiques, ou caracté-
ristiques, de l'équation (28). Si l'on se donne des conditions initiales,
c'est-à-dire la fonction u et sa dérivée première sur une courbe carac-
téristique, alors la bande ainsi obtenue soit nous conduit à un sys-
tème (30) incompatible, soit est une bande caractéristique. Si la
courbe support des conditions initiales n'est pas caractéristique,
alors le système (30) admet une solution et l'on obtient des valeurs
bien définies pour les dérivées secondes et d'ordre supérieur. Dans
le cas elliptique, l'équation (32) possède des racines imaginaires et
l'on n'obtient pas de courbes caractéristiques dans le plan (x, y).
Si le~ variables (x, y) sont complexes, on peut déduire les caracté-
ristiques imaginaires à partir de l'équation (32). On admet évidem-
ment que toutes les fonctions sont analytiques. Dans le cas paraboli-
que enfin, l'équation (32) nous donne une famille de caractéristiques
dans le plan (x, y). On voit en s'adressant aux résultats du (1-2-3]
que pour réduire l'équation à sa forme' canonique on a pris une fa-
mille de courbes caractéristiques pour lignes de coordonnées dans le
plan (x, y).
1-2-8. Théorèmes fondamentaux. Comme dans le cas d'une équa-
tion du premier ordre, la variété caractéristique joue un rôle essen-
tiel dans l'intégration d'une équation du second ordre. Les équations
du second ordre sont justiciables des mêmes théorèmes fondamentaux
que celles du premier ordre.
Supposons que le long d'une courbe l de l'espace (x, y, u) deux
surfaces intégrales de l'équation (28) présentent un contact d'ordre
fini, c'est-à-dire que ces surfaces intégrales possèdent le long de cette
courbe un plan tangent commun, mais certaines dérivées d'ordre
supérieur au premier sont distinctes le long de cette courbe. Il
est immédiat de voir que cette courbe et le plan tangent le long d'elle
forment une bande caractéristique. En effet, si la bande obtenue
n'était pas caractéristique, alors des raisonnements de (I-2-61 il
s'ensuivrait que l'on obtiendrait des valeurs bien définies pour les
dérivées de tout ordre le long de la courbe l. On a donc le
Thé 0 r ème 1. Si deux surfaces caractéristiques présentent un
contact d'ordre fini le long d'une courbe l, alors cette courbe et le plan
tangent le long d'elle forment une bande caractéristique.
La propriété essentielle d'une bande caractéristique est que le
long d'elle l'équation nous conduit à un système (30) indéterminé.
Cette propriété ne dépend visiblement pas du choix des variables
indépendantes, d'où le
1-2-8. TH:mORElMES FONDAMENTAUX 101

Thé 0 r è "m e 2. Les bandes caractéristiques se transforment en


bandes caractéristiques par tout changement des variables x, y inver-
sible et différentiable.
Soit donnée une surface intégrale S de l'équation (28). Sur cette
surface u, p et q sont des fonctions définies des variables (x, y). En
portant u, p et q dans les coefficients de l'équation (28), on exprime
ces derniers en fonction de (x, y) et l'équation (32) devient une équa-
tion différentielle du premier ordre définissant deux systèmes de cour-
bes l sur S. Les équations (23) et (32) seront satisfaites le long de
chaque courbe l. Il est immédiat de voir que cette équation est
identiquement satisfaite en tout point d'une courbe l. S'il en était
autrement, il existerait un point M en lequel le système définissant
les dérivées secondes serait impossible. Ce qui contredit le fait que
la bande définie par la courbe l et le plan tangent à S en M se trouve
sur S. On obtient ainsi le
Thé 0 r ème 3. Toute surface intégrale peut être recouverte
par une famille de bandes caractéristiques.
Signalons que si l'on se place dans un domaine réel, ce résultat
n'est valable que pour les cas hyperbolique et parabolique. Dans
le premier cas la surface intégrale peut être recouverte par deux fa-
milles de bandes caractéristiques.
Prouvons la réciproque.
Thé 0 r ème 4. Si une famille de bandes caractéristiques forme
une surface S d'équation u = u (x, y), où u (x, y) est bicontinûment
dérivable, alors S est une surface intégrale de l'équation (28).
Soit donnée une surface S recouverte par une famille de bandes
le long desquelles sont satisfaites les équations (34). Le long de cha-
cune de ces bandes on a
dp = r dx + s dy; dq = s dx + t dy.
En portant ces expressions dans la deuxième équation (34), on obtient
as dy 2 + (ar + ct + h) dx dy + cs dx 2
= 0,
a dy2 -2b dx dy + dx C 2
= O.
En multipliant la deuxième équation par s et en retranchant ensuite
de la première, on obtient l'équation (28). A signaler que dx dy est
non nul, puisque x et y sont des variables indépendantes.
Dans le cas d'une équation du premier ordre, on disposait d'un
système d'équations différentielles ordinaires pour la détermination
des bandes caractéristiques, grâce à quoi l'intégration de l'équation
aux dérivées partielles du premier ordre s'est ramenée à celle d'un
système d'équations différentielles ordinaires. Dans le cas présent
le système (34) est un système de trois équations (aux différentielles
totales) pour les cinq fonctions inconnues.E. L é v i (Math. Ann.,
102 CH. 1. THÉORIE DES ÉQUATIONS AUX DÉRIVEES PARTIELLES

1927, 97) montre comment élargir le système (34) de façon à obtenir


un système spécial de cinq équations différentielles du premier ordre
à cinq fonctions inconnues. Il exhibe la solution du problème de Cau-
chy pour ce système, ce qui nous donne la solution du problème de
Cauchy pour l'équation (28).
Dans le numéro suivant on traitera des cas particuliers où le sys-
tème (34) admet une intégrale.
1-2-9. Intégrales intermédiaires. Pour simplifier les calculs on ramène les
·équations (41) qui définissent les bandes caractéristiques à une nouvelle forme.
En se rappelant que le produit des racines d'une équation du second degré est
fllfl2="::' , on peut mettre le système (41) pour i = 1 sous la forme
a

dy - fll dx = 0; dp +
fl2 dq
h
a
+-
dx = 0; du - (p +
qlll) dx = O. (42)

Le système correspondant à i = 2 se déduit du précédent par permutation


de f-tl et 112' Cherchons une solution V (x, y, u, p, q) dont la différentielle
totale est nulle en vertu des équations (42):
V x dx + V y dy + Vu du + Vp dp + V q dq = O. (43)
En tirant dy, du et dp à partir du système '(42) et en les portant dans (43), on
doit annuler les coefficients en dx et dq. Donc, pour que la fonction V soit une
intégrale du système (42), soit
V (x, y, u, p, q) = C, (44)
il est nécessaire et suffisant qu'elle vérifie les deux équations linéaires à dérivées
partielles du premier ordre:
h
VX+IlIVy+ (P+lllq) Vu - -a V p =0,
{
(45)
V q -1l2Vp = O.
Si l'on intervertit III et 112, on obtient un système analogue exprimant la condi-
tion nécessaire et suffisante pour que la fonction V soit une intégrale du deuxiè-
me système de bandes caractéristiques. Les méthodes de résolution du système
(45) ont été développées au (1-1-22]. Supposons qu'on ait réussi à trouver une
solution de ce système distincte de la solution triviale qui est égale à une cons-
tante. Montrons que toute solution non singulière de l'équation du premier ordre
(44) est solution de l'équation (28). En effet, la différentielle totale de V doit
s'annuler en vertu de (42), c'est-à-dire doit être une combinaison linéaire des
premiers membres de ces équations:

dV=a(dY-llldx)+~(dP+1l2dQ+: dX)+Y(dU-Pdx-qdy). (46)

Supposons qu'on connaisse une surface intégrale S de l'équation (44). Sur cette
surface, u, p et q sont des fonctions définies de (x, y) et l'intégration de l'équa-
tion du premier ordre dy - J.l-l dx = 0 nous donne une famille de courbes qui
recouvrent la surface S. De plus le long de ces courbes on a de toute évidence
du = p dx + q dy. Les expressions en a et y de la formule (46) étant nulles le
long des courbes l, on a le long de ces courbes, c'est-à-dire sur S:

~ (dp+1l2 dq+ : dX) =0.


1-2-10. ~QUATIONS DE MONGE-AMP:ElRE 103

La surface S n'est pas une solution singulière par hypothèse, donc le coeffi-
cient en dp ou dq de (43) est non nul. Il s'ensuit que ~ =1= 0 et par suite les équa-
tions (42) sont toutes trois satisfaites sur les courbes l, c'est-à-dire que la sur-
face S est recouverte par les bandes caractéristiques de l'équation (28). En vertu
du théorème 4 du numéro précédent, cette surface est une surface intégrale de
l'équation (28). Donc, étant en possession de l'intégrale (44), on obtient une
certaine classe de solutions de l'équation (28) par intégration de l'équation du
premier ordre (44). Soient VI et V 2 deux solutions indépendantes du système (45).
L'expression VI - <D (V 2 ), où <D est une fonction arbitraire, est aussi solution
du système (45). Donc
(47)
est une intégrale du système (42) contenant la fonction arbitraire <D. Soit à
trouver une surface intégrale de l'équation (28) contenant une bande donnée (29).
En portant dans les fonctions VI et V 2 les expressions (29) de x, y, u, p, q, on
obtient deux fonctions VI (t) et V2 (t) bien définies de t. L'équation (47) se ramè-
ne, elle, à la forme VI (t) - <D [V 2 (t)] = O. Substituons à t la variable 0' =
= v~ (t). En explicitant t on trouve t = 00 (0') et l'égalité précédente exprimée
par l'intermédiaire de 0' définit la forme de la fonction <D (0') = VI [00 (0')]. Une
fois la forme de la fonction <D (0') déterminée, l'équation (47) se transforme en
une équation du premier ordre. La solution de cette équation qui vérifie les
conditions initiales (29) nous donne celle de l'équation (28) vérifiant les mêmes
conditions (29). Toute intégrale du système (42) ou du système obtenu en inter-
vertissant /lI et /l2 s'appelle intégrale intermédiaire de l'équation (28). A noter
que si le système (45) est complet, il admet trois solutions indépendantes. On
démontre que ceci n'a lieu que pour /lI = /l2.
Rem a r que. Supposons que h = 0 et que les coefficients a, b et c
sont constants ou dépendent seulement de p et de q. Les raines /lI et /l2 seront
alors fonctions de p et q seulement et l'on ne peut résoudre le système (45) qu'en
cherchant V sous forme d'une fonction de p et q seulement. La première équa-
tion est satisfaite par toute fonction V (p, q), puisque h = O. Donc V se déduit
à partir de l'équation V q - /l2 (p, q) Vp = O. La solution VI (p, q) de cette
équation nous donne une équation du premier ordre VI (p, q) = const dont
chaque solution vérifie l'équation initiale du second ordre. En raisonnant sur
la racine /lI (p, q) de l'équation (32), on aurait obtenu une autre équation du
premier ordre: V 2 (p, q) = const.
1-2-10. Equations de Monge-Ampère. La théorie des bandes caractéristiques
et des inté~rales intermédiaires se transpose ad litteram aux équations d'un
type plus genéral, plus exactement aux équations linéaires en r, s, t et rt - S2,
c'est-à-dire aux équations de la forme
ar + 2bs + ct + g (rt - S2) +h = 0 (g =1= 0),
appelées généralement équations de Monge-Ampère. Le système qui permet de
déterminer les dérivées secondes le long d'une bande n'admet une solution
qu'à la condition que l'expression
A = a dy 2 - 2b dx dg + c dx~ + g (dx dp + dy dq)
soit non nulle. Si cette expression est nulle et l'expression
B = a dp dy + h dx dg + c dq dx + g dp dq
ne l'est pas, on a alors affaire à un système incompatible. Une bande caracté-
ristique est définie par les trois équations suivantes:
A = 0; B = 0; du = p dx + q dg.
f04 CH. 1. TH:f:ORIE DES :f:QUATIONS AUX D:E:RIV:E:ES PARTIELLES

Si l'on désigne par f.ll et les racines de l'équation


f.l2

f.l2 2bf.l + +
ac - gh = 0,
on peut déterminer les deux systèmes de bandes caractéristiques à partir des
équations
g dp + c dx + f.ll dy = 0; g dq + a dy + f.l2 dx = 0; du = p dx + q dy.
Le deuxième système se déduit du précédent par permutation de f.ll et f.l2.
Tous ces résultats s'obtiennent par les mêmes calculs que plus haut. Les équa-
tions de Monge-Ampère sont justiciables des théorèmes fondamentaux de [1-2-8].
Pour déterminer les intégrales intermédiaires on se sert du système

Vx+pVu-~ vp_..tL Vq=O,


g g
Vy+qV u _..1:2.- V p_.!:. Vq=O.
g g
Le second système s'obtient par permutation de f.ll et f.l2. Toutes les propriétés
des intégrales intermédiaires restent en vigueur.
1-2-11. Caractéristiques dans le cas de n variables. Considérons
maintenant une équation du second ordre de n variables indépen-
dantes:
n
2J
i, k=1
ail~ux,xk+···=O
l
(aik=aki), (48)
les termes omis ne contenant pas de dérivées du second ordre. On
admettra provisoirement que les coefficients aik ne dépendent que
des variables indépendantes X S • On se bornera à établir la condition
sous laquelle l' équation (48) avec des conditions initiales ne permet
pas de déterminer de façon unique les dérivées du second ordre, c'est-
à-dire conduit à un système incompatible ou indéterminé. Cette con-
dition est identique à la condition (32) pour deux variables indé-
pendantes. On commence par le cas où les conditions initiales sont
spéciales:
U 1 (0)=cp(x 2 , · · .,xn );
Xl=Xl

ux11 Xl=Xl<0> = tp (x 2 , ••• , x n ).


Ces conditions permettent de déterminer toutes les dérivées premières
et toutes les dérivées secondes à l'exception de U X1X1 sur l'hyperplan
Xl = xt. Pour trouver la dérivée U X1X1 il faut poser Xl = x~O) dans
l'équation (48). Si au =1= 0, on obtient une valeur bien définie pour
cette dérivée. Si au = 0, on obtient une égalité impossible ou une
identité. Donc, si les conditions initiales sont spéciales, la condition
cherchée est
au = O. (49)
Passons maintenant au cas général où les conditions initiales sont
supportées par une hypersurface S:
<ù l (Xl' • • • ,. X n ) = O. (50)
1-2-11. CARACT~RISTIQUES DANS LE CAS DE n VARIABLES 1OS>

Outre la fonction (01 considérons n - 1 fonctions (0 S (Xl' • • • , X n }


(s = 2, ... , n) telles que l'on puisse effectuer le changement de
variables:
x; = (Os (Xl' • • • , x n ) (s = 1, ... , n), (51)
c'est-à-dire telles que ces dernières équations soient solubles par
rapport à X S • Exprimons les dérivées par rapport aux anciennes varia-
bles en fonction des dérivées par rapport aux nouvelles variables
en ne retenant que les termes contenant les dérivées qui nous inté-
ressent:

L'équation transformée s'écrit

, ,+
al/luXlXl ... = 0, où (52),
i, h=1

les termes omis ne contenant pas la dérivée Ux'x'.


l l
En vertu de (51)'
les conditions initiales de l'équation transformée sont données sur
l'hyperplan x~ = 0, c'est-à-dire sont spéciales. On peut donc se
servir de la condition (49) mais seulement par rapport aux nouvelles
variables. En tenant compte de (52), on peut donc affirmer que pour
que les conditions initiales supportées par l'hypersurface (50) con-
duisent à une indétermination ou une incompatibilité lors de la re--
cherche des dérivées secondes, il est nécessaire et suffisant que la,
fonction (01 soit solution de l'équation

(53);

cette équation étant vérifiée aussi pour (01 = O. Toute hypersurface-


remplissant cette condition sera appelée surface caractéristique, ou
caractéristique, de l'équation (48).
Sl· l' on repere
" un pOln. t M 0 (Xl(Q) , • • ., Xn!" 1es coeff··
IClen t s aile
(0) )

prendront en ce point des valeurs bien définies que l'on désignera.


par aiZ). Appelons direction caractéristique de la normale en M ()..
la direction du vecteur dont les coordonnées réelles al' ... , an.
vérifient l'équation

L'équation (53) exprime qu'en tout point de la surface S la directiofr


de la normale à S est une direction caractéristique de la normale.
Si la surface S est telle qu'en aucun de ses points la direction de la-
normale n'est caractéristique, c'est-à-dire que le premier membre de-
106 CH. I. TH1WRIE DES ÉQUATIONS AUX DÉRIV:E:ES PARTIELLES

{53) est non nul sur S, alors d'après ce qui a été dit plus haut, le
-changement de variables (51) ramène l'équation (48) à la forme

et donne de la surface S le plan x~ = O. Ceci permet de transformer


le problème de Cauchy sur S en un problème de Cauchy sur le plan
-x~ = O. Si l'équation (48) possède par exemple des coefficients ana-
lytiques et si la surface Sn' est pas caractéristique et 00 1 est une fonc-
tion analytique, alors le problème de Cauchy transformé (c'est-à-dire
sur le plan x~ = 0) peut être résolu sous des conditions appropriées
à l'aide du théorème de Kovalevskaïa. Si la surface S est caractéris-
tique, alors la fonction u et ses dérivées partielles du premier ordre
·doivent être reliées par une certaine relation sur S. En effet, pour
·démontrer cette assertion il suffit de trouver une relation entre u
et ses dérivées partielles par rapport à x~, ... , x~. Rappelons que
l'équation de S est simplement x~ = O. Si S est une surface caracté-
-ristique, alors a~l = 0 pour x~ = 0 dans l'équation transformée et
J'on obtient l'équation

"où les termes omis ne contiennent que les dérivées premières.


Donc, les fonctions !Po et CP1 sont reliées par:
n n

~
2
, 8 cpo
aik 8 '8 ' + ~'OCPl
,a 1 i --ç;-;-
+ . . . = 0.
x· xk vX.
i, k=2 t i=2 t

-Cette expression ne se ramène pas à une identité par rapport à (flo


-et CP1.
Supposons maintenant que les coefficients aik dépendent de x s ,
de u et de U xs • Les conditions initiales sur la variété (50) à n - 1
-dimensions dépendent de n - 1 paramètres. Supposons que ces para-
mètres sont X 2 , ••• , X n • En portant les expressions des conditions
.initiales dans les coefficients aik, on obtiendra comme précédemment
l'équation (53) qui doit être satisfaite en vertu de (50) et l'on peut
. alors dire si la surface S d'équation 00 1 = 0 est caractéristique sous
les conditions initiales données.
Dans la suite on se limitera au seul cas où les coefficients aik
,dépendent uniquement de X s • A noter que si l'équation (48) est de
.type elliptique, alors comme dans le cas de deux variables, l'équa-
.tion (53) ne possède pas de solutions réelles autres que 00 1 = const.
La solution 00 1 = const ne présente manifestement pas d'intérêt
)Jour notre problème.
1-2-12. BICARACTBRISTIQUES 107

1-2-12. Bicaractéristques. L'équation (53) doit être satisfaite en


vertu de (50). Exigeons qu'elle soit identiquement vérifiée par rap-
port à X S • Sous ces conditions, l'équation (53) est une équation diffé-
rentielle aux dérivées partielles du premier ordre dont toute solution
distincte d'une constante nous donnera une famille de caractéristi-
ques:
(54)
où C est une constante arbitraire. Réciproquement, pour que l'équa-
tion (54) définisse une famille de caractéristiques, il est nécessaire et
suffisant que la fonction w l soit solution de l'équation (53). On dé-
montre comme plus haut [1-1-21 que toute caractéristique peut être
englobée dans une famille de la forme (54) et donc que les solutions
de l'équation (53) définissent toutes les caractéristiques.
Dans les équations de physique mathématique, la variable temps
joue un rôle exceptionnel en regard des autres variables qui sont
assimilées aux coordonnées spatiales. On admettra dans la suite que
la variable temps est X n et l'on posera X n = t. Pour les autres varia-
bles 'on se servira des notations Xl' • • . , X m , autrement dit, on con-
viendra que n = m +1.
Ecrivons l'équation de la surface (50) sous la forme résolue par
rapport à t, soit: t - W (Xl' . . • , x m ) = 0 et supposons que les
coefficients aik ne dépendent pas de t.
En portant le premier membre de l'équation t - W = 0 dans (53),
on obtient l'équation suivante pour la fonction W :
m m
"LJ ai1~ -a-
ôw -ô-
ôw - 2 "LJ ôw + a
-a- o. (55)
ain nn =
Xi Xk Xi
i, k=l i=l

En principe, cette équation doit être satisfaite du fait que t = w.


Or, elle ne contient pas t, donc on peut affirmer qu'elle est identique-
ment vérifiée. Revenons au cas général et écrivons le système de
Cauchy correspondant à l'équation du premier ordre (53). L'équa-
tion (53) ne renfermant pas la fonction W Il on omettra la relation du
système de Cauchy qui contient dw 1. On obtient ainsi le système
d'équations différentielles ordinaires suivant:

(k = 1, 2, ... , n)
n
dPk = _ '"
ds LJ
i, ;=1

où s est un paramètre auxiliaire. Considérons une famille d'hyper-


surfaces caractéristiques Cù l (Xl' • • • , X n ) = C et posons Pk = ~Wl.
(,xk
108 CH. I. TH~ORIE DES :eQUATIONS AUX DSR~ES PARTIELLES

Les Pi sont des fonctions de (Xl' ••. , x n ). En les portant dans les
seconds membres des équations (56 1), on obtient un système du pre-
mier ordre pour (Xl' .•. , x n ). Si l'on prend une solution quelconque
de ce système et qu'on la porte dans les expressions de Pk, on s'assure
immédiatement que les fonctions obtenues sont solutions des équa-
tions (56 2). En effet
n n

i,3=1 i,3=1
(57)
En remplaçant l'indice k par j dans l'équation (53) et en dérivant
les deux membres par rapport à Xk, on trouve
n n n
~ ôai i
LJ . iJx~ PiPi
+ ~ ôPi
LJ aii iJxk Pi.
+ ~
LJ
ôPi 0
aijPi ôXk ::::::s •
i, 3=1 i,3=1 i,3=1
Les deux dernières sommes sont égales, puisque ail = aii. Cette
identité nous permet de mettre (57) sous la forme
n
dpk = _ ~
ds LJ
i,3=1
qui n'est autre que l'équation (56 2 ). Signalons que la relation (54)
est une intégrale du système (56 1 ). En effet,
n n

~~1 = ~ : : : . d:S
k
= 2 ~ aik ::~ ~~~ ,
k=1 i, k=1
et la dernière somme est identiquement nulle en vertu de (53). Les
courbes de l'espace Rn de point générique (Xl' ... , x n) obtenues par
intégration du système (56 1 ) dans lequel on aura posé Pi = ~~~ s'ap-
pellent bicaractéristiques correspondant au système 001 = C des sur-
faces caractéristiques.
Si lors de l'intégration du système (56 1 ) on prend pour point
initial XkO l un point situé sur une hypersurface (ù 1 = Co, alors la
bicaractéristique correspondante sera tout entière située sur cette
hypersurface, autrement dit, toute surface caractéristique de l'équation
(48) peut être formée de bicaractéristiques. Exhibons maintenant les
conditions sous lesquelles les solutions du système (56 1 ), (56 2 ) for-
ment une hypersurface caractéristique. La surface (54) est une variété
à n - 1 dimensions dans Rn. Etant donné que le paramètre s figure
dans l'équation de la bicaractéristique, pour former l'équation de
l 'hypersurface caractéristique (54) il faut prendre une famille de
bicaractéristiques dépendant de n -. 2 paramètres. On admettra
que les valeurs initiales xkO l et PhO l des variables figurant dans le
1-2-12. BICARACT:eRISTIQUES 109

système (56 1), - (56 2) dépendent de n - 2 paramètres t 1 , • • • , t n -2-


En reprenant les raisonnements de [1-1-8] on s'assure sans peine
qu'une condition nécessaire et suffisante pour que la famille de bica-
ractéristiques obtenue définisse une hypersurface caractéristique
est que les valeurs initiales x~) et PkO) vérifient les relations suivan-
tes [1-1-12]:
n
~ a~O)p~O)p(O) - 0 (58)
LJ lkl k-,
i, k=1
n ôx<o)
~ p(O) 8 =0 (j = 1, ... , n - 2), (59)
L..J 8 Ôt.}
s=1

où aWi = aik (x~O». Ceci étant, on admet que l'un au moins des jaco-
biens d'ordre n - 1 des variables (Xh ... , x n ) par rapport aux para-
mètres (s, t 1 , • • • , t n - 2 ) est non nul.
Tous les résultats exhibés découlent directement de la méthode
de Cauchy d'intégration d'une équation du premier ordre (1-1-12).
Une légère complication est apportée ici par le fait que l'équation de
la surface intégrale est cherchée sous la forme implicite (01 (Xl' ..•
. . . , x n ) = C et par suite le système de Cauchy (56) ne contient pas
la fonction (01.
Une surface intégrale singulière de l'équation (53), dite conoïde
~aractéristique, joue un rôle essentiel en physique mathématique. Le
-conoïde s'obtient par la méthode précédente en admettant que les
x'k° l (le sommet du conoïde) sont fixes, c'est-à-dire ne dépendent pas
des paramètres, et en imposant aux p'k0 ) de vérifier la condition (58).
Signalons que cette équation définit n quantités p'k0 ) comme des fonc-
tions de n - 1 paramètres. L'équation (58) étant homogène, l'un des
paramètres figure comme facteur dans PhO). On vérifie sans peine que
les équations (56 1 ) et (56 2) ne changent pas si l'on remplace s par.!.a s
et Pk par apk, où a ne dépend pas de s. Donc, le paramètre qui figure
-comme facteur dans PhO) est redondant, car il figurera de toute façon
par l'intermédaiaire de s. On peut donc considérer que l'une des quan-
tités PkO) est égale par exemple à 1.
Si les coefficients aik sont constants, les équations (56 2 ) montrent
qu'il en sera de même des Pk et l'on voit sur les équations (56 1)
que Xk seront des polynômes du premier degré en s, autrement dit,
si les coefficients aik sont constants, les bicaractéristiques sont des
àroites· de Rn.
Traitons un cas particulier important. Posons Xl = t et considé-
...ons l'équation de forme spéciale
m
Utt - 2J aikuXiXk + ... = 0, (60)
i, k=1
110 CH. 1. TH~ORIE DES ÉQUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

où m = n - 1 et les coefficients aih ne contiennent pas t, c'est-à-dire


dépendent seulement de X h • • • , X m • On admettra que la forme
quadratique
m

2J
1, h=l
aihSiSh

est définie positive pour toutes les valeurs de sS' L'équation (53)
s'écrit dans ce cas
m
O~oot1 ) 2_ '" 000 1 oro1 -_ 0
( u LI oXi OXh - •
i, k=l

On cherchera une hypersurface caractéristique sous la forme résolue


par rapport à t:
(ù (Xh • • • , Xm ) - t = 0 ou t = (ù (Xl' ••. , X m ). (61)

Sous ces conditions Po = ~~1 = -1 et l'on obtient l'équation du


premier ordre
m

~ aik(ÙXi(ÙXk = 1 (62)
i, h=l
ou
m

LJ
i, k=l
aikPiPk = 1. (63)

Le système de Cauchy correspondant est:


dXk dt dPh
m m - m
oaij
2 ~ ahiPi 2 ~ aikPiPk ~ OXk
PiPj
i=l i, k=1 'i, i=l
Si l'on particularise une hypersurface (61), alors de (63) et du der-
nier système, il s'ensuit que les bicaractéristiques qui la forment
doivent satisfaire au système suivant:
m
dXk ~
(f't = LI akiPi (64)
i=l
On peut traiter la surface (61) non pas comme une surface fixe
dans l'espace Rn de point générique (Xl' . . . , X m, t), mais comme
une surface mobile dans l'espace Rm de point générique (Xl' ...
• • 0' x m ). On traitera par ailleurs les solutions du système (64)
comme des courbes Iv de Rm paramétrées par le temps t. Ceci étant,
la courbe  ne sera pas située sur la surface mobile (61).
1-2-13. LIEN AVEC UN PROBL~ME VARIATIONNEL Ht

Si par exemple dans l'espace R3 de point générique (Xl' X2, t)


on a affaire au cône
X~ +
X~ - c2t 2 = 0,
alors on doit le traiter dans le plan (Xl' X 2) comme un cercle centré
en l'origine, de rayon variable ct. Si les génératrices rectilignes de ce-
cône sont des bicaractéristiques, alors les lignes  constituent dans
le plan (Xl' X 2 ) un faisceau de droites issues de l'origine. On verra
plus loin que cet exemple correspond au cas où l'équation donnée-
est l'équation des ondes
2
Utt - c (U XIXI +
U X2X2 ) = O.

1-2-13. Lien avec un problème variationnel. Soit A la matrice-


des coefficients aik' La résolution du système (64) par rapport à Pi
nous donne P = A -1 ~;, où A -1 est la matrice inverse de A. En por-
tant les expressions de Pi dans l'équation (63), on transforme la forme·
quadratique de Pi en une forme quadratique de ~; , c'est-à-dire qu'on
obtient

(65}

où la matrice B des coefficients b ik se déduit de A à l'aide de la for-


mule (tome III I , [11-2-1]):
= (A _1)* AA -1 = (A -1)*,
B
ou encore, puisque A est symétrique, B = A -1.
Munissons l'espace Rm de la métrique
m

da =.2
2.J
b ik dXi dXk o
i, k=1
L'intégrale
/ m ' tl .... f m
J da = JV ~
i, k=l
bik dXi dXh = JV
to
~
i, h=l
(66}

étendue à une bicaractéristique quelconque d'une hypersurface carac-


téristique (61) est égale en vertu de (65) à la différence des bornes
d'intégration, autrement dit, la longueur de tout arc de la bicaracté-
ristique indiquée est égale, pour la métrique (66), à la différence des
valeurs de t correspondant aux extrémités de cet arc.
En comparant les résultats précédents à ceux de (tome IVl ,
[II-20]) on constate que l'équation (63) est l'équation de la fonction
fondamentale d'un champ d'un problème aux variations posé pour
1.f2 CH. 1. THBORIE DES BQUATIONS AUX DBRIV:mES PARTIELLES

l'intégrale (66). Donc, la famille d'hypersurfaces (0 (Xl' ... , x m ) = t


·.est la famille de surfaces transversales d'un champ du problème aux
variations posé pour l'intégrale (66). Il est aisé par ailleurs de vérifier
que les bicaractéristiques correspondant à la famille de surfaces ca-
ractéristiques et définies par les équations (64) seront les extrémales
·de ce champ. Pour le prouver il suffit de s'assurer, en se servant de
l'équation (64), que les bicaractéristiques coupent transversalement
,les hypersurfaces (0 (x l ' . . ., X m ) = t.
En effet, la condition de transversalité se réduit à la proportion-
nalité de Pi = (0 Xi et des dérivées de l'intégrant de (66) par rap-
port à x; (tome IVl , [II-20)), c'est-à-dire à la proportionnalité de Pi
m
·et de 2Jbi1~Xk. La résolution de l'équation (64) par rapport à Pi
k=l
,nous donne
m
Pi = 2J
k=l
bi1~Xh

'ee qui prouve notre assertion, savoir que la famille d'hypersurfaces ca-
ractéristiques est coupée transversalement par les bicaractéristiques.
A noter que si nous avons affaire à un conoïde caractéristique, la
famille de surfaces transversales est une famille de quasi-sphères de
rayons t dont le centre (x(~), .•. , x~») est le sommet du conoïde.
Si l'équation (60) décrit un processus ondulatoire dans l'espace R m •
.alors l'équation du premier ordre (63) définit l'optique géométrique
de ce processus à l'aide des surfaces caractéristiques et les bicaracté-
ristiques sont les rayons définissant cette optique géométrique. Ces
,<considérations établissent un lien immédiat entre l'optique géomé-
trique et un problème aux variations. Si l'on connaît le front d'onde S 0
pour t = 0, alors pour déterminer le front d'onde St à un instant t
quelconque, on doit construire une famille de quasi-sphères de cen-
tres sur S 0 et de rayon t et envisager l'enveloppe de cette famille
-(construction de Huygens). Cette construction correspond à ce que
nous avons dit dans [1-1-11] au sujet de la résolution du problème de
Cauchy relatif aux équations du premier ordre à l'aide des conoïdes
·caractéristiques de cette équation. Nous glisserons sur la démonstra-
tion de cette construction qui peut être effectuée au moyen de la
théorie de l'intégrale complète. Signalons qU3 l'enveloppe des quasi-
:sphères de rayon t peut être composée de deux hypersurfaces. L'une
d'elles seulement nous donnera le front d'onde à l'instant t.
Tous les raisonnements précédents peuvent être effectués dans
l'espace Rn en ajoutant t aux coordonnées du point générique. Pour
.une plus grande symétrie considérons le cas général de l'équation (48):
n
L] ai1~uX'Xh + ... = 0
i, h=1 l
(ahi = aik), (67)
I-Z-U..PROPAGATIOK DE LA SURPACB DE DISCONTINUITS H3

où aik sont des -fonctions données de (XIt ••• , x n ). Les surfaces caracté-
ristiques seront définies par l'équation

D (Xl' ••• , Xn , Pl' "', Pn) =


n
2J
i, k=1
aikPtPk = °
(Pt = ~:~ ) , (68)

où D (Xl' ••. , X n , Pl' . . ., Pn) désigne le premier membre de l'équa-


tion. Le système de Cauchy correspondant à cette équation, c'est-
à-dire le système d'équations différentielles ordinaires définissant les
bicaractéristiques, est constitué des équations (56 1 ) et (56 2). En
remplaçant le paramètre auxiliaire 8 par 8/2 on ramène ce système
à la forme:
dXk 1 dpk 1
dS='2 D pk; fiS = -TDxk (k= 1, ... , n). (69)

Les premières équations de ce système sont de la forme:

(k=1, 2, ... , n).

En les résolvant par rapport à Pt et en portant Pi dans l'équa-


tion (68), on obtient
n
(70)

où B = A -1. Munissons Rn de la métrique


n
da: = ~ b'k dXi dXk'
i, k=l

La différence essentielle qui existe avec le cas précédent est que


le second membre de cette formule peut pour une équation de type
hyperbolique prendre des valeurs aussi bien strictement positives
que strictement négatives {forme quadratique alternée (tome IIIIt
[11-2-41) et par suite dal peut être imaginaire.
De (70) il s'ensuit que les bicaractéristiques sont caractérisées par
la relation da l = 0, c'est-à-dire que la longueur de tout segment de
bicaractéristique est nulle pour la métrique adoptée.
1-2-14. Propagation de la surface de discontinuité. Supposons que
les dérivées secondes d'une solution u de l'équation (48) présentent
sur la surface
(71)
8-01017
H4 CH. 1. TJtBOlUB DES .8QUATIONS4UXDPIV8BS PARTIBLLES

une discontinuité de premjère espèce, mais cette fonction et se~


dérivées premières restent continues en traversant la surface (71).
La solution u sera traitée des deux côtés de la surface (71) comme deux
solutions distinctes de l'équation (48). Ces solutions vérifient les
mêmes conditions initiales sur cette surface, mais leurs dérivées
secondes prennent des valeurs différentes. On peut donc affirmer que
la surface (71) doit être une surface caractéristique de l'équation (67).
On aurait obtenu le même résultat en supposant que la solution u et
ses dérivées partielles premières et secondes restent continues à la
traversée de la surface (71), les dérivées d'ordre supérieur présentant,
elles, une discontinuité. On dit qu'une solution de l'équation du se-
cond ordre (67) présente une discontinuité faible sur la surface (71) si
à la traversée de cette surface elle reste continue avec ses dérivées
premières, et certaines de ses dérivées d'ordre supérieur sont discon-
tinues. Des raisonnements précédents il s'ensuit que seule une surface
caractéristique peut être une surface de faible discontinuité.
En assimilant la variable X n au temps t (x n = t), on transforme
l'équation (71) en l'équation horaire d'une surface de faible discon-
tinuité dans l'espace Rm:
'1' (Xl' ••• , X m , t) = O. (72)
Déterminons la vitesse de propagation de cette surface. Repérons
un point M sur la surface (72) et menons à partir de M la normale
à cette surface dans le sens où '1' > O. A l'instant t ~t le point M +
se retrouve en Ml. La limite du rapport MMI / ~t lorsque ~t-+ 0 s'ap-
pelle vitesse de propagation de la surface (72). Soit

g= .. ~ '1'~ ..
Vf i=1 1
(73)

Les cosinus directeurs de la normale en M ont pour expression


'1'x,
cos (n, Xi)=-.
g
(74)

Dérivons la relation (72):


m
LJ '!'Xi dx, + '!'t dt = O.
i=1

La quantité dx i peut être traitée comme la projetée du déplacement


infiniment petit MMlle long de la normale sur l'axe OXi. On a donc
m

lJ
i=1
'1'x·MMl cos (n,
'
X,) + '1't dt = O.
I-2-1i. PROPAGATION DE LA SURFACE DE DtSCONTINUIT~ 115

En tenant compte de (74) on obtient l'expression suivante pour la


vitesse du mouvement de la surface (72):
p= -~.
g
(75)

Si m = 2, on obtient une courbe mobile sur le plan (XIt x 2 ), si


m = 3, une surface mobile dans l'espace (:Ch X 2 , xs).
Examinons à titre d'exemple l'équation des ondes pour m = 1:
Uu - a2u xx = O.
L'équation (53) s'écrit
''l'f - a2"': = 0 ou :~ = + a.
Cette équation montre que le point de faible discontinuité doit se-
déplacer sur l'axe Ox à la vitesse + a. Les caractéristiques seront
deux familles de droites x ± at = c du plan (x, t). Considérons encore
l'équation
Utt - 1 (u x , Ut) U xx = 0,
que l'on rencontre dans l'étude de l'écoulement d'un fluide compres-
sible en dimension un. La condition (53) s'écrit
Ut)"'~ = O.
"" - 1 (u x ,
Supposons que sur l'axe Ox le fluide est au repos (pour fixer les idées,
à gauche du point de discontinuité). On a alors U x = Ut = 0 à gauche
et au point de discontinuité. La condition précédente devient "'~ -
- 1 (0, 0) ",~ = 0, et la vitesse de propagation de la discontinuité
a pour expression:
p= ± VI(O, 0). (76)
Passons maintenant à l'étude de l'équation des ondes à trois
variables indépendantes:
Utt - a2 (u x1xi +U X2X2 ) = o.
L'équation (53) s'écrit dans ce cas:
",t - a2 ("'~1 + "'~2) = 0,
ou encore ''l'~ - a2g2 = 0 compte tenu de la formule (73). Cette équa-
tion du premier ordre exprime que toute courbe caractérisique du
plan (Xl' X 2) se déplace à la vitesse a. On obtiendrait le même résultat
pour une surface caractéristique de l'espace (Xh X 2 , xs) dans le cas
de l'équation des ondes
Utt - a (u x1xi + U X2X2 + U X3X3 ) = O.
2

Signalons que le coefficient a 2 peut être supposé dépendre de (xIt.


X 2 , xa).
8*
1t6 CH. I. TRSORIE DES ~UATIONS AUX D:&RlV:&ES PARTIELLES

1-2-15. Discontinuités fortes. En étudiant les solutions disconti-


nues des équations du second ordre on a admis que ces solutions et
leurs dérivées premières restaient continues à la traversée de la surface
de discontinuité, alors que les dérivées d'ordre supérieur présentaient
une discontinuité. Ce n'est qu'à cette condition qu'on a pu affirmer
que la surface de discontinuité est une surface caractéristique. Pas-
sons maintenant à l'étude des discontinuités fortes, c'est-à-dire au cas
où sont discontinues les dérivées premières de la solution de l'équation
du second ordre. On se propose d'établir les conditions sous lesquel-
les la surface de discontinuité est nécessairement une surface caracté-
ristique. On étudie l'équation des ondes de trois variables indépen-
dantes. L'opérateur composé du premier membre de cette équation:
1
Du = u xx + u YlI -(i'2 Utt,

s'appelle opérateur de Lorentz. Considérons un autre opérateur consti-


tué des dérivées du premier ordre:
1
P (u) = U x cos (n, x) + u y cos (n, y) - (i2 Ut cos (n, t), (77)

n étant une direction dans l'espace (x, y, t). Soient D un domaine de


l'espace (x, y, t), S sa frontière et n la direction de la normale exté-
deure à la surface S. En appliquant la formule de Gauss, on peut com-
me dans le (tome II, lVII-3-2l) écrire la formule de Green suivante
pour l'opérateur de Lorentz:
Jl J[vou-uOv] d't = JJ [vp {u)-uP (v)] dS, (78)

QÙ U et v sont des fonctions possédant des dérivées premières et


second,es continues dans D.
En particulier, quelles que soient u EC 2 (D) et v EC~ (D)*), on a

JJJ[vDu-uDv] d't=O.
D
(79)

Supposons que le domaine D est partagé par une surface 0' en deux
parties Dl et D 2' cette surface étant une surface de discontinuité pour
les dérivées premières de la fonction u. Etablissons les conditions que
·doit remplir cette discontinuité pour que la formule (79) reste valable
:sur D tout entier pour une fonction u à dérivées discontinues et une
:fonction quelconque v E Cr: (D). On admettra que la fonction u reste
'continue à la traversée de (J. Soient M un point de (J, l, une direction
;quelconque du plan tangent à 0' en M. On admettra que la dérivée

, *)On rappelle que C':(D) désigne l'ensemble des fonctions indéfiniment


dérivables à support compact appartenant à D.
1-2-15. DISCONTINUlmS FORTES 111

~~ tend vers la même limite que l'on s'approche du point M d'uD,


côté ou de l'autre de la surface (J et que cette limite est égale à laI
dérivée suivant l des valeurs prises par la fonction u sur (J. Cette
condition s'appelle parfois condition de compatibilité cinématique. Si·
n est une direction fixe de la normale à (J en M, on admettra qu' à l'ap-,
proche de Md 'un côté ou de l'autre de la surface, :: prend des valeurs,'
bien définies susceptibles d'être différentes selon le côté considéré.-
Formulons maintenant la condition de compatibilité dynamique.
Cette condition traduit le fait que l'expression (77) tend vers la
même limite indépendamment du côté par lequel on s'approche d'uD
point de la surface (n est la direction de la normale en ce point),.
pourvu que la direction de n soit la même dans les deux cas. On
admet par ailleurs que la formule (78) est valable séparément dans les
parties Dl et D 2 de D. Ceci aura lieu visiblement si la fonction u"
possède des dérivées premières et secondes continues dans Dl et D 2 et
sur o. Si l'on applique la formule (78) à Dl et à D 2 , les directions de
la normale extérieure à la surface (J seront opposées et les expressions
respectives de P (u) seront de signes contraires. En ajoutant ces deux
formules, on obtient la formule (79) pour D tout entier, puisque les
intégrales étendues à (J se simplifient. La formule (79) est donc vala--
ble pour le domaineD tout entier sous les conditions de discontinuité,
forte imposées à la fonction u.
Exhibons maintenant quelques conséquences importantes des:
hypothèses avancées. Soit n le vecteur unitaire de la normale à (J.-.
Considérons le produit vectoriel grad u X n. Si l'on désigne par 1 le-
vecteur unitaire qui a le même sens que le projeté de grad u sur le
"
plan tangent a (J, alors grad u = al 1
au au
+
ann et grad u X n =

= :~1 n. Ce produit est donc continu à la traversée de (J. Les


X
composantes de ce produit nous sont données par les trois expressions
suivantes qui, en vertu des conditions cinématiques de compatibilité.
doivent être continues à la traversée de (1:
uxcos(n, y)-uycos(n, x)=M I ,
ullcos(n, t)-Ut cos (n, y)=M2 , (80)
{
Ut cos (n, x) - U x cos (n, t) = M 3.

