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Erreurs concernant le traitement de la consigne.

 Une consigne trop longue : l’élève est perdu dans ce qui est attendu de sa tâche.
 Une consigne trop compliquée : ce qui lui est demandé est en dehors des compétences
de l’élève, de sa zone proximale de développement.
 Une consigne et des sous-consignes : tâche multiple, il faut réaliser plusieurs tâches
successivement ou simultanément et l’élève est en surcharge cognitive.
 Une consigne qui n’est pas reconnue : le vocabulaire, la tâche ne ressemble pas à ce que
connaît l’élève
Remédiation :

 L’enseignant doit définir “clairement” son objectif avant de rédiger la consigne.


 Prévoir une consigne écrite courte et concise ; la doubler d'une lecture orale.
 L’enseignant doit s’assurer que les élèves ont entendu et assimiler la consigne :
demander de reformuler à plusieurs d’entre eux.
 Penser à laisser une trace écrite de la consigne afin de permettre aux élèves d'y
revenir pendant la tâche si nécessaire.
Erreurs liées à une automatisation inachevée

L'automatisation de la tache par l'élève n'étant pas encore effective, celui-ci ne reconnait pas la
situation comme étant une situation connue et/ou manifeste des difficultés à généraliser.

Remédiation

 Il est nécessaire de faire utiliser les outils créés afin de réaliser les rappels aux règles.
 Un travail d'entraînement/mémorisation/systématisation pourra être mis en place.

Erreurs liées à la surcharge cognitive

Elles peuvent découler des erreurs précédentes.

L’automatisation étant “inachevée”, la tâche est trop complexe, l’élève n’arrive pas à mobiliser tous
ses savoirs simultanément.

Certaines connaissances ne sont pas encore automatisées et demandent trop d’attention pour
pouvoir réaliser une autre tâche en même temps.

Ou bien, le facteur émotionnel, le stress empêche l’élève de mobiliser ses connaissances.

Remédiation

 Mettre à disposition les outils ( matériel de numération, calculatrice, tables de


multiplications, tableaux de conjugaison etc …)

 Fractionner la tâche lors des consignes

 Faire des pauses lors de son exécution

 Différer une partie de la tâche

Erreurs de choix de procédure utilisée

La procédure utilisée est correcte mais n’est pas la procédure experte dans la situation.
Remédiation

 Explicitation de la procédure utilisée et celle attendue, organiser une confrontation entre


élèves.
 Ne pas remettre en cause une procédure différente mais son efficacité en termes de coût
cognitif et temps passé.
 Proposer une situation similaire, en jouant sur les variables didactiques afin de rendre cette
procédure dépassée.

Erreurs liées au transfert de connaissances

Les élèves ne font pas de lien entre les disciplines et ne mettent pas en application leurs
connaissances dans un autre domaine que celui dans lequel ils ont été construits.

Remédiations

 Proposer le plus souvent possible des situations de la vie courante, des situations concrètes.
 Construire dans l’année quelques projets interdisciplinaires qui permettront naturellement
aux élèves de passer d’un champ disciplinaire à l’autre en les explicitant.
 Généraliser le “tissage” en début de séance avec ce qui a été fait avant ou ailleurs et en fin
de séance avec ce qui sera appris plus tard ou dans d’autres disciplines.

Erreurs liées aux choix didactiques et pédagogiques

Lorsque plusieurs élèves n’accèdent pas au savoir en jeu, il peut être pertinent de s’interroger sur ses
propres choix.

Remédiation

Se tourner vers les collègues pour partager ses points de vue didactiques, se documenter, revoir ses
gestes de différenciation.

Ils distinguent deux types d’erreurs: erreurs de performance et erreurs de compétence.

 Dans les erreurs de performance, il s’agit d’erreurs auxquelles l’apprenant ne fait pas
attention. C’est-à-dire qu’il connaît la règle mais il a commis une erreur car il était inattentif.
Il est donc capable de se corriger.
 Dans le deuxième type, il s’agit d’erreurs que l’apprenant commet par méconnaissance
d’une règle. L’apprenant ne peut pas se corriger dans ce cas faute de connaissances et
d’expérience. Il a donc besoin d’un professeur ou d’une explication grammaticale fournie par
le manuel.
Les différents statuts de l’erreur
Lorsqu’on acquière des connaissances, il arrive que les erreurs ne peuvent être considérées
comme un échec d’apprentissage ou un symptôme d’incompétence ; c’est pour cela que
jean pierre ARISTOFLI a élaboré un tableau récapitulatif qui schématise les différents statuts
de l’erreur selon 3 modèles pédagogiques.

Dans le modèle transmissif :

C’est l’élève qui se considère comme le fautif, les erreurs commises sont perçues er vécues comme
des dysfonctionnements didactiques qui auraient du être évités, si les conseils donnés avaient été
écoutés, si et l’attention avait été convenablement dirigée, c’est la raison pour laquelle elle se
trouve sanctionnée.

Dans le modèle behavioriste ou comportementaliste :

Les erreurs ne devraient pas normalement survenir puisque la programmation didactique se


procède à la décomposition de ses étapes et difficultés en unités élémentaires, et élaboré avec un
souci constant de les éviter, mais si l’erreur se produise malgré les précautions didactiques prises.
Elle sera moins imputée à la responsabilité de l’élève, mais à la manière dont a été pensée la
progression didactique par l’enseignant ou le manuel. Ici on substitue la faute par le bogue ou le
bug. Dans ce modèle pédagogique, l’erreur permet de déployer tant d’énergie pour éviter sa
survenue, et montre qu’elle conserve un statut toujours négatif et dévalorisé.

Dans le modèle constructiviste :

Au contraire de ces deux modèles précédents, l’erreur ne s’évacue plus, mais elle s’efforce d’en
comprendre la cause et la signification, voire même de prendre appui sur elle pour améliorer
l’enseignement, le but visé c’est de ne pas imputé l’erreur aux élèves dans le cas de sa survenue,
mais les pousser à la commettre, à la laissé l’apparaitre, pour s’efforcer de mieux de la traiter, ici
on quitte le statut des fautes condamnables ou les bogues regrettables aux obstacles auxquels la
pensée des élèves se trouve affronté. Et à travers les erreurs le professeur permet d’accéder au
cœur du processus d’apprentissage et améliore les progrès intellectuels qu’il attend de la classe et
qu’il doit surtout l’encourager.

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