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Université Cadi Ayyad

Faculté des Sciences Juridiques


Economiques et Sociales

Marrakech

Master Spécialisé Management Financier de l’Entreprise

Séminaires de Gestion Financière Approfondie

• Diagnostic Financier
• Gestion de Trésorerie
• Gestion des Stocks

Pr. Sidi Mohamed RIGAR


INTRODUCTION GENERALE

1- Définitions
La gestion financière peut être définie comme étant « la fonction qui a pour but essentiellement
d’assurer régulièrement à l’entreprise les fonds nécessaires à son équipement rationnel et à son
exploitation courante, et d’autre part de contrôler la rentabilité des opérations auxquelles sont
affectés ces fonds. »1

Une deuxième définition, celle de la centrale des bilans de la banque de France postule que « la
gestion financière est la recherche de l’équilibre à court, moyen et long terme entre les sorties et
les entrées de capitaux, c à d entre les besoins financiers et les ressources financières »

La fonction financière dans une entreprise a pour mission :


- d’assurer l’enregistrement comptable des différentes opérations et la tenue des
comptes
- Le contrôle de gestion des différentes opérations réalisées par l’entreprise
- La gestion de trésorerie de l’entreprise
- La gestion des opérations de croissance interne et externe de l’entreprise
- La gestion des opérations boursières
- La gestion des opérations fiscales.

2- l’importance de l’information financière


L’information comptable et financière est la matière première de toute analyse financière effectuée
à l’intérieur ou à l’extérieur de l’entreprise. Elle est présentée dans des supports appelés
documents comptables ou états de synthèse.
L’information financière est donc la plate forme qui permet à l’analyse interne ou externe de
procéder au diagnostic de la situation financière de l’entreprise afin de pouvoirs ressortir les points
forts et les faiblesses de l’entreprise sur le plan financier.
Sur la base de ce diagnostic, les responsables financiers au sein de l’entreprise peuvent prendre des
décisions qui engagent l’avenir de l’entreprise en tenant compte de ses contraintes internes et
celles que présente son environnement externe.
Pour pouvoir mener à bien une mission d’analyse financière, étape primordiale pour toute décision
de gestion financière, les informations comptables et financières doivent être regroupées dans des
schémas simplifiés sous forme de masses ou flux qui renseignent sur la situation financière de
l’entreprise
3- Présentation des principaux documents comptables
3.1. Le bilan
Le bilan est un inventaire des actifs et des passifs d’une entreprise. Il renseigne sur la situation
financière de l’entreprise à un instant donné, généralement la fin de l’exercice comptable.
Le bilan comptable se présente comme suit :

1
G. DEPALLENS « Gestion financière » Edition SIREY, Paris 1990

2
Actif Passif
Actif immobilisé : Capitaux propres et assimilés :
- Immobilisations en non-valeurs - Capital social ou personnel
- Immobilisations incorporelles - Résultat de l’exercice
- Immobilisations corporelles - Capitaux propres assimilés
- Immobilisations financières (subventions d’investissement et
Actif circulant : provisions réglementées
Stocks Dettes de financement
- Stock des marchandises - Emprunt obligataire
- Stocks de matières premières - Autres dettes de financement
- Stocks de produits finis
Créances de l’actif circulant Dettes du passif circulant
- Fournisseurs débiteurs, avances et - Fournisseurs et comptes
acomptes rattachés
- Clients et comptes rattachés - Clients créditeurs, avances et
- Etat débiteur acomptes
Trésorerie : - Etat créditeur
- Banque Trésorerie - passif
- caisse Banques (soldes créditeurs)
Total actif Total passif

Ces masses peuvent être présentées de manière simplifiée comme suit :

Immobilisations Fonds propres


Actif
immobilisé nettes
Capitaux
Dettes de
permanents
financement
Valeurs
d’exploitation ou Fonds de
stocks roulement
Actifs
circulants Dettes à court
Créances de terme
l’actif circulant d’exploitation Dettes du
passif
circulant
Dettes bancaires à
Disponibilités court terme

Ces éléments composent ce que l’on appelle le bilan financier simplifié ou condensé qui peut être
présenté comme suit :

3
ACTIF PASSIF

Rubriques montants Rubriques Montants

Actif immobilisé net Capitaux propres


Stocks Dettes de financement
Créances de l’actif Dettes du passif circulant
circulant
Trésorerie - actif

Total Actif Total Passif

- L’actif immobilisé net (valeurs brutes – amortissements) représente la valeur des actifs
à plus d’un an. Il d’agit essentiellement des outils de production ( bâtiments, matériel,
machine, etc.)
- Les stocks représentent l’ensemble des valeurs d’exploitation ( stock de matières
premières, de matières consommables, de marchandises ou de produits finis)
- Les créances de l’actif circulant représentent les actifs qui donneront lieu dans le court
terme (moins d’un an) à une rentrée de fonds ( clients, effets à recevoir…)
- La trésorerie-actif est constituée des avoirs et encaisses dans les différents comptes
bancaires et en caisse.
- Les fonds propres regroupent le capital, les réserves et assimilés, les subventions
d’investissement et le résultat de l’exercice2.
- Les dettes de financement concernent toutes les dettes à plus d’un an. Il s’agit, en
principe, des emprunts obligataires ou ceux contractés auprès des banques pour
assurer des programmes d’investissement à moyen et long terme.
- Les dettes de l’actif circulant englobent à la fois les dettes d’exploitation liées aux
opérations commerciales réalisées avec les différents fournisseurs, et les dettes
bancaires à court terme ( découvert bancaire, facilités de caisse)

3.2. Le compte des produits et de charges (CPC) :


Appelé aussi compte Résultat de l’exercice, il regroupe l’ensemble des produits et des charges
sans qu’il soit tenu compte de leur date d’encaissement ou de paiement. Il fait apparaître par
différence entre les deux, le bénéfice ou la perte de l’exercice.
Présentation simplifiée d’un compte de produits et de charges (CPC)
Charges Montants Produits Montant
Stock initial Stock final
Achats (HT) Ventes (HT)
Impôts et taxes Produits accessoires
Frais de personnel Produits financiers
Frais financiers Produits non courants
Charges non courantes
Dotations aux
amortissements et aux
provisions
Résultat de l’exercice

2
Lorsqu’il s’agit d’un bilan avant affectation du résultat de l’exercice.

4
3. Les autres documents comptables
Ce sont des documents qui permettent de fournir des informations susceptibles de permettre
une compréhension des autres documents, en complétant ou en présentant sous une autre
forme les informations contenues dans les autres documents de synthèse. Ces documents sont
regroupés en annexe permet aux destinataires ( analyste interne, auditeur externe,
administration fiscale…) d’avoir une meilleure appréciation du patrimoine, de la situation
financière et des résultats de l’entreprise. Les principaux états d’informations complémentaires
sont :
- l’état des débiteurs à la fin de l’exercice
- l’état détaillé des amortissements pratiqués au titre de l’exercice
- l’état détaillé des provisions constituées au titre de l’exercice
- l’état des investissements réalisé durant l’exercice
- Et toute autre information chiffrée ou non qui permettrait de clarifier davantage l’une
des rubriques du bilan ou du "Compte Produits et Charges".

5
Chapitre 1 : Les instruments et les méthodes de l’analyse financière

Introduction : Définition et objet de l’analyse financière

1. Définition :
L’analyse financière consiste en une étude des états financiers de l’entreprise afin de mesurer :
- Si les objectifs fixés sont atteints
- Si les contraintes sont respectées
- Si la politique suivie est efficace

Elle vise à trouver les réponses à trois questions fondamentales


- Quel type d’actif détenir ?
- Quel est le montant de cet actif ?
- Quel financement mettre en œuvre ?

L’objectif de l’analyse financière est, donc, de permettre de porter une appréciation sur la situation
financière et sur les performances de l’entreprise, dans l’optique d’une mesure du degré d’atteinte des
objectifs et de respect des contraintes financières.

L’objectif théorique, est avant tout, la maximisation de la valeur de la firme. Cela coïncide,
évidemment, avec l’intérêt des actionnaires.
L’appréciation du degré de réalisation des objectifs permet aussi d’appréhender la capacité
bénéficiaire de l’entreprise ( sa rentabilité, ses flux de trésorerie), sa pérennité dans le temps (risque
économique) ainsi que sa solvabilité financière à court, moyen et long terme (risque financier)
Le diagnostic financier, ne se limite, cependant, pas à de simples constats, il détecte des phénomènes,
en trouve l’explication, et doit recommander les solutions les plus appropriés à engager afin de déceler
les voies d’amélioration des performances et celle de limitation des risques.

2. Les utilisateurs de l’analyse financière

Ils sont multiples, et chacun d’eux a une préoccupation spécifique

- L’entreprise elle-même : Les dirigeants de l’entreprise se soucient de l’analyse de leurs


comptes pour plusieurs raisons, dont notamment :
o La validation des choix stratégiques, en particulier les choix financiers
o L’anticipation de la réaction de l’environnement, principalement celle des marchés
financiers : des actionnaires et des prêteurs

- Les acteurs au niveau des marchés de capitaux : il s’agit essentiellement de ceux qui financent
l’entreprise, à savoir les actionnaires et les banquiers.
o Les actionnaires cherchent à mesurer la rentabilité de leurs placements ainsi que le
niveau de risque de leurs portefeuilles. Leur préoccupation principale consiste à
mesurer l’accumulation de la valeur atteinte par les titres qu’ils détiennent ainsi que le
niveau du risque qu’ils supportent. Cela leur permettrait de procéder à des
comparaisons avec d’autres types de placements pour valoriser leurs patrimoines
financiers.
o Les prêteurs et les banquiers fournissent à l’entreprise des ressources financières qui
présentent une double contrainte de rémunération et de remboursement. Ils ont pour
souci d’évaluer la capacité de l’entreprise à payer les frais financiers et à rembourser
le principal de l’emprunt.
o Les investisseurs potentiels : ils cherchent à mesurer l’éventuel enrichissement qui
découlerait de leur participation dans le capital de l’entreprise. Les investisseurs
cherchent souvent à être rémunéré pour le risque qu’ils prennent en investissant des
les actifs d’une entreprise

6
- Les autres partenaires de l’entreprise : Ce sont, essentiellement, les clients, les fournisseurs et
les salariés.
o Les clients de l’entreprise cherchent à évaluer la pérennité de leurs fournisseurs pour
éviter tout risque de rupture de stocks et d’approvisionnement. Cette analyse leur
permettra aussi de définir le champ d’une éventuelle négociation commerciale sur les
prix et sur les délais.
o Les fournisseurs utilisent l’analyse financière pour apprécier la solvabilité de leurs
clients auxquels ils octroient des délais de paiement. La défaillance d’un client peut
générer des pertes considérables sur les plans commercial et financier.
o Les salariés s’intéressent à l’analyse financière de leur entreprise dans une perspective
de conserver leurs emplois et à évaluer la capacité de l’entreprise à sauvegarder le
versement de leurs rémunérations ( salaires, primes …)

3. Les instruments de l’analyse financière.

Le diagnostic financier est un processus à plusieurs étapes qui peuvent se résumer ainsi :
 La collecte de l’information
 Le redressement des comptes
 Le calcul des indicateurs
 L’analyse des résultats

Pour mener à bien une mission de diagnostic financier de l’entreprise, l’analyste financier
(interne ou externe) dispose d’une série d’outils et de méthodes.

