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UNIVERSITÉ SULTAN MOULAY SLIMANE Professeur Rachid JAMA

FACULTÉ DES LETTRES ET DES SCIENCES HUMAINES 2020/2021


BENI MELLAL
DÉPARTEMENT DE LANGUE ET DE LITTÉRATURE FRANÇAISES
SEMESTRE 4

Morphosyntaxe II
La phrase complexe
La phrase complexe subordonnée : Les relatives -les complétives –Les circonstancielles.

Semaine 1 - Remarques générales sur le procédé de la subordination.


✓ Définition de la proposition dépendante, de la proposition principale.
✓ L’équivalence sémantique entre la subordination, la coordination et la juxtaposition.
✓ Les formes de la principales et de la subordonnée.
✓ Les marques de la subordination : valeur sémantique et syntaxique des conjonctions de subordination-
leur forme.
✓ Coordination de propositions subordonnées/ Coordination de propositions principales.
✓ L’ellipse dans la proposition subordonnée et dans la proposition principale.
✓ Exercices d’application.

Semaine 2 : La subordonnée relative : Les caractéristiques générales des propositions relatives.


❖ Les types de relatives :
✓ Les relatives adjectives à antécédent nominal.
✓ Les relatives substantives indéfinies : Les relatives sans antécédents//Les relatives périphrastiques.
✓ Les relatives prédicatives.
✓ Les relatives du second degré dites « imbriquées ».

❖ Le statut du pronom relatif :


✓ Nature de l’antécédent du pronom relatif.
✓ Liste des pronoms relatifs avec leur fonction.
✓ Exercices d’application concernant les types de relatives et le statut du pronom relatif.
Semaine 3 : La sémantique des relatives :
Les critères de détermination des relatives déterminatives (restrictives) et des relatives explicatives (appositives).
➢ Exercices d’application
Semaine 4 : Le mode dans les relatives. Emploi et valeur de l’indicatif, du subjonctif et du conditionnel.
➢ Exercices d’application.
Semaine 5 : Les subordonnées complétives : Critères d’identification des complétives.
-Les équivalences fonctionnelles et catégorielles des complétives.
- La complétive introduite par la conjonction que :
Son mode de liaison (la conjonction que, la conjonction à ce que / de ce que),
Le support dont elle dépend,
Sa fonction.
➢ Exercices d’application concernant le support et la fonction de la complétive par que.
Semaine 6 : La complétive infinitive :
✓ -Son mode de liaison.
✓ -Ses caractéristiques :
• - Infinitif dont le sujet est coréférentiel à celui du verbe principal.
• -infinitif dont le sujet est différent de celui du verbe principal.
✓ -Le support dont elle dépend (liste des verbes introduisant une infinitive).
✓ -Sa fonction.
➢ Exercices d’application concernant :
• Le support, le sujet et la fonction de la complétive infinitive.
• Toutes les propositions subordonnées + synthèse de la phrase complexe et remarques générales.
(Exp : confusion à éviter entre les différents emplois et valeurs des conjonctions de subordination : qui,
que, où, quand, comme et si).
Semaine 7 : La complétive interrogative et exclamative.
❖ La complétive interrogative :
✓ Les caractéristiques de la complétive interrogative.
✓ Les conjonctions de subordination introduisant l’interrogative indirecte.
• Nature de la complétive interrogative : Totale //Partielle.
• Le support dont elle dépend. (Liste des verbes introduisant les interrogatives indirectes).
• Sa fonction.

❖ La complétive exclamative :
• -Les conjonctions introduisant la subordonnée exclamative.
• -Le support dont elle dépend.
• -Sa fonction.
➢ Exercices d’application concernant les interrogatives indirectes et les exclamatives.
Semaine 8 : Le mode dans les complétives + exercices d’application.
Semaine 9 : Exercices d’application concernant les complétives et les relatives.
Semaine 10 : Les subordonnées circonstancielles :
• Critères d’identification syntaxique des propositions circonstancielles.
• Les conjonctions introduisant les circonstancielles.
Les différents types de subordonnées circonstancielles :
❖ La subordonnée circonstancielle de temps : son rôle, sa valeur.
✓ -Liste des conjonctions marquant le temps.
✓ -Le rapport de temps : l’antériorité/ la simultanéité/ la postériorité
✓ -Le mode de son verbe.
✓ -Exercices d’application
❖ La subordonnée circonstancielle de cause : son rôle, sa valeur.
✓ -Les conjonctions l’introduisant.
✓ -Le mode de son verbe.
✓ -Exercices d’application.
Semaine 11 :
❖ La subordonnée circonstancielle de but : son rôle, sa valeur.
✓ -Les conjonctions l’introduisant.
✓ -Le mode de son verbe.
✓ -Exercices d’application
❖ La subordonnée circonstancielle de conséquence : son rôle, sa valeur.
✓ -Les conjonctions l’introduisant.
✓ -Le mode de son verbe.
✓ -Exercices d’application
❖ La subordonnée circonstancielle de condition ou de supposition : son rôle, sa valeur.
✓ -Les conjonctions l’introduisant.
✓ -Le mode de son verbe.
✓ -Exercices d’application
Semaine 12 :
❖ La subordonnée circonstancielle d’opposition ou de concession : son rôle, sa valeur.
✓ -Les conjonctions l’introduisant.
✓ -Le mode de son verbe.
✓ -Exercices d’application.
❖ La subordonnée circonstancielle de comparaison : son rôle, sa valeur.
✓ -Les conjonctions l’introduisant.
✓ -Le mode de son verbe.
✓ -Exercices d’application
❖ La subordonnée circonstancielle d’addition et d’exception : son rôle, sa valeur.
✓ -Les conjonctions l’introduisant.
✓ -Le mode de son verbe.
✓ -Exercices d’application.
❖ La subordonnée circonstancielle participiale : son rôle, sa valeur.
✓ -Son aspect.
✓ -Le mode de son verbe.
✓ -Exercices d’application.
Semaine 13- Exercices d’application concernant toutes les circonstancielles.
Semaine 14- Exercices d’application concernant toutes les propositions subordonnées+ synthèse de la phrase
complexe et remarques générales. (Exp : confusion à éviter entre les différents emplois et valeurs des
conjonctions de subordination : qui, que, où, quand, comme et si).

