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Théorie des machines frigorifiques

Machine à compression mécanique


par Maxime DUMINIL
Ancien professeur de l’Institut du Froid Industriel et du Génie Climatique, au CNAM
Ancien Professeur à l’École Centrale de Paris
Vice-Président de l’Association Française du Froid (AFF )

1. Machine frigorifique et pompe à chaleur. Généralités.................. B 9 730 - 2


1.1 Coefficients de performance....................................................................... — 3
1.2 Machine consommant de l’énergie mécanique.
Système au moins ditherme....................................................................... — 3
1.3 Machine consommant de l’énergie thermique.
Systèmes au moins trithermes................................................................... — 4
1.4 Phénomènes endothermiques et exothermiques utilisés........................ — 5
1.5 Utilisation de la vaporisation et de la condensation d’un frigorigène .... — 7
1.6 Variance d’un système. Loi de Gibbs. Pression de vapeur ...................... — 7
1.7 Machine utilisant la vaporisation d’un frigorigène................................... — 8
2. Machines frigorifiques monoétagées................................................. — 10
2.1 Classification des cycles frigorifiques à compression mécanique .......... — 10
2.2 Cycle fondamental à compression monoétagée d’un frigorigène pur ... — 10
2.3 Rendements du compresseur..................................................................... — 11
2.4 Calcul d’une machine .................................................................................. — 15
2.5 Conditions de fonctionnement et caractéristiques d’une machine......... — 23
2.6 Variation de la puissance thermique.......................................................... — 27
3. Machines frigorifiques polyétagées ................................................... — 29
3.1 Intérêt de la compression polyétagée. Ses limites ................................... — 29
3.2 Cycle frigorifique biétagé............................................................................ — 29
3.3 Cycles frigorifiques polyétagés .................................................................. — 37
3.4 Cycles frigorifiques (ou de pompes à chaleur) en cascade...................... — 40
3.5 Valorisation de la chaleur issue du condenseur
d’une machine frigorifique ......................................................................... — 43
4. Frigorigènes pour cycles à compression........................................... — 45
4.1 Familles de produits .................................................................................... — 45
4.2 Hydrocarbures fluorés et chlorés ............................................................... — 47
4.3 Frigorigènes naturels .................................................................................. — 49
4.4 Choix d’un frigorigène ................................................................................ — 51
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. B 9 730

ournir du froid à un corps, à un milieu, c’est lui extraire de la chaleur ce


F qui se traduit par un abaissement de sa température et aussi, bien souvent,
5 - 1996

par des changements d’états : condensation, solidification, etc. Ce sont ces


effets du froid qui sont, dans leur grande diversité, au service de l’homme
moderne. Les machines frigorifiques permettent, moyennant un apport éner-
gétique, d’extraire de la chaleur aux milieux à refroidir. Elles rejettent cette cha-
leur, accompagnée de l’équivalent thermique de l’énergie reçue, à température
plus élevée, dans le milieu ambiant. Ces machines peuvent aussi être utilisées
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comme systèmes de chauffage. Si le froid qu’elles produisent alors est géné-


ralement sans utilité (on se contente de prélever de la chaleur dans un milieu
où celle-ci est gratuite, air, eau ou processus industriel ) c’est la chaleur rejetée

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à température plus élevée qui est utilisée. On a alors affaire à ce que l’on appelle
généralement une pompe à chaleur dont les principes de fonctionnement, et
souvent la technologie, sont semblables à ceux des machines frigorifiques.
Si les modes de production de froid sont fort variés, certains d’entre eux se
détachent nettement des autres dans tel ou tel domaine de températures à
atteindre. Ainsi, par exemple, pour les domaines de température descendant,
pour les machines frigorifiques, jusqu’à – 80 oC, environ, et s’élevant, pour les
pompes à chaleur, jusqu’à environ + 100 oC, les cycles à compression de vapeurs
liquéfiables (frigorigènes ) exercent une domination quasi absolue, ne laissant
que très peu de place aux autres modes de production de froid comme l’absorp-
tion, l’adsorption ou les cycles thermodynamiques à gaz. En revanche, ces der-
niers prennent une importance majeure dans le domaine des très basses
températures (cryogénie ).
Comme la plupart des applications économiquement très importantes du froid,
le conditionnement d’air de confort (climatisation ) ou industriel, la production,
la conservation et la distribution des denrées périssables appartiennent au
domaine des cycles à compression, l’importance de ces cycles est considérable.
La primauté écrasante des machines frigorifiques à compression s’explique
d’abord par leur simplicité et leur efficacité. Mais elle s’explique aussi par la très
importante diversité de leurs composants (compresseurs, échangeurs ther-
miques, organes de régulation, etc.) utilisables dans les plus petites machines
comme dans les plus grandes, composants disponibles à peu près partout dans
le monde, généralement fabriqués en série avec des prix très étudiés car la
concurrence internationale est sévère. Il est ainsi possible de réaliser, à la
demande, n’importe quel type de cycles à compression en assemblant ces
composants.
La bonne connaissance des cycles frigorifiques à compression est donc d’une
importance majeure, ce qui justifie le développement qui leur est réservé. Après
des indications générales sur les systèmes frigorifiques, cet article étudie les
cycles frigorifiques à un étage de compression mécanique : tracé des cycles,
étude de la machine monoétagée, influence des conditions de fonctionnement
de cette machine sur ses caractéristiques et modes de réglage de la puissance
frigorifique. Un paragraphe est consacré ensuite aux cycles frigorifiques à
compression polyétagée et, singulièrement, aux machines biétagées. Une étude
des cycles frigorifiques en cascade complète ce texte qui se termine par un déve-
loppement sur les fluides actifs des machines à compression : les frigorigènes.

1. Machine frigorifique Lorsque le but recherché est l’extraction de chaleur à un corps,


ou à un milieu, pour le refroidir ou le maintenir à une température
et pompe à chaleur. inférieure à celle de l’ambiance, c’est-à-dire lorsqu’il s’agit de pro-
duire du froid, le système thermodynamique qui effectue cette opé-
Généralités ration prend naturellement le nom de machine frigorifique. L’effet
utile est la chaleur extraite (ou le froid produit) à la source froide
(figure 1a ).
« La chaleur ne peut passer spontanément d’un corps froid vers Si, au contraire, le but recherché est la production de chaleur pour
un corps chaud ». C’est l’énoncé de Clausius du second principe de chauffer un milieu ou le maintenir à une température suffisamment
la thermodynamique. haute à partir de chaleur gratuite récupérée à une température plus
Si l’on veut effectuer le transfert de chaleur, dans le sens anti- basse, le système en question est dénommé habituellement pompe
naturel, d’un milieu froid vers un milieu chaud, il faut, nécessai- à chaleur. L’effet utile est alors la chaleur rejetée au puits chaud
rement, d’une part, imaginer et mettre en œuvre un système (figure 1b ). Notons que les « hautes températures » que produisent
thermique particulier, et, d’autre part, fournir de l’énergie au les pompes à chaleur sont généralement très inférieures à celles que
système. l’on obtient aisément en mettant en œuvre d’autres techniques, la
combustion par exemple.
■ Le système thermodynamique particulier mis en œuvre est
Dans certains cas spécifiques, on peut utiliser à la fois le froid
susceptible de transférer effectivement de la chaleur d’un milieu à
produit à la source froide et la chaleur rejetée au puits chaud. Un
température inférieure où la chaleur est prélevée (source froide)
tel système est alors généralement appelé thermofrigopompe.
vers un milieu à température supérieure où la chaleur est rejetée
(puits chaud).

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■ Pour alimenter le système thermodynamique, on utilise :


— soit une énergie mécanique, ou équivalente, donc sous la forme
de pure exergie [1] ; le système comporte alors au minimum une
source froide et un puits chaud ; il est dit, au moins, ditherme ;
— soit une énergie thermique, le système comporte alors au
moins une source thermique supplémentaire, la « source de chaleur
motrice ». Le système en question est alors, au moins, tritherme.

1.1 Coefficients de performance


Pour caractériser l’efficacité d’une machine frigorifique ou d’une
pompe à chaleur, on considère, respectivement :
— le coefficient de performance frigorifique :
froid produit à la source froide
COP F = ----------------------------------------------------------------------------------------
énergie apportée au système
— le coefficient de performance calorifique :
chaleur dégagée au puits chaud
COP C = --------------------------------------------------------------------------------------------
énergie apportée au système
Ces rapports adimensionnels sont objectivement des rende-
ments, mais on évite de leur donner ce nom pour ne pas choquer
Figure 1 – Principe d’une machine frigorifique
les habitudes car ils ont très souvent des valeurs supérieures à
et d’une pompe à chaleur
l’unité, contrairement aux rendements des machines thermiques
produisant de l’énergie mécanique.

1.2 Machine consommant


de l’énergie mécanique.
Système au moins ditherme
La figure 2 schématise un tel système. Grâce à l’énergie méca-
nique (ou équivalente) W fournie à ce système, on absorbe à la
source froide, à la température thermodynamique TF , l’énergie ther-
mique Q F et on rejette au puits chaud, à la température TC , l’énergie
thermique QC . Au lieu de considérer les énergies, on peut s’inté-
resser aux puissances mises en œuvre. Du fait de la puissance méca-
nique fournie P, on produit, à la source froide, une puissance
frigorifique φF et on rejette au puits chaud une puissance calorifique
φC . Selon le premier principe : Figure 2 – Système ditherme
+ |QF | + |W | – |QC | = 0 (1)
Le coefficient de performance calorifique d’une pompe à chaleur
|W | = |QC | – |QF | (2) est toujours supérieur à 1.
ou encore |P | = |φC | – |φF | (3) Pour une machine frigorifique (ou une pompe à chaleur) ditherme
réversible, donc thermodynamiquement idéale, on doit satisfaire à
Le coefficient de performance frigorifique COP F d’une machine la relation de Clausius :
frigorifique ditherme est :
QF QC QF QC QC TC
QF 1 -------- - ⇒ ------------
- + --------- = 0 = + ------------- – ------------ - = -------- (7)
COP F = ------------------------------
- = ------------------------------------------ (4) TF TC TF TC QF TF
QC – QF  QC  QF  – 1
Dans ce cas, les coefficients de performance frigorifique et calo-
Il peut être supérieur, égal ou inférieur à 1 selon les conditions rifique de ces systèmes idéaux deviennent :
de fonctionnement du système.
Le coefficient de performance calorifique COPC d’une pompe à W TF
COP F, ( id ) = --------------------- (8)
chaleur ditherme est : TC – TF

QC 1 TC
COP C = ------------------------------
- = ------------------------------------------ (5) W
COP C, ( id ) = --------------------- (9)
QC – QF 1 –  QF  QC  TC – TF

On vérifie aisément que : W indiquant que le système reçoit du travail.


COPC = COPF + 1 (6)

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Les coefficients de performance des systèmes réels, qui sont ther- Le coefficient de performance frigorifique COPF de ce système
modynamiquement irréversibles, sont généralement voisins de la est :
moitié des valeurs obtenues par l’application de ces deux relations.
φF
 
Les expressions (8) et (9) montrent que l’un et l’autre des coeffi- QF
COP F = -------------- ou ------------- (11)
cients de performance des systèmes idéaux croissent très vite QM φM
lorsque la température de la source froide et celle du puits chaud
se rapprochent l’une de l’autre (figures 3a et b ). Il en est aussi de et le coefficient de performance calorifique COPC :
même pour les coefficients de performance des systèmes réels. On
φC
ou ------------
φ 
rappelle que c’est tout à fait l’inverse qui se produit dans un moteur QC
COP C = -------------- - (12)
thermique lorsque la température de la source chaude et celle du QM M
puits froid se rapprochent. Dans ce cas le rendement du moteur dimi-
nue (figure 3c ). Comme précédemment, on a bien :
COPC = COPF + 1 (13)

1.3 Machine consommant Pour un système réversible tritherme de ce type, machine frigo-
rifique ou pompe à chaleur, on aurait, de plus, selon Clausius :
de l’énergie thermique.
Systèmes au moins trithermes QF QC
+ ------------- – ------------
QM
- + -------------- =0 (14)
TF TC TM
Outre la source froide à TF et le puits chaud à TC , ces systèmes,
consommant de l’énergie thermique, mettent en œuvre au moins En appliquant (10) et (14) on obtient l’expression du coefficient
une troisième source de chaleur à TM où la chaleur motrice leur est de performance frigorifique de ce système idéal :
fournie. On a donc affaire à des systèmes (au moins) trithermes.
Q TF ( TM – TC )
Notons que selon le niveau thermique de cette troisième source COP F , ( id ) = -------------------------- --------------------------- (15)
TM , on peut rencontrer les deux cas suivants : ( TC – TF ) TM
— 1er cas : TM > TC > TF et, en tenant compte de (13), on a le coefficient de performance calo-
— 2e cas : TC > TM > TF rifique de la pompe à chaleur tritherme idéale :
■ 1er cas : TM > TC > TF TC ( TM – TF )
Q
Le schéma d’un tel système est représenté figure 4. La chaleur COP C , ( id ) = --------------------------- --------------------------- (16)
( TC – TF ) TM
motrice subit, dans le système thermodynamique, une chute de tem-
pérature entre TM , où elle est apportée au système, et TC , où elle l’exposant Q indique que le système reçoit de la chaleur.
est rejetée dans le milieu extérieur. Il en résulte un effet moteur (M)
que le système utilise pour déplacer de la chaleur (D) de TF à TC . Ces coefficients de performance sont d’autant plus élevés que
les températures TF et TC sont plus voisines et que TM est plus
Comme précédemment on peut avoir affaire à un système frigo- éloignée de TC .
rifique si le froid Q F , produit à la température TF , est l’effet utile
ou à une pompe à chaleur si notre intérêt se porte sur Q C , chaleur Les coefficients de performance de ces systèmes fonctionnant
rejetée à la température utilisable TC . grâce à une fourniture de chaleur sont inférieurs à ceux des systèmes
recevant de l’énergie mécanique et déplaçant de la chaleur entre
D’après le premier principe de la thermodynamique, on a : les mêmes températures TF et TC . En effet, les rapports (TM – TC )/TM
+ |QF | + |QM | – |Q C | = 0 (10) et (TM – TF )/TM sont tous deux nettement inférieurs à 1. Cela ne doit
pas nous étonner : la chaleur étant une forme dégradée de l’énergie,
si l’on veut, par apport d’énergie sous cette forme, obtenir du sys-
tème frigorifique le même effet que celui que l’on obtiendrait en
apportant au système de l’énergie mécanique, il faut fournir une
quantité plus grande d’énergie thermique.

Figure 3 – Coefficients de performance et rendement en fonction des températures des milieux froid et chaud

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Pour un système idéal de ce genre, le coefficient de performance


calorifique serait encore donné par la relation (16).

1.4 Phénomènes endothermiques


et exothermiques utilisés

Pour transférer de la chaleur d’un milieu à basse température


vers un autre à température plus élevée, il faut mettre en œuvre :
— un phénomène endothermique, s’effectuant à la température
TF de la source froide pour extraire de la chaleur au milieu extérieur
froid ;
— un processus thermodynamique, pour élever le niveau ther-
mique de cette chaleur de TF à TC ;
— un phénomène exothermique, s’effectuant à la température TC
du puits chaud pour rejeter la chaleur vers le milieu extérieur chaud.
Figure 4 – Principe d’une machine frigorifique Ces phénomènes peuvent s’effectuer simultanément dans les
(ou d’une pompe à chaleur) tritherme avec TM > TC > TF diverses parties du système qui produit ainsi du froid ou, plus géné-
ralement, déplace de la chaleur en continu. S’ils s’effectuent séquen-
tiellement, les divers phénomènes évoqués ci-avant se produisent
successivement. La production du froid, ou plus généralement le
déplacement de chaleur, s’effectue alors de manière discontinue ou
intermittente.
Le milieu, qui dans le système frigorifique est le siège de ces phé-
nomènes, est dénommé frigorigène. Dans le système, le frigorigène
peut subir une transformation qui le laisse dans un état final différent
de l’état initial (transformation ouverte) ou bien une série de trans-
formations qui le ramène périodiquement dans le même état. Il a
alors parcouru un cycle qui en l’occurrence est un cycle frigorifique.
Le tableau 1 présente quelques-unes des transformations endo-
thermiques et exothermiques que l’on peut mettre en œuvre pour
la production du froid ou le déplacement de la chaleur vers les tem-
pératures croissantes. Toutes ne sont pas énumérées mais les prin-
cipales y figurent.
■ Fusion d’un solide
Ce processus est essentiellement utilisé pour l’accumulation de
Figure 5 – Principe d’une pompe à chaleur tritherme froid. On fait largement appel à la glace. Les applications principales
avec TC > TM >TF sont :
— les transports frigorifiques,
■ 2e cas : TC > TM > TF exemple : transport et conservation de poissons frais dans les
bateaux de pêche ;
Le schéma d’un tel système est représenté figure 5. Comme la
chaleur motrice provient d’une source à température intermédiaire — l’écrêtage de pointes de demande de froid : la glace, formée
entre TC et TF , pour produire l’effet moteur (M) la chaleur rejetée pendant les périodes où les besoins de froid sont plus faibles,
n’a alors qu’une seule issue possible : le puits froid à la température permet, en fondant, de restituer le froid pendant les pointes de
TF . Dès lors, un tel système ne peut être un système frigorifique. demande,
C’est, en revanche, une pompe à chaleur puisque le reste de la
chaleur incidente est déplacé (D) dans le sens des températures exemples : en génie agroalimentaire, refroidissement rapide du lait
croissantes de TM à TC . Un tel système, souvent dénommé trans- en laiterie ; en génie climatique, etc.
formateur de chaleur, peut, par exemple, permettre de valoriser la
chaleur d’un rejet thermique à température peu élevée en relevant
La production de froid par fusion de la glace a été longtemps
quelque peu le niveau de température d’une partie de la chaleur récu-
le seul moyen accessible à l’homme pour utiliser le froid en
pérée.
période chaude. La glace utilisée était collectée en hiver sur les
Pour ce système : étendues d’eau gelées et mise en réserve dans des glacières.
– | Q F | + | Q M | – | QC | = 0 (17)
et le coefficient de performance calorifique COPC : Pour accumuler du froid à des températures bien inférieures à
0 oC, on peut mettre en œuvre la congélation de solutions
QC QF eutectiques dont les points d’eutexie θe peuvent être très inférieurs
COP C = -------------- = 1 – -------------- (18)
QM QM à 0 oC.

est toujours inférieur à 1 puisque le rapport |Q F |/|Q M | n’est jamais Exemples de solutions eutectiques :
nul. Il ne pouvait en être autrement puisque la chaleur Q C , rejetée eau + KCI, θe = – 11,1 oC ;
à TC , a entièrement son origine dans Q M et qu’une partie de celle-ci, eau + NaCI, θe = – 21,2 oC ;
Q F , est perdue à la source froide. eau + CaCI2 , θe = – 55 oC.
(0)

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Tableau 1 – Phénomènes endothermiques et exothermiques permettant de déplacer de la chaleur


dans un système frigorifique ou une pompe à chaleur
Phénomènes endothermiques Phénomènes exothermiques Observations
Mise en jeu de l’enthalpie de fusion h f
Fusion d’un solide Solidification d’un liquide
 h f ( glace )  ≈ 335 kJ/kg
Vaporisation d’un liquide Condensation d’une vapeur Mise en jeu de l’enthalpie de vaporisation h v
(le phénomène principal)
avec h v > h f ( h v ( eau à 0°C ) ≈ 2 500 kJ/kg )
Sublimation d’un solide Condensation en phase solide Mise en jeu de l’enthalpie de sublimation
d’une vapeur hs > hv >hf
Désorption d’un gaz ou d’une vapeur : Absorption d’un gaz ou d’une vapeur : La sorption peut :
— d’un liquide ; — dans un liquide (absorption) ; — être physique ;
— d’un solide. — dans un solide (adsorption). — s’accompagner d’une transformation chimique
(chimisorption).
Détente d’un gaz comprimé : Compression d’un gaz La détente sans travail extérieur ne s’accompagne
— sans travail extérieur de refroidissement que dans certaines conditions
(robinet détendeur)
— avec travail extérieur
(machine de détente)
Effet Peltier
Refroidissement de jonctions thermo- Échauffement de jonctions thermo-
électriques : soudures impaires (figure 6) électriques : soudures paires (figure 6) (figure 6)
Autres méthodes et phénomènes
Dissolution d’un soluté dans un solvant Cette dissolution peut être endothermique
ou exothermique
Démixtion Mixtion
Désaimantation d’un matériau Aimantation Basses températures
paramagnétique

le déplacement d’un solide dans un circuit pose des problèmes et


que, d’autre part, les échanges thermiques sont peu efficaces entre
un solide qui se sublime et la paroi qui lui apporte la chaleur néces-
saire, ce type de phénomène n’est pas utilisé dans les systèmes
frigorifiques cyclés.
En technique frigorifique, on l’exploite parfois en système ouvert.
Il s’agit alors de la sublimation du dioxyde de carbone (CO 2) qui se
sublime à – 78,5 oC sous la pression atmosphérique. Ce procédé peut
être utilisé pour la congélation rapide de denrées sans utilisation
d’une machine frigorifique (congélation cryogénique ).
Le frigoriste est, en revanche, fréquemment confronté au phéno-
mène inverse, la condensation en phase solide, à son corps défen-
dant d’ailleurs. Il s’agit, en effet, du givrage des surfaces froides des
échangeurs lorsque leur température superficielle est inférieure à
celle du point triple de l’eau (θ tr = + 0,01 oC), ce qui est très géné-
ralement le cas. Comme le givre gêne les échanges thermiques, on
Figure 6 – Principe d’une machine frigorifique à effet Peltier doit l’éliminer périodiquement par l’opération de dégivrage.
■ Phénomènes de sorption
■ Vaporisation d’un liquide
Si l’on met un gaz en présence d’une substance absorbante (sor-
C’est sur ce phénomène (et son contraire la condensation d’une bant) celle-ci, suivant sa nature et sa température, fixe une quantité
vapeur) que s’appuient les principaux types de machines frigori- de gaz qui dépend de la nature et de la pression de ce dernier. L’absor-
fiques et de pompes à chaleur. Le frigorigène restant à l’état fluide, ption peut se faire de manière uniforme, dans toute la masse du
avant et après la mise en œuvre des phénomènes thermiques dans sorbant. C’est ce qui se passe lors de l’absorption du gaz par un
le système frigorifique, son déplacement dans les circuits de ce liquide absorbant. Si la sorption se fait sur la surface d’un solide,
système ne pose pas de problème. il s’agit alors d’adsorption du gaz par le solide adsorbant.
On met en œuvre l’enthalpie de vaporisation qui est beaucoup Lorsque le gaz absorbé ou adsorbé (sorbat) conserve sa nature
plus grande que l’enthalpie de fusion. chimique, on a affaire à une sorption physique. Mais s’il y a inter-
■ Sublimation d’un solide action d’ordre chimique entre le sorbant et le sorbat avec formation
d’un nouveau composé chimique, on dit qu’il y a chimisorption.
Cette transformation directe d’une substance de l’état solide à
l’état vapeur met en œuvre l’enthalpie de sublimation encore plus
grande que l’enthalpie de vaporisation. Toutefois comme, d’une part,

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La sorption d’un gaz par un sorbant est exothermique. L’effet est sur l’environnement (azote, eau, etc.) et, en outre, peu coûteux. On
particulièrement intense lorsqu’il y a chimisorption. L’extraction du peut, par exemple, de cette manière :
gaz hors du sorbant, ou désorption, est endothermique. Là aussi — refroidir, dans les laboratoires, quantité de substances et effec-
l’effet est plus intense lorsqu’il y a interaction chimique car la libé- tuer des expériences à basse température en mettant en œuvre
ration du gaz correspond à la décomposition du composé chimique l’azote liquide (température d’ébullition Teb = 77 K ) ou l’hélium
qui s’était élaboré lors de la chimisorption. liquide (Teb = 4,2 K) ;
■ Détente d’un gaz comprimé — refroidir un local situé dans un climat chaud et sec en vapo-
risant de l’eau directement dans l’air de ce local.
La détente d’un gaz comprimé peut s’effectuer de deux manières.
Dans un cas, comme dans l’autre, on ne récupère pas le frigo-
● La détente sans travail extérieur ou détente Joule-Thomson
rigène vaporisé.
qui s’effectue au travers d’un robinet ou d’un orifice ne fournit pas
de travail extérieur. Si le gaz détendu était parfait, cette détente ne ■ Systèmes fermés
s’accompagnerait d’aucune variation de sa température. Selon le Le frigorigène évolue dans un système clos qui doit être aussi par-
gaz réel et son état thermodynamique avant détente, cette dernière faitement étanche vis-à-vis de l’extérieur que possible (confinement
peut s’accompagner d’un refroidissement du gaz, c’est ce que l’on du frigorigène). Ce circuit comporte nécessairement (figure 7) :
cherche, ou, dans certains cas, d’un échauffement.
— un évaporateur placé dans le milieu à refroidir, par exemple
● La détente avec travail extérieur s’effectue dans un détendeur une chambre froide où l’on doit maintenir la température intérieure
mécanique approprié. Le refroidissement que l’on peut attendre θi . Le frigorigène qui y entre en phase liquide s’y vaporise à la
d’une telle détente est bien supérieur à celui obtenu par le mode de température θF < θi en absorbant de la chaleur à cette enceinte ;
détente précédent. L’importance du refroidissement du gaz dépend : — un condenseur refroidi par un fluide extérieur, air ou eau, à la
de sa nature, de ses conditions thermodynamiques initiales, du taux température θr où le frigorigène, qui y entre en phase vapeur, se
de détente du gaz (rapport de la pression initiale à la pression finale), condense à une température θC > θr en cédant de la chaleur au
de la qualité du détendeur mécanique et des échanges thermiques fluide de refroidissement.
entre cet appareil et l’extérieur.
L’énergie mécanique W est fournie à ce système pour permettre
Ces modes de refroidissement, en particulier le second, sont lar- l’évolution cyclique du frigorigène.
gement mis en œuvre pour la production des basses températures
(cryogénie) et la liquéfaction des gaz.
■ Effet Peltier 1.6 Variance d’un système.
Lorsque l’on fait passer un courant continu i dans un circuit hété- Loi de Gibbs. Pression de vapeur
rogène constitué, par exemple, de deux matériaux dissemblables
alternativement associés en série par des soudures thermoélec- La loi de Gibbs nous enseigne que la variance v du système que
triques (figure 6), les soudures d’une même parité sont le siège d’une constitue le frigorigène est :
absorption de chaleur tandis que celles de la parité opposée sont
le siège d’un dégagement de chaleur. Dans les systèmes actuels, les v=c+2–ϕ (19)
matériaux dissemblables sont des semiconducteurs (comme par
avec c nombre de constituants du système,
exemple le composé Bi2 Te 3 ) que l’on dope avec des atomes don-
neurs d’électrons pour le rendre N ou accepteurs d’électrons pour ϕ nombre de phases séparées.
le rendre P. Ce mode électronique de production de froid, après avoir
■ Système monophasique
suscité beaucoup d’espoirs, n’est pas actuellement en mesure de
concurrencer les modes précédents dont l’efficacité est beaucoup Lorsque le frigorigène pur, c = 1, est sous une seule phase, la
plus grande. Son emploi est, présentement, très marginal (petits variance est v = 2. Les deux grandeurs influant sur le système, la
réfrigérateurs transportables, refroidissement d’éléments d’appa- température T et la pression p, peuvent varier indépendamment
reils de mesure comme le miroir des appareils à point de rosée, etc.). l’une de l’autre.
L’inversion du sens du courant inverse les effets thermiques aux
jonctions.
■ Mise en œuvre d’autres phénomènes
Nombre de phénomènes physiques s’accompagnent d’effets ther-
miques souvent inexploitables car trop peu importants. Certains
peuvent, cependant, présenter de l’intérêt dans un domaine parti-
culier de température comme les températures très basses par
exemple [2].

1.5 Utilisation de la vaporisation


et de la condensation d’un frigorigène
Le changement d’état liquide-vapeur est le phénomène majeur
sur lequel on s’appuie pour produire du froid. On peut le mettre en
œuvre dans des systèmes soit ouverts, soit fermés.
■ Systèmes ouverts
Après utilisation de l’effet thermique recherché, le fluide actif n’est
pas récupéré mais rejeté dans le milieu extérieur. Pour qu’il en soit
ainsi, il faut évidemment que le frigorigène rejeté soit sans action Figure 7 – Système frigorifique fermé

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On peut ainsi abaisser, sous pression constante, la température gente, III, de l’éjecteur où l’énergie cinétique du flux de vapeur se
du frigorigène sous la seule phase liquide, au-dessous de la tem- transforme en énergie de pression. La vapeur motrice doit évidem-
pérature de saturation Tsat correspondant à la pression qui ment provenir d’une chaudière. Ce type de système consomme donc
s’exerce sur lui. Le liquide est alors sous-refroidi et son de l’énergie thermique et fait partie de la catégorie des systèmes
sous-refroidissement est : au moins trithermes. On les rencontre rarement.
∆T SR = T sat – T  (20)
■ Machine frigorifique à absorption
avec T  température de ce liquide. Ici l’aspiration de la vapeur de frigorigène se fait l’intermédiaire
d’un liquide absorbant qui présente une forte affinité pour ce frigo-
De même, on peut élever, sous pression constante, la température
rigène. La vapeur est absorbée par tout le volume du liquide absor-
du frigorigène sous la seule phase vapeur, au-dessus de Tsat cor-
bant. La figure 9c montre comment s’effectue cette aspiration.
respondant à la pression de cette phase. La vapeur est alors sur-
L’évaporateur est relié à une capacité, l’absorbeur, à l’intérieur de
chauffée et la surchauffe est :
laquelle on pulvérise en permanence la solution absorbante pauvre
∆TSC = Tv – Tsat (21) en frigorigène. La pulvérisation permet d’accroître la surface de
contact avec la vapeur de frigorigène. Le liquide absorbe le frigo-
avec Tv température de cette vapeur. rigène, provoquant ainsi la raréfaction de la vapeur et l’aspiration
■ Système diphasique d’une nouvelle masse de frigorigène issue de l’évaporateur. La
solution enrichie en frigorigène (solution riche) quitte l’absorbeur et
Dans l’évaporateur et le condenseur d’un circuit frigorifique, les est dirigée vers un autre point de la machine où, par chauffage, on
phases liquide et vapeur du frigorigène coexistent. D’après (19), la procède à l’extraction du frigorigène fixé. Les systèmes à absorption
variance du système est alors v = 1. Pour le frigorigène, corps pur appartiennent donc à la catégorie des systèmes frigorifiques au
sous ces deux phases, la pression et la température sont liées. moins trithermes. L’absorption du frigorigène par la solution absor-
Nous ne pouvons agir à notre gré que sur l’un de ces paramètres, bante est exothermique ce qui impose l’usage d’un échangeur de
l’autre étant alors fixé par la relation de pression de vapeur. refroidissement de la solution absorbante. Les systèmes à absorp-
Cette relation peut généralement s’écrire, d’après l’équation de tion furent les premiers systèmes frigorifiques industriellement opé-
Clapeyron : rationnels. L’énorme développement des systèmes à compression
B les a confinés dans des applications spéciales. Actuellement ils font
lgp = A + ----- + C lgT + DT + ... (22) l’objet d’un réel regain d’intérêt.
T
Les courbes de pression de vapeur de divers corps utilisables
comme frigorigènes sont données figure 8.

1.7 Machine utilisant la vaporisation


d’un frigorigène
La manière dont les vapeurs formées dans l’évaporateur sont
extraites de celui-ci (figure 9) permet de distinguer plusieurs types
de machines (figure 10).
■ Machine frigorifique à compression
Les vapeurs issues de l’évaporateur sont aspirées par un compres-
seur mécanique volumétrique ou non [3]. En raison de leur simplicité
ces machines sont les plus répandues. Consommant exclusivement
de l’énergie mécanique, elles entrent dans la catégorie des systèmes
au moins dithermes (figure 9a ).
■ Machine frigorifique à éjection
Les vapeurs du cycle frigorifique sont aspirées mécaniquement
par un éjecteur (figure 9b ). Celui-ci fonctionne grâce à l’énergie ciné-
tique de la vapeur motrice (généralement de même nature que la
vapeur de frigorigène ) qui, par l’injecteur I, pénètre dans la partie
convergente, II, de l’éjecteur. La compression du mélange des Figure 8 – Courbes pression-température à l’équilibre liquide-vapeur
vapeurs motrice et de frigorigène s’effectue dans la partie diver-

Figure 9 – Machines frigorifiques utilisant la vaporisation d’un frigorigène et modes d’aspiration des vapeurs formées dans l’évaporateur

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■ Machine frigorifique à adsorption


On rencontre aussi, très rarement il faut bien le dire, des
La fixation de la vapeur de frigorigène se fait ici sur la surface d’un
machines hybrides qui combinent deux, ou plus, de ces
solide (figure 9d ) : l’adsorbant, présentant une grande affinité pour
systèmes de base.
le frigorigène. L’adsorption de la vapeur s’accompagnant d’un fort
dégagement de chaleur, surtout dans le cas de la formation d’un
composé chimique, l’adsorbeur, relié à l’évaporateur du système ■ Les machines frigorifiques s’appuyant sur le changement d’état
frigorifique, comporte donc un échangeur interne de refroidis- du frigorigène ne sont évidemment pas les seules possibles, nous
sement. La masse de frigorigène adsorbé est limitée par la capacité l’avons vu ci-avant. Néanmoins, elles représentent la famille majo-
d’adsorption de l’adsorbant. Contrairement aux autres systèmes qui ritaire. On s’en convaincra aisément en examinant la figure 10 où
permettent une production continue de froid, les systèmes à adsorp- sont rassemblés les systèmes pouvant produire des températures
tion ont un fonctionnement intermittent. L’extraction du frigorigène modérément basses (disons, pour fixer les idées, au-dessus de
adsorbé se faisant par chauffage, les systèmes à adsorption entrent – 160 oC environ).
dans la catégorie des systèmes au moins trithermes. Il n’y a encore
que très peu d’utilisations pratiques de ces systèmes.
D’autres systèmes sont mis en œuvre pour la production des
plus basses températures, par exemple celles du domaine
cryogénique [2].

