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Master Droit pénal et sciences criminelles

Matière : droit pénale des affaires

Exposé sous le thème : la responsabilité pénale de


l’entrepreneur individuel

Réalisé par : Soumis à l’appréciation du :

ASSEMAHLI Soukaina Pr.KELLATI Mohamed

BOUBECHRA Zainab

BOUMLIK Achraf

El Mehdi Hatim

Année universitaire : 2020/2021

1
Sommaire

Introduction
Chapitre 1 : la participation prouvée de l’entrepreneur individuel.

Section 1 : L’entrepreneur poursuivi en tant qu’auteur ou coauteur.

Section 2 : L’entrepreneur poursuivi en tant que complice.

Chapitre 2 : la participation présumée de l’entrepreneur individuel.

Section 1 : le nécessaire recours aux présomptions.

Section 2 : les limites du recours aux présomptions.

Conclusion

2
Introduction
«  Seul le délinquant doit être frappé par la sanction pénale car c’est
dans cet homme que se trouve la cause du délit. »

-Fréderic Debove

La responsabilité pénale consiste à mettre une infraction sur le compte d’une


personne, à l’inscrire à son passif. C'est une dette à l’égard de la société. Selon la

3
théorie de Gabriel Tarde “plus une société se civilise, plus la responsabilité va
en s’individualisant”, la responsabilité pénale individuelle ou encore subjective
se manifeste comme étant la punition qui atteint que celui qui a commis ou qui a
contribué à la réalisation de l’infraction. 1 L’affirmation de ce principe de la
personnalité de la peine a été consacré dans l’article 132 du CPM qui dispose
que « toute personne saine d’esprit et capable de discernement est
personnellement responsable : – des infractions qu’elle commet ; des crimes ou
délits dont elle se rend complice ; des tentatives de crimes ; des tentatives de
certains délits qu’elle réalise dans les conditions prévues par la loi. ».

Le caractère personnel de la responsabilité pénale est fondamental, “nul homme


innocent d’un délit ne peut être puni pour le délit d’autrui … parce que toute
obligation à la peine vient de ce qu’on l’a méritée ; or le mérite est personnel
comme ayant pour principe la volonté, qui est ce que l’on a de plus propre”. 2
Mais dans l’entreprise, il est parfois soutenu que le caractère personnel de la
responsabilité pénale ne s’applique pas, ce qui est absolument faux

Les entreprises, comme les autres activités humaines et économiques, versent


parfois dans la délinquance. En effet, les termes entreprise et personne morale
ne sont pas synonymes ; l’entreprise peut prendre soit la forme d’une entreprise
sociétaire, soit la forme d’une entreprise individuelle. Dans le cadre d’une
entreprise individuelle, l’individu exerce son activité en personne physique, on
parlera donc de l’entrepreneur individuel qui assure seul la gestion de
l’entreprise et ce ; en son nom et pour son propre compte.3

Naturellement, l’entrepreneur individuel est parfaitement susceptible de


commettre des infractions dans ses relations avec ses clients ou ses partenaires
commerciaux, et donc d’être impliqué dans une infraction ce qui va engager sa

1
précis droit pénal

2
EMMANUEL DREYER, Droit pénal général, LexisNexis, 2ème édition.
3
https://www.legalplace.fr/guides/entrepreneur-individuel/

4
propre responsabilité pénale, à ce niveau-là, la question la plus raisonnable qui
se pose :

Comment prouver la participation criminelle de l’entrepreneur


individuel ?

Pour répondre à cette problématique, notre travail sera divisé en deux chapitres ;
le premier sera consacré à la participation consentie (participation prouvée) de
l’entrepreneur individuel (chapitre1), et le second sera consacré à la
participation présumée de l’entrepreneur individuel (chapitre2).

Chapitre1 : La participation prouvée de


l’entrepreneur individuel

5
La participation à l’ infraction est bien souvent le fruit d’un accord ou d’une
entente car« l’union fait la force aussi bien pour le mal que pour le bien »
Cette participation consentie peut revêtir plusieurs formes, allant de la simple
adhesion au projet criminel d’autrui, à la véritable organisation criminelle, .
Dailleurs, deux modes distincts de participation applicables à l’entrepreneur
individuel. Il est en mesure d’être poursuivi soit comme auteur ou coauteur
(section1) mais aussi comme complice d'un tiers (section2).

