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Serge MESURE et Jacques CRÉMIEUX - CNRS, “ Neurobiologie et Mouvements” ,

Chemin J. Aiguier, B.P. 71, 13402 Marseille Cedex 20


Tél : 04.91.16.42.34. Fax : 04.91.77.50.84. E-mail : mesure@lnf.cnrs-mrs.fr

ENTRAÎNEMENT SPORTIF ET ÉQUILIBRE


POSTURAL :
PERFORMANCES, CONTRÔLE SENSORIEL
ET STRATÉGIES SENSORI-MOTRICES
INTRODUCTION

Afin de positionner cette réflexion dans son contexte, il faut signaler que l’objectif
principal de nos recherches était de préciser la contribution de l’entraînement sportif
au niveau de l’utilisation des afférences visuelles, mais aussi de préciser les
stratégies sensori-motrices utilisées lors du contrôle postural. Tout au long de ce
travail expérimental, un certain nombre de questions et de perspectives nous ont
semblé importantes. La synthèse qui va suivre s’articulera donc autour de certains
thèmes de réflexion, tout en rappelant quelques points spécifiques des divers
résultats expérimentaux obtenus. Rappelons néanmoins avant de commencer
quelques bases fondamentales de notre réflexion et de notre thématique. La station
debout bipède, qui se définit par la position de l’ensemble des segments du corps à
un moment donné, nécessite l’organisation et l’intégration d’un équilibre postural
sensori-moteur. C’est ainsi que toute modification active ou passive de cette posture
fondamentale entraîne la mise en jeu de dispositifs automatiques de compensation,
de correction ou de rattrapage destinés à préserver ou à gérer, en toutes
circonstances, l’équilibre du corps dans la position choisie. Le maintien d’une activité
posturale, dans des conditions inhabituelles et déstabilisantes, doit donc susciter
chez l’individu, non seulement l’utilisation et la prise en compte des afférences
sensorielles, mais aussi la mise en place de réactions motrices les plus rapides et les
plus appropriées possible au rétablissement de l’équilibre.

1) Le choix d’un bon descripteur du mouvement : quelle est la variable sensori-


motrice contrôlée par le Système Nerveux Central dans le maintien postural ?

