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Can DENİZCİ, maître de conférences adjoint

CHAPITRE 3 : GÉNÉRALITÉS SUR L’ANALYSE DU DISCOURS


1. Quelques considérations sur le domaine
L’analyse du discours vise à attribuer une signification/comprendre les textes oraux ou écrits. Par l’intermédiaire de
l’analyse du discours, on tente d’interpréter le contenu d’un texte oral/écrit (une conversation, un article de journal, un
paragraphe, un roman, etc.) tout en prenant en considération la situation de communication dans laquelle ce texte
est produit et l’intention du locuteur/de l’auteur suivant laquelle le contenu linguistique/le message est formulé dans
une visée communicative prédéterminée.
L’analyse du discours ne constitue pas une discipline homogène ; elle est issue de divers domaines d’étude comme
l’ethnographie de la communication, la pragmatique (surtout la théorie des actes de langage), l’analyse
conversationnelle/l’interaction verbale, la linguistique textuelle, l’énonciation, l’École française d’analyse du discours,
etc. Comme elle se trouve à la croisée de nombreux domaines d’étude, elle retrouve un vaste champ d’applications.
L’analyse de discours prend comme point de départ la dichotomie de Saussure entre la langue (entendue en
linguistique traditionnelle comme les langues naturelles à double articulation, qui assurent la communication dans une
communauté sociolinguistique en fonction d’un code linguistique commun, comme le turc, le français, l’anglais, etc.) et
la parole (utilisation de la langue au niveau individuel dans une situation de communication réelle). Ainsi, dotée d’un
caractère social, la langue est conçue par Joseph Courtés dans un sens plus restrictif comme un ensemble de règles
d’organisation sous-jacentes au sein d’un code linguistique donné.
L’analyse du discours a évidemment pour objet la notion de discours qui a remplacé au fur et à mesure la dichotomie
entre langue-parole surtout à la suite des travaux d’Émile Benveniste sur l’énonciation définie comme la mise en
discours d’une langue. Le discours relève de l’usage réel du langage et de la langue ; en d’autres termes, un locuteur
pourvu de la faculté de langage utilise/manipule une langue naturelle dans une situation de communication réelle
suivant une intention de communication.
En 1943, le terme de discours apparaît nommément chez Gustave Guillaume (un linguiste français) dans sa
Psychomécanique du langage et en 1952, Zellig Sabbettai Harris (un linguiste américain) étiquette le terme d’analyse du
discours pour la première fois dans les cercles linguistiques américains pour renvoyer aux analyses des structures
linguistiques qui dépassent les limites de la notion de phrase. Surtout à partir des années 1960, on voit proliférer le
domaine d’analyse du discours, où la tendance anglo-saxonne met en relief l’aspect cognitif de l’analyse de la langue,
les aspects sociaux de l’usage de la langue et la théorie des actes de langage tout en s’inspirant du pragmatisme
américain, tandis que la tendance française s’inspire tout d’abord de la psychologie et de l’idéologie marxiste pour
évoluer/s’orienter par la suite vers l’analyse de l’énonciation et la pragmatique. Il convient toutefois de souligner que

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grâce aux travaux de l’ethnographie de la communication, l’analyse du discours s’intéresse actuellement aussi aux
éléments non verbaux (gestes, mimiques, regard, posture, etc.) comme partie intégrante de la formation du discours.
2. Délimitation du domaine

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