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Intellectica.

Revue de
l'Association pour la Recherche
Cognitive

L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales,


éléments de rapprochement
Pierre Vermersch

Abstract
Attention : Between Phenomenology and Experimental Sciences. A Comparison.
This article compares two approaches to attention. The first is phenomenological ; it takes into account the point of view of the
subject. The second, characteristic of experimental science, adopts a third person point of view, thus ignoring the point of view
of the subject. The difference in status granted to attention is what the first section of this article is about. After that, we turn to
static aspects having to do with the structure of attention, and then to dynamic aspects as related to attentional movements and
their micro-temporality. In the conclusion, we discuss the limits of each of these approaches as well as their complementarity.

Résumé
Cet article compare deux approches de l'attention. La première est phénoménologique, elle prend en compte le point de vue du
sujet. La seconde qui caractérise les sciences expérimentales adopte un point de vue en troisième personne ignorant le point
de vue du sujet. La différence de statut accordé à l'attention fait l'objet de la première partie. Nous traitons ensuite des aspects
statiques portant sur la structure de l'attention, puis des aspects dynamiques relatifs aux mouvements attentionnels et à leur
micro temporalité. En conclusion, nous revenons sur les limites de chacune de ces démarches ainsi que sur leur
complémentarité.

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Vermersch Pierre. L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales, éléments de rapprochement. In: Intellectica.
Revue de l'Association pour la Recherche Cognitive, n°38, 2004/1. Raisonnement causal. pp. 325-362;

doi : https://doi.org/10.3406/intel.2004.1717

https://www.persee.fr/doc/intel_0769-4113_2004_num_38_1_1717

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Intellectica , 2004/1, 38, pp. 325-362

L'attention entre phénoménologie et sciences

expérimentales, éléments de rapprochement

Pierre VERMERSCH*

Résumé : Cet article compare deux approches de l'attention. La première


est phénoménologique, elle prend en compte le point de vue du sujet. La
seconde qui caractérise les sciences expérimentales adopte un point de vue
en troisième personne ignorant le point de vue du sujet. La différence de
statut accordé à l'attention fait l'objet de la première partie. Nous traitons
ensuite des aspects statiques portant sur la structure de l'attention, puis des
aspects dynamiques relatifs aux mouvements attentionnels et à leur micro
temporalité. En conclusion, nous revenons sur les limites de chacune de
ces démarches ainsi que sur leur complémentarité.

Mots clefs Attention, conscience, phénoménologie, psycho


phénoménologie, point de vue en première personne, point de vue en
troisième personne, Husserl, épistémologie.

Abstract: Attention: Between Phenomenology and Experimental Sci¬


ences. A Comparison. This article compares two approaches to attention.
The first is phenomenological; it takes into account the point of view of
the subject. The second, characteristic of experimental science, adopts a
third person point of view, thus ignoring the point of view of the subject.
The difference in status granted to attention is what the first section of this
article is about. After that, we turn to static aspects having to do with the
structure of attention, and then to dynamic aspects as related to attentional
movements and their micro-temporality. In the conclusion, we discuss the
limits of each of these approaches as well as their complementarity.

Key words', attention, awareness, phenomenology, phenomenological


psychology, first person point of view, third person point of view,
Husserl, epistemology.
326 P. VERMERSCH

Sommaire

Introduction,
1. Statut de l'attention
2. Structure de l'attention
3. Dynamiques de l'attention
3.1 Micro genèse de l'attention
3.2 Propriétés fonctionnelles de l'attention
3.2.1 Fonctionnalité génériques et effectives
3.2.2 Les gestes élémentaires de l'attention.
3.2.3 Les mouvements de l'attention
4. Biais, manques, limites, de l'étude de l'attention
Biais programmatiques
Biais méthodologiques
Esquisse des apports réciproques entre les différentes
disciplines
Introduction
A un moment où la prise en compte du point de vue en première
personne s'impose comme inévitable pour élaborer une théorie géné¬
rale de la conscience, puisqu'on ne peut faire l'économie de docu¬
menter ce dont le sujet est conscient selon lui pour qu'elle soit
complète, beaucoup de chercheurs en psychologie et en neurologie
se sont tournés
théorique. En conclusion
vers la phénoménologie
d'un long travail
de Husserl
collectifcomme
de recherche
source
phénoménologique sur l'attention considérée comme modulation de
la conscience, il m'a semblé que c'était un thème particulièrement
propice au rapprochement et à la mise en relation au point de vue
psycho phénoménologique dans une perspective en première per¬
sonne et du point de vue en troisième personne représenté par les
abondants travaux de psychologie expérimentale sur l'attention et
plus récemment par les apports de la neurophysiologie de l'attention.
Dans ce qui suit, l'appellation phénoménologie de l'attention re¬
couvre tous les apports du point de vue en première personne. Quand
Husserl est cité ce n'est généralement pas dans sa seule perspective

1 Cet article se situe dans la perspective des travaux de phénoménologie de l'attention


entrepris à Paris avec plusieurs groupes de recherche depuis plusieurs années (le séminaire
de pratique phénoménologique que j'ai co-animé F. Varela et N. Depraz, le séminaire du
groupe de recherche sur l'explicitation GREX que je dirige, le séminaire du Collège
international de philosophie CIPH organisé par N. Depraz et celui du Centre de recherche
en épistémologie appliquée CREA organisé par B. Pachoud. Que soient ici remerciés tous
ceux et celles avec qui j'ai partagé expériences et élaborations théoriques
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L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 327

propre, mais plutôt dans un nouvel usage que l'on peut faire des
résultats de son travail de pionnier, sans pour autant endosser la tota¬
lité de son programme transcendantal. Cet article a donc pour but
d'aider à dégager des questions et des programmes de recherche dans
le domaine de l'attention, et pour cela de comparer les conceptions et
plémentaires
les résultats issus
mais dequi
démarches
de fait qui
sontdevraient
exclusives
être l'une
en principe
de l'autre.
com¬

L'abondance des données issues des recherches expérimentales est

telle qu'il
donc cherché
est quelques
impossible
axes
d'en
privilégiés
faire unpar
recensement
la plupart exhaustif,
des auteursj'ai
et

points
qui permettaient
de vue. de faire jouer le rapprochement entre les différents

Tout d'abord j'aborderais la différence de statut de l'attention dans


les deux perspectives. Puis j'essaierais de couvrir les principaux
points en envisageant
l'attention, puis les d'abord
aspects les
dynamiques,
aspects statiques
d'une de
part
la structure
en ce quide

concerne lasesmicro
examinant différentes
temporalité
fonctionnalités.
de sa mobilisation,
La dernièred'autre
partie part
se veut
en

cherchant
soulignant
synthèse età
leurs
mise
mettre
biais
enenet
comparaison
évidence
leurs manques.
leur
descomplémentarité,
deux approches,mais
à la aussi
fois en

1. Statut de l'attention

Entre les programmes de recherche phénoménologiques et psy¬


chologiques une des différences les plus radicales est celle du statut
théorique de l'attention. Bien sûr, c'est une des bases de la méthode
phénoménologique que de se préoccuper de distinctions d'essence
avant toute étude empirique. Les expérimentalistes rétorqueront
qu'une fois cette clarification faite, elle ne cerne pas pour autant les

propriétéslede
d'opérer
observations,recueil
l'objet
enquêtes,
ded'étude.
données
expérimentations
Etempiriques
qu'il n'en effectives
en
reste
s 'attendant
pas moins
nousà apprennent
nécessaire
ce que les

des choses que la seule analyse éidétique ne nous aurait pas fait dé¬
couvrir.

principal2,
Chaque mais
fois à
qu'Husserl
titre de clarification
écrit sur l'attention
instrumentale
ce n'est
relativement
pas à titre
à

un problème
de
prolégomènes
l'attention de
à
soit
une
phénoménologie
clairement
phénoménologie
positionné
générale
de la
pour
qui
signification
être
suppose
résolu.
qu'un
a-t-il
Ainsi,
besoin
aspect
en

2 Ce dont il a eu souvent le projet par ailleurs : cf. les notes personnelles de 1906 sur le
programme de travail qu'il estime nécessaire d'accomplir (Husserl, 1998) p 400-405. Je
n'ai pas indiqué la totalité des textes dans lesquels Husserl traite de l'attention, je n'en ai
retenu que trois, encore qu'un quatrième (Husserl, 1972a) - en particulier la seconde
recherche- aurait pu être ajouté, quoiqu'il soit plus tourné vers une discussion des théories
328 P. VERMERSCH

de distinguer deux formes d'attention toutes deux également néces¬


saire, l'attention portée au son ou à la forme visuelle des mots, de
l'attention portée simultanément en direction de la signification indi¬
quée par ces supports sensoriels cf. (Husserl, 1995) et mon commen¬
taire (Vermersch, 2000a). Dans le tome un des Idées directrices,
travaillant
sur la méthode
sur les
phénoménologique,
conséquences de illaa structure
besoin denoético-noématique
préciser les effets
des variations de l'attention sur ce qui peut se donner à la description
Cf.
1998).
le Le
§ 92
changement
de (Husserl,
de direction
1950) et de
mon
l'attention
commentaire
ou le (Vermersch,
changement
d'objet modifient-t-ils cet objet (analyse des conséquences sur le

versant modifient
noème,
donne, noématique)
par exemple
t-elles
?dans
Oucebien,
lesnoème
degrés
les modifications
? Le
de clarté
troisième
suivant
dans
texte
lalesquels
donation
portantil sur
du
se

mentaire
l'éveil de (Vermersch,
l'attention, sa1999b).
dynamique
En préalable
cf. (Husserl,
à ces 1991)
questions,
et mon
l'auteur
com¬
doit situer l'attention. Sa réponse constante est que l'on ne peut étu¬
dier l'attention qu'en relation avec la conscience, qu'en tant qu'elle
est un
des « mutations
type de modification
» et à la fois
de ne
l'intentionnalité,
modifie pas fondamentalement
qui à la fois opère
la

structure etintentionnelle
matique égoïque La dans
citation
sesci-dessous
trois composantes
n'est qu'une
: noétique,
note dans
noé¬
un

de psychologues
l'attention
les ses livres
et majeurs,
sa critique
de sonpourtant
époque.
de l'absence
elle résume
de réflexion
bien à lasur
fois
ce le
point
statut
chez
de

« L'attention
moderne. Le caractère
est un thème
sensualiste
central de
de la
cette
psychologie
dernière

n'apparaît nulle part de façon plus frappante que


dans sa manière de traiter ce thème : pas une fois, en
effet la relation eidétique entre attention et inten-
tionnalité - à savoir le fait fondamental que
l'attention n'est
modifications intentionnelles-
qu'une espèce n'afondamentale
été mise en lu¬
de
mière jusqu'à présent, du moins à ma connaissance.
... qu'on est ici au commencement radical et pre¬
mier de
suite de l'étude
la doctrine
doit être
de l'attention
conduite dans
et que
le cadre
toute de
la
l'intentionnalité et ne peut être, bien entendu, traitée

3 De ce fait ce paragraphe 92 est un mini traité sur l'attention dans ses relations avec
l'intentionnalité et par voie de conséquence (auto réflexivité de la méthode
phénoménologique) sur toute la phénoménologie dans la mesure où l'attention est par ses
fonctions électives et sa mobilité l'instrument premier de l'exploration phénoménologique
des vécus cf. sur cette perspective (Vermersch, 1998).
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L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 329

d'abord comme une étude empirique, mais avant


tout comme une étude eidétique. »
Le point central est le fait que l'attention « n'est qu'une espèce
fondamentale de modifications intentionnelles », ou comme il le
formule
qui affecte
au début
la conscience».
du paragraphe
De « cette
un type
simple
remarquable
indication,
de plusieurs
mutation

conclusions peuvent être dégagées, la première est qu'attention et

conscience
plus dans lanemesure
sont jamais
où la disjointes,
modulationmais
attentionnelle
ne se confondent
a le statut
pas d'un
non

moment dépendant de la conscience. De même que la couleur n'est

pas
conscience.
détachable
Cependant
d'une surface,
on peutl'attention
disserter par
n'estailleurs
pas détachable
et séparément
de la

propriétés
pigments
par
mais
mise
un
de
donner
contraste
sur acte,
les
couleur
lumière
contexte
se
comme
qui
affaire
tâche
propriétés
la
présente
certaines
se
l'apprentissage
nécessitera
en
visée,
sont
àses
n'est
qui
que
une
évidence
mais
empirique
productive
entre
etc.
un
phénoménologiques
opérés.
performances,
ladu
dynamique,
comme
apparaître
propriétés
comme
détachable
de
comme
De
baigne,
deux
cadrage,
pour
l'attention.
la
directement
En
particulier,
et
et
états
même
objet
une
être
de
une
conséquence,
l'exercice
finalisée.
direct,
de
ni
la
elle
de
ses
différence,
perçu
façon,
la
modulation
d'entendement
texture
des
En
choses.
lalimites,
comme
couleur,
ne
mais
liées
à
revanche
focalisation
propriétés
le
En
ne
un
va
certaines
contraste
de
l'attention
Nous
second
vont
à
engagement
au
une
la
pas
il
la
un
comme
est
plasticité
couplage
surface,
si
de
modification,
m'
sommes
apparaître
de
parce
l'on
possible
propriétés
de
lieu,
entre
apparaître
l'intentionnalité,
l'œil
neon
cet
veut
de
va
dans
puisque
de
que
deux
peut
monde/corps,
ainsi
acte.
humain,
la
pas
de
saisir
sa
que
qui
saturation
de
résultat
une
le
changements
modification
avertis
directement,
pouvoir
On
ne
liées
l'attention
faire
toutes
mutation
structure
ni
n'ade
peut
donc
à
pour
d'un
être
une
pas
des
les
un
se
la

difficulté à procéder à une saisie phénoménologique de l'attention,

4 Note de Husserl, page 322 de l'édition française de Husserl op. cit. § 92 « Les mutations
attentionnelles au point de vue noétique et noématique ». Ce texte est écrit en 1911, il se
réfère à la modernité de son époque : Wundt, l'école de Wurzburg, Lipps, Pfander, Stumpf
etc. Ce qui rend d'autant plus étonnant le caractère actuel, contemporain, de la critique
formulée par Husserl il y a bientôt un siècle.
5 Le terme « moment » n'est pas utilisé en un sens temporel, mais dans l'usage technique