D’une manière générale les mesures cinématiques, et notamment


accélérométriques, des différents segments corporels sont privilégiées par rapport
aux mesures physiologiques. C’est-à-dire que l’intérêt se porte plus sur le résultat du
mouvement plutôt qu’à ses commandes nerveuses. Nous pensons en effet que la
méthode utilisée des inter-corrélations conjuguées (Amblard et al., 1994) est plus
efficacement applicable aux descripteurs cinématiques. Différents auteurs ont en
effet remarqué que des patrons cinématiques invariants peuvent résulter de
combinaisons très variables de moments angulaires ou d’activations musculaires
(Soechting et Lacquaniti, 1989 ; Woollacott et Jensen, 1994).
Dans la littérature, les descripteurs du mouvement adoptés pour les différents
segments mobilisés sont généralement de même nature. Ainsi ont été corrélés les
angles du tronc et de la tête avec la verticale gravitaire chez des enfants et des
adultes au cours de la marche (Assaiante et Amblard, 1993 ; Assaiante & al., 1993).
Les mesures de positions de l’oeil, de la main et de la cible ont été corrélées au
cours de coordinations oculo-manuelles chez le singe (Gauthier et Mussa Ivaldi,
1988). Des auto-corrélations et des inter-corrélations ont été aussi utilisées pour
analyser les ondes cérébrales lentes, les activités électriques du cerveau ou pour
l’identification de la phase dans les réponses des systèmes biologiques aux entrées
périodiques (Berger & al., 1992, Amblard 1996). Mais il est également tout à fait
possible d’envisager de corréler différents types de descripteurs du mouvement, à
l’intérieur d’un domaine commun de fréquence. Il est possible, par exemple,
d’envisager de corréler la position de l’oeil et l’accélération de la tête, dans le cas
d’études du réflexe vestibulo-oculaire.
En ce qui concerne les ajustements posturaux, Amblard et al. (1985) ont montré
qu’ils peuvent intervenir dans un domaine de fréquence assez étendu. Les
mouvements brusques de correction posturale ont en effet des composantes de
hautes fréquences, alors même que les mouvements de déséquilibre peuvent avoir
des amplitudes assez faibles. N’oublions pas en effet que le but du contrôle de
l’équilibre est de bouger le moins possible. Toutes ces raisons font que les mesures
d’accélérations linéaires paraissent particulièrement appropriées à la description des
mouvements posturaux (Gurfinkel & al., 1988 ; Lekhel et al., 1994). Ces mesures
d’accélération sont beaucoup plus sensibles que les mesures de position ou de
vitesse, et ceci dans un large domaine de fréquence (Amblard, 1996). L’accélération
linéaire d’un segment est simplement proportionnelle à la résultante des forces qui lui
sont exercées. Dans le cas de petites variations angulaires, l’accélération linéaire est
proportionnelle à l’accélération angulaire, et donc aux moments résultants, ce qui
inclut les moments passifs, biomécaniques et musculaires. Ainsi l’accélération peut
être considérée comme un compromis entre la cinématique et les descripteurs
physiologiques.
Une distinction physiologique importante doit cependant être introduite entre les
influences purement biomécaniques et morphologiques et le contrôle actif du
Système Nerveux Central (SNC) (Lee, 1980 ; Woollacott et Jensen, 1994). Ce type
de problème ne peut pas être résolu à l’aide des seuls descripteurs cinématiques. La
première approche dans cette direction passe à l’évidence par les descripteurs
électro-myographiques (Soechting et Lacquaniti, 1989). Ces derniers auteurs ont
utilisé des calculs d’inter-corrélation entre les enregistrements EMG au cours de
mouvements réflexes et volontaires, en se focalisant sur les composantes actives
(synergies) des mouvements transitoires. Ils ont ainsi démontré la faisabilité des
calculs de Fonctions d’Intercorrélations Croisées sur les EMG, qui devraient aussi
pouvoir révéler les composantes actives du contrôle postural sans perturbation.
L’un des résultats marquants de cette série de recherches expérimentales sur les
effets de l’entraînement, est de nous avoir révélé l’importance du choix judicieux des
indices pour évaluer une performance posturale, et les stratégies qui la sous-tendent
(Mesure & al., 1994). Il a été démontré, dans des expériences de contrôle postural
sur balancelle (Mesure & al., 1995), là où la description en termes d’accélérations
linéaires avait dans une large mesure échouée pour la description des stratégies,
qu’une prise en compte des oscillations angulaires permettait en revanche
d’expliciter les stratégies spécifiques des populations de sujets étudiés. Cela peut se
