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‫وزارة التعليم العالي والبحث العلمي‬

BADJI MOKHTAR ANNABA-UNIVERSITY ‫جامعة باجي مختارعنابة‬


UNIVERSITE BADJI MOKHTAR ANNABA

FACULTE DES SCIENCES DE L’INGENIORAT


DEPARTEMENT DE GENIE MECANIQUE

MEMOIRE
PRESENTE EN VUE DE L’OBTENTION DU DIPLOME DE MASTER

INTITULE
Evaluation des performances énergétiques et
environnementales d’une centrale
géothermique àcycle de cogénération
DOMAINE : SCIENCES ET TECHNOLOGIE

FILIERE : GENIE MECANIQUE

SPECIALITE : ENERGETIQUE ET ENVIRONNEMENT


: BELGASMI BELLAL
PRESENTE PAR
DIRECTEUR DU MEMOIRE : PR L.BOUMARAF

DEVANT LE JURY
PRESIDENT : PR H. MZAD UniversitéBadji Mokhtar- Annaba

EXAMINATEURS : F.MECHIGHEL (MCA) UniversitéBadji Mokhtar- Annaba


R .ADJABI (MCA) UniversitéBadji Mokhtar- Annaba
A.HAOUAM (MCA) UniversitéBadji Mokhtar- Annaba

Année: 2014/2015
Remerciements
Je remercie dieu le tout puissant et miséricordieux pour la
volonté, la santé et la patience d’accomplir ce modeste travail.

Qu’il me soit permis de présenter ici mes remerciements a tout


un petit monde de personnes qui ont rendu possible la
présente étude et qui ont contribué a son élaboration sous
quelque forme que ce soit.

Je voudrais tout d’abord adresser toute ma gratitude à la


directrice de ce mémoire Pr L.BOUMARAF pour sa patience,
sa disponibilité et surtout ses judicieux conseils, qui ont
contribué à alimenter ma réflexion.

Je désire également remercier toutes les enseignants du


département génie mécanique MR H.MZAAD, MR
B.MERZOUG, MR H.HAMADECHE, MR F.MCHIGEL, MR
R.ADJABI qui m’ont fourni les outils nécessaires à la réussie
de mes études universitaires.

Mes remerciements infinis à tout le personnel de l’entreprise


de Sharikat Kahraba Koudiet Ed Draouch SKD (EL TAREF)
particulièrement l’ingénieur Mr AMINE BOUGERCHE, sans
lui ce projet n’aurait pas vu le jour.

Enfin, j’adresse mes plus sincères remerciements à :

Mes parents Samir et Aicha qui ont toujours été là pour moi,
« Vous avez tout sacrifié pour vos enfants n’épargnant ni
santé ni efforts. Vous m’avez donné un magnifique modèle de
labeur et de persévérance. Je suis redevable d’une éducation
dont je suis fier ».

Je remercie mes frères et sœurs MOUHAMED LAMINE,


BOUCHRA et HANA
Mon grand-père TAHER et mon grande mère MASOUDA
Mes proches : LAID, MANEUL SARA, IMENE, SAIF, INES,
et tous les amis qui m’ont toujours soutenus et encouragés au
cours de la réalisation de ce mémoire.
Mes camarades et collèges de la classe énergétique et
environnement surtout ABEDSALEM, MOUAD, LOKMAN
OUSSAMA, BILLEL, CHAYMA, SAWSEN, HSSEN, IDRIS,
IMED, ROUDOINE, TAREK.
Merci à toutes et à tous.
Sommaire:
Introduction générale
Chapitre I : Etude bibliographique sur l’énergie géothermique
I.1. Histoire de la géothermie....................................................................................................1

I.1.1. Les premières utilisations de la chaleur de la terre …………………………………...1

I.1.2. Première utilisation de la géothermie pour produire de l’énergie……………………2

I.2. Définition de la géothermie……………………………………………………….............2

I.3. Principe de fonctionnement ……………………………………………………………...3

I.4. Caractéristiques générales de la géothermie…………………………………….............4

I.4.1. La production de chaleur par géothermie dans le monde…………………………....5

I.4.2. La production d’électricitépar géothermie dans le monde…………………………..5

I.5. Les types de géothermie…………………………………………………………………..6

I.5.1. Géothermie haute température………………………………………………………..6

I.5.1.1. Production d'électricité……………………………………………………….............7

I.5.1.2. Les différents systèmes d’exploitation……………………………………….............8

I.5.1.2.1. cycle direct àcontre-pression………………………………………………………8

I.5.1.2.2. cycle direct àcondensation…………………………………………………………8

I.5.1.2.3. cycle àvaporisation…………………………………………………………………8

I.5.1.2.4. cycle indirect àcondensation……………………………………………………….9

I.5.2. La géothermie basse température...…………………………………………..............10

I.5.3. La géothermie moyenne température………………………………………………...11

I.5.4. L’énergie géothermique très basse température……………………………………..12

I.5.4.1 Principe de fonctionnement d’une PAC…………………………………………….13


I.5.4.2. La géocooling………………………………………………………….......................15
I.6. Segmentation de la géothermie………………………………………………………….16

I.7. Les types d’installations des pompes àchaleur………………………………...............18

I.7.1. Géothermie àcapteurs verticaux……………………………………………………..18

I.7.2. Géothermie àcapteurs horizontaux..............................................................................19

I.8. Les avantages et les inconvénients de la géothermie…………………………………..20

I.8.1. Les avantages de la géothermie……………………………………………………….20

I.8.2. Les inconvénients de la géothermie………………………………………………… 22

I.9. Coût et rendement de la géothermie…………………………………………................23

I.9.1. Comparatif du coût annuel sur 15 ans……………………………………..................23

I.9.2. Comparatif du rendement énergétique………………………………………………24

I.10. Gradient et flux géothermiques………………………………………………………. 24

I.10.1. Gradient géothermique………………………………………………………………24

I.10.2. Flux géothermique………………………………………………………………… 25

I.11. Méthodes d’exploration avant forage…………………………………………............27

I.11.1. Gravimétrie…………………………………………………………………………. .27

I.11.2. Magnétotellurie………………………………………………………………...........
28

I.11.3. Polarisation Spontanée………………………………………………………............28

I.11.4. Analyse chimique des eaux et des gaz………………………………………………. 28

CHAPITRE II : Etude géothermique du sud algérien


II.1. Introduction……….……………………………………………………………………29

II.2. La géothermie en Algérie ………………………………………………………………29

II.3. Le continental intercalaire …………………………………………………………….31

II.4. Gradient géothermique……………………………………………………………….. 33

II.5. Graphes (température - profondeur)………………………………………………….33

II.6. Interprétation de la carte du gradient géothermique…………………………………34


II.7. Flux de chaleur…………………………………………………………………………36

II.7.1. Interprétation de la carte de flux de chaleur………………………………………...37

II.7.1.Généralités…………………………………………………………………………….37

II.8.Concluson…………………………………………………………………......................38

CHAPITRE III : Calcul des performances d’une centrale


géothermique àcycle de cogénération de SVARTSENGI
(Islande)
III.1. Fiche technique de la centrale de SVARTSENGI……………………………………40
III.2. Définition de la centrale de SVARTSENGI…………………………………………. 40

III.3. Histoire de la centrale de SVARTSENGI……………………………………........... 41

III.4. Principe de fonctionnement de la centrale de SVARTSENGI……………….......... 42

III.5. Calcul des performances énergétiques et environnementales de la centrale


géothermique de SVARTSENGI (Islande)………………………………………………..43

III.5.1. Calcul des critères de performance de la centrale………………………..............44

III.5.2. Impact environnemental de la centrale géothermique…………………………… 48

III.5.2.1. Calcul du débit de CO2 produit par une centrale àcombustible fossile
(gaz naturel) équivalente àla centrale géothermique àcycle de
cogénération…………………………………………………………………………............ 48

III.5.2.2. Calcul du débit de Protoxyde d'azote N2O produit par une centrale à
combustible fossile (gaz naturel) équivalente àla centrale géothermique àcycle
de cogénération……………………………………………………………………………...54

III.6. Conclusion …………………………………………………………………………….55

Conclusion générale
Liste des tableaux :
Tableau 1 Les principaux pays producteurs d’électricité 6
géothermique
Tableau 2 Segmentation de la géothermie 17
Tableau 3 Consommation pour une maison de 100 m² 21

Tableau 4 Énergie d'origine radioactive, concentration en 26


éléments radioactifs de chaque enveloppe
terrestre
Tableau 5 Caractéristiques de quelques sources thermales du 30-31
nord de l’Algérie
Tableau 6 Composition et caractéristiques du gaz naturel 49

Tableau 7 Masse d’O2 nécessaire à la combustion d’1kg de 52


combustible
Tableau 8 Quantités de CO2 émises par les gaz 53
d’échappement

Liste des figures :


Figure 1 Structure intérieur du globe 3
Figure 2 Production de la chaleur dans les sous-sols 4
Figure 3 Production de la chaleur par la géothermie dans 5
le monde (puissance installée en 2000)

Figure 4 Carte de la production de l’électricité par la 5


géothermie dans le monde (puissance installée en
2000)

Figure 5 Principe de fonctionnement de la centrale de 9


bouillante
Figure 6 La géothermie basse énergie 11

Figure 7 Principe de fonctionnement d’une PAC 14


Figure 8 Utilisation de la géothermie pour le 16
refroidissement
Figure 9 Maison avec un capteur géométrique vertical 18
Figure 10 Maison avec un capteur géothermique horizontal 19
Figure 11 Comparaison du cout annuel pour une maison 23
pendant 15 ans
Figure 12 Graphe comparatif du rendement énergétique 24
pour une maison
Figure 13 Gradient géothermique de la terre 25
Figure 14 Carte mondiale du flux géothermique 27
Figure 15 Situation géographique de la région d’étude 30
Figure 16 Carte représentant les nappes du Continental 32
Intercalaire et du Complexe Terminal
Figure 17 Graphe du forage ER-1 34
Figure 18 Graphe du Forage AM-1 34

Figure 19 Graphes (température-profondeur) au niveau des 34


forages pétroliers (AM-1_ ER-1 _TO-1 _CBM-1_
HBZ-1)

Figure 20 Carte de gradient géothermique du sud algérien 35

Figure 21 Carte du flux de chaleur du sud algérien 38


Figure 22 La centrale de SVARTSENGI 41
Figure 23 Schéma de la centrale géothermique de 42
SVARTSENGI
Introduction générale

Introduction générale :

Depuis la préhistoire, les Hommes ont toujours eu des besoins croissants en énergie, de la

maitrise du feu à celle de l’électricité… A tel point qu’aujourd’hui, notre sociéténe saurait plus

se passer de la seconde, devenue un élément indispensable ànotre confort personnel, et surtout

au développement de l’Humanité. Dans un passé proche, la demande énergétique, constamment

croissante, a pousséles hommes àdévelopper de nouveaux moyens de « production » d’énergie,

toujours plus efficaces, sans s’inquiéter outre mesure de leur impact environnemental et

sanitaire. Actuellement, à l’échelle mondiale, l’énergie que nous utilisons quotidiennement

provient majoritairement des combustibles fossiles (pétrole, gaz, charbon), qui présentent

l’avantage d’être facilement utilisables et restés longtemps bon marché mais leur emploi

systématique et massif fait apparaître plusieurs problèmes majeurs. Tout d’abord, dans un futur

très proche, l’Homme sera vraisemblablement confronté à leur épuisement et il est d’ores et

déjàconfrontéaux perturbations climatiques engendrées par le rejet massif de gaz àeffet de

serre produits lors de leur combustion.