Section1 : L’entrepreneur individuelle en tant qu’auteur ou coauteur4

Si la réalisation de l’acte délinquantiel émane des dirigent de l’entreprise , c-a-d


qui a commet les faits incriminés ou qui tente de les commettre. L‟accusation
sera donc tenue de prouver que ce dernier réunit sur sa personne l‟ensemble des
éléments constitutifs de l‟infraction.Cela nécessite la réunion des éléments
constitutifs de l’infraction, d’abord

 L’élément légale:

- Un principe destiné à garantir la liberté5 : Il s’agit d’un principe fondamental


et essentiel destiné à garantir les libertés fondamentales et les droits de
l‟homme. Cette liberté paraît fréquemment employée pour limiter l’intervention
de la puissance publique dans le secteur privé de l’économie, et ce malgré
l’existence de certains objectifs à valeur constitutionnelle comme le droit à la
santé ou à un logement décent, la lutte contre la fraude fiscale, ou encore le droit
d’obtenir un emploi, qui n’a toujours pas été qualifié en bonne et due forme par
le Conseil constitutionnel comme un principe à valeur constitutionnelle, ni
même un objectif à valeur constitutionnelle ou un PFRLR8. Certains auteurs se
sont interrogés sur une éventuelle supériorité de la DDHC et des libertés
individuelles et privées sur les droits dits de deuxième génération, les « droits
créances ».

Le principe étant la liberté, dont celle d’entreprendre en fait partie. Seule la loi
peut limiter cette liberté lorsque l‟ordre public social et sociétal est concerné.
Néanmoins, les acteurs économiques pourraient manifester des difficultés sur le
sens de la loi parce que celui-ci est évolutif, et ne comprend pas seulement la
seule loi votée au parlement. En effet, l‟inflation normative englobe également
4
Mohamed kellati, thése de doctorat, le risque pénale dans l’entreprise, encadré par Abdesslam
Benhaddou,année universiaire 2017-2018.
5
https://www.savoir-juridique.com/les-droits-de-lentrepreneur-et-du-salarie-en-france/#:~:text=La%20libert
%C3%A9%20d%E2%80%99entreprendre%20recouvre%20en%20partie%20la%20libert%C3%A9,droit%20fr
%20depuis%20le%20d%C3%A9cret%20d%E2%80%99Allard%20de%201791.

6
l‟exercice du pouvoir réglementaire, de même que les normes internationales
sans cesse plus nombreuses.

Le principe de la légalité6 : Sous l’inspiration de Montesquieu et de Beccaria,


disciple de Rousseau en ce qu’il fait reposer le fondement du principe de légalité
sur le fait que le pouvoir de faire les lois qui définissent les délits et les peines ne
peut être détenu que par le législateur qui représente « toute la société réunie par
un contrat social », l’assemblée constituante pose là un principe qui se pose
comme le pilier de la résistance à l’arbitraire,

« La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires et


nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement
au délit, et légalement appliquée.

- L’interprétation stricte de la loi pénale7 : interpréter la loi signifie en


déterminer le sens pour lui donner une application concrète. L‟interprétation de
la norme pénale pour les juges répressifs est donc une nécessité. Il s‟agit de
passer de la généralité de la norme à la particularité du cas. Ce principe
comporte plusieurs significations : l‟interdiction d’une interprétation large ,
l‟obligation d’une interprétation littérale, cette dernière n‟excluant pas
l‟interprétation téléologique.

Le corollaire de l‟élément légal vise encore l‟application de la loi dans le


temps(811) et dans l‟espace . Sur ce dernier point, le secteur financier et des
affaires est directement concerné puisque l‟internationalisation de l‟économie a
conduit à celle de la délinquance d‟affaires.