La condition formulée plus haut nous donne encore une quatrième


expression qui doit rester continue à la traversée de (J:
t
uxcos(n, x)+uycos(n, y)- a 2 Ut cos (n, t)=M i . (81)

On traitera les équations (80) et (81) comme quatre équations du pre-


mier degré en "x, "1/ et "t. Si le rang de la matrice de ce système était.
H8 CH. r. TImORIE :DES :€QUATIONS AUX n:mRIV:€ES PARTIELLES

égalà. trois, c'est-à-dire si J'un des déterm.inants d'ordre trois de


c'ette matrice était non nul, alors on aurait pu résoudre ce système
par rapport à u x , u1/ et Ut et ces dérivées se seraient exprimées par
l'intermédiaire des fonctions continues M k' Les dérivées premières de
la fonction U étant continues à la traversée de a, on n'aurait pas eu
de discontinuité forte. On peut donc affirmer que le rang de la matri-
ce est strictement inférieur à trois, autrement dit, tous les déter-
minants d'ordre trois de la matrice
cos (n, y) - cos (n, x) o
o cos (n, t) -cos (n, y)
-cos (n, t) 0 cos (n, x) (82)
1
cos (n, x) cos (n,y) --cos(n
a2 , t)

sont nuls.
Il est. immédiat que

i\~ +~: + i\~ = [ cos2 (n, x) + cos2 (n, y) - ;2 cos (n, t)


2
J2 ,

et i\~ = 0, ~k. étant le déterminant obtenu par suppression de la


k-ième ligne. Donc, dire que les i\h sont nuls revient à dire que
cos2 (n, x)+cos2 (n, y)--;-cos 2 (n, t)=O. (83)
a
Si la surface a a pour équation 'li' (x, y, t) = 0, alors l'égalité (83) se
met sous la forme évidente
1 . 0
'li'x + 'l'y -
2 2 2
a2 'li't = ,
et l'on constate donc que dans le cas d'une discontinuité forte, la
surface a doit être une surface caractéristique de l'équation 0 u = O.
Si la condition (83) est remplie, on démontre aisément que les
déterminants d'ordre trois de la matrice (82) sont tous nuls et que Mi
est une combinaison linéaire de Ml' M 2 et Ma, plus exactement,
cos (n, t) M~ = cos (n, y) M 2 - cos (n, x) Ms.
On voit ainsi que si les conditions cinématiques de compatibilité
sont remplies, c'est-à..,dire que Ml' M 2 et Ma sont continues et la
surface a est une surface caractéristique de l'équation 0 u = 0,
alors M", est continue, c'est-à-dire que la condition dynamique de
compatibilité est satisfaite. Signalons que dans les raisonnements
précédents on a obtenu l'équation de la surface caractéristique
sans étudier les solutions de l'équation Ou = f mais en utilisant
uniquement l'égalité (79) dont le premier membre contient 0 u.
. On a donc prouvé que si une fonction u présente une discontinuité
forte sur la surface a et vérifie sur a les conditions cinématiques et
1-2;'18. MATRODB DB JUBMANN H9

dynamiques de compatibilité, alors (J est une surface caractéristique


et la fonction u satisfait l'identité (79) pour tout v E C~ (D) (et
tout v E C~ (D». .
La réciproque est également vraie: si une fonction u présente une
discontinuité forte sur (J, vérifie les conditions cinématiques de com-
rpatibilité sur (J et l'identité (79) pour tout v E C~ (D), alors (J est
une surface caractéristique et la fonction u satisfait la condition
dynamique de compatibilité, c'est-à-dire que le saut [P (u)l(J de la
fonction P (u) à la traversée de (J est nul.
. En effet, on sait que u est continue dans D (donc [ul(J = 0) et
{grad ul(J =1= O. De l'identité (79) il s'ensuit que

) v [P (u)]a dB = 0,
a
ce qui, en vertu du choix arbitraire de la fonction v (tome IV h [11-2],
1111-4]), entraîne [P (u)la = 0, c'est-à-dire la condition dynamique
°
de compatibilité. Comme [grad ul a =1= et [u~la' [ul/la, [Utla sont
solutions du système d'équations (80), (81), ceci n'est possible, ainsi
qu'on l'a vu plus haut, que dans le cas où (J est une surface caracté-
,ristique.
Du point de vue physique, l'équation Du = f traduit l'équilibre
·des forces intérieures et extérieures agissant sur un volume élémen-
°
taire dans l'espace de point générique (x, y, t), l'équation [P (u)la ==
,l'absence de forces extérieures surfaciques agissant sur une surface
:élémentaire de(J. L'analyse effectuée montre que ces deux équations
sont équivalentes à l'identité

) )) [vf-uDv]d-r==O, '
D

-où v est une fonction quelconque de C~ (D), si uest bicontinûment


dérivable dans Dl et D 2 et sur (J. Dans [I-2-31] on décrira des classes
plus larges de solutions discontinues de l'équation 0 u --:- f ainsi que
·d'autres équations différentielles linéaires qui seront définies à par-
tir d'identités de ce type~
1-2-16. Méthode de Riemann. On se propose maintenant de résou-
odre le problèm.e de Cauchy en commençant par une équation linéaire
·de deux variables indépendantes réduite à la forme normale:
L (u) ."u~1/ + a (x, y)u~ +
b (x, y)ul/ +
C (x, y)u = f (x, y). (84)

Dans la suite, ·onomettra souvent d'éci-ire les arguments, des;


.coefficients et du second membre. Désignons le premier membre de
-cette équation par L (u). Rappelons' que la condition (32) qui
définit les caractéristiques est de la forme dx dy = 0 pour cette équa-
tion, de sorte que les caractértistiques seront des· droites ~ = const et
120 CH. 1. TImORIE DES'~ATIONS Ame DSRIVSES PARTIELLES

y = const, parallèles aux axes de coordonnées. Outre l'opérateur


L Cu) on considère l'opérateur adjoint défini comme suit:
L* (v) = v Xll - {av)x - (bv)lI cv. +
On admet de toute évidence que les coefficients a et b sont continû-
ment dérivables. En se servant des expressions de L Cu) et L* (v), on
établit immédiatement l'identité élémentaire suivante:
2 [vL Cu) - uL* (v)] = {uxv - vxu + 2buv)1I +
+ {u v - v u + 2auv)x.
ll ll (85)
Considérons dans le plan (x, y) un domaine D de frontière Â. et
supposons que les fonctions u et v possèdent dans D des dérivées
premières et des dérivées secondes mixtes continues. En intégrant les
deux membres de l'identité (85) sur le domaine D et en utilisant la
formule classique (tome II, [111-2-4])

~~ ( :; - ~~ ) dx dy = ~ P dx + Q dy,
D Â

on obtient la formule de Green suivante:


2 ~
D
J[vL (u) - uL* (v)] dB =

= ~ - (uxv - vxu + 2buv) dx + (uyv - vyu + 2auv) dy. (86)


Â

Passons après ces calculs préalables à la résolution du problème de-


Cauchy pour l'équation (84).
Soit donnée dans le plan (x, y) une courbe l qui est coupée én un
point au plus par les droites parallèles aux axes de coordonnées.
L'équation de cette courbe est de la forme x = x (y) ou y = y (x).
On admet que les dérivées x' (y) et y' (x) existent et sont différentes
lie zéro sur la portion de courbe l étudiée. On cherche la solution de
l'équation (84) qui vérifie des conditions initiales sur l, c'est-à-dire-
que les valeurs de la fonction u et de ses dérivées partielles U x et u ll
+
sont données sur l et de plus du = U x dx u ll dy. On admettra que u,
U x et u ll sont données sur l comme des fonctions uniquement de :c-
ou de y.
On admet que la fonction qui définit u sur l possède une dérivée-
continue et que U x et u ll sont continues. Les coefficients a et b possè-
dent, comme indiqué plus haut, des dérivées partielles continues par
hypothèse et c et f sont continues dans le domaine contenant l envi--
sagé. On montrera dans la suite que ce problème admet une solution
sous les conditions posées. On se propose dans l'immédiat d'établir
une formule qui nous donnera la solution (si elle existe)_du problème..
1-2-16. M2THODE DE RIEMANN 121

Soit B la- région du plan (x, y) limitée par un arc de courbel et


deux droites parallèles aux axes de coordonnées issues d'un point fixe
P (x, y) (fig. 1). Supposons que l'on connaisse dans ce domaine une
solution de l'équation adjointe
L* (v) = O. (87) y Pr-----I

En appliquant la formule (86) à la solution u


cherchée du problème de Cauchy et à la solution
v de l'équation (87), on obtient, compte tenu de
l'équation (84):

- 2 ) ) vj da = ) ) + )+ ). (88) 0 x
D AB BP PA
Fig. 1

-
L'intégration le long de  se décompose en une intégration le long de-
l'arc AB de courbe l et le long des droites BP et PA parallèles aux
axes. L'intégrale le long de l'arc de courbe l est connue, car la fonction
u et ses deux dérivées partielles premières sont données sur l.
Le long de PA seule x est variable, donc en intégrant le long de PA,.
on obtient l'intégrale
- ) (uxv - V:JCU + 2buv) dx.
PA
La fonction à intégrer peut être mise sous la forme
U:JCV - vxu + 2buv = (uv)x + 2u (bv - v x ),
et par suite

- ) (u xv-v xu+2buv)dx=(uv)P-(UV)A- ) 2u(bv- v:JC)dx,.


PA PA

où, par exemple, (uv) p désigne la valeur du produit uv au point P.


De façon analogue

) (u yv-v ll u+2auv)dy=(uv)P-(UV)B+ ) 2u(av-v y )dy.


BP BP
La formule (88) peut être mise sous la forme suivante:
2v(P)u(P)= ~ [(u xv-v xu+2buv)dx-
AB
- (uyv - vyu + 2auv) dy] + U (A) v (A) + u (B) v (E) +
+ ) 2u(bv-vx)dx+ ~ 2u (av-v y)dy-2 ) ) jvda. (89)
PA PB D
122 CH. I. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

Supposons que l'on connaisse une solution de l'équation (87) qui


vérifie sur les droites PA et PB les conditions suivantes:
bv - Vx = 0 sur PA et av - Vu = 0 sur PB
et qui soit telle que v CP) = 1. Sous ces conditions les intégrales le
long de PA et PB disparaissent de la formule (89) et l'on obtient la
formule suivante qui exprime la valeur de la fonction cherchée
u CP) au point P (x o' Yo):
2u (x o, Yo) = u (A) v (A) + u (B) v (B)-I-
+ ~ (u x v-v xu+2buv)dx-(u y v-v y u+2auv)dy-2)) fvda. (90)
AB D
Voyons maintenant plus en détailles conditions que doit remplir la
solution v de l'équation (87). Le long de la droite PA on doit avoir
Vx = b (x, Yo) v.
Cette équation peut être traitée comme une équation différentielle
de la variable indépendante x. En l'intégrant on obtient les valeurs
suivantes de v sur la droite PA :
x
S b(x. Yo) dx
v (x, Yo) = eXo (sur PA). (91)
De façon analogue
y
S a(xo. y) dy
V (xo, y) = eYo (sur PB). (92)
On rappelle que v (x o' Yo) = 1. Ainsi la solution v de l'équation (87)
prend sur les doites PA et PB des valeurs données par les formules (91)
et (92). Cette solution dépendra visiblement du choix du point (x o,
Yo), plus exactement, ce sera une fonction d'un couple de points.
Désignons-la par
v (x, y; x o, Yo). (93)
La solution de l'équation (87) qui vérifie les conditions (91) ~t (92)
s'appelle fonction de Riemann. Cette fonction ne dépend ni des condi-
tions initiales sur l, ni de la forme de l. Le point (x, y) fait office
d'argument, le point (xo, Yo), de paramètre. A noter qu'on aurait pu
prouver l'existence d'une solution en vérifiant directement que la:
formule (90) donne bien la fonction u (x o' Yo) qui satisfait l'équation
·(84) et les conditions initiales sur l. Cette vérification présente quel-
ques difficultés, aussi donnera-t-on dans un prochain numéro une
autre] démonstration de l'existence de la solution du problème
de Cauchy.
1-2-16. M~THODE DE RIEMANN 123

La méthode de Riemann ramène la résolution du problème de


Cauchy à la recherche de la fonction de Riemann (93). Cette fonction
-est solution d'une équation sans second membre (87), du même type
que l'équation (84), mais avec des conditions subsidiaires qui diffè-
rent totalement des conditions initiales, plus exactement, comme on
l'a vu plus haut, ces conditions se traduisent par la donnée des valeurs
de la seule fonction v sur les caractéristiques PA et PB issues du point
donné P. On prouvera dans la suite l'exis-
tence de la fonction de Riemann. Signalons !J
que la formule (90) a été établie sous réserve
que la solution existe. Donc, si cette solution Ar·- - - r - - - /
existe, elle s'exprime nécessairement par la
formule (90), ce qui prouve l'unicité. Il reste à
démontrer que la formule (90) donne bien la 13
solution du problème de Cauchy. On prouve- 0
ra dans la suite non seulement l'existence de
la fonction de Riemann, mais aussi celle de la Fig. 2
solution du problème de Cauchy, ce qui tradui-
ra le fait que la formule (90) donne bien la solution du problème.
Supposons provisoirement que tous les théorèmes d'existence
formulés ont été prouvés et étudions quelques corollaires de la for-
mule (90). Nous avons indiqué que cette formule exprime l'unicité
de la solution du problème de Cauchy. Par ailleurs, de cette formule
il s'ensuit immédiatement que si l'on donne un accroissement aussi
petit que l'on veut aux conditions initiales sur l, la solution du pro-
blème subit un accroissement aussi petit que l'on veut, autrement dit,
la solution du problème de Cauchy dépend continûment des conditions
initiales. Il s'ensuit encore de la formule (90) que la valeur de la fonc-

-
. tion inconnue u au point P dépend uniquement des conditions initia-
les sur l'arc AB de l. Si l'on prolonge les conditions initiales sur AB
au-delà de A et B de deux] manières différentes, en conservant la
-
-
continuité de ces conditions en A et B, on obtient en dehors du trian-
gle curviligne PAB deux solutions distinctes du problème de Cauchy,
. plus exactement, on obtiendra deux systèmes différents de condi-

-
-
tions initiales qui seront vérifiées par deux solutions différentes qui,
toutefois, seront confondues sur le triangle curviligne P AB, vu que
les conditions initiales le sont sur AB. Les caractéristiques PA et PB
seront ces courbes sur lesquelles les solutions, identiques sur le trian-
gle mentionné, se disloqueront en deux solutions différentes.
Les raisonnements de ce numéro n'impliquent pas de toute
évidence l'analyticité des fonctions. Nous avons exigé que les parallè-
les aux axes de coordonnées (les caractéristiques) coupent la courbe l
en un point au plus. Voyons la signification de cette condition.
Prenons une courbe II (fig. 2) coupée en deux points par les parallèles
124 CH. 1. TImORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIY:eES PARTIELLES

à l'axe des x et supposons que les conditions initiales sont données


sur lI' En appliquant la méthode de Riemann on peut déterminer la

-
valeur de la fonction u au point P en se servant du triangle curvili-
-
gnePAB ou PBC. Ces deux formules nous donnent des valeurs de U
généralement différentes en P, donc le problème n'admet pas de
solution.
1-2-17. Conditions initiales caractéristiques. Considérons main-
tenant le problème auquel nous a conduits la construction de la fonc-
tion de Riemann. Examinons seulement le cas d'une équation sans
second membre. On demande de trouver une solution de l'équation.
UXl/ + aux + bUll + cu = 0, (94)
si sont données uniquement les valeurs de la fonction inconnue U sur
les droites CA et CB parallèles aux axes (cf. fig. 1). Soit (S,11) les
coordonnées du point C. Signalons que si l'on connaît les valeurs de U
sur CB, l'on connaît de même les valeurs de la dérivée partielle U x
sur CB. Donc, en faisant y = 11 et en portant les fonctions connues U et
U x dans l'équation (94), on obtient une équation différentielle ordi-
naire du premier ordre pour la fonction ul/ le long de CB. L'intégra-
tion de cette équation nous donnera la dérivée partielle ul/ le long de
CB. De façon analogue, si l'on connaît U sur CA, l'on connaîtra de
même les deux dérivées partielles premières de U sur CA. Les constan-
tes arbitraires d'intégration des équations différentielles du premier
ordre peuvent être déterminées du fait que ul/ et U x peuvent être sup-
posées connues au point C. Ces raisonnements nous montrent pour-
quoi il suffit de connaître uniquement les valeurs de la fonction U le
long des caractéristiques CA et CB. La méthode de Riemann s'ap-
plique intégralement au problème considéré et nous donne la
formule
2u (P) = U (A) v (A) + U (B) v (B) +
+ ~ (uyv-vllu+ 2auv) dy+ ~ (uxv -vxu + 2buv) dx,
CA CR
où, comme précédemment, v est la fonction de Riemann (93).
Mettons la fonction à intégrer de la première intégrale sous la
forme:
Uliv - vl/u + 2auv = - (uv)lI + 2v (au + u lI ).
En faisant de même pour la fonction à intégrer de la deuxième inté-
grale et en intégrant, on obtient la formule suivante:

u(P)=u(C)v(C)+ ~ v(au+uy)dy+ ~ v(bu+ux)dx. (95)


CA CR
1-2-18. THSOR~MES D'EXISTENCE 125

Utilisons cette formule pour prouver une propriété de la fonction


de Riemann. Signalons préalablement que l'adjoint de l'opérateur
L* (v) est l'opérateur L (u). En effet,
L* (v) = vX 1/ - avx - bV1/ +
(c - ax - b1/) v,
et l'opérateur adjoint s'écrit:
+
L l (u) = UX 1/ (au)x + (bu)1/ +(c - a x - by) u =
= u xy +aux + +
bU1/ cu = L (u).
Appliquons la formule (95) à la fonction de Riemann u de l'opérateur
L* (v). Les coefficients en Vx et Vu de l'opérateur L* (v) sont égaux
à (-a) et (-b), donc la fonction de Riemann de cet opérateur est
la solution de l'équation (94) qui vérifie sur les droites CA et CB
les conditions au + u y = 0 et bu +Ux = 0 et qui, de plus, est telle
que u (C) = 1. Le point C (6, Tl) joue le rôle du point P (x o, Yo) de la
fonction (93) .
En se servant de la formule (95) pour ce cas particulier, on obtient
la formule suivante:
u (x o, Yo; 6, Tl) = v (6, ,,; x o, Yo),
c'est-à-dire que la fonction de Riemann de l'opérateur L (u) se trans-
forme en la fonction de Riemann de l'opérateur adjoint L* (v) si l'on
y permute les points (x, y) et (x o, Yo). L'opérateur L (u) est symétrique
par définition si L* (v) = L (v). La fonction de Riemann d'un opéra-
teur symétrique est une fonction symétrique des deux points dont elle
dépend. En se servant des expressions de L (u) et L* (v), on établit
aisément que les conditions pour lesquelles L (u) est symétrique sont:
a ~ b == O. Le problème qui consiste à déterminer la solution de
l'équation (94) qui prend des valeurs données sur deux caractéristiques
s'appelle problème aux conditions initiales caractéristiques. Comme dans
le cas du problème de Cauchy, la formule (95) montre que le problème
aux conditions initiales caractéristiques n'a dmet qu'une seule solution.
1-2-18. Théorèmes d'existence. Il nous reste à prouver les théo-
rèmes d'existence de la solution du problème de Cauchy et du problè-
me aux conditions initiales caractéristiques. On commencera par le
dernier problème et on traitera seulement le cas d'une équation homo-
gène. On demande de trouver la solution de l'équation (94) qui prend
des valeurs données sur les caractéristiques x = X o et y = Yo:
ulx=xo='f'(y); uly=yo= <P (x) ['f'(Yo)=<p(xo)). (96)
Si l'on admet que le coefficient b possède une dérivée continue par
rapport à y, on peut mettre l'équation (94) sous forme d'un système
de deux équations du premier ordre:
Ux +
bu = w; (97)
Wu +
aw = du, (98)
126 CH. I. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES


d = ab + bu - c,
et
W/Y=Yo = <p' (x) + b (x, Yo) <p (x) = ro (x). (99)
En traitant l'équation (97) comme une équation différentielle linéaire-
du premier ordre et en tenant compte de la première condition (96}
on exprime la fonction u (x, y) au moyen de la fonction w (x, y) :
x s
- 5b(s, y) dG x 5 b(G', y) dG'
u (x, y) = e Xo [ JeXo w (~, y) d~ + 1P (y) ] •
Xo

De façon analogue on obtient dans le cas de l'équation (98):


y Tl
- Sa(x, 7) 5
w(x, y)=e Yo
dt)
[JY

Yo
eYo
a(x, 7)' rdTl'
d(x, ll)U(X, f)df)+

+ <p' (x) + b (x, Yo) cp (x) ] •

Ces équations sont équivalentes aux équations (97) et (98) avec


les conditions initiales (96). En posant
S t)
5b(s', y)ds' 5a(x, t)')dt)'
KI (x, y; 6) = eX K 2 (x, y; fI) = eY d (x, fI), (100)
on peut mettre u (x, y) et w (x, y) sous la forme:

5 ds
+ JKI (x,
(1 - b(s, y) x
U (x, y) = e Xo 'i' (y) y; ~) w (~, y) d s,
~ xo (101)
y
- 5a(x,
1 w (x, y) = e Yo
Tl) dt)
ro (x) + JK
Y

2 (x, y; fI) u (x, 11) dll·


l Yo

L'existence et l'unicité de la solution du système (101) s'acquièrent


par la méthode des approximations successives. Pour remonter des
équations (97) et (98) à l'équation (94), il faut qu'existe la dérivée mix-
te continue u xu • Des équations (101) qui sont satisfaites par les fonc-
tions u (x, y) et w (x, y) on voit que ceci a lieu si b (x, y) possède des
dérivées partielles premières continues et 1P (y), une dérivée continue.
Si l'on porte w (x, y) tirée de la deuxième équa tion (101) dans la pre-
mière, on obtient pour u (x, y) une équation de Volterra.
1-2-18. TH:BOR1l:MES D'EXISTENCE t27

Passons à l~ démonstration de l'existence de la solution du problè-


me de Cauchy. L'équation de la courbe l support des conditions initia-
les peut être mise, comme on l'a vu plus haut, sous la forme x = x (y)
ou y = y (x), où x (y) et y (x) possèdent des dérivées continues non
nulles. On admettra que les conditions initiales sur l sont des
fonctions de x ou de y. Mettons ces conditions sous la forme:
u 1 x = X(U) = '1' (y) = 'Pl (x) ;
U x 1 U - y(x) = <Pl (x).

Les solutions des équations (97) et (98) doivent vérifier les conditions
initiales suivantes:
U , x = X(U) = 'P (y); w 1 U .... y(x) = <Pl (x) +
+ b [x, y (x)] '1'1 (x) = (01 (x).
Comme plus haut on obtient donc le système d'équations intégrales.
suivant:
x
-5 b(s, y)d, x
U (x, y) =e x(y) '1' (y) + ) KI (x, y; ~) w (~, y) d~,
x(y)
y
- 5 a(x, 'Il) d'Il Y
W (x, y) =e y(x) (01 (x) + ~ K 2 (x, y; 11) U (x, 11) d11,
Y(X)
où KI (x, y ; ~) et K 2 (x, y; 11) sont définies par les formules (100). On.
suit la marche habituelle pour démontrer la convergence de la métho-
de des approximations successives et l'on obtient ainsi le théorème·
d'existence de la solution. Si le point P occupe la même position que.
sur la figure 1, alors dans les estimations on peut remplacer la lon-
gueur du chemin d'intégration par (a - x) lorsqu'on intègre par rap-
port à ~ et par (~ - y) lorsqu'on intègre par rapport à 11, les quantités,
a et ~ étant les valeurs maximales de x et y dans le rectangle de côtés.
parallèles aux axes de coordonnées dans lequel est considérée la solu-
tion du problème et dans lequel les coefficients remplissent les condi-
tions posées plus haut, à savoir, par exemple, que les dérivées partiel--
les premières de a et b sont continues ainsi que c et f. On aurait pu
envisager l'équation avec second membre (84). Il aurait suffit pour ce-
la d'ajouter à l'équation (98) le second membre f (x, y). Il est aisé de,
prouver l'unicité de la solution sans recourir à la méthode de Riemann,
mais en se servant du système (102).
On aurait pu démontrer les théorèmes d'existence en appliquant la méthode
des approximations successives directement à l'équation (94) ainsi qu'on l'a
fait pour les équations différentielles ordinaires. Commençons par le cas des.
conditions initiales caractéristiques (96). L'équation (94) avec les conditions:.
128 CH. 1. TImORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

initiales (96) est équivalente à l'équation intégro-différentielle


,U (x, y)=cp(x)+'1' (Y)-CP(xo)-
x y
- ) ) fa (ç, fi) Ua (~, li) + b (s, fi) UT} (~, fi) +
Xo Yo
+ c (~, fi) U (s, fi)] dç dfl. (103)
A noter que le terme non situé sous le signe d'intégration satisfait les conditions
initiales (96) puisque de toute évidence cp (xo) = 'P. (Yo).
Pour première approximation on peut prendre la fonction
Uo (x, y) = cp (x) 'l' (y) - cp (xo). +
Les autres approximations se calculent de proche en proche par les formules
Un (x, y) = Uo (x, y)-
x y
-) ~ [a (~, li )
rÔUn_l (~, fi) +b (r:
ô~ ~, li
) iJun_l (S, li)
iJlI
+
Xo Yo

'Ûn démontre à l'aide d'estimations élémentaires que les suites de fonctions


ÔUn (x, y) QUn (x, y)
Un (x, y),
ôx ' ôy
<convergent uniformément dans le rectangle R de la figure 1, rectangle dans lequel
-on admet que les coefficients de l'équation sont des fonctions continues. En pas-
,sant à la limite dans la relation (104), on s'assure immédiatement que la fonc-
tion limite de la suite un (x, y) est solution de l'équation (103) et par suite de
l'équation (94) avec les conditions initiales (96).
Passons maintenant au problème de Cauchy. Soit R un rectangle contenant

-
la portion de courbe l qui supporte les conditions initiales et tel que les coeffi-
,cients de l'équation y soient des fonctions continues. Soit (x, y) un point inté-
rieur de R. Désignons par D XY le triangle curviligne PAB formé par l'arc AB
de la courbe l, et par les droites PA et PB parallèles aux axes de coordonnées
.et issues du point P (x, y). Les conditions initiales de Cauchy peuvent être
-
mises sous la forme
u Iz = cp (x) +
'l' (y); ux Il = cp' (x), U y Il = '1" (y). (105)
En effet, comme indiqué plus haut, on peut toujours admettre que les conditions
initiales sont fonctions de x ou de y. En intégrant ces fonctions, on obtient la
.condition initiale pour u sous la forme indiquée ci-dessus. L'équation (94) avec
les conditions initiales (105) est équivalente à l'équation

,u (x, y) = cp (x) + '1' (y) + ) ) [a (6, fi) ua(;, li) +


D xy

+b (6, li) UT} (~, li) +c (~, li) U (~, fi)] d; dfl·
Dans la formule (103), l'intégrale itérée figure avec ses bornes d'intégration
-et sous cette forme la position du point P (x, y) par rapport aux caractéristi-
ques x = Xo et y = Yo importe peu. Dans la dernière formule, on a affaire à une
.intégrale double et la disposition relative du point, de la courbe et des axes est
1-2-18. TH:eOR~MES D'EXISTENCE 129

celle de la figuré 1. Pour première approximation, on prend


"0 (x, y) = q> (x) 'P (y) +
les autres approximations étant donnéeslpar les formules

Un (x, y)
\ \ [t('0, 11)
= Uo (x, y) + J J a
OUn_1 (;, 11) -l-
0; ,
D:ry

+b (;, f)Toun_~~s, 11) +c (6, f) Un-l (s, f) ] d; dt].

Comme plus haut, on démontre par des estimations élémentaires des intégrales
que dans le rectangle R la suite un (x, y) tend uniformément vers une fonction
qui est solution du problème de Cauchy.
La méthode des approximations successives s'applique également à la ré-
solution du problème de Cauchy pour les équations hyperboliques quasi linéaires.
Il faut à cet effet ramener le problème de Cauchy initial à un problème de Cau-
chy avec des conditions initiales homogènes. Soit l'équation .
"%li = f (x, y, U, p, q). (106)
Supposons que les conditions initiales supportées par la courbe l (d'équation
y=ry (x» sont fonctions de la variable indépendante x, c'est-à-dire sont de la
forme u (x), p (x) etq (x). On rappelle que u' (x) = p (x) +
y' (x) q (x). On ad..;
mettra que les fonctions mentionnées possèdent des dérivées continues. Soit la
fonction auxiliaire
co (x, y) = " (x) +
[y - y (x)] q (x).
Cette fonction possède visiblement des dérivées COx et COy continues et vérifie
&Ir la courbe lIes conditions initiales requises. En remplaçant U par la nouvelle
fonction inconnue uJ. = U - CO, on constate que cette dernière doit vérifier
des conditions initiales nulles sur la courbe l. L'équation (106) nous donne une
équation analogue pour Ul' On peut donc considérer que la solution de l'équa-
tion (106) satisfait des conditions initiales nulles. Supposons que la fonction f
du second membre de (106) possède des dérivées premières par rapport à tous les
arguments, continues pour les points (x, y) situés dans un voisinage de l et pour
les valeurs (u, P, q) assez proches de O. L'équation (106) avec des conditions
initiales nulles se transforme en l'équation

u(x, y)=-)) f(s,l1, U, p, q)dSdl1,


D xy

équation qui est justiciable de la méthode usuelle des approximations successives


si l'on se limite aux points (x, y) d'un voisinage de la courbe l. Pour première
approximation, on doit prendre Uo = Po = qo = 0, les autres étant données
par les formules

Un (x, y)= - JJ
D xy
f (;, 11, Un-l' Pn-lt lJn-l) dS d11,

Pn (x, y) = ) f (x, f), Un-H Pn-lt qn-l) dl1,


BP

qn (x, y)= .\ f (S, y, Un-l' Pn-lt Pn-l' qn-l) d;.


AP
9-01017
130 CH.!. TImORIE DES 1tQUATIONS AUX DSRIV:mES PARTIELLES

A noter qu'en appliquant la méthode des approximations successives à


une équation linéaire on aurait pu de toute évidence envisager une équation
avec second membre et, en procédant exactement comme on l'a fait pour l'équa-
tion (94), ramener les conditions initiales du problème de Cauchy ou du pro-
blème aux conditions initiales caractéristiques à d~s conditions nulles. Ceci
étant, l'équation sans second membre initiale se serait transformée en une
équation avec second membre pour la fonction transformée.
1-2-19. Formule d'intégration par parties et formule de Green.
Les formules de Green et d'Ostrogradski résti.ltent des formules d'in-
tégration par parties (16 1 ) et (31 2 ) pour intégrales doubles et triples
prouvées dans le (tome II, [111-1-10), (111-2-41). Ces dernières peuvent
être mises sous une forme unique quelle que soit la multiplicité de
l'intégration si l'on se sert des intégrales de la forme ~ f dS étendnes .
à des hypersurfaces S d'un espace euclidien . Rm. Dans ces intégra-
les, dS (qui est toujours positif) représente l'aire élémentaire de la
surface, JdS , l'aire de i 'hypersurface S. Dans le (tome 1l, [III -1-9)~
s
(V-2-2l) toutes ces notions sont définies pour m = 3. Pour m > 3
elles se définissent de façon analogue; en particulier, si S est définie
par l'équation explicite
x m = q> (Xl' •.. , Xm -1),
où X' = (Xl' . . . , x m - l ) parcourt un domaine borné D m - 1 de Rm-l.,
alors
dS = -.
V/1 + mij1 q>i.
i=1 1
(x') dx' , dx' =dx1 ••• dx m _1 ,

au point x=(x', q> (x'» ES et

1 J/ fi +): ",~,
f dS = (x') (x') dx',

où j (x') est la valeur de j au point X = (x', q> (x'» E S. Si S est la


frontière d'un domaine borné D de l'espace Rm et si S est une surface
différentiable, on peut la subdiviser en un nombre fini de parties S kt-
k = 1, ... , N, définies chacune par une équation explicite expri-
mant l'une des coordonnées Xl1{. en fonction des autres, et définir
l'intégrale) j dS sur S comme la somme des intégrales j dS sur Sk. J
s ~
La formule d'intégration par parties s'écrit:

) ::i
D
v dx = - )
D
u ::i dx + ) uv cos (n. Xi) dS,
S
i = 1, ... , m. (107)
1-2-19. FORMULE D'1NTfiGRATION PAR PARTIES ET FORMULE DE GREEN 131

Cette formule est de toute évidence vraie dans le cas oùD est un domai-
ne borné d'un espace euclidien Rm, sa frontière S est unehypersur-
face régulière et les fonctions u et v de la classe Cl (D) (c'est-à-dire la
classe des fonctions continues et continûment dérivables dans D =
= DUS). Dans cette formule, cos (n, Xi) représente le cosinus de
l'angle de l'axe des Xi et de la normale extérieure n à S. La formu-
le (107) résulte de la formule
~ ;~ dx= ~ w cos (n, xi) dx,
D D
qui est v~lable quel que soit i = 1, ... , m pour S et w douées des'.
propriétés de dérivabilité indiquées ci-de~sus. En effet, si w= uv,
on obtient (107).
Utilisons la formule (107) pour établir la formule de Green pour
un opérateur différentiel linéaire du deuxième ordre. On supposera,
que toutes les dérivées qui interviendront dans la suite sont continues
dans lJ et que S est régulière. .
Soit
m m

L (u) =
t, k=1
2J bkuXk + cu,
. Li ai1~uXiXk + k=1 (108)
et
m
L*(v)= ~ (109)
i. k=l

où aik, bk et c sont des fonctions données de x. Considérons


l'intégrale
) vL (u) dx, dx = dX1 ••• dx m ,
D

et transformons-la à l'aide de la formule (107). Ceci nous con-


duit à la formule de Green
1
D
[vL (u) - uL* (v)) dx = 1
s
[vP (u) -- uP (v) + uvQJ as, (110}

(111~

et n désigne la normale extérieure unitaire à S.


9*
132 CH. I. THeORIE DES ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES

Définissons sur S une direction v que nous appellerons conormale


à S. A cet effet, posons
, / m m
N= V k=l
2j [~ aik cos (n,
i=l
Xi)]2 (112)

et définissons la direction v par les formules


m

cos (v, x,J= ~ ~ aik cos (n, Xi) (k= 1, 2, ... , m). (113)
i=l

La première formule (111) peut s'écrire encore


m
~ au au
peu) = N L.J aXk cos (v, x h) = N av '
k=l

et la formule de Green (110) devient en définitive

) [vL(u)-uL*(v)]d,;= )[N(v ~~-u :~)+uvQJdS. (114)


D 8

A noter que si
m
~ aa. ih =b
(i=l, 2, ... , m),
L.J aXk i
k=l

alors Q = 0, l'opérateur L* (v) est confondu avec L (v) et l'on peut


mettre L (u) sous la forme
m m
L (u) = ~ aax . ~ ~
aikuXk + cu.
i=l k=l

Dans ce cas, l'opérateur L (u) est dit symétrique. Dans le cas général,
l'opérateur différentiel L* n'est pas confondu avec L. On l'appelle
adjoint de L au sens de Lagrange.
1-2-20. Méthode de Volterra. La résolution du problème de Cauchy
pour équations du second ordre dans le cas où le nombre de variables
indépendantes est supérieur à deux est bien plus compliquée. Nous
avons donné les solutions explicites du problème de Cauchy pour
l'équation des ondes avec des conditions initiales supportées par le
plan t= 0 (tome II, [VII-1-9l). La méthode qui nous a permis d'obte-
nir ces solutions ne se généralise malheureusement pas. Dans ce numé-
ro, on expose une autre méthode de résolution du problème de Cauchy
pour équations à coefficients constants. Cette méthode, qui est une
généralisation de celle de Riemann, repose, de même que cette
dernière, sur un usage original de la formule de Green.- Cette méthode
1-2-20. M:eTHODE DE VOLTERRA 133

donne la solution du problème de Cauchy lorsque les conditions


initiales sont supportées non seulement par le plan t = 0, mais
aussi par des surfaces non caractéristiques. L'esprit de cette méthode
est proche de celui des méthodes utilisées pour les équations à coef-
ficients variables.
Supposons que S est une hypersurface caractéristique de l'équa-
tion L (u) = 0 ou L (u) = f, où f est une fonction donnée. Soit
<ù (Xh • • • , x m ) = 0 l'équation de S. Les quantités cos (n, Xi) sont
proportionnelles aux dérivées partielles Pi = <Ù xi et, en vertu de
(113), les cosinus directeurs de la direction '\i sont proportionnels
m
à ~ aikPi. Ces sommes ne sont autres que les seconds membres
i=l
des équat,ions des bicaractéristiques (1-2-12]:
m
dXk 2"
---;[8= .LJ aikPh
i=1
qui forment l'hypersurface caractéristique S et l'on peut ainsi
affirmer que si S est une hypersurface caractéristique, alors la direction
'\i définie sur elle est confondue en chaque point avec la direction de
la bicaractéristique située sur S et passa,nt par ce point. Donc, dans le
cas considéré la direction '\i est située dans le plan tangent à S.
Voyons maintenant le rôle de la formule de Green (114) dans la
résolution du problème de Cauchy. Soit à trouver la solution de
l'équation
L (u) = - f (115)
si les valeurs de u et de la dérivée conormale :~ sont données sur
une surface SI. On admet que SIest telle que '\i n'est pas située dans
un plan tangent. Sous ces conditions, la donnée de u et de :~ sur SI
détermine la dérivée de la fonction u suivant une direction quel-
conque. Pour trouver la valeur prise par u en un point Mo (xi, ...
• • . , X~) ~ SI procédons comme suit. Traçons un conoide caracté-
ristique de l'équation (115) de sommet Mo et supposons que la moi-
tié de ce conoïde forme avec une partie de SI un domaine borné D
de l'espace de point générique (Xl' ... , x m ) (fig. 3). Appliquons la
formule de Green (114) au domaine D en prenant pour u la solution
cherchée de l'équation (115) et pour v, une solution singulière de
l'équation adjointe L* (v) = O. La surface du domaine D est compo-
sée d'une partie de la surface SI sur laquelle sont données u et ~~.
et de la surface latérale r du conoïde caractéristique. La direction v
en un point M de r est confondue avec celle de la tangente en M à la
bicaractéristique passant par M, ce qui permet de procéder à une
intégration par parties sur r. Appliquons cette méthode à l'équation
134 CH. J. TH-e':ORIE DES -e':QUATIONS AUX D:.eRJV:.eES PARTIELLES

des ondes
L (U) = U xx +U gg - Utt = - f (x, y, t). (116)
Le conoïde caractéristique est ici un cône circulaire dont la généra-
trice et la hauteur font un angle de :. L'opérateur L (u) est symétri-
que; la formule (112) nous donne N = 1 ; les formules (113) entraÎ-
nent
cos (v, x) = cos (n, x); cos (v, y) = cos (n, y);
cos (v, t) = - cos (n, t),
d'où il résulte que la direction v se déduit à partir de la direction n
Mo

Fig. 3 Fig. 4

par un anti-déplacement. Le cône caractéristique de sommet (x o, Yo,


to) a pour équation
(x - XO)2 +
(y - YO)2 - (t - t O)2 = O. (117)
Utilisons la solution
-1 .[,;- (t-t O)2 - 1 - t-to ] (118)
v- n V r2 r'

r2 = (x - X o)2 +
(y - Yo.)2 .
de l'équation L (v) = O. Considérons la moitié du cône (117) pour
laquelle t < O. Sur la surf~ce latérale r de ce cône on a t - r t o = - 1
et la solution (118) est nulle sur cette surface. La dérivation suivant v
sur r se traduit par une dérivation suivant la direction de la conor-
male sur r, c'est-à-dire suivant la direction de la génératrice du cône,
donc sur r non seulement v = 0, mais aussi ~~ = O. La solution
(118) présente une singularité pour r = 0, Le. la droite qui passe
p,ar le sommet du cône parallèlement à l'axe des t est une ligne sin-
1-2-20. M:eTHODE DE VOLTERRA 135

gulière de la -solution (118). Entourons cette droite d'un cylindre


circulaire T e de rayon 8. Désignons par D' la partie restante du
domaine D. La frontière de D'est constituée de 8 1 , de r et de la
surface latérale de Te (fig. 4). Soit 8~ la partie de la surface 8 1 com-
prise à l'intérieur du cône et à l'extérieur du cylindre T e' Appliquons
la formule (114). Comme L (v) = L* (v), L (u) = - 1 (x, y, t).
L (v) = 0 et que v = ~~ = 0 sur r, il vient

)) (v ~~ - U ~~ ) dS = - ) S) Iv dT. (119)
T e +8'1 D'

En désignant l'angle polaire par qJ dans le système de coordonnées:


x - X o = r cos qJ et y - Yo = r sin q>, on obtient

) ) v ~~ d8 = ) ) v ~~ 8 d<p dt. (120)


Te Te
Sur Te on a r = 8 et, en vertu de (118), v sera du même ordre que
ln 8. Comme 8 ln 8 -+ 0 avec 8, il en est de même de l'intégrale (120).
On a par ailleurs
av av t- to
, av =- ar =- r V{t-t o)2_ r 2 •
Sur Te
V (t _-tO)2- r 2 = V (t - t O)2 - 8 2, '

ce radical tend vers (t o- t) pour 8 ~ 0 car t < to. On a donc


lim r r U f)v d8=-lim rr (t-to)u d<pdt=
8-+0 JJ av e-+O J J V (t- t O)2_ B2
Te Te-
to
= 2n J,. U (X o, !Jo' t) dt,

, où t'est la valeur de t qui correspond au point d'intersection de la


droite r = 0 avec la surface 8 1 , La formule (119) nous donne donc
to
2n ) U (x o' Yo, t) dt - ) ) (v :~ -u ;~) dS + ) ) ) Iv dT,
t' 82 D
où 8 2 est la partie de la surface 8 1 comprise à l'intérieur du cône.
Le second membre est composé d'expressions connues. En dérivant
par rapport à t~, on obtient en définitive:

u(xo,Yo,tO)=2n
. 1 a
ôt
[rl~Jr (v ~~ - U :~ ) d8 + JJl Iv dT] .
o
82 - D
(121)
136 CH. J. TH:eORJE DES :eQUATIONS AUX n:eRIV:eES PARTIELLES

On a établi cette formule sous réserve que le problème admet une


solution. A strictement parler, on aurait dû s'assurer que le second
membre satisfait toutes les conditions du problème. C'est une entre-
prise assez ardue car la position du cône (117) varie avec t o• On
a déjà résolu le problème dans le cas où S 2 est le plan t = O. Cette
méthode de résolution du problème de Cauchy appartient à Volterra.
Une autre méthode de résolution du problème de Cauchy, dite
méthode d'Hadamard, est rattachée à la formule de Green.
Quand on se sert de cette méthode on prend la solution de l'équation
L* (v) = 0 qui devient infinie sur la surface latérale tout entière du
conoïde caractéristique (le cône (117) dans le cas de l'équation (116».
Cette circonstance implique des précautions particulières quand on
ùtilise la formule de . Green et nous conduit naturellement à une
notion nouvelle spéciale de l'intégrale.
La solution singulière d'Hadamard des équations
m

L (u) = ~
s=1
Ux x -
s S
Utt = - t
est de la forme
m _ 1 m
v-,[(t-to)2- s~ (Xa-X~O»2J2-T.