* Les outils de l’analyse financière renferment l’approche globale et l’approche relative.


- L’approche globale consiste à exploiter les grandes masses du bilan et du CPC et à faire
apparaître dans les documents comptables corrigés des agrégats ayant une signification
financière.
o Pour le bilan, il s’agira des grandes masses financières ( Actif Immobilisé (AI), Actif
Circulant (AC), Trésorerie (TR), Financement propre (CP), Dettes de financement
(DLMT), Dettes du passif circulant (DCT).
o Pour le CPC, il s’agit du calcul des soldes intermédiaires de gestion. Marge
commerciale (MC), Valeur ajoutée (VA), Excédent brut d’exploitation (EBE)…
- L’approche relative utilise la technique des ratios qui consiste à comparer deux grandeurs
financières pour apprécier une performance ou une défaillance de l’entreprise

* Les techniques et les méthodes de l’analyse financière sont multiples et vont de la comparaison à
la décomposition des indicateurs financiers
- La comparaison met le ratio dans sa conception dynamique puisqu’un ratio n’a que peu de
sens lorsqu’il est appréhendé isolément. La comparaison à un indicateur permettra sa juste
appréciation. On distingue entre la comparaison dans le temps, dans l’espace et la
comparaison normative.
o Dans le temps, l’évolution d’un ratio permet de déterminer des tendances sur une
période plus ou moins longue.
o Dans l’espace, la comparaison permet d’évaluer les ratios de l’entreprise par rapports
à ceux des autres entreprises du même secteur d’activité.
o Enfin, la comparaison normative, permet de comparer l’indicateur à des normes
économiques, à des usances ou à des normes arrêtées par les différents acteurs de
l’environnement de l’entreprise pour apprécier ses performances.

- La décomposition, appelée aussi analyse pyramidale des ratios, est une technique qui cherche
à faire éclater un ratio afin de pouvoir en examiner les composantes.

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Bénéfice net
Exemple le ratio de rentabilité financière = peut être décomposé en deux
Capitaux propres
ratios :
Bénéfice net
- le ratio de marge commerciale = ,
chiffre d' affaires
Chiffres d' affaires
- Et le ratio de rotation des capitaux propres = .
Capitaux propres
On aura donc :
Bénéfice net Bénéfice net Bénéfice net
= x
Capitaux propres chiffre d' affaires chiffre d' affaires

La rentabilité = marge commerciale x rotation des capitaux propres

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Chapitre 2 LE BILAN FINANCIER

Introduction

La comptabilité générale a pour mission de fournir, à travers le bilan comptable, une image de
l’entreprise qui répond à une approche juridique et comptable, généralement amplifiée de la
préoccupation fiscale.
Cette image ne correspond pas strictement aux préoccupations du financier, qui cherche à
apprécier tous les emplois réalisés et toutes les ressources utilisées à leurs vraies valeurs,
indépendamment des seules règles comptables qui leurs sont appliquées.
Les pratiques et les normes comptables sont telles, que le financier va être obligé de procéder à
une série de retraitements pour disposer d’un bilan conforme à ses préoccupations, et qui recense bien
toutes les grandeurs dont il a besoin.
Pour mener à bien son diagnostic financier, l’analyste doit procéder à une correction du bilan
comptable pour obtenir le bilan financier.

1. Passage du bilan comptable au bilan financier

L’élaboration du bilan comptable corrigé, ou bilan financier, nécessite certaines retraitements


au niveau des comptes de l’actif et ceux du passif.

les redressements des comptes de l’actif

a. Elimination de l’actif fictif


Par actif fictif, on entend l’ensemble des immobilisations en non-valeurs. Il s’agit de certaines
charges, comptabilisées au niveau de l’actif immobilisé, vu leur caractère durable, en vue de
leur amortissement sur plusieurs exercices (au plus 5 ans)
Il s’agit des frais préliminaires, des charges à répartir sur plusieurs exercices et des primes de
remboursement des obligations.
Au niveau du bilan financier, ces charges doivent disparaître de l’actif immobilisé de
l’entreprise. La valeur correspondante vient en déduction du montant des capitaux propres
pour ainsi assurer l’équilibre du bilan.

b. Les immobilisations financières


Certaines immobilisations financières sont liquidables à moins d’un an. Il convient alors de les
considérer comme des liquidités et de les transférer vers les comptes de la trésorerie-actif

c. Intégration des effets escomptés non échus


Les effets reçus des débiteurs qui sont portés à l’escompte et non encore encaissés par l’entreprise
sont considérés, d’un point de vue comptable, comme des engagements hors bilan.
Au niveau du bilan financier, leur montant doit être réintégré :
- A l’actif, au niveau du compte client
- Au passif au compte crédits d’escompte ( trésorerie-passif)

d. Les créances à plus d’un an


Le montant des créances à plus d’un an (clients et autres) doit être pris en considération pour
l’évaluation de la liquidité de l’actif circulant. Certains analystes estiment qu’il convient alors de
le réintégrer au niveau des immobilisations financières en l’éliminant des comptes de l’actif
circulant, puisque sa liquidité est condamnée à court terme.

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Les retraitements au niveau des comptes du passif

a. Les capitaux propres


Sont assimilés à des fonds propres toutes ressources qui ne présentent pas des contraintes de
durée de détention dans le temps (pas de remboursement) ni de rémunération.
- Il convient d’abord de ne pas omettre de soustraire le montant de l’actif fictif éliminé au
niveau de l’actif immobilisé.
- Si une partie du capital souscrit est non appelée, il convient de la déduire du montant du
capital social. La même somme est à éliminer au niveau de l’actif immobilisé.
- L’affectation du résultat de l’exercice : si le montant des dividendes à verser est déterminé, il
convient d’affecter le résultat comme suit :
o La partie à distribuer aux actionnaires (les dividendes à payer) sont à annexer aux
dettes à court terme
o Le reste doit être mis en réserves au niveau des capitaux propres.

- Les provisions pour risques et charges :


Si ces provisions ont un caractère de réserve (présence récurrente), on les intègre en quasi-
fonds propres. S’il ne s’agit que de provisions constituées pour simple précaution fiscale, il
convient de les rattacher aux dettes à court terme.
Certains analystes affectent les provisions pour risques aux fonds propres, et les provisions
pour charges aux dettes à court terme.
- De même, lorsque l’entreprise gère des comptes courants pour ses actionnaires, et que ces
comptes présentent un caractère de permanence, il convient de les assimiler à des fonds propres et
de les soustraire des dettes à court terme

b. Ventilation des dettes de financement :


La partie des dettes à long et moyen terme qui viendra à échéance à moins d’un an n’est plus à
considérer comme une dette de financement. On doit l’éliminer de cette rubrique et l’annexer
aux dettes à court terme.

Présentation des principales rubriques du bilan financier

Actif Passif

Capitaux propres
Actif immobilisé net

Dette de financement
Stocks

Créances de l’actif
circulant Dettes du passif
circulant

Trésorerie-actif

Les rubriques du bilan financier ainsi présentées sont élaborées à partir des comptes du bilan
comptables après avoir effectué tous les retraitements nécessaires pour mieux visualiser la
situation financière de l’entreprise.

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Cela permet aussi de respecter l’ordre de liquidité croissante au niveau de l’actif et de
l’exigibilité décroissante au niveau du passif.
Sur la base de ces éléments, l’analyste financier pourra procéder au diagnostic financier de
l’entreprise.

2. Notions de fonds de roulement (FDR) et de besoins en fonds de roulement (BFDR)

2.1 Le fonds de roulement (FDR)

2.1.1 Définition
Le FDR peut être définit comme étant la partie des ressources permanentes de l’entreprise qui
est affectée pour le financement du cycle d’exploitation de l’entreprise.
C’est l’excédent du financement permanent (capitaux propres + dettes de financement) sur
l’actif immobilisé.

2.1.2. Détermination du FDR


Il y’a deux méthodes pour la détermination du fonds de roulement, par le haut du bilan et par
le bas du bilan.

 Par le haut du bilan


FDR = Financement permanent - Actif immobilisé

 Par le bas du bilan


FDR = Actif circulant- Passif circulant

Financement permanent
Le FDR peut aussi être exprimé en ratio : FDR = , ce ratio
Actif immobilisé
détermine ainsi le taux de couverture des immobilisations par les capitaux permanents de
l’entreprise.

On peut déterminer aussi le FDR propre qui représente la partie des capitaux propres affectée
au financement du cycle d’exploitation

FDR propre = Capitaux propres – Actif immobilisé


Ou
FDR propre = Actif circulant - Dettes

2.1.3 Utilité du FDR


Le FDR permet d’apprécier l’équilibre financier de l’entreprise, et il permet de porter un
jugement sur la situation financière à court terme de l’entreprise dans la mesure où il constitue
une marge de sécurité qui permettrait à l’entreprise de faire face, sans difficultés, à ses
échéances et ainsi assurer la pérennité de l’équilibre de ses structures financières.

2.1.4 FDR et politique de financement de l’entreprise


- Le FDR est un outil important pour évaluer la politique de financement de l’entreprise.
L’existence d’un fonds de roulement positif témoigne d’un équilibre financier de l’entreprise.
La règle de l’orthodoxie financière stipule, en effet, que les emplois stables (actif immobilisé)
doivent être financés par des ressources stables (financement permanent), et que les ressources
circulantes (dettes à court terme) soient affectées à des emplois cycliques (actif circulant). Le
FDR positif est une marge de sécurité dont dispose l’entreprise pour ne pas enfreindre son
équilibre financier à court terme.

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2.1.5 . FDR et politique d’investissement de l’entreprise
L’investissement par acquisition des biens immobilisables accroît la valeur de l’actif
immobilisé.
Pour conserver un FDR stable, il faut que les nouvelles acquisitions des immobilisations soient
financées par des capitaux permanents ( fonds propres ou dettes de financement)
Néanmoins, il faut toujours prendre en considération les autres emplois d’exploitation qui sont
liés à la politique d’investissement (les besoins en fonds de roulement (BFDR)) pour ainsi
éviter tout problème d’asphyxie financière et sauvegarder un FDR toujours positif pour le
financement d’une partie de l’exploitation.
Enfin, il faut signaler que si le FDR est en relation étroite avec l’équilibre financier de
l’entreprise, il n’en reste pas moins qu’il n’ y’a pas de lien à généraliser entre l’existence d’un
FDR positif et la situation financière saine de l’entreprise. Le FDR peut être négatif dans
certaines activités qui ne nécessitent pas une forte intensité capitalistique en immobilisations
(les activités commerciales et de services), ou des activités dont les ressources cycliques font
plus que couvrir les emplois circulants (les grandes surfaces, les pharmacies…)

En général, l’utilité du FDR ne peut être appréciée pour une entreprise que par rapport aux
besoins de fonds de roulement qui se dégagent de son exploitation.