 L’élément matérielle :

L’importance des infractions d’omission : « à la différence de la morale qui


scrute les consciences et sanctionne les mauvaises pensées et les intentions
coupables, le droit pénal qui protège ne réprime pas les simples idées et
intentions criminelles, non plus que la résolution de commettre un délit, car elles
ne troublent pas l’ordre social »

- Les infractions de commission par omission : La distinction précédente a été


compliquée par une catégorie intermédiaire : Les infractions de commission par
omission, pour un auteur « lorsque le produit livré est dangereux ou le camion
est surchargé, il y a plus qu‟une omission imputable au chef d‟entreprise, il y a
en réalité, une action viciée par rapport au texte, une sorte d‟omission dans
6
https://www.vie-publique.fr/fiches/20272-principe-de-legalite-ladministration-soumise-au-droit
7
https://www.cabinetaci.com/le-principe-de-linterpretation-stricte-de-la-loi-penale/#:~:text=Principe%20de
%20l%E2%80%99interpr%C3%A9tation%20stricte%20de%20la%20loi%20p%C3%A9nale,III
%29.%20...%205%20IV%29.%20...%206%20V%29.%20

7
l‟action ». Il s‟agit là de rechercher la responsabilité pénale de la personne
laissant commettre un acte délinquant.

 L’élément moral de l’infraction :8

« Actus non facit reum nisi mens sit rea » : L‟élément moral désigne « l‟état
d‟esprit qui était celui de l‟agent au moment où il accomplissait son acte » .

Le code pénal marocain contient un article de principe visant l‟élément moral de


l‟infraction et il est situé dans son livre II qui est consacré à « l‟auteur de
l‟infraction ». Il s‟agit de l‟article 133 qui stipule : « les crimes et les délits ne
sont punissables que lorsqu‟ils ont été commis intentionnellement. Les délits
commis par imprudence sont exceptionnellement punissables dans les cas
spécialement prévus par la loi. Les contraventions sont punissables même
lorsqu‟elles ont été commises par imprudence, exception faite des cas où la loi
exige expressément l‟intention de nuire ».

L’entrepreneur peut etre poursuivi en tant coateur comme l‟auteur matériel,


celui qui a personnellement accompli les actes matériels constitutifs d‟une
infraction. Mais parce qu‟il les a accomplis avec un ou plusieurs autres
individus, eux aussi auteurs matériels de la même infraction, on le désigne sous
le nom de coauteur. Ainsi, l‟utilisateur de main d‟oeuvre qui prend part à des
opérations illicites de fourniture de main d‟oeuvre doit être considéré comme
coauteur du délit de marchandage et non complice de cette infraction.

La coaction est, en principe, nettement distincte de la complicité. Le coauteur est


un auteur à part entière : il réalise en même temps que les autres les éléments
constitutifs de l‟infraction reprochée. Aussi l‟auteur ou les coauteurs peuvent-
ils être les chefs d‟entreprise, ou encore les sociétés commerciales en tant que
personnes morales.

Section2 :L’entrepreneur individuelle en tant que complice9 :

-La participation de l’entrepreneur dans la consommation de l’infraction : La


personne ayant commis elle-même l‟infraction principale peut être un préposé
du dirigeant ou un tiers à l‟entreprise. Pourtant, l‟intervention de cette personne
ne viendra pas systématiquement faire obstacle à la mise en oeuvre de la
responsabilité pénale. Outre l‟éventualité de la coaction, il existe, en effet, un
cas à propos duquel la preuve de la participation personnelle de l‟entrepreneur

8
IBID,
9
Mohamed kellati, thése de doctorat, le risque pénale dans l’entreprise, encadré par Abdesslam
Benhaddou,année universiaire 2017-2018

8
individuel devra nécessairement être établie de manière positive par
l‟accusation : la complicité .

Le droit marocain admet, en effet, la possibilité de poursuivre, aux cotés de


l‟auteur principal, les participants. Le droit français adopte une approche
analogue. Les deux législations consacrent à cet égard, un texte de portée
générale, dont l‟application ne se limite donc pas au seul entrepreneur
individuel.

La participation matérielle du complice : Au plan de l‟élément matériel, le


complice accomplit des actes qui lui sont propres et qui ont nécessairement un
caractère positif (provocation, fourniture d‟instructions ou de moyens, aide et
assistance). En outre, il n‟est pas possible, en principe, d‟aider ou d‟assister un
tiers par simple abstention. Cependant, il est souvent reproché à l‟entrepreneur
de ne pas avoir empêché la commission d‟une infraction(. Sa participation se
limite fréquemment à une simple abstention, les perspectives de condamnation
en qualité de complice sont alors minces.

- L’état psychologique du complice : Au plan de l‟élément moral, le complice


doit avoir la volonté certaine de s‟associer à l‟infraction ce qui implique une
intention criminelle caractérisée.