concevoir par l’utilisation de système d’analyse optoélectronique du mouvement pour
la mesure des angles, l’application de l’indice d’ancrage (Assaiante et Amblard 1993)
lors d’études sur le développement, et l’application des propriétés des fonctions
d’inter-corrélation entre deux niveaux de mesure (Mesure & al., 1997). En utilisant
ces différents outils ces auteurs ont pu non seulement mettre en évidence des
stratégies de stabilisation spécifiques de certains segments corporels importants
dans la tâche considérée et des stratégies de mouvements angulaires coordonnés,
mais encore décrire des différences dans le choix de ces stratégies par des sujets
experts ou non experts dans des activités d’équilibre.
Cette distinction entre les descripteurs d’accélération linéaire et de variation
angulaire correspond très certainement à quelque chose de plus fondamental qu’un
simple hasard de calcul du point de vue de l’expérimentateur. Sans aller jusqu’à
affirmer trop vite que, dans le cas d’un équilibre maintenu sur une balancelle instable,
ce sont les angles qui deviennent les variables contrôlées par le S.N.C., il ne nous
paraît pas invraisemblable qu’il y ait là une voie de réflexion fructueuse. Il faut en
effet considérer que dans une tâche comme celle qui nous intéresse, quoi qu’il en
soit du point de vue du physicien, il est indispensable de contrôler les déplacements
linéaires du centre de gravité, en raison de l’étroitesse du support et de son
instabilité. Le S.N.C. quant à lui ne peut obtenir le résultat souhaité qu’en opérant
une gestion très précise de la variation (dans le temps) des angles des différentes
articulations. Il est bien évident en effet que dans une chaîne articulée de segments
corporels rigides, le jeu de la musculature ne peut directement agir que sur les
angles entre ces différents segments. C’est la seule opération primaire qui soit à sa
portée. Il n’est cependant pas exclus de supposer qu’une représentation plus subtile
de ces actions, à un niveau supérieur de l’élaboration de la commande motrice,
permette au S.N.C. d’évaluer et de gérer les conséquences linéaires de ses
commandes angulaires. Dans le cas qui nous occupe, même si la variable contrôlée
est la position du centre de gravité, comme le suggère Massion (1997), il ne paraît
pas surprenant, en tout état de cause, que des coordinations angulaires et des
contrôles de stabilisation angulaires aient pu être mis en évidence, là où la
description en termes linéaires devenait trop aléatoire.
Une semblable distinction entre contrôle des angles et contrôle des déplacements a
déjà été relevée par Assaiante & al. (1993), dans une étude de contrôle postural
chez le jeune enfant de 2 à 3 ans. Dans cette expérience, les enfants étaient soumis
dans le plan sagittal à des oscillations sinusoïdales horizontales sur tapis roulant. Les
auteurs précédents, après une description comparée des performances en termes
linéaires et angulaires, ont proposé que la seule stratégie adaptative adoptée par les
enfants de ces âges consistait simplement en un raidissement de l’ensemble des
articulations. Il s’agit de la stratégie la plus sommaire du contrôle des angles, qui
consiste à les fixer tous avec la meilleure efficacité possible. Ce choix inconscient et
simpliste revient à simplifier la tâche en minimisant le nombre de degrés de liberté
angulaires à contrôler simultanément pendant le mouvement (Bernstein, 1967 ;
Assaiante et Amblard, 1993).
Notre volonté de complexifier la tâche posturale proposée au sujet afin de permettre
l’étude du rôle de l’entraînement sportif a permis en soi de spécifier l’intérêt du choix
du référentiel à analyser en fonction de la tâche. Il paraît donc raisonnable de penser
que l’étude du contrôle postural statique et quasi-dynamique, et fort probablement,
par extension, les phénomènes locomoteurs, ne peuvent concrètement s’évaluer que
vis-à-vis d’un indice pertinent dépendant de la situation expérimentale. A ce propos,
les indices angulaires d’ancrage, complétés par les fonctions d’inter-corrélation,
restent pour nous un choix pertinent et prometteur. Il est cependant utile de définir
préalablement, et de manière très précise la variable que nous supposons être
contrôlée. Cela afin de permettre une certaine approximation de la sensibilité du
système à analyser, ainsi qu’une meilleure détermination du système de mesure à
employer.
2) Pouvons-nous considérer une utilisation différentielle des entrées
sensorielles en fonction de l’entraînement sportif ?