Les énergies fossiles sont en diminution constante, or elles représentent 80 % de notre

consommation d'énergie. Nous devons donc trouver une alternative à ces énergies en en

trouvant d'autres qui ne nous poseront plus ces problèmes de quantitélimitée. Si l'on exclut le

nucléaire àcause de ses déchets radioactifs, il ne reste plus qu'une seule alternative ànotre

problème énergétique : les énergies renouvelables.

Par définition Une énergie renouvelable est une source d'énergie se renouvelant assez

rapidement pour être considérée comme inépuisable àl'échelle du temps humain. Les énergies

renouvelables sont issues de phénomènes naturels réguliers ou constants provoqués par les
Introduction générale

astres, principalement le Soleil (rayonnement), mais aussi la Lune (marée) et la Terre (énergie

géothermique).

Soulignons que le caractère renouvelable d'une énergie dépend non seulement de la vitesse à

laquelle la source se régénère, mais aussi de la vitesse àlaquelle elle est consommée. En d'autres

termes, sa vitesse de formation doit être plus grande que sa vitesse d'utilisation.

Ainsi nous distinguons cinq grandes familles d’énergie renouvelable qui sont :

1-L’énergie solaire

2-L’énergie Éolienne

3-L’énergie Hydraulique

4-La biomasse

5-La géothermie

Dans ce mémoire nous nous proposons d’évaluer les performances d’une centrale géothermique

destinée à la production combinée de l’électricité et de la chaleur

Le travail entrepris s’est articulé autour des axes suivants :

 Le 1er chapitre consiste en une étude bibliographique sur l’énergie géothermique

 Le 2ème chapitre est une étude géothermique du sud algérienne

 Le 3éme chapitre est consacréau calcul des performances énergétiques et de l’impact

environnemental d’une centrale géothermique à cycle de cogénération (centrale de

SVARTSENGI située en Islande).


Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

I.1. Histoire de la géothermie

La géothermie est-elle une découverte récente ? Non.

L’exploitation des sources chaudes est déjà une forme de géothermie. C’est en Auvergne, à

Chaudes-Aigues, au XIVème siècle, qu’a eu lieu la première utilisation de la

géothermie associée à un réseau de chaleur. Pour ce qui est des pompes à chaleur, il est

difficile de dater leur invention, mais déjàen 1852, Lord KELVIN en énonçait les principes.

Les premières réalisations remontent vraisemblablement au début du XXème siècle. La

géothermie n’est pas seulement un mode de chauffage, c’est d’abord la science des phénomènes

thermiques internes de la Terre, ainsi que l’exploitation de ces phénomènes pour produire de

l’énergie.[1]

I.1.1. Les premières utilisations de la chaleur de la terre :

Si les pompes à chaleur et la production d’énergie géothermiques sont apparus

seulement au début du 20ème siècle, l’utilisation de la géothermie a commencédès 3000 avant

J.C., au paléolithique. On a en effet trouvé des preuves de l’existence de piscines d’eau chaude

en Chine àcette époque. La géothermie pour le chauffage était déjàutilisée par les romains. Ils

avaient construit un système de chauffage par le sol en utilisant l’eau chaude des sources, à

Therma, sur l’ile d’Icarie.

Mais c’est en France que le premier vrai chauffage de ville par géothermie a été mis en place,

au XIVème siècle dans une petite ville du Cantal. Chaudes-Aigues

(connue pour ses thermes) ou des canaux alimentés par les sources d’eaux

chaudes parcourent les maisons. A la fontaine du village coule de l’eau si

chaude que l’on peut y faire cuire un œuf. [1]

1
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

I.1.2. Première utilisation de la géothermie pour produire de l’énergie

En 1827, François de LARDEREL, un industriel français arrive àMONTECERBOL en Italie.

Il souhaite trouver un moyen d’utiliser la chaleur du sol dans l’industrie. LARDEREL découvre

comment séparer l’acide borique de la boue volcanique à l’aide de vapeur d’eau.

En 1904 c’est dans la ville de Larderello (fondée en l’honneur de LARDEREL), que la

géothermie est utilisée pour la première fois pour produire de l’électricité. Cette année-là, 5

ampoules sont allumées grâce àl’électricité produite par la vapeur d’eau du sol. Par la suite,

une centrale géothermique sera ouverte en 1911, et restera la seule pendant 50 ans.

Côtéfrançais, le premier forage géothermique a étéle puits artésien situéàParis. Il a été

construit en 8 ans, dans les années 1930, et mesurait 548 mètres de profondeur. [1]

I.2. Définition de la géothermie :

La géothermie, du grec géo (la terre) et thermos (la chaleur) est un mot qui désigne àla fois la

science qui étudie les phénomènes thermiques internes du globe terrestre, et la technologie qui

vise à l'exploiter. Par extension, la géothermie désigne aussi parfois l'énergie géothermique

issue de l'énergie de la Terre qui est convertie en chaleur.

La géothermie ou « chaleur de la terre » couvre l’ensemble des applications permettant de

récupérer la chaleur contenue dans le sous-sol ou dans les nappes d’eau souterraines (la

température de la terre et de l’eau souterraine est d’autant plus élevée que l’on se rapproche du

centre de la terre). En fonction de l’application, les calories ainsi récupérées servent à la

production de chaleur et/ou de froid ou à la production d’électricité. [2]

2
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

Figure 1 : Structure intérieur du globe

I.3. Principe de fonctionnement :

Partout, la température croî


t depuis la surface vers l'intérieur de la Terre. Selon les régions

l'augmentation de la température avec la profondeur est plus ou moins forte, et varie de 3 °C

par 100 m en moyenne jusqu'à15 °C ou même 30 °C.

Cette chaleur est produite pour l'essentiel par la radioactiviténaturelle des roches constitutives

de la croûte terrestre. Elle provient également, pour une faible part, des échanges thermiques

avec les zones internes de la Terre dont les températures s'étagent de 1 000 °C à4 300 °C.

Cependant, l'extraction de cette chaleur n'est possible que lorsque les formations géologiques

constituant le sous-sol sont poreuses ou perméables et contiennent des aquifères (nappe

souterraine renfermant de l'eau ou de la vapeur d'eau).

Le principe consiste àextraire l'énergie géothermique contenue dans le sol pour l'utiliser sous

forme de chauffage ou pour la transformer en électricité. Il existe un flux géothermique naturel

3
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

àla surface du globe, mais il est si faible qu'il ne peut être directement capté. En réalitéon

exploite la chaleur accumulée, stockée dans certaines parties du sous-sol (nappes d'eau).

La plus grande partie de la chaleur de la Terre est produite par la radioactiviténaturelle des

roches qui constituent la croûte terrestre : c'est l'énergie nucléaire produite par la désintégration

de l'uranium, du thorium et du potassium. [3]

Figure 02 : La production de la chaleur dans les sous-sols

I.4. Caractéristiques générales de la géothermie :

La géothermie est la seule énergie renouvelable qui s’adresse aux deux grandes filières

énergétiques :

- production de chaleur

- production d’électricité

4
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

I.4.1. La production de chaleur par géothermie dans le monde

Figure 03 : Production de la chaleur par la géothermie dans le monde


(puissance installée en 2000)

La puissance installée dans les 55 pays qui déclaraient utiliser directement cette source en 2000

était estimée à 15 GW et l’énergie utilisée à 53 TWh/an, ce qui équivaut à 1% de la

consommation d'énergie mondiale. En 2005, plus de 70 pays déclarent utiliser la géothermie

pour produire de la chaleur. La puissance installée est estimée à L’heure actuelle à 27 GW, ce

qui correspond àune production supérieure à70 TWh/an. [4]

I.4.2. La production d’électricité par géothermie dans le monde :

Figure 04 : Carte de la production de l’électricité par la géothermie dans le


monde (puissance installée en 2000)

5
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

On dénombre aujourd’hui un peu plus de 350 installations géothermiques hautes et moyenne

énergie dans le monde. La puissance mondiale de ces centrales électriques est d’environ 8,9

GW, ce qui ne représente que 0,3% de la puissance mondiale électrique installée sur la planète.

La géothermie couvre 0,4% des besoins mondiaux en électricité.

Avec 202 unités réparties sur 22 champs géothermiques (Californie, Nevada, Utah et Hawaii).[4]

Tableau 1 : Les principaux pays producteurs d’électricité géothermique

I.5. Les types de géothermie :

I.5.1. Géothermie haute température :

Parmi les différents types d’exploitation de la chaleur géothermique, la géothermie haute

température (aussi appelée haute enthalpie) concerne les fluides dont les températures sont

supérieures à150 °C. Ceux-ci sont mis en production par forages généralement àplus de 1 500

mètres de profondeur.

Les ressources de géothermie haute température sont situées dans des zones au gradient

géothermal anormalement élevé (jusqu’à 30 °C par 100 m), généralement à la frontière des

6
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

plaques lithosphériques. Les fortes valeurs de ce gradient s’expliquent par la présence, à

quelques kilomètres de profondeur, de roches chaudes correspondant :

 soit àdes poches magmatiques liées àdes phénomènes volcaniques actuels ou récents

 soit àune remontée locale du manteau.

Les régions volcaniques, les rifts et les failles en extension sont donc des localisations

privilégiées.

