Vous êtes sur la page 1sur 13

Cours de Route 02 Chapitre 01 partie 02 : Les types de chaussée

PARTIE 02 : Les types de chaussée


1 SOLLICITATIONS SUPPORTERS PAR LES CHAUSSES
La surface de la chaussée (que l'on peut considérer comme la partie émergente de l'iceberg), doit
permettre d'assurer une circulation en tout temps, avec sécurité et confort. Pour ce faire, elle doit résister à
un certain nombre de sollicitations.

1.1 Les sollicitations provenant du passage des charges


Aux termes du Code de la Route, la charge maximum autorisée sur un jumelage isolé est de 65 KN (6,5
tonnes), soit un essieu standard de 130 KN (13 T). Il arrive également que cette charge maximale soit
dépassée à cause des phénomènes de surcharge.
La chaussée doit donc prendre en compte cette contrainte et répartir suffisamment les efforts pour qu'il n'y
ait pas de déformations permanentes dans le sol support. A cette action verticale des charges peut ajouter un
effet dynamique qui peut contribuer à modifier les forces qui s'exercent sur la chaussée, qu'il s'agisse des
effets dus à l'uni (notion qui caractérise le confort d'une chaussée) ou encore d'efforts dus à. la géométrie
même de la chaussée et du véhicule. Les mesures qui ont été faites font apparaître l'existence de surcharges
très brèves de durée inférieure au dixième de seconde.

1.2 Les sollicitations tangentielles


Lorsqu'un véhicule est en mouvement apparaissent des efforts horizontaux du fait :
 De la transmission de l'effort moteur ou du freinage,
 De la mise en rotation des roues non motrices,
 De la résistance aux efforts transversaux.
Bien entendu toutes ces actions tangentielles s'accompagnent de frottements dans lesquels se dissipe de
l'énergie et qui usent les pneumatiques et les chaussées.
La chaussée doit en outre présenter de bonnes caractéristiques d'adhérence par temps de pluie, qualités
recherchées lors du freinage ou dans une courbe, et qui doivent rester constantes dans le temps.

1.3 Les sollicitations d'origine thermique


Les variations de température (surtout lorsqu'elles sont brusques) peuvent engendrer dans les solides
élastiques des champs de contrainte.
Dans le domaine des chaussées, ce phénomène a des conséquences qui intéressent surtout les assises traitées
aux liants hydrauliques et en particulier les chaussées en béton.
Comme autres sollicitations d'origine thermique, il y a bien évidemment les effets du gel ; mais également
les effets de l'ensoleillement, sur la déformation des mélanges bitumineux, et sur le vieillissement du bitume.
Enfin, outre des qualités d'adhérence, de planéité et de confort, on demande aujourd'hui aux chaussées de
présenter de bonnes caractéristiques vis-à-vis du bruit de roulement. On sait réaliser des revêtements peu
bruyants, pour lesquels le bruit de roulement est inférieur de 8 à 10 dB (A) par rapport au bruit de roulement
sur les revêtements les plus bruyants.

2 CONSTITUTION ET ROLE D’UNE CHAUSSEE


2.1 Rôle des différentes couches de chaussées
Les chaussées se présentent comme des structures multicouches mises en œuvre sur un ensemble
appelé plate-forme support de chaussée, constituée du sol terrassé, dit sol support, le plus souvent surmonté
d'une couche de forme.

2.1.1 La couche de forme


Cette couche, qui ne fait pas partie intégrante de la chaussée, a plusieurs fonctions :

Mr. Azzouzi boulanouar Page 1


Cours de Route 02 Chapitre 01 partie 02 : Les types de chaussée

 pendant les travaux, elle protège le sol support, contribue au nivellement et permet la circulation des
engins de chantier ;
 elle permet de rendre plus homogènes les caractéristiques du sol terrassé et de protéger ce dernier du
gel.

2.1.2 Les couches d'assise


L'assise de chaussée est généralement constituée
de deux couches, la couche de fondation, surmontée
de la couche de base.
Ces couches en matériaux élaborés le plus souvent
liés (bitume, liants hydrauliques), pour les forts
trafics, apportent à la chaussée la résistance
mécanique aux charges verticales induites par
le trafic. Elles répartissent les pressions sur le
support, afin de maintenir les déformations à
ce niveau dans les limites admissible.