Figure 10 – Organigramme des diverses familles de systèmes frigorifiques

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2. Machines frigorifiques Dans ces divers cycles, à la place d’un frigorigène pur, on peut
monoétagées faire appel à un frigorigène mélange azéotropique qui se
comporte comme un fluide pur. Rappelons qu’à pression
constante un mélange azéotropique se vaporise ou se condense
2.1 Classification des cycles frigorifiques à température constante comme le fait un corps pur.
à compression mécanique
●Cycle à mélange de plusieurs frigorigènes
On distingue les cycles à compression à un seul frigorigène pur Les fluides actifs de ces cycles sont des mélanges zéotropes, ou
ou azéotropique de ceux à plusieurs frigorigènes. non azéotropiques, de deux (mélanges binaires) ou plus de deux
constituants purs. Rappelons que durant la vaporisation ou la
■ Cycles à compression à un seul frigorigène pur ou azéotropique condensation, à pression constante, d’un mélange zéotrope, la tem-
● Cycle à compression monoétagée pérature varie. Avec ces mélanges, on peut mettre en œuvre :
On utilise un seul étage de compression mécanique pour la pro- — des circuits à un seul étage de compression ;
duction de froid à températures pas trop basses (généralement supé- — des circuits à plusieurs étages de compression.
rieures à – 20 ou – 25 oC) et pour la plupart des pompes à chaleur.
De tels cycles sont extrêmement répandus.
● Cycle à compression polyétagée 2.2 Cycle fondamental à compression
— Cycle à compression biétagée monoétagée d’un frigorigène pur
Lorsqu’il s’agit de produire du froid à températures plus basses
(généralement comprises entre – 25 et – 45 oC), les cycles à compres- ■ Le cycle fondamental à compression monoétagée, ainsi que
sion monoétagée présentent divers inconvénients. On fait alors l’évolution idéale des températures du frigorigène et des fluides calo-
appel aux cycles mettant en jeu deux étages de compression asso- porteurs froid et chaud dans les échangeurs de ce système, sont pré-
ciés en série. Ces cycles à compression biétagée sont très courants. sentés sur la figure 11.
— Cycle à plus de deux étages de compression La machine à un étage de compression, très simple et très symé-
On utilise de tels cycles pour la production de froid à des tempé- trique, comprend les éléments suivants :
ratures encore plus basses (par exemple inférieures à – 45 ou ● L’évaporateur vaporise le frigorigène en prélevant de la chaleur
– 50 oC) et ne mettant en jeu qu’un seul frigorigène. Ils sont beau- au frigoporteur qui se refroidit de θ f1 à θ f2 . La vapeur sortant de cet
coup plus rares. évaporateur est saturée. L’évaporation s’effectue à la température
de vaporisation θF , correspondant à la pression d’évaporation pF .
■ Cycles à compression à plusieurs frigorigènes On a :
● Cycles à plusieurs frigorigènes purs séparés. Cycles en cascade θF < θf2 < θ f1
Le système qui met en œuvre ces cycles comprend plusieurs
● Le compresseur aspire, sous la pression pF , la vapeur de
circuits frigorifiques séparés, à compression mono ou polyétagée,
frigorigène issue de l’évaporateur et la comprime jusqu’à la pression
utilisant chacun des frigorigènes différents. Ces circuits élémentaires
pC pour la rejeter dans le condenseur.
sont disposés en série et fonctionnent à des températures diffé-
rentes. Chacun d’entre eux communique thermiquement avec le ● Le condenseur condense le frigorigène en cédant la chaleur au
circuit plus froid qui le précède et le circuit plus chaud qui le suit. caloporteur qui s’échauffe de θ c1 à θ c2 . Le liquide frigorigène quittant
La chaleur puisée à basse température est ainsi transférée, d’un cir- cet échangeur est saturant. La condensation s’effectue à la tempéra-
cuit à l’autre, tandis que sa température s’élève. Elle est finalement ture de condensation θC correspondant à la pression de conden-
rejetée dans les milieux naturels, air ou eau, par le dernier circuit sation pC . On a :
(le plus chaud). On peut ainsi produire du froid à des températures θC > θc2 > θc1
déjà fort basses (– 90, – 120, voire – 150 oC).

Figure 11 – Cycle frigorifique monoétagé


d’Evans-Perkins

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● Le régleur (ou détendeur) alimente en frigorigène l’évaporateur


sans excès ni défaut. Le frigorigène y subit la détente de pC à pF .
Ce cycle a été décrit pour la première fois, en 1805, par l’Américain
O. Evans. La première mise en œuvre est due à J. Perkins (1834).
On trouve souvent ce cycle d’Evans-Perkins désigné, à tort, sous le
nom de cycle de Rankine ou de Rankine inverse.
■ Dans la réalité technique, on dispose en général une bouteille
accumulatrice de liquide à la sortie du condenseur. Cette bouteille
joue le rôle d’un volant qui permet d’alimenter le détendeur toujours
en phase liquide malgré les fluctuations des volumes de liquide
frigorigène retenus, à un moment donné, dans les échangeurs. Elle
est indispensable pour avoir une réserve de frigorigène dans le
circuit sans risquer de noyer le condenseur. Les différents points
caractéristiques de l’état du frigorigène dans le circuit frigorifique
sont portés sur la figure 12a. La figure 12b montre l’évolution, le
long des échangeurs (évaporateur et condenseur), des températures
du frigorigène et des fluides caloporteurs extérieurs. Le cycle frigo-
rifique monoétagé est tracé sur le diagramme entropique
(figure 12c ) et sur le diagramme thermodynamique, plus fréquem-
ment utilisé par les frigoristes (figure 12d ).
Les diverses transformations qui jalonnent le cycle frigorifique à
compression (figure 12d ) appellent les commentaires suivants (on
suppose que les pertes de charge dans le circuit sont nulles).
● Entre les points 1 et 2, la vapeur de frigorigène est comprimée
de pF à pC . Si le compresseur était parfait et fonctionnait isen-
tropiquement, c’est-à-dire adiabatiquement (sans échange de
chaleur avec l’extérieur) et réversiblement (sans intervention de
phénomènes dissipatifs d’exergie), la transformation suivrait l’isen-
trope s = Cte ; on atteindrait ainsi le point 2 is . Dans un compresseur
réel, on atteint un point final différent, 2 r , généralement situé à droite
du point 2 is . L’entropie est plus grande, l’enthalpie plus importante
et la température plus élevée.
● Entre les points 2 et 3, la vapeur de frigorigène est désurchauffée
de θ2 à θC , puis condensée à la température constante θC , enfin le
liquide formé est sous-refroidi de θC à θ 3 .
● Entre les points 3 et 4, le liquide frigorigène se déplace dans la
conduite de liquide ; sa température continue, généralement, à
s’abaisser, de θ3 à θ4 ; son sous-refroidissement augmente.
● Entre les points 4 et 5, le liquide frigorigène se détend dans le
régleur de pC à pF en n’échangeant, avec le milieu extérieur, ni
énergie mécanique (le détendeur est un robinet et non un moteur) ni
chaleur (sa surface d’échange thermique est négligeable).
L’enthalpie du frigorigène reste constante, la détente est isenthal-
pique. Le liquide devant nécessairement se refroidir de θ4 à θF , une
partie de sa masse se vaporise. Après la détente, le titre en vapeur
du mélange liquide-vapeur est x 5 .
● Entre les points 5 et 6, le frigorigène se vaporise, sous la
pression pF , à la température θF , en produisant le froid utile dans
l’évaporateur. La vapeur se surchauffe ensuite légèrement de θF à
θ6 , toujours sous la pression constante pF .
● Entre les points 6 et 1, le frigorigène se réchauffe, dans la
conduite d’aspiration, de θ6 à θ1 , toujours sous la pression pF .

2.3 Rendements du compresseur


Comparons le fonctionnement d’un compresseur réel et celui du
compresseur parfait isentropique afin d’en déduire les définitions Figure 12 – Cycle frigorifique monoétagé réel
des divers rendements caractérisant le fonctionnement du compres-
seur réel. Raisonnons en nous appuyant sur le fonctionnement du
compresseur à pistons alternatifs (le plus répandu qui soit). Les ren- 2.3.1 Fonctionnement du compresseur parfait,
dements que nous allons définir s’appliqueraient également aux sans espace mort
autres types de compresseurs volumétriques (machines largement
majoritaires dans nos techniques). Considérons un compresseur parfait sans espace mort, c’est-à-dire
sans aucun volume gazeux résiduel subsistant lorsque le piston est
au fond du cylindre (figure 13b ), position que l’on dénomme habi-
tuellement point mort haut PMH (en raison de la disposition

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généralement d’allure verticale des cylindres). Suivons, dans le dia-


gramme pression-volume de Clapeyron, l’évolution de la vapeur
déplacée par ce compresseur lorsque son arbre fait un tour (cycle
tracé en tireté, figure 13a ).
■ En A, début du cycle, le piston est au point mort haut. La quantité
infiniment petite de vapeur que renferme le cylindre est sous la pres-
sion pC . Le piston recule d’une quantité infiniment petite vers le point
mort bas (PMB) ce qui entraîne un abaissement instantané de la pres-
sion de pC à pF . Le volume balayé est toujours nul (à un dV près) et
le point correspondant est B.
■ De B à C, le piston recule de PMH vers PMB, balayant le volume

V 0 = ( π 2 4 ) 

où  est le diamètre du cylindre et  la course du piston.


Si l’on admet que, durant ce mouvement, d’une part, le clapet
d’aspiration sa ne crée aucune chute de pression (ce qui implique
également l’absence de viscosité du fluide) et, d’autre part, il n’y a
aucun échange thermique entre le compresseur et le fluide entrant,
la vapeur est aspirée sous la pression constante pF et à la température
θ1 dans la conduite d’aspiration. Le volume massique de cette vapeur
est alors v 1″ et la masse aspirée par le compresseur théorique est,
dans ces conditions :
m th = V 0  v 1″ (23)

La course bc est dite course d’aspiration.


■ De C à D, le piston retourne vers le point mort haut alors que le
clapet d’aspiration est fermé et que celui de refoulement n’est pas
encore ouvert puisque la pression dans le cylindre est inférieure à la
pression de condensation. Comme on suppose l’isentropicité du
fonctionnement du compresseur, la compression s’effectue adiaba-
tiquement et la température du fluide s’élève de θ1 à θ2(is) . En D le
clapet de refoulement s’ouvre. La course cd est dite course de
compression.
■ De D à A, le fluide est refoulé dans la conduite de refoulement,
sous la pression constante pC et à la température constante θ2(is) .
Son volume massique est, dans ces conditions, v ″2(is) . Comme on
admet qu’il n’y a ni chute de pression dans le clapet de refoulement,
ni échange thermique vapeur-compresseur (ce dernier étant supposé
parfait) et qu’il n’y a pas de fuite interne, le volume refoulé est alors :
V 2 = m th v 2″ (is) (24)

Durant cette opération de transfert de la masse m th de frigori-


gène de la pression d’aspiration pF à celle de refoulement pC , le
travail des forces de pression, dans le compresseur parfait isentro-
pique, est, par unité de masse de fluide déplacé :
w p,u,(th) = k  th m th (25)

avec  th aire du diagramme indicateur du compresseur parfait,


(rappelons que, dans ce diagramme, l’aire du cycle est
proportionnelle au travail mis en œuvre),
k coefficient de proportionnalité.

2.3.2 Fonctionnement du compresseur réel


avec espace mort
Considérons un compresseur réel (figure 13c ) de mêmes carac-
téristiques géométriques (diamètre , course  ) que le compres-
seur parfait examiné (§ 2.2). Mais, contrairement au précédent, il
présente, au point mort haut, un jeu qui évite au piston de venir
heurter le fond de cylindre. Le volume correspondant à ce jeu, auquel
s’ajoutent les volumes qu’entraîne la présence des clapets Figure 13 – Cycles des compresseurs

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d’aspiration s a′ et de refoulement s r′ , constitue l’espace mort, À partir de C’, le piston revient vers le point mort haut et la
compression commence. Contrairement à ce que nous avons sup-
volume résiduel qu’occupe, lorsque le piston est au point mort haut,
posé précédemment pour le compresseur parfait, la compression de
la vapeur sous la pression de refoulement pC .
la vapeur de frigorigène ne s’effectue pas adiabatiquement puisqu’il
Soit ε ce volume mort ; pour que le cycle du compresseur réel y a des échanges thermiques entre le cylindre et cette vapeur. Au
présente un point initial A’ confondu avec A, déplaçons vers la début de la compression, le fluide reçoit, en général, de la chaleur
gauche l’axe des pressions du diagramme p = f (V ) précisément du du compresseur plus chaud que lui et la pression augmente plus
volume ε de l’espace mort. Suivons le cycle de ce compresseur réel vite que dans le cas de la compression adiabatique ; au contraire,
(figure 13a ). vers la fin de la compression, le fluide cède de la chaleur au cylindre
et la pente de la courbe est inférieure à celle que nous aurions pour
■ De A’ à B’, le piston commence à se déplacer vers le point mort une compression adiabatique.
bas. Le gaz contenu dans l’espace mort se détend de pC à pF . Toute-
fois le clapet d’aspiration ne s’ouvre pas encore. Il faut en effet Comme le clapet d’aspiration, le clapet de refoulement s′r néces-
vaincre son inertie et l’effort du ressort de rappel du clapet (c’est site, pour se soulever, que la pression dans le cylindre s’élève
quelquefois le clapet lui-même, par sa raideur propre, qui assure au-dessus de pc . En fin de compression, au moment où s’ouvre le
son rappel en position de fermeture, quelquefois aussi le surcroît
clapet de refoulement, la température de la vapeur rejetée est θ ″2 .
d’adhérence due à la tension superficielle de l’huile qui colle le
clapet sur son siège, etc.). La pression dans le cylindre s’abaisse Cette température résulte de phénomènes complexes dont
donc au-dessous de pF jusqu’à ce que l’on obtienne dans le cylindre l’ensemble du compresseur est le siège :
une dépression suffisante qui aide l’ouverture du clapet. Nous — échauffement de la vapeur aspirée de θ1 à θ 1′ ;
sommes alors au point B’. La présence de l’espace mort et l’inertie
du clapet se traduisent donc par un retard à l’ouverture du clapet — échanges thermiques au cours de la compression ;
d’aspiration du compresseur réel. — création d’entropie (perte d’energie) au cours de la compres-
sion irréversible ;
■ De B’ à C’, durant la fraction restante x de la course du piston, la — surpression nécessaire à l’ouverture du clapet de refoulement ;
vapeur pénètre dans le cylindre. En raison de sa viscosité qui n’est — fuites internes éventuelles du compresseur, etc.
pas nulle, la circulation de cette vapeur au travers de l’orifice du Cette température dépend en outre :
clapet d’aspiration s′a s’accompagne d’une chute de pression instan- — de la nature du frigorigène, notamment de la valeur de
tanée δpa , variable d’ailleurs avec la position du piston. Contrai- γ = c p  c V et du taux de compression τ = p C  p F ;
rement à ce qui se passait dans le compresseur parfait, la vapeur qui
— de la manière dont le compresseur est refroidi ;
entre à θ1 dans le compresseur, en E, s’y échauffe fortement. Elle
— de la technologie du compresseur et de sa vitesse de rotation.
commence à s’échauffer dans les cavités et les canaux internes qui
l’amènent à l’entrée du clapet d’aspiration. Cet échauffement est par- Après avoir quitté le cylindre, la vapeur refoulée se refroidit dans
ticulièrement notable dans les compresseurs hermétiques [3] puis- les canaux internes du compresseur et la partie refoulement de la
que le refroidissement du moteur est assuré par les vapeurs aspirées. culasse.
À l’entrée du clapet d’aspiration s′a du compresseur réel, on a donc La température θ 2″ à la sortie du clapet de refoulement, en D’, peut
un fluide à une température θ 1′ > θ 1 . Cet échauffement augmente ainsi être beaucoup plus élevée que la température θ2r existant, en S,
encore durant l’admission de la vapeur dans le cylindre chaud. On a à la sortie du compresseur lui-même.
donc, au point C’, à la fin de la course d’aspiration, au moment où se
■ De D’ à A’, la vapeur comprimée au cours de cette dernière phase
ferme le clapet d’aspiration, une vapeur dont la température
est expulsée au travers du clapet de refoulement. En raison de la
moyenne est θ ″1 > θ ′1 > θ 1 . En outre, dans les canaux internes du résistance à l’écoulement du fluide, la pression dans le cylindre est
compresseur, entre E et s′a , la vapeur subit une chute de pression supérieure de δpr à la pression qui règne dans la culasse de refoule-
ment. En tout état de cause, la pression qui règne dans cette culasse
interne δpFi plus ou moins marquée. Le volume massique de cette est pC + δpC i où δpC i représente la chute de pression dans les canaux
vapeur à l’intérieur du cylindre v ″1i est donc, en raison de cet échauf- internes de refoulement de la machine. Généralement, δpC i est très
fement et, éventuellement, de la chute de pression interne : faible ou négligeable. Dans ce cas, la fin du refoulement se situe en
A’ confondu avec A. A’ serait situé au-dessus de A si la chute de pres-
″ > v 1″
v 1i (26) sion δpC i n’était pas négligeable.
L’allure de la courbe D’ A’ de refoulement peut se compliquer s’il
Finalement, la masse effectivement aspirée par le compresseur apparaît des oscillations du clapet de refoulement. Ainsi la
réel est : figure 13d montre la variation périodique de la pression dans le
″ < m th = V 0  v 1″
m r = x V 0  v 1i (27) cylindre qu’entraîne l’oscillation du clapet de refoulement sans que
ce clapet retombe sur son siège. La figure 13e montre également
On appelle rendement volumétrique ηv le rapport : une oscillation de pression avec retour du clapet sur son siège. Ce
martèlement du siège par le clapet est tout à fait dommageable au
η v = m r  m th = m r v 1″  m th v 1″ = V r  V th (28)
siège comme au clapet.
avec Vr volume effectivement aspiré par le compresseur réel
dans la conduite d’aspiration, où règnent les conditions
d’entrée pF et θ1 , 2.3.3 Rendements
Vth volume qu’aspirerait, dans les mêmes conditions, le
Si nous considérons le cycle A’ B’ C’ D’ du compresseur réel
compresseur parfait sans espace mort ; pour celui-ci on
aurait V th = V0 . (figure 13a ), l’aire de ce cycle sur le diagramme indicateur est  r .
Le travail, par unité de masse de frigorigène déplacé, des forces de
■ De C’ à D’, si la perte de charge interne est négligeable, C et C’ sont pression dans le compresseur réel est :
confondus. S’il n’en est pas ainsi (perte de charge interne non négli-
geable et fermeture du clapet d’aspiration avant que l’intérieur du w p,u,(r) = k  r  m r (29)
cylindre ait atteint la pression pF ), le point C’ est alors au-dessous du
point C (figure 13f ).

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■ Le rendement indiqué de ce compresseur, par rapport au Parmi ces facteurs, pour un compresseur et un frigorigène donnés,
compresseur parfait sans espace mort (fonctionnant isentropique- le taux de compression est celui dont l’effet est le plus notable.
ment), est, par définition, d’après (25) et (29) :
2.3.4.1 Taux de compression et rendement volumétrique
η i = w p,u,(th)  w p,u,(r) =  th m r  (  r m th ) (30)
L’augmentation du taux de compression, en prolongeant la
η i = (  th   r ) η v (31) détente des vapeurs enfermées au point mort haut dans l’espace
mort ε, accroît le retard à l’ouverture du clapet d’aspiration. La
Les aires  th et  r , sans être égales, sont du même ordre de fraction x du volume balayé se réduit ; d’après (27), m r diminue et
le rendement volumétrique ηV s’abaisse. La figure 14 représente,
grandeur et ηi est de même importance que ηv . En fait, le rapport
pour des taux de compression variables, les deux premières phases
des aires d’indicateurs  th   r , donc le rapport η i  η v , croît lorsque du cycle du compresseur : AB, détente des vapeurs contenues dans
le taux de compression augmente (figure16). ε et BC, aspiration effective des vapeurs dans le cylindre. La
figure 14a représente ces deux phases lorsque le taux de compres-
Mais il faut fournir à l’arbre du compresseur réel, par unité de sion s’élève par suite de la diminution de la pression d’évaporation
masse de fluide déplacé, un travail effectif weff,u,(r) supérieur au pF , la pression de condensation pC restant la même. Au contraire,
travail mis en œuvre par les seules forces de pression wp,u,(r) ou dans le cas de la figure 14b c’est la basse pression pF qui reste
travail indiqué w i,u,(r) déduit de l’aire du diagramme indicateur. La constante alors que la haute pression pC s’élève. Dans un cas comme
machine consomme en effet un travail mécanique supplémentaire dans l’autre, l’augmentation du taux de compression τ = pC /pF
imposé par les frottements mécaniques internes, la pompe à huile, s’accompagne d’une diminution de x donc de ηV .
etc. : Le rendement volumétrique décroît lorsque le taux de compres-
weff,u,(r) > wp,u,(r) = w i,u,(r) sion s’élève (figure 15). Dans le domaine des taux de compression
courants, la décroissance de ηV avec le taux de compression est
■ On définit un rendement mécanique ηm tel que :
sensiblement linéaire. Comme on le voit, la surchauffe des vapeurs
ηm = wp,u(r) /weff,u,(r) (32) aspirées influence également ce rendement volumétrique.
Afin d’estimer le rendement volumétrique ηv , on peut, pour un
Le terme mécanique peut être critiqué, car une partie de l’énergie
avant-projet, utiliser la relation suivante :
perdue l’est plutôt par des opérations thermodynamiques que pure-
ment mécaniques. ηV = 1 – a τ (35)
■ On appelle enfin rendement effectif, ηeff (ou rendement où a = 0,04 à 0,07 ordinairement (la valeur 0,05 est fréquemment
global) du compresseur, par rapport à la compression isentropique, utilisée).
le rapport :
D’autres relations, plus complètes, font intervenir, à juste titre,
ηeff (ou ηg) = wp,u,(th) /weff,u,(r) (33)
l’espace mort ε ou le taux d’espace mort ε /V0 . Il en est ainsi des
C’est ce rendement qui permet de déterminer le travail absorbé, relations suivantes :
sur l’arbre du compresseur réel, par unité de masse de frigorigène
ε
déplacé, weff,u,(r) , à partir du travail absorbé, par unité de masse de η V = 0,9 1 + -------- ( 1 – τ 0,72 )
V0
fluide déplacé, par les forces de pression dans un compresseur
parfait isentropique, w p, u, (th), travail qui est toujours aisément
ε + 0,046
calculable. ou η V = 1 –  -------------------------------- τ ( relation de Marioton )
1 + 0,069 τ
Notons que :
ηeff = ηi ηm (34) Le rendement indiqué décroît moins vite, avec le taux de compres-
sion τ, que le rendement volumétrique, car le rapport des aires des
Les valeurs de ηi et de ηeff dépendent de la compression de réfé- diagrammes indicateurs  th   r , qui apparaît dans la relation (31),
rence choisie pour le compresseur parfait. Il s’agit pratiquement
toujours de la compression isentropique, la seule qui soit facile à croît lorsque le taux de compression s’élève (figure 16).
déterminer (transformation 1, 2 is du cycle de la figure 12d ).
2.3.4.2 Taux de compression et rendement effectif

2.3.4 Variations des rendements Que l’on ait affaire à des compresseurs à pistons (figure 17) ou
à vis (figure 18), ηeff passe par un maximum lorsque le taux de
en fonction du taux de compression compression s’élève. On peut utiliser, pour les compresseurs à
pistons, la relation de Dehausse :
Les rendements volumétrique ηV et effectif ηeff sont fortement
variables avec les caractéristiques et les conditions de fonctionne- 0,5
η eff = 0,80 – 0,004 ( τ – 5 ) 2 – -----------------------
ment du compresseur : ( τ – 0,3 )
— type et caractéristiques géométriques et mécaniques du
Pour les compresseurs à vis, le rendement effectif passe par un
compresseur volumétrique (par exemple, pour les compresseurs
maximum très net lorsque le taux de compression est du même ordre
alternatifs à pistons, intervient le taux d’espace mort, τε = ε /V0 ; ce
de grandeur que le taux de réduction de volume υ i des vapeurs dans
rapport est généralement dépendant de la taille du compresseur, du
la machine :
rapport course/diamètre, etc.) ;
— vitesse de rotation du compresseur ; volume occupé par le gaz à la fin de l′aspiration
— nature du frigorigène ; υ i = --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
volume occupé par le gaz au début du refoulement
— taux de compression τ = pC /pF ;
— surchauffe des vapeurs à l’aspiration ;
— caractéristique du lubrifiant et entraînement d’huile ;
— présence éventuelle de fuites internes au niveau du contact
piston-segment-cylindre ou au niveau des clapets, etc.

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Figure 14 – Influence du taux de compression


sur le retard à l’ouverture du clapet
d’aspiration

Figure 15 – Influence du taux de compression


sur le rendement volumétrique (source IFFI)

2.4 Calcul d’une machine Figure 16 – Variation du rapport  th ⁄  r en fonction du taux


de compression pour les frigorigènes R 12 et R 22 (sources IFFI)
2.4.1 Données
2.4.1.1 Machines frigorifiques
Elles concernent des valeurs absolument imposées au projeteur
et portent sur : 2.4.1.1.1 Conditions de refroidissement
— les températures des milieux avec lesquels le système frigori- ■ Refroidissement d’un frigoporteur
fique échange de la chaleur ; il existe donc quelques différences
Pour le passage de ce fluide (généralement un liquide) de θ f1
selon que ce système est une machine frigorifique ou une pompe
à θ f2 , c’est la température θ f2 de sortie du frigoporteur qui est
à chaleur ;
alors, ordinairement, la donnée imposée. On se fixe le pincement
— les puissances thermiques à mettre en œuvre.
de l’évaporateur ∆θ Pf et on en déduit la température d’évaporation
θF du frigorigène. À cette température θF correspond la pression
d’évaporation pF du frigorigène choisi (figure 19).

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Figure 17 – Rendements effectifs de groupes de compresseurs Figure 19 – Détermination de la température de la source froide
à pistons, d’après « Économie d’énergie en matière de froid » à partir du pincement de l’évaporateur
(source IIF)

Figure 20 – Variation de l’humidité relative dans une chambre froide


en fonction de l’écart de température (  int –  F )

2.4.1.1.2 Conditions de rejet de chaleur


Lorsque la machine frigorifique doit rejeter la chaleur dans un
milieu, air ou eau [3], c’est la température de ce milieu et, plus
exactement, la température maximale que ce milieu peut atteindre
pendant le fonctionnement annuel de l’installation frigorifique qui
représente la donnée imposée.
■ Si le rejet de chaleur se fait par un condenseur à eau, la tempé-
rature imposée est alors la température θc1 d’entrée d’eau dans cet
échangeur. C’est à partir d’elle qu’on détermine la température de
condensation θC en se fixant un échauffement de l’eau ∆θc et un
pincement ∆θ Pc (figure 21).
Figure 18 – Rendements effectifs de compresseurs à vis pour trois
■ Si le rejet de chaleur se fait par un condenseur à air, la température
valeurs de taux de réduction de volume et deux frigorigènes NH3
de condensation θC se déduit de la température θc1 de l’air entrant
et R 22. Comparaison avec un compresseur rapide à pistons
dans cet échangeur.