Or, c‟est essentiellement sur ce point que réside l‟obstacle majeur de


l‟application de ce mode de participation à l‟entrepreneur, lorsqu‟un tiers est
intervenu dans la réalisation de l‟infraction. En effet, dans un certain nombre de
cas, les agissements sont commis à son insu. Il parait ainsi inconcevable de
considérer le dirigeant comme le complice10 d‟un tiers concernant un délit dont
il n‟a jamais eu connaissance . Comme l‟a souligné un auteur français à ce
propos, le problème vient du fait que « sa participation à l‟infraction se réduit le
plus souvent, sur un plan matériel, à une omission, sur un plan moral, à une
négligence. Or, il n‟y a ni complicité par omission, ni complicité par
négligence»

On mesure, dés lors, l‟écart considérable qui sépare la complicité du risque


pénal du chef d‟entreprise : Le comportement de celui-ci ne réalise aucun des
éléments de la complicité. De plus, il n’existe pas, sauf exceptions légalement
prévues, de complicité de contravention

10
La complicité consiste dans la participation « d‟une personne qui, sans être l‟auteur matériel de
l‟infraction, apporte sa contribution dans les formes visées par l‟article 221-4 du code pénal, à la
réalisation de l‟acte délictueux ». CARTIER (M.E), « la responsabilité pénale du fait de l‟entreprise »,
op. cit., p. 58

9
- Le droit commun de la responsabilité pénale trouve donc largement à
s‟appliquer à l‟hypothèse de participation prouvée du dirigeant. Mais, il existe
des cas particuliers dans lesquels l‟infraction aura été commise par un tiers et à
l‟insu d‟un chef d‟entreprise pourtant déclaré responsable. Cette solution
s‟explique par la volonté des juridictions de présumer sa participation.

Chapitre 2 : La participation présumée


de l’entrepreneur individuel 
Dans le cas où l’employé contribue à la commission d’une infraction, la
responsabilité pénale du chef semble lointaine et incertain. Dans ce sens, La
doctrine a élaboré certaines règles pour éviter l’impunité des dirigeants en
profitant de cette confusion afin d’échapper à ses responsabilités. Cette position
permet aux magistrats à présumer sa participation (section 1). Toutefois, elle
s’affronte à d’importantes limites (section 2).
Section 1 : Le recours aux présomptions :
Cette participation vise à baisser les difficultés trouvées dans l’établissement de
la participation de l’entrepreneur par l’accusation.
Tout d'abord, il existe des conditions préalables relatives au préposé (1), avant
de prouver l’élément matériel de l’incrimination (2) et l’élément psychologique
(3).
Paragraphe 1. Les conditions préalables relatives au subordonné :
Le préposé doit nécessairement avoir agi dans le cadre de ses fonctions11. En
effet, on ne peut pas retenir à l'encontre du dirigeant un acte personnel du
préposé sans un lien avec ses fonctions.
Le dirigeant est poursuivi pénalement puisqu'il exerce un pouvoir de direction 12.
Par conséquent, seuls les comportements des personnes sous cette direction
peuvent engager la responsabilité pénale du dirigeant.
Après avoir vérifié cette condition, il s'agira par la suite d'établir la manière dont
le comportement tangible sera susceptible d'être reproché au chef .
Paragraphe 2. L’imputation de l’élément matériel à l’entrepreneur :

11
Sur ce point : DURAND RENAUD (P.), « La responsabilité pénale du chef d’entreprise », Op. cit., p. 38.
12
Supra n°327.