Partie I

1- Généralités :

Les phrases complexes sont composées d'un certain nombre de phrases simples.
[P1 [P2 [P3 ... [Pn]]]].
(1) Jean se demande pourquoi Pierre refuse de lui dire quand Marie viendra.
Les phrases complexes se divisent en :
A- Celles dont les propositions sont grammaticalement coordonnées ou juxtaposées. Aucune ne dépend des
autres en une séquence reliée ou non reliée par une conjonction (et, ou, etc.).
(2) Le malfaiteur est arrêté et il sera jugé demain.
(3) Pierre est sorti, Marie l'a suivi.
(4) Pierre lisait, Jean écrivait une lettre, Marie ne faisait rien.
B- Celles dans lesquelles une des propositions, la proposition principale, est modifiée par une ou plusieurs
propositions subordonnées qui dépendent grammaticalement de la principale et qui sont généralement introduites
par une conjonction de subordination.
(5) Marie sait que Luc ne viendra pas.
(6) Max ne sait pas si Pierre travaille.
(7) Marie est venue pour que chacun entende ses raisons.
✓ La première est appelée principale ou enchâssante ou matrice.
✓ La seconde est dite subordonnée ou enchâssée
✓ La subordonnée est dans la dépendance de la principale qu'elle complète. Le rapport de dépendance qui
existe entre ces deux propositions est explicité par un morphème d'enchâssement ou conjonction de
subordination.
Pour la grammaire générative, la notion de phrase complexe fait intervenir la notion de hiérarchie et de
transformation.
La phrase complexe résulte d'une transformation dite transformation binaire ou généralisée consistant à
enchâsser une phrase simple appelée constituante ou phrase enchâssée dans un des constituants d'une autre
phrase simple appelée phrase matrice. Une P constituante est une P qui va devenir un constituant de la P
complexe.
La P constituante peut devenir à son tour une P matrice. On parle d'enchâssement à n degré.
(8) Je doute que Marie ait permis que Luc sache que Pierre est parti.
4a- Jean sait que Marie ne viendra pas.
b- Marc ne sait pas si Jean travaille.
c- Jean est venu pour que chacun entende ses raisons.
➢ Les schémas (5) et (6) renvoient aux représentations arborescentes des énoncés (4a-b) et (4c) respectivement.

8- [P1 Je crois [P2 que Marie a dit [P3 que Pierre avait écrit un livre. P3] P2] P1]

La P matrice et la P constituante qui correspondent respectivement à la proposition principale et à la proposition


subordonnée se trouvent dans une relation hiérarchique. La principale domine toujours la subordonnée.
(9) Max ignore que Luc partira.
La phrase (9) est formée de deux propositions P1 et P2.
P1= Max ignore ceci.
P2= Luc partira.
P2 s'enchâsse dans P1 à la place de "ceci" et devient un constituant d'où l'appellation de constituante.

Remarque :
♪ Dans le premier cas, on parlera de transformations unaires ou singulières et dans le second cas de
transformations binaires ou généralisées.
♪ La transformation passive est une transformation singulière car elle porte sur une seule phrase de la structure
profonde.
♪ La transformation complétive est une transformation binaire car elle porte sur deux phrases de la structure
profonde, l'une étant la matrice ou la constituante et l'autre est l’enchâssée.
♪ Dans les transformations généralisées, les points d'enchâssement de la constituante sont divers : celle-ci peut
être l'expansion d'un SN, d'un SV, d'un SA ou d'une P.
(10) Jean pense que Marie viendra. P2 s'enchâsse dans le SV de P1
(11) Le livre que j'ai emprunté à Max est compliqué. P2 est une expansion du sujet de P1.
(12) Pierre lit le livre qu'il a emprunté à Max. P2 est une expansion du SN objet direct de P1.
(13) Pierre est content que Marie vienne le voir. P2 est l'expansion d'un adjectif contenu dans P1.
(14) Marie sortira lorsqu'elle aura fini son travail. P2 est l'expansion de P.

1.2 Classifications de propositions subordonnées :


En se fondant sur la fonction qu’elles portent dans les phrases complexes, les subordonnées peuvent être
classées comme suit :

A- Les substantives :
14a- Je crains sa colère.
b- Je crains qu’il ne se mette en colère. Complétive par que SN2 = que P = COD
15a- J’ignore s’il viendra. Interrogative indirecte SN2 = P = COD
b- Je me demande si vous avez raison.
16a- Qui vivra verra. (Relative sans antécédent) SN1 = P = sujet
b- Qui aime a confiance.
17a- Jean veut voir Marie. (Complétive infinitive) SN2 = P = COD
b- Marie veut Faire un projet au pays.

B- Les subordonnées adjectives :


18a- La maison au toit rouge appartient à Pierre.
b- La maison qui a le toit rouge appartient à Pierre.
c- La maison dont le toit rouge appartient à Pierre.

C- Les subordonnées adverbiales ou circonstancielles :


19a- Jean arrivera demain. SP = adv de temps
b- Jean arrivera quand Pierre partira.

20a- Jean passera les vacances à Paris. CCL


b- Jean passera les vacances où il lui plaira.

21a- La cloche étant sonnée, les élèves sortirent. Proposition participiale


b- Dès que la cloche eut sonnée, les élèves sortirent.