2.1.3 La couche de surface


La couche de surface est constituée :
 de la couche de roulement, qui est la couche supérieure de la chaussée sur laquelle s'exercent
directement les agressions conjuguées du trafic et du climat,
 et le cas échéant d'une couche de liaison. entre les couches d'assise et la couche de roulement.
Dans le cas particulier des chaussées en béton de ciment, la dalle, qui repose sur une couche de fondation,
joue simultanément le rôle de couche de surface et celui de couche de base.

2.2 Rôle particulier de la couche de surface - démarche pour son choix


Dans une chaussée, la couche de surface joue un rôle capital. Non seulement c'est la seule couche "vue"
et "jugée" par les usagers, mais de son choix dépendront les choix au niveau des couches inférieures.
Nous avons vu que la couche de surface est constituée par la couche de roulement, avec dans certains
cas la présence d'une couche de liaison.
La tendance actuelle consiste à dissocier les fonctions remplies par la couche de surface de celles remplies
par les couches d'assise.
La qualité d'usage de la chaussée dépend pour une large part des caractéristiques de surface de la couche
de roulement, donc de sa nature et de son état. Cette couche contribue en outre à la pérennité de la chaussée,
entre autres par l'étanchéité qu’elle apporte.
Par contre, son apport structurel est secondaire (sauf dans le cas de chaussées à assise granulaire dont la
couche de surface est la seule couche liée).
Cet ensemble de fonctions fait que le choix de la couche de surface doit résulter de la prise en
considération de plusieurs objectifs qu'on peut ranger en quatre groupes :
 la sécurité et le confort des usagers, en relation avec les caractéristiques surface
 le maintien de l'intégrité de la structure, par la protection des couches se vis-à-vis des infiltrations
des eaux pluviales et des sels de déverglaçage ;
 l'impact sur l'environnement, avec notamment la recherche d'une réduction des bruits de roulement ;
 les possibilités de régénération des caractéristiques de surface.

2.2.1 Sécurité et confort des usagers


* Uni
L'uni est une notion servant à la description des défauts géométriques du profil de la chaussée
susceptibles de compromettre la sécurité et le confort de l'usager. On considère de façon séparée l'uni
longitudinal et l'uni transversal.
La réalisation d'une couche de liaison bitumineuse (de 5 à 8 cm d'épaisseur) entre les couches d'assise
et la couche de roulement, qui peut être très mince (3 cm ou moins), facilite l'obtention d'un uni longitudinal
de qualité.
La dégradation de l'uni (longitudinal et transversal) résulte de la déformation du support (et
éventuellement du corps de chaussée granulaire) et de l'orniérage de la couche de surface. La couche de

Mr. Azzouzi boulanouar Page 2


Cours de Route 02 Chapitre 01 partie 02 : Les types de chaussée

liaison se justifie tout particulièrement dans le cas d'une couche de roulement très mince et dans les zones
sensibles à l'orniérage de par la sévérité des sollicitations (rampes, zones de freinage, ...)
*Adhérence
L'adhérence des véhicules dépend de la texture de surface de la couche de roulement. Pour qualifier la
texture, qui décrit les irrégularités de la surface, on distingue
 la macrotexture (aspérités de longueur d'onde comprise entre 0,5 et 50 mm) à la dimension maximale
des granulats et à la composition granulaire, ainsi qu'au mode de mise en ouvre. La macrotexture influe
sur la capacité d'évacuation de l'eau à l'interface pneumatique - chaussée et sur le développement des
forces de frottement à cette interface.
 la microtexture (aspérités de longueur d'onde inférieure à 0,5 mm) liée à la nature pétrographique et au
mode d'élaboration des gravillons. La microtexture permet au pneumatique de rompre le film d'eau
résiduel jusqu’à l'obtention du contact sec ; elle participe aussi à l'augmentation du frottement
pneumatique – chaussée.
* Drainabilité
Par sa nature, la couche de roulement peut favoriser l'évacuation des eaux de ruissellement soit
superficiellement, soit en son sein même. Cette drainabilité diminue les projections d'eau à l'arrière des
véhicules.