qu'en
«0propriété
est
ressouvenir.
mutation
C'est
unfaitacte,
moi
qui
Husserl
». n'est
qui
Le
un concept
pas
acte
substitue
quidétachable
équivaut
qui
de module
le terme
modulation,
de
au ceterme
les
qui
de me
lui
noèses
«demodulation
sert
paraît
« propriété
deélémentaires,
support.
pouvoir
» »,à un
introduire
celui
moment
telleutilisé
lal'idée
dépendant
perception
par
queHusserl
l'attention
est
ouune
de
le
330 P. VERMERSCH

essayer de tourner son attention directement vers l'attention de ma¬


nière naïve ne produit pas de description directe de l'attention. Elle
donne seulement
c'est-à-dire ce quilaest
découverte
vu, entendu.
statique
Elle de
peut
ceencore
à quoidonner
je suis-moyen¬
attentif,
nant la réduction phénoménologique et le changement de visée-
l'acte de voir, d'entendre, d'imaginer, mais pas encore l'attention. En
tant que telle, l'attention ne peut m' apparaître rétrospectivement que
comme résultat d'une comparaison de deux moments entre lesquels
la direction, la focalisation, le mode, ont changé et apparaissent donc
en plus du visé (le noème) et de la visée (la noèse). Enfin , cette ma¬
nière de concevoir l'attention comme « modulation de » permet en
retour, à un niveau théorique plus général de voir une nouvelle fa¬
cette de la conscience, dans le sens où elle n'est pas seulement ca¬
ractérisée par l'intentionnalité et sa structure ternaire indissociable
(noème, noèse, ego), elle est aussi caractérisée par différentes espè¬
ces de mutations. Les phénomènes attentionnels en constituent une
espèce, les degrés de la conscience en constituent une autre.
Si l'attention est une modification de la conscience, elle est tou¬
jours présente dans tous les actes intentionnels, dès lors la difficulté
méthodologique
associée en permanence.
est de pouvoir
Il est très
la distinguer
facile, par
de exemple,
tout ce à de
quoi
glisser
elle est
de
l'analyse de l'attention à l'analyse de la perception visuelle, c'est-à-
dire de glisser du point de vue de la modulation de la conscience à
l'acte intentionnel qui la sous tend. C'est tellement vrai que les étu¬
des de psychologie expérimentales sur l'attention se sont principale¬
ment appuyées
grâce au paradigme
à partir
de l'écoute
des années
dichotique
50 sir, ont
les disparues
phénomènesde laauditifs
rubri¬
que « attention
cialisées sur l'audition.
» pour ne se retrouver que dans des publications spé¬

Husserl affirme fortement le caractère distinct de l'attention en


tant qu'objet d'étude, sans pour autant l'argumenter dans le détail
mais semble renvoyer à des études antérieures à 1911 qu'il reste pour
le moment difficile à identifier dans les textes publiés. En tant que
modulation, l'attention semble donc pouvoir être caractérisée par le
fait qu'elle est la noèse d'une noèse, que son noème généralement
non réfléchi est une noèse qu'elle contrôle et fait varier8. Et le fait
même de pouvoir distinguer entre ce qui varie et ce qui fait varier

L'écoute dichotique est une situation expérimentale où le sujet porte un casque et reçoit
des messages différents et simultanés sur chaque écouteur.
8 Cette interprétation de l'attention comme « noèse d'une noèse » n'est pas le point de vue
exprimé par Husserl, mais mon interprétation des données dont nous disposons. En effet,
si on imagine comme le fait l'auteur dans le § 92 des Ideen I, que l'on immobilise dans un
temps donné, sur un objet donné la visée, on peut encore voir qu'il y a une possibilité de
mouvement de l'attention. Ce mouvement encore possible manifeste un acte qui contrôle et
organise les actes plus élémentaires.
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L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 331

indique la présence d'une instance distincte pouvant faire l'objet


d'une étude particulière. Husserl le montre d'une manière admirable
du point de vue du raisonnement scientifique en faisant une expé¬
rience de pensée : il suppose pour simplifier qu'une seule noèse de
perception soit mise en œuvre, avec une seule chose noématiquement
fixée,
fixé reste
un constant
temps déterminé
: d'exploration pendant lequel ce qui est

« Il est alors évident que ce vécu maintenu fixe peut


subir des altérations que nous désignons précisé¬
ment sous ce titre : simples changements dans la
distribution de l'attention et de ses modes » p. 318
op.cit.
et un peu plus loin :
«... .En quoi consiste le changement ? Si l'on souli¬
gne et que l'on compare les composantes noémiques
parallèles il consiste, disons-nous, uniquement en
ceci : dans un cas c'est tel moment de l'objet, dans
un autre
bien : un cas
seul c'est
et même
tel autre
moment
qui est tantôt
«préféré
« remar¬
» ; ou

qué à titre primaire », tantôt seulement à titre se¬


condaire, ou simplement « tout juste encore co-
remarqué », à moins qu'il ne soit « complètement
non-remarqué », tout en continuant d'apparaître. Il y
a précisément différents modes qui appartiennent
spécialement à l'attention comme telle. Les modes
d'actualité forment ainsi un groupe qui se détache
du mode de / 'inactualité, que nous nommons pure¬
ment et simplement inattention, et qui est le mode si
l'on peut dire de la conscience morte. » p. 319 op.
cit.

Nous reviendrons plus loin sur le type de modifications de préfé¬


rence, de degrés de priorité et de mode que l'auteur décrit. Le point
important est que dans ce passage il cherche à mettre en évidence
l 'essence de l 'attention : c'est-à-dire ce qui peut encore varier quand
on a créé les conditions pour que plus rien ne varie dans la structure
une
intentionnelle,
modulation, alors
correspondant
il existe encore
à la distribution
une source dede variation
l'attention,
possible,
dont il

faudra décrire plus tard le détail.


L'attention est ce qui peut encore changer dans la conscience
quand on a rendu constant tous ses autres aspects.

der
à laUn
d'une
modalité
auteur
manière
visuelle.
contemporain
comparable
Cependant,
comme
pourlà,Wolfe
cerner
la mise
(Wolfe,
l'attention,
en évidence
1998)
en se
vafera
limitant
procé¬
sur

le mode empirique et non plus imaginaire. Il choisit une tâche dans


laquelle le sujet peut voir une figure géométrique dessinée à l'écran :
332 P. VERMERSCH

il y a une couronne de L, ces L sont orientés dans toutes les direc¬


tions, au centre du cercle une croix est dessinée qui servira de point
de fixation au sujet de telle façon qu'il n'y ait pas de mouvement des
yeux, et la présentation sera faite en un temps suffisamment bref
pour
L, se qu'il
situe n'y
un Xaitetpas
un T
de renversé.
saccades Si
oculaires9.
l'on fixe Dans
le centre
cette
ducouronne
cercle sans
de

bouger
nomène
n'aperçoit
chercher
cessing
retinal
your
contrôlé
tion
tant
pour
puisqu'ils
globe
une
lettrevariation
sein oculaire,
strictement
de
ability
opérer
Toculaire,
image
les
ce
is
sont
ici
le
de
pas
sont
performated.
yeux
qui
Tce
to
l'identification,
opérés,
«un
pop-up,
did
la
«sont
est
fixés-mais
identify
you
mais
covert
alors
(semble-t-il)
présence
stimulus
not
déjà
may
les
des
lechange.
ce»conditions
de
visible
itAssuming
X
not
ne
de
changements
du
as
dessiné
est
de
surgissement
sont
recherche
see
T.
des
al'expérience
immédiatement
l'attention
(cf.
Your
T.
Maintenant,
it,
pas
mouvements
»de
comportementales:
that
Yantis,
until
pattention
manière
des
de
13
de
you
some
portée
mouvements
direction
op.
cible,
perceptive.
mais
1998),
maintained
si saillant,
cit.
sort
déterminée
l'on
to
- àelle
non
the
spontanément
la
Ce
cette
of
vous
derecherche
une
additional
a«plus
qui
Aill'attention
physiques
Tfixation,
variation
été
yce
demande
seule
»et
est
ade
changed
mise
moment
un
délimi¬
fixé
l'œil,
de
fixa¬
phé¬
pro¬
the
est
on
de
du
au
en
et
la

évidence dans une expérience analogue par Helmholtz (Helmholtz,


1962/1909) dès la fin du I9ieme siècle. De nouveau, dans cette

démonstration
siques
par
n'estl'immobilité
pas
comme
du même
de pour
ceux
mouvements
de
type
mettre
la que
direction
en
les
quiévidence
précédentes.
ne
du sont
regard,
pas
unetout
des
La
mobilité
est
démarche
mouvements
rendu
restante
constant
est phy¬
très
qui

semblable à celle d'Husserl, transposée dans le registre de


l'empirique,
cas l'attention
la est
différence
une variation,
est l'éclairage
chez Husserl
du résultat.
elle est Si
modification
dans les deux
de
la conscience et en ce sens elle peut, me semble t-il être nommée une
modulation de la conscience, alors que dans la tradition de la psy¬
chologie
dence de expérimentale
la variation, tout
se suffirait
se passeà comme
soi-même
si cette
sans mise
avoir en
à être
évi¬
rapportée à un cadre plus large. Ce qui domine les différentes appro¬
ches récentes de l'attention (cf. Hatfield, 1998), c'est la dimension
fonctionnelle : l'attention est essentiellement présentée comme « ce

9 On se et
fixations souvient
de saccades,
que la les
perception
saccades visuelle
étant dess'organise
mouvements
à la de
base
typeen balistiques
une succession
de l'œil
de
dont nous ne sommes pas réflexivement conscient. Les saccades permettent de passer
d'une fixation à une autre, elles sont d'une autre nature que les changements de direction
de regard, d'orientation de la tête ou du corps. Les saccades se produisent en moyenne au
rythme de 3 à 4 par secondes, les fixations durent elles, en moyenne 250 ms cf. (Hoffman,
1998) pour une présentation de base.
Intellectica, 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 333

qui sélectionne », ce qui filtre, ce qui magnifie ce qui est ainsi sélec¬
tionné ou inhibé de ce qui ne l'est pas. Cette conception n'est pas
justifie
fausse, mais
la critique
le fait de
d'être
Husserl
isolée
dans
du cadre
la mesure
que fournit
où ellel'intentionnalité
induit une fai¬

blesse
sous le théorique.
titre de l'attention
Par exemple,
se demandent
les auteurs
à un
demoment
cette époque
ou un publiant
autre de

l'analyse de leurs résultats si ce qu'ils étudient relève bien de

l'attention.
sur ce qui module
Sans cesse
et contrôle
ce qui est
la sélection.
sélectionné
Ou(le
bien
contenu)
le « sélectionner
prend le pas
»

(l'acte) étant par exemple sensoriel, visuel, alors la sélection est


attribuée à entre
distinction la perception,
le niveaupas
desà la
actes
visée
élémentaires
attentionnelle.
et celui
Il n'yde
a plus
la mo¬
de

dulation attentionnelle. Dès lors, il semble que par défaut, il n'y ait
guère
une complication
besoin du théorique
concept d'attention
inutile. qui n'apparaît plus que comme

la vision)
Une autre
est celle
conception
d'une moderne
« glue » qui
de l'attention
assemblerait
(toujours
des traits
rapportée
élémen¬
à
taires pour constituer des formes et des objets identifiables. Cette
conception vient du travail de Treisman (Treisman, 1998), suivant
traits
laquelle
élémentaires
la perception
(features)
se fait -d'abord
couleurs,
parorientation,
la sélectiontexture,
précocetaille
des

etc.-
tincte
objets.
fois
élémentaires
comme
«
comparer
serl
L'idée
de
nologue
s'ils
posteriori.
après
binding
traits
la
de
peuvent
qui
pour
dans
Cette
question
de
le
l'éveil
sur
élémentaires
se
»cette
discrimination
sont
est
constituer
les
projettent
le
théorie
être
etfait
une
conception
de
aires
de
les
celle
conscientisables,
de
la
l'attention
des
objets.
qui
visuelles
sélection
ne
des
savoir
à
defonctions
implique
un
peut
précoce
leur
totalités
avec
premier
Suivant
s'ils
en
àassemblage
donc
primaires
l'approche
partir
une
de
effet
non
sont
rendus
de
niveau
l'auteur,
l'attention.
de
sélection
plus
consciente,
que
ou
du
laréflexivement
(VI),
non
distinction
génétique
champ
questionner
cortical
hauts
ence
conscients,
précoce,
totalités
Il
et
rassemblement,
niveaux,
est
de
comme
sont
defaite
des
intéressant
pré
manière
le
conscients
soulève
signifiantes
assemblées
propriétés
phénomé-
ou
donation.
la
par
puis
encore
notion
Hus¬
à
dis¬
des
de
ce
la
a

La dimension sélective est bien présente dans la conception phé¬


mais
noménologique
précisément
de l'attention,
ces fonctions
sous électives
le titre de
sont
fonctions
subordonnées
électivesà,

l'intentionnalité. Cependant ces différences de conception de

l'attention
conscience
d'un
où une
programme
conception
reposant
jouent-elles
decentrée
essentiellement
recherche
un sur
rôle
?l'idée
Ildans
me
sur
de
semble
l'orientation
l'ampleur
modulation
que de
oui,
de
et
ladans
la
référence
la conscience,
conception
la mesure
à la

permet
objet d'étude.
de mieux
Par exemple,
anticiper pour
les difficultés
mieux prendre
qu'il en
y compte
a pour son
saisir
statut
cet
334 P. VERMERSCH

épistémologique de fonction au second degré, ne pouvant apparaître


clairement que par le contraste entre deux phases du vécu. Reste à
organiser
pondre à cette
l'étude
question
des questions
en examinant
particulières.
d'abord Je
la vais
description
essayerstructu¬
de ré¬

rale de l'attention
dynamique
fonctionnel. à la fois
dans
dules
point
différentes
de vue disciplines,
génétique etpuis
du la
point
description
de vue

2. Structure de l'attention
A un premier niveau de description, l'attention, pour Husserl
comme pour tous ses contemporains, est un concept unitaire. La
grande différence introduite par les sciences empiriques au XXe
siècle est d'en faire un concept présentant plusieurs facettes bien
différenciées, au point que dans les ouvrages récents nombreux sont
ceux qui doutent de l'utilité de le conserver au risque d'induire une
représentation unitaire d'un ensemble de phénomènes qui semblent
fois
en particulier
distincts etliés
inter-reliés.
à de nombreux modules neurophysiologiques à la