1.3 Les modes dans les subordonnées


L’indicatif s’emploie en général mais le subjonctif peut apparaître dans le cas des complétives, le choix du mode
est motivé par le verbe principal ou verbe support (on dit aussi verbe opérateur : Cf. M. Gross (1968)).

22a- Jean affirme que Luc réussira. (Verbe à l’indicatif)


b- Jean veut que Marie réussisse. (Verbe au subjonctif)

(Cf la section des complétives pour plus de détails)

Dans le cas des interrogatives, le mode infinitif peut apparaître.


23- Je ne sais que dire.
L’infinitif s’emploie dans les complétives quand le sujet du verbe support est corréférentiellement identique à
l’un des constituants de la proposition principale.
24a- *Max veut qu’il ait tout. Avec Max = il
b- Max veut avoir tout. Cf la section de la transformation infinitive
Partie 2 :
2. Les complétives
2.1 Définition
La complétive est une proposition subordonnée ou une proposition dépendante d’une proposition principale.
Elle appartient à la classe des substantives car elle assume les mêmes fonctions syntaxiques que le substantif.
Elle peut être sujet, COD, COI, attribut, complément de nom ou apposition.
2.2 La dénomination complétive
Certains grammairiens se servent de la notion complétive pour désigner toute sorte de proposition :
proposition sujet, objet, attribut, circonstanciel, relative.
La complétive a, dans ce cas, le sens de compléter ou de complétude ou en d’autres termes expansion
propositionnelle. D’autres réservent le terme « complétive » aux seules propositions qui jouent le rôle de sujet,
d’objet, d’attribut, ou de complément de nom, à savoir les conjonctives par que, les infinitives et les
interrogatives indirectes.
La littérature se sert du terme « complétive » pour désigner une proposition qui s’enchâsse à la place d’un SN de
la proposition de base.
2.3 La transformation complétive : Complétivisation
25- Marie pense que Luc a acheté ces tableaux.
26a- Marie pense ceci.
b- Luc a acheté ces tableaux.
P2 sera enchâssée par le biais du marqueur que dans la proposition P1. L’enchâssée se substitue au morphème
ceci constituant du SV de la proposition principale P1 « Marie pense ceci ». Son point d’enchâssement est le SV
de P1. Etant donné que l’élément auquel elle s’est substituée, a la fonction de
COD du verbe principal « penser », la constituante ; c’est-à-dire l’enchâssée, porte la même fonction syntaxique
que l’élément auquel s’est substitué (COD). La transformation complétive consiste à substituer P2 à un SN
constituant de P1.
2.4.1 Complétive sujet
2.4.1.1 Forme et position
La complétive sujet est introduite par que.
27a- Que Marie ait dit cela inquiète Paul
27a- [P1 [P2 Que Marie ait dit cela P2] inquiète Paul P1] SN sujet de V1 = P2
Que tu t’absentes régulièrement ne me plait pas
b- [P1 [P2 Que tu t’absentes régulièrement P2] ne me plait pas P1] SN sujet de V1 = P2
Dans le cas des phrases (27a-b), la complétive introduite par qu’apparaît dans la position du sujet, autrement
dit, elle est antéposée au verbe principal. Cependant, dans certains cas, la complétive sujet est rejetée en fin de
phrases. Ces cas peuvent être déterminées comme suit :
a. Si la principale est une interrogative de portée partielle introduite par que complément d’objet direct.
28- [P1 Que signifie [P2 que l’existence précède l’essence P2] P1]
b. Dans les structures attributives elliptiques du verbe « être » introduite par quel.
29a- [P1 Quel malheur [P2 que vous soyez arrivé en retard P2] P1] st attributive sujet
La forme de base de la phrase (29a) est la structure (29b).
29b- [P1 Que vous soyez arrivé en retard [P2 est un malheur P2] P1] SN sujet = P2 V attribut

2.4.1.2 Le mode
Le verbe support dont la complétive sujet est toujours à un mode personnel.
On appelle modes personnels les modes du verbe qui comportent les flexions indiquant le temps et la personne
grammaticale. L’indicatif, le subjonctif, le conditionnel, l’impératif sont des modes personnels.
Cependant, dans le cas des modes impersonnels, le verbe ne porte pas une flexion qui indique la personne.
L’infinitif, le participe et le gérondif sont des modes impersonnels.
Remarque
La complétive peut accompagner un verbe impersonnel ou une locution de forme impersonnelle
30a- [P1 Il est certain [P2 que Jean viendra P2] P1]
b- [P1 Il convient [P2 que vous alliez à la bibliothèque P2] P1] il = sujet grammatical / apparent
P2 = sujet logique de « il convient / complément du sujet non référentiel « il ».
Par contre, si le support contient l’idée d’incertitude, d’obligation ou de possibilité ou s’il exprime un sentiment
(sentiment de joie, de peur, de regret) le subjonctif est employé.
31a- Il est triste que Pierre ait perdu son père. V support de sentiment subjonctif
b- Il est douteux que Marie réussisse. V support de doute (subjonctif)
c- Il se peut que je vienne demain. V support de possibilité (subjonctif)

2.4.2 La complétive complément d’objet :


2.4.2.1 Forme et position
La complétive complément d’objet direct ou indirect se subdivise en deux groupes :
a) Celles dont le verbe support exprime :
Une affirmation, c’est-à-dire une déclaration (affirmer, dire, déclarer), une connaissance (apprendre, savoir),
une opinion (croire, penser)
32a- Marie affirme que Jean partirait.
b- Pierre a appris que Luc était complice.
La volonté, c’est-à-dire le désir ou la crainte (désirer souhaiter, craindre…), le commandement (ordonner
commander), l’interdiction ou la permission (défendre interdire, permettre, etc.)
33a- La mère désire que son bébé dorme.
b- Il permet que vous restiez.
Le sentiment de joie (se réjouir), de tristesse (être triste), d’étonnement (admirer), de regret (regretter).
34- Marie regrette que sa sœur ait commis une telle maladresse.
Les complétives appartenant à ce groupe sont introduites par le marqueur que ou par une locution conjonctive de
forme : Prép + ce + que

