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D- Notion du Confort Thermique

Le confort thermique c’est une sensation physique ou un état de satisfaction de bien-être du


corps vis-à-vis de l’environnement thermique. Pour assurer le confort thermique une personne
ne doit avoir ni trop chaud, ni trop froid et ne ressentir aucun courant d’air gênant.
Le confort thermique est une notion difficile à quantifier. Elle dépend d’un grand nombre de
paramètres thermique ayant pour but la réalisation d’un équilibre thermique adéquat entre le
corps humain et son environnement.
Les audits effectués dans les bâtiments climatisés en Afrique Tropicale font ressortir que la
part de la consommation électrique due à la climatisation se situe dans une plage de 40 à 80 %
de la consommation électrique totale du bâtiment, ce qui place ce poste au centre des actions
d’économie d’énergie.

1- Les paramètres du confort thermique :


Avant d’aller plus loin, il est nécessaire de définir les paramètres caractéristiques de
l’environnement qui peuvent, dans certaines conditions, entrainer une sensation d’inconfort.
Ces paramètres sont pour l’essentiel :
 Les températures
 L’humidité de l’air ambiant
 Les mouvements de l’air ambiant
 Le métabolisme
 L’habillement

- Températures
La température se définie comme la manifestation mesurable de la chaleur stockée. Elle est
liée à la moyenne d’énergie cinétique due au mouvement des atomes et molécules du corps.
C’est par une différence de température qu’un transfert de quantité de chaleur a lieu de la
température la plus haute vers la température la plus basse. L’unité SI de la température est le
Kelvin « K ».

- L’humidité
L’humidité de l’air peut être exprimée comme la pression de vapeur d’eau, l’humidité de l’air
à l’intérieur des bâtiments influence le corps humain de façon directe et indirecte, pouvant
provoquer l’inconfort, et la sensation de chaleur et de sécheresse des muqueuses des voies
respiratoires.
La sensation d’inconfort liée à l’humidité provient de l’importance de la transpiration qui se
fait d’autant plus difficilement que le milieu ambiant a une humidité relative plus grande. En
effet plus il y a d’humidité dans l’air, plus il est difficile d’évaporer la sueur et donc d’évacuer
la chaleur dégagée par le métabolisme.
L’inconfort n’apparait que dans des situations extrêmes :
- Soit une humidité relative inférieure à 30 %
- Soit une humidité relative supérieure à 70 %
Cette sensation d’inconfort est aussi fonction de la température ambiante Ta puisque la
puissance échangée sous la forme latente croit avec Ta.

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- Le mouvement de l’air
C’est un paramètre à prendre en considération car elle influence les échanges de chaleur par
convection et augmente l’évaporation à la surface de la peau. La vitesse de l’air influence les
échanges par convection et par évaporation.
A l’intérieur des bâtiments, on considère généralement que l’impact sur le confort des
occupants est négligeable tant que la vitesse de l’air ne dépasse pas 0,2 m/s.
Le taux de renouvellement de l’air dans un local dépend lui aussi de la vitesse du vent en
particulier quand une ventilation transversale est possible. Cependant, dans ce cas, les
occupants tentent de régler les ouvertures de façon à éviter les courants d’air.

- Le métabolisme
Le métabolisme qui est la production de chaleur interne au corps humain permettant de
maintenir celui-ci autour de 36,7°C. Un métabolisme de travail correspond à une activité
particulière s’ajoute au métabolisme de base du corps au repos.
La puissance thermique dégagée par le corps en fonction de son activité s’exprime en met où
1met=58W/m² de surface corporelle, correspondant à celle d’un homme «standard» assis au
repos.