10
Cet élément se voit à travers l’omission de l’entrepreneur.
Pour engager la responsabilité pénale d'un dirigeant, d’une part, il faut qu'il y a
une participation personnelle à la matérialité de l'infraction, d'autre part, une «
culpa », une faute au sens large du terme.
Ces conditions ne sont pas toujours remplies en la personne du chef
d’entreprise13. D'où la polémique devant certaines détentions et par certains
auteurs14.
En effet, l'entrepreneur individuel à la charge de faire respecter les normes
au sein de l'entreprise en tant que pouvoir de direction. C'est l'obligation de
veiller à l'application des règles15.
Dans la France, le comportement délinquant d'un préposé
implique nécessairement l'omission imputable à l'entrepreneur lui-même. 
 Ainsi, la jurisprudence française est fondée sur l'affirmation que le chef ne
commet aucun acte positif, seule une omission peut être retenue à son
encontre16.
En d’autres termes, il s'agit d'un fait personnel,  lointain et plus immatériel du
subordonné , matérialisé généralement par une défaillance à des obligations
légales précises17.
En effet, cette augmentation s'applique aussi au niveau de
l'élément psychologique de l'infraction.
Paragraphe 3. L’imputation de l’élément moral à l’entrepreneur 
La faute de l'entrepreneur est une faute personnelle relève de son imprudence et
sa négligence. Il doit assurer le respect des normes au sein de l'entreprise, dont
leur violation révèle ses propres manquements18.
13
CARTIER (M.E), la responsabilité pénale du fait de l’entreprise, op. cit., p 5.2.
14
LEREBOURG – PEGONNIERE : Du délit de commission par omission, Revue de droit pénal et criminologie,
1901, p. 716. Ainsi, CARTIER (M.E), la responsabilité pénale du fait de l’entreprise, op., cit., p. 52 :
«L’intervention personnelle du préposé apparaît comme un obstacle dirimant à la mise en cause du chef
d’entreprise, dès lors que celui-ci n’a pas été le complice de son préposé ».
15
Il s’agit d’un devoir de surveillance et de contrôle des actes de ses employés.
16
VILLEY, sous cass. Crim., 12/05/1893, S. 1894.1.201 : Le dirigeant « est puni non à raison du fait positif
commis par d’autres (…) mais à raison de son omission personnelle et pour n’avoir pas tenu la main à
l’exécution d’obligations qui lui incombent à lui-même ».
17
Dans le même sens : « la personnalisation facteur de responsabilité pénale peut ne pas être le reflet de la
matérialité des faits, et il convient de dépasser les apparences pour atteindre le réel (…) le fait d' (…) joue donc
comme révélateur de son propre fait » : MAYAND (Y.) : « Responsables et responsabilité », Dr. Soc. 2000, pp.
944-954. Pour une application jurisprudentielle : cass. Crim, 23/11/2004, 1ère espèce, Bull. crim. N° 295
18
Dans le même sens, des auteurs ont pu affirmer que : « Les juges n’ont d’ailleurs jamais dit autre chose,
lorsque, pour justifier sa condamnation, ils relèvent, depuis toujours, qu’il est tenu de « veiller
personnellement à la stricte et constante exécution des prescriptions réglementaires » CONTE (P.), CHAMBON

11
Cette idée est attestée par certains textes qui reproche au dirigeant le fait de
laisser violer ces prescriptions19.
La faute personnelle du dirigeant est une présomption, cela signifie que cette
faute est une présomption simple qui peut être renversée par la preuve
contraire20.
Ce mécanisme constitue «une règle de preuve qui n'interdit pas au dirigeant
de démontrer qu'il n'a commis aucune faute»21. Il pourra, par exemple prouver
qu'il a accompli les diligences raisonnables pour prévenir et éviter la
commission de l'acte délinquant ou si l'avait fourni les équipements nécessaires
au préposé pour l'accomplissement de sa mission22.
Dans le même sens, même si "le chef d'entreprise ne pouvait  ignorer le risque"
en question, cela n'est pas de nature à faire obstacle à sa responsabilité23.
Le chef d'entreprise ne peut échapper à sa responsabilité en prouvant qu'il
n'aurait commis aucune faute. Il s'agirait donc là d'une véritable responsabilité
objective24 du fait d'autrui. Il sera coupable pénalement, sans qu'il soit besoin de
prouver un manquement à son encontre par l'accusation.
Cette présomption présente plusieurs conséquences, parmi elles le fait que la
responsabilité du dirigeant est une responsabilité de principe25, quasi-
automatique26.
Cette présomption admet cependant quelques limites, qu’on va les traiter dans la
section suivante.
Section2 : Les limites du recours aux présomptions :
S’il est fréquent qu’un seul entrepreneur se charge de l’affaire de son client, il
n’est pas rare non plus qu’une prestation soit confiée à plusieurs prestataires.
Dans cette situation et si la chose confiée « vient à périr », chacun supporte
alors sa part de responsabilité.