Un gisement géothermique de haute température se compose d’une source de chaleur

magmatique, d’un réservoir (formation poreuse et perméable) et d’une couverture. Pour garantir

la pérennité de la production sans réinjection, il doit en outre bénéficier d’une réalimentation

naturelle en eau. Dans ces conditions, les infiltrations d’eau assurent la recharge du réservoir

géothermal. Chauffé par le magma sous-jacent, celui-ci est maintenu sous forte pression,

permettant une utilisation pour la production d’électricité. [5]

I.5.1.1. Production d'électricité:

À l’intérieur du réservoir géothermal, l’eau est soit sous forme liquide, soit sous forme gazeuse.

Il est aussi possible de trouver de la vapeur d’eau et de l’eau liquide au sein d’un même réservoir

géothermal.

Par un forage géothermique, il est alors possible de produire de la vapeur seule, dite vapeur

sèche, ou un mélange de liquide et de vapeur, appelévapeur humide.

 Lorsque l'eau du réservoir est vaporisée, elle est récupérée sous la forme de vapeur

sèche en tête de puits et directement utilisable pour faire tourner les turbines des

centrales géothermiques.

7
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

 Lorsqu’elle est sous forme liquide dans le réservoir, l'eau subit une baisse de pression

lors de la remontée dans le forage, et se transforme partiellement en vapeur. Cette

vapeur est alors séparée en surface et utilisée pour alimenter des turbines. [5]

I.5.1.2. Les différents systèmes d’exploitation :

Dans la plupart des centrales géothermiques, la vapeur naturelle sous pression fait tourner une

turbine (à vapeur) qui à son tour actionne un alternateur. Mais d’autres dispositifs sont

employés notamment lorsque la température est moins élevée, ou parce que le fluide pose

problème pour l’environnement.

Au total, en fonction de la nature et des propriétés du fluide géothermal, différents systèmes de

production d’électricité sont utilisés dans les centrales géothermiques :

I.5.1.2.1. cycle direct àcontre-pression :

La vapeur, directement ou après séparation de la phase liquide, entraîne une turbine. À la

sortie de la turbine, la vapeur d'eau - encore àune température élevée - est soit envoyée dans

l'atmosphère, soit dirigée vers un utilisateur de chaleur situéàproximité. Dans ce dernier cas,

il y a cogénération c’est-à-dire production combinée de chaleur (énergie thermique) et

d'électricité(énergie électrique).

I.5.1.2.2. cycle direct àcondensation :

Le système est similaire au précédent. Toutefois la vapeur àla sortie de la turbine est

condensée pour être évacuée sous forme liquide. Le rendement de production électrique est

ainsi amélioré et l’impact atmosphérique minimisé.

I.5.1.2.3. cycle àvaporisation :

Le fluide extrait du réservoir géothermal, constituéde vapeur et liquide, passe par un

8
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

séparateur de phase :

- la vapeur est dirigée dans un premier circuit àhaute pression vers la turbine ;

- l'eau liquide est vaporisée par abaissement de sa pression puis dirigée par un deuxième

circuit vers la turbine.

I.5.1.2.4. cycle indirect àcondensation :

Lorsque le caractère corrosif de l'eau, dûàsa minéralité, est important, deux circuits sont mis

en place.

La vapeur provenant du réservoir géothermique n'est pas envoyée directement dans la turbine

(pour éviter la corrosion). Le fluide géothermal est maintenu en circuit clos, sa chaleur étant

transmise àde l'eau douce – ou à un autre fluide à plus bas point d’ébullition - par

l'intermédiaire d'un échangeur thermique. Le fluide du deuxième circuit, vaporiséensuite,

entraîne la turbine de l'alternateur. On parle alors de «centrale àfluide binaire ». [6]

Figure 05 : Principe de fonctionnement de la centrale de bouillante

9
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

I.5.2. La géothermie basse température :

La géothermie basse température (ou basse énergie) exploite la chaleur de gisements d’eau

situés à des profondeurs de quelques centaines de mètres jusqu’à environ 2 000 m, pour des

températures généralement comprises entre 30°C et 90°C.

La terre peut être subdivisée, du point de vue des ressources géothermiques, en deux types de

régions :

 Les zones géodynamiques actives, généralement des «frontières de plaques », dans

lesquelles une quantitétrès importante d’énergie est dissipée depuis les profondeurs vers

la surface, produisant le mouvement des plaques et des phénomènes sismiques et

volcaniques. L’énergie y est principalement dissipée par convection.

 Les zones continentales stables, dans lesquelles l’énergie est dissipée par conduction à

travers les formations géologiques, en produisant un gradient géothermique

(augmentation de la température avec la profondeur) de 3°C tous les 100 mètres en

moyenne.

La géothermie basse température peut être exploitée dans ces dernières zones sous réserve de

disposer de formations géologiques poreuses et perméables permettant d’assurer le transfert de

chaleur des roches chaudes profondes vers le consommateur en surface.

Il s’agit de formations géologiques appelées «aquifères profonds ». La plupart des gisements

concernés se trouvent dans les bassins sédimentaires de la planète, riches en roches poreuses

(par exemple le grès ou le sable) imprégnées d’eau et perméables (permettant sa circulation).

10
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

Le niveau de température atteint àune profondeur économiquement accessible est insuffisant

pour permettre la production rentable d’électricité mais peut être utilisé pour le chauffage des

habitations, certains usages industriels ou encore le thermalisme. Ainsi, en fonction de la

température de l’eau géothermale, la géothermie basse énergie peut être utilisée pour la

pisciculture, la balnéothérapie, l'alimentation de piscines ou encore le chauffage de serres. Son

application principale dans les zones à habitat dense est le chauffage urbain par réseaux de

chaleur. Dans ce cas, la température de l’eau géothermale doit être supérieure à 60°C. [7]

Figure 06 : La géothermie basse énergie

I.5.3. La géothermie moyenne température

La géothermie moyenne température concerne des gisements d'eau liquide dont la température

se situe entre 90°C et 180°C. On trouve des gisements de ce type à moins de 1 000m de

profondeur dans les zones volcaniques ou entre 2 000m et 4 000m de profondeur dans des zones

àgradient géothermique (quasi-)normal, généralement dans des bassins sédimentaires.

11
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

Cette eau, n'étant pas assez chaude pour être vapeur, donc produire de l'électricité, et trop

chaude pour chauffer (il est inutile de prélever une eau à100°C pour chauffer à30°C), on crée

une dépression dans une enceinte fermée, afin que l'eau s'évapore et qu'on puisse la faire passer

dans une turbine pour produire de l'électricité : c'est la technologie du cycle binaire. Cette

technique a un gros inconvénient : le phénomène de cavitation peut se produire. En effet, en cas

de décompression trop brusque, des bulles de vapeur peuvent se former dans l'eau (exactement

comme lorsqu'on ouvre une bouteille d'eau gazeuse). Ces bulles d'eau peuvent imploser,

augmentant ainsi brusquement la pression et la température au niveau de cette bulle. Ces

augmentations peuvent provoquer des dégâts aux installations géothermiques. Pour éviter ce

phénomène, l'eau est généralement remplacée, pour une eau àtempérature inférieure à140°C,

par un fluide frigorigène, s'évaporant àmoindre température, directement transforméen vapeur

et par conséquent, la cavitation ne peut pas avoir lieu. Ce fluide passe ensuite dans des turbines

pour produire de l'énergie. Pour ce type d'installation, il est évident que l'on n'injecte pas le

fluide frigorigène dans le sous-sol terrestre. Ce fluide circule dans un circuit fermépassant par

un échangeur thermique. L'eau géothermale est puisée puis donne son énergie au fluide

frigorigène avant d'être réinjectée (la réinjection est généralement effectuée pour ce type

d'installation). [8]

I.5.4. L’énergie géothermique très basse température

Cette ressource se niche dans les sols à près de 30 mètres de profondeur et ce jusqu’à 120 mètres.

Utilisée àde faibles températures, comprises entre 10°et 30°C, elle sert pour le chauffage, la

production d’eau chaude et la climatisation dans une maison individuelle équipée d’une pompe

àchaleur (PAC), ou pour ce que l’on appelle la climatisation passive grâce au puits canadien

ou au puits provençal.

12
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

Le rayonnement du soleil et les conditions climatiques ont une influence sur la température

terrestre des premiers mètres du sous-sol. Le sol et l’eau dont il est gorgé sont donc réchauffés.

Ce n’est pas très chaud (environ 10° C), mais c’est suffisant pour pouvoir chauffer une

maison… à condition d’installer une pompe à chaleur géothermique. Il s’agit d’un

équipement qui fonctionne exactement comme le réfrigérateur qui trône dans ta cuisine, mais à

l’envers ! [9]

I.5.4.1. Principe de fonctionnement d’une PAC

Grâce àun circuit, le réfrigérateur capte en permanence la chaleur contenue dans les aliments

et la rejette à l’extérieur grâce à la grille « échangeur » située à l’arrière de l’appareil. La pompe

à chaleur géothermique, elle, capte la chaleur du sol pour la ramener à l’intérieur des

bâtiments. Cependant, pour bien fonctionner tout au long de l’année, il faut qu’elle soit

installée dans une zone où la température du sous-sol est stable (c’est-à-dire qu’elle reste la

même tout au long de l’année). Au final, le bilan reste intéressant car même si elle nécessite un

peu d’électricité pour fonctionner, la pompe à chaleur géothermique peut fournir jusqu’à

60 % des besoins en énergie pour chauffer une maison !

13
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

Figure 07 : Principe de fonctionnement d’une PAC

1 - Un premier circuit de tuyaux (circuit primaire) remplis d’eau collecte la chaleur àfaible

profondeur et le fait remontévers la maison.

2 - Le circuit primaire arrive au contact d’un deuxième circuit de tuyaux (échangeur thermique)

remplis d’un fluide caloporteur (un fluide permettant de transporter la chaleur entre deux ou

plusieurs sources de température) et le réchauffe, le faisant passer à l’état de gaz.

14
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

3 - Il gagne le compresseur : comme son nom l’indique, cette petite machine alimentée en

électricitécompresse le gaz pour augmenter sa température. Le gaz comprimé arrive au

contact d’un troisième circuit de tuyaux (circuit secondaire) remplis d’eau et lui cède sa

chaleur. Ce circuit alimente le plancher chauffant partout dans le bâtiment et permet de le

chauffer.

4 - Le gaz du circuit secondaire se refroidit. Il arrive dans le détendeur, qui fait le travail inverse

du compresseur en jouant sur la pression : le gaz redevient liquide. Il poursuit sa route jusqu’à

rencontrer de nouveau le circuit primaire qui ne cesse de rapatrier la chaleur du sous-sol… Et

c’est reparti pour un tour !