2- Le bilan thermique
La charge thermique exprimé en [W/m²] se calcule en fonction des variables de l’ambiance
(température d’air, de rayonnement, vitesse d’air et humidité) et celles de l’individu
(métabolisme, habillement). Si celle-ci est nulle, l’individu est en situation d’équilibre
thermique. Si cet équilibre est atteint avec peu de réactions physiologiques, le corps est à la
thermo neutralité : le confort est alors possible.
Le bilan thermique entre l’homme et son environnement est établi comme suit :

Figure 1 : Différents échanges de chaleur entre l’Homme et son environnement

𝑆 = (𝑀 − 𝑊) − (𝐸𝑣𝑎𝑝 + 𝑅𝑒𝑠𝑝 + 𝐾 + 𝐶 + 𝑅)

- S : la charge thermique calculée en fonction des variables de l’ambiance (température


d’air, de rayonnement, vitesse d’air et humidité) et celles de l’individu (métabolisme,
habillement);
- M : l’énergie reliée au métabolisme ;
- W : le travail mécanique extérieur fourni par le corps, généralement égal à zéro ;

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- Evap : l’énergie reliée à l’évaporation cutanée (échange de chaleur latente dû à
l’évaporation de l’eau à la surface de la peau) ;
- Resp : les échanges de chaleur par voie respiratoire ;
- C : l’énergie d’échange par convection ;
- K : l’énergie d’échange par conduction ;
- R : perte par rayonnement.

3- Les indices de confort


On distingue plusieurs types d’indices de confort. Parmi ceux-ci nous pouvons citer le PMV
(Indice de Vote Moyen Prévisible) et le PPD (Pourcentage Prévu D’insatisfaits)

- PMV (Indice de Vote Moyen Prévisible)


En écrivant le bilan thermique, l’indice PMV décrit la sensation thermique en fonction de
l’écart du flux de chaleur cédé par le corps à l’environnement par rapport à celui qui
correspondent aux conditions de confort.
L’indice PMV donne l’avis moyen d’un groupe important de personnes (plus de 1000)
exprimeraient un vote de sensation de confort thermique en se référant à l’échelle subjective
comportant 7 points de « très chaud » à « très froid » :
Une valeur de PMV de zéro exprime une sensation de confort thermique optimale.
Une valeur de PMV négative signifie que la température est plus basse que la température
idéale.
Une valeur de PMV positive signale que la température est plus élevée que la température
idéale. On considère que la zone de confort thermique s’étale de la sensation de légère
fraicheur (-1) à la sensation de légère chaleur (+1), soit de -1 à +1.

Tableau 1 : Correspondances entre PMV et échelle des sensations thermique


PMV Sensation thermique
+3 Chaud
+2 Tiède
+1 Légèrement Tiède
0 Neutre
-1 Légèrement frais
-2 Frais
-3 Froid
L’équation de Fanger, telle que présentée dans la norme internationale EN ISO 7730, est
donnée ci-dessous. Dans cette équation, toutes les variables sont exprimées en unités SI :

𝑃𝑀𝑉 =∝ [(𝑀 − 𝑉) − 𝐸 −𝐸 −𝐸 −𝐶 − 𝐶 − 𝑅] (1)

Avec :
∝= 0,303 exp(−0,036𝑥𝑀) (2)

M : Activité métabolique par m2 de la peau (W.m-2)

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W : Travail spécifique par m2 de la peau (W.m-2)
Cresp : Echanges au niveau des voies respiratoires par convection (W.m-2)
Eresp : Echanges au niveau des voies respiratoires par évaporation (W.m-2)
C : Echange au niveau de la peau par convection (W.m-2)
R : Echange au niveau de la peau par rayonnement (W.m-2)
Ediff : Diffusion de chaleur évaporation par la peau (W.m-2)
Econf : Part d’évapore – transpiration qui apparait durant une phase de confort (W.m-2)
Le travail spécifique peut s’exprimer par le rendement mécanique η fois l’activité
métabolique M.
𝑊 = 𝜂. 𝑀 (3)

𝐸 = 17.46((𝑀 − 𝑊)−)𝑃 ) (4)

Pa : pression de vapeur d’eau dans l’air (kpa)


𝐸 = 0,42(𝑀 − 𝑊 − 58,12) (5)

𝐸 = 0,0173. 𝑀(5867 − 𝑃 ) (6)

𝐶 = 0,0014. 𝑀(34 − 𝑇 ) (7)