■ Refroidissement direct d’une chambre froide ■ Si le rejet de chaleur se fait par un condenseur évaporatif, la
température de condensation se déduit de la température θ h de
C’est la température θ int à atteindre dans celle-ci qui est la donnée bulbe humide de l’air qui y pénètre.
imposée. Très souvent les conditions d’entreposage d’une denrée
périssable imposent, en outre, une humidité relative ψ int dans
l’enceinte refroidie. En s’appuyant sur ces données, on détermine 2.4.1.1.3 Limites d’utilisation
la température d’évaporation θF , donc, pour le frigorigène choisi, La température θC étant ainsi déterminée, on en déduit, pour le
la pression d’évaporation pF (figure 20). frigorigène choisi, la pression de condensation pC . Tant que le taux
de compression :
τ = pC /pF

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Tableau 2 – Bilan frigorifique d’une chambre froide


Quantité de chaleur
Postes thermiques à extraire par jour
(kJ/ jour)
1. Refroidissement des denrées ................... Q1
2. Refroidissement des emballages,
palettes, etc................................................. Q2
3. Chaleur métabolique des denrées............ Q3
4. Échanges thermiques par les parois
de la chambre :........................................... Q4(= ΣQ4j )
— parois verticales.................................... (Q 41)
— plafond................................................... (Q 42)
Figure 21 – Détermination de la température de condensation — sol........................................................... (Q 43)
à partir de l’échauffement de l’eau   c et du pincement 5. Échanges atmosphériques
du condenseur   Pc
entre la chambre et l’extérieur.................. Q5
6. Éclairage ..................................................... Q6
7. Moteurs, engins, matériels énergétiques
en fonctionnement dans la chambre
obtenu à partir de ces données reste raisonnable, généralement froide ........................................................... Q7
quand celui-ci n’excède guère 6, on peut utiliser des cycles frigo- 8. Personnes présentes ................................. Q8
rifiques à un seul étage de compression (cycles monoétagés). Pour 9. Ventilation interne de la chambre ............ Q9
des taux de compression plus élevés, on adopte des cycles à plu-
sieurs étages de compression. Total ................................................................ ΣQi
En fait, les taux de compression à partir desquels il faut cesser Majoration pour les apports calorifiques qui n’ont pas été pris en compte :
reliquat de chaleur dû aux dégivrages, pertes par le circuit frigorifique
d’utiliser les cycles monoétagés dépendent : lui-même, etc. Pour tenir compte des ces pertes incalculables (tout au moins
— de la température atteinte au refoulement des compresseurs, facilement et au niveau d’un avant-projet), on majore le résultat ci-dessus de
n % (souvent de 5 à 10 %).
donc de la nature du frigorigène et du mode de refroidissement des
compresseurs ; ainsi, on abandonne les cycles monoétagés lorsque Si l’on admet un temps de fonctionnement des compresseurs de t (h/jour)
(généralement de 15 à 20 h/jour), la puissance frigorifique à prendre en
les températures que l’on pense atteindre au refoulement des compte est :
compresseurs sont de l’ordre de 100 à 110 oC ;
φ F = ∑Q i  1 + ----------  3 600 t
n
— de l’importance de la machine ; on a tendance à adopter plus 100
vite un cycle biétagé, plus performant, quand la machine est puis-
sante ; en revanche, pour des raisons de simplicité et de faible inves- θF est exprimée en kW.
tissement, on accepte souvent des taux de compression plus élevés
pour les petites machines. effectuer ces déterminations, font toutes intervenir la prise en
compte des régimes thermiques variables. Les bilans sont établis
2.4.1.1.4 Bilan frigorifique heure par heure, pour la journée la plus chargée thermiquement,
Pour déterminer la puissance d’une machine frigorifique, il faut en tenant compte des apports calorifiques variables, extérieurs et
se livrer à un calcul préalable indispensable, celui des besoins de intérieurs, ainsi que des déphasages et des amortissements des
froid ; on doit donc établir le bilan frigorifique, c’est-à-dire calculer signaux thermiques résultant de l’inertie thermique des parois et des
les puissances thermiques à extraire des milieux à refroidir. revêtements, des orientations du bâtiment, etc.
En tout état de cause, ce bilan devrait prendre en compte des
phénomènes très complexes : 2.4.1.2 Pompe à chaleur
— le transfert thermique, en régime instationnaire, dans les den- On désigne habituellement les pompes à chaleur par la nature des
rées (généralement hétérogènes) au cours de leur refroidissement ; milieux avec lesquels ces machines échangent de l’énergie ther-
— le transfert thermique, en régime instationnaire, dans les parois mique. On énonce en premier le milieu froid (ou le caloporteur froid)
(également hétérogènes) de l’enceinte frigorifique qui subit les varia- dans lequel la machine puise la chaleur gratuite ; c’est dans ce milieu
tions des conditions internes et externes ; qu’est placé l’évaporateur. On énonce en second le milieu chauffé
— les échanges atmosphériques compliqués entre l’intérieur et (ou le caloporteur chaud) dans lequel se trouve placé le condenseur
l’extérieur de la chambre ; (tableau 3). On peut aussi prélever de la chaleur directement dans
— les chaleurs résiduelles des dégivrages, etc. (0) le sol ou sur un capteur solaire à basse température. (0)
Ces calculs ne peuvent pas être effectués, aussi l’établissement
du bilan ne se fait que de manière approchée. Ainsi, dans la
mesure du possible, on adopte, pour les échanges thermiques, Tableau 3 – Désignation des pompes à chaleur
l’approximation du régime permanent, on schématise les échanges
atmosphériques par des relations simplifiées, etc. Pour les Milieu chauffé (caloporteur)
chambres froides, les bilans sont généralement établis par jour Milieux
(tableau 2). Air Eau
Si cette façon de faire est possible pour les chambres froides assez Milieu froid : Air pompe à chaleur pompe à chaleur
fortement chargées de denrées (dans ce cas particulier, l’inertie ther- (frigoporteur air-air air-eau
mique conséquente gomme les imperfections du calcul), elle est ou milieu
souvent inacceptable. Par exemple, elle ne convient pas pour évaluer à chaleur Eau pompe à chaleur pompe à chaleur
les charges thermiques d’un bâtiment pour lequel on doit calculer gratuite) eau-air eau-eau
le dimensionnement de la machine frigorifique destinée à l’instal-
lation de climatisation. Les nombreuses méthodes proposées, pour

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Le passage des données externes au circuit thermodynamique aux Pour une machine frigorifique (figure 12), la production de froid
données internes s’effectue en raisonnant comme on l’a fait pour qF par unité de masse de frigorigène qui se vaporise et éventuel-
les machines frigorifiques (§ 2.4.1.1). La figure 22 présente les élé- lement se surchauffe, de 5 à 6, dans l’évaporateur est, d’après (36),
ments à prendre en compte pour établir le bilan thermique d’une puisque l’évaporateur est un système statique et que, de ce fait,
pompe à chaleur eau-eau. Les données fondamentales externes w=0:
sont : + |qF | = h6 – h 5 (37)
— la température d’arrivée du caloporteur froid sur l’évaporateur
ou encore
θ f1 (température du milieu où la chaleur gratuite est disponible) ;
q F = h6 – h 4 (38)
en se fixant le refroidissement ∆θf du frigoporteur et le pincement
∆θPf , on en déduit la température d’évaporation θF ; Pour une pompe à chaleur, la production calorifique qC par unité
— la température de sortie du caloporteur chaud du condenseur de masse de frigorigène qui se désurchauffe, se liquéfie et se sous-
θc2 (température du milieu à chauffer) ; en se fixant le pincement refroidit dans le condenseur, de 2 à 3, est :
∆θPc , on en déduit la température de condensation θC ;
— le bilan thermique du système à chauffer ΣQ i ; on tient ainsi – |qC | = h 3 – h 2
compte des échanges thermiques par les parois, des renouvelle-
ou q C = h2 – h 3 (39)
ments d’air, des chaleurs gratuites (appareils, personnes présentes,
etc.). La considération du temps de fonctionnement de la thermo- (q F et q C sont exprimés en kilojoules par kilogramme).
pompe permet de déduire la puissance calorifique Q C de cette
dernière.
2.4.3.2 Débit-masse cyclé
■ Machine frigorifique
2.4.2 Tracé du cycle La puissance frigorifique à produire dans l’évaporateur étant φF ,
le débit-masse est :
Ce tracé, qui a été détaillé dans le paragraphe 2.2, est nécessaire
pour les calculs manuels qui utilisent les diagrammes mais ne ṁ 1 = φ F  q F = φ F ( h 6 – h 5 ) (40)
s’impose pas pour les calculs par ordinateur. Il permet cependant
une visualisation complète de l’évolution du frigorigène et facilite ■ Pompe à chaleur
la compréhension des phénomènes. La puissance calorifique à produire dans le condenseur étant φC ,
le débit-masse est :
2.4.3 Caractéristiques de la machine. ṁ 1 = φ C  q C = φ C  ( h 2 – h 3 ) (41)
Choix du matériel
( ṁ 1 s’exprime en kilogrammes par seconde).
2.4.3.1 Effets thermiques du frigorigène en circulation
La machine étant en régime permanent, en négligeant les varia- 2.4.3.3 Débit-volume réellement aspiré par le compresseur
tions des énergies cinétique et potentielle, on a ainsi, par unité de Si, à l’entrée du compresseur, le volume massique est v 1″ , le débit-
masse de frigorigène, entre l’entrée e et la sortie s d’un élément du
circuit frigorifique : volume à aspirer pour obtenir le débit-masse ṁ 1 est :
q + w = h s – he (36)
V̇ r = ṁ 1 v 1″ (42)

Figure 22 – Éléments à prendre en compte


pour établir le bilan thermique d’une pompe
à chaleur eau-eau

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2.4.3.4 Débit-volume balayé. Choix du compresseur La puissance électrique consommée est :


Le débit-volume balayé V̇ b se dénomme quelquefois débit théo- P el = P eff  ( η Mel η tr ) (47)
rique V th et correspond au débit-volume qui serait théoriquement
aspiré si le compresseur se remplissait parfaitement. (P is , Peff et Pel s’expriment en kilowatts)
S’il s’agit d’un compresseur volumétrique, on sait qu’il n’aspire avec ηMel rendement du moteur électrique et (éventuellement)
jamais le volume de vapeur correspondant à celui balayé par les élé- η tr rendement de la transmission mécanique.
ments mobiles de son système de capacités déformables : volume
balayé par les pistons, volume existant entre les lobes et les sillons 2.4.3.6 Dimensionnement des conduites
des rotors d’un compresseur à vis, etc. Le rendement volumétrique
ηV (§ 2.3.2) est précisément le rapport du volume effectivement Divers abaques sont proposés pour le choix de ces conduites. On
aspiré à ce volume balayé. Dans ces conditions, pour aspirer réel- peut aussi les déterminer à partir des débits-volumes et des vitesses
adoptées pour la circulation des fluides. On se rappellera que :
lement le débit-volume V̇ r , le volume balayé (par unité de temps)
— le choix de grandes vitesses a l’avantage de réduire le diamètre
par les éléments mobiles du compresseur doit être : des conduites donc leur prix (le diamètre nominal d’une conduite
conditionne celui de tous les appareils qui y sont placés et dont le
V̇ b1 = V̇ r1  η V > V̇ r 1 (43) prix varie très vite avec cette dimension nominale) ;
— le choix de grandes vitesses a l’inconvénient d’accroître les
C’est à partir de ce débit géométrique V̇ b que l’on peut choisir chutes de pression.
le compresseur dans la gamme des matériels disponibles.
2.4.3.6.1 Conduite d’aspiration
Pour illustrer ce qu’est ce débit V˙ b , considérons un compresseur
Son rôle est de transférer la vapeur de l’évaporateur au compres-
à pistons comportant α cylindres de β effets, le diamètre des cylindres seur. Elle peut donc être assez longue. Avec l’usage des compres-
étant  (en m) et la course des pistons étant  (en m). Pour une seurs volumétriques, de l’huile est entraînée dans le circuit ; il faut
vitesse de rotation de N (en tr/s) on a, dans ce cas : impérativement en assurer le retour vers le compresseur. Pour qu’il
puisse se faire, comme c’est généralement le cas, par la conduite
V̇ b = ( π4 ) 2  αβ N (44) d’aspiration, il faut :
— que la vitesse des vapeurs dans cette conduite soit supérieure
(les débits-volumes s’expriment en mètres cubes par seconde).
à une certaine valeur que l’on fixe habituellement à 6 m/s ;
— que la conduite présente une légère pente dans la direction
du compresseur.
On trouve rarement un compresseur dont le débit balayé V˙ b
La section interne A ia (en m2 ) de cette conduite est telle que :
correspond exactement au débit calculé V˙ b1 . On choisit alors le
matériel disponible offrant un débit balayé voisin de V˙ b1 , par A ia = ṁv 1″ w a (48)
exemple un débit un peu supérieur. On recalcule ensuite le débit-
avec v 1″ (m3/kg) volume massique des vapeurs à l’entrée du
masse ṁ qui correspond au matériel effectivement choisi :
compresseur,
ṁ = ṁ 1 V˙ b V̇ b1 wa (m/s) vitesse adoptée pour la circulation des vapeurs
dans la conduite ; elle est habituellement
Ce débit-masse ṁ , auquel correspond une nouvelle puissance comprise entre 6 et 20 m/s (on adopte fréquem-
frigorifique (ou calorifique) et un nouveau temps de marche jour- ment des vitesses allant de 10 à 15 m/s).
nalier de la machine, est alors utilisé pour le calcul des autres élé- On peut alors choisir le tube normalisé qui convient et on recalcule
ments de l’installation. la nouvelle vitesse wa qui résulte de ce choix. Cette vitesse étant
connue, on s’assure alors que, compte tenu de la longueur et des
2.4.3.5 Puissance effective absorbée par le compresseur. singularités qu’on y rencontre, la conduite d’aspiration n’entraîne
Choix du moteur pas une chute de pression excessive. Elle ne doit pas dépasser, en
principe, celle qui correspond à une variation de 1 ou 2 K de la tem-
Pour comprimer le débit-masse ṁ de vapeur de 1 à 2 is , le pérature de saturation.
compresseur isentropique consommerait une puissance :
La conduite d’aspiration est presque toujours isolée thermi-
P is = ṁ ( h 2 ( is ) – h 1) (45) quement.

Compte tenu des pertes thermodynamiques et mécaniques, le 2.4.3.6.2 Conduite de refoulement


compresseur réel doit consommer, sur son arbre, la puissance Elle assure le transfert, au condenseur, des vapeurs comprimées.
effective : Elle est généralement parcourue par l’huile entraînée. Sa section
interne A ir (en m2) est telle que :
P eff = ṁ (h 2 ( is ) – h 1 )  η eff = ṁ ( h 2 ( is ) – h 1 )  ( η i η m ) (46)
A ir = ṁv 2″ w r (49)
On choisit un moteur légèrement surpuissant (10 à 30 % de sur-
puissance par exemple) dans la gamme commerciale des moteurs avec v 2″ (m3/kg) volume massique des vapeurs refoulées en 2
asynchrones dont la puissance est : (ou 2 is ),
PM = 1,1 à 1,3 Peff wr (m/s) vitesse des vapeurs adoptée. Elle est habituelle-
ment comprise entre 6 et 25 m/s. Des vitesses
On se doit de limiter l’importance de la surpuissance du moteur allant de 10 à 18 m/s sont courantes.
pour conserver une valeur élevée au rendement du moteur et pour
que son facteur de puissance reste correct. La conduite de refoulement est souvent plus courte que la conduite
d’aspiration et les chutes de pression qu’elle entraîne sont généra-
lement moins gênantes. On peut d’ailleurs estimer ces pertes de
charge lorsqu’on a choisi le diamètre de la conduite et calculé la
vitesse réelle des vapeurs.

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2.4.3.6.3 Double conduite ascendante


Un problème se pose avec l’une ou l’autre de ces conduites lorsque
les vapeurs doivent s’élever dans une partie verticale de celles-ci et
que, sous l’action de la régulation du débit du compresseur, leur
vitesse y varie dans de très larges limites. En effet, si l’on veut, à
faible débit, avoir une vitesse suffisante pour assurer le retour
d’huile, il en résulte, à haut débit, une vitesse excessive inacceptable.
Mais si, en revanche, on adopte une vitesse correcte à fort débit,
alors la vitesse à faible débit devient trop faible pour assurer le retour
d’huile. On doit alors utiliser la technique de la double conduite
ascendante.
Les deux tuyauteries verticales, de diamètres différents d et D, sont
disposées comme l’indique la figure 23. La grosse conduite D forme,
à sa partie inférieure, un siphon à l’entrée duquel s’ouvre la petite
conduite d. Le diamètre de cette dernière est calculé pour que, au
plus faible débit ṁ min du compresseur, on obtienne, dans cette seule Figure 23 – Double conduite ascendante
canalisation, une vitesse suffisante pour assurer le retour d’huile.
La section totale des deux conduites est, quant à elle, déterminée
∆p1 chute de pression linéaire dans la conduite résultant de
pour que le plus grand débit ṁ max s’y écoule sans vitesse excessive. la circulation du liquide,
Aux grands débits, les deux conduites débitent en parallèle. ∆p2 chute de pression due aux singularités de cette conduite
Lorsque, sous l’action de la régulation, le débit diminue, la vitesse où circule ce liquide.
des vapeurs dans ces deux conduites devient insuffisante pour Finalement :
assurer le retour d’huile. Celle-ci, qui ne peut s’élever dans les p′C = p C – ∆p
conduites, s’accumule progressivement et bouche le siphon. Dès
lors, seule la petite conduite offre une voie de passage aux vapeurs où ∆p représente la chute de pression totale, hydrostatique et
avec une vitesse suffisante pour assurer la remontée d’huile. Si hydrodynamique.
maintenant le débit croît, la chute de pression due à l’écoulement
des vapeurs dans la seule petite conduite est telle que le siphon se Supposons par exemple que θ4 = θ3 , la courbe de la figure 24b
dégage ce qui permet à nouveau la circulation du frigorigène dans montre que l’alimentation du détendeur s’effectue en phase liquide
les deux tubes. seule et qu’elle est donc correcte, si :
∆p  ∆p max
2.4.3.6.4 Conduite de liquide
Son rôle est d’acheminer le liquide de la bouteille accumulatrice Comme on le constate, ∆pmax augmente si le sous-refroidissement
à l’organe de détente. Sa section interne A i (en m2) est telle que : du liquide s’accroît le long de la conduite θC – θ4’ > θC – θ 3 . La
sécurité de bon fonctionnement est donc accrue. Il en va différem-
A i = ṁv 3′ w  (50) ment si le sous-refroidissement diminue le long de la conduite
θC – θ4’’ < θC – θ 3 . Les risques d’apparition de la phase gazeuse
avec v 3′ (m3/kg)volume massique du liquide en 3, augmentent.
w  (m/s) vitesse du liquide dans la conduite. Pour abaisser la chute de pression totale ∆p = p C – p′C , il faut :
Il est indispensable d’adopter une très faible vitesse de liquide — limiter ou, mieux, éviter l’ascension H du liquide pour réduire
(0,5 à 1 m/s) afin de limiter la chute de pression dans la conduite ou supprimer la chute de pression d’origine hydrostatique
et d’éviter l’apparition de phase vapeur à l’entrée du régleur. ( – ρ 0  gH ) ; on notera que la descente du liquide vers le régleur est
La figure 24 représente schématiquement une conduite de au contraire favorable ;
liquide verticale alimentant le détendeur avec le liquide frigorigène — réduire la vitesse du liquide pour modérer les chutes de pres-
provenant de la bouteille placée à la sortie du condenseur. Il règne, sion linéaire ∆p 1 et singulière ∆p 2 ; c’est la raison des faibles
dans cette bouteille, à très peu de choses près, la pression de vitesses ;
condensation pC , correspondant à la température de saturation θC . — sous-refroidir le plus possible le liquide (cela peut être fait en
Le liquide entre dans la conduite à une température θ3 générale- le refroidissant par les vapeurs froides quittant l’évaporateur : c’est
ment inférieure à θC ; il est sous-refroidi : le sous-refroidissement accentué.
∆θSR = θC – θ 3 Pour un sous-refroidissement en 4 donné (figure 24b et c ),
∆pmax croît avec la pression pC .
Il entre ensuite dans le détendeur à la température θ4 .
Les détendeurs étant conçus pour être alimentés uniquement en
Conduite de retour des évaporateurs noyés vers les sépara-
phase liquide, il faut donc que le liquide frigorigène en 4 soit encore
teurs de liquide. L’écoulement du frigorigène y étant diphasique,
sous-refroidi ou, à la limite, saturant.
la détermination du diamètre nécessaire est plus délicate.
La pression à l’entrée du régleur est :
p′C = p C – ρ 0 gH – ∆p 1 – ∆p 2 (51) 2.4.3.7 Autres puissances thermiques échangées

avec ρ 0 masse volumique du liquide frigorigène, 2.4.3.7.1 Puissance calorifique cédée au condenseur
g accélération due à la pesanteur, d’une machine frigorifique
H différence de niveau entre le détendeur et la bouteille de La valeur exacte de cette puissance φC (en kW) cédée au conden-
liquide, seur de la machine est :

φ C = ṁ ( h 2 – h 3 ) (52)

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Figure 24 – Influence des chutes de pression hydrostatique et d’écoulement

Le point 2 (figure 12) correspond à l’entrée du condenseur. Ce peut 2.4.3.7.2 Puissance calorifique extraite
être le point réel de refoulement du compresseur (point 2 r ) si la à l’évaporateur d’une pompe à chaleur
conduite de refoulement est courte. On ne connaît exactement ni Le débit ṁ ayant été déterminé par la relation (41), la puissance
2 ni 2r . Pour calculer φC , on est donc conduit à faire une approxi- calorifique que cette pompe à chaleur absorbe à sa source froide
mation sur ce point 2. est (figure 12) :
■ Pour le calcul de φC par la relation (52), on peut supposer que φ F = ṁ ( h 6 – h 5 ) (57)
2 = 2is :
φ C1 = ṁ ( h 2 ( is ) – h 3 ) (53) Les points 5 et 6 sont généralement bien connus et l’application
de cette relation se fait assez facilement.
■ On peut aussi admettre, par exemple, que la puissance thermique
φ P , correspondant aux pertes mécaniques du compresseur, se 2.4.3.8 Surfaces d’échange thermique
retrouve, seule, rejetée au dehors, les pertes thermodynamiques, des condenseurs et des évaporateurs
correspondant au rendement indiqué (pertes indiquées) étant sup- La puissance calorifique φ transférée dans un échangeur peut se
posées intégrées au fluide refoulé. Appelons 2’ le point correspon- mettre sous la forme générale suivante :
dant à cet état du fluide. Cette répartition des pertes que l’on vient
de décrire n’est qu’une hypothèse et non une réalité, précisons-le. En φ = K S (θext – θint) (58)
faisant le bilan thermique du compresseur, on trouve facilement
que : avec K coefficient de transmission thermique globale de
l’échangeur rapporté à la surface d’échange S qu’il
h2’ = h1 + (h 2(is) – h1)/ηi (54) convient d’ailleurs de préciser (surface interne ou
Dès lors : externe de l’échangeur),
φ C2 = ṁ ( h 2′ – h 3 ) (55) θext température du milieu, ou du fluide caloporteur, exté-
rieur à l’échangeur considéré,
■ En appliquant le premier principe de la thermodynamique de θint température du frigorigène à l’intérieur de cet
manière simpliste, on peut écrire : échangeur.
φC 3 = φF + Peff (56) Le tableau 4 précise les diverses grandeurs que l’on utilise dans
la relation (58) pour calculer les surfaces d’échange des évapora-
Cette relation, souvent utilisée, est simpliste car, en l’appliquant, teurs et des condenseurs. (0)
on néglige les échanges thermiques qui s’effectuent entre le circuit Les coefficients d’échange sont très différents selon la nature
frigorifique, le compresseur et l’ambiance. Toutefois, le fait de ne des fluides caloporteurs extérieurs :
pas connaître θC avec certitude n’est guère gênant car le conden-
seur est calculé avec excès, sans recherche d’une haute précision. — pour le condenseur :
K C ( ou K ce ) K ca

— pour l’évaporateur :
K F ( ou K f1 ) K fa

Ils sont également très variables selon la nature du liquide refroidi.

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Tableau 4 – Grandeurs nécessaires au calcul des surfaces d’échange des évaporateurs et des condenseurs
Éléments Puissance Surface Coefficient Températures
échangée d’échange de transmission
thermique globale milieu milieu
extérieur intérieur
Condenseur S K θc θC
– à eau

Côté frigorigène KC  ( θ C – θ c1 ) – ( θ C – θ c2 )
SC ou côté eau Sce K ce  ∆ θ logarithmique = ---------------------------------------------------------
( θ C – θ c1 )
-
(plus courant)  In ---------------------------
 (θ – θ )
φC C c2

– à air Côté air S ca θc1 θC


(généralement K ca (température
surface à ailettes) de l’air entrant
au condenseur)
– évaporatif Sélection en fonction de la température de bulbe humide θ h de l’air extérieur
Évaporateur S K θf θF
– refroidisseur
de liquide Côté frigorigène SF 
KF  ( θ f1 – θF ) – ( θ f2 – θF )
ou côté liquide S f
Kf  ∆ θ logarithmique = -------------------------------------------------------
( θ f1 – θF )
-
 In --------------------------
(plus courant) 
φF (θ – θ ) f2 F

– refroidisseur θ f1 θF
d’air Côté air S fa (température
(généralement Kfa de l’air entrant
surface à ailettes) à l’évaporateur :
air de la chambre)

2.4.3.9 Sélection de l’organe de détente Si l’on veut faire des comparaisons valables en utilisant cette
Les détendeurs sont choisis sur catalogue à partir du débit de notion de coefficient de performance, ces précisions s’imposent.
liquide à régler ; rappelons encore une fois que les détendeurs ne Dans ce qui suit, nous utilisons la puissance frigorifique φF produite
doivent être alimentés que par du liquide. Plus souvent encore, à l’évaporateur et la puissance effective Peff absorbée sur l’arbre du
compresseur. Le coefficient de performance frigorifique ainsi calculé
leur choix s’effectue à partir de la puissance frigorifique à produire,
de la nature du frigorigène et des conditions de fonctionnement de est celui qui a la plus grande valeur :
la machine. COPF = φF /Peff (59)
D’après (40) et (46) :
2.4.4 Coefficients de performance.
( h6 – h5 ) ( h6 – h5 )
Rendement de cycle COP F = -------------------------------- η eff = -------------------------------- η i η m (60)
( h 2(is) – h 1 ) ( h 2(is) – h 1 )
2.4.4.1 Machine frigorifique
Le coefficient de performance dépend directement du rendement
On a vu que, pour calculer le coefficient de performance d’une effectif du compresseur (par rapport à la compression isentropique,
telle machine, on doit rapporter la puissance frigorifique φF qu’elle rappelons-le).
produit à la puissance P qu’elle consomme. Il convient de préciser Le rendement du cycle frigorifique η cf est le rapport du coefficient
ces puissances. de performance COP F de la machine réelle (60) au coefficient de per-
■ Puissance frigorifique : s’agit-il : W
formance frigorifique idéal COP F ,(id) donné par la relation (8) :
— de la puissance frigorifique disponible entre l’entrée et la sortie
de l’évaporateur ; COP F ( h6 – h5 ) ( TC – TF )
— de la puissance frigorifique effectivement fournie au milieu à - = -------------------------------- η eff --------------------------
η cf = -------------------------- (61)
refroidir ? COP F ,(id)
W ( h 2(is) – h 1 ) TF
La différence entre ces deux grandeurs correspond aux pertes
Le rendement de cycle est directement affecté par les imper-
thermiques du circuit de frigorigène et, éventuellement, du circuit
fections du cycle frigorifique lui-même, caractérisées par la première
du caloporteur froid (frigoporteur).
fraction de la relation (61), et par les imperfections du compresseur,
■ Puissance consommée : s’agit-il : caractérisées par ηeff .
— de la puissance consommée par le seul compresseur sur son
arbre ; 2.4.4.2 Pompe à chaleur
— de la puissance électrique absorbée par le moteur du
Le coefficient de performance calorifique demande, là aussi, que
compresseur ;
l’on précise les puissances thermiques et mécaniques mises en
— de la puissance consommée par l’ensemble de l’installation
œuvre :
(compresseurs, pompes de circulation, ventilateurs, systèmes de
COPC = φC /Peff (62)
dégivrage, etc.) ?

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D’après (41) et (46) :


( h2 – h3 ) ( h2 – h3 )
COP C = -------------------------------- η eff = -------------------------------- η i η m (63)
( h 2(is) – h 1 ) ( h 2(is) – h 1 )

Le coefficient de performance calorifique d’une pompe à chaleur


W
ditherme idéale COP c,(id) étant donné par la relation (9), le rende-
ment de cycle calorifique est :
COP C ( h2 – h3 ) ( TC – TF )
- = -------------------------------- η eff --------------------------
η cc = -------------------------- (64)
COP C,(id)
W ( h 2(is) – h 1 ) TC

2.4.5 Influence de la proximité du point critique


Lorsque, dans une machine frigorifique ou une pompe à chaleur,
le frigorigène évolue au voisinage de son point critique, on observe
une importante dégradation du rendement de cycle. En raison de
leur emploi, ce sont les pompes à chaleur qui sont plus parti-
culièrement menacées par ce fonctionnement anormal.

2.4.6 Sélection rapide du matériel frigorifique


Lorsqu’il s’agit de résoudre un problème frigorifique banal, il est
inutile de procéder à la série des calculs énumérés dans ce para-
graphe 2.4. À partir des données internes θF , et θC et de la puis-
sance frigorifique φF (ou de la puissance calorifique φC ) à produire,
des tableaux ou des abaques, établis pas les constructeurs de
compresseurs, permettent de choisir rapidement, pour les frigori-
gènes les plus courants, les machines convenables et les moteurs
d’entraînement qu’elles requièrent.
Chaque tableau correspond à :
— un type de cycle bien déterminé (un étage de compression avec
ou sans surchauffe ou sous-refroidissement, deux étages, etc.) ;
— un compresseur donné ;
— un frigorigène donné ;
— une vitesse de rotation donnée.
Ces tableaux ou abaques fournissent alors, pour ces conditions Figure 25 – Exemples de graphe permettant d’obtenir
très précises, en fonction de θF et de θC : la puissance frigorifique d’un groupe frigorifique motocompresseur
— la puissance frigorifique φF que peut produire la machine
frigorifique équipée du compresseur en question (ou la puissance
calorifique φC de la pompe à chaleur) ;
— la puissance du moteur d’entraînement nécessaire.
C’est plus souvent sous forme de graphes que ces résultats sont
fournis (figure 25). La figure 26 montre un autre type d’abaque, cer-
tainement le plus répandu, qui permet d’obtenir, pour un compres-
seur donné, à vitesse donnée, la puissance frigorifique φF qu’on peut
attendre de son usage avec tel fluide et telles températures d’éva-
poration et de condensation ainsi que la puissance Peff du moteur
d’entraînement qu’il nécessite pour ces conditions de fonction-
nement.

2.5 Conditions de fonctionnement


et caractéristiques d’une machine
Les caractéristiques de fonctionnement d’une machine frigori-
fique, ou d’une pompe à chaleur, à compression monoétagée (puis-
sance frigorifique ou calorifique, coefficients de performance,
puissance absorbée, température de refoulement du compresseur,
etc.) dépendent, plus ou moins fortement, des paramètres suivants :
— température (ou pression) d’évaporation ;
— température (ou pression) de condensation ; Figure 26 – Exemple d’abaque donnant les puissances frigorifique
— surchauffe des vapeurs aspirées ; et effective d’un groupe frigorifique
— sous-refroidissement du liquide.

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Les valeurs de ces paramètres fixent ce que nous appellerons les La variation de (h6 – h 5 ) reste toutefois limitée :
conditions de fonctionnement de la machine. — le rendement volumétrique ηV diminue du fait de l’accroisse-
Examinons successivement l’influence des deux premiers para- ment du taux de compression ;
mètres sur la puissance frigorifique ou calorifique et les coefficients — le volume massique v 1″ augmente de manière importante, en
de performance, les autres paramètres restant constants. raison de la diminution de la pression pF .

2.5.1 Température d’évaporation De ce qui précède, il résulte que la puissance frigorifique φF


d’une machine à compression diminue fortement quand la tem-
2.5.1.1 Puissance frigorifique pérature d’évaporation s’abaisse (figure 25).
D’après les relations (40), (42) et (43), la puissance frigorifique φF
d’une machine (équipée d’un compresseur volumétrique) peut 2.5.1.2 Puissance calorifique
s’écrire :
D’après (41), (42) et (43), la puissance calorifique φC d’une pompe
V˙ b η V à chaleur est :
φ F = ---------------- ( h 6 – h 5 ) (65)
v 1″ V̇ b η V
φ C = ----------------- ( h 2 – h 3 ) (66)
Sur la figure 27, on a représenté trois cycles de machine frigo- v 1″
rifique (ou de pompe à chaleur) monoétagée fonctionnant entre une
L’influence de la diminution de θF sur la puissance calorifique φC
même température de condensation θC et respectivement trois tem-
produite par une pompe à chaleur peut être déduite de la
pératures d’évaporation θ F , θ F′ , θ F″ , telles que θ F > θ F′ > θ F″ . relation (66). Quand la température d’évaporation θF s’abaisse :
On suppose par ailleurs que : — la variation (h 2 – h 3 ) augmente mais assez peu ; on considère
ici que h 2 = h 2(is) ;
— les sous-refroidissements du liquide à la sortie du condenseur
— le rendement volumétrique ηV diminue ;
(θC – θ3 ) et à l’entrée du régleur (θC – θ4 ) sont inchangés pour ces
trois cycles ; — le volume massique v 1″ augmente beaucoup.
— les surchauffes à la sortie des évaporateurs sont égales dans
L’accroissement de v 1″ étant beaucoup plus important que celui
les trois cas :
( θ 6 – θ F ) = ( θ6′ – θF′ ) = (θ 6″ – θ F″ ) de (h 2 – h 3 ), la puissance calorifique φC produite par une pompe à
chaleur diminue notablement lorsque la température d’évaporation
— les surchauffes à l’entrée du compresseur sont égales pour s’abaisse.
ces trois cycles :
2.5.1.3 Coefficients de performance
( θ 1 – θ F ) = ( θ1′ – θF′ ) = (θ 1″ – θ F″ )
Étudions l’influence de θF sur les coefficients de performance
Supposons fixe le débit-volume géométrique ou balayé, V̇ b , ce COPF et COPC . Rappelons la relation (60) :
qui implique, en particulier, une vitesse de rotation constante du
compresseur. ( h6 – h5 )
COP F = -------------------------------- η eff
Lorsque, toutes les autres conditions restant égales par ailleurs, (h 2(is) – h 1 )
la température d’évaporation s’abaisse de θ F à θ F″ :
D’après la figure 27, on constate que lorsque θF s’abaisse, les
(h6 – h5) diminue autres conditions de fonctionnement restant constantes :
— la variation (h6 – h 5 ) diminue ;
— la variation (h 2(is) – h 1 ) augmente notablement, cela est le
résultat de l’accroissement du taux de compression ;
— le rendement effectif ηeff diminue en raison de cet accroisse-
ment (sauf pour les petits taux de compression).

Le coefficient de performance frigorifique COP F d’une


machine frigorifique décroît de manière importante lorsque la
température d’évaporation s’abaisse [équation (8) et figure 4].

D’après la relation (63)


( h2 – h3 )
COP C = -------------------------------- η eff
(h 2(is) – h 1 )

et la figure 27, on voit que, lorsque θF s’abaisse :


— la variation (h 2 – h 3 ) augmente, mais peu ;
— la variation (h 2(is) – h 1) augmente aussi, mais beaucoup plus ;
— le rendement effectif ηeff diminue.

Figure 27 – Cycles de machine frigorifique monoétagée


fonctionnant entre une même température de condensation Le coefficient de performance calorifique COPC d’une pompe
et, respectivement, trois températures d’évaporation à chaleur décroît lorsque la température d’évaporation s’abaisse.
Il en serait également de même pour une pompe à chaleur réver-
sible [équation (9) et figure 4b ].