Le caractère unitaire du concept d'attention


Le couplage entre psychologie expérimentale et neurophysiologie
a conduit à distinguer trois structures différentes participant à
l'attention, différenciées à la fois par leur fonction et par les structu¬
res nerveuses qui les supportent. Tout d'abord le concept de vigi¬
lance 10, comme état d'éveil au monde, comme condition de tout

échange
entre
d'une
c'est-à-dire
veuses
mettant
L'orientation
40
innés
2000).
structures
1949ms,(Moruzzi
le
structure
ou
distinctes,
Cette
fonctionnant
àsujet
plus
dédiées
l'organisme
sédimentés
devitesse
est,
et
complexe
&
réponse
nerveuse
le
elle
dont
àMagoun,
ce
monde
purement
deaussi
mode
les
sans
de
réponse
àentre
diffuse
temps
répondre
des
;basée
1949).
de
lasur
identification
l'organisme
stimuli
réaction
vigilance
etde
«sur
une
Ensuite,
le
laréponse
très
fait
une
réticulée
identification
nouveaux
est
rapidement
qu'il
est
structure
le
sémantique
encore
sont
etbasée
concept
»son
y découverte
de
ait
et/ou
intéressante
etde
sur
une
l'ordre
environnement,
àdes
d'orientation
traits
des
(Humphrey,
1'
intéressant.
voie
voies
activation
de
signaux
par
et
et20
dans
ner¬
per¬
des
en
à,

le domaine de l'affectivité (LeDoux, 1996), puisqu'elle participe du


déclenchement possible d'une réponse émotionnelle sur un mode
ultra rapide avant toute identification sémantique de ce qui provoque
l'émotion
fication du(on
signifiant).
retrouve l'idée d'une réponse basée sur la seule identi¬

10 Cependant dans certains cas le terme de vigilance est aussi utilisé pour désigner une
attention soutenue en présence d'événements rares cf. (Pashler, 1998b) p xi : « Sustained
attention in monitoring low-frequency events ».
Intellectica , 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 335

Enfin le troisième concept est celui d'attention volontaire, ou de


conscience. C'est là qu'un flou s'introduit dans la théorisation des
rapports entre conscience et attention, la tendance étant soit de n'en
plus parler et de passer sur la fonction de sélection, soit d'assimiler

les deux
larité temporelle
mais pour
estn'en
que rien
là aussi
faire.
onLe
a affaire
point important
à des structures
dans lanerveu¬
granu-

ses distinctes et des temps de réponses de l'ordre de 400 ms, ce qui


est le temps correspondant à une identification sémantique (qu'est ce

vitesse
qui m'affecte),
lement d'un
des réponses
facteur
donc 10)
un
entre
par
ordre
orientation
rapport
de grandeur
à l'orientation.
et attention
extrêmement
La
consciente
différence
lent (globa¬
sera
de

intéressanteapproches,
différentes à considérer
dans dans
la mesure
les analyses
où elle suggère
micro génétiques
l'existencedes
de

deux
peut
du
cela
est
D'un
que quart
àtout
correspond
se
soixante,
point
processus
laisser
de
ce de
seconde
quice
vue
apercevoir
est
àmicrogénétiques
qui
une
en
de
(250
est
première
l'ordre
croche
relativement
ms)
réflexivement
est
ou
depersonne,
à
facile
laparallèles
une
demi-seconde
lent
double
à avec
identifier
et
l'identification
facile
et
assez
croche
non
(500ms)
à(pour
de
percevoir),
pas
quand
facilité,
un
sémantique
d'un
ou
musicien
la même
noire
puis¬
alors
seul.

âue
ans ce
un qui
premier
est detemps
l'ordre
surdele lamode
réponse
de «d'orientation
l'invisibilité »,
va par
se donner
le fait

visée
fait
visées
d'abord
phénoménalité
nelles
cluant
en
et
orientées
structure
criptives
raître
aspects
donc
l'acte,
centrée
qu'il
ce
consciente
1999a)
des
qui
phénoménologie,
Si
que
toujours
égoïque,
y
l'on
ses
en
la
àne
sur
relativement
différents
dans
-l'attention
suratripartite
chaque
vigilance
àà
alors
prouve
restant
élèves,
les
après
rentre
un
la
ce
latypes
àcentrée
fois
qui
perspective
que
de
changement
faire
coup.
pas
étape,
qu'il
au
il
plus
la
de
visé
soit
et
par
étroitement
la
d'actes,
faut
pour
àniveau
transition
avec
qu'elle
l'orientation
la
sur
source
toujours
est
avant
la
par
du
se
conscience
suivre
qui
dimension
intéressant
phénoménologie
une
statique:
souvenir
l'acte,
leurs
fait
-par
de
ne
dans
et
est
visée
complémentaires,
le
est
ce
puisse
le
le
du
àdifférences
fait
dont
exemple
moment
le
la
qui
inapercevable
modèle
donnant
que
changement
descriptive
statique
de
racine
contenu,
détail
d'un
pas
est
on
porter
leurs
ne
être
comparable,
sujet.
précis
de
de
émotionnel
de
des
;lieu
trouve
et
une
analyses
l'attention
le
àl'attention
l'acte,
rendue
noétique
génétique,
structures
la
Reprenons
mais
sens
de
au
à
du
visée
description.
trois
pas
moment
centration,
changement,
par
; réflexivement
faisant
sont
et
donc
(Vermersch,
noématique,
l'équivalent
visées
centrée
de
exemple
en
enfin,
attention-
et
ces
toujours
Husserl
restant
même,
en
par
appa¬
On
trois
des¬
une
des
ex¬
sur
la
le
a
336 P. VERMERSCH

Orientation descriptive noétique.


Du point de vue noétique, Husserl conçoit bien l'attention comme
modification de la conscience, mais en lui attribuant le rôle d'une
fonction élective, d'une fonction de préférence, de choix de la visée.
Il établit une distinction entre deux fonctions électives qu'il lui faut
radicalement distinguer : la première qu'il nomme le « remarquer »,
la seconde
ou même dele vivre
prendre-pour-thème,
dans le thème correspondant.
ou encore le fait
Cette
de porter
distinction
intérêt,
lui

j'écoutais
distinguer
forme
de
remarquer,
écouterais-je
nonciation,
précocement
un
ments
tention
mode
n'est
toujours
sert
Si
lité
d'un
second
son
cier
conception
donnée
laquelle
remment
sont
que,
quoi
comme
question,
que
multiples
le
pour
1972b).
ce
j'étais
«cas
poser
de
œuvre
des
prendre
de
l'intérêt
travail
il
nombre
qu'une
jamais
l'étude
qui
faisiez-vous
de
des
qui
l'élocution,
sera
se
cas
: du
base
sensorielle.
En
la
saisies
un
remplissement
àoutre
est
déterminante
à«
contente
phoniatre,
entre
le
signifiants
la
une
dimension
la
le
est
Que
travers
se
remplissement
l'autre
toujours
effet,
pouvoir
manière
délimité
de
bruit
pour
ainsi
dans
des
ce
c'est
compose.
peut
dans
seconde
timbre
tourne
d'obliger
qu'elle
valeur
portant
dimension
l'attention
même
thèse
regardiez-vous
variations
exprimé.
ce
l'œuvre
thème
le
...
la
le
d'apercevoir
contenir
la
attention
les
La
intéressant
traversant.
orthophoniste
de
type
d'informer,
par
visée.
écrits
rythme
vers
qui
»),
sensorielle,
en
question
instrumentale,
peut
discours
«sur
(l'espace,
Cette
quand
la
notion
»limite
terme
l'observateur
Leçons
le
Philosophie
différencie
de
le
voix
de
qui
noématique,
cognitive
est
La
des
ne
et
contenu
Cette
de
de
?regard,
de
fait
Husserl,
distinction
»,
l'attention
pas
celui-ci
est
première
certainement
l'attention
englobante
de
sens
noèses
aetc.
en
de
dans
l'énonciation,
une
Ainsi
àde
sur
d'alimenter
plutôt
ou
distinction
priori
le
tournée
ce
s'avérer
tournant
ou
ce
«noématique
Cette
multiplicité
la
différents.
la
temps,
une
comme
plus
vers
un
prendre
la
de
ne
du
puisqu'elle
professeur
moment-là
àmultiplicité
direction
emboîtées
dimension
àest
signification
et
travail
qu'une
qui
distinguer
apluralité
semble
distinction
point
un
dans
quoi
l'arithmétique
englobante,
vers
: pertinente
donc
tout
une
mon
«entre
le
l'une
condition
est
remarqué
l'intérêt.
pour
Et
les
se
le
Le
son
des
en
de
attention
momentané
conjointe,
tournée
thématique
particulièrement
question
àintérêt
orienté
là,
tourne
son
?troubles
le
de
conceptuelle
est
et
des
d'un
point
seconde
vue
détachée
chaque
tâches
»par
le
intérêt
«àest
donc
»chant
du
mobilisée
des
Cette
remarquer
thème
pour
par
Mais
ce
plus
méthodologi¬
particulier
op.
ensemble
exemple)
vers
mon
apparue
fort
»que
tout
vers
en
mots
moment,
restrictive
finalisées,
de
et
»
rapport
personne,
de
fois
(Husserl,
cit.
peut-être
terme
différen¬
fécondes
seul,
qui
des
l'intérêt
de
seconde
par
renvoie

intérêt.
la
dans
de
le
la
visées
appa¬
ou
Non,
pour
qua¬
dans
cette
sens
pro¬
élé¬
l'at¬
très
»une
ildu
de
ou
ne
ce
la
le
et
àa

Intellectica , 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 337

productives, échelonnées sur une temporalité moyenne (minutes et


multiples de minutes) et longues (heures et multiples ou sous multi¬
ples de l'heure) propre à toutes les situations de la vie quotidienne.
C'est aussi un des résultats les plus originaux de la description
phénoménologique , dont on ne trouve pas d'équivalent dans les
cette
approches
distinction
des sciences
pourtantdefondamentale
la cognition. entre
Je n'ai
« ce
lu qui
nulle
estpart
remarqué
ailleurs
»

et « ce est
absence qui inévitable
est visé ».dans
Dans
la mesure
les approches
où le monde
expérimentales,
pré défini, propre
cette

aux dispositifs expérimentaux, en même temps qu'il semble donner

la possibilité
dans l'étude de
d'opérer
1 attention
un contrôle
puisqu'il
efficace,
imposantintroduit
ce à quoi
un biais
doit spuissant
intéres¬

nière
ser le dont
sujetilildélimite
ne se donne
son intérêt.
jamais De
la possibilité
ce fait, la de
distinction
documenter
entreladeux
ma¬

fonctions de l'attention ne peut apparaître. Curieusement cette dis¬


tinction phénoménologique est une des rares au sein des élaborations

phénoménologiques
gamme d'actualité, tout
à opérer
ce quisur
est une
de l'ordre
temporalité
de la minute
moyenneet ses
(dans
frac¬
la

poursuite
médiatement
rent
but
dimension
tions
comme
limites
retour
saisie
jusqu'à
avec
ou
fonctionnelles
de
explicitante
thème
de
multiples)
l'intérêt
d'une
les
temporelle
saisies
satisfaction
(c'est-à-dire
de
modes
tâche
recherche
etc.
simultanées,
c'est-à-dire
quique
temporels).
de
finalisée
suppose
du
la
en
la: remplissement
visée
capacité
moins
phénoménologie
ladont
une
résistance
gamme
La
entraîne
d'une
durée
lede
visée,
résultat
maintien,
de
seconde,
validant.
élargie,
de
àdurée
comme
la
nombreuses
ne
n'est
distraction,
correspondant
effet
s'est
pour
une
Cependant
intérêt,
pas
de
poursuite
rester
pas
obtenu
la
interroga¬
perte
est
fatigue,
donnée
cohé¬
cette
à
une
im¬
du
la
et

Orientation descriptive noématique.


Si l'on se tourne maintenant dans la direction de la visée noéma¬
tique, l'apport le plus remarquable de l'analyse de Husserl est la
conception selon laquelle, en structure, le champ de ce qui peut faire

est
informe
11 Cependant
le fondement
sans la mise
conception
même
en forme
de de
la l'attention
présentation
de ce à quoi
comme
denous
James,
signifiant
portons
le monde
avant
intérêttout
ne
dit-il
serait
«porter
cf. qu'un
James
intérêt
chaos
op.cit
à»
,

chapitre XI. On sait que Husserl a lu James assez tôt et avec grand intérêt (Husserl 1995,
op. cit. p. 401). Dans ses notes personnelles de 1906 il écrit : «Puis vint la leçon sur la
psychologie de 1891/92 qui m'a fait entrer dans les écrits de psychologie descriptive, m'y
confronter avec ardeur. La Psychologie de James dont je ne pouvais lier que quelques
petites parties, a suscité quelques éclairs. Je voyais comment un homme audacieux et
original ne se laissait lier par aucune tradition et cherchait à fixer et à décrire ce qu'il
intuitionnait. ». Cependant on ne trouve pas chez James la structure d'opposition
338 P. VERMERSCH

l'objet du « remarquer », comme du « prendre pour thème », est


toujours feuilleté en une multiplicité de couches simultanément pré¬
un
sentes.
thèmeAinsi
principal,
au moment
il y a même
un remarquer
où il y secondaire
a un remarquer
ou encore
primaire,
des co-
ou
remarqués qui se donnent simultanément mais auxquels je n'accorde
pas autant d'attention ni sur le même mode, mais plus encore toute
situation vécue est incluse dans une structure d'arrière plan, plus tard
Husserl dira
inactuelle, non
unevisée
structure
en tant
d'horizon
que telle,
qui présente
est à la àfois
un présente
degré zéro
et
d'activité. On a donc à tout moment, une organisation en plusieurs
plans, simultanément présents, autour de ce qui fait la focalisation
attentionnelle
d'intérêt. Il y aaussi
des choses
bien en
qui termes
se donnent
de remarquer,
simultanément
qu'en
et qui
terme
af¬
fectent le sujet à des degrés divers sans pour autant qu'il y ait une
saisie attentionnelle explicitante, ni une saisie réflexive (quoique
cette dernière soit toujours possible après coup). Pratiquement, cela
engage le chercheur phénoménologue à toujours reprendre la pre¬
mière description d'un vécu, pour se tourner vers les co-présences
(co-remarqués, comme co-intérêts) qui pour n'avoir pas été réflexi-
vement conscientisées au moment même peuvent toujours faire
l'objet d'une
trospective déplaçant
visée réflexive
le rayon rétrospective,
attentionnel dans
sur leune
vécu
réactivation
passé au sein
ré¬

plansa
de faire
méthodologique
remémoration
émerger àvivante.
d'avoir
la conscience
Ilconscience
est de toute
réfléchie
qu'il
première
estrétrospective
toujours
importance
possible
plus
au

d'information que ce que je crois en posséder, dans la mesure où il


m'est toujours
attentionnel et prendre
possible pour
rétrospectivement
thème des aspects
de déplacer
de mon mon
vécurayon
vers
lesquels je n'étais pas tourné de façon prioritaire au moment où je les
ai pourtant vécus. A ce modèle d'une double fonction élective et
d'un feuilletage du champ de l'attention, Gurwitsch (Gurwitsch,
1957; Gurwitsch, 1985) va apporter l'idée complémentaire que le
champ de conscience est structuré autour d'un noyau central défini
thématiquement par « l'intérêt », avec immédiatement relié tout ce
qui est pertinent
(Arvidson, 2000). à cet intérêt et le reste qui constitue la marge