L’importance de l’activité physique pendant l’ontogenèse pour la mise en place des


coordinations visuo-motrices conduit à penser que, tout au long de son existence,
l’homme est susceptible sinon de transformer du moins de modifier ses cadres de
références et donc d’enrichir le répertoire de ses activités d’adaptation (Paillard,
1971, 1976). Différents groupes de sujets (experts ou non) ne semblent pas avoir
une utilisation identique des afférences sensorielles (Ripoll, 1990, Mesure & al.,
1997). Il semble que la pratique d’une activité physique aurait tendance à développer
la faculté du sujet à privilégier et à sélectionner un type particulier d’information. Il
pourrait s’agir, pour le sport, de sélectionner plus efficacement la source
d’information sensorielle la plus appropriée dans une situation posturale donnée (la
proprioception au niveau des jambes et des chevilles dans le cas de la balancelle).
Cela lui permettrait une détection plus rapide des signaux détecteurs d’erreurs et
donc de générer des réactions posturales également plus rapides ou plus fines. Or, il
est important de signaler que le maintien de l’équilibre postural ne représente pas
toujours une fin en soi, spécifiquement lors d’activités de déséquilibres naturels ou
provoqués, mais qu’il est indispensable à toutes activités ou mouvements humains.
Nous pensons que les informations sur ce référentiel égocentrique postural doivent
être privilégiées comme source d’afférence sensorielle de surveillance (Massion
1997, Vidal & al., 1982), par la nécessité de limiter le nombre d’informations lors du
traitement au niveau central (Paillard, 1990). La stimulation inadéquate d’un système
sensoriel, provoquant l’illusion d’un mouvement du corps, peut produire un
déséquilibre postural, puisqu’il est extrêmement difficile de l’intégrer aux signaux
contradictoires provenant des autres systèmes sensoriels. Ce raisonnement est à la
base de certaines explications des phénomènes de cinétoses (Ohlmann, 1993 ;
Berthoz, 1997) Le degré du déséquilibre postural est donc fonction du degré du
conflit, soit entre les entrées sensorielles multimodales, soit entre le patron actuel et
le patron attendu des entrées réafférentes produites par un mouvement volontaire.
Les paramètres du patron attendu étant déterminés par l’expérience sensori-motrice
antérieure (Brandt & al., 1981 ; Brandt, 1988).
En accord avec Droulez, Berthoz et Vidal (1985) et Nashner (1985), nous pensons
que l’entrée sensorielle n’est pas seulement utilisée pour une évaluation continue du
balancement (boucle sensori-motrice à rétroaction), mais aussi pour un ajustement
discontinu, ou encore qu’elle sert à déclencher des stratégies posturales
programmées, c’est à dire des patrons d’activations musculaires (Brandt, 1988). Les
synergies d’activation musculaires, telles qu’elles sont programmées par l’expérience
antérieure de l’équilibration active et de la locomotion, peuvent être guidées par une
ou plusieurs entrées sensorielles choisies en fonction de la tâche. Il n’y a
probablement pas de stimulation adéquate d’une boucle visuo-spinale spécifique
pour la posture, mais le poids sensoriel de la vision doit être basé principalement sur
la précision et le seuil bas de détection du mouvement relatif à l’environnement
(Brandt, 1988). Sachant que dans certaines situations limites, la vision peut voir son
rôle minimisé au profit d’autres canaux sensoriels (c’est le cas du contrôle de
l’équilibre dynamique lors d’une locomotion sur une poutre étroite par exemple).
Dans la perspective de la psychologie différentielle, la transposition des résultats
concernant la dépendance/indépendance à l’égard du champ visuel, à la situation
quasi-dynamique que représente le maintien de l’équilibre postural dans des
situations aussi instables (telles qu’une balancelle ou la position de Romberg
sensibilisée sur sol mou), amène raisonnablement à penser que certains sujets sont
naturellement plus sensibles que d’autres aux informations visuelles et qu’ils les
utilisent afin de se constituer un cadre d’orientation de référence. La question du rôle
joué par ce cadre dans le contrôle de l’équilibre postural reste posée (Isableu & al.,
1997). Dans l’obscurité nous constatons que les non experts, en situation critique
(Romberg sensibilisée, déstabilisation latérale sur balancelle), adoptent une stratégie
de contrôle en bloc entre le segment céphalique et le tronc (Mesure & al., 1995).
Cette stratégie peut amener le sujet à se référer principalement au système de
surveillance vestibulaire, qu’il doit faire correspondre aux afférences proprioceptives,
en se servant de ce fait de la référence gravitaire comme moyen de détection des
déstabilisations de la posture. De plus, lors des situations expérimentales dans
l’obscurité, il est possible d’imaginer que l’intérêt du cadre visuel puisse être
remplacé par une commande centrale de type proaction (feed-forward), ce qui
permettrait au sujet d’anticiper par référence à une situation bien connue
(phénomène lié à l’apprentissage et à la mémorisation), ou simplement de se
reporter sur un autre type de stratégie de contrôle présent dans son répertoire, si la
situation le permet.
Les signaux vestibulaires restent prédominants pour la résolution de tâches