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2.5.2 Température de condensation


2.5.2.1 Puissance frigorifique
La figure 28 représente trois cycles de machine frigorifique (ou
de pompe à chaleur) monoétagée fonctionnant entre une même
température d’évaporation θF et respectivement trois températures
de condensation θ C , θC′ , θC″ telles que :

θC″ > θC′ > θ C

On suppose par ailleurs que :


— le débit-volume balayé V̇ b est fixe ;
— les surchauffes à la sortie de l’évaporateur (θ6 – θF ) et à l’entrée
du compresseur (θ1 – θF ) sont invariables ;
— les sous-refroidissements du liquide à l’entrée du régleur sont
identiques :
θ C – θ 4 = θC′ – θ4′ = θC″ – θ4″
Figure 28 – Cycles de machine frigorifique monoétagée
D’après (65), lorsque, toutes les autres conditions étant égales par
fonctionnant entre une même température d’évaporation
ailleurs, la température de condensation s’élève :
et, respectivement, trois températures de condensation
θC″ > θC′ > θ C

— la variation (h 6 – h 5 ) décroît nettement ; Notons que, d’après (8), il en serait de même pour une machine
— le rendement volumétrique ηV diminue en raison de l’accrois- ditherme réversible.
sement du taux de compression ;
— le volume massique v 1″ reste constant. ■ Pour une pompe à chaleur :
( h2 – h3 )
COP C = -------------------------------- η eff
La puissance frigorifique φ F d’une machine frigorifique à ( h 2(is) – h 1 )
compression diminue quand la température de condensation
s’élève. Cependant cette décroissance est comparativement lorsque θC s’élève :
beaucoup plus faible que celle résultant d’un abaissement (h 2 – h 3 ) varie peu ;
correspondant de la température d’évaporation. (h 2(is) – h 1 ) croît notablement ;
ηeff diminue généralement.
2.5.2.2 Puissance calorifique
D’après (66), lorsque θC s’élève : Le coefficient de performance COPC d’une pompe à chaleur
— la variation (h 2 – h 3 ) peut croître (peu) ou décroître selon les diminue lorsque la température de condensation s’élève.
fluides ;
— le rendement volumétrique ηV diminue ;
— le volume massique v 1″ reste constant. 2.5.3 Autres paramètres de fonctionnement

En raisonnant de façon identique, on montre que l’augmentation


Lorsque θC s’élève, la puissance calorifique φC d’une pompe à
de la surchauffe des vapeurs aspirées, les autres paramètres restant
chaleur diminue généralement, mais cette variation reste
inchangés, entraîne :
modérée.
— une diminution (modérée) de la puissance frigorifique et n’a
généralement que peu d’influence sur la puissance calorifique d’une
2.5.2.3 Coefficients de performance pompe à chaleur ;
— une réduction (petite) des coefficients de performance.
Étudions l’influence de la température de condensation θC sur
les coefficients de performance COPF et COPC . On montre également que l’augmentation du sous-refroidisse-
ment du liquide à l’entrée du régleur, les autres paramètres étant
■ Pour une machine frigorifique : fixes, s’accompagne :
( h6 – h5 ) — d’une augmentation (réduite cependant) de la puissance
COP F = -------------------------------- η eff frigorifique ;
(h 2(is) – h 1 ) — d’un accroissement du même ordre des coefficients de
performance.
si θC augmente :
(h 6 – h 5 ) diminue (figure 28) ;
(h 2(is) – h 1) croît de façon importante ; 2.5.4 Sous-refroidissement accentué
ηeff décroît (généralement).
Pour accroître le sous-refroidissement du liquide frigorigène avant
Le coefficient de performance frigorifique COP F d’une son entrée dans le régleur (figure 29a ), on peut le faire circuler dans
machine frigorifique décroît rapidement lorsque la température un échangeur liquide-vapeur ELV, à contre-courant par rapport aux
de condensation s’élève. vapeurs de frigorigène sortant de l’évaporateur.
Les vapeurs s’y réchauffent de 6 à 6’, tandis que le sous-
refroidissement du liquide frigorigène s’accentue de 4 à 4’ (θ4’ < θ4 ).

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car, d’une part, V̇ b est inchangé et, d’autre part, ηV ne varie pas (ou
très peu) puisque le taux de compression est le même.
Le premier terme du produit des deux fractions est évidemment
supérieur à 1. Il est d’autant plus grand, pour un échauffement donné
de la vapeur (θ6’ – θ6 ), que :
— la capacité thermique massique sous pression constante de la
vapeur, c p , est plus grande ;
— la variation d’enthalpie dans l’évaporateur est plus petite (donc
que l’enthalpie de vaporisation du frigorigène est plus faible).
Le second terme est inférieur à 1.
La variation relative de φF dépend donc de ces influences oppo-
sées. Pour fixer les idées, on donne dans le tableau 5, pour quatre
frigorigènes : NH3 , R 12 (CF2Cl2), R 22 (CHF2CI) et R 502 (azéotrope
de R 22 et de R 115 ), deux températures de condensation
( θ C = + 30 o C et + 40 o C) et trois températures de vaporisation
(θF = 0 oC, – 20 oC et – 40 oC), les variations du rapport φF′  φ F . Les
autres caractéristiques de fonctionnement prises en compte pour
déterminer ces rapports sont :
— avant l’introduction de l’échangeur ELV (cycle 1-2 is-3-4-5-6) :
• le sous-refroidissement du liquide en 4, à l’entrée du régleur :
θC – θ4 = 5 K,
• la surchauffe des vapeurs à la sortie de l’évaporateur :
θ6 – θF = 5 K,
• l’échauffement supplémentaire des vapeurs dans la conduite
d’aspiration : θ1 – θ6 = 5 K ;
— après l’introduction de l’échangeur ELV (cycle 1′-2′is -4-4’-5’-
Figure 29 – Sous-refroidissement accentué. 6-6’) :
Schéma de principe et incidence sur le cycle
• le même sous-refroidissement au point 4 (5 K),
• la même surchauffe au point 6 (5 K),
Si l’échangeur ELV n’est le siège d’aucun échange de chaleur • l’échauffement de la vapeur dans l’échangeur liquide-vapeur
vis-à-vis de l’extérieur, comme les débits-masses dans les conduites ELV : θ6’ – θ6 = 15 K,
de liquide et de vapeur sont les mêmes, la diminution δh de l’enthal- • l’échauffement supplémentaire des vapeurs dans la conduite
pie massique du liquide entre 4 et 4’ est exactement égale à l’aug- d’aspiration suivant l’échangeur : θ1’ – θ6’ = 5 K. (0)
mentation d’enthalpie massique de la vapeur entre 6 et 6’. Il y a
transfert thermique du liquide chaud à la vapeur froide.
Sur le diagramme de la figure 29b, on a représenté deux cycles, Tableau 5 – Influence du sous-refroidissement
l’un 1-2 is -3-4-5-6, avec sous-refroidissement ordinaire , l’autre, accentué pour quatre frigorigènes.
1′-2′is -3-4-4′-5′-6-6′ , avec sous-refroidissement accentué. On a Valeur du rapport F′   F
supposé, pour construire 1’ que l’échauffement de la vapeur dans
la canalisation d’aspiration était le même dans les deux cas, qu’il Frigo- NH3 R 12 R 22 R 502
y ait, ou non, l’échangeur ELV. rigène (CF2Cl2) (CHF2Cl)
θC
θF
En fait, lorsque l’on fait usage d’un échangeur liquide-vapeur + 30 oC + 40 oC + 30 oC + 40 oC + 30 oC + 40 oC + 30 oC + 40 oC
ELV, l’échauffement de la vapeur dans la conduite d’aspiration 0 oC 0,971 0,972 1,005 1,011 0,989 0,993 1,014 1,024
est généralement plus faible, pour un même débit de frigorigène
et des conditions de fonctionnement identiques. En effet, la – 20 oC 0,967 0,969 1,007 1,013 0,990 0,994 1,017 1,028
température moyenne intérieure de cette canalisation étant plus o
– 40 C 0,943 0,945 1,007 1,014 0,989 0,994 1,022 1,034
élevée, les entrées de chaleur y sont plus réduites.

L’examen du tableau 5 montre que :


Examinons l’influence du sous-refroidissement accentué sur la
puissance frigorifique φF d’une machine frigorifique et sur la puis- — les valeurs de φF′  φ F sont toutes assez proches de l’unité ;
sance calorifique φC d’une pompe à chaleur. — le sous-refroidissement accentué est toujours défavorable
Rappelons encore une fois que : pour le R 22 et surtout pour l’ammoniac (NH3 ). Il est au contraire
plutôt favorable pour le R 12 et surtout pour le R 502 ;
V˙ b η V V˙ b η V — à température d’évaporation constante, l’élévation de la tempé-
φ F = ---------------- ( h 6 – h 5 ) = ---------------- ( h 6 – h 4 ) rature de condensation rend plus favorable (ou moins défavorable)
v 1″ v 1″
l’usage du sous-refroidissement accentué ;
En appelant φF′ la nouvelle puissance frigorifique résultant du — à température de condensation constante, d’une part, l’effet
bénéfique du sous-refroidissement accentué pour le R 12 et le R 502
sous-refroidissement accentué, on a : s’accroît quand la température d’évaporation s’abaisse, d’autre part,
son effet néfaste pour NH3 s’accroît avec l’abaissement de θF .
φF′ ( h 6 – h 4′ ) v 1″
------- = --------------------------- ------------ (67)
φF ( h 6 – h 4 ) v ″1′

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■ Les avantages du sous-refroidissement accentué sont :


— une augmentation du coefficient de performance, tout au moins
pour certains frigorigènes ; cette amélioration est toutefois très
limitée ;
— une amélioration du séchage des vapeurs ; l’augmentation de
la surchauffe pouvant accroître l’efficacité du compresseur ;
— une meilleure extraction du frigorigène de l’huile qui revient
vers le compresseur ;
— un meilleur remplissage de l’évaporateur sec ou à surchauffe
que l’on peut obtenir en réduisant la surchauffe à sa sortie ; on
améliore ainsi l’efficacité thermique de cet échangeur ;
— une protection contre l’apparition de phase gazeuse à l’entrée
du détendeur ;
— une protection accrue du compresseur vis-à-vis de la péné-
tration du liquide.
Figure 30 – Représentation graphique classique
■ Les inconvénients du sous-refroidissement accentué sont : de la puissance frigorifique réduite
— la diminution des performances avec certains frigorigènes
(par exemple NH3 ) ;
— l’élévation de la température des vapeurs refoulées ;
Pour caractériser un dispositif de réduction de puissance du
— l’accroissement des chutes de pression dû à la présence de
point de vue énergétique, il convient d’étudier comment la
l’échangeur ELV (la chute de pression côté basse pression,
puissance mécanique consommée par le compresseur, Peff ,
c’est-à-dire du côté de la vapeur aspirée, est particulièrement
diminue lorsque la puissance frigorifique produite, φF , s’abaisse.
pénalisante) ;
Pour ce faire, il est classique de représenter les variations de
— l’investissement supplémentaire (faible toutefois) que l’échan-
Peff /Peff(n) en fonction de φF /φF (n) (figure 30). Ici, φF représente la
geur ELV entraîne.
puissance frigorifique réduite demandée, à laquelle correspond la
puissance nécessaire Peff , φF (n) est la puissance frigorifique
nominale, c’est-à-dire maximale, et Peff(n) la puissance mécanique
2.6 Variation de la puissance thermique consommée correspondante.
La droite ON, pour laquelle la puissance consommée Peff décroît
proportionnellement à la puissance frigorifique φF produite, repré-
Les valeurs de la puissance frigorifique d’une machine frigorifique, sente ce vers quoi il faut tendre. Les systèmes de réduction de
ou de la puissance calorifique d’une pompe à chaleur, utilisées pour puissance dont les graphes caractéristiques se situent au-dessus
le calcul et le choix du matériel nécessaire, correspondent, généra- de cette droite sont évidemment moins favorables, et cela d’autant
lement, à la charge thermique maximale de la machine. En effet, l’ins- plus qu’ils s’en éloignent davantage, puisque la puissance
tallation doit permettre, dans les conditions les plus difficiles, de consommée décroît alors moins vite que la puissance frigorifique
satisfaire les besoins de froid ou de chaleur. Lorsque, sous l’action produite, ce qui abaisse de coefficient de performance à charge
de facteurs divers, ces besoins diminuent, la production frigorifique réduite.
ou calorifique de la machine doit être abaissée pour s’adapter à ces Le tableau 6 rassemble les données des divers systèmes de réduc-
nouvelles conditions de charge. tion de puissance frigorifique et permet, pour chaque cas, de
Il faut donc se préoccuper des diverses méthodes qui peuvent être connaître les paramètres à régler.
utilisées pour assurer la réduction de la puissance thermique pro- La puissance frigorifique moyenne nécessaire à la couverture
duite par ces machines. Nous nous bornerons ici à la présentation des besoins thermiques à l’instant t, φF (t ), peut s’écrire :
des principes. Pour leur mise en œuvre, on se reportera à la
référence [3]. tm
φ F ( t ) = ṁ 6 ( h 6 – h 5 ) --------- (68)
Exemple : dans une installation de climatisation, les besoins en t tot
puissance diminuent dès que la température extérieure s’abaisse,
l’insolation est moins importante, l’occupation du local à climatiser est avec ṁ 6 débit-masse quittant, en 6, l’évaporateur,
plus faible, etc. Pour un entrepôt, les besoins peuvent se réduire à la tm temps de marche pendant lequel ce débit est assuré,
suite de l’abaissement de la température extérieure ou parce que le ton- ttot
temps total considéré autour de l’instant t (t m /t tot est le
nage des produits à refroidir est moins important. Une pompe à chaleur taux de fonctionnement du système de production de
peut être également moins sollicitée si la température à l’extérieur du froid).
local à chauffer s’élève ou encore si l’on procède, notamment la nuit, à
une réduction de la température intérieure du local, etc. Le débit-masse ṁ 6 est égal à ṁ 1 , sauf si on retourne à l’entrée
du compresseur un débit de court-circuit ṁ cc provenant du circuit
Il existe différentes méthodes de réglage de la puissance frigori- haute pression. On a alors :
fique qui ne sont pas toutes aussi intéressantes les unes que les
autres si l’on considère : ṁ 6 = ṁ 1 – ṁ cc (69)
— l’économie de l’énergie mécanique consommée ;
— la commodité du réglage ; Par ailleurs, quelle que soit la nature du compresseur, au débit-
— la variation continue ou non de la puissance ; masse ṁ 1 correspond le débit-volume effectivement aspiré V˙ 1 ,
— le taux minimal possible de réduction de la puissance fonction de la vitesse de rotation N :
thermique ;
— les possibilités d’automatisation ; V˙ 1 = ṁ 1 v 1″ = f ( N ) (70)
— le prix de revient, etc.
Dans le cas particulier des compresseurs volumétriques, si l’on
On distingue deux genres de systèmes de réduction de puissance appelle V˙ b le volume balayé, pendant l’unité de temps, côté aspi-
frigorifique (tableau 6) : ration, par le système mobile, on a :
— ceux qui agissent directement sur le compresseur ;
— ceux qui interviennent sur le circuit frigorifique.
(0)

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Tableau 6 – Méthodes de réglage de la puissance thermique


Mode d’action Système de réglage de puissance Paramètres à régler
Action sur le compresseur lui-même
au compresseur
Action externe

1. Tout ou rien 2. Tout ou peu 3. Variation de vitesse


Système très courant Système assez courant Système peu courant

nombre de cylindres), un débit-volume balayé total, pour


V˙ 1 = V˙ b ηV (71)
l’ensemble des pistons :
i=n 2
(c’est ce que nous avons appelé plus haut Vr , volume réellement π ( i )
aspiré). V̇ b = ∑ ---------------
4
-  ( i )  ( i ) η eff ( i ) N ( i ) (72)
Dans le cas, plus particulier encore, des compresseurs à pistons, i=1
on a, pour n compresseurs de caractéristiques semblables ou diffé- (ces divers compresseurs peuvent avoir des taux de fonctionnement
rentes (  diamètre des cylindres,  course des pistons,  t m(i) /t tot , différents).

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■ Comme on s’en rendra mieux compte plus loin (§ 3.3.2), la multi-


3. Machines frigorifiques plication des étages de compression améliore intrinsèquement le
polyétagées cycle frigorifique. Cependant, il ne faut pas systématiquement
s’orienter vers des cycles à nombreux étages pour les raisons
suivantes :
3.1 Intérêt de la compression polyétagée. — la complexité de la machine et son prix s’accroissent lorsque
Ses limites le nombre d’étages de compression augmente ;
— si l’amélioration est manifeste lorsque l’on passe d’un cycle
monoétagé à un cycle biétagé, les gains que l’on obtient avec des
Lorsque, dans une machine frigorifique ou une pompe chaleur,
cycles comportant de plus en plus d’étages sont généralement de
les températures de la source froide θF et de la source chaude θC
plus en plus faibles ;
s’éloignent l’une de l’autre :
— en accroissant le nombre d’étages, on réduit les taux de
— soit parce que, à température de condensation θC à peu près compression de chacun d’eux ; si ceux-ci deviennent très petits, on
constante, la température d’évaporation θF diminue (machine frigo- observe alors, avec les compresseurs volumétriques, une diminution
rifique pour la production de froid à basse température : du rendement effectif, ce qui va à l’encontre du but recherché.
congélation) ;
— soit parce que, à température d’évaporation θF à peu près On est donc conduit à limiter le nombre d’étages d’un cycle poly-
constante, la température de condensation θC s’élève (pompe de étagé. Avec les compresseurs volumétriques il est courant d’utiliser
chaleur pour la production de chaleur à haute température ) ; des cycles biétagés pour la production de froid à des températures
allant de – 20 oC à – 50 oC (ces chiffres ne doivent pas être pris
le taux de compression imposé au compresseur s’élève : comme des limites strictes). À ce domaine correspondent les impor-
Si θF ↓ ⇒ pF ↓ , avec θC ≈ Cte ⇒ pC ≈ Cte ⇒ τ = pC / pF ↑ tantes applications de la congélation et de la conservation des pro-
duits congelés. Les cycles triétagés sont beaucoup plus rares.
Si θF ≈ Cte ⇒ pF ≈ Cte, avec θC ↑ ⇒ pC ↑ ⇒ τ = pC / pF ↑ ■ Notons qu’il est commode de réaliser des compresseurs poly-
■ L’accroissement du taux de compression  s’accompagne de étagés avec les turbocompresseurs à roues multiples. C’est donc
divers inconvénients. surtout avec ce type d’appareil que l’on met en œuvre des cycles de
compression à grand nombre d’étages nécessités pour la produc-
● Le rendement volumétrique ηV du compresseur s’abaisse si
tion de basses températures, en génie chimique, en n’utilisant qu’un
c’est un compresseur volumétrique et, pour aspirer le débit-volume seul frigorigène.
nécessaire, il faut un compresseur dont le débit-volume balayé croît,
ce qui retentit sur son prix. Lorsqu’on doit refroidir un fluide dans un très grand domaine de
Bien qu’on ne puisse parler de rendement volumétrique à leur température (figure 31), avec θ f2  θ f1 , il est alors souvent avanta-
égard, les turbocompresseurs sont également affectés par l’éloigne- geux d’avoir recours à un cycle frigorifique comportant de nombreux
ment des pressions pC et pF . En effet, la hauteur manométrique qu’ils étages de compression (turbocompresseur) pour disposer de nom-
doivent fournir augmente alors, affectant ainsi le débit de vapeur breux niveaux de températures et obtenir ainsi un refroidissement
déplacée. du fluide qui se rapproche de la réversibilité.
● Le rendement effectif ηeff du compresseur s’abaisse générale-
ment (il faut en effet des taux de compression τ très petits pour que
ηeff s’accroisse quand τ augmente). Lorsque le rendement effectif 3.2 Cycle frigorifique biétagé
diminue, le comportement énergétique du compresseur réel
s’éloigne de plus en plus de celui du compresseur parfait, ce qui est Un tel cycle se développe entre trois niveaux de pression
défavorable. pC > pi > pF auxquels correspondent trois niveaux de température
● La qualité thermodynamique du cycle frigorifique se dégrade : de saturation du frigorigène θC > θi > θF (figure 32) où pi et θi sont
— les pertes thermodynamiques dues à la détente isenthalpique, respectivement la pression et la température de saturation inter-
celles dues à la surchauffe des vapeurs, s’accroissent (même si l’on médiaires.
avait affaire à un cycle mettant en œuvre un compresseur parfait) ; Le compresseur basse pression comprime le frigorigène de pF
— la température de refoulement s’élève (tout au moins avec la à pi , le compresseur haute pression le comprime de pi à pC :
plupart des frigorigènes et notamment avec l’ammoniac).
Autrement dit, on s’éloigne de plus en plus de la réversibilité. pC pC pi
τ = -------- = -------- ------- = τ H τ B
pF pi pF
■ Pour éviter toutes ces difficultés, on est donc conduit :
— à comprimer le frigorigène dans plusieurs compresseurs suc- avec τH et τB respectivement taux de compression des compres-
cessifs, associés en série et constituant des étages de compression ; seurs haute pression et basse pression.
le taux de compression global nécessaire est ainsi le produit des taux On atteint ainsi le premier objectif visé : la réduction du taux de
de compression partiels de chacun des étages, ce qui ramène ceux-ci compression de chaque compresseur.
à des valeurs acceptables :
On refroidit les vapeurs comprimées par le compresseur basse
τ = pC /pF = τ1 × τ2 × ... × τn pression en les mettant en contact avec la source à la température θi
(ou à une température voisine). On satisfait ainsi à la deuxième
on dit que la compression est polyétagée ; condition : le refroidissement des vapeurs entre les étages. Le troi-
— à refroidir (généralement) les vapeurs de frigorigène entre les sième but, le refroidissement du liquide, peut être également atteint
étages de compression ; on peut ainsi limiter les températures de grâce à la source à θi (ou à une température voisine).
refoulement des compresseurs à des valeurs acceptables ;
— à refroidir le liquide frigorigène entre le condenseur et le Deux cycles biétagés appliquent ces principes :
régleur alimentant l’évaporateur ; l’abaissement de la température — le cycle à injection totale ;
du liquide permet d’augmenter la production frigorifique massique — le cycle à injection partielle.
du frigorigène dans l’évaporateur, donc de réduire le débit-masse
à y vaporiser.

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Figure 32 – Principe de la compression biétagée

Au cours du cycle (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) le frigorigène subit


les transformations suivantes (on a considéré que les chutes de pres-
sion dans les circuits étaient négligeables).
— De 1 à 2 : compression des vapeurs de pF à pi . Si la compression
Figure 31 – Intérêt thermodynamique de la compression polyétagée
était idéale et s’effectuait isentropiquement, on atteindrait le point 2 is
(cas de la figure 33b ). Connaissant le point 1, il est toujours possible
d’obtenir, sans ambiguïté, le point 2 is . Le compresseur réel ne se
3.2.1 Cycle biétagé à injection totale comportant pas de façon isentropique, on peut faire, au sujet du
point 2 réel, les mêmes remarques que celles faites dans le cas du
La figure 33 présente, d’une part, le circuit frigorifique mettant cycle à compression monoétagée (§ 2).
en œuvre ce cycle et, d’autre part, le tracé de ce cycle sur le dia- — De 2 à 3 : désurchauffe de la vapeur par la mise en contact
gramme enthalpique p, h. direct de la vapeur et du liquide dans la bouteille intermédiaire BI.
Une bouteille intermédiaire BI est installée entre les deux étages On suppose que l’on atteint, en 3, les conditions de saturation, ce
de compression. Elle est sous la pression intermédiaire pi et renferme qui est, généralement, proche de la réalité.
du liquide frigorigène, en présence de sa vapeur, à la température — De 3 à 4 : compression des vapeurs de pi à pC . La figure 33b
de saturation correspondante θi . Dans cette bouteille, on met en représentant une compression idéale, 4 = 4 is ; on peut toujours
contact direct les vapeurs issues du compresseur basse pression CBP obtenir ce point. Au sujet du point réel, les remarques faites plus
et le liquide à θi . Les vapeurs sont ainsi refroidies jusqu’à la tem- haut s’appliquent.
pérature θi (ou à une température très voisine). Ces vapeurs et celles — De 4 à 5 : désurchauffe, condensation et sous-refroidisse-
qui ont été produites dans la bouteille intermédiaire sont alors aspi- ment du liquide formé (voir les remarques déjà formulées § 2).
rées par le compresseur haute pression CHP.
— De 5 à 6 : refroidissement complémentaire (éventuel) du frigo-
Par ailleurs, la totalité du débit liquide formé dans le condenseur rigène dans la conduite de liquide.
est injecté dans la bouteille intermédiaire BI, donc entre les étages
de compression, par le détendeur D1 : c’est cette injection totale — De 6 à 7 : détente isenthalpique de la totalité du liquide frigo-
qui donne son nom au cycle. L’essentiel du liquide détendu est repris rigène en circulation de pC à pi , dans le détendeur D1. Le mélange
par le second détendeur D2 pour alimenter l’évaporateur. diphasique sortant de ce régleur est introduit dans la bouteille inter-
médiaire BI afin que le liquide se sépare de la vapeur.

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Figure 33 – Cycle frigorifique biétagé


à injection totale

— De 7 à 8 : séparation du liquide contenu dans le frigorigène ■ Bilan massique


détendu. On alimente le second détendeur D2 en prélevant le liquide
frigorigène en bas de la bouteille. Ce liquide, en 8, est saturant. Il ṁH ( 7 ) – ṁ H ( 3 ) + ṁ B ( 2 ) – ṁ B ( 8 ) = 0 (73)
est, en effet, sous la pression pi et à la température θi .
Le bilan massique est satisfait.
— De 8 à 9 : détente isenthalpique du frigorigène de pi à pF dans
le détendeur D2. ■ Bilan énergétique (ou enthalpique)
— De 9 à 10 : production de froid utile dans l’évaporateur par
vaporisation, à θF , du liquide frigorigène et surchauffe de la vapeur ṁ H h 7 – ṁ H h 3 + ṁ B h 2 + φ P – ṁ B h 8 = 0 (74)
formée, sous la pression pF , de θF à θ10 .
ṁ H ( h2 – h8 ) φP
— De 10 à 1 : échauffement des vapeurs dans la conduite d’aspi- d’où --------- = ------------------------
- + -----------------------------------
- (75)
ration de θ10 à θ1 . ṁ B ( h 3 – h 7) ṁ B ( h – h )
3 7

Si, comme c’est habituel, on considère que le flux de perte φ P est


Attention, les deux compresseurs ne déplacent pas le même d’importance négligeable :
débit-masse de frigorigène. En effet, le compresseur haute pres-
sion CHP déplace, outre le débit-masse ṁ B que lui envoie le ṁ H ( h 2 – h 8 )
--------- = ------------------------- > 1 (76)
compresseur basse pression CBP : ṁ B ( h 3 – h 7)
— le débit de vapeur qui s’est formée dans la bouteille BI
Ce cycle simple, aux deux étages bien symétriques, est très efficace
pour refroidir, de 2 à 3, les vapeurs issues de CBP ;
sur le plan thermodynamique.
— le débit de vapeur qui résulte de la première détente dans
le détendeur D1. ● L’examen de la figure 34 où sont superposés un cycle biétagé à
injection totale (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10) et un cycle monoétagé
On a donc : ṁ H > ṁ B évoluant entre les mêmes pressions extrêmes (I, II, III, IV, V) montre
bien les deux avantages du cycle biétagé :
— une production de froid, par unité de masse de frigorigène, plus
Pour calculer le rapport ṁ H ṁ B faisons les bilans de la bou- importante :
teille intermédiaire BI (figure 33). On fait passer la frontière d’iso- qF 2 = ∆h 2 > ∆h 1 = qF1
lement par les points 2, 3, 7 et 8. Les détentes étant isenthalpiques,
cette frontière pourrait aussi bien passer par les points 6 et 9. — des températures de refoulement des compresseurs plus
basses :
Appelons φP la puissance calorifique qui résulte des pertes des T2, T4 < TII
isolations comprises entre ces points, essentiellement celles de la
bouteille BI (ces pertes de froid sont des entrées de chaleur).

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Le cycle à injection totale présente toutefois deux inconvénients Les transformations 10-1, 1-2, 2-3, 3-4, 4-5 et 5-6 sont exactement
d’ordre pratique. semblables à celles mises en œuvre dans le cycle à injection totale.
— En 8, le liquide qui doit être admis au second détendeur D2 Les autres en diffèrent sensiblement.
est saturant. Il ne peut tolérer la moindre chute de pression car, l’ébul-
lition commençant alors, le détendeur D2 serait alimenté par un
mélange liquide-vapeur, ce qui n’est pas acceptable. La conduite
joignant la bouteille intermédiaire au détendeur D2 doit donc être
très courte, ce qui n’est généralement pas compatible avec la dis-
position des circuits frigorifiques.
— Ce détendeur D2, menacé par l’alimentation diphasique, fonc-
tionne, de plus, sous un écart de pression très réduit. Comme pF
est sensiblement inférieur à pi , très souvent 3 à 4 fois moins, l’écart
de pression sous lequel fonctionne le second détendeur D2 est net-
tement inférieur à celui qui permet le fonctionnement du premier
D1. Cet écart trop faible pose des problèmes.
Pour éviter ces deux difficultés, on met souvent en œuvre un autre
cycle biétagé : le cycle à injection partielle.

3.2.2 Cycle biétagé à injection partielle

La machine frigorifique qui met en jeu ce cycle est schématisée


figure 35a. La figure 35b montre ce cycle tracé dans le diagramme
enthalpique p, h.
Pour résoudre le problème posé par le détendeur qui précède
l’évaporateur et par l’alimentation propre de cet appareil. On
utilise :
— un détendeur principal DP qui a la charge d’alimenter
l’évaporateur ;
— un détendeur, ou régleur auxiliaire DA, dont le rôle est de main-
tenir le niveau de liquide frigorigène dans la bouteille intermédiaire Figure 34 – Comparaison d’un cycle monoétagé
en y injectant une partie seulement du débit de frigorigène en et d’un cycle biétagé à injection totale
circulation : c’est de cette injection partielle que vient le nom de ce
cycle.

Figure 35 – Cycle frigorifique biétagé


à injection partielle avec bouteille intermédiaire

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— De 6 à 7 : détente dans DA, de pC à pi , du frigorigène destiné légèrement surchauffée) accompagnée d’huile, qui sort, en 11, de
à alimenter la bouteille intermédiaire BI. Le débit qui subit cette l’évaporateur ERL. Ces deux fluides rejoignent la vapeur refoulée,
détente est ( ṁ H – ṁ B ) . en 2, par le compresseur CBP et contribuent à refroidir cette vapeur.
— De 6 à 8 : sous-refroidissement du débit ṁ B de liquide frigo- On peut, si besoin est, compléter ce refroidissement au moyen d’une
rigène. Il s’effectue dans l’échangeur E immergé dans le liquide à θi injection de liquide frigorigène entre 2 et 3, injection assurée par un
contenu dans la bouteille BI. Ce sous-refroidissement s’effectue sous détendeur auxiliaire d’injection DAI (attention à son bon fonction-
la haute pression pC , de 6 à 8. Du fait de l’utilisation d’un échangeur nement pour éviter les coups de liquide au compresseur CHP). On
de chaleur, la température du point 8 n’atteint pas θi mais lui reste peut ainsi obtenir, en 3, une vapeur à une température proche de
supérieure d’une valeur δ θ qui caractérise le pincement de cet la saturation sous la pression pi . Le bulbe du détendeur d’injection
échangeur : est disposé en 3 (détendeur thermostatique) ou, plus souvent, en
θ8 = θi + δ θ 4 (détendeur spécial d’injection). Comme on le voit, cet ensemble
se comporte comme la bouteille précédente sans en présenter les
— De 8 à 9 : détente du débit ṁ B de frigorigène, dans le déten-
deur principal DP, de pC à pF . inconvénients. Pour calculer le rapport ṁ H ṁ B on effectue le bilan
de cet ensemble comme on a fait le bilan de la bouteille BI dans le
— De 9 à 10 : production de froid dans l’évaporateur par vapori- cas précédent.
sation, à θF , du liquide frigorigène et surchauffe (utile) de la vapeur
formée, sous la pression pF de θF à θ10 .
Les deux inconvénients du cycle à injection totale se trouvent ainsi 3.2.3 Choix de la pression intermédiaire
évités :
— les deux détendeurs fonctionnent sous des différences de Le problème frigorifique particulier à résoudre impose, comme
pression suffisantes ; dans le cas des cycles monoétagés, la température d’évaporation
— le liquide, dans l’état 8, est fortement sous-refroidi. Même si θF (donc pF ). De même, les conditions d’évacuation thermique hors
la conduite de liquide est longue et si DP est éloigné de BI, on ne de la machine conduisent à une température de condensation θC
risque plus l’apparition de phase gazeuse à l’entrée de ce détendeur. (donc pC ). C’est d’ailleurs l’importance du taux de compression
En revanche, l’efficacité thermodynamique du cycle à injection τ = pC /pF qui motive, dans le cas présent, le choix d’un cycle biétagé.
partielle est légèrement inférieure à celle du cycle précédent. En effet, En revanche, rien n’impose, a priori, la pression intermédiaire pi du
dans le cas de l’injection totale, la température du liquide avant le cycle. On doit donc la choisir pour respecter tel ou tel critère, fort
détendeur étant θi , la production massique de froid dans l’évapo- différents entre eux d’ailleurs.
rateur était : On peut ainsi chercher à :
∆hF,it = h10 – hi (figure 33b ) — avoir des taux de compression identiques pour les deux étages
alors que dans le cycle à injection partielle, du fait du pincement de compression ;
de l’échangeur, la production de froid par unité de masse de frigo- — réaliser un cycle aux étages mieux équilibrés en adoptant une
rigène est plus petite (figure 35b ) : pression intermédiaire plus élevée que celle déterminée dans le cas
précédent ;
∆hF,ip = (h 10 – h 9) = (h 10 – h 8 ) < ∆hF,it — obtenir des températures de refoulement égales pour les
compresseurs des deux étages ;
■ Le cycle à injection partielle utilise une bouteille intermédiaire où — atteindre une consommation énergétique minimale de
s’effectue à la fois le refroidissement du liquide dans l’échangeur E l’ensemble des deux machines ;
et le refroidissement de la vapeur refoulée par le compresseur basse — loger les deux étages de compression dans le même corps
pression CBP. d’un compresseur biétagé ;
La bouteille convient parfaitement si les compresseurs — produire du froid utile aux deux niveaux de température θF et θi .
n’entraînent pas d’huile dans le circuit ou si l’huile mise en circulation
n’est pas miscible (ou très peu) au frigorigène ce qui est, par exemple, 3.2.3.1 Égalité des taux de compression des deux étages
le cas de l’ammoniac. En effet les bouteilles ne permettent pas
d’assurer le retour d’huile en raison des faibles vitesses des vapeurs, Dans ces conditions, on a :
requises d’ailleurs pour éviter l’entraînement, par ces vapeurs, du
p i1 pC
liquide frigorigène. L’huile déplacée par les compresseurs, et qui τ B = --------- = --------- = τH (77)
arrive dans la bouteille, ne peut s’en échapper. Avec un fluide comme pF p i1
l’ammoniac, l’huile entraînée, non miscible, se sépare du liquide
frigorigène et, étant plus dense, s’accumule au fond de la bouteille et p i1 = pF pC (78)
d’où on peut l’extraire manuellement ou automatiquement.
Il est bien connu qu’un tel choix minimalise la consommation
Avec les frigorigènes miscibles à l’huile dans les conditions de la énergétique de l’ensemble des deux étages mais dans un cas bien
bouteille intermédiaire, cette séparation ne peut s’effectuer et l’huile précis :
ne peut être extraite de la bouteille qu’en mettant en jeu des dis-
— les deux étages de compression déplacent le même débit-
positifs techniques particuliers [systèmes de prélèvement du
masse ;
mélange liquide frigorigène – huile, vaporiseur (rectifieur), etc.]. Pour
— le gaz se comporte comme un gaz parfait ;
ne pas se trouver confrontés à l’accumulation d’huile, on s’attache,
— les températures d’entrée du gaz dans chacun des compres-
avec les frigorigènes miscibles à l’huile, à éviter les bouteilles. Le
seurs sont égales.
cycle à injection partielle est alors mis en œuvre dans un circuit repré-
senté schématiquement par la figure 36. Le refroidissement, de 6 Ces conditions ne sont pas celles des cycles biétagés que l’on
vient de décrire :
à 8, sous la haute pression pC , du débit ṁ B de liquide frigorigène
(renfermant de l’huile) s’effectue dans un évaporateur – refroidisseur — les débits-masses sont différents ṁ H > ṁ B ;
de liquide ERL grâce à la vaporisation de 7 à 11, à la température — les vapeurs de frigorigène ne sont pas des gaz parfaits ;
θi , d’une partie du liquide qui, arrivant au point 6, traverse le déten- — les températures d’aspiration des deux étages sont dis-
deur auxiliaire DA. Dans cet évaporateur, du type à surchauffe, les semblables θ3 > θ1 (figure 37).
vitesses de vapeur sont suffisantes pour entraîner l’huile qui s’est
séparée du frigorigène. C’est donc de la vapeur saturée (ou

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3.2.3.2 Conditions de meilleur équilibre entre les étages


Pour éviter les inconvénients signalés précédemment (§ 3.2.3.1),
on peut adopter une pression intermédiaire pi 2 plus élevée que la
pression pi1 calculée par la relation (78). En réduisant ainsi le taux
de compression de CHP et en augmentant celui de CBP :
— on diminue la consommation énergétique de CHP et on accroît
celle de CBP ;
— on diminue θ4 qui devient θ4’ < θ4 et on augmente θ2 qui
devient θ2’ > θ2 (figure 37).
Sandholt propose ainsi d’adopter, pour l’ammoniac une pression
intermédiaire telle que :

pi 2 = p F p C + 0,35 (79)

(pi est exprimé en bars).


