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Section1.

C’est quoi une bourse :

La Bourse appartient au marché financier qui est qualifié comme un marché des capitaux à long
terme où se négocient des titres financiers, appelés aussi valeurs mobilières. Ces derniers sont un
ensemble de titres émis par une personne morale qui soit publique ou privée, et qui confèrent des
droits identiques à leurs détenteurs et donnent accès, d’une manière directe ou indirecte, à une
quotité du capital de la personne morale émettrice ou à un droit de créance général sur son
patrimoine.
Il existe trois types de valeurs mobilières :
– les actions : une action est un titre de propriété d’une fraction du capital d’une société cotée en
Bourse. ;
– les obligations est un titre de créance correspondant à une fraction de la dette d'une entreprise
ou d'un État, elles peuvent verser des coupons ;
– les titres hybrides (valeurs à caractéristiques actions et obligations).
Le rôle macroéconomique de la Bourse s’étudie au travers de deux compartiments qui existent
quelle que soit la place financière et quel que soit le marché de cotation : marché primaire, c’est
le marché des titres neufs qui sont proposés pour la première fois en bourse, et marché
secondaire, le marché des titres « d’occasion » c’est à dire titres antérieurement émis.

Section2. L’historique du marché boursier au Maroc.

Le visage des bourses de valeurs a profondément changé au cours des quarante dernières années.
Traditionnellement perçues comme de vénérables institutions chargées de veiller au bon
déroulement des transactions boursières, elles sont désormais soumises à un impératif de
compétitivité vis-à-vis de prestataires concurrents

Rappelons que le Maroc a institué une bourse sous forme d'établissement public doté de la
personnalité juridique et de l'autonomie financière de puis 1966, après qu'elle ait fonctionné avant
l'indépendance sous l'appellation d'office de cotation des valeurs mobilières. De même que pour
permettre une large diffusion de titres dans le public, et ne pas limiter l'accès du marché aux seuls
intervenants institutionnels, il fut crée la même année, une société nationale d'investissement
(SNI) dont l'objet était d'élargir le marché boursier par des émissions diverses.
Paragraphe1. La décennie 70, Une phase oisive du marché boursier.

L'examen du chiffre d'affaires de la bourse révèle sa faiblesse et sa très lente progression, ce qui
exprime sa place marginale dans le financement de l'économie malgré les voeux des plans, ce
chiffre d'affaires a certes connu quelques améliorations à l'occasion des opérations de
marocanisation consécutives au Dahir de 1973, à titre indicatif, le chiffre d'affaires en 1975
atteint son niveau record avec un montant de 212 millions de dirhams, mais il s'est dégradé
fortement jusqu'aux années 80 où l'introduction à la cote des emprunts nationaux lui a apporté
quelque vigueur.

Quoi qu'il en soit lorsqu'on rapporte le chiffre d'affaire total de la bourse au volume de la
formation brute du capital fixe (F.B.C.F), on relève l'extrême modestie de la contribution de cette
institution au financement de l'investissement au Maroc (2,65%).

Paragraphe2. La décennie 80, une phase de transition.

Depuis 1983, les transactions se sont affermées en hausse grâce à l'introduction à la cote officielle
de deux emprunts d'Etat à 3 ans, et aux mesures d'incitation fiscale de la loi de finance de 1983,
qui a supprimée la retenue à la source sur les produits des parts sociales et des actions instituées
par la loi des finances de 1978.

Ainsi, pour l'ensemble des marchés, le chiffre d'affaires s'élève à 146 millions de dirhams, tous
les marchés sans exceptions sont en avance. Cela dénote une situation tout à fait nouvelle. En
effet, depuis de longue date, on n’a pas assisté à une pareille évolution, pour ce qui est des
caractéristiques de l'offre et de la demande au sein de la bourse, on peut relever un phénomène de
concentration qui reflète la polarité du marché et qui s'ajoute à son exiguïté.

Au niveau de l'offre les sociétés cotées ne représentent qu'une fraction marginale du total des
sociétés patentées, à titre indicatif de 14 000 sociétés patentées en 1986, 76 seulement sont cotées
en bourse des valeurs de Casablanca. Ce phénomène se confirme par la rareté des introductions
nouvelles qui laissent écouler parfois, plusieurs années avant de se manifester.
Au niveau de la demande, la concentration provient à la fois de la prépondérance des
investisseurs institutionnels et du phénomène des cessions directes entre partenaires de mêmes
groupes, en ce qui concerne le chiffre d'affaires d'une part, on constate qu'il a évolue durant cette
phase avec un rythme modeste 396 en 1987, d'autre part, et quand on s'intéresse à la capitalisation
boursière, on constate qu'on est encore à l'ère préhistorique.