posturales spécifiques, durant lesquelles l’abondance des informations en
provenance des récepteurs somato-sensoriels semble difficile à analyser (Marchand
& al., 1988). Tout laisse supposer que le système vestibulaire devient ici l’organe de
surveillance sans cesse “ réajusté” par les informations proprioceptives et également
visuelles lorsque celles-ci sont présentes. La gestion rétroactive plus ou moins
possible et appropriée de ces informations vestibulaires serait la base de
différenciation entre non experts et experts. La vision reste néanmoins une
information pertinente. Un effet de l’entraînement à l’usage de la vision chez le
patient délabyrinthé a également été rapporté par Allum & Pfaltz (1985) dans une
épreuve avec rotation du support. Bles (1979) soulignait déjà, même chez un sujet
normal, la nécessité d’un apprentissage pour le contrôle visuel de la posture dès que
les réafférences visuelles sont anormales, par exemple sur un support mou induisant
des oscillations posturales importantes. Cet effet se caractérise dans les expériences
par l’absence de chutes en situation de lumière normale, donc par une absence de
déséquilibre extrême nécessitant un programme moteur réactionnel. Dans ces
différentes situations le système visuel est un référentiel utilisé dans les oscillations
de grandes amplitudes mais aussi, dans les cas extrêmes, comme un système de
sécurité sur le contrôle des hautes fréquences d’oscillations du corps.
Pour Nashner & al. (1982) l’appareil vestibulaire permettrait de résoudre les conflits
visuo-proprioceptifs induits, soit par un environnement visuel stabilisé, soit par un
asservissement du support aux mouvements du sujet. La question est de savoir si
une telle conception hiérarchique n’est pas spécifique à certaines situations
expérimentales. Ainsi, dans le modèle de Zacharias & Young (1981) les conflits de
courte durée seraient résolus en faveur des indices vestibulaires, mais une
discordance prolongée aboutirait à donner de plus en plus de poids aux indices
visuels.
Ainsi, toutes les activités posturo-cinétiques s’organisent à partir de la sélection d’un
des trois types de référentiels stables. Il s’agit soit du support sur lequel se tient le
sujet, soit de la verticale gravitaire, soit de la position du centre de gravité. Dans le
premier cas, le sujet se réfère principalement à la proprioception en provenance des
effecteurs et organise sa posture de façon ascendante : depuis les pieds jusqu’à la
tête. Dans le second cas, le sujet prend “ appui” sur la verticale gravitaire en
stabilisant sa tête sur l’espace à partir des informations principalement vestibulaires
et organise ainsi sa posture de façon descendante depuis la tête jusqu’aux pieds
(Assaiante et Amblard, 1993). Enfin, dans le troisième cas, l’organisation posturale
en situation difficile convergerait directement par une stabilisation au niveau du
bassin. Il est important de préciser que si les stratégies motrices de rattrapage de
l’équilibre peuvent être différenciées, en fonction précisément de l’amplitude du
déséquilibre, elles peuvent également être l’expression d’une préférence individuelle
si les conditions autorisent une certaine vicariance (Ohlmann & Brenet, 1990, Luyat
& al., 1997). Ce phénomène d’adaptabilité individuelle et de vicariance se manifeste
par les résultats exprimés par l’analyse des quotients du Romberg visuel, et
l’absence de stratégies sensorielles posturales communes à un groupe de sujets
dans une situation expérimentale plus contraignante sur balancelle (Mesure & al.,
1995).
Il est maintenant bien établi que pour coordonner les mouvements, le cerveau
n’utilise pas les informations sensorielles de façon continue. Il semble que dans bien
des cas (par exemple le skieur de compétition qui est entraîné à suivre l’image
mentale de sa course sur la piste de ski), le traitement continu des informations
sensorielles serait beaucoup trop lent (Berthoz, 1997). Il y a donc probablement des
représentations mentales du mouvement du corps dans l’espace, des réseaux
neuronaux grâce auxquels les mouvements du corps peuvent être simulés sans être
exécutés (Decety & al., 1991). Il semble que les informations des sens ne sont
utilisées que pour valider ou corriger de façon intermittente ces représentations. La
prise d’information par tel ou tel capteur serait prévue dans le programme central
correspondant à un mouvement automatique ou à un mouvement appris (Berthoz,
1997). Ceci conduit à une théorie de la préspécification ou de la présélection des
informations. Si cette théorie est vraie, elle suppose que la représentation de
l’espace et du corps dans les réseaux de neurones centraux se fait suivant des
règles ou des mécanismes qui ne correspondent pas nécessairement à la géométrie
euclidienne classique.
Par ailleurs, vis à vis de la dépendance à l’égard du champ visuel, il serait
intéressant d’examiner les différences individuelles dans l’utilisation des indices
visuels en fonction de la tâche (Isableu & al., 1997). Nous pourrions ainsi comparer
les effets posturaux d’une verticale visuelle biaisée (vection optostatique) à ceux de
la vection optocinétique, en examinant leur rôle dans le déclenchement du mal des
transports (cinétoses).