Peut-on trouver une équivalence de cette structure stratifiée du


champ de l'attention dans les sciences de la cognition ? Il ne me
semble pas. Cependant l'esquisse d'une telle conception s'impose
aux chercheurs de manière indirecte, par nécessité fonctionnelle. En
effet, dès qu'il y a une cible, une sélection dominante, un focus at¬
tentionnel, alors il y a aussi, ne serait-ce que par défaut, ce qui
l'entoure et n'est pas visé. Cette opposition entre centre et marge
était déjàdans
quement nettement
les recherches
présente sur
chezl'attention
James. Onvisuelle
la retrouve
dans la
automati¬
lecture,
en effet ici comme ailleurs on retrouve la question du mouvement de
l'attention, qui se traduit dans ce cas par le déplacement du point de
Intellectica, 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 339

fixation d'un point de la ligne à l'autre. Ce déplacement se fait sur un


mode particulier, la saccade est un mouvement balistique qui se pré¬

programme
pas
sur quelle
s'arrête
en cours
de base
façon
avant
de la
route.
son
adaptée
prochaine
déclenchement
De ce
au saccade
fait
motlasuivant,
question
et
estune
programmée,
ou
fois
inévitable
à la
initié
syllabe
comment
ne
est se
de
suivante
corrige
savoir
elle

d'un mot complexe, ou au prochain syntagme si la phrase est simple.


Pour cela, disent les auteurs, il faut qu'à côté de la saisie fovéale (1 à

ait d'angle
une pré-attention
maximum)dans
attentionnelle
la zone para-fovéale
correspondant
qui àpermette
la fixation,
la cali¬
il y

bration de la saccade à venir. On a donc par nécessité fonctionnelle

entre
liée aux
attention
paramètres
fovéale
dufocalisée
fonctionnement
consciente
visuel
et une
gagné
pré-attention
une distinction
para

fovéale
dans
(Braun,
les non
Koch,
expériences
consciente
& Davis,
non(cf.
2001),
plus
Hoffman
de
la lecture,
recherche
op. cit.).
maisde De
de
la cible
recherche
la même
se fait
manière
visuelle
sur le

fond des distracteurs qui entourent la cible et dont le sujet a une


« conscience d'ambiance » (ambient consciousness). Car on ne peut
rendre compte d'une recherche visuelle que sur fond de ce qui n'est
pas la cible et qui est pourtant traité au moins partiellement. De la
même façon, un simple comptage de points sur un écran suppose de

ne
de
nomment
sur ce
pas
dequi
nouveaux
recompter
al'inhibition
déjà été
points
deux
fait
dufois
(Wright
auretour
moment
le même
&
(phénomène
Ward,
même
point,

1998),
etl'attention
découvert
donc
ce de
quetenir
est
par
cesfocalisée
compte
auteurs
Posner

(1984, 1985). Au total, si l'idée d'une périphérie émerge comme une

nécessité
elle ne faitfonctionnelle
pas l'objet d propre
une thématisation
à tel ou telthéorique
paradigmeen expérimental,
tant que telle
comme on le trouve chez les auteurs du XIXe siècle ou en phénomé¬
nologie. Mais on voit bien ici jouer pour toutes les recherches, le
biais du choix de tâches ou de situations privilégiées. Husserl dans
ses exemples vécus ou imaginaires, se réfère à des situations com¬

plexes
interventions
dont il ànelapeut
fois ignorer
source la
demultiplicité
distractionsdes
et actes
en même
simultanés,
temps non
des

visées
«
citement
écologique.
les,
d'une
sant,
naturelle
par
ils
détermination
etc.,
souci
ancrée
avancent
»,d'une
Dans
«de
habituelle
dans
contrôle,
certaine
la
des
même
absolue
cerésultats
que
»manière
créent
époque
avec
l'on
de rigoureux
ce
leun
appellerait
il
déjà,
monde.
qui
reste
monde
est
lesen
proposé
et
Sa
recherches
artificiel
maintenant
prise
àréférence
la fois
avec
audans
sujet.
expérimenta¬
ils
une
reste
éliminent
lavalidité
relation
Ce
fiction
impli¬
fai¬

totalement
dans les tâches
toute
réelles
une ougamme
écologiques
de questions
. issues de l'engagement

flagrant
12 Cependant
chez dans
les les
expérimentalistes
publications récentes
qui dans
sur lal'introduction
psychologie de
de l' leur
attention,
livre leou
malaise
chapitre
est
340 P. VERMERSCH

Orientation descriptive égoïque.

dre La
Husserl
enstructure
: compte tripartite
de ses detrois
Fintentionnalité
termes : noèse,
rendnoème,
nécessaire
ego.de Selon
pren¬

« les diverses configurations attentionnelles


comportent en un sens tout à fait spécial le carac¬
tère de la subjectivité ... Le rayon de l'attention se
donne comme irradiant du moi pur et se terminant à
l'objet, comme dirigé sur lui ou s'en écartant. Le
rayon ne se sépare pas du moi, mais est lui-même et
demeure rayon-du-moi. » 1

il
plus
sence
quepourrait
Dans
aloin
une
du ce
et
pôle
valeur
sembler
l'on
passage
duquelconque
pourrait
moi,
qu'une
assez
constitutif
même
elliptique,
fois
pourse
ceci
la
de
demander
recherche.
la
exprimé,
cestructure
qui est
si ilcette
affirmé
intentionnelle.
soit dimension
difficile
c'est la
d'aller
égoï¬
Mais
pré¬

queLa
instant,
difficulté
ce qui
pour
estaller
vécuplus
est sous
loin est
l'orientation
de dépasser
d'un
le moi
fait qu'à
donné,
cha¬
et
que cette unité ne permet pas au moment même d'apercevoir le moi
présent,
qu'il est dans
le pôle
la mesure
de tous où
les ilvécus,
englobe
et ce
cequi
quipourrait
se passe,le ou
contenir
bien encore
serait
simplement le moi contenant. La seule échappatoire à cette limita¬
tion, qui semble un blocage rédhibitoire est contenue dans les actes
où précisément il y a deux « moi », l'un présent et sous l'éclairage
duquel s'opère le vécu actuel de se souvenir, l'autre présentifié dans
le souvenir, présent sur le mode de la présentification, donc du sou¬
venu. Husserl le décrit bien dans tous les textes où il montre qu'il y a
superposition de deux couches noétiques, comme dans le souvenir ou
l'imagination. En même temps que ces vécus posent une structure
noético-noèmatique double, par exemple je suis en train de percevoir
quelque chose tout en étant dans le souvenir d'autres choses, ils po¬
sent la présence d'un moi dans le souvenir, distinct du moi se souve¬
nant actuellement, et pouvant même rencontrer un conflit de valeur,
d'appréciation, etc.14. Dans une attitude non phénoménologique, il

est possible
que
alorsle par
contraste
exemple
d'apercevoir
avecface
le moi
dans
à un
actuel
leconflit
souvenir
soit intérieur,
suffisamment
un moi une
passé,
grand
contradiction,
à condition
: je suis

s'excuse
quoi les du
résultats
caractère
renvoient
artificieleffectivement
des tâches étudiées
à la mise
et de enquestion
œuvre qui
de se
l'attention
pose de savoir
dans les
en
activités scolaires, professionnelles, sportives etc. cf. (Pashler, 1998a; Pashler, 1998b),
Wright (Wright, 1998) etc.
13 Husserl 1913, op. cit. p 321.
particulier
14 cf. sur laceleçon
point
42. toutes les analyses très détaillées d'Husserl (Husserl, 1972c) en

Intellectica, 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 341

m' apportant la preuve que tel engagement a été pris par moi, mais

dans
nouveau
à la constitution
une correspondant
autre co-identité.
progressive,
auL'étape
moi
par apprentissage
dudechercheur
différentiation
et
enexercice,
phénoménologie,
suivante
d'un
est moi
liée

qui, lorsqu'il est engagé dans une description de son vécu, sait qu'il

peut
grant
moi
ger
tités.
l'examiner
présent
en
se
le recourant
dégager
rappel
dans
à un
du
de
leinstant
moi
à souvenir
laune
seule
présent
donné
autre
perspective
par
dans
partie
ilcomparaison
faut
le vécu
de
pouvoir
desoi-même,
son
passé.
avec
d'une
moiPour
d'autres
actuel
part
et apercevoir
d'autre
s'en
enco-iaen-
ydéga¬
inté¬
part
le

vécu
Enseinterprétant
demander : laQui
phénoménologie,
le vit, qui a cetonintérêt
peut ?à C'est
proposparticulière¬
de chaque

ment comme
nel, intéressant
celui
pour
du comprendre
chercheur en
l'avènement
phénoménologie
d'un moiapprenant
profession¬
à

Vermersch,
dirigerfine
tion son de
intérêt
2003).
son de
Cette
vécu
manière
dimension
(Depraz,
particulière
égoïque
Varela,
pour
me
&produire
semble
Vermersch,
une
absente
descrip¬
2003;
des

travaux actuels sur la cognition. Ce n'est d'ailleurs pas étonnant puis¬

ment
que la
lespsychologie
différents sujets,
expérimentale
ne conçoit si
paselle
qu'ils
échantillonne
peuvent varier
soigneuse¬
au sein

pétences
d'une
imaginer
question
nelles,
une
psychothérapeute,
alarmes
forme
même
beaucoup
et
: très
l'intérêt
les
qui
d'attention
personne
différentes.
consignes
estd'identités
l'attention
intéressé
qu'il
particulière,
et
dans
peut
Dans
mobiliser
?professionnelles
une
au
yBeaucoup
le
avoir
sens
salle
domaine
que
ainsi
corporel,
àcedocumenter
de de
commande
des
soit
de
compétences
constituées
motivations,
l'attention
la
l'application,
capacité
etc.
la réponse
reposent
flottante
profession¬
à des
gérer
on com¬
peut
à sur
les
du
la

3. Dynamiques de l'attention
Deux directions de travail distinctes sont à envisager dans la
comparaison des théories et résultats quant à la dynamique de
l'attention. La première concerne la modélisation de ce qui se passe
au niveau le plus élémentaire de la mise en œuvre de l'attention, le

niveau
tés
nelles.
liées
micro-génétique.
qu'Husserl
à la mise nomme
en œuvre
Laoriginaire
seconde
de l'attention,
se
et rapporte
que l'on
les à
pourrait
propriétés
toutes les
qualifier
fonction¬
proprié¬
de

3.1 Micro-genèse de l'attention


Le terme de micro-genèse est un terme moderne qui n'est pas

utilisé
fait
nelle.
élémentaire,
titution,
entre
Le
par
du
modèle
20
Husserl;
déroulement
danset
ms de
la
600
il
Husserl
temporalité
désignera
ms.deIl(Husserl,
tout
s'agit
ce
« ce
micro
qui
d'une
qui
1991;
se»précède
déroule
genèse
inférieure
Husserl,
au
lors
la sens
à2001)
saisie
de
la chaque
d'une
seconde,
attention-
comporte
cons¬
acte
de
342 P. VERMERSCH

trois étapes, une étape finale de saisie attentionnelle, nommée éveil


du Je, une étape initiale où il n'y a pas de saisie attentionnelle mais
qui comporte la matière de tout ce qui pourra venir à l'éveil, que
Husserl décrit comme un champ, ou comme pré donation, ou encore
domaine de la passivité, entre ces deux étapes un passage, un seuil.
Pour situer ce cadrage, on peut dire qu'en amont de ce qui est dans le
champ de prédonation, et qui affecte le sujet, est le domaine de qui
ne l'affecte pas encore mais pourrait le faire, qui en a la propriété,
donc la potentialité, et que l'on peut nommer « pré affection ». Par
exemple, tout ce qui peut affecter les organes sensoriels, tout ce qui
appartient à la sédimentation des pensées, images, émotion etc. A
l'aval les
toutes de la
saisies
saisie,correspondant
se développeront
à des les
objets
saisies
de plus
explicitantes,
en plus com¬
puis
plexes et abstraits.
Le champ de prédonation est composé non pas d'objets (un objet
présuppose toujours chez Husserl, l'intentionnalité), mais de traits,
de moments,
entre eux pardedes
parties,
lois d plus
association,
élémentaires
régiesqu'un
par les
objet,
concordances
qui sont liés
et

les
compétition
la
un
dynamique
réfléchie.
réflexive
gique
réfléchie,
ciente,
àsaillant,
d'objectités.
tentionnelle,
dimension
celui
l'attention.
la
saisie.
ensemble
discordances,
conscience,
d'un
(Vermersch,
niseEn
après
en
ce
Pourtant,
Je.
détache,
noétique
égoïque
est
pour
passage
terme
il
ceA
d'éléments
Ce yde
coup,
sens
n'est
partir
accéder
atout
etne
de
une
2000b).
attire
signifiant
des
selon
correspondant
ilce
est
conscience
que
pas
au
ydimension
deforces
dynamiques,
synonyme
qui
aàle
moins
l'auteur,
cet
redire
être
l'éveil,
bien
Je,
De
en
que
éveil,
d'affection
et
intentionnelle,
structure
permet
ce
àque
directe,
ainsi
noématique
le
pour
la
de
il
au
champ,
apparaît
rayon
inter
conscience
dès
l'éveil
est
type
s'opère
attirer
lani
de
aisé
qu'il
différentes
description
reliés.
un
attentionnel
en
d'acte
champ,
dula
la de
en
d'en
le
termes
élément
ysaisie,
Jetendance
passage
directe
aforme
Le
ne
et
une
mobilisé,
avoir
c'est
propre
de
pas
qui
phénoménolo¬
dedevient
lestructure
la
d'objet,
est
encore
«rentrent
conscience
conduisant
àêtre
du
une
formation
tenir
dire
toujours
de
Je
etsaisie
cons¬
cette
»vers
plus
tout
non
une
in¬
en
de

