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Caractères essentiels et conduite éthique des

auditeurs internes

Caractères essentiels et conduite éthique des Auditeurs Internes


NHK
Sommaire

0. Champs d’application du manuel et date d’entrée en vigueur

0.1 Champs d’application du manuel

Ce manuel est applicable à tous les auditeurs internes des entités utilisant les
ressources publiques, y compris les ministères, les organes législatives, les
institutions publiques autonomes et semi autonomes et les administrations locales.

0.2 Date d’entrée en vigueur

Le manuel entre en vigueur le jour de son approbation et sa publication.

Caractères essentiels et conduite éthique des Auditeurs Internes


1. Caractères essentiels et conduite éthique des auditeurs internes

1. 1 La norme générale

• Chaque entité publique doit instaurer et maintenir une culture interne qui soit
conforme au comportement éthique à travers l’entité. Se comporter de façon
éthique signifie être irréprochable sur le plan moral. Le comportement éthique
est normalement mis en place par la haute hiérarchie de l’entité et doit être
rependu au personnel à travers les échelons de l’entité. Ainsi, les normes
éthiques doivent être régulièrement et clairement portées à la connaissance de
chaque employé à la fois par écrit et dans les réunions du personnel.

1. 2 Intérêt public

• Les auditeurs internes doivent respecter le principe de «l’intérêt public». L’intérêt


public signifie honorer la confiance que le public a envers vous ; ce qui suppose
le sacrifice des intérêts personnels au profit du service public. Ceci est très
important dans ce sens que l’auditeur interne constitue un «œil vigilant » en ce
qui concerne la responsabilité de gestion des ressources publiques

1.3 Intégrité

• Les auditeurs internes doivent effectuer leur travail avec intégrité. Le principe
d’intégrité exige que l’auditeur interne effectue son travail avec honneur,
honnêteté, sincérité, véracité et droiture. Ceci signifie que le travail et les
conclusions des auditeurs doivent être basés sur les faits, constructifs et non
biaisés vis-à-vis des entités auditées ou des destinataires des rapports
d’audit.

1.4 Objectivité

• Dans l’accomplissement de leur travail, les auditeurs internes doivent être


objectifs. Le principe d’objectivité signifie être indépendant non seulement dans
les faits, mais aussi dans l’apparence, dans l’accomplissement des opérations
d’audit. Ceci signifie une attitude d’impartialité : être considéré comme impartial
par les destinataires des rapports d’audit, être libre des conflits d’intérêt et rendre
crédibles les conclusions

1.5 Usage correct des pouvoirs


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• Les auditeurs internes doivent éviter d’abuser de leurs pouvoirs. Ceci signifie
que les ressources publiques à la disposition de l’auditeur, les informations
obtenues pendant les travaux d’audit et le poste occupé par l’auditeur doivent
être utilisés seulement pour des besoins officiels et non pour gains personnels
de l’auditeur.

1.6 Confidentialité

• Toute information obtenue pendant le travail d’audit est confidentiel et l’auditeur


interne doit gérer de façon appropriée l’information sensible ou classée secrète.
L’auditeur interne ne peut pas divulguer à personne toute information obtenue
pendant le travail d’audit sauf lorsqu’il est spécifiquement autorisée par une
autorité compétente. Dans ce cas, l’autorité compétente est l’Auditeur Interne
Principal, l’Inspecteur Général, un Ministre, un Maire, ou un tribunal.

1.7 Comportement professionnel

• Les auditeurs internes doivent se comporter de façon professionnelle. Ceci


signifie qu’ils doivent éviter toute conduite personnelle de nature à discréditer le
travail des auditeurs, y compris les actions pouvant amener l’utilisateur attitré
des rapports d’audit de conclure que le travail des auditeurs était
professionnellement déficient. Ainsi, dans l’accomplissement de leurs
responsabilités, les auditeurs internes doivent faire preuve de diligence, et
utiliser les normes techniques et professionnelles appropriées.

1.8 Indépendance professionnelle

• Dans tous les aspects relatifs au travail d’audit, l’unité d’audit interne et l’auditeur
interne doivent éviter toute altération de leur indépendance professionnelle.

L’indépendance professionnelle de l’auditeur peut être altérée par :

1.8.1 Intérêts personnels


• Les relations personnelles ou les croyances de l’auditeur interne qui pourraient
amener celui-ci à limiter l’ampleur de ses investigations, à divulguer les
constatations de l’audit, ou à produire des rapports d’audit biaisés.