(A.), Droit pénal général, presses universitaires de France, Armand COLIN, 7 ème éd., 2004, n° 439.
19
Voir, les articles 390 et 391 du Code pénal.
20
MASCALA (C.), « la responsabilité pénale du chef d’entreprise », LPA 1996, n° 87, p. 16 : « La présomption de
faute est devenue ainsi, une présomption simple supportant la preuve contraire ».
21
DESPORTES (F.) et LE GUNEHEC (F.), Droit pénal général, Economica, coll. Droit pénal, série enseignement et
pratique 11ème éd., 2004, n° 524.
22
Cass. Crim, 22/09/1998,, RSC 1999, p. 341, chron. GUIDICELLI – DELAGE (G.).
23
Cass. Crim, 11/02/2003, Bull. crim. N° 28 ; D. 2003, IR, p. 1267 et Somm. P. 1660, obs. MATHIEU (C.).
24
« Ce processus objectif est, par définition, totalement indifférent à la présence d‟une faute imputable à la
personne poursuivie » : DESNOIX (E.), op. cit., p. 133.
25
Cass. Crim., 06/01/1938, Gaz.dual. 1938, JP, p. 814.
26
DURAND RENAUD (P.), la responsabilité pénale du chef d‟entreprise, op. cit., n° 91.

12
En effet, la présomption revient, dans certains hypothèses, à consacrer une
double nature pour certains délits : commission pour le salarié, commission par
omission pour le dirigeant,

PARGRAPHE 1: Contrat d’entreprise : rappel des obligations de


l’entrepreneur
le contrat d’entreprise est une convention par laquelle l’entrepreneur s’engage à
mettre son savoir-faire à la disposition du maître d’ouvrage en contrepartie
d’une rémunération préalablement définie.
Ce contrat créé des obligations à l’égard des parties.
 Le maître d’œuvre est tenu d’exécuter la prestation et d’en garantir
une certaine qualité. 
 Le travail fourni doit être conforme aux stipulations contractuelles.
En cas de pluralité de prestataires, la solidarité ne se présume pas, chacun
supportant sa part de responsabilité. De son côté, le client doit payer le prix
convenu à la date prévue par le contrat. Le solde du prix n’est exigible que
lorsqu’il a confirmé la réception de l’ouvrage.
Exemple :
Le consommateur qui confie une mission à un artisan ou un commerçant est
protégé par la loi. En effet, en cas de dégât, la faute du professionnel est
présumée, précise la Cour de cassation rapport de la cour suprême au Maroc
PARGRAPHE 2: La faute présumée de l’entrepreneur étant en
contradiction
Il est tout d’abord à déplorer que l ‘élément matériel de l’infraction ne cadre pas
toujours avec les dispositions textuelles
Dans affaire « si la chose vient à périr », ce n’était pas au client de prouver que
la perte des négatifs était liée à un mauvais entretien du matériel par exemple,
mais à l’artisan de démontrer qu’il n’avait pas commis de faute à l’origine
des dommages. Pour être libéré de son obligation, le professionnel doit donc
rendre l’objet et avoir exécuté sa mission ou, en cas de dégât, prouver que la
chose a « péri sans faute ».

13
Par analogie avec le contrôle des apports en nature dans les sociétés, le
législateur a prévu a prévu un dispositif similaire applicable aux affectations en
nature supérieure à un montant fixé par décret. Il s’agit d’éviter les
surévaluations susceptibles de fausser la perception de la consistance du
patrimoine affecté par les créanciers.
L’élément d’actif considéré est évalué par l’entrepreneur puis pas un
professionnel. Cela permet aux créanciers professionnels d’apprécier la surface
financière de leur cocontractant.
L’efficacité du dispositif résulte de la sanction, la responsabilité de
l’entrepreneur individuel à l’égard des tiers sur la totalité de son patrimoine
(affecté et non affecté) pendant une durée de cinq ans. Cette sanction joue dans
deux hypothèses :
- lorsque la valeur déclarée est supérieure à celle proposée par le professionnel :
la responsabilité est alors limitée à la différence entre la valeur proposée et la
valeur déclarée.
- en l’absence de recours à un professionnel : la responsabilité est alors
cantonnée à la différence entre la valeur réelle du bien au moment de
l'affectation et la valeur déclarée.