2.2.2 Maintien de l'intégrité de la structure


Si ce rôle n'est pas assuré par une autre couche, la couche de roulement doit protéger l'ensemble de la
structure des entrées d'eaux, des sels de déverglaçage et des divers polluants répandus en surface. La
fonction d'étanchéité peut être assurée sur toute l'épaisseur de la couche de roulement ou à l'interface avec la
couche inférieure. La couche de liaison peut également assurer ou compléter l'étanchéité, lorsque la couche
de roulement est drainante ou imparfaitement étanche.

2.2.3 Impact sur l’environnement


La réduction de l'émission de bruit au contact pneumatique - chaussée et l'absorption des bruits liés au trafic
routier sont favorisées par
 Une macrotexture en creux.
 une surface ouverte,
 un matériau poreux.
Ceci explique les propriétés acoustiques favorables des matériaux drainants.

2.3 Choix du type de couche de surface - Matériaux utilisés

Les objectifs retenus et les performances visées permettent d'opérer un premier choix parmi les
familles de techniques de couche de roulement, en précisant un domaine d'épaisseur.
Les techniques les plus couramment utilisées en couche de roulement sont les suivantes :
a) Les enduits superficiels (ES) : constitués d'une alternance de couches de liant bitumineux et de
gravillons, en couches de faible épaisseur, et répandues directement sur le support.
b) Les bétons bitumineux (BB) : qui sont des mélanges de liant hydrocarboné (bitume), de granulats, et
éventuellement d'additifs, dosés, chauffés et malaxés dans une centrale d'enrobage, puis transportés et
mis en œuvre sur la chaussée ; plusieurs types sont distingués; en fonction de l'épaisseur d'utilisation et
des formulations, ainsi que des caractéristiques de surface qui en résultent :
 Les BB semi-grenus (BBSG, 5 à 9 cm) et les BB minces (BBM, 3 à 5 cm) sont les plus
classiques ;
 Les BB très minces (BBTM, 2 à 3 cm) et les BB ultra minces (BRUM, moins de 2 cm) sont
très grenus et présentent de ce fait une forte macrorugosité.
 Les BB drainants (BBDr, 3 à 4 cm) sont conçus pour avoir une forte teneur en vides
communiquants, ce qui permet une évacuation des eaux de surface au sein même de la couche
et non à sa surface :
c) Les enrobés coulés à froid (ECF) sont des mélanges préparés à froid, de liant hydro- carboné (émulsion
de bitume), de granulats et éventuellement d'additifs, coulés sur la chaussée.
d) On peut également laisser subsister le béton de ciment (BC) en couche de roulement de chaussée ; un
traitement de surface est alors indispensable (striage clans le béton frais, cloutage ou dénudage).

Mr. Azzouzi boulanouar Page 3


Cours de Route 02 Chapitre 01 partie 02 : Les types de chaussée

A. LES ENDUITS SUPERFICIELS :


On appelle enduit superficiel le répandage d'une (ou plusieurs) couches de liant hydrocarboné, pour
empêcher les infiltrations d'eau dans le corps de chaussée, et coller une (ou plusieurs) couches de
gravillons destinés à donner une bonne rugosité à la surface de roulement.
A.1. LES GRANULATS
Ils doivent supporter 'seuls' les contraintes verticales du trafic. Pour cette raison on n'utilise que des
gravillons de bonne ou très bonne qualité.
A.1.1. Coupures granulométriques
Pour répartir les 'contraintes' sur un maximum de gravillons, il importe que ceux-ci soient
d'épaisseur à peu près équivalente. Pour cette raison, on utilise des fractions granulométriques
'étroites ou serrées'. Les coupures les plus couramment utilisées sont : 2/4, 4/6, 6/10, et 10/14.
A.1.2. Caractéristiques intrinsèques et caractéristiques de fabrication
Les exigences sont fonction du trafic P.L. Pour les trafics importants on demande des gravillons
exceptionnels (LA≤ 15, MDE ≤ 10) avec une forme (A ≤ 10) et une propreté (P ≤ 0,5 %)
excellentes.
A.2. LES LIANTS POUR ENDUITS
Il s'agit bien évidemment des liants hydrocarbonés. Cependant, l'utilisation de bitume pur n'est pas
possible car ces liants nécessitent des températures de répandage élevées et surtout l'abaissement
très rapide de la température sur le support ne permet pas un bon 'collages' (on appelle ceci la
mouillabilité) des gravillons.
Pour cette raison, il est nécessaire de "ramollir' provisoirement le bitume pur pour faciliter le
répandage et la mouillabilité en escomptant une évaporation ultérieure des produits 'ramollissants'
pour donner au liant une cohésion suffisante.