Un exposé détaillé de la méthode d'Hadamard appliquée aux équa-


tions linéaires à coefficients variables est accessible dans son ouvrage:
Le problème de Cauchy et les équations aux derivées partielles linéaires
hyperboliques. Paris, 1932. Dans l'ouvrage R. Cou r a n t, D. H i l-
ber t, Methoden der mathematischen Physik. Berlin, 1931, on
trouvera une application de la méthode d'Hadamard aux équations
à coefficients constants.
1-2-21. Formule de Sobolev. On sait que la formule de Kirch-
hoff (tome II, rVII-3-11l) nous donne la solution de l'équation des
ondes de quatre variables indépendantes. Soit u une solution de
l'équation des ondes, possédant des dérivées premières et secondes
continues dans un domaine D de l'espace (Xl' X 2 , xa), de frontière S.
La formule de Kirchhoff exprime la valeur de u en tout point inté-
rieur du domaine D en fonction d'une intégrale étendue à S, inté-
grale dans laquelle figurent les valeurs retardées de u et de ses déri-
vées premières. On a vu que si la surface S est dûment choisie, la
formule de Kirchhoff nous donne la solution du problème de Cauchy
pour des conditions initiales supportées par le plan t = 0 (tome II,
[VII-3-11]). La formule de Kirchhoff peut être généralisée à une
équation d'un nombre quelconque pair de variables indépendantes:
Utt = U X1X1 -t- ux <)"- 2 + ... -t-- U x 2k +1'x 2k +1 '
(voir à ce propos [1-2-26]).
1-2-21. FORMULE DE SOBOLEV 137

Généralisons maintenant la formule de Kirchhoff au cas d'une-


équation des ondes à coefficient variable

Utt = c2 (x, Y. z) (u xx + UllY + u zz ), (122)

où c (x, y, z) > 0 est une fonction assez régulière. Dans la suite, on


écrira souvent c (M) pour c (x, y, z), M étant le point de coordon-
née,s (x, y, z).
En appliquant la théorie des caractéristiques à l'équation (122).
on est amené naturellement au problème d'extrémum de la fonction--
nelle

(123).

Dans ce cas la, condition de transversalité est confondue avec celle-


d'orthogonalité et l'on peut construire un champ du problème varia-
tionnel comme, on l'a fait au (1-2-13], Soit T (M; Mo) la fonction
fondamentale du champ central de centre Mo. Cette fonction nous.
donne la valeur de l'intégrale (123) prise le long d'une extrémale·
entre Mo et M. L'équation T (M; Mo) = const représente des quasi-
sphères de centre Mo pour la métrique définie par la formule (123).
Pour la fonction T (M; Mo) on a l'équation

grad 2 't (M; Mo) = c2 (~) , (124}


c'est-à-dire
2+ 2~ 1 1
Tx 'ty T 'tz = c2 (M) •

La fonction T (M; Mo) est visiblement une fonction symétrique de'


Mo et M. Si c est une constante, alors T (M; M o)= .!...,
c
où r est la
distance de Mo à M. Dans le cas général on se servira de T au lieu.
de .!...
c
pour déterminer les valeurs retardées d'une fonction u (M, t)
et, comme au (tome II, IVII-3-11]), on posera

u (M, t -. T) = [u (M, t)l.

Supposons que u (M, t) est solution de l'équation (122) et pour sim--


plifier l'écriture posons u (M, t - 't) = Ul (M, t).
En passant aux valeurs retardées dans l'équation (122), on obtient.
[uttl = c 2 (M) [~u],
138 CH. 1. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX naRIVaES PARTIELLES

~Ù d est l'opérateur de Laplace. En exprimant [du] en fonction de


.ul' on trouve
grad U l = [grad u] - [utl"grad 't,
dul ' div grad u l = [du] - 2 [grad Ut]· grad ' t - (126)
{
+
- [Ut]~L\'t [utt)!grad 2 'te
En portant dans (125) l'expression de [du] tirée de la dernière équa-
1tion et en se servant de (124), on obtient
1 1
c2 (M) [Utt] =ô,u I + 2 [grad utl grad 't + [utl L\'t- [Utt] Cl (M)

Par analogie avec la pre~ière formule (126) on a


,grad Ô:t
l = [grad utl-' [Utt] grad 'te

.En portant l'expression de [grad utl tirée de la dernière équation dans


]a formule précédente, on trouve l'importante formule suivante:
OUt au]
dU I = - 2 gra d 't. grad'--
ôt
- L\ 't - -
ôt •
'Multiplions les deux membres de cette équation par une fonction
(M) qui reste à définir:
.(J

cr ô'u l = -' 2cr grad 't. grad ô:/ (127)

..et choisissons cette fonction telle que le second membre soit la


.divergence d'un vectèur de la forme ( - ~~t IV), où west un
-vecteur ne dépendant pas de U I :
cr ô'u1 = div ( - ~:l w) • (128)
Développons l'expression du second membre:
A
cr uUI i t d·IV w-gra d at·
= - iÔUt ÔUt
w•

En comparant avec (127) on voit que l'égalité (128) sera réalisée et


·que w ne dépendra pas de Ul si les deux relations suivantes sont
::satisfaites:
w = 2cr grad 't; div w = cr d't. (129)
En portant la première relation dans la seconde on obtient l'équation
.'Suivante pour déterminer cr:
div (2cr grad 't) = cr L\'t,
.c'est-à-dire que
2 grad cr· grad 't cr L\'t = 0, + (130)
1-2-21. FORMULE DE SOBOLEV 139

ou, en passant aux coordonnées,


2 (ax't x + ay't y + az't z)+ ad't = 0, (131)
autrement dit, on obtient une équation linéaire du premier ordre
pour la détermination de a. Etant en possession de a, on peut déter- .
miner le vecteur w à l'aide de la première formule (129). Soient Dun
domaine de l'espace (x, y, z), S la frontière de ce domaine. Supposons
que les fonctions a et Ut possèdent des dérivées premières et secondes
continues dans D. La formule de Green nous donne
~, ~ ~
D
(cr dU1-U 1 da) dv = ~
S
J (0' ~:t -:u1 :~ ) dS,
Qù nest la normale extérieure à S. Les formules (128) et (129) nous
permettent d'écrire la formule de Green sous la forme
- JJ~ u 1 da dv - JJJdiv (20' ~~t grad 't) dv =
D D

= J\ J\ (aUl
a an - Ut
a(J )' dS.
---an:
" S

En appliquant la formule d'Ostrogradski à l'intégrale renfermant la


dive~~ence,on obtient
J\ J\ (au a(J
(Jan-t - u1 an + 20' al: aUt)
an ~ dS + J J
r \ J\ U1 da dv = O.
'
S D
Revenons à la fonction u. Comme
aUt
ifn= an J-"7i't
[ au [aU ] al:
on'
on obtient la formule suivante, fondamentale pour la suite:

J\S J\ {a [~J-[Ul
an ~+a~
an an [!!:.-J}
ot dS+

+ ~ ) Jru] da dv = O. (132)
D

Dans les calculs précédents, on aurait pu admettre que le champ


est quelconque. La fonction a, solution de l'équation (130), dépend
visiblement de 't, c'est-à-dire du choix du champ. Dans la suite, on
n'aura affaire qu'à un champ central et l'on désignera la fonction a
par a (M ; Mo). Tous nos raisonnements ne valent que pour un voisi-
nage du point Mo dans lequel les extrémales de l'intégrale (123) ne
se coupent pas et forment un champ. Si c est une constante, alors
comme" indiqué, 't = !:.,
C
et l'on vérifie sans peine que la fonction
(J =lIr est solution de l'équation (130).
140 CH. 1. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

1-2-22. Formule de Sobolev (suite). Supposons que l'on ait réus-


si à construire une fonction cr (M ; Mo) possédant des dérivées pre-
mières et secondes continues au voisinage du point Mo, présentant
une singularité en Mo et vérifiant les conditions suivantes:·
1) le produit cr (M; M o)1" (M; Mo) admet des dérivées premiè-
res et secondes, y compris au point Mo, et
Hm cr (M; Mo) 1" (.il!; Mo) = c (~ ) (133)
M-+Mo 0

2) cr (Mo; M) = cr (M; Mo); (134)


3) le laplacien de cr (M; Mo) vérifie l'inégalité
K
1.10 (M; Mo) 1 ~ 't (M; Mo) , (135)

Où K est une constante (ne dépendant pas de M) ;


4) si SI est une surface fermée contenant Mo et n est la normale
extérieure à SI' alors en contractant SI au point Mo on obtient
Hm \ \ oa (~; lft/ o) dS = - 4n. (136)
BI-+Mo JSI" ôn

Si c est une constante, la fonction cr = 1/r vérifie toutes ces condi-


tions.
Considérons une fonction cr (M; Mo) vérifiant les conditions ci-
dessus et établissons une formule pour les solutions de l'équation (122).
Soient u (M, t) une telle solution dans un domaine D borné par une-
surface S, Mo un point intérieur de D. Supposons qu'il existe un
champ central de centre Mo contenant D et soit donnée une fonc-
tion cr (M; Mo) vérifiant les conditions ci-dessus.
Soit D' = D-.........S 8' où S 8 est une sphère de centre Mo et de
rayon e petit. Appliquons la formule (132) à D'. On trouve

~~ {cr [ ~~ ] - ru] ;~ + cr :: [ :~ ]} dS + ~ ~ ~ { } dS +
S . se

+ ~ ~ ~ [u].1cr dv = O. (137)
D'
Montrons que l'intégrale étendue à Se est égale à - 4nu (Mot)
lorsque e -+ O. En effet, les quantités

[ ~~ ] et ~[~]
on at
sont bornées pour M -+ Mo; la fonction 1" (M; Mo) est de l'ordre
de e. sur S 8' donc en vertu de (133) la fonction cr (M ; Mo) est de
l'ordre de 1/e sur Se' L'aire de Se est de l'ordre de e2 • De là il résulte
1-2-22. FORMULE DE SOBOLEV (SUITE) 141

que les intégrales

tendent vers 0 avec E. Reste l'intégrale

La normale est ici extérieure au domaine D', c'est-à-dire intérieure


.à Se. Sur Se la fonction u (M, t - T) tend vers u (Mo, t) lorsque
~-+ O. En tenant compte de (136) et d'après ce qui a été dit sur la
direction de la normale, on voit que la dernière intégrale est bien
égale à la limite à -4Jtu (11;[0' t). La formule (137) nous donne à la
limite la relation annoncée

t) =..!..
4n an -
J\ J\ {cr [~J ru] ~+ an [!!!:...J}
an cr ~ at dS +
s
+ 4~ 1~ 1ru] ~crdv, (138)
D

qui est due à S. Sobolev.


Si c est une constante, alors cr = 1/r et ~cr = 0, l'intégrale triple
est nulle et l'on retrouve la formule usuelle de Kirchhoff. Si c est
variable (milieu non homogène), la valeur de u en Mo est la superpo-
sition des rayonnements retardés provenant non seulement de S,
mais aussi du domaine D tout entier.
La formule (138) peut être appliquée à la résolution du problème
de Cauchy pour l'équation (122). Soit à déterminer la solution de
l'équation (122) qui vérifie les conditions initiales:

u (M, t) It-o = fo (M) ; Ut (M, t) 1 t=o = fI (M). (139)

Appliquons la formule (138) à la solution cherchée prenant pour sur-


face S une quasi-sphère St de centre Mo et de rayon t, c'est-à-dire
supposons que l'équation de la surface S est de la forme T (M; Mo) =
= t. Sous ces conditions, au 'second membre les valeurs des fonctions

ru], au]
[ an' [ ôaut ]

doivent être prises à l'instant t - T (M; Mo) ou à l'instant t = 0,


puisque T (M; Mo) = t. En tenant compte des condtions initiales
142 CH. I. THeORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIVEES PARTIELLES

(139), on peut mettre l'équation (138) sous la forme

u{Mo, t)= 4~ ~ ~
St
{o 7: -fo :: +0 ~: fI} dS+
+ 4~ j ~ ~ [u] l1a dv,
Dt

OÙ Dt est le domaine borné par St. L'intégrale double du second


membre est une fonction connue que l'on désignera par F (Mo, t). On
obtient ainsi pour u (M, t) l'équation intégrale
u(M o, t)=F (Mo, t+ 4~ ~ ~ ~ [u]l1a(M; Mo)dv. (140)
Dt

Pour déduire cette équation on aurait dû supposer que t est tel


que dans le domaine Dt il existe un champ central de centre Mo et .
une fonction 0 (M ; Mo) remplissant les conditions indiquées.
A signaler que le domaine Dt varie avec Mo et t et que l'équation
(140) est une équation de Volterra. On montre que pour tassez
voisin de 0, cette équation possède une solution unique qui peut
être trouvée par la méthode habituelle des approximations successi-
ves et que cette solution est en même temps solution du problème de
Cauchy pour l'équation (122). Si Dt = R3, l'exigence que t doit être
petit dans un voisinage du point 0 est due au fait que le champ du pro-
blème aux variations est susceptible de présenter des singularités
pour de grands t. Si le domaine Dt est borné, il faut naturellement
tenir compte des perturbations réfléchies par la frontière, ce qui
ilmite singulièrement l'intervalle de variation de t.
1-2-23. Construction de la fonction (J. Construisons la fonction (J
mentionnée plus haut. Nous allons montrer que cette fonction peut
être explicitée si les extrémales du champ central sont connues.
Prouvons préalablement les deux lemmes suivants.
Lem m e 1. Soit donné le système d'équations différentielles
~h = X k (t,
dt Xl' X 2 , X 3 ) (k = 1,2, 3). (141)
Si l'on connaît l'intégrale générale
Xk = CPk (t, aIt a2' as) (k = 1, 2, 3) (142)
alors
..!:.... ln D (<Pb <P2' <ps) = àX t àX +
+ àX2 2 àX s • [(143)
dt D (ab a 2, as) àXl àxs
Dérivons le jacobien de (143) par rapport à t. Etant donné que
par définition un déterminant est la somme des produits de ses élé-
ments, on affirme que pour dériver ce jacobien il suffit de dériver
1-2-23. CONSTRUCTION DE LA FONCTION cr

séparément chàcune de ses colonnes et d'ajouter les déterminants ainsi


obtenus (tome 111 2 , lV-25l). On obtient ainsi
d D (CPl' CP2' CPs)
dt D (al' a 2, as) -
Ô2CPl ÔCP2 ÔCP3 ÔCPI Ô2CP2 ÔCP3
ôal Dt ôal' ôal ôa l ôal ôt ôal
Ô2 CPl
oa 2 at
aCP2
aa 2
ÔCP3
ôa 2
+ ÔCPI
ôa 2
a 2cp2 ôcps
ôa 2
+
aa2 ôt
()2cpi ÔCP2 ÔCP3 ÔCPI a 2cp2 ôcps
ÔQ,s ôt ôaa ôas ôa3 ôas ôt ôas
ÔCPI ÔCP2 ô 2qJs
aal aal aal {jt
+ ÔCPl
ôa 2
ÔCP2
ôa 2
ô 2cps
ôa 2 {jt
(144)
ÔCPI ÔCP2 ô 2cps
ôa 3 ôa s ôas at
Les fonctions (141) étant solutions du système (141), on obtient,
les identités suivantes en t et ah:
ô:t == X h (t, CPIt CP2' CPa) (k= 1, 2,3).
Une dérivation par rapport à as nous donne
'3
Ô2qJk ~ axk 0CPi
aas ôt = L.J aXi oa s •
i=l

En portant ces expressions des dérivées secondes dans le second mem-


. bre de (144) et en développant chaque déterminant en une somme de-
trois déterminants, on trouve
~ D (CPI. qJ2. qJs)
dt D (al' a 2, as)
= ( ôX l
OXI
+ ôX 2
ÔX2
+ axs
ÔXs
) • D (qJl' CP2' qJs)
D (al' a , as) ,
2
c'est-à-dire la formule (143).
Lem m e 2. Soient t un vecteur unitaire tangent à une famille-
de courbes à deux paramètres recouvrant un espace à trois dimensions ou
une de ses parties, Ô le jacobien d'une transformation des coordonnées
cartésiennes en coordonnées curvilignes (pour coordonnées curvilignes"
on prend deux paramètres al et a 2 définissant une courbe de la famille
et la longueur d'arc s le long de cette courbe mesurée à partir d'une
surface coupant toutes les courbes de la famille ou du point de concours:
de toutes ces courbes). Sous ces conditions on a
div t = ô ~~ cS (145)
'144 CH.!. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

:Soient X (x, y, Z), Y (x, y, z) et Z (x, y, z) les coordonnées du vec-


teur t au point (x, y, z). Les courbes de la famille sont solutions du
:système différentiel
dx = X. dy = y. dz =Z
ds ' ds ' ds •

Les seconds membres ne contenant pas s, l'une des constantes arbi-


traires so figurera additivement avec s et l'intégrale générale du systè-
me sera de la forme
oZ = (fll (s + so' al' a 2); Y = (fl2 (s + so' al' a 2);
z = (fla (s + so, al' a 2).
Le lemme 1 nous donne
div t = oX
OX
+ oyaY + oZ
oz
= ~
os
ln D (cpt, CP2' CPs)
D (so, at, a 2 ) ,

..et pUIsque

-on obtient la formule (145).


Revenons maintenant au champ central d'extrémales de centre
Mo et à l'équation (130) que doit vérifier la fonction (J. Le vecteur
grad T est tangent à une extrémale et de (124) il s'ensuit que :: =
= n (M), où n (M) = tic (M). Ceci nous permet de mettre l'équa-
tion (130) sous la forme
2 o(Jo~M) n (M) + cr (M) L\'t' (M) = 0,
la longueur d'arc s étant mesurée à partir du point Mo.
Utilisons le lemme 2 pour calculer 8T (M). On a
grad 't' (M) = n (M) t,
<>ù t est le vecteur unitaire tangent à une extrémale du champ. D'où
div grad 't' (M) = 8't' (M) = t· grad n (M) + n (M) div t.
Le premier terme du second membre est la dérivée de n (M) par
rapport à s, le second est, en vertu du lemme 2, égal à
n (M) 0 ln 6
os
et l'équation pour cr (M) s'écrit

2 ~~ n (M) + cr [;on o~M) + n (M) _00_1:_6_ ] = 0,


1·2-23. CONSTRUCTION DE LA FONCTION CI 145

ou
2 a ln cr = _ aln n a ln cS ,
as as as
d'où l'on obtient par intégration
cr (M) = '1' (al' a 2)
-.r n (M) cS '
'1' (al' a 2) étant une fonction arbitraire de al et a 2. Prenons pour al
et a 2 les coordonnées angulaires '6'0' «Po d'un système de coordonnées
sphériques pour la direction de la tangente en Mo à l'extrémale pas-
sant par Mo. La formule précédente devient
cr (M) = '1' ({to, < P o ) . (146)
.. /" n (M) D (x, y, z)
V D (s, 'Ô o, <Po)

Définissons la forme de la fonction 1f ('6'0' «Po) à partir de la pre-


mière des conditions remplies par la fonction cr (M) (cf. [1-2-22]).
Cette condition s'écrit
Hm cr (M) 't (M) = n (Mo).
M-Mo
La forme de l'intégrale (123) nous permet d'écrire
;8
T(M)= n(M)ds, J
l'intégration ayant lieu le long d'une extrémale. Le théorème de la
moyenne nous donne
. 't (M)
hm =n (Mo),
, ..0 s
et la condition précédente pour cr (M) s'écrit
Hm cr (M) s= 1. (147)
, .. 0

Singalons que le point M tend vers Mo pour s~ O.


Pour étudier le jacobien de la formule (146) on se servira des f~r­
mules établies au (tome IVI [11-21]) pour les variables canoniques
dans le problème des géodésiques. On a
«P = n 2 lM) lX'2 y'2 Z'2), + +
-et les variables canoniques s'écrivent
Pl = 2n 2 (M) x' ; P2 = 2n 2 (M) y' ; Pa = 2n2 (M) z'.
Les conditions initiales sont:
x~ = sin '6'0 cos «Po; y~ = sin 'Ô o sin «Po; z; = cos 'Ô o
10-01017
146 CH. 1. TH1tORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV:eES PARTIELLES

et
2n2 (Mo)
PlO = sin '6'0 cos <Po;
P20 2n 2 (Mo) = sin {to sin <Po; (148)
Pao = 2n 2 (Mo) cos '6'0'
Les extrémales du champ sont définies par les équations:
x = <Pl (rI' r 2 , ra, x o, Yo,zo); Y = <P2 ( ); Z = <Pa ( ) (149)
où rk = SPho et <Pk sont des fonctions possédant des dérivées conti-
nues jusqu'à un certain ordre. En dérivant la première formule par
-rapport à S et en faisant ensuite S = 0, on trouve

sin '6'0 cos <Po ~CJll) 8=0 PlO + ( Ôô CJlt


= ( url r2
) 8=0 P20 +( Ôô
CJlt
ra
) 8=0 P30'

En se servant des formules (148) et en tenant compte du fait que '6'0


et <Po sont arbitraires, on obtient

( ~)
8r2s=O
(~)
ôra s=o
=0; (~)
ôrt s=o
=1:2n 2 (M o)'
Les autres formules (149) nous donnent:
Ô
CJlk ) = 1 : 2n 2 (M ); (a'l-'k)
( ôrk 11=0 0 ôrl 8=0
= ° (l =1= k).
Utilisons les formules (148) et (149) pour composer le jacobien
de la fonction <Ph par rapport aux variables s, {to et <Po. En dérivant
par rapport à {to et <Po par l'intermédiaire de rh, Qn obtient s en fac-
teur et deux colonnes de ce jacobien contiendront s. En divisant ce
jacobien par S2 et en passant à la limite pour s~ 0, on trouve:
sin 'fr o cos <Po cos 'fr o cos <Po - sin 'fr o sin <Po
. 1 D (x, y, z) '.<\.' .<\. • • .<\.
1lm - 2 D'Q. = SIn uo SIn <Po COS Uo SIn <Po SIn ua cos <Po =
8-+0 S (s, vo, CJlo)
cos {to - sin '6'0 ° = sin 'fr o.

Pour déterminer la fonction arbitraire'!' ({to, <Po) de la formu-


le (146) multiplions les deux membres de cette dernière par s et
faisons tendre s vers O. La dernière formule et la formule (147) nous
donnent
ua' <Po ) = V n (M)
1 -_ '1' (t}o, CJlo). " I.e. '1' (.<\. . .<\. ,
0 Sinuo
V n (Mo) sin!'6'o
et on obtient en définitive l'expression suivante pour la fonc-
tion cr:

cr (M , Mo) =
V n (Mo) sin t}o
n (M)
D(
x, y, z
) •
D (s. t}o, (J'o)
(150)
1-2-24. CONDITIONS INITIALES GENERALES 147

On vérifie que cette fonction possède toutes les propriétés indi-


quées dans (I-2-22]. Si n (M) = const, alors (s, '6'0' Q)o) sont d' ordinai-
res coordonnées sphériques du point M et la dernière formule noua
1
donne cr = -.r

1-2-24. Conditions initiales générales. Supposons maintenant


que les conditions initiales sont données non pas sur le plan t = 0,
mais sur une surface d'équation t = Q) (M) :
U It=Q(l\1)=/ o (.LH); Ut It=q;(A-l) = Il (M). (151)
Résolvons ce problème pour t > Q) (M). Au lieu de l'hypersphère
't (M; Mo) = t considérons la surface

't (M; Mo) Q) (M) = t, + (152)


et supposons que pour toutes les valeurs strictement positives et assez
voisines de 0 de la différence [t - Q) (M)], la surface (152) est une
surface fermée de l'espace, contenant le point Mo. Les points inté-
rieurs à cette surface vérifient l'inégalité
't (M; Mo) Q) (M) < t. + (153)
Utilisons maintenant la formule (138) en prenant la surface (152)
pour S. Dans l'intégrale étendue à S la fonction à intégrer s'écrit
lu] = u (M; t - 't) = u [M; cp (M)] = fo (M); [Ut) = fI (M).

Montrons que [ ~~ ] dépend aussi des conditions initiales. On a


a/ o (M) ôu lM; cp (M)] ôu (M; t)
Ô1&
- ôn ôn !t=q>(M) +
+ ôu (M; t) ôq> (M)
ôt 1t=q>(M) • ôn '
d'où
ôu(.il-f; t) 1 = ô/o(M) _ ôu(M; t) 1 ôcp(M)
ôn t=<p(M) ôn ôt t=q>(M) • ôn '
autrement dit,
[ ôu (:; t) ] = ôlo~:) _ ôcpô~M) Il (M).
En posant
F(M o; t) =

=4~ ~~ {cr
ô/o (At!)
ôn
+ cr (~_
ôn
8cp ) fI (M)-
ôn
't(M; Mo>+<r(M)=t

ôa
- ôn fo }' dS,
148 CH. I. TlffiORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

on obtient pour u (Mo; t) une équation identique à (140):


u(Mo; t)=F(M o; t)+

+ 4~ ~ )) '[u] ~cr (M; Mi» dv. (154)


'(M; MO)+qJ(M)<t

Comme plus haut, on peut résoudre cette équation par la méthode des
approximations successives et obtenir la solution qui vérifie les
conditions initiales (151). Pour effectuer toutes les démonstrations
avec rigueur, il faut que les fonctions c (M), 10 (M), fI (M) et cp (M)
possèdent un certain nombre de dérivées partielles continues.
. Voyons comment la surface (152) est rattachée à la théorie des
caractéristiques. Le conoïde caractéristique de l'équation (122) de
sommet (Mo, t) est défini dans l'espace à quatre dimensions (M; t i )
par l'équation
(155)
OÙ t l et M (x, y, z) sont les coordonnées courantes, t et Mo, des
paramètres. La surface (152) est le lieu géométrique des points de'
l'espace qui possèdent les mêmes coordonnées .(x, y, z) que les points
d'intersection du conoïde caractéristique (155) avec la surface t i =
= cp (M) de l'espace à quatre dimensions, autrement dit, la surface
(152) est la projetée de l'intersection mentionnée sur l'espace (x, y, z) .
.Plaçons-nous; pour plus de suggestion, dans l'espace à trois dimen-
sions (x, y,' tl). L'équation (155) définit une surface de type conique.
Cette surface coupe la surface fI = cp (x, y) suivant une courbe dont
la projetée sur le plan (x, y) est une courbe fermée l qui est l'analogue
de la surface (152). Le projeté du sommet du conoïde sur le plan (x, y)
doit tomber à l'intérieur de l et l'analogue de l'intégrale triple de la
formule (154) est une intégrale double sur la partie du plan (x, y)
intériure à l. Ce domaine dépend bien sûr de la position du sommet
(x o' Yo, t) du conoïde. Si ce sommet tend vers un point (x~, y~, t~)
de la surface t l = cp (x, y), alors la courbe doit se contracter au point
(x~, y~,). De façon analogue, la surface fermée S doit se contracter
au point Mo si le sommet du conoïde (155) tend vers un point (M~, t ' )
de la surface t l = cp (M). .
Ces propriétés géométriques de la surface S, nécessaires pour prou-
ver rigoureusement l'existence de la solution du problème de
Cauchy, sont liées au fait que le plan tangent à la surface t = cp (M)
ne doit pas trop s'écarter du plan t = O. On démontre que cette
condition se traduit par:
grad 2 cp(M) < c2 tM) . (156)

Ceci étant, il est essentiel que la fonction c2 (M) soit reliée à 't (M;
.Mo) par l'équation (124). Si la condition (156) est remplie, on dit que
la surface t = cp (M) est orientée dans l'espace. S'agissant de l'équa-
1-2-25. ~QUATION DES ONDES G~N~RALIS~E 149

tion hyperbolique générale


m

Utt -- ~ aijU x . Xj + ... = 0,


i, j=1 Z

où Uest une fonction de Xl' X 2 , • • • , X m , on dit que la surface t =


= ep (Xl' X 2 , • • • , X m ) est orientée dans l'espace en l'un de ses points
si l'on a en ce point
m

~ aijepx.epx. < 1.
i, j=1 Z J

Les constructions et formules décrites et leurs applications à la réso-


lution du problème de Cauchy pour l'équation (122) ont été proposées
par S. S 0 bol e v (Travaux de l'Institut de seismologie de l'Acadé-
mie des sciences d'U.R.S.S., 1930, n06 et 1934, n042). Elles ont été
généralisées par V. Gog 0 1 a d z é à des équations linéaires hyper-
boliques de quatre variables indépendantes plus générales (DAN
SSSR, 1934, 1). La méthode indiquée a été généralisée dans un travail
de S. S 0 bol e v (Matem. sb., 1936, 1 (43), n01) à des équations
linéaires hyperboliques générales à un nombre pair de variables
indépendantes. Dans le numéro suivant on indiquera les modifica-
tions apportées à la méthode développée pour des équations plus
générales (ce qui a été fait dans le travail de V. Gogoladzé), puis on
généralisera la méthode à un nombre quelconque pair de variables
indépendantes seulement pour l'équation des ondes à coefficient c2
constant.
1-2-25. Equation des ondes généralisée. Considérons l'équation
plus générale
3 3
4c Utt ~ ai,ux zz
= LJ ~ biux z. + hu,
.x . + LJ (157)
i=1 i=1

où les coefficients ai" bi" c et h sont des fonctions de Xl' X2' Xs, et de
plus les coefficients ai sont supérieurs à un nombre strictement posi-
tif. Signalons qu'en multipliant les deux membres de l'équation
par c2 et en incluant cette fonction dans les coefficients de l'équation,
on peut admettre que c ==
1. Au lieu de la fonctionnelle (123) consi-
dérons la fonctionnelle

(158)


3 d x·2
ds 2 = ~ _1.
ai
(159)
i==l
150 CH. I. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

La fonction fondamentale 't (M ; ..lfo) du champ central est solution


de l'équation
3

~
L..J ai't~.l =~.
C
(160)
i=l

La valeur retardée d'une fonction quelconque u (M ; t) se détermine


comme dans [1-2-21]. Au lieu de (131), on obtient l'équation suivante
pour la fonction a:
3 3

2 ~ ai'tx.aX.+a~ [ai't X'X'+


l l _ l l
~ai -
(2 uXi bi) 'tx.J=O.
l
(161)
. i=l i= 1

La condition (133) devient

Hm a(M ; Mo) 't (M ; Mo) = ~ (Mo) (n (M) = /~f))' (162)


M-M o Ji a~a~ag c,

où a~ est la valeur de la fonction ai au point Mo. Au lieu de (135)


on a la majoration
K
IL(a) 1~'t(M; Mo) , (163)

où L (u) est le second membre de l'équation (157) et }( est une


constante. La formule (136) devient
3

Hm ~ ~ ~ aiaxi cos (n, Xi) dS = - 41[. (164)


Sl- M o S 1 '-1
1-

Au lieu de (138) on obtient la formule


u (Ai 0 ; t) = 4~ ~ ~ {aP ([u]) - lu] P (a) + a [ ~~ JP ('t) + aR lu] } dS +
S

+ 4~ ~ ~ ~ [u] L * (a) dv, (165)


D

3 3
P (v) = ~ aivxi cos (n, Xi), R= ~ (::: - bi ) cos (n, Xi),
i=1 i=1
3
L* (a) = ~ {)2 ai (J _ + ha
{)bi(J
L..J OX~ oXi' ,
i=1 1

L* (a) étant l'adjoint de l'opérateur L (a). En se servant de la for-


mule (165) on peut comme dans (1-2-22] ramener le problème de
1-2-26. CAS D'UN NOMBRE QUELCONQUE DE VARIABLES 151

Cauchy avec les conditions initiales (139) à l'équation intégrale

u(M o ; t)=F(J111 o ; t)+ 4~ ) ,\ J ru] L*(a)dv.


D

On peut établir une formule identique à (150) pour la fonction


CI (M ; Mo) :

, (166)

où s est la longueur d'arc de l'extrémale reliant Mo à M et ds 2 se


calcule par la formule (159).
1-2-26. Cas d'un nombre quelconque de variables indépendantes.
L'application de la méthode de S. Sobolev au cas de plusieurs varia-
bles indépendantes implique l'introduction de plusieurs fonctions a.
On se propose d'appliquer cette méthode à une équation des ondes
à coefficients constants :
2k+1
~
c
Utt = ~ u x zz
~
.x . (167)
i=1

(cf. S. S 0 bol ev, Sur une généralisation de la formule de K irchhojj.


DAN SSSR, 1933, 1).
Appelons R 2k +l l'espace de point générique (Xl' , X 2 k+l) et
considérons l'espace R2k+2 de point générique (Xl' , X 2 k+l' t l ) ou
(M; t l ). Le cône caractéristique de l'équation (167) de sommet (Mo; t)
est défini dans R2h +2 par l' équation
r
tl = t--,
c
(168)

2h+1
r 2= ~ (Xi - X~)2. (169)
1=1

Par [cp] on désigne comme plus haut la valeur retardée de la fonc-


tion cp:
[cp(M; t)]=cp (M, t - ; ) ,
c'est-à-dire la valeur de la fonction cp sur le cône caractéristique (168)
par rapport à t. Comme indiqué dans [I-2-11], il existe sur la surface
caractéristique des relations entre la fonction u, solution de l'équa-
tion (167), et ses dérivées. Etablissons ces relations pour les dérivées
152 CH. I.TJmORIE DES :eQUATIONS AUX n:eRIV:eES PARTIELLES

de u par rapport à t:
Us = [~:~ ] (s=O, 1,2, ... ), (170)
les dérivées Us étant considérées comme des fonctions dans R2k +1.
Signalons préalablement que l'équation (124) s'écrit ici
r ) 2 1
( grad T ="C2. (171)

En dérivant la fonction Us par rapport à (Xl' ••• , X 21àl) aussi


bien directement que par l'intermédiaire de l'argument (t - ;)
on obtient, 00mpte tenu de la formule de vérification immédiate

grad Us+{ ·grad c =


r [
grad
{}S+lU ]
{}t s+1 •
r
grad"'C -
[{}S+2 U
{}t 8 +2
Jgrad C '
2 r

où le point désigne le produit scalaire dans R2h+1, la formule


suivante:
r r
dus = - 2 grad U S +1 • grad -c - u s+1 d -.
c
(172)

L'introduction de l'opérateur
2k+l
r
L(v)= -2gradv·grad--vd 2 ~
r =--
-
ccc
i=l
(173)
nous permet de mettre (172) sous la forme
dU s = L (u s +]). (174)
Ce que nous voulions. L'opérateur L vérifie la relation
vL (w) + wL (v) = - div (2vw grad ; ) . (175)
On a
dr s = (2k + s --1) sr S
-
2 ; (176)

Introduisons les fonctions 0i:

o. = (2k-2) (2k-4) ... (2i+2) 2i r-k-i+I •


1 (k- i) ! ch-i (2k-2) (2k-3) (k i-l) , +
Oh = r- 2h +1 (i = 1, 2, , k -1). (177)
On a
L(Ol)=O; L(Oi+l)=dO i ; dah=O (i=1,2, ... ,k-1). (178)
1-2-26. CAS D'UN NOMBRE QUELCONQUE DE VARIABLES 153

Soit D un domaine de l'espace R2k+l ne contenant pas Mo. Com-


posons l'intégrale (2k+ 1)-uple:
Il.

) ~ (_1)S-1 [(US-l~crk-S+l- O'k-S+l~US-]) +


D s=1
+ (0' h-s+l L (us) + usL (0' k-S+l))] dXl ••• dX 2 k+l. (179}
Cette intégrale est nulle en vertu de (174) et (178). En tenant compte
de (175) et de la formule
v~w - w~v = div (v grad w - w grad v),

on peut transformer l'intégrale (179) en une intégrale étendue à la


surface S limitant le domaine D. La formule

aus U ] [a +1 U a.!..C
[f)S+I
S
J
an: = fn san - als+1 ar;- ,
nous permet d'écrire

[
aS-lu
als-l
J- O'h-Hl
[alu ]
an ats-l -

a.!..c asu }
- O'k-s+l a-;;: [a7S] dS = 0"
où n est la normale extérieure à S. Si le point Mo est inférieur au
domaine D, la formule précédente reste valable pourvu qu'on entou-
re Mo d'une petite sphère. En passant ensuite à la limite, on obtient.
la formule suivante:

u (Mo. t) = A J±(-i)'{ aa;~'+1 [ :;~~~ J-


S s=1

- 0'k-s+l [ an asu ]
atS-1 - cr k-s+l
a ; [asu
---a;;- at S
J} dS, (180)
où la constante A est définie par
2k-1
II r(i;2)
A= i=1
2k-1 2k-1 •
1
2(2k-1)n 2 II r(it )
i=1
154 CH. I. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

La formule (180) est confondue avec celle de Kirchhoff pour 2k + 1 =


= 3. Si pour surface S on prend la sphère de centre Mo et de rayon ct,
alors les valeurs retardées des dérivées des fonctions u dépendent des
conditions initiales ul t=o et Ut It=o et l'on obtient la solution expli-
-cite du problème de Cauchy, solution qui a déjà été déduite sous une
forme différente au (tome II, (VII-1-9l). La formule (180) nous per-
met de même de résoudre le problème de Cauchy dans le cas où les
-conditions initiales sont données sur une surface t l = cp (M). A noter
que les dérivées des conditions initiales figureront sous le signe
.d'intégration, de sorte que pour que ce problème admette une solu-
tion, il faut que les dérivées des conditions initiales jusqu'à un ordre
-qui dépend de k soient continues, ce que nous avons signalé précédem-
ment. S. K h ris t i a nov i t cha généralisé cette méthode aux
.équations hyperboliques non linéaires (Matem. sb., 1937, 2, nO 5).
1-2-27. Inégalité énergétique. Considérons l'équation hyperbolique
n n
L (u) === ~ aikllx,xh
i,h=l 1
+ i=l
2J biux . + cu-
1
Utt = /, (181)

-où aUn b h c et f sont des fonctions de (Xl' . . . , Xn , t), les fonctions bh


,c et f sont continues, les fonctions aik possèdent des dérivées premiè-
res continues dans les domaines de l'espace (Xl' . . . , Xn , t) qui seront
précisés ultérieurement. L'équation (181) étant par hypothèse
hyperbolique, on a l'inégalité
n n

i,
2Jk=l aik;i;k ~ v i=l
2J sI (v > 0), (182)

-on admettra que v est une constante strictement positive pour les
{).omaines considérés. Pour plus de suggestion, on supposera dans la
.:Suite que n = 2, de sorte que l'on se placera dans un espace à trois
.dimensions de point générique (Xl' X2 , t). Tous les raisonnements va-
1ent pour le cas général.
On se propose d'estimer les solutions de l'équation (181) en fonc-
tion des conditions initiales et des coefficients. Ces estimations
entraîneront directement entre autres l'unicité de la solution du
problème de Cauchy et la dépendance continue de cette solution par
rapport aux conditions initiales. Les raisonnements seront calqués
.sur ceux qui nous ont permis de prouver l'unicité de la solution du
problème de Cauchy et du problème aux limites au (tome II, [VII-1-
17]) pour l'équation des ondes.
Prouvons préalablement le lemme suivant.
Lem m e. Si une fonction w (t) positive, absolument continue,
vérifie pour presque tous les t > 0 l'inégalité
dw (t)
dt~Cl(t)W(t)+C2(t), ( 183)
1-2-27. IN~GALIT~ ~NERG:eTIQUE 155

où Ci (t) sont· des fonctions intégrables, alors


t t
SC1(t 1)dtt t - SC1(t 1)dt 1
w(t)<e o [w(O)+ Jc2 (t 2)e 0 dt 2 J. (184)
°
Si en outre Cl (t) ~O, alors pour presque tous les t > 0
t t2
Sc1(tddt 1 t - SC1(t 1 )dt 1
d~?) ~cI(t)eO [w(O)+ ~ c2 (t 2)e 0 . dt 2]-\-c 2 (t). (185)
o
De (184) et (185) il s'ensuit en particulier que si Cl (t) est une
constante strictement positive (Cl (t) = Cl) et C 2 (t) est une fonction
croissante, alors

(186)

et
(187)
t
- Scl(tddt 1
En effet, multiplions les deux membres de (183) par e 0
et mettons le résultat sous la forme
t t
d - ~'cl(tddtt - )'Cl(tl)dt 1

dI(w(t)e ° )~c2(t)e 0 •

En intégrant cette inégalité par rapport à t entre 0 et t, on obtient


la majoration (184). Si Cl (t) ~ 0, la majoration (185) résulte de (184)
et de (183). Ce que nous voulions.
Supposons que, dans un domaine ~ adhérent au plan t = 0 et
compris dans le demi-espace t > 0, l'équation (181) admet une
solution continue avec ses dérivées premières et secondes dans ~.
Supposons que ~ contient un domaine D de type cône tronqué dont
la base inférieure B (0) est située dans le plan t=O et la base supérieu-
re B (T), dans le plan t = T > 0, que cos (n, t) > 0 sur la surface
latérale S et que S est orientée de façon spatio-caractéristique, c'est-
à-dire que sur S
2
2
cos (n, t) - h
i,11=1
aih cos (n, Xi) cos (n, Xh) >0 (188)

(on rappelle que la normale n à S est dirigée vers l'extérieur


de D). Soit B (t 1) la sec tion de D par le plan t = t 1 . Consi dérons
156 CH. I. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

la relation
t t
- ~ ~~ 2UtL (U) dX I dX 2 dt l = - ~ ~~ 2ud dX I dX 2 dt l (189)
o B(tl) 0 B(tt>
pour tE [0, Tl. En se servant de la formule (107) et des identités
2 2
2 ~ aihuXixkUt = 2 ~ a~. l
(aihuxkut)-
i, h=l i, h=l
2 2
- ~ ~ aihuXiuXk - 2 ~
i, k=l i, k-1
on peut mettre la relation (189) sous la forme
2

~~ ( ~ aihUXiuXk + U~) dXI dx 2-


B(t) i, k= 1
2

- ~ l (~B(O) i, k=1
aihUxpXk +U~) dX I dx2 +

t 2
+~ ~ [- 2 ~ aikuxJpt cos (n, Xi) +
o 8B(tl) i, h=l
2
+( ~ aihuxpXk +ui) cos (n, t) ] dS dt] +
;,k=1
t 2

+~ I~(2 ~
aa'k
_...;.:l..;..,U U
at xi xk
o B(tl) i, k=1
2 t
- 2 ~ biuxiUt - 2cuut) dX I dX2 dt l = -
t=1
l ~ l 2ud dXI dxz dt
0 B(tr)
l , (190)

où ôB (t l ) est la frontière de B (tl)' L'intégrant du troisième


terme est positif, car il ne diffère que par le terme strictement
positif cos (n, t) de la somme
2
,2J
1,k=1
aik (U Xi cos (n, t) - Ut cos (n, Xi» (U Xk cos (n, t) - Ut cos (n, Xh» +
2
+ U~ (cos 2 (n, t) - ~ aik cos (n, Xi) cos (n, Xh»),
i, h=l
1-2-27. IN:eGALIT:e :eNERG:eTIQUE 157

2
dont le premier terme est une forme quadratique ~ aik~tSh'
i, h=l
définie positive et dont le second est positif en vertu de (183).
De (190) il s'ensuit donc
t 2 2
K (t) ~ K (0) - ~ ~ ~ (2 ~ ~:it UxhUt - ~ a;:k uXPXk-
o B(tl) i, k=l i, h=l
2 t

- 2 ~ btuxiUt - 2cuut) dX I dX2dt l


i=l
- JJJ2ud dX dX2dt
0 B(tl)
I l , (191)

ou"
2

K (t) = ~
B(t)
J( ~ i, k=l
aikuXiuXh + U~) dX
.
I dx 2. (192)

Supposons que

I ~l
aXk ' 1 (193)

où Co>O. Alors
2 2
1~ ~ h
B(tl) i, k=l
a:~k UXiUXh dX I dX21~Co J~ ~
B(t!) i, h=l
IUXil,/uXkl dX I dx 2·

On a par ailleurs

Or, en vertu de (182),


2 2
~ U~i ~ ~ ~ aihUXiUxk ,
i=l i, k=l

donc
t 2 t

1 JJ
o
j ~ a:~k
B(tl) i, k-l
UXiU X : l dXI dX 2 dtll ~ Cl
.
JK (t l ) dt
0
lt

OÙ Cl est une constante strictement positive dépendant des coeffi-


cients. De façon analogue
t 2 2 . t

J Jo ~ ~ 2ut ~ (b
B(t!) i=l
i - ~
k=l
::::') UXi dXI dX2 dtll~C2 Jn K (t l) dt l ,
158 CH. I. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:eIUV:eES PARTIELLES

OÙ C2 est une constante identique à Cl' Posons


L (t) = JJu2dxI dx
B(t)
2• (194)

De par l 'inégalité 12ab 1~ a2 + b2 et du fait que


2
. LJ
l,k=1
aihUXiuXk~O, (195)

on trouve
t t

11112CUtudX1dx2dtll~C31 [K(tl)+L(tI)]dtl ·
o B(tl) 0

Compte tenu de la relation 121utl ~u~ + 12 et de (195), on obtient

1112IUtdXldx21~K(tI)+M(tl)'
B(t l )


M (tl) = 11 j2 dXI dx2·
B(tl)
(196)

En portant les majorations obtenues dans (191), on aura


t

K(t)~K(0)+(CI+C2+C3+1) JK(tl)dt l +
o
t t
+ C3 JL (tl) dt l + JM (il) dt l• (197)
o 0

Majorons L (t). Considérons l'intégrale


t

JI (t) = JJJ
o
[u 2 (Xl' X
B(tl)
2, tl)]tl dX I dX 2 dt}"

Cette intégrale peut être traitée comme une intégrale triple étendue
au domaine Dt borné inférieurement par le plan t l = 0, supérieure-
ment, par le plan t l = t et latéralement, par la surface S susindiquée
sur laquelle cos (n, t) > O. La formule d'Ostrogradski nous donne
immédiatement
JI(t)~ 1Ju dxl dx2-1 Ju 2d:r dx2,
B(t)
2

B(O)
1
1-2-27. IN1tGALIT2 ~NERG~TIQUE 1591

c'est-à-dire que
t
JJu2dxldx2~ JJu 2dx l dx2+ ) JJ2UUtldxldx2dtl' (198)!
B(t) B(O) 0 B(tl)
d'où, compte tenu de 12uutll~uri+u2 et de (195), il s'ensuit
t t
L J J
(t)~L (0) + K (t I ) dt t + L (t I ) dtl. (199)J
o 0

Ajoutons (197) et (199):


K (t) +L{t)~
t t
~K (0) + L (0) + C S[K (tI) + L (tl)] dt t + ) M (tI)'dt 1, (200}
o u

où la constante C = Cl + C2 + C3 + 2 dépend des coefficients aik"


bit c et des dérivées de aik. Utilisons maintenant les inégalités:
t
(186) et (187). La fonction w (t) = J[K (tI) .+ L (tt)] dt l remplit les:
o
conditions du lemme avec
t
cI(t)=C, c2 (t)=K(O)+L(0)+ Jo M(tI)dtl et w(O)=O.