2.2. Le besoin en fonds de roulement (BFDR)

2.2.1. Détermination du BFDR


Le cycle d’exploitation d’une entreprise nécessite des ressources d’exploitation et engendre
des besoins d’exploitation.
- Les besoins d’exploitation sont les stocks et les créances de l’actif circulant ( Clients et
comptes rattachés, autres débiteurs, comptes de régularisation-actif)
- Les ressources d’exploitation sont formées des dettes du passif circulant à savoir les
fournisseurs et comptes rattachés et les autres dettes non financières

BFDR = Besoins d’exploitation – Ressources d’exploitation

L’équation le plus souvent utilisée est :

BFDR = Stocks et encours + créances sur clients et comptes rattachés + autres


créances – crédits fournisseurs et comptes rattachés – autres dettes non financières.

Le BFDR est généralement positif dans les entreprises à forte intensité capitalistiques
(entreprise industrielle)
Il peut être négatif dans certaines entreprises qui bénéficient de ressources cycliques
importantes par rapport aux emplois circulants (exemple des grandes surfaces qui achètent à
crédit et vendent souvent au comptant)

2.2.2 Les caractéristiques du BFDR


Quatre facteurs influencent le BFDR d’une entreprise
- Le secteur d’activité
- Le chiffre d’affaires
- La valeur ajoutée
- La situation de la trésorerie

a. BFDR et secteur d’activité


Plus l’activité de l’entreprise engendre un cycle d’exploitation long, plus le BFDR est
important.

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On peut alors rencontrer un BFDR négatif dans le secteur de la distribution ayant un cycle
d’exploitation très court, tandis qu’un secteur comme l’aéronautique nécessite un BFDR plus
important que celui de l’automobile.

b. BFDR et chiffre d’affaires


Entre le chiffre d’affaires et le BFDR s’établit une relation proportionnelle. Plus l’entreprise
réalise un chiffre d’affaires important, plus elle aura un BFDR important car elle sera amenée
à constituer des stocks de plus en plus importants et accordera des crédits à ses clients. Elle
pourra aussi réduire ce BFDR si elle arrive à négocier des échéances plus importantes au
niveau du crédit-fournisseur.

c. BFDR et degré d’intégration de la filière


Le degré d’intégration de la filière correspond au taux d’intégration de l’entreprise dans le
processus de production d’un bien ou d’un service.
Plus l’entreprise est présente dans les divers stades de production, plus sa valeur ajoutée est
importante, et plus son BFDR augmente.
Pour diminuer le BFDR, certaines entreprises peuvent recourir à la sous-traitance.

d. BFDR et trésorerie
La trésorerie entretient une relation très étroite avec le BFDR à travers le FDR.
Une trésorerie pléthorique (trop excédentaire) signifie que l’entreprise dispose plus de
ressources d’exploitation qu’elle en a besoin pour couvrir les emplois d’exploitation. Elle
pourra alors augmenter ses emplois ( stocks, crédits aux clients…)
Au contraire, une trésorerie serrée ou négative témoigne d’une difficulté en matière de
liquidité. L’entreprise devra alors entreprendre les actions nécessaires pour réduire son BFDR.

La relation évidente qui s’établit entre le FDR, le BFDR et la Trésorerie est la


suivante :

TRESORERIE = FDR – BFDR

Ainsi plusieurs cas peuvent se présenter :

< BFDR = 0 <0


FDR > BFDR
T>0
>0

FDR < BFDR T>0


T<0

FDR = 0
T<0 |FDR| > |BFDR|
T<0
<0

|FDR| < |BFDR|


T>0

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2.3 Les actions sur le FDR et le BFDR
En cas d’un déséquilibre financier flagrant, qui se traduit généralement par un déficit important de
trésorerie, l’entreprise peut entreprendre des actions à la fois sur le FDR et sur le BFDR.

2.3.1. Les actions sur le FDR


L’entreprise peut améliorer son FDR par :
- La recherche de moyen de financement à long terme : augmentation de capital ou endettement
à long et moyen terme
- L’augmentation de l’autofinancement en encourageant une politique de rétention de bénéfices.
- Une révision de la politique d’investissement qui pourrait être très ambitieuse et dépassant les
capacités financières de l’entreprise, ce qui peut se traduire par un problème d’asphyxie
financière.
- Le désinvestissement par la liquidation de certains biens immobilisés ne contribuant pas
efficacement à l’exploitation.

Il n’en reste pas moins qu’il faut contrôler le niveau du FDR, car un FDR trop important peut
engendrer des coûts inutiles pour l’entreprise.

2.3.2. Les actions sur le BFDR


Pour réduire le BFDR, il faut :
- Améliorer la vitesse de rotation des stocks, en accélérant la transformation des stocks en
liquidités et en préconisant une politique d’approvisionnement approprié.
- Réduire les délais accordés aux clients sans enfreindre les objectifs de la politique
commerciale de l’entreprise
- Rechercher les délais fournisseurs les plus longs et sans coûts additionnels.

Exercice d’application :
On vous fournit ci dessous les comptes de la société « ALPHA » au 31/12/ N :
- Clients et comptes rattachés : 162.000
- Compte courant d’associé créditeur : 93.420
- Report à nouveau créditeur : 16.740
- Constructions : 1.821.600
- Autres réserves : 15.120
- Autres créanciers : 342.300
- Frais préliminaires : 90.000
- Amortissement des frais préliminaires : 45.000
- Matériel : 2.820.900
- Etat créditeur : 89.280
- Résultat en instance d’affectation : 306.000
- Trésorerie- Passif : 651.360
- Réserve légale : 178.080
- TVA due : 69.000
- Emprunt obligataire : 2.883.000
- Provisions pour risque et charge : 162.600
- Fournisseurs et comptes rattachés : 1.236.600
- Capital social : 2.700.000
- Terrains : 1.160.400
- Amortissements des immobilisations corporelles : 1.845.000
- TVA récupérable : 111.000
- Titres de participation : 2.623.000
- Titres de placement : 226.000
- Cautionnement : 61.800
- Banques et CCP : 180.000
- Caisse : 2.800
- Stocks : 1.374.000

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Questions :
1. Présenter le bilan comptable et le bilan comptable simplifié au 31/12/N
2. Etablir le bilan financier sachant que :
a. Le 1/5 de l’emprunt obligataire viendra à échéance le 31/3/N+1
b. La société a décidé de distribuer 75% de son bénéfice
3. Déterminer le FDR et le BFDR et donner votre appréciation sur l’équilibre financier à court
terme de l’entreprise.

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Chapitre 3 : Le diagnostic financier de l’entreprise

1. Généralités

1.1. Définitions

Le diagnostic financier est l’examen généralisé de la situation financière de l’entreprise à partir


des informations fournis par ses états comptables. Ces informations transformées en indicateurs
abrégés (appelés ratios) sont comparées à des normes sectorielles ou à d’autres indicateurs
préétablis par l’entreprise pour apprécier le degré de réalisation des objectifs.

Un ratio est un rapport entre deux grandeurs caractéristiques qui peuvent être des éléments du
bilan ou du compte de produits et de charges.

1.2. Utilité

L’analyse financière par les ratios permet au responsable financier de suivre les progrès
réalisés par l’entreprise, de relever les carences et d’établir les prévisions nécessaires pour
améliorer la situation financière.

Elle permet aussi de donner une image assez claire aux tiers intéressés tels que les
actionnaires, les banquiers, les clients, les fournisseurs et le personnel.

La réussite de toute décision financière repose plus sur l’aptitude à prévoir et à anticiper les
événements futurs. Une analyse se contentant de l’examen des données préexistantes sans
possibilité de pouvoir les confronter avec des prévisions, limite de son efficacité en matière
d’élaboration d’une stratégie financière claire à moyen et long terme.

L’objectif primordial de toute analyse financière, est sans doute, de permettre à l’entreprise et
à ses partenaires d’évaluer, dans le temps et dans l’espace, les qualités et les défauts de
l’entreprise, dans l’optique de l’élaboration d’une stratégie entretenue et intégrer pour permettre à
l’entreprise de réaliser ses objectifs de croissance.

Enfin, l’analyse financière est utile d’abord pour l’entreprise elle-même, et pour les différents
tiers. Les objectifs peuvent, cependant, diverger d’un intervenant à l’autre. C’est le cas du
banquier qui cherche à travers l’étude de la situation financière de l’entreprise à évaluer les
possibilités d’endettement dont elle dispose. Les ratios les plus déterminant seront alors ceux de
structure, de trésorerie et de liquidité. Chaque type d’analyse a un but bien précis, ce qui détermine
la catégorie de ratios auxquels il faut donner plus d’importance.

2. L’analyse du résultat de l’entreprise à l’aide des soldes intermédiaires de gestion « SIG »

Les soldes intermédiaires de gestion (SIG) sont des indicateurs qui permettent une analyse du
résultat dégagé par l’entreprise à travers un découpage de ce résultat aux différents stades de sa
formation.

16
2.1. La formation du résultat :

Ventes de marchandises
- (Achats de marchandises + variation de stocks)
= marge commerciale + MC

Production vendue
+ Production immobilisée
+ Variation de stocks de produits finis et encours
= Production de l’exercice +P

Achats de matières premières et de consommables


+ Variation de stocks des matières premières et consommables
+Consommation externe (autres charges externes)
= Consommation de l’exercice -C

Production – consommation = Valeur ajoutée VA

- Frais de personnel (y compris personnel intérimaire) - FP


= Résultat économique brut = REB

- Impôts et taxes - I&T


+ subvention d’équipement + SE
= Excédent brut d’exploitation = EBE

- Charges calculées (dotations aux amortissements et aux provisions) - CC


- Autres charges - AC
= Résultat d’exploitation = RE

+ Quote-part des résultats faits en commun +Q


- Charges financières - CF
+ Produits financiers +PF
= Résultat courant = RC

+ Produits non courants + PNC


- Charges non-courantes - CNC
= Résultat à répartir = RàR

- Impôt sur les sociétés - IS


- Participation des salariés - PS
= Résultat net comptable = RNC

2.2. La signification des soldes intermédiaires de Gestion

 La marge commerciale :
Elle ne concerne que les entreprises commerciales ou la partie purement commerciale des
entreprises industrielles. Elle est égale à la différence entre le montant des ventes de
marchandises et de leur coût d’achat. Plus elle est importante, plus l’entreprise est performante
sur le plan commercial.
On peut calculer aussi le taux de marge commerciale qui facilite la comparaison entre
entreprises du même secteur. Il peut être calculé par branche d’activité ou par produit.

17
marge commerciale
Taux de marge commerciale = x100
coût d' achat

On calcule aussi le taux de marque qui permet d’apprécier la marge commerciale par rapport
au prix de vente :

marge commerciale
Taux de marque = x100
prix de vente

N.B. Le prix d’achat et le prix de vente s’entendent hors taxe.