On peut se poser de nombreuses questions sur la structure de ce


passage, sur le fait qu'il soit graduel ou abrupt, mais aussi sur ce qui
détermine ce qui vient à l'éveil. Comment sont organisés ces élé¬
ments dans le champ d'ensemble, au-delà des lois de principe que
donne Husserl ? On peut aussi se demander si la saisie, ou plus loin
le maintenir-en-prise,
faudrait décomposer. D'autant
ne sont que
pas cette
des notion
« atomes
de saisie
descriptifs
joue »unqu'il
rôle
important dans toute l'œuvre. Par exemple, le point clef des leçons
sur la
duit justement
conscience
par intime
cette expression
du temps (Husserl,
: « un son1964,
de violon
1905),
estest
là, intro¬
je le

Intellectica , 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 343

tiens ». Ce «je le tiens » est tout entier examiné sous l'angle de la


rétention, c'est-à-dire du son conservé en mémoire, mais il est si¬
multanément
conscience se regardable
focalise, élitsous
ce son
l'angle
de manière
de l'attention,
primaire. du fait que la

La nécessité d'un niveau « pré attentionnel » en psychologie


expérimentale
Si l'on examine maintenant les travaux de psychologie expéri¬

proprié,
pourrait
même
«
fait
cette
mentale,
ménologie,
l'attention
Lollo,
d'opérer
chose
en
information
pré
cours
que
»dimension
de
raisonnement
2001).
requise
le
sachant
multiplier
toujours
une
ce
de
s'est
sujet
est
on
pour
que
réalisation,
fixation
Par
s'aperçoit
fortement
pour
imposée
aque
je
pré
le
dans
fait
les
exemple
lirais
programmer
qu'Husserl15
cecontrôler
attentive
attention
oculaire,
exemples
l'esprit
mouvement
comme
il
que
pour
présente.
démarre
selon
lad'une
va
que
le
à.il
question
dimension
dans
antérieurement
pour
moment
Dans
être
faut
est
l'œil
Hoffman
L'idée
et
mise
lesquels
balistique,
faire
s'arrête,
les
systématiquement
que
produise
de
en
suivant
dispositifs
«
d'une
j'aie
l'hypothèse
la
pré
relation
(1988
les
micro
à
il
attentionnelle
il
déjà
étape
le
auteurs
caractérisé
son
ane
op.
mouvement
donc
avec
expérimentaux
dynamique
se
initiation.
saisi
préalable
d'une
cit.),
corrige
manipulée
suivent
la
fallu
quelque
phéno¬
par
»avant
étape
une
(Di
pas
ap¬
On
de
leà

par des
d'écran,
contre préparatoire
leparadigmes
premier écran
oujouant
supposé
présenté
sur
neutre.
pouvant
l'enchaînement
On jouer
va ainsi
un des
chercher
rôle présentations
préparatoire,
à explo¬

jective,
mentales,
rersujet
le
par
dynamique
de
cherche
résultats
les
inference
propriétés
telles
va
pas
pour
traiter
du
établis
àque
sur
traitement
documenter
reconstruire
le
de
sans
ladans
sujet
l'étape
base
savoir
pourrait
un
pré
de
les
paradigme
pré,
le
attentionnel.
comparaisons
àdonnées
rôle
quoi
en
les jouant
de
conscientiser
elles
relevant
cesIltroisième
en servent.
sur
différentes
entre
s'agit,
des
deaprès
conditions
modifications
dans
l'expérience
Onpersonne
propriétés,
procède
coup.
tous les
expéri¬
quidonc
sub¬
cas,
que
ne
la

Micro genèse et filtrage

s'est
Lasurtout
question
exprimée
de la micro
en terme
genèse
de de
« sélection
l'attentiontardive
portée ou
à une
sélection
chose

précoce » (cf. (Pashler, 1998a) et sur la notion de filtre (Broadbent,

15 Husserl (1991) op. cit. p 84 : « Le percevoir, l'orientation perceptive vers des objets

singuliers,
du
vers
donation
et à Je.
laquoi
contemplation
Comme
duquel
notre
leur telle,
contemplation
surgit
perception
perceptive.
ellele présuppose
moment
peut
et» leur
sesingulier
que
tourner.
exploitation,
quelque
qui... nous
chose
Mais
tout
excite
nous
il
cela
y pour
asoit
esttoujours
déjà
antérieurement
ainsi une
dire
unopération
àchamp
la perception
pré-donné
de
active
pré
344 P. VERMERSCH

1958)) de ce à quoi le sujet faisait attention de manière privilégiée. Si


tous les stimuli atteignent les récepteurs sensoriels, ou comme le dit
la phénoménologie,
d'excitations périphériques,
si tous àm'affectent,
quel moment et etsont
suivant
donc quels
des sources
modes,
certains parviennent à la conscience comme saisie attentionnelle ?

oreille
Les premiers
dence des
reçoit
différences
un
travaux
message
dans
d'écoute
différent
le devenir
dichotiques,
(Cherry,
des stimuli
1953)
dans auxquels
lesquels
ont mis le
en
chaque
sujet
évi¬

faisait attention par rapport à ceux qu'il ne visait pas. L'observation


de base est que le sujet est capable de répéter l'un ou l'autre message

quand
oreille.
simultanément
attentif.
de
montré
tactiles.
pas,
temps,
filtre
pendant
présenté.
Tout
pour
poussée
parmi
théorie
qué,
saisie
que
les
traités
traits
ce
tive,
élaborés
terme
(Duncan,
exceptions
pas
ming,
son
signaux
signification
sont
1968).
répéter,
langage
qui
ressources,
propre
tourné
ce
tendrait
la
serait
les
est
ce
qu'une
correspondant
perceptive,
d'autres,
cf.
on
appartient
àde
d'objet,
Mais
Cette
àdes
de
Du
sélection
On
il
électrophysiologiques
qui
de
traité,
recherches
un
jusqu'à
Le
Mack
lui
1980;
quoi
la
faut
une
il
sans
nom
(Luck,
àla
coté
montre
niveau
savoir
phénomènes
va
consigne
fait
de
quand
àne
demande
hypothèse
la
chose
sélection
envoyé
qu'elle
faire
ils
et
le
théorie
et
faire
mots
que
&
peut
dans
Mack
première

que
àun
il
seul
est
non
reste
ne
1998;
Irvin
seulement
une
ainsi
comment
élémentaire,
il
le
yàfasse
faisant
admettre
niveau
quasiment
l'objet
le
présents
le
sont
l'a
de
active,
ait
passive,
des
sujet
ce
&sur
de
détermination
n'étant
sujet
canal
précoce,
alternative
op.
que
l'expérimentateur.
Luck
Irvin,
fait,
été
qui
équivalents
une
la
tourner
théorie,
propriétés
l'autre
pas
l'objet
le
appel
n'est
cit.),
sélection
d'identification
de
les
n'en
distinguée
est
qu'au
comme
auquel
alors
remarque.
sélection
dans
s'il
mettent
&
au
attentifs.
pris
1998;
rien
l'attention.
non
sujets
visé
traité
dans
pas
suppose
Beach,
peut
sens
son
au
oreille
dise
d'une
comme
permettrait
le
niveau
en
feraient
dire
comme
on
physiques
paradigme
est
sémantique.
orienté,
tardive,
Mack
la
canal
dans
attention

en
lequel
décrire
ne
rien,
compte
des
ce
qui
n'est
En
Depuis,
de
élaboré
détermination
vers
1998).
élaboration
remarquent
ce
évidence
que
le
le
qui
La
autres.
l'autre
Cette
fonctionne
les
vers
raison,
&qu'il
soit
objets,
qui
l'objet
plus
pas
un
fait
on

le
laquelle
Rock,
de
question
que
les
avers
des
domaines
Tout
est
de
stimulus
message
d'autres
sémantique,
peut
tout
lequel
plus
attentif,
ne
anticipation
été
La
rendre
que
périphérique
Le
message
par
stimuli
une
dans
mais
visé
stimuli,
l'amorçage
l'une
l'ait
d'une
théorie
les
1998;
pas,
même
cognitive
présupposé
aussi
simultanément
avant,
l'on
comme
ildéfaut.
réaction
le
demeure
d'une
capte
travaux
stimuli
un
comme
compte
n'était
pas
A
ou
qu'il
ne
ou
visuels
sujet
sont
distingue
troublant
sélection
Norman,
qui
excluant
présenté
changer
premier
puisque
alterna¬
que
traitent
soit
l'autre
remar¬
du
toutes
chose
filtre.
Cette
vient
de
n'est
était
(pri¬
plus
tous
sont
àpas
but
des
ont
ce¬
est
en
et
la

Intellectica, 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 345

en premier, mais non remarqué par le sujet, est démontré produire un


effet dans une seconde tâche B, effet mesuré en termes de gain dans
le temps de réponse, ou en termes de réponses privilégiées dans une

présent
marqué
complétion
par
si lede
le sujet
sujet).
motsdonne
(on donne
le mot
lesqui
trois
a premières
été présenté
lettres,
en A,et et
l'effet
non re¬
est

Il se pourrait que ces deux modèles opposés soient en fait com¬

plémentaires,
tives
sciences
s'avèrent
(cf. lecomme
toutes
débat deux
onde
cela versus
vraies,
s'est souvent
corpuscule)
suivant produit
l'effet
où les
de
dans
variables
théories
l'histoire
alterna¬
encore
des

masquées. Dans notre cas, il semble que l'on ait à la fois un traite¬
ment sémantique de tous les stimuli et l'exclusion massive de ceux
qui ne sont pas visés ou qui ne capturent pas l'attention par leurs
protentionnelle
saillances propres
sont
; ou
sélectionnés
que certains
ou stimuli
s'imposent
du fait
dèsdeleleur
niveau
adéquation
le plus

précoce, alors que d'autres apparemment comparables ne le sont pas.


Le point à leétablir
d'arriver plus la
délicat
non-consciencee
des démonstrations
des stimuli
expérimentales
initiaux. Le seul
est
critère utilisé est celui de la verbalisation. La distinction entre cons¬
cience directe et réfléchie (Vermersch, 2000b) montre que ce critère
est asymétrique, la verbalisation est la preuve de la conscience réflé¬
chie, mais l'absence de verbalisation est seulement la preuve qu'il
n'y
ait eu
a pas
conscience
encore de
directe
conscience
susceptible
réfléchie,
d'être
ce amenée
qui n'exclut
à la pas
conscience
qu'il y

réfléchie.
tif, de l'absence
On se heurte
de conscience.
ici à l'impossibilité
Comme souvent
d'établirdans
un critère
la tradition
néga¬

expérimentale, des centaines d'expériences de laboratoire très rigou¬


reuses
accumulation
au regard
de commentaires
des critères de
contradictoires,
scientificité, débouchent
amendant lasur
valeur
une

de chaque conclusion partielle, évoquant d'innombrables variables


indépendantes non encore explorées, chacune devant donner lieu à la

mise image
une
d'interprétations
faite entre
au point
la
deforce
d'expérimentations
rigueur
inépuisables...
de la
intellectuelle
démarcheCela
spécifiques.
expérimentale
et d'ouverture
relativise
Le l'opposition
et
tout
àlalafaiblesse
donne
superposition
àsouvent
la
d'une
fois

démarche
que. Aucune
qualitative,
de ces plus
démarches
« comprehensive
à elles seules
», plus n'est
phénoménologi¬
pleinement

convaincante. En revanche les deux, dans leurs modes propres, sou¬


lèvent par leurs analyses des questions différentes et fécondes.
Si l'on veut, maintenant, mettre en relation ces résultats scientifi¬
médiatement
ques avec l'approche
du fait de
phénoménologique
la différence deune
mise
difficulté
en scèneapparaît
des deux
im¬

approches. Les études expérimentales sont toujours basées sur une


tâche imposée, qui cadre les effets que l'on va obtenir, alors
constitue
qu'Husserlune
pour
épure
analyser
abstraite
les propriétés
en éliminant
du champ
l'histoire
de pré
du donation
sujet et en
la
346 P. VERMERSCH

présence des autres. Cette technique de modélisation produit des


conclusions sans spécifier la manière dont elles pourraient être véri¬
fier
comparer
ou invalider
les modèles.
empiriquement.
Le modèle
Il ne
Husserlien
reste doncestque
suffisamment
la possibilitéflou
de
dans les déterminations de l'éveil pour être compatible avec celui de
prédonation
la sélection précoce.
: 1) dans Illesestdeux
assez
cas,
concordant
ce qui domine
avec celui
ce nedu
sont
champ
pas les
de
objets, mais les traits élémentaires et leur saillance respective, 2) ces
traits leaffectent
nant rôle privilégié
tous le sujet.
de la La
visée
comparaison
comme moteur
est plus
de difficile
sélectionconcer¬
dès le
niveau de l'affection, et le fait que ce qui n'est pas visé semble non
traité
les exceptions
dès ce niveau
à ce modèle
initial. comme
Cependant
la mise
il reste
en évidence
la difficulté
de résultats
d'intégrer
à
priori contradictoires de stimuli à la fois identifiés (donc traité

jusqu'au
renvoyer
encore masquées.
niveau
vers l'hypothèse
sémantique
Nous avons
detardif),
la présence
à l'heure
et nondeverbalisés.
actuelle
variables
suffisamment
Ce
intermédiaires
qui semble
de

recul
tions sur
apparentes
l'histoiresignent
des sciences
la nécessité
pour savoir
de déplier
que de
plus
telles
avant
contradic¬
l'objet
d'étude. A cet endroit, nous pourrions dire que pour de bons motifs,
nous échouons
recherche, sinon àque
rapprocher
la micro genèse
les résultats
de la saisie
des attentionnelle
diverses lignées
est un
de
champ d'investigation qui a du sens pour toutes les parties présentes.
Micro genèse et structure du champ : la théorie de
l'intégration des traits de Treisman
Supposons, maintenant, que nous privilégions le modèle de la
sélection précoce. S'il n'est pas suffisant pour couvrir la totalité des
mènes.
donnéesL'approche
obtenues, ilexpérimentale
semble bien établi
a cherché
pour àunaffiner
ensemble
la caractérisa-
de phéno¬
tion de ce qui pouvait faire l'objet d'une sélection précoce en

traits
paré
identifiant
àélémentaires
les viser,
les traits
leur
doivent
élémentaires
caractère
être saillants
élémentaire
se détachant
sans devant
que le
spontanément.
sujet
être mis
se soit
en pré¬
évi¬
Ces

dence par le fait que leur détection est indépendante du nombre de

nes
distracteurs
que formes,
la théorie
présentés
transposé
de la gestalt
simultanément.
au domaine
a fait pour
desl'organisation
Onpropriétés
a ainsi unélémentaires.
passive
équivalent
des de
bon¬
Elé¬
ce

jets
mentaire
totalité
res.
des parties
sont
Le des
fait
élaborés
auou
traits
sens
que
propriétés.
est

tous
tardivement
elles
traitée
les Un
ne
traits
decorrespondent
autre
par
façon
soient
intégration
aspect
nonégalement
sémantique,
depas
de
cette
à des
cesthéorie
ettraits
simultanément
objets,
et que
élémentai¬
est les
mais
queob¬
la
à

traités
capacité
mantique
à une seule
induit
quasiment
tardive,
désambiguïsation
l'hypothèse
à fonction
illimitée.
d'un
sérielle
Par
à traitement
la opposition,
fois
et à (les
capacité
simultané
fameux
à l'identification
étroitement
mécanismes
en parallèle
limitée
sé¬
de
à