Elle est donc justiciable des majorations

w(t)=
t
Jr [K(tI)+L(tJ)]dtl~ eCt_f
c r_6+ Jr t
M(t1)dt l J
o 0
et
t
d~it) = K (t) + L (t) ~ eCt [ 6 + JM (t J) dt l J, (201);
o
où Ô= +
K (0) L (0). Ces majorations sont dites énergétiques.
En vertu de l'hypothèse (182), on a

K (t) ~ JJ
B(t)
("U~l + VU~2 + un dXl dx2·
Sans nuire à la généralité, on peut admettre que le facteur v de la,
condition (182) vérifie la double inégalité 0 < ,,~1. De (201) il
j.
.(
160 CH. I. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

résulte alors

j J(ui + U~I + ut + u
l
2
) dX I dX2~
.B(t)

Ct 2
~~[ JJ( ~
B(O) i, k=l
aikuXiuXk+u~ + u 2 ) dxl dx 2 +
t

o BUl)
+) ~ 1/2 dX 1 dX 2 dtlJ . (202)

Cette majoration est valable pour tous les t E [0, Tl et pour tout
domaine du type indiqué. Les constantes C et 'V ne dépendent que des
<coefficients de l'équation (181) et non pas de la solution u considérée
~t du second membre /.
Les majorations citées figurent dans les travaux de Friedrichs,
Lévi et Schauder.
1-2-28. Théorèmes d'unicité et de dépendance continue des solutions.
Le théorème d'unicité de la solution du problème de Cauchy et la
.dépendance continue de la solution par rapport aux conditions
initiales et au second membre de l'équation résultent immédiatement
.des inégalités démontrées. En considérant la différence de deux solu-
tions du problème de Cauchy pour les mêmes conditions initiales, on
ramène le théorème d'unicité au suivant: si le second membre / de
l'équation (181) est nul et les conditions initiales sont de la forme
u 1 t=o = Ut 1 t=o = 0, (203)
.alors la solution du problème est u == O. Soit (x~O) , x~O), fOl) un point
quelconque. Supposons que le conoïde caractéristique de sommet
(X~O), X~O), t<O») forme avec le plan t = 0 un domaine D du type indi-
qué ci-dessus. Soit u (Xl' X 2 , t) la solution du problème pour / == 0 et
les ;conditions initiales (203), continue avec ses dérivées premières
>et ;secondes dans D. On peut se servir par exemple de l'inégalité (201).
.De ce qui précède il s'ensuit que ô = O. Donc

L(t)= ) ~ u 2 dx l dx 2 =0,
B(t)
-et 'par suite 'u == 0 dans D. Cette assertion reste en vigueur si les
-conditions initiales homogènes (203) sont données non pas sur le
plan :(x, y) 'tout entier mais seulement sur la baSé B (O) du domai-
ne D, puisque ceci suffit pour que ô = O. D'où l'on conclut que
la valeur prise par la solution de l'équation sans second membre associée
à (181) ;au point (x~O), x~O), t<O») dépend des valeurs prises par les condi-
tions :initiales uniquement sur la base B (0) du conoïde caractéristique
1-2-28. TH~ORj;;MES D'UNICIT~ ET DE D~PENDANCE CONTINUE 161

de sommet (xi°!' x~O), t(O»).


On admet que ce conoïde forme avec le
plan t = 0 un domaine D du type mentionné ci-dessus.
Comme plus haut, dire que la solution dépend continûment des
conditions initiales revient à dire que si f 0 et les fonctions ==
<Po (Xl' X 2 ) et <Pl (Xl' X 2 ) des conditions initiales
lu 1 t=o = <Po (Xl' x 2 ); IUt 1 t=o = <Pl (Xl' x 2) (204)
sont petites (dans un sens quelconque), alors il en est de même de la
solution U (Xh X 2 , t). Supposons que par conditions initiales petites
on comprenne que les intégrales L (0) et K (0) sont petites, c'est-à-di-
re que L (0) ~ e et K (0) ~ e, où e est un nombre strictement positif
petit. De (201) il s'ensuit alors immédiatement que
K (t) ~ 2ee Ct ; IL lt) ~ 2ee Ct
sur le domaine D tout entier. On démontre que la solution dépend
continûment des conditions initiales non seulement dans l'hypothèse
que les intégrales K (t) et L (t) sont majorées, mais aussi dans l 'hypo-
thèse que le module de la fonction U l'est pour n = 1, c'est-à-dire
pour le cas de deux variables indépendantes: Xl et t. Ceci résulte
directement de la méthode de Riemann [1-2-16] si l'équation a été
ramenée à la forme canonique adoptée dans la méthode de Riemann.
Si l'on a affaire à plus de deux variables indépendantes, alors les
inégalités indiquées ne nous permettent pâs de conclure que U (pour
f == 0) est petite si 1 <Po 1 et 1 <PIlle sont. Traitons le cas n = 1
à l'aide des inégalités établies plus haut.
Les variables indépendantes sont X et t et le domaine D est un
trapèze ABBIA I dont les côtés latéraux sont généralement curvili-
gnes. La droite AlBI a pour équation t= T. Supposons que l'équation
du côté AA I est X = ~l (t) et celle du côté BB I , X = ~2 (t). On admet
que les fonctions <Po (x) et <P l (x) des conditions initiales (204) et la
dérivée de <Po (x) sont petites en valeur absolue. Sous ces conditions,
les intégrales des carrés de ces quantités prises le long de la base AB
de D seront petites. Donc, il en sera de même de L (0) et K (0) et
l'on aura
~2(t)

K (t) = ) [a (x, t) ui + un dx,


~1(t)

où a (x, t) ~ m > O. La 'petitesse de L (0) et K (0) entraîne, en vertu


des majorations précédentes, celle de L ft) et K (t) pour 0 ~ t ~ T.
D'où l'on déduit que les intégrales
62(t) ~2(t) 62(t)
2
) u (x, t)dx; ) u~(x, t)dx; ) ui (x, t) dx (205)
SI (t) il(t) ~1(t)

11-0tOI7
162 CH. I. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

sont petites. Supposons que ces intégrales sont inférieures à f}>O. c,


L'inégalité de Cauchy-Bouniakovski nous donne
{u (x, t) - U [~1 (t), t]}2 =
x x x
= [ ) ux(x', t) dx' J2 ~ ) ui (x', t) dx· ) f2dx,
~1(t) ~1(t) 61(t)

d'où
{u(x, t)-U(~I(t), t)}2~a" [~I(t)~X~~2(t)], (206)
où a = ~2 (0) - SI (0) dans D.
Grâce à l'inégalité de Cauchy-Bouniakovski on trouve la majo-
ration
x
[ ) lu(x', t)ldx'J2~af},
~1(t)
(207)
[61 (t)~X~~2 (t)].
De (206) il s'ensuit que
u [~1 (t), t] = u (x, t) + v (x, t), où Iv (x, t)l ~yaf). (208)
En intégrant les deux membres par rapport à x entre ~1 (t) et 62 (t)
et en se servant de (207), on obtient

lu [SI (t), t] 1~
lf all
b + y-
af}, (209)

où b = ~2 (T) - 61 (T), de sorte que 1 U [SI (t), t] ~ (1 b_l) Y af}. +


En vertu de (208) et de la dernière inégalité, on obtient la majoration
(210)
où f} est la majoration des intégrales (205), b = 62 (T) - 61 (T).
On a donc majoré 1 u (x, t) 1 dans le domaine D tout entier en suppo-
sant que b > O. Majorons maintenant la solution u (x, t) en fonction
du second membre f.
Supposons que f est non nul et que les conditions initiales sont
de la forme (203). Soit 1 f 1 ~ Mo, où Mo > O. En vertu de (196) et
de (201), il vient alors
K (t) + LI(t)~atM:eCt. (211)
On \peut se servir non pas de la majoration de 1 f 1 mais de celle Ide
la fonction M (t l ) figurant dans la formule (201).
Les intégrales K (t) et L (t), établies pour la différence U 2 - Ul
de) deux solutions U 2 et U 1 de l'équation (181) avec des seconds mem-
1-2-29. CAS DE L':eQUAT10N DES ONDES 163

bres différents' mais les mêmes conditions initiales, sont aussi petites
que l'on veut si 1/2 - /1 1 est assez petite.
Pour n = 1 on peut comme plus haut en déduire une majoration
pour / U 2 - Ul /.
1·2·29. Cas de l'équation des ondes. Il est immédiat de voir (cf.
(191» que les solutions de l'équation des ondes
n
2J U x .x . -
i=1 1 1
Utt = 0 (212)

VÉrifient l'inégalité énergétique


ft n
) (~u~i+uï)dx~) (~Uii +z4)dx, (213)
B(t) i=1 B(O) i=1

où dx = dXl ... dxn • Cette inégalité a été établie dans l'hypothèse


que U possède des dérivées premières et secondes continues. Si U
possède dans les domaines considérés des dérivées continues jusqu'à
l'ordre m +
1, alors n'importe quelle dérivée DIU, l~ m - 1 est
aussi solution de l'équation (212) et par conséquent vérifie l'inégali-
té (213), c'est-à-dire que
n n

) [~ (D 1u x ,)2 + (D ut)2] dx~) [~(D1UXI)2+


1
(D 1ut)2J dx. (214)
B(t) i=l B(O) i=1

La formule de Poisson (tome II, [VII-1-9J) nous donne la solu-


tion du problème de Cauchy pour l'équation (212), solution dont la
régularité croît avec celle des dérivées des conditions initiales <p (x)=
= u 1t=o et '" (x) = Ut 1 t=o.
Les inégalités (214) nous permettent d'étudier la solubilité du
problème de Cauchy pour des conditions initiales non régulières.
En effet, supposons que <p est une fonction de carré sommable dans
la boule BR = {x: 1 x 1 < R} et possède dans BR des dérivées dis-
tributionnelles jusqu'à l'orde m, de carré sommable sur BR (to-
me IV!, [I1I-5J, [111-61). Autrement dit, admettons que <p E W~ (BR).
On supposera que la fonction'" E W~ -! (B R)*). De même que dans
les cas m = 1 et m = 2 (tome IV!, [III-71), l'ensemble W~ (BR)
peut être traité comme un espace hilbertien muni du produit scalaire
m

(q>, ~)m = ) [q>~+ ~ ~ Dl<pDI~J dx,


BR 1=1 (l)

*) Il est d'usage de désigner wg (D) par L 2 (D).


11*
164 CH. 1. THÉORIE DES 111QUATIONS AUX D111RIV111ES PARTIELLES

OÙ Dl désigne une dérivée d'ordre l de type quelconque, ~), la som-,


me de telles dérivées. On démontre que W~ (BR) est un espace hil- l
hertien complet. ~
Désignons par qJ h les moyennes de qJ définies au (tome IV l' [III-21).
On sait que qJ h sont des fonctions indéfiniment dérivables dans B R - h
convergeant vers qJ lorsque h~ 0 pour les normes des espaces
W~ (BRJ, où RI < R. De façon analogue, 1Ph convergeront vers $
pour les normes de W~-l (B RI)'
Soit Uh (x, t) la solution du problème de Cauchy pour l'équa-
tion (212) qui vérifie les conditions initiales qJh et 1Ph' On voit sur la
formule de Poisson que Uh possède des dérivées continues de tout
ordre. Faisons tendre h vers 0 et étudions ce passage à la limite
dans le cône Dl = { (x, t): 1 x 1 < RI, 0 < t < 1 x Il. Le cône Dl
vérifie toutes les conditions imposées au domaine D de [I-2-271,
donc les fonctions Uh sont justiciables des inégalités (214) dans les-
quelles le rôle de B (t l ) incombe aux sections de Dl par le plan t=t l •
Ces inégalités ont également lieu pour les fonctions V l ,2 (x, t) =
= Uhl (x, t) - Uh2 (x, t) (car celles-ci sont aussi solutions de l'équa-
tion (212)), c'est-à-dire que
n

} [~ (D l v1. 2xi)2+ (D 1v1. 2t)2 ] dx~


B(t) i=i
n
~ } [~(DlVi. 2xi)2 + (D lV1. 21)2] dx. (215)
B(O) i=1

Le second membre de (215) tend vers 0 avec hl et h 2 pour l = 0, 1, 0 ••

o 0m - 1, donc il tendra vers 0 sur toute section B (t), t E [0, Rll.


• ,

Les fonctions VI. 2 tendent aussi vers 0 pour les normes de L 2 (B (t)),
puisque pour toute fonction V régulière on a
t

(x, t) = v (x, 0) + } Vtl (x~ t I ) dt lt


V
o
donc (en vertu de l'inégalité de Cauchy-Bouniakovski)
t

V2 (x, t) ~ 2v 2 (x, 0) -t-- 2t } vl1 (x, t 1) dt l


o
et
t

J v2dx~2
B(t)
} v 2 dx+2t}
B(O)
l
0 BU!)
v~! dxdxIo (216)

En intégrant (215) et (216) par rapport à t entre 0 et t 2 ~ RI, on


s'assure que les fonctions VI, 2 tendent avec toutes leurs dérivées jus-
1-2-29. CAS DE L'~QUATION DES ONDES 165

qu'à l'ordre m· vers 0 pour la norme de L 2 (Dl). En vertu de la com-


plétude de l'espace L 2 (Dl) et des propriétés des dérivées distribu-
tionnelles décrites dans le {tome IVI , (111-5], [111-61) il existe un
élément U de l'espace W~ (Dl) vers lequel convergent les fonctions Uh
pour la norme de W~ (Dl). Bien plus, on voit sur (215) et (216) que
Uh (x, t) convergent pour les normes de W~ (B (t» et Uht (x, t), pour
les normes de W~-l (B (t», quel que soit t E [0, R I l, de sorte que
U (x, t) E W~ (B (t» et Ut (x, t) E W~-l (B (t» quel que soit t E
E [0, RIL et U vérifiera les inégalités (214) et (216). Pour m ~ 2 la
fonction U sera solution de l'équation (212) pour presque tous les (x,
t) de Dl. On a ainsi réussi à trouver une solution du problème de
Cauchy pour l'équation (212) dans le domaineD I dans l'hypothèse que
les conditions intiales q:J et 11' sont des éléments de W~ (BR) et
W~-l (BR) respectivement (m~ 2). Bien plus, on a montré que la
régularité de cette solution n'est pas affectée par la croissance de t
si U (x, t) E W~ (E (t» et Ut (x, t) E W~-l (B (t». Si q:J et 11' varient
peu pour les normes des espaces W~ (B R) et W~ -1 (B R) respective-
ment, alors il en est de même de la solution correspondante U et
de sa dérivée Ut pour les normes des espaces W~ (B (t» et W~-l (B Ct)~.
De façon plus exacte, si Uk' k=1, 2 sont les solutions de l'équation
(212) vérifiant les conditions initiales q:Jk et lPk' k = 1, 2, alors
leur différence v = UI - U2 satisfait les inégalités (214) et (216)
qui caractérisent la dépendance continue des solutions du problè-
me de Cauchy par rapport aux conditions initiales pour les normes
intégrales correspondantes. La solution du problème de Cauchy trou-
vée plus haut est unique dans la classe des fonctions de W~ (Dl)'
m ~ 2. En effet, les raisonnements du (1-2-27] s'étendent à ces fonc-
tions si toutes les intégrales sont des intégrales-Lebesgue et si les
inégalités sont considérées non pas pour tous les t mais pour presque
tous les t de [0, T].
Attirons l'attention sur le rôle particulier des espaces W~ (B (t»
pour les équations hyperboliques. Ces espaces nous ont permis de
mettre en évidence une propriété assez importante des solutions des
équations (212), à savoir que leur régularité n'était pas altérée par
la croisance de t. Bien plus, étant donné que l'inversion du temps
(c'est-à-dire le changement de ten -t) ne modifie pas l'équation
(212), le problème de Cauchy se résout dans ces espaces de façon
analogue pour les t décroissants. Donc, la régularité des solutions
n'est pas altérée par la décroissance de t. On a ainsi établi le fait
suivant: les solutions de l'équation des ondes sans second membre
conservent à tout instant t la régularité qu'elles avaient à l'instant
initial. Ceci est vrai si la régularité des solutions U est caractérisée
par le fait que le couple {u (x, t); Ut (x, t} est un élément des espaces
W~ (B (t» X W~-l (B (t», tE] - RI' RIl. Cette propriété n'a
pas lieu dans d'autres espaces. Elle est mise en défaut si par exemple
la régularité des solutions est caractérisée par la continuité de telle
166 CH. I. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

ou telle dérivée (R. Cou r a n t, D. H i 1 ber t, Methoden der


mathematischen Physik. Berlin, 1931).
On a montré comment utiliser l'inégalité (213) et les inégalités
(214) qui en découlent pour résoudre et analyser le problème de
Cauchy pour l'équation (212). On peut de façon analogue étudier en
détail l'équation des ondes avec second membre. Bien plus, l'iné-
galité (201) et celles qui en résultent sont fondamentales pour
l'étude du problème de Cauchy pour les équations hyperboliques
générales (181). Nous allons illustrer ceci dans le chapitre suivant
sur des problèmes plus compliqués pour les équations (181) et mon-
trer comment à partir des résultats obtenus il est possible d'établir
la solubilité du problème de Cauchy.
1-2-30. Théorème d'immersion dans l'espace des fonctions con-
tinues et certaines de ses conséquences. Si une fonction f(x), xE De Rn
possède des dérivées distributionnelles de carré sommable par rap-
port à tous les Xi jusqu'à l'ordre l et l ~ [ ; ] +
1, alors elle est
équivalente à une fonction Î (x), continue dans D, et max 1 Î (x) 1
xCD
admet une majoration qui dépend de la norme de f dans l'espace
WJ (D). Ceci est vrai sous certaines contraintes imposées à D, par
exemple, pour un domaine D de frontière régulière. La proposition
précédente est un cas particulier des théorèmes d'immersion de Sobo-
lev. On se propose d'établir une proposition plus faible: la continui-
té de
A
l
(x) seulement dans un ouvert D et une majoration pour
max 1f (x) l, où D' cD. On commencera par le
xED'

Thé 0 r ème 1. Si une fonction f (Xl' . . • , x n ) possède à l'inté-


rieur d'une boule D à n dimensions des dérivées continues jusqu'à un
ordre· l et si

(a=O, 1, ... , l), (217)

alors dans toute boule Dl concentrique et intérieure à D, on a les


majorations suivantes:

où [~ ] est lapartieentièrede; et c, une constante ne dépendant que du


choix de Dl.
1-2-30. THeORËME D'IMMERSION 167

Composons la fonction auxiliaire

(1 pour
1
a (x) = {O pour (219)
1 11 1 2
l 2 +"2 pour ~ < x <3" '

1
T- x
u = ----:--:::---~----;--
(~-x)(x-~)'

Il est évident que U~ + 00 lorsque x~ ~ et U~ - 00 lorsque


X~ i . Ceci étant, a (x) tend respectivement vers 1 et 0 et il est
immédiat de vérifier que toutes les dérivées de cr (x) sont continues
pour x = ~ et x = ~ . Soient Mo un point de Dl, et k, la différence
des rayons de D et de Dl' Considérons le système de coordonnées
sphériques de centre Mo:

= r cos 81 ;
Xl

x = r sin 8 cos 8 ;
. . 2. . . . . 1. . . 2. ... .. .. .
x n - 2 = r sin 81 ••• sin 8n - a cos 8 n - 2 ;
x n - l = r sin 81 ••• sin 8 n - 2 cos ,p;
x n = r sin 81 ••• sin 8 n - 2 sin ,p,

o~ 8k ~ n et 0 ~ ,p < 2n. Pour le volume élémentaire on a


dw n = r n - l sinn -2 81 sin n -3 8 2 • • • sin8n -2dr d8 1 •• • d8 n -2d ,p.
En éliminant dr et en faisant r = 1, on obtient l'aire élémentaire
dan de la sphère unitaire. Introduisons la fonction

F (M) = f (M). a1- l


ôr1-1
[r
(l-1)1
l l
-
a ( hr ) ]
-

-
ôl (M)
ôr
ôl -
• ôrl-2
2
[r
(l-1)!
l l
-
a .h
( r ) ]
+ ...
al-II (M) [ r l- l
a(~)J,
, 1-
... ~. (-1) 1 ôr l - l • (l-1)!
168 CH. 1. TlffiORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

où r = M aM. On vérifie immédiatement que


F (Mo) = 1 (Mo); F (M) = 0 pour r= k,

ôFô~M) = 1 (M). ::1 [(l~:)1 a( ~ ) J+


+(-1)
1- ôll
l'ôr l '
[r
(l-1)!
l 1
-
a( r )
h' J (220)

et l'on peut écrire


h
1 (Mo) = -) ôFô(~) dr,
o
l'intégration étant effectuée le long d'une demi-droite issue de Mo.
En multipliant les deux membres de cette formule par dan = dw n :
rn-Idr et en intégrant surIes intervalles 0:::;;; es:::;;; n; 0:::;;; 'l':::;;; 2n, on
obtient
- -1 ~ ôF.::l(M) r -n+l dx dX
1(M o) = O'n ur t • •• n,
Do

OÙ Do est une boule de centre Mo et de rayon k, et an l'aire de


la sphère unitaire de Rn' Si l'on pose k = [ ; la formule J,
précédente devient
_1_ ~ _1 ôF (M)
1 (M o) -- - O'n
11. ô
r r
r h-n+l d Xl • ••
dX
n,
Do

d'où l'on déduit grâce à l'inégalité de Cauchy-Bouniakovski


12 (Mo) :::;;;
-- 1 J\ (1rh
~ O'~
ôF (M) ) 2 d
ôr Xl • ••
d n
X J\ r 2k-2n+2r n-t d rde
I' • •
de d.l,
n-2 't'.
Do Do

Dans la dernière intégrale, l'exposant est égal à 1 pour n pair et


à 0 pour n impair. Donc

12 (Mo):::;;; Cl J\ (1rh ôF (M) ) 2


ôr dX I ••• dx n , (221)
Do

où la constante Cl ne dépend que de k. Revenons à la formule (220).


Le coefficient en 1 est nul pour r:::;;; ~ en vertu de (219). Par ailleurs,
la règle de dérivation d'une fonction composée nous permet d'affir-
mer que :;, est une combinaison linéaire des dérivées d'ordre l par
1-2-30. THÉORt:ME D'IMMERSION 169'

rapport à Xl' •. , X n à coefficients bornés. On peut donc écrire


1 {)F (M) ~ {)lt
Th {)r = al + L..J aal ... an a
Xl
al
•.•
a an '
xn

OÙ a est une fonction continue bornée et 1 aal ... an 1~ c 2r l - h -1._


Tous les coefficients sont bornés pour l ~ k 1, c'est-à-dire pour +
J
l ~ [ ~ + 1. Donc, compte tenu de la relation (Xl + ... + Xn )2 ~
~ n (xi + ... + X~) et de (217), on déduit à partir de (221)
12 UWo)~ c2A2,
OÙ la constante c ne dépend que de h. Si pour un entier naturel ~ > 0'
on al'inégalitél-~~[;J +1, i.e. ~~l-l;J-1, alors
on peut reprendre tous les raisonnements précédents en remplaçant
1 par l'une quelconque de ses dérivées partielles d' ordre ~ et l par-
(l - ~).
On a donc établi les majorations (218). C. q. f. d.
Supposons maintenant que la fonction 1 remplit toutes les con-
ditions du théorème, mais qu'elle n'est pas continue avec ses déri-
vées, autrement dit, 1 est un élément de l'espace W~ (D). Considé-
rons une boule D 2 concentrique et intérieure à D. Considérons les
fonctions moyennes th sur D (tome IV l' [III-2J), en admettant que h-
est inférieur à la différence des rayons de D et de D 2. On a pour-
ces fonctions
f I~
D2
(x) dx~ )
D
j2 (x) dx. (222;

En effet, de la définition de !h et de l'inégalité de Cauchy-Bou-


niakovski il résulte que
) I~ (x) dx = ) [ h1n ) û) ( 1X ~ YI) 1(y) dy] 2 dx ~
D2 D2 /x-y/<h

~ ) [h~ ) û) ( IX~YI ) dy h~ ) û) ( IX;;YI ) 12 (y) dy] dx=:


D2 1x-y f<h 'x-y I<h

= ) [ h1n ~\ û) ( 1X ~ YI) j2 (y) dy ] dx ~


D2 'x-y I<h

~) [j2(y) ~ln ) û) ( IX~YI) dxJ dy= ) j2(y) dy_


D /'l.:-yl<h D

Comme a
()h! h a = (aàa
h!) , . s'ensuit que les
k~ l, Il
axl l ... ax n n xl ... à an
n
hl X

intégrales des carrés de tOutES les dérivéEs {)hih ,0 ~k ~ l,.


a xaI
1 ... axan
n
170 CH. 1. TH:~ORIE DES :eQUATIONS Aux D:eRIV:eES PARTIELLES

<étendues à D 2 sont inférieures à A2, donc


l

lJlfhll~l,)D2={) [fh+ ~ ~ (aXa.l~~~haxa.n )2Jdx}1/2~cIA. (223)


D2 k=l (k) 1 n

,On sait par ailleurs (tome IV l, [III-3]) que les fonctions h ten-
·dent vers f lorsque h -+ 0 pour la norme de W~ (D 2 ) , définie par
{223), donc 1/ f h l - ! h 2 ,,~l,> D2 -+ 0 lorsque hl, h 2-+ O. En vertu de
]'inégalité (218) appliquée à la fonction !h1 - /h2 et à une boule Dl
·etmcentrique et intérieure à D 2 , la différence fh 1 - f h 2 tend avec
-toutes ses dérivées par rapport à x jusqu'à l'ordre l - [ ~ J- 1
-vers 0 uniformément en x EDl lorsque hl, h 2 -+ O. Comme de plus
les fonctions fh sont indéfiniment dérivables, la fonction limite
1 sera continue dans Dl avec ses dérivées jusqu'à l'ordre l -
-[ J ~ -1. La fonction Î est confondue avec f pour presque
-tous les x. On a ainsi démontré le
Thé 0 r ème 2. Si des conditions du théorème précédent on
<écarte celle qui porte sur la continuité de f et si les dérivées de f sont
.distributionnelles, alors il existe une fonction Î équivalente à f et con-
.tinue avec ses dérivées jusqu'à l'ordre l - [ ; J- 1 dans l'ouvert D .
.De plus, on a les majorations (218) pour t
Ce théorème et les résultats du paragraphe précédent nous per-
mettent de tirer les conclusions suivantes sur l'existence des solu-
;tions classiques du problème de Cauchy pour l'équation (212):
Si cp (x) = ult=o est un élément de W~ loc (Rn) et 'li' (x) = ut/t=o,
.un élément de W2:ï~c (Rn), et m>l+ [ nt
1
J
+ 1, l>2, alors
la solution correspondante u (x, t) du problème de Cauchy pour
.l'équation (212) est continue et admet des dérivées continues
jusqu'à l'ordre l.
Dire que cp E w~ loc (Rn) revient à dire que cpE w~ (B) pour
toute boule Be Rn. Les raisonnements du numéro précédent en-
traînent l'existence d'une solution u (x, t) du problème de Cauchy
.appartenant à w~ loc (Rn+ 1 ). Ceci et le théorème 2 ci-dessus affir-
ment la continuité de u (x, t) et de ses dérivées jusqu'à l'ordre
.l=m-[ nt 1 J-1.
La solution du problème de Cauchy pour l'équation 0 u =
-= f (x, t) avec les mêmes conditions initiales sera classique si

f Ewm-l
2, 100
(Rn+!)
+ ,
1-2-31. SOLUTIONS DISTRIBUTIONNELLES 171

1-2-31. Solutions distributionnelles des équations du second ordre.


Au [I-2-15J on a étudié la question de savoir lesquelles des fonctions
u (x, t) définies dans un domaine D, possédant des dérivées par-
tielles premières discontinues sur une surface régulière a et vérifiant
les équations Ou = 0 ou Ou = /, il convenait d'appeler solutions
(plus exactement solutions distributionnelles) de ces équations dans
D. Du point de vue physique, c'est-à-dire si un problème de physi-
que nous conduit à ces équations, il faut imposer à ces fonctions u la
condition [P (u)J()' = 0 qui dit qu'aucune force extérieure n'est
concentrée sur la surface de discontinuité. Du point de vue mathé-
matique, il faut que ces fonctions soient justiciables de la formule
de Green (79) dont le rôle est déterminant dans l'étude des équations
différentielles. Au [I-2-15], on a montré que ces conditions sont
équivalentes si u présente des discontinuités « régulières »,c'est-à-
dire remplit des conditions cinématiques de compatibilité et si les
surfaces de discontinuité sont régulières. Les fonctions u remplis-
sant toutes ces conditions et vérifiant l' équation 0 u = / en dehors
de a, satisfont l'identité

) u 0 11 dx dt= ) /11 dx dt (224)


D D

pour tout 11 E Cr: (D). D'autre part, au (tome IV l , [111-5], [111-6])


on a défini les notions de dérivées distributionnelles et d'opérateurs
différentiels distributionnels pour les fonctions de L 2 (D). Dans le
langage de ces notions, l'identité (224) exprime que l'opérateur
distributionnel 0 a été défini pour u et que 0 u = /'
On dira qu'une fonction u (x, t) est une solution distributionnelle
de la classe L 2 de l'équation 0 u = / dans un domaine D si elle est
de carré sommable sur tout domaine D' c D et si elle est justiciable
de l'identité (224) pour tout 11 E C~ (D). Dans la suite, par D'on
comprendra des domaines bornés tels que D' cD.
De façon analogue, on appelle solution distributionnelle de la classe
L 2 dans le domaine D de l'équation
n n
L (u) ==. ~ aihuxix1&
t, h=1
+!J
t=1
biuxi+cu=! (225)

toute fonction u (x) de carré sommable sur tout domaine D'et


vérifiant l'identité

D
JuL* (11) dx= J/11 dx
D
(226)
172 CH. 1. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D::eRIV~ES PARTIELLES

pour tout 1'] E C~ (D). L'opérateur L* est l'adjoint de L au sens


de Lagrange, c'est-à-dire

Pour que cette définition soit correcte, il faut que les coefficients
aik admettent des dérivées secondes et les coefficients b h des déri-
vées premières. Supposons que les dérivées D1aik' l = 1, 2 et Db i
sont continues dans D. Les solutions des équations (225) de la classe
C2 (D) (les seules considérées jusqu'à présent) seront dites classiques.
Les solutions classiques de l'équation (225) vérifient l'identité
(226), car la formule de Green

j uL* (l']) dx = j 1']L (u) dx, (227)


D D

a lieu pour tout u E C2 (D) et tout 11 E Cr: (D). La réciproque est


vraie: si u E C2 (D) et vérifie l'identité (226), alors elle est solution
classique de l'équation (225). En effet, de (226) et (227) il s'ensuit
que

j [L (u) -f] 1'] dx= 0


D

pour tout 1'] E Cc: (D). De là il s'ensuit en vertu du théorème 2 du


(tome IV l' UII-5l) appliqué à un domaine D' que L (u) = f.
On a le
Thé 0 r ème 3. Si les coefficients de L sont constants dans D,
alors toute solution distributionnelle de L 2 de l'équation sans second
membre associée à (225) peut être approximée pour les normes de L 2 (D')
par des solutions classiques de la même équation.
En effet, soit u une solution distributionnelle de L 2 de l'équa-
tion sans second membre associée à (225) dans D, c' est-à-dire que
u E L 2 (D') pour tout domaine D'et

(228)

pour tout 11 E Cc: (D). Pour 11 prenons les fonctions moyennes Vh


décrites pour une fonction v E Cc: (D) dans le (tome IV l' [111-4]).
Ces moyennes appartiennent à Cc: (D) pour h assez petit. Le noyau
médiateur ne dépendant que de la différence des arguments, l'égalité
D1vh = (DlVh a lieu pour toute dérivée Dl de v. Donc L (Vh) =
= (L (v)h. D'autre part, il est immédiat de vérifier à l'aide du
I-2~31. SOLUTIONS DISTRIBUTIONNELLES 173

théorème de Fubini que

) uWhdx= ) Uh wdx (229)


D D
quelles que soient U E L 2 (D) et w E Cr;' (D) si h est assez petit
(h doit être strictement inférieur à la distance du support de w à la
frontière de D). De tout ce qui précède il s'ensuit que

0= ) uL* (Vh) dx= ) u (L* (v)h dx =


D D

= ) UhL* (v) dx= ) L (Uh) v dx. (230)


D D
Soit un domaine D' cD. Les relations (230) sont valables pour tout
v E Cr;' (D') et h strictement inférieur à la distance de D' à la fron-
tière de D. Ceci nous permet d'affirmer en vertu du théorème 2 du
(tome IV l' [III-41) que L (Uh) = 0 dans D', c'est-à-dire que Uh est
une solution classique de l'équation sans second membre associée à
(225). Lorsque h -+ 0 les fonctions Uh convergent vers la solution
distributionnelle U pour la norme de L 2 (D'). C. q. f. d.
Il est immédiat de voir que la réciproque est vraie aussi: si une
jonction U peut être approximée pour les normes de L 2 (D'), D' c D,
par des solutions classiques Um de l'équation sans second membre asso-
ciée à (225), alors elle est solution distributionnelle de cette équation
dans le domaine D.
On aurait pu se servir de ces deux propositions pour définir les
solutions distributionnelles de l'équation L (u) = 0 dans D comme
la limite, pour les normes de L 2 (D'), de ses solutions classiques.
Cette définition aurait été identique à celle donnée plus haut. Cepen-
dant nous ne ferons pas intervenir cette définition, car elle n'est
valable que pour des opérateurs L à coefficients constants (ou, plus
généralement, assez réguliers). Signalons seulement que c'est préci-
sément cette approche ,qui a été développée dans les années 30 par
S. Sobolev dans l'étude des solutions discontinues de l'équation des
ondes et la résolution du problème de Cauchy corrrespondant. Par
la suite, Sobolev et de nombreux autres auteurs se sont penchés
sur la résolubilité du problème de Cauchy pour des équations hy-
perboliques à coefficients variables en se basant sur les solutions
classiques du problème de Cauchy pour des équations spéciales
approximant l'équation donnée. Les solutions distributionnelles de
l'équation (ou du problème de Cauchy correspondant) ont été dé-
finies comme la limite (pour telle ou telle norme) de solutions clas-
siques des équations approximantes (ou du problème de Cauchy
correspondant). Si de bonnes représentations intégrales ont été
174 CH. I. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

trouvées pour les solutions des équations ou des problèmes aux


limites correspondants, alors ces représentations ont été utilisées pour
déterminer les solutions distributionnelles (cf. travaux de N. Gunter,
G. Leray et autres). Le rôle dominant de l'identité (226) n'est pas
apparu d'emblée bien que cette identité ait figuré dès les années
20 dans de nombreux travaux (par exemple, dans le travail de
N. W i en e r, The Operational Calculus. Math. Ann., 1926, 95,
pp. 557-584).
Plus tard (à la fin des années 40- début des années 50) les solu-
tions distributionnelles du problème de Cauchy et des problèmes
aux limites pour des équations de types divers ont été définies sans
faire appel aux représentations de ces solutions et aux processus
d'approximation. Ces définitions qui se basent sur des identités
intégrales ont été fécondes pour la résolution des problèmes aux
limites. C'est précisément cette approche qui a été systématique-
ment développée dans les travaux de O. Lad y j e n s k a ï a et
notamment dans sa monographie Problème mixte pour l'équation
hyperbolique. Ces travaux mettent l'accent sur l'adéquation de
l'introduction non pas d'une seule classe de solutions distribution-
nelles du problème, mais de toute une famille de classes de solu-
tions distributionnelles si les coefficients de l'équation sont des
fonctions suffisamment régulières. En revanche, si les coefficients
ne sont pas suffisamment réguliers, il est souvent possible de ratta-
cher à cette équation une classe bien définie de solutions distribu-
tionnelles. Ainsi, par exemple, si les dérivées des coefficients aik
ou b i de l'équation (225) ne figurent pas dans l'expression de L*,
alors la définition des solutions distributionnelles basée sur l'iden-
tité (226) est illicite. Dans le chapitre suivant, on exhibera une
définition des solutions distributionnelles de divers problèmes aux
limites, appartenant à différents espaces fonctionnels et l'on mon-
trera comment appliquer ces définitions à l'étude de la résolu-
bilité de ces problèmes.
Etudions le problème de Cauchy suivant:
n n
L(u)e= ~ aikuX.X1&+ ~ biux.+cu-utt=f, (231)
i, k=1 l i=1 l

U It=o = cp (x), Ut It=o = 'P (x), (232)


en admettant que les coefficients de L sont des fonctions assez ré-
gulières (c'est-à-dire, différentiables autant de fois qu'il le faut)
et que l'équation est hyperbolique. Multiplions l'équation (231)
par une fonction arbitraire 'Y) (x, t) E C':' (Rn +1) (on rappelle que
les fonctions telles que 'Y) (x, t) possèdent un support compact) et
intégrons la relation obtenue sur le domaine R~+I= ({x, t) : x ERn,
t > O}. Intégrons le premier membre par parties de telle
sorte qu'il ne reste aucune dérivée de u. On obtient ainsi des inté-
1-2-31. SOLUTIONS DISTRIBUTIONNELLES 175-

grales étendues au plan R: = (ex, t): x E Rn, t = O} ~t contenant.


les fonctions u 1t=o et Ut 1t=o qui seront remplacées par cp et'i' en vertU!
de (232). En définitive, on est conduit à l'identité