Czaplinski recommande d’utiliser une température intermédiaire
telle que :
Ti = TF TC (80)

3.2.3.3 Égalité des températures de refoulement


des deux étages
Lorsque le cycle biétagé est amené à fonctionner dans des condi-
tions telles que la température de refoulement d’au moins un des
compresseurs, généralement le compresseur haute pression, est
excessive, on peut être conduit, pour limiter aux mieux les tempé-
Figure 36 – Circuit d’un cycle frigorifique biétagé ratures de refoulement des deux compresseurs, à rechercher la pres-
à injection partielle pour frigorigènes miscibles à l’huile sion intermédiaire pi 3 pour laquelle ces températures sont égales.

L’application de ce critère aux frigorigènes dont l’exposant


adiabatique γ = cp /c V est petit n’est pas possible car il conduirait
à des déséquilibres énergétiques importants entre les étages de
compression. En fait ce critère ne peut guère s’appliquer qu’à
l’ammoniac.

3.2.3.4 Consommation énergétique minimale


de l’ensemble des deux étages
Considérons un cycle à compression biétagée, par exemple à injec-
tion totale (figure 33), pour lequel sont fixées :
— les pressions pF et pC (ou les températures de saturation cor-
respondantes θF et θC ) ;
— les températures θ6 d’entrée au premier régleur, θ10 de sortie
de l’évaporateur et θ1 d’entrée au compresseur.
(Pour un cycle à injection partielle, on se fixerait en outre le pince-
Figure 37 – Abaissement de la température de refoulement  4 ment de l’échangeur sous-refroidisseur de liquide δ θ = θ8 – θ i ).
du compresseur haute pression par l’augmentation de la température Les autres points caractéristiques du cycle (2 is , 3, 4 is , 8 et 9) ne
(ou de la pression) intermédiaire dépendent que du choix de la pression intermédiaire. Les taux de
compression τB et τH des deux étages et, par suite, les rendements
Il résulte de cela que si l’on choisit des taux de compression égaux effectifs, par rapport à la compression isentropique, des compres-
pour les deux étages : seurs de ces deux étages (ηeff,B pour CBP, ηeff,H pour CHP) ne
dépendent également que de cette pression intermédiaire.
— la consommation énergétique des compresseurs est désé-
quilibrée : la puissance consommée par le compresseur haute pres- ■ En se fixant diverses valeurs de pi (ou de θi ) voisines (mais supé-
sion est alors supérieure à celle exigée par le compresseur basse
pression ; rieures) à p i1 = p F p C , on peut étudier les variations, en fonction
— les températures de refoulement des deux compresseurs sont précisément de pi ou de θi , des grandeurs suivantes.
très différentes.
● Variation du débit-masse basse pression de frigorigène
Notons que des températures de refoulement dissemblables ne rapporté à l’unité de puissance frigorifique produite (ou de la masse
sont pas, en soi, un inconvénient tant que la température la plus de frigorigène à déplacer par CBP pour obtenir la quantité unitaire de
élevée θ4 n’atteint pas des valeurs dangereuses. froid) :
ṁ B 1
-------- = ---------------------------- = f 1 ( θ i ) (81)
φF ( h 10 – h 8 )

Cette valeur augmente lorsque θi ou pi s’élève puisque (h 10 – h 8 )


diminue alors.

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● Variation du rapport des débits-masses de CHP et de CBP :

ṁ H (h 2 ( is ) – h 8 )
- = f2 ( θi )
- = --------------------------------
---------- (82)
ṁ B ( h3 – h6 )

● Variation de la puissance effective du compresseur basse pres-


sion rapportée à l’unité de puissance frigorifique :
P eff,B ( h 2 ( is ) – h 1 )
--------------- - = f3 ( θi )
= ----------------------------------------- (83)
φF ( h 10 – h 8 ) η eff,B

Quand θi s’élève, (h 2(is) – h 1) augmente (figure 33b ), (h 10 – h 8 )


diminue et ηeff croît ou décroît selon la valeur du taux de compression
τ par rapport au maximum de la courbe correspondante. Malgré
l’ambiguïté de ce dernier terme, on note une croissance de Peff,B /φF
(figure 38).
● Variation de la puissance effective du compresseur haute pres-
sion rapportée à l’unité de puissance frigorifique :
Figure 38 – Recherche du minimum de consommation énergétique
P eff,H 1 m ˙ H ( h 4 ( is ) – h 3 )
- = ---------------------------- ----------
--------------- - --------------------------------- (84) de l’ensemble des deux étages de compression
φF ( h 10 – h 8 ) m ˙B η eff, H

ou, en tenant compte de (76) :


P eff,H ( h 2 ( is ) – h 8 ) ( h 4 ( is ) – h 3 )
---------------
- = ------------------------------------------------------------------ = f4 ( θi ) (85)
φF ( h 10 – h 8 ) ( h 3 – h 6 ) η eff,H

Lorsque θi s’élève, (h 4(is) – h 3 ) décroît nettement, mais comme


(h 10 – h 8 ) diminue aussi et que, selon les cas, ṁ H ṁ B comme
d’ailleurs ηeff peuvent croître ou décroître, la variation de Peff,H /φ F
n’est pas immédiatement prévisible. Toutefois, l’influence de
(h 4(is) – h 3 ) prévaut généralement et, alors, Peff,H /φ F décroît quand Figure 39 – Schéma de principe d’un compresseur à pistons biétagé
θi s’élève (figure 38).
■ Selon les frigorigènes et les conditions de fonctionnement, la
somme des puissances consommées par les deux étages, par unité On notera que  B >  H bien que ṁ B < ṁ H . En effet, si on admet
de puissance frigorifique produite :
l’égalité des rendements volumétriques des deux étages de
P eff,tot P eff,B + P eff,H compression :
-----------------
- = -----------------------------------
- (86)
φF φF B V̇ B ṁ B v 1″
--------- - = ---------------------- > 1
- = --------
H V̇ H ṁ H v 3″
peut, d’après les variations relatives des puissances consommées
par chacun de ces étages, augmenter ou diminuer (très lentement)
lorsque θi s’élève ou, encore, passer par un minimum le plus sou- Le rapport ṁ B ṁ H est un peu inférieur à 1 (de l’ordre de 0,8 à 0,9)
vent très peu marqué (figure 38) dans le domaine, restreint, de tem- mais comme le rapport des volumes massiques des vapeurs aspirées
pératures qui nous concerne ici. À ce minimum correspond donc la par les deux étages v 1″  v 3″ est beaucoup plus grand que 1, le rap-
pression intermédiaire pi4 cherchée. Cependant, étant donné les
faibles variations, avec θi , de Peff,H /φ F , ce critère n’est guère signifi- port  B   H est ordinairement de l’ordre de 2 à 3.
catif d’une façon générale.
Supposons fixés, comme dans le cas précédent, θF (ou pF ), θC
3.2.3.5 Pression intermédiaire pour laquelle les deux étages (ou pC ), θ6 , θ1 , et admettons que θ3 = θi . Le rapport  B  H ne
de compression peuvent être logés dans le même dépend alors que de la température intermédiaire θi .
corps d’un compresseur biétagé
En effet, le rapport du nombre des cylindres est égal au rapport
Il existe dans le commerce des compresseurs alternatifs à pistons des débits-volumes balayés par les étages BP et HP :
qui comportent, dans un même corps, un certain nombre de
cylindres  B affectés à la basse pression (ils jouent le rôle du B V̇ b,B m˙ B v 1″ ηV , H
- = ---------------------- ---------------------
- = -------------
--------- (87)
H η V,B m ˙ H v ″3
compresseur CBP et déplacent le débit m˙ B ) et d’autres cylindres V̇ b,H
identiques, mais en nombre plus réduit  H affectés à la haute pres- En utilisant (82) (dans la mesure où l’on peut admettre que 2 is
représente assez bien le refoulement du CBP, sinon on cherchera à
sion. Utilisés comme CHP, ils déplacent le débit-masse ṁ H . La mieux apprécier 2 réel), on a :
figure 39 représente schématiquement un tel compresseur biétagé
encore dénommé compresseur compound [3]. L’utilisation d’un tel B V̇ b,B ( h 3 – h 6 )v 1″ η V,H
compresseur permet la réalisation d’un circuit frigorifique biétagé n = --------- = ------------- - = f ( θi )
- = ------------------------------------------------------ (88)
H V̇ b,H ( h 2 ( is ) – h 8 )v 3″ η V,B
moins encombrant et moins coûteux car un compresseur biétagé
n’est pas beaucoup plus cher qu’un compresseur monoétagé Ce rapport est bien fonction de θi qui, lorsqu’elle est fixée, déter-
comportant le même nombre total de cylindres. mine θ3 , θ2(is) , θ8 et, par les taux de compression, ηV,H et ηV,B .

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Lorsque θi s’élève, le rapport ṁ B ṁ H peut varier différemment


selon le frigorigène considéré. Notons que, avec les frigorigènes
fluorocarbonés, il est généralement croissant avec θi . Mais, surtout,
v 3″ diminue très vite lorsque θi (ou pi ) s’élève. De même ηV, H croît
et ηV, B décroît alors. Pour toutes ces raisons, le rapport r augmente
rapidement lorsque θi croît (figure 40). Les valeurs possibles de r
sont limitées. Elles doivent être rationnelles et correspondre à des
structures possibles des compresseurs biétagés. En fait, seuls les
rapports 2 et 3 sont utilisés pratiquement. La courbe de la figure 40
peut aussi être employée dans le cas des compresseurs séparés mais
constitués de cylindres semblables et tournant à la même vitesse.
Les rapports r peuvent être alors beaucoup plus variés. Le choix de
r étant fait, on peut facilement déduire de la courbe (40) la pression
intermédiaire pi 5 convenable.

3.2.3.6 Température intermédiaire permettant l’utilisation


de froid à ce niveau de température
Dans de nombreux cas, on peut avoir besoin de froid à deux
niveaux de température : Figure 40 – Recherche d’un rapport donné entre le nombre
— une basse température θF (par exemple – 35 oC pour la conser- de cylindres basse pression et le nombre de cylindres haute pression
vation de produits congelés) ;
— une température plus élevée θF′ (par exemple – 5oC pour la
conservation de produits réfrigérés). Le cycle frigorifique monoétagé utilise le compresseur principal
Si c’est possible, c’est-à-dire si la température θ F′ requise n’est CP qui aspire :
ni trop proche de la basse température θF ni trop proche de la tem- — les vapeurs issues, en 6, de l’évaporateur principal E où est
produit φF à la température θF ;
pérature ambiante, c’est-à-dire de θC , ce qui conduirait, dans un cas — les vapeurs refoulées, en 2’, par le compresseur auxiliaire CA.
comme dans l’autre, à des étages de compression par trop différents
L’état du frigorigène au point 1, à l’entrée du compresseur prin-
(figure 41), il peut être intéressant d’utiliser cette température θ F′ cipal, résulte du mélange des vapeurs de l’état 6 et l’état 2. On peut
comme température intermédiaire θi d’un cycle biétagé. Dans ces obtenir son enthalpie par le bilan énergétique du nœud N.
conditions θ i6 = θ F′ . Le froid à basse température φF′ est produit dans l’évaporateur E’.
Une telle installation qui s’apparente à un système à injection Les vapeurs issues de cet évaporateur sont comprimées de p F′ à pF
totale est présentée sur la figure 41. par le compresseur auxiliaire CA. Dans le cycle représenté
Les évaporateurs basse température E1, E2 sont alimentés à (figure 42), le liquide frigorigène qui alimente le détendeur
partir d’un séparateur basse pression SBP, au moyen de la pompe auxiliaire DA est à la même température θ4 que celui qui alimente
de circulation P dont le but est de vaincre les pertes de charge des le détendeur principal DP. On pourrait envisager un accroissement
évaporateurs et du circuit de retour du frigorigène vers SBP. En 9’’’, du sous-refroidissement de ce liquide puisqu’on dispose d’une
le frigorigène est diphasique. source de froid à température θF < θ4 . On doit veiller à ce que l’huile
De la même façon, les évaporateurs haute température E1’, E2’ revienne bien vers le compresseur auxiliaire, sans excès ni défaut.
sont alimentés à partir du séparateur moyenne pression SMP qui
joue le rôle de bouteille intermédiaire du cycle frigorifique. Le 3.2.4.2 Cycle biétagé à économiseur
compresseur basse pression CBP y refoule les vapeurs qu’il a compri-
mées. L’alimentation de SBP se fait à partir de ce séparateur SMP : Il s’agit d’un cycle frigorifique biétagé, sans refroidissement systé-
matique des vapeurs entre les étages de compression, mais avec
— soit directement par le détendeur D2’ mais, le liquide entrant
refroidissement du liquide jusqu’à la température de saturation θi
au détendeur étant alors saturant, on retrouve les inconvénients du
correspondant à la pression intermédiaire pi . Le circuit frigorifique
cycle à injection totale signalés (§ 3.2.1) ;
d’une machine qui met en œuvre ces principes et l’évolution ther-
— soit, plus souvent, par le détendeur D2 qui utilise le liquide
modynamique du frigorigène au cours de ce cycle sont présentés
sortant de la pompe, donc nettement sous-refroidi, ce qui est plus
sur la figure 43.
favorable sur un plan pratique.
Après la première détente dans D1, le liquide frigorigène se refroi-
dit de θ6 à θ8 = θi . Il est alors admis dans le second détendeur D2
3.2.4 Autres cycles biétagés qui alimente l’évaporateur. La vapeur formée à la suite de la première
détente est injectée entre les deux étages de compression. En se
3.2.4.1 Cycle à compresseur auxiliaire ou booster mêlant aux vapeurs chaudes sortant du compresseur basse pression
(CBP), elle les refroidit de θ2 à θ3 . Ce refroidissement reste toutefois
Considérons (figure 42) une machine frigorifique à compression très limité, car le débit de gaz froid au point 11, pratiquement à la
monoétagée suivant le cycle classique 1, 2, 3, 4, 5, 6 et destinée à température θi , est très inférieur au débit de vapeur refoulée en 2
couvrir d’importants besoins de froid, caractérisés par la puissance par le compresseur basse pression. C’est un cycle simple mais peu
frigorifique φF à la température d’évaporation modérément basse θF . adapté, avec les compresseurs à pistons, à des frigorigènes qui
Si, par ailleurs, on requiert la production d’une petite quantité de s’échauffent beaucoup au cours de la compression (ammoniac et
froid (puissance frigorifique φF′ ) à plus basse température φF′ , on même R 22 ). Comme c’est d’ailleurs le cas pour les autres cycles
peut chercher à lier cette production de froid à la première en faisant biétagés, il permet d’obtenir des coefficients de performance sen-
usage d’un compresseur auxiliaire, souvent dénommé booster. Le siblement supérieurs à ceux que l’on peut atteindre en faisant usage
cycle frigorifique et l’évolution thermodynamique du frigorigène de cycles monoétagés [3]. La réduction sensible d’énergie méca-
sont représentés sur la figure 42. nique nécessaire au compresseur utilisant ce cycle justifie sa déno-
mination.

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Figure 41 – Production de froid à deux niveaux


de température  F et  F′

On emploie assez souvent ce cycle avec les turbocompresseurs 3.3.1 Production de basses températures
à deux roues qui constituent de véritables compresseurs biétagés.
Avec ces compresseurs, on fait usage de ce cycle même dans le La production de basses températures : – 60 oC, – 70 oC, – 80 oC,
cas des taux de compression faibles que l’on rencontre dans les etc. (par exemple pour les besoins de l’industrie chimique, la lyo-
machines frigorifiques de refroidissement d’eau en climatisation. philisation, etc.) par des systèmes frigorifiques à compression peut
On utilise aussi ce type de cycle avec les compresseurs à vis [3]. se faire :
— en utilisant un seul frigorigène évoluant selon un cycle unique
à plusieurs étages de compression ;
— en utilisant plusieurs frigorigènes séparés que l’on met en
3.3 Cycles frigorifiques polyétagés œuvre dans les étages successifs d’un système frigorifique en
cascade ;
— en utilisant des cycles, monoétagés ou polyétagés, où évo-
On peut également rencontrer des cycles frigorifiques comportant
luent des mélanges de plusieurs frigorigènes.
plus de deux étages de compression mécanique. Les cycles frigo-
rifiques (ou de pompes à chaleur) polyétagés peuvent être utilisés : Considérons, dans ce paragraphe, le premier cas.
— pour produire des basses températures ; Si l’on veut produire des basses températures avec un seul frigo-
— pour accroître l’efficacité thermodynamique du système rigène, qui doit être évidemment condensable à la température ordi-
frigorifique ; naire et qui doit donc avoir un point critique assez élevé, on est dans
— pour mieux gérer les absorptions et rejets de chaleur qui l’obligation de multiplier les étages de compression et de faire appel
peuvent se présenter à différents niveaux de température dans un à des compresseurs de grands débits-volumes. En effet, dans les par-
processus industriel. ties basse température du cycle, les pressions de vapeur du

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Figure 42 – Cycle à compresseur auxiliaire

Figure 43 – Cycle biétagé à économiseur

frigorigène sont faibles et les volumes massiques de ces vapeurs rature de condensation θC nécessitée pour l’extraction de l’énergie
élevés. Les turbocompresseurs sont alors les seuls appareils utili- thermique de la machine) de cinq pressions intermédiaires. Ce sont
sables si l’on veut produire une puissance frigorifique suffisante. Il celles obtenues respectivement entre les roues R1 et R2 (pi1), entre
est commode de réaliser pratiquement des turbocompresseurs à R2 et R3 (pi2), entre les corps de compresseurs CP1 et CP2 (pi3 ) entre
roues multiples car le frigorigène n’est pratiquement pas souillé par R’1 et R’2 (pi4) et entre R’2 et R’3 (pi 5 ). À ces pressions correspondent,
l’huile avec ce type de machine, aussi ces compresseurs sont parti- pour le frigorigène unique déplacé, les températures intermédiaires
culièrement intéressants pour la réalisation de machines frigori- de saturation s’échelonnant de θi1 et θi 5 et disponibles, si on le désire,
fiques puissantes, largement polyétagées, pour la production de dans les diverses bouteilles interétages BI1 à BI5.
froid à basse température. La figure 44 montre, à titre d’exemple, Un tel cycle peut être à injection totale, avec détendeur entre
une installation polyétagée faisant appel à deux turbocompresseurs chaque bouteille (figure 44), ou à injection partielle, avec échangeurs
CP1 et CP2 eux-mêmes polyétagés. Ils comportent ainsi, l’un et de refroidissement dans ces bouteilles et avec ou sans utilisation
l’autre, 3 roues. Comme on le voit on dispose (entre la température de froid aux niveaux des températures intermédiaires, etc.
d’évaporation θF , requise pour la production du froid, et la tempé-

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Figure 44 – Installation polyétagée


avec deux compresseurs polyétagés

3.3.2 Efficacité thermodynamique de la machine

C’est pour cette raison que l’on a remplacé le cycle à compression


monoétagée par le cycle biétagé. L’utilisation d’un plus grand
nombre d’étages de compression peut être intéressant. Cela dépend
du type de compresseur mis en œuvre et notamment de la manière
dont le rendement effectif du compresseur varie avec le taux de
compression.
Considérons quatre cycles à compression opérant entre une tem-
pérature d’évaporation θF = – 35 oC, et une température de conden-
sation θC = + 35 oC. Supposons que la surchauffe à la sortie de
l’évaporateur soit de 5 K et que celle à l’entrée du compresseur aspi-
rant sur cet évaporateur soit de 10 K. Admettons aussi que le sous-
refroidissement du liquide à la sortie du condenseur soit de 5 K. Le
frigorigène est, par exemple, de l’ammoniac.
Un des cycles est monoétagé pour servir de référence, les trois
autres, à injection totale, sont polyétagés et comportent respecti-
vement 2, 3 et 4 étages de compression avec des taux de compres-
sion identiques pour chacun d’eux.

Cet exemple est purement théorique car le cycle monoétagé


est inapplicable avec l’ammoniac, en raison de la température
trop élevée, inacceptable, que l’on obtiendrait au refoulement
du compresseur.

■ Si, par hypothèse, les rendements de tous ces compresseurs


étaient identiques et égaux à ηeff = 0,6, le coefficient de performance Figure 45 – La multiplication du nombre des étages de compression
frigorifique serait : devient de moins en moins favorable
φF
COP F = ---------------------
-
∑ eff,x
P

Il augmenterait régulièrement, mais de moins en moins vite, avec


le nombre d’étages de compression (courbe I de la figure 45), la
courbe I’ représente, pour ce même cas, le rapport entre les coef-
ficients de performance d’un cycle polyétagé à n étages et d’un cycle
monoétagé :
COPF(n) /COPF(1)

■ En considérant, au contraire, que le rendement effectif varie avec


le taux de compression selon la loi représentée par la courbe de la
figure 46, ce qui est plus réaliste pour un compresseur volumétrique
à pistons, la variation de COPF avec le nombre d’étages est tout autre.
La courbe II de la figure 45 correspond à ce cas. La variation est
importante entre le cycle monoétagé et le cycle biétagé (voir en par-
Figure 46 – Variation typique du rendement effectif
ticulier la courbe II’ qui donne dans ce cas les valeurs de
en fonction du taux de compression
COPF (n) /COPF(1) ; l’accroissement des COPF est ici de 70 %). On res-
sent là l’effet bénéfique de la réduction du taux de compression qui
passe de τ1 = 14,5 pour un cycle monoétagé à τ2 = 3,80 pour le cycle
biétagé. Le rendement effectif ηeff passe ainsi de 0,5 à 0,76.

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L’accroissement d’efficacité thermodynamique est très faible


lorsque l’on passe du cycle biétagé au cycle triétagé. L’amélioration
intrinsèque du cycle est malheureusement contrecarrée par la réduc-
tion du rendement effectif qui résulte de la diminution du taux de
compression. Pour la même raison, le passage de 3 étages à 4 étages
de compression devient, cette fois-ci, défavorable. Les résultats de
cette comparaison dépendent :
— de la nature du frigorigène ;
— de l’importance de l’écart entre θF et θC . Les cycles polyétagés
sont d’autant plus justifiés que cet écart est important.

3.3.3 Gestion des absorptions et des rejets


de chaleur à différents niveaux thermiques
Comme on dispose avec les cycles n-étagés de (n + 1) niveaux de
température : les températures extrêmes, la basse θF , la haute θC
et les (n – 1) températures intermédiaires, on peut envisager
d’absorber ou de rejeter de la chaleur issue d’un processus industriel
à tel ou tel niveau de température qui nous convient. Ainsi les absorp-
tions de chaleur à basse température, nécessitées par le problème
posé, peuvent-elles servir de sources de chaleur gratuites. On peut
alors rejeter cette chaleur ainsi collectée à des niveaux de tempé-
rature plus ou moins élevés utilisables dans le processus. On obtient
ainsi une gestion thermodynamique rationnelle des absorptions et
des rejets de chaleur du processus.
Pour fixer les idées, considérons la figure 47 où est schématisé,
pour nous servir de modèle, un cycle pentaétagé. La machine peut
permettre par exemple (cas pris parmi un très grand nombre d’autres
possibles) :
— de refroidir un fluide F2 en le mettant en contact avec les
Figure 47 – Installation pentaétagée
sources aux températures intermédiaires θi2 puis θi1 ;
— de refroidir à plus basse température un fluide F3 en le met-
tant successivement en contact avec la source intermédiaire à θi1 La figure 48 représente, selon ce principe, une machine en cas-
puis avec l’évaporateur à θF ; cade à 5 cellules qui sont ici monoétagées pour simplifier la des-
— d’échauffer un fluide F1 en le mettant en contact avec la source cription. Entre l’évaporateur E1, où est produit le froid utile à la basse
à température intermédiaire θi 4 puis avec le condenseur à θC. température θF1 , (TF1), et le condenseur C5, où la chaleur est rejetée
Si l’on se bornait à cela, la source de chaleur à la température θi3 à la température θC 5 , (TC 5 ), on trouve toute la succession des
ne serait pas sollicitée de l’extérieur. Elle servirait simplement au condenseurs-évaporateurs intermédiaires Cx – E(x + 1) dont les tem-
transfert de la chaleur transitant de θF vers θC . Mais, évidemment, pératures s’échelonnent entre θF1 et θC 5 .
rien n’empêche de l’utiliser, par exemple, pour réchauffer un fluide Entre la température de condensation du x-ième frigorigène TC x
F4 déjà préchauffé à la température θi2 , etc. On pourrait multiplier et la température d’évaporation du (x + 1)-ième TF(x + 1) , on doit
les exemples. Les possibilités de tels systèmes sont multiples et inévitablement consentir un écart de température :
variées aussi bien pour la production du froid que pour la technique
des pompes à chaleur. ∆Tx = TCx – TF(x + 1)
nécessaire pour assurer le passage de la puissance thermique φCx ,
dégagée par le condenseur Cx, vers l’évaporateur E(x + 1).
3.4 Cycles frigorifiques D’une cellule à l’autre la puissance thermique transmise s’accroît
(ou de pompes à chaleur) en cascade par suite des apports énergétiques aux compresseurs CPx de
chacune des cellules mais aussi du fait des entrées de chaleur par
3.4.1 Description des cycles en cascade les appareils et les conduites isolées. Rien n’empêche, évidemment,
d’utiliser du froid aux niveaux intermédiaires de température : θF2 ,
Pour déplacer la chaleur dans un large domaine de températures, θF3 , θF4 , etc. Si l’on compare ce cycle en cascade au cycle polyétagé
en particulier pour produire du froid à de basses températures, on à frigorigène unique (figure 47), on peut noter des avantages mais
peut mettre en œuvre des cycles frigorifiques en cascade. Contrai- aussi des inconvénients.
rement aux cycles polyétagés, qui ne font appel qu’à un seul frigo- ■ Avantages de ces cycles
rigène, les cycles en cascade utilisent plusieurs frigorigènes
● Pour chacune des cellules élémentaires, on peut employer le
différents évoluant chacun dans des machines frigorifiques indivi-
frigorigène qui convient le mieux au domaine de températures
duelles à compression qui communiquent entre elles par des échan-
rencontré dans cette cellule. Notamment, les pressions à l’entrée des
geurs thermiques ; chacune d’elles constitue une cellule de la
compresseurs peuvent être (dans la mesure du possible) supérieures
machine en cascade. Ces cellules, qui utilisent un seul frigorigène,
à la pression atmosphérique pour éviter les entrées d’air (inconden-
peuvent être monoétagées ou polyétagées. Le nombre de cellules
sables) accompagné d’eau, particulièrement gênantes dans les
à mettre en œuvre est d’autant plus grand que la température finale
circuits à basse température.
à atteindre est plus basse. La chaleur est transférée, d’une cellule
à celle qui la suit dans l’ordre des températures croissantes, par un ● L’emploi de frigorigènes à pression de vapeur élevée permet
couplage thermique entre ces cellules. En pratique, ce couplage est l’utilisation de compresseurs dont les débits-volumes sont plus
réalisé entre un condenseur Cx où se liquéfie un des frigorigènes réduits et qui sont donc moins chers. On peut employer de petits
Fx et l’évaporateur E(x + 1) de la cellule suivante où se vaporise un compresseurs volumétriques, ce qui permet de produire aisément
autre frigorigène F(x + 1) de plus faible pression de vapeur. des puissances frigorifiques modérées à basse température.