𝐶 = ℎ .𝐹 (𝑇 − 𝑇 ) (8)
2
hc : coefficient d’échange par évaporation (W.m .kpa)
fclC : facteur de réduction des échanges évaporation par le vêtement.
Tsk : température de la surface de la peau (°C)
Ta : Température de l’air inspiré (°C)
ℎ . 𝐴𝑅 (9)
𝑅=
𝐴𝐷. 𝐹 . (𝑇 − 𝑇 )
Avec
hr: coefficient d’échange par rayonnement (W.m-2.°C)
AR : Facteur de réduction des échanges par rayonnement due aux vêtements
FclR : Facteur de réduction des échanges par rayonnement due aux vêtements
Tsk : Température moyenne de la peau (°C)
Tr : Température moyenne de rayonnement (°C)
Tableau 2 : Valeurs métabolisme
Activité M (W/m2)
Sommeil 41
Repos assis 58
Repos debout 70
Marche 5 km/h 160
Travail physique léger 120
Travail physique lourd 250
Sport 250 à 400

Le rendement dépend essentiellement des types d’activités physiques.

- PPD (Pourcentage Prévu des Insatisfaits)


La sensation thermique n’étant pas suffisante pour exprimer le confort, FANGER a proposé
un autre indice qui complète le PMV, le « PPD » (Pourcentage Prévu Des Insatisfaits).

𝑃𝑃𝐷 = 1 − 0,95( . , ) (10)

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Les indices PPD et PMV sont liés par une relation dont il ressort qu’aucune condition
thermique ne peut satisfaire 100% des individus et que dans le cas le plus favorable il subsiste
5 % d’insatisfaits
90
80 x x
70
60
50
40
PPD (%)

30
x x
20
10 x x
x
0
-2,5 -2 -1,5 -1 -0,5 0 0,5 1 1,5 2 2,5
PMV

Figure 2 : Courbe de PPD en fonction de PMV

La figure ci-dessous montre qu’avec un PMV nul, on arrive à satisfaire le 95% de la


population, soit un état de confort thermique optimal, il y a encore 5% d’insatisfaits.
Généralement, on se contente de satisfaire le 90% des gens (ce qui est généralement l’objectif
à atteindre dans un bâtiment), ce qui veut dire que l’on accepte des valeurs du PMV comprise
entre -0,5 et +0,5.
Un PMV de -1 ou +1, entraine un indice d’insatisfaction de la population (PPD) de près de
25%.
On peut représenter à travers la figure suivante la courbe PPD en fonction de la température
de l’air pour des groupes de personnes occupés soit à des travaux sédentaires (assis), soit des
travaux légers, les autres paramètres étant constants.

Figure 3 : Courbe PPD en fonction de la température de l’air

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4- Les Diagrammes Bioclimatiques
Les diagrammes bioclimatiques sont des outils de synthèse qui permettent de choisir les
grandes options architecturales à partir des exigences du confort thermique et des profils du
climat. Le principe consiste à confronter sur un même graphique, « un polygone de confort »,
représentant les conditions extérieures et l’aire d’influence thermique et hygrométrique de
certaines solutions architecturales ou de certains dispositifs. Parmi les outils les plus connus
dans ce domaine on peut citer le diagramme bioclimatique d’Olga (Olgyay, 1963), celui de
DeGivoni.

Figure 4 : Diagramme bioclimatique

Les zones sur le diagramme traduisent ce qui suit :


1. Zone à éviter vis-à-vis des problèmes de sècheresse.
2. Zone à éviter vis-à-vis des développements de bactéries et de microchampignons.
3. Zone à éviter vis-à-vis des développements d’acariens.
4. Polygone de confort hygrothermique.

5- L'inconfort thermique :
L'inconfort thermique peut être causé par un refroidissement ou un réchauffement local non
désiré du corps. Les causes d'inconfort local les plus courantes sont :
 l'absence de chaleur rayonnante comme celle du soleil ou d'un poêle ou d'un mur chaud ;
 l'asymétrie horizontale de température ;
 l'hétérogénéité verticale de la température ;
 la vitesse de l'air (les courants d'air) ;
 l'humidité de l'air (trop sec ou trop humide).