J 1 uL* ('ll) dx dt + J('i''ll- CPT)t) dx = (233)1


R:+ R:

n
L* ('ll) = ~
{) (b (rl)
OZi
+ e'YI _
'1
'YI
'Itt
i, k=l

et où toutes les intégrales sont pratiquement étendues à un domaine.-


borné dans lequel 'll (x, t) est non nulle.
Appelons solution distributionnelle de la classe L 2 du problème de'
Cauchy (231), (232), une fonction u de la classe L 2 , loc (R~+I) (c'est-à--
dire, une fonction de carré sommable sur toute partie bornée dlL
domaine R";+I) et vérifiant l'identité intégrale (233) pour tout
11 E C:' (Rn +1). -
Il est clair que si les coefficients de L possèdent des dérivées con--
tinues figurant dans L*, si f E Li, loc (R,,;+I) et si cp et 'i' sont des-
éléments de Li,lOC (Rn), alors cette définition est correcte, autre--
ment dit, toutes les intégrales figurant dans (233) sont convergentes.
Les solutions classiques du problème (231), (232) vérifient l'identité,
(233). Si d'autre part une fonction u satisfait à cette identité pour-
tout 'll E Cc:
(Rn +1) et est bicontinûment dérivable pour t ~ 0, alors
elle sera solution du problème (231), (232). Pour s'en assurer il
faut intégrer le premier membre de (233) par parties, ce qui conduit.
à l'identité

1 [L(u)-f]'lldxdt+ ) [('i'- U t)11-(<J>-u)'llt]dx=O. (234}


R:+ i
R~
Les intégrales étendues à R: sont nulles pour 'll E Cc: (R:+ 1 ) et de-
cette identité il s'ensuit en vertu du théorème 2 du (tome IV 1 ,·
[111-5]) que Lu = f dans R:+l. Donc, l'identité (234) équivaut à,
l'identité
1[('i'- u,) 11 - (q> - u) 'llt] dx = o. {235}
R:
Considérons maintenant les 'll E Cr: (Rn+ 1 ) qui sont nuls pour t = O.
Donc, l'intégrale qui contient 'll disparaîtra de (235) et de l'identit€
obtenue il s'ensuivra {toujours en vertu du théorème 2 du (tome-
IV 17 [111-5]) que cp = ult=o, car pour 'llt'J=o on peut prendre une-
176 CH. I. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

fonction quelconque de Cr: (Rn). L'identité (235) se réduit donc à

.\ ('P - Ut) Tl dx = 0,
R~
-d'où l'on déduit par analogie que'P = Utlt=o' Ainsi donc l'identité
{233) recèle toute l'information nécessaire sur le problème (231),
(232). De la démonstration de ce fait, on voit à quel point il est
essentiel que cette identité soit réalisée pour tout 'Y) E C': (Rn +1).
:Si l'on avait considéré une classe plus étroite de fonctions 'Y) , par
exemple, la classe C': (R~+1), on n'aurait pas pu prouver que la
fonction U satisfait les conditions initiales (232). De tout ce qui
précède il est clair que la définition de la solution distributionnelle
du pr'oblème (231), (232), exhibée plus haut, généralise bien la
notion de solution classique. Cette généralisation est indispensable
.:Si les fonctions f, cp et'P ne sont pas assez régulières. Si, par exemple,
la fonction f est discontinue ou si cp et'P ne sont pas dérivables, alors
le problème (231), (232) n'admet pas visiblement de solutions clas-
:siques (c'est-à-dire de solutions deux fois continûment dérivables
.dans R~ +1).
Cependant la généralisation de la notion de solution du pro-
blème (231), (232), implique encore une justification. Plus exacte-
ment, au [1-2-28] on a montré que, dans la classe des solutions clas-
.:Siques, le problème (231), (232) est déterministe, c'est-à-dire qu'il
ne peut admettre deux solutions distinctes. Il y a intérêt à préserver
~ette importante propriété des problèmes dynamiques, faussi est-il
nécessaire d'établir si le théorème d'unicité n'est pas mis en défaut
·dans la classe des solutions distributionnelles définie plus haut.
La démonstration exhibée au (I-2-27] ne passe pas, car les solutions
oétudiées doivent posséder des dérivées distributionnelles du second
·ordre au moins. Une autre démonstration du théorème d'unicité a été
proposée au début du siècle par Holmgren. Mais cette démonstration
implique la résolution dans la classe des solutions classiques du
problème adjoint pour des conditions initiales et des seconds mem-
bres suffisamment réguliers et à support borné. Or ce problème est
pratiquement identique au problème initial (231), (232). Ce pro-
blème a été étudié dans le cas d'équations à coefficients variables
par Hadamard, puis par Schauder et autres par des méthodes assez
complexes et pour des coefficients de L pourvus d'un grand nombre
·de dérivées. Il était nécessaire d'élaborer d'autres méthodes de dé-
monstration du théorème d'unicité pour les solutions distributionnel-
les qui n'impliquent pas de trouver les solutions classiques du pro-
blème adjoint. Ceci a été fait dans les travaux de O. Ladyjenskaïa
au début des années 50 (cf. monographie citée à la page 174 et l'ar-
ticle: O. Lad y j e n s k a ï a, Sur la résolubilité des problèmes
aux limites fondamentaux pour équations paraboliques et elliptiques.
1-2-32. EXISTENCE ET UNICIT:m DES SOLUTIONS DISTRIBUTIONNELLES t77

DAN SSSR, 1954, 97, nO 3). Pour trouver les solutions distribution-
nelles du problème (231), (232), on peut se servir des méthodes de
Galerkine, aux différences finies, fonctionnelle de Lâdyjenskaïa
et autres.
1-2-32. Sur l'existence et l'unicité des solutions distributionnel-
les du problème de Cauchy pour l'équation des ondes. Les solutions
distributionnelles du problème de Cauchy pour l'équation des ondes
n
Ou==2J
i=l
ux.:c.-Utt=/
1 Z
(236)

peuvent être déterminées pour de « mauvaises » fonctions j, <P et·'\jJ


par la formule de Poisson-Kirchhoff. Si par exemple t E L 2, lac (Rn +1),
cp E ~, lac (Rll) et 'tP E L 2 , lac (Rn), alors on prend leurs moyennes
th' <Ph et 'tPh et les solutions classiques correspondantes Uh du pro-
blème de Cauchy pour l'opérateur D. Lorsque h ~ 0, les fonctions
th convergent vers t pour les normes de L 2 (D), les fonctions <Ph'
vers <p pour les normes de Wi (D) et les fonctions 'tPh' vers 'tP pour
'" '"
les normes de L 2 (D), où Det D sont des domaines quelconques borné$
de Rn+l et Rn respectivement. L'inégalité (202) pour L = 0 permet
de conclure à l'existence d'une fonction U (x, t), limite des fonctions
U,h (x, t) pour les normes de W; (D). Cette fonction limite sera une
solution distributionnelle du problème (236), (232). En effet, chaqué
fonction U,h vérifie l'identité (233) avec t = th' <P = <Ph' 'tP = 'tPh et
dans cette identité on peut passer à la limite pour h ~ 0 (pour un 'YI
fixe de Cc: (R n + 1 )). On s'assure en définitive que u vérifie cette
identité. La solution trouvée possède un plus grand nombre de
dérivées que celui exigé par la définition de la solution distribution-
nelle de L 2 • Pour construire des solutions correspondant à des fonc-
tions /, <p et 'tP moins régulières, il faut établir des inégalités qui
estiment une norme convenable de la solution en fonction des nor-
mes des éspaces contenant t, <P et 'tP. Au lieu de ces inégalités, on
se propose de prouver le théorème d'unicité du problème (236), (232)
dans la cla$se des solutions distributionnelles de L 2 à l'aide de la méthode
de Holmgren.
Soient u' et u" deux solutions de ce problème. Leur différence v
appartient à L 2 , lac (R~+l) et vérifie l'identité

J1 UDf) dxdt = 0 (237)


R:+
pour tout 1') ECo (R n +1). Considérons la bande
II = {(x, t): x ERn, t El 0, Tf}
12-01017
178 CH. 1. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

et le problème
o w=f""(x, t), W It=T=O, Wt It=T=O, (238)
en admettant que TEC': (II) *). La solution de ce problème est
donnée par la formule de Kirchhoff. C'est une fonction indéfiniment
dérivable, nulle pour t ~ T et aux points (x, t) tels que t E[- T, Tl
et 1x 1 est assez grand. En multipliant cette fonction par X(t), fonc-
tion indéfiniment dérivable, égale à 1 pour t ~ 0 et à 0 pour t ~ - T,.
on obtient une fonction ;;; lx, t) = W (x, t) X (t) de C': (Rn +1) qui
est confondue avec W (x, t) pour t ~ O. Donc, dans (237) pour 11 on.
peut prendre la fonction ;;;. En tenant compte de l'égalité Dw = 7~
on trouve
~ vT dxdt=O.
R~+l

Comme cette égalité est vraie pour toute fonction f E C': (II), on a
v == 0 dans II. T étant arbitraire, la fonction v 0 dans R~ +1.
-==
C. q. f. d.
1-2-33. Equations de type elliptique. Jusqu'ici nous n'avons étudié
le problème de Cauchy que pour des équations hyperboliques. Con-
sidérons maintenant une équation elliptique élémentaire, l'équa-
tion de Laplace de deux variables indépendantes:
U xx +u 1JU = O. (239)
On sait que toute solution de cette équation est la partie réelle-
d'une fonction analytique: j (z) = U (x, y) +
v (x, y) i (tome 111 2 ,.
[1-2]). Considérons une solution de l'équation (239) au voisinage
d'un point que l'on prendra pour origine des coordonnées. Suppo-
sons que U possède des dérivées premières et secondes continues en ce-
point et en son voisinage et écrivons la série entière de j (z) :
00

f (z) = .~ cnz n.
n=O

Cette série converge dans un disque 1 z 1 < R et de plus Cn = an +


+ bni sont des nombres complexes. En considérant la partie réelle-
des termes de la série
00

LJ (an + bni) (x +. yi)n


t (z) = n=O
*) Ce problème s'appelle problème adjoint du problème initial.
1-2-33. ~QUATIONS DE TYPE ELLIPTIQUE 179

on obtient polir u (x, y) une représentation en série suivant des poly-


nômes homogènes de (x, y):

r
00

u (x, y) = ~ {an x n - n (n2~1) X n- 2 y 2 + ... ] +


n=O

+ bn [ - nxn-1y + n (n- il (n-2) X n- 3 y 3 - - ••• ] } (240)

et cette série converge absolument pour V x 2 y2 < R. Mettons +


la série (240) sous forme d'une série double de x et y:
00

2J dpqxPyq, (241)
P. q=O

et montrons que cette série converge aussi si les valeurs réelles de


x et y sont assez voisines de O. En effet, les valeurs absolues des
termes de la série (241) sont inférieures aux termes de la série double
déduite à partir de la série
00

Li
n=O
Icn/(Ix/+ly/)n.
Or la série
00

2J
n=O
1Cn 1r n (r> 0)

converge pour r < R, d'où il résulte immédiatement que la serIe


(241) converge absolument pour 1 x 1 +
1 y 1 < R. En regroupant
les termes de la série (241), on obtient la série (240), autrement dit,
la somme de la série (241) est égale à u (x, y). Donc, toute solution
de l'équation (239) se représente par une série entière au voisinage
de tout point (x, y), pourvu que ce dernier ne soit pas un point de
discontinuité, en d'autres termes, toute solution de 1'équation (239)
est une fonction analytique de (x, y). De là il s'ensuit aussitôt qu'une
fonction harmonique est indéfiniment dérivable et que si deux fonc-
tions harmoniques sont confondues sur une partie du plan (x, y),
elles le seront partout sur ce plan.
Signalons que la situation est complètement différente pour
l'équation hyperbolique
u yy - a 2 u xx = 0, (242)
où a est un nombre réel donné. Cette équation admet la solution
évidente (tome II, [VII-1-2l)
u = cp (x ay), + (243,
où cp est une fonction arbitraire possédant des dérivées premIeres
et secondes continues. En théorie des fonctions d'une variable réelle
j 2*
180 CH. I. THÉORIE DES ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES PARTIELLES

on démontre qu'on peut construire une fonction cp Ct) possédant des


dérivées première et seconde continues mais pas de dérivée troisième
pour aucune valeur de t. Si cp Ct) est une telle fonction, la solution
de (242) n'admettra de dérivées troisièmes pour aucun (x, y) et
par conséquent ne peut être une fonction analytique de (x, y).
On peut envisager de poser le problème de Cauchy pour l'équa-
tion (239). On peut par exemple chercher la solution de l'équation
(239) qui véri.fie les conditions initiales

ulx=o = f o (y); uxlx=o = fI (y), (244)


où fo (y) et fI (y) sont des fonctions analytiques données de y (I-1-29].
Ce problème admettra une solution bien définie au voisinage du
point x = O. Mais ce problème est mal posé en ce sens que ses solu-
tions peuvent varier fortement pour de faibles variations des condi-
tions initiales. En effet, soient

fo (y) = 0 et fI (y) = 1..


n
sin (ny), (245)

où n > 0 est un nombre donné. Il est im.médiat de vérifier que la


solution de l'équation (239) qui satisfait ces conditions initiales est:
enx_e-nx .
U =. Ln~ SIn (ny). (246)

Supposons que n -+ 00. La condition initiale fI (y) tend alors vers


{) uniformément en y, car 1 sin (ny) 1~ 1 et la solution (246) tend
vers l'infini si x :f= 0 et ny est différent d'un multiple de n. En effet,
.si par exemple x > 0, alors e-nx -+ 0 et le rapport e nx /n 2 -+ 00 pour
n -+ 00, puisque enx croît plus vite que n 2 • Donc, lorsque les con-
·ditions initiales tendent vers 0, la solution tend vers l'infini. En
·d'autres termes, la solution du problème de Cauchy pour l'équa-
tion (239) ne dépend pas continûment des conditions initiales. S'agis-
sant de l'équation hyperbolique, cette dépendance par rapport aux
-conditions initiales a toujours lieu dans un sens ou dans l'autre
(cf. [1-2-28] ;[1-2-29]).
Nous avons établi l'analyticité des solutions de l'équation de
Laplace pour le cas de deux variables indépendantes. Il en va de
même pour le cas de trois variables indépendantes:
U xx + U yy + U zz = O.
Brossons la démonstration de cette affirmation. Supposons que l'on
soit en possession d'une solution de cette équation admettant des
dérivées premières et secondes continues en 0 et en son voisinage.
La fonction u sera analytique sur une boule de centre 0 et de rayon R.
1-2-33. :eQUATIONS DE TYPE ELLIPTIQUE 181

La formule (tome II, [VII-3-6l)


u(X,y,z)=
1 \ \ R2_(X 2 +y2+ Z2)
= 4nR J J u (~, 11, ~) [(X_;)2+(Y_lJ)2+(Z_~)2]3/2 dS (247)
s
nous permet d'exprimer la valeur prise par la fonction u en un
point intérieur quelconque (x, y, z) de la boule par l'intermédiaire
de la valeur prise en un point (~, 11, ~) de la frontière S de cette
boule. Pour les x, y, z situés au voisinage de 0, on peut développer
la fonction
[(x- ~)2+ (y - 11)2 +(z _ ~)2]-3/2=
3

= R-3 [ 1 + (X2+y2+Z2)_~~X+2lJY+2~Z) ]-2


en une série entière des puissances positives de (x, y, z) à l'aide de
la formule du binôme de Newton. L'intégrant de l'intégrale (247)
sera représenté par une telle série dont les coeffiCients dépendent de
(~, 11, ~). Une intégration terme à terms de cette série sur S nous don-
nera la série entière de u (x,. y, z).
On démontre de façon analogue que les solutions de l'équation
{)2
{)x2
U
+ {)2
{)y2
U
+k u = 0
2

sont des fonctions analytiques de (x, y). Ceci fera du reste l'objet
du chapitre suivant.
Une démonstration de l'analyticité des solutions pour une vaste
classe d'équations de type elliptique èst accessible dans les travaux
de S. Ber n ste i n.
Jusqu'ici il n'a été question que des solutions classiques, c'est-à-
dire des solutions bicontinûment dérivables des équations ellipti-
ques. Penchons-nous sur les propriétés des solutions distribution-
nelles (discontinues) de ces équations. Considérons l'équation (239)
et le laplacien Ll correspondant. En appliquant à cet opérateur les
mêmes raisonnements qu'à l'opérateur 0 == L\ - ~ a t
{){)22 , (cf.

[1-2-14]; [1-2-15]) on est conduit à la conclusion suivante: l'équa-


tion (239) ne possède pas de solutions présentant des discontinuités
faibles ni non plus de solutions présentant des discontinuités fortes
et vérifiant les conditions cinématiques et dynamiques de compa-
tibilité. Cela se conçoit, car on a établi que seules les surfaces carac-
téristiques pouvaient être des surfaces de discontinuité faible et
de discontinuité forte; or les équations elliptiques n'en possèdent
pas.
On prouvera un fait plus général:
182 CH. 1. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

Thé 0 r ème. Toute solution distributionnelle de L 2 de l'équa-


tion de Laplace est classique.
Ce théorème est valable quel que soit le nombre de variables
indépendantes. Pour plus de suggestion on le prouvera pour l'équa-
tion (239). Soit u (x, y) une solution distributionnelle de l'équa-
tion (239) dans le disque ouvert D po = {(x, y): V x 2 y2 < Po}, +
autrement dit u E L 2 (D p ) pour tout p < Po et

I JuC11 dx dy= 0
D po
(248)

pour tout 11 E Cc: (D po )' Le théorème établi au (I-2-311 nous dit que
les moyennes Uh de la fonction u sont des fonctions harmoniques
(donc analytiques) approximant u lorsque h -+ 0 pour les normes de
L 2 (D p ), P < Po' Rappelons que Uh est définie sur D fH P ~ Po - h.
Utilisons la propriété suivante des fonctions harmoniques:

Uh (x, y) = n~2 J~ Uh (x', y') dx' dy', (249)


Be(x, y)

où Be (x, y) est un disque de centre (x, y) et de rayon 8, contenu


dans D po - h ' Montrons que la famille de fonctions {Uh}, 0 <h~ hl
est équibornée et équicontinue dans DpI si Pl < Po - 2h l . A cet
effet utilisons l'inégalité de Cauchy-Bouniakovski et le fait que
pour h~ hl

JJ U~ (x', y') dx' dy' ~ JJ u 2 (x', y') dx' dy' e:: C~l + 2h l
D pl +h 1 DpI +2hl

(cf. (222». On obtient


. 1 ((" (" ')d' d ,)1/2 cpI+2hl (250)
1Uh (x, y) 1~ Y n hl JJ
2 ('
Uh X ,y x Y ::::::::: lm hl
Bhl(X, y)

pour tout (x, y) EDpl et h~hl' Par ailleurs, pour tous (x, y) et
(';;, y)
de DpI et h~hl' on a

1 Uh (x, y) - Uh (;, y) 1~ n~f JJ


,....,
1 Uh (x', y') 1 dx' dy' ~
D

~ n~f (J J
,....,
1 Uh (x', y') 1
2
dx' dy') 1
/
2 1 E 11/2~
D
1-2-33. EQUATIONS DE TYPE ELLIPTIQUE. 183

~Ù D= (B hl (x, y) U B hl (;, Y) '" (B hl (x, y) nB y» est la dif-


hl (;,
'" '"'"
férence symétrique des disques B hl (x, y) et B hl (x, y), 1 D 1 l'aire
de D et d= V(X_;)2+(y_y)2 . Les inégalités (250) et (251)
·expriment que les fonctions {Uh (x, y)} sont équibornées
,et équicontinues dans le disque DpI" Donc la fonction
limite, soit U (x, y), sera continue dans D p1 • Pour prouver qu'elle
est harmonique, on se servira de la formule de Poisson (formule
(25) du (tome II, [VII-3-4l) pour les fonctions Uh, h ~ hl et
pour un disque quelconque Be (x, y) contenu dans D p1 • Dans cette
formule, on peut passer à la limite pour h -+ 0 et s'assurer qu'elle
est valable pour la fonction u. Or on a prouvé au (tome II, [VII-3-51)
qu'il s'ensuit de là que U est harmonique dans Be (x, y). C. q. f. d.
On vient donc de prouver que toutes les solutions distribution-
nelles de la classe L 2 de l'équation L\u = 0 sont des solutions clas-
siques, c'est-à-dire d'ordinaires fonctions harmoniques. Au con-
traire, l'ensemble des solutions distributionnelles de l'équation
~u =f (252)

.est hien plus riche. On sait que si 1 est


indéfiniment dérivable, la
solution de l'équation (252) est donnée par le potentiel newtonien.
Pour le cas de trois variables, cette fonction s'écrit

U(X,y,Z)=-4~ ~\)/(X";,,Z')dx'dY'dz" (253)


b

où r == V (x - X')2 + (y - y')2 +
(z - Z')2. Si f est continûment
dérivable dans l'adhérence D du domaine bornée D, alors la fonc-
tion (253) possède des dérivées premières et secondes continues
dÇ\ns D et vérifie l'équation (252) dans D. Il existe au contraire des
fonctions continues f pour lesquelles la fonction (253) ne possède
pas de dérivées secondes continues, par conséquent, n'est pas une
solution classique de l'équation (252). Montrons que la fonction u
est une solution distributionnelle de L 2 de l'équation (252) pour toute
fonction f continue dans D. Pour cela il faut prouver que u E L 2 (D'),
D' c n et que pour tout 'riE C~ (D)

(254)

Sous les conditions imposées à l, la fonction u est continue et con-


tinûment dérivable dans IJ, donc elle appartient visiblement à
184 CH. 1. TimORlE DES ~QUATIONS AUX DOIV~ES PARTIELLES

L 2 (D). Pour vérifier (254) considérons les fonctions


u (x y z) = __1_ \ \ \ h(x ' , y', l') dx' dy' dz' (255)
(h) , , 4n J "J r '
D
OÙ sont les fonctions moyennes de f (tome IV l' [III-2l) prolongée
fh
par 0 en dehors deD. Les fonctions U(h) et fh vérifient l'identité (254)

1.\ )D
U(h) â'r) dx dy dz = 111 !h
D
'YI dx dy dz. (256)

Lorsque h -+ 0, les fonctions fh convergent vers f pour la norme de


L 2 (D) ét convergent uniformément dans tout domaine D'intérieur
à D. Il s'ensuit que U(h) convergent uniformément vers u dans tout
dOl:naine D'. On peut donc passer à la limite dans (256) pour h -+ 0
(et T) E C': (D) fixe) et s'assurer que (254) est vraie pour U,. La rela-
tion (254) est également vraie pour toute fonction f E L 2 (D). Bien
plus, si f E L 2 (D), les solutions u (x) de l'équation (252) possèdent
des dérivées distributionnelles premières et secondes par rapport à
:cet sont solutions presque partout de cette équation. Nous prou-
verons ceci au [11-2-55] directement pour des équations elliptiques
gél).érales. Signalons que le théorème que nous venons de prouver
dans ce numéro est valable pour l'équation de la chaleur, autrement
dit, les solutions distributionnelles d.e L 2 de l'équation de la cha~
leur sans second membre sont classiques. Une démonstration de cette
assertion figure dans l'ouvrage ·de S. S 0 bol ev: Equations de
physique mathématique. M., Gostekhizdat, 1950 (en' russe). Le lecteur
n'éprouvera aucune difficulté à l'effectuer seul.

1-3. Systèmes d'équations


1-3-1. Caractéristiques de systèmes d'équations. On passe mainte-
nant à l'étude des systèmes d'équations aux dérivées partielles.
Dans le cas analytique, le problème de l'existence et de l'unicité
de la solution du problème de Cauchy a été examiné au (1-1-28].
Dans le cas non analytique, ce problème est bien plus compliqué
que pour une seule équation. Des résultats assez généraux ont été
obtenus dans cette voie par I. P é t r 0 v ski dans ses travaux
Sur le problème de Cauchy pour les systèmes d'équations aux dérivées
partielles (Matem. sb., 1937, 2, nO 5) et Sur le problème de Cauchy
pour les systèmes d'équations linéaires aux dérivées partielles dans le
domaine des fonctions non analytiques (Bul. MGU, 1938). Certains
des résultats sont développés dans l'ouvrage: I. P é t r 0 v ski,.
Leçons sur les équations aux dérivées partielles. M., Fizmatguiz, 1961
(en russe). Dans cet ouvrage on trouvera une bibliographie et un
sommaire de résultats relatifs à cette question.
1-3-1. CARACTSRISTIQUES DE SYS'n::MES D'~QUATIONS f85

On 'se contentera de peu sur les systèmes d'équations et on com-


mencera par développer la théorie, des caractéristiques et le problème-
des solutions discontinues rattaché à cette théorie. Notre exposé-
de la théorie des discontinuités faibles suit l'ouvrage de T. Lev i -
C i vit a, Caractéristiques des systèmes différentiels et propagation',
des ondes. Paris, Alcan, 1932.
Soit le système

(i=1, 2, ... , m).

Ce système étant du premier ordre, les conditions initiales se tra-


duisent par la donnée des valeurs initiales des fonctions Us (Xl' •••
. . . , x n ) sur une surface bien définie de l'espace (Xl' . . . , X n ). Sup-
posons que la surface support de ces conditions initiales est le plan
Xl = 0, c'est-à-dire que nous avons affaire à des conditions initiales
spéciales, :
(j=1, ... , m). (2),

Ces conditions nous permettent de calculer sur le plan Xl = 0 toutes.


les dérivées premières à l'exception de ~Uj • Si, après la substi-
VXl
tution Xl = 0 et des autres conditions initiales (2), le système (1}
est soluble en ~Uj ,on obtient les valeurs de toutes les dérivées·
vXl ,
premières sur Xl = O. Dans le cas contraire le plan Xl = 0 sera ap-
pelé plan caractéristique. D'une façon générale, on dit qu'une surface·
001 (X!' • • • , x n ) = 0 (3)-
supportant des conditions initiales est caractéristique si ces condi-
tions, combinées au système (1), ne permettent pàs de déterminer-
de façon unique toutes les dérivées premières. Si les coefficients·
aiJ> ne dépendent que de X S , la connaissance dès valeurs initiales.
des fonctions Uj sur la surface (3) importe peu. Pour établir les con-
ditions que doit remplir la surface caractéristique (3), introduisons
comme au (1-2-11] les nouvelles variables indépendantes xi en
posant
(4,

où les n - 1 fonctions 00 2' • • • , OO n ont été choisies de telle sort6'


que le système (4) soit soluble en Xk. On a les formules suivantes:
-186 CH. 1. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D:mRIV~ES PARTIELLES

En portant ces expressions dans le système (1) et en ne retenant


~ue les termes qui contiennent les dérivées aU! ,on obtient
aX i
m n
~ ~ aOh au]
LJ Li

(If)
ai} -a-
Xk
-a
Xl
+ ... = 0
1 (i=1, ... , m).
}=1 k=1
Dans les nouvelles variables nous avons affaire à des conditions
initiales spéciales supportées par le plan x~ = O. Ce plan sera carac-
téristique si le système (11) ne permet pas de déterminer les dérivées
- aau! de façon unique, c'est-à-dire si le déterminant formé avec
Xl

les coefficients en aau!


Xi
est nul. Si, pour simplifier l'écriture, on
.pose
n
~ (k) aUl I
wij = LJ aii -;)-, (5)
oXk
k=1
·on obtient l'équation du premier ordre suivante qui doit être véri-
fiée par toute surface caractéristique du système (1):
Wu, W 12 , · . ., W 1m

w2l , W 22 , · .. , W 2m
=0. (6)
IWijl = .. .
Wm!, W m2 , · .. , W mm

, aUll
'Cette equation du premier ordre est de degré ln en les dérivées aXk •
Elle est identique à l'équation (53) du [1-2-11].
L'équation (6) doit être satisfaite en vertu de (3). Si l'on exige
-qu'elle soit vérifiée identiquement, c'est-à-dire si on la traite comme
une équation ordinaire du premier ordre pour la fonction wl (Xl' •••
. . . , x n ), alors on obtiendra une famille W 1 (Xl' • . . , X n ) = C de
.surfaces caractéristiques du système (1). On démontre (cf. 1-1-3)
que toute surface caractéristique peut être incluse dans une telle
famille.
Si la fonction W 1 (Xl' . • • , X n ) est telle que le premier membre
·-de l'équation (6) est différent de 0 sur la surface W l = 0, alors en
-effectuant le changement de variables (4), on peut résoudre le systè-
me (11) par rapport à -a
~ .
au·
Xi

Si dans le premier membre de l' équation (6) on remplace aaUll


Xk
par a'0 on obtient une équation de degré m pour les composantes du
vecteur (al' ... , an), qui définit en chaque point les directions
.caractéristiques de la normale. La direction de la normale est carac-
4éristique en tout point d'une surface caractéristique.
1-3-1. CARACT:eRISTIQUES DE SYSTÈMES D':eQUATIONS 187

On peut d-e la même façon considérer le système d'équations du


second ordre
m n
kl f)2 Uj
""
L.I "",
Lj ai} --~--:-~-
VXk VXl
+ ... = 0, (7)
i=1 k, l=1

en admettant comme toujours que a~'!-


tJ
= a~J.l.
l
Si l'on a affaire à des
conditions initiales spéciales supportées par l'hyperplan Xl = 0:
Uj IXl=O = fP j (x 2 , ••• , x n );

~Uj 1Xl=O -'i'j (x 2 ,


vX l
••• , xn ) (j= 1, ... , m),

on sait que toutes les dérivées premières et toutes les dérivées secon-
des, hormis ~ui , peuvent être déterminées sur Xl = O. En
Xl
portant les conditions initiales dans les coefficients du système et
en égalant à zéro le déterminant formé avec les coefficients en f);U!
Xl
on obtient la condition que doit remplir l'hyperplan Xl = 0 pour
être caractéristique. Dans le cas général, les fonctions et leurs dé-
rivées premières sont données sur la surface (3) et l'on doit chercher
la condition sous laquelle le système (7) combiné aux conditions
initiales ne permet pas de définir de façon unique les dérivées secon-
des. Considérons de nouveau le changement de variables (4). On a
les formules:

En portant ces expressions dans (7) et en ne retenant que les termes


f)2 u .
contenant f) ,~ ,on obtient le système
Xl

Dans les nouvelles variables, les conditions initiales sont supportées


par le plan x~ = 0 et l'on doit écrire la condition d'indétermination
de ce système. En posant
n

(8)
188 CH. I. THeORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

on peut mettre cette condition SOUS la forme


, , ,
0011 0012 ... , OOlm
, , ,
Iooijl = 0021 0022 .. . , OO2m
..... =0. (9)
, , ,
OOm1 OOm2 ... , OOmm

Le premier membre de cette équation du premier ordre est un poly-


Ah
nome '"
omogene d e d egre' 2m en 1es d'"
erlvees -;l-.
oro1
UXh
Revenons aux systèmes du premier ordre. Si dans (6) on subs-
titue ah à ~ro1 , on obtient l 'équa tion
UXh

<1> (al' •.. , an) = 0, (10)


où <1> est un polynôme homogène de degré menaI' ... , an et dont.
les coefficients dépendent de (Xl' ... , X n ). On dit que le système (1)
est elliptique dans un domaine D de l'espace (Xl' ... , x n ) si le pre-
mier membre de l'équation (10) ne s'annule que pour al = a 2 = . . .
. .. = an == O. On définit de façon analogue un système (7) ellip-
tique. Les systèmes hyperboliques sont différents. Mais nous revieu-
drons sur cette question dans le cas de deux variables indépendan-
tes. On dit que le système (1) est paraboliquement dégénéré en un point
(Xl' ... , x n ) ou dans un domaine D si en ce point ou dans ce do-
maine .on peut, par un changement linéaire ~déquat des variables
as, réduire le nombre de variables du polynôme homogène <1> (al' ...
. , an)'
Si les coefficients a~') du système (1) contiennent les fonctions
Uj (c'est-à-dire que le système est quasi linéaire), alors en substi-
tuant des fonctions quelconques Uj supportées par. une surface 00 1 = 0
dans ces coefficients, on peut composer l'équation (6) et dire si
la surface w 1 = 0 est caractéristique ou non. Ceci vaut aussi pour le
système (7) si les coefficients a~J dépendent des fonctions U j et de
leurs dérivées partielles premières (cf. U-2-1l). A noter que le systè-
me (7) peut être ramené à un système d'équations du premier ordre
par l'introduction des mn fonctions
ou j
-aXh
- --wik
j _1,
( k-1,
,
, n
m).
En faisant le changement (10 1) dans les équations (7), on obtient
m équations du premier ordre par rapport à (m +
mn) fonctions,
Uj et Wjh' A ces équations s'ajouteront encore les mn équations (101).

1-3-2. Conditions cinématiques de compatibilité. Pour la suite


de l'exposé on aura besoin d'un lemme sur la dérivabilité des fonc-
1-3-2. CONDITIONS CINeMATIQUES DE COMPATIBILIT~ 189

tions sur une" surface. Pour plus de suggestion, on prouvera ce lem-


me pour le cas de trois variables indépendantes.
Soit f (Xl' X 2, Xs) une fonction continue d'un côté et sur une
-surface S:
'1' (Xl' X 2, Xs) = o.
'Supposons encore que les dérivées partielles premières de f sont
.aussi continues de ce côté de S et prennent des valeurs frontières f Xi
bien définies sur S. Si une courbe l d'équation Xi = Xi (t) (i =
= 1, 2, 3), où Xi lt) possèdent des dérivées continues, est donnée
du même côté de S, alors la fonction f est une fonction de t le long
de l et l'on a
3

:~ = ~ fXhXk (t). (11)


h=1

Lem m e. La formule (11) a lieu si l est située sur S.


On peut admettre que la courbe l est assez petite. Soient NI et N 2
ses extrémités et N le point courant de l. Menons par N une paral-
lèle à la normale nI à S en NI vers le côté où f est définie, et portons
sur chacune de ces parallèles un segment N N' de longueur ô. Oil admet
que les extrémités N' de ces segments forment une courbe l' sans
points doubles contenue dans le domaine de définition de f. Si =
= Xi (t) + Ô cos (nI' Xi). Appliquons la formule (11) le long de l' :
3

~~ Il' = ~ fXk (§1' S2' S3) Xk (t).


k=1

Intégrons les deux membres par rapport à t entre la valeur t = t i


correspondant au po int N 1 et t:
t 3

f(t)ll'-f(tl)ll'=) ~ fXkœl' 62' 63)Xk (t) dt,


tl h=1

où f (t l ) et f (t) sont les valeurs de f aux points de l' correspondant


aux t indiqués. Par hypothèse, f et f Xh sont continues sur S, donc
l'intégrant du second membre est une fonction uniformément con-
tinue du paramètre ô. En passant à la limite pour Ô -+ 0 dans la
dernière formule, on obtient
t 3
1 (t) -- f (t l ) = ) ~ fXk [Xl (t), X 2 (t), X s (t)] Xk (t) dt,
tl k=1

où au premier membre figurent les valeurs de f sur l. Une dériva-


tion des deux membres par rapport à t nous donne la formule (11).
190 CH. 1. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV:E:ES PARTIELLES

Ce lemme nous sera utile dans ce numéro et dans le chapitre sui-


vant.-
Passons au cas d'un nombre quelconque de variables et supposons
maintenant qu'une fonction f (Xl' ••. , x n ) reste continue en tra-
versant une surface S:
'P (Xl' ••• , X n ) = 0, (12)
et que ses dérivées partielles premières possèdent des limites bien
définies de chaque côté de S, mais que ces limites sont différentes~
autrement dit, les dérivées premières de f présentent une discon-
tinuité de première espèce sur la surface (12). Chaque côté de la
surface sera doté d'un signe. Les limites seront affectées du signe
« + » ou « - » selon qu'elles auront été obtenues du côté positif
ou négatif. Ainsi la condition de continuité de f à la traversée de S
sera notée f+ = f-. Introduisons le saut des dérivées partielles pre-
mières:
[fxh] = t~h - f~k·
Les quantités f+ et f- sont par hypothèse confondues le long de tout~
courbe l située sur la surface (12). En appliquant le lemme on ob-
tient donc
n n
2J
h=l
f~k dXh = 2J
k=l
f;k dXk (sur S). (13}

Les variables Xh ne sont pas indépendantes sur la surface S. Si, par


exemple, l'équation de la surface est donnée sous forme explicite~
l'une des variables sera fonction des autres, et seules ces dernières
seront traitées comme des variables indépendantes.
La formule précédente peut encore s'écrire
n

2J
h=l
[f Xh] dXh = O.
On a d'autre part
n
2J
k=l
1Pxk dX h = O.
Multiplions cette relation par un facteur h, inconnu pour l'instant,.
et soustrayons de la formule précédente:
n
2J Hf Xh] -
h=l
h'Pxh} dX k = o.
Définissons maintenant le facteur h de manière que le coefficient en
la différentielle de la variable dépendante soit nul. Les autres coef-
ficients en les différentielles des variables indépendantes seront
visiblement nuls (tome l, (V-2-7l) et l'on obtient ainsi les n égali-
1-3-3. CONDITIONS DYNAMIQUES DE COMPATIBILITÉ tg!

tés suivantes: .
(14}
autrement dit, les sauts des dérivées partielles premières doivent être-
proportionnels aux dérivées partielles de (12) par rapport aux variables
correspondantes. Ces conditions s'appellent conditions cinématiques-
de compatibilité.
Traitons maintenant le cas où la fonction f et ses dérivées pre-
mières restent continues à la traversée de la surface (12) tandis que
ses dérivées secondes présentent une discontinuité. Les raisonnements'.
précédents s'appliquent alors à chaque fonction f Xk' Chaque fonc-
tion f Xk figurera avec son propre coefficient de proportionnalité
h k dans les conditions cinématiques de compatibilité et le saut
de la dérivée de f Xk par rapport à Xl doit être proportionnel à 1PxZ"
autrement dit, on aura les égalités suivantes pour les sauts des:·
dérivées secondes:
[!XkXl] = .f~kxl- f~l{xl = h k 1Px['

La dérivation ne dépendant pas de l'ordre dans lequel elle est


effectuée tant du côté positif que négatif de S, on a h k 1Pxl = h l 1P x l"
• e. ~
1. hl{ = ~.
hl E n d' autres t ermes, 1e rapport h k·. 11,
't'Xk ne d olt .
't'xk 't'Xl
pas dépendre de l'indice k. En posant h k : 1P x k = h, on ramène la'
dernière formule à la forme
[f XhXl] = h1Pxk 1Pxz· (15)
Ces formules traduisent les conditions cinématiques de compatibi--
lité dans le cas d'une discontinuité de seconde espèce, c'est-à-dire·
des dérivées partielles secondes.
1-3-3. Conditions dynamiques de compatibilité. Revenons au sys-
tème d'équations du premier ordre (1) et supposons que la surface·
(3) est caractéristique pour ce système et qu'une solution u présente·
une faible discon tinuité sur cette surface, c'est-à-dire que u est
continue sur cette surface et seules ses dérivées premières y sont
discontinues. Soient u + et u - les solutions continues respectives,
du côté « +>} et du côté « - >}, confondues avec u. Ecrivons le
système (1) pour u + et u -. Faisons la différence de ces équations
sur la surface (3). Les termes Q:>i seront continus à la traversée de
cette surface et disparaîtront lors de la soustraction. Nous serons:
donc conduits aux m équations suivantes que doivent vérifier les-
sauts des dérivées partielles premières:

(16).
192 CH. 1; '1'H:mORIE DES :mQUATIONS AUX DBRrvoS PARTm.x,p,s

-Pour établir ces conditions on s'est essentiellement servi du système


~1) qui décrit généralement un processus physique; les conditions
-obtenues s'appellent conditions dynamiques de compatibilité. Chaque
Jonction Uj figure avec son propre coefficient de proportionnalité
.h j dans les conditions cinématiques de compatibilité (14):
{ju j
[ -{j-
J= hj
{jw l
-{j- (j = 1, 2, ... , m). (17)
Xh Xl>..

En portant ces expressions dans les conditions (16) et en tenant


~ompte de la notation (5), on obtient m équations du premier degré
.sans second membre pour les coefficients h j :
m
1J
1=1
wijhj=O (i=1, 2, ... , m). (18)

ne l'équation de la surface caractéristique (6) il s'ensuit immédiate-


ment que le déterminant de ce système est nul et par suite ce système
possède une solution non triviale. Dans le cas général, lorsque le
œang de la matrice du système (18) est égal à m - 1, la solution
:générale de ce système se définit à un facteur multiplicatif près
.dont l'influence sur la nature de la discontinuité est insignifiante.
Passons maintenant à l'étude du système d'équations du second
«)rdre (7). Dans ce cas, la solution qui présèntera une discontinuité
laible sera une solution dans laquelle la fonction U et ses dérivées
premières sont continues. Comme plus haut, on obtient les condi-
tions dynamiques de compatibilité suivantes pour les sauts des
.dérivées secondes:

(19)

"Chaque fonction Uj figurera avec son propre coefficient de propor-


tionnalité h j dans les conditions cinématiques de compatibilité:
{j2U j ] _ h {jw l {jw 1
[ -{j~X-h~{j-xl- - j {j Xh {j x l · (20)
En portant ces expressions dans les conditions (19) et en se servant
-de la notation (8), on obtient de nouveau un système d'équations
sans seconds membres en hj, dont le déterminant est nul en vertu
~e (9):
m

i=1
2J Wiihj = O. (21)
1-3-4. Equations de l'hydrodynamique. Appliquons la théorie des caracté-
ristiques aux équations de l'hydrodynamique. Désignons par (ul' U 2 , us) les
-eomposantes du vecteur vitesse, par p, la pression, par p, la densité et par Ir,
1-3-4. ~QUATIONS DE L'HYDRODYNAMIQUE 193

fI, fs, les composantes de la force extérieure rapportée à l'unité de masse. Les
variables indépendantes seront le temps t et les coordonnées spatiales Xl' X2' Xs.
On aura trois équations d'Euler:

(i=1, 2, 3),

et l'équation de continuité (tome II, [IV-2-8])


3 3
-,-+
op
ot
~ op
-Uk+P
oXk
~ --=0.
ÔUk
ôXk
k=l k=l

On admettra que le liquide est compressible et que l'équation d'état est une rela-
tion liant la pression et la densité p = p (p), où p (p) est une fonction donnée.
On aura en définitive quatre équations du premier ordre pour les fonctions Uit
U2' Us, P des variables indépendantes Xl' X 2 , Xs, t:

(i=1, 2, 3),

3 3

P LJ
~ ÔUk
Ô:Pk
+!.f!-+
ôt
~ !E.... u =0.
LJ ÔXk k
k=l k=l

Les quantités OOi) définies par les formules (5) seront de la forme:

(i=1, 2, 3, 4),

1
dp Ô00 1 •
00' - - - - -
l4 - P dp
ÔXi t (i =1= 4),

où 001 désigne comme toujours le premier membre de l'équation de la surface


caractéristique
001 (XH X2' XS t t) = O. (22)

Comme plus haut désignons par g2 la somme

( ~)2
ôXk •

13-01017
194 CH. J. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D~RJV~ES PARTIELLES

L'équation de premier ordre (6) que doit vérifier la surface caractéristique (22)
sera de la forme: .
1 dp ôro t
o o
"P""d'P ôX1
dro t 1 dp ôro t
o ·0
dt p d'P ôX 2
=0
dro t 1 dp ôro t
o o
dt p ëiP ôXa
ôro t ôro t ôro t dro 1
p àX1 P ôX 2 p ôXa --cu-
(
drot
dt
= ôro t
àt
+ oro t
ÔXt
U
1
+ ÔX
ôro t u
2
+ oro t u )
ÔXa 3 •
2

Développons ce déterminant:

( ~~1 ) 2[ ( d;/ )2 _ g2 :~ = O. J (23)

La vitesse P de propagation de la surface (22) dans le sens normal à celle-ci est


donnée par la formule (75) du [1-2-14]. La surface (22) traversera à chaque instant
des particules liquides. Soit un la composante de la vitesse d'une particule liqui-
de située sur la surface, portée par la normale à cette surface au point considéré.
Comme oro 1 : g sont les cosinus directeurs de la normale en question (du côté-
ÔXk
des roI > 0), on a
3
Un =.i- ~ UA ôrot
g LJ àXk·
k=1

La différence P - Un qui exprime la vitesse de propagation de la surface par


rapport aux particules liquides s'appelle généralement vitesse de propagation de
l'onde. Pour cette vitesse on a l'expression suivante:
3
V = P - un = _.!g ôrot _ -!. ~ .Uk ôro 1
. ot g LJ ÔXk
k=1
ou
(24)

L'équation différentielle des surfaces caractéristiques . (23) équivaut aux deux.