A.2.1. Les bitumes fluidifiés (encore appelés 'cut-back')


Il s'agit d'un liant obtenu par mélange d'un bitume pur (en général 80/100) avec une coupe
pétrolière plus légère (du genre kérosène ou gazole). Cette fabrication se fait presque
exclusivement en raffinerie. Le choix du diluant joue sur sa vitesse d'évaporation (durée de
séchage) alors que la quantité de diluant va déterminer des fluidités différentes.
Les principales caractéristiques des différentes catégories de bitumes fluidifiés sont résumées sur le
tableau ci-après.
Classe de Pseudo-viscosité Temp de Temp de Temp
% diluant
bitume 25°C 25°C 40°C pompage répandage limite
(kérosène)
fluidifier Comprise entre °C °C °C
0/1 Moins de 30 15 25 60 38
10/15 10 à 15 45 75 100 25
150/250 150 à 250 70 120 160 15
400/600 400 à 600 90 140 170 12.5
800/1400 80 à 200 100 160 185 10

Domaines d'emploi des bitumes fluidifiés


Les plus fluides 0/1 et 10/15 peuvent servir à la réalisation d'imprégnations, leur emploi le plus
courant en France est surtout réservé à la fabrication des émulsions comme additifs au bitume de
base.
Les bitumes fluidifiés de viscosité moyenne (400/600) sont normalement destinés à la réalisation
d'enduits superficiels et à la confection d'enrobés stockables. Le plus visqueux, le 800/1 400, n'est
utilisé qu'en enduit superficiel.

Mr. Azzouzi boulanouar Page 4


Cours de Route 02 Chapitre 01 partie 02 : Les types de chaussée

A.2.2. LES EMULSIONS


Tous les liants que nous venons de passer en revue, qu'ils soient destinés à l'enrobage ou au
répandage, nécessitent un chauffage préalable à tout emploi de façon à abaisser leur viscosité
jusqu'à un certain seuil compatible avec la technique envisagée.
Pour s'affranchir de ces sujétions, il existe un moyen aux possibilités très étendues : la mise en
émulsion.
Une émulsion est une dispersion très fine d'une phase (liquide ou solide) appelée phase dispersée
dans une phase liquide appelée phase dispersante.

En particulier, les émulsions de bitume sont constituées par une dispersion de fins globules de
bitume (diamètre voisin du centième de millimètre) dans une phase aqueuse.
Les émulsions de bitume contiennent en général de 50 à 69 % de bitume.
Comment fabrique-t-on une émulsion de bitume ?
On utilise un appareil puissant dans lequel on introduit
— du bitume pur ou rendu légèrement fluide par addition d'un solvant extrait du pétrole ou du
goudron de houille, à température convenable (choisie en fonction du liant),
— une phase aqueuse composée d'eau qui doit être la plus pure possible et d'un produit appelé
émulsif qui a de l'affinité à la fois pour l'eau et le bitume. C'est lui qui permet au bitume de se
disperser finement dans l'eau et d'obtenir une émulsion stable.
L'introduction des constituants de l'émulsion dans l'appareil de fabrication (appelé couramment :
homogénéiseur ou turbine) s'effectue au moyen de pompes doseuses réglées de manière à obtenir
les différents pourcentages de liant 60 %, 65 %, etc.
A.2.3. Choix du type de liant :
Ce choix est fonction du trafic et de l’environnement. Le tableau ci-dessous permet un premier
choix en fonction du trafic. Ensuite, pour tenir compte du climat, on choisira, de préférence, un
liant d’autant plus visqueux qu’il peut faire chaud et sec.