3) La sélectivité du contrôle : un principe d’économie.

Nous avons eu l’occasion de montrer dans nos recherches que l’un des aspects
intéressants qui caractérisent le résultat d’un entraînement sportif face aux aptitudes
d’équilibre est la capacité à sélectionner la dimension de la performance qui est la
plus pertinente pour la réalisation correcte d’une tâche posturale donnée. Ainsi,
lorsque les sujets entraînés doivent maintenir leur équilibre en position de Romberg
sensibilisée, sur une balancelle qui les déstabilise dans le plan latéral, ils contrôlent
tout particulièrement leur stabilisation angulaire en roulis, et se préoccupent
nettement moins du tangage. Une sélectivité équivalente a déjà été relevée chez les
sujets adultes “ non experts” lors de la marche sur une poutre étroite, tout
particulièrement dans l’obscurité. Dans ces conditions, les adultes, contrairement aux
enfants de 7-8 ans, adoptent une stabilisation angulaire préférentielle de la tête sur
l’espace dans le plan frontal (Assaiante et Amblard, 1993). Cette sélectivité de
contrôle postural concrétisée par le phénomène d’entraînement sportif semble
correspondre de la part des sujets experts, à l’utilisation d’informations sensorielles
pertinentes de surveillance.
Dans le cas de l’équilibre sur balancelle, la réalisation du protocole était possible de
façon identique par les non experts et les experts, qu’il y ait ou non-sélectivité des
variables pertinentes à contrôler. Notre interrogation s’est porté sur la nécessité de
cette sélectivité. Or, les résultats montrent que cette sélectivité permet une meilleure
efficacité, c’est-à-dire un contrôle postural plus pertinent dans des conditions toujours
plus difficiles, et ceci grâce à l’entraînement. Ce phénomène se caractérise par des
indices de performance posturaux qui montrent une stabilisation plus efficace chez
les experts que chez les non experts. Nous inclinons à penser que dans des cas
extrêmes, tel que le funambulisme, pour ce qui est du contrôle de “ l’équilibre de luxe”
(André-Thomas, 1940), la stricte sélectivité des mouvements à contrôler est non
seulement un avantage déterminant, mais une nécessité absolue pour la réussite de
l’épreuve.
De plus, il est également possible que cette sélectivité soit le signe de la mise en
oeuvre par le S.N.C. d’un principe d’économie, comparable à celui qui préside à
l’économie de l’énergie dissipée au cours de la marche (Cavagna et Franzetti, 1986).
Ici encore, l’hypothèse s’appuie sur le principe d’une réduction maximum des degrés
de liberté à contrôler simultanément au cours du mouvement.
La sélectivité du contrôle de la variable pertinente peut signifier au moins deux
choses :
– L’ancrage est limité au plan de déstabilisation : un support peut être déstabilisant
dans un seul plan, et le sujet peut limiter le contrôle postural à ce plan et faire
l’économie du travail dans un plan perpendiculaire. La composante angulaire
contrôlée sera alors celle dont l’axe de rotation est perpendiculaire à ce plan. Nous
pouvons, néanmoins, parler d’une “ hiérarchie” dans la difficulté des plans euclidiens
à maîtriser. En effet, il parait probable que le plan sagittal (oscillations antéro-
postérieures) reste plus aisé à contrôler. Il va de soi que c’est le plan de la
locomotion et de la majeure partie des déplacements segmentaires ou globaux. Le
plan frontal (oscillations latérales), en revanche, dans lequel les déplacements et
mouvements sont moins usuels, paraît plus difficile à maîtriser. Cependant,
l’entraînement sportif par un travail segmentaire et global plus varié et diversifié
semble permettre une sélectivité de ce contrôle aux différents niveaux anatomiques,
mais qui reste, intimement dépendante de la difficulté de la tâche à réaliser (figure
n°1).
– L’ancrage est limité au niveau anatomique le plus critique : ce peut être la tête au
cours de la locomotion, et/ou le niveau des hanches, siège du centre de gravité, au
cours du contrôle postural difficile. Des travaux récents effectués chez l’homme
adulte (Ripoll, 1990 ; Berthoz et Pozzo, 1988 ; Grossman & al., 1988 ; Nashner & al.,
1988) ont contribué à développer l’idée d’une organisation descendante du contrôle
de l’équilibre en cours de la locomotion à partir de la stabilisation de la tête sur
l’espace. Le dernier type d’ancrage au niveau du bassin, qui se vérifie par nos
résultats en situation balancelle, dénote une organisation segmentaire en plusieurs
blocs (Mesure & al., 1995). Le premier bloc, constitué du segment jambier dans sa
totalité, fournit les informations directes de la déstabilisation via la cheville et les
capteurs tactiles plantaires. Le second bloc constitué par le tronc (c’est-à-dire la
masse la plus importante du corps) agit comme le “ contre-balancier” en fonction de la
déstabilisation et donc en opposition du segment jambier (corrélations négatives
entre les mouvements tronc/jambes). Le segment céphalique, quant à lui, représente
un bloc solidarisé ou désolidarisé du tronc en fonction de l’urgence de la situation
(risque de chute, figure n°1).

4) Stratégies posturales globales ou contrôles segmentaires : un choix limité


par la difficulté de la tâche.

L’enseignement le plus clair de l’analyse des expériences de contrôle postural sur


une balancelle semble être que, de global dans des conditions plus clémentes, le
contrôle postural peut devenir simplement segmentaire dans des conditions de
difficultés posturales extrêmes (Pozzo & al., 1995).
Il semble ainsi qu’il faille se garder des généralisations en termes de stratégies
posturales. Pour autant, il n’est pas garanti que les stratégies repérées au cours de
perturbations transitoires (Nashner et McCollum, 1985) soient les mêmes que celles
qui interviennent au cours du contrôle en situation stationnaire. Au cours d’un
maintien postural peu critique, le sujet peut faire appel à certaines stratégies plus ou
moins globales (Amblard & al., 1993), tandis que, la difficulté devenant extrême, il
semble qu’il n’ait plus que le recours à des réflexes locaux, tels que ceux qui
interviennent au niveau des chevilles au cours d’une déstabilisation du support
(Nashner, 1985). Il a même été évoqué la possibilité d’un contrôle de type chaotique
ou stochastique (De Luca & al., 1993). Le terme de stratégie prendrait ici tout son
sens, qui sous-entend un choix plus ou moins délibéré à l’intérieur d’un répertoire de
tactiques variées disponibles. Il serait apparemment plus judicieux de parler de
stratégie en situations extrêmes, où le sujet serait livré à ses réflexes de contrôle les
plus élémentaires, dans une épreuve de type tout ou rien (il réussit, et toujours par
les mêmes moyens, ou c’est la sanction inexorable de la chute). La nuance, au
niveau de ces propos, serait de dire que ce type de contrôle extrême n’est
concevable que dans des situations extrêmes, ce qui signifie, pour la situation
expérimentale utilisant une balancelle instable, que les sujets qui n’oscillaient
quasiment pas, faisaient intervenir plutôt des stratégies régulatrices progressivement
adaptables.
Lors du maintien postural en situation expérimentale, le sujet par consigne ne peut
déplacer aucun appui, nous écartons donc là une possibilité de récupération par un
mouvement distal approprié. Le programme postural résultant de ce type de situation
doit donc inhiber certains processus réactionnels. Il existe là une situation
conflictuelle vis à vis du choix stratégique moteur (entre la consigne et les processus
pré-établis). Par ailleurs, nous savons que la mobilisation des programmes posturo-
cinétiques relève des principes généraux avec l’existence de commandes proactives
(feed-forward), associées synergiquement aux commandes du mouvement et
boucles rétroactives en rétroaction (feed-back) qui leur assurent leur servo-
assistance (Gahery et Massion, 1981), par exemple, la recalibration des
coordinations visuo-manuelles après déviation visuelle prismatique. Les facteurs
kinesthésiques et posturaux se trouvent donc normalement combinés aux autres
informations sensorielles.
Selon certains auteurs, il y aurait une double stratégie de contrôle de la position du
sujet dans son environnement selon les situations. L’une automatique, qui
fonctionnerait comme un système en boucle de rétroaction négative pour annuler les
faibles perturbations de cette position (Perrin & al., 1987). L’autre interviendrait pour
s’opposer aux perturbations plus importantes, et prévoirait ce qu’il convient de faire
grâce à l’expérience antérieure mémorisée (Droulez & al., 1985), ce qui serait
directement imputable à des phénomènes antérieurs d’apprentissage.