équations suivantes:
V2 = O·, f ll2= dp
, 'dp·
(25)

La première équation décrit le cas d'une discontinuité stationnaire, donc dans


la suite on n'étudiera que la deuxième. La vitesse II définie par la formule (25}
est la vitesse du son:
. ll=,i,d p (26)
V ·dp·
1-3-4. ~QUAT10NS DE L'HYDRODYNAMIQUE 195

Etablissons' maintenant la nature de la discontinuité en se servant des con~


ditions cinématiques et dynamiques de compatibilité. Désignons par h k les
coefficients de discontinuité figurant avec les fonctions Uk dans la formule (17).
par r, celui de la fonction p. Les équations (18) s'écrivclll ici
dro t hk' +..!..
dp ôro t r=O (k = 1, 2, 3)
dt P dp ÔXk

ou, compte tenu de (24) et de (25),


1 V ôro
-ghk+- - t r=O,
P ôXk
autrement dit
(27}

où cos a.k sont les cosinus directeurs de la normale à la surface de discontinuité.


On interprétera (ht , h 2 , ha) comme les composantes d'un vecteur h (le vecteur
de discontinuité des dérivées de la vitesse). Les formules précédentes peuvent
être mises sous la forme vectorielle suivante:
rV
h= -
p n,

où n est le vecteur unitaire de la normale à la surface de discontinuité. On voit


donc que le vecteur de discontinuité des dérivées de la vitesse est dirigé suivant la
normale à la surface de discontinuité (onde longitudinale).
Les composantes du vecteur accélération Wi s'expriment à l'aide des formu-
les:
3
ôU·
W"= _
Z
_
l
ôt
+ ~ __
ôU·
ÔXk
Z Uk (i= 1,2, 3)
k=1

et sont affectées d'une discontinuité à la traversée de la surface. Supposons qu'il


y ait repos d'un côté de la surface. La vitesse étant continue, ses valeurs limites
sur la surface sont nulles que l'on se rapproche d'un côté ou de l'autre de cette
surface, quant à ses dérivées, elles prendront sur la surface des valeurs égales
au saut puisqu'avant d'atteindre la surface elles étaient nulles du côté du repos.
Il en va de même des composantes de l'accélération. Le saut de ces composantes
est défini, en vertu de (27) et (24), par l'égalité
3
[wi] = hi -+
ôrot
ôt
~ oro t
htUk - -
ôXk
= dro t
hi - =
dt
rgV2
---.;;-- c os a. i ,
P
k=1

ou sous la forme vectorielle:


[w] =- rgV2 n.
p
Cette formule nous donnera l'accélération sur la surface de discontinuité sous la
condition de.repos. . .
Considérons maintenant le cas stationnaire où les fonctions Uk et p ne dé-
°
pendent pas de t. En admettant que rot' ne dépend pas non plus du temps, on
aura P = et V = -un' Supposons que la vitesse du liqui e est inférieure à
celle du son (26) dans un domaine. Donc, a fortiori 1 un 1 <
' .
P et l'égalité- dVd dp
13·
i96 CH. 1. 1'H~ORIE, DES' ~QUATIONS AUX. D:eRIV~ES PARTIELLES

v =";-un est impossible. On voit donc qu'aux vitesses subsoniques il ne peut


y avoir de propagation des discontinuités dans le cas stationnaire.
1-3-5. Equations de la théorie de l'élasticité. A titre d'exemple d'applica-
tion de la théorie des caractéristiques à des systèmes d'équations du second ordre,
considérons les équations de la théorie de l'élasticité dans le cas élémentaire
d'un milieu homogène isotrope. Désignons par (ul' U2' ua) les composantes du
vecteur déplacement et par Â. et f.t les constantes usuelles du milieu élastique.
Les équations fondamentales de la théorie de l'élasticité se présentent sous la
forme du système suivant de trois équations du second ordre pour les fonctions
(ul, U2, us) des variables indépendantes Xl' X2, XS, t:
3
(1.. + f.t) -J- ""LI
vXi
~Uk
ôXk
+ f.tL\ui - P
k=1
On a
3

ro·
, " = (Â+f.t) -
t3
l oro l
oro- --
oXi oX·
+ÔiJ [ f.t ~ (oro
--
1 )
OXk
t ) 2]
oro-
2 -p ( -
ot
] k=1

."
(l, ]=1, 2, 3) ({o,
ÔiJ = i-=l=i)
... (28)
1, l =]

L'équation (9) s'écrit après développement du déterminant:

En vertu de la formule (75) du (1-2-14], cette équation nous donne les deux
vitesses éventuelles suivantes de propagation de la surface de discontinuité:

Les déformations sont supposées petites dans ce cas et il n'y a pas lieu de parler
séparément de la vitesse de propagation, c'est-à-dire de la vitesse du déplace-
ment par rapport aux particules du milieu.
Etudions maintenant la nature de la discontinuité. Introduisons les coeffi-
cients de discontinuité hi des dérivées partielles secondes des fonctions Uj:

(30)

En vertu de (28), les équations (21) s'écrivent


3

[ V-g2 - P ( ôro
ôt
l ) 2] hi + + (Â. V-) ôro 1 "" Ôrol h J = 0
ôXi ~ ÔXJ
(i=1,2,3).
3=1

En tenant compte de
oWl (
-ô-- = g cos n, Xk) (k=1, 2,3),
Xh
1-3-5. ~QUATIONS DE LA TIœORIE DE L'~LAST1C1T~ 197

où n est la d-irection de la normale à ]a surface (3), on peut mettre les


équations précédentes sous la forme:
3
[J-tg 2_p ( ()~l ) 2J hi + (J" +J-t) g2 cos (n, Xi) ~ cos (n, Xj) hj=O.
i=1

Introduisons le vecteur h de composantes (h 17 hl' hs). Les équations


précédentes deviennent:

[J-tg 2- p ( ()':tl J
) 2 hi + (À. + J-t) g2 cos (n, Xi) h n = 0,

où h n est le projeté du vecteur h sur la normale n à la surface ~3), ou sous


la forme vectorielle

(31)

où n est le vecteur unitaire de la normale à la surface (3). Si la vitesse de pro-


pagation est P~, alors le coefficient en h sera nul et l'on doit avoir h n = 0,
autrement dit, le vecteur h doit être situé dans le plan tangent à la surface (3)
(onde transversale). Si la vitesse est Pl' il s'ensuit immédiatement de (31) que h
ne diffère de n que par un facteur numérique, c'est-à-dire que h doit être dirigé
suivant la normale à la surface (3) (onde longitudinale). Signalons encore que le
facteur qui donne la vitesse de l'onde transversale figure par son carré dans
l'équation (29). Cette circonstance sera expliquée dans le numéro suivant qui
sera consacré aux équations de la théorie de l'élasticité pour un milieu aniso-
trope.
Voyons la signification mécanique du vecteur h. Supposons qu'il ait repos
d'un côté de la surface de faible discontinuité S: roi (Xl' x2' xs, t) = 0, c'est-à-
dire que les fonctions Uj (j = 1, 2, 3) sont nulles. Ces fonctions et leurs dérivées
premières seront également nulles aux points de S. Du côté où il y a mouve-
ment les dérivées secondes de Uj seront~définiessur S par;les formules (30), puisque
de l'autre côté de la surface ces dérivées sont identiquement nulles, c'est-à-dire
que

(on admet que Xo = t). Prenons pour origine des coordonnées de l'espace
(xo' Xl' X 2 ' Xs) un point quelconque M de S. Développons Uj en série de Mac-
laurin au voisinage de M jusqu'aux termes du second degré. En tenant compte
des formules précédentes et du fait que Uj et ses dérivées partielles premières
s'annulent en M, on obtient l'égalité approchée
h.
-+ ~
3

Uj ~ (~::) 0 ( ~:~ ) 0 xixh,


i, k=O

l'indice 0 indiquant que les dérivées sont prises au point M.


Comme roI = 0 en M, on obtient le développement de Maclaurin limité aux
termes du premier degré suivant:
3

roi ~ ~ (~:; ) 0 Xi,


i=l
198 CH. 1. TH-eORIE' I>ES -eQl1ATIO-NS AUX D-enIV~ES PARTIELLES

et la formule précédente peut être mise sous la forme

u ~ ~ (ù~ (xQ, Xlt X 2 ' xs).

Cette égalité approchée pour le vecteur déplacement u sera valable au voisinage


de la surface de discontinuité du côté où il y a mouvement.
1-3-6. Corps élastique anisotrope. Introduisons les composantes du tenseur
déformation en modifiant légèrement les notations du (tome IVI , [11-35]):
ei = ÔUi.
ÔXi '
1'1= ôUs
ÔX 2
+ ÔU
ÔXs
2 ; 1'2= ÔU I
ÔXs
+ ÔU s ;
ÔXI Ys -
_ ÔU 2
ÔXI
+ ÔU
ÔX
I
2
(i=1, 2, 3).

Dans le cas d'un corps anisotrope à trois plans de symétrie mutuellement ortho-
gonaux, le travail des forces de déformation rapporté à l'unité de volume s'ex-
prime en fonction des composantes du tenseur déformation sous forme du poly-
nôme homogène du second degré suivant:
1
+
A = 2" (aei bB~+ cBi+2a'82 8S+ 2b'8sBI +2C'8IB2+ anyi+b"y~+c"yi),

où les coefficients a, b, .•. , c" sont des fonctions de (xl' X2' XS, t) ou des cons-
tantes en milieu homogène. En présence d'une force d'inertie, les équations du
(tome IVI , [11-35]) deviennent:


ÔX
(~)+_ô
OBI ÔX2
(~)+_Ô_(~)_
ôYs 'ÔXs ÔY2
Ôu + X
P ôt2
2
l
1-
_ 0
,
l
Ô
ôXI
(ôA)
ôYs + ôXô 2
(ôA)
ÔB 2 + ôXs
ô (ôA)
ÔYl -- P
Ô2u2
i)t2 +X 2 = 0,

_Ô(~)+_Ô_(~)+_Ô_(~)_ Ô2uS-LX_0
ÔXl ÔY2 ôX 2 ÔYl ôXs ÔEs P ôt2 1 S- •

En substituant l'expression de A, on obtient les équations suivantes:

--:--::"-+
Ô2UI
a Ôxl C
n
i)2u
ÔX~
1 + b" ô2u1
ÔX s
2 +(c' + Cil) ô 2u
ÔXl ÔX 2 T
2 L

+(b'+b") i}2 Ug
ÔXl i)xs

b• Ô2us
2
+ a"
ÔXl

En posant
(i=1, 2, 3), (32)
1-3-6. CORPS ÉLASTIQUE ANISOTROPE': '199

O()n peut mettre -les coefficients roi; sous la forme


ro~l = aPi+ c"p~ + b" p~-pp~; ro~2 = (c' + c") PIP2; ro{a = (b' +b") PIPa,
ro~l = (c' + c") PIP2; ro~2 = c"pf+ bp~ +a"p~ -PP5; ro~a = (a' + a") P2Pa,
CJ)~1 = (b' + b") PaPI; ro~2 = (a' + a") P2PS; ro~s = b"pf+a"p~+ cpl-PP5.
Il est immédiat de voir que l'équation du premier ordre (9) qui définit les
surfaces caractéristiques est confondue avec l'équation fondamentale en Â. = PP;:
-qui sert à réduire l'ellipsoïde
(api+c'pl+b"pl) ~i+(c"pi+bp~+a"p~)~~+
+ (b"pl+a"pi+cpi) ~~+2 (a' +a") P2Pst 2SS+
+2 (b' +blf) P3PI~S~1 +2 (c' +c') PIP26162=1 (33)
à ses axes de symétrie (tome 111 1 , [11-2-1], [11-2-2]). A noter qu'on peut obtenir
le premier membre de l'équation (33) à partir de l'expression de 2A en y posant
811. = PkSh; 111 = P26s +
PSS2; 112 = PaSI +
PISS; l1s = PIS2 P261, c'est
donc une forme quadratique définie positive de 68 (car A > 0) et par suite l'équa-
+
tion (33) définit bien un ellipsoïde. La résolution de l'équation en Â. nous donne
.en tout point du corps trois racines strictement positives Â. = P5, P5 étant une
fonction homogène de degré 2 par rapport à Pl' P2' Ps. Si l'on divise les deux
membres de l'équation (33) par g2, les Pk se transforment en cos a.h, où cos a.h
sont les cosinus directeurs de la normale à la surface de l'onde, et la racine p~
se transforme en P2. Donc, en chaque point on obtient trois vitesses possibles
de propagation de l'onde dans une direction fixe.
Les composantes (hl' h 2, ha) du vecteur de discontinuité se déduisent du
système d'équations sans seconds membres qui définit les directions des axes de
symétrie de l'ellipsoïde (33). Donc, si la direction est donnée, on aura en chaque
point trois vecteurs de discontinuité deux à deux orthogonaux correspondant
aux trois vitesses de propagation. Pour obtenir des ondes longitudinales et
transversales, il est nécessaire et suffisant que l'un des axes de symétrie de l'el-
lipsoïde soit dirigé suivant la normale à l'onde correspondante. Sous cette con-
dition, on aura une onde longitudinale et deux transversales. On admet que, la
direction étant fixée, l'équation cubique ci-dessus admet trois racines distinctes.
Dans le cas d'un milieu isotrope homogène, on a vu qu'une racine était double.
Les cosinus directeurs de la normale à l'onde sont proportionnels à Pl' P2' Pa
et par suite la condition nécessaire et suffisante revient à dire que pour une cer-
taine racine Â. = PP5 les quantités (hl. h 2, h~) doivent être proportionnelles à
(Pit P2' Ps), quel que soit Pk' c'est-à-dire quelle que soit la direction. En rem-
plaçant ces quantités par les quantités proportionnelles h k dans le système homo-
gène en hk , on obtient:
(api+ c"pl+ b"pl-ppi) Pl + (c' + c") PIPi+(b' +b") PIP§ =0,
(c' +c") pip2+(c"pl+bpi+a"pâ--PP5) P2+(a' +a") P2P§=Ü, (34)
{
(b' +blf) pips+(a' + a") P~P3+ (b"pi+alfp~+cpi-PP~) Ps=O.
Si l'on tient compte du fait que quel que soit le choix de Pl' P2 et Ps,
on doit obtenir à partir des équations (34) la même valeur pp~, on est conduit
aux conditions suivantes pour les coefficients du potentiel élastique A :
a = b = c = a' + 2a" = b' + 2b" = c' + 2c", (35)
d'où l'on déduit que PPi = ag~ et la vitesse de propagation des ondes longitudi-
nales est
p=".1 Il
V p'
200 CH. 1. TH~OFJ.IE DES~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

Les deux autres racines sont généralement distinctes et dépendent du choix


de la direction de l'onde, c'est-à-dire du choix de Pk' Les égalités (35) nous four-
nissent cinq conditions pour les neuf coefficients qui figurent dans l'expression
du potentiel éb.stique A.
1-3-7. Ondes électromagnétiques. Considérons les deux premières équations
de Maxwell en milieu isotrope:
crot H = ÂE + BEt , crot E = -JA-Ht , (36)
où E et H sont les champs électrique et magnétique. c, la vitesse de la lumière,
Â, le coefficient de conductibilité du milieu, B et ~, la constante diélectrique et
la perméabilité magnétique. Les vecteurs E et H sont fonctions des variables
indépendantes (xl' x~, Xa, t). En désignant leurs composantes par (el' e2' ea)
et (hl' h 2 , ha), on peut mettre l'équation (36) sous la forme

J:. ôh t + ôes _ ôe 2 =0,


c ôt iJx 2 ôXa
J:.. ôh 2 + ôel _~ ôes =0,
(37)
c ôt ôXa ôXI
J:. iJh a + ôe z _ ôet =0,
c Dt ôXI ôX z

les points de suspension remplacent des termes ne contenant pas de dérivées des
fonctions ek et h k • Nous avons affaire à un système de six équations du premier
ordre à six fonctions. Numérotons ces fonctions comme suit:
UI = el; U2 = e2; Ua = ea; U4 = hl;
= ha· u6 = hz; ua
En formant les expressions (5) et en écrivant l'équation (6), on obtient l'équation
du premier ordre suivante pour les surfaces caractéristiques:

B
-Po 0 0 0 Pa -Pz
c
B
0 -Po 0 -Pa 0 Pl
c
B
0 0 -Po P2 -Pl 0
c
=0. (38)
~
0 -Pa Pz -Po 0 0
c
~
Pa 0 -Pl 0 -Po 0
c

-P2 Pl 0 0 0 ~Po
c

Multiplions les trois premières colonnes de ce déterminant par J:c Po- Puis à la
première colonne ajoutons la cinquième multipliée par (-Pa) et la sixième
multipliée par P2; à la deuxième colonne, ajoutons la quatrième multipliée
par Pa et la sixième multipliée par (-Pl); à la troisième colonne ajoutons la
quatrième multipliée par (-P2) et 'la cinquième multipliée par Pl- En dévelop-
p ant ensuite ce déterminant suivant les éléments de la sixième, cinquième
I~3~7. ONJ)ES :eLECTROMAGN:eTIQUES 20t
et quatrième ligne, on est conduit à l'équation
9+ pf PIP2
P2PI q+ P~ =0,
PaPI PSP2

q= e~ P~_ g2. (40).
c
Le développement de ce déterminant nous amène à l'équation
q2(q+g2)=0 (g2=pi+p~+pi), (41}

on trouve que Po = °
qui se scinde en deux équations. Si l'on égale la somme entre parenthèses à zéro,.
et l'on obtient une onde stationnaire [1-2-14]. On examine-
ra ultérieurement le second cas où q = 0, c'est-à~dire lorsque
qt
c2 p2_g2=0
0 ,
(42\.r

ce qui conduit à une expression notoire de la vitesse de propagation de l'onde:


V= c
Vef-L • (43)·

Etudions maintenant la nature de la discontinuité. Désignons par (al' a 2 , as)


les coefficients de discontinuité des dérivées des composantes du champ E, par
(~l' ~2' ~s), les mêmes grandeurs relatives au champ H. Introduisons comme
toujours les vecteurs de discontinuité a (al' a 2 , as) et li (~l' ~2' ~s). On a
[EXh] = Pha,
(k=O, 1, 2, 3; X o= t). (44)-
{ [H Xh ] = Phli
Les trois premières équations (18) deviennent ici:

( ~ POal + PS~2 - P2~3 = 0,


1
+
c

~ POa 2 + PI~S - PS~l = 0, (45):

1
l cB poas + P2~1 - PI~2 = 0,

ou, en désignant par n le vecteur unitaire de la normale au front d'onde WI = 0-


dirigé dans le sens où WI > 0,
eV
- a=li X n, (46).
c

le ~econd membre représentant le produit vectoriel des vecteurs li et n. De façon·


analogue, les trois dernières équations (18) s'écrivent:
~V li= -a X n. (47)-
c
De ces équations il s'ensuit immédiatement que les vecteurs a et li sont situés
dans un plan tangent à l'onde et sont deux à deux orthogonaux.
Supposons que devant le front d'onde, c'est-à-dire dans la région où wi > 0,
le milieu soit au repos, ce qui s'exprime par la nullité de E et H. Les formules.
:202 CH. I. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV:E:ES PARTIELLES

.(44) nous donnent les valeurs des dérivées de E et H sur le front d'onde:
E Xk = -Pk a ; H Xk = -Pk~. (48)
'Considérons le développement taylorien de E et H limité aux termes contenant
!les dérivées premières au voisinage du front d'onde. Comme E et H sont nuls
:sur le front d'onde, on obtient, compte tenu de (48), les formules approchées
:suivantes:
3 3
E,.., -a 2J Pk (Xk-Xit°»; H ,.., -~ ~ Pk (Xk -xj"o»,
k=O k=O
'Où (xilO>, x~o>tx~°l, X~OI) est un point du front d'onde. En développant la
fonction û.)l en série de Taylor, on peut éc.rire, compte tenu de ce que
'ID I (x60>, x1°>, x~o>, xâo» = 0 :
3
û.)l (Xo, Xl' X 2, X3)""" 2J Pk (Xil -xk.° l ),
k=O
,et les formules précédentes deviennent (cf. [1-3-4])
E ,.., -û.)l (xo, Xb X 2 ' x3) a; H ,.., -û.)l (xo, Xl' X2' X3) p. (49)
-Ces formules approchées sont valables au voisinage de l'onde du côté qui est le
siège d'un processus électromagnétique.
Dans un milieu homogène anisotrope la quantité 8 ne doit plus être considé-
!l'ée comme un nombre, mais comme une matrice d'ordre 3. Cette quantité figure
dans la relation qui lie le vecteur déplacement électrique au vecteur E (tome II,
nV-2-12]). La quantité f.t est un nombre comme avant. Choisissons les axes de
-coordonnées de telle sorte que la matrice 8 se réduise à la forme diagonale et
soient 8 3 > 8 2 > 8 1 > 0 ses valeurs propres (tome 1111 , [II-2-1], [11-2-2]). Sous
-ces conditions, les trois premières équations (37) s'écrivent:
!.L oel + oh 2 _ oh a + ... =0,
C ot oXa OX2

~ oe 2
C 0t
+ oh
oX
a_ oh l
oXs
+ . . . =0 ,
l
8S oe s +oh l _oh 2 + ... =0,
C ot OX2 oXl
-et au lieu de l'équation (39) on obtiendra l'équation
+
ql pi PlP2 PIPa
PlP2 q2+ p~ P2PS =0, (50)
PlPS P2Pa qs + P~
-où

En posant

<on a
. __p2O_ _ g2
ql - V~ • (51)
1
1-3-7. ONDES ~LECTROMAGN~TIQUES 203

En divisant les "deux membres de ]'équation (50) par g2, on peut la mettre
:sous la forme

q2QS cos2 al + qSql cos 2"


az + qlqz cos 2 as + g21 qlqZqS = 0 . (52)

Une solution évidente de cette équation est ql = 0, cos al = O. En tenant


-compte de (51), on voit que VI
est une éventuelle vitesse de propagation de l'on-
de dans toute direction paraI èle au plan Xl = O. De façon analogue, Vz et Vs
.sont des vitesses éventuelles de propagation de l'onde dans des directions paral-
lèles aux plans X2 = 0 et Xs = O. Dans le cas général, en multipliant les deux
membres de l'équation (52) par g2 et en posant qlq2qS = qlQ2QS (cos 2 al +
+ cos 2 a 2 +
cos 2 as) on peut la mettre sous la forme (1-2-14]
3
"" cos 2 a·
V qIQ2QS.LJ V2_ J~
Z (53)
O.
i=l 1

En écartant la solution V = 0 à laquelle correspond une onde stationnaire, on


-()btient pour la détermination dè V, la direction de l'onde qui est caractérisée
par cos ah étant donnée, l'équation bicarrée
3
2
"" cos ai
LJ V2- V~ =0. (54)
i=l t

Ûn démontre exactement comme au (tome II, [V-2-9]) que cette équation possède
deux racines strictement positives.
Si l'on résout l'équation (50) ou (52) par rapport à Po, on obtient une équa-
tion de la forme
Po +
F (Pl' P2' Ps) = 0, (55)
<>ù F est une fonction homogène du premier degré. L'équation (55) ne contenant
pas Xk' le système de Cauchy pour elle nous donnera des Pk constants et les bi-
earactéristiques seront des droites d'équation

d:eh =F ph (k=1, 2, 3).

Traçons le conoïde caractéristique dont le sommet est à l'origine. Ce co-


noïde représente le front d'une onde provoquée par une source ponctuelle placée
en l'origine des coordonnées à des instants différents. Son équation est xk =
= F pk t, ou, si t = 1 :
Xk=F ph (k=1, 2, 3). (56)
La fonction Fpk étant homogène de degré zéro, les seconds membres des
équations (56) contiennent deux paramètres, en l'occurrence le rapport de deux
quantités Pl' P2' Ps à la troisième. Soient S la surface (56), P (Xl' X2' xs), un
point de S, cS, la distance de l'origine des coordonnées au plan tangent à S
en P. Si cos ai sont les cosinus directeurs de la normale à S en P, on obtient en
appliquant la formule d'Euler relative aux fonctions homogènes:

·ô=
3

~ Xi COSCli= ~
i=l
3

i=l
F pi cos Gti = ++ ~
3

i=l
piFpi= ± : =+ ~o = ± V.

En retenant pour fixer les idées le signe « +


», ce qui du reste n'affecte en rien
les raisonnements ultérieurs, on peut mettre l'équation du plan tangent à S
204 CH. 1. THBORIE DES SQUATIONS AUX DgRIV:eES PARTIELLES

sous la forme:
3
2J x cos ai- V =0. (57)
i=1

. Cette équation contient quatre paramètres: cos ai (i = 1, 2, 3) et V, qui


sont reliés par les deux relations suivantes:
3 3
2
" cos2 ai = 1 ;
~ "LJ cos
V2 _ ai
V~ 0,
~1 ~1 1

de sorte que l'équation (57) contient deux paramètres indépendants comme il se


doit. La surface S est l'enveloppe de la famille de plans à deux paramètres (57).
En menant tous les calculs à leur terme on obtient l'équation suivante de la
surface:
3
V~X~
~ V2i - (2+
"
Xl
1 1
x 2+
2 X s2) =0.
i=1
Si, par exemple VI = V 2 , alors cette quadrique dégénère en une sphère et un
ellipsoïde.
1-3-8. Discontinuités fortes en théorie de l'élasticité. Nous avons abordé
précédemment le problème des discontinuités fortes pour les solutions d'une
seule équation [1-2-15]. Etudions maintenant ce problème pour les équations
de la théorie de l'élasticité.
On se limitera au cas plan. Soient (u, v) les composantes du vecteur dépla-
cement dans le plan (x, y); X, Y, les composantes de la force volumique. En
désignant comme toujours les composantes du tenseur de contrainte par O'x'
O'y, 't XY ' on obtient les deux équations fondamentales suivantes de la théorie de
l'élasticité:
a2 u aO'x a't xy
P at'l. ---a;-- =X,
ay
(58)
a2 v a't xy aO'y
1Paï2- ax
--=Y.
ay
A ces équations il faut adjoindre une relation liant le tenseur de contrainte au
tenseur de déformation (loi de Hooke):
O'x = Â (u x + Vy) + 2Ilux;. O'y = Â (u x + + 21l Vy, 't Xy =
Il (uy+v x ). (581)
Vy)
En portant les expressions (58 1 ) dans l'équation (58), on obtient les équations
de la théorie de l'élasticité pour le vecteur déplacement 00:
a2 00
P ifi2 = (Â+ Il) grad div 00+ Il dOO + F.
Dans la suite, par (u, v) on entendra deux fonctions quelconques de (x, y, t)
possédant des dérivées premières et secondes continues. Sous cette condition,
les équations (58) nous permettront de déterminer les quantités X et Y cor-
respondant aux fonctions (u, v) envisagées. Introduisons encore deux opérateurs
linéaires contenant les dérivées premières des fonctions (u, v):
f Px(u, v)=O'xcos(n, x)+'txycos(n, y)-putcos(n, t),
(59)
t P y (u, V)=T xy cos (n, x)+O'y cos (n, Y)-PVt cos (n, t).
1-3-8. DISCONT1NU1TBS FORTES EN TH1WR1E DE L'~LAST1C1T~ 205

Considérons les deux couples de fonctions (u, v) et (u', v') et soient cr;;, crY' 't~Y'
X', Y' les quantités (58 1 ) et X, Y correspondant au couple (u', v'). On a donc
cr~ =1. (u~+v~)+2~u~; cr~=Â (u~+v;)+2~v~; 't~y=J..t (u;+u~).

En se servant de ces expressions et en appliquant la formule usuelle d'Ostro-


gradski, on obtient l'analogue suivant de la formule de Green:

-)J) (uX' +vY'-u'X -v'Y) d<=

=~~ [uPx(u', v')+vPy(u', v')-u'px{U, v)-v'Py(U, v)]dS, (60)


s
où D est comme plus haut un domaine de l'espace (x, y, t), S, la surface limi-
tant ce domaine et n la direction de la normale extérieure à S. La formule (60)
est due à Volterra. Signalons que par X, Y de même que par X', Y' on entend
les expressions du premier membre des formules (58). Dans l'établissement de
la formule (60), on suppose bien entendu que les fonctions (u, v) et (u', v')
possèdent dans D des dérivées premières et secondes continues.
Passons maintenant au cas où les dérivées premières des fonctions (u, v)
:subissent des discontinuités. Supposons que le domaine D est partagé en deux
parties Dl et D 2 par une surface cr et que les dérivées premières des fonctions
(u, v) sont affectées de discontinuités qui vérifient les conditions cinématiques
de compatibilité mentionnées au [1-2-15]. Supposons par ailleurs que les ex-
pressions (59) restent continues à la traversée de la surface cr. Dans la suite on
donnera une interprétation mécanique de ces conditions dynamiques de compa-
tibilité. De même qu'au [1-2-15] on peut affirmer que la formule (60) est valable
sur le domaine D tout entier si les fonctions (u, v) satisfont aux conditions de
discontinuité ci-dessus et (u', v') sont des fonctions quelconques possédant des
dérivées premières et secondes continues.
Voyons les conséquences qui découlent de ces conditions. Comme au
(1-2-15], on peut affirmer que les vecteurs grad u X n et grad v X n doivent
rester continus à la traversée de cr. Si l'on écrit les composantes de ces vecteurs,
on obtient six expressions qui doivent rester continues à la traversée de cr. En
leur adjoignant les expressions (59) que l'on aura transformées en y remplaçant
les composantes du tenseur de contrainte par leurs expressions (58 1 ), on obtien-
dra les huit relations suivantes qui doivent rester continues à la traversée de cr:
Ux cos (n, y) - uycos (n, x) = Ml'
u y cos (n, t) - Ut cos (n, y) = M 2'
Ut cos (n, x) - Ux cos (n, t) = M 3'
Vx cos (n, y) - v y cos (n, x) = M 4 ,
v y cos (n, t) - Vt cos (n, y) = M 5 ,

Vt cos (n, x) - Vx cos (n, t) = M 6'

(i + 2fl) Ux cos (n, x) + ~Uy cos (n, y) - pUt cos (n, t) +


+ ~vx cos (n, y) +
Âvy cos (n, x) = M 7'
Âux cos (n, y) + ~Uy cos (n, y) + ~vx cos (n, x) +
+ (Â. + 2~) Vy cos (n, y) - pUt cos (n, t) = Ms.
On traitera ces équations comme huit équations en les six dérivées premières
des fonctions u et v. Si la matrice de ce système d'équations contenait au moins
un déterminant d'ordre six non nul, alors on aurait pu exprimer toutes les six
206 CH. I. TH~ORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES
1-3-8; DISCONTINUIT:eS FORTES EN TH:eORIE DE V:eLASTICIT:e 207

être continues en N, c'est-à-dire qu'une discontinuité forte ne peut affecter que·


la composanie u du vecteur déplacement portée par la direction perpendiculaire·
à la courbe de discontinuité (discontinuité longitudinale). Donc, les conditions·
cinématiques de compatibilité et l'équation (62) étant satisfaites, pour que les·
conditions dynamiques le soient il est nécessaire et suffisant que seule la com-
posante du vecteur déplacement, normale à la courbe de discontinuité en mouve-
ment dans le plan (x, y), soit affectée d'une discontinuité forte. On pourrait.
envisager d'une façon tout à fait an"alogue l'équation '

P cos2 (n, t) - JA. [cos2 . (n, x) + cos 2 (n, y)] = 0


et établir que seule la composante du vecteur déplacement portée par la tangente
à la courbe de discontinuité peut subir une discontinuité forte.
Supposons que le champ des déplacements est potentiel: .

(u, v) = grad <p,


d'où il s'ensuit que

En choisissant les axe's de coordonnées, on s'assurera de la continuité des dérivées:


et Vx au point N. La continuité de MG résultera de celle de Vt et par suite·
uY ' v y
seule la composante du vecteur déplacement portée par la normale à la courbe-
de discontinuité pourra subir une discontinuité forte.
Supposons maintenant que le champ des déplacements est solénoïdal,.
c'est-à-dire que
Ux + vy = O.
Les dérivées uY ' vy et U x seront continues, done il en sera de même de la dérivée-
Ut en vertu de la continuité de M 3' Autrement dit, dans un champ solénoïdal
seule la composante du vecteur déplacement portée par la tangente à la courbe
de discontinuité est affectée d'une discontinuité forte.
Donnons maintenant une interprétation mécanjque de la théorie développée
ci-dessus, plus exactement, nous allons montrer que dans des cas particuliers
élémentaires, l'existence de la formule (60) traduit le fait que la loi des impul--
sions est valable également pour un volume contenant une surface de discon-
tinuité. Posons u' = 1 et v' = 0 dans la formule (60). En vertu des formules
(581), les composantes du tenseur de contrainte pour (u', v') seront nulles et la
formule (60) devient:
)S) X d't= - } } Px (u, v) d8. (66).
D S

De façon analogue, si l'on pose u' = 0 et v' = 1, on obtient la formule

J)D l y d't= - JJP


S
y (u, v) dB. (67)-

Prenons pour domaine D un cylindre dont les génératrices sont parallèles à'
l'axe des t et supposons que les bases 8 1 et 8 2 de ce cylindre sont portées par les-
plans t = t 1 et t. t 2 •. ~"upposons que ce cylindre contient une surface de discon-
tinuité <J. Sur 8 1 et 8 2 , on a cos (n, x) = cos (n, y) = O. D'autre part, cos (n, t) :::::::
= -1 sur 8 1 et cos (n, t) = +1 sur 8 2 • Sur la surface latérale, on a cos (n, t) =
= O. En désignant par 8 t la section variable du cylindre par un plan perpendicu- .
laire à ses génératrices et par lt la courbe d'intersection de ce plan avec la surface-
"208 ca:. t. TH:eORIE DES :eQUATIONS AUX D:enIV:eES PARTIELLES

latérale du cylindre, on peut mettre la formule (66) sous la forme:


t2
) [ ) ) X dx dy ] dt =
~l St

o()ù

()u

=) )
St
pUt dx dy It=t2 - 1)
St
pUt dx dylt=tl •

Le premier terme du premier membre nous donne l'impulsion des forces volu-
miques appliquées à la surface St du plan (x, y) pendant l'intervalle ftl , t 2 ].
Le deuxième terme définit l'impulsion des contraintes agissant sur le contour de
St, quant à la différence du second membre, elle représente l'accroissement de
la quantité de mouvement prise pour St, l'impulsion des contraintes et l'accrois-
:sement de la quantité de mouvement étant projetés sur l'axe des x. La formule
(67) nous donnera une relation analogue pour les projections de l'impulsion
-des contraintes et de l'accroissement de la quantité de mouvement sur l'axe
-des y. On obtient donc bien la loi de l'impulsion pour un domaine D contenant
une surface de discontinuité.
1-3-9. Caractéristiques et hautes fréquences. Il existe un lien entre les for-
mules établies dans le cadre de l'exposé de la théorie des caractéristiques pour
-des systèmes d'équations et les formules que l'on obtient en tentant de satisfaire
approximativement un système d'équations différentielles par des fonctions
d'un type spécial. Soit donné le système d'équations du second ordre:
m n
~ ~ hl 8 2 uj
:LJ LI aU OXk 8xl + ... =r0 (i=1, 2, •.. , m) (68)
1=1 k, l=1

Essayons de satisfaire ce système par des fonctions uJ de la forme


U j = X je iwlll ( ]. = 1, 2
, ... ,)
m • (69)

où Xi et <D sont des fonctions inconnues des variables indépendantes, 00, un


nombre. En portant les expressions (69) dans l'équation (68) et en ne gardant
que les termes dans lesquels 00 figure par son carré, on obtient le système d'équa-
tions suivant:
m n
.2J 2J
1=1 k, l=1
a~ X j<Dxk<D xl =0 (i ==1, 2•••• , m). (70)

On tra.itera ce système comme un système d'équations sans second membre en


Xj. Pour que ce système. admette une solution non triviale il faut que son déter-
1-3-9. CARACT~RISTIQUES ET HAUTES FReQUENCES 209

minant soit nuL Ceci nous conduit à une équation du premier ordre pour la
fonction cherchée <1>:
n
1 roiJ 1 = 0 (roiJ = 2J
k. l=t
at' <1>:x; <1>:x; ) ,
k l

équation qui est confondue avec celle des surfaces caractéristiques. En prenant
une solution quelconque de cette équation, on peut déterminer XJ à un facteur
multiplicatif près à partir du système (70). Ce système est confondu avec le systè-
me (21) qui nous a servi à déterminer les coefficients de discontinuité hj. Les
équations du système (21) n'étaient satisfaites que sur le front d'onde. Les
équations (70), elles, doivent être partout vérifiées. Ceci étant, le système (68)
n'est satisfait qu'approximativement par les fonctions (69). Dans le cas consi-
déré, <1> = const sont des surfaces d'égales phases.
Etudions plus en détail le cas d'une seule équation des ondes:
Utt = a2 (u:x;:x; + U yy + uzz) (71)
et cherchons sa solution sous forme d'une oscillation harmonique de fréquence
ro par rapport au temps t:
U = Ae!ül(t"/Il) ,
où A et <D sont des fonctions inconnues dépendant uniquement des coordonnées
(x, y, z). Tout revient à porter l'expression
v = A eicD/Il (72)
dans l'équation
(73)

On a
V:x; = (A:x; + iroA<1>:x;) eiül4P ,
(A:x;:x; + iroA <1>:x;:x; + 2iroA:x;<1>:x; -
iül4P
v:x;:x; = ro 2 A <Di) e •
On obtient des formules analogues pour les dérivées par rapport à y et à z.
En portant toutes ces expressions dans l'équation (73) et en égalant le coefficient
en ro 2 à zéro, on obtient l'équation en <1>:
+ <1>2Il +<1>2Z=...!...
<1>:x;2 a2· (74)

En égalant encore le coefficient en ro à zéro, on obtient une équation qui


contiendra l'amplitude A (x, y, z) de la solution (72):
A ~<1> +
2 (A:x;<1>:x; + A y <1>y + A z<1>z) = 0
ou
1
grad ln A.grad <1>= -2" ~<1>. (75)

On établit sans peine une relation entre l'équation (74) et l'équation des surfaces
caractéristiques. Les surfaces caractéristiques de l'équation (71) sont définies
par:
a2 [ ) )
( ~~1 2+( ~:1 2+ ( a:Z1 ) 2] = ( a~l ) 2,
en y portant ro1 = t +
<1>, on retrouve l'équation (74). En désignant par n le
vecteur unitaire de la normale en un point M à la surface <1> = const passant par
14-0t017
210 CH. I. THeORIE DES ~QUATIONS AUX D~RIV~ES PARTIELLES

ce point, on peut écrire que


grad <D = qJ (x, y, z) n,
où qJ (x, y, z) est la longueur du vecteur grad <D au point (x, y, z). L'équation
(75) devient alors
grad n ln A= - 2~ div (qJn), (7ô,
où grad n ln A est la projection de grad ln A sur la direction de n. Les é9uations
(74) et (76) doivent être satisfaites dans l'espace tout entier. Cependant l'equation
(71) n'est vérifiée qu'approximativement.
De façon analogue, si dans l'équation de Maxwell (36) on porte
E = eei CJ)C1); H = heiCJ)(J), (77)
où e et h sont des vecteurs, <D, une fonction scalaire, dépendant les uns et l'autre
de (xl' X2' XS, t), Cù, un nombre, alors on obtient en regroupant les termes en Cù:
e
<Dt - e = grad <D X h. (78)
c
Cette équation est en fait confondue avec l'équation (46) du (1-3-7]. On obtient
par le même procédé une équation analogue à l'équation (47). L'équation (78)
doit être satisfaite pas seulement sur la surface <D = const qui n'est pas une
surface de discontinuité mais une surface d'égales phases dans la solution (77).
1-3-10. Cas de deux variables indépendantes. Considérons un sys-
tème d'équations du premier ordre à deux variables indépendantes
et supposons qu'il est soluble en les dérivées partielles par rapport à
X 2 • Nous avons donc affaire à un système de la forme
m
~
aUi
-a-
X2
= L.J ai}
aUj
-a-
Xl
+ <Di (Xl' X 2 , Uj
)
(i=1, ... , m), (79)
;=1
où les ai} peuvent dépendre de X It X 2 • L'introduction des vecteurs
u et cD de composantes Ui et <Di et de la matrice A d'éléments aij
nous permet d'écrire ce système sous la forme vectorielle:
au oU
-a-=A-a-+cD(x}t
x Xl
x 2 , uJ). (80)
2

Faisons le changement
u = Bv, (81)
où B est une matrice dont le déterminant est non nul et dont les
éléments b ih dépendent de Xl' X 2 et possèdent des dérivées conti-
nues dans un domaine D du plan (Xl' x 2 ). On a
au =B.!!!.-+
.::l aXi aoB v (.~="
1 2) (82)
uXi Xi

la dérivation de la matrice B se ramenant à celle de ses éléments.