 La production de l’exercice
La production de l’exercice est un indicateur utilisé par les entreprises industrielles, elle
renseigne sur l’importance de la production des biens et services réalisés par l’entreprise.
C’est un indicateur peu homogène dans la mesure où la production vendue est généralement
exprimée en prix de vente alors que la production stockée et celle immobilisée sont exprimées
en prix de revient. Cependant, elle permet de mesurer l’activité de l’entreprise mieux que le
chiffre d’affaire.

 La valeur ajoutée
Ce solde exprime la création de valeur ou l’accroissement de la valeur apportée par
l’entreprise aux biens services qu’elle vende. Elle permet de mesurer l’activité de l’entreprise
et participe à la formation du résultat.
La valeur ajoutée est un indicateur de gestion très important car c’est elle qui permet la
rémunération des autres facteurs de production. ( Rémunération du personnel, des prêteurs des
investisseurs) ainsi que la contribution de l’entreprise à la collectivité sous forme d’impôt et
taxes.

 L’excédent brut d’exploitation


C’est le solde de gestion le plus significatif car elle permet d’apprécier la rentabilité de
l’exploitation de l’entreprise avant prise en considération des décisions d’amortissements et
des autres éléments financiers et exceptionnels.
De ce fait, l’EBE permet d’utiles comparaisons avec les exercices précédents et les indicateurs
des entreprises du même secteur d’activité.

 Le résultat d’exploitation
Le résultat d’exploitation est le résultat qui découle de l’activité normale de l’entreprise
abstraction faite des éléments financiers et des éléments exceptionnels. Il permet d’apprécier
les performances de l’entreprise indépendamment de sa politique financière, d’investissement
ou de distribution. Il facilite ainsi la comparaison des performances d’entreprises dont les
politiques de financement sont différentes.

 Le résultat courant avant impôt


Ce résultat se distingue du résultat d’exploitation par le fait qu’il prend en considération le
résultat des opérations financières réalisées par l’entreprise (Produits financiers – charges
financières)

 Le résultat exceptionnel
Ce résultat est celui dégagé par l’entreprise au titre de ses opérations non courantes et qui ne
sont pas directement liées à l’activité normale de l’entreprise ( Produits non-courants – charges
non courantes )

18
 Le résultat de l’exercice
C’est le résultat qui doit permettre la rémunération des associés sous forme de dividende après
que l’entreprise ait acquitté l’impôt sur les bénéfices.
C’est un résultat qui peut être influencé par les éléments exceptionnels. Mais c’est un
indicateur très important dans la mesure où il apparaît dans les documents adressés aux
différents partenaires de l’entreprise.

2.3. L’intérêt des soldes intermédiaires de gestion pour le diagnostic financier de


l’entreprise.

A travers le calcul d’un certain nombre de ratios, les SIG offrent une base importante
pour apprécier les performances et les défaillances financières de l’entreprise.
On distingue entre les ratios d’activité et de rendement et les ratios de rentabilité.

 Les ratios d’activité et de rendement :

Taux de valeur ajoutée =


Valeur ajoutée x 100
Production

Ce ratio mesure le degré d’intégration de l’entreprise dans le processus de production et


permet d’apprécier sa contribution dans la production nationale.

Valeur ajoutée
Rendement de la main d’œuvre =
Effectif moyen des salariés de l' enteprise

Il permet d’évaluer la productivité de la main d’œuvre à travers une appréciation de l’activité de


l’entreprise par salarié.

Valeur ajoutée
Rendement des équipements productifs =
Equipement productif moyen

C’est un ratio qui permet de mesure le rendement des biens immobilisés de l’entreprise.

 Les ratios de rentabilité

Excédent brut d' exploitation


Le taux de marge brute d’exploitation =
Chiffres d' affaires (HT)
Ce taux qui constitue la base du financement de l’entreprise permet de mettre en évidence les
performances industrielles et commerciales de l’entreprise. Elle permet aussi d’apprécier la
capacité de l’entreprise à dégager des bénéfices.

Excédent brut d' exploitation


Taux de rentabilité économique =
Capitaux investis
Ce taux permet d’approcher la rentabilité d’exploitation de l’entreprise par rapport aux
capitaux à long et moyen terme mis à sa disposition.

19
 Les ratios d’exploitation

Ces ratios sont nombreux et permettent d’apprécier chaque SIG par rapport au total
Par exemple si on veut mesurer l’importance des charges financières, il suffit de les
rapporter aux charges totales de l’entreprise.
Ils permettent ainsi d’expliquer l’évolution d’une période à l’autre et une comparaison
sectorielle.

En général, les soldes intermédiaires de gestion sont des indicateurs très précieux pour
situer une entreprise :
- Par rapport à son évolution dans le passé à l’aide d’une
comparaison avec les soldes calculés durant les exercices
précédents
- Par rapport à ses concurrents suite à une comparaison avec les
indicateurs dégagés par les entreprises opérant dans le même
secteur d’activité, ou par rapport à des normes publiées par
les syndicats professionnels.

Exercice d’application

Le compte résultat de l’entreprise SIGMA au 31/12/N e présente comme suit en milliers de


dirhams:

Charges Montants Produits Montants

Achats de matières premières 25.000 Production vendue 90.000

Variation de stocks des matières Production stockée -1000


premières -200
Production immobilisée 8.000
Frais de personnel 38.000

Impôts et taxes 3.000

Autres charges externes 10.000

Dotations aux amortissements 2.000

Total des charges d’exploitations Total des produits d’exploitation 97.000


77.800

Charges financières 1.500 Produits financiers 0


600
Charges non courantes 1.700 Produits non courants

Impôt sur les bénéfices (35%) 5.810

Bénéfice net comptable 10.790

Total des charges 97.600 Total des produits 97.600

20
Travail à faire :

Interpréter le résultat de l’entreprise et procéder à son diagnostic en calculant les


principaux soldes intermédiaires de gestion ainsi que les ratios qui vous paraissent utiles

3. L’étude du bilan à travers les ratios de l’analyse financière

Le bilan financier de l’entreprise offre une plate forme intéressante pour l’étude de la situation
financière de l’entreprise. A travers la technique des ratios, qui présentent un intérêt pratique, on passe
d’une comparaison des valeurs brutes à des pourcentages qui facilitent l’analyse financière.
De façon générale, on distingue entre trois catégories de ratios : les ratios de situation, les ratios de
gestion, et les ratios de rentabilité.

3.1. Les ratios de situation.

Ces ratios sont calculés à travers les grandes masses du bilan financier. Ils ont pour but d’étudier les
relations entre les différents postes de l’actif et du passif.
On distingue entre trois catégories de ratios de situation :
Les ratios de structure, les ratios de financement et les ratios de liquidité.

3.1.1. Les ratios de structure


On cherche à travers le calcul de ces ratios à déterminer la part relative de chaque rubrique du bilan au
niveau de l’actif ou du passif pour avoir une idée sur la composition des emplois et des ressources.

Exemple :

Actif Passif

Eléments montants % Eléments Montant %


s
Actif immobilisé 35.000 35% Capitaux propres 40.000 40%

Stocks 15.000 15% Dettes de financement 35.000 35%

Créances 30.000 30% Dettes du passif circulant


25.000 25%
Trésorerie 20.000 20%
Total 100.000 100% Total 100.000 100%

La centrale des bilans de la Banque de France définit quatre principaux ratios de structure financière :

Capitaux permanents
• Le ratio de fond de roulement :
Acif immobilisé
Ce ratio permet de comparer la valeur économique des emplois stables au capital financier de
l’entreprise. Ce ratio doit être supérieur à 1, sinon le fond de roulement de l’entreprise serait négatif
Ce ratio est souvent faussé par l’érosion monétaire qui crée une hétérogénéité entre la valeur du
numérateur et celle du dénominateur. L’actif immobilisé est souvent évalué au coût d’achat.
L’ancienneté de l’immobilisation diminue la portée d’une vraie évaluation de sa valeur.

Capitaux propres
• Ratio d’indépendance financière :
Capitaux permanents

21
Ce ratio permet d’apprécier l’indépendance financière de l’entreprise par rapport à ces créanciers à
long et moyen terme. Il permet aussi de donner une idée sur la structure financière de l’entreprise
et le degré de son endettement. Les banquiers calculent souvent ce ratio pour toute demande de
crédit et exigent qu’il soit supérieur à 50%.

• Ratio de la capacité de renouvellement des immobilisations :


Dotations aux amortissements
Immobilisations brutes
Ce ratio met en valeur la capacité de l’entreprise à financer de nouvelles acquisitions de matériel
immobilisé. Plus le ratio est élevé, plus l’entreprise dispose d’une importante capacité
d’autofinancement.
L’homogénéité de ce ratio est toutefois remise en cause par l’effet de l’inflation et la politique
d’amortissement que l’entreprise.

Actif immobilisé
• Ratio d’intensité capitalistique :
Efectif du personnel
Ce ratio mesure le rapport existant entre le capital et le travail. Une entreprise dont l’équipement
est très moderne devrait avoir un ratio d’intensité capitalistique élevé. Un ratio moins élevé
renseigne sur une utilisation intense de main d’œuvre.

3.1.2. les ratios de financement

Ces ratios permettent d’apprécier la politique de financement des investissements pratiquée par
l’entreprise. On distingue entre trois ratios :

Marge brute d' autofinancement


• Part des investissements autofinancés :
Investissements
Ce rapport met en évidence la capacité d’autofinancement des investissements de l’entreprise.
Plus il est important, plus cela témoigne d’une politique entretenue de financement par les
ressources internes de l’entreprise. En effet, la marge brut d’autofinancement n’est que la
sommation des bénéfices non distribués et des dotations aux amortissements.

• Taux d’investissement : Investissemnts


Valeur ajoutée
Ce ratio permet d’apprécier la croissance de l’entreprise à travers sa politique
d’investissement. Plus ce ratio est important, plus cela témoigne d’une croissance importante
de l’entreprise.

Marge brute d' autofinancement


• Taux de rétention de ressources :
Valeur ajoutée
Ce ratio permet de situer le degré de recyclage des ressources de l’entreprise par rapport à la
richesse que crée effectivement l’entreprise.

3.1.3. Les ratios de liquidité

L’objet de cette catégorie de ratios est d’évaluer la capacité de l’entreprise à faire face à ses
engagements à court terme. Trois principaux ratios sont à distinguer à cet égard. Chacun
permet d’apprécier la liquidité de l’entreprise à un niveau bien déterminé.