Intellectica , 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 347

canal unique ou de bottleneck). Dans cette perspective le travail


empirique
dans le domaine
a consisté
visuel
à essayer
releverd'établir
du traitlaélémentaire
liste de tout: de
la qui
couleur,
pouvait
la

texture,
les effetslesdedegrés
vernier
de? ,curvature
etc. On d'emblée
, l'éclairage,
apercevoir
la forme,
avec
l'orientation,
cette liste,

ou
que d'une
attentionnelle
deur
liés
attentionnelle
zontale
aux
le
dont
fait
etautres
verticale
l'étude
pièce,
departiculière
(Vermersch,
travailler
fenêtre
on
n'a
sont
peut
été
attentionnelles.
derajoutée
exclusivement
penser
exclut
l'ordre
2002) l'investigation
que
du
que
estsurgissement
de
récemment,
les
Par
sur
la
défauts
exemple,
taille
écran,
desspontané.
d'une
d'orientation
ainsi
dans
effets
quand
que
grande
une
de
la
les
profon¬
fenêtre
effets
hori¬
salle

élémentaires
Les travaux
au sein
les plus
de l'ensemble
récents explorent
de la fenêtre
non seulement
attentionnelle,
les traits
mais

encore plus finement les contrastes possibles au sein d'une même


dimension de traits élémentaires. Par exemple, le fait qu'il y ait un
effet de trait entre des formes de taille différentes, entre des couleurs
identiques mais à des saturations différentes etc. Ce qui domine,
c'est la mise en évidence d'une différenciation assez grossière au
sein d'une même dimension. Comme si ce qui se jouait au niveau
pré-attentif restait relativement peu différencié. Une autre ouverture
s'est opérée sous la pression de nouvelles données conduisant à
concevoir la notion de saillances élémentaires comme pouvant non
seulement relever de « traits », mais aussi de places ou encore de
localisations au sein de la fenêtre attentionnelle, voire d'objets dans
la mesure où l'agrégation des traits donne lieu à une nouvelle totalité
élémentaire.
blent se différencier
On sait par entre
ailleursauque
moins
les mécanismes
deux systèmes
perceptifs
distincts
sem¬

(Mishkin, 1983; Norman, 2002). D'une part la « voie dorsale »


spécialisée dans l'orientation spatiale, le repérage égocentrique des
localisations, l'intégration privilégiée au contrôle de l'action motrice,
rapide, et
œuvre accédant
donc relativement
très peu à la
plus
conscience
difficile réfléchie
à verbaliser
dansdans
sa mise
l' après
en

coup, puisque le travail de conscientisation reste à faire. D'autre part

traitant
la « voielesventrale
sémantique, localisations
plus lent
», est
queet
spécialisée
le les
précédent,
rapports
dans
basé
spatiaux
l'identification,
sur des
parrepères
des jugements
laimagés,
saisie

relatifs, allocentriques,
facilement verbalisable. très lié à la conscience réfléchie et plutôt

Tous ces éléments montrent une diversification des propriétés de


champ au niveau élémentaire. La perspective expérimentale admet
bien un niveau
correspondre le concept
pré attentionnel
husserlienauquel
de champ
il semble
de pré possible
donation, de
mais
faire
la

1161 Mise
Termeentechnique
référencequi
optique
désigne
de deux
différents
traits.rayons ou forme d'une courbe.
348 P. VERMERSCH

démarche empirique cherche non seulement à établir la dynamique


de ce champ, non seulement le principe de sa composition, mais
lors
aussique
rénumération
l'on saisit cette
des possibles
énumération,
pour un
sa discriminabilité
canal sensoriel donné.
interne,
Dès
la
variété de sortes de composants (traits, localisation, composition de
traits comme totalité), on aperçoit à travers différents dispositifs
expérimentaux une approche de la compétition entre ces possibles,
suivant le type de tâche. Il me semble que pour des chercheurs inté¬
ressés par les propriétés les plus élémentaires de la sélection atten-
tionnelle, l'intégration des données expérimentales, leur relecture est
incontournable et permet maintenant de dépasser et d'enrichir
gent
l'approche
des biais
phénoménologique.
réducteurs, puisque
Reste
l'intérêt
que porté
les deux
à la approches
constitution,
parta¬
aux
phénomènes les plus élémentaires tend à épurer les interactions ef¬
fectivementfonctionnel,
recherche présentes, ce
auqui
risque
est ledecasnedeplus
Husserl.
délimiter
L'autre
un risque
objet est
de
de créer des micros mondes, des miniatures temporelles et spatiales
qui permettent
sait plus comment
bien ils
de mettre
s'intègrent
en évidence
dans des
destâches
effets,complexes,
mais dont on
com¬
ne
ment l'élémentaire se raccorde au niveau de la poursuite de buts
fonctionnels comme l'exécution de tâches professionnelles.
3.2 Propriétés fonctionnelles de l'attention
Tout en restant dans la dynamique de l'attention, quittons
l'échelle micro-génétique
l'attention. Il ne s'agit plus
pour
de nous
la constitution
intéresser d'une
à la mise
saisie
en attention-
œuvre de
nelle, ou des conditions de la dynamique micro temporelle de l'éveil
attentionnel,
avec cet éveil.mais de la mise en œuvre de l'attention qui commence

3.2.1 Fonctionnalités génériques et effectives


Il nous faut distinguer deux aspects différents de la description de
cette mise en œuvre, ce qui nous conduit à distinguer deux accep¬
tions de la notion de propriété fonctionnelle. La première, que je
qualifierai de générique, décrit l'espace des possibles fonctionnels, la
seconde concerne les propriétés liées à l'incarnation : les vitesses de
réponses neuronales,
réalisation de certains les
actes,
durées
la vitesse
incompressibles
d'une saccade
nécessaires
oculaire,à les
la
effets distracteurs de certains stimulus, les limites de discrimination
sensorielles ou de la mémoire de travail, les effets de fatigue, etc.
Toutes
sur les lois
ces propriétés
de la chutesont
des comme
corps, elles
les effets
sont inessentielles
des forces deà frottement
la mesure
des lois de la physique, et déterminantes dans la réalisation maté¬
rielle. Mais
gnitive et deici,ceilfait
ne s'agit
ces limitations
plus de la contraignent
matière, maisetdedéfinissent
l'activité co¬
les

processus
peut donc qui
êtrepeuvent
abordéeeffectivement
de plusieurs être
points
mobilisés.
de vue complémentaires
La fonctionnalité:

Intellectica, 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 349

soit comme la structure de l'espace des possibles, soit au contraire


comme l'établissement des limites des performances. L 'idée à défen¬

dre est
réel, au que
lieu la
deprise
nous en
cantonner
compte des
danslimites
l'anecdo
liées
tique,
au fonctionnement
dans le contin¬

gent, dans le non eidétique, permet au contraire de rencontrer


contraintes
l'essence des
de l'incarnation
modulations: limites
attentionné
des organes
lies délimitées
sensoriels,
par
limites
les

de l'effort attentionnel, limites de la mémoire de travail pour accom¬

pagner
ainsi que
la l saisie
'étude explicitante,
du fonctionnement
limites réel
culturelles
fait apparaître
et éducatives.
des effets
C'est
de
magnification et d'inhibition, des effets de contrôle en retour, des
effets de désengagements, des effets de limite des contrastes des
traits élémentaires. Dans la description d'une dynamique fonction¬
nelle, on a d'une part des catégories de phénomènes qui sont distin¬
guées,
des modes
segmentées
d'enchaînement
les unes des
(ou autres
les concaténations
de manière claire,
d'enchaînements
d'autre part

types). Ce premier point de vue est celui de l'espace de phase dans


lequel la dynamique est décrite de façon statique (de quels éléments
est-elle composée) puis dynamique, mais seulement sérielle, et non
pas historique. Il s'agit du schéma de la structure des enchaînements
possibles entre chaque phénomène distingué, mais ce faisant, on ne
décrit pas l'histoire de ces enchaînements dans un vécu effectif, on
ne montre que la structure de la dynamique possible, et non pas
l'histoire d'une dynamique s'étant réalisée.
Cette distinction entre propriétés fonctionnelles génériques et ef¬
fectives est importante parce qu'elle permet de saisir de façon directe
les limites du programme phénoménologique qui ne s'intéresse
jamais aux propriétés du fonctionnement tel qu'il est réalisé
concrètement par un sujet déterminé effectuant une tâche déterminée,
donc aux propriétés fonctionnelles effectives.
Voyons tout d'abord les propriétés fonctionnelles génériques que
distingue Husserl. Nous pouvons les diviser en deux groupes, celles
qui désignent les gestes attentionnels élémentaires (saisir, maintenir
en prise) et celles qui portent sur les variations de la sai¬
sie (changement de thème donc changement d'intérêt, changement
de direction, changement de focalisation, changement de qualité du
remplissement c'est-à-dire la gradualité clarté/obscurité, changement
de degrés de remplissement soit dans l'accroissement de l'intuitivité,
soit dans l'accroissement des déterminations).
3.2.2 Les gestes élémentaires de l'attention.
Viser

Si l'on parcourt les textes d'Husserl, le premier geste de


l'attention qui est le fait de viser, n'est pas lui-même thématisé dans
présentifîcation
les textes sur l'attention,
comme dansmais les
plutôt
actes
dans
du les
ressouvenir
passages relatifs
ou dansà la
350 P. VERMERSCH

dimension anticipatrice en général. En effet quand l'auteur quitte


l'ancrage des actes perceptifs, actes de présentation, apparaît plus
nettement
pas encore le
présente
fait préliminaire
ou présentifiée,
de viser
de la
une
« viser
choseà vide
alors »,qu'elle
c'est-à-dire
n'est
dans le langage de Husserl alors qu'elle n'a encore aucun remplis-
sement intuitif, et tout au plus un remplissement seulement signitif
(comme lorsque je veux me rappeler ce que j'ai fait dimanche matin,
je sais que j'ai vécu ce moment et je peux en donc viser le vécu.
Même si dans un premier temps ce qui est visé n'est pas réactivé,
reste vide, ou que tout au plus une simple figuration se présente,
remplissage provisoire avant un authentique remplissement qui me
donne le passé sur un mode propre. Il en est de même dans des situa¬
tions d'attente ou d'anticipation qui n'ont qu'un remplissage figurant
dans un premier temps, tant qu'ils ne se confrontent pas à la présen¬
tation proprement dite. Cette approche de la visée s'inscrit donc dans
un thème attentionnel qui lui donne sens.
Saisies
En présence de la chose ou de sa représentation intuitive dans la

présentification,
d'étape
les
tes
cience
visuelles
tuel,
en métaphores
et
expliciter
donnant
mystérieuses
? particulière
C'est
de laune
plus
«kinesthésiques.
leHusserl
clarté
coloration
seul
: finement
dans
qu'est
»,domaine
ledéfinit
duflux.
ceparticulière
«les
que
Ces
rayon
Pour
un

composantes.
l'acte
métaphores
acte
Husserl
»,
la pour
qualifier
de
àde
cet
saisir
aller
saisie,
passe
acte
sont
Nous
ilau
vers
nous
sans
àdes
sens
constituant
la
l'avons
leplonge
fois
pour
métaphores
de
quasi-ges¬
la
parlan¬
autant
nous-
cons¬
dans
une

mêmes exploré
nuances exprimables
avec d'autres
en filant co-chercheurs
la métaphore de
et nous
la saisie
sont: apparus
s il y a une
des
forme de contact lorsque la conscience s'arrête sur un objet, ce
contact
qui ne s'arrête
est clairement
pas, soit
plus
comme
ou moins
un toucher
léger, léger
soit comme
qui repart
une aussitôt
caresse
mais a déjà plus de force identificatrice, soit encore une saisie qui
devient immédiatement un maintenir en prise qui explore la chose.
Par exemple, étant près d'une brodeuse, je détourne mon re¬
gard
ae moi,
de le
monjardin,
livre la
pour
brodeuse,
parcourir
sa boîte
négligemment
a'échevettes
ce qui
contenant
est autour
une

centaine
glissement
multitude
l'impression
couleur.
n'approfondis
moment
il
m'apparaît
quedoit
; ce
yjene
de
avoir
Ce
de
léger
reviens
alors
sont
nuances
qu'il
couleur
pas
qui,
une
sur
une
pas
ysur
ici
avait
différence,
la
pour
différence
différentes.
les
et
est
ces
boîte
je
deux
mêmes.
peu
deux
des
me
reviens
échevettes
probable,
je
de
objets.
fait
raisons
Mais
Dans
regarde,
saturation
sans
à Sont-ils
mon
pour
unvoire
surprise
exactement
contextuelles
etpremier
de
livre.
en
regarde
identiques
impossible.
la
arriver
apercevoir
couleur
Mais
passage,
de
encore.