Les prépositions les plus employées sont à et de et les moins employées sont sur et en .
35a- Il tient à ce que le travail soit terminé aujourd’hui.
b- Le professeur se plaint de ce que ses étudiants ne soient pas assidus.
c- Ils s’accordent sur ce que certaines mesures doivent être prises.
d- Le progrès social a consisté en ce que les sociétés ont rétrogradé dans l’échelle de l’animalité.
Dans le cas où le verbe support transitif indirect est suivi d’une complétive introduite par que, on suppose
que la séquence « prép + ce + que » existe en profondeur et une transformation d’effacement s’applique pour
donner une construction directe en surface.
36a- Marie a peur de ce que Pierre ne vienne pas.
b- Je m’attends à ce que tu fasses des remarques à Jean.
Après l’effacement de la séquence de ce dans les phrases (36a-b), on obtient :
37a- Marie a peur que Pierre ne vienne pas.
b- Je m’attends que tu fasses des remarques à Jean.
Remarque :
Les présentatifs voici et voilà formés sur l’impératif de voir + l’adverbe de lieu ci et là garde une valeur verbale
se rattachant à la série des verbes qui expriment la connaissance, la complétive qui les suit est analysée comme
étant un COD, dans certaines analyses cependant, on dit qu’il s’agit de la séquence du présentatif.

38- [P1 Voilà [P2que la situation s’améliore P2] P1] présentatif P2= COD (séquence du présentatif)

b) . Les complétives dont le verbe support est un verbe d’interrogation.


La complétive dont le support est un verbe à sémantisme interrogatif est connue sous le nom de l’interrogative
indirecte. Quand la complétive interrogative indirecte est totale, elle est toujours introduite par le marqueur si,
morphème qui supplée à l’inversion du sujet ou à la locution interrogative est-ce que qui caractérise
l’interrogation directe.
Remarque :
Il ne faut pas confondre le subordonnant si introduisant une interrogation avec le si introduisant une hypothèse.
L’hypothétique par si a les caractéristiques suivantes :
▪ Elle n’admet pas les temps en rai(s)
39a- Jean se réjouira si Marie réussit.
b- *Jean se réjouira si Marie réussira.
c- *Jean se réjouira si Marie réussirait.
▪ Elle peut s’antéposer à la principale.
Les mêmes morphèmes qui introduisent une interrogative directe de portée partielle peuvent être employés
pour enchâsser une interrogative indirecte toujours de portée partielle dans une proposition principale. Seul le
morphème « que » est précédé dans le cas de l’interrogative indirecte de l’élément ce qui lui sert de support.
40- Si Marie réussit, Jean se réjouira.
La complétive par si n’a ni la première caractéristique ni la seconde.
41a- Jean veut savoir si Marie réussira.
b- Jean voulait savoir si Marie réussirait
c- *Si Marie réussira Jean veut savoir

42a- Je demande ceci.


b- Que fais-tu ?
La transformation d’enchâssement donne : 42c- Je demande ce que tu fais.
De même pour les phrases (43a-b)
43a- Pierre veut savoir ceci.
b- Quand Marie partira-elle ?

La transformation d’enchâssement P1 dans P2 donne : 43c- Pierre voulait savoir quand Marie partira.
La transformation de substitution : futur simple→futur du passé 43c- Pierre voulait savoir quand Marie partirait.
Remarque :
Devant les subordonnées introduites par ce dont, ce que, ce qui, et dont le support est un verbe d’affirmation
de type « dire », « penser », « voir », exprimant une idée d’interrogation, les grammairiens hésitent à faire le
partage entre propositions relatives et propositions interrogatives indirectes. Certains considèrent les séquences ce
que, ce dont, ce qui, comme des éléments inséparables et que l’élément « ce » a la valeur d’un démonstratif qui
joue le rôle de l’antécédent du morphème suivant. La subordonnée introduite par l’un de ces morphèmes dont,
que, qui, est analysé comme étant complément de l’antécédent ce.
44- [P : J’ignore ce [P2 que vous faites P2] P1].

Ce : pronom démonstratif antécédent du pronom relatif que.


Que : pronom relatif ayant comme antécédent le pronom démonstratif ce.
P2 : complément de l’antécédent.
L’interrogation indirecte a la même mélodie qu’une phrase affirmative. Si la portée est totale, l’inversion du sujet
est exclue. On peut rencontrer l’inversion du sujet si l’interrogation est de portée partielle et que le sujet est
différent des pronoms ce et on
45- [P1 Je me demande [P2 ce que peut être l’objet de votre visite P2] P1]
L’inversion est d’usage avec les morphèmes qui, quel attribut et avec où si le sujet n’est ni un pronom personnel
ni on ni ce.
46a- [P1 J’ignore [P2 quel est le menteur P2] P1] = adjectif interrogatif attribut du sujet « menteur »
b- [P1 Il veut [P2 savoir [P3 qui était Max P3] P2] P1] P2 = COD du verbe vouloir / P3= COD du
verbe savoir.
Quel que soit le morphème qui l’introduit, la complétive « objet » suit la principale. Elle peut cependant, pour des
raisons stylistiques (effet d’attente, de surprise), lui être antéposé et elle est dans ce cas reprise dans la P1 par un
pronom personnel neutre.
47a- [P2 Que Pierre remporte la victoire P2], [P1 personne ne l’admettra P1].
P2 = complétive COD antéposé / disloqué.
L’= pronom neutre ayant comme antécédent P2. Il hérite la fonction d’objet.