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de manière dangereuse dans les cellules où sont confinés ces frigo-


rigènes à forte tension de vapeur. Certaines précautions sont prises
et conduisent :
— soit à installer un réservoir tampon permettant de limiter la
pression à une valeur acceptable dans les cellules basse tempéra-
ture ; c’est la solution retenue pour les machines d’assez faibles
puissances (figure 49) ;
— soit à prévoir, lors des arrêts de la machine, le soutirage des
frigorigènes à forte tension de vapeur dans des bouteilles d’entre-
posage conçues pour résister aux pressions de ces fluides.
■ Les installations frigorifiques en cascade comportent le plus
souvent deux cellules, quelquefois trois, rarement plus. Pour la
simplicité, les cellules sont le plus souvent monoétagées, surtout
pour les petites puissances. La figure 49 représente une machine
frigorifique en cascade à deux cellules monoétagées et les
diagrammes p, h des cycles des frigorigènes FR’ et FR évoluant dans
les circuits des cellules haute et basse températures. Les échelles des
températures de saturation θsat de ces diagrammes ont été mises au
même niveau (ici 0 oC) pour mieux faire apparaître les décalages
thermiques entre les cycles. On remarque l’écart de température ∆θ
entre θC et θF′ , ainsi que le point critique  du frigorigène basse
température (FR) qui est voisin de la température ambiante. Ce point
se situe un peu au-dessus de 20 o C, il pourrait fort bien être
au-dessous. La figure 49d nous montre que s’il y a une distribution
bien précise des températures caractéristiques du cycle :
θC′ > θ C > θF′ > θ F , il n’en est pas de même pour les différentes pres-
sions. Avec les frigorigènes FR’ et FR on a : p C > pC′ > p F > pF′ mais
avec un autre frigorigène que FR, par exemple FR1, dont la pression
de vapeur est un peu plus basse, on aurait pour les mêmes
températures : pC′ > pC1 > p F′ > p F1 .
Lorsque le circuit de la cellule basse température est ramené à
la température ambiante, par exemple θA = 20oC, la pression de satu-
ration pA peut être trop élevée pour la tenue mécanique du matériel.
Figure 48 – Machine en cascade à cinq cellules monoétagées
Il faut donc offrir au frigorigène un volume suffisant pour que, à cette
température θA , la pression ne dépasse pas une valeur limite choisie
p L (généralement 20 bar pour le matériel frigorifique classique).
● Par le choix des frigorigènes, on peut obtenir des taux de
Sous cette pression p L et à la température θA le frigorigène FR est
compression convenables permettant d’avoir des rendements effec-
tifs corrects. On doit, en revanche, toujours s’assurer que la tempé- dans l’état de vapeur surchauffée au point L et son volume massique
rature de condensation de chacun des frigorigènes est très inférieure est alors v L″ . Soit m la masse de frigorigène enclose dans la cellule
à sa température critique : T Cx T cr,x (§ 4). basse température dont le volume intérieur est V ’. Pour atteindre
les conditions souhaitées, le volume total que doit occuper le fri-
● Le domaine de températures qui peut être couvert par un frigo- gorigène est :
rigène unique est limité, vers le bas par son point triple et vers le
m
haut par son point critique. Les cycles en cascade, qui utilisent des V t = V + V ′ = ---------- (89)
frigorigènes différents, permettent de couvrir des domaines de v L″
températures beaucoup plus vastes. Il importe simplement que le
avec V volume additionnel qui doit être relié au circuit basse tempé-
point critique du x-ième frigorigène soit à température plus élevée
rature pour que la pression ne dépasse pas p L (figure 49a ).
que le point triple du (x + 1)-ième frigorigène : Tcr,x > Ttr, (x + 1) .
Dans la pratique cet écart doit être suffisamment grand pour que
le cycle soit performant. 3.4.2 Optimalisation des cycles en cascade
■ Inconvénients de ces cycles
● L’utilisation de frigorigènes différents complique les circuits et
Considérons le cas assez courant d’une machine frigorifique en
la maintenance. cascade à deux cellules monoétagées (figure 49). On se fixe la tem-
pérature θF de vaporisation du frigorigène FR, dans l’évaporateur de
● Au niveau des couplages condenseur-évaporateur, les écarts de
la cellule basse température, qui dépend de celle du milieu à refroidir,
température ∆Tx constituent des irréversibilités thermodynamiques et la température de condensation θC du frigorigène FR’, dans le
qui n’existaient pas avec les cycles polyétagés. À ce titre, on compa- condenseur de la cellule haute température, qui dépend de celle du
rera les figures 47 et 48. médium de refroidissement.
● L’usage de compresseurs volumétriques, qui est avantageux
Si, après s’être fixé l’écart de température entre les cellules
pour les machines d’assez petites puissances, pose, dans les circuits
à basses températures, le problème du comportement de l’huile et ( θ C – θF′ ), on examine la variation en fonction de θC (ou de θF′ ) :
de son retour vers les compresseurs. — de la consommation énergétique de l’ensemble des deux
● Dans la partie basse température de la machine, on emploie des cellules par unité de puissance frigorifique produite à θF :
frigorigènes à basses températures d’ébullition qui ont donc des
pressions de vapeur élevées. Si l’on arrête l’installation, les circuits P eff, tot P eff + P ′eff
------------------
- = ----------------------------
- (90)
reviennent à la température ambiante, la pression peut alors s’élever φF φF

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Figure 49 – Machine en cascade à deux cellules monoétagées

— de la somme des débits-volumes balayés par les pistons des Une optimalisation des cycles en cascade est donc possible, et
compresseurs des deux cellules également par unité de puissance même nécessaire, quand les écarts entre θF et θC sont grands. Cette
frigorifique produite à θF : optimalisation peut se faire :
— en recherchant le minimum, donc l’optimum énergétique
V̇ b + V̇ ′ b (figure 50) ;
-----------------------
- (91)
φF — en recherchant le minimum, donc l’optimum de taille des
compresseurs (figure 51).
on constate que l’une et l’autre de ces grandeurs passent par un
minimum, ces minimums ne coïncidant d’ailleurs pas.

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Figure 50 – Recherche de l’optimum énergétique

3.5 Valorisation de la chaleur


issue du condenseur
d’une machine frigorifique
Figure 51 – Recherche de l’optimum de taille des compresseurs
La chaleur issue du condenseur d’une machine frigorifique peut
être directement utilisable ou non selon le niveau de température Le transfert de la chaleur du circuit frigorifique, où évolue le frigo-
auquel elle est disponible. Cela dépend du type d’application visé. rigène FR, au circuit de la pompe à chaleur, qui utilise le frigorigène
■ S’il s’agit simplement d’assurer le chauffage de locaux, les tem- FR’, peut s’effectuer directement, comme c’est classique dans les
pératures habituelles de condensation, entre 30 et 45 oC, suffisent et circuits en cascade, par l’intermédiaire d’un évaporateur-condenseur
il n’est en général nul besoin de relever la température de la chaleur C-E’ (figure 52). La chaleur excédentaire Q ex ′ issue du circuit frigo-
rejetée si l’on fait usage de condenseurs ventilés à tubes à ailettes. rifique est rejetée à l’extérieur au moyen du condenseur auxiliaire
L’air à échauffer traverse alors directement ces condenseurs. Le CA relié, par exemple, à la tour de refroidissement d’eau. On peut,
cycle frigorifique n’est pas (ou très peu) affecté par la récupération si besoin est, accumuler de la chaleur ainsi récupérée et valorisée
de chaleur sur le condenseur. Q R dans le réservoir de fluide caloporteur.
Exemple : cette technique peut être utilisée pour le chauffage On peut également, mais cela est moins favorable sur le plan
hivernal des réserves (ou magasin sec) d’un supermarché grâce à la thermodynamique, récupérer la chaleur à valoriser par la pompe à
chaleur dégagée par les machines frigorifiques du magasin. On est chaleur indirectement, sur le circuit du fluide caloporteur de refroi-
cependant obligé de prévoir un condenseur supplémentaire pour rejeter dissement du condenseur de la machine frigorifique (figure 53).
au dehors la chaleur dégagée lorsque le chauffage de ces locaux est inu- Cette solution est moins efficace que la précédente puisque l’écart
tile ou lorsque la puissance thermique nécessitée par ce chauffage est ∆θ entre la température de condensation θC du frigorigène FR et la
inférieure à celle dégagée par les machines frigorifiques. Notons que température de vaporisation, θ F′ du frigorigène FR’ est, dans ce cas,
l’on ne peut pas chauffer directement un local par un condenseur utili-
sant un frigorigène dangereux (ammoniac). Il faudrait alors utiliser un beaucoup plus important que l’écart de température δ θ que l’on
fluide caloporteur (eau) entre ce local et le condenseur frigorifique. aurait avec le transfert direct de la chaleur. La pompe à chaleur de
récupération fonctionne alors avec une température d’évaporation
■ Mais si l’on désire utiliser la chaleur issue de la machine frigori- plus basse. Les deux machines peuvent être, en revanche, phy-
fique à des niveaux de température nettement plus élevés, 60, 80 oC siquement séparées et cela peut présenter, dans certains cas, un
ou plus, on est conduit à associer en cascade la machine frigorifique, intérêt.
qui rejette la chaleur à une température insuffisante, et une pompe
à chaleur, qui en élève le niveau thermique.

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Figure 52 – Association en cascade directe d’une machine frigorifique utilisant le frigorigène FR et d’une pompe à chaleur utilisant le frigorigène FR’

Figure 53 – Association en cascade indirecte d’une machine frigorifique et d’une pompe à chaleur

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Les systèmes de récupération de chaleur en cascade présentent les chlorofluorocarbures (CFC), dont certains visaient à remplacer
les avantages suivants : l’ammoniac, accroissent encore son rôle. Malheureusement, les
— possibilité de n’utiliser qu’une partie de la chaleur issue du règlements de sécurité sont de plus en plus contraignants vis-à-vis
condenseur de la machine frigorifique sans altérer les caractéris- de ce fluide.
tiques de fonctionnement de cette machine, en particulier en n’éle- D’autres composés inorganiques, comme le dioxyde de soufre
vant pas sa température de condensation ; (SO2) et le dioxyde de carbone (CO2), qui ont joué dans le passé
— possibilité de produire des températures assez élevées en met- un grand rôle dans la technique frigorifique, ne sont plus utilisés
tant en œuvre, dans le circuit de la pompe à chaleur de récupération, aujourd’hui en raison de leurs inconvénients. Certains aimeraient
un frigorigène FR’convenable ; pourtant redonner un certain essor au dioxyde de carbone.
— possibilité, en utilisant un autre frigorigène FR’, d’éviter les
hautes pressions de condensation du frigorigène FR du circuit frigo-
rifique, aux températures de condensation élevées que l’on souhaite 4.1.2 Composés organiques
atteindre.
Les composés organiques, tout au moins ceux aux molécules les
plus simples, constituent les ensembles de frigorigènes les plus
riches et les plus diversifiés.
4. Frigorigènes pour cycles ■ Hydrocarbures (HC) en chaîne.
à compression ■ Hydrocarbures monohalogénés. Ils sont :
— fluorés soit partiellement substitués (HFC), la molécule ren-
Les frigorigènes sont les substances qui évoluent dans les circuits ferme encore de l’hydrogène, soit entièrement substitués (FC), la
des systèmes frigorifiques à compression en produisant du froid molécule ne renferme plus d’hydrogène ;
grâce aux phénomènes endothermiques mis en œuvre par les trans- — chlorés partiellement substitués (HCC), le composé entière-
formations thermodynamiques qu’ils subissent, généralement la ment substitué a une pression de vapeur trop faible pour servir de
vaporisation dans l’évaporateur d’une machine frigorifique. Les frigorigène ;
pompes à chaleur utilisent, elles aussi, des substances semblables — bromés partiellement substitués (HBC), pour les mêmes rai-
pour la production de chaleur par l’utilisation d’un phénomène exo- sons que précédemment, le composé entièrement substitué ne peut
thermique, le plus souvent la liquéfaction des vapeurs dans un servir de frigorigène.
condenseur. Certains auteurs leur donnent alors le nom de calogènes ■ Hydrocarbures bihalogénés. Ils sont :
ou calorigènes. Nous nous tiendrons, quant à nous, au seul vocable
— fluorés et chlorés (c’était, jusqu’au début des années 90, la
frigorigène quelle que soit l’utilisation faite de ces fluides.
grande famille des frigorigènes usuels) soit partiellement subs-
titués (HCFC : hydrochlorofluorocarbures), soit entièrement subs-
titués (CFC : chlorofluorocarbures) ;
4.1 Familles de produits — fluorés et bromés soit partiellement substitués (HBFC), soit
entièrement substitués (BFC).
■ Hydrocarbures trihalogénés. Ils sont fluorés, chlorés et bromés :
Puisque l’on désire, avec ces fluides, produire du froid à des tem-
pératures généralement basses par vaporisation du liquide, les — partiellement substitués (HBCFC) ;
points triples de ces fluides doivent être à des températures plus — entièrement substitués (BCFC).
basses encore. Leurs pressions de vapeurs seront donc assez élevées ■ Isomères des hydrocarbures en chaîne.
ou, si l’on préfère, leurs températures d’ébullition seront basses, ce
qui implique le choix de molécules simples. On peut ainsi utiliser : ■ Hydrocarbures cycliques.
— des éléments simples ; ■ Hydrocarbures cycliques halogénés.
— des composés purs (inorganiques ou organiques) ;
— des mélanges soit azéotropiques, dont le comportement est ■ Éther-oxydes.
comparable à celui des corps purs, soit zéotropiques (ou non azéo-
■ Amines aliphatiques.
tropiques), dont l’usage tend à se développer.

4.1.2.1 Hydrocarbures en chaîne


Les éléments les plus simples (hydrogène, hélium, azote, oxy-
■ Les hydrocarbures (HC), en particulier les alcanes chimiquement
gène, etc.) permettent d’atteindre les basses températures utili-
plus stables que les alcènes présentant une double liaison C  C , ont
sées dans les techniques cryogéniques. Ils ne sont généralement
de bonnes propriétés. Ces composés ont toutefois deux inconvé-
pas mis en œuvre dans les cycles à compression tels qu’on vient
nients :
de les décrire.
— ils sont combustibles ;
— ils offrent un choix réduit de composés aux propriétés thermo-
dynamiques fort différentes (tableau 7). (0)
4.1.1 Composés inorganiques purs
Leur combustibilité les a tenus jusqu’à présent à l’écart des usages
courants comme frigorigènes. Ils ne sont guère employés à cette fin
Parmi les composés inorganiques purs, deux fluides se détachent : qu’en pétrochimie. Depuis les récents problèmes d’environnement,
— l’eau (H2O) ou R 718 (encadré, p. 0) ne permet évidemment pas certains souhaiteraient les voir utilisés. Selon leurs partisans, ils
d’atteindre des températures inférieures à 0 oC. On l’emploie pour entrent dans la catégorie des fluides naturels, que l’on trouve dans
la production de froid par absorption dans le domaine de la clima- les cycles de la nature, par opposition aux fluides créés par l’homme,
tisation et pour les pompes à chaleur très hautes températures (θC les molécules anthropiques, plus agressives vis-à-vis de l’environ-
150 oC et plus) ; nement.
— l’ammoniac (NH3 ) ou R 717 est un frigorigène d’importance
majeure. Les problèmes d’environnement que posent actuellement

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Tableau 7 – Caractéristiques des frigorigènes de cycle à compression appartenant à différentes familles

Nom Formule Désignation  eb (oC)  cr (o) Remarques

Composés inorganiques :
eau............................................................... H 2O R 718 100 374
ammoniac................................................... NH3 R 717 – 33,35 132,4 inflammable
Alcanes :
méthane...................................................... CH4 R 50 – 161,5 – 82,6 inflammable
éthane ......................................................... C 2 H6 R 170 – 88,6 + 32,3 inflammable
propane....................................................... C 3 H8 R 290 – 42,1 96,7 inflammable
n-butane...................................................... C4H10 R 600 – 0,5 152,1 inflammable
n-pentane.................................................... C5H12 + 36,1 196,6 inflammable
Alcènes :
éthène (ou éthylène).................................. C 2 H4 R 1150 – 103,7 + 9,3 inflammable
propène (ou propylène)............................. C 3 H6 .............................. – 47,7 91,5 inflammable
1-butène...................................................... C 4 H8 .............................. – 6,5 146,4 inflammable
1-pentène.................................................... C5H10 .............................. + 29,9 191,5 inflammable
Hydrocarbures halogénés :
chlorométhane (ou chlorure de méthyle) CH3CI .............................. – 24,2 143
chloroéthane (ou chlorure d’éthyle)......... C2H5CI .............................. + 12,2 187,2
bromométhane (ou bromure de méthyle) CH3Br .............................. + 3,6 190,9
bromoéthane (ou bromure d’éthyle)........ C2H5Br .............................. + 38,4 230,7
Isomère d’hydrocarbure en chaîne :
isobutane .................................................... C4H10 R 600a – 11,8 135 inflammable
Hydrocarbure cyclique :
cyclopropane.............................................. RC 270 – 32,8 124,6 inflammable

Hydrocarbures cycliques halogénés :


perfluorocyclopropane .............................. RC 216 – 31,5

octafluorocyclobutane............................... RC 318 – 5,8 115,3

hexafluorocyclobutène.............................. C 4 F6 RC 1316 + 5,5 71,2


perfluorocyclopentène .............................. C 5 F8 RC 1418 + 27
Éthers-oxydes :
étherdiméthylique...................................... CH3—O—CH3 24,8 126,8 inflammable
étherdiéthylique ......................................... C2H5—O—C2H5 34,6 194 inflammable
Amines aliphatiques :
méthylamine .............................................. CH3—NH2 R 630 – 6,7 156,9
éthylamine.................................................. C2H5—NH2 R 631 16,6 183,0
Alcools :
méthanol..................................................... CH3—OH ............................. 64,6 239,4
éthanol ........................................................ C2H5—OH ............................. 78,3 243,0
Dérivés fluorochlorés du méthane :
chlorodifluorométhane.............................. CHF2CI R 22 – 40,8 96,0
trifluorométhane ........................................ CHF3 R 23 – 82,1 25,6
Dérivés fluorochlorés de l’éthane :
1,1,dichloro-2,2,2,trifluoroéthane ............. CHCI2—CF3 R 123 + 27,9 183,8
1,2,dichloro-1,1,2,trifluoroéthane ............. CF2CI—CHFCI R 123a 28,0
1,1,dichloro-1,2,2,trifluoroéthane ............. CFCI2—CHF2 R 123b
1,chloro-1,2,2,2,tétrafluoroéthane ............ CHFCI—CF3 R 124 – 13,2 145,7
1,chloro-1,1,2,2,tétrafluoroéthane ............ CF2CI—CHF2 R 124a – 10,2 126,7
pentafluoroéthane ..................................... C2HF5 R 125 – 48,6 68
1,1,2,2,tétrafluoroéthane ........................... CHF2—CHF2 R 134 – 19,7
1,1,1,2,tétrafluoroéthane ........................... CF3—CH2F R 134a – 26,5 101,1 c’est le remplaçant
du R 12

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■ Pour accroître le nombre de frigorigènes possibles et pour éli- 4.1.2.5 Alcools


miner, ou fortement réduire, les dangers inhérents à la combustibilité
Les alcools, même les plus simples comme le méthanol (CH3—OH)
des hydrocarbures, on s’est intéressé aux hydrocarbures halogénés ou l’éthanol (C2H5 —OH), ont des pressions de vapeur trop basses
obtenus par la substitution partielle ou totale des atomes d’hydro- pour que l’on puisse les utiliser dans les systèmes à compression
gène des hydrocarbures par les atomes (également monovalents) de (tableau 7).
fluor F essentiellement, de chlore CI ou de brome Br. Historiquement,
ce sont les dérivés partiellement chlorés ou partiellement bromés, En revanche, ils peuvent constituer de bons frigorigènes pour les
d’élaboration chimique plus simple, qui ont été utilisés comme machines frigorifiques ou les pompes à chaleur à absorption en
frigorigènes pour que leur pression de vapeur reste suffisamment remplacement, par exemple, de l’eau dont le point triple est trop
forte. Certains de ces frigorigènes étaient donc combustibles élevé. Pour les pompes à chaleur à adsorption, on a également fait
quoique moins facilement que les hydrocarbures purs (tableau 7). appel à des alcools fluorés.
Le chlorométhane (chlorure de méthyle) fut longtemps utilisé. Il
fut introduit comme frigorigène en 1878 et ne disparut progressive-
ment des applications commerciales qu’entre 1950 et 1960. Outre 4.2 Hydrocarbures fluorés et chlorés
leur inflammabilité, ces fluides étaient, à des degrés divers, toxiques,
beaucoup plus modestement cependant que SO2 ou même NH3 . Après les travaux du chimiste belge Swarts, à la fin du XIXe siècle,
La recherche de frigorigènes répondant à des normes de sécurité, sur les hydrocarbures fluorés, Midgley et ses collaborateurs, du
notamment pour la climatisation, a conduit les ingénieurs américains Laboratoire de recherche Frigidaire (General Motors) à Dayton,
à développer, dès 1930, la production d’hydrocarbures fluorés. mettent au point la fabrication du premier des CFC (chlorofluoro-
L’importance de cette famille de composés et les problèmes que carbures) : le dichlorodifluorométhane (CF2CI2). Ce composé,
certains posent actuellement aux frigoristes justifient le développe- premier d’une série nombreuse, est proposé aux frigoristes en 1930.
ment du paragraphe 4.2. Conscient de la difficulté d’utiliser la dénomination chimique de ces
composés, Midgley a proposé une désignation numérique simple
■ Pour ce qui concerne les isomères des hydrocarbures en chaîne, (voir encadré page suivante) qui a fait l’objet de la norme ISO 817.
l’isobutane (tableau 7), qui ne fit qu’une très courte et très limitée Selon cette désignation, CF2CI2 est donc le R 12.
apparition dans la technique frigorifique en 1926 et qui est (comme
Ce qui caractérise essentiellement les CFC ou, dans une moindre
le butane) combustible, semble actuellement susciter un nouvel
mesure, les hydrocarbures fluorés et chlorés non entièrement subs-
intérêt.
titués, les HCFC (hydrochlorofluorocarbures), c’est leur grande inac-
tivité chimique qui résulte de la très forte liaison C—F, plus forte
4.1.2.2 Hydrocarbures cycliques que la liaison C—H. Il s’ensuit divers avantages et inconvénients.
On a envisagé l’emploi d’hydrocarbures cycliques tels que le cyclo- ■ Avantages généraux
propane C3H6 (RC 270 ).
● Toxicité très faible ou nulle.
On a peu de renseignements thermodynamiques sur ce fluide qui ● Ininflammabilité (de la plupart).
n’a, en fait, pas été utilisé. Il est évidemment combustible (tableau 7).
● Action faible ou nulle sur les denrées alimentaires.
Des hydrocarbures cycliques halogénés ont été également pro-
● Bonne compatibilité avec les métaux et les lubrifiants.
posés (tableau 7) :
● Masse molaire élevée, ce qui est favorable pour l’emploi dans
— le perfluorocyclopropane : C3F6 (RC 216 ) ;
les turbocompresseurs.
— l’octafluorocyclobutane : C4F8 (RC 318 ) ;
— l’hexafluorocyclobutène : C4F6 (RC 1316 ) ; ● Forte résistivité électrique, ce qui est favorable pour la technique
— le perfluorocyclopentène : C5F8 (RC 1418 ). des groupes hermétiques et évite les phénomènes de corrosion à
l’intérieur du circuit frigorifique.
Aucun de ces composés n’a été utilisé en pratique.
● Bonne stabilité thermique de la molécule (généralement).
● Prix, qui était jusqu’à présent acceptable, quoique très variable
4.1.2.3 Éthers oxydes
d’un CFC ou d’un HCFC à l’autre.
L’étherdiméthylique (ou diméthyléther) CH3—O—CH3 (tableau 7),
fut, dès 1863, le frigorigène de Charles Tellier. Notons également que ■ Inconvénients généraux
l’étherdiéthylique (ou diéthyléther) C2H5 —O—C2H5 (tableau 7) fut ● Faible enthalpie de vaporisation, ce qui conduit à la mise en cir-
utilisé. Très combustibles, ces deux composés ne sont plus culation de grands débits-masses et retentit fâcheusement sur la
employés. taille des conduites.
● Faible tension superficielle, ce qui facilite les fuites par débou-
4.1.2.4 Amines aliphatiques chage des porosités que l’huile peut normalement obturer.
● Détection et localisation des fuites difficiles.
Les amines aliphatiques, qui s’apparentent à l’ammoniac, ont des
propriétés semblables à celles de ce composé. Comme ce dernier, ● Action notable de certains d’entre eux sur les élastomères et
elles ont une grande affinité pour l’eau, aussi les a-t-on utilisées matières plastiques (joints).
comme frigorigènes dans les systèmes à absorption où l’eau est la ● Conductivité thermique très faible en phase liquide comme en
substance absorbante. L’ammoniac forme avec des corps tels que phase gazeuse, ce sont donc de mauvais fluides convecteurs, ce qui
le chlorure de calcium des ammoniacates, propriété mise en œuvre complique quelque peu le problème des échangeurs.
dans les systèmes frigorifiques ou les pompes à chaleur thermo- ● Grande aptitude de nombre d’entre eux à s’absorber dans l’huile
chimiques, les amines réagissent de manière semblable et consti- de lubrification des compresseurs, ce qui impose la mise en œuvre
tuent donc, pour cette catégorie de systèmes thermodynamiques, de méthodes particulières pour se protéger contre cette dilution de
d’intéressants frigorigènes. Les pressions de vapeur des amines, l’huile par le frigorigène.
même les plus simples, sont nettement plus faibles que celle de
l’ammoniac ou, si l’on préfère, leurs températures d’ébullition sont (0)
plus élevées. Les caractéristiques des plus courantes : ● Longue durée de vie dans l’atmosphère, ce qui s’accompagne
— la méthylamine (R 630 ) ; de :
— l’éthylamine (R 631 ). — l’accumulation progressive de ces molécules dans l’atmo-
sont citées dans le tableau 7. sphère où elles contribuent à l’accroissement de l’effet de serre en
complétant l’action défavorable, sur ce point, du dioxyde de carbone
et du méthane ;

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Désignation numérique des frigorigènes

Le composé est d’une façon générale représenté par R pour atomes attachés au premier carbone C1  ∑ M C1  et la somme des
réfrigérant (frigorigène) ou par le nom commercial. Il est suivi d’un
nombre qui permet de le désigner exactement en suivant les masses des atomes attachés au dernier carbone C3  ∑ M C3  . À la
règles ci-après. différence la plus faible, donc au composé le plus symétrique, on
attribue la seconde lettre a. Aux composés de dissymétrie
1. Alcanes et leurs dérivés halogénés croissante on attribue les lettres b, c, etc.
Désignation numérique : R cdu Exemples :
c (chiffre des centaines) = nombre d’atomes de carbone moins 1 ● Les dérivés fluorés du propane de formule globale C3H2F6 ont
d (chiffre des dizaines) = nombre d’atomes d’hydrogène plus 1 comme numéro repère R 236. Les 4 isomères de position se
u (chiffre des unités) = nombre d’atomes de fluor. distinguent de la manière suivante :
Pour retrouver la formule chimique du composé, sauf indication ● CHF2 —CF2 —CHF2 : le carbone central —CF2 — → c ;
spéciale (par exemple, lorsqu’il y a du brome, la lettre B est suivie la symétrie est évidente sur C1 et C3,
du nombre d’atomes de brome présents dans la molécule), on
complète avec le nombre d’atomes de chlore qui permet d’atteindre
le nombre total d’atomes monovalents pouvant être fixés : 4 pour
∑ MC1 = ∑ MC3 = 20 → a
un dérivé du méthane, 6 pour un dérivé de l’éthane, 8 pour un dérivé on le désigne R 236ca.
du propane.
● CF3 —CF2 —CH2F : (C2) → —CF2 — → c ;
Exemples :
R 12 (= R 012) → C = 1, H = 0, F = 2, CI = 2 → CF2CI2 ∑ MC1 – ∑ MC3 = 57 – 21 = 36
R 22 (= R 022) → C = 1, H = 1, F = 2, CI = 1 → CHF2CI le composé est dissymétrique, la seconde lettre est b, on le
R 114 → C = 2, H = 0, F = 4, CI = 2 → C2F4CI2 désigne R 236cb,
R 13 B1 (= R 013 B 1) → C = 1, H = 0, F = 3, Br = 1, CI = 0 → CF3Br ● CF3 —CHF—CHF2 : (C2) → —CHF— → e ; c’est le seul
■ Les isomères de position dérivés de l’éthane ont le même numéro composé possible de ce genre donc R 236ea,
et le plus symétrique est indiqué par ce numéro sans autre préci- ● CF3 —CH2 —CF3 : (C2) → —CH2 — → f ; c’est le seul composé
sion. L’asymétrie d’importance croissante est repérée par l’adjonc- possible, symétrique, donc R 236fa.
tion des lettres a puis b, puis c au numéro. Pour déterminer la ● Les lettres sont omises quand il n’y a pas d’isomérie possible,
symétrie, on additionne les masses atomiques des éléments fixés CF3 —CF2 —CF3 → R 218.
sur chaque atome de carbone respectivement notées
∑ MC1 et ∑ MC2 , puis on effectue la différence de ces sommes. À 2. Alcènes et leurs dérivés halogénés
la plus petite différence correspond le composé le plus symétrique. Désignation numérique : R 1cdu
Exemple : On ajoute 1 au chiffre des mille, pour c, d et u (voir le para-
Trois composés, dérivés de l’éthane, ont la même formule graphe 1. Alcanes et leurs dérivés).
chimique globale C2H3FCI2 ; ils diffèrent par la position des atomes :
Exemple :
● CHFCI—CH2CI est le composé le plus symétrique :
R 1150 → C2H4 ou CH 2  CH 2 (double liaison C
C )
∑ MC1 – ∑ MC2 = 55,5 – 37,5 = 18
3. Hydrocarbures cycliques et leurs dérivés
On le désigne R 141.
● CHCI2 —CH2F est moins symétrique : Désignation numérique : RC cdu
La lettre C est utilisée devant le numéro d’identification du fri-
∑ MC1 – ∑ MC2 = 72 – 21 = 51 gorigène (pour c, d et u voir § 1).

On le désigne R 141a. Exemples :


● CFCI2 —CH3 est le composé le plus dissymétrique : RC 270 → C3H6 (cyclopropane)
RC 216 → C3F6 (perfluorocyclopropane)
∑MC1 – ∑MC2 = 90 – 3 = 87 Pour les dérivés cycliques du propane dotés d’atomes dif-
férents sur les 3 carbones, les règles ci-dessus adoptées pour les
On le désigne R 141b. hydrocarbures en chaîne s’appliquent en prenant comme carbone
central celui qui supporte la somme des masses atomiques la plus
■ Les isomères de position des dérivés du propane ont également
élevée.
la même formule globale, donc le même numéro ; ils se distinguent
les uns des autres par les deux lettres minuscules qui suivent ce Exemple :
numéro. La première caractérise les groupements d’atomes sur le
carbone central (C2) ; on adopte, conventionnellement :
→ RC 223ca
a pour —CCI2 — d pour —CCIH—
b pour —CCIF— e pour —CFH—
car le carbone pris comme centre est celui auquel sont liés les deux
c pour —CF2 — f pour —CH2 — fluors, donc c pour —CF2 —
La seconde lettre caractérise la symétrie du composé. On la déter-
mine en faisant la différence entre la somme des masses des 4. Composés organiques divers
La série 600 est attribuée aux composés organiques divers. Dans
cette série l’attribution des numéros est arbitraire : butane R 600,
composés oxygénés R 610 et la suite, composés sulfureux R 620 et
la suite, composés azotés R 630 et la suite.

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Désignation numérique des frigorigènes (suite)


5. Composés inorganiques divers Exemples :
La série 700 est attribuée aux composés inorganiques. Pour obtenir R 401 A mélange (en % en masse) de R 22 (53 %), de R 152a
le numéro d’identification du frigorigène, on ajoute sa masse (13 %) et de R 124 (34 %)
moléculaire M à 700 [R (700 + M )]. R 401 B mélange (en % en masse) de R 22 (61 %), de R 152a
(11 %) et de R 124 (28 %)
Exemples : R 404 A mélange (en % en masse) de R 125 (44 %), de R 143a
(52 %) et de R 134a (4 %)
ammoniac ( NH 3 ) M NH3 = 14 + ( 3 × 1 ) = 17 → R 717
eau ( H 2 O ) M H2 O = ( 2 × 1 ) + 16 = 18 → R 718 7. Mélanges azéotropiques
La série 500 est attribuée à ces mélanges. Dans cette série les
numéros d’identification sont aussi les numéros d’ordre d’enre-
6. Mélanges zéotropiques gistrement de ces mélanges azéotropiques.
La série 400 est attribuée aux mélanges zéotropiques (ou non Exemples :
azéotropiques). Dans cette série les numéros d’identification sont
les numéros d’ordre d’enregistrement des mélanges. Les R 502 azéotrope de R 22 et de R 115
mélanges ayant les mêmes composants ont le même numéro. La R 507 azéotrope de R 125 et de R 143a
lettre majuscule qui suit ce numéro caractérise la composition par- Remarque : à la place de la désignation R (réfrigérant ou frigorigène en anglais) les
sociétés chimiques mettent le nom déposé qui désigne les membres de ce groupe :
ticulière de ce mélange. Fréon (pour Dupont de Nemours), le premier nom historique, Forane pour Atochem,
Frigen, pour Hoechst, etc. En revanche, si le nom diffère, le nombre qui le suit et qui
caractérise le composé dans le groupe, est le même.