Ce sont essentiellement les paramètres liés à la température qui sont au cœur des
préoccupations de ce qui suit.

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E- Les déperditions thermiques dans un bâtiment
Un échange de chaleur se produit entre deux milieux lorsqu’il existe une différence de
température entre ces deux milieux.
L’« enveloppe thermique » d’un bâtiment est la surface qui sépare le volume intérieur chauffé
du bâtiment de l’environnement extérieur. Déterminer les déperditions thermiques d’un
bâtiment revient à calculer les flux thermique additionnés qui traversent ces parois.

Figure 1 : Déperdition d’un bâtiment


1) Déperdition thermique d’une paroi
Le flux thermique passant à travers la paroi s’obtient par la formule :
𝛷 = 𝑈. 𝛥𝑇 . 𝑆

Avec :
𝛷 : Flux thermique en W ;

U : coefficient de transmission thermique de la paroi en W/K.m² ;


ΔT : la différence de température entre les deux faces de la paroi ;
S : surface de la paroi en m².
Vérification dimensionnelle :
𝑈 ∗ 𝛥𝑇 ∗ 𝑆 = [𝑊/𝐾. 𝑚²] ∗ [𝐾] ∗ [𝑚²] = 𝑊

Une maison parallélépipédique est définie par 6 parois : 4 façades, 1 toit, 1 sol.
Si on connaît la composition de chaque façade, on peut calcul la déperdition thermique de la
pièce comme la somme des 6 flux thermiques :
𝛷𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 = 𝛷𝑚𝑢𝑟𝑠 + 𝛷𝑡𝑜𝑖𝑡 + 𝛷𝑝𝑙𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒𝑟

Pour les murs :


 Le mur transmet la chaleur par conduction dans son épaisseur entre l’intérieur et
l’extérieur du bâtiment.
 Le vent accélère l’échange thermique à la surface extérieure du mur par convection.

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 Le Soleil chauffe le mur par rayonnement.
 Le mur chaud rayonne aussi la nuit vers le ciel.

Pour la toiture :
Le Soleil réchauffe le toit par rayonnement.
La chaleur du Soleil est transmise à travers le toit au reste du bâtiment.
Le vent refroidit le toit avec un vent frais.
Pour le plancher
 La chaleur est échangée entre le bâtiment et le sol à travers l’épaisseur de la dalle
par conduction.
 Les échanges convectifs n’interviennent que si la dalle est située sur un vide sanitaire
ventilé.
 Il n’y a pas d’échange par rayonnement.

Pour les fenêtres


 La vitre transmet la chaleur par conduction dans son épaisseur entre l’intérieur et
l’extérieur du bâtiment.
 Le vent refroidit la vitre par convection.
 Le Soleil chauffe l’intérieur de la pièce à travers la surface transparente.
 L’intérieur de la pièce lui-même perd une partie de son énergie par rayonnement vers
l’extérieur. Mais la vitre bloque une grande partie du rayonnement infrarouge émis
(principe de l’effet de serre).

2) La déperdition thermique par renouvellement d’air


Pour déterminer ces pertes, il faut identifier le type de ventilation et le débit extrait.
La ventilation peut être naturelle ou mécanique contrôlée (VMC). Dans ce dernier cas, elle
peut être simple flux, double flux ou thermodynamique. La ventilation peut aussi être assurée
par une Centrale de Traitements d'Air qui assure les conditions intérieures en hiver comme en
été.
𝜙 = 034. 𝑄 é . (𝑇𝑖 − 𝑇𝑒) 𝑒𝑛 (𝑊)

Avec :
 Qrég = débit réglementaire total du logement en 𝑚 /ℎ (valeur dans réglementation
thermique). Généralement Q est compris entre0,5 𝑒𝑡 2 𝑚 /ℎ.

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F- LE CALCUL SIMPLIFIE DU BILAN THERMIQUE
1- Charges externes

a) Apport de chaleur par transmission à travers les parois extérieures (murs, toit,
plafond et plancher) et les vitrages.