5) L’entraînement sportif : affinement de stratégies pré-existantes et/ou


construction de stratégies nouvelles ?

Une question qui est soulevée par le problème de la programmation centrale du


mouvement est celui de son acquisition. Il ne fait pas de doute en fait que le
mouvement acquiert ses caractéristiques par apprentissage. Il est d’abord fragmenté
et guidé dans chacune de ces étapes par les afférences sensorielles et devient
ensuite continu et relativement indépendant des messages liés à son exécution
(figure n°2). Les mécanismes qui interviennent dans l’apprentissage de mouvements
balistiques sont très complexes et font appel à des notions de construction de
l’espace (Paillard, 1976). De ce fait, l’apprentissage consiste à mettre en mémoire
une image centrale du mouvement. Elle résulterait de la confrontation d’une part des
informations sur l’espace dans lequel le mouvement s’effectue, et d’autre part, des
traces laissées par l’activité motrice et sensori-motrice associée aux mouvements
précédents (Massion, 1992).
L’hypothèse pourrait être que, par comparaison avec ce qui se passe au cours de
l’ontogenèse, l’apprentissage d’un nouveau geste sportif passe par une
prépondérance momentanée de la contribution visuelle. L’ontogenèse nous apprend
en effet, que chaque fois que l’enfant apprend une nouvelle habileté posturale
(station assise, station debout, locomotion, etc.), il existe une prédominance de
l’entrée visuelle au service d’un nouveau type de contrôle postural (Butterworth et
Hicks, 1977 ; Woollacott & al., 1987 ; Assaiante & al., 1993). Dans nos études, nous
n’avons pas observé la construction d’une nouvelle habileté chez les experts, mais
simplement observé leurs performances posturales, une fois devenus experts. Par
ailleurs, nous avons pu constater, ne serait ce qu’au niveau de l’apprentissage entre
deux séances expérimentales, une adaptation (à court terme) des non experts. Ce
résultat significatif exprimé par la diminution du nombre de chutes démontre une
adaptation sensori-motrice à la situation. Sachant que cette adaptation à court terme
est le résultat direct d’un entraînement à long terme (Pedotti & al., 1989 ; Massion,
1992 ; figure n°2).