22
Actif circulant
• Le ratio de liquidité générale :
Dettes à court terme
Ce ratio apprécie la capacité de l’ensemble des valeurs d’exploitation (stocks, créances et
trésorerie) à faire face à l’exigibilité des dettes à court terme. Ce ratio doit être obligatoirement
supérieur à 1, sinon la solvabilité de l’entreprise sera remise en cause à court terme.
Il présente cependant quelques inadéquations qui remettent en cause l’homogénéité des
éléments qui le composent dont on cite principalement :
 La non-correspondance entre l’exigibilité forte du dénominateur et la liquidité
réduite du numérateur.
 Il suppose que l’actif circulant est évalué de la même façon chez toutes les
entreprises alors qu’il y’a plusieurs méthodes d’évaluation des stocks.
 Ne prend pas en considération le fait qu’il faut éliminer des stocks la partie
correspondante au stock-outil qui surestime la liquidité de l’actif circulant

créances de l' actif circulant


• Le ratio de liquidité réduite :
Dettes à court terme
Ce ratio permet d’apprécier la capacité des valeurs réalisables à court terme (créances +
trésorerie) à couvrir les dettes exigibles à court terme de l’entreprise. Pour une bonne
évaluation du numérateur, il convient d’éliminer toute créance à caractère douteux ou litigieux
et qui peut surévaluer la liquidité des créances. Il faut aussi que les délais clients et les délais
fournisseurs soient équivalents pour que ce ratio ait une signification.

Trésorerie-actif
• Le ratio de liquidité immédiate :
Dettes à court terme
Ce ratio permet l’évaluation réelle de la liquidité de l’entreprise, plus il est proche de 1 plus
l’entreprise est loin de courir tout risque d’insolvabilité.

3.2. Les ratios de Gestion

Appelés aussi ratio de rotation, leur finalité est qu’ils permettent d’apprécier l’efficacité de
l’utilisation des ressources de l’entreprise pour la satisfaction de ses besoins.

Quatre principaux ratios à prendre en considération. Ils concernent la rotation des stocks, du
crédit-client, du crédit-fournisseur et des actifs productifs.

3.2.1. La rotation des stocks :

• Ratio de rotation des stocks : Prix de revient des marchandises vendues ou


Stock moyen
Chiffre d' affaires
Stock moyen
Il préférable de prendre au numérateur le prix de revient des marchandises vendues si
l’entreprise détermine ce prix à travers une analyse des coûts (comptabilité analytique). Le
chiffre d’affaires étant majoré par la marge bénéficiaire de l’entreprise qui surestime la valeur
du numérateur.
Au dénominateur, le stock moyen annuel est plus significatif que le stock final qui apparaît
aux états de synthèse à la clôture de l’exercice. Les entreprises ont généralement tendance à
sous-estimer ce stock final.
Stock initial + stock final
Le stock moyen peut être déterminé de deux façons : ou
2
∑Stocks initials mensuels de janvier à décemebre + Stock final de décembre
13

23
Le ratio de rotation des stocks renseigne sur le nombre de fois que l’entreprise transforme ses
stocks en chiffre d’affaires. Il permet d’apprécier la politique commerciale de l’entreprise et la
concordance entre les services des ventes et ceux de l’approvisionnement. Ce ratio est à
maximiser, car plus il est important plus l’entreprise affiche de bonnes performances en
matière de gestion des stocks.

On peut aussi déterminer :


• La durée moyenne d’écoulement des stocks (en jours) =
Stock moyen
x365
Prix de revient des marchandises vendues

Cette durée est à minimiser, car plus est réduite plus les stocks tournent vite et se
transforment en chiffre d’affaires.

3.2.2. La rotation du crédit-client

Chiffre d'affaires(TTC) 3
• Le ratio de rotation du crédit client :
Clients + EAR + EENE
Ce ratio permet l’évaluation de la performance commerciale de l’entreprise. Il détermine le
nombre de fois que l’entreprise transforme ses créances sur les clients en chiffre d’affaires. Il
permet d’apprécier aussi la politique de recouvrement des créances sur les clients. Il est à
maximiser.

• La durée moyenne du crédit-client (en jours) : Crédits−clients x365


CA(TTC)
Cette durée est à limiter tant que les contraintes commerciales et celles de la concurrence le
permettent sur le marché. Elle peut être aussi réduite en faisant recours aux techniques de
recouvrement des créances tel le factoring ou la cession des créances.
Exemple :
Soient deux entreprises A et B dont les chiffres d’affaires et les créances sur clients se
présentent comme suit :

Eléments Entreprise A Entreprise B


CA (TTC) 100.000 100.000
Crédit-client 30.000 80.000
RRCC4 333% ou 3,3 125% ou 1,25
DMCC5 109 jours 292 jours

Sur un plan commercial, l’entreprise A est plus performante que l’entreprise B car elle arrive
à transformer plus rapidement son chiffre d’affaires en créances et elle a un délai-client plus
court.

3.2.3 La rotation du crédit-fournisseur

En principe, une entreprise gère bien son crédit-fournisseur quand il réussit à obtenir des
délais de remboursement plus longs sans frais additionnels.

3
EAR : Effets à recevoir
EENE : Effets escomptés non échus
4
Ratio de rotation du crédit-client
5
Durée moyenne du crédit-client

24
Achats (TTC)
• Ratio de rotation du crédit-fournisseur :
Fournisseurs +effets à payer
Plus ce ratio est minimisé, plus cela témoigne d’une performance de la politique
d’approvisionnement de l’entreprise car il signifie que l’entreprise obtient le maximum de
facilités de règlement sur ses achats. Cela ne doit pas contrarier la solvabilité de l’entreprise à
court terme.

Fournisseurs + Effets à payer


• Durée moyenne du crédit- fournisseur en jours: x365
Achats(TTC)
L’objectif de l’entreprise est de maximiser cette durée sans que cela entraîne des coûts
additionnels pour l’entreprise. Le crédit-fournisseur n’est bénéfique pour l’entreprise que
lorsqu’il est gratuit.
On doit toujours comparer entre le délai moyen du crédit client (dmcc) et le délai moyen du
crédit-fournisseur (dmcf). Il est généralement conseillé d’avoir un dmcc >dmcf pour éviter la
situation de trésorerie en difficulté.

3.2.4. La rotation des actifs productifs

Chiffre d' affaires


• Le ratio de rotation des actifs productifs :
Actif total
Ce ratio s’interprète comme le nombre de fois que l’entreprise a réussi à transformer son actif
productif en chiffre d’affaires. Plus ce ratio est important plus l’entreprise est performante sur
le plan économique car il augmente la productivité de ses actifs.
Ce ratio présente, cependant une hétérogénéité des éléments qui le composent. L’actif étant
évalué à des prix historiques alors que le chiffre d’affaires est exprimé en prix courant du
marché.

3.3. Les ratios de rentabilité

Les ratios de rentabilité permettent de tirer des enseignements sur le rendement de l’entreprise.
On distingue entre trois types de rentabilité : la rentabilité commerciale, la rentabilité
économique et la rentabilité financière

Marge commerciale
• Le ratio de rentabilité commerciale :
Chiffre d' affaires

La rentabilité commerciale permet de donner une idée sur le degré de réussite de la


politique commerciale de l’entreprise.
La marge commerciale est la différence entre le prix de vente et le prix de revient des
produits ou services vendus.
Il n’y a pas de normes universelles pour ce ratio. Tout dépend, en effet, de la nature de
l’activité de l’entreprise et du secteur dans lequel elle opère. Des normes sectorielles
peuvent être prises comme référence à cet égard.

Bénéfice brut (avant impôt)


• Le ratio de rentabilité des actifs :
Total actif

Ce ratio permet de mesurer la rentabilité des moyens mis en œuvre par l’entreprise pour la
réalisation de son activité. Il varie d’un secteur à un autre selon l’importance de l’actif de
chaque entreprise. Une entreprise industrielle aura évidemment une rentabilité économique
moins importante qu’une entreprise commerciale du fait de l’importance de ses actifs

25
Bénéfice net ( après impôt)
• Le ratio de rentabilité financière
Capitaux propres (hors résultat de l'exercice)

C’est le ratio qui mesure le rendement des capitaux investi et qui donne une idée sur la
réussite du projet d’investissement.
Dans les normes financières, ce ratio doit au moins dépasser le taux d’intérêt sur les
marchés financiers par une prime de risque qui justifie l’attitude de l’investisseur de
prendre des risques en investissant dans des projets productifs au lieu de procéder à un
simple placement financier à terme.

• Taux de rentabilité des capitaux permanents :


Bénéfice net (après impôt) + Frais financiers (DLMT)
Capitaux permanents
Ce ratio met en évidence l’effet de levier financier (ou effet de massue) suite à une
comparaison entre la rentabilité des capitaux propres et celle des capitaux permanents.
L’effet de levier peut être défini comme étant l’avantage que procure un endettement
supplémentaire au niveau de la rentabilité financière de l’entreprise.
Il dépend de deux variables, le coût du crédit et le taux de rentabilité.

La rentabilité des capitaux propres peut être exprimée en termes d’effet de levier comme
suit : Rc =r +(r −i) D
C
Où :
Rc : Rentabilité des capitaux propres
R : rentabilité économique après impôt et avant frais financier = EBE
Actif total
i: Coût du crédit (taux d’intérêt)
C : capitaux propres
D : Dettes à long et moyen terme

Plus r > i, plus l’entreprise a intérêt à s’endetter car sa rentabilité fait plus que couvrir les
frais d’endettement à long et moyen terme, on parle alors d’effet de levier de la dette.

Si r < i, cela veut dire que la rentabilité de l’entreprise est incapable de couvrir les
frais de la dette. L’endettement ne fera que détériorer la rentabilité de l’entreprise,
on parle alors d’effet de massue. L’entreprise n’a pas intérêt à s’endetteExercice
d’application 2

Le comptable de la société Atlas a dressé le bilan condensé suivant au 31/12/N

Actif Montants Passif Montant


Actif immobilisé Capitaux propres 88.714
net 62.352 Résultat 12.600
Stocks 92.884 Dettes de financement 54.900
Créances 120.144 Dettes d’exploitation et autres dettes du
Trésorerie 2.228 passif circulant 121.894

Total 277.908 Total 277.908

Informations complémentaires :
- L’entreprise a décidé de distribuer 8.500 des bénéfices aux actionnaires
- Les dettes de financement renferment 2.300 échues à moins d’un an

26
- Le chiffre d’affaires au titre de l’année N s’élève à 1.230.000 (HT)
- Le montant des achats est de 854.520 ( HT°au titre de l’année N
- Le stock moyen durant l’année s’élève à 114.500
- Le taux de la TVA est de 20%.

Travail à faire :

1- Etablir le bilan financier


2- calculer le FDR et le BFDR et déduire l’état de l’équilibre financier de
l’entreprise à court terme

3- Procéder à une analyse financière par le calcul des différents ratios de


structure, de liquidité et de rentabilité

Exercices

Exercice 1

On vous communique l’extrait de la balance après inventaire de l’entreprise SYGMA au 31


décembre 2000.