la
que
j'ai
?identi¬
ilmême
A
Non,
m'a
une
eu
Et
ce
je

Intellectica, 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 351

fallut passer d'une saisie « glissée », superficielle, d'une attention

non orientée
fois,
découvert
pendant
des àpropriétés
lequel
un approfondissement
maqui
saisie
n'étaient
s'est pas
poursuivie,
long,
évidentes.
repris s'est
une dizaine
affinée, de
a

entre
suppose
abstraite
un
d'approfondissement
Husserl
début
la saisie
un
pour
demaintenir
spécifie
maintenir
simple
les besoins
dans
et
et
en en
une
laprise,
de
saisie
«durée
prise,
Expérience
la et
systématisation.
explicitante
ou
du
la maintien.
considère
en tous
et jugement
qui
cas
comme
rentre
Toute
possède
»une
dans
saisie
la une
distinction
l'objet
est
qualité
déjà
et

Ce qui reste délicat à intégrer dans une vision d'ensemble,


concerne la différence entre l'aspect actif, volontaire de la saisie -
que nous avons pour le moment privilégié- et l'aspect passif dans

force
roman,
lequel,d'une
une
l'obnubilation
saillance
saillance
captive
d'une
perceptive,
lepeur
Je etou
l'intérêt
se d'un
saisitsouci.
d'un
de lui,spectacle
On
queretrouve
ce soit
oupar
cette
d'un
la

question dans le rapport qu'il est possible de faire entre rétention et

retient,
saisie attentionnelle.
qui maintient dans
Dans leles
temps.
deuxIl cas
est vrai
on aququelque
Husserl chose
n'attribue
qui
pas aux rétentions originaires une dimension nécessairement inten-
tionnante,
pas des saisies,
mais sont-elles
précisément
seulement
qu'en des
est-il
rémanences
des rétentions
? qui ne sont

Maintenir en prise

citante
Le prolongement
» (Husserl 1991).
de cette
Il y« asaisie
là une
simple
forme» devient
d'évidence
« saisie
dans expli¬
cette

manière de qualifier la poursuite de l'engagement de l'attention. On


la
a donc
gradualité
au moins
de deux
l'explicitation
dimensionsdu
de thème,
description
l'approfondissement
: celle qui concerne
de

l'exploration
de
blement
humaine.
« d'attention
saisie,laladimension
Lacapacité
soutenue
de l'objet
psychologie
de
la
». et
plus
Mais
continuer
celle
importante
une
laqui fois
une
nommerait
concerne
même
nommée
de l'attention
l'extension
saisie.
plutôt
dans On
sa
pour
une
nécessité
de
a là
l'activité
laproba¬
forme
durée
et

son évidence, nous n'en savons pas beaucoup plus. Qu'est-ce qui fait
qu'elle se maintient ? Comment se maintient-elle et combien de
temps ? soit
qu'elle Quelles
professionnelle
en sont les limites
ou autre,
? Toute
rencontre
pratique
cette
suivie,
limite
experte,
de la

distraction, de la fatigue, de la perte d'intérêt du fait que l'attention

ne
une
effort,
d'incapacité
peutgénération
une
se maintenir
motivation,
à réaliser
d'enfants
sur
des
un
unactivités
apprentissage,
objet
souffre
debasées
façon
actuellement
sur
un
indéfinie,
une
exercice.
attention
d'un
qu'il
Enfin,
ysyndrome
soutenue.
faille
toute
un

Ce sont des questions qui peuvent et doivent être abordées dans le


recherche
cadre de la
phénoménologique
méthode phénoménologique,
d'Husserl ne
même
visaitsi pas.
le programme
On voit bien
de
352 P. VERMERSCH

dans cette exploration des propriétés de l'attention soutenue, com¬


ment des données comparatives négatives peuvent éclairer le propos.
Pour
à la saisie
donnerélémentaire,
toute sa valeur
il est
au intéressant
maintien ende
prise,
parcourir
ou même
l'ouvrage
en amont
de
Pirsig (Pirsig, 1978 1974) illustrant l'impossibilité d'appliquer sa
pensée à un
essayiste, le dispositif
thème du technique.
soutien de Même
l'attention
si cetapparaît
exempleà est
la fois
le fait
und'un
des
plus importants pour la compréhension de l'activité et le moins étu¬
dié, nous y reviendrons en conclusion.
Le désengagement
Les sciences cognitives n'ont pas cherché à décrire ces gestes
élémentaires de l'attention. Pcmr en retrouver des témoignages il
convient de remonter à James qui reste un des auteurs les plus
complets sur le sujet. Sur un point cependant les sciences expéri¬
mentales ont apporté
phénoménologie n'a pas
unevue.
distinction
Si l'on fonctionnelle
prend un empanpertinente
temporel
que
plus
la
large qu'une saisie, la possibilité de déplacer la saisie attentionnelle
vers un
pose le fait
second
que point,
la saisie
un précédente
second objet,
s'interrompe,
voire un nouveau
ce qui demande
thème, sup¬
un
acte quasi invisible de désengagement mais qui n'en est pas moins
une opération à relatives
expérimentales part entière
à l'attention
(Wright et sur
al., des
1998).
tâches
Dans à les
dominante
données
visuelle, un phénomène nommé « saccade expresse » montre que
lorsqu'on demande au sujet de fixer une croix au centre de l'écran,
avant d'envoyer un stimulus légèrement excentré, la saccade oculaire
met 225 ms en moyenne pour s'opérer. Alors que si l'on supprime la
croix et la consigne la saccade va se déclencher en seulement 100
ms, beaucoup plus vite que la temporalité moyenne (Hoffman
op. cit.). Ce qui s'interprète dans le cadre théorique de Posner
(Posner, Rothbart, Thomas-Thrapp, & Gerardi, 1998), comme la
preuve qu'avant de se déplacer, l'attention doit se désengager, et que
si l'on supprime l'engagement initial alors le gain de temps est la
manifestation
pas nécessaire de
dans
l'absence
ce cas. d'opération de désengagement qui n'est

Il est tentant d'extrapoler au-delà de l'échelle temporelle micro,


ce que ne font cependant pas les recherches expérimentales. Sur
d'autres
plus, on échelles
peut aisément
de temps,
voir par
au niveau
exemple
phénoménologique
de l'ordre de la seconde
des mani¬
et
festations de la difficulté de désengager l'attention dans les appren¬
tissages.

18 Cf. le chapitre sur l'attention dans (James, 1901, 1890)


Intellectica , 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 353

3.2.3 Les mouvements de l'attention

S'il y a bien une dimension présente en permanence dans la


conception husserlienne de l'attention, c'est bien celle du mouve¬
ment, du déplacement à la fois dans l'espace physique et dans
l'espace
tourne », des
et c'est
noèses
au : fond
« sans
l'idée
cesse
même
le regard
de mutations
se tourne
attentionnelles
et se dé¬

comme modulation de l'intentionnalité qui est par essence mobilité,


modification. Cependant cette conception de la mobilité de la visée
n'a pas été typifiée en une classification des types de mouvements

particuliers.
réflexion,
l'acte dirigé
celui
Même
sur de
le contenu,
la
ce suspension
mouvement
mêmede
le
ce la
plus
mouvement
visée
éminent
du contenu
n'a
qu'est
pas celui
pour
été claire¬
de
viser
la

ment distingué des autres sous l'angle de l'attention. Dans le point de


vue qui est le sien lorsqu'il traite de l'attention, l'auteur insiste plus
sur cette mobilité et tout ce qu'elle autorise que sur les types de mo¬
bilité. Ses élèves ont avancé dans ce travail (Arvidson, 2000). A
partir du moment où l'on prend en compte le feuilletage du champ

n'est
ments
d'attention,
distinguer
que
de thèmes,
remarqué,
des
et la
mouvements
distinction
d'élargissement,
on peutde
entre
distinguer
l'attention
cede
qui
focalisation.
des
est
pour
pris
mouvements
les
pour
classer
Cette
thème
manière
de
selon
et
change¬
ce leur
qui
de

type,
« lois n'est
de lapas
prise
le de
seulconscience
filtre possible.
» selon
Il est
Piaget
intéressant
(Piaget,de1937;
regarder
Piaget,
les

différents
1974d, 1974b,
mouvements
1974c, 1974a)
de l'attention
comme décrivant
lors de la
l'organisation
découverte, des
de

l'assimilation d'un nouveau domaine, d'un nouvel objet. Globale¬


ment ces lois se présentent comme 1/ une progression de la périphé¬
rie de l'action vers le centre, 2/ comme un primat du positif (du

perceptible,
rence, qui nedusemanifeste)
manifeste que
sur le
pour
négatif
celui (qui
qui peut
n'existe
noterque
l'absence
par diffé¬
de
quelque chose). Ainsi la visée attentionnelle, quel qu'en soit le
thème, s'organisera par une centration initiale sur ce qui est mani¬
feste, sur ce qui est le plus saillant, ce qui bouge, là où j'applique
mon effort, là où il semble qu'il y ait une activité, et ce n'est que
progressivement que les autres aspects pourront être visés : cela
permet que l'activité se déroule (par exemple ce qui a fonction
d'instrument
à l'instrumentpar
d'agir
apport
pourau
remplir
but, ou
sa plus
fonction
profondément
etc.) ce qui permet

porter
tels
mouvements
il
ou faut
seconde
On
queintérêt
s'intéresser
voit
l'onpersonne.
que
de
peut
à l'attention,
l'histoire,
pour
les
à découvrir
l'engagement
s'engager
àdelaleur
et
succession
dans
les
organisation
dudécrire,
la
sujet
description
de
dans
que
ses
dans
une
ce
mouvements
soit
de
leur
tâche
ces
en
succession,
première
types
réelle
réels
de
et
354 P. VERMERSCH

4. Biais, manques, limites, de l' etude de l'attention


Essayons de ressaisir les éléments présentés en changeant de
point de vue, et esquissons pour chacun des programmes de recher¬
che leurs biais.
timement un chercheur
Les biais
n'étudie
programmatiques
pas tout selon
résultent
tous les
du points
fait que
delégi¬
vue
possibles, mais délimite un champ. Cependant, cela entraîne souvent
une forme d'oubli de tout ce qui n'a pas été initialement choisi. Les
biais de méthode ne sont pas indépendants de la délimitation du
programme, mais ils portent sur le choix des situations étudiées, sur
le type
cela rendant
de contrôle
inconcevables
que l'on
l'étude
exercedes
sur
situations
le recueil
oudes
des données,
conduitestout
ne
pouvant pas satisfaire ces exigences. Dans ces cas, les exigences de
la méthode risquent de passer avant l'exigence du sens de ce que l'on
étudie.

Biais programmatiques
Il faut rappeler que le programme husserlien est orienté par une
perspective philosophique fondationnelle, ce qui le conduit à jamais

viser
vilégient
d'intérêt,
tés
fibres
neurones
priétés
noménologie,
noménologie
Si 1 liées
que
questions
incarnation,
contraintes
spectre
l'extension
fondateur,
la
on
l'attention
nerveuses,
délimitation
fonctionnelles
se
des
la
pour
d'âge,
àliées
ce
centre
induites
du
gamme
àqui
la
» sons
mais
des
se
toutes
champ
vitesse
aux
pour
de
n'exclut
sur
synchroniser
ou
propriétés
de
sexe
simplement
audibles,
temporelle
par
propriétés
ne
l'attention
elle-même.
du
les
son
visuel,
des
ou
l'effectuation
metemps
limites
pas
programme
de
paraît
actes,
fonctionnelles
des
que
culture,
ou
etc.
de
refléter
du
pour
nécessaire
En
corporelles,
pas
la
de
l'on
La
fonctionnement
à constitution
longueurs
conséquence,
elle-même,
comme
la
le
intrinsèquement
non-prise
mais
puisse
les
conduit
vitesse
durée
de
choix
pour
aussi
l'attention.
led'onde
faire
les
de
en
àsont
de
on
une
(micro
historiques
toutes
ignorer
limites
ses
la
du
compte
réalisation,
peut
conduction
les
population
«liée
analyses
sujet,
visibles,
psycho
les
génétique).
considérer
limites
toutes
d'efforts,
àdes
proprié¬
la
deà phé¬
pro¬
pri¬
aux
des
son
les
du
de

Dans le domaine des sciences expérimentales, il ne me semble


pas exister de tels biais programmatiques, en particulier si l'on exa¬
mine les travaux de psychologie expérimentale, contemporains de
l'œuvre de Husserl. Tels que les publications de James ou de
facettes
Titchenerfonctionnelles.
où sont abordées
J'iraitoutes
jusqu'à
les dire
questions,
qu'il n'existe
y comprispassous
de texte
leurs

guerre
rencontrent
plus traité
son
l'on complet
peut
mondiale
demander
« les
The
surchercheurs,
l'attention
principles
ont àété
un précisées
pilote
of
que
visant
psychology
led'avion,
chapitre
à les
spécifier
questions
».
àdeun
AJames
les
partir
opérateur
pragmatiques
limites
(chap.
de la
de
de
XI)
seconde
ce
veille-
dans
que