Trafic (PL/j/sens) ≤ 25 25-150 150-300 300-750 >750


Cut-Back 150/250 400/600 400/600 400/600 Liant spéciaux
Emulsion cationique (% bitume) 65 65 69 69

A.3. FORMULATION
La formulation des enduits superficiels a pour objectif, une fois choisie la structure adéquate :
 De vérifier l’obtention d’une bonne adhésivité du couple liant-granulat (essai Vialit),
 D’arrêter les dosages en liant et en granulats.

Classe granulaire Granulats (l/m2) Liant (kg/m2)


1ere couche 2eme couche 1ere couche 2eme couche
8/15-3/8 11 à 13 8 à 10 0.7 1
15/25-8/15 15 à 18 11 à 13 1 1.2

A.4. L'ADHESIVITE LIANT / GRANULAT : LE DOPAGE


On parle souvent de l'adhésivité de tel ou tel liant, ou de l'adhésivité de tel ou tel granulat. En fait,
l'adhésivité ne peut se définir qu'en considérant simultanément les deux partenaires : liant et
granulat.
Cependant, la qualité de cette liaison pourra être remise en cause par la présence de deux autres
facteurs qui sont : l'eau et la poussière.
En règle générale, le mouillage d’un granulat minéral sec par un liant hydrocarboné s'effectue sans
difficulté. En revanche, le mouillage d'un granulat humide par un liant hydrocarboné (non dopé)
n'est pas possible, ce mouillage étant contrarié par le 'privilège du premier occupant' jouant au
bénéfice de l'eau.

Mr. Azzouzi boulanouar Page 5


Cours de Route 02 Chapitre 01 partie 02 : Les types de chaussée

 L’ESSAI VIALIT.
Le principe de l'essai consiste à répandre sur une plaque d'acier une couche de liant sur laquelle on
dispose des gravillons que l'on enchâsse dans le liant avec un rouleau à bandage caoutchouc.
On retourne cette plaque pour la déposer sur un support constitué par trois pointes et on fait tomber
sur la plaque à trois reprises une bille d'acier de 500 g et on mesure le pourcentage de gravillons qui
sont restés collés.
Si ce pourcentage est supérieur à 90 %, l'adhésivité est considérée comme bonne. Dans le cas
contraire, elle est jugée insuffisante et doit être améliorée.

A.5. LA FORMULATION DES ENDUITS


On désigne sous ce terme, le nombre de couches et la quantité de produit correspondant à chaque
couche.
Le liant est caractérisé par son type, sa catégorie et son dosage en kg/m2.
Les gravillons sont définis par leur fraction granulométrique et leur dosage en litres/m2.
Le dosage en liant est associé à la grosseur des gravillons, avec des dosages plus faibles pour des
gravillons plus petits. Quant au dosage en gravillons, il dépend du "pouvoir couvrant' de ces
derniers. C'est ainsi qu'une même quantité de gravillons de bonne forme 'couvrira' une surface plus
faible que des gravillons contenant des plaquettes et des aiguilles.
A.5.1. Enduit monocouche (type LG)
Le monocouche est constitué par une couche de liant (L) surmontée d'une couche de granulats (G)

A.5.2. Enduit monocouche double gravillonnage (type LGg)


L'inconvénient de l'enduit monocouche simple est que tout excès de gravillons se traduit
par des rejets.
L'intérêt du monocouche double gravillonnage est de répandre une première couche de
gravillons avec un dosage plus faible que le 'pouvoir couvrant' (on dit gravillonner "clair') de façon

Mr. Azzouzi boulanouar Page 6


Cours de Route 02 Chapitre 01 partie 02 : Les types de chaussée

à ce que chaque gravillon trouve "sa place" pour se coller sur du liant. On vient ensuite répandre
une deuxième couche de petits gravillons pour venir 'bloquer' les gravillons plus gros de la
première couche. Les rejets occasionnés par ce deuxième gravillonnage sont sans conséquence
pour la circulation, car on estime que les bris de pare-brise interviennent avec des gravillons
supérieurs à 8 ou 10 mm. (ce qui ne dispense pas d'enlever l'excès de petits gravillons avec une
balayeuse aspiratrice).