Conclusion 
14
Pour conclure, en étudiant la responsabilité pénale du dirigeant du fait
personnel, il a été constaté que le dirigeant est un organe de direction de
l’entreprise qui a le pouvoir de prendre et de mettre en œuvre la décision dans la
société commerciale qui peut, en tant que chef d’entreprise, provoquer des
erreurs, des crimes ou des violations, ouvrant ainsi la porte à la responsabilité
pénale qui se produit lorsque le dirigeant s’écarte de l’objectif de la société pour
lequel elle est prévue. La plupart des délits prévus par le droit commercial et les
lois spéciales peuvent être intentés contre le gérant, le président, les
administrateurs, ou les directeurs généraux, et elle vise également toute personne
qui a effectivement exercé ou remplacé le représentant légal de l’entreprise dans
les tâches de gestion, de sorte qu’il porte les mêmes responsabilités civiles et
pénales comme s’il était le gérant de la société. Cette responsabilité peut être de
fait personnel. Elle peut résulter dans certains cas, de l’implication du chef
d’entreprise dans la consommation de l’infraction dans laquelle parait évidente
et non-équivoque.Par conséquent, l’accusation sera tenue de prouver de manière
positive, la participation des dirigeants à un ou plusieurs actes délinquants. À cet
égard, le chef d’entreprise peut être poursuivi comme auteur, coauteur ou
complice d’un tiers.
Dans d’autres hypothèses, son implication parait parfois plus lointaine et plus
équivoque du fait que le salarié qui a commis l’infraction. Cette position
autorise les magistrats à présumer seulement sa participation dans le but de
protéger la société et éviter que le dirigeant échappe à sa responsabilité.
Après que nous avons étudié la responsabilité pénale de l’entrepreneur
individuel de son propre fait, la question qui mérite d’être posée ici est la
suivante :
En quoi consiste la responsabilité pénale du dirigeant du fait d’autrui ?

15
Bibliographie :
Ouvrages :

 CARTIER (M.E), la responsabilité pénale du fait de l’entreprise, op. cit., p 5.2.

 LEREBOURG – PEGONNIERE : Du délit de commission par omission, Revue de


droit pénal et criminologie, 1901, p. 716. Ainsi, CARTIER (M.E), la responsabilité
pénale du fait de l’entreprise, op., cit., p. 52 EMMANUEL DREYER, Droit pénal
général, LexisNexis, 2ème édition
 DURAND RENAUD (P.), la responsabilité pénale du chef d‟entreprise, op. cit., n° 91
 MASCALA (C.), « la responsabilité pénale du chef d’entreprise », LPA 1996, n° 87, p.
16 : « La présomption de faute est devenue ainsi, une présomption simple supportant
la preuve contraire ».

16
 DESPORTES (F.) et LE GUNEHEC (F.), Droit pénal général, Economica, coll. Droit
pénal, série enseignement et pratique 11ème éd., 2004, n° 524

Théses :
 Kellati Mohamed, thése de doctorat, le risque pénale dans l’entreprise, encadré par
Abdesslam Benhaddou,année universiaire 2017-2018.

Webographie :

 https://www.cabinetaci.com/le-principe-de-linterpretation-stricte-de-la-loi-penale/
#:~:text=Principe%20de%20l%E2%80%99interpr%C3%A9tation%20stricte%20de%20la%20loi
%20p%C3%A9nale,III%29.%20...%205%20IV%29.%20...%206%20V%29.%20

 https://www.savoir-juridique.com/les-droits-de-lentrepreneur-et-du-salarie-en-france/#:~:text=La
%20libert%C3%A9%20d%E2%80%99entreprendre%20recouvre%20en%20partie%20la%20libert
%C3%A9,droit%20fr%20depuis%20le%20d%C3%A9cret%20d%E2%80%99Allard%20de%201791.

 https://www.vie-publique.fr/fiches/20272-principe-de-legalite-ladministration-soumise-au-droit

LA TABLE DES MATIERES

Introduction…………………………………………………………………………………………………………………......……………….3
Chapitre 1 : la participation prouvée de l’entrepreneur individuel 7
Section 1 : L’entrepreneur poursuivi en tant qu’auteur ou coauteur ….. 7
Section 2 : L’entrepreneur poursuivi en tant que complice 11
Chapitre 2 : la participation présumée de l’entrepreneur individuel 13
Section 1 : le nécessaire recours aux présomptions. 13
Section 2 : les limites du recours aux présomptions. 17
Conclusion…………………………………………………………………………………………………………………………………..……21

Biblographie……………………………………………………………………………………………………………………………………..23

Table des matières……………………………………………………………………………………………………………………………24

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18

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