En fonction de ce que l’on veut chauffer (habitations individuelles, serres, bâtiments

collectifs…) et des caractéristiques du sol, on installera des pompes à chaleur plus ou moins

puissantes. Cependant, le système de chauffage par géothermie doit être complétépar un autre

mode de chauffage d’appoint pour prendre le relais quand la demande en énergie est trop

importante, notamment pendant les périodes de grand froid. [10]

I.5.4.2. La géocooling

Si une pompe à chaleur est un réfrigérateur à l'envers, une pompe à chaleur à l'envers est…un

réfrigérateur ! La géothermie peut donc assurer non seulement la production de chaleur

en hiver, mais aussi la production de froid en été. On parle alors de pompe à chaleur

réversible : elle est équipée d'un dispositif permettant d'inverser le cycle du fluide frigorigène.

Le condenseur devient l'évaporateur, l'évaporateur devient condenseur et la pompe àchaleur

puise alors des calories dans le bâtiment pour les rejeter dans le sol… La maison est climatisée !

[11]

15
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

Le sous-sol a une température constante àpartir de quelques mètres de profondeur.

Selon la région et l’altitude du site, cette température est comprise entre 8°C et 16°C en France.

Le sous-sol peut donc faire office de réservoir de froid pendant l’été. Le principe du géocooling

consiste àutiliser la fraîcheur naturelle du sol, sans mise en service de la pompe àchaleur, pour

assurer le refroidissement direct des circuits de distribution d’eau des bâtiments.

Cette technique est favorisée par l’émergence de l’utilisation d’émetteurs très basse

température : plancher chauffant, poutre rafraîchissante, plafond rayonnant, centrale de

traitement de l’air, ventilo-convecteurs …

Le géocooling ne nécessite pas d’investissement supplémentaire et en période

d’exploitation son fonctionnement est assuré par une pompe de circulation qui

consomme très peu d’énergie. Le coût de fonctionnement est donc très bas.

- Un autre avantage du géocooling est qu’il recharge en calories le sol durant l’été et qu’il

augmente la durée de vie de l’échangeur souterrain, en particulier pour les champs de sondes.

-Le système géothermique peut assurer 800 heures de rafraîchissement par an (hypothèse fixée

pour les calculs). [11]

Figure 08 : Utilisation de la géothermie pour le refroidissement

16
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

I.6. Segmentation de la géothermie

Le tableau ci-dessous donne un premier aperçu des principaux équipements et usages pour

chacun des trois segments. [12]

Segment Principaux Température Profondeur Usages

équipements/systèmes de la des forages

utilisés ressource

Très basse Pompes àchaleur <30 °C -Faible -Usage domestique

énergie géothermique (PAC) (chauffage et


<100-300m
refroidissement)

- Habitat collectif

-Tertiaire

Basse énergie Réseau de chaleur <90 °C Intermédiaire -Usage direct pour le

géothermique chauffage d’un ensemble

des bâtiments

Moyenne Centrale de production 90-150 °C <2000m -Chaleur industrielle

énergie électrique
-Production d’électricité

Haute énergie Centrale de production >150 °C -Elevée -Production d’électricité

électrique
>2000m -Chaleur industrielle

Tableau 02 : Segmentation de la géothermie

17
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

I.7. Les types d’installations des pompes à chaleur

I.7.1. Géothermie àcapteurs verticaux

La pompe à chaleur géothermique récupère l’énergie contenue dans la terre à l’aide d’une

sonde géothermique en circuit fermé(eau glycolée/eau), placée dans un forage vertical. (Voir

figure 10)

Performances

Cette technique permet d'obtenir de très bons coefficients de performances, proches ou

supérieurs à5, grâce àla température du sous-sol qui est stable, proche de 14 °à100 m de

profondeur.

Récupération d’énergie

La géothermie verticale permet de récupérer de 30 à50 W/ml de forage, cette performance va

varier en fonction du type de sol : s'il est humide, les performances seront accrues grâce àune

conductivitéplus importante. [13]

Figure 09 : Maison avec un capteur géométrique vertical

18
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

I.7.2. Géothermie àcapteurs horizontaux

Cette technologie permet de récupérer l’énergie accumulée dans la terre, à l'aide de capteurs

horizontaux. Cette technique permet d'obtenir des coefficients de performance de ±4,55.

(Voir figure 11)

Performances

Cet technique permet d'obtenir des coefficients de performance de ±4,55 qui restent stables

grâce àla température sous la terre qui ne varie pas et reste aux alentours de 12 °C.

Récupération d'énergie

Cette technologie nécessite une grande surface de terrain. Le terrain est décoffrésur 1 m de

profondeur pour y installer un circuit de capteurs géothermiques.

La géothermie horizontale permet de récupérer de 30 à40 W/m2 de surface de capteurs. [13]

Figure 10 : Maison avec un capteur géothermique horizontal

19
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

I.8. Les avantages et les inconvénients de la géothermie

I.8.1. Les avantages de la géothermie

La géothermie est propre

L'exploitation géothermique rejette peu de CO2 (55 g/kWh alors qu'une centrale au gaz naturel

en rejette 10 fois plus), parfois même pas du tout en réinjectant les fluides géothermaux dans

les réservoirs d'oùils proviennent.

Ainsi, la géothermie est une énergie propre qui ne contribue pas àla pollution comme le font

les énergies fossiles, comme nous l'avons déjàvu précédemment. [14]

La géothermie est renouvelable

Contrairement à ces mêmes énergies fossiles, la géothermie ne possède pas de réservoir à

remplir quand celui-ci se vide. En effet, il y a un renouvellement continu par ruissellement des

eaux de surface ou de manière technologique par injection artificielle. La géothermie utilise

l'énergie calorifique contenue dans le sol qui est sans cesse renouvelée par le soleil, le vent et

la pluie.

La géothermie est présente partout sur Terre

La géothermie ne se trouve pas sur des sites particuliers comme les énergies fossiles dont nous

avons déjàtraité, mais comme c'est une énergie provenant de la chaleur du sous-sol terrestre,

elle est présente sur tous les continents. Bien évidemment, selon la structure et la composition

rocheuse, cette énergie sera plus ou moins aisée à extraire, mais les technologies actuelles

permettent un développement planétaire de la géothermie. Grâce àcette proximitéconstante

20
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

d'une telle énergie, les coûts de transport peuvent être supprimés, et les pays en sous-

développement ne dépendront plus des "géants" de l'énergie en matière d'approvisionnement

en énergies fossiles traditionnelles. [14]

La géothermie offre des avantages financiers intéressants

Elle est en effet très économique car 75% de l'énergie qui est utilisée provient gratuitement du

sol. La plupart des fabricants et des installateurs de générateurs thermodynamiques assurent

une étude thermique pour estimer les coûts mais surtout la possibilitéde réalisation du projet

géothermique selon l'importance de l'habitation concernée. Ce générateur ne nécessite aucune

évacuation et aucune cuve de stockage de l'énergie. Son entretien est donc minimal car il n'y a

pas de cuve àremplir avant l'hiver et pas de ramonage àprévoir.

Le coût d'installation d'un chauffage à géothermie est pratiquement le même que celui d'un

système traditionnel àeau chaude. Comme pour 1 kW d'électricitéconsommé, 3.5 à4 kW de

chaleur utile est libérée dans la maison, seule l'augmentation du prix de l'électricitépeut être

notable. Voici le (tableau 03) qui montrant le prix du chauffage par géothermie par rapport aux

énergies polluantes. On remarque que la géothermie est vraiment économique.[14]

Paris Nantes Strasbourg Annecy

Fuel 686 € 627 € 771 € 786 €

Gaz propane 1 293 € 1 182 € 1 454 € 1 481 €

Gaz naturel 574 € 525 € 646 € 658 €

Géothermie 277 € 253 € 312 € 317 €

Tableau 3 : Consommation pour une maison de 100 m²

21
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

La géothermie offre des options supplémentaires

Dans une habitation, le chauffage par géothermie peut se faire par l'intermédiaire de planchers

chauffants qui peuvent être complétés par des radiateurs ou des ventilo conducteurs. Le

plancher est la meilleure solution en matière de chauffage car il permet une bonne répartition

de la chaleur sans dessèchement de l'air ambiant. De plus, l'encombrement qui en résulte est

minimal, mais cette option n'est envisageable que pour une construction neuve ou alors pour de

lourds travaux de rénovation.

La géothermie peut également chauffer l'eau de la piscine en permutant la production de chaleur

sur la piscine, mais pour cela, il faudra couper celui de la maison. La géothermie peut aussi

avoir la fonction de climatisation avec l'option de rafraîchissement qui permet, en inversant le

circuit qui rejette alors les calories de la maison dans le sol. Il est assuré par le réseau

hydraulique comme le plancher chauffant. Il ne prélève pas l'humiditécomme la climatisation

classique et ne doit pas être en dessous de 20°C, sinon, il faudrait se munir de ventilo

conducteurs ce qui coûte plus cher. [14]

I.8.2. Les inconvénients de la géothermie

- En effet, on peut relever des problèmes de gel précoce sur certains types de terrain dans le cas

de capteurs enterrés àfaible profondeur, ainsi que des problèmes d'assèchements estivaux si la

fonction rafraîchissement est employée.

- La compression intégrée dans le générateur de la pompe àchaleur est un élément bruyant.

C'est pourquoi il est important de la monter sur silent-block. [14]

 Les sites de forages sont limités en fonction du type de roche (roche chaude facile àpercer).

 Risque de rejets gazeux nocifs ou toxiques.

22
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

 Risque de réchauffement du site de forage.

 Certaines pratiques de forages augmentent les risques sismiques.

 Certaines technologies utilisent des produits chimiques àfort impact environnemental

I.9. Coût et rendement de la géothermie

Le coût d’investissement est important, comme la géothermie basse énergie, et peut aller, selon

la taille, de 1200 à2800€/kW installé(puits compris).Le coût des installations exploitant la

vapeur sèche àhaute température est moindre, puisque la vapeur est envoyée directement dans

les turbines, sans échangeur ou séparateur de vapeur intermédiaire. Out compris, le coût du kW

produit peut aller de 4 à 6 centimes d'Euro pour les installations à vapeur sèche jusqu’à 9

centimes d’Euro pour la géothermie à moyenne énergie. Voici un comparatif des énergies pour

une habitation neuve (norme RT 2005) équipée d'un système de chauffage en Géothermie sur

plancher chauffant [15]

I.9.1. Comparatif du coût annuel sur 15 ans

Figure 11 : Comparaison du cout annuel pour une maison pendant 15 ans


[15]

23
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

I.9.2. Comparatif du rendement énergétique (voir figure 13)

Coût Géothermie - Rendement Géothermie [15]

Figure 12 : Graphe comparatif du rendement énergétique pour une maison

I.10. Gradient et flux géothermiques

I.10.1. Gradient géothermique :

Le gradient géothermique est la variation de température en fonction de la profondeur. Il

s'exprime en °C/km. [16]

G = DT /DZ [°C/km]

Le gradient géothermique de la Terre est représentédans (la figure 14)

24
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

Figure 13 : Gradient géothermique de la terre

I.10.2. Flux géothermique

Le flux géothermique est un flux d'énergie thermique dégagé par la Terre à sa surface en

provenance de l'intérieur du globe. L'origine principale du flux géothermique provient de la

désintégration des substances radioactives contenues dans les roches. Ces substances sont
238 235 40
l'uranium U, U, le potassium K et le thorium232Th(voirTableau2).