2.4.2.2 Le mode dans les complétives COD


Selon la typologie du support, le verbe de la complétive peut-être au subjonctif ou à l’indicatif :
✓ Le support est un verbe d’affirmation
L’indicatif est employé après les verbes support de modalité affirmative, positive qui expriment une déclaration,
une connaissance ou une opinion.
48a- Je savais que Pierre viendrait / viendra.
b- Il a dit que Jean était parti.
c- Pierre pense que sa fille est sérieuse.

Les verbes de complétives qui suivent les présentatifs voici, voilà sont également à l’indicatif. Voici et voilà sont
dérivés du verbe voir à l’impératif suivi de l’un des adverbes de lieu ci et là. Dans ce cas, l’emploi de l’indicatif
s’explique par le fait que le verbe voir exprime la connaissance.
49- Voici que le printemps me soumettra et m’enchantera.
Si le fait exprimé par les verbes d’affirmation est nié ou considéré comme douteux, le subjonctif s’emploie.
La négation est exprimée soit par le sens du verbe soit par l’adverbe de négation.
50a- Je ne pense pas que Marie ait insulté Max.
b- Jean doute que Marie ait insulté Max.

De même si la principale est de modalité interrogative positive, le verbe de la subordonnée est au subjonctif
comme c’est le cas dans les exemples suivants :
51a- [P1 Crois-tu [P2 que Marie ait insulté Marc ? P2] P1]
b- [P1 Pourquoi pensez-vous [P2 que Luc ne soit pas sérieux ? P2] P1].

Nous avons dégagé en (b) les caractéristiques qui déterminent l’emploi du subjonctif dans la subordonnée.
Cependant, en dépit de la présence de l’une des caractéristiques, on peut employer l’indicatif dans la subordonnée
si l’idée affirmative du verbe domine.

52a- Jean ne croit pas que Max était invité.


b- Croyez- vous que Max était invité ?

Dans le cas de la phrase (52a), l’indicatif s’emploie dans la subordonnée malgré le caractère négatif de la
principale. Dans le cas de l’exemple (52b), la principale est à la forme interrogative et la subordonnée contient un
verbe employé à l’indicatif.
Ces exemples montrent bien que le choix du mode à employer dans la subordonnée est déterminé par l’intention
du sujet parlant.

L’indicatif s’emploie dans la subordonnée dans les contextes suivants :


▪ Si le verbe de doute ou de sens négatif est nié.
53- Je ne doute pas que Marie viendra. Négation + doute → emploi de l’indicatif dans P2

Quand l’interrogation est négative ou qu’elle équivaut à une affirmation.


54- Ne croyez-vous pas que Marie a eu raison ?

Si la complétive précède la principale où elle se trouve reprise par un pronom neutre ou un pronom adverbial,
l’affirmation reste en suspens et demeure dans le domaine de ce qui est possible, éventuel, d’où l'emploi du
subjonctif
55a- [P2 Que la charité soit le synonyme de l’amour P2], [P1 tu ne le savais pas P1]
b- [P2 Que Pierre remporte la victoire P2], [P1 personne ne l’admettra P1]

La phrase (55a) est le résultat d’une transformation de dislocation. La transformation en question déplace
la complétive objet direct du verbe principal par le pronom neutre le. Le que pronom assume la fonction de COD.
Dans les constructions de ce type, la réalisation du procès exprimé par le verbe subordonné relève du domaine du
possible, de l’éventuel. C’est ce qui explique l’emploi du verbe en question au subjonctif.

▪ Le support est un verbe de volonté ou de sentiment :


Si le verbe support exprime une volonté, un désir, une interdiction, un commandement, un sentiment (de joie,
de peur, de tristesse). Le subjonctif s’emploie dans la subordonnée.
56a- Je regrette que Max soit parti.
b- Jean veut que Pierre vienne.
c- Je suis heureux que Jean revienne tôt.
d- C’est dommage que Pierre soit absent.
e- Il est dommage que Jean soit absent.
▪ Le support est un verbe polysémique :
Certains verbes peuvent appartenir selon leur emploi soit à la catégorie des verbes d’affirmation soit à la
catégorie des verbes de volonté. Ces verbes entraînent donc au niveau de la subordonnée soit l’emploi de
l’indicatif, soit l’emploi du subjonctif, dans ce cas c’est le contexte qui permet (d’opérer un choix) de déterminer
le mode à employer.
57a- Je dis qu’il vienne. Volonté subj
b- Je dis qu’il viendra. Déclaration indicatif

58a- J’entends qu’on m’obéisse.


b- J’entends que Marie viendra.
59a- Il me semble que Luc est là.
b- Il me semble que Luc soit là.

60- Te semble-t-il que tout se soit passé ?


Remarque :
Dans certaines constructions, le support de la complétive est elliptique.
61a- Comment Candide fut élevé dans un beau château.
b- Ce que devient Candide parmi les bulgares.
c- Comment Candide fut obligé de quitter la belle Cunégonde
62 - Si la volonté générale peut errer.
Les propositions citées sont des interrogatives indirectes. Les principales qui les régissent sont sous-entendues.
Dans le cas de (61a) et (61c), il faut suppléer une principale comme « je vais expliquer comment », « je vais
montrer comment ».
Dans le cas de (61b) et (62), il faut suppléer une principale comme : « vous demandez ce que », « vous
demandez si ».
La proposition principale est omise dans le discours indirect libre.
63a- L’air de Versailles serait excellent pour Marie.
b- Je me demande si l’air de Versailles serait mieux pour Marie

Les complétives en à ce que qui impliquent toujours une idée de futur sont très régulièrement au subjonctif quels
que soient la catégorie et le sens de l’élément introducteur.
64a- Il s’attend à ce que Pierre lui dise la vérité.
b- Il tient à ce que Max parte.
c- Il est prêt à ce que tout soit publié

En revanche, les complétives en de ce que qui suivent un adjectif, un nom ou un verbe exprimant le sentiment
peuvent être à l’indicatif ou au subjonctif.
65a- Je suis fâché de ce que vous ne m’avez / ayez pas prévenu.
b- Il est furieux de ce qu’on l’a / ait berné avec des promesses.
c- Il se félicite de ce que Marie est / soit reçue..