Pour conclure, on peut confirmer que l'activité sur le marché boursier national est restée jusqu'à la
veille de l'annonce officielle du programme de privatisation limitée, et loin en deçà du potentiel
de l'économie nationale.

Cette situation trouvait sa justification essentiellement, dans la marginalisation de ce marché, en


tant que source de financement pour les entreprises marocaines. C'est ce n'est qu'après l'adoption
de la loi sur la privatisation 1989, que le marché a commencé de sortir de sa léthargie.

Paragraphe3. La décennie 90, vers l'édification d'un marché financier.

Le Maroc, à cette étape fut classé parmi les pays au seuil de l'émergence. En fait, c'est grâce au
programme de privatisation, lancé en 1989, à l'adoption de la loi sur le marché boursier, et aux
différentes réformes (création de la société de la bourse des valeurs, mise en place du conseil
déontologique des valeurs mobilières), que le marché commence réellement à s'animer, avant de
prendre le tournant historique à partir de 1993.

Depuis, tous les indicateurs du marché prennent leur envoi, s'établissant ainsi, à des niveaux
largement supérieurs à ceux d'avant la privatisation, on parle déjà, de la performance de la place
de Casablanca.

Ainsi, en ce qui concerne le chiffre d'affaires, il a connu durant cette phase, une évolution
haussière très marquée. Passant de 317 millions de dirhams en 1986 à 23 201 millions de dirhams
en 1995.

Par type de négociation, les transactions en cession directes ont prédominé le marché à
l'exception de l'année 1992, où les échanges sur le marché officiel, ont pris le dessus, ce qui
engendre une disparité entre les deux compartiments du marché boursier : Les marchés des
cessions directes accaparent 89 % de l'ensemble des transactions contre 11 % pour le marché
officiel en 1995.

Cette disparité, est préjudiciable au développement du marché boursier.

Elle marginalise les petits porteurs de la confrontation de la demande et de l'offre des titres, et
elle ne renseigne pas sur la vraie valeur de ces deux derniers.

Sur le plan de capitalisation boursière, calculée le 31 décembre de chaque année, elle s'est inscrite
au cours des dernières années sur une tendance orientée à la hausse, qui s'est accentuée de
manière sensible depuis 1991, avec un montant s'élevant à 12 449 millions (DHS), avant
d'atteindre 50 402 millions (DHS) en 1995. En effet, cette performance a été rendue possible
grâce à l'augmentation de capital de certains établissements, notamment les banques.

Rapporté au PIB, la capitalisation boursière s'est située pour l'année 1995 à 17,7 % contre 3,7 %
en 1990.

Malgré que le programme de privatisation connaît quelques difficultés quant à la procédure


d'évaluation, l'année 1995, a été marquée par des opérations d'envergure, à savoir la privatisation
de SONASID et de la SAMIR et de FERTIMA, avant de clôturer sur la remarquable O.P.V de
Credor qui annonce de bonnes perspectives pour le marché Casablancais.

En 1997, notre bourse a traversé une zone de turbulence, et elle a traversé, également une période
de marasme inquiétant. On pense que la bourse marque une pause qui donne l'impression d'un
besoin de plus de modernisation et de nouvelles introductions.

Paragraphe4. La bourse de nos jours, Modernisation du marché.

A partir du 1er janvier 2002, l'Indice Générale de la Bourse (IGB) , longtemps critiqué par les
milieux financiers(jugé dépassé étant donné que l'année de référence pour son calcul est 1979),
s'est remplacé par un nouvel indice appelé le Masi (Moroccan All Shares Index).

En dehors du Masi, qui englobe toutes les valeurs de la cote, de nouveaux indices se sont
introduits à partir de cette date.
Les valeurs du continu sont devenues sous la houlette du Madex

Afin de se doter d'instruments de mesure performants et dans le souci de fournir des outils de
référence adaptés à une approche dynamique de la gestion collective, la Bourse de Casablanca a
donc développé une gamme homogène d'indices de capitalisation qui comprend le Masi, le
Madex (Moroccan Most Active Shares Index) ainsi que d'autres indices sectoriels et sous-jacents.