On remarque que c'est la désintégration de l'Uranium qui produit le plus de chaleur. [17]

25
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

Concentration dans les enveloppes Production de


Éléments
constitutives du globe (ppm) chaleur par unité
radioactifs
Croûte Croûte de masse
majeurs Manteau Noyau
continentale océanique (W.kg-1)

Uranium
1,6 0,9 0,015 10-5 162.10-6
(235U et 238U)

Thorium (232Th) 5,8 2,7 0,08 10-4 6,6.10-6

Potassium (40K) 25 000 4 000 200 1 4,8.10-9

Tableau 4 : Énergie d'origine radioactive, concentration en éléments radioactifs de chaque


enveloppe terrestre. (1 ppm = 10-6 kg par kg de roche).

On peut calculer le flux géothermique par la relation suivante :

Q = − λ gradT

 Q : Flux de chaleur [mWm-2]

 λ : Conductivitéthermique du milieu [W/m °C]

 gradT : Gradient de température [°C/m].

Le flux géothermique varie selon le contexte géodynamique.

Il sera très élevé à l'aplomb des dorsales océaniques : la croute océanique étant de faible

épaisseur, le manteau chaud est proche de la surface.

Par contre, il sera faible au niveau des fosses et des zones de subduction : l'emplacement du

flux faible est associéau plongement de la lithosphère âgée devenue dense sans le manteau.[17]

26
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

On peut également trouver un flux géothermique élevésur les continents, comme en Alsace.

Cette région se trouve dans un fossé d'effondrement qui présente une croûte continentale

amincie, rapprochant ainsi le manteau de la surface. (Voir figure 15)

Figure 14 : Carte mondiale du flux géothermique

I.11. Méthodes d’exploration avant forage

I.11.1. Gravimétrie :

Les mesures gravimétriques permettent d’identifier des corps lourds, liés à des stockages

magmatiques à « faible profondeur ». Ces stockages peuvent constituer des sources

potentielles de chaleur qui sont nécessaires au développement d’un réservoir

géothermique.[18]

27
Chapitre 1 : étude bibliographique sur l’énergie géothermique

I.11.2. Magnétotellurie :

Elle permet de déterminer la structure géo électrique des zones prospectées entre terrains

conducteurs et isolants, en particulier les couches imperméables susceptibles de constituer

système géothermique convectif (couvercle d'eau chaude). [18]

I.11.3. Polarisation Spontanée :

La polarisation spontanée (PS) détecte les circulations de fluides sous la surface.

I.11.4. Analyse chimique des eaux et des gaz :

La présence d'anomalies en He, CO2, H2S, CH4 et radon permettent de mettre en évidence

d'éventuelles contaminations par des gaz d'origine magmatique. [18]

28
Chapitre 2 : étude géothermique du sud algérien

II.1. Introduction

En Algérie la recherche géothermique rentre dans le cadre des activités du Centre de

Développement des Energies Renouvelables C.D.E.R. de Bouzaréah et fut aussi l’objet de

recherches àla SONATRACH (Direction Recherche et Développement, 1980).

La région d’étude est située dans le Sahara algérien (Fig. 16). Les forages pétroliers et

hydrauliques qui traversent le territoire saharien indiquent bien que dans certaines régions, les

eaux sont très chaudes, ces constatations nous permettent de considérer le Sahara algérien

comme favorable à la production de l’énergie géothermique. Si le potentiel géothermique du

Nord algérien est bien déterminé, pour le Sud algérien une étude détaillée s’avère nécessaire

pour l’évaluation du potentiel géothermique.

II.2. La géothermie en Algérie

En Algérie, les études en géothermie ont été menées principalement sur le Nord algérien, ‘Carte

Géothermique Préliminaire du Nord de l’Algérie’, au 1/100 000 (M. Abouriche et al., 1988) ;

(S. Rezig, 1991, 1992)[19]. Ces études montrent que le Nord de l’Algérie compte un nombre

important de sources thermales.

Près de 200 sources ont étéinventoriées et elles sont reparties àtravers tout le territoire Nord

algérien, majoritaires au Nord-Est (Tableau 05). Parmi les plus importantes, nous pouvons citer

Hammam Meskoutine (98 °C) à Guelma, Hammam Boutaleb (52 °C) à Sétif et Hammam

Bouhanifia (66 °C) àMascara. Trois zones àfort gradient géothermique sont mises en évidence;

au Nord-Ouest, au Nord-Est et au Centre Nord de l’Algérie, plus particulièrement dans les

régions de l’Oranie, de la Kabylie et du Constantinois.

29
Chapitre 2 : étude géothermique du sud algérien

Fig. 15: Situation géographique de la région d’étude [20]

Sources thermales Région Faciles Résidus Température Débit

chimiques secs
(°C) (Litre/second)

H. Chellala Guelma Sulfaté 1600 98 100

magnésien

H.Bou Hadjar Ain Chloruré 3210 66.5 -

Témouchent sodique

H. Bouhanifia Mascara Bicarbonaté 1400 66 -

Solide

H. Boutaleb Sétif Chloruré 3416 52 -

sodique

30
Chapitre 2 : étude géothermique du sud algérien

H. Essalhine Khenchela Chloruré 2082 70 -

sodique

H. Salhine Skikda 2046 55 -

H. Sidi Bouabdela Relizane Chloruré 1194 51 -

sodique

H. Delaa M’sila Sulfatésolide 1980 42 -

H. Rabi Saida Chloruré 1524 47 -

sodique

H. Sillal Bejaia Chloruré 2221 46 -

sodique

H. Ben Haroun Constantine Chloruré 3762 42 10

sodique

Tableau 05 : Caractéristiques de quelques sources thermales du nord de l’Algérie [21]

En plus des nombreuses sources thermales dans le Nord du pays, il existe dans le Sud algérien

et plus exactement dans le Sahara septentrional, une importante réserve en eau thermale qui est

la nappe du continental intercalaire (Fig. 17).

II.3. Le continental intercalaire

Dans la région d’étude, l’aquifère du continental intercalaire se présente sous forme d’une

nappe artésienne, et elle constitue la plus grande réserve d’eau souterraine dans le Sahara

algérien.

31
Chapitre 2 : étude géothermique du sud algérien

Cette nappe est surmontée par celle du complexe terminal qui se présente sous forme d’une

nappe libre, (Fig. 17).

Fig. 16: Carte représentant les nappes du Continental Intercalaire et du


Complexe Terminal

On définit l’aquifère du Continental Intercalaire comme les formations continentales du Crétacé

inférieur, comprises entre l’Albien et le Néocomien, constituées de sables, de grès avec

intercalations d’argiles dont la profondeur du toit varie de 700 à 1200 m environ.

Le Continental Intercalaire est surmontépar les dépôts du crétacésupérieur àsavoir:

Cénomanien, Turonien et Sénonien salifère qui peut atteindre une épaisseur de l’ordre de 220m.

Le réservoir aquifère du Continental Intercalaire est particulier par son volume considérable du

à la fois à son extension sur plus de 600.000 km2 et son épaisseur moyenne de plusieurs

centaines de mètres. De grandes quantités d’eau y ont été stockées pendant les périodes

pluvieuses du Quaternaire. [22]

32
Chapitre 2 : étude géothermique du sud algérien

II.4. Gradient géothermique

Les forages pétroliers étant les plus profonds, ils rendent le mieux compte du gradient

géothermique. De nombreux forages pétroliers couvrent le Sahara algérien d’Est en Ouest,

comme le montre la carte de gradient (Fig. 21). La majorité de ces forages sont localisés

principalement dans la partie septentrionale du Sahara algérien, car cette région saharienne est

par contre l’une des plus intéressantes du point de vue ressources fossiles (pétrole, gaz).

Les valeurs de BHT (Bottom Hol Temperature), représentant les températures de boue du fond

de puits, nous ont permises de calculer de gradient géothermique.

Dans le cas général, les valeurs de BHT ne reflètent pas avec exactitude la température de la

formation traversée, et elles sont par conséquent corrigées. Parmi ces méthodes de correction,

il existe la méthode qui utilise les valeurs de DST comme référence. Cependant cette correction

est négligée par certains auteurs. Dans cette étude, la correction des BHT n’a pas été utilisée en

raison de l’absence des valeurs de DST pour un grand nombre de forages. [22]

II.5. Graphes (température - profondeur)

Afin d’avoir une idée sur la variation de la température en fonction de la profondeur, sur le plan

vertical, des graphes sont réalisés (Fig. 20).

Tous les graphes (Fig. 20) montrent clairement l’augmentation de la température avec la

profondeur, indiquant que la profondeur est l’un des facteurs du gradient de température. Il

apparaît bien aussi àtravers ces graphes que la loi de variation (température, profondeur) est

généralement linéaire comme le montre (Fig. 18), mais cependant elle peut être non linéaire, ce

cas se retrouve en (figure 19).

Le gradient de température est représenté par les pentes des courbes T=f(P). Il varie

latéralement d’un forage par rapport à un autre, et parfois verticalement le long d’un même

forage. Les graphes réalisés illustrent d’une façon générale le caractère non homogène du sous-

sol saharien. [22]

33
Chapitre 2 : étude géothermique du sud algérien

Profondeur (m) Profondeur (m)

Fig. 17: Graphe du forage ER-1 Fig.18: Graphe du ForageAM-1

Fig. 19 : Graphes (température-profondeur) au niveau des forages pétroliers (AM-1_ ER-1


_TO-1 _CBM-1_ HBZ-1)

II.6. Interprétation de la carte du gradient géothermique

Le Sahara algérien présente dans son ensemble un gradient géothermique moyen de l’ordre de

4 °C / 100 m. Dans la partie septentrionale du Sahara, le gradient géothermique est de l’ordre

de 3 °C / 100m. Il est moyen, et il pourrait être du uniquement à l’effet de la profondeur.