Terrain : 30.500
Capital social : 1.200.000
Frais préliminaires : 160.000
Charges à répartir sur plusieurs exercices : 40.000
Emprunt bancaire à court terme : 400.700
Dettes de financement : 1.380.900
Résultat de l’exercice : -602.000
Réserves : 603.250
Fournisseurs : 815.793
Effets à recevoir : 48.402
Banque : 31.501
Report à nouveau (débiteur) : -287.708
Effets à payer : 206.345
Comptes de régularisation-passif : 207.899
Constructions : 603.200
Amortissement des constructions : 393.780
Stocks : 1.703.807
Banque (solde créditeur) : 237.255
Matériel : 5.813.000
Amortissement du matériel : 3.997.400
Clients : 103.204
Informations complémentaires :
- Le Chiffre d’affaire (TTC) s’élève à 6.177.816
- Les achats (TTC) s’élèvent à 4.240.000
- Le stock moyen durant l’année est de 1.246.000
Travail à faire :
1. Présenter le bilan comptable au 31/12/2000
2. Présenter le bilan financier sachant qu’un montant de 48.000 dhs des dettes de financement
vient à échéance le 31/3/2001.
3. Procéder au diagnostic financier de l’entreprise SYGMA en calculant les principaux ratios
de situation, de gestion et de rentabilité.

27
Exercice 2

Le bilan condensé de la société MARTAL se présente au 31/12/N comme suit :

Actif Montant Passif Montant


Actif immobilisé brut 83.012.000 Financement propre 142.510.000
Stocks 105.807.500 Dettes de financement 30.072.700
Créances 60.500.030 Dettes à court terme 80.776.845
Trésorerie 4.040.015
Total actif 253.359.545 Total Passif 253.359.545

Il convient de préciser que :


- Les frais d’établissement s’élèvent à 13.500
- Les amortissements des immobilisations s’élèvent à 53.092.980 dont 5.600
pour les frais d’établissement
- Le résultat de l’exercice s’élève à 8.405.000 et sera distribué à hauteur de 60%
- Un montant 3.500.000 des dettes de financement viendra à échéance à moins
d’un an
- Le chiffre d’affaires s’élève à 356.584.120 (HT)et les achats à 213.560.487
(HT)
- Le stock moyen est de 147.852.300
- Le taux de la TVA est de 20%.

Travail à faire :

1. Etablir le bilan financier de la société MARTAL


2. Procéder à son diagnostic financier en calculant tous les ratios possibles

28
Chapitre 4 :

Les techniques d’optimisation de la gestion de la trésorerie

Contenu:
- La gestion des financements et des placements à court terme

- Les conditions bancaires et les techniques de négociation

- L’optimisation de la gestion de trésorerie par la gestion en valeur

Introduction

Les soldes de trésorerie dégagés par le BT interpellent des décisions de la part du trésorier afin de:
– Rentabiliser les excédents par la recherche de placements rentables
– Financer les déficits aux meilleures conditions de marché
Gérer les financements de façon efficace suppose:
- La recherche de moyens adéquats pour financer les déficits
- Une maîtrise des techniques de calcul des différents coûts facturés par les banques

1. Les divers types de crédits bancaires et leur coût réel:


Différentes possibilités de financement du déficit de trésorerie dont les plus souvent utilisées par
les entreprises sont:
– Découvert bancaire
– L’escompte commercial

1.1. Le découvert bancaire


• Modalité de financement à CT
• Possibilité de laisser le compte temporairement débiteur
• Exigence d’un plan de trésorerie de la part du banquier
• Aucune garantie intrinsèque n’est exigée en principe
• Pas de justification commerciale à l’origine
• Possibilité de demande de sûretés personnelles en fonction de l’évolution de certains
indicateurs
– La situation financière de l’entreprise
– La moralité commerciale des dirigeants
– Le bon fonctionnement des comptes

Calcul des agios: la méthode hambourgeoise


Exemple :
• L’entreprise Martex a réalisé les opérations suivantes pendant le mois de janvier N:
– Solde au 31/12/N-1: 10000
– 3/1 Chèque payé: 12500
– 4/1 Virement espèces: 25000
– 8/1 Chèque payé: 30000
– 11/1 Remise chèque: 30600
– 12/1 Virement reçu: 195000
– 20/1 Chèque payé: 50000
– 25/1 Chèque payé: 6300
– 31/1 Retrait espèces: 100000

29
Quel est le montant des agios facturés par la banque au titre du mois de Janvier N sachant
que le taux pratiqué est de 12%?

1.2. L’escompte commercial


Caractéristiques :
• Ligne d’escompte accordée par la banque à l’entreprise
• Négociation des effets dans la limite de la ligne d’escompte
• En cas de dépassement, le banquier peut exiger une augmentation du taux de l’escompte

Coût réel de l’escompte :


Exemple :
• Le 1/1/N, Une entreprise dispose d’une traite de 100.000 Dh à échéance au 31 janvier N
• Si le taux apparent d’escompte est de 10%, quel est le taux réel de l’escompte en tenant en
compte les dates de valeur?

2. La gestion des placements


• Plusieurs possibilités de placement sont possibles pour rentabiliser les excédents de
trésorerie.
• Le choix judicieux d’un outil de placement suppose la connaissance de plusieurs critères:
– Le niveau de risque accepté par l’entreprise
– La rémunération attendue
– Le degré de liquidité
– L’incidence fiscale
– Les frais de souscription et de sortie

2.1. Les différentes possibilités de placement à court terme


• Certaines possibilités sont consacrées aux grandes entreprises,
– Billets de trésorerie
– Certificats de dépôt
– Bons de trésor
• d’autres sont adaptées aux besoins des PME
– SICAV à court terme
– FCP
– Comptes à terme

2.2. Possibilités offertes aux PME :


• SIVAV:
– SICAV sensibles: varient en fonction des indices boursiers
– SICAV régulière: assure des performances régulières en raison d’une gestion régulière
– SICAV monétaires: dénués de risque mais avec un rendement inférieur
Les SIVAV présentent les caractéristiques suivantes
- Liquidités quasi-totale
- Ordre d’achat ou de vente possible à tout moment
- Ordre exécutés en valeur du jour
- Aucun droit d’entrée ou de sortie
- Moyen adapté au PME ayant des excédents ponctuels et ne disposant pas d’une
gestion prévisionnelle

• FCP:
– Copropriété de valeurs mobilières et de liquidité placé à court terme
– Prix de souscription calculé au regard de la dernière valeur liquidative rapporté au
nombre de part du fond

30
– Les actifs détenus sont évalués au moins deux fois par mois
– Les ventes ne sont possibles qu’à échéances fixes
– FCP moins liquides que les SICAV

• Les comptes à terme


– Prêt consenti par l’entreprise à la banque
– Les intérêts sont payables à terme
– Les taux sont librement négociables pour les placements supérieurs à 1 mois
– Taux calculé par référence au taux interbancaire diminué d’une marge de 0,5%

3. Les conditions bancaires et les techniques de négociation


• Contraintes de la gestion de trésorerie
– Réduction des frais financier
– Optimisation des produits financiers
Nécessité d’une meilleure compréhension des mécanismes de base pour mieux négocier les conditions
de financement et de placement
- Les taux
- Les commissions
- Les jours de valeurs
Les taux
• Deux éléments conditionnent les taux du crédit à court terme
– Un taux de référence: TBB
– Une majoration en fonction du niveau de risque en fonction de la catégorie de
l’entreprise

Exemple de majoration en fonction de la catégorie d’entreprise


Catégorie Taux d’escompte Taux de découvert

1ère catégorie TBB + 1,10% TBB + 1,55%

2ème TBB + 1,25 TBB + 1,70

3ème TBB + 1,50 TBB+ 1,95

4ème TBB+ (1,75% à 6,1%) TBB + (2,2% à 6,55%

Les Commissions
• Rémunèrent le travail de la banque
– Commission du plus grand découvert: 0,05% appliqué aux trois plus fort découverts
mensuels du trimestre
– Les commissions d’endos pour l’escompte: 0,4% à 0,6% en fonction du montant et de
la durée
– Les commissions fixes
• La commission d’impayé
• La commission d’acceptation
• La commission de service (recouvrement)
Les jours de valeurs
• Résultent du décalage entre date d’opération – date de valeur
• Coût pour l’entreprise
• Ressource pour la banque
• Les flux créditeurs enregistrées pour une date postérieure à la date d’opération

31
• Les flux débiteurs enregistrés pour une date antérieure
Concepts de base
• Heure de caisse: heure limite de comptabilisation d’une opération par la banque
– Toute opération intervenue après la date de caisse est repoussé à J+1
– L’heure de caisse est 11h, elle peut être repoussé par négociation à 16h
• Jours ouvrés: du lundi au vendredi
• Jours ouvrables: tous les jours sauf dimanche et jours fériés
• Jours calendaires: tous les jours de la semaine
• Notion de « sur place » les deux banques ont la même chambre de compensation
• Notion de « hors place » différentes chambres de compensation

Principales conditions bancaires standards et négociées


Conditions Standards Conditions négociables

Flux créditeurs
- Versement espèces J+1cal J
- Chèque sur m bq J+1ouvré J
- Chèque sur place J+2ouvrés J+1ouvré
- Chèque hors place J+12ouvrés J+8cal
- Virement reçu J+1cal J
- Effets à l’encaissement Échéance + 4 j cal Échéance + 2j cal
- Effets à l’escompte J+ 1cal J
Flux débiteurs
- Retraits d’espèces J -1 ouvrés J
- Chèque émis J – 2cal J-1 cal
- Virement émis J -1 cal J
- Prélèvement émis J-1 cal J
- Effet domicilié Échéance – 1 j cal Echéance

L’optimisation de la gestion de trésorerie par la gestion en valeur


• Nécessité de suivi des flux bancaires en terme de date de valeurs et non en date d’opération
• Suivi quotidien par banque
Modèle de fiche de suivi en valeur de trésorerie
01/01 02/01 03/01 04/01 05/01
Encaissements
- Espèces
- Chèque SP
Chèque HP….
Total des Encaissements
Décaissements
- Chèques émis
- Virements émis
- Prélèvement….
Total des décaissements
Solde avant décisions
Décisions
- Virement internes
- Achats SICAV
- Ventes SIVAV
- Etc..;
Total des décisions
Solde veille
Solde après décision

32
Chapitre 5 : Eléments de Gestion des Stocks

Introduction

Définition :

Le mot stock est un mot d’origine saxonne, il signifie «souche». Il évoque la nécessité de faire
des provisions de bois pour l’hiver. L’idée de stock est donc liée aux notions de prévisions et de
précaution. On stocke pour se prémunir contre les risques de pénurie possible. La notion de stock a
évolué avec le développement économique, et le stockage est devenu un moyen de se prémunir contre
la dégradation de la monnaie en période inflationniste, un moyen de gagner de l’argent sur des
produits à caractère spéculatif, un moyen également pour éponger les excédents pour maintenir les
cours de certains denrées.
En entreprise, le stock fait référence à l’ensemble des marchandises accumulées en attente
d’être transformées et/ou être vendues. Une entreprise peut détenir plusieurs types de stocks selon la
nature de son activité.
Une entreprise industrielle par exemple peut détenir des stocks :
- de matières premières
- de produits finis
- de produits en-cours ou de produits semi-fini
- de pièces de rechange, etc.