L’interprétation de la phrase diffère alors assez nettement selon que la complétive est à l’indicatif ou au subjonctif.
L’indicatif implique une nuance de cause très claire qu’on ne retrouve pas au subjonctif qui indique seulement sur
quoi porte le sentiment exprimé et non la cause de celui-ci.
Cette nuance semble être liée à la présence en surface de la préposition de et du groupe nominal dans lequel est
enchâssée la complétive, car lorsque la complétive suit directement l’élément introducteur par suite de
l’effacement de la préposition de, cette nuance causale disparaît et l’emploi du subjonctif est seul autorisé.
66a- Je suis fâché que vous ne m’ayez pas prévenu.
b- * Je suis fâché que vous ne m’avez pas prévenu.

La comparaison de (66a) et (66b) d’une part et de (67a) et de (67b) d’autre part montre bien que c’est la présence
de la préposition « de » à la tête de la subordonnée qui donne à celle-ci une nuance de cause et entraîne par
conséquent l’emploi du mode indicatif, l’agrammaticalité des phrases ((66b) et (67b)) mellite en faveur de cette
interprétation, puisque les complétives qui y figurent sont incorrecte.
67a- Il se félicite que Jean soit reçu.
b- *Il se félicite que Jean est reçu.

2.4.3 La complétive attribut :


2.4.3.1 Forme et position
La complétive par « que » ne peut être qu’attribut du sujet du verbe support. Elle se place après le support. Celui-
ci peut-être une locution verbale formée d’un nom sujet de portée générale (l’idée, l’intention, le désir, etc.) ou
d’un adjectif substantivé (l’amusant, le pire, etc.) et d’un verbe.
68a- [P1 L’ennui est [P2 que Max n’a pas encore terminé P2] P1]
b- [P1 L’essentiel est [P2 que Marie est en retard P2] P1]

2.4.3.2 Modes dans la complétive attribut :


Le choix de l’indicatif ou du subjonctif est motivé par le sens du support. Si le fait supposé
comme certain, assuré l’indicatif s’emploie. Par contre, s’il est posé comme voulu, souhaité ou simplement
envisagé, le subjonctif est d’usage.
69a- La vérité est que je crois Jean capable de réussir.
b- Ma crainte est que Pierre ne réussisse pas.

3. Complétive infinitive : la transformation infinitive :


3.1 Présentation
1a- Pierre pense que Marie viendra.
b- Jean veut que Marie vienne.
c- * Tu veux que tu fasses ce travail.
d - Tu crois que tu partiras.
Dans les phrases (1a) et (1b) le SN1 de P1 est différent du SN1 de P2, c’est-à dire qu’ils ne réfèrent pas à la même
personne. Si on applique dans ce cas la transformation infinitive, celle-ci entraînera une phrase agrammaticale.
2a- *Pierre pense Marie venir.
b- *Jean veut Marie venir.
Par contre, dans les phrases (1c) et (1d), le SN1 de P2 coréfère avec le SN1 de P1. Dans ce cas la transformation
infinitive peut ou doit s’appliquer. Elle est facultative dans le cas de (1d) avec les verbes du type : croire, penser,
imaginer, etc. (les verbes d’opinion).
3a- Tu crois que tu partiras.
b- Tu crois partir.
Elle est obligatoire avec les verbes du type : vouloir, souhaiter, exiger, craindre, etc. (les verbes psychologiques).
4a- *Tu veux que tu fasses ce travail.
b- Tu veux faire ce travail.

3.2 Processus transformationnel.


Le processus transformationnel consiste à effectuer un ensemble d’opérations :
♪ Effacement du marqueur d’enchâssement
♪ Effacement du SN1 sujet de P2 (identique au SN1 de P1)
♪ Conversion du verbe subordonné à l’infinitif.

3.3 Conditions sur la transformation infinitive.


♪ Condition 1 : SN1 P2 = SN1 P1 sujet de P2 = sujet de P1
♪ Condition 2 : SN1 P2 = SN2 P1 sujet P2 = COD P1

5- [P1 Marta condamne Marie [P2 à ce qu’elle parte P2] P1]


SN1 SN2 SN1
Les phrases de base sont les suivantes :
6a- Marta condamne Marie à ceci.
b- Elle partir où « elle » = Marie

L’application de la transformation infinitive donne :


7- Marta condamne Marie à partir.

♪ Condition 3 : SN1 P2 = SP P1 sujet P2 = COI P1

8- [P1 Luc conseille à Marie [P2 qu’elle reste P2] P1]

Les phrases de base sont les suivantes :


9a- Luc conseille à Marie ceci.
b- Elle restera. Où « elle » = Marie

La transformation infinitive nous donne :


10- Luc conseille à Marie de rester.

Le processus transformationnel permettant de passer de (8) à (10) entraîne l’apparition de la préposition « de ».