Intellectica, 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 355

radar etc. Dès les années cinquante, une pratique typique des scien¬
ces expérimentales, consistant à développer un paradigme (les écou¬

tes dichotiques
précoce ou tardive,
par modèle
exemples),
du canal
ou une
unique,
question
période
générique
réfractaire
(sélection
psy¬
chologique) amorce une filiation de travaux et de publications res¬
treint à un programme délimité par la question initiale. De manière
générale, les sciences expérimentales ne visent pas l'attention pour
elle-même, mais se cantonnent dans ce qu'il est scientifiquement
correct d'étudier dans la période historique donnée, avec des mo¬

ments
ou d'une
de nouvelle
rupture réguliers
situation :etlal'émergence
recherche visuelle,
d'un nouveau
les traits
paradigme
élémen¬

taires, la présentation séquentielle rapide, les phénomènes


« d'inattentionnal blindness ». De ce fait, il est plus intéressant
d'examiner les biais de méthodes pour comprendre les limites des
recherches expérimentales.
Biais méthodologiques
La méthode expérimentale se caractérise par la mise en scène
d'une situation expérimentale définie dans tous ces aspects, com¬
portant une tâche définie, avec une consigne et un protocole strict de
passation,
diés dans les
de mêmes
manièreconditions,
à ce qu'idéalement
où dans des
tousvariantes
les sujets
ousoient
toutesétu¬
les

choses sont égales par ailleurs. Mais cette exigence, outre qu'elle ne

peut
dispositif
être garantie
(puisque par
ce faisant
la seuleon
efficacité
ne contrôle
de lapas
définition
pour autant
formelle
le rap¬
du

port du sujet à la tâche et à la situation), induit des effets secondaires


qui peuvent être dommageables pour le sens de ce qui est étudié.
1. Ces études privilégient des tâches ponctuelles, brèves, alors
que dans
nelle se situe
le travail,
toujours
l'apprentissage
dans une temporalité
ou le jeu plus
la demande
longue. attention-
On peut

aussi
un seul
dire
acte
qu'elles
à la fois
privilégient
est étudié,
les une
situations
seule décision,
unitaires ,une
dansseule
lesquelles
saisie
d'information, de façon à maîtriser l'information relative aux pro¬
priétés d'un acte. Le raisonnement semble rationnel, si l'on veut
s'informer
trouver un des
échantillon
propriétésépuré,
de l'attention,
contrôlé, ilsimple.
est souhaitable
La question
que reste
d'en

cependant
ce
s'informer.
mental
s'informe
la validité
typen'est
de
de
écologique
deOn
pas
réduction
rien
savoir
peut
une
d'autre
l'importance
illusion,
aussi
estméthodologique,
rien
auprès
semoins
n'est
demander
du
depas
qu'assurée.
ce
sujet
devenu
quesi
et
quel'on
cet
dont
sa
simple
«aperformance.
atome
fait
on parce
disparaître
ne» comporte¬
peut
qu'on
Enfin
plus
par
ne

2. Ce sont les expérimentateurs qui proposent des stimuli, et les

distracteurs,
vité
de même
de distinguer
les alors
distracteurs
des
questimuli
dans
sont
les
est
bien
activités
tout
plus
à faire
abondants
finalisées
en amont
et
écologiques
variés,
de la sélection,
du même
l'acti¬
356 P. VERMERSCH

coup la généralisation des résultats est problématique. Il est possible

de
quedemander
sidé l'on
à cent
se ans
trouve
à des
d'étude
face
sujets
àexpérimentale
lademême
mémoriser,
contradiction
de la
limitait
mémoire.
invisible
l'étude
Le de
qui la
fait amême
pré¬
mé¬

moire aux mécanismes volontaires d'apprentissage. Le fait de le faire

sur la
de
comme
dessituation
stimuli
objet d'étude
contrôlés,
expérimentale
les assurait
autresetmémoires,
une
en plus
même grande
comme
tempsrigueur
celles
laissait
du
liées
inaperçu
contrôle
à son

propre etc.
travail vécu,
. . . la mémoire des habiletés motrices, ou la mémoire de

3. Comme nous l'avons noté dès le début, une des fonctions es¬
sentielles de l'attention est de sélectionner ce que vise la conscience
sur la base d'un thème, d'un intérêt. Or tout le dispositif pré-construit
du paradigme expérimental fait disparaître ou occulte cette dimen¬
sion sélective et rend invisible la distinction entre prendre intérêt et
remarquer.

La phénoménologie repose largement sur la méthode des exem¬


ples (Husserl, 1950), (Vermersch 1999), consistant à se référer à un
vécu déterminé réel ou imaginé pour étudier une question phénomé¬

nologique.
limités,
s'intéresse
caractérise
du
invention
XIX peu
siècle
deaux
Ce
la dispositifs
créatifs
démarche
qui
vécus,
c'est
a conduit
la
, techniques
c'est
de
avec
création
la
dede
psychologie
peu
façon
fait
dede
permettant
àsituations,
simple,
prendre
contrastes.
expérimentale
directe,
des
dedemettre
Même
exemples
tâches,
alors
depuis
enquand
que
c'est
évidence
simples,
ce
laune
elle
qui
fin

des phénomènes peu visibles autrement (Baars, 1997). Ce biais de


pauvreté dedelafaçon
déterminé méthode
historique
des exemples
chez les
ne philosophes
lui est pas intrinsèque
par l'aosence
; il est
de
culture quant à la recherche empirique et à la détermination des
conditions
leur mode d'un
de travail
programme
principalement
de recherche.
herméneutique
Du fait de et
la spéculatif,
spécificité ils
de

ne sont servir
pouvant pas dud'exemple.
tout préparés à la pratique de l'invention de tâches

Enfin, le biais apparemment commun aux deux orientations de


recherche
tive dans l'étude
est l'importance
de l'attention.
de la En
référence
conséquence,
à la seule
il n'y
activité
a quasiment
percep¬

aucune tâche
minutes
demandant
impliquant
la étudiée
production
des
quiactivités
soit
d'une
à laintellectuelles
réponse
fois sur non
l'échelle
un
immédiate.
peu
de temps
élaborées,
Chez
des

Husserl, commodité
comme
tionnels. on trouve
Tout particulièrement
et
aussi
équivalence
ce primat
danspour
de
la modalité
la
tous
référence
les visuelle,
autres
à laactes
perception
il s'en
inten¬
est

expliqué à plusieurs reprises arguant de sa commodité d'accès, de

19 cf. la discussion détaillée sur ce point dans la seconde partie de l'article : (Vermersch,
1998)

Intellectica , 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 357

son immédiate disponibilité, de son caractère exemplaire par rapport


à la réduction transcendantale. Il n'en reste pas moins que l'absence

d'analyse
actes de présentification,
phénoménologique dans
desle mutations
domaine de
attentionnelles
la judication
dans
ou les
de
l'émotion pointe vers un travail à accomplir.
Esquisse des apports réciproques entre les différentes disciplines
On a trois plans de descriptions :
- un plan phénoménologique issu du point de vue en première et
seconde personne, qui s'enracine dans le travail inaugural de
Husserl, mais qui ouvre sur de nombreux choix distincts de son pro¬
gramme de recherche et du contexte scientifique dans lequel il s'est
inscrit, et qui d'autre part renvoie à du non observable (pensée pri¬
vée)

- un plan comportemental observable, public, qui documente les


données
nature de de
la réponse)
la psychologie expérimentale, (temps, appui de touche,

- un plan d'objectivation d'événements non observable directe¬


ment : les traces psycho et neuro physiologique qui permet de faire
apparaître des événements non traduits au niveau comportemental ou
subjectif, des multiplicités de structures là où les deux niveaux pré¬

cédents seule.
qu'une
donnent
évoqué ou
n'en
pasunela
détectaient
Lasémantique
réponse
difficulté
phénoménalement
électrodermale,
dans
de l'événement
ce dernier
pasou
cas
détecté
plus
comportementalement
est ilque
par
estles
un
vrai
traces
potentiel
qu'une
ne

réponse
comme unélémentaire
temps de réaction.
utilisée par la psychologie expérimentale,

Couplages
Une partie des questions que l'on peut se poser est de l'ordre du
couplage entre les disciplines : les distinctions que suggère la phé¬
noménologie se retrouvent-elles dans les résultats comportementaux
(peut-on les traduire en indicateurs, en mesure), sont-ils soutenus par
des traces physiologiques distinctes (y a-t-il des structures nerveuses
façon
qui se temporellement
manifestent différentiellement
précise un événement
? peut-onsubjectif
mettre en
et rapport
une trace
de

physiologique
de fonctionnement,
?) Lesdes
données
mécanismes,
comportementales
des opérations
infèrent
distinctes,
des types
les

retrouve-t-on au niveau phénoménologique ? y a-t-il un vécu cons-

cientisable
cription
discriminer
tâches expérimentales
phénoménologique
qui
d'autres
y correspond
étapes,
dont l'analyse
d'autres
? Qui
experte
pourrait
subjective
faits,
ne d'autres
y conduirait-elle
correspondre
a été nuances
faite ? ? dans
La
pasdes¬
des
à

mécanismes
est La
inutile
psychologie
deà les
partir
interroger
expérimentale
des seules
verbalement
performances
conduit des
puisqu'ils
des
études
sujets
n'ont
pour
au motif
inférer
pas cons-
qu'il
les
358 P. VERMERSCH

cience des processus pertinents. Se peut-il que tout ce qui est im¬

portant
ce
rait
œuvre,
dont
aucune
sur
pour
il pourrait
lespiste,
leétapes,
sujet
être
aucune
lui
lesconscient
soit
propriétés
information
radicalement
(réflexivement
des performances
sur
inconscient
les conscient)
mécanismes
réalisées
? Se peut-il
ne mis
donne¬
? que
en

La neurophysiologie doit pouvoir mettre en relation les traces


qu'ellemise
cette observe
en relation
et ce qui
se sefaisant
passe simplement
subjectivement,
par une
le contraste
bonne part
entre
de
conditions expérimentales : ce qui fait contraste c'est la différence de
ce qu'on a demandé au sujet de faire (repos contre activité par exem¬
ple, musicien
maîtrise d'une versus
secondenon
langue
musicien,
versus méditant
l'ignorance
versus
ou lanon
nonméditant,
maîtrise
etc.). La « sémantique » des traces est alors obtenue par une infé-
rence raisonnable
rimentales sans qu'on
à partir
ait besoin
de la différence
de la vérifier
entreoulesdeconditions
la connaître
expé¬
en

tant queet telle


habile efficace,
au moment
mais c'est
de laun
réalisation
moyen grossier
de l'étude.
qui convient
C'est un moyen
bien à
l'exploration, mais pas à des études fines.
Les domaines de l'attention peu explorés
La dominante des supports d'étude de l'attention est à l'échelle

temporelle
tes,
sens l'idée
d'une d'un
micro,
ouverture
maintenir-en-prise
dans
plus
leslarge
gammes
de de
l'échelle
des
la fractions
phénoménologie
temporelle,
de secondes.
mais
va dans
deCer¬
fait
le

le maintien de l'attention appartenant à des questions fonctionnelles


et non plussoutenue
d'attention structurales
est deou
nouveau
fondationnelles
utilisée par
estla ignoré.
psychologie
La notion
expé¬
rimentale sur un mode très contrôlé. D'autre part, le syndrome
lui
actuellement
basé sur répandu
1 absence
desdedésordres
soutien de
ou l'attention
de continuité
chez de
les l'attention,
jeunes, est
comme une base nécessaire à toute activité intellectuelle, toute acti¬
vité d'apprentissage. Enfin les tâches orientées sensoriellement res¬
tent largement
réalisation se situeraient
privilégiées,
sur au
l'échelle
détriment
de temps
tâches meso
écologiques,
(minute et
dont
mul¬
la

tiples)
temps d'actualité
ou macro (fractions
(inférieure et
à la
multiples
journée d'heures)
de travail).deIl la
estgamme
clair enfin
de
que l'énorme quantité de résultats expérimentaux est fondée sur des

tâches
pré
mental.
expérimentaux
détermine
orientée
qui
Il n'y
son
sont
par
apropre
pour
toutes
pas
la simplification
d'études
des
but
sujettes
raisons
dans
basées
aux
un
du
demêmes
environnement
monde
sur
contrôle
le fait
critiques
opéré
du
quepar
dispositif
c'est
. : Ill'attention
lesfaut
ledispositifs
sujet
expéri¬
rompre
qui
est

20 A comparer
mémoire,
approche pour
celleson
avec
quimanque
les
privilégie
discussions
de rigueur,
le contrôle
animées
et celleexpérimental
qui
quiséparent
privilégieles
etlesdeux
critique
situations
écoles
vivement
appartenant
d'étude l'autre
de au
la

Intellectica , 2004/1, 38
L 'attention entre phénoménologie et sciences expérimentales 359

avec le présupposé selon lequel la simplification améliore le


contrôle.
De très nombreuses activités demandent dans la formation, dans
les apprentissages scolaires, professionnels, ludiques d'apprendre à
faire attention à plus de choses que nous savons le faire spontané¬

ment.
nous essayons
Nous ne de
cessons
faire d'essayer
attention simultanément,
d'ajouter des choses
nous ne
auxquelles
cessons

d'élargir notre champ attentionnel pour réussir des tâches. Il serait


intéressant d'étudier comment nous essayons de tenir ensemble des
choses qui ne sont pas associées au départ (lire de la musique, écou¬
terjouant
en le timbre
d'undeinstrument
la voix ende
même
musique).
temps que j'en suis le sens, compter

L'étude de l'attention, la conception d'un programme de recher¬


che ne
dans la peut
mesure
se passer
même des
où il
données
est insensé
en première
d'étudier
et les
seconde
modulations
personne,
de

la conscience en excluant de s'informer de ce dont le sujet est ré-


flexivement conscient ou qu'il peut rendre réflexivement conscient.
Dans cette perspective, la référence à la phénoménologie de Husserl
est incontournable pour la valeur des indications qu'elle apporte.
Mais, cette référence à Husserl ne doit pas pour autant nous faire

endosser lan'est
l'attention reprise
qu'une
de facette
son programme
secondaire,deil est
recherche,
nécessaire
pour
de lequel
déve¬

lopperdeun
delà l'œuvre
programme
d'Husserl.
de recherche
Cet au-delà
psycho
contient
phénoménologique
une connaissance
au-

détaillée des données des sciences expérimentales dont il serait aber¬


rant d'ignorer les avancées.

monde du quotidien, effectivement existante pour des sujets que l'on peut étudier pour ce
qu'ils font déjà cf. le dossier (Banaji & Crowder, 1989) et le numéro entier de discussion
360 P. VERMERSCH

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31(2):
méthode
(2000b).
l'éveil
Psychophénoménologie
269-311.
La
Husserl
Phénoménologie
de
Expliciter
(33):
des
prise
l'attention.
Conscience
exemples.
1-17.
et
en l'attention
(43):
compte
Expliciter
Expliciter
27-39.
directe
dedel'attention
: la
3deLes
(29):
dynamique
la
et
(31):
réduction.
différentes
conscience
1-20.
selon
3-23. attentionnelle
Husserl
Alter
fonctions
réfléchie.
(1 :1):2 de
la
1-
:

Wolfe, J. M. (1998). Visual search. In H. Pashler (Ed.), Attention : 13-74.


Hove: Psychology Press.
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D.
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Intellectica , 2004/1, 38

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