LA CHASSE A L’APPROCHE

GIBIERS : Chevreuil – Cerf – Sanglier – Chamois/Isard – Mouflon – Renard

MATERIEL : Arme rayée

1 – GENERALITES 1 – GENERALITES 2 – L’EQUIPEMENT 2 – L’EQUIPEMENT 3 – LA PRATIQUE DE CHASSE 3 – LA PRATIQUE DE CHASSE
(document du 04.04.2008 – mise à jour du 30.05.2011)

MICHEL BOISMARTEL
PRESIDENT DE L’ASSOCIATION DEPARTEMENTALE DES CHASSEURS DE GRAND GIBIER DU LOT ET GARONNE CONSULTANT GRAND GIBIER POUR LA FEDERATION DES CHASSEURS DU LOT ET GARONNE

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1 – GENERALITES 1 – GENERALITES

Il existe beaucoup de littérature sur la chasse à l’approche, mais il reste à chacun de s’adapter à ce type de chasse. La chasse à l’approche est le plus ancien mode de chasse traditionnel. En effet, les premiers hommes ont dû chasser à l’approche pour se nourrir. A cette époque, les hommes chassaient en petit groupe, d’abord pour un meilleur repérage du gibier, mais surtout pour transporter rapidement la venaison à dos d’homme afin de ne pas attirer les prédateurs. A cette époque aussi, les hommes chassaient à l’arc ou au javelot. De nos jours, la chasse à l’arc perdure et se développe avec du matériel très performant, mais exige toujours beaucoup de patience et bien sûr des distances plus courtes qu’avec des armes rayées. Les armes rayées sont apparues au début du siècle dernier avec des optiques de plus en plus performants, le tout avec un choix illimité. La chasse à l’approche est donc une chasse d’origine primitive, mais c’est devenu surtout une chasse de solitaire. Bien sûr, beaucoup de chasseurs citadins ont recours aux services d’un guide de chasse qui connaît bien le territoire et les lieux où les animaux sont susceptibles d’être présents. Là, je crois qu’il faut être très vigilant quant au rôle du guide, car logiquement, dans son rôle ABSOLU , il est là pour vous indiquer le parcours de chasse, et contrairement à une pratique ABSOLU courante, il ne doit pas marcher devant vous, mais derrière….. HO LA LA. Car bien sûr, c’est au chasseur de découvrir le gibier et pas au guide. Dans le cas contraire, le chasseur n’a plus qu’un rôle de tireur… A méditer… En France, la pratique de la chasse à l’approche a débuté vers la fin des années 50 (hormis les trois départements de l’Est où ce mode de chasse d’origine germanique existe depuis très très longtemps). Elle a concerné d’abord le tir du brocard en été. Puis, petit à petit, les chasseurs se sont intéressés au chamois/isard en montagne, puis au cerf dans nos grandes forêts, puis au sanglier et au mouflon, et depuis quelques années au renard, dès l’ouverture du brocard au 1er juin. Le tir du renard permet à beaucoup de chasseurs de tester leur compétence sur l’approche et le tir de précision, et en même temps, cela fait plaisir aux agriculteurs éleveurs. La chasse à l’approche est avant tout une PASSIION qui nécessite du sang froid, de l’humilité PASS ON et beaucoup de patience car il faut accepter de réaliser une approche sur un animal sans être sûr d’avoir à le tirer. La chasse à l’approche n’est pas, loin s’en faut, une simple promenade en forêt pour tirer un animal au hasard d’une rencontre. Du reste, ce qui étonne le néophyte, c’est la manière dont les animaux, d’habitude si curieux et en apparence peu méfiants quand vous êtes aux

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champignons, fuient comme des fusées dès que vous pénétrez dans ce même bois avec des ruses de sioux et une arme à la main. Depuis longtemps, la chasse à l’approche permet aussi d’effectuer ce que l’on appelle le « TIIR SELECTIIF » qui consiste à prélever en premier des animaux dit de « Récolte ». Il s’agit « T R SELECT F » d’animaux arrivés à maturité avec un trophée à son apogée, juste avant le début du ravalement ou bien avec un trophée anormal que l’on nomme « TETE BIIZARDE » , soit des animaux « TETE B ZARDE » déficients par leur taille ou leur maigreur ou bien porteurs de parasites (oestres), ou tout simplement avec des blessures diverses survenues lors de combats avec leurs congénères au moment du rut, ou bien encore avec des véhicules pendant la traversée de routes. Toutefois, il est vivement conseillé, en ce qui concerne l’état sanitaire de l’animal, d’effectuer une observation « poussée », car les animaux ont tous des standards dimensionnels et le comportement spécifique de chacun est très différent suivant les espèces. Il est donc très important pour le chasseur de bien réfléchir avant le tir.