— l’agression de certaines de ces molécules, les chlorées et les Les composés échappant à ces exclusions sont (tableau 7) :
bromées, envers la couche d’ozone stratosphérique qui nous pro- — les frigorigènes de formule globale C2HF3CI2 : R 123 et ses iso-
tège de l’intrusion, dans la basse atmosphère, des rayonnements mères de position, R 123a et R 123b ;
UV de courtes longueurs d’onde. — les frigorigènes de formule globale C2HF4CI : R 124 et son iso-
C’est en raison de ce dernier effet que l’usage de ces molécules mère de position, R 124a ;
est actuellement remis en cause. La fabrication de certaines — le frigorigène R 125 ;
d’entre elles : R 11, R 12, R 502, est interdite depuis le 31/12/1994. — les frigorigènes de formule globale C2H2F4 : R 134 et son iso-
mère de position, R 134a.
■ Dérivés fluorochlorés du méthane
Le méthane et les 14 composés formés à partir de cette molécule ■ En dehors de l’ammoniac, l’industrie frigorifique s’est développée
par substitution partielle ou totale des atomes d’hydrogène par des en utilisant essentiellement quatre frigorigènes de sécurité : le R 11,
atomes de fluor et de chlore sont présentés figure 54. Les composés le R 12, le R 502 et le R 22. Pour remplacer les trois premiers, qui ne
jalonnant les côtés du triangle sont respectivement des CFC, des HFC, sont plus produits, et également le R 22, les chimistes proposent des
et des HCC, les trois composés centraux (R 21, R 22 et R 31 ) sont mélanges de HFC de la famille de l’éthane ; une liste (provisoire) de
des HCFC (figure 54b ). En portant, pour cette famille, les tempéra- néofrigorigènes (ou nouveaux frigorigènes) actuellement proposés
tures d’ébullition de ces divers composés en fonction du nombre peut être consultée dans l’article « Pour en savoir plus »
d’atomes d’hydrogène présents dans la molécule, on a délimité [Doc. B 9 730].
(figure 55) les zones renfermant les composés présentant les On propose ainsi aux frigoristes divers frigorigènes.
inconvénients qui conduisent à leur rejet en tant que frigorigènes : ● Frigorigènes de transition
la combustibilité, la toxicité, la longue durée de vie de la molécule Il s’agit de HCFC purs, comme le R 123, ou plus souvent de mélan-
dans l’atmosphère, la température d’ébullition trop haute. Deux ges de frigorigènes renfermant un HCFC, pratiquement toujours le
composés échappent à ces exclusions (tableau 7) : R 22. Ces produits visent à remplacer, de manière assez simple, mais
— le R 22 (CHF2CI) : très employé mais renfermant du chlore, il limitée dans le temps, les frigorigènes évincés, le temps que les ins-
est condamné à disparaître dans le premier quart du XXIe siècle, tallations frigorifiques finissent leur vie.
au grand dam des frigoristes ; ● Frigorigènes de remplacement ou de substitution
— le R 23 (CHF3 ) : c’est un frigorigène pour machines en cascade.
Le nombre limité d’applications du froid dans le domaine de tem- Ils visent à se substituer durablement à tel ou tel frigorigène
pérature qui lui convient fait que ce fluide est très peu employé. éliminé. À vrai dire, les fluides actuellement proposés sont soit des
HFC purs, comme le R 134a (frigorigène suppléant du R 12 ), soit des
■ Dérivés fluorochlorés de l’éthane mélanges de HFC, comme le R 404A (mélange ternaire de R 125, de
L’éthane et les 27 composés dérivant de cette molécule sont pré- R 143a et de R 134a) destiné à pallier l’élimination du R 502. Le rem-
sentés figure 56. Avec les isomères de position, c’est finalement placement des CFC ou des HCFC par ces fluides impose un chan-
55 composés différents que cette famille comporte. gement complet des huiles, les HFC ayant une miscibilité insuffisante
Nota : les isomères de position ont la même formule chimique globale mais les avec les huiles couramment utilisées avec les CFC ou les HCFC (huiles
dispositions des atomes d’hydrogène et d’halogènes sur les deux atomes de carbone sont minérales ou alkylbenzènes). Il faut avec ces néofrigorigènes, utiliser
différentes. d’autres lubrifiants tels que les polyolesters. Cela étant, les matériels
En portant (figure 57) les températures d’ébullition des compo- actuels sont en général parfaitement utilisables avec ces nouveaux
sés de cette famille (aux molécules les plus symétriques) en fonc- fluides qui sont aussi des fluides de sécurité.
tion du nombre d’atomes d’hydrogène présents dans la molécule,
on a déterminé des domaines d’exclusion de composés présentant
des inconvénients identiques à ceux des dérivés fluorochlorés du 4.3 Frigorigènes naturels
méthane.
Certains voudraient que l’on rejette, au nom de l’effet de serre,
toutes les molécules anthropiques, les HFC comme les CFC et les
HCFC, pour se tourner vers les fluides naturels, molécules toujours
présentes dans la nature.

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Figure 55 – Diagramme des températures d’ébullition


du méthane et de ses dérivés fluorochlorés

L’eau est mieux adaptée à la production de froid par absorption


que par compression.
■ Le dioxyde de carbone
Ce fluide a été utilisé, en son temps (jusqu’aux environs des
années 30), comme frigorigène pour diverses applications, en parti-
culier dans la marine.
Ses inconvénients l’ont, toutefois, fait abandonner depuis fort
longtemps :
— sa température critique est trop basse (31 oC). Le CO2 impose
donc l’usage de cycles frigorifiques transcritiques beaucoup moins
économiques que ceux pour lesquels la condensation du frigo-
rigène se fait à température très inférieure à la température critique
Figure 54 – Composés fluorochlorés dérivés du méthane (figure 58) ;
— il impose des pressions de fonctionnement des cycles à
compression élevées. Les compresseurs utilisables avec les frigori-
■ L’eau
gènes halogénés ne peuvent l’être avec le CO2 .
Ce frigorigène, aux très intéressantes qualités thermodynamiques,
Il pourrait présenter de l’intérêt dans le cas de certains cycles
parfaitement sûr, tant pour les hommes que pour l’environnement,
appelés à produire simultanément du froid et de la chaleur. Pour la
présente pour le frigoriste, qui envisage de l’utiliser, des inconvé-
production de froid à des températures de l’ordre de – 30 ou – 40 oC
nients sévères :
(congélation), on a proposé, pour éviter les frigorigènes halogénés,
— ce fluide ne se prête pas à la production des basses tempé- d’utiliser un cycle en cascade : eau (pour la partie haute température )
ratures, le point triple de l’eau, qui se situe à une température rela- et CO2 (pour la partie basse température ).
tivement élevée, l’interdit. En fait c’est un fluide utilisable pour la
production de froid climatique ou pour les pompes à chaleur hautes ■ L’ammoniac
températures (100 à 300 oC). Son point critique à température très On utilise ce fluide depuis plus d’un siècle et il a toujours donné
élevée est alors un réel avantage pour cette dernière application à satisfaction. C’est pourquoi ses multiples qualités thermodyna-
la condition que l’on tolère les hautes pressions ; miques [très forte enthalpie de vaporisation, point critique à tempé-
— la pression de vapeur de ce fluide est très faible. La production rature élevée (132 o C), excellent convecteur thermique, etc.]
frigorifique volumique de l’eau est très réduite (figure 60). L’eau intéressent toujours les frigoristes. Malheureusement, ses défauts
comme frigorigène de cycle à compression exige donc des compres- [toxicité, odeur forte et très vite insupportable qui pousse à la
seurs pouvant aspirer de très grands débits-volumes. Malheureu- panique, combustibilité (difficile toutefois), inadaptation aux
sement, sa faible masse molaire la rend peu apte à la technique des groupes hermétiques puisqu’il réagit avec le cuivre] limitent forte-
turbocompresseurs et les compresseurs volumétriques de grand ment son usage. Les règlements actuels très contraignants vis-à-vis
débit sont chers. de ce fluide, en particulier en France, limitent actuellement son usage

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Figure 56 – Composés fluorochlorés


dérivés de l’éthane

aux installations frigorifiques industrielles puissantes (entrepôts, 4.4 Choix d’un frigorigène
abattoirs, etc.), où il règne en maître. La tendance est cependant
d’essayer de l’utiliser dans des installations moins puissantes où il
pourrait concurrencer les frigorigènes halogénés. Avec l’ammoniac, Pour bien choisir un frigorigène en vue d’une application déter-
fluide néanmoins dangereux, on est souvent amené à transporter minée, on doit considérer :
le froid produit vers les points d’utilisation au moyen d’un fluide
— ses critères thermodynamiques : puisque les systèmes frigo-
frigoporteur.
rifiques relèvent précisément des lois de la thermodynamique ;
■ Les hydrocarbures — ses critères de sécurité : sécurité des personnes et des biens
en cas de dégagement intempestif du frigorigène dans l’atmosphère;
Si l’ammoniac, fluide considéré comme dangereux essentielle-
— ses critères d’action sur l’environnement : actuellement très
ment en raison de sa toxicité, est cependant largement utilisé, ce
importants puisqu’ils ont imposé l’abandon de certains frigorigènes ;
n’est pas le cas des hydrocarbures, et notamment du propane, à
— ses critères techniques : ils influent sur la faisabilité et la fiabilité
cause de leur combustibilité. Si l’on excepte leur emploi comme
du système frigorifique et sur les interactions entre le frigorigène
frigorigènes de cycles à compression en pétrochimie, souvent dans
et les composants de ce système ;
des machines très puissantes d’ailleurs, leur utilisation est, jusqu’à
— ses critères économiques : toujours présents au cœur des pro-
ce jour, à peu près inexistante. Comme pour l’ammoniac, les règle-
blèmes techniques.
ments, mais aussi les craintes des éventuels utilisateurs, nuisent à
leur développement.
■ L’air
Il n’est absolument pas adapté à nos cycles à compression. Il faut
mettre en œuvre des cycles frigorifiques fondamentalement diffé-
rents : les cycles frigorifiques à gaz.

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4.4.1.2 Température critique


La température de condensation de la machine θC doit toujours
être inférieure à la température critique θcr . Si l’on ne respecte pas
cette règle, on voit se dégrader le rendement de cycle ηc y de la
machine (figure 58), donc le coefficient de performance. La tem-
pérature de condensation étant imposée par la température du fluide
de refroidissement, plus la température critique est basse, plus l’effi-
cacité du système frigorifique décroît.

4.4.1.3 Pressions du cycle frigorifique


Dans l’état actuel de la technique des composants du système,
la pression de condensation pC ne doit pas dépasser 20 à 25 bar.
Inversement, la pression d’évaporation pF ne doit pas être trop basse.
Le domaine d’emploi du compresseur frigorifique est ainsi bien
défini par le constructeur et on doit impérativement rester dans ces
limites. Pour garder une bonne efficacité au compresseur, le taux
de compression τ = pC /pF doit aussi rester limité. Les taux de
compression importants, outre qu’ils sont généralement la cause
d’échauffements excessifs du fluide, entraînent la diminution des
rendements volumétrique ηV et effectif ηeff et une augmentation de
la consommation énergétique du compresseur. Pour les mêmes tem-
pératures de condensation et d’évaporation, les taux de compression
changent avec le frigorigène.

4.4.1.4 Échauffement des vapeurs


au cours de la compression
Selon la nature du frigorigène, la surchauffe des vapeurs peut,
au cours de la compression, subir des variations différentes.
■ Fort accroissement de la surchauffe des vapeurs : la température
de refoulement devient rapidement intolérable. Un exemple typique
de ce comportement est fourni par l’ammoniac. Dans une moindre
Figure 57 – Diagramme des températures d’ébullition de l’éthane mesure, le R 22 se comporte également de la même façon
et de ses dérivés fluorochlorés les plus symétriques (figure 59a ). Avec ces fluides il faut :
— limiter le taux de compression ;
— admettre les vapeurs dans le compresseur à des températures
les plus basses possible.
■ Faible augmentation de la surchauffe des vapeurs (figure 59b ) :
des fluides comme le R 12, le R 502 et, pour les nouveaux, le R 134a,
le R 404A, etc., subissent un faible échauffement, ce qui est tout à
fait favorable.
■ Diminution plus ou moins forte de la surchauffe des vapeurs
(figure 59c ) : on rencontre ce comportement avec des frigorigènes
comme le R 114 ou le R 124, etc. Pour éviter l’apparition de liquide
au cours de la compression, il importe, avec ces fluides, de les sur-
chauffer suffisamment avant leur admission dans le compresseur.
Les températures qui seraient atteintes à la fin d’une compression
idéale, isentropique, par divers frigorigènes et les surchauffes cor-
respondantes sont données dans le tableau 8. On remarque que le
R 22 et, surtout, l’ammoniac et l’eau se démarquent nettement des
autres fluides. (0)

4.4.1.5 Glissement de température


au cours des changements d’état
La température d’un fluide pur (par exemple R 12 ou R 134a ) ou
d’un mélange azéotropique qui se comporte comme tel (par exemple
R 502 ) ne varie pas au cours d’un changement d’état (vaporisation
Figure 58 – Dégradation de l’efficacité du cycle à compression,
ou condensation) s’effectuant à pression constante. En revanche, les
à l’approche du point critique
mélanges zéotropiques voient leur température évoluer au cours de
ces changements d’état. Selon la composition de ces mélanges zéo-
4.4.1 Critères thermodynamiques tropiques, ce glissement de température peut être suffisamment
réduit (de l’ordre de 1 K ou moins) pour qu’on n’en tienne pas compte
4.4.1.1 Température d’ébullition en pratique (exemple le R 404A , mélange zéotropique qui se
comporte comme un quasi-azéotrope). Pour d’autres, ce glissement
On s’arrangera pour que, dans la mesure du possible, la tem- est beaucoup plus important et peut atteindre la dizaine de kelvins,
pérature d’évaporation θF soit supérieure à la température d’ébul- voire plus encore. On est alors dans l’obligation de tenir compte de
lition θeb . De cette façon, la totalité des circuits de la machine est cette variation de température du frigorigène dans les échangeurs,
en surpression vis-à-vis de l’extérieur et l’on ne risque pas l’intro- notamment pour la régulation de l’alimentation des évaporateurs
duction d’air atmosphérique et d’eau. (détendeurs thermostatiques).

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Tableau 8 – Variation, pour différents frigorigènes,


de la température de refoulement
et de la surchauffe des vapeurs
en fin de compression isentropique
Température Surchauffe
Frigorigène de refoulement au refoulement
(oC) (K)

R 11 ...................................... 48,11 13,11


R 12 ...................................... 45,07 10,07
R 13B1 .................................. 46,71 11,71
R 22 ...................................... 56,21 21,21
R 114 (1) ............................... 35,04 00,04 (1) (2)
R 500 .................................... 46,71 11,71
R 502 .................................... 44,07 09,07
R 123 .................................... 40,24 05,24
R 124 .................................... 38,81 03,81 (2)
R 125 .................................... 40,07 05,07
R 134a .................................. 43,37 08,37
R 142b .................................. 43,58 08,58
R 152a .................................. 51,26 16,26
R 404A.................................. 43,08 08,08
R 408A.................................. 48,64 13,64
Ammoniac (R 717 ) .............. 87,84 52,84
Vapeur d’eau (R 718) .......... > 200 ≈ 200
(1) Les conditions considérées sont les suivantes :
— température d’évaporation.................... 0 oC
— température des vapeurs aspirées ....... + 5 oC (+ 7,5 oC pour R 114)
(la surchauffe d’aspiration est donc de 5 K et de 7,5 K pour R 114 )
— température de condensation............... 35 oC
— compression idéale, isentropique.
Ces conditions correspondent sensiblement à celles rencontrées en froid
climatique. Dans la réalité, les températures obtenues sont nettement plus
élevées pour les raisons suivantes :
— une surchauffe de 5 K à l’entrée du compresseur est particulièrement
faible ; elle est souvent bien plus importante notamment avec les
groupes hermétiques ;
— les compresseurs réels ont des rendements isentropiques nettement
inférieurs à 1.
(2) Pour le R 114 et le R 124, qui reçoivent à l’aspiration respectivement des
surchauffes de 7,5 K et 5 K, nous observons une diminution de la sur-
chauffe au refoulement.

4.4.2 Sécurité
On comprend aisément que l’utilisateur de frigorigène porte une
attention particulière à ces critères. On s’y intéresse particulièrement
lorsque la machine frigorifique est située dans des locaux occupés
par le grand public, ce qui est, par exemple, le cas des installations
frigorifiques utilisées en génie climatique.

4.4.2.1 Toxicité
Il s’agit de la toxicité du frigorigène par inhalation de ses vapeurs ;
on doit s’intéresser à plusieurs de ses aspects :
Figure 59 – Selon les frigorigènes, les variations de surchauffe
— la toxicité aiguë, résultat de l’inhalation de quantités relative-
au cours de la compression sont très différentes
ment fortes de frigorigène pendant des temps assez courts ; à cette
forme de toxicité est associée la notion d’accident ;
— la toxicité subaiguë, intermédiaire entre la précédente et la
4.4.1.6 Production frigorifique volumique suivante ;
Cette grandeur importante est définie par la quantité de froid pro- — la toxicité chronique, correspondant à l’inhalation, pendant de
duite par unité de volume de fluide aspiré par le compresseur. Plus longues périodes, de faibles quantités de frigorigène ; à cette forme
cette quantité est élevée, plus petit est le débit-volume aspiré par de toxicité est associée la notion de maladie professionnelle.
le compresseur pour produire une puissance frigorifique donnée. On est loin de pouvoir quantifier précisément les proportions de
Plus réduite, et moins chère, est alors la machine de compression. frigorigène dans l’air associées à ces diverses formes de toxicité.
Cette grandeur varie beaucoup avec les conditions du cycle frigo- Aussi, de manière pragmatique a-t-on adopté deux genres de
rifique et avec la nature du frigorigène. Elle est une fonction de la position :
pression d’aspiration du frigorigène (figure 60). — un rangement des produits toxiques (où l’on range les frigori-
gènes) par classe est, en particulier, adopté aux États-Unis : ainsi,

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4.4.2.3 Action sur les denrées et produits


entreposés dans les chambres froides
Les produits entreposés en chambres froides (produits périssables
ou autres) sont généralement coûteux, parfois même très coûteux.
Aussi convient-il de se poser des questions sur les conséquences
économiques de la présence de ces produits dans une atmosphère
chargée de frigorigène. Avec certains d’entre eux, par exemple
l’ammoniac, on est confronté à la perte des produits.

4.4.2.4 Inflammabilité
C’est évidemment un point d’une extrême importance. Des subs-
tances susceptibles de faire d’excellents frigorigènes, comme les
hydrocarbures, ont été rejetés en raison de leur caractère combus-
tible. Parmi les dérivés halogénés des hydrocarbures, ceux qui
renferment encore suffisamment d’atomes d’hydrogène dans leur
molécule, en général 2 ou plus, sont combustibles : le R 32, la famille
des R 140, des R 150, etc. On évite donc l’utilisation de ces fluides
purs, mais on les rencontre presque toujours dans des mélanges
frigorigènes où, dilués avec des fluides incombustibles, ils ne posent
aucun problème. L’ammoniac lui aussi est combustible mais les
limites inférieure et supérieure d’inflammabilité, limites élevées et
proches l’une de l’autre (la limite inférieure d’inflammabilité de
l’ammoniac dans l’air est de 17 % en volume et la limite supérieure
de 25 %), confèrent à ce fluide un moindre risque d’inflammation.

4.4.3 Action sur l’environnement

4.4.3.1 Ozone stratosphérique


On sait que l’ozone stratosphérique est détruit par le chlore trans-
porté à ces altitudes par les composés halogénés des hydrocarbures
qui ont une longue durée de vie dans l’atmosphère, essentiellement
Figure 60 – Production frigorifique volumique par les CFC mais aussi, dans une bien moindre mesure, par les HCFC.
en fonction des pressions d’aspiration de divers frigorigènes On sait aussi que c’est ce critère qui a décidé la communauté inter-
nationale à bannir ces composés chlorés. L’action de chaque
composé sur l’ozone stratosphérique est caractérisée par ce que les
l’ammoniac est placé dans la classe 2, correspondant aux produits Anglo-saxons dénomment l’ODP (ozone depletion potential) et que
très toxiques, et le R 12, dans la classe 6 des produits non toxiques ; l’on peut désigner, chez nous, par l’acronyme PAOS (potentiel
— une proportion maximale de frigorigène dans l’air, définie par d’action sur l’ozone stratosphérique). Les valeurs du PAOS (ODP)
une proportion que l’on ne doit, en aucune manière, dépasser et qui sont généralement données en se référant au R 11, un des CFC les
dépend du frigorigène considéré. Cette proportion est évidemment plus agressifs à ce point de vue. Le tableau 9 donne des valeurs du
d’autant plus réduite que le produit est reconnu plus toxique. Les PAOS de divers frigorigènes, seuls les frigorigènes ayant un PAOS
valeurs de ces proportions acceptables peuvent fortement différer, nul devraient perdurer. (0)
réglementairement, d’un pays à un autre.
L’usage de frigorigènes présentant, comme l’ammoniac, un certain Tableau 9 – Potentiel d’action sur l’ozone
degré de toxicité, ne doit pas être considéré comme impossible à stratosphérique PAOS (ODP) de divers frigorigènes
la condition de prendre des mesures convenables de surveillance en prenant l’action du R 11 comme référence
et de protection et, lorsque les locaux hébergent du public, de faire
usage de fluides frigoporteurs pour transporter le froid de la machine Frigorigène PAOS Frigorigène PAOS
frigorifique (placée alors dans des conditions de sécurité suffisante)
vers les systèmes ou les locaux publics à refroidir. R 11 .................. 1 R 123................. 0,020
R 12 .................. 0,9 à 1 R 124................. 0,022
4.4.2.2 Actions biologiques R 22 .................. 0,055 R 125................. 0
R 23 .................. 0 R 134a............... 0
On s’intéresse maintenant au comportement de la cellule vivante R 32 .................. 0 R 141b .............. 0,11
en présence de vapeurs de frigorigène. En effet, on ne peut valider R 113 ................ 0,8 R 142b .............. 0,065
l’usage d’un frigorigène que si celui-ci s’est révélé dépourvu :
R 114 ................ 1,0 R 143a............... 0
— d’action cancérigène (ou cancérogène), action entraînant des R 115 ................ 0,6 R 152a............... 0
anomalies dans le développement des cellules vivantes ; R 13B1.............. 7,8 à 13,2 R 500................. 0,74
— d’action mutagène, changement de la quantité ou de la struc- NH3 (R 717 ) ..... 0 R 502................. 0,33
ture du matériel génétique ; CO2 ................... 0 Propane (R 290 ) 0
— d’action tératogénétique, perturbation du développement
embryonnaire (tératogénèse). d’après AFEAS (sept. 1995)
Ces essais biologiques sont longs et coûteux.

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4.4.3.2 Effet de serre Nota : l’ammoniac est exclu des groupes motocompresseurs hermétiques classiques,
les bobinages des moteurs étant en cuivre. On pourrait l’utiliser dans des groupes
Les gaz à effet de serre sont indispensables à notre planète qui, hermétiques à rotor emboîté et stator extérieur.
en leur absence, aurait une température beaucoup trop basse pour
être habitable (– 18 oC). Cependant, l’excès de ces gaz, en gênant 4.4.4.2 Élastomères, matières plastiques et résines isolantes
la sortie (vers le cosmos) du rayonnement terrestre de grande lon-
Ces matériaux entrent dans la constitution des joints d’étanchéité,
gueur d’onde, peut, à la longue, provoquer un lent réchauffement
des substances d’agrégation des granules desséchantes des déshy-
de notre monde. À côté des gaz à effet de serre bien connus (vapeur
drateurs, des éléments de l’isolation électrique des moteurs des
d’eau, CO2 , méthane, oxydes d’azote, etc.), les frigorigènes halocar-
groupes hermétiques, etc. On doit considérer l’action du frigorigène,
bonés ont une action non négligeable. Bien que encore peu répandus
seul, sur ces substances mais, plus généralement, l’action du couple
dans l’atmosphère, leur influence est beaucoup plus grande que, par
frigorigène /lubrifiant. L’action physico-chimique du frigorigène,
exemple, celle du CO2 dont l’effet de serre est le plus connu.
essentiellement quand il est en phase liquide, ou des mélanges fri-
On caractérise l’action d’effet de serre d’un composé par le terme gorigène liquide/huile peut se traduire par divers phénomènes : gon-
anglais GWP (global warming potential), que nous pourrions tra- flement (le plus souvent) ou au contraire rétraction de la matière
duire PAES (potentiel d’action sur l’effet de serre). Le tableau 10 plastique ou de l’élastomère, ramollissement ou au contraire dur-
donne les valeurs du PAES (GWP) rapportées au CO2 ; ces rapports cissement, dissolution d’un constituant du matériau, dégradation de
changent avec la période de temps envisagée car les molécules de ses propriétés mécaniques, diffusion du frigorigène au travers du
CO2 et celles des frigorigènes gazeux considérés ne disparaissent matériau qui n’assure plus l’étanchéité, etc.
pas de notre atmosphère à la même vitesse. (0)
Selon la nature du frigorigène, de l’huile et du matériau à leur
contact, en fonction également de la polarité des molécules, les inte-
Tableau 10 – Potentiel d’action sur l’effet de serre ractions entre les diverses substances peuvent être fortes, faibles
PAES (GWP) de divers frigorigènes en prenant ou nulles. Seuls des essais spécifiques du comportement de ces
matériaux en présence du couple frigorigène liquide/huile peuvent
l’action du CO2 comme référence renseigner l’utilisateur.
PAES rapporté Évidemment ces questions concernent plus les constructeurs, en
au CO2 sur une période de : particulier les constructeurs de groupes motocompresseurs, que
Frigorigène les installateurs.
20 ans 100 ans 500 ans
4.4.4.3 Huiles et lubrifiants
R 11 ........................ 5 000 4 000 1 400 Cette action revêt trois aspects essentiels :
R 12 ........................ 7 900 8 500 4 200
— un aspect physique, concernant les conditions de miscibilité
R 22 ........................ 4 300 1 700 520
du frigorigène considéré et du lubrifiant ;
R 113 ...................... 5 000 5 000 2 300
— un aspect chimique, concernant les actions réciproques du fri-
R 114 ...................... 6 900 9 300 8 300
gorigène sur le lubrifiant et de celui-ci sur le frigorigène ;
R 115 ...................... 6 200 9 300 13 000 — un aspect mécanique, concernant l’aptitude du lubrifiant à
R 13B1.................... 6 200 5 600 2 200 (1) assurer la lubrification voulue d’un couple de métaux en mouvement
NH3 (R 717) ............ 0 0 0 relatif, en présence du frigorigène considéré et dans les conditions
CO2......................... 1 1 1 d’emploi : température et pression de contact.
R 123 ...................... 300 93 29
R 124 ...................... 1 500 480 150 ■ La miscibilité du frigorigène avec l’huile peut être :
R 125 ...................... 4 600 2 800 900 — totale, c’est le cas par exemple du R 12 et des huiles minérales ;
R 134a .................... 3 400 1 300 420 — nulle, ou très faible, c’est le cas de l’ammoniac et des huiles
R 141b.................... 1 800 630 200 minérales ;
R 142b.................... 4 200 2 000 630 — dépendante de la température et de la composition du
R 143a .................... 5 000 3 800 1 400 mélange : la figure 61 montre les différents aspects des domaines
R 152a .................... 460 140 42 de miscibilité selon les couples frigorigène/lubrifiant en présence.
R 500 ...................... 5 950 (1) 6 310 (1) 3 110 (1) ■ Pour étudier les actions chimiques réciproques du frigorigène
R 502 ...................... 5 270 (1) 5 590 (1) 6 910 (1) considéré et du lubrifiant envisagé, on chauffe dans des tubes de
Propane (R 290) 31 11 verre scellés [à haute température (175 oC et même 200 oC) et pen-
(1) à considérer avec réserves (simple estimation) dant des temps assez longs (jusqu’à 11 jours)] des mélanges de ces
incertitudes ± 35 % d’après AFEAS (sept. 1995) deux corps en présence des métaux utilisés dans le système frigori-
fique : l’acier, l’aluminium et le cuivre. Outre les changements
d’aspect des liquides que l’on peut observer, on détermine, si besoin
est, la nature et l’importance des produits de décomposition obtenus.
Nombreux sont les néofrigorigènes proposés qui ont des PAES Des expériences sur l’intensité du cuivrage de pièces d’acier peuvent
(GWP) considérés par certains comme trop importants ; ce qui les être faites avec des frigorigènes ou des lubrifiants renfermant de
conduit à souhaiter l’usage exclusif de fluides naturels : CO2 , eau, l’eau.
ammoniac, propane, butane, etc., (§ 4.3).
■ Les essais de tenue mécanique des films d’huile renfermant du
frigorigène, au moyen de machines d’essai spéciales permettant
4.4.4 Critères techniques d’imposer aux pièces métalliques en mouvement de fortes pressions
de contact (machines Falex, quatre billes, etc.), complètent les
4.4.4.1 Métaux connaissances sur cette étude. L’absence d’atome de chlore dans le
frigorigène complique quelque peu la lubrification.
Le frigorigène doit évidemment rester passif vis-à-vis des métaux Notons que pour développer des machines frigorifiques à ammo-
avec lesquels il est en contact dans le circuit frigorifique. En dehors niac entièrement automatiques, en facilitant le retour de l’huile vers
de l’ammoniac, qui réagit sur le cuivre, tous les autres frigorigènes, le compresseur, on cherche à mettre au point des lubrifiants solubles
anciens et nouveaux, acceptent tous les métaux courants. dans ce frigorigène.

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le fluide dans le circuit de la machine et qui peuvent, éventuellement,


catalyser sa décomposition (métaux, huile, etc.). On doit accorder
une attention particulière à ce critère dans le cas des frigorigènes
pour pompes à chaleur en raison des températures que doit sup-
porter le fluide actif du cycle, températures naturellement plus éle-
vées que dans un circuit frigorifique.

4.4.4.6 Conductivité électrique


La conductivité électrique du frigorigène, en particulier de sa phase
liquide, joue un rôle évident dans la technique des groupes hermé-
tiques, elle a aussi son importance dans les problèmes de corrosion.

4.4.4.7 Efficacité des échanges thermiques


C’est un critère important étant donné qu’une machine frigorifique
ou une pompe à chaleur comporte au moins deux échangeurs
primordiaux : l’évaporateur et le condenseur dont les prix inter-
viennent fortement sur le prix total de la machine. L’efficacité des
échanges thermiques dépend de divers paramètres du frigorigène :
— la conductivité thermique, notamment celle du liquide : les
conductivités des frigorigènes halogénés sont généralement assez
médiocres, beaucoup plus faibles que celles de l’ammoniac ou de
l’eau, par exemple ;
— la masse volumique, généralement favorable car elle est sou-
vent élevée : on doit s’intéresser à celle du liquide mais également
à celle de la vapeur qui intervient, par exemple, dans les échanges
thermiques convectifs entre la vapeur aspirée et le moteur d’un
groupe hermétique que cette vapeur traverse pour le refroidir ;
— la viscosité dynamique : elle doit être, autant que possible,
réduite pour améliorer les échanges de chaleur ;
— la capacité thermique massique ;
— la tension superficielle : elle a son importance lorsque existent
des surfaces de séparation entre le liquide et la vapeur ; c’est évi-
demment ce qui se passe dans les évaporateurs et les condenseurs ;
— l’enthalpie de vaporisation : il est intéressant que cette valeur
soit grande.