𝑄 = 𝑈. 𝑆 . ∆𝜃

 S = surface de la paroi ou de la fenêtre considérée (surface totale de la baie correspondant à


la réservation dans le mur) [m²]
 U = coefficient de transmission thermique de la paroi ou du vitrage considéré en [𝑊/𝑚²°𝐶]
(tableau 1.9)

 ∆𝜃 = écart de température entre les deux faces de la paroi (extérieur – intérieur) [°C]

b) Apport de chaleur par rayonnement solaire à travers les parois

La quantité de chaleur traversant le mur [𝑄 ] :


𝑄 = 𝛼 .𝐹 .𝑆 .𝑅

 α = coefficient d’absorption de la paroi recevant le rayonnement


 S = surface des parois en m²
 F = facteur de rayonnement solaire
 𝑅 = rayonnement solaire absorbé sur la surface du mur en W/m²

Le coefficient d’absorption «𝛼» dépend de la couleur et de la nature du mur (tableau 1.11)

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Le facteur de rayonnement «F» indique la part de chaleur absorbée par la surface et transmise
à travers le mur du local (tableau 1.12).

La valeur du rayonnement solaire «𝑅 » sur un mur (tableau 1.14 colonne m) dépend :


- De la latitude sous laquelle le local se trouve,
- De l’orientation du mur,
- De l’heure pour laquelle le calcul sera effectué.

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c) Apport de chaleur par rayonnement solaire sur les vitrages

La quantité de chaleur traversant le vitrage (𝑄 ) :


𝑄 = 𝛼 . 𝑔 . 𝑆 . 𝑅 [𝑊]

• α = coefficient d’absorption du vitrage (tableau 1.11)


• g = facteur de réduction (tableau 1.13) est fonction du mode de protection de la
fenêtre contre le rayonnement solaire

• S = surface vitrée (m²)


• 𝑅 = intensité du rayonnement solaire sur les vitrages W/m² ; elle est définie de la
même manière que 𝑅 et est donnée par le même tableau 1.14 dans la colonne
«v».
d) Apport de chaleur par renouvellement d’air et infiltration

Le renouvellement d’air dans un local climatisé est nécessaire pour des problèmes
hygiéniques. Il se fait en règle générale par la ventilation (naturelle ou mécanique) des locaux
ainsi que par infiltration, introduisant de l’air extérieur dans le local climatisé. Il est source
d’apport de chaleur sensible et latent dans le local à conditionner.
Gains sensibles par renouvellement d’air :
𝑄 = 𝑞 . (𝜃𝑒 − 𝜃 𝑖). 0,34 [𝑊]

Gains latents par renouvellement d’air : 𝑄 = 𝑞 . (𝜔𝑒 − 𝜔𝑖) . 0,84 [𝑊]

 𝑞 = débit d’air extérieur de renouvellement [𝑚 /ℎ]


Si la ventilation est naturelle, on peut considérer que le renouvellement d’air est égal à
un volume de la pièce par heure (1vol/h),
Si la ventilation est mécanique, on relèvera les valeurs dans le tableau 1.15
 θe = température extérieure de base

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 θi = température intérieure de base
 ωe = teneur en eau de l’air extérieur g/kg air sec
 ωi = teneur en eau de l’air intérieur g/kg air sec

2- Charges internes
a) Apport de chaleur par les occupants

Elle est donnée en fonction de la température intérieure et du degré d’activités.