A.5.3. Enduits bicouches (LGIg)


Le bicouche est la superposition de deux monocouches. On l'utilise en général lorsque l'on
est en présence d'un support hétérogène, la première couche ayant pour objectif d’homogénéiser" le
support.
La première couche est constituée de gravillons 6/10 ou 10/14 alors que la deuxième est
réalisée avec des petits gravillons 4/6 ou 2/4 avec l'existence d'une "discontinuité entre les deux
coupures granulométriques (par ex. 10/14 + 4/6 ou 6/10 + 2/4).
Au niveau des liants, on donne souvent la préférence à l'émulsion de bitume car elle ne pose
pas le problème de l'évaporation des solvants, notamment pour la première couche comme on peut
le rencontrer avec les liants fluidifiés ou fluxés.

A.5.4. Enduit monocouche inversé (GLg)


Encore appelé 'enduit sandwich', on le réalise en répandant une première couche de gravillons ‘’à
sec’’ puis une couche de liant et enfin une couche de petits gravillons.
Cette solution est utilisée dans le cas de support hétérogènes (plaques de ressuage notamment).

Mr. Azzouzi boulanouar Page 7


Cours de Route 02 Chapitre 01 partie 02 : Les types de chaussée

A.6. LE REPANDAGE DU LIANT

Une répandeuse de liant est capable de répandre un dosage donné de liant compris dans une
fourchette de 0,7 à 2,5 kg/m2.
Elle est constituée par :
— une citerne calorifugée (et équipée d'un système de réchauffage) montée sur un châssis de
camion, dont la capacité est comprise entre 5 et 9m3,
— une rampe de répandage du liant, dont la largeur de base (2,50 m) peut être portée à près de 4
mètres grâce à deux rallonges,
— un système de dosage et de contrôle du liant. Des abaques sont fournis par le constructeur,
donnant le dosage en fonction de la largeur de répandage et de la vitesse d'avancement.
L'élément important de la répandeuse est constitué par la rampe. Celle-ci est constituée par des jets,
espacés de 100 ou 125 mm, dont l'ouverture est commandée pneumatiquement.
On distingue les jets plats utilisés avec les répandeuses moyenne pression (de 0,5 à 2 bars) et les
jets coniques que l'on trouve sur les répandeuses à haute pression (3 à 5 bars).
Quel que soit le type de matériel, la règle est que chaque point du sol soit "arrosé" par trois jets
(voir Fig. 9). Pour obtenir un dosage régulier et homogène au niveau du sol, cela impose que
chaque jet débite rigoureusement la même quantité de liant.
On doit s'assurer avant chaque répandage qu'aucun jet n'est bouché, et que la rampe est réglée à la
bonne hauteur.

Mr. Azzouzi boulanouar Page 8


Cours de Route 02 Chapitre 01 partie 02 : Les types de chaussée

A.7. LE GRAVILLONNAGE

Bien qu’importante, la régularité de répandage des gravillons tolère des écarts plus importants que ceux du
dosage en liant, tolérance que l’on est bien obligé d’accepter en raison de la rusticité du matériel.
On utilise souvent le gravillonneur porté qui été un équipement que l’on accroche à l’arrière d’un camion
traditionnel et qui comporte une série de trappes indépendantes d’une vingtaine de cm de largeur pour faire
varier la largeur de gravillonnage de 0 à 2,8m . Les gravillons sont extraits de la benne à l’aide d’un cylindre
cannelé et tombent sur le liant d’une hauteur de 20 à 40cm.
Le répandage s’effectuant en marche arrière pour permettre au camion de rouler sur les gravillons qu’il
vient de répandre, la conduite de ce matériel nécessite des conducteur particulièrement expérimentés.

