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Lettre ouverte

LES VILLES FONT PARTIE DES SOLUTIONS, MONSIEUR CHARETTE

Quand je lis qu’il est « Impossible d’en faire plus », et que ces paroles viennent du ministre de
l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, soit celui qui
devrait nous inspirer à nous transformer, ça m’inquiète…. grandement. La publication du plus
récent rapport du GIEC, pourtant, est un coup de semonce que le monde ne peut plus ignorer.
Alors que le Québec avait pris l’engagement de réduire ses gaz à effet de serre de 37,5 % d’ici
2030, voilà qu’ils ont augmenté, en 2019, de 1,5 % 1. C’est de plus en plus clair : le chemin qui nous
entraîne vers un monde de moins en moins habitable prend la forme d’une pente de plus en plus
abrupte. Nous avons déjà un aperçu alarmant des conséquences : inondations, période de
sécheresse et de canicule, accroissement de la gravité des tempêtes, augmentation des
infestations d’insectes nuisibles, augmentation de l’érosion, etc.

Nous ne pouvons plus être à la traîne. Nous avons toutes et tous une responsabilité à assumer la
présente crise, et si certains paliers gouvernementaux ne souhaitent pas le faire, qu’ils donnent
plus de pouvoirs à d’autres afin qu’ils innovent en la matière.

Dans ce combat contre la menace climatique, les gouvernements de proximité que sont les
municipalités du Québec doivent jouer un rôle primordial. Et monsieur Charette, savez-vous quoi
? Les Villes veulent en faire plus. Comment ? En aménageant chaque territoire de manière à
protéger les milieux naturels ainsi que les terres agricoles, tout en limitant l’étalement urbain. En
densifiant chaque milieu de vie. En déployant des services de transport collectif accessible à
l’ensemble des citoyens. En concevant autrement nos infrastructures et nos bâtiments
municipaux, notamment. Nous sommes face à un mur étant donné la façon dont nous nous
sommes développés dans les dernières décennies. Force est d’admettre que nous devons nous
transformer rapidement. Moi qui suis une adepte des petits pas, je suis consciente que ce ne sera
pas suffisant.

1
Source : ministère de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques
Un enjeu persiste, et il y a longtemps déjà que nos unions municipales le crient haut et fort… notre
mode fiscal est complètement désuet. À Nicolet, c’est 87 % de nos revenus qui proviennent de
l’impôt foncier. La principale conséquence de cette façon de financer les municipalités? Opposer,
encore et toujours, la préservation de l’environnement au développement économique. En ce
moment, pour qu’une Ville crée de la richesse, elle doit construire, bâtir, construire, bâtir, sans
fin… Et malheureusement, parfois, il peut arriver que ces deux paradigmes ne soient pas
conciliables. On ferme alors les yeux, ce qui a comme conséquence que nous nous dirigeons,
aveuglément, vers la décision qui nous apparait comme étant la moins mauvaise.

C’est pour cette raison qu’il faut se concerter et agir rapidement afin de changer le mode de
financement des municipalités, en plus de décentraliser le pouvoir vers les celles-ci, d’augmenter
les transferts de fonds et de bonifier les programmes gouvernementaux qui touchent le
développement durable. Monsieur Charette, si les Villes ont les moyens de leurs ambitions, elles
trouveront les solutions pour réduire les gaz à effet de serre du Québec. D’ici là, tenons compte
des particularités des différents territoires afin d’éviter le mur à mur et pour assurer une véritable
occupation du territoire. Pérennisons l’aide financière à la protection et à la mise en valeur du
patrimoine. Saisissons l’opportunité collective qui nous est offerte en accélérant la mise en œuvre
de notre économie circulaire, en innovant en matière de mobilité, d’infrastructures, d’économies
locales, de gestion des matières résiduelles, de biodiversité, de santé et de bien-être, d’urbanisme
et d’énergie renouvelable.

Les solutions sont là. Concertons-nous pour les mettre en œuvre rapidement et efficacement. Nos
citoyennes et citoyens s’attendent à ce que l’on agisse, pas à ce que l’on dise que ce n’est plus
possible. Notre population est sensible et informée, et est prête à ce changement de paradigme.

Monsieur Legault, Monsieur Charette, les municipalités vous tendent la main, et vous disent que
la meilleure façon de ne pas laisser notre monde devenir inhabitable, c’est d’agir ensemble.

Geneviève Dubois
Mairesse de Nicolet
Préfète de la MRC Nicolet-Yamaska

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