Notre hypothèse est d’imaginer deux grandes catégories de stratégies de contrôle


postural. La première correspond à un “ gel” des différentes articulations des chevilles
à la tête, afin de traiter le plus rapidement possible les informations prédominantes
issues des effecteurs somato-sensoriels de la cheville et d’effectuer une corrélation
directe avec les informations des autres effecteurs. Ce mode de gestion serait
imputable aux non experts. Le deuxième type de contrôle, plus représentatif des
experts, correspond à un “ dégel” des articulations, une liberté segmentaire, lié au
contrôle du centre de gravité (bassin), où nous pourrions concevoir une
complémentarité des différentes informations sensorielles, évoluant et fluctuant en
fonction de la tâche à résoudre quant à la priorité d’un type sensoriel de surveillance
(Figure n°2).
Au cours du contrôle postural, statique ou quasi-dynamique, un certain nombre
d’effets liés à l’entraînement sportif a été mis en évidence, mais il n’est pas
improbable que les effets de cet entraînement soient plus spécifiques des situations
d’équilibre beaucoup plus dynamique. Effectivement, le sportif doit plus souvent
contrôler son équilibration en cours de mouvement et donc en dynamique lors de ces
multiples activités motrices et rarement en conditions statiques.
Il serait, par ailleurs, intéressant d’étudier une situation susceptible de provoquer une
régression de l’adaptation des sujets experts au niveau de leur performance
posturale. La question qui reste posée est de savoir s’il est possible, dans un tel cas,
de constater une absence de stratégie globale ou segmentaire, l’apparition de
stratégies spécifiques aux non experts, ou l’adaptation posturale à de nouvelles
stratégies. Ainsi, suite à l’entraînement d’habiletés motrices (mise en place de
comportements posturo-cinétiques adaptés), est ce que l’individu régresse à son
stade initial et fait une inhibition complète de son vécu, fait-il un transfert de ses
capacités adaptatives en fonction de la nouvelle situation (plasticité sensori-motrice),
ou bien, s’adapte-t-il entièrement (plasticité corticale du traitement de l’information) ?
Un point supplémentaire réside dans la comparaison entre les capacités de contrôle
de l’équilibre chez l’enfant et le sujet âgé qui nous permet d’entrevoir des similitudes
à la fois dans les caractéristiques des oscillations et dans les réponses
neuromusculaires sous-jacentes du contrôle postural. De même, des chercheurs
adoptant cette perspective pourraient se demander si certains changements
comportementaux qui interviennent avec l’âge, comme l’altération du contrôle
postural ou la diminution de la vitesse de la marche (Woollacott et Jensen, 1994),
sont des stratégies qui s’adaptent aux changements de capacités d’équilibre, ou peut
être seulement aux changements de la perception des affordances dans
l’environnement (Ohlmann, 1990). C’est pourquoi la connaissance du répertoire des
processus vicariants et de leur mode de gestion permet d’aborder un problème
essentiel pour le pédagogue comme pour l’ergonome qui est de concevoir
l’adaptation non pas simplement par rapport aux situations, mais aussi par rapport à
leurs possibilités de variations (Ohlmann, 1990).

CONCLUSION

La coordination des différents espaces à l’intérieur desquels nos activités prennent


place (égocentré et exocentré) nécessite la constitution d’une référence qui ne peut
se concevoir sans l’interdépendance de systèmes tels que la sensorialité et la
motricité. Ces deux systèmes sont, de ce fait, inséparables quant à une bonne et
correcte construction et organisation de l’individu. Notre réalité spatiale ainsi
découverte dépend donc à la fois de notre équipement sensoriel (nos organes des
sens), mais aussi de nos instruments moteurs (nos muscles et articulations qui
mobilisent les parties mobiles de notre corps) et de cette force omniprésente qu’est
la pesanteur. La coordination de ces trois facteurs nous permet d’obtenir une
perception de notre corps et du mouvement de notre corps qui représente
l’information essentielle pour l’unification de l’espace dans lequel nos activités
prennent place (Paillard, 1987).
En conclusion, il est important de rappeler le peu de données bibliographiques
concernant les effets de l’apprentissage sportif sur le contrôle postural, qu’il s’agisse
des effets sensoriels ou des choix stratégiques (Woollacott & al., 1987 ; Berthoz et
Pozzo, 1988 ; Mesure & al., 1997). Nous pensons avoir, dans cette synthèse,
contribué à préciser certains aspects de ces problèmes particuliers, sans pouvoir
toutefois répondre aux multiples questions soulevées, tant les activités posturales se
sont révélées complexes. Par ailleurs, ce travail a également insisté sur certaines
similitudes entre l’entraînement sportif et l’ontogenèse, mettant ainsi en exergue
quelques hypothèses de travail qu’il restera à préciser. Il est donc possible de
considérer l’ontogenèse et l’apprentissage comme un dialogue permanent entre le
S.N.C. et les effecteurs qu’il commande, dans la mesure où au cours de la
croissance les contraintes biomécaniques sont en évolution permanente, ce qui
amène le S.N.C. à réaliser nécessairement une adéquation entre ses commandes et
l’état biomécanique du système à un niveau de compétence donné.
C’est de la même façon en intégrant les données évolutives des effecteurs et les
réafférences sensorielles qui le renseignent sur les résultats de ses actions que le
S.N.C. constitue progressivement un répertoire de stratégies appropriées en
réponses aux invariants et aux surprises du milieu dans lequel l’enfant et l’adulte sont
amenés à évoluer. Des similitudes ont de même été relevées entre le principe de
“sur-entraînement” lié au sport et le principe de “ sur-entraînement” nécessaire dans
la rééducation pathologique. Nous pensons avoir, ainsi, développé et mis à l’épreuve
quelques réflexions et outils d’analyse susceptibles d’étayer et d’argumenter le cadre
du contrôle des progrès posturo-cinétiques de patients à rééduquer. Un travail
important reste néanmoins nécessaire pour préciser les phénomènes d’adaptations
sensori-motrices et les bienfaits de l’entraînement sensori-moteur lors de tâches
posturo-cinétiques quotidiennes.
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