Le cycle de stockage liée à l’opération approvisionnement – production – ventes peut être


découpé en plusieurs étapes que nous pouvons décrire comme suit :
- Commandes et achats de matières premières
- Stockage de matière première
- Acheminement des matières premières pour la fabrication
- Stockage de produits semi-finis
- Finalisation du cycle de production
- Stockage des produits finis
- Ventes

1. Les raisons d’existence des stocks


Plusieurs raisons motivent la détention des stocks :
- La variation et la saisonnalité de la production face à une demande constante
Une première raison et la raison la plus évidente est celle liée à l’obligation de répondre à une
demande constante pratiquement constante face à une production non constante et parfois saisonnière.
Cette obligation existe souvent dans de nombreux domaines et notamment celui de l’agro-
alimentaire où le caractère saisonnier reste fortement marqué malgré un lissage important dû aux
facilités de transport et aux moyens techniques nouvellement employés comme les chaînes de froid ou
autres techniques logistiques d’acheminement.

33
Le choix de la forme la plus économique de stockage est important à maints égards qui
minimise les coûts de stockage tout en assurant que les marchandises ne périssent pas.
En principe, il est moins coûteux de stocker une matière sur laquelle la valeur ajoutée est
faible. Mais faut-il encore prendre en compte les conditions de stockage liées à l’encombrement et aux
exigences de la conservation.
Actuellement, on stocke de plus en plus de produits alimentaires naturels : céréales, farines,
cafés, cacao, oléagineux, vins, certains fruits, légumes, produits laitiers, poisson, etc. ce stockage est
rendu possible grâce au développement considérable des moyens de conservation ayant fait l’objet
d’une industrie puissante exercée par de grands groupes industriels. En plus, il faut aussi noter que le
stockage est parfois nécessaire pour améliorer la qualité des produits : boissons alcoolisées, bois, etc.

- Variation et saisonnalité de la demande


Le stockage est important aussi car la demande de certains produits peut présenter une certaine
saisonnalité périodique, mensuelles, hebdomadaires, quotidiennes.
La saisonnalité est bien marqué dans certains produits tels que l’habillement, les biens
d’équipement ménagers, les articles de mode, de sport et de loisir, ainsi que dans d’autres produits de
grande consommation comme les boissons par exemple om intervient le climat, les périodes de
congés, les différentes fêtes (fleurs et plantes).

- Les contraintes économiques


Dans les entreprises industrielles, les livraisons des fournisseurs aux entreprises devraient être
le plus possible liées à la production réelle des ateliers. C’est une exigence imposée au Japon et dans la
majorité des pays occidentaux en matière de gestion des stocks. Il faut cependant prendre en
considération d’autres variables, tel que le coût de transport et les quantités minimales exigées pour la
livraison, les remises accordées par les fournisseurs pour les quantités importantes, les coûts de
stockage et de gardiennage ; etc.

- Les motifs financiers


Le motif de stockage peut être purement spéculatif pour tirer profit d’aune augmentation des
prix des produits devient plus rare. Cette pratique est courante dans les secteurs des produits
alimentaires et de certains métaux. Toutefois, le stockage de ces produits peut s’acérer coûteux eu
égard aux capitaux mobilisés pour l’acquisition et le stockage de ces produits. Des arbitrages doivent
être engagés entre gains et coûts et risques pour dégager la politique optimale à suivre.

II. La notion de stock de sécurité et de stock maximum


Pour que le cycle d’approvisionnement – production puisse se dérouler normalement, deux
conditions sont nécessaires
- La première est que la quantité de produits finis stockée doit être suffisante pour satisfaire la
demande des sections de production à n’importe quel moment. Dans le cas contraire la
production serait arrêtée.
- La deuxième condition est que la quantité des produits finis doit être suffisante pour satisfaire
continuellement la demande de la clientèle, dans le cas contraire, l’entreprise serait en rupture
de stock et perdrait ainsi l’occasion de vendre ses produits et le risque de céder des parts de
marchés au profit des concurrents.

34
Il en résulte de ce qui précède que le stock des matières premières et des produits finis ne peuvent
descendre, sans préjudice pour l’entreprise, en dessous d’un plancher minimum. Ce plancher est
dénommé : Stock de Sécurité
Ce stock de sécurité est fixe lorsque les ventes de l’exercice sont parfaitement régulières, et il est
fluctuant si les ventes sont saisonnières comme le montrent les graphiques suivants :

Consommation /Ventes

Stock de matières /de Produits finis

Graphique 1 : Stock de matières premières ou produits finis dans le cas d’une progression
linéaire de la consommation des ateliers/ ventes de produits fini.

Consommation /Ventes

Stock de matières /de Produits finis

Graphique 2 : Stock de matières premières ou produits finis dans le cas d’une progression
fluctuante de la consommation des ateliers/ ventes de produits fini.

35
III. La notion de stock maximum

La notion de stock maximum émane généralement d’une politique de minimisation de risque


liée à la rupture de stocks. Les adeptes de cette stratégie de maximisation des stocks ont pour objectif
de garantir l’approvisionnement des ateliers de production en matières premières et les clients en
produits finis sans courir un risque d’épuisement des stocks. Il encourent toutefois deux catégories de
contraintes, une contrainte financière et une contrainte physique.

- La contrainte financière :

Cette contrainte peut concerne tous les stocks des marchandises soumises à une procédure
d’approvisionnement, ceux de matières premières,et des marchandises
La contrainte financière a des conséquences différentes selon que l’entreprise dispose d’une
trésorerie aisée ou créditrice.

- Le cas de la trésorerie aisée :

C’est le cas généralement où les entreprises cherchent à s’approvisionner le plus surtout


lorsqu’elles craignent une augmentation des cours des matières achetées. Ayant un stock minimum de
matières premières, mais disposant de liquidités excédentaires, l’entreprise peut s’approvisionner sans
faire appel au crédit fournisseur ou aux banques, il n’aura donc pas à payer de frais financiers. Ceci ne
signifie pas que cette opération de constitution de stock soit gratuite. Un coût d’opportunité est perdu
par l’entreprise suite à l’utilisation de cet argent dans un stock qui ne sera pas utilisé incessamment. Ce
coût d’opportunité est estimé à un minimum qui correspond aux produits financiers que cet argent
pourrait rapporter en le plaçant sur le marché financier.

Exemple :
Supposons qu’une entreprise dispose d’un stock minimum d’une matière première qui lui
suffira pour une période de 1 mois. Cette entreprise a investi un montant de 500.000 Dh pour la
constitution d’un stock maximum.
Si le taux de placement sur le marché est de 10% par an, quel est le coût d’opportunité réel
supporté par l’entreprise ?

Solution

Le manque à gagner brut est égal à : 500.000 x 10% x 1/12 = 4.166 Dh


Si l’entreprise est bénéficiaire, ce coût d’opportunité est réduit du montant de l’impôt que
l’entreprise aura à supporter sur les produits financiers.
Les intérêts perçus par les entreprises sont soumis au taux de la retenue à la source de 20%
non libératoire de l’I.S. c'est-à-dire ces intérêts auront à supporter l’IS de 35% en dernier ressort.
Le coût d’opportunité net que l’entreprise aura à supportet est de
Coût d’opportunité net = Coût d’opportunité brut – Montant de l’IS

Montant de l’IS = 4.166 x 35% = 1.458 Dh

Coût d’opportunité net : 4.166 – 1.458 = 2.708 Dh

Ce coût d’opportunité est à reconsidérer en fonction des conditions de stockage et


d’approvisionnement futurs.
- Il faut rajouter les frais engendrés par le stockage de ces matières premières
- Il faut aussi diminuer ce coût de toute augmentation du coût d’achat suite à une augmentation
des prix de matières premières. En effet, si les prix de matières premières augmentent assez
pour dépasser le coût d’opportunité ainsi calculé, on dira que l’entreprise avait raison de
constituer ce stock maximum.

36
- Le cas d’une trésorerie en difficulté (créditrice)

Si l’entreprise ne dispose pas de liquidité, et préfère d’emprunter à court terme pour constituer
un stock maximum craignant une augmentation des prix.

Exemple :
Supposons qu’elle emprunte 500.000 Dh pour financer cette commande de matières
premières. Le taux de l’emprunt est de 15%. Quel sera le coût supplémentaire qu’elle supportera ?.

Solution

Le coût financier engendré par cette commande en vue de la constitution du stock maximum
est de :

Coût financier brut : 500.000 x 15% = 75.000


Ce coût sera réduit du montant de l’IS car ces intérêts sont déductibles fiscalement

Le coût financier net sera de 75.000 x (1- 0,35) = 48.750 Dh

Ce coût est à augmenter des frais de stockage.


Le coût total doit être comparé au montant de l’augmentation des cours de matières premières
si cette augmentation a eu lieu. Si l’augmentation des prix est plus importante que ce coût financier, on
dira que l’entreprise avait raison de s’approvisionner même s’elle a été contrainte à s’endetter pour le
faire.

- La contrainte Physique

Lorsqu’une entreprise conserve un stock avant que celui-ci soit consommés (matières premières) ou
vendus (produits finis), elle supporte des frais en fonction de la quantité stockée
Les principaux frais de stockage en magasin sont :
- les loyers des magasin ou leur valeur locative
- les frais de personnel de manutention et de gardiennage
- frais d’entretien
- frais d’électricité
- frais d’assurances diverses
- frais de tenue de comptabilité et d’inventaire

Ces frais sont normalement des frais fixes, mais évoluent par paliers. Ce sont en fait des frais de
structure qui restent fixes pour une quantité donnée mais qui risquent d’augmenter
substantiellement si les quantités stockées augmentent considérablement.

On admettra en conséquence que le coût de possession des stocks soit évalué en pourcentage de la
valeur su stock détenu. Le taux de coût de possession du stock varie sensiblement selon la nature
même du stock détenu. Le stockage de la viande nécessite des salles frigorifiques alors que du
charbon peut être entassée dans un terrain vague. Généralement ce taux de coût de possession
varie entre 1% et 30% de la valeur du stock détenu.

Après avoir déterminé la valeur minimale et la valeur maximale du stock qu’une entreprise pourra
détenir, on se rend compte que le stock idéal que doit détenir une entreprise (stock optimal) évolue
entre ce minimum et ce maximum qu’il convient de définir avec précision

37
IV Les méthodes de l’optimisation des stocks et des approvisionnements

Avant d’approfondir l’étude de la gestion des stocks, il convient d’apprécier la qualité de


l’utilisation des stocks au sein de l’entreprise

A. Appréciation de la qualité de la gestion des stocks

Exemple
Prenons l’exemple de deux commerçants qui vendent, entre autre, des flacons de parfum
identiques.
Ils sont soumis aux mêmes conditions de marché. Ils achètent le flacon à 40 Dh, et ils le vendent à
60 Dh, et ils vendent chacun 100 flacons par mois.
Le premier constitue un stock moyen le long de l’année de 100 flacons, alors que le second préfère
détenir un stock moyen de 200 flacons. Les frais de possession des stocks est estimé annuellement
à 15% de la valeur des stocks.