• Les circonstances dans lesquelles l’indépendance de l’auditeur interne peut


être altérée suite à l’intérêt personnel :

- L’auditeur interne possède un lien de parenté directe avec le responsable ou


un autre cadre clé de l’entité auditée en position d’exercer une influence certaine
sur l’entité auditée ou sur le programme gouvernemental ou le projet audité ;
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- L’auditeur interne détient un commerce conjointement avec le responsable
ou un autre cadre clé de l’entité auditée, que ce soit en sa qualité personnelle ou
indirectement par l’entremise des membres de sa famille ;

- L’auditeur interne possède un intérêt financier dans l’entité auditée, que ce


soit en sa qualité personnelle ou indirectement par l’entremise des membres de sa
famille. Un intérêt financier peut exister à travers la livraison de marchandises ou la
prestation de services à l’entité auditée en contrepartie d’un prix, et ceci reste
applicable même si le contrat était accordé conformément aux procédures des
marchés publics en vigueur ;

- L’auditeur interne a un préjugé personnel contre le responsable ou un autre


cadre clé de l’entité auditée, a cause de différences idéologiques, d’incompatibilité
de personnalité, d’intérêts d’affaires, etc. ;

- L’auditeur interne est demandeur d’emploi au sein de l’entité auditée, pour


lui-même ou pour un membre de sa famille ;

• Aussitôt qu’une éventuelle altération personnelle de l’indépendance de


l’auditeur interne est identifiée, l’auditeur interne doit être retiré de l’audit
concerné.

• Si l’altération est identifiée après que le rapport soit terminé, et que cette
altération a affecté la qualité de l’audit, l’unité d’audit interne doit la notifier à la
direction de l’entité auditée ainsi que les autres destinataires du rapport. La
notification doit préciser la nature de l’altération et l’étendue de son impact sur le
rapport d’audit. Dans des cas extrêmes, le rapport d’audit peut être retiré et
déchiré.

1.8.2 Altération organisationnelle

L’indépendance professionnelle de l’auditeur interne pourrait être altérée si :

- L’unité d’audit interne est sur le plan organisationnel placé sous un


département opérationnel : par exemple si l’auditeur interne dépend sur le plan
fonctionnel du gestionnaire principal du budget ou d’un directeur chargé des
opérations ou des finances de l’entité ;

- Les rapports de l’auditeur interne doivent être approuvés par le responsable


exécutif de l’entité auditée ;

- L’auditeur interne assume d’autres responsabilités au sein de l’entité telles


qu’être membre du Conseil d’Administration, prendre des décisions
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opérationnelles, concevoir les systèmes de mesure de performances des entités,
concevoir le système de contrôle interne de l’entité, recommander un candidat au
recrutement à un poste clé dans l’entité, ou encore des responsabilités comptables
telles que installer et assurer la maintenance des systèmes comptables, tenir les
livres comptables, préparer les rapports financiers, préparer les pièces de
paiement, approuver ou vérifier les réclamations et les factures avant paiement,
approuver les listes de paie, être un signataire sur les comptes bancaires de
l’entité. Ceci reste applicable même si l’auditeur interne a assumé ces
responsabilités à titre intérimaire.

- Le recrutement, l’évaluation des performances, la promotion et la révocation


de l’auditeur interne peuvent être influencés par le responsable exécutif de l’entité
devant être auditée.

- L’auditeur interne dépend de façon significative du responsable exécutif de


l’entité devant être auditée en ce qui concerne l’appui logistique ;

- L’auditeur interne n’a pas un accès facile a ceux qui sont chargés de la
gouvernance : par exemple le Ministre, le Maire.

- L’auditeur interne n’est pas en mesure de mener les audits et rapporter les
constatations, opinions et conclusions de façon objective sans avoir peur des
représailles.

• Par conséquent, toute personne jouissant de la responsabilité de déterminer la


structure organisationnelle et administrative des entités publiques, doivent placer
l’unité d’audit interne à un niveau qui ne permet pas que les scénarios ci-dessus
se produisent.

1.8.3 Influence externe

• Les unités d’audit interne et les auditeurs doivent éviter tous les facteurs externes
de nature à limiter leur travail ou à altérer leur habilité d’être professionnellement
indépendant. Ces facteurs comprennent les pressions réelles ou relavant de la
pure perception de la part des responsables ou des employés de l’entité auditée,
des politiciens, des procureurs, des entrepreneurs, etc.

• Les exemples suivants constituent quelques situations dans lesquelles la liberté


de l’auditeur d’avoir des jugements indépendants et objectifs peut être altérée.
Dans ces situations, l’auditeur interne doit faire immédiatement appel à
l’Inspecteur Général pour une intervention appropriée. Dans les cas extrêmes,
l’Inspecteur Général pourrait faire appel au Ministre pour une action appropriée.

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- La pression pour limiter ou modifier indûment l’étendue de l’audit avec des
conclusions préconçues ;

- Un budget insuffisant pour l’unité d’audit interne de telle façon que les visites
d’audit et l’étendue de l’audit sont réduites pour se conformer au budget disponible ;

- Interférence dans la détermination des échantillons d’audit; par exemple : des


instructions sont données pour examiner et/ou fermer les yeux sur certaines
transactions ;

- Des dates limites non raisonnables pour terminer les tests d’audit ou pour
produire le rapport d’audit ;

- L’influence externe sur le déploiement, l’affectation, la rémunération et la


promotion de l’auditeur interne ;

- Habileté de contredire ou influencer de façon inappropriée les jugements des


auditeurs contrairement au contenu approprié du rapport d’audit ;

- Des pots-de-vin ou des cadeaux importants promis ou remis à l’auditeur par


les audités ou des proches des audités. Ils comprennent des promesses d’emploi
à l’auditeur ou à ses proches ;

- Les menaces réelles ou perçues sur la sécurité personnelle de l’auditeur


interne, spécialement lorsqu’un détournement ou une autre forme mauvais emploi
des ressources publiques est suspecté.