De type transversal, le Masi intègre toutes les valeurs de type actions, cotées à la BVC; il est ainsi
un indice large, permettant de suivre de façon optimale le développement de l'ensemble de la
population des valeurs de la cote. Le nombre de valeurs le composant évoluera en fonction des
admissions à la cote, des radiations et opérations de fusion, absorption ...

Donc on peut dire que le Masi est un indice général de la Bourse de Casablanca. Il permet de
mesurer l'évolution globale de la bourse sur la base d'un volume d'affaires réalisé pendant une
période déterminée. Le Masi se calcule chaque jour, à l'issue de chaque séance de cotation.

Le Madex , indice compact, est composé des dix valeurs les plus actives de la cote (BCM,
BMCE, CIOR, Managem, ONA, La Samir, SNI; Sonasid, Wafa Assurance, Wafabank. Il est
particulièrement adapté à la gestion de portefeuille. Les deux principaux indices de cette gamme
sont des indices dits "emboîtés", permettant de bénéficier d'une vision plus fine de l'évolution des
différentes capitalisations inscrites sur la place et de leur contribution à l'activité du marché.

Le Madex : C'est un indice boursier qui constitue seulement une partie de l'indice Masi. Son
calcul consiste à mesurer l'évolution boursière d'une sélection de titres les plus liquides du
marché.

D'autres indices, de rentabilité sous-jacente aux Masi et Madex, sectoriels et sous-sectoriels, se


sont aussi mis en place. Ils sont calculés et diffusés à la clôture de la séance, tandis qu'une
batterie d'indicateurs est émise en continu, pour une meilleure interprétation de l'évolution des
précédents.

La BVC a également procédé à la révision de sa nomenclature économique, introduisant une


nouvelle classification sectorielle. La nouvelle mouture répartit les valeurs en 10 groupes
économiques et 39 secteurs industriels, une classification déjà utilisée à Paris, Londres, Hong
Kong...

Ces indices offrent ainsi une mesure de référence fiable et pourront servir à terme de support à
des produits dérivés. Leur gestion, leur méthodologie de calcul, la diffusion et les révisions
périodiques relèvent du Comité des indices de la BVC.

Ce dernier se réunit au moins chaque semestre pour procéder à la révision des échantillons
retenus, et une fois par an, pour procéder à la mise à jour des indices sectoriels.

Section3. Le fonctionnement du marché boursier marocain :


Pour parler du fonctionnement du marché boursier on doit premièrement savoir les différents
marchés de cotation, les marchés où se déroulent l'opération par laquelle un titre financier entre sur le
marché boursier, puis on doit savoir sa structure et dernièrement les différents intervenants

Paragraphe1. Les marchés de cotation


Depuis avril 2004, le marché boursier marocain contient cinq types de marché de cotation. Les
marchés actions, le marché obligataire et le marché des fonds.
Le premier type c’est les Marchés Actions qui sont au nombre de trois. Le Marché Principal qui
est consacré aux grandes entreprises, et qui nécessite une consolidation des comptes les sociétés
qui disposent de filiales ; le Marché Développement qui cible les entreprises qui sont d’une taille
moyenne et qui présentent des perspectives d’évolution attractives et dernièrement le Marché
Croissance qui est réservé aux sociétés caractérisées par une forte croissance disposant d’un
projet à financer. L’accès à ces marchés est conditionné par le respect d’un certain nombre de
conditions d’admission (tableau 1).

Tableau 1 : Conditions d’admission aux marchés des actions


Source : https://www.championnat-bourse.ma/sites/default/files/fiche_structure_acteurs.pdf

Le deuxième type c’est Le Marché Obligataire qui offre la possibilité pour l’entreprise de lever
des fonds par endettement sur le marché boursier, mais il faut mentionner que cette levée de
fonds sur le marché obligataire ne nécessite pas l’ouverture du capital de la société émettrice.
Comme tout marché, l’entreprise doit respecter un certain nombre de condition pour pouvoir se
financer dans ce type de marché (tableau 2).

Tableau 2 : Conditions d’admission aux marchés obligataire

Source : https://www.championnat-bourse.ma/sites/default/files/fiche_structure_acteurs.pdf

Le Marché des Fonds est un marché distinct qui est réservé aux Fonds de capital-risque et aux
fonds de Placement collectif en Titrisation. La condition pour accéder à ce type de marché est le
montant minimum à émettre sur ce marché est à partir de 20 MDH.