En portant (81) et (82) dans (80), on obtient l'équation en v:
B .!.!!....
oX 2
= AB -.!!!....
aXI
+ 'Y,
1-3-10. CAS DE DEUX VARIABLES INDePENDANTES 211

où qr est un vecteur dont les composantes sont des fonctions de


(Xl' X2' VJ)' Une multiplication des deux membres par B-l nous donne
l'équation transformée
!!!-=B-1AB~+
ôX ÔXI
'If.
1
(83)
2

Choisissons si possible la matrice B de telle sorte que la matrice


B -lAB soit diagonale. On sait que pour cela il faut résoudre l'équa-
tion caractéristique de la matrice A (tome 111 1 , [11-1-8]) :
1 A - Â 1 = Ot (84)
où le premier membre est le déterminant de la matrice (A - Â).
L' équation (84) s' écrit encore:
an-Â, aI2 , ••• , alm
a21 , a22 - Â, ••• , a2m
. . .. . . . . .. . . . . .
=0. (85)

Supposons qu'au voisinage d'un point (x~O), X~Ol), les coefficients


aik possèdent des dérivées cG>ntinues et ] 'équation (85) admet
des racines distinctes Âk (Xl t x 2 ) (k = 1, ... , m). La dernière
condition est essentielle pour la suite. Sous ces conditions, on
peut grâce à la méthode décrite au (tome 111 1 , [11-1-8]) construire~
dans le voisinage mentionné une matrice B jouissant des propriétés:
signalées et telle que la matrice B-lAB soit diagonale. L'équation
(83) se met alors sous la forme scalaire:
ôv· ôv·
-ôZ -
x2
Â, (Xl' X 2 ) - ô
Z
Xl
+ '1'dxu X2' Vi) = 0 (i = 1, 2, ... , m). (86)

Si les Âi (Xl' X 2) sont tous réels dans le voisinage considéré, le systè-


me est dit hyperbolique dans ce voisinage.
En utilisant les notations du [1-3-1), on obtient pour le systè-
mé (86):
a~J)= 0 pour i =1= j; a~r) = 1; a~p= -ÂdXl' x 2 ); (87)
pour les quantités Cù iit définies par les formules (5), on a
Cùij= O pour z.. -1-.
-r-] e
t
Cùii = ôCùI '1 (
-ô- ._"", Xl' X 2 - ô ;
X2
) ÔCùI
Xl

l'équation (6) devient


ÔCùI
[ ôX -
2
'1 (
""1 Xl' X 2
) ôCù 1 ]
ÔXI • ••
[ ôCù 1
ÔX -
2
'1
""m (
Xl' X 2
) ôCù I ]
ÔXI = 0,
et se scinde en m équations linéaires:
ÔCùI
- ô -""i Xl'
'1 (
X2
) ôCù1
-ô- =
0 (i= 1, •.. , m). (88)
X2 Xl
14*
212 CH. I. TH:eüRIE DES:eQUATIONS AUX D:eRIV:eES PARTIELLES

Si est solution de l'une de ces équations, alors la famille


(01 (XIt X 2 )
= C est la famille des caractéristiques du système (86).
(01 (XIt X 2 )
L'équation (88) est équivalente à l'équation différentielle ordinaire:

dX1 + Â (Xl' X 2) dX 2 = 0,
i i.e. ddX1
X2
= - Â t (Xl' x 2), (89)

et par tout point du domaine dans lequel les fonctions  i (Xl' x 2 )


possèdent des dérivées partielles premières continues il passe m
caractéristiques.
Considérons un voisinage de l'axe X 2 = et soit la portion de
la courbe intégrale de l'équation (89) passant par un point (Xl' X 2),
°
comprise entre ce point et l 'intersection (X~i), 0) de cette courbe
avec l'axe x 2 = O. Le long de la ligne li toute fonction 11' (Xl' X 2 )
peut être traitée comme une fonction de X 2 seulement. En vertu 'de
(89), on a donc

d"1'
dx 2
= ôô"1' -
X2
Âi (Xl' X 2) ôÔ'!'
Xl
le long de li.

Le système d'équations (86) est équivalent par conséquent au système


d'équations intégrales:

Vi (XI' X2)=Vi(4i), 0)-) lI'i(X 1 , 1: 2, vi)dX2 (i=1, ... , m). (90)


li

Vu que les valeurs des fonctions Vi (Xl' x 2 ) nous sont données sur
l'axe X 2 = 0, on peut admettre que Vi (x~i), 0) sont connues et
appliquer la méthode des approximations successives au système
(90). Ceci nous conduira au théorème d'existence et d'unicité de
la solution du problème de Cauchy et à la dépendance continue par
rapport aux conditions initiales. Un exposé détaillé de cette question
ainsi que l'examen du cas où l'équation (85) possède des racines
multipl~s sont accessibles dans l'ouvrage de I. Pétrovski cité plus
haut.
'1-3-11. Exemples. 1. Considérons le système d'équ~tions qui définit les
parties réelle et imaginaire d'une fonction analytique ~tome 111 2 , [1-·2]):

ÔU1 _ ôU2 =0. ôU2 + ÔUl -0


(91)
ÔX1.. ÔX2 ' ÔX1 ôX 2 - •

On a
(l) - . a(2) -
a 11 - 21 -
a (1)
22 -
-1·1 a(2) -
12 -
-1 ,

les autres h(~) étant nuls. La substitution de ah à ::: ramène le premier membre
de l'équation (6) à la forme ar +
a~ et par suite le système (91) est elliptique.
La relation signalée entre ce système et les fonctions analytiques nous permet
d'affirmer que toute solution de ce système pourvue de dérivées premières con-
tinues est une fonction analytique de Xi et- x2 • .•
1-3-11. EXEMPLES 213

2. Considérons le système (O. P e r r 0 n, Math. Z., 1927, 27, nO 4)


aUI _ aU2 =0; aU2 -a aUI +F (X2)=0, (92)
OX I aX 2 aXI aX2
où a est une constante.
La substitution de ah à aa(ùI ramène le premier membre de l'équation (6)
Xh
à la forme ai - aa~ et par suite le système est elliptique pour a < 0 et para-
bolique pour a = O. Si l'on écrit le système sous la forme résolue par rapport
aux dérivées partielles par rapport à Xl' l'équation (85) devient

I
-
Â
G,
'

1 1-0, Le.
. '"Il 2 -a = ° ,

°
pour a > les racines sont réelles et distinctes, donc le système est hyperbolique.
Supposons d'abord que a > O. En procédant comme indiqué au (1-3-10)
et en effectuant le changement
1fa~
VI =u.; VI = Va u,. -+ UlI' (93)
on ebtient deux équations séparées pour VI et v.:
aVI
aXI
-ya aVI
aX2
+F (x 2) =0; aV2
aXI
+ya aV2
aX2
-F (x2) =0. (94)

Le changement de variables
2s=ytÏ %1 +X2; 2't']= --fa Xl +X 2 ,
ramène le système à la forme

(95)

Cherchons la solution de (95) qui vérifie la condition initiale


vllx1==o=v.lx1==o=O, Le. VI 111=i=O; v2111=~=0.
On déduit à partir de (95)
i+11 ,+11
J2, F (t) dt; J F (t) dt.
211
Dans les anciennes variables indépendantes, on a

Y;Xl+ X•
l' F (t) dt; ",= );
- VaxI+X2
Y F (t) dt,

et les formules (93) nous permettent de remonter aux solutions Ul' U2 du système
(92) qui vérifient les conditions initiales
UI Ix1==o = U2 IX1=o =0. (96)
Il est évident que cette solution est unique.
Pour a = 0, le système (92) devient
aUI _
aXI
au. =0;
aX 2
aU2
ax}
+F (X2) = 0,
214 CH. 1. TH:eiORIE DES :eQUATIONS AUX D:eRIV:eiES PARTIELLES

et sa solution qui vérifie les conditions (96) est:

UI = - 2,x~ F' (,x2); U2 = -,xiF (,x2),


il est entendu que F (,x2) possède une dérivée seconde continue.
Traitons enfin le cas où a = - b2 < O. En posant
y

b,xl=,x; ,x2=y, Vt=bUl+ ~ ) F(t)dt; V2 =U2, (97)


e

on écrit le système (92) sous la forme


ÔVI _
ô,x
Ôl'2 =0'
ôy
aV 2
'ô,x
+ aVI
ôy
=0

On remarque que VI +
V2i doit être une fonction régulière de z = ,x yi qui +
en vertu de (96) et (97) doit tendre pour ,x -- 0 vers la fonction réelle .
y

~ ) F (t) dt. (98)


e

-On peut affirmer que la fonction régulière z doit être prolongée par analyticité
.au-delà de la droite x = 0 et par suite doit être analytique sur cette droite même
{tome 111 2 , (1-24]). Donc, la fonction (98) et, par suite, la fonction F (y), doivent
être analytiques pour y réel. En développant la fonction (98) en série entière de
(y - Yo), où Yo est un réel quelconque, soit:

-+ ) y

c
F(t) dt=
00

~
k=O
ak (y-yo)k,

on obtient
00

VI+v 2i= ~ (-i)kak(z-iYo)1~ (z=,x+yi)


k=O
pour les z proches de iyo. Sachant VI et V2' on détermine UI et U2 grâce à (97).
Chapitre II
. PROBLÈMES AUX LIMITES

11-1. Problèmes aux limites


pour une équation différentielle ordinaire
11-1-1. Fonction de Green relative à une équation linéaire du se-
cond ordre. Le présent chapitre sera consacré à l'étude des problèmes
aux limites aussi bien pour les équations différentielles ordinaires
que pour les équations aux dérivées partielles. Nous avons à maintes
reprises rencontré de tels problèmes. Nous nous proposons de donner
un exposé systématique de cette question.
L'application de la méthode de Fourier à la résolution de pro-
blèmes aux limites de la physique mathématique nous a conduits à
plusieurs reprises au problème aux limites suivant pour une équa-
tion différentielle ordinaire du second ordre contenant un para-
mètre: trouver les valeurs du paramètre  pour lesquelles l'équa-
tion sans second membre
d
dx [p (x) y'] + [Âr (x) - q (x)] y = ° (1)

possède une solution non nulle sur un intervalle borné fini [a, b]
et vérifiant aux bornes de cet intervalle des conditions aux limites
homogènes:
O-lY (a) + O-zy' (a) = °; ~lY (b) + ~zY' (b) = 0, (2)
OÙO-k et ~k sont des nombres donnés non tous nuls. On admettra que
p (x), q (x) et r lx) sont des fonctions continues sur [a, b] et de plus
que p (x) ne s'annule en aucun point de cet intervalle et possède une
dérivée continue. Désignons la somme des termes de l'équation (1)
ne contenant pas le paramètre  par
d
L (y) = Ch [p (x) y']- q (x) y.
On appellera comme toujours valeurs propres, les valeurs du para-
mètre  pour lesquelles le problème homogène possède des solu-
tions non triviales, et fonctions propres, ces solutions non triviales.
Ces fonctions sont de toute évidence définies à un facteur multipli-
catif constant près. Il est immédiat de voir qu'à toute valeur propre
est associée une fonction propre et une seule. En effet, supposons
216 CH. II. PROB~MES AUX LIMITES

à l'inverse que l'équation (1) admet pour une valeur propre  deux
solutions linéairement indépendantes vérifiant les conditions aux
limites (2). L'intégrale générale de l'équation (1) vérifie alors les
conditions aux limites (2). Ce qui est absurde, puisqu'on peut trouver
une solution de l'équation (1) pour des valeurs initiales y (a) et y' (a)
ne satisfaisant pas la première condition (2). Par les transforma-
tions élémentaires dont on s'est maintes fois servi (tome 111 2 , [V-8J,
lVI-2-3J, lVI-3-2l) on montre que des fonctions propres CPI (x) et
CP2 (x) associées à des valeurs propres distinctes sont orthogonales,
soit:
b

Jr (x) CPl (x) CP2 (x) dx = O.


a

_Introduisons pour l'opérateur L (y) une fonction identique à celle


qui a défini la déformation statique subie par une corde sous l'ac-
tion d'une force concentrée (tome IV 1 , (1-1]). Le rôle de l'opérateur
L (y) incombait à y". Pour arriver de façon naturelle aux propriétés
de la fonction introduite, considérons l'équation
d
L (y) = dx [p (x) y'] -q (x) y= -1 (x) (3)

et supposons que la fonction 1 (x) est nulle sur l'intervalle la, bJ


tout entier sauf un petit intervalle [~ - e, ~ +
el, où ~ est un point
fixe intérieur à [a, blet de plus que
~+s

J f (x) dx= 1. (4)


5- S
Lorsque e tend vers 0, on obtient à la limite l'analogue d'une force
concentréa au point x = ~. Sous la condition imposée à f (x) considé-
rons la solution Ye (x) de l'équation (3) qui vérifie les conditions
aux limites (2) (on admet que cette solution existe). En intégrant
les deux membres de l'équation (3) par rapport à x et en tenant
compte de (4), on obtient

p(x)y~(x) J-.-J.
X=S+8 ~+8

q(x)y.(x)dx= -1,

ou à la limite lorsque e -+ 0,
y' (~ + 0) - y' (s - 0) = - p ~~) ,

c'est-à-dire que la dérivée y' (x) de la solution y (x) doit subir au


point z = ~ un saut égal à - p ~~) • Cette solution dépendra de
11-1-1. FONCTION DE GREEN 217

toute évidence du point de l'intervalle [a, b] qui sera pris pour s~


de sorte qu'elle sera fonction des variables x et s.
On la désignera par
G (x, s) et on l'appellera fonction de Green relative à l'opérateur
L (y) sous les conditions aux limites (2). Les considérations précé-
dentes nous conduisent à la définition rigoureuse suivante de la fonc-
tion de Green: on appelle fonction de Green relative à l'opérateur
L (y) avec les conditions aux limites (2) une fonction G (x, s) vérifiant
les conditions suivantes: 1) G (x, s) est définie et continue dans un
carré k o défini par les inéquations a:::( x, s:::( b; 2) G (x, s), comme
fonction de x, possède pour a:::( x < set S< x:::( b des dérivées premières et
secondes continues et est solution de l'équation sans second membre
L (y) = 0; 3) G (x, s), comme fonction de x, satisfait les conditions
aux limites (2) ; 4) la dérivée de G (x, s) par rapport à x que nous dési-
gnerons par G' (x, s), subit un saut sur la diagonale du carré ko, c'est-à-
dire pour x = S, et de plus

r G' (s + 0, s) -- G' (s - 0, s) = - p ~6) ,


(5}
{
G' (s, s+ 0) - G' (s, s- 0) = p ~6) •

Les conditions (5) se traduisent par une seule, savoir: à l'approche


de tout point x = S de la diagonale, aussi bien d'en haut, c'est-à-dire
à partir du domaine S > x, que d'en bas, c'est-à-dire à partir du
domaine S< x, la dérivée G' (x, s) doit prendre des valeurs bien
définies et la différence de ces valeurs limites doit être égale à p ~s) .
Dans chacun de ces domaines, la dérivée seconde par rapport à x
s'exprime, en vertu de L (G) = 0, de la manière suivante:
p (x) G" (x, s) = -p' (x) G' (x, s) + q (x) G (x, s),
et par suite cette dérivée seconde prendra des valeurs bien définies
à l'approche de la diagonale d'en haut ou d'en bas.
Prouvons maintenant qu'il existe une fonction de Green et une

° °
seule satisfaisant toutes les conditions indiquées ci-dessus. On ad-
mettra que Îv = n'est pas une valeur propre, c'est-à-dire que l'équa-
tion L (y) = ne possède pas de solutions non ~riviales satisfaisant
les conditions (2). Nous verrons dans la suite comment il faut modi-
fier la définition de la fonction de Green lorsque Îv = est une
valeur propre. Construisons la solution YI (x) de l'équation L (y) = 0
°
en prenant pour valeurs initiales YI (a) et Y~ (a) des nombres vérifiant
la première condition (2). La solution YI (x) et plus généralement
toutes les solutions CIYI (x), où Cl est une constante arbitraire, satis-
feront la première condition (2). Il est immédiat de voir qu'il n'exis-
te pas d'autres solutions vérifiant la première condition (2). En
effet, s'il en existait une, Y (x), on aurait deux équations sans second
218 CH. II. PROB~MES AUX LIMITES

membre en Ct l et Ct 2 :
CtIYI (a) + (Z2Y~ (a) = 0; (ZiY (a) + Ct 2 y' (a) = 0,
et comme on admet naturellement que l'un au moins de ces nombres
est non nul, le déterminant de ce système devrait être nul, autre-
ment dit le wronskien des solutions y (x) et YI (x) serait nul pour
x = a, donc Y (x) et YI (x) seraient linéairement indépendantes,
c'est-à-dire que Y (x) = CYl (x) (tome II, 11-1-1).
De façon tout à fait analogue, supposons que C2Y2 (x), où C2
est une constante arbitraire, sont les solutions de l'équation L (y) =
qui vérifient la deuxième condition (2). Le théorème d'existence et
°
d'unicité nous dit que les solutions YI (x) et Y2 (x) sont définies sur
l'intervalle la, b] et sont linéairement indépendantes. En effet, si

°
elles étaient linéairement dépendantes, alors YI (x) vérifierait les
deux conditions aux limites (2) et À = serait valeur propre, ce qui
est contraire à l'hypothèse. La fonction G (x; s) est de la forme
CIYI (x) pour x ~ s,
et de la forme C 2Y2 (x), pour x ~ Il reste à s.
choisir les constantes Cl et C2 de telle sorte que cette fonction soit
continue en x = S et que sa dérivée subisse le saut signalé. Ceci
nous conduit aux deux équations suivantes pour la détermination
de Cl et C2 :
( CIYI Œ) - C2Y2 (s) = 0,
) 1 (6)
l cIY; (s) - C2Y~ (s) = P (6) •
Le déterminant [Y2 (s) Y~ (S) - YI (S) y;
(S)] de ce système est nOIl
nul, puisque les solutions YI (x) et Y2 (x) sont linéairement indé-
pendantes. Donc on obtient des valeurs bien définies pour les cons-
tantes Cl et C2. Le wronskien des solutions YI (x) et Y2 (x) s'exprime
(tome II, 11-1-11) à l'aide de la formule

YI (x) Y~ (x) - Y2 (x) Y~ (x) = P ~X) ,

où C est une constante non nulle. Quitte à multiplier l'une des solu-
tions, par exemple YI (x), par c, on ramène la relation précédente
à la forme
p (x) [YI (x) Y~ (x) - Y2 (x) Yi (x)] = 1-
De cette relation il s'ensuit immédiatement que le système (6)
a pour solution: Cl = Y2 (s) et C 2 = YI (S) et la fonction de Green
G (x, S) est définie comme suit:

G (x, S) = { YI (x) Y2 (s) (x~ S), (7)


Y2 (x) YI (S) (x~6)·
On vérifie sans peine qu'elle remplit toutes les quatre conditions.
Son unicité résulte directement des raisonnements précédents.
11-1-2. R~DUCTION A UNE .eQUATION INT~GRALE 219

11-1-2. Réduction à une équation intégrale. Considérons l'équation


avec second membre
d
L (y) = (IX [p (x) y'] - q (x) y = - f (x), (8)

où f (x) est une fonction donnée, continue sur un intervalle [a, b].
On cherchera la solution de l'équation (8) qui vérifie les conditions
aux limites (2). Cette solution est unique. En effet, s'il en existait
deux, leur différence satisferait l'équation sans second membre
L (y) = 0 et les conditions aux limites (2), c'est-à-dire que 1.. = 0
serait valeur propre. Assurons-nous que la solution unique de l'équa-
tion (8) qui satisfait les conditions aux limites (2) est donnée par
la formule
b

Y (x) = ) G (x, s) f (s) d s· (9)


a

L'analogue de cette formule (tome IV l , (1-1]) admet une signification


mécanique simple, à savoir que si l'on connaît la déformation sta-
tique due à une force ponctuelle, on peut au moyen d'une intégra-
tion obtenir la déformation statique due à une force continûment
distribuée.
Passons à la démonstration du fait que la fonction définie par la
formule (9) satisfait (8) et les conditions aux limites (2). Partageons
l'intervalle d'intégration en deux, compte tenu du saut subi par la
fonction de Green:
x b

y= ) G(x, s)/ (s)ds+ ) G(x, s)f(s)ds.


a x
Une dérivation par rapport à x nous donne
x
y' == ) G' (x, s) f (6) dx + G (x, x-O) / (x) +
a
b

+ ) G' (x, s) / (s) ds - G (x, x + 0) f (x)


x
ou encore
x b b

y' = ) G' (x, s) f (6) ds + ) G' (x, s) / (s) ds = ) G' (x, s) f (s) ds, (10)
a x a

puisque la fonction de Green est continue, i. e. G (x, x 0) = +


= G (x, x - 0). Des formules (9) et (10) et du fait que G (x, s)
satisfait les conditions aux limites (2), il s'ensuit aussitôt que la
220 CH. II. PROBL:E:MES AUX LIMITES

fonction (9) vérifie également ces conditions. Pour vérifier l'équa-


tion (8) dérivons encore une fois y' par rapport à x. Des transforma-
tions peu compliquées nous conduisent à l'expression
b

y" = ~ G"(x, s)f(s)ds--!--[G'(x,x-O)-G'(x,x+O)]f(x),


a

et de (5) il s'ensuit que


b

y" = JG" (x, s) f (s) d s- ; ~:~ • (11)


a

En portant dans (8) les expressions (9), (10) et (11) de y, y'


et y", on trouve
b

~ L(G)f(s)ds-f(x)= -f(x),
a

c'est-à-dire que l'équation (8) est bien vérifiée puisque la fonction


G (x, s) est solution de l'équation sans second membre L (y) = O.
Signalons que les formules précédentes nous disent que la fonction y
définie par (9) possède des dérivées premières et secondes continues

Si  = °
sur l'intervalle [a, b]. On est donc conduit à la proposition suivante:
n'est pas une valeur propre pour l'équation (8), alors cette
équation admet pour toute fonction f (x) définie et continue sur [a, bl
une solution unique vérifiant les conditions aux limites (2) et cette solu-
tion est donnée par la formule (9). Cette proposition peut encore
s'énoncer: Pour toute fonction f ex) continue donnée, la fonction (9)
possède des dérivées premières et secondes continues et vérifie l'équa-
tion (8) avec les conditions aux limites (2).
A noter que si y (x) est une fonction quelconque possédant des
dérivées première et seconde continues sur un intervalle fa, blet
vérifiant les conditions aux limites (2), alors en la portant dans
l'équation (8) on peut construire une fonction f (x) continue. D'a-
près ce qui a été prouvé plus haut, la fonction y (x) s'exprime au
moyen de f (x) par la formule (9).
Donc, les formules (8) et (9) établissent une correspondance biuni-
voque entre deux classes de fonctions: la première étant composée
des fonctions y (x) possédant sur fa, b 1 des dérivées première et
seconde continues et vérifiant les conditions aux limites (2); la
seconde, des fonctions f (x) continues sur fa, bl. Le passage de y (x)
à f (x) est réalisé par la formule (8), le passage de f (x) à y (x), par
la formule (9).
On voit donc à la lumière de ce qui vient d'être dit qu'il est
possible de ramener le problème aux limites à une équation inté-
II-f-3. SYM:eTRIE DE LA FONCTION DE GREEN 221

grale. En effet, en mettant l'équation (1) sous la forme


L (y) = -Âr (x) y,
on constate immédiatement en vertu des résultats établis que l'équa-
tion (1) avec les conditions aux limites (2) est équivalente à l'équa-
tion intégrale
b

Y (x) = Â ~ G (x, 6) r (6) y (6) d6. (12)


a

De façon tout à fait analogue, l'équation avec second membre


d
dx [p (x) y'] + [Âr (x) .- q (x)] y = F (x) (12 1 )

avec les conditions aux limites (2) équivaut à l'équation intégrale


b

y (x) = FI (x) + Â ~ G (x, 6) r (6) y (6) d6, (12 2 )


a

b

FI (x) = - ~ G (x, 6) F (6) d6,


a

la solution étant dans les deux cas une fonction continue y (x).
11-1-3. Symétrie de la fonction de Green. La formule (7) définit
la fonction de Green non seulement pour x Ela, bl, mais aussi aux
bornes x = a et x = b de cet intervalle, c'est-à-dire sur le carré
fermé k o : a ~ x, 6~ b, et cette formule entraîne directement la
symétrie de la fonction de Green sur k o :

G (x, 6) = G (6, x). (13)


Donnons une u utre démonstration de la symétrie de la fonction
de Green, une démonstration fondée sur une idée utilisée dans des
cas plus généraux. L'identité suivante est de vérification immé-
diate:
d
uL (v) - vL (u) = dx [p (x) (uv' - vu')]. (14)

Dans cette identité, u (x) et v (x) sont deux fonctions arbitraires


possédant des dérivées. premières et secondes continues. Posons
u = G (x, 61) et v = G (x, 62) dans (14) en admettant pour fixer
les idées que 61 < 62" En intégrant sur les intervalles [a, 61], [617 62)
et [62' b] et en tenant compte du fait que la fonction de Green est
222 CH. II. PROBL1!:MES AUX LIMITES

solution de l'équation L (y) = 0, on obtient


[p (x) (G (x, ~l) G' (x, ~2) - G (x, ~2) G' (x, ~l»]~_~l = 0,
[p (x) (G (x, ~l) G' (x, ~2) - G (x, ~2) G' (x, ~l»]~ i~ = 0,
[p (x) (G (x, ~l) G' (x, ~2) - G (x, ~2) G' (x, ~l»]~=t~2 = O.
En ajoutant ces trois égalités et de par la continuité de la fonction
de Green et la discontinuité de sa dérivée première, on trouve
G (~l' ~2) - G (~2' ~l) =
= [p (x) (G (x, ~l) G' (x, ~2) - G (x, ~2) G' (x, ~l»]~=~' (15)
Il est immédiat de vérifier que la différence du second membre
s'annule pour x = a et x = b. En effet, la fonction de Green satis-
fait la première condition (2), soit
alG (a, ~l) + a G' (a,
2 ~l) = 0,
alG (a, ~2) + a G' (a,
2 ~2) = 0,
et comme on admet naturellement que les constantes al et a 2 ne
sont pas simultanément nulles, le déterminant de ce système homo-
gène doit être nul, autrement dit, la différence ci-dessus s'annule
bien pour x = a. On démontre de même qu'elle s'annule pour x = b
et la formule (15) établit la symétrie de la fonction de Green.
On peut envisager des conditions aux limites plus générales que
les conditions (2), c'est-à-dire des conditions dans lesquelles figurent
les valeurs prises par la fonction et sa dérivée première aux bornes
de l ' intervalle [a, b]:
alY (a) + a y' (a) + aaY (b) + a,.y' (b) = 0,
2

~lY (a) + ~2Y' (a) + ~aY (b) + ~,.y' (b) = O.


Tous les raisonnements précédents, excepté la démonstration de la
symétrie de la fonction de Green, restent en vigueur. Pour que la
démonstration de la symétrie de la fonction soit valable, il est néces-
saire et suffisant que soit remplie la condition suivante:
al' a 2 a 3 , a..
p (b) R R =p (a) R R •
Pl' P2 P3' P"
Nous glisserons sur la démonstration de ce fait. On vérifie immédia-
tement que la fonction de Green est symétrique pour des conditions
aux limites périodiques: y (a) = y (b); y' (a) = y' (b) si p (a) =
= p (b), c'est-à-dire si la fonction p (x) est périodique. Signalons
que si les autres coefficients q (x) et r (x) sont périodiques, alors le
problème aux limites avec les conditions périodiques mentionnées
revient à chercher les valeurs du paramètre 'A pour lesquelles l'équa-
tion (1) possède une solution périodique.
11-1-4. VALEURS ET FONCTIONS PROPRES 223

II-1-4. Valeurs et fonctions propres du problème aux limites.


Etant donné qu'on a ramené le problème aux limites à une équation
intégrale, on peut mettre en œuvre la théorie générale des équations
intégrales et établir ainsi des propositions relatives aux valeurs et
fonctions propres du problème aux limites. Commençons par le
cas r (x) == 1, où l'équation (1) est de la forme
ëfX [p (x) y'] + (1.. - q (x» y = 0,
d
(16)
les conditions aux limites étant telles que la fonction de Green est
symétrique. L'équation intégrale (12) est une équation à noyau sy-
métrique. Elle admettra des valeurs propres réelles, et les fonctions
propres associées aux valeurs propres distinctes seront orthogona-
les. On a vu au (II-1-11 qu'à toute valeur propre était associée une
fonction propre et une seule. Ceci a été prouvé pour des conditions
aux limites du type (2). Si les conditions aux limites sont périodi-
ques, à toute valeur propre il peut correspondre deux fonctions
propres au plus, car l'équation (16) ne possède que deux solutions
linéairement indépendantes. Prouvons encore que le noyau G (x, ~)
de l'équation (16) est un noyau complet, c'est-à-dire qu'il n'existe
pas de fonction continue j (x) non identiquement nulle qui soit
orthogonale au noyau. Si par absurde on suppose qu'une telle fonc-
tion existe, c'est-à-dire que
b
~ G(x, s)j(s)ds=Ot
a

on constate alors que la fonction (9) d'un côté est identiquement


nulle et de l'autre est, en vertu de ce qui a été démontré plus haut,
solution de l'équation avec second membre (8), ce qui est impossible.
Le noyau étant complet, il existe une infinité de valeurs propres
(tome IV l' (1-421). Soient 1.. n (n = 1, 2, ... ) les valeurs propres de
l'équation (16), c'est-à-dire du problème aux limites envisagé, et
<"Pn (x), les fonctions propres correspondantes, fonctions qui forment
un système orthonormé. Supposons qu'une fonction j (x) vérifie
les conditions aux limites (2) et possède des dérivées première et
seconde continues. En posant L (j) = -h (x), on obtient la repré-
sentation de cette fonction par l'intermédiaire du noyau:
b

f (x) = ~ G (x, s) h (~) d~,


a
et par suite toute jonction satisfaisant les conditions aux limites (2)
et possédant des dérivées première et seconde continues sur [a, b] se dé-
veloppe sur [a, bl en une série de Fourier régulièrement convergente
suivant les fonctions propres <"Pn (x) (tome IV lt [I -361). On a sans
peine le théorème suivant:
224 CH. II. PROBLm\ŒS AUX LIMITES

Thé 0 r ème. Si la série de Fourier d'une fonction continue


j (x)
00 b

Cn = Jf (x) cp n (x) dx (17)


a

converge uniformément sur [a, b), alors sa somme est f (x).


Prouvons ce théorème par l'absurde. Soit fI (x) la somme de la
série (17). Supposons que fI (x) n'est pas identiquement égale à f (x)
sur [a, bl. La différence fI (x) - f (x) qui n'est pas identiquement
nulle est orthogonale à toutes les fonctions CPn (x), donc au noyau,
ce qui contredit la complétude de ce dernier. Ce théorème nous sera
utile dans la suite.
On démontre que non seulement le noyau G (x, 6) est complet,
mais aussi que les fonctions propres CPn (x) forment un système fermé.
De là on peut déduire directement le théorème ci-dessus.
Dans la suite, lorsqu'on se penchera sur le cas multidimension-
nel, on prouvera que l'équation de fermeture a lieu pour toute fonc-
tion continue. Cette démonstration vaut également en dimension un.
Etudions maintenant le cas où r (x) =1= 1 et supposons que r (x) >
> O. Les résultats du (tome IV l' [1-44]) nous disent que le problème
aux limites (2) pour l'équation (1) se ramène alors à une équation
intégrale à noyau symétrique. En particulier, toute fonction satis-
faisant les conditions aux limites (2) et possédant des dérivées
première et seconde continues sur [a, b), se développe en une série
de Fourier régulièrement convergente suivant les fonctions pro-
pres du problème:
00

f (x) = ~ cnCPn (x), (18)


n=1

dont les coefficients sont définis pas les formules


b

Cn = Jr (x) f (x) CPn (x) dx.


a
(19)

Pour prouver cette proposition, on observera qu'en vertu du


(IJ-1-2] on a
b

f(x)= - JG(x, s)Lff(6))ds·


a

Or, de toute évidence L If (6)] = - V r (6) h Œ), où la fonction h (6)


est continue sur· la, bl, puisque r (6) >0. Donc, la fonction
V r (x) f (x) se représente par le noyau de l'équation intégrale
II-1-S. SIGNE DES VALEURS PROPRES 225

symétrique :
b

V r (x) t (x) = ) G (x, 6) V r (x) r (s) h (s) dS, (20)


a

et les raisonnements du (tome IV!, [1-44]) nous donnent immédiate-


ment le théorème de décomposition formulé ci-dessus. Comme plus
haut on peut prouver la fermeture du noyau et par suite l'existence
d'une infinité de valeurs propres. En reprenant les raisonnements du
[11-1-1) pour le cas où f (x) possède une dérivée première continue
et une dérivée seconde continue par morceaux et en se rappelant que
le théorème 2 du (tome IV h [1-31]) est valable pour le cas où une
fonction est représentable par un noyau à l'aide d'une fonction
h (x) continue par morceaux, on s'assure que le théorème de décom·
position est valable pour le cas où la fonction f (x) qui satisfait les
conditions aux limites (2) possède une dérivée première continue et
une dérivée seconde continue par morceaux. Dans la suite, on si-
gnalera les cas où les théorèmes de décomposition restent valables
pour une dérivée première continue par morceaux.
11-1-5. Signe des valeurs propres. On admettra pour alléger l'écri-
ture des formules que r (x) == 1. Les raisonnements s'étendent sans
peine au cas général. Exhibons tout d'abord une formule exprimant
les valeurs propres au moyen des fonctions propres. Soient Ân les
valeurs propres et <Pn (x), les fonctions propres qui forment un sys-
tème orthonormé. On a
L (<Pn) = ---Ân<Pn (x).
En multipliant les deux membres par <Pn (x), en intégrant et en
tenant compte de l'orthonormalisation des fonctions propres, on
obtient
,b b

1,,~ - ) L (cPn) q>n (x) dx = - ) [ d~ (p (x) <p~) - q (x) q>nJ q>n (x) dx.
. a a

Une intégration par parties du premier terme nous conduit à la


formule suivante:
b

Ân = ) [p (x) <p~2 (x) + q (x) <p~ (x)) dx- [p (x) <Pn (x) <p~ (x)];=~~ (21)
a

Supposons que le terme non compris sous le signe somme est nul.
Ceci aura lieu par exemple si les conditions aux limites sont de, la
forme: <Pn (a) = q>n (b) = O. Sous ces conditions, la formule (21)'
15-01017
226 CH. II. PROBL~MES AUX LIMITES

devient:
b

Ân = ) [p (x)q>~ (x) + q (x) q>~ (x)] dx. (22)


a

Supposons que p (x) > O. Si l'on admet de plus que q (x);;::: 0


sur [a, b], alors la formule (22) nous dit que les valeurs propres sont
toutes strictement positives. Supposons maintenant que q (x) est
une fonction continue arbitraire et soit m son minimum sur [a, b],
c'est-à-dire que q (x);;::: m, x E [a, bl. De la formule précédente,
il s'ensuit immédiatement
b

Ân~ ) P (x) q>~2 (x) dx+ m~m.


a

Donc, dans le cas envisagé, seul un nombre fini de valeurs propres


peuvent être strictement négatives. Supposons maintenant que les
conditions aux limites sont de la forme:
yi (a) - hly (a) = 0; yi (b) +
h 2 y (b) = 0, (23)
où hl et h 2 sont des constantes strictement positives. Le second
terme de la formule (21) est alors strictement positif et l'on s'as-
sure comme plus haut que sous les conditions aux limites (23) et
pour q (x) ~ 0 les valeurs propres sont toutes strictement positives.
Si toutes les valeurs propres sont strictement positives ou si
seul un nombre fini d'entre elles sont strictement négatives, alors
est vrai le théorème de Mercer et l'on peut développer le noyau en
une série absolument et uniformément convergente:
00

G (x, ~) = ~ fPn (Xi: n (~) • (24)


n=l
Cette égalité nous permet d'étendre le théorème de décomposition
suivant les fonctions propres qui a été prouvé au (11-1-4] à une
classe de fonctions plus vaste, plus exactement, supposons que
f (x) est continue, possède une dérivée continue sur l'intervalle
[a, b] t01,lt entier sauf en un point x = c où elle subit un saut:
+
f' (c 0) - f' (c - 0) = k,
et une dérivée seconde continue par morceaux. Supposons par ail-
leurs que f (x) satisfait comme toujours les conditions aux limites
(23). Composons la différence:
k
f (x) - p (c) G (x, c),

qui possède une dérivée continue sur l'intervalle la, b] tout entier.
Cette -différence est justiciable du théorème de décomposition sui-
II-t-6. EXEMPLES 227

vant les fonctions propres. D'autre part, en vertu de la formule (24)


le terme G (x, c) peut être développé suivant les fonctions propres,
donc la fonetion f (x) se décompose en une série de Fourier absolu-
ment et uniformément convergente suivant les fonctions propres.
Ces raisonnements sont valables de toute évidence dans le cas où
la dérivée f' (x) présente un nombre fini de sauts dans [a, bl. Ils
sont identiques à ceux utilisés au (tome II, [VI-2-8J) pour améliorer
la convergence des séries de Fourier.
11-1-6. Exemples. 1. Considérons l'équation
y" + 'Ay = 0
avec les conditions aux limites y (0) = y (1) = O. On a L (y) = y" et la fonction
de Green s'écrit

G (x, s)= {
(1- s) x (x ~ ~),
(1-x)s (s~x).

Les valeurs et fonctions propres se définissent sous forme explicite


'An = n 2n 2 ; CPn (x) = 11 2 sin nnx (n = 1, 2, •••),
et les fonctions satisfaisant toutes les conditions du numéro précédent sont justi-
ciables du théorème de décomposition suivant ces fonctions propres. Il est pos-
sible d'élargir les conditions d'applicabilité du théorème de décomposition,
mais nous glisserons là-dessus.
2. Considérons l'équation de l'exemple précédent avec les conditions aux
limites y (0) = y' (1) = O. On a

et les valeurs et fonctions propres sont:


31;2 - n
'An =(2n+ 1)24'"""; CPn (x) =-.12 sin (2n+ 1) T x.

3. Considérons encore l'équation de l'exemple 1 avec les conditions aux


limites y (0) = 0; y (1) +
hy' (1) = O.
Composons la fonction de Green. Prenons deux solutions de l'équation
y" = 0, l'une vérifiant la première condition aux limites, l'autre, la seconde,
soit: YI (x) = x; Y2 (x) = (1 +
h) - x. Les raisonnements du [1I-1-1J nous·
conduisent à la fonction de Green suivante: '

1~~~s x (x~s),
G (x, s)= {
1+h-x ~
1+h (S ~ x).
Les valeurs propres sont toutes strictement positives et en posant  = fJ.2 on
s'assure sans peine que les valeurs propres correspondantes fJ. se déduisent à·
partir de l'équation tg fJ. + hfJ. = 0 et les fonctions propres seront Cn sin fJ.nx, '
la constante Cn étant déterminée à partir des conditions de normalisation de ces
fonctions...
4. L'étude des vibrations d'une membrane circulaire fixée par son contour
nous a conduits au problème aux limites suivant: trouver les valeurs du para-
15*
228 CH. II. PROBL1l1MES AUX LIMITES

mètre  pour lesquelles l'équation

1l'+.!...Y'+
z (Â- Zlni ) Y=O (25)
admet une solution vérifiant les conditions aux limites
sup 1 y (0) 1 < 00 et y (l) = 0, (*)
n étant un entier positif. Ce problème aux limites diffère de ceux étudiés jusqu'à
en z = ° et au lieu d'une condition bien définie en x = °
maintenant par le fait que les coefficients de l'équation présentent un pôle
on exige simplement
que la solution soit bornée au voisinage de x = O. La solution de l'équation (25)
prend une valeur finie pour x = O.
Nous avons rencontré plusieurs fois de tels problèmes aux limites. En multi-
pliant les deux membres de (25) par x, on met l'équation sous la forme usuelle:
2
dx n ) y=O,
d (xy')+ ( ÂX--;- (26)

où n > ° est un nombre donné.


La fonction de Green se définit comme précédemment sauf qu'en x = °
au lieu d'une condition aux limites on exige que la fonction de Green soit finie.
L'équation L (y) = °
est une équation d'Euler (tome II, [II-1-18]) qui admet
les solutions linéairement indépendantes x n et x-no
La fonction de Green devant être finie en x = 0, on doit la prendre de la
forme Clxn sur l'intervalle [0, S]. Sur l'intervalle [S, 1] on doit former une com-
binaison linéaire des solutions zn et x- n qui s'annule pour x = 1, autrement
dit, la fonction de Green doit être de la forme C2 (zn- x- n ). Les constantes Cl
et Cl! se déterminent comme toujours à partir des conditions de continuité de la
fonction de Green et de saut de sa dérivée première en x = S. On obtient en
définitive la formule suivante:

(x ~ ~),

(~~ x).