1.8.4 Activités ayant un impact peu significatif sur l’indépendance


professionnelle de l’auditeur interne

• Les services suivants sont considérés comme ayant un impact insignifiant sur
l’indépendance professionnelle de l’auditeur interne :

- Etre membre d’un comité technique uniquement en tant qu’expert technique,


sans capacité de vote, en vue de fournir des conseils techniques basés sur les
connaissances de l’auditeur ;

- Fournir des outils et méthodologies, tels que «les bonnes pratiques» dans la
gouvernance et le contrôle interne ;

- Délivrer la formation aux autres employés de l’entité.

1.9 Jugement professionnel


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• Dans la planification et l’accomplissement de leur travail d’audit, les auditeurs
interne doivent faire preuve d’un jugement professionnel approprié. Ceci signifie
exercer une attention raisonnable et un scepticisme professionnel.

• Une attention raisonnable requiert d’agir avec diligence et systématiquement en


conformité avec les normes éthiques et professionnelles en vigueur, tandis
qu’un scepticisme professionnel implique une attitude d’investigation dans la
conduite de l’audit et l’examen critique des preuves obtenues.

• L’idée qui se cache derrière le scepticisme professionnel est l’hypothèse selon


laquelle la personne auditée n’est ni malhonnête ni parfaitement honnête jusqu’à
ce qu’une preuve justifiant l’un ou l’autre soit obtenue.

• Toutefois, le scepticisme professionnel ne doit en aucun cas signifier que


l’auditeur interne doit avoir une idée préconçue sur toute irrégularité dans les
affaires de la personne auditée ; par exemple le détournement, à moins qu’il y ait
des signes précurseurs le justifiant.

• En tout état de cause, l’auditeur interne ne doit pas faire des conclusions qui ne
sont pas appuyées une preuve appropriée, insuffisante et non douteuse.

1.10 Compétence

• Un auditeur interne doit uniquement entreprendre un travail d’audit pour lequel


il possède des compétences nécessaires pour accomplir la responsabilité qui lui
est confiée (veuillez vous référer au Guide Pratique d’Audit 1 à la fin de ce
chapitre).

• Ainsi, le responsable de l’unité d’audit interne doit évaluer de façon continue les
compétences des membres de l’équipe d’audit et s’assurer qu’elles sont
conformes aux besoins des missions spécifiques d’audit.

• La compétence concerne les connaissances ou le “savoir-faire” et est fonction de


l’éducation formelle, de l’expérience professionnelle et du développement
professionnel continu des auditeurs.

1.10.1 Education formelle

• Les auditeurs internes des institutions publiques doivent posséder une formation
formelle dans les domaines des finances, comptabilité et audit, de préférence
avec un diplôme universitaire de niveau licence au moins. Ainsi, ces normes
doivent être prises en compte dans le processus de recrutement des auditeurs.

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1.11 Expérience professionnelle

• Les auditeurs internes des institutions publiques doivent posséder une


expérience professionnelle suffisante en rapport avec la nature et le degré de la
responsabilité leur confiée.

• L’expérience n’est pas nécessairement mesurée par le nombre d’années car la


durée du service peut ne pas refléter exactement les connaissances pratiques
acquises au travail. Ainsi, l’expérience professionnelle doit être mesurée par la
combinaison de sa durée, du degré de responsabilité de l’auditeur, des
connaissances des activités et procédés opérationnels de l’entité auditée, des
connaissances pratiques en Technologie de l’Information et de la communication
ainsi que des connaissances en rédaction des rapports, etc.

1.11.1 Développement Professionnel Continu (DPC)

• Les auditeurs internes ont l’obligation individuelle d’actualiser leurs


connaissances techniques non seulement en matière d’audit, mais aussi dans les
disciplines connexes comme l’économie, les finances, la comptabilité, la
Technologie de l’Information et les techniques de communication, la rédaction
des rapports, etc. ainsi que dans les problèmes contemporains de la profession
d’audit et de comptabilité.

• Le responsable de l’audit interne doit faire en sorte que les auditeurs acquièrent
au moins 80 heures de FC chaque année. Ces heures peuvent être acquises à
travers des conférences et séminaires thématiques

• Le responsable de l’audit interne doit maintenir des informations sur les heures
de FC pour chaque auditeur interne. Ces Informations constituent l’un des
critères d’évaluation des performances de l’auditeur.

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