Mr. Azzouzi boulanouar Page 9


Cours de Route 02 Chapitre 01 partie 02 : Les types de chaussée

A.8. LE COMPACTAGE

On peut difficilement parler de compactage quand la couche à compacter est constituée par
l'épaisseur d'un seul gravillon. En fait, il s'agit plutôt d’une mise en place, ou d'un arrangement des
gravillons pour bien les faire pénétrer dans la couche de liant.
Le seul engin utilisable est le compacteur à pneus, qui effectue entre 3 et 5 passages à des vitesses
plutôt élevées (8 à 12 km/h).
Concrètement, c'est le trafic qui assure la mise en place définitive des gravillons avec ce que l'on
appelle la formation de la 'mosaïque'. Ce phénomène entraîne une réorganisation de la position des
gravillons les uns par rapport aux autres, avec une légère remontée du liant sur les côtés des
gravillons pour produire un effet de "sertissage.

3 DIFFERENTES FAMILLES DE STRUCTURES DE CHAUSSEES PRINCIPES


DE FONCTIONNEMENT
Sur le réseau routier coexiste une grande diversité de types de structures de chaussée, que l'on peut classer et
caractériser comme suit :

3.1 Les chaussées souples


Ces structures comportent une couverture bitumineuse mince (moins de 15 cm), parfois réduite à un simple
enduit superficiel, reposant sur une ou plusieurs couches de matériaux granulaires non traités.

Mr. Azzouzi boulanouar Page 10


Cours de Route 02 Chapitre 01 partie 02 : Les types de chaussée

CHAUSSEES SOUPLES

1. Couche de surface en matériaux bitumineux


2. Matériaux bitumineux d'assise (<15 cm)

3. Matériaux granulaires non traités (20 à 50 cm)

4. Plate-forme

L'épaisseur globale de la chaussée est généralement comprise entre 30 et 60 cm.


Leur fonctionnement peut être schématisé comme suit :
Les matériaux granulaires constituant l'assise de ces chaussées ont une faible rigidité. Comme la couverture
bitumineuse est mince, les efforts verticaux dus au trafic sont transmis au support avec une faible diffusion.
Les contraintes verticales élevées engendrent par leur répétition des déformations plastiques qui se
répercutent en déformations permanentes à la surface de la chaussée.
La couverture bitumineuse subit à sa base des efforts répétés de traction-flexion. L'évolution la plus
fréquente des chaussées souples se manifeste d'abord par l'apparition de déformations permanentes du type
orniérage à grand rayon, flaches et affaissements qui détériorent les qualités des profils en travers et en long.
Les sollicitations répétées de flexion alternée dans la couverture bitumineuse entraînent une dégradation par
fatigue, sous la forme de fissures d'abord isolées puis évoluant peu à peu vers un faïençage.

3.2 Les chaussées bitumineuses épaisses


Ces structures se composent d'une couche de roulement bitumineuse sur un corps de chaussée en matériaux
traités aux liants hydrocarbonés (bitumineux), fait d'une ou deux, voire trois couches.

CHAUSSEES BITUMINEUSE EPAISSES

1. Couche de surface en matériaux bitumineux

2. Matériaux bitumineux d'assise (20 à 50 cm)

3. Plate-forme support

Par rapport aux chaussées souples, elles se différencient donc par une épaisseur de matériaux liés par
du bitume plus importante. L'épaisseur totale est le plus souvent comprise entre 15 et 40 cm.
Leur fonctionnement en diffère d'autant plus que l'épaisseur de matériaux liés est forte.
La rigidité et la résistance en traction des couches d'assise en matériaux bitumineux permettent de diffuser
en les atténuant fortement les contraintes verticales transmises au support ; les efforts induits par les charges
roulantes sont repris en traction- flexion dans les couches liées.
Ces chaussées comportent plusieurs couches bitumineuses ; lorsque celles-ci sont collées, les
allongements maximaux se produisent à la base de la couche la plus profonde, mais si les couches sont
décollées, chacune d'elles se trouvera sollicitée en traction et pourra donc se rompre prématurément. La
qualité des interfaces a donc une grande incidence sur le comportement de ces chaussées.
Moyennant un dimensionnement correct, l'apparition de dégradations liées à l'assise de la chaussée est
généralement postérieure aux dégradations de surface. De même, on n'observe pas ou peu de déformations
permanentes dues à une sollicitation excessive du sol.

3.3 Les chaussées à assise traitée aux liants hydrauliques (dites également
`semi-rigides')
Ces structures comportent une couche de surface bitumineuse sur une assise en matériaux traités aux liants
hydrauliques disposés en une ou deux couches, dont l'épaisseur totale est de l'ordre de 20 à 50 cm.