On distingue deux sortes de gains générés par les occupants :
Gains sensibles occupants :
𝑄 = 𝑛. 𝐶 [𝑊]

Gains latents occupants :


𝑄 = 𝑛 .𝐶 [𝑊]

 n = nombre d’occupants
 𝐶 = chaleur sensible des occupants (W) ; (tableau 1.16)
 𝐶 = chaleur latente des occupants (W) ; (tableau 1.16)

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Les valeurs de la table 1.16 sont valables pour un homme adulte. On devra minorer les valeurs
de ce tableau par les coefficients suivants :
- . Pour les femmes : -20%
- . Pour les enfants : -20 à -40%
- . Pour un public mixte : -10%

b) Apport de chaleur par l’éclairage

Il constitue une source de chaleur sensible et dépend du type de lampe (tableau 1.17) :
Lampe fluorescente
𝑄 = 1,25 𝑃 [𝑊]

Lampe incandescente
𝑄 = 𝑃 [𝑊]

P = puissance de la lampe [W]

Dans le cas de la lampe fluorescente, les 25% supplémentaires représentent la chaleur


dégagée par le ballast électromagnétique.
c) Apport de chaleur par les machines et appareillages

La plupart des appareils constituent à la fois une source de chaleur sensible et latente. Le
tableau 1.18 donne les apports de chaleur par les machines et appareillages (𝑄 é ).

Les valeurs de ces tables ont été déterminées d’après les indications de divers fabricants.
On doit minorer les apports de ces machines et appareillages (par un coefficient de
pondération) en fonction de leurs durées de fonctionnement. On ne considère par exemple
qu’un appareil ne fonctionnant qu’une demi-heure par heure dégage la moitié de sa puissance
électrique nominale en apport de chaleur.

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Le bilan thermique total (𝑄 ) est la somme de toutes les charges externes et internes. Il est
plus pratique de faire la somme des charges sensibles (𝑄 ) et latentes (𝑄 ). D’où :
(𝑄 ) = (𝑄 ) + (𝑄 )

- Charges sensibles totales


Ce sont les apports de chaleur sensible dans le local, dus à la différence de température entre
l’intérieur et l’extérieur ; on a :
(𝑄 ) = 𝑄 + 𝑄 + 𝑄 + 𝑄 + 𝑄 + 𝑄 é + 𝑄 é

- Charges latentes totales


Ce sont les apports de chaleur latente dus à la différence de quantité de vapeur d’eau contenue
dans l’air extérieur et intérieur.
𝑄 = 𝑄 + 𝑄 + 𝑄 é

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G- Les règlementations thermiques
Les règlementations thermiques sont différentes directives de constructions applicable sur
tous les bâtiments neuf et, dans le cas de rénovation, sur les bâtiments existants. La
réglementation thermique fixe une limite maximale à la consommation énergétique des
bâtiments neufs ou rénovés.
Cette réglementation concerne notamment le chauffage, la ventilation, la climatisation, la
production d’eau chaude sanitaire et l’éclairage des bâtiments. La réglementation thermique
ou RT est une obligation constructive qui s’applique à tous les permis de construire depuis
1974.
1- La réglementation thermique (RT) 2000
La « RT2000 », décrite par le décret modifiant le code de la construction et de l’habitation de
29 novembre 2000, et l’arrêté de la même date, complétés par l’arrêté du 1erdécembre 2000.
Elle s’applique à tous les bâtiments neufs, résidentiel comme non résidentiel, et impose le
respect simultané de 3 conditions
1) Un niveau de consommation énergétique de référence (Cref) à ne pas dépasser
C ≤ Cref (règleth-C)
En prenant compte :
- Le chauffage ;
- La ventilation ;
- La climatisation ;
- La production d’eau chaude sanitaire ;
- L’éclairage des locaux (en non résidentiel).
2) Une température intérieure d’été de référence à ne pas dépasser (en cas de non
climatisation)
Tic ≤ Tic ref (règleth-E)
3) Des performances minimales par l’isolation thermique des parois et pas baies, par les
équipements de chauffage, de ventilation, d’eau chaude sanitaire, de climatisation,
d’éclairage et des protections solaires.
Ubat < 1,3 Ubatref

(Coefficient moyen de déperditions par les parois et baies)


(Règle th-bat) condition uniquement obligatoire pour les logements.
2- La réglementation thermique (RT2005)
La RT 2005 s’inscrit dans la continuité de la RT 2000. Elle en prend la structure
règlementaire ainsi que les principes qui permettent au maitre d’ouvrage de choisir la solution
la plus économique pour atteindre la performance exigée. Celui-ci dispose ainsi de deux