La chasse à l’approche nécessite d’abord de bien connaître le territoire de chasse pour repérer aux jumelles les animaux. L’approche peut être très longue, suivant le temps et l’importance de la végétation. C’est seulement lorsque l’on estime être à portée de l’animal qu’il faut décider s’il y aura tir ou pas. Les animaux restent toujours assez méfiants et rusés, mais vivent avec des habitudes. Le chasseur à l’approche doit être avant tout disponible suivant les conditions météo, car en moyenne, 5 à 8 sorties sont nécessaires pour tirer un animal choisi. Le chasseur à l’approche est amené par ses différentes sorties à réaliser de nombreuses observations et à avoir des connaissances assez précises de quelques animaux, dans des endroits très différents. La chasse à l’approche est avant tout un état d’esprit qui doit être différent du point de vue de nos ancêtres, car la notion de rentabilité ne doit pas exister, sachant qu’il faudra obtenir un bracelet, sortir 5 à 8 fois sans avoir la certitude de réaliser un tir positif. Pour bien chasser à l’approche, il faut une concentration presque totale. Le but n’est pas de parcourir une très grande distance. Il faut avant tout bien observer aux jumelles devant soi avant de progresser. En effet, très souvent l’œil nu ne permet pas de distinguer à 100 m une oreille ou un bois de brocard dans l’amas d’une jeune plantation, surtout si l’animal ne bouge pas. En outre, il faut savoir que les animaux observent beaucoup l’environnement. Avant tout déplacement, ils REGARDENT et ils ECOUTENT et la moindre anomalie les inquiète. REGARDENT ECOUTENT D’autre part, il faut savoir qu’une approche est rendue plus complexe s’il y a plusieurs animaux. Il y en a toujours un plus méfiant que les autres qui observe et se charge de donner éventuellement l’alarme au moindre bruit suspect. C’est le rôle du chef de meute. En conséquence, il faut tenir compte du vent au sol (quelquefois différent des vents en altitude) et progresser à contre vent, quitte à faire un parcours plus long. Là encore, il est important de connaître le parcours des animaux : ZONE DE GAGNAGE ET ZONE DE REPOS.. ZONE DE GAGNAGE ET ZONE DE REPOS Les approches les plus intéressantes se font en général le matin à l’aube, l’idéal étant d’être en place avant le lever du soleil. Bien sûr, il faut progresser sans bruit ce qui impose un équipement vestimentaire adéquat.

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Enfin, il faut considérer que l’approche d’un animal signifie que l’on doit s’approcher suffisamment pour l’identifier correctement, ce qui veut dire que la distance de tir se situera dans la fourchette des 120/160 m, ce qui est déjà très bien. Les tirs au-delà de ces distances ne concernent plus la chasse à l’approche, mais deviennent des tirs à longue distance. Dans ce cas, il faut un entraînement différent qui correspond au tir de compétition et c’est en fait tout le contraire de « L’’APPROCHE ».. « L APPROCHE »

2 – L’EQUIPEMENT 2 – L’EQUIPEMENT

En priorité, vous devez avoir sur vous votre permis de chasser validé, un bracelet avec la délégation et le numéro de téléphone d’un conducteur de chien de sang dans le cas d’un animal blessé, voire touché mortellement et parti loin. Pour la pratique de la chasse à l’approche, l’équipement du chasseur est primordial. Des vêtements de teinte neutre, adaptés à la saison sont indispensables. On doit se rappeler que c’est plus le contraste que la couleur elle-même qui mettra l’animal en alerte.

Des chaussures étanches et confortables ainsi que des gants et un chapeau compléteront cet équipement vestimentaire.

Le chasseur à l’approche doit avoir comme souci majeur de passer le plus inaperçu possible.

Côté armement, une arme rayée de calibre standard équipée d’une optique parfaitement réglée s’impose.

Pour bien chasser, votre arme sera équipée d’une lunette à grossissement 4 minimum ; un bâton bipode ou tripode vous permettra d’effectuer un tir précis.

Une paire de jumelles est indispensable (grossissement 7 à 10). Choix illimité dans le commerce.

Il ne faut pas oublier les accessoires indispensables tels que couteaux, gants de latex, corde, lampe torche, sac pour abats et éventuellement bac pour recevoir le gibier.

Certains chasseurs à l’approche ont adopté le petit sac à dos pour tout y ranger y compris une bouteille d’eau et un petit casse-croûte. 4

3 – LA PRATIQUE DE CHASSE 3 – LA PRATIQUE DE CHASSE

L’’APPROCHE = MOUVEMENT parr llequell ON S’’AVANCE (d’après Larousse) L APPROCHE = MOUVEMENT pa eque ON S AVANCE

Au sens large, la chasse à l’approche comprend plusieurs phases. D’abord une phase de reconnaissance du territoire avec recherche des animaux, en présence récente, par la découverte de traces régulières. Ensuite une phase où le chasseur tente de se rapprocher d’un animal repéré et pas forcément identifié (vieux, jeune, mâle, femelle). Enfin, et éventuellement, la phase de tir si la décision a été prise. Dans le cas de non tir, il faudra se retirer de la zone prudemment et sans déranger les animaux. Dans tous les cas, tir ou pas, une approche réussie est celle à l’issue de laquelle l’animal ne s’est rendu compte de rien. La progression sur le terrain doit se faire face au vent et si possible avec le soleil dans le dos. La marche doit être lente et ponctuée d’arrêts de plusieurs minutes surtout en milieu boisé car la visibilité change à chaque pas. Là aussi, il faudra savoir quelquefois se « PRESSER « PRESSER LENTEMENT » . Facile à dire… LENTEMENT » Il ne faut pas hésiter à stationner plusieurs minutes pour bien observer les alentours, les taches bizarres dans la végétation, ou tout simplement une herbe qui bouge alors qu’il n’y a pas de vent. Et puis, il faut écouter. Il faut redoubler de précautions lorsque l’on s’approche de clairières ou d’espaces dégagés. Tous les animaux repérés doivent être identifiés et observés dans leur comportement pour définir éventuellement l’animal qui doit être tiré. Dans le cas où un animal a été repéré, approché et identifié et que le tir est décidé, il faut s’assurer de la distance de tir et se mettre en position de tir en vérifiant que l’animal choisi est dégagé de ses congénères. Là, il faut à nouveau se concentrer, bloquer sa respiration en ayant bien calé son arme sur un bâton ou le long d’un arbre. Le tir doit être précis dans la morphologie de l’animal qui doit être foudroyé sur place… TOUT CELA EN QUELQUES SECONDES… TOUT CELA EN QUELQUES SECONDES… La phase de tir est en principe à la portée de Monsieur Tout le Monde. C’est tout ce qui précède qui fait la différence du Chasseur à l’Approche. 5

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