Une forte anomalie géothermique est bien mise en évidence dans la partie occidentale du Sahara

dans les régions de Béchar, Beni Abbés et Timimoun. Les diagraphies de forages consultés

montrent que cette zone est anormalement chaude, plus particulièrement au niveau du forage

HBZ -1 situédans la région de Beni Abbés oùle gradient atteint plus de 6 °C / 100 m.

34
Chapitre 2 : étude géothermique du sud algérien

Ce gradient, qui est plutôt élevé, est probablement dû à la tectonique intense qu’a connue la

partie occidentale de la plateforme saharienne au cours de l’orogenèse hercynienne.

Du point de vue pétrolier, la prospection pétrolière révèle que la province occidentale du Sahara

algérien est pauvre en hydrocarbure liquide et ce, malgré que la condition majeure de son

l’existence soit réunie en profondeur (la roche mère). Par contre la province orientale est très

riche sur ce plan.

Sachant que le pétrole atteint le degréde maturitédans des conditions de température et de

pression bien définis, au-delàil perd sa maturité, soit il passe àla phase gazeuse, ou bien, dans

des conditions extrêmes, il brûle carrément, on parle alors de ‘pétrole cramé’.

Donc le gradient géothermique élevé dans le Sahara occidental pourrait être l’un des facteurs

responsables de cette pauvretéen hydrocarbures liquide dans cette région. Les résultats obtenus

àpartir de la carte géothermique seraient en concordance avec les résultats de la prospection

pétrolière. [22]

Fig. 20: Carte de gradient géothermique du sud algérien

35
Chapitre 2 : étude géothermique du sud algérien

II.7. Flux de chaleur

II.7.1. Généralités

La terre est chaude, la chaleur terrestre qui se propage àtravers la croûte continentale (appelé

flux de chaleur) n’est pas homogène. Le flux de chaleur varie donc d’un endroit à un autre (H.

Cristopher et al). (1978). [23]

En présence d’un flux de chaleur élevé, les eaux souterraines se réchauffent et se transforment

en eau thermale. Le flux de chaleur est défini comme la quantité de chaleur qui s’écoule par

unitéde temps, et il traduit la vitesse avec laquelle la terre perd sa chaleur.

La densitéde flux est le flux de chaleur par unitéde surface (Wm-2). En général, le flux de

chaleur est assimilé à la densité de flux. L’unité de mesure du flux de chaleur est le watt (W).

Le flux moyen est de 60 mWm-2. Il varie avec:

- l’épaisseur de la plaque: quand la plaque est mince le flux augmente.

- l’âge de la lithosphère: plus la lithosphère est jeune, plus le flux sera élevé.

- la production de chaleur dans la croûte: le flux augmente avec la concentration en

radioéléments.

II.7.2. Interprétation de la carte de flux de chaleur

La carte de flux de chaleur du Sud algérien montre que les valeurs de flux de chaleur varient

entre (60 mWm-2 et 100 mWm-2). Donc le flux de chaleur enregistré au Sud de l’Algérie est

élevépar rapport àla moyenne mondiale qui est de 60 mWm-2.

Le flux de chaleur moyen est de 80 mWm-2. L’axe Béchar – Adrar - In Salah - Illizi est

caractérisépar un flux élevéde 100 mWm-2. De part et d’autre de cet axe, les valeurs décroissent

graduellement. On remarque aussi quelques petites anomalies locales positives au Nord-Est.

La carte de flux de chaleur met en évidence deux zones d’anomalies distinctes:

- la zone Ouest qui présente un flux élevéde 90 mWm-2 à110 mWm-2.

- la zone Est qui présente un flux moyen de 60 mWm-2 à80 mWm-2.

36
Chapitre 2 : étude géothermique du sud algérien

Il est constaté:

- une concordance entre la carte de flux et la topographie de la région. En effet, on retrouve les

dépressions du grand Erg occidental et oriental bien définies à travers les zones d’anomalies

faibles. Les zones hautes comme les chaînes de l’Ougarta et les affleurements du bouclier

Touareg au Sud, se retrouvent dans les zones d’anomalies élevées.

- une concordance entre la structuration et le flux de chaleur, la direction des anomalies suit

relativement la direction de la structuration du Sahara algérien. Les directions NW-SE et N-S

mises en évidence respectivement dans la partie occidentale et la partie orientale de la carte sont

en concordance avec la direction de la structuration dans ces régions. La partie orientale est un

bassin crétacérécent qui est doté d’aquifères en profondeur, la structure de l’aquifère est en

concordance avec l’anomalie mise en évidence dans cette région.

- une concordance entre la tectonique et le flux de chaleur. En effet la partie occidentale du

Sahara algérien était le siège des principales déformations de la phase de compression

hercynienne, ceci se manifeste sur la carte de flux de chaleur par un état thermique actuel

anormalement chaud par rapport àla partie orientale qui était plus stable sur le plan tectonique

et qui présente sur la carte de flux de chaleur un état thermique actuel modéré. [24]

37
Chapitre 2 : étude géothermique du sud algérien

Fig. 21: Carte du flux de chaleur du sud algérien

II.8.Concluson

Les graphes (température - profondeur) nous ont permis de constater l’augmentation de la

température avec la profondeur. Cette variation peut être linéaire ou non linéaire selon le milieu

traversé.

Le Sahara algérien présente dans son ensemble un gradient géothermique moyen de l’ordre de

4 °C / 100 m. Deux parties distinctes sont bien mises en évidence àtravers la carte de gradient

géothermique. L’une dans la partie septentrionale du Sahara, dont le gradient géothermique

moyen est de l’ordre de 3 °C/100 m. L’autre dans le Sahara occidental, qui présente un fort

gradient géothermique qui atteint plus de 6 °C/100 m, plus particulièrement dans les régions de

Béchar, Beni Abbès et Timimoun.

38
Chapitre 2 : étude géothermique du sud algérien

La carte de flux de chaleur nous a permis d’estimer de la chaleur en place dans chaque point du

territoire saharien. Le Sahara septentrional présente un flux moyen, compris entre 80 et 100

MW/m2, on remarque sur la carte quelques anomalies locales entre positives et négatives. La

partie occidentale présente un flux élevécompris entre 90 et 110 MW/m2. Les mouvements

hercyniens semblent être les principaux responsables du flux élevédans cette région. La partie

septentrionale du Sahara algérien renferme les deux conditions majeures pour l’existence d’un

réservoir géothermique, un gradient géothermique et une nappe aquifère en profondeur.

Sur la base des résultats précédents et afin d’assurer une meilleure exploitation possible des

ressources géothermiques du Sahara algérien, il est suggéré l’utilisation de la géothermie basse

énergie dans sa partie septentrionale. Le domaine du chauffage des serres serait très

recommandédans cette région. [24]

39
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

La Centrale géothermique de SVARTSENGI

III.1. Fiche technique de la centrale :

Localisation
Pays Islande
Région Suðurnes
Comté Gullbringusýsla

Coordonnées 63° 52′ 44″ Nord 22° 25′ 58″ Ouest /


63.878889, -22.432778
Caractéristiques
Type d'installations Centrale géothermique
Nombre de puits
20
géothermiques
Profondeur maximale des
2 km
puits

Administration
Date de mise en service 1977
Statut En service
Propriétaire HS Orka

III.2. Définition de la centrale de SVARTSENGI:

La centrale géothermique de SVARTSENGI est une centrale géothermique détenue et

opérée par HS Orka. Elle est située sur la péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest de

l'Islande près de la ville de Grindavík. Cette centrale est la première au monde àutiliser une

géothermie de haute température pour la cogénération. L'eau refroidie à un peu moins

de 40 °C est ensuite relâchée dans le lagon bleu. [25]

40
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

Figure 22 : La centrale de SVARTSENGI

III.3. Histoire de la centrale de SVARTSENGI :

En 1969, la ville de Grindavík commença àétudier la possibilitéd'une centrale géothermique

dans la zone de SVARTSENGI, principalement destinée au chauffage urbain. En 1971 et 1972,

deux forages furent effectués dans la zone. Ces forages révélèrent que la température de l'eau

était très élevée (200 °C à1 km de profondeur) et partiellement salée. Cela signifiait que l'eau

ne pouvait être utilisée directement, mais qu'un échangeur de chaleur devait être installé.

Hormis ces problèmes, les études furent positives, et la compagnie Hitaveita Suðurnesja fut

fondée en 1974 pour gérer la construction et l'exploitation d'une centrale dans cette zone. [25]

Mais le début de la construction intervient dans les débuts du premier choc pétrolier, alors que

la majoritédes islandais se chauffent alors encore au pétrole. La transition vers le chauffage

géothermique est alors hautement désirable. Ceci précipite donc le développement de la centrale.

La première centrale, mise en service en 1977.

41
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

Figure 23 : Schéma de la centrale géothermique de SVARTSENGI

III.4. Principe de fonctionnement de la centrale de SVARTSENGI :

L’eau géothermique pompée du sous-sol àun débit de (220 kg/s) et une température de 163 0C

passe dans un séparateur liquide vapeur. A la sortie, l’eau liquide au débit de (140 kg/s) est

réinjectée dans la terre, alors que l’eau sous forme de vapeur humide et au débit de (80 kg/s) et

une pression de 6.5 bar entre dans un surchauffeur. Ensuite, la vapeur pénètre dans l’étage

supérieur de la turbine (étage HP) oùelle se détend en fournissant de l’énergie mécanique. Cette

énergie cinétique est transformée par un générateur d’électricité (alternateur) pour produire une

puissance de 30 MW.

A la sortie de l’étage inférieur de la turbine (étage BP) ,la vapeur à une pression de 0.1bar

pénètre alors dans un condenseur refroidi àla fois par une tour de refroidissement et une eau

provenant d’une autre centrale électrique utilisant un cycle de Rankine (ORC), àun débit de

(240 kg/s) et une température de 23 0C.

A la sortie du condenseur alors que le condensat (80 kg/s) est mise sous pression et réinjecté

sous terre, le fluide caloporteur àune température de 350C, entre dans un échangeur thermique

42
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

oùsa température passe à950C au moyen d’un sous-titrage de vapeur effectué dans l’étage MP

de la turbine.

Le fluide caloporteur passe ensuite dans un dégazeur afin d’éliminer son oxygène. A la sortie

du dégazeur, la température du fluide est à920C. Il est alors mis sous pression, puis (50 kg/s)

sont refroidis jusqu’à 850C dans un refroidisseur thermique avant leurs transports au point

d’utilisation (la ville de GRINDAVIK).