L'équation avec -second membre L(y) = -f (x) possède une solution unique
satisfaisant les conditions aux limites (.), soit
1
y(X)=) G(x, S)!(S)ds.
o
Les raisonnements du [II-1-5] nous disent que les valeurs propres sont toutes
strictement positives. En posant  = f.t2 on déterminera les valeurs propres à
9>n (x) = cnJn (f.tn x ). Pour n = 0, l'équation 'L (y) = °
partir de l'équation transcendante J n (f.t) = 1 et les fonctions propres seront
possède deux solutions
linéairement indépendantes: YI (x) = 1'et Y2 (x) = ln x. La fonction de Green
est donc:
G(x,s)= {
-ln s,x~ s, (27)
-lnx, s~x.
A noter que la ,formule (9) nous donne ici:
1 x 1
y (x),- J
~
G(x, s)!(s)d;=-lnx ) f(S)
0
J
d~- !(s)ln~ dS,
x
11-1-7. DISTRIBUTION DE GREEN 229

et l'on vérifie immédiatement que cette fonction satisfait l'équation L (y) =


= -1 (x) avec les conditions aux limites (-\10). La forme de l'é~uation (26) indi-
que que r (x) = x. En ramenant le problème aux limites à une equation intégrale
on obtient le noyau G (x, 6) V6X qui est continu sur le carré tout entier, y com-
pris en x = 6 = O.
Les fonctions propres de cette équation intégrale sont q>n (x) =
= cn V; Jo (....nx ) et l'on obtient la série de Fourier absolument et uniformé-
ment convergente suivante:
00

G (x, s) -ys x = ~ Cj)n (X~:n (6) •


n=1
Une division par -V 6x nous donne
~ c;J0 ( ....n x ) Jo <.... nS)
G(x'S)=LJ Â
n
'
n=1

et cette série ne converge uniformément que sur l'intervalle [e, 1], où 8 > 0 est
un nombre arbitraire donné. Les constantes Cn sont déterminées en vertu de la
condition de normalisation par la formule (tome IIl g , [VI-2-2])
2 _ 2
cn - Jd.... n) •

Signalons que la fonction G (x, s) définie par la formule (27) tend vers l'infini
lorsque le point (x, s) tend vers le sommet (0, 0) du carré. Comme singularités,
outre celles indiquées ci-dessus, on a le fait que la fonction r (x) = x s'annule
à la borne x = O.
Au tome V, nous étudierons en détail les problèmes aux limites pour des
équations présentant des points singuliers aux bornes de l'intervalle et pour
des équations envisagées sur un intervalle illimité.
11-1-7. Distribution de Green. On se propose d'étudier maintenant
le cas où l'équation (1) avec les conditions aux limites (2) admet
 = 0 pour valeur propre, c'est-à-dire que l'équation sans second
membre L (y) = 0 possède une solution y = <Po (x) vérifiant les
conditions aux limites (2). On peut supposer que cette solution est
normée, ce que l'on fera dans la suite. Il nous est impossible ici
de composer une fonction de Green satisfaisant les quatre conditions
de [11-1-1]. Il nous faudra modifier quelque peu la définition même
de la fonction de Green. Désormais on exigera que la fonction de
Green non seulement soit continue, possède une dérivée première
discontinue en x = ~ et vérifie les conditions aux limites, mais
encore que sur chacun des intervalles [a, ~] et [~, b] elle soit solution
non plus de l'équation L (y) = 0, mais de l'équation avec second membre
L [G (x, ~)] = <Po (~) <Po (x). (28)
Si y (x) est une solution de l'équation (28) vérifiant les conditions
aux limites (2), alors il en sera de même de la somme y (x) + c<po (x),
où c est une constante arbitraire, puisque <Po (x) est une solution de
l'équation sans second membre L (y) = 0 avec les conditions aux
230 CH. II. PROBUllMES AUX LIMITES

limites (2) ; la constante arbitraire· C se déduit à partir de IR condi-


tion d'orthogonalité des fonctions G (x, S) et (f)o (x):
b

) [G (x, s)] (f)o (x) dx= O. (29)


a

La présence du second membre de l'équation (28) admet une inter-


prétation simple. Si  = 0 est une valeur propre du problème, on a
résonance pour une fréquence nulle et il sera impossible d'obtenir
un écart statique fini avec une force ponctuelle. Pour obtenir un
tel écart on doit en plus de la force ponctuelle appliquer une force
continûment distribuée, ce qui se traduit par la présence du second
membre de l'équation (28).
On construira la distribution de Green comme dans (11-1-1].
Soient 00 (x) une solution quelconque de l'équation avec second
membre
L (00) = (f)o (~) (f)o (x) (30)
et (f)l (x) une solution de l'équation sans second membre associée,
linéairement indépendante de (f)o (x) et telle que
p (x) [(f)o (x) (f)Î (x) - (f)l (x) (f); (x)] = 1. (31)
En se rappelant que l'intégrale générale de l'équation avec se-
cond membre est la somme d'une solution 00 (x) de cette équation
et de l'intégrale générale de l'équation sans second membre as-
sociée, on doit poser
G (x; S) = 00 (x) + Cl(f)O (x) + C2(f)1 (x) (x ~ ~),
(32)
G (x; S) = 00 (x) + cs(f)o (x) + C~(f)l (x) (x ~ ~).
Cette fonction doit satisfaire les conditions aux limites (2). Comme
<Po (x) satisfait aussi ces conditions, on obtient les deux égalités:

CXlOO (a) + cx 2oo' (a) + c 2 [CXl(f)l (a) + CX 2(f)i (a)] = 0,


(33)

d'où l'on déduit C2 et C~. Les coefficients en ca et C~ ne sont pas nuls,


car <Pl (x) qui est linéairement indépendante de (f)o (x), ne peut véri-
fier aucune des conditions (2) (11-1-1]. Les conditions de continuité
e
de G (x, S) en x = et de discontinuité de sa dérivée première en
ce point se traduisent par les deux relations:
(Cl - Cs) <Po (S) + (c 2 - c~) (f)l (~) = 0,
(Cl - Ca) (f)~ (6) + (C2 - c~) (f); (S) = 1 :p (~),
11-1-7. DISTRIBUTION DE GItBEN 231

qui, en vertu de (31), peuvent être mises sous la forme:


Cl - Cs = -CPI (s); C2 - Ci = CPo Cs)· (34)
Il reste encore à satisfaire la condition (29). Les constantes C 2
et Ci ont déjà été déterminées par les formules (33). La première
égalité (34) nous donne Cl = Cs - CPI (S). En portant Cl dans la
première formule (32), on peut déterminer Cs à partir de la condi-
tion (29) et ensuite Cl à partir de la formule ci-dessus. Les constantes
ont toutes été déterminées sans l'aide de la deuxième égalité (34)
et il nous reste à vérifier que C 2 et Cq , trouvées avec les formules (33),
vérifient bien la deuxième égalité (34).
Ecrivons à cet effet la formule (14):
CPo (x) L (00) - 00 (x) L (CPo) = d: [p (x) (CPoOO' - OOCP~)]·
Intégrons cette relation sur l'intervalle [a, b]. En tenant compte
de l'égalité L (CPo) = 0, de l'équation (30) et de la normalisation
de la fonction CPo (x), on trouve
CPo (~) = [p (x) (CPoOO' - OOCP~)]~=~. (35)
La deuxième égalité (34) peut être mise, en vertu de (33), sous
la forme:
~lW (b)+ ~2W' (b) _ CtlW (a) + Ct W' (a)
2 _ (~)
(36)
~1<Pdb)+~2<Pi(b) Ctl<Pda) + Ct2cpi (a) -CPo •
On a les conditions aux limites suivantes pour CPo (x) :
+
CXICPO (a) CX2CP~ (a) = 0; ~ICPO (b) ~2CP~ (b) = O.+ (37)
En écrivant l'égalité (31) pour x = a et x = b et en joignant aux
deux égalités ainsi obtenues les égalités (37), on détermine <Po (a),
CP~ Ca), CPo (b), CP~ (b). En portant les expressions obtenues dans (35),
on aboutit à (36). Faisons les calculs pour les conditions aux limites
y (a) = y (b) = 0, c'est-à-dire pour le cas où CX 2 = ~2 = O. La
formule (35) s'écrit alors: <Po (s) = p (a) 00 (a) <P~ (a) - p (b) X
X 00 (b) CP~ (b). Pour x = a et x = b, la formule (31) nous donne:
p (a) CPI (a) cpo (a) = p (b) <Pl (b) CP~ (b) = -1, c'est-à-dire que

p (a) cp ~ (a) = - <P11( a); p (b) cp ~ (b) = - ~


<Pl b) ,

et en portant ces relations dans la formule précédente, on trouve


w(b) w(a)
<Pl (b) - <Pl (a) = CPo (~),
c'est-à-dire l'égalité (36) pour CX 2 = ~2 = O.
Pour prouver que la distribution de Green est symétrique, écrivons
les deux équations suivantes:
L [G (x; ~l)l = CPo (~l) CPo (x); L [G (x; S2)] = CPo (~2) CPo (x).
232 CH. II. PROBLJ3JMES AUX LIMITES

Multiplions la première par G (x; ~2)' la seconde, par G (x; ~l)'


retranchons terme à terme et intégrons sur [a, b]. En se servant de la
formule de Green, des conditions aux limites et de la condition (29),
on trouve
[p (x) (G (x; ~2) G' (x; Sl)-

- G (x; ~1) G' (x; ~2»)]~ ~~+8 +[ ]~ i:;8 = 0,


d'où, comme précédemment, G (~l' ~2) = G (~2' SI)' A signaler
que comme au [11-1-3] il faut partager l'intervalle d'intégration en
trois parties.
Considérons maintenant l' équation
L (y) = -f (x), (38)
où f (x) est une fonction continue donnée, orthogonale à <Po (x).
L'équation (38) n'admet qu'une seule solution vérifiant les condi-
tions aux limites (2) et orthogonale à <Po (x). En effet, si elle en
admettait deux, leur différence devrait satisfaire l'équation sans
second membre associée et les conditions aux limites (2), c'est-à-dire
devrait être de la forme c<po (x) et donc ne serait pas orthogonale à
<Po (x). Montrons maintenant que cette unique solution de l'équa-
tion (38) orthogonale à <Po (x) est définie par la formule
b

y (x) = I
a
G (x, ~) f (~) d;. (39)

En effet, en partageant l'intervalle d'intégration [a, bl en deux


intervalles partiels [a, x] et [x, b], on montre comme plus haut
au [11-1-2] que
b

L(y)= I L[G(x, ;)]f(;)ds-f(x).


a

D'où, en se servant de l'équation (28),


b

L (y) = <Po (x) I <Po (;) / (S)


a
d; - / (x),

relation qui entraîne directement (38), puisque / (x) est par hypo-
thèse orthogonale à <Po (x). Donc, si f (x) est orthogonale à <Po (x),
alors l'équation (38) admet une seule solution vérifiant les conditions
aux limites (2) et orthogonale à <Po (x) et cette solution est définie par
la formule (39).
Si F (x) est une fonction arbitraire, orthogonale à <Po (x), véri-
fiant les conditions aux limites (2) et possédant des dérivéess bre-
mière et seconde continues, alors en posant / (x) = -L (F), on
11-1-7. DISTRIBUTION DE GREEN 233

peut exprimer F (x) à l'aide de la formule (39). Pour prouver cette-


assertion, il nous suffit de nous assurer que la fonction f (x) est
orthogonale à <Po (x). Ecrivons à cet effet la formule de Green (14)
pour u = <Po (x) et v = F (x). En tenant compte de la relation
L (<Po) = 0 et des conditions aux limites pour <Po (x) et F (x), on
établit l'orthogonalité de <Po (x) et f (x) par une intégration de-
la formule de Green sur l'intervalle la, b]. Signalons encore que-
quelle que soit la fonction continue f (x), la formule (39) nous donne-
une fonction orthogonale à <Po (x), puisque le noyau G (x, ~) jouit.
de cette propriété.
Penchons-nous maintenant sur le problème aux limites pour
l'équation
d
L(y)=ëiX[P(x)y']-q(x)y= -'Ay (40}

avec les conditions aux limites (2). Cherchons une solution non
triviale distincte de <Po (x). Toute fonction propre de ce problème,.
distincte de <Po (x), c'est-à-dire associée à une valeur propre distincte-
de 0, doit être orthogonale à <Po (x) et l'on voit donc que le problème-
aux limites posé est équivalent à l'équation intégrale
b

y (x) = Â ) G (x, ~) y (6) d6. (41)


a

Considérons maintenant le théorème de décomposition suivant les


fonctions propres pour l'équation (41). Il nous faut élucider le-
problème de la représentabilité d'une fonction par l'intermédiaire-
du noyau. On a vu plus haut que toute fonction possédant des déri-
vées première et seconde continues, vérifiant les conditions aux
limites (2) et orthogonale à <Po (x) était représentable par le noyau
et par suite une telle fonction se développera en une série de Fourier
suivant les fonctions propres de l'équation (41), uniformément et
absolument convergente. Signalons que la condition subsidiaire-
d'orthogonalité à <Po (x) de la fonction développée en série est une-
condition nécessaire, puisque toutes les fonctions propres de l'équa-
tion (41) sont orthogonales à <Po (x). Cette circonstance entraîne-
immédiatement la non-complétude du noyau de l'équation (41).
Dans le théorème de décomposition, on peut, comme toujours,
remplacer la continuité de la dérivée seconde par sa continuité
par morceaux.
Indiquons une méthode plus élémentaire d'étude du cas où
 = 0 est une valeur propre. Soit m la valeur absolue de la plus.
petite valeur propre de l'équation (41). L'intervalle [-m, m] ne-
contiendra que la seule valeur propre ';v = O. Prenons dans cet
intervalle une valeur ';v' distincte de 0 et dans l'équation (40) rem-
234 CH. II. PROBL~MES AUX LIMITES

plaçons  par ~ en posant  = Â' +~. L'équation (16) devient


d~ [p (x) y'] + [Â' - q (x)] y = .- ~y.

La valeur ~ = °
n'est plus une valeur propre en vertu de ce qui
précède et par suite on peut appliquer la théorie basée sur la fonc-
tion de Green. En particulier, les fonctions propres du problème
aux limites formeront un système fermé. De là il s'ensuit entre
autres que si aux fonctions propres de l'équation (41) on adjoint
-<J>o (x), on obtient un système fermé. L'introduction du nouveau
paramètre ~, comme nous le verrons sur un exemple ultérieur, est
susceptible de compliquer l'intégration de l'équation qui a servi
il définir la fonction de Green. Dans le prochain numéro, on ap-
pliquera la distribution de Green à l'étude d'un problème aux
limites débouchant sur les polynômes de Legendre. Dans ce cas,
la fonction p (x) s'annule aux bornes de l'intervalle [a, bl et les
eonditions aux limites se changent en condition de finitude de la
.solution aux bornes de [a, b]. Tout ce qui a été dit plus haut est
valable pour ce cas.
Nous avons vu plus haut qu'une seule fonction propre était
;associée à la valeur propre  = 0 de l'équation (1) avec les condi-
tions aux limites (2). Si les conditions aux limites sont périodi-
ques, par exemple sont de la forme y (a) = y (b) et y' (a) = y' (b),
.alors il peut exister deux fonctions propres correspondant à la valeur
propre  = O. Ceci vaut également pour les équations d'ordre supé-
rieur à deux qui seront examinées plus bas. Dans tous ces cas, la
fonction de Green se construit comme plus haut: au second membre
de l'équation (28) il faut écrire une somme étendue à toutes les
fonctions propres correspondant à la valeur propre  = 0, ces fonc-
tions étant normées et deux à deux orthogonales.
11-1-S. Polynômes de Legendre. On demande les valeurs du paramètre ).
pour lesquelles l'équation
d
dx [(1-x 2 ) y'] +Ây=ü (42)

possède une solution bornée aux extrémités de l'intervalle [-1, 1]. On sait que
les valeurs propres de cette équation sont Ân = n (n + 1) (tome 111 2 , [V-SD et
les fonctions propres orthonormées,

(fln (x) = ...V/ 2n+1


2 P n (x) (n = Ü, 1, ••. ), (43)

-OÙ P n (x)sont des polynômes de Legendre. Il est aisé de voir qu'il n'existe pas
d'autres valeurs et fonctions propres. S'il existait d'autres fonctions propres, il
existerait une fonction propre orthogonale à toutes les fonctions (43). Pour
montrer que cette dernière n'existe pas il suffit de prouver que les fonctions
(43) forment un système fermé. Prouvons ceci. Soit f (x) une fonction quelconque
-continue définie sur l'intervalle [-1, 1]. Le théorème de Weierstrass (tome II,
,IVI-2-5]) nous dit que pour tout 8 > 0 donné, on peut trouver un polynôme
II-1-S. POLYNOMES DE LEGENDRB 235

Q (x) tel que sur l'intervalle [-1, 1) l'on ait l'inégalité 1 1 (x) - Q (x) 1< 8
qui entraîne aussitôt
1
) li (x) -Q (X))2 dz < 28 2 •
-1
Supposons que Q (x) est de degré m. La fonction <Pn (x) étant un polynôme de
degré n, on peut représenter Q (x) par une combinaison linéaire des polynômes
<Po (x), ••• , <Pm (x) et les inégalités précédentes deviennent:
1 m
) rf
-1
(x)- ~
k=O
ak<Pk (x) J2 dx < 28 2

Cette inégalité sera à fortiori vérifiée si l'on remplace les coefficients ah par
les coefficients de Fourier de la fonction 1 (x) suivant le système de fonctions
(43).
Le nombre 8 étant arbitrairement petit, on peut affirmer que l'erreur quadra-
tique moyenne affectant la représentation de 1 (x) par une portion de sa série de
Fourier suivant les fonctions (43), tend vers 0, autrement dit, les fonctions (43)
forment bien un système fermé.
Revenons à l'équation (42). On a dans ce cas
d
L (y)= dx [(1-x 2 )y'],

et l'on voit immédiatement que la première fonction du système (43), c'est-à-


dire la constante <Po (x) = ~2 est solution de l'équation L (y) = ° et vérifie
la condition aux limites, c'est-à-dire est bornée aux extrémités de l'intervalle.
En d'autres termes, Îw = °
est une valeur propre, ce qui résulte encore de la
formule Îw n = n (n + 1) pour n = o. Pour construire la fonction de Green,
écrivons l'équation (28):

dd [(1-x 2 ) y']
x
=~.

Une solution particulière de cette équation est y = -11n (1 - x 2 ) et l'inté-


grale générale de l'équation sans second membre associée est de la forme
Cl+ c2 ln ~ +:. Les solutions qui sont finies aux extrémités x = +1 sont
respectivement de la forme:
1 1 1+x 1
YI (x)=-4"ln (1-x 2 )+4" ln 1-x +a =-2"ln (1-x)+a,
1 1 1+x 1
Y2 (x)= -"4 ln (1-x2 )-"4 ln 1-x +~=-21n(1+x)+~,

où a et ~ sont des constantes. Choisissons ces constantes de manière que la solu-


tion composée soit continue pour x = 6 et orthogonale à <Po (x) = J2 . La
première de ces conditions donne
1 1
-TIn (1-s)+a = -Zln (1+s)+~,
236 CH. II. PROBL~MES AUX LIMITES

et l'on peut poser


1 1
ct= -TIn (1 +~)+y; p= -TIn (1-6)+1',

où "l'est une constante qui se détermine à partir de la condition d'orthogonalité


de la fonction de Green G (x, s) et de <Po (x). On a

-~ ln [(1-x) (1+s)]+y (x~~),


G(.'c,~)= 1
{
-2"ln [(1 +x) (1-s)] +1' (s ~ x).

La condition d' orthogoll ali té


1 1

~ G (x, s) <Po (x) dx=O, ou simplement ~ G(x, 6)dx=O,


-1 -1
1
nous donne 1'=--ln 2 et la distribution de Green s'écrit en définitive:
2
( 1 1
- - l n [(1-x) (1 +s)]-ln 2
2 2 (x ~ 6), +-
G (x, 6)= 1 1 (44)
{ - - ln [(1 +z) (1-s)]-ln 2+- (x ~ ~).
2· 2
Le noyau (44) est infini au voisinage des sommets x = 6 = -1 et x = 6 = 1
du carré -1 ~ x, s ~ 1. On vérifie sans peine que toute fonction représentable
par le noyau
1
~ G (x, s) g (s) d6 (45)
-1

sera continue, pourvu que g (x) le soit et comme dans [11-1-3] ces fonctions sont
justiciables du théorème de décomposition en une série de Fourier suivant les
fonctions <Pn (x) (n = 1, 2, .. •), absolument et uniformément convergente.
Toute fonction 1 (x) admettant sur [-1, 1] des dérivées première et seconde
continues et satisfaisant la condition
1

~ 1 (x) <Po (z) dx=O, (46)


-1

condition qui traduit l'orthogonalité de 1 (x) et <Po (x), est représentable par le
noyau à l'aide de la formule (45) et se développe en une série de Fourier suivant
les fonctions <Pn (x) (n = 1, 2, ...), absolument et uniformément convergente,
c'est-à-dire suivant les polynômes de Legendre Pn. (x) (n = 1, 2, ...). Si f (x)
ne vérifie pas la condition (46), il suffit d'appliquer le théorème général de
décomposition à la fonction
1

Il (x)-I (x)- ~ l1
-1
(x) dx,

qui, elle, vérifie la condition (46). La fonction 1 (x) se développe suivant tous les
polynômes de Legendre, y compris Po (x) = coust.
II-l-S. POLYNOMES DE LEGENDRE 237

La série de Fourier du noyau est de la forme


00

~ (2n+1) P n (x) P n (~) (47)


LI 2n (n+ 1) •
n=1
Elle ne peut converger uniformément sur le carré k o, car le noyau n'est pas
borné. Utilisons l'expression asymptotique des polynômes de Legendre pour les
grands n (tome II1 2 , [VI-3-8]):

Pn(cost)=V nn;int {cos[(n+;)t-~J+Ôn},


où ôn -+- 0 uniformément par rapport à t E [e, n - e], e > 0 étant un nombre
arbitraire donné. Fixons une valeur S de l'intervalle [-1, 1]. On a la majoration
1 Pn (s) 1 ~Vn' où m n est borné lorsque n Croît. D'autre part, pour tout x E
E [-1,1], on a 1 Pn (x) 1 ~ 1 (tome III 2 , [VI-1-4]). On remarque donc que pour
S fixe, la série (47) converge absolument et uniformément en x dans l'intervalle
[-1, 1]. La fonction (44) est orthogonale à <Po (x) et par suite la série (47) est sa
série de Fourier suivant le système fermé (43). De sa convergence uniforme il
résulte que sa somme est égale au noyau (44) (tome IVl , (1-3]). Des raisonnements
précédents il s'ensuit immédiatement que la série (47) converge absolument et
uniformément dans le carré k o si l'on exclut de ce dernier ses sommets (-1, -1)
et (1, 1) et des voisinages de ces sommets de rayons aussi petits que l'on veut.
Appliquons maintenant l'autre approche pour étudier le problème aux
limites pour l'équation (42). Remplaçons le paramètre 'A par f.1 en posant 'A =
= f.1 + p (p + 1), où p est un nombre fixe non entier. L'équation (42) devient
d
+
dx [(1-x 2) y'] p (P+ 1) y+ ~ty =0.

La valeur f.1=0 n'est plus une valeur propre et l'on doit poser
d
L(y)= dx [(1-x 2 )y']+p(p+1)y.

L'équation L (y)=O se transforme en une équation de Gauss (tome IH 2 , [V-61.


(V-7]) de paramètres a= -p, ~=p+1, ,\,=1, par la substitution t=1t •
x

Cette équation admet les deux solutions:


x
Yl(x)=F(-p, p+1, 1; 1t ); Y2(x)=cF(-p, p+1, 1; 1 x),
2
la première étant régulière pour x= -1, la seconde, pour x= 1. On peut
choisir la constante c de telle sorte que

y{ (x) YI (x)-y~ (x) YI (x)= 1~XI •

On montre alors que c= 4 .n ,) et par suite la fonction de Green est


sm pn
définie par

1tF (-p, p+1, 1; 1t ) F


x
(-p, p+1, 1; 1;S)
Gl (x, ;)= --------:--:---------~ (x ~ S).
4 ~in pn
(48)'
238 CH. II. PROBL:&:MES AUX LIMITES

Si S ~ x, il faut permuter x et S. A la suite du changement de paramètre, les


valeurs propres seront définies par la formule !ln = n (n 1) - p (p 1), les + +
fonctions propres étant toujours les fonctions <i'n (x). La série de Fourier du
noyau (48) s'écrit:
00
~ (2n+ 1) P n (x) P n (s)
G1 (x, s)= LI 2 [n (n+1)-p(p+1)]'
n=O

et comme plus haut elle donnera la fonction de Green (48) pour tout point fixe
S de l'intervalle [-1, 1] et pour tous les x de cet intervalle. Signalons que le
noyau (48) n'est pas borné ici.
11-1-9. Fonctions d'Hermite et de Laguerre. On peut construire la fonction
de Green pour des problèmes aux limites conduisant aux fonctions d'Hermite et
de Laguerre.
Les fonctions d'Hermite 'l'n (x) (tome 111 2 , [VI-3-1l) sont les fonctions pro-
pres de l'équation
y" +
(Â. - x 2 ) y = 0

sur l'intervalle ]-00, oo[ et à condition que y ~ 0 lorsque x ~ -00 et x ~


~ + 00. Les valeurs propres sont Â.n = 2n + 1 (n = 0, 1, ...). En remplaçant
Â. par Â. - 1, on met l'équation sous la forme

L (y) + Â.y = 0, où L (y) = y" - (1 +x 2


) y,
les valeurs propres étant définies maintenant par la formule Â.n = 2n +2
(n = 0, 1, ...). L'équation

L (y) = y" - (1 +x 2
) y = 0
Xli Xl

admet y=e2 pour solution et la substitution y=we2 nous permet de


trouver immédiatement son intégrale générale

où Cl et C2 sont des constantes arbitraires. Lorsque x ~ S. on doit prendre


la solution qui s'annule pour x= - 00, soit
Xll X

YI =ae
2 Jr e
-VI d
1:',
-00

où a est une constante. Pour x ~ S on prend de façon analogue la solution


Xl +00

Y2= be
T Jr e -VI d
v,
x

où b est une constante. Les constantes a et b se déterminent à partir de la con-


dition de continuité de G (x, s)
en z = 6 et de saut de la dérivée première
11-1-9. FONCTIONS D'HERMITE ET DE LAGUERRE 239

G' (x, s) en x =- 6. On obtient en définitive


(
(x ~ 6),
1
G (x, ;)= {
1 (x ~ ç,).
l
Les fonctions de Laguerre <On (x) «tome 111 2 , [VI-3-5]) pour s = 0) sont les
fonctions propres de l'équation

xy"+y' + (Â- f) y=O


sur l'intervalle] 0, 00 [ et à condition que la solution soit bornée au voisinage
1
de x=o et s'annule pour x= +00. Les valeurs propres sont Ân =2"+n. La

substitution de Â- ~ à Â nous permet de mettre l'équation sous la forme

L(Y)+ÂY=O, où L(Y)=XY"+Y'-(~+:) y;
les valeurs propres sont  n =n+1 (n=O, 1, ... ). L'équation

X) y=o
L (y)=xy"+y' - '( 2+4
1

admet y = eX / 2 pour solution et la substitution y = weX / 2 nous conduit facile-


ment à l'intégrale générale

Pour x ~ 6, on doit prendre la solution régulière en x = 0, soit:


YI =aeX / 2 ,
et pour x ~ ~ la solution nulle en x= 00, soit:
x +00
Y'J = he
2' re-v
J -v- dv"
x

En déterminant a et b comme indiqué plus haut, on obtient finalement ~

G (x, 6)=
r :~.
j
r e:" do (x <;; 6),

x+, 00

-2- ~ e-v
e -dv (x~s).
v
l x
:240 CH. II. PROBL1l:MES AUX LIMITES

11-1-10. Equations du quatrième ordre. Comme plus haut, on peut


:pour les équations d'ordre supérieur envisager la fonction de Green
cet la réduction du problème aux limites à une équation intégrale.
L'étude des vibrations d'une barre nous a conduits au problème
;aux limites suivant: trouver les valeurs du paramètre  pour les-
.quelles l'équation
y(IV) - Ây = 0 (49)
;admet une solution non triviale vérifiant quatre conditions aux
limites homogènes. Si, par exemple, la barre est fixée à l'extré-
mité x = 0 et libre à l'extrémité x = l, les conditions aux limites
:sont
y Ix=o = y' Ix=o = 0; y" IX=1 = y"' IX=1 = O. (50)
-Pour une barre non homogène, on obtient l'équation
y(IV) _ Âr (x) y = O. (51)
~La fonction de Green G (x, s) décrit la déformation statique due
-à l'action d'une force ponctuelle. Cette fonction se définit à partir
.des conditions suivantes: 1) elle est continue avec ses dérivées
première et seconde par rapport à x dans le carré k o ; 2) pour 0 < x <
-< S et S < x < l elle possède des dérivées jusqu'à l'ordre quatre
<continues et vérifie l'équation sans second membre G(IV) (x, s) = 0;
3) elle satisfait les conditions aux limites pour toute valeur S de
[0, Z); 4) sa dérivée troisième présente un saut sur la diagonale
.de k o, défini par
G'" (s +- 0, s) - G'" (6 - 0, s) = -1. (52)

Si y (x) est une fonction possédant des dérivées jusqu'à l'ordre


-quatre continues, la dérivée quatrième étant nécessairement continue
-par morceaux, satisfait les conditions aux limites (50), alors de la
:Il'elation y(IV) = -/ (x) il s'ensuit
1

y (x) = JG (x, ~) / (s) ds, (53)


o

cet réciproquement, une fonction définie par (53) possède des dérivées
jusqu'à l'ordre quatre continues, satisfait les conditions aux limites
(50) et l'équation y(IV) = - / (x), pourvu que / (x) soit continue
:sur [0, ll. Donc, le problème aux limites pour l'équation (49) se
ramène à l'équation intégrale
l

Y(x) = - Â JG (x, ~) y (~) ds,


o
11-1-11. THgOR~MES DE DBCOMPOSITI0N DE STBKLO'V 241

et pour l'équation (51), à l'équation intégrale


l

y (x) = - Â )G (x, s) r (~) y (~) ds.


o
Les fonctions propres formeront comme plus haut un système fermé
et toute fonction vérifiant les conditions aux limites (50) et possé-
dant des dérivées jusqu'à l'ordre quatre continues, se développe en
une série de Fourier suivant les fonctions propres absolument et
uniformément convergente. Exactement comme au [11-1-5], on démon-
tre que toutes les valeurs propres sont strictement positives et par
suite le théorème de Mercer nous dit que le noyau se développe aussi
suivant les fonctions propres.
Construisons la fonction de Green pour le cas d'une barre fixée par ses
extrémités, c'est-à-dire pour les conditions aux limites y (0) = y' (0) = y ~l) =
= y' (l) = 0, en admettant que r (x) ;:s; 1 et l = 1. L'intégrale générale de l'equa-
tion y(IV) = 0 est, un polynôme du troisième degré à coefficients arbitraires.
On peut facilement trouver les solutions vérifiant les conditions aux limites en
une extrémité seulement. Ce seront les solutions
YI (x) = x2 (al + a2 x ) j Y2 (x) = (x - l)2 (b l + b x).
2

Les constantes arbitraires se déterminent à partir de quatre conditions: les


conditions de continuité de la fonction et de ses,dérivées première et seconde en
x = 6 et de discontinuité (52) de la dérivée troisième. Des calculs élémentaires
nous donnent l'expression définitive de la fonction de Green:

~) = (~;-1)2 (2x~+x-36) ~ S).


2
G (x, x (x

Pour S~ x, il faut permuter x et s.


11-1-11. Théorèmes de décomposition de Stéklov précisés. Au
11-1-4 on a établi le théorème de décomposition suivant les fonc-
tions propres CPn (x) de l'équation (16). On se bornera ici à des condi-
tions aux limites de la forme
y (a) = y (b) = O. (54)
Les théorèmes de décomposition suivant les fonctionscpn(x) pour
des hypothèses assez générales ont été établis indépendamment
de la théorie des équations intégrales dans les travaux de V. Sté k -
1 0 v. Les résultats ont été rassemblés dans son ouvrage Problè-
mes fondamentaux de physique mathématique, t.1 (en russe). Voici
quelques-uns d'entre eux.
Pour simplifier on admettra que q (x) ~ O. Cette restriction
peut être levée dans les numéros [11-1-11] à [11-1-18]. Soit f (x)
une fonction continue possédant une dérivée première continue sur
la, b] et satisfaisant les conditions aux limites (54). L'existence de
la dérivée seconde n'est pas admise. Prouvons une formule pré-
16-01017
242 CH. II. PROBU:MES AUX LIMITES

liminaire
b

J
o
[p (x) CPh (x) cp; (x) + q (x) <Pk (x) CPt (x)]dx = 0 pour k=l= l. (55)

En effet, en intégrant par parties et en tenant compte de l'équation


satisfaite par les fonctions propres
q (x) CPk (x) - d~ [p (x) cpit (x)) = ÂkCPk (x), (56)
on obtient
b

Ja
[p (x) CPk (x) cpî (x) + q (x) CPk (x) cP, (x)] dx=
b

= P (x) CPit (x) cp, (x) 1: ~ + Âk SCPk (x) cpz (x) dx•

Les deux termes du second membre sont nuls, le premier, en raison
de cP 1 (a) = cP 1 (b) = 0, le second, en raison de l'orthogonalité des
fonctions propres. Considérons maintenant la fonctionnelle
b

J (y) = 5 [p:(x) y'2 + q (x) y21dx (57)



et portons dans cette fonctionnelle
n-1
y = r n (x) = / (x) - LJ CkCPk (x), (58)
h=l

où Ch sont les coefficients de Fourier de la fonction / (x) :


b

c" = S/ (x) CPh (x) dx. (59)


a
En chassant les parenthèses et en tenant compte de (22) et (55),
on trouve
n-1 b
J [/ (x) - ~
k=1
Ch<Ph (x) ] = s
a
[p (x) 1'2 (x) + q (x) /2 (x)J dx+
n-1 n-1 b

+~ ÂhC: -' 2 ~ Ck S[p (x) f' (x) <Pk (x) + q (x) / (x) <Ph (X)] dx.
. k=1 h=1 a

En intégrant la dernière intégrale par parties et en tenant compte


du fait que 1 (a) = / (b) = 0 par hypothèse et de l'équation (56),
II-I-U. TUOR2MES DE DSCOMPOSl'1'ION DE ST2KLOV ·243

on obtient
n-I
J [f (x) - ~ c.<I>. (x) ] =
k==1
6 n-l
= J• [p (x) 1'2 (x) + q (x) f2 (x)] dx - ~ "'hC:,
.=1
(50)

Si l'on admet que p(x»O et q(x)~O, on déduit aussitôt de cette


formule une inégalité identique à celle de Bessel:
00 "

~ AAc1~ ~ [p (x) 1'2 (x) + q (x) j2 (x)] dx,


.-1 Q

et la convergence de la série du premier membre. Tous les termes


(61)

de cette série sont strictement positifs, car ÂA > 0 pour q (x) ~ O.


Remarquons que la démonstration de l'inégalité (61) est inté-
gralement valable si l'on admet que la fonction continue f (x) admet
une dérivée t' (x) partout sur (a, b] sauf en un nombre fini de points
al' al' ... , am, cette dérivée étant partout continue sauf en ces
points où elle présente une discontinuité de première espèce. Pour
intégrer par parties, il suffit d'intégrer sur les intervalles de con~
tinuité de fi (x) et d'ajouter ensuite les intégrales. i

Prouvons maintenant que sous les conditions imposées à f (x);


la série de Fourier de cette dernière, soit
00

2} CAQ>A (x) (62)


k==1
converge régulièrement sur l'intervalle [a, bl, c'est-à-dire que la
série
00

2J
A==1
ICAQ>A (x) 1 (63)

converge uniformément sur cet intervalle. L'équation intégrale


b

CP. (x) = ÂA ) G (x, s) CPA (s) ds, (64)


a
nous permet de mettre la série (63) sous la forme
00

~
1&==1
ÂA ICA"''' (x)/, (65)

b

"'A (x) = J
a
G (x, .~) <Pk (~} ds (66)
GH.-II. :PROBLlllMES AUX LIMITES

peuvent être traités comme les coefficients de Fourier de la fonc...


tion G (x, ~) de 6. L'inégalité (61) nous donne
00 b

~ Â k 'i'~ (x) ~~ Ip (6) Gl (x, 6) + q (S) G2 (x, ,)]2~, (67)


k=1 a
où G~ (x, ç) ést la dérivée de G(x, 6) par rapport à 6. Toutes les
fonctions figurant sous le signe d'intégration sont bornées, el de
(67) il s'ensuit que
00

LJ
k=1
Âk'i'~ (x) ~ M, (68)

où M est une constante. Remplaçons Âk par y~ V Âk et appli-


quons l'inégalité de Cauchy à une portion de la série (65):
m+p , jm+ p ... jm+ p
~
~. Â,t1 Ck'i'k (:t)l ~ V R=m
~ ÂkC~ V ~ Âk"'~ (x)
k=m
ou
m+p '
. m+p
~ ÂIt
k-lII
ICIt"l'k (x) 1~ -V ~ Âkcl y M ;
k=m

eette inégalité et la convergence de la série de termes Âkcl entraînent


immédiatement la convergence uniforme de la série (65) sur l'inter-
valle [a, bl, c'est-à-dire que la série (62) converge régulièrem:ent.
On sait d'autre part que la somme de cette série est f (xl (tome IVu
(1-31).
'Citons encore une démonstration du théorème de décomposition
sans l'hypothèse q (x) ~ 0 et sous les précédentes restrictions rela-
tives ,à f(x). Cette démonstration est due aussi à Stéklov. Intro-
duisons la notation (58) et prouvons tout d'abord qu'il existe une
constante C (ne dépendant pas de n) telle que
( , b

an . ~ p (x) r;: (x) dx~ C. (69)


a
On a
:. :: b n-1 '

.an = ~ P (x) [1' (x) - ~ Ckepk (X)]2 dx=


a k=1
b n-1

;:r. ') = ~ P (X) [1' (X) - ~ ckepi (X) ] r~ (X) dx=


a k=1
b n-1 b

=
a
Jp(X) l' (X) r~ (x)dx- ~ k=1
Cl ~ P (X) epk (x) r~ (X) dx.
a .
11-1-11. TH~ORn.ms DE" DSCOMPOSITION DE, S'i':eKLOV 24&~

En intégrant la dernière intégrale par pàrties et en tenant 'compté


de (56) et de l'orthogonalité de r n (x) et des fonctions CPk(X) (k= i
= 1, 2, ... , n-1), on obtient
b b b
an = ) p (x) t' (x) r~ (x) dx+ ) q (x) r n (x) t (x) dx- ) q (x) r~(x) dx,
a a a

d'où, en désignant par qo le maximum de Iq (x) 1 sur [a, bl et en:


appliquant l'inégalité de Cauchy-Bouniakovski, en remplaçant p (x)'
par V p (x) V'jj"(X) dans la première intégrale, il vient

on ~ V1 a
p (x)f"(x) dxVon +

Comme
b
lim \ r~ (x) dx,Q,
n-oo Ja
en vertu de l'équation de fermeture, on obtient pour an :
an ~ Cl V an +C 2 ,
où Cl et C2 sont des constantes strictement positives. On voit sur
cette inégalité que an reste bornée lorsque n croît et l'on obtient (69).
D'autre part, de la relation
:x:
-1tr~ (t) dt = T~ (x) ....... r~(S)
,
)

il s'ensuit que

rr
:Je

r~ (x) = r~ Œl+ 2 n (t) r~ (t) dt,

d'où l'on déduit en appliquant l'inégalité de Cauchy-Bouniakovski,


avec ~ < x : ' , " , :, , 1

r:'(x)~r..(sl+2V~ ri (t) dt. V~ r;:(t)dt~


~r~m + 2;V J a
ri (t) dt· VJ a
r;: (t) dt.'
246 CH. II. PROBLBMES AUX LIMITES

Si x< S, il faut changer les limites d'intégration de g et z. Une


intégration par parties par rapport à 6 sur [a, b] nouS donne

(b -a)
.
r~ (x)~ j r:' mds + 2(b-a) yi j r:' (t) dt·
a a
-V j r~'
a
(t) dt.

En désignant par Po le minimum de la fonction p (x) > 0 SUl


la, hl, on trouve compte tenu de (69):
b b

J
r r~2 (t) dt~_i_ r p (t) r~2 (t) dt~..E..-,
Po J Po
a a

~t l'inégalité précédente nous donne

r:' (x)~ b~a j r~ (t) dt +2 V ~ -V j r:' (t) dt.


a a

Le second membre ne dépend pas de x et tend vers 0 lorsque


n -+ 00, d'où il résulte que r n (x) -+ 0 uniformément sur [a, b],
c'est-à-dire que la série (62) converge uniformément sur cet inter-
valle et sa somme est t (x). On démontre sans admettre que q (x) ~ 0
que la série (62) converge régulièrement.
lI-t-t2. Justification de la méthode de Fourier pour l'équation
de la chaleur. Considérons l'équation aux dérivées partielles:

. ~~ . :t [p(x) ~: ]-q(x)u, (70)


qui décrit la diffusion de la chaleur dans une harre non homogène
en présence de perte de chaleur par rayonnement. En admettant
que a ~ x ~ b, on cherchera la solution de l'équation (70) qui
vérifie la condition initiale
u It=o = t (x) (x E [a, bl) (71)
et les conditions aux limites
u 1%" a = 0; U I%-b = O. (72)
La méthode de Fourier nous donne la solution
00

U (x, t) = ~ cke-~lIt<pk (x), (73)


k=1 .
où Âk et <Pk (x) sont les valeurs et les fonctions propres de l'équa-
tion
d .
rh [p (x) y') + [Â-q (x)] y=O (74)
1I-~-12. M~THODE· DE FOURIER POUR L'~QUATION DE LA CHALEUR 247

avee les conditions aux limites


y (a) = y (b) = 0, (75)
et Ck les coefficients de Fourier (59) de la fonction f (x). On· admettra
que q (x) ~ 0 et que f (x) possède une dérivée continue sur [a, bl
et satisfait les conditions aux limites (72). Observons que tous
les Âk > 0, car q(x) ~ O. Montrons que la· fonction (73) remplit
toutes Jes conditions du problème, c'est-à-dire satisfait (71) et
(72) et l'équation (70) pour t > O. . .
Nous avons prouvé que la série (73) converge régulièrement sur
l'intervalle [a, b]. Comme Âk > 0, on affirme que la série (73)
converge absolument et uniformément pour .~ ~ 0 et x E [a, b].
Donc, sa somme est une fonction continue pour les valeursihdi-
quées des arguments, c'est-à-dire que
00

Hm u.(x, t) = u (x, 0) = ~ Ck(J)k (x) = f (x).


, ... +0 . k=l

Ceci prouve que la . condition initiale (71) est réalisée. Les condi-
tions aux limites (72) sont satisfaites par u, car elles ·le sont par
les fonctions (J)k (x). Il reste à vérifier l'équation (70) pour t > O.
Chaque terme de la série (73) est par construction solution de l'équa-
tion (70) et il suffit donc de prouver que la serie (73) est dérivable
terme à terme une fois par rapport à t et deux fois par rapport à x.
Pour cela il suffit de .montrer que les sér,ies

(76~)
00

~ Cke-1ktq>k (x)
k=l

convergent uniformément pour t,~ct,· où ct> 0 est un nombre


arbitraire, et pour x E [a, b]. Commè Îl. -+ 00 avec k, on a Âk e- 1k -+ (X.

~ 0 et Âke-"'k t ~  k e- 1kœ pou t ~ ct, c'est-à-dire qu'il existe un


N(ne dépelldantpas de t) tel que  k e- 1kt <1 pour t;;:: ct et k ~ N.
De là, en tellanf compte de la convergence uniforme de la série. (63)~
on déduit la convergence uniforme de la série (76 1) pour f ~ct
et x E [a, b].
. On démontre exactement de la même manière que la série (73)
est dérivable terme à terme par rapport à t autant de fois qu'on
le veut pour ,t > O. Pour étudier les autres séries, écrIvons l'expres-
248 CH. II. PROBL!1MES AUX LIMITES

sion (64) pour <Pk (x) en tenant compte de .(7):


x , b

<Pk (X) = ÂkYI (x) Y2 J


a
(~) <Pk (6) ds + ÂkY2 (x)
x
J YI (6) <Pk (6) d6,

d'où
x b

J
<Pk (x) = Âky; (x) Y2 (S)' <Pk (6) d6 + ÂkY~ (x)
a x
J YI (~) <Pk (6) d6
et
. . x
J
Cke-)""t~k (x) = y; (x) Y2 (6) Âhe- Âkt ~k (6) d~ +
a
b

+ y~ (x) JYI (6) Âke- Âk' <Pk (6) ds· (77)


x

La convergence uniforme en x de la série (76 1) sur [a, bl pour


t > 0 entraîne celle des séries
00