3.4 Apparition de la préposition « de »


Dans certains cas la transformation infinitive de la complétive déclenche l’apparition de la préposition « de »
devant l’infinitif. Cette préposition est obligatoire avec les verbes supports du type : craindre, exiger, empêcher,
ordonner, conseiller, etc.
11a- *Je crains que je ne vienne.
b- Je crains de venir.
L’apparition de la préposition est facultative avec quelques verbes comme souhaiter, détester, etc.
12a- *Je souhaite que je parte.
b- Je souhaite partir / de partir.
c- Je le souhaite.
Dans ce cas, l’infinitif n’est pas un complément prépositionnel du verbe support mais un complément d’objet
direct. En effet, la complétive réduite à l’infinitive est source de la pronominalisation de la phrase verbale.
13a- J’exige de partir.
b- Je l’exige.
c- *J’en exige.
3.5 Analyse de certains cas particuliers
Les supporte peuvent être des verbes de perception ou les verbes faire et laisser.
➢ Le support = verbe de perception
Lorsque le verbe support est un verbe de perception du type apercevoir, écouter, entendre, regarder, voir,
sentir, la transformation infinitive peut s’appliquer dans deux cas :

✓ 1er cas : SN1 P1 # SN1 P2


14- [P1 Marie voit [P2 que Pierre travaille P2] P1]
La phrase 14 est issue de :
15a- Marie voit ceci.
b- Pierre travaille.
L’enchâssement de (15b) dans (15a) donne :
15c- Marie voit Pierre travaille.
Le résultat de la transformation infinitive est la phrase (15d).
15d- Marie voit Pierre travailler.
Dans ce cas la transformation infinitive n’a pas entraîné l’effacement du sujet de P2 car il n’existe pas dans la
principale aucun élément qui lui est corréférentiellement identique.

✓ 2ème cas : SN1 P1 = SN1 P2


Soit la phrase suivante :
16a- Je vois que je plonge dans la mer.
La transformation infinitive donne :
16b- Je vois je plonge dans la mer.
Une transformation morphologique s’applique, elle consiste à remplacer le pronom je par me.
16c- Je vois me plonger dans la mer.
d- Je me vois plonger dans la mer.
Lorsque le SN1 de P1 est correférentiellement identique au SN1 de P2, la transformation engendre une particule
préverbale. Celle-ci s’antépose au verbe principal. Cette particule préverbale (PPV) est de la même personne que
le SN1 du verbe subordonné.
17a- Pierre voit que Pierre est emporté par le courant.
b- Pierre voit Pierre est emporté par le courant. Effacement de que
c- Pierre voit se est emporté par le courant. Substitution Pierre = se
d- Pierre se voit emporté par le courant Effacement de « est »
e- Pierre se voit emporter par le courant. Réduction du verbe à l’infinitif

3.La subordonnée relative


1-Les types et fonctions des relatives :
• La relative a une fonction, non par rapport au verbe de la principale, mais par rapport au nom antécédent.
• Les relatives adjectives à antécédent nominal pouvant apparaitre à la place d’un adjectif.
• Le pronom relatif a un antécédent dans la principale, et la relative joue le rôle d’un adj lié à cet antécédent :
La relative complète son antécédent à la manière d’un adj épithète :
J’ai résolu les problèmes qui sont difficiles : difficiles
La relative complète son antécédent à manière d’un adj apposé :
Les voyageurs, qui protestent, occupent le quai.
• La relative a une fonction attributive : (la relative prédicative) : le verbe de la principale est un verbe
attributif, elles sont toujours introduites par qui, représentant le sujet dont il est prédiqué quelque chose.
• Elles dépendent :
- des verbes de perception : voir, regarder, entendre, écouter, sentir : L’antécédent est COD du verbe
principal et la relative est attribut de ce COD.
Je vois Pierre qui court dans le jardin.
COD Attr de COD
-des verbes attributifs : être, rester, se trouver suivi d’un CC de lieu :
Pierre est là qui attend. (Pierre est l’antécédent).
-le verbe avoir et trouver introduit un attribut de l’objet :
La fille a le nez retroussé et les yeux qui pétillent de malice. (Attr de l’objet de yeux).

- Dans des tours présentatifs : voilà, voici et il y a : voilà Pierre qui rentre/ Voici le train qui arrive/ Il y a un bébé
qui pleure. La relative est attribut du régime du présentatif.
- Elles sont toujours à l’affirmative.
✓ J’ai entendu un oiseau qui chantait. - * je n’ai pas entendu un oiseau qui chantait.
✓ Il a un genou qui lui fait mal. * il n’a pas un genou qui lui fait mal.
✓ Je vois pierre qui court comme un fou.

• Les relatives substantives indéfinies : Remplaçable par un nom ou pronom :


✓ Les relatives sans antécédents : sont des équivalentes syntaxique d’un GN ; du fait de l’’absence
de l’antécédent, c’est la relative qui définit le référent : « Qui » et sa variante « quiconque », pour un
humain d’identité indéterminée = tout homme qui.
Qui aime bien châtie bien/ il châtie bien. Donne-le à qui tu veux/ donne-le à jean/Quiconque parlera, sera puni.
Quoi précédé obligatoirement d’une préposition pour les non animés : / Je n’ai pas de quoi payer/ heureusement,
il avait à quoi se raccrocher.
« Où » locatif sans antécédent : Je n’ai pas où passer la nuit.
✓ Les relatives périphrastiques : constituent l’expansion d’un pronom démonstratif (ce,
celui/celle/ceux/celles, là) suivi d’un pronom relatif ou d’un adverbe comme là ou partout ;
Le démonstratif sert de support à la relative et fonctionne comme un déterminant qui substantive la
subordonnée, le relatif n’a pas de référent, il marque seulement une fonction : sujet, objet, attribue :
- Je n’ai pas oublié ce dont vous m’avez parlé
- Là où il passe, l’herbe ne passe pas
- J’irai partout où tu, iras.
La relative périphrastique a un statut intermédiaire entre celui des relatives adjectives (épithète)
et les substantives proprement dites elles sont équivalentes à un GN. Elles sont quasi nominales.
Le démonstratif n’est pas un véritable antécédent, il a un caractère général. Mais il peut avoir un caractère
spécifique : Voici celui dont je vous ai parlé.
La fonction de la relative substantive est celle du GN, puisqu’elle n’a pas d’antécédent : elle peut occuper toutes
les fonctions du nom par rapport aux éléments de la phrase.