Question :
Quelle est la bonne stratégie de stockage qui maximise la rentabilité de cette activité ?

Réponse

Les deux commerçants réalisent un chiffre d’affaires mensuel sur l’activité de vente de parfum
de : 100 x 60 = 6.000 Dh, soit un chiffre d’affaires annuel de : 6.000 x 12 = 72.000

Le coût d’achat mensuel de ces marchandises est de : 100 x 40 = 4.000 par mois soit 48.000 Dh
par an
Il dégagent ainsi chacun un bénéfice brut de 2.000 Dh au titre de la vente des parfums soit 24.000
Dh par an.

En prenant en compte les frais de possession des stocks qui s’élèvent à 15% de la valeur des
stocks, on se rend compte que :
- Le premier commerçant détient un stock moyen de 100 flacons soit en valeur :
100 x 40 = 4.000 Dh. Il supporte des frais de possession de stock de :
4.000 x15% = 600, et par conséquent un bénéfice net de 24.000 – 600 = 23.400 Dh, soit un
taux de rentabilité commerciale de 23.400/72.000 = 32,50%

- Le second commerçant détient un stock moyen de 200 flacons soit une valeur de 200 x 40 =
8 .000 Dh. Il supporte des frais de possession de stock moyen tout au long de l’année de : 8.000 x
15% = 1.200 Dh, il dégage donc un bénéfice net de 24.000 – 1.200 = 22.800 Dh, soit un taux de
rentabilité commerciale de 22.800 / 72.000 = 31,66%.

On voit que, toutes choses égales par ailleurs, le premier commerçant utilise mieux son stock que
le second. On peut dire qu’il l’utilise deux fois mieux puisqu’il a deux fois moins de frais

Le premier a utilisé son stock durant l’année 1200/100 = 12 fois son stock tandis que le second l’a
utilisé seulement 6 fois (1200/200)

Le rapport de la consommation annuelle au stock moyen permet de mesurer l’efficacité de


l’utilisation du stock.
Ce rapport s’appelle le taux de rotation des stocks :

Consommation Moyenne
Taux de rotation des stocks =
Stock Moyen

38
Ce même ratio peut être appliqué, non seulement à un article déterminé, mais à un ensemble
d’articles, ou au stock tout entier. Dans ce cas, il convient évidemment d’utiliser les valeurs en Dh
de la consommation annuelle et du stock moyen.

Exemple :
Soit une entreprise qui dispose de stocks des articles suivants :

Articles Consommation annuelle Stock moyen Prix unitaire Taux de rotation


A 1200 100 40 12
B 1500 200 30 7,5
C 4000 800 2 5
D 100 40 50 2,5
E 2000 200 10 10
F 2500 500 20 5

Déterminons le taux de rotation de l’ensemble des stocks

Le taux de Rotation de l’ensemble des stocks est :

(1200x40) + (1500x30) + (4000x2) + (100x50) + (2000x10) + (2500x20)


= 6,87
(100x40) + (200x30) + (800x2) + (40x50) + (200x10) + (500x20)

L’entreprise utilise ses stocks, toutes catégories confondues, près de 7 fois par an.

Ce taux global a une portée très limitée puisqu’il dissimule les disparités dans l’utilisation des
différents articles, la méthode ABC donne une idée sur la manière dont une entreprise peut
dissocier entre les différents articles stockés

B. Renouvellement des stocks selon la méthode ABC

Cette méthode consiste à classer les n articles en stock dans l’ordre des valeurs décroissantes de
consommations annuelles et à cumuler au niveau de cahcun d’eux le montant de sa consommation
annuelle avec les montants des consommations annuelles des articles qui le précèdent. Enfin, il
faut rapporter ces montants cumulés au montant total des consommations que nous noterons W. on
obtient le tableau ci-dessous :

Ce mode de classement des articles ne fait que reprendre la « distribution de PARETO » qui
constate généralement que :
- Environ 10% des articles font environ 75% des consommations (Tranche A)
- Environ 35% des articles font environ 95% des consommations (Tranche B)
- et que, en conséquence 65% des articles ne font que 5% du montant total des consommations
(Tranche C)

Ces résultats montrent d’évidence, qu’il faut examiner souvent les articles de la tranche A pour les
rapprovisionner souvent (Tous les mois par exemple), moins fréquement les articles de la tranche
B (Tous les 3 mois par exemple) et encore moins ceux de la tranche C (tous les six ou douze mois)

39
C . Le cycle d’approvisionnement

Le cycle d’achat des matières premières ou des marchandises engendre des coûts administratifs
dus à son fonctionnement. Ces coûts composent à coté des autres coûts cités précédemment le coût
de possession des stocks.

Le cycle d’achat peut être décomposé en trois phases

1. la formulation de la demande par le service production : lorsque le service production formule


une demande de matières premières que le magasin ne pourra pas satisfaire, elle demande au
service achat de commander la quantité désirée non disponible en stock dans les magasins.
2. le service achat va chercher à commander les matières premières et à les acheter au moindre
coût. Une fois le fournisseur choisi, il établit le bon de commande.
3. une fois, la marchandise livrée, le service comptable prend le relais pour enregistrer la facture
et mettre à jour l’inventaire permanent des stocks de la matière concernée

Toutes ces opérations administrative vont générer des frais tels que : frais de la section achat
(notamment les salaires des acheteurs), frais de transport, frais administratifs, frais de comptabilité,
d’inventaire, d’établissement de la commande, etc.
L’ensemble de ces coûts sont regroupé dans un coût dit : coût de passation de la commande

L’objectif est de minimiser ce coût et de déterminer la quantité optimale à commander en fonction des
paramètres liés au stock et aux commandes désirées.

D . Détermination de la commande optimale selon la méthode de Wilson

La fonction objectif peut être composée en deux, on peut l’écrire comme suit :

Fonction objectif = Coût de possession de stock + Coût de passation du stock minimum

Les deux paramètres de cette fonction évoluent en sens inverse. Ainsi plus le nombre de
commandes est élevé, plus le coût de passation des commandes s’élève, mais inversement le
volume du stock moyen diminue et le coût de possession des stocks s’abaisse.
Il convient de déterminer le point de rencontre qui minimise simultanément le coût de possession
des stocks (sans outrepasser les contraintes techniques), et le coût de passation des commandes.

Démonstration :
- Posons x le nombre de commandes qu’il faut passer annuellement
- Le coût de possession des stocks est évalué à 15% de la valeur des stocks
- La consommation annuelle des matières premières s’élève à 25.000 kg à 100 Dh le Kg

Sur ces bases, nous déterminerons le nombre idéal des commandes (x) selon la méthode de Wilson

Déterminons en premier lieu le coût annuel de passation des commandes : Y1 = 100x

Soit Y2 le coût de possession des stocks.

Le stock moyen annuel est fonction de la consommation annuelle C et du ombre de commandes


passées dans l’année. Plus le nombre de commandes passées dans la période est élevé, plus le stock
moyen sera bas.

La consommation annuelle C = 25.000 x 100 = 2.500.000

40
C 2.500.000
L’entreprise commandera donc =
x x

La valeur moyenne du stock correspond à la moyenne arithmétique entre le minimum 0 et le


2.500.000
+0
2.500.000 x 2.500.000
maximum soit =
x 2 2x

Le coût de possession de stock étant de 15% de la valeur du stock ; il vient que :

2.500.00 * 15% 375.000


Y2 = Coût de possession de stock pour une année = =
2x 2x

Graphiquement Si nous désignons par Y2 , le coût de possession de stock, nous constatons que la
375.000 b
courbe représentative de Y2 = est une hyperbole équilatère de type y =
2x x

Représentation Graphique

La courbe Y2 décroît au fur et à mesure que le nombre de commandes s’accroît.


Inversement, le coût de passation de commande Y1 est une fonction linéaire telle que
Y1 = 100 x.
Dans ces conditions Y1 croit linéairement avec le nombre de commandes.

Pour chercher le nombre idéal de commandes, il suffit d’égaler Y1 et Y2

Graphiquement, on voit que cela correspond au point minimum des deux courbes, donc là où les
deux coûts sont minimums.
Donc ;

375.000
Y1 = Y2 → 100x =
2x
375.000 375000
→ 2x2 = →x= = 1875 = 43,30
200 200

Il conviendra donc d’effectuer 43,3 commandes par an

360
Le rythme d’approvisionnement est donc égal à soit 8,3
43,3
L’entreprise commandera donc environ tous les 8 jours

Théoriquement :

En désignant par :

- x : le nombre de commande optimal


- C : la consommation annuelle des matières première (en valeurs)
- b : le coût de passation d’une commande
- t% le taux de coût de possession de stock

41
Il vient :
C
- niveau moyen de stock :
2x
Ct %
- coût de possession de stock Y1 =
2x
- Coût de passation de x commandes Y2 = bx

On déterminera le nombre optimal de commandes à passer x de la façon suivante :

Y1 = Y2
Ct % Ct
bx = =
2x 200 x
Ct
x2 =
200b
Ct Ct %
x= ou x =
200b 2b
Ce modèle de gestion des approvisionnements en matières premières peut être appliqué à la gestion
des approvisionnements en produits semi-finis et finis. Il convient alors seulement de remplacer le mot
commande par le mot lancement

Ainsi, en désignant par :


- y : le nombre de lancement de fabrication annuel
- d : le coût de lancement d’une fabrication
- C : la consommation annuelle de produits semi-finis ou la quantité demandée par les clients pour les
produits finis
- t% le taux de possession du stock de produits semi finis ou finis
L’égalité devient :

Ct %
Coût de possession de stock de produits finis ou finis Z1 = pour une année
2y
Coût de lancement Z2 = d.y pour une année

Ct
En égalant Z1 et Z2, nous aurons y =
200d

Exercice :

La consommation annuelle d’un restaurant en viande rouge s’élève à 10.000 kg à 70 Dh le Kg, et le


taux de possession de stock est évalué à 20%, et le coût de passation d’une commande ( b) est de 120
Dh

Quel est le nombre idéal de commande à passer par an ?

42
Solution :
Soit n le nombre de commandes optimal à réaliser pendant l’année

La valeur de la consommation annuelle est de : 10.000 x 70 = 700.000 Dh

700.000
La valeur d’une commande sera de
n

Le coût de passation des commandes = 120 n

Ct % 700.000 x 20% 140.000


Le coût de possession des stocks = = =
2n 2n 2n

A l’optimum

Ct % 700.000 x 20% 140.000


n = = = = 583,33 = 24,15
2b 2 x120 240

Il convient de s’approvisionner environ 24 fois par an, soit une fois tous les 15 jours

On peut aussi déterminer ce nombre optimal de commande de la façon suivante :

L’optimum correspond au minimum où s’égalise le coût de possession des stocks avec le coût de
passation des commandes :
140.000
Soit : 120 n =
2n
140.000
n2 =
240
n = 583,33 = 24,15 fois, soit une fois tous les 15 jours.

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