Paragraphe2. La structure du marché boursier

La structure du marché boursier marocain est basée autour de deux marchés, le marché central et
le marché de blocs.
Le Marché Central :Le marché central occupe un rôle important dans le fonctionnement du
marché boursier. Cette importance réside dans que le prix des actions est déterminé sur ce marché
grâce à la confrontation des ordres1 d’achat et de vente. Le mécanisme c’est que l’ensemble des
ordres de bourse sont centralisés dans un carnet d’ordres unique d’une manière qui permet une
confrontation de l’offre et de la demande et l’établissement d’un prix d’équilibre.
Le Marché de blocs :Le marché de blocs est un marché qui est classifié de gré à gré, dans lequel
sont négociés des blocs de titres dans les conditions de cours sont issues du marché central. Les
opérations sur ce marché se passent avec le respect des conditions suivantes :
• porter sur un nombre de titres au moins égal à la Taille Minimum de Blocs (TMB). Cette taille
est définie par la Bourse de Casablanca ;
• Être conclues à un cours inclus dans la fourchette des prix issue de la feuille du marché central.

Le Règlement général de la Bourse de Casablanca :Les règles de fonctionnement du marché


central et du marché de blocs sont clairement explicitées dans le Règlement général, qui est
actuellement en vigueur et a été approuvé par arrêté du Ministre de l’Economie et des Finances
n°1268-08 du 7 juillet 2008 modifié et complété par l’arrêté du Ministre de l’Economie et des
Finances n° 1156-10 du 7 avril 2010., de la Bourse des valeurs. De plus, le Règlement général de
la Bourse précise également les règles relatives à l’inscription à la cote, le transfert et la radiation
des valeurs mobilières, les offres publiques, les règles relatives à la protection des investisseurs
ainsi que le mode de contrôle des sociétés de bourse par la société gestionnaire.
Paragraphe3. Les intervenants du marché
La Bourse de Casablanca qui est chargée de l’organisation, la gestion et le développement du
marché boursier, qui est une société de type anonyme avec une direction générale et un conseil
d’administration ayant un capital, détenu à parts égales par les différentes sociétés cotées en
Bourse. Le marché boursier est géré par un cahier des charges et concerne principalement
l’organisation des opérations d’introduction en Bourse, la gestion des séances de cotation, la
diffusion des cours et indices ainsi que l’administration d’un système de compensation et de
garantie. Le périmètre et le contenu de toutes ses actions est défini, sous forme de règles de
marché, dans le Règlement général de la Bourse des valeurs.
 Les sociétés de Bourse qui sont agréées par le ministre des Finances et de la Privatisation et
bénéficient du monopole de la négociation en Bourse. Elles ont un autre objet c’est de garder les

1
Un ordre de bourse est une requête permettant d'acheter ou vendre des actifs en bourse. Il peut
être envoyé directement au marché financier, ou à un intermédiaire (courtier).
titres, la gestion de portefeuille en vertu d’un mandat, le placement des titres émis par les
personnes morales, et le conseil de la clientèle.
Le Conseil déontologique des valeurs mobilières – CDVM qui est qualifié comme un
établissement public doté d’une personnalité morale et l’autonomie financière. Connu comme
une autorité de contrôle, et a pour principale mission de veiller au bon fonctionnement, à la
transparence, à l’intégrité et à la pérennité du marché des valeurs mobilières. Il est également
chargé d’assurer la protection des épargnants. L’administration du CDVM est assuré par un
conseil qui est présidé par le ministre des Finances et de la Privatisation et inclut aussi le ministre
de la Justice, du gouverneur de Bank Al Maghreb ou de leurs représentants. En plus de trois
personnalités désignées par le ministre des Finances et de la Privatisation pour la raison de leur
compétence dans le domaine économique et financier.
Le Dépositaire central –Maroclear est une société anonyme créée en 1997 en vertu de la loi n
°35-96 afin d’assurer l’administration des titres pour le compte de ses affiliés et de gérer le
système de règlement-livraison. Son capital est de 20 millions de DH et répartie comme suit :
45% pour l’État marocain et Bank Al Maghreb, 25% pour les intermédiaires financiers et 30%
pour les institutionnels. Ses principales missions consistent à assurer la conservation des valeurs
mobilières admises à ses opérations par inscription en compte, facilitation de la circulation et
simplification de l’administration, mettre en pratique les procédures qui assurent aux affiliés
l’exercice des droits attachés aux titres, exercer le contrôle sur la tenue de la comptabilité des
titres des teneurs de compte, vérification des équilibres comptables et assurance de la codification
des valeurs admises à ses opérations.

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