Mr. Azzouzi boulanouar Page 11


Cours de Route 02 Chapitre 01 partie 02 : Les types de chaussée

CHAUSSEES SEMI RIGIDE

1. Couche de surface en matériaux bitumineux (6 à 14cm)

2. Matériaux traités aux liants hydrauliques (20 à 50 cm)

3. Plate-forme support

Leur fonctionnement peut être schématisé comme suit :

Compte tenu de la très grande rigidité des matériaux traités aux liants hydrauliques, les contraintes verticales
transmises au support sont très faibles. En revanche, l'assise traitée subit des contraintes de traction-flexion
σt qui s'avèrent déterminantes pour son dimensionnement.
L'interface couche de surface - couche de base est aussi une zone sensible car :
— elle est soumise à de fortes contraintes normales et de cisaillement horizontal ; les
— centimètres supérieurs de l'assise traitée sont souvent de plus faible résistance.
Ces assises sont sujettes à des retraits (phénomènes thermique et de prise). Le retrait, bien qu'empêché par le
frottement de la couche d'assise sur son support, provoque une fissuration transversale, qui remonte au
travers de la couche de roulement Ces fissures apparaissent en surface de chaussée avec un espacement
relativement régulier, de l'ordre de 5 à 20 m, et avec une ouverture variant entre quelques dixièmes de mm et
quelques mm. Souvent franches lors de leur apparition, ces fissures tendent à se dédoubler, à se ramifier puis
à se dégrader sous l'effet du trafic (Voir chapitre 18 "Les matériaux traités aux liants hydrauliques".).

3.4 Les chaussées à structure mixte


Ces structures comportent une couche de surface et une couche de base (10 à 20 cm) en matériaux
bitumineux (en général de la grave bitume) sur une couche de fondation en matériaux traités aux liants
hydrauliques (20 à 40 cm).

CHAUSSEES A STRUCTURE MIXTE

1. Couche de surface en matériaux bitumineux


2. Matériaux bitumineux d'assise (10 à 20 cm)

3. Matériaux traités aux liants hydrauliques (20 à 40 cm)

4. Plate-forme

Les matériaux bitumineux représentent environ la moitié de l'épaisseur totale de


Chaussée.
Les différentes couches ont un rôle fonctionnel distinct ; la couche de fondation traitée aux liants
hydrauliques diffuse et atténue les efforts transmis au sol support, les couches bitumineuses servent à
ralentir la remontée des fissures transversales de la couche sous-jacente et réduisent les contraintes de
flexion à la base de structure, tout en assurant les qualités d'uni et de continuité.
Par suite des mouvements de dilatation différentielle entre la grave bitume et la grave traitée aux liants
hydrauliques (et de l'action du trafic), l'adhérence de ces deux couches peut finir par se rompre, entraînant
alors une forte augmentation des contraintes de traction à la base de la couche bitumineuse qui peut alors,
tout comme la grave traitée aux liants hydrauliques, périr par fatigue.

Mr. Azzouzi boulanouar Page 12


Cours de Route 02 Chapitre 01 partie 02 : Les types de chaussée

3.5 Les chaussées à structure inverse


Par rapport aux structures mixtes, ces structures - peu répandues - comportent, entre la couche de fondation
traitée aux liants hydrauliques et les couches supérieures bitumineuses, une couche supplémentaire de
matériaux granulaires ayant pour fonction d'éviter la remontée des fissures de la couche de fondation.

CHAUSSEES A STRUCTURE INVERSE

1. Couche de surface en matériaux bitumineux


2. Matériaux bitumineux d'assise

3. Matériaux granulaires non traités

4. Matériaux traités aux liants hydrauliques


5. Plate-forme

3.6 Les chaussées en béton de ciment


Ces structures également peu répandues ont un mode de fonctionnement très particulier, quoique voisin
de celui des chaussées à assise traitée aux liants hydrauliques. Cette technique fait l'objet d'un chapitre
particulier.

Mr. Azzouzi boulanouar Page 13

Vous aimerez peut-être aussi