♪ Sujet : qui m’aime me suive / . Ce qui devait arriver est arrivé.


♪ Objet : il aime qui lui résiste / . Emportez ce que vous voudrez / . Il va où il veut.
♪ Attribut : se sera qui vous voulez / . Il est ce qu’il est.
♪ C Prép : pensez à qui vous voulez.
♪ CC : promenez-vous où vous voulez / . Il dort où il peut.
♪ CN : le récit de ce qu’elle a vécu ferait un roman

2- Le statut du pronom relatif :


a. IL introduit une subordonnée relative.
b. Il représente son antécédent qui figure généralement devant la relative et qui peut être :
- Un nom : On coupait les fougères qui forment la toison des coteaux/
- Un pronom : Je les vois qui se dorent / Il en existe qui font cela.
- Un pronom possessif : Je vois que les nôtres, qui sont belles, sont rares
- Un démonstratif : Nous préviendrons celui qui est absent :
- Un pronom indéfini : Tel qui rit vendredi dimanche pleurera
- Une expression numérale : Vous êtes deux, trois qui disputez ce poste.
- Un adverbe : Partout où vous allez, vous serez bien reçu.
c. IL a une fonction syntaxique dans la proposition relative qu’il introduit ; et sa forme varie selon
cette fonction.
♠ Qui : sujet : On coupait les fougères/ qui forment la toison des coteaux.
♠ Qui : C.O.I : Connaissez-vous la personne de qui je parlais ?
♠ Que : O. D : Les fougères que l’automne avait dorées.

NB : Si l’antécédent est toujours un nom ou un pronom, il peut être un adj ou un adv : Que attribut du sujet : il a
un antécédent caractérisant c'est-à-dire un adjectif qualificatif ou un nom exprimant une caractérisation. La rusée
qu’elle est a deviné : Rusée, elle a deviné/ Le vieillard que je suis devenu a peine à se représenter la situation :
moi, vieillard, j’ai peine à me représenter la situation.

➢ L’idiot que tu es n’a pas vu qu’elle t’aimait : « que » es attribut du sujet tu, il a pour antécédent l’adj idiot
qui a la fonction d’un nom, puisqu’il est substantivé.
➢ Dont a la fonction de :
▪ C.O.I : C’est une aventure dont elle se souvient fort bien.
▪ C de nom : L’homme dont les biens ont été vendus est un grand industriel.
▪ C de l’adj. : Je vous donne un travail dont vous me semblez capable.
▪ C. d’agent : elle s’adressa aux amis dont elle était entourée.
▪ C. de cause : c’est une maladie dont on ne meurt plus aujourd’hui.
▪ C.C de lieu : (origine) : la famille dont je descends est originaire de Maine
▪ C.C de moyen : il se saisit d’une pierre dont il le frappa

➢ Où :
▪ C.C de lieu : L’école où j’allais a fermé ses portes (lieu)
▪ C.C de situation : Dans l’état où je suis, il vaut mieux que je me repose (la situation).
▪ C.C de temps : La saison tardive où l’on coupe les fougères s’annonce bien ( de temps)
.

➢ Quoi :
▪ C.O.D: : Voilà ce à quoi je réfléchissais.
▪ C. de l’adj : :Il n’est rien à quoi je ne sois pas prêt.

➢ Lequel et les autres formes composées des déterminants relatifs : Lequel pronom composé, auquel,
duquel, laquelle, lesquelles, desquelles, auxquels, de laquelle, desquels sont des compléments
prépositionnels :
Précédés d’une préposition :
- La guerre est une période pendant laquelle les gens montrent leur vraie nature.
- Voici les auteurs parmi lesquels sera choisi le lauréat du Goncourt.

NB : - Lequel remplace « que » ou « qui » pour lever la confusion.


Je connaissais le fils de la voisine, lequel avait les mêmes goûts. (Qui pourrait remplacer fils ou voisine)
-Il remplace « dont », lorsqu’il est complément d’un nom lui-même complément indirecte :
Prenez soin de ces dossiers de la perte desquels vous auriez à répondre.
J’aime la rivière sur le bord de laquelle nous avons pique-niqué.

3- Remarques générales :
a. La relative se trouve dans la plupart des cas immédiatement à la suite du GN qui est l’antécédent du relatif. Il
y a cependant des exceptions : elle peut être séparée de son antécédent quand aucune équivoque n’est à
craindre :

Mille braves sont là qui dorment sans tombeaux.


Une servante entra, qui apportait la lampe (Gide)

La relative peut parfois précéder l’antécédent du relatif :


Elle me montra, qui jouait dans son jardin, l’un de ses enfants les plus sages.
b. Les relatives imbriquées :

❖ Le relatif peut avoir une fonction non par rapport au verbe principal de la relative, mais au verbe de
la proposition complétive conjonctive ou interrogative dépendant de celle-ci :
J’ai rencontré la personne à qui je sais que vous vous intéressez
Cet enfant sans parents qu’elle dit qu’elle a vu.
❖ Il est parfois difficile de distinguer la relative et l’interrogative avec les formes suivantes : qui, ce
qui, ce que, ce dont, où). Seul le sens du verbe principal permet de les répartir en relatif ou en interrogatif.
Il regarde ce que tu lis (relative)
Il demande ce que tu lis (interrogative)
Il étudie ce dont vous lui avez parlé (relatif)
Il me demande ce dont vous lui avez parlé (interrogatif)
❖ Il reste des cas ambigus :
Je ne vois pas qui pourrait me rendre service= (Celui /la personne qui pourrait ou bien quelle personne)
Je ne sais ce dont vous avez parlé. ???

La fin : 2021/2022

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