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modalités d’action pour faire respect les exigences introduites par la RT 2000 et renforcé par
la RT 2005.
La RT 2005 introduite également une limite supérieure de consommation pour les logements.
La consommation d’énergie de ces bâtiments pour le chauffage, le refroidissement et l’eau
sanitaire doit en effet être inférieure à une valeur limite qui dépend du type de chauffage et du
climat.
Des performances minimales sont requises pour une série de composants (isolation,
ventilation, système de chauffage,…). Introduites par la RT 2000, ces performances
minimales ont été renforcées par la RT 2005, notamment au niveau des déperditions par les
ponts thermiques.
3- La réglementation thermique (RT2012)
Réglementation française née du Grenelle de l’environnement et succédant à la RT 2005, la
RT 2012 vise à l’amélioration de la performance énergétique des logements neufs et concerne
les édifices résidentiels ou tertiaires.
Applicable depuis le 1er janvier 2013, elle se doit de réduire par trois les niveaux de
consommation fixés préalablement par la réglementation thermique 2005. En clair, cela
signifie que les bâtiments doivent afficher une consommation en énergie primaire inférieur à
50 kWh/m2/an, contre les 150 kWh/m2/an exigés par la RT 2005.

Figure : Exemple de comparaison entre les réglementations thermiques


4- Principes Généraux des exigences de performance
Des exigences de performance :
- Besoin bioclimatique conventionnel Bbio ≤ Bbiomax
- Consommation conventionnelle d’énergie Cep≤Cepmax
- Confort d’été Tic ≤Ticref

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Des exigences de moyens :
- Perméabilité à l’air
- Traitement des ponts thermiques
- Comptage de l’energie
L’indicateur Bbio ou Besoin bioclimatique exprime la capacité d’une construction à utiliser le
moins d’énergie possible pour assurer voire augmenter le confort de vie de ses occupants (le
bioclimatique est de retour !).
Le Bbio prend en compte les consommations de Chauffage, Climatisation et Eclairage. On
doit avoir Bbio≤Bbiomax
L’indicateur Cep (pour consommation en énergie primaire) s’exprime en
kWhEP/m2SHONRT/an
Tient compte de 5 postes: Chauffage, Refroidissement, Eau chaude sanitaire, Eclairage,
Auxiliaires de ventilation !.
Le calcul se fait sur des scénarios conventionnels (donc non réelles) au pas horaire sur une
année entière.
Le respect de la Tic (température intérieure conventionnelle) permet d’assurer l’exigence de
confort d’été.
La Tic est la température maximale atteinte au cours des 5 jours les plus chaud de l’année.
On doit avoir Tic≤Ticref
NB : En cours de refonte avec l’introduction de la DIES (Durée d'Inconfort d'Eté Statistique)

5- Efficacité énergétique de bâtiment


L’amélioration de l’efficacité énergétique passe aussi par les bâtiments. En fait, les bâtiments
sont responsables de presque 40 % de la consommation d’énergie et de 36 % des émissions de
CO2 dans les 27 États membres de l’UE.
C’est pourquoi une classification énergétique des bâtiments a été mise en place, comme pour
les appareils ! Le principe est le même que celui de l’étiquette-énergie et s’appelle diagnostic
de performance énergétique (DPE). Le DPE est obligatoire pour tous les bâtiments loués,
vendus ou mentionnés dans une annonce. Les bâtiments neufs (ou les bâtiments anciens
faisant l’objet d’importantes rénovations) doivent, quant à eux, respecter les critères de
performance énergétique en vigueur. En outre, à partir de 2020, tous les bâtiments neufs de
l’UE devraient être des bâtiments avec une consommation d’énergie quasi nulle !
Vous avez sûrement beaucoup entendu cette expression dernièrement. En général, elle
désigne le fait d’utiliser moins d’énergie qu’avant pour fournir des services énergétiques
équivalents. Nos activités quotidiennes sont très énergivores, qu’il s’agisse de chauffer ou