4.4.4.8 Aptitude aux fuites


De nombreux sites potentiels de fuites, orifices de très petites
Figure 61 – Différents cas de miscibilité du frigorigène avec l’huile tailles, sont obturés par des bouchons d’huile maintenus en place
par des forces capillaires. La permanence de ces bouchons dépend
directement de la tension superficielle de l’huile en présence du
4.4.4.4 Comportement en présence d’eau frigorigène. Contrairement par exemple à l’ammoniac, les frigo-
rigènes halocarbonés ont des tensions superficielles très réduites.
Si la présence d’eau est relativement bien tolérée par l’ammoniac Lorsque l’huile absorbe ces frigorigènes, sa tension superficielle
(grande affinité pour l’eau), elle peut poser de nombreux problèmes s’abaisse, des bouchons d’huile sont chassés et des fuites
avec la plupart des frigorigènes tant anciens que nouveaux. apparaissent.
■ Formation d’hydrates par association d’une molécule de frigo-
rigène avec plusieurs molécules d’eau : les hydrates, qui ont des pro- 4.4.4.9 Détection et localisation des fuites
priétés thermodynamiques différentes de celles du frigorigène,
Améliorer l’étanchéité d’une installation frigorifique, mieux confi-
peuvent devenir solides à basse température et entraîner des bou-
ner le frigorigène sont des impératifs absolus.
chages d’orifices de petites tailles (capillaires, orifices de détendeurs,
etc.). ■ S’il y a des fuites, il faut d’abord détecter leur présence : cette opé-
ration, facile lorsque le frigorigène est très odorant ( comme l’ammo-
■ Destruction chimique de molécules de frigorigène par hydrolyse :
niac), s’avère délicate lorsque le fluide est pratiquement inodore (cas
les différents frigorigènes ne sont pas également hydrolysables.
de tous les autres frigorigènes). On s’aperçoit, parfois tardivement,
■ Réaction avec le cuivre (§ 4.4.4.1) de la présence de fuites en raison de problèmes apparaissant dans
une installation qui manque de frigorigène.
Les teneurs maximales en eau du frigorigène à l’état de liquide
ou de vapeur ne sont pas les mêmes et varient avec la température. ■ Si l’on a détecté des fuites, il faut ensuite les localiser : certains
Elles sont différentes d’un frigorigène à l’autre. praticiens utilisent des solutions savonneuses qui, répandues sur
les zones suspectes, forment des bulles à l’emplacement des fuites.
4.4.4.5 Stabilité thermique de la molécule Les autres méthodes à utiliser dépendent du frigorigène :
La molécule de frigorigène (ou les molécules des composants d’un — l’ammoniac se décèle facilement par les fumées de chlorure
mélange frigorigène) doit pouvoir supporter, sans se décomposer, d’ammonium qui se forment lorsque l’on promène à proximité du
l’action des températures, parfois assez élevées, qu’elle rencontre point de fuite une baguette imbibée d’acide chlorhydrique. Des
au cours de son évolution dans le cycle thermodynamique. Ce point vapeurs de sulfate d’ammonium se forment aussi à proximité d’une
doit être considéré en tenant compte des éléments présents avec mèche soufrée en combustion mais cette manière de faire est à éviter
si possible ; les très petites fuites peuvent se déceler avec un papier

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imprégné de phtaléine du phénol incolore qui, à l’emplacement des installés (robinets d’arrêt, robinets régulateurs, filtres, etc.) dépen-
fuites, vire au pourpre (réaction basique de l’ammoniac hydrolysé dent directement du choix du frigorigène.
en ammoniaque) ;
— les frigorigènes halogénés se décèlent au moyen d’appareils 4.4.5.3 Disponibilité du frigorigène
équipés de renifleurs conduisant les molécules de ces fluides sur
Elle doit être suffisante pour couvrir les besoins des installateurs
une surface chaude qui les décompose et libère les halogènes du
et des agents de maintenance des installations et cela sans délai,
composé. C’est la présence de ces atomes d’halogène qui agit sur
le service frigorifique ne pouvant être, d’une manière générale, inter-
l’élément sensible du détecteur. Avec les frigorigènes chlorés CFC
rompu longtemps. Le frigorigène doit donc être un fluide largement
et HCFC, c’est le chlore, facilement libéré, que l’on détecte (l’atmo-
produit et internationalement distribué.
sphère dans laquelle la recherche de fuites est effectuée ne doit pas
contenir de vapeurs halogénées, ce qui n’est pas toujours très facile).
Avec les néofrigorigènes HFC, il faut libérer le fluor de la molécule 4.4.5.4 Permanence de cette disponibilité
ce qui est beaucoup plus difficile. Certains détecteurs sont ainsi inca- Le suivi de la fabrication et de la distribution des frigorigènes clas-
pables de déceler les fuites de ces nouveaux frigorigènes. siques (NH3 , R 11, R 12, R 22, R 502 ) n’a jamais posé de problèmes
sérieux. Installateurs et utilisateurs étaient assurés de trouver le fri-
gorigène voulu durant les longues durées de vie des installations
4.4.5 Critères économiques (15 à 30 ans, même parfois plus pour les installations industrielles).
En sera-t-il de même, demain, avec les néofrigorigènes, notamment
4.4.5.1 Prix du frigorigène et des lubrifiants associés avec les mélanges qu’on nous propose aujourd’hui ? Personne ne
peut sérieusement l’affirmer, pas même les décideurs des sociétés
C’est un critère considérablement fluctuant. Son impact sur le chimiques productrices. Si l’on a conçu une installation nouvelle
choix du fluide, longtemps considéré comme mineur, voit actuel- avec un frigorigène qui se révèle être ultérieurement (pour le chi-
lement son importance croître. Il est habituel de rapporter le prix miste) une erreur commerciale, on peut tout à fait penser que la pro-
du frigorigène à l’unité de masse alors que le prix à l’unité de volume duction et la distribution de ce fluide cesseront et que l’utilisateur
est en fait beaucoup plus significatif car dans les bouteilles et les sera alors confronté à une nécessaire reconversion de son installa-
échangeurs du circuit frigorifique le volume du liquide frigorigène tion. Les chimistes répondent que, si les composants d’un mélange
est un élément important. L’ammoniac, beaucoup moins dense et de frigorigènes continuent d’être produits, rien ne s’opposera à ce
beaucoup moins cher que les frigorigènes halogénés, est particu- que ce mélange soit ponctuellement élaboré. C’est tout à fait vrai-
lièrement économique. semblable, mais ces composants seront-ils toujours produits ?
Notons que l’élévation du prix des frigorigènes incite à des
comportements souhaitables : la recherche, d’une part, d’une charge
réduite de frigorigène dans les machines et, d’autre part, d’un 4.4.6 Frigorigènes actuellement utilisés
meilleur confinement.
Le prix des lubrifiants associés aux frigorigènes est aussi à consi- Les critères objectifs de choix d’un frigorigène sont nombreux. Le
dérer. Les huiles polyolesters (POE), imposées par les frigorigènes choix que l’on fait résulte finalement d’un compromis entre des
HFC et leurs mélanges, sont beaucoup plus chères que les huiles demandes qui sont parfois divergentes, sinon opposées. Il se fait
minérales acceptables avec les anciens frigorigènes. finalement parmi les frigorigènes que l’on nous propose et le nombre
de ceux-ci, naguère raisonnable, subit actuellement une inflation des
plus inquiétantes. On peut avoir quelque doute sur la pérennité de
4.4.5.2 Incidence du frigorigène sur le prix de l’installation la coexistence d’un grand nombre de frigorigènes, même si l’on nous
Le choix du frigorigène influence directement ceux du compres- dit (théoriquement avec quelque raison) que cela permet d’adapter
seur (§ 4.4.1.6) et des échangeurs (§ 4.4.4.7). au mieux le frigorigène au problème spécifique posé. Au contraire,
de très nombreuses raisons orientent vers un choix restreint de
Ainsi, en froid climatique, pour les puissances frigorifiques
frigorigènes, collection suffisante pour couvrir pratiquement
moyennes, on a toujours préféré le R 22 au R 12 parce qu’il impose
l’ensemble des besoins de la technique frigorifique (tableau 11). Les
des compresseurs plus petits et qu’il est un meilleur convecteur ther-
cinquante dernières années nous ont apporté la preuve que l’on peut
mique. De même, pour une puissance frigorifique et une chute de
faire à peu près tout avec très peu de fluides actifs.
pression données, le diamètre nominal des conduites de liquide et
de vapeur, donc leurs prix, ainsi que ceux des accessoires qui y sont (0)
(0)

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Tableau 11 – Domaines couverts par les frigorigènes actuellement utilisés


Utilisation R 11 R 114 R 12 R 500 R 717 R 22 R 502 R 13B1 R 13
(NH3)

Pompes à chaleur :
— puits chaud de 70 à 120 oC.............................................. .............. ●
— puits chaud de 35 à 70 oC................................................ .............. .............. ●● ● ............ ● ●
Climatisation (0 à + 10 oC) :
— fortes puissances (turbocompresseurs)......................... ●●● .............. ●● ● ............ ●
— puissances moyennes ( compresseurs volum.) ............ .............. .............. ............ ● ● ............ ●●●
— faibles puissances ( compresseurs volum.)................... .............. .............. ............ ●●● ● ............ ●
Réfrigération et températures
modérément basses
( compression monoétagée ; – 5 à – 20 oC) :
— fortes puissances (groupes ouverts) .............................. .............. .............. ............ ............ ●●● ●●
— puissances moyennes
(groupes hermétiques ouvrables) ................................... .............. .............. ●●● ............ ............ ●● ●
— faibles puissances (réfrigérateurs,
groupes hermétiques non ouvrables)............................. .............. .............. ●●●
Congélation et basses températures
courantes (– 20 à – 50 oC) :
— fortes puissances (cycles biétagés) ................................ .............. .............. ............ ............ ●●● ●● ● ●
— puissances moyennes (cycles biétagés) ........................ .............. .............. ............ ............ ............ ●● ●●●
— puissances moyennes (cycles monoétagés) ................. .............. .............. ............ ............ ............ ............ ●●●
— faibles puissances (cycles monoétagés) ........................ .............. .............. ............ ............ ............ ............ ●●●
Basses températures (cycles en cascade
de puissance moyenne ; – 50 à – 100oC) :
— étage haute température ................................................. .............. .............. ● ............ ............ ● ●
— étage basse température................................................. .............. ............. ........... ............ ............ ............ ............ ............ ●●


peu courant ; ●● courant ; ●●● très courant

Notations et Symboles Notations et Symboles

Symbole Définition Symbole Définition

A section V volume
 course du piston
COPC V̇ débit-volume
coefficient de performance calorifique
COPF coefficient de performance frigorifique v volume massique
cP capacité thermique massique W énergie mécanique fournie
 diamètre du cylindre w vitesse des fluides ou travail
GWP Global warming potential
ε espace mort
h enthalpie massique
η cc rendement du cycle calorifique
K coefficient de transmission thermique globale
η cf rendement du cycle frigorifique
m masse
η eff rendement effectif ou global
ηi rendement indiqué
m˙ débit-masse
N vitesse de rotation
ηm rendement mécanique
 nombre de cylindres
ηV rendement volumétrique
ODP Ozone depletion potential
θ température Celsius
P puissance mécanique fournie ou absorbée
θeb température Celsius d’ébullition
température Celsius à la source chaude
PAES potentiel d’action sur l’effet de serre θC (ou de condensation du caloporteur)
PAOS potentiel d’action sur l’ozone stratosphérique θcr température Celsius critique
pression à la source chaude
pC (ou de condensation) θF température Celsius à la source froide
(ou d’évaporation du frigorigène)
pF pression à la source froide τ taux de compression
(ou presque toujours d’évaporation)
Q énergie thermique ou chaleur ϑi taux de réduction de volume
S surface d’échange
φ puissance thermique
T température thermodynamique
φC puissance calorifique
t temps φF puissance frigorifique

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Principales caractéristiques des frigorigènes utilisés ou utilisables

 eb  cr PAOS (ODP) PAES (GWP)


Dénomination Formule chimique /CO2 (9) CI Inflammabilité
(oC) (oC) /R11

Eau (R 718 ) H2O 100 374 non oui


R 113 (8) CCI2F—CCIF2 47,6 214,1 0,8 5 000 oui non
R 141b CFCI2 —CH3 32,2 0,11 630 oui oui
R 123 CHCI2 —CF3 27,9 183,8 0,020 93 oui non

Isopentane 27,8 187,2 0 < 10 non oui

R 245ca CF2H—CF2 —CFH2 25,0 178,4 0 560 non oui


R 11 (8) CFCI3 23,7 180,2 1 4 000 oui non

Cyclobutane 12,6 186,8 0 < 10 non oui

R 114 (8) CCIF2—CCIF2 3,6 145,7 1 9 300 oui non


n-butane (R 600 ) C4H10 – 0,5 152,1 0 < 10 non oui

RC 318 – 5,8 115,3 0 9 100 non non

R 142b (1) CF2CI—CH3 – 9,1 137,1 0,065 2 000 oui oui

Isobutane – 11,8 135 0 < 10 non oui


(R 600a )

R 124 (1) CHFCI—CF3 – 13,2 145,7 0,022 480 oui non


R 152a (2) CHF2—CH3 – 24,7 113,5 0 140 non oui
R 134a (3) CH2F—CF3 – 26,5 101,1 0 1 300 non non
R 12 (8) CF2CI2 – 29,8 112,0 0,9 à 1 8 500 oui non

RC 216 – 31,5 0 non non

Cyclopropane
(RC 270 ) – 32,8 124,6 0 < 10 non oui

Ammoniac (R 717 ) NH3 – 33,35 132,4 0 0 non oui

R 500* azéotrope de – 33,5 105,5 0,74 6 310 oui non


R 12 et de R 152a
R 218 C3 F 8 – 39 72 0 non non
R 115 (4) CF2CI—CF3 – 39,1 80,0 0,6 9 300 oui non
R 22 (8) CHF2CI – 40,8 96,0 0,055 1 700 oui non
Propane (R 290 ) C3 H 8 – 42,1 96,7 0 < 10 non oui
azéotrope de
R 502 (8) R 22 et de R 115 – 45,5 82,2 0,33 5 600 oui non

(1) composant de mélanges de transition


(2) composant de mélanges
(3) remplaçant du R 12 et composant de mélanges
(4) n’a pas été utilisé seul ; entre dans la composition du R 502
(5) ou Halon 1301
(6) frigorigène basse température pour cycles « en cascade »
(7) ou éthylène, alcène (carbure à double liaison)
(8) frigorigène ayant fait l’objet d’utilisations mais est évincé ou en voie de l’être
(9) sur une base de temps de 100 ans

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Principales caractéristiques des frigorigènes utilisés ou utilisables (suite)

 eb  cr PAOS (ODP) PAES (GWP)


Dénomination Formule chimique /CO2 (9) CI Inflammabilité
(oC) (oC) /R11

R 143a (2) CH3—CF3 – 47,4 73,1 0 3 800 non oui


R 125 (2) CHF2—CF3 – 48,6 68 0 2 800 non non
R 32 (2) CH2F2 – 51,7 78,4 0 650 non oui
R 13 B 1 (5) (8) CF3Br – 57,8 67,0 7,8 à 13,2 5 600 non non
R 13 (6) (8) CF3CI – 81,5 28,8 11 700 oui non
R 23 (6) CHF3 – 82,1 25,6 0 12 100 non non
Éthane (R 170 ) (6) C2 H6 – 88,6 32,3 0 < 10 non oui

R 503 (6) (8) azéotrope de – 88,7 19,5 11 860 oui non


R 13 et de R 23
Éthène (R 1150 ) (6)(7) C2 H4 – 103,7 9,3 0 < 10 non oui
R 14 (6) CF4 – 128 – 45,5 0 non non
Méthane (R 50 ) (6) CH4 – 161,5 – 82,6 0 < 10 non oui
(1) composant de mélanges de transition
(2) composant de mélanges
(3) remplaçant du R 12 et composant de mélanges
(4) n’a pas été utilisé seul ; entre dans la composition du R 502
(5) ou Halon 1301
(6) frigorigène basse température pour cycles « en cascade »
(7) ou éthylène, alcène (carbure à double liaison)
(8) frigorigène ayant fait l’objet d’utilisations mais est évincé ou en voie de l’être
(9) sur une base de temps de 100 ans

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B 9 730 − 60 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie énergétique
P
O
U
Théorie des machines frigorifiques R
Machine à compression mécanique E
par Maxime DUMINIL N
Ancien professeur de l’Institut du froid industriel
et du génie climatique au CNAM
Ancien professeur à l’École Centrale de Paris
Vice-Président de l’Association française du froid (AFF)
S
Bibliographie
A
Références
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Revue International du Froid (Éditée par l’Institut
International du Froid bilingue anglais-français).
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d’énergie. Stockholm (S), 295 pages (1990) ;
V
Énergie, entropie, exergie. B 1 210, traité
Génie énergétique, Techniques de l’Ingénieur,
fév. 1992.
Revue Générale du Froid (Organe officiel de l’Asso-
ciation Française du Froid).
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chaleur de grande puissance. Trondheim (N),
318 pages (1985) ;
O
[2] BOISSIN (J.-C.) et GISTAU (G.) et coll. – Cryo-
génie. Propriétés physiques aux basses tem-
Revue Pratique du Froid (Éditée par PYC Édition).
Institut international du froid (IIF), Paris
— Transfert de chaleur dans les processus à
changement de phase-fusion et solidification.
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pératures. B 2 382, traité Génie énergétique,

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VRINAT (G.). – Production du froid. Technolo-
■ Cycles à compression pour systèmes frigo-
rifiques, climatisation et pompes à chaleur préser-
vant l’environnement, 169 pages (1993).
■ Collection des comptes rendus des derniers
Congrès Internationaux du Froid
R
gie des machines industrielles. B 2 365, traité — Paris (1983), Vienne (1987), Montréal (1991),
Génie énergétique, Techniques de l’Ingénieur, ■ Économie d’énergie en matière de froid, 224
La Haye (1995).
oct. 1991. pages (1982).
BOLDVIG (F.V.). – L’ammoniac utilisé comme frigo-
Livres et revues
DUMINIL (M.). – Cours de Génie frigorifique. Institut
■ Collection des comptes rendus des Commis-
sions de l’IIF, notamment :
— Conception des équipements de la chaîne du
rigène. IIF Éd., 99 pages (1993).
MAAKE (W.), ECKERT (H.-J.) et CAUCHEPIN (J-L). –
P
français du froid industriel et du génie climatique. Le Pohlmann, Manuel Technique du Froid. PYC
Conservatoire National des Arts et Métiers, 356
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froid. Palmerston North (NZ), 573 pages
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— Refrigeration, Energy and environment.
Édition, 1 174 pages (1993).
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L
DUMINIL (M.) et VRINAT (G.). – Systèmes frigorifi-
ques et pompes à chaleur. Travaux de Recher-
ches. Institut International du Froid Éd. (1991).
Trondheim (N), 289 pages (1992) ;
— Efficacité énergétique en froid – Impact sur
l’effet de serre. Gand (B), 363 pages (1993) ;
and Air Conditioning Engineers :
— Handbook-Fundamentals (1993) ; U
Tome 1 : Cycles à compression
fluides actifs, 128 pages ;
● Systèmes et — Nouvelles applications des fluides naturels
en production du froid et conditionnement
d’air. Hanovre (D), 764 pages (1994) ;
— Handbook-Refrigeration SI (1994) ;
— Handbook-HVAC SI (1995).
CLODIC (D.) et SAUER (F.) (coordonnateurs). –
S
Tome 2 : Caloporteurs ● Échanges thermiques
● Échangeurs, 161 pages ; — L’après CFC. Padoue (I), 838 pages (1994) ; Vade-Mecum de la récupération des CFC.
— Les mélanges de fluides frigorigènes : Commission Nationale CFC de l’Association
Tome 3 : Compresseurs et moteurs ● Détendeurs
propriétés et applications. Mons (B), 338 Française du Froid. ADEME-PYC Éd., 259 pages
et régulation, 71 pages ;
pages (1980) ; (1993).
Tome 4 : Pompes à chaleur à sorption et — Propriétés thermophysiques des frigorigènes Rapport Alternative Fluorocarbons Environmental
chimiques, à gaz, hybrides ● Applications indus- purs ou en mélange. Herzliya (Isr), 278 pages Acceptability Study (AFEAS) et Programme for
trielles des pompes à chaleur, 139 pages ; (1990) ; Alternative Fluorocarbon Toxicity Testing (PAFT).
Tome 5 : Annuaire des centres de recherches — État des connaissances sur les CFC – Les 50 pages, sept. 1995.
mondiaux, 50 pages. systèmes frigorifiques et les propriétés des
frigorigènes. Purdue (USA), 437 pages (1988) ;
Bulletin bibliographique de l’Institut International du — Efficacité énergétique et nouveaux fluides.
Froid (Revue bilingue français-anglais sur les
5 - 1996

Purdue (USA), 712 pages (1992) ;


travaux internationaux relatif au froid.

Normalisation
International Organization for Standardization (ISO)
Doc. B 9 730

ISO 817 : 1974 Fluides frigorigènes organiques – Désignation numérique


(0)
(0)
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est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie énergétique Doc. B 9 730 − 1
P THÉORIE DES MACHINES FRIGORIFIQUES ___________________________________________________________________________________________________
O
U
Tableau A – Frigorigènes de transition et de substitution du R12
R  eb  cr
Formule chimique (corps purs) PAOS (ODP) PAES (GWP)/CO2 (9)
Dénomination Remarques
ou composition (mélanges) /R11
(oC) (oC)

E R12 CF2Cl2 – 29,8 112 0,9 à 1 8 500   = 0K

Frigorigènes de transition
N R401A
(% en masse)
R22/R152a/R124
53 13 34
– 33,8 109 0,037 1 100 ∆θ = 6,3 à 7 K
MP39 (1)
R401B R22/R152a/R124 – 34,7 108 0,04 1 200 ∆θ = 5,9 à 6,6
(% en masse) 61 11 28 MP66 (1)
∆θ = 5,9 à 6,6
S R401C
(% en masse)
R409A
R22/R152a/R124
33 15 52
R22/R124/R142b
– 28,8

– 34,2
.........................

107
0,03

0,048
850

1 450
MP52 (1)
∆θ = 8,1 à 8,5

A (% en masse)
R409B
(% en masse)
60

65
25

25
15
R22/R124/R142b
10
– 35,2 105 0,048 1 420
FX56 (2)
∆θ = 7,2 à 7,7
FX57 (2)
V R405A
(% en masse)
R22/R152a/R142b/RC318
45 7 5,5 42,5
– 33,5 ......................... 0,028 4 750 ∆θ = 5,5 K
G2015 (3)

O R406A
(% en masse)
R22/R600a/R142b
55 4 41
– 36 ......................... 0,057 1 800 ∆θ = 9,9 K
GHG12 (3)
R412A (4) R22/R218/R142b – 40,1 ......................... 0,055 3 400 (?) ∆θ = 8,1 K
I (% en masse) 70 5 25 Arcton
TP5R (5)
R22/R124/R600 – 32,1 ......................... 0,038 1 100 ∆θ = 6,1 K
R (% en masse) 50 47 3 Meforex
DI36 (6)

Frigorigènes de substitution (frigorigènes sans chlore)


R134a (7) CF3—CH2F – 26,5 101,1 0 1 300 ∆θ = 0 K

P R152a (8) CHF2—CH3 – 24,7 113,5 0 140


fluide pur
∆θ = 0 K
fluide pur

L (% en masse)
R290/R600
50 50
– 31,6 ......................... 0 3
Combustible
∆θ = 12,3 K
0Z12
U (D’après les dernières valeurs fournies par IPCC-Intergouvernmental Panel on Climate Change - 1995)
Combustible

(1) produit Du Pont de Nemours (marque Suva)


S (2) produit Atochem (marque Forane)
(3) produits des États-Unis
(4) essentiellement proposé comme remplaçant du R500, azéotrope de R12 et de R152a (température d’ébullition du R500 : – 33,5 oC)
(5) produit ICI
(6) produit Ausimont
(7) tous les chimistes élaborent ce produit
(8) ce produit n’est pas utilisé seul mais entre dans la composition de nombreux mélanges
(9) pour un horizon d’intégration de 100 ans
∆θ variation de température au cours de la vaporisation du frigorigène sous pression constante
θcr température critique
θeb température d’ébullition

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Doc. B 9 730 − 2 est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie énergétique
__________________________________________________________________________________________________ THÉORIE DES MACHINES FRIGORIFIQUES
P
O
U
Tableau B – Frigorigènes de transition et de substitution du R502

 eb  cr
R
Composition PAOS (ODP) PAES (GWP)/CO2 (11)
Dénomination Remarques
(mélanges) /R11
(oC) (oC)

R502
azéotrope de
R 22 et de R115 – 45,5 82,2 0,33 6 300   = 0K
E
Frigorigènes de transition
R402A
(% en masse)
R22/R125/R290
38 60 2
– 48,9 75,2 0,021 2 350 ∆θ = 2 K
HP80 (1)
N
R402B R22/R125/R290 – 47,1 81,7 0,033 2 100 ∆θ = 2,3 K
(% en masse) 60 38 2 HP81(1)
R403A
(% en masse)
R22/R218/R290
75 20 5
– 50,0 .......................... 0,041 > 8 000 ∆θ = 2,5 K
69S (2) S
R403B R22/R218/R290 – 49,5 76,3 0,030 > 13 000 ∆θ = 0,9 K
(% en masse)
R408A
56 39 5
R22/R143a/R125 – 44,4 83 0,026 2 900
69L (2)
∆θ = 0,7 K
A
(% en masse)

(% en masse)
47

50 42
46

6
7
R22/R125/R143a/R290
2
– 45,6 .......................... 0,027 2 300
FX10 (3)
∆θ = 1 K
DI44 (4)
V
R509
(% en masse)
R22/R218
44 56
– 47,5 ......................... 0,024 20 000 ∆θ = 0 K
TP5R2 (5)
O
(azéotrope)
R411B
(% en masse)
R22/R1270/R152a
94 3 3
......................... .......................... 0,052 1 600 G2018B (6) I
Frigorigènes de substitution (frigorigènes sans chlore) R
R404A (7) R125/R143a/R134a – 46,5 72,6 0 3 700 ∆θ = 0,8 K
(% en masse) 44 52 4
R32/R125/R143a – 48,4 72 0 3 500 ∆θ = 0,9 K
(% en masse)
R407A
10 45 45
R32/R125/R143a – 45,6 ......................... 0 1 900
FX40 (3)
∆θ = 6,6 K
P
(% en masse) 20 40 40 KLEA60 (8)
R407B
(% en masse)
R32/R125/R143a
20 40 40
– 47,3 ....................... 0 2 600 ∆θ = 4,4 K
KLEA61 (8)
L
(% en masse)
R32/R125/R143a/R134a
10 33 36 21
– 49,4 77,5 0 2 700 ∆θ = 4,1 K
HX4 (9) U
∆θ = 0 K
R507 (10)
(% en masse)
R125/R143a
50 50
– 46,7

(D’après les dernières valeurs fournies par IPCC-Intergouvernmental Panel on Climate Change – 1995)
70,9 0 3 800
S
(1) produit Du Pont de Nemours (marque Suva)
(2) produit Rhône-Poulenc (GB) (marque Isceon)
(3) produit Atochem (marque Forane)
(4) produit Ausimont (marque Meforex)
(5) produit ICI (marque Arcton)
(6) produit des États-Unis (GU)
(7) tous les chimistes élaborent ce produit
(8) produit ICI (KLEA60 = KLEA407A ; KLEA61 = KLEA407B )
(9) produit Hoechst [marque Reclin (Également proposé pour le remplacement du R22)]
(10) encore dénommé Génetron AZ50 (Allied Signal), Méforex M57 (Ausimont), Forane 507 (Atochem), Solkane 507 (Solvay)
(11) pour un horizon d’intégration de 100 ans
∆θ variation de température au cours de la vaporisation du frigorigène sous pression constante
θcr température critique
θeb température d’ébullition

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie énergétique Doc. B 9 730 − 3
P THÉORIE DES MACHINES FRIGORIFIQUES ___________________________________________________________________________________________________
O
U
Tableau C – Frigorigènes de transition et de substitution du R22
R Formule chimique  eb  cr PAOS (ODP) PAES (GWP)/CO2 (9)
Dénomination (corps purs) /R11 Remarques
ou composition (mélanges) (oC) (oC)
R22 CHF2Cl – 40,8 96 0,055 1 700   = 0K
E Frigorigènes de transition

N R411A
(% en masse)
R22/R1270/R152a
87,5 1,5 11
.......................... 98,6 0,048 1 510 G2018A (1)

Frigorigènes de substitution (frigorigènes sans chlore)


R404A (2) R125/R143a/R134a – 46,5 72,6 0 3 700 ∆θ = 0,8 K

S (% en masse)
R407C (3)
(% en masse)
44

23
52

25
4
R32/R125/R134a
52
– 43,6 87,3 0 1 600 ∆θ = 7,2 K

A R410A (4)
(% en masse)
R32/R125
50 50
– 52,7 84,9 0 1 900 ∆θ < 0,1 K

V R410B (5)
(% en masse)
R32/R125
45 55
– 51,8 84,1 0 2 000 ∆θ < 0,1 K

R32/R125/R143a/R134a – 49,4 77,5 0 2 700 ∆θ = 4,1 K


O (% en masse) 10 33 36 21
R23/R32/R134a – 43,0 89 0 1 600
HX4 (6)
∆θ = 10,2 K (7)

I (% en masse)

(% en masse)
4,5 21,5 74
R32/R134a
25 75
– 40,4 0 1 100 ∆θ = 7,2 K

R R290 (8) C3H8 – 42,1 96,7 0 < 10 ∆θ = 0 K


corps pur
Combustible
(D’après les dernières valeurs fournies par IPCC-Intergouvernmental Panel on Climate Change – 1995)
(1) produit des États-Unis (GU)

P (2) également proposé comme frigorigène de substitution du R502


(3) également connu sous les noms commerciaux suivants : Génétron 407C (Allied Signal), Klea 407C (ou Klea 66 ) (ICI), Meforex M95 (Ausimont), Reclin HX3
(Hoechst), Suva AC9000 (Du Pont de Nemours), Forane 407C (Atochem)

L (4) également connu sous les noms commerciaux suivants : Genetron AZ20 (Allied Signal), Solkane 410A (Solvay)
(5) également connu sous les noms commerciaux suivants : Suva AC9100 (Du Pont de Nemours), Forane F221 (Atochem)
(6) produit Hoechst (marque Reclin), également proposé pour le remplacement du R502

U (7) connu sous le nom commercial Forane FX220 (Atochem)


(8) c’est le propane
(9) pour un horizon d’intégration de 100 ans

S ∆θ variation de température au cours de la vaporisation du frigorigène sous pression constante


θcr température critique
θeb température d’ébullition

(0)

Tableau D – Frigorigènes de transition et de substitution du R11

 eb  cr PAOS (ODP)
Dénomination Formule chimique PAES (GWP)/CO2 (4) Remarques
/R11
(oC) (oC)

R11 CFCl3 23,7 198 1 4 000   = 0K

Frigorigènes de transition
R123 (1) CF3—CHCl2 27,9 183,8 0,020 93 ∆θ = 0 K
R141b (2) CH3—CFCl2 32,2 210,2 0,110 630 ∆θ = 0 K
Combustible

Frigorigènes de substitution (frigorigènes sans chlore)


R245fa (3) CF3—CH2—CHF2 15 ......................... 0 ..................................... ∆θ = 0 K
Combustible
R245ca (3) CHF2—CF2—CH2—F 25,0 178,4 0 560 ∆θ = 0 K
Combustible
(D’après les dernières valeurs fournies par IPCC-Intergouvernmental Panel on Climate Change – 1995)
(1) produits Du Pont de Nemours (marques Suva 123) et Atochem (marque Forane 123). Le R123 est actuellement le seul frigorigène de transition véritablement
mis en œuvre par quelques constructeurs de turbocompresseurs
(2) produits Atochem (marque Forane 141b)
(3) ces substances ont été proposées comme remplaçant du R11 mais elles ne sont pas utilisées industriellement
(4) pour un horizon d’intégration de 100 ans
∆θ variation de température au cours de la vaporisation du frigorigène sous pression constante
θcr température critique
θeb température d’ébullition

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Doc. B 9 730 − 4 est strictement interdite. − © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie énergétique
__________________________________________________________________________________________________ THÉORIE DES MACHINES FRIGORIFIQUES
P
O
Organismes et Associations
U
Institut International du Froid (IIF) Comité Scientifique et Technique des Industries de la Climatisation (COSTIC) R
Agence pour l’Environnement et la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) École Nationale Supérieure des Arts et Industries de Strasbourg (ENSAIS)
Association pour le Développement des Pompes à Chaleur et Machines École Nationale du Génie Rural, des Eaux et des Forêts (ENGREF)
à Froid (ADPM) Électricité de France (EDF).
Association Française du Froid (AFF) — Département des Applications de l’Électricité. Centre d’Étude des
Association Française de Normalisation (AFNOR)
Association des Ingénieurs en Climatique, Ventilation et Froid (AICVF)
Renardières
— Département Machines E
Association Technique pour l’Efficacité Énergétique (ATEE) — Département Transferts Thermiques et Aérodynamiques
Associations professionnelles
Association pour la Maîtrise de l’Énergie et des Charges dans le Commerce
Gaz de France (GDF)
Groupement pour la Recherche sur les Échangeurs Thermiques. Centre N
d’Études Nucléaires de Grenoble (GRETH-CENG)
(AMEC) Institut Français du Froid Industriel et du Génie Climatique (IFFI)
Fédération Nationale des Entreprises de Gestion des Équipements, de l’Éner- Institut Français du Pétrole (IFP)
gie et de l’Environnement (FG3E) Institut National Polytechnique de Grenoble (INPG)
Groupement des Industries Françaises des Appareils d’Équipement Ménager
(GIFAM)
Fédération des Industries et Commerces Utilisateurs des Basses Tempé-
Institut National Polytechnique de Lorraine – Université de Nancy. École
Nationale Supérieure des Industries Chimiques (INPL-ENSIC) S
Institut National Polytechnique de Lorraine – Université de Nancy. Labora-
ratures – Congélation – Surgelés – Glaces (FICUR)
Association Technique du Commerce et de la Distribution (PERIFEM)
Syndicat Général et National du Froid (SGNF)
toire d’Énergétique et de Mécanique Théorique et Appliquée (INPL-LEMTA)
Institut National Polytechnique de Toulouse. Laboratoire d’Énergétique A
(INPT)
Chambre Syndicale Nationale des Entreprises de Froid, d’Équipement de
Cuisines Professionnelles et du Conditionnement d’Air (SNEFCCA)
Union Climatique de France (UCF)
Institut National des Sciences Appliquées de Lyon. Laboratoire d’Énergétique
et d’Automatique. Département de Génie Thermique (INSA-Lyon) V
Laboratoire d’Informatique pour la Mécanique et les Sciences de l’Ingénieur
Union Syndicale des Constructeurs de Matériel Aéraulique, Thermique, Ther-
modynamique et Frigorifique (UNICLIMA)
Union Syndicale Nationale des Exploitations Frigorifiques (USNEF)
(LIMSI-Orsay)
Laboratoire d’Énergétique et de Thermique Industrielles de l’Est Francilien. O
Université de Paris XII (LETIEF)
Organismes de recherches et d’études
Laboratoires – Organismes d’enseignement
Institut de Science et Génie des Matériaux et Procédés. Université de Perpignan
(ISGMP) I
Centre Énergétique de l’École des Mines de Paris (ARMINES)
Centre National du Machinisme Agricole, du Génie Rural, des Eaux et des
Forêts Division Génie des Procédés Frigorifiques et Thermiques (CEMAGREF)
Autres Groupements
(Groupements spécialisés internes à l’Association Française du Froid)
Club Ammoniac
R
Centre d’Études Nucléaires de Grenoble – Service des Basses Températures Comité Alliance Froid-Climatisation-Environnement
(CENG-DFMFC-SBT) Compagnie Nationale d’Experts Judiciaires en Génie Frigorifique, Génie
Centre Technique des Industries Aérauliques et Thermiques (CETIAT) Climatique et Isolation Frigorifique (CNEFIC)
Centre Technique des Industries Mécaniques (CETIM)
P
L
U
S

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


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