D’un autre côté, un débit d’eau de (130 kg/s) à une température de 950C arrivant d’une autre

centrale thermique est collectéau réseau. Le mélange des deux flux d’eau (320 kg/s) passe dans

un échangeur de chaleur oùsa température passe à1100C grâce àun 2éme sous-titrage effectué

dans l’étage HP de la turbine. L’eau chaude sous pression ainsi produite va servir au chauffage

de la ville de NJARDVIK via le réseau urbain de cette dernière.

III.5. calcul des performances énergétiques et environnementales de la


centrale géothermique de SVARTSENGI (Islande) :

III.5.1. calcul des critères de performance de la centrale :

1/- Rendement global 

Calcul du titre de la vapeur souterraine pompée :

m v ……………………………………………………………………………………..1
x
 pom p
m

Où:

 pom p : Le débit d’eau géothermique pompée (vapeur humide)


m

 v : Le débit d’eau vapeur pompée


m

x = 80 / 220

x = 0.36

43
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

Calcul de l’enthalpie initiale pompée :

H pomp = Hl + x*L v ……………………………………………………………………………...2

Ou :

Hl : l’enthalpie du liquide saturé pompé

L v : chaleur latente de vaporisation de l’eau

Sachant que la vapeur pompée est àla pression de 6.5 bar, on en déduit de la table de la vapeur
saturante de l’eau les valeurs des caractéristiques suivantes :

H pomp = 684.14 + (0.36×2074.73)

H pomp = 1431.04 kJ/kg

Calcul de la puissance de chauffage produite :

T1= 23°C

 1 = 240 kg/s
m T3 = 95°C

 3 = 130kg/s
m

Td = 92°C  4 = 320 kg/s


m
Dégazeur Échangeur
Condenseur

T4 =110°C

 2 = 50 kg/s
m

T2 = 85°C


CH = Cp× [ m 1 × (Td - T1) - m 2 × (Td -T2) – (( m 3 ×T3) + ( m 1 - m 2 ) × Td) +
Q     

 4 ×T4)].....................................................................................................................................3
(m

Où:

44
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

Cp : Capacité calorifique spécifique de l’eau supposée dans les conditions ambiantes (4.1868
kJ/kg*K)

m 1 : Débit d’eau de refroidissement du condenseur provenant d’une autre centrale


géothermique de production électrique (ORC)

 2 : Débit d’eau dévié vers un refroidisseur pour la production d’eau à 85°C


m

 3 : Débit d’eau à 95°C provenant de la centrale (OV-2)


m

 4 : Débit d’eau de chauffage urbain produit par cette centrale géothermique


m

Td : Température d’eau à la sortie du dégazeur

T1 : Température d’eau à l’entrée du condenseur

T2 : Température d’eau dégazée à la sortie du refroidisseur

T3 : Température d’eau provenant de la centrale (OV-2)

T4 : Température d’eau de chauffage urbain à la sortie de la centrale géothermique

 = 4.1868× [240× (92-23) - 50× (92-85) – [130 (95) + 190×(92)] + 320×(110)]


Q CH

 = 90351.144 kW
Q CH

Calcul de l’énergie géothermique pompée :

  pom p ×( H pom p – Hl)…………………………………………………………………...4


pomp =
Q m


Q pomp = 220 × (1431.04 - 684.14)


Q pomp = 164318 kW

Calcul de la puissance totale produite par le cycle de cogénération :


Q = 
W +
T
 ………………………………………………………………………………...5
Q CH

Où:

 : Puissance électrique produite


W

 = (30×103 + 90351.144)
Q T

 = 120351.144 kW
Q T

Finalement, le rendement global est donnépar :

45
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

Q
η = T …………………………………………………………………………….………6

Q pom p

η = (120351.144 / 164318)

η = 0.7324 = 73.24%

2/-Rendement mécanique m


m  W ……………………………………………………………….………………….7
Q pom p

m = (30×103) / (164318)

m = 0.18

3/-Rapport chaleur-force CF :

Ce rapport chaleur-force (CF) donne le rapport de la quantité d’énergie thermique (C) à la

quantité d’énergie (W), fournies simultanément par une cogénération. Cette notion est

indispensable pour choisir le principe et la puissance du ou des moteurs àprévoir dans une

installation dont on connaît les besoins thermiques et électriques.

Si le rapport chaleur force est supérieur à1 la production de la chaleur dans la centrale est plus

grande que celle d’électricité par contre si le rapport de la chaleur force est inférieur à1 la

centrale est dans ce cas destinée à la production d’électricité.

Q CH
CF  …………………………………………………………………………………8
W

CF = 90351.144
30  10
3

CF = 3.01

On peut noter dans ce cas que cette centrale géothermique est destinée en plus grande partie au

chauffage urbain.

46
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

4/-Consommation spécifique équivalente CE :

La consommation spécifique CE exprime la quantité d’énergie thermique réellement

consommée par la centrale pour produire un 1 kWh d’énergie électrique

  
CE = ( Q pomp – ( Q CH /)) / W ……………………………………………………….................9

Où:

 est le rendement moyen de la chaufferie classique dont on réduit la consommation.

Avec :

 = 0.9

CE = (164318 - ( 90351.144 )) / (30×103)


0.9

CE = 2.13

La valeur de CE peut être convertie en (J/kWh) :

1kWh = 3600 kJ = 36×105J

On obtient :

CE = 2.13 = 76.68 ×105 (J/kWh) =1831.47 (kcal/kWh)

Cette valeur de consommation spécifique équivalente CE de la centrale géothermique peut être


comparée àcelle de centrale àcycle combinéde draoich (SKD) fonctionnant au gaz naturel :

CE cycle combiné  m  PCI …………………………………………………………………….10




W

CE cycle combiné  (12.56  45304.47)


400  10 3
CE cycle combiné = 1.42 = 1220.98 (kcal/kWh)

On constate que la valeur que la valeur de la consommation spécifique équivalente de la

centrale géothermique est plus élevée (facteur multiplicatif égal à1.5) que celle de la centrale

àcycle combiné. Ceci peut être expliquépar le fait que la centrale géothermique est destinée à

la production simultanée de chaleur et d’électricité.

47
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

III.5.2. Impact environnemental de la centrale géothermique:

Pour évaluer la contribution de la centrale géothermique àla protection de l’environnement et

à l’économie d’énergie primaire (fossile) on s’est basé pour la partie électrique sur la

consommation d’une centrale conventionnelle à cycle combiné (fonctionnant au gaz naturel)

permettant de produire la même puissance électrique. La centrale de draouch (SKD) où j’ai

effectué mon stage pratique a été choisie. D’autre part, en ce qui concerne la puissance

thermique de chauffage urbain produite par la centrale géothermique, son impact

environnemental a étéévaluépar rapport àun système de chauffage de gaz naturel ayant pour

rendement =0.9

III.5.2.1. Calcul du débit de CO2 produit par une centrale à combustible fossile (gaz
naturel) équivalente àla centrale géothermique àcycle de cogénération :

1/-Les caractéristiques de la centrale àcycle combiné(SKD)

 Débit de combustible injectédans la turbine àgaz : 12.56 kg/s

 Puissance électrique produite 400 MW

 Rendement de la centrale àcycle combiné(SKD) : 0.58

2/-Calcul du débit de combustible (mC1) nécessaire pour produire 30 MW


W
 C1 
m ………………………………………………………………..............11
  PCI

Où:

PCI : le pouvoir calorifique inferieur du gaz naturel

La composition chimique du gaz naturel est donnée par le tableau 6.

48
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

Constituant i Composition Masse Mi × ai Composition PCI i PCI i × ai


du gaz volumique mol
naturel (g/mol) massique (Kcal/ (Kcal/ Nm3)
ai Mi Nm3)
bi
(g/mol)

CH4 0,8272 16 13,24 0,7 8590 7105.64

C2H6 0,0851 30 2,55 0,14 15408 1311.22

C3H8 0,0196 44 0,86 0,046 22284 436.76

iC4H10 0,0028 58 0,16 0,0086 29511 82.63

nC4H10 0,0041 58 0,24 0,013 29643 121.53

iC5H12 0,0008 72 0,058 0,003 37917 30,33

nC5H12 0,0008 72 0,058 0,003 38049 30,44

nC6H14 0,0005 86 0,043 0,002 46518 23,26

C7 0,0001 100 0,01 0,0005 57896 5,79

CO2 0 ,003 44 0,11 0,0058 0 0

N2 0,057 28 1,58 0,084 0 0

Total 1 18,91 1 9147,6

Tableau 06 : Composition et caractéristiques du gaz naturel

PCI = (ai× PCIi ) = 9147,6 (Kcal/ Nm3)

Calcul de la masse volumique du gaz naturel dans les conditions normales:

N= p ……………………………………………………………………………………..12
rT
Où:

N : masse volumique normale du gaz naturel

P : pression atmosphérique normale (1atm)

T : température normale (273 K)

49
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

r : Constante du gaz naturel calculée comme suit :

R
r …………………………………………………………………………………….... 13
M

Où:

R : Constante universelle des gaz, égale à(8.314 (J/K*mol))

M : masse molaire apparente du gaz naturel donnée par :

M= (ai × Mi)………………….…………………………………………………14

8.314
r
18.91

r  0.4396 (J/K*g)= 439.6 (J/K*kg)

Finalement la masse volumique normale égale à:

 N = 1.013 105
273  439.6

 N = 0.844 (kg/Nm3)
D’où :

PCI (kcal/Nm3 )
PCI (kcal/kg) = …………..………………………………………………….15
 N (kg/Nm3 )

PCI = (9147,6 / 0.844)

PCI = 10838.39 (kcal/kg) =10838.39 *4.18 = 45304.47 (kJ/kg)

Enfin, en remplaçant le pouvoir calorifique par sa valeur dans l’équation (10), on obtient le

débit de combustible nécessaire pour produire 30 MW

 c1  30 103
m
0.58  45304.47

 c1  1.14 kg/s
m

3/-Calcul du débit de combustible nécessaire pour produire une puissance de chauffage


équivalente àcelle de la centrale géothermique


Q
 C2 
m
CH
………………………………………………………………………………16
  PCI

50
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

90351.144
 C2 
m
0.9  45304.47

 C 2  2.21 kg/s
m

4/-Les réactions chimiques des constituants du gaz naturel pendant la combustion :