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refroidir dans les bâtiments, ou encore d’utiliser des appareils et des services électriques.
L’étiquetage énergétique est une mesure permettant de déterminer l’efficacité énergétique des
appareils, du matériel ou des bâtiments.
Prenons l’exemple de l’éclairage dans votre maison. Jusqu’à il y a quelques années, les
lampes à incandescence étaient la norme. Toutefois, l’utilisation de nouvelles technologies,
comme les lampes fluorescentes ou les LED, permet désormais de fournir la même puissance
d’éclairage tout en réduisant de manière considérable la consommation d’énergie ! L’Union
européenne est même allée plus loin en interdisant les vieilles ampoules à incandescence
(>100 W) !
Il en va de même pour le matériel électrique que nous utilisons au quotidien. En choisissant
des appareils mieux conçus, nous pouvons augmenter notre efficacité énergétique, protéger
l’environnement et économiser de l’argent !

- Pourquoi l’efficacité énergétique est-elle nécessaire ?


En augmentant l’efficacité énergétique, nous utilisons moins d’énergie et nous réduisons du
même coup les émissions de gaz à effet de serre, protégeant ainsi l’environnement. La
sécurité de l’approvisionnement en énergie s’en trouve également renforcée. Et n’oublions
pas qu’en adoptant des solutions favorisant l’efficacité énergétique, nous dépensons moins
d’argent pour l’énergie !

- Quelle est la situation actuelle ?


L’énergie est responsable de presque 80 % des émissions de gaz à effet de serre. Comme il l’a
été prouvé il y a dix ans, le potentiel d’amélioration de l’efficacité énergétique en UE est très
élevé et relativement peu exploité. On estime que le recours à l’efficacité énergétique
permettrait d’économiser 150 milliards d’euros par an !
C’est de là qu’est née la stratégie 20/20/20 qui prévoit, d’ici 2020, une réduction de 20 % des
gaz à effet de serre, l’augmentation de la place des énergies renouvelables à 20 % et une
réduction de la consommation d’énergie de 20 %.

- Outils et politiques pour renforcer l’efficacité énergétique


Bien que l’importance de l’efficacité énergétique soit largement reconnue, beaucoup reste à
faire pour diffuser les solutions permettant d’y parvenir. Des stratégies, des politiques et des
directives ont été introduites ou publiées pour renforcer l’efficacité énergétique.

- L’étiquette-énergie
Il y a encore quelques années, les consommateurs ne pouvaient pas connaître la quantité
d’énergie consommée par le matériel qu’ils comptaient acheter. Afin de les influencer dans
leur choix, la Commission européenne a mis en place un programme d’étiquetage énergétique
pour chaque produit1. L’étiquette indique le classement du produit en fonction de son
efficacité énergétique sur une échelle allant de A (efficacité énergétique maximale) à G. De
nouvelles classes ont été ajoutées récemment à la classe A (A+ / A++ / A+++) pour refléter
les progrès dans l’efficacité des produits.
Tous les appareils vendus en UE doivent posséder une étiquette-énergie clairement affichée
sur chaque produit en magasin.

- Le label écologique
Même si un produit ou un service est efficace énergétiquement, on ne peut pas le considérer
comme écologique sans analyser son cycle de vie complet. L’UE a donc inventé le

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programme label écologique afin d’aider les consommateurs à identifier ces produits ou
services. Le label écologique est un programme volontaire, reconnaissable au logo en forme
de fleur présent sur les produits et les matériels publicitaires qui répondent à une liste de
critères prédéfinis. Ces critères garantissent que le produit ou service est l’un des plus
écologiques de son secteur.

- L’écoconception
Les critères de l’écoconception sont un autre outil permettant d’améliorer l’efficacité
énergétique.
Une directive oblige ainsi tous les produits circulant dans l’Union européenne à respecter
certains critères liés à leur impact sur l’environnement. Ces critères permettent de mesurer
l’impact sur l’environnement d’un produit en rapport avec l’énergie pendant son cycle de vie
(conception, production, distribution et traitement final).

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