CH4 + 2 O2  CO2 + 2 H2O

7
C2 H6 + O2  2CO2 + 3H2O
2

2N2 + O2  2 N2O

13
C4 H10 + O2  4 CO2 + 5 H2O
2

C3H8 + 5 O2  3 CO2 + 4 H2O

C5H12 + 8 O2  5 CO2 + 6 H2O

19
C6H14 + 2 O2  6 CO2 + 7 H2O

C6H16 +10 O2  6CO2 + 8 H2O


5/-Détermination du débit d’air stœchiométrique :
La composition volumique aO2 dans l’air = 21 %, donc b = (0,21 ×32)/29 = 0,23 kg d’O2 /
o2
1kg d’air.

m
D’où la masse d’air nécessaire : m air stœchiométrique =
O2

bo 2

6/-Détermination de la masse d’oxygène consommée par 1 kg de combustible


La combustion se fait selon la réaction suivante :
3n  1
CnH2n+2 +  O2 n×CO2 + (n+1) ×H2O
2

On obtient:
3n  1
m O 2 = (MO2 ×( ) ×bi) / Mi ……………………………………………………………..17
2

51
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

Constituant du gaz naturel Masse d’O2 consommée par constituant

(kg)

CH4 2,8

C2H6 0.5

C3H8 0.17

iC4H10 0.03

nC4H10 0.045

iC5H12 0.011

nC5H14 0.011

nC6H16 0.008

nC7 0.0019

CO2 /

N2 /

Total 3.58

Tableau 07 : Masse d’O2 nécessaire à la combustion d’1kg de combustible.

m air st渃hiom 閠rique  3.58


0.23

m air st渃hiom 閠rique = 15,56 kg d’air / 1kg de combustible

Donc le débit d’air stœchiométrique pour produire 30MW d’électricité par une centrale à cycle

combinéest :

 air st渃hiom 閠rique = (1.14×15.56) = 17.74 kg/s


m

7/-Détermination des quantités de CO2 émises par 1kg de combustible :

Suivant la formule donnée ci-dessous, on détermine la quantitéde CO2 émise vers l’atmosphère

pour 1kg de gaz combustible suivant la réaction de combustion :

52
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

m CO 2 = ( MCO
2 × n × bi ) /

M i ………………………………………………………………...18

Le résultat obtenu est donnépar le tableau 8 suivant :

Constituant du gaz Composition Masse de CO2


naturel volumique du gaz
Libérée par
naturel ai
constituant (kg)

CH4 0,8272 1.92

C2H6 0,0851 0.4

C3H8 0,0196 0.14

iC4H10 0,0028 0.026

nC4H10 0,0041 0.038

iC5H12 0,0008 0.009

nC5H14 0,0008 0.0093

nC6H16 0,0005 0.007

nC7+ 0.0001 0.0016

CO2 0.003 0.0058

N2 0.057 /

Total 1 2.56

Tableau 08 : Quantités de CO2 émises par les gaz d’échappement

La quantitéde CO2 émise par la combustion de 1kg de combustible est de 2.56 kg.

Par conséquent, le débit de CO2 émis par la centrale électrique de 30 MW àcycle combinéest :

 1CO 2 = 2.56×1.14
m
 1CO 2 = 2.92 kg/s = 2.92×3600×24 = 252288 kg CO2 /jour
m

53
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

De plus, le débit de CO2 émis par la puissance de chauffage équivalente àcelle de la centrale

géothermique àcycle de cogénération est :

 2 CO 2 = 2.56×2.21
m
 2 CO 2 = 5.66 kg/s = 489024 kg de CO2 /jour
m

Finalement, le débit total de CO2 produit par une centrale équivalente àcombustible fossile
(gaz naturel) est :

 CO 2 = 489024 + 252288
m
 CO 2 = 741312 kg de CO2 /jour
m

III.5.2.2. Calcul du débit de Protoxyde d'azote N2O produit par une centrale à
combustible fossile (gaz naturel) équivalente à la centrale géothermique à cycle de
cogénération :

Le Protoxyde d'azote (également appelé Oxyde nitreux) de formule chimique N2O est un

puissant gaz àeffet de serre qui subsiste longtemps dans l'atmosphère (environ 120 ans). Il est

en partie responsable de la destruction de l'ozone. Le sol et les océans sont les principales

sources naturelles de ce gaz, mais il est également produit par l'utilisation d'engrais azotés, la

combustion de matière organique et de combustibles fossiles, la production de nylon. Ce gaz

est formé à partir de l’interaction de deux atomes d’azotes et un atome d’oxygène selon la

formule chimique suivante :

2N2 + O2  2 N2O

1/-Détermination de la quantitéd’air en excès pour 1kg de combustible :


L’excès d’air de la centrale à cycle combiné (SKD) est fixéàE = 4,10 (donnée) :
m exc鑣 d'air = m air stœchiométrique ×E ……………………………………………………………..19

m exc鑣 d'air =15,56 ×4,10

m exc鑣 d'air = 63.79 kg / kg de combustible

D’où la quantité d’azote produite par 1kg de combustible est :


m N 2 = m exc鑣 d'air × b (dans l’air) + b (dans le gaz combustible)………………………20
N2 N2

m N 2 = 63.79 × (1- 0,23) + 0,084

54
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

m N 2 = 49.20 kg

La quantitéde N2 émise par la combustion de 1kg de combustible est de 49.2 kg.

Par conséquent, le débit de N2 émis par la centrale électrique de 30 MW àcycle combinéest :

 1N 2 = 1.14×49.20
m

 1N 2 = 56.09 kg/s = 56.09×3600×24 = 4846176 kg de N2/jour


m

Par ailleurs, le débit de N2 émis par la puissance de chauffage équivalente àcelle de la centrale
géothermique àcycle de cogénération est :

 2 N 2 = 2.21×49.20
m

 2 N 2 = 108.73 kg/s = 9394272 kg de N2/jour


m

Le débit total de N2 produit par une centrale équivalente àcombustible fossile (gaz naturel)
est :

 N 2 = 4846176+9394272
m
 N 2 = 14240448 kg de N2 /jour
m

Finalement, le débit de protoxyde d’azote N2O émis dans l’atmosphère est :


A partir de l’équation précédente de la combustion de l’azote on a :
2N2 + O2  2 N2O

56g 88 g
14240448  N 2O
m

 N 2 O = (14240448×88)/56
m

 N 2 O = 22377846.86 kg de N2O /jour


m

III.6. Conclusion:

Dans ce chapitre, un calcul détailléa étéeffectuépour évaluer les performances énergétiques

et environnementales d’une centrale géothermique. Ce calcul a permis de mettre en évidence

particulièrement les avantages de la centrale géothermique dans la protection de

l’environnement par rapport à une centrale à combustible fossile source des émissions du

dioxyde de carbone CO2 et de Protoxyde_dazote N2O. On peut dire donc qu’une centrale

55
Chapitre 3 : calcul des performances d’une centrale géothermique à cycle de cogénération

géothermique contribue àla réduction de l’effet de serre et àla protection de la couche d’ozone

de l’atmosphère.

56
Conclusion générale

Conclusion générale :

La géothermie peut être considérée comme une alternative aux énergies actuelles (nucléaire,

fossile) puisqu'elle présente des avantages indéniables. En effet étant une énergie renouvelable,

son utilisation ne présente pas d’effets nocifs sur l’environnement (pas d’émissions de gaz à

effet de serre : CO2 et N2O). L'énergie géothermique sera sans aucun doute une des énergies du

futur. Face àune envolée certaine du prix du pétrole, les coûts de la géothermie feront bientôt

la différence pour les utilisateurs et la géothermie, nous l’espérons, deviendra une énergie

incontournable.

Le travail effectuédans ce mémoire met en évidence que la production combinée d’électricité

et de chaleur pour le chauffage urbain d’une ville constitue un processus efficace de

l’exploitation de l’énergie géothermique. En effet, le calcul a montré que le rendement global

de la centrale géothermique àcycle de cogénération de SVARTSENGI (Islande) atteint 73.24%.

Le seul défaut de la géothermie se situe sur le point de vue budgétaire, le coût du forage est

considérable mais ce n’est qu’une question de temps et d’évolution de notre civilisation. D'après

nos propos, nous pouvons nous rendre compte que l'énergie géothermique est actuellement une

solution partielle au besoin mondial énergétique. L’utilisation actuelle de cette ressource n'est

pas équilibrée sur la planète bien qu'elle soit exploitable partout. L’idéal serait donc une mixité

des énergies renouvelables.


Références bibliographiques :
[1] http://www.solut-enr.fr/histoire-de-la-geothermie/

[2] http://www.Définition Techno-Science.net [archive].

[3] http://www.allardemond.com/fonctionnement-et-avantages_101&103

[4] http://acces.enslyon.fr/eedd/climat/dossiers/energie_demain/geothermie/ geothermie.pdf

[5] http://www.energie-geothermique.info/les-quatre-types.html

[6] http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/geothermie-haute-
temperature

[7] http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/geothermie-basse-
temperature

[8] http://www.notre-planete.info/ecologie/energie/geothermie.php

[9] http://www.afpg.asso.fr/styled/definition_geothermie.html

[10] http://www.mtaterre.fr/dossier-mois/archives/chap/759/La-geothermie-pour-produire-de-
la-chaleur

[11] http://www.energieplus-lesite.be/index.php?id=18273

[12] http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Geothermie.pdf

[13] http://www.france-chauffage.fr/economie-d-energie/geothermie

[14] http://sacha.delanoue.free.fr/tpe/avantages.html

[15] http://www.borg-energies.com/comparatif-rendement-chauffage/cout-et-rendement-
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[16] http://www.kartable.fr/terminale-s/svt/1043/cours/la-geothermie-et-les-proprietes-
thermiques-de-la-terre,TS07040

[17] http://www.maxicours.com/se/fiche/9/0/402409.html/ts

[18] http://www.corbelet.com/geothermie.php

[19] M. Rezig, ‘Etude Géothermique de l’Extrémité Est de l’Atlas Saharien’, Rapport Interne,
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[20] M. Rezig, ‘Etude Géothermique du Nord-Est de l’Algérie’, DEA, Université des


Sciences et des Techniques du Languedoc, Montpellier, 1991.

[21] S. Ouali, ‘Etude Géothermique du Sud de l’Algérie’, Mémoire de Magister en


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[22] M. Abouriche, A. Fekraoui, F.Z. Kedaid et M. Rezig, ‘Atlas des Ressources
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[23] H. Cristopher et H. Armstead, ‘La Géothermie, Exploration – Forage - Exploitation’,


Edition du Moniteur, Paris, 1978.

[24] http://www.cder.dz/download/Art9-4_7.pdf

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